Archive pour vatican colonialisme bulle inter caetera 1493

Aux sources du colonialisme occidental: L’usurpation des terres de l’empire fondée sur les prérogatives données à Colomb et consolidées par les bulles papales de 1493

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Nous l’avons dit et le répétons: L’empire actuel n’a aucune validité légale territoriale. Pour la première fois de l’histoire, l’empire est sans terre, il est temps de s’en rendre compte et de mettre fin à cette supercherie et aux crimes engendrés depuis le XVème siècle. Les peuples natifs et originels de l’Île de la Grande Tortue ont besoin de l’appui des occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale pour qu’ensemble nos  reprenions nos vies et la planète en main dans l’intérêt commun.

La seule solution au Nouvel Ordre Mondial, qui s’impose par la force est de se tenir debout, la main dans la main avec nos frères aborigènes de tous les continents. L’oligarchie est au bout du rouleau et elle le sait. Aidons ceux qui luttent contre le terrorisme depuis 1492 ! La Terre-Mère nous le rendra au centuple !

— Résistance 71 —

 

Terres sacrées apaches, métaphores et le sénateur John McCain

 

Steven Newcomb

 

17 Août 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/08/17/sacred-apache-lands-metaphors-and-senator-mccain

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Sur la base de la bigoterie chrétienne, du racisme, et du dominium (domination) des générations antérieures, les Etats-Unis se sont arrogés la permission et se l’arrogent toujours de prendre pour eux-mêmes et pour les entreprises commerciales de leur choix, les terres, territoires et ressources naturelles de nos nations et peuples originels. Nos voyons ceci aujourd’hui se dérouler devant nos yeux avec l’affaire des terres sacrées apaches en Arizona, des terres sacrées que les Etats-Unis ont déclaré être la “Tonto National Forest” dont une partie appelée Oak Flat, est maintenant programmée pour un projet d’extraction minière de cuivre. Cet exemple démontre une fois de plus ce qu’est le jeu de cette société fondée sur la domination que sont les Etats-Unis: utiliser créativement des métaphores pour étendre leur contrôle du territoire afin d’avoir accès et de profiter au maximum des ressources naturelles et de toutes choses de valeur se trouvant sur les territoires de nos nations originelles.

Faire des métaphores implique de nommer une chose par un nom qui appartient à quelque chose d’autre ou penser à une chose en termes de quelque chose de différent. Le philosophe du droit Steven L. Winter a dit que pour nous humains, “les métaphores sont notre façon d’avoir une réalité.” Mon ancien professeur C.A. Bowers a montré que les métaphores font avancer et maintiennent dans notre époque les idées problématiques (erronées, mal interprétées) du passé. Les Etats-Unis ont utilisé et continuent d’utiliser des métaphores pour créer une réalité du présent dans laquelle nos nations originelles sont maintenant attendues de vivre “recluses” (ce qui est en soi déjà une métaphore…)

Le peuple des Etats-Unis doit toujours comprendre et admettre la réalité de domination que les Etats-Unis ont construite comme moyen de tenir nos nations et peuples originels dans une forme de “captivité sémantique”, au nom d’un précédent politique et légal.

Un exemple de telles manipulations rendues possibles par les métaphores et une telle captivité sémantique est l’accord pour le moins douteux auquel est parvenu en décembre dernier le sénateur républicain de l’État d’Arizona John McCain (NdT: la même ordure néo-con va t’en guerre qui chante en public “bombardons, bombardons l’Iran” et qui a déclaré il y a quelques mois “être en contact permanent avec les rebelles/terroristes en Syrie”…) et quelques uns de ses acolytes du congrès US. Ils ont fait rajouter en catimini une provision, section 3003, dans la National Defense Authorization Act (NdT: NDAA, loi liberticide passée par le congrès…), sur le tard avant que la loi ne soit votée tard dans la nuit. La provision permet une subtilisation des terres sacrées apaches en Arizona pour les donner à une énorme transnationale minière: Rio Tinto (NdT: L’entreprise est un énorme conglomérat minier anglo-australien dont le QG est à Londres. L’entreprise fut rachetée en 1873 au gouvernement espagnol. Rio Tinto veut dire “Rivière Rouge” en espagnol. Elle est active sur tous les continents mais concentre ses activités minières essentiellement sur l’Australie et le Canada, sur les terres volées aux nations aborigènes. Ses liens avec la City de Londres et Wall Street sont très développés…) et sa succursale du cuivre: Resolution Copper. Se focaliser sur de telles entités colonisatrices nous amène à la racine du terme “colon”, qui peut-être pensée comme étant un énorme système digestif, celui d’un corps envahisseur (corpo), qui a l’intention de dévorer, d’assimiler, de digérer (de profiter) les territoires des nations originelles de ce continent.

Le mot “colon” peut–être divisé en “colo”, qui mène à l’imagerie métaphorique de “filtration des impuretés dans le processus de l’extraction minière (digérer).” Métaphoriquement, un processus “digestif” de l’extraction minière du sol, pour l’accumulation de richesse et de pouvoir, ceci est le contexte sous-jacent et le but des opérations de colonisation engagées par les entreprises comme Rio Tinto et Resolution Copper.

En ce qui concerne les terres sacrées d’Oak Flat, que Resolution Copper va détruire et “digérer” pour le profit, il en vient à la question de savoir qui a le droit de contrôle (subjuguer et dominer) le sol et d’en extraire la richesse. En remontant les systèmes politique et légal des Etats-Unis et de l’Arizona jusqu’à la source de l’empire espagnol, ceci révèle l’extension de ces métaphores déshumanisantes et dominantes créées il y a des siècles et qui continuent d’être maintenues par les Etats-Unis contre nos nations originelles dans le temps présent. Les anciennes idées au sujet des relations entre “le sol”, “la terre” et les nations originelles continuent d’être profondément d’influence en notre époque, spécifiquement en termes judiciaires, législatifs, exécutifs et d’attitudes entrepreneuriales envers nos nations originelles.

Quelques-unes de ces idées et attitudes colonisantes passées au sujet des relations entre “le sol” et les nations natives libres et indépendantes (“sauvages et nomades”), furent exprimées dans un rapport écrit en 1849 par William Carey Jones. Mr Jones fut nommé par le ministre des affaires étrangères des Etats-Unis et le sécrétariat à l’intérieur pour enquêter et rapporter sur la nature des titres fonciers dans la vaste zone couvrant le traité de Guadalupe Hidalgo, une zone dont ce qui est appelé l’Arizona fait partie. (NdT: ce traité fut signé le 2 Février 1848 et mit fin à deux ans de guerre entre les Etats-Unis et le Mexique. Les Etats-Unis annexèrent près de la moitié du “territoire” mexicain – terres aborigènes également ne l’oublions pas, volées préalablement par la couronne d’Espagne – dont la Californie, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Utah. 90% de la population “mexicaine” de ces territoires choisît alors de devenir américaine…)

A un moment donné dans son rapport, Jones dit ceci: “En ces tribus sauvages et nomades la loi espagnole ne reconnaît aucun titre de propriété de la terre que ce soit.” Ceci est une attitude métaphorique datant de siècles en arrière, que Jones applique aux nations natives, incluant la nation apache, en 1849. Cette attitude est toujours maintenue aujourd’hui par le sénateur McCain et les autres membres du congrès des Etats-Unis en ce qui concerne les terres sacrées apaches d’Oak Flat. La doctrine stipulant que la loi espagnole ne reconnaît pas de titre sur la terre en ces nations “sauvages et nomades” existantes libres et indépendantes, peut-être tracée à au moins deux sources anciennes de droit fondamental sur lequel se repose toujours les Etats-Unis aujourd’hui.

1) Les prérogatives royales accordées à Cristobal Colón par la reine Isabelle et le roi Ferdinand de Castille.

et

2) Les bulles pontificales du Vatican émises par le pape Alexandre VI en 1493.

Ces deux documents peuvent-être trouvés dans l’American Charters Constitutions and Organic Laws 1492-1908, de Francis Newton Thorpe, “Compiled and Edited under the Act of Congress of June 30, 1906.” Ces deux documents peuvent aussi être trouvés dans le Federal and State Constitutions Colonial Charters and Other Organic Laws of the United States, d’abord publié en 1877 par ordre des prédécesseurs de McCain au sénat des Etats-Unis. Ces deux livres furent publiés à Washington D.C par l’imprimerie nationale des Etats-Unis et ces deux livres tracent la loi organique américaine aux prérogatives données à Christophe Colomb (celles de “découvrir et de conquérir”) et à une version latine d’un des décrets pontificaux de 1493.

Les manœuvres législatives menées par le sénateur McCain sur la base des publications ci-dessus mentionnées, démontrent comment les Etats-Unis continuent d’appliquer dans les zones du traité de Guadalupe Hidalgo, la loi fondamentale des Etats-Unis, à savoir, les prérogatives en provenance de Colomb et les bulles pontificales de 1493. Ces documents, incluant leur langage de domination, servent de contexte de couverture légale pour la provision ajoutée par le congrès en regard des endroits sacrés de la nation Apache. Ces documents ont servi de base pour regarder la loi espagnole comme ne reconnaissant pas de titre de propriété du sol aux nations natives et en l’occurence à la nation Apache. Les Etats-Unis sont les successeurs de cette vision de ce qui est nommé les “tribus sauvages et nomades” existant dans la zone du traité de Guadalupe Hidalgo.

Les deux livres ci-dessus mentionnés, publiés par le congrès des Etats-Unis au travers de l’imprimerie nationale du gouvernement, sont là pour rappeler à quiconque l’existence de ces documents qui forment la base des lois fondamentales des Etats-Unis. Ces sources nous permettent de voir que les schémas idéologiques de domination trouvés dans les prérogatives données à Christophe Colomb ainsi que les bulles pontificales du XVème siècle, sont toujours maintenues aujourd’hui même par les Etats-Unis comme la base de la réalité existante pour nos nations originelles en regard de la loi américaine et de la politique des Etats-Unis.

Le commentaire subtil de C.A. Bowers au sujet des métaphores du passé continuant les idées et les attitudes des temps anciens nous permet de focaliser notre attention sur un point clef: Les concepts de domination et de déshumanisation du XVeme siècle, imbriqués dans la loi américaine existante, sont toujours utilisés aujourd’hui pour créer une forme subjective de la réalité pour nos nations et peuples originels de ce continent. Ces conceptions sont appliquées à la nation Apache en 2015 en ce qui concerne leurs terres sacrées d’Oak Flat. C’est sur cette base que les terres sacrées apaches sont appelées “terres publiques” des Etats-Unis.

Résistance au colonialisme occidental: Mémo sur la doctrine de la découverte…

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Ceci est à lire en complément de notre traduction du texte de Newcomb « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (2008) et notre article très récent sur la fumisterie des « excuses » du pape François aux peuples et nations amérindiens en Bolivie.

~ Résistance 71 ~

 

Mémo sur la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb, 2014

 

Pour en savoir plus sur l’Indigenous Law Institute, Click Here.

La doctrine de la découverte a t’elle déjà été abrogée, rendant ainsi futile la résolution proposée ?

Il n’est pas possible d’abroger, d’annuler une doctrine de domination qui a été institutionnalisé et imbriquée dans la fabrique même de bien des sociétés dans le monde. “Abrogation” est un non-sens lorsque cela s’applique à une doctrine, qui est essentiellement “un enseignement ou une façon de penser”. C’est pourquoi nous n’avons jamais appelé pour une telle action. Ce que nous avons fait au sein de l’Indigenous Law Institute depuis 1992, est d’appeler la papauté (alors Jean-Paul II) de révoquer de manière formelle la bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493, un édit qui appela à la subjugation et au renversement des “nations barbares”. Ceci et un autre language de domination et de déshumanisation furent dirigés contre nos nations et peuples de ce continent et ailleurs dans le monde. Cet appel à la révocation d’un édit est un appel pour une action très spécifique de la papauté contre un document très spécifique qu’elle a émis, document qui est la preuve de l’utilisation par l’église d’un paradigme de domination et de déshumanisation.

Comme le pape Alexandre VI, en tant que vicaire du christ sur terre a émis ce document au nom du saint siège, le pape François 1er est bien la bonne personne pour prendre en charge cette affaire. Mais quelle est exactement l’affaire de notre point de vue ? C’est le fait que le saint siège a déchaîné sur le monde un paradigme de domination codifié dans le language que l’on trouve dans bien des bulles papales remontant des années 1430 (les îles Canaries et le génocide commis contre les Guanches) jusqu’à 1514. La bulle Dum diversas de 1452 instruit le monarque portugais à aller en terres non-chrétiennes comme l’Afrique et “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et de saisir toutes leurs possessions et propriétés.” Ce même language fut répété et incorporé dans des bulles ultérieures et la dernière, émise par le pape Léon X en 1514, incorpora bien des bulles papales précédentes et leur language idoine. 2014 est le 500ème anniversiare de la publication de ce document.

Les bulles papales, comme celle de 1493 (Inter Caetera) utilisent des expressions telles “Dominorum Christianorum” (dominateur chrétien), rendant plus qu’évident le paradigme de domination qui a été utilisé contre nos peuples et nations originels libres et indépendants de droit et ce depuis maintenant plus de cinq siècles. D’après le livre du professeur Luis Rivera A Violent Evangelism (1992), la bulle papale de 1493 n’a pas établi in précédent, parce qu’elle fut précédée des bulles émises pour le Portugal. Celle de 1493 donna aux monarques espagnols la domination sur les terres indiennes “à perpétuité”.

Lorsque j’ai voyagé avec deux collègues aux archives des Indes occidentales qui sont maintenues dans la ville de Séville en Andalousie (Espagne) au mois de Mai dernier, on nous a donné l’autorisation de voir et de consulter deux documents originaux d’époque des bulles papales de Mai 1493. Au verso de l’un des documents, nous avons pu y lire une note du secrétariat royal disant que ce document était une concession du pape pour “gagnaran y conquestaran de las Indias” (“pour vaincre et conquérir les Indes). Une décision a été prise par la papauté. En d’autres termes, de divulguer et d’étendre la “foi chrétienne” par le moyen de la guerre. Une phrase clef du document du 4 Mai 1493 est celles-ci: “Nous croyons en Lui, de qui empires et gouvernements et toute bonnes choses proviennent.” Dans la version latine, le mot employé pour “gouvernements” est “dominationes”. Ceci une fois de plus, est un indicateur du paradigme de domination mis en place de manière croissante et diffusé sous la bannière du christianisme et de l’église catholique.

Vous avez reçu le Memorandum de 2008 que j’ai écrit et que j’ai personnellement délivré à l’assistant du nonce apostolique du saint siège à l’ONU, Mgr Migliore. C’est un document que les avocats du saint siège ont décidé d’ignorer et de ne pas y répondre. L’un d’entre eux ainsi que le successeur de Mr Miglione m’ont dit verbalement, que nous ne recevrions pas de réponse concernant les points que j’ai évoqué dans le Memorandum. Les privilèges et la domination qui furent donnés aux monarques d’alors, le furent “pour toujours” et “à perpétuité”. Il semble donc très idiot venant des représentants contemporains du saint siège d’affirmer que le language de domination utilisé dans les bulles a été “abrogé” bien des fois et de bien des façons, par implication ou par accords entre puissances civiles que sont l’Espagne et le Portugal. Plus important encore, le saint siège n’a jamais reconnu publiquement le language de domination et de déshumanisation qu’il a employé et déchaîné contre nos peuples et nations originels et contre le monde il y a des siècles de cela. C’est ce qui a permis de construire toute la sémantique et les schémas comportementaux de domination et de subordination qui continuent à être utilisés aujourd’hui contre nos peuples et nations libres et indépendants de droit.

Nous sommes tous liés,

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape)

Indigenous Law Institute

Author, Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery

Traduction en français de larges extraits du livre par Résistance 71, cliquez ici

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Vatican et colonialisme: Renforcer la doctrine en canonisant les bourreaux…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2015 by Résistance 71

“L’idée de dieu implique l’abdication de la raison et de la justice humaines, elle est la négation la plus décisive de l’humaine liberté et aboutit nécessairement à l’esclavage des Hommes, tant en théorie qu’en pratique…
Si dieu est , l’Homme est esclave ; or l’Homme peut, doit être libre, donc dieu n’existe pas. Je défie quiconque de sortir de ce cercle… Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées dans le sang, car toutes reposent principalement sur l’idée du sacrifice, c’est à dire sur l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la divinité. Dans ce sanglant mystère, l’Homme est toujours la victime et le prêtre, homme aussi certes mais homme privilégié par la grâce, est le divin bourreau.”
~ Michel Bakounine ~

 

La stratégie rhétorique du Vatican: Junipero Serra était un homme de son temps

 

Steven Newcomb

 

28 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/04/28/vaticans-rhetorical-strategy-serra-was-man-his-time

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 2 Mai, l’archi-diocèse de Los Angelès va abriter une célébration qui durera toute la journée au séminaire américain de Rome. Quelle est l’occasion pour cette “célébration” ? L’évènement va honorer Junipero Serra, missionnaire catholique et par là même, un agent envahisseur et colonisateur de l’église catholique en basse et haute Californie au XVIIIème siècle (NdT: oui, oui à l’époque de Zorro…). Serra travailla pour le désir d’expansion (de “propagation”) de l’empire chrétien (“imperii christiani”). Le pape Alexandre VI, homme de son temps, affirma ce désir impérialiste dans son édit Inter Caetrea de 1493, en relation avec la partie du monde qui attira l’attention de la chrétienté d’occident, suite au premier voyage de Christophe Colomb.

Comment le Vatican a t’il donc répondu à la vague de protestations et à la critique acerbe du peuple indien de Californie à l’annonce du pape François 1er de canoniser Junipero Serra ? Pour accompagner sa reconnaissance de l’utilisation par Serra de “punitions corporelles” sur les Indiens de Californie en tant “qu’outil pédagogique” de l’évangélisation, le Vatican a dit que Serra était “un homme de son temps”. Ce que le Vatican n’a pas reconnu en revanche est assez notoire: le contexte du “temps” dont Serra “était un homme” était un contexte exprimé en de multiples édits et bulles papaux du XVème siècle, émis par des papes qui eux aussi étaient des “hommes de leur temps”. On trouve ce contexte dans la directive du saint siège aux monarques catholiques portugais afin qu’ils “envahissent, capturent, vainquent et sugjuguent tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ” et “réduisent leurs personnes en esclavage perpétuel”, ainsi que de “leur prendre toutes leurs possessions et leurs propriétés”. (Dum diversas, 1452; Romanus Pontifex 1455). Il semblerait que pour le Vatican, quelqu’un qui a fait du bon boulot pour mettre en œuvre les directives divines de la papauté afin d’en remplir les objectifs en propageant l’empire chrétien au travers de l’évangélisation impérialiste, mérite d’être sanctifié.

Ce “temps” de l’évangélisation violente pour reprendre le titre du livre du Dr. Luis Rivera Pagàn (A Violent Evangelism, 1992), est le contexte mortifère dominant auquel le saint siège ne peut échapper. Comme le sera démontrer plus bas, Serra regarda le modèle des saints catholiques utilisant la violence, en tant qu’hommes de leur temps, au nom du prince de la paix, pour imposer sur les Indiens les coups et flagellations évangélisateurs. Cet héritage de la violence de l’église catholique utilisée contre les hommes et les femmes indigènes est ironique, si on peut dire, en considérant que d’après Associated Press (“Vatican Defends Decision to Canonize Serra”), en date du 21 Avril 2015,: “Serra était pour l’église un grand évangélisateur et un modèle pour les populations hispanisantes d’aujourd’hui.” Peut-être que “saint” Serra peut-être transformé en un contre-rôle-modèle pour toute campagne qui oppose la violence contre les femmes “hispaniques”.

L’impact des missions catholiques espagnoles de domination brisa les économies traditionnelles et les modes de vie des nations originelles. Une telle destruction ouvrit la voie pour l’évangélisation catholique. Cet impact destructeur fut dévastateur a tous les niveaux pour les nations originelles qui avaient expérimentées des milliers d’années d’indépendance et de liberté avant que les colonisateurs ne les envahissent. Serra utilisa le système missionnaire de domination comme partie de son effort de mettre en application l’appel de la papauté pour que les “nations barbares” (“barbarae nationes”) soient “réduites” et “subjuguées” (“deprimantur”), ce qui veut dire “dominées”.

Dans son excellent livre très documenté “A Cross of Thorns: the Enslavement of California’s Indians by the Spanish Missions” (Craven Street Books, 2015), Elias Castillo cite le “Padre President” Serra dans une lettre qu’il écrivit le 7 Janvier 1780. Ironiquement et étant donnée l’annonce faite de sa canonisation, Serra mentionne l’attitude et la main lourdes des “saints” envers les Indiens dans leur évangélisation violente des Indiens depuis la première invasion évangélique du continent:

“Que les pères spirituels (frères) aient puni leurs fils, les Indiens, par les coups paraît être aussi vieux que la conquête de ces royaumes et une pratique si générale en fait, que les saints ne semblent pas être une exception à la règle… Sans aucun doute, les premiers à avoir évangéliser sur ces côtes ont suivi cette pratique, et ils étaient sûrement des saints… Dans la vie de St François Solano, qui a été solennellement canonisé, nous lisons que tandis qu’il avait un don de dieu pour adoucir la férocité des plus barbares par la gentillesse de sa mission dans la province de Tucumán au Pérou, comme on nous le dit dans sa biographie, lorsque les Indiens ne respectaient pas ses ordres, ils donnaient des directives pour que ses Indiens soient fouettés. (p.81)”

Le “temps” de la déshumanisation du peuple indien par l’église catholique espagnole et la domination des nations indiennes, dont Serra était “un homme de”, était un temps de mort massive pour les nations et peuples natifs du continent, Ceci causa la “réjouissance” de “saint” Serra. D’après Castillo, les morts parmi les Indiens en résultat des maladies importées contre lesquelles ils n’avaient aucune immunité, également en tant que résultat des “conditions de vie insalubres en surpopulation forcée, ne causèrent aucune peine à Serra”. Comme le dit Castillo: “Serra s’en réjouissait en écrivant: ‘Grâce à dieu, maintenant pas une de nos missions n’a pas certains de ses fils au paradis.” (p.82)

Castillo note plus avant qu’alors même que “le grand nombre de morts chez les enfants indiens n’atténuait pas la sombre joie de Serra”, Serra écivit ce qui suit à son supérieur franciscain du Colegio de San Fernando de Mexico City:

“Parmi tous nos troubles, le côté spirituel des missions se développe de manière la plus agréable. Dans la mission de San Antonio, il y a eu deux récoltes simultanées, une pour le blé et une d’une peste parmi les enfants qui meurent.”

Le très grand nombre de mort chez les Indiens créa une véritable crise de “ressources humaines” pour les frères du système de mission catholique de domination. Comme le dit Castillo: “Leur (les frères) solution fut d’utiliser des moyens violents, incluant menace et enlèvements, pour forcer des groupes d’Indiens frais à quitter leurs villages pour venir remplacer tous ceux qui étaient morts.

Le “bureau des saints” du Vatican (NdT: traduction littérale du texte en anglais, il semblerait que la référence ici soit faite à la “congrégation pour la cause des saints”…) ~ je n’invente rien ~ fait un effort particulièrement maladroit pour excuser le rôle de Serra dans la colonisation mortifère catholique et du systeme de domination catholique espagnol (dominorum christianorum), qui résulta en ce que le démographe Robert Jackson nomma “un effondrement démographique” parmi les Indiens de Californie. Ceci était le résultat du système de domination géré par la mission catholique romaine et la doctrine d’imperii christiani du pape Alexandre VI.

Le système de diocèse de l’église catholique apostolique et romaine a été appelé une des institutions toujours en place de l’empire romain. Ce que la vaste majorité des gens ne voient pas est que l’église catholique romaine d’aujourd’hui est une manifestation du XXIème siècle et toujours en vie de la religion officielle de l’ancien empire romain. Ceci remonte à l’emprereur romain Constantin. Il fut l’empereur qui eut soi-disant une vision, celle d’une croix enflammée dans le ciel accompagnée par la phrase: “Par ce signe tu conquéreras” (qui est le mieux ré-exprimé par l’expression “Par ce signe tu domineras”). Aujourd’hui, l’église catholique romaine, au cours du règne du pape François 1er, tente de créer une atmoshère de célébration autour de ces siècles d’évangélisation destructrice, ce qui est un mot raisonnant de manière bien simplette pour ce qui est un colonialisme religieux en tant que partie de la domination d’un empire universel (catholique).

Le Vatican s’attend-il à ce que nous, les peuples indigènes du continent et en notre temps, ne prêtions pas attention et excusions un héritage de l’empire du Vatican allant de paire avec la déshumanisation parce que tout cela était jadis et que nous sommes dans le présent ? Pourquoi l’église catholique et le saint siège utilisent-ils les mots “saint”, “sainteté” et “célébration” en association avec un temps impérialiste et de domination catholique espagnole et en association avec l’héritage d’un homme qui a aidé à étendre un système qui eut pour conséquence la destruction et la mort de milliers et de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants indigènes, ainsi que la quasi-disparition de leurs propres langages, culture et traditions spirituelles ? La célébration de Serra par le pape François et l’église, le faisant saint est similaire à Serra se réjouissant des nombreuses morts d’Indiens et commentant “joyeusement” et de la “manière la plus sainte” les morts d’enfants indigènes comme étant une “moisson” pour l’église. C’est une glorification d’un temps et d’un contexte desquels Serra “était un homme”.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute et auteur du livre “Pagans in the Promise Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery”, éditions Fulcrum, 2008. Il étudie la loi fédérale indienne et la loi internationale depuis le début des années 1980.

Lutte contre le colonialisme: Longue Marche sur Rome et la révocation des bulles pontificales de la doctrine chrétienne de la découverte…

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Nous avions mentionné ceci dans notre récent article: “Vatican et colonialisme: Introduction au mouvement de la Longue Marche sur Rome”.

Plus d’info ci-dessous.

A lire et diffuser sans aucune modération…

Notre page sur l’abolition de l’empire et le mouvement de la révocation des bulles papales de la découverte chrétienne: Mettez la pression sur la hiérarchie éclésiastque en faisant retirer votre nom du registre des baptêmes !

— Résistance 71 —

 

La Longue Marche sur Rome 2016

 

LMR

 

Mai 2015

 

Source: http://longmarchtorome.com/

 

~Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Diffusez la nouvelle au sujet de la Longue Marche sur Rome du printemps 2016 et criez, dénoncez de vive voix le mensonge qui dit qu’une personne peut-être considérée comme moins qu’humaine simplement parce qu’elle ne prie pas sur le même autel que des personnes d’autres territoires.

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Nous allons entreprendre cette longue marche sur Rome en mémoire des millions et millions de personnes indigènes du monde qui ont souffert et sont mortes dans des guerres depuis plus de 500 ans et dont la relocalisation, déportation forcée, les maladies et la conquête ont été justifiées par deux édits, bulles pontificaux, l’une émise par le pape Nicolas V en 1455, Romanus Pontifex et l’autre par le pape Alexandre VI (NdT: Borgia) en 1493, Inter Caetera.

Ces bulles pontificales sont les “modèles écrits” pour cet Age de la Découverte, car elles donnaient aux explorateurs le droit absolu d’:

“… envahir, de traquer, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarrazins, et autres païens et les autres ennemis du christ où qu’ils soient” et de “réduire leurs personnes en esclavage perpétuel.

De manière incroyable, aucune de ces deux bulles pontificales n’a été officiellement révoquée jusqu’à ce jour.

Tout en marchant le long de l’ancienne Via Francigena vers Rome, nous honnorerons le courage, la sagesse et l’esprit de nos ancêtres, qui pendant 500 ans ont maintenu en vie les lois traditionnelles et la culture qui ont gouvernées les modes de vie des peuples indigènes depuis des temps immémoriaux.

Lorsque nous arriverons sur la place St Pierre du Vatican, nous en appelerons en premier lieu à nos ancêtres et pétitionnerons de nos esprits, cœurs et âmes le pape François 1er pour qu’il nous rejoigne et dénonce haut et fort ce mensonge qui veuille qu’une personne soit considérée moins qu’humaine purement parce qu’elle ne célèbre pas au même autel que d’autres personnes d’une autre terre.

Itinéraire:

PARIS

La procession solennelle

L’avant-garde des Nations Indigènes traversera la Seine à Paris par le Pont Neuf en direction du palais du Louvre, où le roi François 1er résidait en 1535.

Hommage à Donnacona

Au Palais du Louvre, les nations iroquoises mèneront la commémoration de l’enlèvement par l’explorateur Jacques Cartier du chef iroquois Donnacona en 1535 et son exhibition comme un animal devant la cour du roi François 1er dans l’aile sud du Louvre.

Via Francigena

Les marcheurs qui auront entendu le cri de dénonciation du mensonge et qui seront arrivés sur les côtes de l’Europe feront leurs premiers pas le long de cette très ancienne route de pélerinage vers Rome.

La Via Francigena est une très ancienne route de pélerinage qui va de Canterbury (Angleterre) à Rome. Les pèlerins ont marché sur cette route depuis le 4ème siècle.

Les Coyotes

Une sélection de coureurs indigènes va courir sous forme de relais depuis Paris, suivant la Via Francigena au travers des Alpes et du col du Grand Saint Bernard, puis vers Sienne au sud.

Le rassemblement des nations

A Lago di Bolsena, les nations indigènes du monde se rassembleront et participeront à une cérémonie sacrée, se rappelant d’abord la tragédie qui les lie tous, puis en célébrant leurs civilisations multi-facettes ; elles se prépareront enfin pour la marche finale sur Rome.

Les Sept Collines de Rome

La Longue Marche sur Rome convergera sur le Vatican des sept directions correspondant aux sept collines de Rome, le point culminant étant l’arrivée finale sur la place St Pierre.

La Procession Finale

En représentation officielle des nations indigènes du monde, une délégation demandera une audience formelle avec le pape François 1er et formulera la requête officielle que le pape révoque les bulles pontificales de la découverte.

Note Importante : Toute information ayant trait aux dates, endroits et participants publiée sur la page “itinerary” du site internet de la Longue Marche sur Rome jusqu’à Janvier 2016 est sujette à modification à l’entière discrétion des directeurs de la marche. Ceci sera motivé par des facteurs d’autorisations, de sécurité, de financement, de communication et autres facteurs de planification liés à la Longue Marche sur Rome. Veuillez rester informés en suivant sur notre site les changements possibles et les conditions de participation à la Longue Marche sur Rome.

Contact: longmarchtorome.info@gmail.com

Résolution de l’Assemblée des Premières Nations

Assemblée spéciale des Chefs

December 9, 10 & 11,2014, WINNIPEG, MB Resolution no. 4612014

TITRE: Soutien à la révocation des bulle pontificales de la découverte

OBJET: Réconciliation


PROPOSE PAR: Chief Shane Gottfriedson, Kamloops Indian Band, BC


SECONDE PAR: Bernd Christmas, Proxy, Indian lsland First Nation, NB


DECISION: consensus unanime

Où il fut dit:

  1. Les personnes des nations premières et leurs descendants ont souffert des effets de la colonisation aux mains de gouvernements successifs depuis bien avant que le Canada ait été établi sur la base de la fausse doctrine de la découverte, une doctrine qui doit-être révoquée afin que la cicatrisation et la compréhension puissent enfin commencer entre les nations premières et le Canada.

Ainsi qu’il soit dit que les chefs en assemblée:

  1. Se résolvent à embrasser, soutenir et à encourager la participation de leurs peuples à la Longue Marche sur Rome, un pélerinage des peuples indigènes du monde afin de présenter au pape François 1er une pétition demandant expressément la révocation des deux bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493), autrement connues sous le vocable de bulles pontificales de la découverte, pour les raisons suivantes:
  • a. Elles furent le “modèle écrit” pour la conquête du Nouveau Monde.
  • b, Elles fournirent une justification morale pour la mise en esclavage et la conquête des peuples indigènes dans le monde entier.
  • c. Elles demeurent un processus constant de violation de la loi contemporaine internationale sur les droits de l’Homme.
  • d, D’autres communautés couramment en lutte pour sauver leurs terres, sont menacées par des idéologies modernes de l’inégalité, profondément ancrées dans les bulles pontificales de la découverte.

Copie certifiée conforme de la résolution adoptée en ce jour du 11 Décembre 2014 à Winnipeg, province du Manitoba

Perry Bellegarde, chef national

Source: http://longmarchtorome.com/assembly-of-first-nations-resolution/

L’hypocrisie ensoutanée continue

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 avril 2015 by Résistance 71

Résistance 71

 

13 Avril 2015

 

Le pape vient de nous gratifier d’un autre deux poids, deux mesures avec sa déclaration sur le génocide arménien. Si le pape a qualifié et à juste titre de génocide, ce massacre de plus d’un million d’Arméniens placés sous le joug Ottoman au début du siècle dernier, nous sommes en droit de nous attendre à ce que ce même pape reconnaisse publiquement le génocide des peuples et nations du continent des Amériques à partir de 1492 et de la soi-disante “découverte” du “nouveau monde” par les envoyés des royautés européennes et donc du pape.

Le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité s’est tenu entre la fin XVème et fin XIXème siècles sur le continent américain qui vit le massacre de 70 à 100 millions d’Amérindiens (selon les sources) en grande partie sous l’égide de l’église catholique apostholique et romaine et des roitelets européens mandatés par les bulles Romanus Pontifex (Nicolas V 1455) et Inter Caetera (Alexandre VI 1493), qui furent intégrés au système légal nord-américain dans le premier quart du XIXème siècle (cf notre traduction de larges extraits de l’ouvrage de Steven Newcomb à ce sujet “Païens sur la terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” récemment publiée sur ce blog…).

L’Église aura t’elle le courage:

  • De reconnaître ses torts ?
  • De reconnaître sa responsabilité légale ?
  • De faire face aux conséquences qui s’imposent ?

 

Le pape est-il sur la voie d’une véritable réconciliation ou ne fait-il que diversion sur les malversations et turpitudes de l’église perpétrées au nom d’une mythologie religieuse ?

Les églises, catholique dans un premier temps, suivie de ses consœurs protestantes, qui ont assimiliées la doctrine chrétienne de la découverte telle qu’énoncée dans les édits papaux, sont responsables des vols, pillages, assassinats, de l’évangélisation et de l’enlèvement forcé des enfants indigènes qui moururent par dizaines de milliers dans des pensionnats-prisons aux Etats-Unis et au Canada (plus de 50 000 enfants morts/disparus au seul Canada, ce qui est un chiffre conservateur, dans ses pensionnats pour Indiens gérés pour l’essentiel par les églises catholique, anglicane, méthodiste et unifié du Canada) entre les années 1867 et 1996, date de la fermeture du dernier pensionnat pour Indiens au Canada.

Reconnaître le génocide d’un empire c’est bien, reconnaître celui de son propre empire (la chrétienté), c’est encore mieux. Allez cureton en chef, encore un effort, répudie ces bulles qu’enfin soient rendues caduques, nulles et non avenues toutes les lois sur la propriété au « nouveau monde » dont les terres ont été usurpées, volées, pillées et qui doivent être rendues à leurs propriétaires naturels: les peuples et nations originels du continent américain!

Pour de plus amples informations sur les crimes génocidaires perpétrés par l’église sur le continent des Amériques, veuillez consulter ces documents:

https://resistance71.wordpress.com/genocide-pensionnats-indiens-canada-kevin-annett/

https://resistance71.wordpress.com/colonialisme-doctrine-chretienne-de-la-decouverte/

https://resistance71.wordpress.com/2012/09/12/howard-zinn-ou-lhistoire-sous-bonne-influence-christophe-colomb-et-la-civilisation-occidentale1ere-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2012/09/20/howard-zinn-ou-lhistoire-sous-bonne-influence-christophe-colomb-et-la-civilisation-occidentale-2eme-partie/

https://resistance71.wordpress.com/?s=colonialisme

Les bulles papales responsables de la doctrine chrétienne de la découverte, Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493):

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

 

 

Lettre au pape pour la répudiation officielle de la bulle Inter Caetera (1493) fondement de la doctrine coloniale occidentale (Oceti Sakowin, Sioux)

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C’est la seule solution pour détruire la pseudo légitimité territoriale de l’empire. Le colonialisme depuis le XVème siècle jusqu’à aujourd’hui, car nous vivons toujours et sans doute plus que jamais dans un monde colonial et non pas « post-colonial » comme veut le faire ingurgiter la pensée unique criminelle dominante, est fondé sur le racisme, le génocide et l’acceptation par la force puis la propagande, que l’occident et sa « civilisation » a le droit « divin » de dominer le monde: dominum christianorum.

Forcer le pape à répudier officiellement la doctrine chrétienne de la découverte inscrite dans la bulle Inter Caetera de 1493 qui sert de fondement à la loi coloniale depuis lors, privera instantanément l’empire de sa base territoriale usurpée et un empire sans territoire s’effondre. Nous l’avons dit et le répétons, c’est le talon d’Achille de l’empire anglo-américain et c’est là qu’il faut frapper. Les mouvements de lutte amérindiens doivent être solidaires là-dessus et nous devons les soutenir ! Pourquoi ? Parce que « Nous sommes tous des colonisés ! »

Les deux bulles papales fondement de la doctrine coloniale occidentale: Romanus Pontifex (Nicolas V, 1455) et Inter Caetera (Alexandre VI, 1493)

— Résistance 71 —

 

Une lettre au pape François 1er: Abolissez la bulle papale qui est derrière la colonisation !

 

Ruth Hopkins

 

14 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/14/letter-pope-francis-abolish-papal-bull-behind-colonization

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Très saint père,

Han (Hello).

Mon nom est Cankudutawin (femme du Chemin Rouge). Je suis une Améridienne de la nation Sioux, Oceti Sakowin. Nous datons de bien avant les Etats-Unis. Nos terres traditionnelles sont les grandes plaines de l’Amérique du Nord (NdT: qui s’étendent au centre sur ce que sont actuellement les Etats-Unis et le Canada), je suis née à Fort Yates dans le Dakota du Nord sur la réserve Sioux de Standing Rock et je suis un membre enrôlé du peuple Sisseton Wahpeton Oyate.

Mes grands-mêres Katherine Ray et Stella Pretty Sounding Flute étaient toutes deux de ferventes catholiques. Les gens disent que vous êtes bon, que vous êtes unique et différent de vos prédécesseurs. Les gens parlent autour de moi et disent qu’il y a une chance que vous m’écoutiez, moi, une simple femme d’une réserve indienne.

Après la venue de Christophe Colomb en 1492, l’existence des peuples indigènes des Amériques du nord et du sud ont changé à tout jamais. La trajectoire historique de mon peuple fut aussi changée. Au-delà d’avoir été infectés par des maladies inconnues de nous comme la variole pour laquelle nous n’avions aucune immunité, on nous a affamé, brutalisé et massacré. Des millions d’indigènes du continent furent massacrés au nom de la Destinée Manifeste, née des doctrines de la découverte, en particulier édictée par la bulle papale de 1493 (Inter Caetera).

La bulle papale de 1493, Inter Caetera, un édit solennel écrit par le pape Alexandre VI, donna aux chrétiens la domination sur les terres indigènes et appela à la subjugation des peuples natifs indigènes pour le but de propager la doctrine chrétienne. En fait, les chrétiens furent chargés de la tâche de renverser les nations autochtones afin de les convertir au christianisme et les héritiers chrétiens furent aloués “plein et libre pouvoir, autorité et jurisdiction de toute sorte”. Ceux qui tentèrent de s’opposer à ce document papal furent menacés d’être exposés “à la colère de dieu tout puissant et de ses saints apôtres Pierre et Paul.”

Ce que cette bulle accordait est le droit de conquête. La colonisation a commencé avec l’Espagne et le Portugal et toutes les autres puissances européennes ont suivi leur exemple. Les envahisseurs européens qui ont volés les terres et les vies des autochtones furent autorisés de le faire sous couvert et autorité de l’église, qui était le fondement de la loi des états. Quelques trois cents ans après que le pape Alexandre VI ait invoqué “deprimantur” contre mes ancêtres, John Marshall le 4ème juge de la cour suprême des Etats-Unis, prit le principe du “droit de réduction” de la bulle papale Inter Caetera, fondée sur le concept chrétien latin de dominorum christianorum et fit de la domination chrétienne une loi en regard de l’invention de la doctrine chrétienne de la découverte.
La doctrine elle-même n’a aucune base légale. Utilisant le raisonnement d’Inter Caetera, la cour suprême des Etats-Unis abrogea les demandes de droit de propriété des peuples autochtones, dont les ancêtres vécurent en Amérique du Nord pendant des milliers et des milliers d’années et a donné le titre aux colons américains qui étaient gouvernés par des leaders chrétiens.

Sans cette bulle papale, les Etats-Unis d’Amérique seraient forcés de réviser les politiques de termination et d’assimilation qu’ils ont mis en pratique contre nous, les habitants originels de la terre, le vol des terres indigènes et de leurs ressources, les violations des traités et le génocide qui fut appliqué au travers de nombreux massacres comme ceux entr’autres de Sand Creek, Wounded Knee et Whitestone Hill. Les Etats-Unis et autres pays coloniaux ont justifié ces atrocités en se cachant derrière l’église.

Tant que la bulle papale Inter Cetera demeure effective, les peuples indigènes continueront à souffrir. Toute la loi américaine concernant les Indiens d’Amérique est fondée sur la trilogie de Marshall, celle de la doctrine chrétienne de la découverte. Le droit de réduction, sous le déguisement de la doctrine de la découverte, est utilisé pour nourrir la bête coloniale et utilisé pour donner toujours plus de pouvoir au capitalisme, alors que les entreprises multi-nationales utilisent des concepts religieux quasi-légaux comme cette doctrine de la découverte, pour voler les peuples indigènes du monde entier. A la poursuite de ressources naturelles comme le bois, le pétrole, le gaz, les diamants, l’uranium et autres richesses, ils ignorent et balaient nos vies.

Je vous adresse cette lettre avec humilité et respect, comme quelqu’un qui reconnait l’autorité de Celui qui guérit ceux aux cœurs brisés et soignent leurs plaies ; Celui qui n’est pas venu pour condamner le monde, mais pour le sauver.

Pour le bien de tous, nous vous demandons de révoquer formellement la bulle papale Inter Caetera de 1493. Le faire, restaurera les droits humains fondamentaux et amènera la cicatrisation aux peuples autochtones et à son tour, au monde entier. Seul vous avez le pouvoir de faire ceci.

S’il vous plaît, rencontrez-moi en tant que représentante du pays indien pour un entretien lors de votre prochaine visite aux Etats-Unis l’an prochain. Mitakuye Oyasin.

Mes meilleurs vœux à votre sainteté,

Salutations distinguées,

Cankudutawin, Red Road Woman

Ruth Hopkins

“Bénis soient les faiseurs de paix, car ils seront appelés les enfants de dieu.” Mathieu 5:9

Ruth Hopkins (Sisseton Wahpeton & Mdewakanton Dakota, Hunkpapa Lakota) est écrivain, blogueuse, biologiste, activiste et juge.

Résistance politique au colonialisme: Analyse de la falsification historique du Vatican au sujet des bulles papales du XVème siècle (Steven Newcomb)

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Autres articles connexes de Steve Newcomb traduits par nos soins, cliquez ici

— Résistance 71 —

 

Désinformation de la part de la mission d’observation permanente du Saint Siège (Vatican)

 

Steven Newcomb

 

4 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/04/misinformation-permanent-observer-mission-holy-see

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 27 Avril 2010, la mission d’observation permanente du Saint Siège (Le Vatican) aux Nations-Unies a délivré sa déclaration officielle au sujet de la Doctrine (chrétienne) de la Découverte durant la 9ème session du Forum Permanent de l’ONU sur les problèmes indigènes. La déclaration est un excellent exemple d’obscurantisme et de falsification historique. Voyons donc cela d’un peu plus près.

La déclaration du Saint Siège clâme que le document pontifical de 1493 “Inter Coetera (sic), en tant que source de droit international.. a été abrogé par le traité de Tordesillas”. Ceci ne parle en rien de ce dont nous avons soulevé depuis 1992: les bulles papales de 1493 et leurs documents précédents, sont la génèse de la domination sur nos nations originelles et les peuples de l’Île de la Grande Tortue de cet hémisphère. Le Saint Siège tente, à notre vue, de faire glisser l’attention du problème de son autorisation de domination sur la question irrelevante de savoir si le document Inter Caetera est une source du droit international.

La déclaration du Saint Siège de 2010 dit également que la “division des terres entre la Castille-Aragon (Espagne) et le Portugal”, fut abrogée par le traité de Tordesillas de 1494.” Après avoir été informé de cet argument, Anthony Padgen, un éminent universitaire spécialiste de cette période historique m’a dit dans un courriel: “Je ne vois pas comment un accord (le traité Tordesillas) entre deux pouvoirs civils pourrait véritablement abroger une bulle papale.”

En y regardant de plus près néanmoins, le Saint Siège ne disait pas que le traité de Tordesillas a abrogé la bulle papale. Le sujet de la phrase du Saint Siège est “la division des terres entre l’Espagne et le Portugal”, qui fut faite par le pape Alexandre VI en 1493. Si le traité de Tordesillas “a abrogé” ou annulé quoi que ce soit, c’est la “division des terres” en rendant discutable le placement du pape quant à la ligne de démarcation de la division des dites terres.

Il y avait toujours une ligne de démarcation entre l’Espagne et le Portugal, mais elle a été déplacée vers un endroit différent à la suite d’un accord par traité civil auquel le pape donna sa bénédiction. La décision de l’Espagne et du Portugal de bouger la ligne de démarcation est ce que le Saint Siège caractérise maintenant apparemment comme une “abrogation” de la division terrestre du pape entre deux pays. Quoi qu’il en soit, abroger un document est “abolir par une action autoritaire, officielle ou formelle”, par le parti qui a créé le document. Clairement, le traité de Tordesillas n’abroge pas la bulle papale Inter Caetera en tant que tel parce que ni l’Espagne ni le Portugal n’était l‘entité qui a émis le document et ces pays n’avaient pas la jurisdiction, le pouvoir légal “d’abroger” un document émis par la pape.

De plus, le Saint Siège a affirmé en 2010 qu’ en tant “que source de loi canon ou loi de l’église… Inter Coetera (re-sic) a aussi été abrogée par les faits…” Le Saint Siège a dit que le document pontifical lui-même a été “abrogé” en tant que “source de droit canon ou ecclésiastique”. Comment cela a t’il pu bien pu se produire ? Une raison donnée fut “la colonisation de l’Amérique du Nord et des Caraïbes par le roi de France”.

Samuel Eliot Morison a écrit à ce sujet dans son “The European Discovery of America: the Northern voyages A.D 500-1600”, New York Oxford University Press, p.341. D’après Morison, en 1533, le roi de France François 1er, le pape Clément VII et l’évêque Le Veneur se sont rencontrés à Marseille pour célébrer le mariage entre un des fils de François 1er et la nièce du pape Catherine de Médicis. Morison dit que ce fut “facile de persuader le saint père de déclare que l’édit d’Alexandre (de 1493) ne s’appliquait qu’aux terres déjà découvertes, pas à celles trouvées plus tard par d’autres souverains. Ainsi, François 1er obtint le feu vert du Vatican (pour d’autres colonisations) et passa le mot à Jacques Cartier.”

C’est pourquoi le Saint Siège se doit de répondre à cette question: “Comment la colonisation française de terres non chrétiennes en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, que le pape Clément VII avait approuvé et bénit, a pu “abroger” la bulle papale Inter Caetera “comme source de loi canon ou ecclésiastique”. Elle ne l’a pas pu et ne l’a pas fait.

Puis, le Saint Siège dans sa déclaration de 2010 a affirmé que la bulle papale, document Inter Caetera “a aussi été abrogée par d’autres bulles papales, comme par exemple Sublimis Deus.” Le Saint Siège cita ensuite le document Sublimis Deus de 1537 du pape Paul III comme suit:

“Les Indiens et les autres peuples qui ont pu avoir été découverts plus tard par les chrétiens, ne sont en aucun cas privés de leur liberté ou de leur possession de propriété, et ce alors même qu’ils résident en dehors de la foi de Jesus Christ, et qu’il peuvent et doivent, librement et légitimement, jouir de leur liberté et de la possession de leur propriété, ils ne devront pas non plus être réduits en esclavage ; si le contraire se produisait, ce serait nul et non avenu et n’aurait pas d’incidence.”

Aussi merveilleux ce langage puisse t’il paraître, l’empereur espagnol Charles V ordonna que toutes les copies de la bulle papale Sublimis Deus qui avait atteint la “Nouvelle Espagne” (aux “Amériques”), fussent confisquées et ramenées en Espagne. Le document était lettre morte dans les colonies/dominions de l’Espagne aux “Amériques”. De plus, comme mentionné par le Dr. Luis Rivera-Pagan dans son ouvrage “Violent Evengelism” (1992), le pape Alexandre VI avait, par la bulle de 1493, attribué à perpétuité à l’Espagne un droit de domination en relation des terres non-chrétiennes “découvertes ou à découvrir”. Le don à l’Espagne par la papauté d’un droit de domination (colonisation) en relation aux terres non –chrétiennes découvertes, ne fut pas abrogé par la bulle papale Sublimis Deus, ni non plus le pape Paul III n’eut l’intention d’abroger par le moyen de Sublimis Deus, les dons fait par la papauté au préalable, d’un droit de domination territorial donné à la couronne espagnole.

Les avocats du Saint Siège ne sont manifestement pas des historiens. S’ils l’étaient, ils en sauraient bien plus que cela et n’essaieraient pas d’embobiner les gens à croire que le don par la papauté d’un droit de domination fut “abrogé” en 1537 par le pape Paul III et sa bulle Sublimis Deus. Comme l’a fait remarqué le Dr. Luis Rivera dans son livre de 1992 “A Violent Evangelization”:

“Dans l’arène juridique, les bulles alexandriennes ont maintenu leur caractère d’autorisation, comme montré par la première phrase de la première loi du premier chapitre du troisième livre de “The Compilation of the Leyes de Indias” (1680), qui les reconnaît (les bulles papales) comme la première fondation pour la possession à perpétuité des Amériques par la couronne de Castille:

“Par donation du Saint Siège apostolique et romain… Nous sommes les seigneurs des Indes de l’Ouest, terres et iles et océans découverts ou à découvrir et incorporés à notre couronne royale de Castille.. et nous donnons notre foi et notre parole royale et les rois nos successeurs, de façon à ce qu’elles (les Indes occidentales) ne puissent jamais nous être retirées ou séparées de nous en totalité ou en parties, pour quelque raison ou cause que ce soit.”

Et Rivera conclut: “Cette loi est basée sur les déclarations royales consécutives de Carlos V (Charles V) et Felip II (Philippe II), qui durant le XVIème siècle émirent la doctrine de la domination castillanne à perpétuité sur les peuples hispano-américains. Toutes ces déclarations font allusions aux bulles alexandriennes comme point crucial de référence. “Ainsi, en 1680 les lois des Indes occidentales étaient toujours reconnues das les publications royales espagnoles comme fondées sur le “caractère spécial d’autorisationdes bulles alexandriennes”. Si ces documents du pape Alexandre furent abrogés par le bulle papale de 1537, de manière évidente la monarchie espagnole (Charles V et Philippe II) n’ont pas eu ni lu le memo… voilà pourquoi la monarchie a continué à les utiliser comme fondation même de la loi des Indes occidentales.

France et colonialisme: Quand une boutade entre Obama et Hollande remet la doctrine chrétienne de la « découverte » sur la table…

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C’est la clef contre l’empire… Le retour à la terre. Priver l’empire de son territoire usurpé au gré de la loi canonique raciste et destructrice, c’est le rendre impuissant. Retirer le territoire à un empire, c’est l’effondrer sans espoir de retour.

Les Amérindiens ont ce pouvoir légal et nous devons les soutenir. Là est la clef du succès, nous l’avons dit et le répèterons sans cesse. A cet effet, la résurgence indigène est en train de prendre actuellement une autre dimension…

— Résistance 71 —

 

Le rachat de la Louisiane et la Doctrine de la Découverte

 

Steven Newcomb

 

25 février 2014

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/02/25/louisiana-purchase-and-doctrine-discovery

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tandis que le président Obama accueuillait il y a peu le président français Hollande, ils ont fait la visite de Monticello, la plantation à esclaves du président américain Thomas Jefferson. Après la visite, le président Hollande a dit à un  moment donné: “Et ensuite le président Jefferson a racheté la Louisianne à Napoléon et aujourd’hui, nous ne demandons rien.” (les gens présents rigolent…)

Le président Obama a répondu: “C’était une bonne affaire en tous les cas.”

Qu’est-ce donc que le président Obama qualifait-il donc ainsi “de bonne affaire” ? De quel point de vue était-ce une “bonne affaire” ? En 1803, Le gouvernement américain acheta la prétention de la France à la “colonie et province”, appelée “Louisianne”, nommée du nom de Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715. La grande zone s’étend sur 1 400 000 km2. Ceci représente 560 millions d’acres de territoires des nations indiennes, qui furent clâmés par la France (et l’Espagne), sur la seule base de la doctrine chrétienne de la découverte.

Le droit de découverte de la France fut fondé sur la base d’une simple idée: Lorsque les explorateurs représentant d’un “souverain” chrétien parvenait à “découvrir” l’embouchure d’un fleuve comme le Mississippi, la famille des souverains chrétiens regardaient cette “découverte souveraine” comme un droit de domination, de colonisation sur toutes les terres émergées de cette région autour de ce fleuve particulier et ce jusqu’à sa source. Ce que le président Jefferson a racheté à Napoléon était en fait la revendication par la France de sa “découverte” de tous les territoires des nations indiennes au sein de ces 1 million 400 000 km2.

Le premier explorateur français qui naviga d’amont en aval du fleuve Mississippi en 1682, des Grands Lacs jusqu’au Golfe du Mexique, fut René-Robert de La Salle. Dans “The Louisiana Purchase and Our Title West of the Rocky Mountains (U.S. Government Printing Office, 1900), Binger Hermann, alors commissaire aux territoires des Etats-Unis, écrivit: “La Salle, se tenant sur les berges du canal le plus occidental du Mississippi avec Tonty, Dautray et d’autres personnes, à environ 3 lieues de l’embouchure du fleuve, le 9 Avril 1682, prit possession des terres au nom de Louis XIV, roi de France et érigeant une colonne, ou comme insista le Dr Kohl, “une croix avec les armes du roi”, il y enfouit une assiette, y déploya le drapeau français, chanta le Te Deum et nomma le territoire “Louisianne” d’une forte voix…”

Hermann a dit que La Salle avait proclamé la possession s’étendre “de l’embouchure du grand fleuve St Louis sur le côté Est, autrement appelé Ohio, Alighin, Sipore ou Chiskagona” et ceci fut fait “avec le consentement des Chaonanons, Chikachas et autres peuples se trouvant alentour, avec qui nous avons passé alliance, ainsi que le long du fleuve Colbert ou Mississippi  et des rivières qui viennent s’y jeter…” [page 12]

L’explication continue en se référant à un endroit “au-delà des Kious ou des Nadonessiens et ceci avec leur consentement, et le consentement des Motanties, Illinois, Mesigameus, Natches, Koroas, qui sont les nations principales se trouvant dans ces territoires, avec lesquelles nous avons aussi fait alliance… jusqu’à l’embouchure vers la mer ou Golfe du Mexique.” Les envahisseurs français ont pris possession, dit le compte-rendu “avec l’assurance que nous avons reçue de toutes ces nations Indiennes, que nous sommes les premiers européens qui ont descendu ou remonté le dit fleuve Colbert (Mississippi).” [Ibid]

Dans un effort de rendre ses actions légitimes, La Salle a affirmé que les nations originelles ont consenti à l’assujettissement de leurs territoires en tant que possession française. Il n’y a bien entendu, aucun moyen de vérifier les dires de La Salle ; ni non plus un moyen de vérifier ce que les Français ont vraiment dit à l’époque aux nations indiennes ou ce que ces nations ont compris, ou ce qu’elles n’ont pas compris. Je suppose que nous sommes simplement supposés accepter l’idée que ce qu’ont dit les Français est juste. De manière évidente, un grand nombre d’information historique, comme par exemple ce que les nations indiennes ont vraiment pensé de ces appropriations des envahisseurs, ne fut jamais vraiment bien enregistré par les Français.

Ce que nous savons est que dans le verdict de la cour suprême de justice américaine de l’affaire Johnson contre MacIntosh en 1823, verdict qui fut rendu juste deux petites décennies après le traité du rachat de la Louisianne de 1803, le juge suprême, Chief Justice Marshall, qui écrivit le rendu, référait aux nations indiennes dans cette vaste étendue comme “étant de fait indépendantes”. Ceci constitue la preuve de la nationalité indépendante et originale de nos nations et des peuples qui les constitutaient, ce dont j’ai pris l’habitude obsessive de faire remarquer.

Pour en revenir aux présidents Obama et Hollande, qui aurait pu imaginer qu’une histoire connectée à la doctrine chrétienne de la découverte aurait été mentionnée dans quelques palabres anodins entre ces deux chefs d’état ? Et du fait de l’allusion à cette histoire, c’est le bon moment pour le leadership indien de saisir cette opportunité pour défier sur la scène internationale la destruction qui a été faite de nos nations et de nos peuples en conséquence directe de la doctrine chrétienne de la découverte.

Steven Newcomb (Shawnee-Lenape)  est le co-fondateur de l’Institut Légal Indigène et auteur de l’ouvrage: “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008).  Il a publié plusieurs articles légaux et a étudié la loi fédérale américaine sur les Indiens depuis le début des années 1980.

=  =  =

A lire absolument pour plus d’information sur la doctrine chrétienne de la découverte:

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

Ainsi qu’un résumé de la décision de la cour suprême des Etats-Unis datant de 1823 dans l’affaire Johnson contre McIntosh au sujet de la propriété des terres autochtones:

https://resistance71.wordpress.com/2014/03/12/resistance-au-colonialisme-le-vol-des-terres-amerindiennes-enterine-par-une-decision-de-la-cour-supreme-de-1823/ 

Les origines du colonialisme: Inhumain trop inhumain… selon le Vatican

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 12 octobre 2013 by Résistance 71

Cette traduction d’un article de recherche de Steve Newcomb (grand spécialiste de la nation Shawnee concernant les origines de la loi fédérale sur les Indiens) est très complémentaire de notre série sur le vol, pillage et génocide commis à l’encontre des nations autochtones des Amériques depuis 1492 et des informations en découlant au sujet des origines profondes religieuses et vaticanes de la colonisation menée tambour battant par les nations européennes depuis le XIème siècle et les premières croisades et son apogée entre la fin du XVème et la fin du XIXème siècles.

Pour plus d’information lire ces articles:

Dans l’ordre chronologique de ce qui a été traduit/publié:

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/societe-contre-letat-de-lorigine-du-genocide-introduction-au-livre-de-kevin-annett-hidden-no-longer-genocide-in-canada-past-and-present/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/19/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-1ere-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/09/23/colonialisme-et-genocide-au-nouveau-monde-a-decouvert-genocide-au-canada-passe-et-present-introduction-2eme-partie/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/01/resistance-des-peuples-le-droit-coutumier-doit-remplacer-le-systeme-legal-planetaire-corrompu-lexemple-donne-par-le-tribunal-international-sur-les-crimes-des-eglises-et-des-etats/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/02/genocide-denfants-indiens-au-canada-quand-la-collusion-criminelle-de-letat-et-des-eglises-genere-la-farce-de-la-reconciliation/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/04/resistance-politique-le-grand-mensonge-qui-regit-le-colonialisme-bulle-papale-de-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/05/au-sujet-de-lorigine-du-colonialisme-la-bulle-papale-inter-caetera-alexandre-vi-1493/

https://resistance71.wordpress.com/2013/10/09/lorigine-profonde-du-colonialisme-occidental-les-bulles-pontificales-romanus-pontifex-1455-et-inter-caetera-1493/

 — Résistance 71 —

 

Cinq cents ans d’injustice

L’héritage du racisme religieux du XVème siècle

 

par Steve Newcomb

 

Source: Newcomb, Steve. « Five Hundred Years of Injustice. » Shaman’s Drum. Fall 1992, p. 18-20.

 

url de l’article original:

http://ili.nativeweb.org/sdrm_art.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand Christophe Colomb posa le pied pour la première fois sur les sables blancs de l’île de Guanahani, il pratiqua une cérémonie de “prise de possession” de la terre pour le roi et la reine d’Espagne, agissant sous la loi internationale de la chrétienté occidendale. Bien que l’histoire de la “découverte” de Colomb ait pris des proportions mythologiques dans la vaste majorité du monde occidental, très peu de gens sont en fait au courant que cet acte de “possession” est fondé sur une doctrine religieuse connue dans l’histoire sous le vocable de la “doctrine de la découverte”. Bien peu réalisent même qu’aujourd’hui, plus de cinq siècles plus tard, le gouvernement des Etats-Unis (NdT: et du Canada et les gouvernements des nations sud-américaines) continue d’utiliser cette doctrine archaïque judéo-chrétienne pour nier les droits des Indiens des Amériques.

Les origines de la doctrine de la découverte

Pour bien comprendre la relation entre le principe de la découverte érigé par la chrétienté et les lois des Etats-Unis, nous devons commencer par examiner le document pontifical qui fut écrit quarante ans avant que Colomb ne fasse son voyage historique de 1492 ; le pape Nicolas V émit pour le roi Alphonse V du Portugal la bulle Romanus Pontifex en 1455, déclarant la guerre contre tous les non-chrétiens à travers le monde et spécifiquement promouvant la conquête, la colonisation et l’exploitation des nations non-chrétiennes et de leurs territoires.

Sous le coup de doctrines théologiques et légales formulées pendant et après les croisades, les non-chrétiens furent considérés comme ennemis de la foi catholique et ainsi dégradés au statut de sous-hommes. De manièrre concordante, dans la bulle de 1455, le pape Nicolas V donna des instructions au roi Alphonse de “capturer, de vaincre et de subjuguer les sarazins, les païens et autres ennemis du Christ” et de les mettre “en état d’esclavage perpétuel” et de “saisir toutes leurs possessions et propriétés” [Davenport: 20-26]. Agissant ainsi selon ses privilèges papaux, le Portugal continua son trafic d’esclaves africains et étendît sa domination coloniale royale en faisant des “découvertes” le long de la côte Ouest africaine, clâmant ces territoires comme territoires portugais.

Ainsi, lorsque Colomb mit les voiles à l’Ouest à travers la Mer des Ténèbres en 1492, avec la  claire compréhension qu’il était “autorisé de prendre possession” de toutes terres qu’il serait amené “à découvrir” et qui n’était pas sous la domination d’un dirigeant chrétien, lui et les souverains espagnols d’Aragon et de Castille suivaient déjà une tradition bien établie de “découverte et de conquête”. De fait, après que Colomb s’en revint en Europe, le pape Alexandre VI émit la bulle pontificale Inter Caetera du 3 Mai 1493, “garantissant” a l’Espagne, à la requête expresse du roi Ferdinand et de la reine Isabelle, le droit de conquérir les terres que Colomb avait déjà trouvées, ainsi que toutes terres que l’Espagne pourrait “découvrir” dans le futur.

Dans ce document Inter Caetera, le pape Alexandre exprima son désir que les peuples “découverts” soient “subjugués et amenés à la foi elle-même”. De cette façon, disait le pape, “L’empire chrétien” pourrait se propager.. Lorsque le Portugal protesta contre cette concession à l’Espagne, le pape Alexandre stipula dans une bulle suivante le 4 Mai 1493, que l’Espagne de devait pas tenter d’établir sa domination sur des terres qui étaient “déjà sous la possession de seigneurs chrétiens”. Puis, avant de museler les deux monarques rivaux, le pape dessina une ligne de démarcation entre les deux pôles, donnant à l’Espagne le droit de conquête et de colonisation d’un côté du globe et au Portugal l’autre.

Durant le cinq-centième anniversaire du voyage de Colomb aux Amériques, il est important de reconnaître que les actes cruels de génocide et de conquête commis par Colomb et ses hommes contre les peuples pacifiques des Caraïbes, furent endorsés pleinement par les documents sus-mentionnés de l’église catholique romaine. En fait, ces documents papaux furent souvent utlisés par les conquérants européens des Amériques pour justifier d’un système de colonisation incroyablement brutal et sans merci, qui déshumanisa les peuples autochtones en regardant leurs territoires comme “n’étant habités que par des animaux sauvages”.

La leçon à tirer de ceci est que les bulles pontificales de 1455 et 1493 sont deux exemples très clairs du comment les “pouvoirs chrétiens” ou “les différents états de la chrétienté”, voyaient les peuples indigènes: comme “les butins et proies légaux de leurs conquérants civilisés”. En fait, la “loi des nations” chrétiennes estimait que celles-ci avaient un droit divin, fondé sur la bible, de clâmer le titre absolu et l’autorité ultime sur tous nouveaux habitants non-chrétiens “découverts” ainsi que leurs terres et propriétés. Au cours des siècles qui suivirent, ces croyances ont donné naissance à la doctrine de la découverte utilisée par l’Espagne, le Portugal, l’Angleterre, La France et la Holande et de fait toutes les nations chrétiennes.

La doctrine de la découverte dans la loi américaine

En 1823, la doctrine de la découverte chrétienne fut adoptée en catimini dans la loi américaine par la cour suprême des Etats-Unis dans le cas devenu célèbre de Johnson contre McIntosh. Ecrivant pour une cour unanime, le juge suprême John Marshal observa que les nations chrétiennes européennes avaient assumé la “domination ultime sous forme coloniale” (NdT: sens du mot “dominion” employé en anglais) des terres d’Amérique durant l’âge de la découverte et que avec cette “découverte”, les Indiens avaient perdu “leurs droits de souveraineté totale en tant que nations indépendantes” et ne retenaient que le droit “d’occuper” leurs territoires. En d’autres termes, les nations indiennes étaient soumises à l’autorité ultime de la première nation de la chrétienté qui clâma possession d’une région spécifique des terres indiennes.

D’après Marshall, les Etats-Unis, après avoir gagné leur indépendance en 1776, devinrent une nation héritière du droit de la “découverte” et acquérirent le pouvoir de “domination coloniales (dominion)” de la Grande-Bretagne. Bien sûr, lorsque Marshal définît en premier lieu le principe de “découverte”, il utilisa une langage qui n’attira pas l’attention sur le biais religieux, déclarant que “la découverte donne droit au gouvernement par les sujets ou l’autorité par lesquels la découverte fut faite, contre tout autre gouvernement européen”. Quoi qu’il en soit, en discutant le précédent légal soutenant les conclusions de la cour, Marshal cita de manière spécifique la charte anglaise donnée à l’explorateur John Cabot, afin de documenter la “reconnaissance totale” par l’Angleterre de la doctrine de la découverte. Ensuite, paraphrasant le langage de la charte elle-même, le juge Marshall nota que Cabot était autorisé de prendre possession de terres “sans se préoccuper de l’occupation des sols par les indigènes, qui sont des païens et dans le même temps en admettant le titre de propriété de tout chrétien qui en aurait pris possession au préalable.”

En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis affirmait que la loi américaine était basée sur une règle fondamentale de la “loi des nations” et qu’il était possible de virtuellement ignorer les droits fondamentaux des “païens” indigènes et de clâmer que les “terres inoccupées” de l’Amérique appartenaient de droit aux nations européennes les découvrant. Il est bien sûr très important de comprendre que, comme l’a justement fait remarquer Benjamin Munn Ziegler dans sa Loi Internationale selon John Marshall, que le terme de “territoires inoccupés” se référait à “la terre en Amérique qui lorsqu’elle fut découverte était ‘occupée par des Indiens”, mais “inoccupés par des chrétiens’ ”

Ironiquement, la même année de la décision juridique de l’affaire Johnson contre McIntosh, lun des pères fondateurs des Etats-Unis, James Madison, écrivit: “La religion n’est pas la préoccupation du gouvernement humain. La religion est essentiellement distincte du gouvernement civil et exempte de sa reconnaissance ; une connexion faite entre les deux est injurieuse aux deux parties.”

La plupart d’entre nous ont été élevés dans la croyance que la  constitution des Etats-Unis fut faite pour maintenir une séparation de l’église et de l’état. Malheureusement, avec la décision de la cour suprême dans l’affaire Johnson, la doctrine chrétienne de la découverte fut non seulement pas écrite dans la loi américiane mais elle devint aussi la pierre angulaire de la politique américaine envers les Indiens au cours du siècle suivant.

De la doctrine de la découverte aux nations indépendantes intérieures

Utilisant comme base légale le principe de la “découverte”, la cour suprême déclara en 1831 que la nation Cherokee (et par implication toute autre nation indienne), n’était pas totalement souveraine, mais que “peut-être”, elle pourrait être étiquetée comme une “nation indépendante intérieure”. [Cherokee nation contre l’état de Georgie]. Le gouvernement fédéral en profita pour dire que les traités faits avec les nations indiennes ne reconnaissaient pas les nations indiennes comme étant libres du contrôle de l’état fédéral. D’après le gouvernement, les nations indiennes étaient des “nations indépendanes intérieures”, sujettes à l’autorité légale complète du gouvernement fédéral, ceci étant connu sous le vocable de “pouvoir pléniaire”. Ainsi, l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte et sa conquête et sugjugation des Indiens “païens”, furent étendues par le gouvernement fédéral en une doctrine mythique disant que la constitution des Etats-Unis permettait l’autorité gouvernementale sur les nations indiennes et leurs territoires.

Le mythe du “pouvoir pléniaire” sur les Indiens, un pouvoir du reste, qui ne fut jamais voulu par les auteurs de la constitution, a été utilisé par les Etats-Unis pour:

  • Circonvenir aux termes des traités solennels liant les Etats-Unis aux nations indiennes, malgré le fait que tous ces traités sont “loi suprême de la terre, malgré tout écrit constitutionnel”.
  • Voler les territoires ancestraux des peuples indiens vivant à l’Est du Mississippi en les déportant de leurs terres par la loi de 1835 concernant la déportation des Indiens.
  • Utiliser un statut congressionnel connu sous le vocable de la loi d’alotement général de 1887, pour priver les Indiens de quelques 90 millions d’acres de leurs terres. Cette loi, expliqua John Collier (commissaire aux affaires indiennes), fut une “méthode indirecte, pacifique sous forme légale, de prendre la terre que nous étions déterminés à prendre, mais ne voulions pas prendre ouvertement à cause des traités”.
  • Voler les Collines Noires (Black Hills), territoire sacrée de la grande nation Sioux en violation totale des termes du traité de Fort Laramie de 1868 (NdT: Le SEUL traité de l’histoire américaine, qui vit le gouvernement américain qui avait perdu la guerre, faire des concessions à ses vainqueurs !… Traité qui fut violé par les yankees à maintes reprises depuis…), qui reconnait à la nation Sioux la propriété absolue et exclusive de son territoire.
  • Payer le secrétariat à l’intérieur la somme de 26 millions de dollars pour 24 millions d’acres des terres de la nation Shoshone, parce que le peuple Shoshone a constamment refusé de vendre ses terres et refuser de la même manière de prendre quelque argent que ce soit. Bien que les limites frontalières du territoire Shoshone et leur droit de souveraineté furent reconnus clairement par le gouvernement fédéral dans le traité de la vallée de Ruby en 1863, le gouvernement proclame maintenant que le fait de s’être lui-même payé au titre de la nation Shoshone a mis fin à la souveraineté territoriale de la dite nation.

Les cas cités ci-dessus sont juste quelques exemples du comment le gouvernement des Etats-Unis a utilisé les décisions de justice des affaires Johnson contre McIntosh et la nation Cherokee contre l’état de Georgie pour dénigrer abruptement les droits des peuples indigènes. De fait, un grand nombre de politiques intérieures américaines sur les Indiens sont fondées sur la “rationalité” cachée du principe “de la découverte chrétienne”, une vision qui “subordonne aux premiers découvreurs chrétiens” ou à leurs successeurs, les “païens” indigènes des Amériques.

Comme l’avait déjà observé Thomas Jefferson, lorsque l’état utilise la doctrine de l’église comme moyen coercitif, le résultat en est “l’hypocrisie et la méchanceté”. Bien malheureusement, l’utilisation par la cor suprême des Etats-Unis de l’ancienne doctrine chrétienne de la découverte, pour circonvenir à la constitution et comme moyen de saisir les terres indiennes et de placer les nations indiennes sous le contrôle du gouvernement fédéral, a prouvé que Madison et Jefferson avaient raison.

Mettre fin à cinq cent ans d’injustice faite aux peuples autochtones

Dans un pays fait pour maintenir une séparation stricte de l’église et de l’état, la doctrine de la découverte aurait dû être déclarée inconstititionnelle parce qu’elle est fondée sur un traitement raciste des nations autochtones pour le simple fait qu’elles n’étaient pas chrétiennes au moment de l’arrivée des Européens sur le continent. En pénalisant les peuples indigènes sur la base de leurs croyances religieuses non-chrétiennes et leurs pratiques cérémonielles traditionnelles, les privant de la vaste majorité de leurs terres ancestrales et de leur souveraineté, la décision Johnshon contre McIntosh devient un des piliers de la violation des “droits naturels” de l’humanité, tout autant que des droits fondamentaux des peuples indigènes.

Alors que nous allons au-delà des cinq cents ans de l’invasion des Amériques par Christophe Colomb, il est grand temps de renoncer de manière formelle et de mettre fin au racisme religieux qui fut écrit dans la loi des Etats-Unis par le juge de la cour suprême John Marshall. Que le peuple américain et spécifiquement la droite chrétienne, veuille assister les autochtones à abroger la décision Johnson, en dira beaucoup au monde sur le point de sérieux auquel se trouve les Etats-Unis en ce qui concerne les principes de liberté, de justice et de liberté religieuse.

Alors que nous approchons le 500ème anniversaire des bulles papales des 3 et 4 Mai 1493, il est important de garder présent à l’esprit que la “doctrine de la découverte” est toujours utilisée par un grand nombre de pays des Amériques pour nier les droits des peuples indigènes et de perpétuer la colonisation de tout le continent. Pour pouvoir mettre fin au système de colonisation et de sortir de la tradition culturelle et spirituelle de la subjugation, nous devons renverser la doctrine à sa racine. C’est pourquoi je propose que les personnes non indigènes, spécifiquement les chrétiens, s’unissent en solidarité avec les peuples autochtones du continent américain afin d’impressionner le pape Jean Paul II sur l’importance pour lui de révoquer la bulle Inter Caetera de 1493, dans une cérémonie formelle impliquant les peuples natifs.

Revoquer ces documents papaux et renverser la décision Johnson contre McIntosh sont deux étapes très importantes pour corriger les injustices qui ont été infligées aux peuples indigènes ces cinq cents dernières années. Ce sont aussi des étapes spirtituelles importantes vers la création d’un mode de vie qui ne sera plus fondé sur la veulerie et la subjugation et la coercition. Peut-être pourrons-nous alors utiliser notre nouvelle solidarité pour commencer à créer un style de vie fondé sur le principe des premiers occupants: “Le respect de la Terre et un respect sacré pour tout le vivant”.

References

Cherokee Nation v. Georgia 30 U.S. (5 Pet.) 1, 8 L.Ed. 25 (1831).

Davenport, Frances Gardiner, 19l7, European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Vol. 1, Washington, D.C.: Carnegie Institution of Washington.

Johnson and Graham’s Lessee V McIntosh 21 U.S. (8 Wheat.) 543, 5 L.Ed. 681(1823).

Rivera-Pagan, Luis N., 1991, « Cross Preceded Sword in ‘Discovery’ of the Americas, » in Yakima Nation Review, 1991, Oct. 4.

Story, Joseph, 1833, Commentaries on the Constitution of the United States Vol. 1 Boston: Little, Brown & Co.

Thacher, John Boyd, 1903, Christopher Columbus Vol. 11, New York: G.P. Putman’s Sons.

Williamson, James A., 1962, The Cabot Voyages And Bristol Discovery Under Henry VII, Cambridge: Cambridge University Press.

Wheaton, Henry, 1855, Elements of International Law, Sixth Edition, Boston: Little Brown, and Co.

Ziegler, Benjamin Munn, 1939, The International Law of John Marshall, Chapel Hill: The University of North Carolina Press.

Steve Newcomb est un Indien Shawnee & Lenape. Pendant plus d’une décennie, il a étudié les origines  de la loi fédérale sur les Indiens des Etats-Unis et de la loi internationale, qui remontent toutes deux aux premiers jours de la chrétienté. Il met en ce moment même la dernière main à son livre , Pagans In the Promised Land: Religion, Law, and the American Indian.

Au sujet de l’origine du colonialisme: La bulle papale Inter Caetera (Alexandre VI, 1493)

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 5 octobre 2013 by Résistance 71

En référence à notre article précédent « Le grand mensonge qui régit le colonialisme, la bulle papale de 1493« , voici qui nous montre à quel point les peuples peuvent faire confiance aux criminels de l’église !…

Plus nous creusons et plus nous nous rendons compte que les fondements profonds du fléau de l’humanité: le colonialisme, sont irrémédiablement ancrés dans les dogmes de la supercherie planétaire que sont les religions en général et le christianisme édifié en empire de la chrétienté en particulier.

Pourfendons les mythes et émancipons-nous… a tout jamais !…

— Résistance 71 —

 

Commentaire: Le Pape demande le pardon, le Vatican revoquera t’il la bulle Inter Caetera ?

 

Steven T. Newcomb,

Nation Shawnee, Director of the Indigenous Law Insitute
 and research fellow at the Fourth World Center for the Study of Indigenous Law and Politics at the University of Colorado at Denver

 

15 Mars 2000

 

url de l’article original:

http://ili.nativeweb.org/pope.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dimanche dernier, le 12 Mars 2000, la Pape Jean Paul II a imploré dieu de pardonner les pêchés des ses “fils et filles” de l’église. Son but est la “purification de la mémoire” en exprimant du regret pour les malfaisances commises par les chrétiens ces derniers 2 000 ans.

Alors que cette forte action est louable et sans précédent, ce qu’il manque clairement à cette requête du pape est un contexte historique spécifique. La Commission Théologique Internationale, qui a préparée un long rapport pour expliquer l’action du pape, a dit que le rapport “n’examinerait pas particulièrement de cas historiques.” Non seulement le pape ne mentionna pas l’holocauste, mais il n’a fait qu’une très obscure référence aux Indiens des Amériques, aux Africains et aux peuples indigènes pour “l’utilisation de la force au service de la vérité.” (NdT: Un cas typique “d’excuses sans prise de responsabilité”…)

Remercions quoi qu’il en soit le rapport de la commission qui implique fortement que plus de recherche historique doit être entreprise car nécessaire. En Afrique du Sud, un tel processus fut mené par la Truth and Reconciliation Commission (NdT: même nom pour la commission canadienne, qui est une véritable farce…)

Depuis 1992, nous, à l’Indigenous Law Institute, avons travaillé à la publication de la vérité au sujet de l’histoire de la bulle papale Inter Cetera papal bull, émise par le pape Alexandre VI le 4 Mai 1493. Ce document, émît peu de temps après le premier voyage de Christophe Colomb dans les Caraïbes, exprimait le désir ardent du pape pour que “les nations barbares soient subjuguées et amenées à la foi elle-même” et ce “pour la dissémination de l’empire chrétien”. Avant ces bulles de croisade du Vatican avaient appelé à la réduction en “esclavage perpétuel” les Africains, en les capturant, les conquérant et en les subjugant, ainsi qu’en prenant possession de leurs biens, territoires et propriétés.

L’année du cinqcentième anniversaire de la découverte de Colomb, nous avons commencé une campagne pour montrer au monde que ces documents papaux furent instrumentaux dans les injustices commises à l’encontre des peuples des Amériques, d’Océanie, d’Afrique et d’Asie. De telles bulles papales ont directement créé la colonisation, la traite des êtres humains sous la forme de l’esclavage et des campagnes sanglantes qui résultèrent en la mort de millions de personnes. Les universitaires ont correctement identifié la bulle Inter Caetera comme la pierre angulaire historique du colonialisme mondial.

Cependant, il n’est pas très bien connu que la bulle Inter Caetera a influencé le développement de la loi sur les Indiens aux Etats-Unis. Le juge de cour suprême Joseph Story a révélé que la cour suprême des Etats-Unis avait inclus dans son verdict de 1823 sur l’affaire Johnson contre McIntosh, la doctrine de la subjugation trouvée dans la bulle Inter Caetera. Jusqu’à ce jour, le rendu de ce cas dit de Johnson, avec sa distinction entre les “chrétiens” et les “indigènes”, qui étaient des païens, “demeure un “précédent actif dans la loi aux Etats-Unis en violation de nos droits humains en tant que nations et peuples indiens des Amériques.

En gardant ceci en tête, nous avons écrit une lettre au pape Jean Paul II en 1993, lui demandant de revoquer la bulle papale Inter Caetera de 1493 (http://ili.nativeweb.org/ricb.html ) et ainsi explicitement renverser la doctrine de l’église de conquête et de subjugation. Jusqu’ici nous n’avons reçu qu’un silence mural du Vatican.

Non seulement la révocation de cette bulle est la bonne chose à faire, ce serait également un acte moral héroïque qui, nous pensons, nous assisterait à défier et à renverser la doctrine de domination qui est sous-jacente à la loi sur les indiens aux Etats-Unis. Bien que l’esprit d’Inter Caetera fut répudié par la communauté internationale au travers de la décolonisation de l’Afrique et de l’Asie, les peuples indigènes du monde doivent toujours être libérés de l’héritage historique et du joug de l’idéologie dominante de la bulle.

La Commission Internationale de Théologie dit que l’église “n’a pas peur de la vérité qui émerge de l’histoire”. Nous devons maintenant attendre et voir si nous pouvons prendre au mot le Vatican et de voir si une révocation papale de la doctrine du Vatican de la subjugation accompagnera les nobles mots de contrition du pape.

=  =  =

Note du traducteur: 13 ans après ce compte-rendu et donc 520 ans après la publication d’Inter Caetera, la révocation du Vatican n’est toujours pas venue… Nous laissons aux lecteurs le soin d’en tirer les conclusions évidentes qui s’imposent…