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Appel à la résistance du sein de l’empire: « Soyons ingouvernables !… »

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 16 janvier 2017 by Résistance 71

Les jours d’après élection et les jours avant la révolution

 

Anarchist Resistance New York City

 

2 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/01/02/anarchist-resistance-after-the-elections-before-the-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui, beaucoup de radicaux politiques se demandent comment ils vont bien pouvoir se réveiller avec la présidence de Trump. Mais notre question en fait est de savoir ce que cela veut dire pour la gauche dans ce pays (USA) ? Des mythes paralysant ont maintenant été pulvérisés et cette situation pourrait bien, avec un bon travail, avec passion et une pensée critique claire, mener à une stratégie d’action et un bien plus grand changement politique que voter pour le statu quo. Le changement dont nous parlons est générationnel et aura un bien plus grand effet que tout un chapelet d’élections, aussi répugnantes soient-elles.

Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènent un combat d’arrière-garde contre le futur, combat qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner.

D’abord, ces dernières élections ont bousculé le mythe, diffusé durant la période du mouvement Occupy Wall Street, que la division principale de ce pays se situe entre les 99% et le 1%. La victoire de Trump démontre que le problème est bien plus profond que cela et que cela ne se réduit pas à une fonction intégrale économique simpliste et incorrecte: les 99% doivent sûrement gagner contre le 1%. Beaucoup des membres de ces soi-disants 99% ont voté pour le milliardaire Trump, tandis que l’autre moitié soutenait une démocrate de Wall Street pro libre-marché. Oui il y a bien un conflit entre les riches et les pauvres, mais ceci n’a jamais constitué la seule division dans ce pays. Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènes un combat d’arrière-garde contre le futur qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner. Ceci ne veut pas dire qu’ils vons céder la place tranquillement et sans occasionner de grands dommages, mais ceci est dans la nature des idéologies moribondes.

Ce qui est déprimant, c’est que cette rhétorique désespérée a capturé l’imagination de beaucoup de ceux qui ont vraiment soufferts une véritable humiliation et une grande douleur sous le néo-libéralisme du 1%. La tragédie est que l’échec et le rejet du néo-libéralisme a mené les laissés-pour-compte de se retrancher dans cette idéologie de l’échec et de l’oppression qu’est le paléo-conservatisme, avec sa litanie de xénophobie, d’isoloationnisme et d’anti-intellectualisme. Ceci a créé un nouvel alignement politique désespéré que rejette toutes choses qui puissent restaurer le respect et le mode de vie de ses adhérents.

De ce point de vue, la politique électorale américaine n’a rien été d’autre qu’une horde de zombies aux visions du monde défuntes combinées avec une idéologie oppressive et dangereuse rampant dans les états bleus (démocrates) et rouges (républicains). Aucun président ne peut renverser la réalité démographique qui veut que ce pays va continuer à s’urbaniser, va devenir toujours plus ethniquement divers et que la fabrication mythologique du travail du passé demeurera morte et enterrée. Ces réalités sont la véritable roue de l’histoire, les morts laisseront la place aux vivants, le passé au futur et aucune élection ne peut changer tout çà.

Le second mythe qui a été pulvérisé est celui qui veule que la politique électorale est une arène valide pour un changement populiste de gauche.
Que ce soit Syriza ou Trump, Podemos ou Hillary, au bout du compte, la gauche doit et devra confronter les pouvoirs oppresseurs de l’État et du capitalisme, dont aucun des deux ne peut être subverti par des jeux électoraux. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y aurait pas de différences entre une administration Trump et une administration Bernie Sanders, mais plutôt que cette dernière ne servirait qu’à faire caler la confrontation inévitable. La politique électorale tient sa promesse de l’avancée socio-politique lente et progressive, mais la véritable évolution ne provient que d’un changement radical d’environnement politique et ceci ne peut se faire qu’au travers de la révolution sociale.

Une révolution n’est pas un évènement qui se passe d’un seul coup, soudainement, mais c’est quelque chose qui est minutieusement préparé, construit et éventuellement mis en place par ceux qui sont alignés sur le futur. Tout gouvernement, qu’il soit libéral ou conservateur, va combattre de manière semblable contre toute menance envers l’État ou la structure de pouvoir capitaliste. Ainsi, si nous recherchons une confrontation promettant un changement substantiel et irreversible de la société, il importe peu si le régime en place est libéral ou conservateur. Les gouvernements libéraux et conservateurs sont équitablement réactionnaires et résistants à tout changement politique subséquent ; ceci parce que leur existence même dépend du gel du présent et de l’obscurcissement du mieux possible de tous futurs possibles.

Nous avons vu ceci se dérouler récemment en Espagne, en Grèce, au Royaume-Uni et dans bien d’autres pays. C’est toujours le même paradigme: la structure politique refuse de vraiment changer et continue le cycle sans fin de ramper entre libéralisme et conservatisme. Cette impulsion aveugle et brutale vers l’auto-préservation n’est pas seulement trouvée dans les régime de droite. A la fois des régimes de droite et de gauche ont utilisé la mise en place de mesures totalitaires, de prisons, de police secrète, d’instillation de la peur, de la guerre, de l’oppression économique afin de maintenir le statu quo oligarchique. Pour avoir un futur, nous devons rejeter tous les appareils d’oppression de l’État et ceci inclut bien évidemment la politique électorale et son mode opératoire de la division et des fausses promesses de changement et d’espoir, qui ne font en fait que servir mieux l’oligarchie en place.

Le troisième mythe est que le gouvernement ait jamais été notre gouvernement. Il n’est que l’outil de l’État (NdT: lui-même un outil de maintien de la division politique originelle ayant établi la relation contre-nature de dominant/dominé…), il est maintenant une force d’occupation, tout comme il le fut auparavant. Toutes les forces d’occupation du XXème siècle se sont accouplées d’une obéissance générée avec une bonne dose de peur et de répression. Nous avons toujours compris cette formule et avons toujoues lutté contre. La victoire de Trump néanmoins, augmente la sensation d’urgence à mettre bas le masque de l’obéissance, ne gâchons pas cette opportunité. Le gouvernement n’a jamais été notre protecteur et maintenant ceux qui sont coincés dans le piège de la “démocratie représentative” vont peut-être aussi s’en apercevoir…

Sans ces mythes, quels chemins nous sont ouverts dans les sombres jours à venir ? La situation a changé et va continuer de changer pendant ces quatre longues prochaines années. Ce ne sera pas facile, en grande partie parce que la “gauche” actuelle est petite et manque de cette maturité utile pour mitiger et contrer bien des attaques à venir. Des attaques sur les femmes, le LGBTQ, les immigrants, les dissidents politiques et bien d’autres. Tout ceci existe depuis trop longtemps et ce ne sera pas différent dans les années à venir. La victoire de Trump n’a fait qu’augmenter le nombre de petits caïds qui vont faire régner la terreur et le nombre de gens qui ont peur.

On doit prendre notre courage à deux mains, prêts ou pas, et agir contre ces caïds de cours d’écoles. Nous avons besoin non seulement d’audace, mais aussi d’imagination, notre théâtre d’action doit aller au-delà de l’opposition symbolique infiltrable à la réalité vécue quotidiennement, de ses luttes contre l’oppression. Nos actions doivent être franches et directes comme celles des anarchistes grecs qui squattèrent un hôtel pour héberger des immigrants ou la gauche activiste allemande qui ferma physiquement et redirigea une station radio néo-fasciste. Nous devons prendre un espace dans l’Amérique de Trump et soutenir les autres pour parler, agir et aimer dans leur propre voisinage sans avoir peur. Nous devons continuer à exposer la brutalité systémique contre ceux que la police cible racialement.

Tandis que les trumpettistes débitent leurs théories conspiratrices, nous redoublerons d’efforts sur la réalité. Oui, nous serons piétinés, nous perdrons quelques batailles, mais il y a trop en jeu pour rester sur la touche à attendre “une prochaine fois”. Il n’y a pas de mythique cavalerie pour venir nous sauver, pas de tribunaux, pas de grille du congrès, pas de pétitions, pas de médias; il est maintenant clair que le seul moyen est l’action directe depuis la base. Le temps est venu de nous demander: voulons-nous vraiment nous tenir aux côtés de tous ceux qui sont malmenés et ce même si cela peut nous coûter en matière de notre propre sécurité ? Cela vaut-il la peine de nous tenir côte à côte avec ceux qui sont ciblés, appeurés, démotivés, sachant qu’il y a des risques ? Cette fois-ci nous ne pouvons pas nous voiler la face. Grâce à Trump les risques seront certes plus grands mais aussi plus grande seront les récompenses.

On peut se planquer dans un coin ou on peut se dresser et faire de nouveaux camarades avec qui nous grossirons la résistance. Nous devons devenir INGOUVERNABLES pour les forces d’occupation et ne devons pas bouger d’un iota concernant notre soutien à ceux qui se sentent ciblés. C’est ainsi que naît la résistance et c’est ainsi que se forge la victoire…

Les “libéraux” ont promis de protéger tout le monde avec rien d’autre qu’un bulletin de vote et maintenant ils se sont faits botter le cul et sont en débâcle complète sur tous les fronts. Ils nous demandent de passivement accepter quelques soient les injustices que Trump et son équipe ont planifié pour nous, nos voisins, nos amis, nos collègues de boulot et pour ces camarades que nous n’avons pas encore rencontrés. Nous n’avons jamais cru en le fait de cacher qui nous sommes, ce que nous sommes ni à être honteux de nos aspirations libératrices.

Nous connaissons parfaitement le pouvoir de la solidarité. On s’en est remis à elle pendant des générations et nous savons que c’est une manière plus forte, bien plus honnête de nous protéger et d’assurer notre futur. Le temps est venu de nous redresser, de faire front et de défendre les communautés que les “libéraux” ont abandonné à leur triste sort sans s’occuper d’eux, tout en leur demandant bien sûr de revenir (aux urnes) dans quatre ans… Quatre ans, c’est bien trop long pour se morfondre dans la peur et pour regarder de l’autre côté. N’ayons pas (plus) peur, ne faisons aucune concession, nous savons que notre travail a commencé et que le futur arrive.

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Illusion démocratique… La fin du cirque !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 novembre 2016 by Résistance 71

“Dans le monde dans lequel on vit on peut raisonnablement se demander s’il y a une vie avant la mort.”
~ Coluche ~

“Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait interdit depuis longtemps.”
~ Emma Goldman ~

 

La fin du cirque

 

Résistance 71

 

8 novembre 2016

 

Une fois de plus, le système étatique factice, mortifère et à bout se souffle nous propose son grand cirque électoral futile, son illusion démocratique en cette fin d’année 2016 pour l’empire du goulag levant et en 2017 pour sa larbine vassale franchouillarde, jadis peuplée de fiers Celtes dont les sociétés ont refusé la centralisation du pouvoir et donc l’État pendant près de 900 ans, un système politique qui ne leur fut imposé que par la force de la conquête et de l’ethnocide colonial, déjà.

Ainsi donc aujourd’hui les votards yankees vont se déplacer pour satisfaire au grand Barnum électoral où ils ont à choisir, de fait l’illusion de choisir, entre la variole (bien connue des peuples autochtones à qui elle fut inoculée sciemment à fin génocidaire) et l’ébola, entre un milliardaire populiste narcissique et tripoteur soutenu par la mafia de Las Vegas et la harpie du système nouveau con, nouveau libéral, criminelle endurcie à la veûlerie légendaire et dont l’ambition psychopathique pourrait sans aucun doute être étudiée de près dans une étude clinique.

Nous ne perdrons pas notre temps à présenter ces deux corniauds utiles du système oligarchique en place, amis de longue date et soutenus par la même fange capitalisto-colonialiste qui en mît tant d’autres au pouvoir des deux côtés de la grande mare.

En France, le plus petit cirque essaie de ressembler à ses maîtres. De “primaires” en rhétorique, et de mensonges en promesses qui n’engagent que ceux qui y croient encore ; de la même manière l’oligarchie proposera ses marionnettes, qui un repris de justice mafieux ayant “fait son temps” au placard, choisi par l’élite financière auto-proclamée, qui un nabot criminel de guerre ou qui un arriviste arrogant à l’éructation tremblottante, tous comme les deux gugusses cités plus haut, des cas potentiels d’étude psychiâtrique qui nous en apprendrait bien plus sur les arcanes du pouvoir qui rend fou,

Popov le grand maître clown a fait rire de bon cœur des générations de petits et grands et a donné ses lettres de noblesse au véritable cirque, mais ces clowns là, monsieur, sont d’une tristesse sans pareille et ironie du sort n’ont jamais voulu faire rire qui que ce soit, si ce n’est de rires nerveux éparses les inquiets sachant que la mascarade un jour, accouchera d’un monstre qu’il faudra abattre.

Messieurs les votards de tous les pays, comprenez enfin que l’acte électoral n’est plus seulement futile et illusoire, mais qu’il est devenu de nos jours une complicité d’assassinat, une complicité de crimes contre l’humanité tant nos marionnettes de tout poil, mises en place selon le bon vouloir d’une avide oligarchie financière et industrielle transnationale, n’ont de cesse de mettre le monde à feu et à sang pour le profit du toujours plus petit nombre, consolidant biens, finances et donc pouvoir réel en société capitaliste privée ou d’état.

Comprenez que voter c’est se soumettre à ces ordures du monopole.

Comprenez que voter c’est abdiquer sa souveraineté, c’est se choisir un maître irrévocable qui vous (re)passera les chaînes de l’esclavage moderne.

Comprenez que voter c’est déléguer le pouvoir du peuple, sa capacité de décider pour et par lui-même, à une clique de commis coursiers passant leur vie politique à renvoyer les ascenceurs à ceux qui les ont mis au pouvoir fictif et illusoire pour les servir en première instance.

Comprenez que la seule solution au marasme sociétal ambiant c’est NOUS. Personne ne peut mieux gérer la société que le peuple lui-mème. Cela a déjà été fait et est de fait la destinée de l’humanité, simplement le plus tôt sera le mieux.

Comprenez que l’État est un outil d’oppression mis en place et perpétué pour garantir la main mise du petit nombre oppresseur et exploiteur par essence.

Comprenez que l’État n’est en rien inéluctable, qu’il est factice, qu’il n’est qu’une illusion politique, un leurre à l’apparence (parfois) démocratique, mais un monstre froid qui ne peut être par construction que coercitif, répressif et exploiteur.

Comprenez que toutes les institutions privées ou d’État sont des armes de destruction massive des libertés publiques et des outils de l’asservissement du plus grand nombre au seul profit du même petit nombre. Que leurs commis coursiers ne sont que des larbins à qui ont a fait niroiter une “place sous le soleil des grands” de ce pauvre monde inique sous la houlette oligarchique.

Comprenez finalement que tout ceci n’est qu’une illusion politique, une illusion de démocratie à grande échelle dont il nous faut sortir pour arrêter se survivre et vraiment commencer à vivre.

Y a t’il une porte de sortie ?

Oui sous la forme d’un jeu de piste des plus simples à organiser entre nous, il suffit pour cela de dire NON au jeu qu’on nous impose, parce que c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte et d’agir en conséquence:

Pensée critique => Réflexion individuelle et collective => BOYCOTT des institutions (élections comprises) et action politique concertée => Associations libres locales => Confédération des associations libres sous forme communale => Dilution du pouvoir dans le peuple là où il est très soluble => Fondation de la Société des Sociétés égalitaire, non-étatique, non-coercitive et anti-autoritaire

Nous vivons les derniers moments, les soubresauts d’une ère politique faite d’injustice, de mensonge, de tromperie, de veulerie, d’assassinat de masse et de corruption forcenée. Nous sommes au bout du bout du banc, la fin du cirque est proche et si le grand Popov manquera au peuple qu’il a tant amusé, les tristes sbires de la politique et leurs maîtres de la finance passeront aux oubliettes de l’histoire.

Peuples du monde, notre heure arrive, reprendre la barre du bateau ivre est notre destinée. Qu’on se le dise !

Boycott !

Solidarité !

Associations libres !

Égalité !

Liberté !

=*=

A lire:

« Du suffrage universel », Pierre Joseph Proudhon

« Les anarchistes et le suffrage universel », René Berthier

« Électrices, électeurs », CNT-AIT

« Voter est-ce agir ? », CNT-AIT

« Appel au socialisme », Gustav Landauer

 

Résistance politique: La supercherie de la « démocratie » américaine…

Posted in actualité, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 5 avril 2016 by Résistance 71

Petite et bonne analyse utile du système électoral bison yankee par Thierry Meyssan, qui nous montre de l’intérieur l’illusion totale de la « démocratie » américaine. Les « pères fondateurs » de cette pseudo-nation (entreprise commerciale de la « couronne » c’est à dire de la City de Londres et de sa Banque d’Angleterre..) ne furent qu’une poignée de riches chrétiens blancs, propriétaires d’esclaves, n’œuvrant en aucun cas pour le bien commun mais pour museler toute rébellion possible de la plèbe qu’ils détestaient. Rien de démocratique là-dedans mais au contraire tout d’aristocratique, puis d’oligarchique. Le système politique yankee n’existe que pour maintenir le consensus du statu quo oligarchique, ce que nous disons ici depuis des années. Il en va de même de toutes les institutions politiques en charge du monde occidental. TOUTES, sans aucune exception. Qu’on arrête de nous bassiner avec la « démocratie » que nous exportons au monde sous les tapis de bombes fournis par les cartels des industries de la guerre et de l’énergie.

Tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie ! Une illusion démocratique savamment entretenue.

Voter c’est acquiescer ! Voter c’est se choisir un maître ! Voter c’est abdiquer sa souveraineté ! Boycott de la fange étatique et œuvrons pour la confédération des associations libres !

— Résistance 71 —

 

Qui sera le prochain président des Etats-Unis

 

Thierry Meyssan

 

4 Avril 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191070.html

 

Thierry Meyssan analyse ici le système politique et électoral des États-Unis. Selon lui, le seul enjeu véritable de l’élection présidentielle est le maintien au pouvoir des WASP, jamais contesté depuis la Déclaration d’indépendance. Alors que Ted Cruz et Hillary Clinton en seraient les garants, la candidature de Donald Trump annonce un chamboulement profond du système qui devrait n’intervenir qu’une fois les Anglo-Saxons devenus minoritaires dans la population.

Les primaires états-uniennes offrent un spectacle désolant au cours duquel les principaux candidats semblent ne pas avoir conscience que leurs jugements à l’emporte-pièces et leurs déclarations démagogiques auront des conséquences, intérieures et extérieures, s’ils sont élus président.

Malgré les apparences, la fonction présidentielle ne dispose que de pouvoirs limités. Ainsi, il était évident pour tous que le président George W. Bush n’avait pas la capacité de gouverner et que d’autres le faisaient pour lui. De même aujourd’hui, il est évident que le président Barack Obama ne parvient pas à se faire obéir par l’ensemble de son administration. Par exemple on voit, sur le terrain en Ukraine et en Syrie, les hommes du Pentagone livrer une guerre féroce à ceux de la CIA. En réalité, le principal pouvoir de la Maison-Blanche n’est pas de commander les armées, mais bien de nommer ou de confirmer 14 000 hauts fonctionnaires —dont 6 000 lors de l’entrée en fonction du président—. Au-delà des apparences, la présidence est donc le garant du maintien au pouvoir de la classe dirigeante ; raison pour laquelle c’est cette dernière et non pas le Peuple qui fait l’élection.

Rappelons que, selon la Constitution (article 2, section 1), le président des États-Unis n’est pas élu au suffrage universel au second degré comme le prétendent des médias ignorants, mais uniquement par les 538 représentants des gouverneurs. La Constitution ne fait pas obligation aux gouverneurs de désigner des électeurs correspondant au souhait exprimé par leurs administrés lors du scrutin consultatif qui précède. Ainsi en 2000, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’invalider les électeurs désignés par le gouverneur de Floride alors même qu’il existait un doute sur le souhait exprimé par les électeurs de cet État.

Rappelons également que les « primaires » ne sont pas organisées par les partis politiques comme en Europe, mais par les États —sous la responsabilité des gouverneurs—, chacun selon son propre système. Les primaires sont conçues pour que, in fine, les grands partis présentent chacun un candidat à la fonction présidentielle qui soit compatible avec les intérêts des gouverneurs. Elles sont donc organisées sur le modèle du « centralisme démocratique » soviétique afin d’éliminer tout individu ayant une pensée originale ou simplement susceptible de remettre en question le système, au profit d’une personnalité « consensuelle ». Dans le cas où les citoyens participants ne parviendraient pas à désigner un candidat, ou surtout s’ils parvenaient à en désigner un mais que celui-ci soit incompatible avec le système, la Convention du parti qui suivra tranchera, au besoin en renversant le vote des citoyens.

Les primaires US ne sont donc pas un « moment démocratique », mais bien au contraire un processus qui, d’un côté permet aux citoyens de s’exprimer, et d’un autre leur enjoint de renoncer à leurs intérêts et à leurs idées pour se ranger derrière une candidature conforme au système.

En 2002, Robert A. Dahle, professeur de Droit constitutionnel à l’université de Yale, publiait une étude sur la manière dont la Constitution avait été écrite, en 1787, afin de s’assurer que jamais les États-Unis ne seraient une véritable démocratie [1]. Plus récemment, en 2014, deux professeurs de Sciences politiques, Martin Gilens à Princeton et Benjamin I. Page à Northwestern, ont montré que le système a évolué de sorte qu’aujourd’hui toutes les lois sont votées à la demande et sous le contrôle d’une élite économique sans que jamais on ne tienne en compte les opinions de la population [2].

La présidence de Barack Obama a été marquée par la crise financière, puis économique, en 2008, dont la principale conséquence est la fin du contrat social. Jusqu’ici, ce qui unissait les États-uniens, c’était le « rêve américain », l’idée que chacun pouvait s’extraire de la misère et devenir riche par le fruit de son travail. On pouvait admettre toutes sortes d’injustices pourvu que l’on ait l’espoir de « s’en sortir ». Désormais, à l’exception des « super-riches » qui n’en finissent pas de s’enrichir, le mieux que l’on puisse espérer, c’est de ne pas déchoir.

La fin du « rêve américain » a d’abord suscité la création de mouvements de colère, à droite le Tea Party en 2009 et à gauche Occupy Wall Street en 2011. L’idée générale, c’était que le système inégalitaire n’était plus acceptable, non pas parce qu’il s’était creusé, mais car il était devenu fixe et permanent. Les supporters du Tea Party affirmaient que pour que cela aille mieux, il faudrait diminuer les impôts et se débrouiller seuls plutôt que d’attendre une protection sociale ; tandis que ceux d’Occupy Wall Street pensaient qu’il faudrait au contraire imposer les super-riches et redistribuer ce qu’on leur aurait pris. Cependant, cette étape a été dépassée en 2015 avec Donald Trump, un milliardaire qui ne conteste pas le système, mais prétend avoir bénéficié du « rêve américain » et pouvoir le relancer. C’est ainsi en tous cas que les citoyens ont compris son slogan « America great again ! » (L’Amérique grande à nouveau !). Ses supporters n’entendent pas se serrer un peu plus la ceinture pour financer le complexe militaro-industriel et relancer l’impérialisme, mais espèrent qu’il pourra leur permettre, à leur tour, de s’enrichir comme l’ont fait plusieurs générations d’États-uniens avant eux.

Alors que le Tea Party et Occupy Wall Street ont légitimé respectivement les candidatures de Ted Cruz chez les Républicains et de Bernie Sanders chez les Démocrates, la candidature de Donald Trump met en péril les positions acquises de ceux qui se sont protégés lors de la crise financière de 2008 en bloquant le système. Il apparaît donc non pas opposé aux super-riches, mais aux hauts-fonctionnaires et aux professionnels de la politique, à tous les « nantis planqués », qui ont de gros revenus sans jamais prendre de risques personnels. Si l’on doit comparer Trump à des personnalités européennes, ce n’est ni à Jean-Marie Le Pen, ni à Jörg Haider, mais à Bernard Tapie et à Silvio Berlusconi.

Comment les gouverneurs vont-ils réagir ? 
Qui vont-ils faire élire président ?

Jusqu’ici l’« aristocratie » US —selon l’expression d’Alexander Hamilton— était composée exclusivement de WASP, c’est-à-dire des White Anglo-Saxons Protestants (Blanc anglo-saxons et protestants) [Au départ le « P » signifiait « puritains », mais avec le temps, le concept s’est élargi à tous les « protestants ».]. Cependant, une première exception eu lieu, en 1961, avec le catholique irlandais John Kennedy, qui permit de résoudre pacifiquement le problème de la ségrégation raciale. Et une seconde, en 2008, avec le noir kenyan Barack Obama, qui permit de donner l’illusion de l’intégration raciale. Quoi qu’il en soit, dans aucun de ces deux cas, l’élu n’a utilisé son pouvoir pour renouveler la caste dirigeante. Aucun non plus, malgré la promesse de désarmement général pour le premier et de désarmement nucléaire pour le second, n’a pu entreprendre quoi que ce soit contre le complexe militaro-industriel. Il est vrai que dans les deux cas, on leur avait imposé un de ses représentants comme vice-président, Lyndon B. Johnson et Joe Biden ; une mesure de remplacement qui fut activée dans le cas de Kennedy.

Donald Trump, quant à lui, incarne par son franc-parler un populisme à l’opposé des manières conventionnelles du « politiquement correct » cher aux WASP. À l’évidence, le rapprochement bancal entre le président de la National Governors Association (Association nationale des gouverneurs), le gouverneur de l’Utah Gary Herbert, et Donald Trump montre qu’un accord entre celui-ci et la caste dirigeante sera très difficile à trouver.

Restent deux autres options : Hillary Clinton et Ted Cruz. Ce dernier est un hispanique devenu intellectuellement WASP après sa « conversion » au protestantisme évangélique. Sa désignation permettrait de réaliser une opération comparable à celle de l’élection d’Obama, cette fois en manifestant une volonté d’intégrer les « Latinos » après avoir caressé les « noirs ». Malheureusement, bien qu’il ait été lancé par une société travaillant à la fois pour la CIA et le Pentagone, c’est un personnage totalement artificiel qui aurait du mal à endosser le costume. Reste l’avocate féministe Hillary Clinton, dont l’élection permettrait de manifester une volonté d’intégration des femmes. Or, son comportement irrationnel et ses crises de fureur hystérique ne peuvent qu’inquiéter. Toutefois, elle se trouve sous le coup d’une grave enquête judiciaire qui permet d’exercer sur elle un chantage et donc de la contrôler.

À aucun moment dans cette analyse je n’ai évoqué les programmes des candidats. C’est qu’en réalité, dans la philosophie politique locale, cela ne compte pas. Depuis le « Commonwealth » d’Oliver Cromwell, la pensée politique anglo-saxonne considère la notion d’intérêt général comme une imposture visant à masquer des intentions dictatoriales. Les candidats n’ont donc pas de programme pour leur pays, mais des « positions » sur des sujets donnés, qui leur permettent d’obtenir des « soutiens ». Les élus —le président, les parlementaires, les gouverneurs, les procureurs, les shérifs, etc.— ne prétendent pas servir le Bien commun, mais satisfaire la plus grande majorité possible de leurs électeurs. Lors d’un meeting électoral, un candidat ne présentera jamais sa « vision du monde », mais il livrera la liste des soutiens dont il dispose déjà pour inviter d’autres « communautés » à lui faire confiance pour les défendre. C’est la raison pour laquelle, la trahison politique aux États-Unis n’est pas de changer de parti, mais d’agir contre les intérêts supposés de sa communauté.

L’originalité de cette conception, c’est que les politiciens ne sont pas tenus d’avoir une cohérence dans leur discours, mais uniquement entre les intérêts qu’ils défendent. Par exemple, on peut affirmer que les fœtus sont des êtres humains et condamner l’avortement au nom de la protection de la vie humaine, puis dans la phrase suivante, prôner l’exemplarité de la peine de mort.

Il n’y aurait pas grande différence entre la politique que pourrait suivre l’évangéliste Ted Cruz, la féministe Hillary Clinton ou le marxiste Bernie Sanders. Tous trois devraient marcher dans les pas déjà tracés par George W. Bush et Barack Obama. Ted Cruz évoque la Bible —en fait les valeurs juives de l’Ancien Testament— et parle à un électorat religieux du retour aux valeurs fondamentales des « pères fondateurs ». Le déblocage du système serait donc affaire de morale personnelle, l’argent étant censé être « un don de Dieu à ceux qui le craignent ». De son côté, Hillary Clinton mène une campagne en direction des femmes et considère comme acquis le vote de ceux qui se sont enrichis sous la présidence de son mari. Pour eux, le déblocage du système serait donc une affaire de famille. Tandis que Bernie Sanders dénonce la captation des richesses par 1 % de la population et appelle à leur redistribution. Ses soutiens rêvent d’une révolution dont ils bénéficieraient sans avoir à la faire.

Seule l’élection de Donald Trump pourrait marquer un changement dans le système. Contrairement à ses déclarations, il est le seul candidat rationnel, car ce n’est pas un homme politique, mais un homme d’affaire, un dealmaker. Il ignore tout des sujets qu’il devrait aborder et n’a aucun a priori. Il se contenterait de prendre des décisions au fur et à mesure des alliances qu’il nouerait. Pour le meilleur ou pour le pire.

Étrangement, les États où Bernie Sanders a gagné sont à peu près les mêmes que ceux de Ted Cruz, tandis que ceux de Donald Trump comprennent presque tous ceux d’Hilllary Clinton. C’est que, inconsciemment, les citoyens appréhendent leur avenir soit à travers la morale qui permet la rédemption puis l’enrichissement (Sanders et Cruz), soit à travers le travail et la réussite matérielle qu’il devrait procurer (Trump et Clinton).

À ce stade, il est impossible de prédire quel sera le prochain président et si cela aura ou non une importance. Mais, pour d’inéluctables raisons démographiques, ce système s’effondrera de lui-même dans les prochaines années, les Anglo-Saxons devenant minoritaires.

 

1] How Democratic is the American Constitution ?, Robert A. Dahl, Yale University Press, 2002.

[2] « Testing Theories of American Politics : Elites, Interest Groups, and Average Citizens », Martin Gilens and Benjamin I. Page, Perspectives on Politics, Volume 12, Issue 03, September 2014, pp. 564-581.