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Résistance au colonialisme: Standing Rock et la nième trahison par l’état colonial yankee des édits de ses propres lois… (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 janvier 2017 by Résistance 71

La méthodologie coloniale, même si perfectionnée sous la dictature chrétienne, existe depuis l’antiquité. Voici ce que nous en dit l’anthropologue politique (Yale) James C. Scott dans son remarquable ouvrage “The Art of not Being Governed”, Yale University Press, 2009:
“Où que possible les Romains créèrent des territoires, promulguèrent plus ou moins arbitrairement des distinctions ethniques et nommèrent ou reconnurent un chef unique qui était de fait le vecteur local de l’autorité romaine et répondait pour le ‘bien de son peuple’… Les barbares administrés dans les provinces gérées par les Romains perdirent leur désignation éthnique et devinrent tout comme les aysans, redevables de l’impôt et de la conscription. Tous ceux au-delà de cette sphere étaient invariablement étiquetés ethniquement, on leur donnait des chefs, et furent rendus responsables de payer le tribut (obsequium) distinctement des impôts, spécifiquement lorsqu’ils étaient perçus commes des peuples non agriculteurs.”
~ James C. Scott ~

Toutes les administrations coloniales de l’histoire n’ont pas fait autre chose. C’est ce que font toujours aujourd’hui les états coloniaux états-unien et canadien…

~ Résistance 71 ~

L’ordonnance du Nord-Ouest et les brutales actions de police du Nord-Dakota à Standing Rock

Un dédain flagrant du système légal organique des Etats-Unis est placardé à la vue de tous

 

Steven Newcomb

 

29 décembre 2016

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/northwest-ordinance-north-dakotas-brutal-standing-rock/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il est enrageant de voir les photos des gens blessés par les actions d’une brutalité inouïe de la police du Dakota du Nord à Standing Rock. La police a utilisé des canons à eau sur les protecteurs de l’eau de Standing Rock et ce dans des conditions climatiques sub-zéro, les soumettant ainsi à un stress physique d’hypothermie mettant en danger la sécurité et la vie des manifestants. Ils ont tiré dans la foule avec des balles de caoutchouc et les ont aspergé de mace, un agent chimique irritant. 167 personnes ont été blessées en une nuit, plusieurs gravement. Une jeune-femme de 21 ans, Sophia Wilansky a été horriblement blessée et a perdu un bras après avoir été touchée par une grenade à concussion tirée par les forces de police. Les médecins disent qu’elle va avoir besoin de 20 opérations chirurgicales et qu’elle pourrait perdre complètement son bras malgré cela. Un jeune cheval fut également tué.

Plusieurs personnes ont reçu de sévères blessures à la tête à cause des actions de police protégeant les intérêts corporatistes liés au projet du Dakota Access Pipeline. Une chose est sûre: de telles actions de police déshumanisantes ne suivent pas la promesse de “la plus sincère bonne foi” que les congrès continental et fédéral ont fait aux nations natives en 1787, 1789 et 1861.

Le vendredi 13 juillet 1787, le congrès continental des Etats-Unis a adopté l’ordonnance du nord-ouest. Le 3ème article de cette ordonnance stipile: “La meilleure des bonne fois devra toujours être observée envers les Indiens et leurs terres, leurs propriétés ne devront jamais leur être enlevée sans leur consentement préalable et dans leurs droits, propriétés et liberté, ils ne devront jamais être envahis, perturbés, à moins que ce ne soit sous le coup de guerres justes et légales autorisées par le Congrès…

Quelqu’un devrait informer le gouverneur Dalrymple du Nord-Dakota, qui, de manière très rusée a fait détourner la route de l’oléoduc de son propre voisinage, que le Congrès des Etats-Unis n’a pas autorisé une guerre légale et juste contre l’Oceti Sakowin (le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux). Ses actions inconsidérées dans un territoire oceti Sakowin reconnu par les traités constituent de fait la plus grande des mauvaises fois et sont entièrement injustes et illégales.

Assurez-vous de bien (re)penser à la promesse “d’ultime bonne foi” du Congrès envers les Indiens quand vous regardez les photos ou vidéos de la police blessant physiquement les protecteurs de l’eau autochtones et non-autochtones et lorsqu’elle s’engage dans des actes oppresseurs et terroristes.

Lorsque vous voyez les corps meurtris et les visages tuméfiés des protecteurs de l’eau, faisant du mieux qu’ils peuvent pacifiquement pour défendre les eaux de la rivière Missouri qui suppléent des millions de personnes non-autochtones, de la malfaisance et des dégâts d’un oléoduc, pensez à cette “ultime bonne foi” professée dans l’article 3 de l’ordonnance du nord-ouest. Lorsque vous voyez ces ingaes très perturbantes, pensez à la promesse du congrès des Etats-Unis de ce que “les Indiens dans leurs droits, propriétees et liberté, ne devront jamais être envahis ni perturbés.”

Le tout premier acte du nouveau congrès des Etats-Unis sous sa nouvelle constitution de 1789 a réaffirmé l’ordonnance du nord-ouest de 1787. Cette ordonnance fait partie intégrante de la fondation même des Etats-Unis d’Amérique. L’ordonnance du nord-ouest sert de constitution pour tous les nouveaux territoires ou colonies US, incluant la promesse que les “Indiens, leurs terres et propriétés ne leur seront jamais retirés sans leur consentement.” Soixante-quatorze ans après l’adoption initiale de l(ordonnance du nord-ouest, le Congrès inclua la promesse “de bonne foi ultime” de la loi de 1861 pour établir le territoire du Dakota.

Une provision clef de la loi territoriale du Dakota de 1861 suit l’article 3 de l’ordonnance du nord-ouest de 1787. C’est la clause disant qu’aucune terre indienne ne deviendra partie du territoire de l’état du Dakota avant que les Indiens n’aient donné leur consentement dans un traité avec les Etats-Unis. Les Oceti Sakowin n’ont JAMAIS consenti pour que ceci ne se produise.

L’oceti Sakowin, le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux a eu les deux traités de Fort Laramie de 1851 et 1868 avec les Etats-Unis. Ces documents de traités reconnaissent le territoire oceti sakowin qui n’a pas été abandonné, donné ou cédé aux Etats-Unis.

Laissez-moi répéter cela clairement:
La loi organique des Etats-Unis requiert que l’oceti sakowin donne d’abord sa permission afin que son territoire ne devienne partie du territoire fédéral et de l’état du Dakota. Une telle permission des Indiens (nations natives originelles) est requise avant que toute partie ou totalité du territoire oceti sakowin ne devienne partie intégrante du Nord-Dakota et du Sud-Dakota. De fait, jusqu’à aujourd’hui, le territoire traditionnel de la Grande Nation Sioux Oceti Sakowin n’est JAMAIS devenu quelconque partie des états du nord ou sud-Dakota !!

En conséquence, la violence et la brutalité pratiquées par la police du Nord-Dakota contre les protecteurs de l’eau pacifiques à Standing Rock rappelle l’article 6, section 2 de la constitution des Etats-Unis. Ce langage nous dit que “les traités établis et ceux qui seront établis par les Etats-Unis, sont la loi suprême de la terre du pays, les juges des états y étant liés de droit”. Il est ici important de noter que les traités des nations indiennes avec les Etats-Unis sont des traités établis entre des nations indépendantes. (NdT: ceci est d’autant plus évident avec les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868, tous deux résultants de défaites militaires des Etats-Unis face aux nations d’Oceti Sakowin et de leurs alliés Cheyennes et Arapaho, aucune concession ne fut faite aux Etats-Unis, absolument aucune bien au contraire…)

Résumons maintenant les éléments mentionnés ci-dessus:

1) Le territoire d’Oceti Sakowin n’est jamais devenu partie du territoire fédéral du Dakota ou partie des états du nord et dus-Dakota. Pourquoi ? Parce qu’Oceti Sakowin n’a pas donné son consentement sur un traité ratifié pour que ceci se produise.

2) Les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868 reconnaissent la nation libre, indépendante et de plein droit d’Oceti Sakowin ; ces traités constituent la loi suprême de la terre pour les Etats-Unis et les juges des états du nord et sud-Dakota sont de ce fait liés à ces traités pour toutes leurs décisions.

3) Sans le consentement d’Oceti Sakowin, le gouverneur Dalrymple du Nord-Dakota et les forces de police de cet état n’ont absolument aucune juridiction légale au sein des territoires délimités par les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868, qui jusqu’à ce jour et pour les raisons citées ci-dessus, sont toujours le territoire de la Grande Nation Sioux Oceti Sakowin.

Qu’est-ce que le système judiciaire des Etats-Unis a  employé dans un effort de détourner l’attention de l’ordonnance du nord-ouest, de la clause de suprémacie territoriale et de la loi d’établissement du territoire de l’état du Dakota ? Voici un argument exprimé par un juge fédéral des Etats-Unis en 1975:

“Il est indéniable que la politique officielle des Etats-Unis jusqu’à au moins la fin du XIXème siècle, fut motivée par une volonté résolue de contrôler tout territoire substantiel pour ses gens s’établissant vers l’Ouest. Tout ce qui pouvait empêcher ce mouvement migratoire, incluant les Indiens, devait être balayé, dominé ou détruit. Des guerres, maladies, des traités tissés de emnsonges et de duplicité et la décimation des bisons par les blancs, poussèrent les Sioux vers les réserves, firent décliner leur population et ont éviscéré leurs corps constitués. Ils devinrent [par force] un peuple involontairement dépendant et de fait, dominé par les Etats-Unis.”

(United States v. Consolidated Wounded Knee Cases, Judge Warren Urbom, 1975)

Avec ces mots, le juge Urbom a montré, tout comme le gouverneur Darymple aujourd’hui, le plus grand dédain pour le système légal organique des Etats-Unis, la provision de “bonne foi ultime” de l’ordonnance du nord-ouest et de la loi établissant le territoire du Sakota. Ce qui fut et continue d’être démontré contre les peuples Lakota et Dakota et leurs supporteurs est la “pire, l’ultime mauvaise foi” contre le peuple autochtone et ses alliés non-autochtones.

La décision d’Urbom et ce qui se passe maintenant à Standing Rock sont fondés sur le principe que “sur leurs droits, propriétés et liberté, les Indiens seront TOUJOURS envahis et perturbés, même quand il n’y a aucune guerre juste et légale déclarée par le congrès. Les abus policiers sur les protecteurs de l’eau à Standing Rock est le type d’attitude qui suit parfaitement les documents du Vatican datant du XVème siècle qui stipulent d’aller de l’avant, de localiser et de dominer, subjuguer toutes les nations non-chrétiennes.

=*=*=*=

En rapport avec les bulles pontificales Romanus Pontifex et surtout Inter Caetera de 1455 et 1493, qui devinrent le fondement, la base “légale” de la colonisation du monde “païen”, l’auteur de l’article a publié un livre en 2008 que nous avons traduit en très grande partie en 2015 et que nous avons republié en version pdf suite à la réalisation de Jo de JBL1960

Ce livre: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” est disponible en version PDF gratuite en cliquant sur le lien du titre.

A lire et diffuser sans modération pour mieux comprendre l’empire et comment le détruire.

~ Résistance 71 ~

Résistance au colonialisme: Empire et terrorisme… Bas les masques !

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“Nous ne retournerons pas, nous n’abandonnerons pas. Ils devront nous tuer pour construire ce serpent noir !… Merci à tous d’être de si bons membres de la famille !”
~ Grand-mère Lakota, Standing Rock, nov. 2016 ~

“Vous avez tué le fils de votre dieu lors de sa venue sur terre et seulement après l’avoir tué, avez-vous commencé à le vénérer et à tuer ceux qui ne le faisaient pas.”

“Formons un corps, un cœur et un esprit et défendons jusqu’au dernier notre terre, nos maisons, notre liberté et les sépultures de nos ancêtres.”

~ Tecumseh, chef de guerre Shawnee ~

“L’amour de la propriété est une maladie de l’homme blanc… Si j’acquiesce à céder une partie de notre terre, je serai alors coupable de retirer la nourriture de la bouche de nos enfants et je ne désire pas ètre aussi méchant…”

“Mettons nos esprits en commun et voyons ce que la vie peut donner à nos enfants.”
~ Chef Sitting Bull, Lakota, Hunkpapa ~

 

haudenosaunee

 

La diplomatie de la “bombe”

 

Mohawk Nation News

 

24 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/11/24/bomb-diplomacy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Comme ce fut démontré à Standing Rock le 20 novembre dernier, les forces du mal ont commis un acte de guerre en attaquant des gens désarmés en utilisant leur technologie. Pour l’entreprise corporatiste, la violence paie. Ils n’apprécient pas que les Lakota et nos alliés révèlent au monde le pire de la nature des Etats-Unis.
Quelle est la mère qui donna naissance à ces monstres qui visent délibérément les gens pour les tuer ou les estropier ? Leurs stratèges sont assis au chaud dans des burlingues et tirent les ficelles. Ils ont essayé de nous démoraliser. Ils ne peuvent pas détruire notre volonté ni notre ténacité.

Les Etats-Unis résolvent leurs problèmes à coup de massacres, ils l’ont toujours fait. Du moment où les colons arrivèrent ici sur l’Île de la Grande Tortue, ils se sont entretués, nous ont massacré, puis s’en allèrent massacrer autour du monde.

La solution à tous les problèmes planétaires est la Loi de la Grande Paix: Kaia’nere:kowa qui fait de nous des êtres humains naturels. Les envahisseurs pensent qu’ils sont des dieux, créés par eux-mêmes pour se servir eux-mêmes et pour ignorer tout le reste de la création.

Les Lakota sont un vrai peuple en accord avec la fabrique naturelle des choses, un peuple qui va dans le sens de l’unité et de la création. Tout ce qui vit est égal, pas de différence. La loi humaine n’est en aucun cas supérieure ni ne peut supplanter notre droit naturel de naissance. Nous utilisons notre cerveau pour penser et nos yeux pour voir. Nous n’écoutons pas ceux qui ne font que protéger leurs propres intérêts.
On ne peut pas imposer la paix avec des bombes. Les Etats-Unis ne font que maintenir leur pouvoir par la tyrannie. Ils utilisent cette fabrication doctrinaire de “l’exceptionnalisme américain” pour étendre leurs guerres à travers le monde (NdT: action typiquement impérialiste). Les Etats-Unis se moquent complètement de toutes considérations humanitaires. Leurs tribunaux de l’amirauté leur permettent de le faire et de s’en sortir sans ambage. Ils violent en permanence la convention de Genève et les autres conventions et devraient être jugés pour crimes de guerre et contre l’humanité.

Les Etats-Unis affirment qu’ils œuvrent pour la paix mais ils nous font tous chanter en maintenant leur doigt sur le bouton nucléaire. Le véritable gouvernement des Etats-Unis est en fait partie des 13 familles de sang. Nous, rotino’shonni (Iroquois) leur ont rendu visite en Angleterre en 1710 pour essayer de leur faire entrevoir et de leur enseigner la paix. Ils continuent depuis tout ce temps à l’ignorer et maintenant ces familles tentent de faire la promotion de leur guerre perpétuelle.

Les Lakota et tous les peuples naturels n’ont pas d’autre choix que de se dresser et de défendre notre terre pour toujours, nous n’avons nulle part d’autre où aller. Nous appartenons à cette terre où nous sommes.

Les Etats-Unis (NdT: et l’oligarchie en contrôle du monde occidental) sont terrifiés de l’unification du peuple, des peuples, afin que nous mettions un terme à la bombe et à la destruction de notre mère la terre. Nous devons nous dresser comme un seul homme et clâmer: “NON !” car nous faisons tous partie de la Nature et de l’ordre naturel des choses.

Les cinq flèches rotino’shonni en sont le symbole (voir ci-dessus)

Notre esprit commun pour toujours. Nous demandons aux gens de nous rejoindre.

Résistance au colonialisme: Standing Rock et la vérité légale…

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Une fois de plus, il importe peu qui a été, est et sera à la Maison Blanche, le viol constant de la terre et des traités établis avec les nations autochtones est et demeurera la préoccupation principale des politiciens vendus et achetés depuis belle lurette par le système marchand et son oligarchie aux commandes. Trump n’en étant-il pas le plus superbe des exemples ?…
Le gouvernement fédéral scélérat et usurpateur des “Etats-Unis” a signé plus de 400 traités depuis 1776 avec les nations indigènes originellement libres et indépendantes hors de la domination chrétienne et occidentale. Tous ces traités ont été bafoués, violés et ignorés pour le profit de l’état colon lui-même propriété privée des banques et grosses entreprises désormais transnationales.
Cet empire est construit sur le vol, le meurtre de masse (génocide), la déshumanisation et la coercition du plus grand nombre par le plus petit nombre. Sa population colonisatrice est elle-même colonisée, sous l’emprise totale du totalitarisme marchand.
Abattre l’empire, abattre tout empire, c’est unifier les peuples dans l’intérêt commun des peuples de cette planète et éradiquer l’empire factice de la division et du chaos généré par le capitalisme et son arme de destruction massive qu’est la société du spectacle marchand.
Ce n’est pas un Standing Rock qu’il nous faut, mais 10, 15 Standing Rocks simultanés à travers cette empire du chaos d’Amérique du Nord et ses ramifications mortifères dans le monde. Standing Rock ce sont les ZAD. Il y a un Standing Rock potentiel dans chaque ville et village de France et d’occident, parce que nous sommes tous des colonisés de ce système dégénéré assassin mais aussi parce que nous sommes tous inter-reliés.
Mitakuye Oyasin !

 

~ Résistance 71 ~

 

Les actions de déshumanisation par la police du Nord Dakota viole le traité de Fort Laramie de 1851

 

Steven Newcomb

 

16 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/16/dehumanizing-actions-north-dakota-police-violate-1851-treaty-fort-laramie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les camps pour la protection de l’eau à Standing Rock en opposition au projet du Dakota Access Pipeline sont sis en territoires reconnus par traités d’Oceti Sakowin (Le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux). Le peuple Sioux Standing Rock, faisant partie de la plus grande nation d’Oceti Sakowin, a parfaitemt le droit d’héberger les protecteurs de l’eau dans ces camps. Ce projet de construction d’oléoduc du Dakota Access devant traverser le territoire d’Oceti Sakowin sans le consentement préalable et informé de cette nation se déroule en violation totale du traité de Fort Laramie de 1851. Ainsi, les actions de la police de l’état du Dakota du Nord et de la Garde Nationale US en faveur du projet d’oléoduc sont en violation DIRECTE des territoires d’Oceti Sakowin reconnus expressément dans ce traité de Fort Laramie de 1851 (NdT: qui fut consolidé de mieux dans le second traité de Fort Laramie de 1868, après la seconde défaite de l’armée américaine face aux nations Sioux et Cheyenne)

Il est choquant de regarder les vidéos des interventions de ces forces de police militarisées du Dakota du Nord utilisant des triques, des massues, des balles en caoutchouc (infligeant de sérieuses blessures) et des engins à ultra-sons contre des protecteurs de l’eau pacifiques et non-armés à Standing Rock. Il y a déjà des rapports de fouilles à corps et d’humiliation perpétrées par les forces étatiques. Ceci représente la domination coloniale et la déshumanisation en action. Ce qui se passe à Standing Rock est aussi une illustration on ne peut plus claire d’un traité avec une nation indienne, celui de Fort Laramie en 1851, être une fois de plus complètement bafoué et ignoré par le gouvernement fédéral des Etats-Unis.

Ce traité de Fort Laramie est totalement ignoré par les Etats-Unis qui sont en faveur [au service ?…] d’intérêts spéciaux très puissants avec les industries du pétrole et de la finance. Standing Rock est un exemple au XXIème siècle de la méthodologie et des techniques d’oppression qui furent instiguées par les bulles pontificales du XVème siècle (NdT: Dum Diversas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) ). En voici quelques étapes bien caractéristiques: “envahir, capturer, vaincre et subjuguer” les nations originelles de ce continent (et de tout continent, terre non-chrétiens), comme l’Oceti Sakowin. Réduire les “nations barbares” sous la domination (dominium) de “l’empire chrétien” ou ce qui est maintenant “l’empire américain”.

Quelle serait donc une bonne compréhension de ce traité de Fort Laramie de 1851 que les Etats-Unis signèrent avec la nation Oceti Sakowin / Grande Nation Sioux ?
Une information importante aux sujets des traités fut fournie par le tout premier patron de la Cour Suprême des Etats-Unis, John Jay. Il fut l’auteur de l’article Fédéraliste 64, qu’il publia en 1788 sous le nom de plume de Publius. Les articles fédéralistes furent écrits dans un effort particulier de renforcer le cas de la ratification de la constitution proposée, celle qui fut écrite à Philadelphie en 1787. Jay a eu quelque chose à dire à propos des traités dans le 64ème article fédéraliste.

Jay répondait à l’argument soutenant que les traités ne devraient pas être considérés comme la loi suprême de la terre au sein du cadre constitutionnel proposé. En discutant des traités, Jay dit alors: “Il serait impossible de trouver une nation qui pourrait traiter avec nous [les Etats-Unis] et les liant absolument au traité tandis que nous [les Etats:Unis] ne considérerions être liés au traité qu’autant que nous le désirions et dans la mesure où cela nous serait favorable.” Ceci décrit fort justement l’attitude générale des Etats-Unis en ce qui concerne les traités avec les nations natives comme l’Oceti Sakowin. Ce que Jay considérait comme impossible en regard des traités est en fait exactement comment les Etats-Unis ont vu le traité de Fort Laramie en 1851 (NdT: et tous les traités précédents et ceux qui s’en suivirent…). L’état colonial a considéré ce traité comme n’obligeant en rien les Etats-Unis.

Jay continua en parlant des législateurs (NdT: à savoir le congrès des États-Unis: chambre basse + sénat): “Ceux qui font les lois peuvent, sans aucun doute, les amender ou les abroger.” De plus Jay a dit: “il ne sera aucunement disputé que ceux qui font les traités peuvent les altérer ou les annuler.” Jay exhorta les gens à néanmoins ne pas oublier quoi qu’il en soit, que “les traités ne sont pas seulement faits par une des parties contractantes, mais par les deux.” Le consentement des deux parties prenantes d’un traité est essentiel à sa réalisation a dit Jay. Ainsi, le consentement des deux parties est toujours nécessaire ultérieurement pour “altérer ou annuler” un traité.

En d’autres termes, l’Oceti Sakowin doit d’abord donner son consentement avant que le traité de Fort Laramie de 1851 ne soit altéré ou annulé. Les Etats-Unis par conséquent n’ont absolument aucun droit d’altérer ou d’annuler unilatéralement le traité de Fort Laramie de 1851 (NdT: ou tout autre traité) par législation du congrès. Les Etats-Unis n’ont également aucun droit d’imposer validement à la nation Oceti Sakowin leur interprétation américano-centriste du traité.

Jay déclara que la constitution proposée “n’a donc pas étendu l’obligation des traités le moins du monde.” Les traités “sont juste tout autant liant et juste hors de la portée légale des actes législatifs maintenant ou dans quelque future période que ce soit ou sous toute forme de gouvernement que ce soit.Donc depuis 1851, le traité de Fort Laramie est “hors de portée de tout acte législatif” du congrès des Etats-Unis, comment fut-il donc possible pour ces mêmes Etats-Unis d’utiliser validement un acte législatif du congrès en 1958 pour, de manière supposée, donner au corps du génie de l’armée des Etats-Unis le droit de “prendre” la terre Oceti Sakowin sans la permission de cette dernière ?

D’après John Jay, il n’est pas possible pour le congrès de donner VALIDEMENT, LEGALEMENT, au corps du génie de l’armée quelque permission que ce soit de “prendre” la terre Oceti Sakowin sans leur consentement. La loi de 1958 est une fraude en accord avec les règles de traité que John Jay, grand patron de la Cour Suprême avait si brillamment et clairement exprimées.

La loi territoriale des Etats-Unis sur le Dakota dit explicitement que le territoire indien qui n’a pas été cédé aux Etats-Unis par traité ne peut pas être considéré comme partie de ce que les Etats-Unis déclarent être le territoire du Dakota des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, le territoire d’Octi Sakowin n’est aucunement une “terre fédérale”. Il n’est pas non plus “territoire de l’état du Dakota”. Il demeure le pays distinct et séparé de la nation Oceti Sakowin. Ceci est le raisonnement qui s’ensuit de l’explication de John Jay faite sur la constitution proposée des Etats-Unis. Jusqu’à ce jour, la nation Oceti Sakowin n’a JAMAIS donné l’autorisation dans un traité ratifié par les Etats-Unis, de permettre que son territoire soit considéré comme partie de l’état du Dakota du Nord ou du sud et de l’état fédéral (colonial) des Etats-Unis d’Amérique.

Le raisonnement ci-dessus a été savamment caché parce qu’en 1823, la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre M’Intosh et la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination sous-jacente, furent déclarées prévalentes et s’affirmèrent comme le paradigme invalide et usurpateur de la loi et de la politique fédérales indiennes. Les lois scélérates votées par les Etats-Unis et qui n’ont pas eu de résultats positifs pour la grande nation Sioux sont documentées plus avant dans cet article de Peter Cozzens qui vient juste d’être publié par le magazine de la société smithsonienne dans son édition de novembre 2016 et intitulé: “Ulysses S. Grant Launches an Illegal War Against the Plains Indians, Then Lied About It.” (Note de R71: Nous avons lu ce long article au demeurant excellent, trop long pour être traduit, mais Ô combien édifiant sur la fourberie et l’infâmie répétées du gouvernement fédéral colonial yankee… Cliquez sur le lien ci-dessous pour y avoir accès en anglais désolé).

Illegal War

Ce que tout le monde a su est que l’extension géographique et les frontières politiques des Dakota du nord et du sud sont fausses. Les frontières de ces deux états n’incluent en rien quelque partie que ce soit du territoire Oceti Sakowin qui n’a pas été cédé, abandonné ou rétrocédé aux Etats-Unis par un traité ratifié par les Etats-Unis eux-mêmes. Ceci constitue le territoire d’un pays séparé, celui de Lakotiah ou de Dakotiah.

Note de Résistance 71:

Les territoires Oceti Sakowin couverts par le traité de Fort Laramie de 1851 ainsi que les territoires non cédés par traités couvrent une énorme superficie qui s’étend au cœur des grandes plaines sur les 6 états du Dakota du nord et du sud, du Montana, du Wyoming, du Colorado et du Nebraska. Ce territoire représente quelques 220 000 km2 soit un peu moins de la moitié de la superficie de la France, qui appartiennent et sont PAR DROIT NATUREL le territoire de la Grande Nation Sioux usurpé par cet empire sans terre que sont les Etats-Unis.

Voir carte ci-dessous.

siouxmap

Résistance au colonialisme: La loi coloniale américaine est d’emblée nulle et non avenue (Steven Newcomb)

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Nous le disons depuis un bon moment, ce qui découle des analyses historico-légales de Steven Newcomb, Peter d’Errico et autres juristes spécialistes comme Glen Morris et le professeur Miller tous traduits sur ce blog, est ceci:

Pour la première fois dans l’histoire, un empire affirmé et actif est SANS TERRE. Il est construit sur des terres volées, usurpées et n’a aucune légitimité en quoi que ce soit, ce que confirme brillamment Newcomb dans l’article que nous avons traduit ci-dessous. De fait: Un empire sans terre est un empire à terre !

Il suffit de faire valider ces arguments à la face du monde et les peuples briseront leurs chaînes en brisant les mensonges et les manipulations historiques sur lesquels le monde moderne est construit depuis des siècles pour le seul profit d’un occident chrétien oligarchique oppresseur et hégémonique.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie colonialiste qui les opprime tout autant et se tenant côte à côte avec leurs frères autochtones du monde pour construire la société des sociétés égalitaire, anti-étatique et anti-autoritaire du futur.

~ Résistance 71 ~

 

Nul et non avenu dès le commencement vous ne pouvez pas donner ce que vous ne possédez pas

 

Steven Newcomb

 

12 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/12/void-when-initiated-you-cant-grant-what-you-dont-possess

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le concept de société civile remonte à l’ancien empire romain. Aujourd’hui nous trouvons ce concept dans l’expression “désobéissance civile”. Elle communique l’idée qu’il y a des gens qui considèrent “désobéir” à un “civis” ou “ordre civil” imposé de la société américaine (NdT: en l’occurence mais ceci est tout à fait valide dans tous les pays occidentaux où le “droit romain” est ancré dans la tradition de l’oppression légale), qui fut fondée comme l’empire américain. Dire qu’il y a des individus autochtones voulant “désobéir” communique de fait l’idée problématique que le soi-disant ordre civil américain est valide et mérite d’être “obéi” par les nations natives que cet empire a colonisé et continu de coloniser et d’opprimer.

La police militarisée, avec ses balles en caoutchouc et ses massues, se trouve sur le territoire d’Aceti Sakowin (Le conseil des sept feux de la grande nation Sioux) pour l’affaire du Dakota Access Pipeline et pour faciliter une corporatisation plus avant des terres de la nation Oceti Sakowin. La police et la Garde Nationale US sont là pour renforcer l’ordre impérial de l’Amérique. Leur fonction est de renforcer au moyen de la violence et la menace de son utilisation, l’habitude d’obéissance, à la fois mentale et physique, à l’état de domination de l’empire américain en ce qui concerne nos nations originelles libres et indépendantes.

L’idée même que nos nations natives continuent d’exister comme nation pleine dans tout le sens politique du terme, ayant un droit de vivre au sein de la protection de l’intégrité de son propre territoire, libre de toute domination de l’empire américain, défie la logique de cet empire et sa voracité pour toujours plus de terre et de pétrole.

Nous ne devons JAMAIS oublier que toutes nos nations sont bien antérieures aux Etats-Unis d’Amérique et de tout concept “d’Amérique”. Aussi loin que je sois concerné, nous, les peuples autochtones de ce continent, sommes pré-américains, des nations pré-américaines. Nous précédons temporellement la prédation de l’empire américain en tant qu’état prédateur. Nos nations précèdent absolument tous les états aussi variés soient-ils qui forment le système politique des Etats-Unis.

Aussi loin qu’est concerné l’empire américain l’obéissance civile à ses idées et à ses arguments de domination doit être continuellement renforcée.

Ces idées et arguments ont été créés pour le bénéfice économique de l’empire américain aux dépends des nations indigènes et il semble que malheureusement beaucoup d’entre nous ont cédé à l’idée que tout ceci représente “la loi” de l’empire américain au lieu que de n’être que des idées que les Etats-Unis pensent et considèrent comme étant “leur loi et système légal”.

Nous sommes toujours capables de penser à une époque pas si lointaine où nous vivions libres et indépendants de toute domination étrangère comme les nations originelles de ce continent. Voici un point de vue que bien peu de gens ont considéré: à cause de l’existence libre originelle de nos nations sur ces terres et territoires, les idées et les arguments des premiers colonisateurs de la chrétienté étaient nuls et non avenus sur nos territoires au moment même où ils furent annoncés et mis en place.

La phrase latine qui explique ceci est: “void ab initio nemo dare potest quod non habit”, comme m’en a si gentiment informé Larry Green de la confédération des Six Nations (Iroquois) de Grand River, et ceci veut dire “nul et non avenu dès la mise en application, vous ne pouvez pas donner ce que vous ne possédez pas”. Les papes de Rome et les monarques de la chrétienté ne possédaient aucun droit de domination à donner sur les territoires de nos nations. (NdT: ni où que ce soit du reste… tout ceci n’est que fabrication en rapport au sacro-saint “droit du plus fort” ou rapport dominant/dominé.) Chacune de toutes ces “cérémonies de prise de possession” qui furent pratiquées sur nos territoires étaient nulles et non avenues au moment même où elles étaient pratiquées.

Malheureusement, nous, les habitants du continent pré-amérique, avons été placés sous une sorte de charme hypnotique. Nous avons été conditionnés à internaliser et à accepter sans poser aucune question, des assomptions et des idées absurdes importées de l’Europe occidentale dans notre partie du monde. Pour cette simple raison, il semblerait que nous ayons loupé un point clef: Les bulles pontificales du Vatican et les chartes royales monarchiques prétendant donner la domination sur nous et sur nos terres étaient nulles et non avenues dès le moment où elles furent créées et les colonisateurs qui arrivèrent sur quelque territoire que ce soit de nos nations originelles libres ne gagnèrent absolument rien dans le processus de ces bulles et chartes. Nous devons dire et clâmer ceci à chque opportunité possible.

Ces monarques et la papauté n’avaient absolument aucune autorité en dehors de leurs propres territoires. Dès que leur autorisation supposée (par bulle pontificale ou charte royale) atteignit nos côtes, cette autorisation fut annulée. Pourquoi ? Parce que les représentants des monarques étaient en dehors de la territorialité desdits monarques et hors de la juridiction de ces monarques et sur un territoire hors de la juridiction de l’église catholique romaine. Aucun monarque de la chrétienté n’avait aucun droit que ce soit dans une nation non-chrétienne et sur un territoire non-chrétien.

En tant que nations pré-américaines, nous avons eu peu de contre-arguments puissants fondés sur une compréhension précise de la loi et de l’histoire. Nous avons besoin de développer ces contre-arguments qui clarifient la nature falsifiée des narratifs coloniaux. Des mensongers construits sur des mensonges n’en demeurent pas moins des mensonges et ce indépendamment du fait qu’ils soient apparus “légitimes” dans leur contexte pseudo-légal. Le juge de la CS des Etats-Unis John Marshall a admis le mensonge qui se situe à la racine profonde de la décision de la CS dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823 lorqu’il écrivit au sujet de “la prétention extravagante de convertir la découverte d’une terre habitée en conquête (domination).Adam Smith a lui-même admis les mensonges intégrés dans les narratifs coloniaux lorsqu’il fit remarquer que les pays colonisateurs qui arrivèrent sur le continent des Amériques n’avaient fait que déclarer un “titre de propriété factice” sur les terres de nos nations originelles dans les endroits qui étaient colonisés.

Un autre juge de la CS des Etats-Unis, Joseph Story demanda “Comment les colonies britanniques acquérirent-elles le titre de la terre sur le continent ?” et sa réponse fut: “par la découverte”. Mais la réponse correcte du point de vue des nations pré-américaines et fondée sur le principe du “void ab initio” est celle-ci: “La couronne et les colonies n’ont JAMAIS acquis de titre de propriété valide sur le continent.” Elles “prétendirent” avoir acquis un titre valide sur la terre du continent au moyen de l’affirmation fictive d’avoir “découvert” des terres qui appartenaient à nos nations originelles.

Nous nous sommes complètement plantés dans cet imbroglio. Nous avons toujours agi comme si les idées et les arguments des colonisateurs étaient VALIDES. Ainsi en ce sens nous avons accepté leurs mensonges de “loi fédérale indienne” comme étant VALIDE et nous avons vécu une existence dans une illusion, un mensonge d’auto-subordination (NdT: qui fut aussi matraqué au sens propre comme au sens figuré dans les esprits autochtones au moyen des pensionnats pour Indiens et le système de lavage de cerveau en règle mis en place pendant près d’un siècle aux Etats-Unis et au Canada…). Ceci est en fait un cauchemar que nous nous sommes en quelque sorte auto-infligés et duquel fort heureusement nous avons commencé à nous réveiller. Les idées et les arguments des colonisateurs, fondés sur la bible, le christianisme et la chrétienté (l’empire chrétien) ne furent JAMAIS valides et par force, ces idées et arguments ne sont certainement pas valides aujourd’hui.

void ab initio nemo dare potest quod non habit.

Nous avons besoin d’avocats pour présenter ces arguments pour les protecteurs de l’eau qui ont été arrêtés sur le site de colonisation qu’est le Dakota Access Pipeline . Nous devons questionner et défier légalement ces assomptions prises pour argent comptant sur lesquelles toute la loi fédérale indienne est basée et a été fondée !

Résistance au colonialisme: Standing Rock, oléoduc et vol de terres ancestrales, un regard légal (Steven Newcomb)

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« Les pères fondateurs des Etats-Unis sont un gang d’esclavagistes qui a voulu être libre, pour pouvoir continuer à mettre en esclavage l’homme noir , massacrer et voler l’homme rouge.”

~ George Carlin ~

 

Un regard sur l’assertion des Etats-Unis faite à Oceti Sakowin ou la Grande Nation Sioux

 

Steven Newcomb

 

3 octobre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/10/03/look-us-claim-oceti-sakowin-great-sioux-nation

 

~ Traduit de l’anglais par Résistsnce 71 ~

 

Nous pouvons nous remémorer un temps où nos ancêtres vivaient libres et indépendants des idées développées au-delà de l’océan Atlantique, dans cet endroit appelé la Chrétienté. Nous savons que nos ancêtres autochtones au continent des Amériques n’étaient en aucune mesure sujets aux idées chrétiennes avant que les chrétiens ne traversent l’océan à la voile pour venir dans notre partie du monde, ici, sur l’Île de la Grande Tortue. Parce que les chrétiens européens n’étaient pas physiquement ici, sur l’Île de la Grande Tortue, leurs concepts, leurs idées et leurs arguments ne l’étaient bien évidemment pas non plus. Ceci nous laisse en proie à un mystère. Sur quelle base les premiers colonisateurs assumèrent-ils que nos nations libres et nos ancêtres étaient sujets aux idées et aux arguments du monde chrétien ? Dans quelle mesure ces idées sont-elles toujours utilisées aujourd’hui, des siècles plus tard par les Etats-Unis ?

Dans ses “Commentiares sur la Constitution des Etats-Unis”, publiés en 1833, le juge de la cour suprême Joseph Story posa une question liée à cela. Il demanda comment les colonies britanniques obtinrent le titre de propriété du sol sur le continent nord-américain. Sa question ne faisait pas qu’assumer que les colonies britanniques avaient le titre du sol sur le continent, mais assumait également, comme le dit Story, que les puissances coloniales obtinrent un “titre de propriété” par leur propre “assertion” qu’elles avaient le “titre complet” d’une “domination absolue” sur la terre qui de la perspective de nos ancêtres, était le sol de nos territoires nationaux. Story remonta ces idées jusqu’à la bulle pontificale du XVème siècle et les chartes royales d’Angleterre et de la Grande-Bretagne.

La plupart des gens ne réalisèrent pas que des hommes comme Joseph Story et John Marshall passèrent une grande partie de leur temps à penser à de telles choses. Ils le firent parce qu’ils devaient développer une logique pour affirmer que les colonisateurs chrétiens d’Europe avaient le droit à la terre de ce continent, droit qui était supérieur au quelque droit que nos nations et ancêtres pensaient avoir. Les hommes d’idées comme Story ou Marshall dont le boulot était de persuader, savaient sans aucun doute qu’il y avait une chance qu’un jour, dans un futur distant, pour que nous, les descendants de nos ancêtres autochtones, puissent bien essayer de retourner et d’analyser les archives des idées des colons pour retracer leur cheminement mental.

Quelques uns d’entre nous ont travaillé depuis des décennies sur cette rétrospective avec pour but de non seulement comprendre, mais aussi pour pouvoir enfin défier les idées et les arguments qui furent émis par les ancêtres de la société colonisatrice qui s’en vint sur l’Île de la Grande Tortue depuis la chrétienté occidentale.

Note de R71: Steven Newcomb est un de ces juristes autochtones (Shawnee, Lenape) qui se sont attaqués et arque-boutés sur les textes légaux afin d’en comprendre les mécanismes et de pouvoir les débouter. Ceci étant fait, il faut maintenant le faire VALIDER. Pour ce faire, ils ont besoin de l’opinion publique internationale et de tribunaux réellement indépendants. Cette affaire n’est pas anecdotique, elle représente le FONDEMENT même de l’empire anglo-américain par sa “loi de la terre” et du pourquoi il est frauduleux, criminel et usurpateur ; pourquoi il est un empire SANS TERRE et donc par là même UN EMPIRE A TERRE. Newcomb a écrit un livre étude essentiel que nous avons traduit en grande partie en français: “Païens en terre promise: Décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, 2009. Nous conseillons de le lire pour comprendre ce qu’il se passe vraiment et où se situe le combat contre l’empire… Il y a un lien direct entre ce qu’il se passe en Syrie aujourd’hui et les bulles pontificales Romanus Pontifex et Inter Caetera du XVème siècle ! La destruction de l’empire passe par cette reconnaissance et notre solidarité avec les nations colonisées par la “couronne” (City de Londres) dont les Etats-Unis n’en sont qu’un des bras armés.

Fondé sur des décennies de recherche intensive et diligente, nous savons maintenant que les penseurs européens chrétiens ne faisaient que rêver l’idée que les représentants de la chrétienté pouvaient entrer dans le pays d’autrui et mentalement, verbalement et cérémonieusement affirmer que le monarque qu’ils représentaient avait un “dominion absolu” sur le pays où leur bateau était arrivé. Ils assumèrent de plus que leur assertion mentale, verbale et cérémonieuse deviendrait “vraie” parce que les penseurs chrétiens la rêvaient tout éveillé dans leurs têtes et la traitaient comme “vraie” ainsi la perpétuant au fil du temps.

L’idée qu’ils, en tant que colonisateurs, avaient un titre complet de propriété et un dominion absolu sur le sol des territoires de nos nations originelles, un point que Story, Marshall et d’autres hommes blancs ont clâmé pour les Etats-Unis, est devenu “vrai” et une “réalité” pour les colons et pour les Etats-Unis simplement parce que ces idées étaient traités collectivement comme étant “vraies” et “réelles”. Comme tout ceci ne se passait que dans la langue des colonisateurs de toute façon à cette époque, lorsque de telles assertions furent initialement faites, nos ancêtres n’avaient aucune compréhension de la nature spécifique de ces vues bizarres des colonisateurs. Quelques-uns de nos ancêtres comme Tecumseh (NdT: grand leader et chef de guerre Shawnee) ont essayé de défier la pensée des colons en se basant sur l’existence originelle libre et indépendante de nos nations.

La récente controverse au sujet du Dakota Access Pipeline remonte à ce processus de construction de la réalité et la capacité du gouvernement des Etats-Unis de simplement déclarer quelque réalité désirée comme existante. Mais il y a quelque chose d’assez surprenant dans les archives historiques dont la plupart des gens n’ont pas connaissance. C’est surprenant parce que c’est un langage qui pourrait toujours bien bénéficier les nations autochtones.

Prenez par exemple la loi “An Act to provide a temporary Government for the Territory of Dakota, loi de gouvernement temporaire sur le territoire du Dakota” que le congrès des Etats-Unis passa en mars 1861, de manière surprenante, le territoire du Dakota n’incluait aucun territoire indien qui n’avait pas été cédé ou abandonné par voie de traité par une nation indienne.

Mais “tout territoire indien”, dit la loi sur le territoire du Dakota, “devra être exclus des frontières et ne constitue aucune partie du territoire du Dakota, jusqu’à ce que les tribus signifient leur accord au président des Etats-Unis pour y inclure ces dits territoires.” Jusqu’à aujourd’hui l’Oceti Sakowin (le conseil des sept feux) et le Ihanktuwana Dakota Nation (feux de la grande nation Sioux) n’ont JAMAIS donné leur accord au président des Etats-Unis de voir leur territoire Oceti Sakowin inclus dans le territoire de l’état du Dakota.

Cette loi congressionnelle sur le territoire du Dakota stipulait également que “rien dans cette loi… ne doit être fait pour entraver les droits des personnes ou de la propriété maintenant échus aux Indiens de ces territoires, aussi loin que de tels droits demeurent inextinguibles par traité entre les Etats-Unis et ces Indiens…” Jusqu’à aujourd’hui, ces droits demeurent des droits inextinguibles par traité.

Ceci étant le cas, on peut se demander “pourquoi le phrasé mentionné dans la loi de donner un gouvernement provisoire pour le territoire du Dakota” n’est pas utilisé par le leadership de Standing Rock ou par leurs avocats dans un effort de défendre l’ Ihunktuwana Standing Rock Dakota et l’Oceti Sakowin ?” A mon avis, il est très probable que le leadership de Standing Rock n’a pas été informé de la signifiance de la loi sur le territoire du Dakota. Pourtant, à moins qu’il ne commence à pousser le gouvernement des Etats-Unis sur ce point précis, le langage protecteur pourtant émis dand la loi sur le territoire du Dakota sera continuellement ignoré et ne sera pas invoqué.

La loi d’établissement du territoire du Dakota est considérée comme faisant partie de la loi organique fondamentale des Etats-Unis. Ceci veut dire qu’elle est fondamentale au système entier des Etats-Unis. Le phrasé ci-dessus favorable à l’Oceti Sakowin (la Grande Nation Sioux) provient de l’ordonnance du Nord-Ouest de 1787, “La meilleure des bonne foi devra toujours être observée envers les Indiens et leur propriété, leurs droits, liberté, ils ne devront jamais être envahis ou dérangés, à moins de justes guerres légales déclarées par le Congrès.” L’adoption de l’ordonnance du Nord-Ouest fut le tout dernier acte du congrès continental et le tout premier acte du nouveau congrès sous la constitution des Etats-Unis de 1789. Le langage trouvé dans les lois territoriales pour le Dakota, l’Iowa, l’Oregon, le Nevada, pour n’en nommer que quelques-uns, remonte à cette ordonnance du Nord-Ouest.

Quoi qu’il en soit, il y a une autre trace parallèle à la loi organique des Etats-Unis et celle-ci suit le modèle de domination des bulles pontificales du Vatican. C’est de là que provient l’argument au sujet “du dominion absolu” sur la terre de la loi fédérale sur les Indiens, à commencer avec l’affaire Johnson vs M’Intosh de 1823. Le système conceptuel de domination de la chrétienté qui a pour origine les documents du Vatican a été utilisé par le gouvernement des Etats-Unis comme façon de contourner la loi organique américaine régie par l’ordonnance du Nord-Ouest, qui est le langage que l’on trouve dans la loi établissant le territoire du Dakota.

En mars 1958, la nation sioux Standing Rock a battu le corps du génie de l’armée des Etats-Unis au cours d’un procès à la cour de district après que le corps du génie eut tenté de s’emparer de terres pour satisfaire le projet de barrage hydraulique de Oahe. Ignorant totalement la loi pour le gouvernement temporaire pour le territoire du Dakota, la cour de district déclara que le congrès avait le pouvoir de domaine imminent sur les terres de traité de Standing Rock. Mais le congrès n’avait pas exercé ce pouvoir donc Standing Rock fut donné victorieux. En septembre 1958, le congrès passa une loi pour permettre au corps du génie de prendre un peu plus de 1500 Ha de terre pour le projet de barrage Oahe sans que le congrès ne prenne jamais en considération le libellé de la loi sur le territoire du Dakota concernant les territoires indiens.

La base du modèle de domination sur lequel le congrès donna au corps du génie le feu vert pour saisir les terres de la nation Standing Rock fut révélée par le ministère de la justice dans memo légal qu’il envoya à la cour suprême des Etats-unis 4 ans plus tôt en 1954, pour l’affaire Tee-Hit-Ton Indians vs les Etats-Unis. Le ministère argumentait que le peuple Tee-Hit-Ton ne pouvait pas recevoir de compensations financières pour le bois pris sur leur territoire parce que les “nations chrétiennes” avaient assumé la “juridiction” sur les terres des “païens et infidèles”. Le ministère de la justice cita des décrets (bulles) pontificales datant de l’année 1344 et ce en 1954! Les bulles pontificales de domination résultèrent en un système conceptuel de domination et de déshumanisation qui fut utilisé contre nos nations originelles libres et indépendantes et ceci constitue le contexte de la dispute actuelle et de la controverse à Standing Rock et le Dakota Access Pipeline.

Résistance au colonialisme: le 20 septembre les flics matraqueurs de l’état de New York au tribunal… 19 ans plus tard !

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L’attaque sur Onondaga en procès le 20 Septembre 2016

 

Mohawk Nation News

 

9 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/03/09/onondaga-attack-trial-sept-20-2016/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Rapport de 2006 sur l’attaque d’Onondaga en 1997

 

Après avoir attendu près de 20 ans le procès pour les matraquages des Rotino’shonni (Iroquois) par les New York State Troopers le 18 mai 1997, va enfin commencer.

Voir la vidéo des faits:

http://www.youtube.com/watch?v=SEbvX9hfBGY

Le 20 septembre 2016, les victimes de ce méfait planifient un séjour d’un an juste à côté du tribunal sur notre territoire. Occupy Wall Street vient donc immédiatement à l’esprit ! Un des plaignants va garer un campingcar devant le tribunal.

Le gouvernement des Etats-Unis ne se cachera plus derrière les masques corporatistes pour assassiner, Ronnie Jones. Ils ne tueront plus ceux qui ne sont pas d’accord avec eux.

Le juge est un certain Scullin, 100 South Clinton Street, à côté de Bill Clinton Way, America Inc., Syracuse New York. 315-234-8613, pour plus d’information.

Les Roti’noshonni ont attendu près de 20 ans pour que cette affaire soit entendue et passe en justice. Ils espéraient que nous soyions tous morts avec le temps. C’est leur ultime stratégie. Les médias montrent leur implication avec les documents divulgués.

Le public est invité à se joindre à nous. Toutes provisions seront grandement appréciées.

Peut-être que maintenant nous pouvons avoir un vrai tribunal en dehors de leur jurisdiction de l’amirauté (NdT: que sont tous les tribunaux fédéraux…). Nous voulons que justice soit faite. Les vrais criminels n’ont pas encore été mis en accusation. Les hommes de paille (les State Troopers de New York) passent en justice en bons boucs émissaires qu’ils sont.

La légalité même des Etats-Unis en tant qu’entité entrepreneuriale, commerciale est en jeu. Ceux qui se cachent derrière les masques entrepreneuriaux (président, vice-président, généraux, secrétaires d’état, ministres etc…) paieront pour les crimes qu’ils ont commis au nom de leur entreprise coloniale.

Sémantique coloniale: Dominer par la métaphore…

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Imposer des métaphores sur les nations originelles

1ère partie

2ème partie

 

Steven Newcomb

 

22 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/01/22/imposing-metaphors-original-nations-part-1

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Beaucoup de ce que nous prenons pour physiquement vrai n’est que métaphoriquement vrai. En voici une simple illustration: Supposez que j’ai une conversation avec quelqu’un et que je montre un arbre et dise: “Tu vois ce gros caillou devant cet arbre là bas ?” Et la personne me répond: “oui et alors ?” L’anecdote n’a rien à voir avec le caillou. C’est une manière d’illustrer un point de vue.

Un arbre n’a pas de devant ni de derrière sans que nous utilisions l’imagerie du devant et du derrière de nos corps physiques pour parler de cet arbre. Dans le contexte de la conversation, nous traitons l’arbre comme s’il avait un devant et un derrière de la même façon que nos corps en ont un. Donc, quelle partie est métaphore et quelle partie est réalité ? Comme le dit le philosophe du droit Steven L. Winter, la métaphore est notre façon “d’avoir une réalité”. Le devant et le derrière ne sont pas des caractéristiques naturels et physiques de l’arbre, indépendantes de la pensée humaine. En d’autres termes, beaucoup de ce que nous expérimentons comme réalité est le résultat de métaphores.

Faisons une application de notre exemple à Christophe Colomb (Cristobal Colón). Après son arrivée sur la première île Taino où il arriva de manière invasive, il utilisa une métaphore chrétienne pour l’appeler: “San Salvador” (Saint Sauveur). Le nom n’est pas devenu une partie physique de l’île. Pour Colomb et ses hommes, le nom religieux est devenu partie intégrante de la façon dont ils ont fait l’expérience de l’île, mentalement et métaphoriquement, en tant que résultat de leur interaction avec elle.

Colomb prit alors un nom religieux catholique et le projeta mentalement sur l’île en tant que partie d’un acte cérémonial (métaphorique) de “baptême” et de “prise de possession”. L’acte cérémonieux fut une utilisation de métaphores et de symboles pour faire “comme si” Colomb et ses hommes avaient physiquement pris possession de Taino Island. Une fois que ce sens de “possession” commença à interagir avec l’environnement en ayant suffisamment de force et de violence, une réalité chrétienne construite commença à “prendre pied”, pour parler figurativement.

En résultat de leur projection mentale et métaphorique, leurs actions soutenant leurs projections, Colomb et ses hommes commencèrent à réaliser que l’île était nouvelle pour eux, mais aussi familière en termes de la religion qui leur était familière et qu’ils y appliquaient. Ceci fit aussi partie d’un processus mental qui les vit commencer à incorporer linguistiquement et métaphoriquement l’île dans le système de language de la chrétienté (l’empire chrétien). Ils ne demandèrent pas l’autorisation de tout ceci bien évidemment au peuple Taino et imposèrent invasivement sur l’île et son peuple un nom étranger dérivé de la foi catholique et de la religion chrétienne. Les chrétiens commencèrent simplement à expérimenter verbalement et mentalement l’île en termes de mots et de métaphores de la chrétienté qu’ils connaissaient déjà. Bientôt, les chrétiens commencèrent à regarder et expérimenter Guanahani comme une île chrétienne baptisée “San Salvador” ou “Saint Sauveur”. Ce type de processus fut répété où que les colonisateurs espagnols envahirent.

Un point important à noter: En plus des objets physiques que Colomb et ses hommes transportaient avec eux sur leurs navires, ils portaient aussi avec eux, les mots et les métaphores qu’ils projetaient mentalement et linguistiquement sur les endroits variés où ils arrivaient et aussi sur les nations et peuples originales qui y vivaient. Les mots et les idées que les chrétiens projetèrent mentalement sur le peuple Taino ne faisaient pas partie du territoire ni de la culture des Taino, pas plus que le devant ou le derrière de notre arbre de tout à l’heure.

Discutons maintenant du contexte de la décision de la Cour Suprême (CS) des Etats-Unis dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. M’Intosh de 1823, qui fut la première fois que la CS projeta sur nos nations et nos peuples originels l’idée d’un “titre d’occupation des sols” et de la “diminution” de notre indépendance en tant que nations. Elle fit ces projections de la même manière que l’on puisse métaphoriquement projeter les notions de devant et de derrière sur un arbre. Ces idées d’”occupation des sols” et de “diminution de souveraineté” pour juste utiliser deux exemples parmi bien d’autres, sont des créations inventives de l’esprit humain et non pas des choses se produisant physiquement dans la nature. Mais la CS ne gère jamais sa propention à créer métaphoriquement la réalité sur laquelle elle prend des décisions et rend un jugement.

L’idée “d’occupation indienne des sols” n’est pas plus une caractéristique physique naturelle de nos nations que le devant ou le derrière n’est une caratéristique physique d’un arbre. Des idées telles que “Indiens”, “occupation”, “diminution”, “domination ultime”, “nations civilisées”, “nations non-civilisées”, “sauvages”, “peuple chrétien” et “païens”, qui figurent tous dans le rendu écrit du verdict de la CS dans l’affaire Johnson, sont des exemples de métaphores qui sont utilisées par des hommes blancs siégeant à cette époque à la Cour Suprême des Etats-Unis. Le concept d’une “diminution” de l’indépendance originelle de nos nations, par exemple, est un résultat d’une action métaphorique de l’homme blanc, par laquelle il “conçoit mentalement” l’indépendance de nos nations comme ayant été “diminunée” ou réduite. L’acte de “réduction” n’a été créé que dans la tête des membres de la CS des Etats-Unis, rien d’autre.

La CS utilise des chartes royales variées d’Angleterre comme base de sa projection mentale sur nos nations d’un “titre d’occupation des sols” indien et d’une “diminution” de notre indépendance originelle. Ces chartes autorisaient les “peuples chrétiens” à “découvrir” et à “subjuguer” (dominer) les îles, pays, régions et provinces des “païens et infidèles”. Mais il y avait aussi une autre idée puissante derrière la CS créant mentalement l’idée que l’indépendance de nos nations avait été diminuée par la “découverte chrétienne”. Ce “quelque chose d’autre” fut ce que le juge de la CS John Marshall, rédacteur du rendu de la décision, appelait la “domination ultime”, qu’il traçait à l’idée du droit ultime chrétien “d’ascendance”. Le dictionnaire universel Webster’s de la langue anglaise définit le mot “ascendance” comme étant un “pouvoir de contrôle ou de gouverner: une domination”.

L’idée de fond d’affirmer un droit chrétien de domination est ce qui cadre de manière tacite l’idée du titre indien “d’occupation des sols”. A chaque fois que nous voyons les Etats-Unis attribuer un “titre indien d’occupation” à une nation ou peuple autochtone, l’idée de l’affirmation d’un droit des “peuples chrétiens” à la domination des peuples non-chrétiens et de leurs terres est TOUJOURS en arrière plan.

Un titre indien de “simple occupation” et une “diminution” métaphorique de l’indépendance des nations autochtones (fondée sur l’affirmation que le “peuple chrétien” a “découvert” les terres des non-chrétiens) ne sont pas des caractéristiques physiques de l’existence de quelques nations ou peuples originels que ce soit. Ce sont des caractéristiques métaphoriques d’un monde, ou d’une réalité, de domination que la CS des Etats-Unis et le reste du gouvernement ont méticuleusement inventées et construites par leurs activités mentales. La CS a construit un système de réalité dominante pour le contrôle et la retenue de nos peuples et nations originels sur ce sous-continent.

L’objectif de ce système de réalité américain est l’enrichissement qui a toujours été l’appropriation de richesses pouvant être accumulées par l’empire américain en prenant possession des terres et ressources de nos nations en submergeant nos territoires. Dans la seconde partie de cet essai, nous examinerons comment les Etats-Unis ont utilisé la projection métaphorique du “titre indien d’occupation” contre nos nations et peuples originels par le moyen de l’ Indian Claims Commission que les Etats-Unis lancèrent il y a 70 ans en 1946.