Archive pour Utopia john pilger

Occident, colonialisme et génocide passé et présent: L’Australie et la continuité ethnocidaire coloniale (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 13 avril 2016 by Résistance 71

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux s’émancipant de l’idéologie colonialiste et se tenant la main dans la main avec les peuples autochtones du monde pour un retour planétaire à la société humaine naturelle, égalitaire, solidaire, anti-autoritiare et anti-étatique. La connexion des peuples occidentaux avec les luttes indigènes d’auto-détermination sera le salut de l’humanité. Parce que nous sommes tous des colonisés !…

— Résistance 71 —

 

Famine en Australie: le sale secret d’Utopia

 

John Pilger

 

11 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/starvation-in-australia-utopia-s-dirty-secret

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai reçu un coup de téléphone de Rosalie Kunoth-Monks l’autre jour. Rosalie est une ancienne du peuple Arrernte-Alyawarra qui vit sur Utopia, une vaste région dans le “cœur rouge” de l’Australie. La ville la plus proche est Alice Spring (Territoire du Nord), plus de 300km au travers un très ancien paysage de spinifex et de nuages de poussière rouge tourbillonnants. Les premiers Européens qui vinrent ici, peut-être rendus fous par la chaleur, ont imaginé une Utopia blanche dont ils n’avaient aucun droit pour ce faire ; car c’est un endroit sacré, la patrie, la terre ancestrale de la plus vieille présence continuelle humaine sur la planète Terre.

Rosalie était sous stress, défiante et éloquente. Sa distinction caractéristique de quelqu’un qui n’a pas peur de parler, de l’ouvrir dans une société si souvent sourde aux cris et aux angoisses de son peuple premier, son unicité singulière, sont bien mérités. Elle apparaît dans mon film documentaire “Utopia” (2013) avec une description très intense d’un peuple ignoré, mis à l’écart: “On ne veut pas de nous dans notre propre pays.” Elle a décrit l’héritage d’un génocide : un mot que l’australie politique craint et fuit.

Il y a une semaine, Rosalie et sa fille Ngaria ont alerté que les gens meurent de faim sur Utopia. Elles ont dit que les anciens du peuple indigène des terres ancestrales n’ont reçu aucune nourriture d’un programme pour les personnes âgées du gouvernement australien et géré, administré par le conseil régional. “Un vieux monsieur en phase terminale de maladie de Parkinson a reçu deux paquets de viande hâchée et du pain blanc”, a dit Ngaria, “La vieille dame qui vit près de chez lui n’a elle rien reçu”. Appelant pour des largages de vivres, Rosalie dit: “La communauté entière, incluant des enfants et les anciens n’ont souvent rien à manger quotidiennement.” Elle et sa fille Ngaria et leur communauté ont fait à manger et distribué de la nourriture du mieux possible.

Ceci n’est pas rare. Il y a quatre ans, je me suis rendu dans le cœur rouge et y ait rencontré la Dr. Janelle Trees, une médecin généraliste dont les patients aborigènes vivent à quelques kilomètres de stations balnéaires pour touristes ayant des suites à 1000 dollars la nuit à proximité de Uluru (Ayer Rock). Elle m’a dit: “La malnutrition est très commune. J’ai voulu donner à un patient un anti-inflammatoire pour une infection qui serait anticipable si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu lui administrer parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture nécessaire pour pouvoir ingérer les tablettes en toute sécurité. Je sens parfois que je gère des situations médicales au sein de la classe laborieuse anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Il y a de l’amiante dans beaucoup des maisons aborigènes et quand quelqu’un a une fibre d’amiante dans les poumons et développe un mésothélioma, le gouvernement s’en moque. Lorsque les enfants ont des infections chroniques et terminent dans ces statistiques incroyables concernant les peuples indigènes mourant de maladie rénale et vulnérables à des ratio battants tous les records du monde pour les maladies cardiaques rhumatismales, rien n’est fait. Je me pose la question: pourquoi ?

Quand Rosalie m’a appelé d’Utopia, elle a dit: “Ce n’est pas tant la famine physique qui importe que le traumatisme subi par mon peuple, des communautés dans leur entièreté. On nous trompe tout le temps. L’Australie blanche met en place des organisations et des structures qui prétendent nous aider, mais ce n’est qu’une prétention, rien de plus. Si nous nous y opposons, c’est un crime. Le simple fait d’appartenir est un crime. Le suicide est rampant. (elle me donne alors des détails de la souffrance de sa famille). Ils sont là pour assassiner nos valeurs, pour briser notre mode de vie traditionnel jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de nous”. (NdT: ethnocide, débouchant sur le génocide, modus operandi classique)

Le conseil régional de Barkly dit que son programme pour les personnes âgées fonctionne et proteste que le conseil est “le plus pauvre des trois tiers du gouvernement et est très dépendant des gouvernements des Territoire du Nord et fédéral pour son financement afin de rendre ces services au fin fond de la brousse.” Barbara Shaw, la présidente du conseil, est d’accord pour dire que “c’est totalement inacceptable que des gens doivent être affamés dans un pays si riche et développé que l’Australie” et que “cela est écœurant et mal que des indigènes expérimentent une telle pauvreté.”

La famine et la pauvreté et la division souvent semées parmi les peuples indigènes eux-mêmes alors qu’ils essaient d’identifier ceux responsables, proviennent en grande partie d’un épisode extraordinaire connu sous le nom de “l’intervention”. Ceci est le sale secret de l’Australie.

En 2007, le premier ministre australien d’alors John Howard, envoya l’armée dans les communautés aborigènes du Territoire du Nord pour “sauver les enfants” qui, comme l’affirmait son ministre des affaires aborigènes Mal Brough, étaient harcelés et abusés par des gangs pédophiles en “nombres impensables”.

Exposée par la suite comme une vaste fraude par la Commission Australienne sur le Crime, la police de l’état du Territoire du Nord et un rapport dythirambique de pédiâtres, cette “intervention” permit néanmoins au gouvernement de détruire bien des vestiges de l’auto-détermination du Territoire du Nord, la seule partie de l’Australie où les peuples aborigènes avaient gagné des droits territoriaux fédéralement régulés. Ici, ils avaient administré leur patrie avec la dignité de l’auto-détermination et en connexion avec la terre et leur culture et, comme Amnesty International le rapporta, une baisse de plus de 40% du taux de mortalité. La distribution de la nourriture ne fut jamais un problème.

C’est cette “vie traditionnelle” qui est un anathème à une industrie blanche parasitique de fonctionnaires, de contractants, d’avocats et de consultants qui contrôle et souvent profite grassement de l’Australie aborigène, ne serait-ce qu’indirectement au travers des structures corporatrices imposées aux organisations indigènes. Les terres ancestrales reculées sont vues comme une menace idéologique, car elles expriment un communalisme en porte-à-faux avec le néo-conservatisme qui régit l’Australie et demande “l’assimilation”.

C’est comme si l’existence persistante d’un peuple qui a survécu et résisté à maintenant plus de deux siècles de massacre colonial et de vol manifeste, demeure un spectre sur l’Australie blanche: une réminiscence de ceux à qui la terre appartient vraiment.

Note de Résistance 71: Replacez cette judicieuse remarque de Pilger dans le contexte des Etats-Unis, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Israël et des pays d’Amérique latine. Le même schéma se répète partout… Il est la clef de compréhension des solutions du futur: un peuple occidental émancipé se tenant la main dans a main avec les peuples indigènes du monde pour la construction de la société juste, équitable, solidaire et donc libre de tous pour tous, entre nous qui partageons cette même planète…

Je connais ces communautés et leur peuple qui m’ont montré les conditions qui leur étaient imposées. Beaucoup se sont vus refuser l’eau courante, l’assainissement des eaux et l’électricité. Que les conditions nutritives de base rejoignent maintenant cette liste n’est en rien surprenant.

D’après un rapport de richesse globale émanant de la banque du Crédit Suisse, l’Australie est l’endroit le plus riche de la planète. Les politiciens de Canberra en sont parmi ses plus riches citoyens ; ils adorent suspendre de l’art aborigène sur les murs blancs de leurs bureaux et dans leur parlement moderne. Leur dotation auto-générée est légendaire. La dernière ministre en date du parti travailliste (NdT: équivalent PS en France) pour les Affaires Aborigènes, Jenny Macklin, a fait refaire son bureau au frais du contribuable australien pour la modique somme de 331 144 A$ (225 000 Euros). Durant son ministère, le nombre d’Aborigènes vivant dans la pauvreté et dans des bidonvilles a augmenté de près du tiers.

Quand le professeur James Anaya, le très respecté rapporteur de l’ONU pour les droits des peuples indigènes, décrivit “l’intervention” australienne comme étant raciste, le porte-parole de l’opposition sur les affaires indigènes, Tony Abbott, a dit à Anaya “d’aller se faire voir aileurs” et de ne pas toujours “juste écouter la vieille brigade des victimes”. Abbott fut promu premier ministre de l’Australie, il fut évincé l’an dernier.

Lorsque j’ai commencé à filmer l’Australie indigène il y a quelques trente années, une campagne mondiale avait lieu pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ayant rapporté depuis l’Afrtique du Sud, je fus frappé par la similarité entre la suprématie blanche et la complaisance, le sentiment de défense et l’indifférence des gens que se voyaient eux-mêmes comme libéraux. Par exemple, l’incarcération des noirs en Australie et bien plus importante per capita que celles des noirs en Afrique du Sud de l’apartheid. Les indigènes ici vont en prison, sont tabassés et meurent en détention de manière très routinière. Dans les communautés désespérées, de jeunes enfants, parfois aussi jeunes que 10 ans, se suicident.

Et pourtant, pas encore d’opprobe internationale, pas de boycotts, n’ont perturbé la surface de l’Australie “la chanceuse”. Comme l’appel de Rosalie nous le rappelle, cette surface se doit d’être pulvérisée sans plus de délai.

Colonialisme, apartheid et génocide: Le cas de l’Australie refait surface (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 novembre 2013 by Résistance 71

Nous l’avons dit car c’est la réalité à ne pas (plus) masquer: Le colonialisme occidental à l’échelle planétaire trouve sa source profonde dans les bulles pontificales Romanus Pontifex et Inter Caetera de 1455 et 1493. Toutes les colonies établies par l’occident en Afrique, aux Amériques (Nord, sud, centrale et dans les Caraïbes), en Asie et en Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande et tous les territoires toujours sous contrôle colonial français ou britannique dans le Pacifique) n’ont pu être possibles et ne sont possibles aujourd’hui que par leur racine des bulles vaticane datant du XVème siècle, clef de voûte de l’impérialisme colonial occidental et des génocides d’hier et d’aujourd’hui.

Après un premier documentaire sur son pays de l’Australie en 1985,  John Pilger soulève de nouveau le rideau de la honte sur la pratique coloniale d’apartheid et de vols de terres en Australie au détriment des premières nations aborigènes de ce continent.

Nous le disons et ne le répéterons jamais assez : Le colonialisme est le fléau absolu dont l’humanité doit impérativement se débarrasser si elle veut vivre  et s’émanciper totalement.

Des Indiens des Amériques aux peuples d’Afrique en passant par les peuples asiatiques et d’Océanie, il n’est pas un km2 de terre au monde qui ne subisse l’influence néfaste et mortifère de l’arrogance suprémaciste raciste occidentale, établie et forcée par l’infime minorité sue ses propres populations en premier lieu. La première colonisation est celle des esprits et à ce titre, nous sommes aussi colonisés que les peuples physiquement colonisés, voire même bien plus tant on nous a fait « accepter » le concept de dominance, de suprématie comme étant de « l’ordre naturel des choses » souvent dans l’ère moderne à grand renfort de pseudo-science telle le darwinisme et la biologie-socilae phagocytées dès le départ par l’idéologie dominante idoine…

Il est plus que temps pour le monde que nous en terminions avec cette infâmie !

— Résistance 71 —

 

Le nouveau film de John Pilger “Utopia” sera à l’écran en Novembre

 

JohnPilger.Com

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/a-new-john-pilger-film-utopia-to-be-released-in-uk-cinemas-in-november

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un des films documentaire les plus extraordinaire sur l’Australie sera à l’affiche ce mois de Novembre en GB. Il s’agit du documentaire “Utopia”, une production épique du journaliste d’enquête moultes fois primé John Pilger.

Utopia sera visionné en première dans l’Ouest de Londres à Curzon Soho le 4 Novembre, où John PIlger répondra aux questions de l’audience. Le film sera à l’affiche dès le 15 Novembre.

Le lundi 18 Novembre, la Picture House de Brixton diffusera Utopia dans 30 cinémas à travers la GB avec des questions/réponses à John Pilger.

ITV le diffusera sur les ondes en Décembre.

Utopia est une vaste région du nord de l’Australie et le lieu d’habitation de la plus ancienne présence humaine sur terre, “Ce film est un voyage dans un pays secret”, dit John Pilger d’Utopia. “Il décrira non seulement l’unicité des premiers Australiens, appelés Aborigènes, mais aussi leur propre chemin des larmes (NdT: en référence qu “chemin des larmes”, “trail of tears” de la nation Cherokee des Etats-Unis, déportée de ses territoires ancestraux par l’armée américaine…), la trahison dont ils furent victimes et la résistance, d’une utopie à une autre.”

Pilger commence son voyage à Sydney où il a grandi et à Canberra, la capitale de la nation, où le parlement national se tient dans une banlieue riche appelée Barton, qui est récemment devenue la communauté la plus privilégiée d’Australie.

Barton est nommé après le premier premier ministre australien, Edmund Barton, qui en 1901, introduisit la première politique de l’Australie blanche. “La doctrine de l’égalité de l’Homme”, disait Barton “n’a jamais été faite pour être appliquée à ceux qui ne sont pas britanniques et blancs.” Il ne fît aucune mention des habitants originels qui étaient à peine considérés comme humains et ne valant pas la peine d’une quelconque reconnaissance dans cette première utopie de banlieue.

Un des secrets les mieux gardé du monde est révélé sur fond du plus grand des boum économique sur la richesse minière. Le “pays chanceux” a t’il hérité de l’apartheid sud-africain ? Comment cela peut-il se produire au XXIème siècle ? Quel rôle ont joué les médias dans cette affaire ? “Utopia” est à la fois un voyage personnel et une histoire universelle au sujet du pouvoir et de la résistance et du comment les sociétés modernes peuvent être divisées entre ceux qui se conforment et un monde dystopique de ceux qui ne se conforment pas.

“Utopia” prend des gens et place le premier film sur l’australie de Pilger d’il y a 28 ans durant sa longue association avec les peuples indigènes de son pays natal. Les preuves et évidences qu’il produit sont très souvent émouvantes et choquantes.

Le film est produit par Dartmouth Film et distribué par Network Releasing.

“Utopia” sera diffusé en Australie au Musée d’Art Contemporain de la ville de Sydney avec des audiences les 21-23 janvier et durant la fête nationale australienne le 26 janvier. Une diffusion nationale dans les salles et sur la chaîne de TV SBS s’ensuivront.

Dans un article for the Guardian, John Pilger  donne un avant-goût de son dernier film au sujet de l’Australie, son premier fut The Secret Country, diffusé en 1985.

Film Credits

Written, produced and presented by John Pilger

Directed by John Pilger & Alan Lowery

Edited by Joe Frost

Line Producer: Sandra Leeming

Archive Producer: Alec Morgan

Associate Producers: Paddy Gibson & Chris Graham

Director of Photography: Preston Clothier

Co-Executive Producer: Tim Beddows

Executive Producer: Christopher Hird

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Twitter – @Utopia_Film