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Résistance au colonialisme: La procédure d’enquête sur la disparition de dizaines de milliers d’enfants des pensionnats pour Indiens se lance à Yankland…

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Enfin il semblerait qu’une procédure d’enquête prenne forme pour rechercher le crime génocidaire contre les enfants autochtones des nations originelles aux Etats-Unis, enfants qui furent, comme au Canada, arrachés à leurs familles et incarcérés dans des pensionnats gérés par le gouvernement fédéral et les églises. Des dizaines de milliers d’entre eux ont « disparu » entre 1820 et les années 1980.

Il est important qu’une enquête soit menée de manière indépendante sans s’en remettre ni aux autorités fédérales qui masquent le crime depuis plus de 100 ans, ni à l’ONU, inféodée à l’empire par le financement de ses divers commissions et groupes de « recherche ». Quoi qu’il en soit, il ne fait plus lâcher l’affaire.

A lire: « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » par le TIDC, contre-rapport de la farce de la Commission Vérité & Réconciliation canadienne, qui ne fut qu’une entreprise de blanchiment d’un crime contre l’humanité, toujours impuni aujourd’hui parce que ceux qui « jugent » sont ceux-là mêmes qui ont commis le crime sur plus d’un siècle…

Voir le travail au Canada de Kevin Annett et des associations de survivants des pensionnats, on ne peut que souhaiter qu’un tel mouvement se mette enfin en place aux USA…

~ Résistance 71 ~

 

Avez-vous des informations au sujet de parents qui ont été dans les pensionnats pour Indiens ?

Quatre organisations ont besoin d’aide en regard des personnes ayant des parents ayant disparu dans les pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis

 

Rick Kearns

 

16 juillet 2017

 

Source: https://indiancountrymedianetwork.com/history/people/information-relatives-attended-boarding-schools/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les leaders natifs en appellent à tout le monde en pays indien, ils demandes des informations au sujet d’enfants qui ne seraient jamais retournés chez eux et disparurent après avoir été envoyés dans les pensionnats pour Indiens aux Etats-Unis.

Les leaders veulent réunir ces informations et ensuite forcer le gouvernement des Etats-Unis à fournir toutes les archives au sujet des pensionnats et des enfants qui y ont été incarcérés, incluant les enfants disparus, à leurs familles.

La National Native American Boarding School Healing Coalition (NABS), le Native American Rights Fund, le National Congress of American Indians, et le International Indian Treaty Council rassemblent des documents et éléments pour être présentés au groupe des Nations-Unies de l’United Nations Working Group on Enforced and Involuntary Disappearances (UNWGEID).

Les groupes, par l’UNWGEID, demanderont aux Etats-Unis de “fournir une comptabilité complète des enfants autochtones qui furent envoyés dans les pensionnats pour Indiens et dont la destinée et la localisation demeurent inconnues”, d’après la déclaration de presse effectuée.

“Le gouvernement des Etats-Unis n’a jamais accepté la responsabilité des impacts inter-générationnels qu’a eu la politique et le programme des pensionnats pour Indiens, programme qui a retiré des milliers d’enfants indigènes de leurs familles et communautés entre 1869 et jusqu’à une période aussi récente que les années 1980 et ce pour l’objectif déclaré de l’assimilation forcée. Les Etats-Unis n’ont toujours pas donné de chiffres précis au sujet du nombre d’enfants qui sont morts alors qu’ils étaient détenus par les autorités gouvernementales sous cette politique, ils n’ont pas non plus fournis de preuves montrant que les familles impliquées furent informées de manière consistante du décès ou de la disparition de leurs enfants et ce malgré un grand nombre de tentative d’obtenir ces informations par le biais du Freedom of Information Act (FOIA) ou loi sur la liberté de l’information, dont des demandes furent dûment enregistrées par la National Native American Boarding School Healing Coalition, the Native American Rights Fund (NARF) et le International Indian Treaty Council (IITC),” déclare le communiqué de presse.

“NABS, IITC, NARF et le NCAI demandent respectueusement que les familles et les tribus rassemblent tous les témoignages possibles et partagent l’information lorsqu’approprié, afin de documenter tout cela auprès de l’ONU.”

Chacun des groupes a fait des demandes de demandes d’information officielles, d’après Christine McCleave de la nation Ojibwe, directrice du bureau de la National Native American Boarding School Coalition,  qui a enregistré des demandes d’information sous le FOIA en février 2016.

Dans sa demande officielle, le NABS a demandé ceci:

  • Le nombre de pensionnats établis pour des élèves autochtones entre 1819 et 1972, soutenus par un budget et/ou une politique fédéraux
  • Le montant du budget qui fut alloué par le gouvernement fédéral à l’opération des pensionnats et l’identité de chacune de ces écoles, églises, missions ou autres récipiendaires de ces fonds fédéraux.
  • L’endroit géographique de chacune de ces écoles, le nombre de leurs élèves pour chaque année en opération et l’identité de chacun des élèves emmené dans ces pensionnats incluant leur affiliation nationale (incluant les Pueblos et les villages d’Alaska) et
  • Ce qu’il est advenu de chacun de ces élèves, s’ils sont retournés chez eux, s’ils ont été transférés dans d’autres endroits pour plus de formation ou s’ils sont décédés et ont été enterrés dans ces pensionnats ou dans tout autre cimetière.

McCleave nota que le NABS a été en contact avec le Bureau des Affaires Indiennes (BIA) mais n’a reçu aucune des archives demandées.

Cette dernière décennie, il y a eu plusieurs découvertes de tombes anonymes, masquées dans plusieurs de ces pensionnats à travers les Etats-Unis. En 2015, la chercheuse universitaire Marsha Small a trouvé plusieurs tombes anonymes sur le site du cimetière de la Chemawa Indian School dans l’état de l’Oregon après avoir recherché cette zone au moyen d’un radar de pénétration.

L’historienne et experte de la tristement célèbre Carlisle Indian Industrial School, Barbara Landis, a remarqué des tombes anonymes tout comme le fait que des élèves disparus y sont des affaires toujours non résolues.

“Des 14 pierres tombales que nous avons découvertes, nous avons trouvé les noms de toutes sauf deux. Le gouvernement fédéral s’occupe d(obtenir les archives de la Cumberland County Historical Society et du Dickinson College pour un projet de numérisation en ligne.”

Le nombre total d’enfants autochtones disparus n’a pas (encore) été établi aux Etats-Unis (NdT: il est de plus de 50 000 au Canada, cf. notre traduction de “Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, le contre-rapport de la CVR canadienne qui fut une véritable farce et parodie de justice..), mais un universitaire natif, Preston McBride, a estimé que le chiffre pourrait être bien au-delà des 10 000 enfants disparus.

McCleave a aussi dit que le NABS n’a pas non plus collecté toutes les données.

“Nous avons quelques indices, mais nous sommes toujours dans le processus de la collecte de témoignages officiels. Nous savons que des enfants ont disparu parce que la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) canadienne a trouvé les noms de 6000 enfants (NdT: chiffres bidouillés par la commission en question, un chiffre conservateur est de 50 000 enfants morts/disparus certainement plus, au Canada, entre les années 1860 et 1996, date de fermeture du dernier des pensionnats…) qui moururent ou disparurent lors de leur séjours dans les pensionnats,” a dit McCleave.

“Il y a aussi des preuves s’accumulant concernant des tombes anonymes dans les cimetières de pensionnats aux Etats-Unis”, a t’elle ajouté. Dans leur demande officielle de FOIA de 2016, le NABS a estimé qu’il a pu y avoir jusqu’à 500 de ces pensionnats pour les enfants autochtones aux Etats-Unis.

Le NABS et les institutions coopérantes espèrent rassembler le plus de témoignages possibles au sujet des enfants disparus en août pour la réunion de l’UNWEIGD se tenant en septembre à Genève, mais ils pourront étendre la date limite si nous estimons que nous avons besoin de plus de temps pour rassembler plus de témoignages” a dit McCleave.

“Aidez-nous à contacter des familles et parents qui pourraient avoir des informations ou des témoignages plus spécifiques et désirant partager cette information concernant des membres de leurs familles ayant été dans les pensionnats et qui sont aujourd’hui toujours disparus et dont on ne sait pas ce qu’ils sont devenus,” a t’elle ajouté.

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Résistance au colonialisme: Frankenstein et les Indiens (Steven Newcomb)

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Frankenstein et les peuples natifs ou l’expression d’une ironie

Le Frankenstein de Mary Shelley sanglota sur les actes ignobles commis par les chrétiens européens [sur les Indiens]

 

Steven Newcomb

 

14 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/frankenstein-native-peoples-expression-irony/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, Fulcrum, 2008 (version française PDF, traduction Résistance 71, mise en page JBL1960, 2016)

 

Si ce n’était pas à cause de mon bon ami Peter d’Errico, je ne saurais pas que Mary Shelley mentionne les Amérindiens dans son célèbre livre d’horreur “Frankenstein”. Peter est une des seules personnes que je connaisse qui a en fait lu le livre plutôt que de se référer aux films d’Hollywood sur cette histoire. Dans le “Frankenstein” de Shelly, une jeune Arabe du nom de “Safie” est instruite par son tuteur Félix. Un des livres qui est utilisé pour son éducation est “Ruines d’empire” du Comte Volney. Des leçons, le monstre de Shelley dit: “J’ai entendu parler de la découverte de l’Amérique et j’ai pleuré avec Safie sur le triste sort de ses habitants originels.

Quelle parfaite expression de l’ironie: le monstre de Shelley pleure sur les actes monstrueux commis par les chrétiens européens contre les peuples originels de ce continent, connu sous le nom de “Continent des Amériques”. Il y a une autre ironie en regard du Frankenstein de Mary Shelley, livre qui d’après certains érudits, est un des tous premiers livres de science-fiction: son histoire fut joué en premier lieu sous forme de pièce de théâtre en 1823, la même année que la décision de fiction légale par la Cour Suprême des Etats-Unis dans son verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh, décision qui a eu pour résultat tant de destruction pour nos nations originelles et qui est toujours vu et considéré aujourd’hui comme un précédent légal valide et actif.

La fiction de la CS dans sa décision Johnson c. M’intosh suit ce que John Steinbeck appelait “le schéma de la réalité contrôlé et façonné par la pensée de l’écrivain.La décision de Johnson c. M’Intosh est un schéma de réalité créé par l’esprit du juge John Marshall, utilisant des idées préexistantes et sous-jacentes à la sémantique de la domination que l’on trouve dans la langue anglaise. Une idée que Marshall créa dans son rendu de la décision qu’il écrivit pour la cour unanime, est que la liberté des nations originelles de ce continent a été “nécessairement diminuée” par le “peuple chrétien” supposément en “découvrant” des terres “habitées” par des non-chrétiens (“natifs qui étaient païens”).
Etant donné l’effort de la cour de Marshall pour utiliser l’expression d’idées dans la décision de l’affaire Johnson comme moyen d’essayer de mettre un terme à la liberté des nations originelles du continent, quelle ne fut pas l’ironie du sort de voir que la fameuse cloche de la liberté de Philadelphie se fissura lorsqu’elle résonna lors de la processon des funérailles du juge Marshall, comme l’a décrit Alfred Steinberg en 1835:

“Tandis que la dépouille du juge Marshall était portée dans les rues de Philadelphie vers les embarcadères pour qu’elle soit restituée à Richmond en Virginie, les autorités de la ville lui rendirent un grand honneur. Elles ordonnèrent que la Cloche de la Liberté qui avait sonné l’indépendance des Etats-Unis depuis len beffroi de l’Independance Hall le 4 juillet 1776, sonna en l’honneur du juge Marshall. Durant son carillonage, la cloche se fendit soudain et une grande fissure apparut sur son flanc.”

Quelle synchronicité ironique: la Cloche de la Liberté est morte durant un effort de la faire sonner en l’honneur du juge Marshall, que le peuple des Etats-Unis tient en haute estime, mais qui a tant fait pour tuer la liberté de nos nations originelles. Mary Shelley a utilisé son personnage de Frankenstein comme moyen de commenter de telles injustices. Témoin de l’instruction reçue par le jeune Safie, le monstre pose une question qui semble capturer à merveille la contradiction entre l’injustice de la décision de Johnson c. M’Intosh écrite par le juge Marshall et la haute estime que lui porte le peuple américain.

En parlant des leçons d’histoire dont il a été le témoin, Frankenstein déclare: “Ces superbes narrations m’ont rempli de sentiments étranges. L’Homme fut-il en fait à un moment donné si puissant, si vertueux et magnifique et pourtant à la fois si méchant et vil ?” Le monstre continue avec un commentaire qui semble capturer les vues contradictoires de Marshall, dépendant de la perspective de chacun: “Il apparaît à un moment donné comme un héritier du principe du mal et à un autre moment tout ce qui pourrait être considéré de noble et de divin.” Puis le monstre dit: “Pendant très longtemps je n’ai pas pu concevoir comment un homme pouvait aller de l’avant et tuer un de ses semblables ni même pourquoi il y avait des lois et des gouvernements, mais quand j’ai entendu les détails du vice et du massacre, j’ai cessé de me poser la question…

Ici Frankenstein semble suggérer que ces “détails historiques de vice et de massacre” fournissent une réponse à la question du “Pourquoi y a t’il des lois et des gouvernements ?” Ceci ne répond pas en tout cas à ce que les lois et les gouvernements soient utilisés comme moyens de perpétrer le vice et le massacre, comme nous le trouvons fréquemment dans l’histoire des lois et des gouvernements des Etats-Unis (gouvernement fédéral ET les gouvernements des états) qui sont utilisés contre les nations originelles de ce continent et résultant dans le type d’histoires tragiques aur lesquelles sanglota le monstre de Mary Shelley.

Frankenstein continue ses réflexions et dit: “Chaque conversation des villageois ont ouvert maintenant de nouvelles préoccupations pour moi.” Il continue:

Tandis que j’écoutais l’enseignement que Félix donnait à l’Arabe [Safie], l’étrange système de la société humaine me fut expliqué. J’ai appris au sujet de la division de la propriété, d’immense richesse et de pauvreté abjecte ; du rang, de la descendance, de l’ancestralité et du sang noble.

La propriété est le point de focus de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Marshall l’indiqua lorsqu’il écrivit que “le droit de la société de prescrire ces règles par lesquelles la propriété peut être acquise et préservée n’est pas et ne peut pas être remis en cause.Le verdict de Johnson c. M’Intosh, qui fait partie intégrante du système légale foncier des Etats-Unis d’Amérique a eu pour résultat l’accumulation “d’une très grande richesse” pour les Etats-Unis et une “pauvreté abjecte” pour les nations originelles de ce continent.

Le Dr David Nichols dans son livre Lincoln and the Indians, fournit des détails à fendre le cœur sur ce que les peuples originels ont expérimenté comme résultat de leur appauvrissement sous la colonisation états-unienne de ce sous-continent nord-américain. Dans cet exemple au Kansas, le superintendant des affaires indiennes Coffin “a estimé le nombre de réfugiés indiens être entre 10 à 16 000.” Il a dit au haut-commissaire Dole: “Ils sont dans un état de destitution des plus déplorables, certains d’entre eux sont morts de faim et ont gelé [sic] à mort après la désastreuse bataille.” Nichols note “qu’ils manquent de provisions de toute sorte” et cite un médecin de l’armée américaine qui a décrit le degré de pauvreté extrême et la souffrance des Indiens, dans ce cas précis au Kansas:

Il est impossible pour moi de décrire l’état de délabrement de leur condition. Lere seule protection contre la neige sur laquelle ils s’allongent est l’herbe de la prairie et contre le vent des morceaux et lambeaux de tissus fixés et tendus entre deux poteaux. Certains d’entre eux avaient des vêtements mais beaucoup n’avaient que des vêtements en lambeaux qui ne masquaient pas leur nudité et j’ai même vu sept d’entre eux d’un âge variant entre 3 et 15 ans n’ayant absolument rien pour se couvrir.”

Nichols résume en déclarant: “Il y avait très peu de nourriture et la maladie fit des ravages.” Cette information citée nous ramène aux mots du monstre de Mary Shelley:

Les paroles des leçons m’incitèrent à l’introspection. J’ai appris que les possessions les plus estimées par vos semblables sont une belle et pure ascendance unifiée par des richesses. Un humain peut-être respecté avec seulement un seul de ces avantages, mais sans aucun des deux, il était considéré, à de rares exceptions près, comme un vagabond et un esclave, condamné à gaspiller son énergie pour le profit du petit nombre choisi !

La description fournie ci-dessus du Dr Nichols ne nous donne juste qu’un tout petit aperçu de l’incroyable degré de souffrance qui fut infligé aux peuples et nations originels par le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et son héritage, ainsi qu’avec la loi et la politique fédérales indiennes de manière générale. Le Frankenstein de Shelley pose une question qui fournit un cadre de référence pour le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et le code de la domination. C’est une question que ceux souffrant et mourant dans les vents glacés des prairies du Kansas auraient pu se poser: “Ai-je été un monstre, une vermine sur la terre, que tout le monde fuyait et déshérité de tous ?

Dressez-vous avec nous à Standing Rock !

Mni Wiconi: l’eau c’est la vie !

L’empire colonial d’Amérique du Nord est-il fondé sur un génocide ou un holocauste ?…

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Alors pour les Amérindiens génocide ou holocauste ?

Une fois de plus l’Allemagne fait face à son passé alors que les Etats-Unis sont incapables de se regarder dans le miroir de l’histoire

 

Peter d’Errico

 

10 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/native-american-genocide-holocaust/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une fois de plus, l’Allemagne va de l’avant pour confronter et compenser ses crimes historiques, cette fois-ci, il s’agit du génocide colonial en Afrique.

L’Allemagne a commencé le processus d’auto-critique nationale après la seconde guerre mondiale, enquêtant sur les atrocités de son passé nazi et créant des programmes éducatifs à très grande échelle. Confronter l’histoire fut compris comme une part nécessaire de l’avancée du pays.

Beaucoup d’autres pays ont fait les efforts de récupérer des traumatismes causés par la violence officielle. L’United States Institute of Peace Truth Commissions Digital Collection contient des profiles de corps d’enquêtes de nations du monde entier, avec des liens référant aux textes législatifs établissant de telles commissions et les rapports de conclusion de chacune d’entre elles ainsi que leurs recommandations.

Une grande mais très notable omission de la liste de ces pays: Les Etats-Unis d’Amérique. Aucune “commission pour la vérité” ni de “mémorial de l’holocauste” n’ont jamais été entrepris par les USA pour reconnaître, sans parler de “dédommager”, la violence historique contre les peuples autochtones de ce qui est autrement connu (anthropologiquement et historiquement) comme le génocide des autochtones américains.

En fait, le gouvernement des Etats-Unis a fait bien plus pour reconnaître son rôle dans les génocides des autres pays, que de reconnaître son propre génocide intra muros. Par exemple, lorsque le Brésil a mis en place sa Commission Nationale sur la Vérité pour enquêter sur la répression menée par les forces de sécurité de l’État entre 1964 et 1985, les US ont été d’accord pour déclassifier tout spécialememt des documents sur le Brésil, identifiant, centralisant et analysant des centaines de documents de la CIA, de la défense et du ministère des AE, toujours frappés du sceau du secret, documents s’étalant sur une période allant de 1960 aux années 1980, et ce lorsque les agences de renseignement et militaires américaines assistèrent le Brésil sur son programe de terrorisme d’état.

L’analyse du rapport final brésilien en 2014 par la National Security Archive (une ONG à but non-lucratif rassemblant des journalistes et des universitaires, basée à Washington D.C) a montré qu’il montrait bien plus d’information au sujet du système de répression étatique brésilien, incluant les noms de ceux ayant commis des atrocités, que les Etats-Unis ne fournirent dans leur rapport sénatorial de 2014 sur la torture officielle des Etats-Unis

En 2009, le président Obama a signé une soi-disant “lettre d’excuses” aux nations indiennes des Etats-Unis, dans une déclaration qui fut enfouie dans le fatras de ce que fut la loi d’autorisation de défense ou Defense Authorization Act (NdT: le DAA qui est le Patriot Act 2.0). Peut-être que cela fut approprié, étant donné que le budget de la “défense” fut ponctionné pendant des années afin que ces fonds servent à perpétrer le génocide des Amérindiens et de confiner ceux qui restaient dans des “réserves” (que les nazis citèrent comme modèles pour leurs propres “camps”) . La cérémonie de la signature d’Obama du document était fermée à la presse ; ceci fut en fait bien plus fait pour enterrer plus avant le passé que pour le confronter. La possibilité de dédommagement ne fut même jamais considérée.

Dans le même temps, depuis 1980, le gouvernement des Etats-Unis a soutenu le Musée Mémorial de l’Holocauste aux Etats-Unis sis au National Mall. Malgré son nom générique, le musée ne focalise pas du tout sur l’holocauste américain, le génocide des peuples et nations autochtones aux Etats-Unis, mais sur les efforts d’extermination des juifs par les nazis…

Les collections de la section recherche du musée contiennent des matériels documentant le génocide des peuples autochtones, comme le livre de Benjamin Madley sur le massacre des peuples natifs de ce que nous appelons la Californie, mais le musée ne possède aucune exhibition de l’holocauste des peuples indigènes par les forces gouvernementales des Etats-Unis. En fait, le musée utilise le mot “holocauste” comme un nom, désignant un évènement historique singulier, plutôt que comme un verbe, désignant une action, un évènement répété, un processus qui s’est produit dans maints endroits et qui continue de se produire. (NdT: Ici d’Errico devrait dire qu’originellement, ceci était prévu, mais que l’AIPAC, lobby sioniste américain, mit d’énormes pressions pour que cela ne se produise pas clâmant que cela “dénaturerait l’holocauste des juifs qui doit demeurer unique”, toujours dans ce souci ultime de gagner la compétition victimaire et justifier en permanence la création de l’état juif, génocidaire à son tour, d’Israël…)

Bizarrement, la restriction mise sur le mot “holocauste” pour préserver l’unicité d’un évènement historique menace de minimiser l’intention avouée du musée de “prévenir le génocide”, parce qu’au plus loin dans l’histoire cet évènement se situe et se situera, et toujours moins de sens il aura pour les générations futures. La meileure chose que ce musée pourrait faire pour l’éducation des citoyens et les leaders du monde, serait de refuser de voir “l’holocauste” être circonscrit à un évènement historique “unique”, et de regarder le processus comme étant en perpétuelle action, un phénomène récurrent dans un monde piloté par de vicieux conflits politiques et religieux et dans lequel les gouvernements le plus souvent ne font qu’agraver la violence.

La convention de l’ONU sur le génocide établie en 1948 stipule:

“Génocide veut dire un des actes suivants commis avec l’intention de détruire, en partie ou en totalité, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en:

  • Tuant les membres du groupe
  • Causant de sérieux dommages physiques ou mentaux aux membres du groupe
  • En infligeant délibérément au groupe des conditions de vie calculées pour qu’il en résulte une destruction physique partielle ou totale
  • Imposant des mesures visant à empêcher les naissances au sein du groupe
  • Transférant de force les enfants du groupe vers un autre groupe

Jusqu’à ce jour, certaines personnes ne sont pas d’accord sur le fait d’appeler “génocide” le génocide par les Etats-Unis des peuples amérindiens. Même les universitaires ont des problèmes à reconnaître les archives historiques (NdT: ceci s’appelle de la dissonance cognitive, c’est à dire de refuser de croire une chose même preuves à l’appui, parce que cela dérange le confort social et intellectuel auquel l’individu est habitué ; aussi lié au fait de reconnaître qu’on a pu se tromper durant toutes ces années et ainsi promouvoir un faux narratif…). Par exemple, Gary Anderson a écrit “Le nettoyage etnique et les Indiens”, un livre publié en 2014 constitué de plus de 400 pages, remplies de détails au sujet des principaux acteurs de l’effort états-unien d’éliminer les Indiens et argumentant qu’il ne s’agissait pas d’un génocide !…

Le 29 décembre 1890, les Lakota Miniconjou, campaient avec leur chef Big Foot à Wounded Knee Creek. Ils y furent attaqués par plus de 500 soldats du 7ème de cavalerie (NdT: régiment de Custer), armés de canons Hotchkiss tirant 50 obus à la minute. Le rapport de l’armée fit état de 290 Indiens tués, 90 guerriers et 200 femmes et enfants.

Les archives démontrent sans l’ombre d’un doute que Wounded Knee ne fut en aucun cas un évènement isolé. Si nous ajoutons aux actes de violences la stérilisation forcée des femmes indiennes et le transfert des enfants indiens dans des familles non-autochtones par les agences d’état, alors nous devons en conclure que non seulement l’holocauste américain a bel et bien eu lieu, mais que certains aspects de celui-ci continuent toujours aujourd’hui.

En 2013, Le National Congress of American Indians (NCAI) a passé une résolution en assemblée générale appelant pour l’Institution Smithsonienne américaine de créer un espace au sein du National Museum of the American Indian (NMAI) pour y établir un National American Indian Holocaust Museum (NAIHM)

Cela ne s’est pas produit et devant la susceptibilité des egos américains ainsi que la notion fallacieuse de “l’exceptionnalisme américain”, le NMAI restera sans aucun doute un endroit n’ayant que l’ombre d’une mémoire de l’holocauste. Des plans ont été néanmoins établis, comme ce fut rapporté en janvier 2016 dans le journal du Herald Tribune, qu’un musée de l’Holocauste Nord-Américain serait créé à… Moscou et ce en réponse à la demande du mouvement Idle No More.

Pendant ce temps, l’Allemagne et son ancienne colonie que fut la Namibie, s’empoignent au sujet des conséquences des efforts allemands entre 1904 et 1908 d’exterminer les peuples Herero et Nama dans ce qui était alors appelé la colonie de “L’Allemagne de l’Afrique du Sud-Ouest”. Les leaders Herero et Nama demandent à avoir un rôle dans les négociations car ils ne font aucunement confiance au gouvernement namibien pour les représenter…

Le but des négociations est de déterminer comment l’Allemagne pourra s’excuser et dédommager les peuples pour ses actions. Une chose a dores et déjà été clarifiée par l’envoyé spécial de l’Allemagne: “Ceci sera dûment décrit comme étant un génocide”.