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Résistance au colonialisme: La vaste fumisterie de la Déclaration des Peuples Indigènes de l’ONU…

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Recoloniser, Révangéliser, Réconcilier, Redominer

Steven Newcomb

29 Mai 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/05/29/re-colonize-re-evangelize-re-conciliate-re-dominate

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les mots sont le moyen par lequel nous configurons et créons notre réalité. Quand nous changeons les mots, nous changeons notre réalité. Les mots que nous utilisons dans notre vie quotidienne, dans notre interaction avec les autres, constituent une réalité à part entière. Le changement d’un seul mot, parfois même d’une lettre de l’alphabet, peut avoir pour résultat un renversement complet de la réalité. Prenez par exemple (en anglais) la différence entre les mots “people” sans “s” et le mot “peoples” (avec un “s”). Le premier mot indique des individus (NdT: les gens en français), le second indique des peuples entiers (NdT: les peuples, les nations..)

Le préfice “re” veut dire “faire de nouveau”. R(e)-évangéliser par exemple, veut dire refaire ces actions impliquées dans l’expansion et la divulgation de l’évangélisation chrétienne, un processus par lequel de la combinaison des mots et de l’attitude, résulta une somme énorme de terre, de pouvoir, de richesse, se retrouvant sous la domination du monde (empire) chrétien, de l’église catholique (NdT: et des églises réformées également par la suite), des monarchies chrétiennes européennes et des états.

“Re-coloniser” veut dire, refaire, ou renforcer, les schémas comportementaux de colonisation et de domination (pensée et attitude), qui furent appliqués pendant des siècles. Initialement, pacifier des autochtones en colère impliqua le besoin de se les “concilier”, ce qui veut dire “calmer quelqu’un, faire en sorte qu’il ne soit plus en colère” ou “pacifier quelqu’un ou un groupe de personnes qui ont un ressentiment en faisant en sorte qu’ils abandonnent leur ressentiment”.

L’effort d’une nation pour s’engager dans la conquête physique d’une autre nation implique que la nation qui agresse entre violemment ou envahisse la terre natale d’une autre nation ; ceci est plus correctement appelé “invasion de la patrie ou terre ancestrale”. Dans cette démarche, quelle type de réalité se contitue t’elle dans un processus de “conquête spirituelle” au nom de l’évangélisation ? La conquête spitituelle se fait en envahissant physiquement une nation libre et indépendante et en envahissant, colonisant l’esprit même de la nation et du peuple qui sont envahis, en utilisant des techniques de guerre psychologique contre la nation envahie.

L’évangélisme, d’après l’écrit du théologien Walter Brueggemann dans son Biblical Perspectives on Evangelism (1993), est un “conte narratif” qui a “trois scènes”. “Dans la première scène, dit-il, il y a combat, lutte et conflit entre de puissantes forces qui bataillent pour le contrôle de l’endroit, le contrôle des récompenses, le contrôle du futur.” Il va même plus loin et déclare : “L’évangélisation n’a aucun sens à moins que l’on ait une perception et une compréhension du drame qui se joue… dans sa fonction de combat et de lutte.” L’évangélisation chrétienne était vue comme partie de la lutte cosmique entre le bien et le mal sur Terre. Brueggemann dit que dans la tradition évangéliste “des évènements qui se sont produits dans un endroit ont une grande importance dans un autre endroit”, et que “les victoires remportées à une époque continuent de compter de manière décisive dans une autre époque.” (p.17)

Les prêtres catholiques qui vinrent dans notre partie de l’Île de la Grande Tortue/Abaya Yala (ou “hémisphère occidental”) dirent de manière explicite que l’objectif de leur évangélisation était “la conquête spirituelle” de nos ancêtres qu’ils dénommaient “les gentils”. Ceci veut dire que les prêtres étaient activement engagés dans une bataille pour la chrétienté ou l’empire chrétien afin de contrôler le futur, incluant le futur de nos nations. Les évangélisateurs dominant amenèrent avec eux l’image de la “mère Marie”, qu’ils appelaient “La Conquistadora” ou la conquérante (dominatrice) qui s’engage dans la “conquête”. Re-évangéliser est s’engager dans une nouvelle évangélisation ou s’engager dans des activités de “conquête spirituelle” (domination), au nom de la “réconciliation”.

Le ré-conciliation mode XXIème siècle est, de mon point de vue, un effort moderne pour renouveler le processus d’évangélisation initial en persuadant nos nations et nos peuples d’accepter volontairement un statut politique diminué afin que nous ne restions plus le contrôle exercé sur nos existances par “l’État”. Je le vois comme une extension des mêmes schémas de pensée et d’attitude qui émanèrent des bulles pontificales de l’église catholique et du pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia) et de son plan d’extension de la domination chrétienne par “l’empire chrétien”, colportée hors des frontières européennes sous le nom d’évangélisation.

La définition acceptée de l’ONU pour les “peuples indigènes” suit la tradition des bulles pontificales en utilisant l’idée que le mot “indigène” veut dire peuples existant de manière permanente sous la domination de “l’État”. Une fois que vous avez appris à voir et reconnaître ce schéma, l’image devient très claire: il y a des siècles, il y avait des nations originelles, distinctes et libres vivant sur la planète. Puis nos nations furent soudainement envahies par les monarchies de la chrétienté occidentale.

Le fait que nos nations étaient déjà libres et indépendantes avant l’invasion de nos territoires par les puissances politiques chrétiennes est la base pour la définition de l’ONU en référence de nos nations originelles libres avant l’invasion ou “pré-invasion”. Le préfixe “pré” reconnaît l’existence originellement libre de nos nations avant que nos ancêtres, nations et territoires ne fussent envahis par les monarchies de la chrétienté occidentale. Aujourd’hui, certains d’entre nous continuent de souscrire au point de vue que nos nations originellement libres ont le droit de vivre libres de toute domination parce que le système de domination qui nous a envahi n’a jamais été valide ni acceptable.

Nos nations vivent maintenant sous une affirmation de droit de domination post-invasion. Une invasion est définie comme “une armée ennemie envahissant un territoire”. Envahir est le fait “d’entrer de force ou de manière hostile, venir en tant qu’ennemi… pénétrer et s’étendre…” L’invasion fait partie de la colonisation, que l’historien Samuel Morison a défini comme “une forme de conquête (domination) dans laquelle une nation prend possession d’un territoire lointain.” Il ajoute que la nation envahissante “amène ses propres personnes” et “contrôle ou élimine les habitants autochtones.” (The Oxford History of the American People, 1965, p. 34).

La définition des Nations-Unies des peuples indigènes utilise implicitement l’imagerie de l’invasion de nos terres et de nos territoires pour illustrer les sociétés dominantes émergeant graduellement de cette histoire et existant jusqu’à aujourd’hui. L’ONU appelle ces sociétés dominantes “prévalentes aujourd’hui” ou “maintenant prévalentes” (c’est à dire dominantes aujourd’hui) en relation avec nos nations originelles libres. Ceci suggère que les sociétés “maintenant prévalentes” dominent activement nos peuples et nations caractérisés comme “indigènes”, c’est à dire nations et peuples dominés.

Au vu de ce qui précède, une question se pose: Pourquoi tant de gens considèrent-ils la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU être la base d’une réforme fondamentale alors qu’elle ne contient aucune provision pour mettre fin au système de domination qui a été établi et imposé à nos nations par des états aussi variés que le Canada, les Etats-Unis et d’autres pays ?

Une fois que nous réalisons pleinement que la DDPI de l’ONU ne fut jamais écrite avec les mots nécessaires pour mettre fin au système de domination établi dans la réalité et maintenu par les états, nous nous trouvons alors face à face avec un point particulier auquel on ne peut échapper: Lorsque, par exemple, le gouvernement canadien dit, comme il l’a récemment fait, qu’il va s’engager dans un processus de “réconciliation” en mettant en application les mots de la DDPI de l’ONU de manière consistante avec la constitution canadienne, ceci nous dit que nous pouvons nous attendre à toujours plus dans ce jeu de la domination, simplement cela porte un autre nom.

Note de Résistance 71: Au sujet de la “constitution” canadienne, elle est inexistante. La “constitution” canadienne est en fait une charte commerciale plus connue sous le nom de British North America Act de 1867 (BNAA 1867). Le “Canada” fut enregistré en 1867 en tant qu’entreprise coloniale de la “couronne” c’est à dire de la City de Londres dont la vitrine politique est la “couronne” représentée par la dynastie royale britannique. Le BNAA fut voté par le parlement britannique et est à cet égard une décision coloniale de dominion britannique. Le Constitution Act of Canada de 1982 est une fraude (clause dérogatoire de la section 33 et non ratification par le peuple).
Il est aussi à noter que la nationalité “canadienne” n’existe que depuis 1947, auparavant les “Canadiens” vivant dans le dominion du Canada était sujet britannique avec un statut spécial. Aujourd’hui, la reine d’Angleterre est toujours souveraine du Canada et nomme un gouverneur général qui ne répond qu’au souverain britannique. Le chef de l’état du “Canada” est la reine Elisabeth II d’Angleterre et ses héritiers. Tous les passeports canadiens sont émis au nom de la reine d’Angleterre. Le gouverneur général du Canada nomme au nom de la reine les sénateurs, les juges de la cour suprême etc…
Pas plus d’indépendance “canadienne” que de beurre en branche donc. Les Etats-Unis d’Amérique et le Canada ne sont que des créations de la “couronne”/City de Londres et du monde de la haute finance transnationale.

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Colonialisme occidental: Sémantique, subterfuge et « réconciliation » amérindienne… Vraiment ?…

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Réconciliation traités indiens et réditions ?

Steven Newcomb

16 Mai 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/05/16/reconciliation-and-indian-treaties-and-surrenders

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Comment pouvons-nous correctement interprêter le mot “réconciliation” dans le titre de ce qu’est la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada ? Une des manières de répomdre à cette question est en nous demandant “Qu’est-ce que les mots réconcilier, soumettre, soumission et rédition ont en commun ?” Réponse: Ils sont synonymes. Un des sens donné au mot “réconcilier” est “amener à se soumettre ou à accepter”. Considérant l’héritage des pensionnats de la domination pour Indiens et l’effort pour supprimer la souveraineté des nations autochtones originellement libres et indépendantes et d’assimiler ces peuples dans la “société canadienne”, il n’y a de fait aucune amitié à “restaurer” entre la couronne (NdT: La City de Londres et sa banque d’Angleterre/Vatican) et les nations originelles de l’endroit. Une des images restante et sensible de la “réconciliation” derrière la CVR est donc l’image d’un abandon par une forme de soumission à la “souveraineté assumée de la couronne”.

Un des sens donné au mot “soumettre” est “accepter la gouvernance ou l’autorité.” Un des sens de “réconcilier” est d’”accepter la gouvernance ou l’autorité.” Additionnellement, un des sens de soumission est “d’agir en acceptance de l’autorité ou au contrôle de quelqu’un d’autre”. Un des sens donné au mot “se rendre, rédition” est “d’accepter le pouvoir, le contrôle ou à la possession d’autrui par compulsion/obligation ou par demande.” Un autre sens est de “s’abandonner au pouvoir d’un autre: accepter, acquiescer”.

Une série de livres en trois volumes intitulée “Canada—Indian Treaties and Surrenders” est très instructif à lire. Cette série fut initialement publiée en 1891 à Ottawa par la maison d’édition “Brown Chamberlin, Printer to the Queen’s Most Excellent Majesty.” Voici un exemple de schéma de “réconciliation” trouvé dans les traités:

“Que tout le monde sache que par ceci, nous, les sous-signés chefs et hommes principaux de la bande d’Indiens possédant la réserve indienne de Garden River dans la province de l’Ontario du Dominion du Canada, agissant au nom de notre peuple, rendant par la présente le titre (de propriété), relaxons, abandonnons, arrêtons de clâmer et acceptons, acquiesçons à notre souveraine dame la reine, ses héritiers et successeurs pour toujours, le tout et les parties des portions de terre formant le lieu dit de la réserve indienne de Garden River…”

Notez les termes de “province”, “dominion”, “abandon”, “accepter, acquiescer” et de “notre dame souveraine”. Un empire tel que le Royaume-Uni a des provinces et des dominions (zones coloniales de domination). De tels termes et phrases semblent créer l’impression distinctive que le peuple d’une nation originelle donnée considère “la reine” être leur “dame souveraine” en relation avec ces nations originelles du continent. Dans ce contexte, le mot “souverain” dénote “quelqu’un possédant ou tenu pour posséder la souveraineté” ; et quelqu’un “qui exerce l’autorité suprême au sein d’une sphère délimitée.”

En regardant dans le dictionnaire sous le mot “souveraineté” (un mot que Jonathan Havercroft a dit être “une forme injuste de domination”), le terme “dominant” apparaît, ainsi que le mot “libre” sous les vocables synonymes. “Le souverain” est vu comme à la fois dominant et libre en comparaison de ceux qui sont dits avoir cédé, abandonné, accepter la domination d’autrui sur leurs terres, en l’occurence “la reine souveraine”.

Ainsi dans ce contexte, le “titre de la couronne” est le titre souverain dominant, tandis que le titre de nos nations originelles est vu comme un “titre d’abandon” ou en d’autres termes “un titre de simple occupation des sols” comme ce fut cité dans le rendu de la cour suprême des Etats-Unis de l’affaire Johnson & Graham’s Lessee v. M’Intosh (1823), ce qui n’est pas considéré comme un titre de propriété qui puisse surpasser le droit de domination (dominium) et de propriété suprême du “souverain”.

Clairement, les nations originelles existant au nord de la frontière internationale entre le Canada et les Etats-Unis ne considèrent pas leurs traités être “des traités d’abandon”. Il y a de grandes chances qu’elles prennent un fort ombrage à une telle caractérisation. Ceci est bien compréhensible. Quoi qu’il en soit, les trois volumes publiés par la couronne en 1891 révèlent que “la couronne” interprète ses documents de traité avec les nations originelles sous cet angle là. L’image de la “réconciliation” comme un abandon, une rédition, une soumission ou un acquiescement, correspond à cette idée que ces traités sont en fait une sorte de rédition, d’abandon [de souveraineté]. Qu’en serait-il alors si le mot de “réconciliation” dans le nom même de Commission Vérité et Réconciliation du Canada est fondée sur ce cadre de domination, de relation dominant/dominé ?

L’adjectif “aborigène” remonte au nom “aborigine” qui est listé comme “quelqu’un des peuples natifs (un individu) par contraste avec le peuple envahisseur ou colonisateur.” La nature de soumission du langage de ce que la couronne appelle “traités et réditions” (soumettre, se rendre, soumission et accepter, acquiescer), caractérise la vision de la couronne de ce que les “aborigènes” non-chrétiens doivent devenir soumis à la couronne envahissante et colonisatrice. Ceci va de paire par exemple, avec le phrasé de la charte royale de 1496 donnée par le roi d’Angleterre Henri VII à John Cabot et ses fils et qui continue de former une partie de la loi organique de la couronne.

La charte Cabot stipule en anglais que lorsque les Cabot localisent toutes terres “qui avant cette période ont été inconnues des chrétiens”, alors “le sus-mentionné et ses fils, ou leurs héritiers et assignés peuvent subjuguer, occuper, et posséder toutes ces villes, châteaux et îles qu’ils trouveront, qu’ils peuvent ainsi subjuguer, occuper et posséder en tant que vassaux et lieutenants, nous donnant le droit, le titre et la jurisdiction de ces mêmes villages, villes, châteaux et terres ainsi découvertes.

Le thème de la domination est bien plus explicitement évident dans la version latine de la charte donnée aux Cabot, qui comporte des mots de domination tels que “subjugari”, “occupari et possideri possint”, “subjugare”, “Dominum Titilum et Jurisdictionem”. Subjuguer est le fait “d’amener sous le joug du pouvoir et de la domination: conquérir par la force ou forcer à se soumettre en tant que sujet au gouvernement d’autrui.” C’est aussi définit comme “forcer à se soumettre, faire se soumettre, induire sous la gouvernance, rendre soumis ou sujet: maîtriser” et aussi “amener ou maintenir sous le contrôle strict ou amener à une position subordonnée.” Clairement, un tel langage révèle la domination qui est à la racine même de l’assomption de la souveraineté de la couronne.

Imaginez que la CVR ait révélé dans son rapport final la vérité sur ces significations ci-dessus mentionnées dans sa discussion de la soi-disante doctrine de la découverte. Le rapport final de la CVR aurait dès lors exposé le système de domination qui a été et continue d’être si destructeur et mortifère pour les nations originelles de l’Île de la Grande Tortue. Une preuve vivide et graphique de l’effet mortifère réside dans l’incidence récente des jeunes autochtones mettant fin à leurs jours prématurément. Ces décès et bien d’autres indicateurs sont des résultats et une excroissance directs des pensionnats de la domination pour Indiens et du fait que nos nations originelles continuent sans relâche à être soumise à la domination et à la déshumanisation, dont la forme la plus extrême est le génocide.