Archive pour USA crimes contre l’humanité

Le Gen. Soleimani était en mission diplomatique pour recevoir en Irak une lettre de… Trump et Pompeo pratiquants de la « diplomatie de l’embuscade » (Veterans Today)

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Les rédacteurs en chef de VT confirment cette information en provenance de leurs sources locales en Irak et en Syrie. Cela expliquerait la question qu’on se pose depuis le départ: pourquoi et comment cette facilité à éliminer Soleimani, homme du grand secret à la protection et sécurité irréprochable depuis tant d’années ?
Réponse: il était en mission diplomatique commandée pour son pays et à la demande, si on en croit l’info ci-dessous, de Trump et de Pompeo ni plus ni moins… L’Irak a confirmé que Soleimani était en visite officielle et qu’il devait rencontrer le premier ministre. a ce titre, il ne se méfiait pas et a semble t’il baissé la garde. Il y aurait donc bien eu trahison… mais une trahison yankee, qui peut encore être surpris et surtout qui peut encore croire et faire confiance à toute cette clique de menteurs, d’escrocs et de criminels patentés, membres de toute administration yankee que ce soit ?..

~ Résistance 71 ~

 

 

Info confirmée: Soleimani assassiné en Irak alors qu’il était en mission diplomatique pour recevoir une lettre en provenance de Trump et Pompeo…

 

VT editors

 

5 janvier 2020

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2020/01/05/breaking-confirmed-solemeini-killed-on-diplomatic-mission-to-iraq-to-receive-trump-pompeo-missive/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pas d’interception magique de renseignement ne fut nécessaire, nous l’apprenons maintenant depuis l’Irak, pour arranger l’assassinat du général Qassem Soleimani. Nous apprenons en ce moment que l’embuscade a été arrangée au travers des canaux diplomatiques, attirant Soleimani en Irak afin qu’il reçoive [pour l’Iran] une offre de réduction des sanctions de la part du président Trump.

Le général Soleimani a atterri en Irak pour y rencontrer son premier ministre Adel Mahdi, qui devait lui remettre un message pour l’Iran en provenance du président Trump. Au lieu de cela, il y fut assassiné ; la note diplomatique du ministre des affaires étrangères américain Mike Pompeo à l’envoyé iranien Soleimani fut, en fait, une invitation dans une embuscade fatale.

Soleimani s’est envolé depuis Damas et fut tué alors qu’il quittait la zone diplomatique de l’aéroport international de Bagdad. L’Irak agissait comme intermédiaire entre Téhéran et Washington, le général Soleimani agissant comme représentant diplomatique de l’Iran.

Le gouvernement irakien avait demandé au général Soleimani d’organiser et d’entrainer les forces qui ont vaincu l’EIIL / Daesh en Irak (NdT: créé par la CIA et les forces spéciales de l’armée yankee en utilisant l’organisation qu’ils avaient déjà créée au préalable: Al Qaïda en Irak et au Levant / AQIL dont l’EIIL/Daesh est l’héritier direct), un processus qui fut continué en Irak tout comme en Syrie en partenariat avec la Russie et la Turquie en tant que parties prenantes de la coalition d’Astana.

(NdT: pourtant, la Turquie n’a jamais agi contre Daesh, abritant des camps d’entrainement et de repos sur son sol; et favorisant le passage des mercenaires “djihadistes” de la CIA, du MI6 et de Mossad depuis ses frontières, même si depuis la tentative de renversement d’Erdogan par les Yanks dans le cadre de l’élimination des gouvernements des frères musulmans dans la région, Erdogan et la Turquie jouent double voire triple jeu…)

Lire notre dossier sur « L’affaire de l’assassinat de Soleimani par Trump »

Assassinat du général iranien Souleimani et 3ème guerre mondiale ? Derrière le grand n’importe quoi du cirque de la Maison Blanche… (Veterans Today)

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Point de vue et analyse intéressants, de l’intérieur de l’empire si on peut dire puisque Robert Steele est un ex-CIA qui a “mal à son pays” et qui dit tout haut ce que sans doute, bon nombre pensent tout bas au sujet de la rhétorique systémique anti-Iran et surtout donc de l’assassinat récent du général iranien Souleimani en Irak hier 3 janvier 2020.

On pourrait aussi interpréter cette intervention de Steele comme une “couverture” pour Trump, le déclarant “irresponsable” car manipulé. C’est sans doute en partie vrai, mais aussi Steele n’accorde t’il pas trop de crédit à Trump ? Pourquoi lui avoir fait confiance jusqu’ici alors que VT a révélé le passé des plus douteux de “Donnie mains d’enfant” et son inféodation à la “Kasher Nostra” dès le début du mandat présidentiel ? Trump est de plus empêtré dans une procédure de destitution et des longueurs de casseroles qu’il traîne au cul depuis des lustres, au moment où l’empire est à bout de souffle… Moment rêvé par les banquiers pour une guerre mondiale (non thermonucléaire ?)… Les pions sont en place.

Il y a plusieurs tiroirs dans cette affaire… comme à l’accoutumée. Le fait est qu’hier, l’Irak est redevenu la poudrière du Moyen-Orient et pourrait bien devenir le théâtre des opérations d’une guerre directe ou par procuration entre l’empire anglo-americano-sioniste et l’Iran, dernière carte de la région à faire tomber, mais l’Iran est résiliente et intelligente et table sur une stratégie de longue haleine. Gageons que la riposte interviendra quand et où les Yanks et les sionistes l’attendront le moins… Posons toujours la même question: Cui bono ? A qui profite le crime ?…

~ Résistance 71 ~

 

 

3ème guerre mondiale ? Le président Trump a t’il perdu la raison ?

 

Robert David Steele

 

3 janvier 2020

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2020/01/03/world-war-iii-has-president-donald-trump-lost-his-mind-may-god-give-us-a-moment-to-reflect-for-peace/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce fut mon devoir et mon honneur d’avoir pu travailler avec des gens aussi intelligents que le colonel Doug Macgregor, candidat à la fois aux postes de ministre de la défense et de conseiller à la sécurité nationale pendant la toute première administration Trump et d’être le fidèle supporteur et admirateur du général Michael Flynn, premier conseiller à la sécurité de Trump et qui a été piégé par le FBI et les sionistes afin qu’il soit retiré de la Maison Blanche. Les observations que je fait ci-dessous émanent de mon passé d’agent de la CIA et de co-fondateur du Marine Corps Intelligence Activity (MCIA), ainsi que de toutes les lectures non-fictionnelles que j’ai faites, ces centaines de lectures de livres sur les personnalités et les institutions de la sécurité nationale corrompues, disfonctionnelles, voire même traîtresses. 

Voici mes conclusions:

1) Israël a essayé de forcer une guerre avec l’Iran avec l’énergie du désespoir, en partie pour sauver le criminel de guerre Benjamanin Natanyahou et en partie pour continuer sa longue stratégie de déstabilisation de division et de conquête du Moyen-Orient.

2) L’essentiel du maintient de la guerre en Irak est fait par Israël et les Kurdes (NdT: clan Barzani americano-sioniste), avec les forces américaines soutenant ce cirque en bon numéro de clown établi.

3) Les “campeurs” de l’ambassade des Etats-Unis à Baghdad, heureusement dispersés maintenant, eurent pour mission de tromper le président Trump et le forcer à penser qu’une prise de l’ambassade US était imminente, de la même manière que cela se produisit en Iran sous la présidence Carter. Quelques uns d’entre nous ont aidé à mettre fin à cette pièce de théâtre.

4) Si Trump a approuvé cet assassinat, il a été trompé pour croire que cela était le même type d’opération que celle contre Ben Laden au Pakistan (oublions que Ben Laden, AQ et l’EIIL / Daesh, ont été créés par les sionistes et la CIA avec financement et logistique occultes du Pentagone…) et on ne lui a pas dit que l’assassinat d’une personnalité comme le général Qassem Souleimani en Irak est en parité avec l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand à Sarajevo en 1914, qui fut le casus belli pour la première guerre mondiale.

5) Trump est entouré de quatre réseaux de menteurs pathologiques : la classe de la promotion 1986 de l’école d’officiers de l’armée de terre de West Point (Esper, Pompeo, Urban), des sionistes chrétiens (Pompeo et autres), des agents sionistes (les Kushner, les deux…) et des sionistes de la CIA (Brennan, Haspel et autres…). Alors que son conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien fait un excellent boulot pour éliminer la clique des va t’en guerre de l’ère Obama et autres agents de puissances étrangères, il ne possède néanmoins pas une connaissance et compréhension nuancées de l’histoire et des biographies courantes dont on aurait besoin pour protéger le président de ces quatre réseaux de menteurs qui poussent pour la guerre contre l’Iran à tout prix.

6) A la fois les médias de masse et les médias sociaux (#GoogleGestapo) se sont engagés aux désirs de guerre sionistes contre l’Iran et sont très attentifs à couvrir les véritables coûts de notre guerre au Moyen-Orient, y compris ce qui est maintenant connu sous le vocable des “bébés de Faloujah” (NdT: les milliers d’enfants nés déformés, suite à la massive contamination de la zone urbaine par l’uranium appauvri des munitions utilisées sur ce champ de bataille irakien, par l’armée américaine…) résultats des munitions anti-blindages.

7) Une réponse proportionnelle de l’Iran ne serait pas une frappe sur les forces américaines de la région, mais plutôt l’assassinat, aux Etats-Unis, de Mark Esper. Je ne dis pas cela pour encourager une telle réaction, mais pour rendre clair à ceux qui lisent cet article que c’est en fait ce que les Etats-Unis ont fait à l’Iran toute proportion gardée, tout en violant une fois de plus la souveraineté de l’Irak, de manière telle que cela devrait sans problème se terminer à la CPI. Ci-dessous, vous trouverez ma lettre adressée au président Trump via la Maison Blanche, ce matin à 05:42 Est.


Etats-Unis… Ministère Affaires Etrangères

Prévention de la guerre sensible au temps

Mr. President,

Vous avez été “couillonné” (NdT: dans le texte original, l’auteur utile le mot yiglish (yiddish + anglais) qu’utilise Trump: “schlonged”, c’est un clin d’œil à la terminologie vulgaire “Trump”) par le ministère de la défense, la CIA et la classe 86 de l’armée de terre. L’assassinat du Major General iranien Qassem Souleimani au sein du territoire irakien va de paire avec l’assassinant de l’archiduc François Ferdinand qui fut utilisé comme casus belli pour la première guerre mondiale. Si vous avez de fait donner cet ordre de l’assassiner, vous devez considérer la possibilité que tous ceux qui vous ont conseillé de le faire, sont des agents d’influence pour Israël la sioniste et vous devez les virer.

Dès maintenant, vous devez penser à contrôler les dégâts. Vous n’êtes pas en contrôle du gouvernement des Etats-Unis (tout comme il fut dit par Schlesinger à JFK lorsque celui s’énerva que ses ordres de retirer les missiles américains de Turquie ne furent pas suivis…). La règle #1 à Washington d’après Mort Halperin et son livre “Bureaucratic Politics and Foreign Policy” est: “Mentez au président si vous pouvez vous en tirer…”

Mike Flynn est bien meilleur avec tout ça que votre équipe actuelle. Je vous conjure de savoir si ce fut un drone de la CIA ou du MD qui a procédé à l’assassinat (NdT: les sources officielles irakiennes et iraniennes font état d’une attaque par des hélicoptères “Apache” américains et non pas d’un drone…) et de virer le plus publiquement possible votre ministre de la défense et le directeur de la CIA, de transférer les machines de la CIA au ministère de la défense et de mettre un terme à leur utilisation en tant que machines d’assassinat à distance (la plupart de leur soi-disant succès ne sont que des mensonges, on vous ment en permanence…). Je prie pour que ce message vous parvienne mais je ne pense pas qu’il le fera. Je ne fais que mon devoir. Pour arrêter la guerre contre l’Iran, vous devez virer Esper et Haspel et montrer le chemin de la porte à Pompeo. Sonner l’ambassadeur israélien ne ferait pas non plus de mal.

La classe 1986 de West Point vous couillonne en long en large et en travers. Dans le même temps je pense que Gina Haspel (NdT: directrice actuelle de la CIA) couvre John Brennan et ne coopère pas pleinement en donnant les archives disponibles sur les appels “verts” de Brennan vers et depuis la Grande-Bretagne et ses contacts avec le MI6 et le GCHQ (NdT: QG du renseignement britannique). Combinez tout ça avec une impression de la NSA de toutes les mises en évidence comme Bill Binney et moi-même l’avons recommandé au ministre de la justice (Attorney General) et vous avez la totale. Je prie pour vous. Quiconque a soutenu cette frappe / assassinat folle est un ennemi des Etats-Unis.

Semper Fidelis,

Robert David Steele

https://robertdavidsteele.com

En ces temps les plus délicats de l’histoire du Moyen-Orient, je réitère ma vision du fait que la restauration de la Palestine aux Palestiniens est inévitable ; l’évacuation des forces américaines et la fermeture des bases militaires américaines au Moyen-Orient (et espérons-le dans le monde) est inévitable ; et le degré avec lequel notre président est un prisonnier au sein même de la Maison Blanche, qu’on lui ment par quatre réseaux pathologiques, devraient être considérés par les leaders de l’Iran, de l’Irak, de la Chine et de la Russie.

A mon avis, la réponse la plus appropriée en ce moment serait que l’Irak insiste que toutes les forces américaines et tous les “diplomates” américains aussi bien que les contractants (particulièrement les employés d’ExxonMobil), quittent l’Irak. L’Irak devrait également travailler avec l’Iran et la Russie pour faire virer les forces israéliennes de la zone kurde de l’Irak.

L’escalade dans toute cette affaire sert et servira les sionistes et personne d’autre. Considérant la “capture” de notre président et sa vulnérabilité aux menteurs, aux ennemis de l’Amérique au sein de la Maison Blanche, à tous ces traîtres, je recommande humblement et respectueusement la plus grande prudence de la part de l’Iran et de toute action décisive de la part de l’Irak. Expulsez tous les étrangers. Travaillez avec la Russie pour chasser et tuer les forces israéliennes qui resteraient derrière. Mettez les têtes israéliennes sur des piquets en place publique à Bagdhad. Cet assassinat, s’il a été perpétré par les Etats-Unis, ne le fut qu’en notre capacité “d’idiots utiles” au service des sionistes.

Que ceci soit ma contribution à la paix en ce triste jour.

 

Pays du goulag levant (ex-USA): Démonter le mythe de l' »exceptionnalisme américain »…

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“Le mode de vie américain n’est pas négociable.”
~ George W. Bush ~

“Le ravivement des religions va main dans la main avec le ravivement du commerce des esclaves… L’esclavagiste donne son argent souillé de sang pour soutenir l’église et l’église en retour couvre son commerce infernal du voile de la chrétienté. Ici nous avons l’alliance de la religion et du voleur, des diables déguisés en anges, avec l’enfer se présentant comme le paradis. ”
~ Frederick Douglass ~

 

L’exceptionnalisme américain dans le nouvel âge des guildes

 

Paul Street

 

12 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2015/04/10/reflections-on-american-exceptionalism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’an dernier, le président Obama a déclaré qu’il “croyait dans l’exceptionnalisme américain de chaque fibre de son être”. Ceci ne fut ni une surprise ni quelque chose d’étonnant à entendre. Dans la culture politique américaine, la foi dans “l’exceptionnalisme américain” est une obligation doctrinaire pour tout top politicien, législateur ou autre personne apartenant à l’”élite”. Pour ces personnes et bien d’autres, démontrer son allégence à “l’exceptionnalisme américain” n’est pas plus controversif que de se lever pour l’hymne national ou pour le commandant en chef des forces américaines de dire “que dieu bénisse les Etats-Unis” à la fin de chaque discours important.

(Pour clarifier un peu, l’expression correcte devrait-être “l’exceptionnalisme des Etats-Unis”, car l’expression consacrée “l’exceptionnalisme américain” réfère aux Etats-Unis et non pas à “l’Amérique”, qui techniquement inclut le Canada, l’Amérique Centrale, les îles des Caraïbes et l’Amérique du Sud…)

“Les Etats-Unis sont bons”

Mais qu’est-ce que cette expression dénote vraiment ? Sa signification dépend, je le suppose, de l’identité et des valeurs de son utilisateur et du contexte dans lequel elle est utilisée, entre autres. Pour moi, observant l’utilisation habituelle de l’expression par les personnalités du monde de la politique et des médias états-uniennes et par quelques intellectuels, la phrase possède deux significations de base et inter-reliées lorsqu’elle est employée par ces “leaders” d’opinion. La première connotation implique que les Etats-Unis sont uniques dans l’histoire mondiale des grandes puissances par la nature fondamentalement bienfaisante, démocratique, humanitaire et non impérialiste, voire même anti-impérialiste de sa politique extérieure et de ses actions à l’étranger.

“Les Etats-Unis sont bons”, expliquait la ministre des affaires étrangères de Bill Clinton Madeleine Albright en 1999. “Nous essayons de faire au mieux partout.” Trois ans auparavant, Clinton expliquait que les Etats-Unis étaient “la plus grande force de paix et de liberté au monde pour la démocratie et la sécurité ainsi que pour la prospérité.” Ceci constituait de bien curieuses réflexions parmi (entre autres) les sanctions économiques appliquées qui ont tuées comme Albright l’avait reconnu sur une chaîne de télévision nationale en 1996, plus de 500 000 enfants irakiens dans les années 1990 (Albright ayant même ajouté qu’elle “pensait vraiment que ces morts étaient un prix qui valait la peine d’être payé” pour faire avancer les objectifs si nobles de la politique étrangère des Etats-Unis).

En décembre 2009, Obama annonça à l’académie militaire de West Point: “Plus que tout autre nation, Les Etats-Unis ont écrit l’agenda de la sécurité mondiale depuis plus de 6 décennies. A l’encontre des grandes puissances du passé, nous n’avons pas cherché la domination sur le monde. Nous ne cherchons pas à occuper d’autres nations. Nous sommes toujours les héritiers de la lutte morale pour la liberté.” Le magazine “The Progressive” de Matthew Rothschild donna une réponse historique informée:

Voyons un peu: Les Etats-Unis ont mené le monde au bord du gouffre de l’annihilation nucléaire durant la guerre froide. Les Etats-Unis ont envahi les pays d’Amérique Latine l’un après l’autre et y ont renversé secrètement d’autres gouvernements. Les Etats-Unis ont aidé au renversement des gouvernements du Ghana et du Congo et ont soutenu activement les forces racistes d’apartheid en Afrique du Sud. Ils ont plongé tête baissée dans la guerre de Corée et ont soutenu un dictateur après l’autre en Corée du Sud. Les Etats-Unis ont tué entre 2 et 3 millions de personnes en Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) et ont activement soutenu le régime de Suharto en Indonésie qui a tué environ un million de personnes, dont certains pour le compte de la CIA après la prise de pouvoir en 1965. Les Etats-Unis ont aussi soutenu l’invasion par Suharto du Timor Oriental dix ans plus tard (NdT: avec la Grande-Bretagne…), invasion qui tua plus de 200 000 personnes supplémentaires. Obama peut appeler cela la “sécurité globale” s’il le veut, mais cela baigne littéralement dans le sang. Que veulent donc dire plus de 1000 bases militaires américaines dans une centaine de pays ? Les Etats-Unis ont envahi et renversé des gouvernements dans des douzaines de pays ces dernières 6 décennies et ils n’ont pas besoin de les occuper s’ils y mettent des régimes marionnettes à la place (“the Progressive”, 2 décembre 2099)

“Le phare du monde pour le modèle de mode de vie”

La seconde signification de “l’exceptionnalisme américain » tient en ce que la “patrie” des Etats-Unis est un rôle modèle politique global et sans parallèle, unique et excellent ainsi qu’un paragon de société démocratique, de liberté et d’opportunité. C’est ce que veulent dire les politiciens états-uniens lorsqu’ils se réfèrent coutumièrement aux Etats-Unis comme étant “l’envie du monde” (une expression qu’Obama a beaucoup utilisé), “la plus grande des nations sur terre”, “le phare du monde libre” et on en passe et des meilleures. C’est ce que voulait dire la sénatrice républicaine texanne Kay Bailey Hutchinson lorsqu’elle appela les Etats-Unis “le phare pour le monde de ce que le mode de vie devrait-être”, durant un discours donné au sénat en soutien de l’autorisation donnée par le congrès au président W. Bush d’envahir l’Irak en 2003 s’il le voulait.

Qu’importe si le courant “Nouvel Age des guildes” états-unien est la société la plus sauvage et la plus inégalitaire de tout le monde industrialisé, une nation toujours plus ploutocratique où les 1% d’en haut possède plus de 90% des richesses et probablement autant des représentants de cette nation soi-disants “démocratiquement élus”. Qu’importe si juste 6 des héritiers de la famille Wal-Mart possèdent plus de richesse combinée entr’eux que les 42% des citoyens les moins bien lotis du pays, tandis que 16 millions d’enfants aux Etats-Unis vivent en dessous d’un seuil de pauvreté au chiffre falsifié et si 1 citoyen sur 7 dépend des tickets de nourriture pour l’alimentation de base (incidemment, la moitié de ces gens ont un emploi…) et qui se soucie de savoir que ces terribles faits énumérés et bien d’autres ne sont que le reflet de plus de 30 ans d’ingénierie sociale pour pomper les richesses vers le haut: une concentration de capitalisme d’état sans scruple et sans pitié, de richesses et de pouvoir, qui ont amené la “patrie” vers un “Nouvel Age des Guildes” d’abjecte oligarchie et de plus, au bord d’une catastrophe environnementale sans précédent? Qui se soucie de ce que le revenu moyen d’une famille de la classe moyenne blanche est 22 fois supérieur à celui de son homologue noire ou que les Afro-Américains constituent plus de 40% des 2,4 millions de détenus du pays, qui est le champion du monde toutes catégories confondues de l’incarcération de masse (un résultat très bizarre pour une nation qui clâme être “la patrie des hommes libres” et terre de liberté !). 1 adulte noir sur 3 porte le sceau de l’infâmie d’avoir un casier judiciaire.

La cité sur la colline

Les deux significations basiques de l’expression “exceptionnalisme américain” se complémentent et se renforcent l’une l’autre bien évidemment. Les Etats-Unis sont si bons et excellents à l’étranger parce qu’ils sont si bons et excellents à la maison. Sa magnificence en dehors ne fait qu’étendre sa magnificence domestique. La planète a tout à apprendre de cet exemple flamboyant que sont les Etats-Unis. Le modèle n’a rien à apprendre du reste de l’humanité: Qu’est-ce que les autres nations et peuples pourraient bien enseigner au “phare du monde sur ce que la vie devrait-être”? Et surtout, qui pourrait bien penser qu’un tel modèle de brillance et de bienfaisance puisse commettre des crimes impériaux à l’étranger ?

Cette image auto-persuasive grandiose remonte à bien longtemps. Elle a ses racines chez les religieux fondamentalistes de la Nouvelle-Angleterre et leurs colonies décrites par un des protestants puritains fondateurs comme étant une “cité sur la colline” ordonnée par dieu. Incluant une bonne portion de riches propriétaires d’esclaves, les architectes de l’indépendance états-unienne se vantaient de leur détermination à “recréer le monde”. Ils construisirent un “empire de liberté” repoussant sans cesse la frontière avec les territoires Indiens pour leurs camps de travaux forcés où trimaient leur propriété noire torturée. Ils se contemplaient avec stupeur alors qu’ils écrivaient un nouveau “modèle” pour la liberté sur des terres “vierges” hors de portée du vieux et fade monde féodal, aristocratique, monarchique et saturé de paysans de l’Europe. Ils prirent le carnage épidémique qui tuait les peuples indigènes, infectés et décimés par des germes pathogènes venus d’Europe, comme un message divin les signifiant et les confortant dans leur splendeur sans parallèle.

“Masquer ces crimes qui disgracieraient une nation de sauvages”

Les élites américaines se pavanaient du succès de leur magnifique mission dès la guerre d’indépendance. Un de ceux qui ne fut pas du tout impressionné par tout cela fut l’esclave évadé et leader des abolitionnistes Frederick Douglass, qui pensait de la sorte à l’été 1852:

Que représente le 4 Juillet pour l’esclave américain ?… Un jour qui lui révèle, plus que tous les autres jours de l’année, la grosse injustice et grande cruauté dont il est quotidiennement la victime. Pour lui, votre célébration est une honte et une imposture, votre soi-disante liberté, une licence impie ; votre grandeur nationale, vanité sans bornes ; vos sons de réjouissances sont vides et sans cœur ; votre dénonciation des tyrans, une impudence ; vos cris pour la liberté et l’égalité, une farce ; vos prières et hymnes, sermons et fêtes d’action de grâce, toutes vos parades religieuses et votre solennité ne sont pour lui que des fraudes, des mensonges, de l’impiété et une vaste hypocrisie, un fin voile pour masquer ces crimes qui disgrâcieraient une nation de barbares et de sauvages. Il n’y a pas une nation sur terre coupable de pratiques plus choquantes et plus sanglantes, que celle de ce peuple des Etats-Unis à cette heure-ci…

… Américains ! Vous vous gargarisez de votre amour de la liberté, de votre civilisation supérieure, et de votre christianisme pur, tandis que l’entier pouvoir politique de la nation (comme personnalisé dans les deux grands partis politiques) a juré solennellement de soutenir et de perpétuer la mise en esclavage de trois milions de vos concitoyens. Vous vous enflammez tous à la mention de la liberté pour la France ou l’Irlande, mais vous êtes froids comme un iceberg à la pensée de libérer l’Amérique esclave. Vous faites de beaux discours sur la dignité du travail ; et pourtant, vous maintenez un système qui, dans son essence même, stigmatise le travail. Vous pouvez avancer la poitrine dénudée devant l’artillerie britannique pour vous débarrasser d’un impôt de trois pennies sur le thé et pourtant reculer toujours le gain d’une vie décente pour les travailleurs noirs de votre pays. Vous déclarez au monde et le monde vous entend lorsque vous clâmez que “nous tenons ces vérités pour acquise que tous les hommes sont créés égaux et ont reçu de leur créateur des droits inhérents et inaliénables et que parmi ceux-ci figurent la vie, la liberté et la poursuite du bonheur” et pourtant vous tenez enchaîné dans des conditions qui selon votre propre Thomas Jefferson “sont pires que celles dans lesquelles vivaient vos pères se rebellant pour s’y opposer”, un septième de la population de ce pays.

Les étranges libérateurs et les trois maux

La rhétorique gonflée et auto-satisfaite de l’exceptionnalisme américain se propage au travers les réalités laides et imbriquées de la “politique étrangère” des Etats-Unis (impérialisme) et son ordre domestique à ce jour. Cela a été depuis longtemps renforcé par le statut des Etats-Unis, et définitivement établi dans le sillage des suicides de l’Europe et du japon durant les deux guerres mondiales, comme la plus puissante des nations sur terre, quelque chose qui quelque part est souvent pris comme une preuve de la magnificence des Etats-Unis.

Un autre grand Africain-Américain qui rejeta et même renversa le narratif exceptionnaliste, fut le Dr. Martin Luther King Jr., pour qui l’empire meurtrier des Etats-Unis à l’extérieur était intimement relié aux inégalités sauvages et les injustices domestiques de la nation. Dans les dernières années de sa vie, King référa souvent à ce qu’il appelait les “trois maux inter-reliés” de la nation; le racisme, l’exploitation économique (capitalisme) et le militarisme/impérialisme. King sortît de la version impérialiste (relations étrangères) du narratif exceptionnaliste lorsque, après avoir étudié les actions des Etats-Unis au Vietnam, il décrivit le 4 Avril 1967, les Etats-Unis comme “le leader de la violence dans le monde” et mentionna quelques unes des atrocités qu’il avait apprises au sujet des actions des Etats-Unis en Asie du Sud-Est:

Les Vietnamiens doivent regarder les Américains comme de bien étranges libérateurs… Les gens lisent nos prospectus et reçoivent des promesses de paix et de démocratie de manière très régulière… ainsi que les réformes de la terre. Maintenant il languissent sous nos bombes alors que nous les chassons de la terre de leurs ancêtres pour les conduire dans des camps de concentration. Ils savent qu’ils doivent soit accepter d’être déplacés ou soit accepter de mourir sous les bombes. Ils regardent alors que nous empoisonnons leur eau, que nous tuons des dizaines de milliers d’hectares de leurs cultures avec nos armes chimiques (agent orange). Ils doivent pleurer alors que les bulldozers pénètrent dans leur zone pour défricher la terre et abattre les arbres précieux. Ils èrent dans les hôpitaux avec au moins 20 victimes de la puissance de feu américaine pour une blessure infligée par le Vietcong. Jusqu’ici nous avons dû tuer environ un million d’entre eux, dont un grand nombre d’enfants. Que pensent-ils alors que nous testons nos dernières armes horribles sur eux tout comme les nazis expérimentèrent de nouveaux médicaments et de nouvelles tortures sur les détenus des camps de concentration d’Europe ?

King défia la version domestique de l’exceptionnalisme américain par une carrière dédiée à essayer de faire en sorte que les Etats-Unis finissent par remplir les fausses promesses faites sur l’égalité et sur la démocratie, promesses toutes trahies il le savait par “le triple mal inter-relié”, les maux résidant au plus sombre du cœur de la “civilisation occidentale” au travers des âges. Socialiste démocrate, King défia explicitement l’exceptionnalisme patriotique à l’été 1966, lorsqu’il fit remarquer la plus grande pauvreté existant aux Etats-Unis comparée aux autres états industrialisés d’europe. “Il y a peut-être quelque chose qui ne va pas avec notre système capitaliste”, avait dit King à un journaliste, observant qu’il n’y avait pas ou peu de pauvreté, pas de bidonvilles et de chômage dans les pays “socio-démocrates” comme la Suède. “Le “phare du monde” et la “cité sur la colline” avait quelque chose à apprendre des autres nations, suggérait King. Imaginez donc cela …

La comparaison révélatrice d’Obama

Barack Obama, qui a clâmé pendant longtemps que King était son inspiration, a approché l’exceptionnalisme américain de manière différente et militante dans son livre de campagne autobiographique nauséeux de 2006 “L’audacité de l’espoir”. Dans ce livre, Obama divague de manière rhapsodique sur la façon dont les pauvres de ce pays l’ont “si bonne” en comparaison des pauvres de pays africains ou d’Amérique du sud. Obama prit cette comparaison comme preuve que le capitalisme (la “logique de marché”, la “propriété privée nichée au cœur même de notre système de liberté” et “notre système d’organisation sociale”) a amené à ses citoyens américains si chanceux “une prospérité sans égale dans l’histoire de l’humanité”. Obama bien sûr ommit les contrastes considérablement moins favorables aux Américains lorsque comparés avec l’Europe, le Japon et même Cuba, où les politiques publiques et sociales créent bien plus d’égalité sociale et de sécurité qu’on puisse en trouver dans des nations plus hiérarchiquement organisée (toutes à haut coefficient Gini, mesurant l’inégalité) comme Haïti ou le Brésil, le Botswana, le Chili, le Nigéria, le Pérou, l’Afrique du Sud, et au passage… les Etats-Unis.

Le révérend Wright et la règle d’or

Le titre du livre de campagne d’Obama a été volé du nom d’un sermon qui fut donné par le prêcheur du Black South Side de Chicago, Jeremiah Wright, un maître sermoneur dans la tradition de la vérité de parole issue de la chrétienté prophétique noire américaine, une tradition partagée par des gens comme Frederick Douglass et Martin Luther King ainsi que Cornell West aujourd’hui. Le lecteur pourrait se rappeler que Wright fut un temps le prêcheur et conseiller religieux personnel d’Obama, ceci faisant partie de l’effort d’Obama et de son équipe pour atteindre l’identité politique de l’électorat noir de Chicago. Il fut aussi un sévère critique et remetteur en question de la doctrine narcissique de l’exceptionnalisme américain à la fois de manière domestique et dans ses dimensions mondialistes, quelqu’un qui dénonça les structures inter-reliées et pratiques de la nation comme impérialistes à la fois domestiquement qu’internationalement. Dans un sermon qui inclût alors l’expression: “Que dieu bénisse les Etats-Unis ?… Non que dieu maudisse les Etats-Unis !…

Wright a eu le culot de faire remarquer que le gouvernement des Etats-Unis ne faisait pas exception à la règle de l’échec gouvernemental dans les grandes largeurs et que les “gouvernements se plantent”.Après avoir rappelé les échecs antérieurs des gouvernements impérialistes romain, britannique, russe, allemand, japonais, Wright eut l’audace sans nom de faire remarquer que le gouvernement des Etats-Unis, lui aussi, avait échoué quant à donner un traitement juste et équitable aux Indiens, aux citoyens d’ascendence japonaise et africaine. Dans un autre sermon, Wright eut une audace toute connectée de noter que les Etats-Unis avaient aidé à préparer le terrain pour les attaques du 11 septembre 2001 en s’engageant dans la terreur impérialiste de terrain avant les attentats. Il eut l’insolence impardonnable de noter que “l’’Amérique” (USA) n’avait aucune exemption de la loi universelle qui veut que qui sème le vent récolte la tempête ni de la règle d’or de la loi naturelle instruisant les gens de traiter autrui comme on désirerait nous-mêmes être traités.

Les règles doctrinaires de l’exceptionnalisme américain demandaient à Obama de se débarrasser de toute connexion avec son ancien prêtre/prêcheur s’il voulait qu’on lui donne une chance d’être élu au boulot suprême. Il se plia à cette démarche en Mars 2008 avec un “discours racial” superficiel mais qui fut instantanément mis au pinacle à Philadelphie. Le discours lui pava la route vers son ascenscion à un poste dont les occupants fonctionnent toujours comme des agents du triple mal et de quelques autres comme le patriarcat, l’état policier et la destruction environnementale. Ces maux sont tous inter-connectés. Depuis le tout début du “phénomène” Obama, depuis son discours carriériste qu’il fit à la Convention Nationale du parti démocrate en Juillet 2004, Obama s’est en fait promu lui-même comme l’incarnation et l’épitôme de l’exceptionnalisme américain, qui fournit une protection déceptive à ces maux inhérents qu’il a servi de manière avide tandis qu’un buste de Martin Luther King Jr trône derrière lui dans son bureau ovale de la Maison Blanche et ce dans une honte incommensurable.

Paul Street’s latest book is They Rule: The 1% v. Democracy (Paradigm, 2014)

Pays du goulag levant (ex-USA): L’État policier raciste programmé contre les Africains-Américains…

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Les Etats-Unis sont un état colonial par essence, leur création même provient de la colonisation et du vol des terres et des ressources d’un sous-continent qu’ils occupent illégalement par la force. Par définition, tout état colonial est raciste et suprématiste.

Cet article ne démontre ce fait que plus avant…

La France a dangereusement emboité le pas de la dictature yankee. Citoyens soyez vigilants !

Non à la “loi scélérate et liberticide sur le renseignement”!…

 

~ Résistance 71 ~

 

La montée de l’état policier anti Afro-Américains

 

Garikai Chengu

 

4 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://www.counterpunch.org/2015/05/04/the-rise-of-the-african-american-police-state/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les Afro-Américains aux Etats-Unis vivent dans un état policier au sein de l’État. L’état policier pour les afro-américains exerce son autorité sur la minorité noire au travers un vaste spectre oppresseur de lynchages modernes par la police, augmentant l’incarcération de masse devenue un business et la surveillance sanctionnée par le gouvernement ainsi que l’assassinat des leaders noirs. L’état policier pour afro-américains est indubitablement un crime moderne contre l’humanité.

Les premières forces de police qui virent le jour aux Etats-Unis furent les patrouilles à esclaves et les veilles de nuit, qui furent toutes deux créées pour contrôler le comportement des Afro-américains.

L’historien Victor Kappeler note qu’en 1704, la colonie de Caroline a développé la première patrouille à esclaves de la nation. L’historiographie est claire pour dire qu’avant la guerre de sécession, une force de police officielle n’existait que pour le but très précis d’opprimer la population esclave et pour protéger les intérêts et la propriété des blancs propriétaires d’esclaves. Les similitudes frappantes entre les Patrouilles à Esclaves du XVIIIème siècle et la brutalité de la police américaine moderne dans la communauté noire sont par trop évidentes pour être ignorées ou balayées d’un revers de la main.

Les Etats-Unis furent fondés en tant que république esclavagiste et les esclaves ne prirent pas très bien le fait d’être réduits en esclavage et ils se révoltaient souvent, devenant ainsi les ennemis de l’État. Les patrouilles à esclaves furent créées afin de persécuter et d’interroger les noirs évadés, sans aucune forme de procès ni d’enquête officielle. Jusqu’à ce jour, la police ne sert ni ne protège la communauté noire, elle traite les afro-américains comme des criminels inhérents et des sous-humains.

Depuis l’établisseemnt des forces de police aux Etats-Unis, les lynchages ont été essentiels à l’état-policier contre les Africains-Américains.

La majorité des Américains croient que les lynchages sont une une forme démodée de terrorisme racial qui gangréna la société états-unienne jusqu’à la fin de l’ère des lois de Jim Crow (NdT: lois ségrégationnistes qui furent en vigueur aux Etats-Unis entre 1877 et 1954) ; mais l’inclinaison des Etats-Unis envers le massacre débridé d’Africain-Américains n’a fait qu’empirer avec le temps. Le quotidien britannique du Guardian de Londres a récemment noté que les historiens pensent que durant la période de la fin XIXème et début XXème siècles, il y avait en moyenne deux lynchages de noirs Américains par semaine.

Comparez cela avec des données incomplètes du FBI qui montrent qu’une personne noire est tuée par un policier blanc plus d’une fois par semaine en moyenne et il devient clair que la brutalité policière envers les noirs et leurs communautés empire et ne s’améliore pas.

Le terrorisme racial a donné naissance aux Etats-Unis d’Amérique. Cela ne devrait pas être une surprise de constater que les agents des forces de l’ordre de l’état s’engagent de manière routinière dans le terrorisme des lynchages de l’ère moderne.

Les lynchages traditionnels n’étaient pas précédés de procès, de jugement et se produisaient le plus souvent pour des raisons des plus triviales de la vie quotidienne comme par exemple un noir adressant la parole à une femme blanche, un noir n’enlevant pas son chapeau ou ayant un sourire sarcastique. Les lynchages modernes ne sont pas non plus précédés de formes judiciaires officielles (NdT: ce ne sont en général que des exécutions sommaires avec plus ou moins de souffrance pour la victime…). Un grand nombre d’enfants afro-américians comme récemment Tamir Rice, ont été abattus par la police pour des futilités comme par exemple jouer avec un pistolet en plastique sur la voie publique.

Lyncher ne veut pas nécessairement dire pendre. Cela incluait très souvent des humiliations, des tortures, les bûchers, des démembrements et la castration. Un lynchage était la quintescence du rituel public américain qui se déroulait le plus souvent devant de grandes foules de plusieurs milliers de personnes. L’historien Marc Gado note que “les spectateurs tiraient souvent des coups de fusils ou de révolvers des centaines de fois dans le corps de la victime tandis que les gens manifestaient leur joie et les enfants jouaient durant les festivités.

Le journalisme à sensation américain n’épargnait aucun détail au public même les plus horribles et en 1899 le “Springfield Weekly” (Springfield Hebdo) décrivit un lynchage en chroniquant comment “le nègre fut privé de ses oreilles, puis de ses doigts et de ses parties génitales. Il supplia et implora pour sa vie alors que les mutilations se déroulaient… avant que son corps ne soit refroidi, il fut coupé en morceaux… le cœur du nègre fut découpé en plusieurs parties ainsi que son foie… de petits fragments d’os se vendirent 25 cents pièce…” De tels récits graphiques étaient la norme dans le sud des Etats-Unis et des photos des corps lynchés étaient réglulièrement prises, exhibées, imprimées en cartes postales qui étaient envoyées au quatre coins du pays.

De nos jours, le public américain participe dans les lynchages modernes en partageant des vidéos qui deviennent virales sur la toile, montrant des policiers exécutant des hommes, femmes et enfants noirs. Les vidéos d’aujourd’hui dans les médias servent le même objectif que les récits détaillés d’hier en ajoutant à la souffrance psychologique des Africains-Américains. De tels comptes-rendus graphiques se répandant sur internet servent aussi à désensibiliser la communauté blanche à un tel niveau que cela donne encore plus de pouvoir aux policiers et les encourage à en faire toujours plus.

Un des traits de caractère des états fascistes du XXème siècle, comme l’Italie sous Mussolini ou l’Espagne de Franco, est le manque d’incrimination de la police pour ses crimes. Malgré les circonstances choquantes qui entourent ces lynchages et ces assassinats effectués par la police, les policiers et leur hiérarchie ne sont que très rarement tenus pour responsables.

Le comité de l’ONU pour les droits de l’Homme a récemment publié un rapport sur les abus sur les droits de l’Homme commis aux Etats-Unis, ce rapport condamnait rondement l’épidémie de brutalité policière. Le rapport disait: “Le comité est concerné par le grand nombre de personnes tuées par armes à feu par la police ce qui a un impact adverse sur la population afro-américaine.

Dans les Etats-Unis modernes, l’état policier anti-noir assassine les victimes de couleur deux fois. Une fois par lynchage pur et simple et une nouvelle fois en assassinant le personnage public de la victime de façon à pouvoir justifier de son exécution sur la voie publique. Bien trop souvent des archives scolaires, des statuts d’emploi et une présence sur les médias sociaux sont traînés par les médias devant l’opprobe publique, comme si quoi que soit de tout cela pouvait avoir une influence sur le droit de l’agent de l’état à lyncher purement et simplement un citoyen américain de couleur noire. (NdT: Il suffit de regarder un grand nombre de ces vidéos pour se rendre compte qu’il y a manifestement un schéma d’exécution publique, de liquidation systématique, méthode “escadron de la mort”… La militarisation des forces de police partout n’est sûrement pas étrangère à ce fait, menant à la question: qui forme la police et dans quel but ?)

Les arrestations arbitraires et l’incarcération de masse ont été des élements essentiels des états policiers allant de L’Allemagne de l’Est au Chili d’Augusto Pinochet.

Les Etats-Unis à l’heure où nous écrivons ces lignes incarcèrent en pourcentage, plus de noirs que ne le fit jamais l’Afrique du Sud au summum de la période de l’apartheid.

Une audition sénatoriale sur le Bureau Fédéral des Prisons a rapporté que la population carcérale américaine a stagné dans la zone des 25 000 détenus au travers des années 1900 jusqu’aux années 1980. A ce moment les Etats-Unis ont vécu un bond dans le chiffre d’incarcérations montant jusqu’a 250 000, c’est à dire 10 fois plus. Ceci fut la cause de la “guerre contre la drogue” lancée par l’administration Reagan qui ciblait intentionnellement et de manière totalement disproportionnée les noirs américains. La guerre contre la drogue est maintenant la propagande de justification principale de l’état policier pour la brutalisation policière des noirs et de leur discrimination judiciaire.

Un homme afro-américain sur trois sera arrêté et expérimentera le système judiciaire discriminatoire des Etats-Unis à un moment donné de sa vie, principalement pour des inculpations pour détention de drogue sans violence et ce malgré le fait que de nombreuses études montrent que la jeunesse blanche utilise les drogues sur une plus grande échelle que sa contrepartie noire.

Depuis des décennies, le taux de crimes dans la population afro-américaine a été en déclin constant, mais l’emprisonnement des noirs bat des records inégalés. A part la guerre contre la drogue, l’augmentation de la population carcérale peut bien avoir une toute autre cause: la privatisation graduelle mais certaine de l’industrie carcérale, avec ses objectifs de faire du fric sur le dos du système judiciaire. Si les lits ne sont pas remplis dans les prisons, les États sont requis de payer aux entreprises carcérales privées les lits vides, ce qui veut dire que le contribuable de l’état en question doit payer la facture d’un taux de crimes et de délits et donc d’incarcérations, moindre…

Les prisons privées sont crées par les riches et pour les riches. Le système carcéral privé dépend de l’incarcération des noirs (NdT: et des Amérindiens, latinos etc) pour sa survie même, de la même manière que furent crées les Etats-Unis.

Après tout, il y a aujourd’hui plus de noirs en prison ou libérés sur parole qu’il y avait d’esclaves aux Etats-Unis avant la guerre de sécession.

L’histoire de la Gestapo allemande possède plus de parallèles avec ce qu’est devenu le maintien de l’ordre dans les communautés noires aux Etats-Unis.

La tristement célèbre politique de “contrôle palpation de sécurité” qui permet aux flics new-yorkais de vous contrôler sur une simple suspicion est une politique assimilée nazie. Les Latinos et les Blacks constituent 84% de ceux qui sont stoppés, bien qu’ils ne représentent respectivement que 29 et 23% de la population de New-York. De plus, les statisques montrent clairement que les policiers du NYPD sont bien plus enclins à utiliser la force contre les Blacks et les Latinos durant leurs contrôles de routine.

La Gestapo opérait sans contrôle judiciaire, juste sur une loi imposée par l’État (NdT: le décret/loi d’Autorisation promulgué après l’incendie du Reichstag, le grand-père du patriot Act et du NDAA américains en vigueur de nos jours…)

Les programmes de contre-espionnage du FBI (COINTELPRO) des années 1950-60 et 70 furent une des initiatives domestiques les plus sombres de l’histoire des Etats-Unis, ciblant les organisations afro-américaines ainsi que les individus que le FBI jugeait être menaçants pour le statu quo capitaliste et raciste en place.

COINTELPRO fut une série de projets gouvernementaux secrets, très souvent illégaux, visant à surveiller, infiltrer, discréditer et brutaliser les communautés noires américaines (NdT: et les communautés amérindiennes et les dirigeants, activistes de l’American Indian Movement dans les années 1970…)

Après cette période COINTELPRO, le directeur William C. Sullivan conclua en 1963 dans un memo que Martin Luther King Jr était “le nègre le plus dangereux pour le futur de cette nation”, il écrivit: “Ce serait irréaliste de limiter nos actions contre King à une collecte de preuves légales que nous pourrions produire devant la justice ou devant des comités du congrès”.

Le FBI mena une guerre intense contre Martin Luther King. Les agents de l’état policier anti-noir truffèrent ses chambres d’hotel de micro, essayèrent de lui mettre le Fisc aux fesses et harcelèrent les journaux et magazines qui publiaient des articles sur lui. En 1999, un procès civil conclua que les Etats-Unis et leurs forces coercitives étaient responsables de l’assassinat de Martin Luther King.

La perpétuation de l’état policier contre les Africains-américains est un crime moderne contre l’humanité. Les incessantes manifestations et émeutes émanant des communautés noires sont une réponse directe et juste aux siècles d’incarcération, situation qui empire aujourd’hui, aux lynchages des temps modernes et la démonstration par l’État qu’ils sont des citoyens de seconde classe. Loin d’être une nation “post-raciale”, les relations raciales américaines sont à nouveau au plus bas. Le mécontentement bouillonne danses communautés noires et continuera à grossir vers un point d’ébullition très dangereux à moins que l’état policier racial ne soit complètement exposé et démantelé.