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Résistance au colonialisme: Sur l’imposture du « droit à l’existence d’Israël »… (Jeremy Hammond)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2019 by Résistance 71

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”
~ Michel Bakounine, 1895 ~


Gaza crie !…

Excellente analyse dont les ramifications vont bien au-delà de ce cas d’école de l’illégalité et de l’illégitimité qu’est cet “état d’Israël”, colonial par sa nature même. Cette analyse peut de fait être étendue à tous les états coloniaux demeurant sur cette planète et dont l’existence n’est qu’une fiction imposée par la clique oligarchique du pouvoir marchand. Voir nos notes émaillant l’article… Nous irons même, en ce sens, plus loin que Jeremy Hammond en disant, et l’analyse le prouve (cf nos liens de lectures complémentaires sous l’article), que l’état sioniste d’Israël existe parce qu’il y a eu précédent et que des états racistes, suprémacistes et génocidaires prévalent toujours directement sur cette planète à l’instar des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, de tous les états d’Amérique centrale et latine, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, entités coloniales fictives ayant assujettis par la violence et le nettoyage ethnique les terres qu’elles occupent et sur lesquelles elles n’ont aucun droit et n’ont fait qu’imposer la puissance de la force, toujours en vigueur de nos jours.
Cet article de Hammond est une invitation à repenser le mode de fonctionnement total de notre système inique et génocidaire qe nous avons étendu (que nous avons laissé étendre est sans doute plus approprié) de fait à la planète entière. C’est la seule façon que nous ayons de nous émanciper et de réaliser notre humanité. Tenons-nous debout, main dans la main avec les nombreux peuples colonisés de cette planète, afin de réaliser ensemble notre émancipation de la dictature étatico-marchande pour finalement devenir ce que nous sommes: des humains adultes dans le véritable acceptation du terme, parce que finalement… Nous sommes tous des colonisés !.

~ Résistance 71 ~

 

La Résolution 2621 XXV, du 12 octobre 1970 des Nations Unies affirme « le droit inhérent des peuples colonisés à lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance.»

Résolution 37-43 des Nations Unies : « Tout peuple a le droit de résister à l’oppression, l’occupation, l’annexion ou colonisation par une force étrangère. Cette opposition légitime est la résistance armée « .

 

 

Sur l’imposture du “droit à l’existence de l’état d’Israël”

 

Par Jeremy R. Hammond

 

Source : Foreign Policy Journal

Traduction : lecridespeuples.fr  

 

Article en français:

https://lecridespeuples.fr/2019/07/09/sur-limposture-du-droit-a-lexistence-de-letat-disrael/

 

Les apologistes des crimes d’Israël contre les Palestiniens prétendent que cet État a le « droit d’exister », dans un effort visant à légitimer le nettoyage ethnique de la Palestine.

Les sionistes qui s’évertuent à défendre les crimes d’Israël contre le peuple palestinien portent souvent l’accusation que les détracteurs de l’ « Etat juif » autoproclamé tentent de le « délégitimer ». Israël, rétorquent-ils, a le « droit d’exister ». Mais ils se trompent.

Il ne s’agit pas de faire une exception pour Israël. Il n’existe pas de « droit à l’existence » pour les États, point final. Aucun « droit à l’existence » n’est reconnu pour les Etats par le droit international. Un tel droit serait totalement insensé. Le concept même est absurde. Ce sont les individus, et non les entités politiques abstraites, qui ont des droits.

Les droits individuels peuvent bien sûr être exercés collectivement, mais à la condition que cela se fasse sans préjudice pour les droits des individus. Le droit pertinent dans ce contexte est plutôt le droit à l’autodétermination, qui fait référence au droit d’un peuple à exercer collectivement ses droits individuels par le biais de l’autonomie politique. L’exercice collectif de ce droit ne peut porter atteinte à l’exercice individuel de ce droit. Le seul but légitime du gouvernement est de protéger les droits individuels, et un gouvernement n’a aucune légitimité sans le consentement des gouvernés. Ce n’est qu’en ce sens que le droit à l’autodétermination peut être exercé collectivement, par un peuple qui choisit pour lui-même son mode de gouvernement et qui y consent.

Le droit à l’autodétermination, contrairement au concept absurde de « droit à l’existence » d’un État, est reconnu par le droit international. C’est un droit qui est explicitement garanti, par exemple, par la Charte des Nations Unies, que l’État d’Israël a ratifiée.

Le cadre approprié pour la discussion est donc le droit à l’autodétermination, et c’est précisément pour obscurcir cette vérité que la propagande revendique fréquemment pour Israël le « droit d’exister ». Les apologistes d’Israël sont contraints de déplacer ainsi le cadre de la discussion, car dans le cadre du droit à l’autodétermination, c’est évidemment Israël qui rejette les droits des Palestiniens et non le contraire.

Et ce n’est pas seulement dans la perpétuation de l’occupation des territoires palestiniens que le rejet d’Israël se manifeste. Ce rejet des droits des Palestiniens s’est également manifesté dans les moyens mêmes par lesquels Israël a été créé.

Il existe une croyance populaire selon laquelle Israël a été fondé par une sorte de processus politique légitime. C’est faux. Ce mythe est fondé sur l’idée que la fameuse résolution sur le « plan de partition » de l’Assemblée Générale des Nations Unies – résolution 181 du 29 novembre 1947 – a légalement partitionné la Palestine et ainsi conféré une autorité légale aux dirigeants sionistes pour leur déclaration unilatérale de l’existence d’Israël le 14 mai 1948.

En effet, dans cette déclaration, le document fondateur d’Israël, les dirigeants sionistes se sont appuyés sur la Résolution 181 pour revendiquer une légitimité juridique. Cependant, la vérité est que la Résolution 181 ne lui a rien conféré de tel. L’Assemblée Générale de l’ONU n’avait aucune autorité pour partitionner la Palestine contre la volonté de la majorité de ses habitants. Et elle n’a pas non plus eu la prétention de faire une telle chose. Au contraire, l’Assemblée s’est contentée de recommander la partition de la Palestine en Etats juif et arabe séparés, ce qui devrait être accepté par les deux peuples pour prendre effet sur le plan juridique. L’Assemblée a transmis la question au Conseil de sécurité, où le plan est devenu caduc du fait de la reconnaissance explicite que l’ONU n’avait aucune autorité pour mettre en œuvre – c’est-à-dire imposer – une telle partition.

La déclaration unilatérale des sionistes est souvent décrite comme une « Déclaration d’indépendance ». Mais ce n’était rien de tel. Une déclaration d’indépendance suppose que le peuple qui déclare son indépendance soit souverain sur le territoire sur lequel il souhaite exercer son droit à l’autodétermination. Mais les sionistes n’étaient pas souverains sur la terre qui est devenue le territoire de l’État d’Israël.*

(*) Note de R71: Voit-on ici émerger une similitude avec l’imposture coloniale que sont les Etats-Unis, le Canada, de fait tous les pays du continent américain, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et autres nations toujours sous emprise coloniale ? Si les sionistes n’étaient et ne sont en rien “souverains” sur la terre de Palestine, les colons / immigrants chrétiens européens ne l’étaient et ne le sont en rien également sur les terres qu’ils ont envahies, colonisées et martyrisées et qu’ils continent d’occuper sur deux continents… L’imposture criminelle d’Israël existe parce qu’existe et perdure les impostures coloniales des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, de tous les pays d’Amérique Latine et des deux terres majeures d’Océanie…

Au contraire, lorsqu’ils ont déclaré l’existence d’Israël, les Juifs possédaient moins de 7% de la terre en Palestine. Les Palestiniens possédaient plus de terres que les Juifs dans chacun des districts de la Palestine. Les Palestiniens constituaient également une majorité numérique en Palestine. Malgré l’immigration massive [et illégale], les Juifs restaient une minorité représentant environ un tiers de la population.

Même à l’intérieur du territoire proposé par l’ONU pour l’Etat juif, lorsque la population bédouine a été recensée, les Arabes constituaient une majorité. Même à l’intérieur de ce territoire, les Arabes possédaient plus de terres que les Juifs.

En clair, les dirigeants sionistes n’avaient absolument aucune légitimité [sinon celle de leurs textes religieux, qui ne font autorité nulle part] à revendiquer une souveraineté sur le territoire qu’ils ont finalement acquis par la guerre.

D’autant plus que l’acquisition de territoire par la guerre – ou droit de conquête – est interdite par le droit international. (NdR71: ceci est valable bien entendu pour toute autre nation conquise et assujettie par la force et la puissance coloniale. Voir notre note un peu plus haut…)

Loin d’être le fruit d’un processus politique légitime, Israël a été créé par la violence. Les sionistes ont acquis la majeure partie du territoire de leur État par le nettoyage ethnique de la majeure partie de la population arabe, soit plus de 700 000 personnes, exclues de leurs demeures et de leurs terres en Palestine. Des centaines de villages arabes ont été littéralement détruits et rayés de la carte.

Ainsi, quand les sionistes prétendent qu’Israël a un « droit à l’existence », ce qu’ils disent en réalité, c’est que les sionistes avaient le « droit » de procéder à un nettoyage ethnique de la Palestine afin d’établir leur « Etat juif ».

Évidemment, un tel droit n’existe pas. Au contraire, une fois de plus, en droit international, le nettoyage ethnique est reconnu comme un crime contre l’humanité.

Les sionistes accusent ceux qui dénoncent les crimes d’Israël contre les Palestiniens de vouloir « délégitimer » l’ « Etat juif », mais il importe de souligner que la déclaration unilatérale du 14 mai 1948 proclamant l’Etat d’Israël n’avait aucune légitimité. Il importe de souligner que le crime de nettoyage ethnique ne peut aucunement être justifié ou légitimé. Cela neutralise complètement les accusations des thuriféraires d’Israël.

Lorsque cette accusation est portée contre les détracteurs d’Israël, ce qui se passe réellement, c’est que ce sont les apologistes d’Israël qui tentent de délégitimer le droit des Palestiniens à l’autodétermination, ainsi que le droit internationalement reconnu des réfugiés de guerre à retourner dans leur patrie.

Indépendamment de l’illégitimité des moyens par lesquels Israël a été créé, il existe. Telle est la réalité actuelle. (NdR71: tout comme l’est l’existence des états colons des Amériques et d’Océanie, mais cela n’est en rien inéluctable…) Cependant, l’exigence de l’Etat d’Israël que les Palestiniens reconnaissent son « droit » non seulement d’exister, mais d’exister « en tant qu’Etat juif », est simplement une exigence que les Palestiniens renoncent à leurs droits et adhèrent à la déclaration unilatérale des sionistes et au nettoyage ethnique de la Palestine en les reconnaissant comme légitimes.

Et c’est pourquoi il n’y a pas eu de paix. Il n’y aura pas de paix tant que les droits des Palestiniens ne seront pas reconnus et respectés. Le problème pour les sionistes est que si les Palestiniens exercent leurs droits, cela signifierait la fin de l’existence d’Israël en tant qu’ « Etat juif ».

Mais qu’y aurait-il de mal à mettre fin à un régime fondamentalement raciste qui viole perpétuellement le droit international et les droits de l’homme des Palestiniens ? Qu’y aurait-il de mal à le remplacer par un gouvernement qui respecte l’égalité des droits de tous les habitants du territoire sur lequel il exerce sa souveraineté politique et gouverne avec le consentement des gouvernés ?

Pour quiconque est capable de faire preuve d’un minimum d’honnêteté et d’intégrité morale, la réponse claire aux deux questions est : rien. Il n’y aurait aucun mal à cela, bien au contraire.

Pour tous ceux qui jouent un rôle actif dans la recherche de la paix et de la justice, c’est donc sur ce but que nous devons concentrer nos efforts collectifs. Il faut commencer par acquérir une bonne compréhension de la véritable nature du conflit et par ouvrir les yeux de tous ceux qui sont intègres, mais qui ont été trompés par les mensonges et la propagande qui ont perpétué la violence et l’injustice pendant si longtemps.

= = =

Lectures complémentaires en PDF:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Mise en demeure du gouvernement canadien par le Tribunal International pour les Disparus du Canada

 

 

Colonialisme au Moyen-Orient: L’empire fournit 38 milliards de dollars en armement à Israël…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 5 octobre 2016 by Résistance 71

Bulletin météo: le temps est au phosphore blanc sur Gaza !

De génocide en génocide l’empire persiste et signe… dans le silence assourdissant de la complicité internationale.

— Résistance 71 —

 

Obama livre à Israël les outils du prochain bain de sang à Gaza

 

Ben White

 

27 septembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/obama-livre-israel-outils-prochain-bain-de-sang/

 

La dernière tranche d’aide américaine est une « superbe récompense » à la droite dure israélienne.

 

L’accord est une aubaine pour l’armée israélienne dont la tâche principale est la gestion d’une occupation sur la durée, selon les analystes.

Le nouvel accord d’aide militaire conclu entre les États-Unis et Israël le 14 septembre pourrait renforcer un gouvernement israélien de droite dure qui montre déjà peu d’inclination à faire des concessions substantielles aux Palestiniens, selon les analystes.

L’extrême-droite israélienne récompensée

« La principale leçon que la droite israélienne, de plus en plus extrémiste, va tirer de cet accord est que, bien loin d’entraîner des retombées négatives à l’internationale, son comportement est au contraire récompensé, a déclaré Mouin Rabbani, un chercheur éminent de l’Institut des études palestiniennes, à Al Jazeera.

Le comportement en question, a ajouté Rabbani, a consisté, non seulement à « accélérer de manière exponentielle l’expansion coloniale en Cisjordanie », mais aussi à « s’ingérer de manière éhontée dans la politique intérieure américaine » par exemple lorsque Netanyahu a ouvertement exprimée sa préférence pour Mitt Romney dans les élections de 2012, et aussi ses efforts, plus récemment « pour mobiliser le Congrès américain contre la Maison blanche dans l’affaire de l’accord nucléaire iranien ».

Le Protocole d’accord (MoU) a été signé à Washington par Jacob Nagel, le conseiller pour la sécurité nationale d’Israël, et Thomas Shannon, le sous-secrétaire d’état aux affaires politiques, en présence des ambassadeurs des deux pays.

Un cadeau de 38 milliards de dollars en engins de mort

Le nouvel accord d’aide militaire se monte à 38 milliards de dollars étalés sur 10 ans, à compter de l’exercice budgétaire 2019. Ces 3,8 milliards de dollars par an s’ajouteront aux 30 milliards de dollars d’aide annuelle actuelle; cependant, le nouveau Protocole d’accord comprend des fonds pour la défense antimissile qui étaient déjà octroyés annuellement en plus de ces 30 milliards.

L’accord annule également le droit d’Israël à dépenser 26,3 % du total de l’aide auprès de ses firmes nationales d’armes, et oblige Israël à se fournir exclusivement chez les fabricants d’armes américains.

Bien que les responsables américains et israéliens invoquent les menaces régionales pour justifier l’exorbitant programme d’aide militaire, ce sont, en fait, les Palestiniens qui sont les plus grandes victimes des offensives militaires israéliennes. Les munitions répertoriées sur la « liste de courses » d’Israël, pourraient très bien être utilisées dans les futurs raids contre la bande de Gaza, selon les observateurs.

Nadia Hijab, la directrice exécutive d’Al Shabaka, le Réseau d’information palestinien, note que le gouvernement américain a réussi à récupérer une partie de son propre argent – ou plutôt celui de ses contribuables – en éliminant la partie de l’aide qu’Israël pouvait consacrer à sa propre industrie de défense.

« Rien de tout cela, bien sûr, n’améliore en rien la vie des Palestiniens qui vivent, depuis près de 50 ans, sous occupation militaire israélienne », précise Hijab.

Ces restrictions, et le fait que l’augmentation de l’aide en termes réels n’est pas aussi importante que des politiciens israéliens l’auraient voulu, ont conduit certains d’entre eux – dont l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak – à accuser le Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas avoir conclu le meilleur accord possible.

Selon les analystes, il est difficile de savoir si l’animosité évidente que se témoignent Netanyahou et le président Barack Obama – qui s’est manifestée par les tentatives infructueuses de Netanyahou pour faire échouer l’accord avec l’Iran – ont eu un impact significatif sur le nouveau Protocole d’accord.

« Ce ‘débat’ est essentiellement une affaire de politique intérieure israélienne », a dit Khaled Elgindy, un membre du Centre de l’Institution Brookings pour la politique du Moyen-Orient, à Al Jazeera. « Ehud Barak semble suggérer que la mauvaise relation de Netanyahu avec l’administration Obama a, en quelque sorte, mis en péril le programme global d’aide. Mais, à mon sens, rien ne permet de le penser. »

Obama s’est définitivement lavé les mains des Palestiniens

Cependant, on peut se poser une autre question : est-ce que l’accord laissera à Obama – dans la petite fenêtre de tir qui sépare les élections de novembre et son départ officiel de la Maison Blanche – assez de marge de manœuvre pour une dernière initiative diplomatique qui risque d’être mal accueillie par Netanyahu.

Obama, lui-même, dans son communiqué de presse sur la signature de l’accord d’aide militaire, a semblé faire le lien entre le Protocole d’accord et la nécessité d’une « solution à deux états au conflit israélo-palestinien, en dépit des très inquiétants développements sur le terrain qui portent atteinte à cet objectif ».

Lors d’une conférence de presse, l’Israélien Nagel a rejeté sans ambages l’idée d’établir un lien entre le Protocole d’accord et la Palestine. « Un mur de feu séparait les positions des équipes de négociation étatsuniennes et [israéliennes] sur cette question », a-t-il commenté.

Hijab ne mâche pas ses mots : « Obama s’est clairement lavé les mains des Palestiniens depuis quelques années », a-t-elle déclaré à Al Jazeera. « Même s’il faisait une dernière tentative pour sauver la solution à deux états qui devient de moins en moins possible, cela aurait sans doute pour effet d’affaiblir – plutôt que de renforcer – les Palestiniens en érodant le droit international. »

Pour Rabbani, même si Obama lançait une initiative diplomatique avant janvier 2017 « pour essayer d’obtenir d’Israël qu’il renonce à une bonne partie du contrôle qu’il exerce sur les Palestiniens, Les Israéliens se sentiraient assez sûr d’eux pour ignorer ses pressions ».

Israël a de bonnes raisons de se sentir sûr de lui. Pendant le mandat d’Obama, Israël a saboté les négociations de paix menées par les Américain en construisant sans arrêt des colonies et en revenant sur un accord de libération de prisonniers, et a assassiné 2200 Palestiniens dans un assaut sans précédent de 50 jours sur Gaza.

Rien de tout cela – ni la légalisation de colonies de peuplement illégales, ni l’escalade dans la démolition de maisons palestiniennes, ni le rejet explicite d’un État palestinien par des ministres israéliens de haut rang – n’a provoqué la moindre réaction significative des États-Unis, sans parler de sanctions !

L’État sioniste a carte blanche pour tuer

Rabbani souligne que c’est cela qui « caractérise depuis des décennies la teneur des relations américano-israéliennes. Israël fait, dans l’ensemble, ce qui lui plaît, et même lorsque ce qu’il fait défie ouvertement les politiques et les positions déclarées de Washington, la réaction américaine est limitée et fuyante ».

Selon Elgindy, « Il est plus que probable que le gouvernement de Netanyahu persiste dans sa trajectoire actuelle, non seulement à cause du Protocole d’accord, mais parce qu’il n’y a rien [et certainement rien de ce qui sort de Washington] qui l’en empêche – ni même tente de le freiner. »

Ainsi, alors que « le montant exorbitant du plan d’aide offre à Obama un excellent bras de levier », conclut Elgindy, il y a eu « très peu de signes au cours des sept dernières années » qui pourraient laisser penser qu’il soit prêt à s’en servir.

* Ben White est journaliste indépendant, écrivain et militant, spécialiste Palestine/Israël. Il est diplômé de l’université de Cambridge. Il a notamment écrit Être palestinien en Israël – Ségrégation, discrimination et démocratie