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Empire et hégémonie coloniale: H. Nasrallah démonte les mensonges de l’imbécile Pompeo sur le Golan et le Liban

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« Le Hezbollah, son histoire de l’intérieur »

 

Hassan Nasrallah décortique les mensonges de Pompeo et appelle les pays arabes à retirer l’initiative de paix

 

Al Manar

 

26 mars 2019

 

url de l’article original: http://french.almanar.com.lb/1302622

 

« La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan syrien par les USA intervient après l’annonce d’AlQuds comme capitale d’Israël. Trump a humilié et insulté une nouvelle fois le monde arabe et islamique suite à leurs positions faibles face à la spoliation d’AlQuds », c’est ce qu’a déclaré le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, lors d’un discours transmis, ce mardi (26 mars), par la chaine AlManar.

Sayed Nasrallah a dans ce contexte appelé le sommet arabe qui doit se tenir en Tunisie à adopter une décision courageuse en retirant l’initiative de paix de la table des négociations israélo-palestinienne et par conséquent revenir à la case de départ.

Pour Sayed Nasrallah, la prochaine étape de l’administration US est la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie. La seule priorité des États-Unis est de renforcer, protéger et soutenir Israël.

Sur un autre plan, le chef du Hezbollah a répondu point par point aux propos du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, lors de sa conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Beyrouth, affirmant qu’il n’a « pas prononcé une seule phrase vraie et correcte. Il a accusé les Etats-Unis de vouloir monter les Libanais les uns contre les autres et les inciter contre le Hezbollah qui a vaincu- aux cotés de ses alliés dans l’axe de la résistance- le projet américano-israélo-takfiriste dans la région.

Voici les principaux de son discours :

Tout d’abord avant de commencer mon discours je voudrais féliciter les musulmans pour la fête d’Al Isra’ wal Mi’raj et al-Mab’ath al-Nabawi et les chrétiens à l’occasion de la fête de l’Annonciation. Je présente aussi mes condoléances pour les victimes du naufrage d’un bac à Mossoul (Irak).

Je voudrais saluer la résistance du peuple palestinien face à l’agression israélienne contre Gaza, et rendre hommage aux auteurs des opérations en Cisjordanie, notamment le jeune héros Omar abou leila. Je salue également le soulèvement  des détenus palestiniens dans les geôles de l’occupation.

Je voudrais en outre féliciter la persévérance et la ténacité du peuple yéménite à l’occasion de la 5ème année d’agression contre le Yémen.

Mon discours était principalement axé sur la visite de Pompeo et ses diktats aux Libanais.

Mais j’ai voulu aborder un sujet plus important: la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan syrien.

La décision US porte plusieurs indices:

Cette reconnaissance et la signature du décret est une insulte pour tout le monde arabo-musulman et des dizaines d’Etats qui sont unanimes sur le fait que le Golan est un territoire syrien occupé par Israël. Trump a fait fi de la position de ces pays. Le seul qui viole cette unanimité est Trump pour l’intérêt d’Israël. Que le monde arabo-islamique sache sa véritable valeur auprès l’administration US.

Cette reconnaissance nous prouve que l’administration américaine, l’arrogance et l’hégémonie US ne reconnaît en rien les décisions du Conseil de sécurité, de l’ONU ni de la communauté internationale. Les États-Unis n’utilisent ces institutions que pour servir leur propre projet. Cela prouve que les décisions et institutions internationales ne sont pas capables de protéger les peuples et leurs droits en ce qui concerne la restitution des terres occupées et qu’elles ne sont capables que de dénoncer face à l’arrogance US.

La seule priorité des États-Unis est de renforcer, protéger et soutenir Israël. Aucune considération n’est prise en compte lorsqu’il s’agit de la force d’Israël. Cette reconnaissance US assène un coup fatal aux négociations dites de paix.

Ce pays qui soutient, d’une façon absolue Israël, ne peut pas être le sponsor ou un médiateur de paix.

Dans l’interprétation des dessous de cette reconnaissance US:

Quand le monde a permis à Trump de confisquer et de reconnaitre AlQuds comme la capitale d’Israël, ceci a ouvert la voie à tout type de transgression des lois internationales et de la spoliation des territoires, comme ce fut le cas dans le Golan. La position faible arabo-islamique à l’égard d’AlQuds l’a encouragé à oser sur le Golan syrien.

Nous devons être prêts dans l’avenir proche à voir Trump proclamer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie. Ce territoire requiert une importance religieuse pour les Israéliens. Les Palestiniens n’auront que de se contenter de Gaza et une partie du Sinaï égyptien qui sera acheté aux Palestiniens avec l’argent arabe.

Je n’appelle pas les Arabes à déclarer la guerre mais à un peu de courage. S’il y a encore un minimum de dignité et de courage, la ligue arabe doit, lors du sommet qui se tiendra en Tunisie, retirer l’initiative de paix et revenir à la case de départ.

Il faut être convaincu que seul le choix de la résistance est censé restituer le Golan, les fermes de Chebaa (Liban) et les droits des Palestiniens.

Nous sommes dans un temps, où l’axe de la résistance est fort.

Les Américains veulent imposer leurs diktats, au moment où leur projet dans la région est vaincu.

Les mensonges de Pompeo

Sur la forme, le secrétaire d’Etat US a lu un texte écrit, lors de sa conférence de presse au ministère des Affaires étrangères à Beyrouth. Il n’y avait pas une seule phrase correcte dans le communiqué lu par le chef de la diplomatie américaine.

Pompeo a mentionné 18 fois le terme Hezbollah et 19 fois l’Iran en quelques minutes. Mais il n’a jamais évoqué Israël et a refusé de répondre aux questions des journalistes libanais, par arrogance ou pour échapper de faire face à leur logique.

Nous n’avons pas eu peur mais ça nous a fait plaisir que le ministre du pays le plus arrogant au monde a cité le Hezbollah 18 fois, en quelques minutes. Les propos de Pompéo et l’enragement des Etats-Unis à notre encontre nous ont rassurés que nous sommes dans la bonne position et que nos décisions sont sages et  correctes envers les Etats-Unis. Pour nous, cette administration représente le grand Satan, et quand les Etats Unis sont satisfaits de nous, ceci signifie que nous devons revoir nos positions.

Sur le fond, les USA mènent une bataille dans la région n’ayant pour objectif que de répondre aux intérêts d’Israël.

Le Liban fait partie de cette scène de bataille. Il a parlé de la prospérité et du développement du Liban, et nous a accusés d’être le seul problème pour le Liban, sans mentionner une fois le nom d’Israël qui a occupé plusieurs fois le Liban, commis de massacres et détenu des milliers de Libanais.

Israël viole chaque jour la souveraineté aérienne et maritime du Liban, tente de nous priver de nos ressources hydrauliques et pétrolières et construit des murs sur les territoires libanais.

Commençons par décortiquer ces mensonges

  • Pompeo appelle les Libanais à affronter le Hezbollah qui entrave la réalisation de leurs rêves. Est-ce vrai ?

Les Libanais rêvent de restituer leurs territoires occupés, que la souveraineté de leur pays ne soit pas violée. Ils aspirent à vivre dans un Etat fort capable de protéger ses ressources et intérêts et loin de toute corruption.

Est-ce le Hezbollah qui entrave ces rêves ? Ou bien c’est Israël et ceux qui la soutiennent (Etats Unis) qui menacent le Liban et qui imposent des sanctions financières sur les banques libanaises et interdisent le retour des réfugiés syriens et palestiniens.

  • Selon Pompeo, le Hezbollah a exposé le peuple libanais au danger depuis 34 ans, une allusion à la Résistance.

Depuis les années 48, c’est Israël qui est soutenu et parrainé par les USA qui a constitué une menace. Et c’est grâce la Résistance qui a repoussé ce danger et restitué les territoires occupés et chassé l’occupant israélien du Liban.

  • Il a accusé le Hezbollah d’avoir terrorisé les électeurs  libanais qui l’ont donné vainqueur aux législatives.

Pompeo répondait aux dirigeants libanais qui lui avaient affirmé que le Hezbollah est un parti démocratiquement élu et qui dispose de plusieurs sièges au gouvernement et au Parlement.

  • Le secrétaire d’Etat US a prétendu que le bras armé du Hezbollah propage la destruction !

C’est vous, vos ancêtres et votre armée qui avez répandu la destruction dans le monde. Je ne veux pas parler de votre passé au Vietnam et au Japon, mais de votre destruction aujourd’hui en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen, au Venezuela…

  • Pour lui, la participation du Hezbollah au conflit en Syrie pose un danger aux Libanais du Sud, de la Békaa et de Beyrouth, en d’autres ils s’adressent aux partisans du Hezbollah.

Le combat du Hezbollah en Syrie a par contre contribué à contrer le projet destructeur américano-israélo-takfiriste, pour protéger tout le peuple libanais et non pas ceux de la Bekaa, du sud et de Beyrouth. Tout le monde savait quel aurait été le sort du Liban en cas de victoire de Daesh ou du front al-Nosra.

  • Ce stupide s’est demandé comment protéger le Liban au moment où le Hezbollah renforce son arsenal militaire ?

Cet imbécile ignore que l’équilibre de la terreur représenté par les missiles et la force de la résistance, constitue la force de dissuasion la plus efficace pour protéger le Liban face à l’agression d’Israël.

Selon ses allégations, le Hezbollah et l’Iran voient dans la paix une menace pour leurs intérêts.

Est-ce que c’est nous qui entravons la paix interne ? Nous sommes le pilier de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité du Liban. Nous faisons partie de ceux qui luttent contre la corruption.

Pour sa part, quand l’Iran offre son aide gratuite au Liban, cela veut dire qu’il entrave la paix ?

  • Il a accusé le Hezbollah de piller les richesses de l’Etat libanais.

Tous les propos de Pompeo sont mensongers et infondés. J’avais demandé à quiconque en possession de preuves sur un cas de vol de notre part, d’aller se plaindre devant la justice.

Pour nous l’argent de l’Etat est respecté.

Le pays le plus grand criminel et terroriste au monde nous accuse de terrorisme. Pompeo incite la population libanaise contre le Hezbollah et l’appelle à l’action contre la résistance. Tel est le véritable objectif de sa visite : l’effusion du sang libanais parce qu’ils n’arrivent pas à déstabiliser la sécurité dans le pays.

Il faut que les Libanais s’entretuent pour obtenir la satisfaction de Trump et Pompeo. Pompeo est mécontent de voir les Libanais tenter de trouver des solutions pacifiques à leurs divergences.

Il nous a rappelé quand un allié de Pompeo (l’Arabie) a détenu le chef du gouvernement libanais et quant un de leur ministre (saoudien) a incité les Libanais à la guerre civile.

  • « Nous appuyons le retour des réfugiés syriens », voyez ce menteur !

Les Etats Unis ont empêché le retour des réfugiés du camp de réfugiés de Rokbane installé près de la base US d’al-Tanaf, bien que le gouvernement syrien a accepté leur retour aux régions qu’ils choisissent. Il en est de même pour les réfugiés syriens au Liban.

  • Qu’est ce que nous avons présenté pour le Liban, des cercueils pour les jeunes libanais !

Si le Hezbollah n’était pas présent au Liban, Pompeo n’y serait pas venu pour tenir des discours. Le véritable embarras US est que le Hezbollah a saboté son projet en Syrie… Par les armes iraniennes, nous avons combattu tous les mouvements terroristes que vous avez créés. Et par les armes iraniennes, nous avons libéré tous nos territoires d’Israël que vous soutenez ?

  • Selon lui, l’Iran entrave le processus de paix c’est-à-dire le deal du siècle. Et c’est ici réside leur vrai problème.

L’Iran soutient le peuple palestinien en armes et en argent et dans les institutions internationales. Alors que c’est vous qui étranglez ce peuple pour le forcer à accepter les miettes.

La force du Liban empêche Israël de nous agresser

Pompeo est venu aux Liban pour inciter les Libanais et les terroriser. Certains ont rapporté qu’il est venu menacer le Liban d’une guerre israélienne, d’autres l’ont nié. Ce qui empêche Israël de mener son agression contre le Liban c’est l’équation en or (Résistance-armée-peuple). Nous avons vu comment une roquette en provenance de Gaza a bouleversé les Israéliens. Qu’ils ne nous menacent pas. C’est la force du Liban qui empêche Israël de nous agresser.

Il est de notre devoir de remercier les positions des présidents Aoun et Berri, ainsi que le chef de la diplomatie. Gebran Bassil a fait preuve de courage en lui répondant en se tenant à ses côtés lors de la conférence de presse et devant les caméras.

Je voudrais aussi remercier les forces politiques et médias, les jeunes internautes et les manifestants pour leur position.

Je voudrais également remercier certaines forces qu’on ne s’attendait pas à une défense de leur part.

Il faut profiter des expériences passées. La seule chose qui importe aux  USA c’est l’intérêt d’Israël.

Israël fait partie de l’hégémonie US. C’est une base US développée dans notre région.

Nous sommes appelés à préserver notre unité et paix interne et à ne pas permettre aux grands et petits satans de s’ingérer. Les Libanais ont surmonté le danger de cette visite par leur sagesse et leur courage.

 


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Tout “Le Monde” déteste le PKK

 

Pierre Bance

 

21 septembre 2017

 

url de l’artice:

http://www.autrefutur.net/Tout-Le-Monde-deteste-le-PKK 

 

En juin 2017, Pierre Bance, auteur de « Un Autre Futur pour le Kurdistan ? » contactait Le Monde. Après lui avoir réservé une tribune libre sur le Rojava, le quotidien rejetait sa publication… Retour sur cette censure.

Le 13 juin 2017, j’envoyais au quotidien Le Monde une tribune libre avec pour titre « Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord ». Son objet était de montrer que la conquête de Rakka par les Forces démocratiques syriennes n’est pas seulement une opération militaire, mais qu’elle porte aussi le projet politique d’installer, dans la Syrie septentrionale, un système fédéral basé sur des communes autonomes. Cette « auto-administration démocratique », phase préalable au confédéralisme démocratique du leader kurde Abdullah Öcalan, lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Bookchin, est déjà une réalité dans les trois cantons du Kurdistan de Syrie (Rojava). Elle est actée dans deux documents de nature constitutionnelle. Le premier qui date du 14 janvier 2014 est connu sous le nom de Charte du Rojava. Le deuxième en date du 29 décembre 2016 renforce le fédéralisme avec pour vocation de l’étendre aux territoires libérés. D’où son nom, Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord. Comme vous pourrez le lire ci-dessous en annexe, ce libre propos n’est pas une apologie du projet, les critiques qui peuvent lui être adressées comme les interrogations qu’il soulève ne sont pas cachées.

Le 14 juin, Le Monde me répond qu’il souhaite réserver cet article et « qu’une date sera fixée pour sa parution dans le quotidien et, ou, sur son site ». Mais, le 25 juin, c’est une tribune de Jean-Pierre Filiu intitulée « Le vrai visage des libérateurs de Rakka » que Le Monde publie sur la page « Débats » de son site [1]. Je signale aussitôt aux journalistes du Monde que pour nourrir le débat, il serait bon de publier mon texte en contrepoint car il propose une toute autre lecture du contexte kurde.

  • Le personnage Filiu et sa relation avec Le Monde méritent qu’on s’y arrête un instant. Ce spécialiste des pays arabes, professeur à Science Po, membre de divers cabinets ministériels socialistes dont celui de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, s’est pris de passion pour les révolutions arabes, spécialement pour l’opposition démocratique syrienne bien que celle-ci ne représente qu’elle-même et la fantomatique Armée syrienne libre. Concomitamment, Filiu s’est pris d’aversion envers le Mouvement révolutionnaire kurde en général, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et son organisation sœur en Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) en particulier [2]. Le soutien aux premiers n’impliquait pas, au premier regard, la détestation des seconds. Or, l’homme ne se contente pas de critiquer les Kurdes, ses propos frôlent le délire complotiste quand il voit la main malfaisante du PKK partout. Pour s’en convaincre on regardera ses tribunes publiées, plus souvent qu’à leur tour, dans la page « Débats » du Monde.fr. Le Monde qui en fait d’ailleurs sa référence préférée pour le Proche-Orient [3]. Outre sa dernière livraison, « Le vrai visage des libérateurs de Rakka », précitée, on lira avec délice jusqu’où peut conduire l’enferment idéologique dans « La question kurde dans l’impasse » [4] et la sottise en politique dans « Comment le PKK de Cemil Bayik a trahi les Kurdes de Syrie ». Écrits tous démentis par les faits, [5].

Cela étant, ma tribune n’est pas publiée en réponse. Je laisse passer les vacances et relance Le Monde le 4 septembre lui demandant les raisons de son abstention. Je fais valoir que le sujet est plus que jamais d’actualité. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont étendu leur territoire, libérant le canton d’al-Shabba, la région de Mambij et celle de Rakka, encerclant la ville sur le point de tomber, tout en faisant une percée vers Deir ez-Zor. Que, par ailleurs, la Fédération démocratique de la Syrie du Nord a réorganisé son administration en conséquence et que des élections se dérouleront dans quelque quatre mille communes le 22 septembre, et sont prévues aux assemblées des six cantons le 3 novembre, des trois régions et de la Fédération le 29 janvier 2018. Aucune réponse de la rédaction du Monde.

Comment ne pas conclure à une censure ? Certes Le Monde est libre de publier les tribunes qu’il veut, mais il perd cette liberté une fois qu’il s’est engagé sur leur parution. Pourquoi alors cette décision de retrait et ce silence ? Certes, dans mon livre Un autre futur pour le Kurdistan. Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique [6], je reconnais ne pas avoir été tendre pour un journaliste du Monde, Alan Kaval.

  • J’ai dit que certains écrits d’Alan Kaval pourraient l’avoir été par une agence de presse pro-gouvernementale turque [7]. Kaval, qui connaît bien son sujet, n’ignore pas que le PKK a abandonné le marxisme-léninisme pour « son idéologie propre » [8] mais jamais il ne précise honnêtement le projet du confédéralisme démocratique, car un tel exposé ruinerait ses dénigrements. Tout est ramené à des « fantasmes utopiques » [9], une intention démocratique qui « masque mal la mainmise du parti sur les institutions et l’éviction de ses rivaux  » [10] quand il ne se lance pas dans une (perfide) présentation de ce qu’il qualifie d’« assemblage labyrinthique » : « En se retirant de la région, le régime a permis au mouvement kurde de se servir des territoires passés sous son contrôle pour imposer son modèle, celui dit de “l’autonomie démocratique”, la grande idée théorique d’Abdullah Öcalan. Elle est censée aboutir, selon la vulgate diffusée par le PKK, à la construction d’un “système politique sans État où la société se gouverne elle-même”. Sa mise en pratique se traduit concrètement par la construction d’un assemblage institutionnel labyrinthique composé de “maisons du peuple”, de communes, de municipalités, d’assemblées locales, de comités divers et de ministères autoproclamés, où tous les postes à responsabilités sont soumis à une règle de parité stricte entre hommes et femmes. En réalité, chacune de ces institutions, prétendument représentatives, est noyautée par des cadres du PYD, qui ont fait leurs armes au sein du PKK face à l’armée turque durant les décennies précédentes. » [11].

Mais Filiu et Kaval ne sont pas les seuls à abhorrer le PKK, à s’obstiner à voir en lui une organisation nationaliste, autoritaire et terroriste.

  • Quelques exemples. Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul, continue de qualifier le PYD et le PKK d’organisations marxistes [12] et Alain Frachon, spécialiste du Proche-Orient, de partis marxistes-léninistes [13]. Erdogan pourra aussi remercier Louis Imbert qui explique que les Forces démocratiques syriennes sont une alliance « dominée par les cadres issus du PKK » [14] et encore Pierre Breteau qui écrit à peu près la même chose en s’appuyant sur Jean-Pierre Filiu [15]. Enfin, et c’est tout dire de la philosophie générale du journal, dans un récent éditorial à propos du procès de journalistes turcs, Le Monde écrit : «  À qui fera-t-on croire que ces femmes et ces hommes, patriotes responsables, ont maille à partir avec le terrorisme que pratique le mouvement kurde PKK ? » [16].

Y aurait-il un lobby anti-PKK au Monde qui serait intervenu pour stopper la publication de ma tribune préalablement décidée par des imprudents ? Sans doute non, mais plus certainement un groupe de pression qui se fédère naturellement autour de préjugés.

Ainsi, les lecteurs du Monde, s’ils n’ont pas eu la curiosité d’aller voir ailleurs, ne sauront rien de la société sans État des Kurdes. Un projet nouveau pour un Proche-Orient nationaliste, étatiste et si peu démocratique, un projet qui s’adresse également à toute l’humanité. Même si tout n’est pas rose au Kurdistan, loin de là, et je renvoie encore à Un autre futur pour le Kurdistan comme à la tribune ci-dessous, il y a beaucoup à apprendre de l’expérience de la Syrie du Nord, non seulement pour les révolutionnaires tombés dans un trou noir mais pour tous ceux qui, à gauche, souhaitent se libérer du carcan partidaire et étatique. Le vieux monde de la démocratie représentative n’est pas une fatalité. La Commune n’est pas morte, le Mouvement kurde le prouve en Syrie et en Turquie.

Aussi, pour conclure et préciser mon propos, je ne dirai pas que « Tout « Le Monde » déteste le PKK », mais bien que « Tout Le Monde déteste la démocratie directe ».

Paris, le 20 septembre 2017

La tribune censurée par Le Monde.

Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord

En entrant dans Rakka, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices kurdes et arabes, ne libèrent pas seulement la population de la dictature et de l’obscurantisme, elles lui proposent l’adhésion à une société progressiste fondée sur le fédéralisme. Leur ambition démocratique est inscrite dans deux textes de nature constitutionnelle : la Charte du Rojava du 29 janvier 2014 appliquée dans les cantons kurdes de Syrie et le Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord adopté par une assemblée multi-ethnique le 29 décembre 2016. Comme elles le furent pour les soldats de l’an II, les idées émancipatrices expliquent mieux la bravoure des miliciennes et miliciens, que la soif d’exploits militaires ou de conquêtes territoriales.

Rappelons-nous. Au début des années 2000, Abdullah Öcalan et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) firent le constat d’une double impasse : le marxisme-léninisme n’est pas une idéologie en mesure de répondre à la modernité capitaliste ; la guerre de libération nationale pour fonder un État-nation kurde est sans issue. S’inspirant des travaux d’un philosophe américain, Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale et théoricien du municipalisme libertaire, ils imaginent le confédéralisme démocratique. À la faveur de la révolution syrienne de 2011, les révolutionnaires du Kurdistan de Syrie avancent cette théorie et mettent en place de nouvelles institutions civiles et politiques. Chaque communauté ethnique, culturelle, économique, professionnelle, politique… a la possibilité de s’organiser en conseils autonomes lesquels s’unissent au sein de la commune d’un village ou d’un quartier. Les communes se fédèrent aux divers niveaux utiles à la gestion des affaires collectives en observant une stricte parité entre les femmes et les hommes, en garantissant la représentation des minorités. On ne crée pas un État nouveau, on marginalise l’idée même d’État en étendant le champ des autonomies, en s’appropriant ses missions de service public (santé, éducation, infrastructures, transports, énergie, etc.) et en réduisant le plus possible ses fonctions régaliennes. Par exemple, le maintien de l’ordre public et la justice de proximité sont assurés par les citoyens eux-mêmes. Comme l’État est progressivement subverti par la commune, le capitalisme le sera par une économie sociale, écologique et autogérée, initiée par les coopératives de producteurs et de consommateurs. L’utopie prend vie au Rojava (Kurdistan de l’Ouest). Elle s’étend aujourd’hui dans tout le Nord de la Syrie et se présente comme une solution pour la paix au Proche-Orient.

On se doute que mettre en œuvre ces fichues idées, droit venues de la Commune de Paris, n’est pas chose facile avec Bachar al-Assad en embuscade, avec une lutte intense contre l’État islamique, contre les milices nationalistes ou djihadistes de l’opposition syrienne et les menaces récurrentes d’invasion du gouvernement turc. Comment un tel contexte de guerre n’exacerberait-il pas les contradictions ? La Charte du Rojava et le Contrat social de la Syrie du Nord, en maintenant les institutions d’une démocratie occidentale avec la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne consacrent pas le modèle fini de démocratie directe qu’ils invoquent, même si le gouvernement se nomme pudiquement « auto-administration démocratique » parce qu’il estime que son seul devoir est d’exécuter les directives venues d’en bas, des communes. L’organisation sur un mode représentatif, en septembre et novembre, des élections locales puis, en janvier 2018, des élections régionales et nationales, n’est pas non plus une preuve de démocratie directe. On objectera encore que le Parti de l’union démocratique (PYD) est omniprésent dans les institutions politiques, civiles et militaires, qu’une petite-bourgeoise s’installerait volontiers au pouvoir, que les Unités de protection du peuple (YPG, YPJ) et les FDS sont plus proches d’une armée classique avec son décorum militariste que des milices anarchistes de la guerre d’Espagne, que la propriété privée des moyens de production et d’échange n’est pas remplacée par l’autogestion généralisée, etc. L’autonomie démocratique du Nord de la Syrie n’est pas encore le confédéralisme démocratique où l’État n’a plus de légitimité parce qu’il n’a plus d’utilité, elle est une phase intermédiaire d’État fonctionnel nécessitée par les contraintes géopolitiques.

Il reste qu’elle est porteuse d’espoir et à ce titre mérite attention. Que le Mouvement pour une société démocratique (TEV-DEM), fédération des communes et commu-nautés diverses, assure le fonctionnement de la société civile et régule l’économie. Que la plupart des porteurs de délégations, de mandats, de missions ou de commandements, Kurdes, Arabes, Assyriens ou Turkmènes manifestent la volonté de vivre ensemble, en paix, pour aller vers « cette étrange unité que se dit multiple » que Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille plateaux n’imaginaient pas qu’elle fleurirait au cœur de ce Proche-Orient si peu libertaire.

Pierre Bance

Docteur d’État en droit, ancien directeur des éditions Droit et Société. Auteur d’Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique, Les Éditions Noir & Rouge, février 2017, 400 pages.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autre futur.net, espace d’échanges pour un syndicalisme de base, de lutte, autogestionnaire, anarcho-syndicaliste, syndicaliste révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Le Monde.fr, 25 juin 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka/). Lire la réponse cinglante et argumentée d’André Métayer sur le site des Amitiés kurdes de Bretagne (http://www.akb.bzh/spip.php?article1217)

[2] Voir la notice que consacre Wikipédia à Jean-Pierre Filiu (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Filiu).

[3] Pas moins de six mentions entre juillet 2017 et aujourd’hui, sans compter les rappels fréquents à son blog en page d’accueil (http://lemonde.fr/recherche/?keywords=filiu&page_num=1).

[4] Le Monde.fr, 30 avril 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/30/la-question-kurde-dans-limpasse/)

[5] Le Monde.fr, 4 septembre 2016 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/09/04/comment-le-pkk-de-cemil-bayik-a-trahi-les-kurdes-de-syrie/).

[6] Noir et Rouge, 2017, 400 pages (http://www.autrefutur.net/Un-Autre-Futur-pour-le-Kurdistan).

[7] Un autre futur pour le Kurdistan, page 180, note 717. Est plus spécialement visé un article, « La guerre perdue du PKK », paru dans Le Monde du 25 septembre 2016,

[8] « Les Kurdes préparent l’après-EI à Rakka », Le Monde, 30 août 2017. Malgré le titre de l’article, on ne saura rien de ce que préparent les Kurdes sinon des manœuvres de couloir avec les tribus arabes et, toujours, sous le contrôle sans partage du PKK.

[9] « Kobané, “ville musée” de la résistance kurde », Le Monde, 24 mai 2016.

[10] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[11] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[12] « Les Kurdes de Syrie voient l’intervention russe d’un bon œil », Le Monde, 3 octobre 2015.

[13] « Poutine s’en va-t-en guerre », Le Monde, 2 octobre 2015.

[14] « De l’Irak au Liban, l’organisation État islamique seule sur tous les fronts », Le Monde, 26 août 2017.

[15] « Syrie : jour par jour, les combats pour la reprise de Rakka en cartes », Le Monde, 27 juillet 2017.

[16] « Les procès du Bosphore », éditorial du Monde du 26 juillet 2017.

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Oliver Stone au Middle East Eye: “Les Etats-Unis ne sont pas menacés, nous sommes la menace”

 

Al Manar avec MEE

 

23 Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=260819&cid=13&fromval=1&frid=13&seccatid=15&s1=1

 

Alors qu’il lance une nouvelle série documentaire offrant un point de vue critique sur les actions américaines outremer, le réalisateur explique à MEE qu’il n’a pas toujours vu les choses de cette manière.

Les controverses américaines sont le fort d’Oliver Stone. Le réalisateur hollywoodien a braqué ses caméras sur l’assassinat de John F. Kennedy, la guerre du Vietnam et les attentats du 11 septembre 2001.

Lors de la préparation de sa nouvelle série documentaire pour la télévision, The Untold History of the United States (Une Autre histoire de l’Amérique), ce sont les « exploits » américains au Moyen-Orient qui l’ont le plus marqué, a-t-il déclaré à Middle East Eye mercredi dernier.

« En étudiant ces non-dits de l’histoire, une chose qui m’a vraiment beaucoup frappé a été l’histoire de notre implication au Moyen-Orient » a-t-il dit.

« Une implication abjecte. »

Stone retrace l’interventionnisme de Washington dans la région depuis les années 30, indiquant que celui-ci a atteint son apogée lors de l’envoi par l’ancien président George H. W. Bush de centaines de milliers de soldats américains pour libérer le Koweït après son invasion par l’Irak en 1990.

L’Union Soviétique s’était effondrée depuis peu et la porte était alors grande ouverte pour la domination de la région par une unique superpuissance, a-t-il expliqué.

« Nous n’en sommes jamais sortis. Une fois que nous y étions, nous y étions pour toujours. »

« Nous avons déstabilisé toute la région, semé le chaos. Et maintenant, nous accusons l’État islamique du chaos que nous avons nous-mêmes créé », a-t-il ajouté, en référence à la milice extrémiste qui contrôle désormais de larges pans de la Syrie et de l’Irak.

Stone a préparé et écrit la série et le livre qui l’accompagne en partenariat avec Peter Kuznick, un professeur de l’American University spécialiste de la question des frappes nucléaires américaines sur le Japon qui ont mis fin à la Seconde Guerre Mondiale.

« Tout tourne autour du pétrole. Vous vous souvenez de cet autocollant pour voiture où était écrit : ‘’Qu’est-ce que notre pétrole fait sous leur sable ?” », a demandé Kuznick à MEE.

La soif américaine de l’or noir est au fondement de l’alliance des États-Unis avec l’Arabie Saoudite, du coup contre le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh en 1953, appuyé par la CIA, et du soutien américain aux miliciens religieux qui combattaient les Soviétiques en Afghanistan dans les années 80, a-t-il poursuivi.

« Nous avons créé ces pagailles, et ensuite nous avons élaboré un plan militaire grandiose pour y mettre un terme. Mais les solutions militaires ne marchent tout simplement pas. »

Les opinions de Stone et de Kuznick ne risquent guère de faire froncer les sourcils dans les rues du Caire, de Moscou ou de Paris.

Les Américains vivent dans une bulle

En revanche, aux États-Unis, elles sont loin d’être majoritaires.

Selon Stone, les Américains vivent dans une bulle, influencés par un système éducatif, une classe politique et des médias qui dépeignent les États-Unis comme un symbole de stabilité et une force bienveillante dans le monde.

Un exemple célèbre est la description faite par l’ancien président Ronald Reagan des États-Unis comme d’une « ville scintillante sur une colline ».

« Être américain est très confortable », a avancé Stone.  » Vous avez le sentiment d’être en sécurité et de jouir de la prospérité des biens matériels. Mais en même temps, vous pensez que vous avez des ennemis partout – en Russie, en Chine, en Iran, en Corée du Nord ».

« Vous habitez dans ce cocon qu’est ce grand pays entouré de deux océans, mais avec l’impression de vivre toujours sous la menace. »

Oliver Stone a déclaré comprendre ce sentiment pour l’avoir lui-même vécu.

Une seule partie de l’Histoire

Stone est né à New York, d’un père républicain exerçant la profession d’agent de change, Louis Stone. Oliver a toujours été créatif – il écrivait souvent de courtes pièces de théâtre pour amuser sa famille – mais n’avait jamais remis en question la manière dont ses professeurs d’histoire enjolivaient les actes des États-Unis, a-t-il raconté.

« J’avais toujours entendu une seule partie de l’histoire, celle qui met en valeur l’exceptionnalisme américain, qui présente l’Amérique comme un pays altruiste et bénéfique pour le reste du monde. »

En 1967, Stone se porta volontaire pour aller combattre dans l’armée américaine au Vietnam. Il fut blessé deux fois et, à son retour, il fut décoré de l’Étoile de bronze de l’héroïsme et d’un Purple Heart, une médaille accordée aux personnes blessées ou tuées au service de l’armée américaine.

« Je suis revenu du Vietnam perplexe, complètement désorienté vis-à-vis de ce qui s’y passait.

« J’avais été soumis à une lourde dose de langue de bois, de langage militaire. »

Il a commencé à poser des questions et à lire les travaux d’« historiens progressistes », tout en étudiant la réalisation de films à l’université de New York avec Martin Scorsese et d’autres enseignants.

Combattre le «crime éducatif»

Ces idées ont inspiré les films à caractère politique qu’il a produits dans les années 80.

Ainsi, l’un de ses premiers films, Salvador (1986), se déroule dans le contexte d’une guerre en Amérique centrale dans les années 80. Platoon (1986), l’opus qui l’a rendu célèbre, met en scène un jeune soldat, interprété par Charlie Sheen, servant au Vietnam. Il a continué à enquêter sur cette guerre dans Né un 4 juillet (1989), avec Tom Cruise.

Puis en 1991, il a réalisé JFK, un film qui expose ses théories sur l’assassinat de l’ancien président, et qui sera suivi par deux autres portraits de commandants en chef des États-Unis, Nixon (1995) et W (2008).

Quant à son dernier film sur le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden, sa sortie a été ajournée à 2016, a-t-il indiqué.

Oliver Stone a également à son palmarès des interviews de chefs d’État étrangers ayant défié Washington – du révolutionnaire cubain Fidel Castro au président russe Vladimir Poutine, en passant par le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovytch.

The Untold History of the United States, une série documentaire en dix parties et un livre de 750 pages, offre aux Américains une version alternative de l’histoire de leur pays depuis la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours.

Oliver Stone a affirmé que l’un de ses objectifs était de combattre le «crime éducatif» consistant à tromper les écoliers américains.

« Nos programmes scolaires doivent être débarrassés de l’exceptionnalisme américain », a-t-il insisté.

« Nous ne sommes pas menacés. Nous sommes la menace. »

Résistance politique: Fin de l’empire ou fin du monde ?… (Paul Craig Roberts)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 13 avril 2014 by Résistance 71

La fin des Etats-Unis ou du monde est-elle proche ?

Ce sera l’un ou l’autre

 

Paul Craig Roberts

 

9 Avril 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/04/09/us-world-coming-end-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2014 prend la tournure de l’année du retour de bâton pour les Etats-Unis.

Deux pressions majeures montent sur le dollar US. L’une provient de la capacité diminuée de la réserve fédérale à plomber le prix de l’or alors que les stocks d’or de l’occident se contractent et de la connaissance par le marché du fait de l’élargissement du plombage du prix de l’or illégal par le fed. La preuve en est qu’il y a des sommes très importantes de transactions à très courts termes qui sont larguées dans le marché des futurs papiers de l’or à une période où l’échange est mince et sans équivoque. Il est devenu plus qu’évident que le prix de l’or est truqué dans les marché futurs afin de protéger la valeur du dollar des méfaits des QE (Quantitative Easings).

L’autre pression provient des stupides menaces de sanctions du régime Obama sur la Russie. Les autres pays ne veulent plus supporter l’abus de Washington sur le standard mondial du dollar. Washington utilise le système de paiement international basé sur le dollar pour infliger des dégâts aux pays qui résistent à son hégémonie politique.

La Russie et la Chine en ont assez. Comme je l’ai rapporté ainsi que Peter Koenig ici: http://www.informationclearinghouse.info/article38165.htm

La Russie et la Chine sont en train de déconnecter leur commerce international du dollar. Par conséquent, la Russie fera son commerce, incluant les ventes de pétrole et de gaz naturel à l’Europe, en roubles et dans des monnaies de ses partenaires du BRICS.

Ceci veut dire une grosse baisse dans la demande pour le dollar et donc une baisse en conséquence de sa valeur.

Comme John Williams de shadowstats.com l’a clarifié, l’économie n’a pas du tout récupéré de la chute de 2008 et s’est même affaiblie plus avant. La vaste majorité de la population américaine est pressurisée par le manque de croissance de revenus depuis des années. Comme les Etats-Unis sont maintenant une économie dépendante de ses importations, une chute de la valeur du dollar va faire augmenter les prix domestiques et pousser les standards de vie et de consommation encore plus à la baisse.

Tous les compteurs pointent vers un échec économique des Etats-Unis en 2014 et ceci constitue la conclusion de rapport économique de John Wiliams du 9 Avril.

Cette année pourra aussi voir l’effondrement de l’OTAN voire même de l’UE. Le coup d’état inconscient de Washington en Ukraine et les menaces de sanctions contre la Russie ont poussé les marionnettes de l’OTAN sur un terrain bien dangereux. Washington a très mal évalué la réaction de l’Ukraine au renversement de son gouvernement élu et l’imposition de sbires comme gouvernement marionnette. La Crimée s’est très vite détachée de l’Ukraine et a rejoint la Russie. D’autres anciens territoires russes en Ukraine vont sans doute bientôt suivre. Des manifestants à Donetsk, Lugansk et Karkhov ont déjà demandé leur regerendum. Les manifestant ont déjà déclaré les républiques populaires de Karkhov et de Donetsk. Le gouvernement fantoche de Washington à Kiev a menacé de réduire ces manifestations par la violence. http://rt.com/news/eastern-ukraine-violence-threats-405/

Washington clâme à qui veut l’entendre que les manifestations sont organisées par la Russie, mais plus personne ne veut croire Washington, même plus ses sbires ukrainiens.

Les rapports d’information russes ont identifié des mercenaires américains parmi la force armée de Kiev qui a été envoyée pour réduire la protestation en Ukraine orientale. Un membre du parti néo-nazi Patrie à l’assemblée de Kiev a appelé à faire fusiller les manifestants.

Toute violence envers les manifestants verra sûrement une intervention de l’armée russe et cela aura pour résultat le retour à la Russie de ses anciens territoires donnés à l’Ukraine par le parti communiste de l’URSS.

Avec Washington menaçant à tort et à travers, cela pousse l’Europe vers deux confrontations des plus désagréables et indésirables. Les européens ne veulent pas d’une guerre avec les Russes à cause d’un coup d’état de Washington à Kiev et les Européens comprennent bien que toutes réelles sanctions sur la Russie, si elles sont observées, auront de bien pires répercussions sur l’Europe. Au sein de l’UE, des disparités économiques grandissantes, un taux élevé de chômage et des mesures d’austérité draconniennes imposées aux membres les plus pauvres, ont produit de grosses tensions. Les Européens ne sont pas du tout d’humeur à supporter l’impact d’un conflit avec la Russie orchestré par Washington. Tandis que Washington propose la guerre et le sacrifice aux Européens, la Russie et la Chine offrent le commerce et l’amité. Washington fera de son mieux pour garder les politiciens européens qu’il a acheté dans la ligne du parti de ses politiques, mais l’inconvénient pour l’Europe de demeurer avec Washington est maintenant bien plus grand.

A bien des égards, Washington émerge maintenant de manière très duplicite aux yeux du monde, fourbe et totalement corrompu. Un procureur de la Securities and Exchange Commission (NdT: la SEC de Wall Street, le soi-disant “sheriff” de la finance américaine), James Kidney a profité de son départ à la retraite pour révéler que des gens plus hauts placés ont mis au placard ses accusations et enquêtes sur Goldman Sachs et autres banques “trop grosses pour se planter”, parce que ses patrons à la SEC n’étaient pas concentrés sur la justice mais “sur l’acquisition de boulots hautement payés après la fin de leur temps dans l’administration” en protégeant les banques de toutes poursuites pour leurs actions illégales. http://www.counterpunch.org/2014/04/09/65578/

L’agence américaine internationale pour le développement, l’USAID, a été prise la main dans le sac d’essayer d’utiliser des médias sociaux pour renverser le gouvernement de Cuba. http://rt.com/news/cuba-usaid-senate-zunzuneo-241/

Cette audacieuse irresponsabilité survient en plus du scandale de l’espionnage de la NSA, de la publication du rapport d’enquête du journaliste Seymour Hersch sur l’attaque au gaz sarin en Syrie qui était en fait une attaque fausse-bannière de l’OTAN par son membre de la Turquie afin de justifier une attaque militaire des Etats-Unis sur la Syrie, de Washington forçant l’avion du président bolivien Morales d’attérir pour le fouiller (NdT: dans la “chaleur de l’affaire Snowden et du scandale de la NSA), des armes de destruction massive que soi-disant possédait Saddam Hussein, de l’abus dans l’utilisation de la résolution sur la zone d’interdiction aérienne en Libye pour effectuer une attaque militaire sur ce pays et on en passe et des meilleures. De fait, Washington a tellement détruit la confiance des autres pays dans le jugement et l’intégrité du gouvernement américain que le monde a perdu toute croyance dans le leadership des Etats-Unis. Washington est aujourd’hui réduit à proférer sans cesse des menaces et à corrompre et se présente de manière accrue comme un petit caïd de cour de récrée.

Les coups de marteau que Washington s’est infligé à lui-même commencent à se faire sentir. Le plus sérieux coup de tous est qu’il commence à être compris partout, que la théorie du complot barjot concoctée par Washington en ce qui concerne les attentats du 11 Septembre 2001 est fausse. Un très grand nombre d’experts indépendants ainsi que plus d’une centaine de personnels des premiers secours qui étaient sur place, ont contredit tous les aspects de la théorie du complot absurde de Washington. Plus aucune personne avisée ne croit que quelques Saoudiens, incapables de piloter, agissant sans aucune aide de services de renseignement, ont mis en échec total la sécurité nationale de l’état, ont floué non seulement les 16 agences de renseignement américaines, mais aussi les agences de renseignement de l’OTAN et d’Israël.

Rien n’a fonctionné le 11 Septembre 2001. La sécurité des aéroports a foiré 4 fois en une heure, plus en une heure que dans toutes les 116 232 heures combinées du XXIème siècle. Pour la première fois de son histire, l’armée de l’air a été incapable de faire décoler ses intercepteurs. Pour la première fois de l’histoire, les contrôleurs aériens ont perdu quatre appareils pendant une heure sans rien rapporter. Pour la première fois de l’histoire, des incendies de courtes durées et à basse température sur quelques étages seulement ont causé de tels dégâts structurels à l’acier que les bâtiments se sont effondrés. Pour la première fois dans l’histoire, 3 grattes-ciel sont tombés essentiellement à la vitesse de la chute libre sans le bénéfice de démolition contrôlée en dessous pour enlever la résistance à l’effondrement.

Les deux-tiers des Américains ont cru cette histoire de barjot. La gauche y a cru, parce qu’elle y a vu l’histoire des opprimés se vengeant de l’empire du mal américain. La droite y a cru, parce qu’elle l’a vu comme les musulmans diabolisés frappant la bonté de l’Amérique. Le président de l’époque George W. Bush avait très bien exprimé la vision de la droite: “Ils nous haïssent pour notre liberté et notre démocratie”.

Mais personne d’autre ne l’a cru, de tous sûrement pas les Italiens. Ceux-ci ont été informés quelques années auparavant des évènements fausse-bannières organisés par leur gouvernement quand leur président révéla la vérité au sujet de l’Opération Gladio. Celle-ci fut une opération gérée par la CIA et les services de renseignement italiens pendant la seconde moitiè du XXème siècle. Des bombes explosèrent tuant des femmes et des enfants européens pour en faire porter la responsabilité aux communistes et ainsi éroder le soutien des peuples aux partis communistes alors florissants.

Les Italiens furent parmi les premiers à faire des présentations vidéo défiant l’histoire à dormir debout de Washington sur le 11 septembre. Le défi ultime vint avec ce reportage de 1h45 intitulé; “Zéro”, que vous pouvez visionner ici:

http://www.youtube.com/watch?v=QU961SGps8g&feature=youtu.be

Zero fut produit en tant que film d’enquête sur le 11 septembre par l’entreprise italienne Telemaco. Des gens célèbres apparaissent dans le film ainsi que bon nombre d’experts, ensemble ils réfutent et prouvent comme fausse chaque assertion faite par le gouvernement américain concernant les attentats.

Le film fut montré au parlement européen.

Il est impossible pour quiconque visionne ce film de croire un mot de l’explication officielle des attentats du 11 septembre.

La conclusion est très difficile à éviter, que des éléments du gouvernement américain ont fait exploser (imploser) trois grattes-ciel de New York afin de pouvoir détruire l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Somalie, la Syrie, l’Iran et le Hezbollah et de pouvoir lancer l’agenda néoconservateur de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis.

La Chine et la Russie ont protesté mais ont accepté la destruction de la Libye alors même que cela était à leur détriment ; mais l’Iran est devenu la ligne rouge à ne pas franchir. Washington a été bloqué, alors Washington a décidé de causer des problèmes majeurs à la Russie par le moyen de l’Ukraine afin de distraire la Russie des agendas de Washington ailleurs.

La Chine n’était pas sûre de la marche à suivre entre ses surplus commerciaux avec les Etats-Unis et l’expansion de son l’encerclement par Washington avec ses bases aériennes et navales. La Chine en est arrivée à la conclusion qu’elle a le même ennemi que la Russie: Washington.

Une de ces deux choses est très probable: soit le dollar sera abandonné et sa valeur va chuter, mettant ainsi fin au statut de super-puissance de Washington ainsi à la menace pour la paix mondiale, ou Washington va mener ses marionnettes à un conflit militaire majeur contre la Russie et la Chine. Le résultat d’une telle guerre sera bien plus dévastateur que l’effondrement du dollar.