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Les chiens de l’empire: pour en finir avec les Al-Saoud…

Posted in actualité, colonialisme, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 16 janvier 2016 by Résistance 71

Pour en finir aussi avec nos États criminels soutenant ces monarchies rétrogrades et sanguinaires du Golfe, avec nos politiciens corrompus, vendus, achetés, puis jetés après emploi, avec l’asservissement forcé du peuple français aux diktats des émirats du Golfe par le truchement d’investissements de ces derniers dans les campagnes politiques et les entreprises du CAC40. Pour en finir avec l’impérialisme occidental qui met en place et utilise les pires dictateurs pour maintenir son emprise et hégémonie mondiale.

— Résistance 71 —

 

Régime saoudien ou la kleptocratie en décomposition

 

Georges Stanechy

 

14 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2016/01/regime-saoudien-kleptocratie-en-decomposition.html

 

A coups de sabre, dans la même journée, les bourreaux du régime saoudien ont tranché la tête de 47 condamnés à mort.

Pourquoi s’en offusquer ?… Pratique favorite de notre allié et ami, dira-t-on.

C’est ainsi que personne ne s’en est ému sous nos latitudes. Même pas nos zélés barytons et cantatrices des Droits de l’Homme. Laissant les protestations aux habitants de la région qui se sentiraient concernés…

Protestations et agitations n’ont pas manqué. Aussi bruyantes que violentes. Sur fond de gesticulations et ruptures diplomatiques musclées. Jusqu’à incendier ou bombarder des ambassades : saoudienne à Téhéran, iranienne à Sanaa au Yémen, etc. (2)

Nous savons que nos « démocraties » soutiennent sans faille cette tyrannie moyenâgeuse. Depuis sa création artificielle. « Ex nihilo », comme on disait dans le temps : à partir de rien… Notre propagande, devant ce qui commençait à faire désordre pour l’image de ce clan familial despotique, ne cesse donc de se répandre en doctes explications. Tentant de nous convaincre, combien ce ramassis de « princes », aussi sanguinaires que dépravés, agit selon les normes internationales en vigueur et dans la juste défense de ses légitimes intérêts.

Autrement dit, pour ne rien changer, voulant nous faire prendre un grille-pain à manivelle pour une imprimante laser.

D’après nos propagandistes, l’Arabie saoudite serait ainsi une puissance régionale en mesure de rivaliser dans une guerre à l’encontre de l’Iran… Ou encore, dans une martiale posture d’égal à égal vis-à-vis de son partenaire US, souhaitant assumer un rôle historique dans le destin, ou le « reformatage », de la région. Et, cerise sur le gateau de l’imposture : exerçant un magistère religieux sur l’ensemble des musulmans sunnites. Face aux méchants chiites, dans une guerre religieuse comparable à celle que notre continent a connue entre catholiques et protestants. Et, blablabla…

De quoi rire de ce charlatanisme informationnel, si le contexte n’était aussi dramatique…

Pour remettre les pendules à l’heure, et garder en mémoire que l’Arabie Saoudite n’est qu’un décor en carton-pâte animé par des polichinelles dont les ficelles sont tirées par les occidentaux, rappelons quelques points clés :

  1. Guillotiner l’Abbé Pierre ou Jaurès

Parmi ces suppliciés, figurait un éminent religieux musulman d’obédience chiite, Nimr al-Nimr, accusé de « sédition » par les dirigeants saoudiens. Argumentaire complaisamment relayé par notre industrie de la désinformation en Occident, pour justifier cette exécution. Qui n’est, en fait, que l’assassinat d’un opposant, pacifique, non violent, mais redoutable pour les despotes en place par son influence morale et politique.

Exemple : Euronews (3). N’hésitant pas, en copié-collé de la rhétorique de l’extrême-droite US, à caricaturer, ou à noircir, cette personnalité aimée et respectée, pour son intelligence et son courage mais aussi pour sa quiétude et sa compassion, en employant tous les qualificatifs mensongers possibles. Jusqu’à le faire passer pour un fanatique agitateur à la solde de l’Iran… :
« … défendait la cause chiite… prêchant en 2011 en faveur d’une sécession de l’est de l’Arabie Saoudite et de sa fusion avec le royaume proche de Bahreïn, alors en ébullition, etc. ».

Ce qui est faux.

Dans la sphère francophone, un des rares portraits sérieusement documenté sur Nimr al-Nimr, a été esquissé par Salah Lamrani dans un article où il cite les passages essentiels de son célèbre discours du 7 octobre 2011, à la suite duquel il a été emprisonné et sauvagement torturé. (4) Si atrocement que les « autorités » ont refusé de rendre le corps à la famille. Certains « milieux bien informés » affirment qu’il serait, en fait, mort sous la torture…

Nimr al-Nimr était saoudien. Il n’avait même pas la double nationalité iranienne. Il n’a jamais prêché la sédition, n’a jamais prôné la séparation de sa province natale, Qatif, avec le reste du pays.

Rappelons que Qatif est située sur les rives du Golfe Persique, dans une province qui contient les plus grandes réserves de pétrole de l’Arabie Saoudite. Les chiites y sont persécutés par la minorité wahhabite au pouvoir (et non pas la majorité  sunnite), exclus en grande partie de tout emploi, notamment des postes de responsabilité, dans la fonction publique, les forces armées, et les sociétés pétrolières. Au point même qu’il est toujours refusé, à Qatif, la création d’une université, entre autres mesures de persécution, d’humiliation et d’oppression.

Nimr al-Nimr n’a, encore moins, encouragé la violence. Au contraire, sachant que le régime n’attend que ce prétexte pour déchaîner sa terreur.

Avec calme, une impressionnante sérénité, il dénonçait les atteintes systématiques à la dignité humaine, par ce régime policier, clan mafieux et « hyperviolent » au pouvoir, notamment l’emprisonnement arbitraire et la torture. Contre l’injustice sociale et économique. Rejoignant ces grandes figures courageuses, à l’exceptionnelle force morale, que nos sociétés de brutes génèrent, heureusement, de temps en temps : un Abbé Pierre ou un Jaurès en France, un Gandhi en Inde…

Son prestige était considérable, tant en Arabie Saoudite, que dans les autres pays du Golfe Persique et au-delà. Jusqu’au Pakistan, ou en Indonésie. Dans toutes les communautés musulmanes écrasées de spoliation, par des régimes corrompus au service de la prédation  des pays occidentaux.

Ce qui devenait intolérable pour les despotes saoudiens et leurs protecteurs occidentaux. Entendre les revendications présentées par Nimr al-Nimr les faisait trembler de rage :

« Nous avons trois revendications essentielles :

–  des réformes politiques dans le sens de plus de liberté et de dignité pour le peuple,

–  la libération des prisonniers politiques arrêtés pour leur simple participation à des manifestations, dont certains sont emprisonnés depuis plus de 16 ans,

–  et la fin de la répression au Bahreïn. »  (5)

D’autant plus qu’il les présentait non seulement au nom de la communauté chiite persécutée, mais aussi au nom de la majorité sunnite spoliée des richesses du pays par les « princes » wahhabites :

« Qui a prétendu que les chiites sont les seuls à être opprimés ?
Devrions-nous nous taire parce que nous ne sommes pas les seules victimes des arrestations et de la répression ?
Mais c’est pire encore ! En quoi cela serait-il une excuse (pour le régime) ?
Devrions-nous tolérer qu’ils arrêtent (injustement) des sunnites ? Sur quelle base ? Pourquoi arrêtent-ils ces milliers de personnes (sunnites et chiites) ?
Nous sommes tous victimes (de ce régime). Où est l’argent, où sont les milliards ?
Le chômage, l’emprisonnement, le dénuement touchent toute la population… Nous continuerons à réclamer les droits de tous les opprimés. » (6)

Que l’on comprenne bien le symbole et sa portée.

Que l’on mesure, par la même occasion, l’étendue du cynisme et de l’ignominie de nos gouvernements, avec leurs médias. Complices. Seuls, ceux « achetés », soudoyés, corrompus, par l’argent saoudien peuvent défendre, soutenir, promouvoir, un régime aussi abject.

Trancher la tête de Nimr al-Nimr c’est guillotiner l’Abbé Pierre ou Jaurès, pour « terrorisme » et « sédition »…

  1. Une Chevauchée de Pillards

Les Saoud forment un clan familial, adepte de ce type de violence depuis des décennies. Ils se sont emparés de l’Arabie, qu’ils considèrent comme leur propriété familiale, par la sauvagerie. Ils la conservent par la terreur.

Bédouins du désert du Nejd, haut plateau quasi désertique, au centre de la péninsule arabique, hormis quelques oasis. Pendant des siècles la région était relativement prospère grâce à l’important trafic caravanier qui la traversait à longueur d’année. Le développement du transport maritime et la découverte de nouveaux continents provoquèrent, progressivement, la disparition de ce fructueux transport terrestre.

L’Histoire en témoigne… Le Prophète Mohamed (Mahomet, pour les ringards) trouva son premier CDI de l’époque dans une de ces florissantes sociétés de transport et de commerce caravaniers, dont le siège social était à La Mecque et le PDG une femme : Khadija Bint Khuwaylid… Elle devint sa  première épouse (en 595), sa première disciple dès le début de sa prédication, lui donna six enfants, et le laissa veuf après 25 ans de vie commune.

Pour compenser la perte de leurs ressources, les bédouins prirent pour habitude d’effecteur des raids, assortis de massacres et de pillages sur les oasis et les ports de la région. Divisés en clans rivaux, aussi mafieux que sanguinaires, ils s’entretuaient à intervalles réguliers pour la répartition des zones de pillage. L’Empire Ottoman occupa les côtes, succédant aux Portugais dans le Golfe Persique, et contint, tant bien que mal, ces pillards à l’intérieur du Nejd ; qui ne l’intéressait pas du fait de sa configuration désertique et son manque de ressources.

Le clivage, ou l’inconscient collectif, entre des bédouins incultes, vivant en vase clos, dans la frugalité et la violence du désert, et les populations côtières du Golfe Persique ouvertes au monde extérieur, aux fructueux échanges avec d’autres nations, marque fortement l’évolution historique de la péninsule arabique. Souvent d’intrépides navigateurs, leurs habitants ouvrirent des comptoirs sur toutes les côtes de l’Océan indien. Comme Oman, avec son implantation à Zanzibar ; carrefour de son commerce d’épices, le clou de girofle en particulier.

En 1727, les Saoud réussirent enfin à exterminer les clans rivaux et devenir seuls maîtres des lieux. Dariya, près de la capitale actuelle Riyad, devint leur fief.  Pressentant le déclin de l’empire Ottoman, les Saoud décidèrent de prendre sa place en Arabie. Cette expansion à partir du désert du Nejd ne pouvait se justifier, comme toute conquête, qu’habillée d’une idéologie.

Un prédicateur illuminé, ou un tartufe sans foi ni loi assurent certains, Mohammed ben Abdelwahhab, la leur fournit sur un plateau : « le retour » à une pratique « fondamentaliste » de l’Islam. Où puritanisme, rigorisme, farouche opposition à toute innovation ou réflexion, forment une bouillie similaire à celle du prêcheur dominicain  Savonarole, qui plongea Florence dans la terreur au XV° siècle…

Ainsi fut créé le « Wahhabisme », par une alliance officielle avec les Saoud en 1744. Secte ultraviolente, qui devint la religion officielle du régime, n’ayant qu’un lointain rapport avec l’Islam vécu par ses deux grandes obédiences : Sunnisme et Chiisme. (7)

Les Ottoman, en difficulté, donnant la priorité à leurs intérêts en méditerranée et sur le continent européen, allégeaient leurs garnisons dans le Golfe Persique, laissant des cités quasiment sans défense, du fait qu’ils interdisaient aux populations locales d’avoir équipement et entraînement militaires. Tendance qui s’accéléra avec leur rapide déclin au début du XX° siècle.

Aidés des britanniques « par l’odeur du pétrole alléchés« , ce fut alors la ruée des Saoud prônant « l’union de l’Arabie », dans une sauvagerie indescriptible. Destinée à épouvanter ceux qui prétendraient résister. Des villes entières ont été pillées, les hommes massacrés, femmes et enfants emmenés en esclavage, comme à Taëf au Hedjaz en 1803.

Entre 1901 et 1932, outre 40.000 exécutions publiques et 350.000 amputations, cette « réunification » aurait provoqué au moins 500.000 morts ; chiffre plus que considérable, pour des régions faiblement peuplées. (8)

Suite à cette avalanche de sang et d’horreurs, l’union de l’Arabie est réalisée. Prenant le nom du clan Saoud, pour bien officialiser « l’acte de propriété » de la possession familiale, « l’Arabie Saoudite » est fondée le 22 septembre 1932, avec pour premier roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud ; plus connu sous le nom Ibn Saoud.

  1. La Caverne d’Ali Baba des Ferrailleurs

Au XX° siècle, on assistait donc à la création d’une féroce féodalité architecturée sur un clan familial et une théocratie. Constituée dans la terreur et la spoliation des ressources du pays,  au seul profit d’une famille. Sur fond d’effondrement de l’Empire Ottoman, dépecé par les puissances victorieuses de la 1ere guerre mondiale ; les Turcs ayant eu la malencontreuse idée de s’allier aux Allemands.

Ce fut le Traité de Sèvres du 10 août 1920, révisé par le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. La Grande-Bretagne prenait l’Irak et ses champs de pétrole, la Jordanie et la Palestine. Les autres champs pétrolifères du Golfe Persique, sous l’administration directe des compagnies pétrolières anglo-américaines, étaient érigés en protectorats de micro-Etats artificiellement créés, dont « l’indépendance théorique » fut tardive : Koweït (19 juin 1961), Bahreïn (15 août 1971), Qatar (3 septembre 1971), Emirats Arabes Unis (2 décembre 1971).

Pas de pétrole pour la France, les britanniques s’y opposant habilement, mais un lot de consolation : la « Grande Syrie » dont la province la plus riche, à l’époque, était le Liban !… De quoi satisfaire l’ego déjanté de nos traîneurs de sabre se prenant pour des Templiers, au temps des Croisades…

Dans ce contexte, le Régime Saoudien ne pouvait monopoliser à son seul avantage les colossales richesses pétrolières de la région dont il s’était emparé par la force. Une telle aberration historique et géopolitique n’avait de chance de survie que si elle s’intégrait dans un rapport mafieux multinational.

Tout comme le « silence », une « protection » s’achète. D’ordinaire, quelle que soit la nature du « trafic », spoliation criminelle, ou source de revenu facile, une mafia locale ou internationale l’assure. L’essentiel étant que tout le monde y trouve son compte.

Grosso modo, le modèle économique ou le « business plan » mafieux s’appliquant à « une boutique » ou à un « business » (suivant les cas : armes, drogue, voitures volées, discothèque, contrebande, prostitution, blanchiment d’argent, évasion fiscale, exploitations minières clandestines, et autres « fontaines à cash »…) repose sur une répartition égale des revenus. En trois volets : 1/3 pour les poches du tenancier de la boutique, 1/3 pour le fonctionnement de la boutique et 1/3 pour les protecteurs de la boutique.

Les rapports internationaux, les occupations de pays par des puissances étrangères, sont régis par cette règle. Souvent, si ce n’est « toujours », avec l’aide d’authentiques mafieux.

Un exemple ?…

Lisez le livre passionnant (20 ans de recherches…) de David Kaplan et Alec Dubro, « Yakuza – La Mafia Japonaise » : l’occupation américaine au Japon et en Corée du Sud s’est réalisée en étroite collaboration avec les mafias locales. Dont les représentants sont au pouvoir… Tout particulièrement, dans le cadre de la Guerre Froide, pour briser grèves, revendications sociales et exigences d’élections libres (non truquées…), etc. (9)

Cette « protection » fut instaurée le 14 février 1945, sous forme d’un accord entre les USA et les Saoud, connu sous le nom de Pacte du Quincy. La Grande-Bretagne, affaiblie par la deuxième guerre mondiale, empêtrée dans les problèmes de liquidation de son Empire, avec le soulèvement de l’Inde, leur avait passé la main sur l’Arabie Saoudite.

Officiellement, il s’agissait de l’échange d’une protection militaire des occidentaux, et plus particulièrement des USA, contre un « accès » aux immenses ressources pétrolières  du pays.

En fait, cette « protection-racket » avait des ramifications, un engrenage, une finalité, beaucoup plus complexes et profonds, en termes géopolitiques pour la région que le simple prétexte énoncé. L’observation des évolutions socio-économiques, depuis la signature de cet accord, en éclaire les composantes réelles. Car, la stratégie des occidentaux était rigoureusement circonscrite.

Une comparaison, pour comprendre les subtilités de cette mécanique…

A la suite de leur échec pour s’emparer de la Corée du nord, au lendemain de la 2eme guerre mondiale, les USA avaient décidé d’ériger la Corée du sud en vitrine du merveilleux « Libéralisme Economique ». Face, non seulement, à la Corée du nord, mais surtout à la Chine de Mao. Les Philippines, par exemple, trop éloignées du balcon chinois, n’ont pas eu ce privilège et sont restés plongées dans la misère, en dépit de ce même « Libéralisme Economique » qui en assure la gestion depuis des siècles…

La Corée du sud (aujourd’hui 50 millions d’habitants), entièrement détruite à la fin de la guerre dite « de Corée » en 1953, sans aucune ressource au départ, devint en peu de temps, grâce à des investissements massifs, un géant, un « dragon », de la croissance économique. Rien à voir avec la vulgate destinée aux imbéciles heureux croyant en la miraculeuse « main invisible du marché et de l’esprit d’entreprise »…

D’abord dans l’industrie lourde : sidérurgie, construction automobile, énormes chantiers navals (1er rang mondial pour la construction navale), tout particulièrement. Ensuite, dans les nouvelles technologies : électronique grand public, informatique, télécommunications, etc.

Pas question d’appliquer ce modèle pour le Moyen-Orient !…

Au contraire, l’objectif premier était qu’aucune puissance industrielle, économique, technologique, et donc militaire, ne puisse émerger ; et, affirmer potentiellement la moindre velléité d’indépendance par rapport au projet colonial occidental. Les énormes flux financiers, générés par l’exploitation du sous-sol de l’Arabie, ne devaient surtout pas être réinvestis dans la région.

En conséquence, le Pacte du Quincy s’articulait sur l’instauration d’un modèle de « Non Développement » au Moyen-Orient.

Amplifié par d’incessantes opérations de « déstabilisation », de guerres suscitées, civiles ou entre voisins, voire de « chaos » entretenus. Un des effets collatéraux majeur, et voulu, étant d’en « casser » la croissance démographique. Le tout camouflé, ou justifié, sur le plan idéologique, par une propagande systématique, méthodique, permanente, centrée sur « l’islamophobie ».

De fait, en contrepartie de la protection militaire des USA et de leur suzeraineté sur l’Arabie Saoudite, les engagements réciproques deviennent évidents. Une dizaine peuvent être recensés, parmi les fondamentaux :

  1. i) Mise à disposition de l’intégralité des ressources en hydrocarbures du pays au profit des compagnies pétrolières américaines, et accessoirement d’autres intervenants agréés par les USA : quantités à extraire, à stocker, à commercialiser (ventes obligatoirement en dollars); fixation des cours selon les intérêts stratégiques occidentaux (variable d’ajustement pour contrer ceux de la Russie ou de la Chine, etc.).
  2. ii) Affectation des recettes du pétrole, en priorité, dans le circuit financier occidental (pétrodollars) : investissements, selon les exigences du moment, sur les marchés boursiers, Bons du Trésor, placements immobiliers, marchés de l’Art et du Luxe, en général.

iii)  Limitation des investissements dans le pays aux infrastructures d’extraction, de transport et d’expédition des hydrocarbures ; de leur gestion et de leur maintenance. Industries locales strictement limitées aux productions agro-alimentaires.

  1. iv) Interdiction de tout investissement dans les pays de la région pouvant contribuer à la création d’une industrie « lourde » (« industrialisante », dans le jargon économiste) ou de transformation, au développement d’activités de recherches ou industrielles dans les hautes technologies.
  1. v) Les USA, et leurs auxiliaires, s’interdisent toute immixtion dans les affaires intérieures du régime. Acceptant ainsi un totalitarisme officiel : aucun système électoral, ni parti politique, ni presse indépendante, ni liberté d’opinion et d’expression.
  2. vi) Les USA, et leurs auxiliaires, déterminent la politique et les relations extérieures de l’Arabie Saoudite, tant commerciales que diplomatiques.

vii)  Hors « police politique ou religieuse » intérieure, tous les services spéciaux, ainsi que les forces armées dans leur ensemble avec leurs budgets, sont supervisés et encadrés par les USA.

viii)  L’Arabie Saoudite met à la disposition des services spéciaux des USA, sur simple notification, les fonds nécessaires à toutes opérations spéciales dans la région.

  1. ix) L’Arabie Saoudite s’engage à participer, sous forme financière principalement, aux opérations de déstabilisation ou de renversement des « régimes » dans la région, décidées par les USA et leurs auxiliaires.
  2. x) Les achats annuels de la défense nationale de l’Arabie Saoudite sous forme d’armes et d’équipements, terrestres, maritimes et aéronautiques, seront effectués selon les programmes élaborés par les USA, y compris les quotas alloués à leurs auxiliaires. Avec interdiction de la création d’une industrie autonome, ou nationale, d’armement.

Mission accomplie…

Les Saoud ont financé avec application, détermination, tous les « chaos » possibles dans les pays musulmans ; jusqu’au Pakistan et en Indonésie.

Leur servilité à l’égard de l’Occident, tout spécialement de l’extrême-droite américaine raciste et colonialiste, et leur capacité de nuisance ont parfaitemment réussi : en termes de puissance industrielle, technologique et commerciale, exception faite de l’Iran, le Moyen-Orient n’arrive pas à la cheville de la Corée du sud…

Pour compenser cette réalité, reste le « shopping » des gadgets militaires !…

Le Régime Saoudien empile donc les armements par milliards de dollars, à ne plus savoir qu’en faire. Une fois le suzerain rassasié, ce sont ses auxiliaires qui viennent faire la queue pour recevoir leur obole, sous forme de contrats d’armement  en milliards de dollars (avec pour objectif primordial : les royales « commissions » dans les paradis fiscaux pour nos marchands de canon, financiers et politiciens…), ajustée selon les injonctions du maître.

D’après les chiffres officiels, l’Arabie Saoudite dépense annuellement entre 80 et 100 milliards de dollars en contrats d’armement. Pour ce pays de 30 millions d’habitants, cela représente le budget annuel de la Russie. Ou, plus des 2/3 du budget militaire de la Chine (216,4 $ US milliards en 2014) avec ses 1,4 milliards d’habitants. En pourcentage du PIB par habitant, il représente le plus important du monde : 10,4 %, contre 2,06 % pour la Chine (source SIPRI).

Quand on sait que ce régime, détesté de son peuple, à l’exemple des autres pétromonarchies, ne fait appel, à part les hommes de son clan, qu’à des mercenaires pour tous les postes de responsabilité de ses forces armées, y compris les pilotes de ses avions de combat…

Les Saoud, une force militaire, une « grande puissance » régionale, le « leadership » du Moyen-Orient ?…

N’importe quoi.

Des sybarites avachis sur un tas de ferraille.

  1. La Tartuferie Fanatisée

Détestés de leur peuple, les Saoud sont tout autant méprisés par l’ensemble des musulmans dans le monde, arabes et non arabes, Sunnites et Chiites. Sans exception.

Le wahhabisme, qu’ils ont imposé en tant que religion officielle de l’Arabie Saoudite n’est qu’une dérive sectaire, obscurantiste, de l’Islam. Tout musulman « authentique » la rejette sans hésitation.

La propagande internationale qu’ils financent, et les prêcheurs qu’ils achètent, en déversant des dizaines de millions de dollars, veulent faire croire qu’ils représentent le Sunnisme ; la majorité des musulmans dont ils assureraient la protection et l’autorité religieuse, le magistère. Le chercheur britannique Charles Allen estime que les Saoud ont investi, depuis 1979, plus de 70 milliards de dollars dans la diffusion de cette arnaque. (10)

Opération de désinformation similaire à celle constatée, à plus petite échelle, pour le bouddhisme : médias et officines de Relations Publiques s’acharnant à nous présenter le Dalaï-lama en « pape » de cette religion. Alors qu’il n’est reconnu que par, tout au plus, un minuscule 1% des bouddhistes de la planète…

Les musulmans rejettent la tartuferie fanatisée de cette « petite caste aux dents longues, avide et vorace », pour paraphraser Frantz Fanon (11), aux portefeuilles boursiers équivalents aux PNB de dizaines de pays, aux multiples résidences en forme de palais, se vautrant dans les plus grands yachts du monde.

Deux fourberies, tragiques, colossales, perverses, ne leur sont pas, et ne leur seront jamais, pardonnées par les croyants musulmans, et même par les non musulmans :

=>   La Destruction des Lieux Saints de l’Islam

S’autoproclamant « Gardiens des Lieux Saints de l’Islam« , les Saoud n’ont cessé au contraire de les détruire et supprimer depuis des années. A croire qu’ils agissent docilement sur injonction des pires paranoïaques « islamophobes » de l’extrême-droite US, et occidentale en général, tellement le niveau de dévastation est sidérant…

Entre 1985 et 2014, plus de 98% des sites et vestiges historiques, remontant à la fondation de l’Islam et de ce fait appartenant au patrimoine de  l’Humanité, ont été rasés !… (12)

Dans le silence de « La Communauté Internationale »… L’UNESCO, luxueuse organisation de l’ONU habituellement si vigilante sur la préservation des patrimoines culturels sur la planète, garde son bec hermétiquement clos…

Ces centaines de destructions de sites liés à « l’Islam précoce » sont accomplies au nom de la « pureté » de la religion. (13) En fait, pour de sordides opérations immobilières de luxe, permettant de mirobolantes plus-values pour leurs promoteurs.

Un ravage dans les villes saintes de La Mecque et de Médine : mosquées des premiers temps de l’Islam, tombes ou mausolées des disciples et compagnons du Prophète, cimetières des premières communautés musulmanes, maisons natales des proches du Prophète, etc.

Quelques exemples : la maison historique de l’oncle du Prophète, appelé Hamza (au rôle fondamental lors des premiers temps difficiles de l’Islam), a été passée au bulldozer pour construire un hôtel. Un autre hôtel (Hilton) a été construit sur l‘emplacement de la maison du premier, et vénéré, calife Abou Bakr. La maison de la première épouse du Prophète que j’ai évoquée, Khadija, a été détruite pour y construire des toilettes publiques… (14)

Liste interminable…

Atterrant. Dans cette folie destructrice, figurent en « projet » tous les vestiges et lieux liés au Prophète lui-même…

Le site le plus saint de l’Islam, la Kaaba, est à présent surplombé d’un des ensembles de gratte-ciels les plus hauts du monde, dont le Mecca Royal Clock Tower (601 mètres de haut). Avec 5 étages de galeries marchandes, hôtels et résidences de grand luxe, garages, parkings, etc.

Illustration des délires du « puritanisme religieux »…

Ou, de la tartuferie en béton d’une bande de voyous.

=>  L’incitation à la guerre religieuse entre Sunnites et Chiites

Comment considérer une seule seconde que ces Saoud soient des musulmans ?…

  1. Jarman l’a courageusement (son livre édité n’a trouvé en France aucune librairie pour le proposer à la vente…) écrit  (15) :

« Les wahhabites sont à la fois une dynastie théocratique et une secte politico-religieuse. Pour eux « la raison d’État » l’emporte sur le Livre d’Allah et la Tradition de Son Prophète, cela quel que soit le nombre et l’herméneutique des versets dénigrant leur comportement, le nombre et le degré de fiabilité des hadiths les contredisant ».

Non seulement ils trahissent, détruisent, les fondements de la religion, mais ils se positionnent au cœur, par leur capacité de financement, d’une opération de manipulation d’ampleur considérable. Au coût humain et psychologique effroyable.

Un des axes majeurs de la propagande occidentale pour assurer sa mainmise coloniale sur le Moyen-Orient est, dans une stratégie plus globale du « chaos » organisé et entretenu avec changement de régime, la création artificielle d’un conflit entre Sunnites et Chiites. Leurs services spéciaux faisant sauter des mosquées ou lieux de pèlerinage, fréquentés par l’une et l’autre obédience, pour attiser des conflits interreligieux. Comme on le constate en Irak et en Syrie. Collatéralement, les différentes communautés chrétiennes sont elles-mêmes l’enjeu de ces opérations spéciales et criminelles.

Or, sunnites et chiites se rejoignent dans le respect des croyances de chacun, comme le font protestants et catholiques sur d’autres continents. Tous, rejetant cette propagande mensongère, organisée par les occidentaux, assortie de tueries et de massacres par leurs commandos, et financée par les Saoud.

Retenons deux témoignages, sur des milliers. Qui, bien entendu, ne sont jamais portés à la connaissance des opinions publiques occidentales.

En premier, écoutons, avec respect et émotion, les propos du saoudien Chiite Nimr al-Nimr avant sa décapitation, s’adressant aux Saoud (16) :
 « Nous ne voyons aucun problème entre les sunnites ou les chiites, entre les différents pays sunnites et l’Iran.

Le seul problème c’est vous, et vous vous moquez du monde [en instrumentalisant cette prétendue rivalité sectaire].
Il n’y a pas de problèmes entre les sunnites et les chiites, ce ne sont que des mensonges et des falsifications dont vous vous servez pour tromper les ignorants d’entre vos partisans et les brutes qui se prétendent ‘salafistes’ :

– les ‘salafistes’ de Nayef,

– les ‘salafistes’ des Saoud, qui n’accordent aucune considération à la religion,

– le ‘salafisme’ qui se base sur le meurtre, le viol de l’honneur, la trahison, le collaborationnisme avec les Etats-Unis, tel est leur ‘salafisme’.

Tels sont les Saoud. »

Le deuxième, une des grandes autorités religieuses Sunnite, mondialement connu (vivant actuellement en Malaisie, auteur de nombreux ouvrages il participe à des conférences dans de multiples pays), Imran Nazar Hosein.

Cette sommité de l’Islam, qui n’hésite pas à dénoncer le manque de courage des  « notables musulmans » en Occident tétanisés de peur face aux campagnes islamophobes, a toujours dénoncé la manipulation d’un conflit entre Chiites et Sunnites, et œuvré en permanence pour un renforcement de leur solidarité face à l’obscurantisme de la secte wahhabite.

Dans une vidéo (minute 6.23), il le déclare avec force en parlant des Saoud (17) :
« Ils sont des traîtres.

Ils sont des traîtres envers l’Islam.

Je suis impatient de voir le jour où ils retourneront à la poubelle (garbage bin) d’où ils n’auraient jamais dû sortir. »

Le « Régime Saoudien » ?… Une kleptocratie en décomposition.

Mais, « avant de regarder la paille dans l’œil du voisin« …

Somme toute : ce régime, aussi sanguinaire que dépravé, n’est-il pas, en miroir, dans un « qui se ressemble s’assemble« , le reflet de nos propres oligarchies prédatrices et liberticides en Occident ?…

Notes:

  1. Léon-Gontran Damas, « Pigments« , Présence Africaine, 1962, pp. 39-40
  2. En bombardant l’ambassade d’Iran à Sanaa (capitale du Yémen), les avions de la « coalition saoudienne » (les pilotes sont tous des mercenaires), qui dévastent le Yémen depuis près de 10 mois, ont pratiqué la même méthode que l’OTAN bombardant l’ambassade de Chine à Belgrade ; lors du chaos organisé pour provoquer l’éclatement de la Yougoslavie…
  3. Chiites et Sunnite, iraniens et Saoudiens : la fracture, Euronews, 5 janvier 2016,
https://fr.news.yahoo.com/video/chiites-et-sunnites-iraniens-et-185455606.html
  4. Salah Lamrani, Exécution de Nimr al-Nimr, Arabie Saoudite et Iran : conflits religieux ou politiques ?, 4 janvier 2016,
http://sayed7asan.blogspot.fr/2016/01/execution-dun-clerc-chiite-en-arabie.html
  5. Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  6. Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  7. Pour ceux qui voudraient franchir le barrage de la désinformation ambiante répandue par les charlatans de « l’arc chiite contre l’arc sunnite », et comprendre ce qu’est le Chiisme (des abrutis, autoproclamés « islamologues » dans nos médias, vont jusqu’à prétendre que « le Chiisme n’a rien à voir avec l’Islam »…), je recommande la lecture de l’ouvrage fondamental du philosophe Henry Corbin (il l’a étudié pendant 40 ans…) publiée en 4 volumes :
En Islam Iranien: aspects spirituels et philosophiques, Gallimard, 1978, 2e édition.
  8. Laurent Murawiec, L’Arabie saoudite : un businesse familial, L’Histoire, n° 286, avril 2004, pp. 18-19.
  9. David Kaplan & Alec Dubro, Yakuza – La Mafia Japonaise, Editions Philippe Picquier, 2002.
  10. Pierre Bouvier, Aimé Césaire & Frantz Fanon – Portraits de Décolonisés, Editions Les Belles Lettres, 2010, p. 180.
  11. Carla Power, Saudi Arabia Bulldozes over its Heritage, Time, 14 novembre 2014,
http://time.com/3584585/saudi-arabia-bulldozes-over-its-heritage/
  12. Destruction de sites liés à l’Islam précoce, https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce
  13. Ziauddin Sardar, The Destruction of Mecca, The New York Times, 30 septembre 2014,
http://www.nytimes.com/2014/10/01/opinion/the-destruction-of-mecca.html?_r=0
  14. M. Jarman, La vérité sur les salafites depuis Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb à Nâsir ad-Dîn al-Albânî, Conseil Islamique de France C.I.S, (122 pages), téléchargeable gratuitement en format pdf :
https://ecolehanafite.files.wordpress.com/2015/02/at-tawhid-net-la-verite_sur_les_salafites-derniere-version.pdf
  15.  Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  16. Imran Hosein, vidéo / Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=eulfGcEeS_4, mn 6.23
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Géopolitique au Moyen-Orient: La fin de la maison des Saoud est-elle (enfin) venue ?…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 15 avril 2015 by Résistance 71

Sommes-nous en présence de la fin programmée de la maison féodale et sanguinaire des Al-Saoud au profit de l’empire ? Si c’est le cas, Israël suivra… Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de place au soleil pour deux « peuples élus » autoproclamés… l’empire du goulag levant a proclamé sa supériorité raciale et culturelle en prenant possession du sous-continent de l’Amérique du Nord. Comme nous l’avons vu récemment avec l’excellent ouvrage analytique « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », les Etats-Unis ont devancé l’idéologie sioniste en se réclamant « peuple élu du dieu » et conquérant, possesseur de « droit divin » du sous-continent nord-américain afin de régner sur le monde. Il n’y a aucune authenticité, ni temporalité dans la mythologie biblique, mais néanmoins les frapadingues suprématistes yankees ne voient dans le sionisme qu’un outil de leur hégémonie, outil qui sera jeté en temps et en heure, pour que (dans leurs esprits ravagés du moins) il n’en reste plus qu’un (de « peuple élu »). La doctrine de la « destinée manifeste » est profondément ancrée dans la psychée nord-américaine et leurs élites y font référence en permanence.

Les masques tombent, la métamorphose de l’empire actuel épuisé en méga-empire passe par l’alliance avec la Chine et l’écrasement du reste du monde. Les psychopathes aux manettes semblent être convaincus que la Chine jouera le jeu car elle ne peut plus faire autrement, possible, mais pas si sûr… Il semble que les évènements se déroulant au Moyen-Orient depuis plusieurs semaines (incluant le rapprochement du pays du goulag levant avec l’Iran afin de piéger ce dernier) soit une manœuvre de mise au rancart de certains alliés de l’empire devenus trop encombrants. A suivre donc…

— Résistance 71 —

 

L’Iran contrôle t’il déjà le transit du pétrole saoudien ?

 

IRIB

 

13 avril 2015

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/365638-l-iran-contrôle-t-il-déjà-le-transit-du-pétrole-saoudien

 

Depuis le vote du parlement pakistanais en faveur de la neutralité dans le dossier yéménite, les pans entiers de la confiance en soi de Riyad se sont écroulés. on parle que très peu de cet accord militaire qui unit depuis 40 ans Islamabad à Riyad et qui engage le premier à apporter secours au second. alors comment est-ce possible que cet accord là devient caduc dans le cas yéménite bien que Riyad soit diablement mis à mal par les combattants de sable que sont les yéménites? Pour justifier son refus de s’engager aux côtés de l’Arabie dans son aventure yéménite, le Pakistan a subtilement eu recours à une clause, celle qui affirme  » que Islamabad n’intervient pas directement dans un conflit en faveur de Riyad que lorsque ce dernier est militairement attaqué.

Or Riyad n’est ni attaqué par l’Iran ni pris pour cible par Ansarallah . c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. or pour Riyad qui mène depusi 20 jours une campagne de bombardement insensée qui n’a fait que détruire plus de 2500 maisons et provoquer la mort de 1200 civils, le refus pakistanais équivaut à de la capitulation. pour Riyad il ne reste plus aucun choix si ce n’est le recours à la solution politique. Riyad pourrait parvenir à la conclusion suivante : diviser le  Yémen en deux parties sud et nord avec le nord pour Ansarallah et le sud pour les sunnites. en tout cas la poursuite de la guerre dans l’état actuel des choses est impossible.

La campagne de bombardement saoudienne s’est avérée en revanche une calamité pour Riyad puisque très curieusement elle a permis à ansarallah et aux forces de l’armée de gagner du terrain dans le sud en repoussant les qaidistes et les pro Hadi. Aden est presque tombé tout comme d’autres grandes villes entre les main des comités populaires. c’est une calamité dans la mesure où ces avancées assurent une plus grande influence iranienne dans les ports d’Aden de hadida et sur les cotes yéménites avec en toile de fond davantage de contrôle iranien non seulement sur le détroit d’Hormuz mais aussi à Bab al Mandeb . or il s’agit là de voies traditionnelles de transit du pétrole saouiden qui tombent de la sorte sous l’emprise iranienne . c’est d’ailleurs pour cette raison que Riyad s’est engagé si follement si raeusement dans la guerre .. l’Iran a déjà en partie sous son contrôle le transit du pétrole saoudien.

Géopolitique au Disneyland moyen-oriental: Le cas de l’Arabie Saoudite ou comment armer de dangereux psychopathes…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 19 octobre 2013 by Résistance 71

Et c’est avec ces tordus que la France est la main dans la main… Jusqu’où iront l’infâmie et l’ignominie ?…

— Résistance 71 —

 

“Nos” salauds de Wahabites armés jusqu’aux dents

 

Pepe Escobar

 

18 Octobre 2013

 

url de l’article original:

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MID-02-181013.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La vie est belle si vous êtes un membre du club de la contre-révolution du Golfe officiellement connu sous le vocable de Conseil de la Coopération du Golfe (CCG). Vous pouvez écrabouiller le printemps arabe à volonté. Vous pouvez vous alouer les sbires du tout Dar-al-Islam pour faire avancer la division sectaire sunnite-chi’ite. Vous pouvez être profondément impliqué dans la destruction de la Syrie. Vous pouvez traiter une bonne partie de votre population comme des citoyens de troisième zone.

Non seulement on ne vous dira rien, mais vous serez récompensé par de très beaux jouets bien chers et dans un cas bien particulier, celui de l’Arabie Saoudite, même un siège de deux ans au conseil de sécurité de l’ONU.

Sans mentionner le fait que la maison des Saoud s’en sort à manipuler l’Islam en étant le pilier de sa “légitimité”… La maison des Saoud contrôle le Haj, qui a lieu cette semaine, une énorme opération logistique qui “légitimise” son rôle de leader de l’islam sunnite et automatiquement, du monde musulman dans sa totalité. Des musulmans bien informés sont pourtant bien au courant de cette fallacie, tout comme ils sont parfaitement au courant du comment la maison des Saoud a transformé la Mecque en une sorte de station balnéaire de luxe style Las Vegas, où on paie à la prière. Qui en profite ? Certainement pas les pèlerins.

Cette semaine, l’agence de coopération de la défense américaine a annoncé qu’elle avait notifié au congrès de la vente de matériel militaire ultra-sophistiqué à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis (EAU). Ceci se décompose en “munitions variées assorties d’équipement approprié, de pièces de rechange, d’entraînement et de soutien logistique” à Ryadh pour 6,8 milliards de dollars et Abu Dhabi pour 4 milliards de dollars.

Armer “nos” salauds de wahabites est le contrat le plus juteux pour notre complexe panoptique militaro-industriel et de la sécurité orwellien. Séquestration ? Restrictions budgétaires ? Qui s’en soucie ? Il y a une manne sans fin avec les contrats en provenance du Golfe, induite dans le narratif de cette super-puissance bénigne “bienfaitrice” de ces pauvres monarchies monopolistes sans défense et les défendant contre les méchants d’usage, un coup c’est l’Irak, le jour d’après l’Iran, le jour d’après cela peut être leur propre peuple, alors il faut se préparer à l’action.

De temps en temps, Israël va froncer un peu les sourcils pour donner le change, mais c’est juste pour la parade. Israël et le CCG ont une alliance de facto contre le bloc régionalememt connu comme axe de la résistance entre l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Hezbollah, Israël en conséquence ne fera  rien pour empêcher les pays du CCG à s’empiffrer de F-15 Eagles, de F-16 Desert Falcons et toute leur batterie assorie de joyeuseté en matière de missiles de croisière, de bombes intelligentes et de tout cet équipement de communication super high-tech. Juste votre “coopération militaire et de défense” innocente et normale.

Il y a des hoquets dans cette relation confortable bien sûr. En ce moment, la maison des Saoud est livide à l’idée de devoir accepter une solution négociée sur le cas du nucléaire iranien et ce juste après l’accord russo-américain sur les armes chimiques de la Syrie. Et pourtant maintenant la maison des Saoud a même trouvé un podium pour crier sa colère, elle vient juste de gagner un siège de deux ans au conseil de sécurité de l’ONU pour la première fois, prenant la place du Pakistan en tant que représentant Asie-Pacifique.

La maison des Saoud s’est toujours abstenue de s’engager à la course au siège au CS dans le passé. Mais maintenant, faisant face à sa version fabriquée d’une “menace existentielle”, représentée non seulement par l’Iran mais aussi par la Syrie d’Al-Assad, il est temps d’agir.

Alors préparez-vus à observer un royaume pétrolier médiéval en colère et apeuré, notoire pour ses succès sans précédents au niveau des droits de l’Homme, des femmes et si enclin à faire fouetter et décapiter au sabre en public, pontifier sur la scène internationale au sujet… des droits de l’Homme… C’est ce que les think tanks américains décrivent comme étant “rechercher un rôle plus actif dans les corps internationaux clé”. Quand cela s’applique à “nos” salauds, bien sûr, autrement c’est au sujet “d’états terroristes” essayant de subvertir l’ordre international.

Un bon nombre de princes de la maison des Saoud sont impliqués dans une bataille mortelle au sujet de la succession saoudienne pour le trône alors que le roi Abdullah va rejoindre son fabricant. Ces princes ont-ils le niveau d’un Machiavel ? Détendez-vous…

Machiavel nous a appris que la volonté individuelle est aussi cruciale que le pouvoir international pour déterminer des décisions de politique étrangère. Le Florentin a insisté sur comment la fortuna (fortune) peut-être capricieuse et comment l’histoire peut-être contingente. Alors comment un prince dirige t’il l’État ? en déployant la virtu (vertu).

Oh non, ceci n’a rien à voir avec le gloubi boulga chrétien emprunt de culpabilité, qui est aussi un des piliers cruciaux du concept de “l’exceptionalisme américain”. Cela a tout à voir avec les valeurs classiques prédominantes dans le monde ancien, de la Grèce à la Perse, la vertu est dans la connaissance, la force, le courage et l’ingénuité.

Donc, selon ces standards en or, Vladimir Poutine certainement qualifie de “prince” politique. Deng Xiao Ping l’était assurément. Hassan Rouhani en Iran pourrait prouver qu’il est de ce calibre (NdT: Nous ajouterions Hassan Nasrallah du Hezbollah sans aucun doute à cette liste d’Escobar). Mais que dire de ces princes arabes peureux, colériques, intolérants et pourtant armés jusqu’aux dents ? Vous ne devez pas être un pélerin à la Mecque-Disneyland pour trouver votre réponse.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), et de Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009). 

Vision de l’empire: Y a d’la misère chez les riches !

Posted in actualité, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , on 31 octobre 2012 by Résistance 71

L’infâme maison des Al Saoud… Pièce maîtresse des monarchies archaïques et inquisitoriales du  Golfe qui rendent tant de services à l’empire anglo-américain.

Le chateau de carte va s’écrouler, la question n’est pas de savoir s’il va s’écrouler mais quand ?

— Résistance 71 —

 

La pauvreté au pays de l’or noir: un scandale!

 

Al Manar

 

Le 31 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=83301&cid=76&fromval=1&frid=76&seccatid=141&s1=1

 

 

Pas facile pour un pays comme l’Arabie saoudite de reconnaître la pauvreté de ses citoyens. Surtout quand ce pays est le troisième plus riche pays du monde et le propriétaire de richesses pétrolières et de ressources naturelles inégalés : l’Arabie-saoudite cherche à refléter une image d’un pays qui offre beaucoup de dons et d’aide aux pays voisins, qui ne lésine pas à appuyer les fonds de développement mondial, d’ouvrir ses portes à des millions de travailleurs étrangers , d’investir dans divers importants projets de construction et de dépenser des sommes colossales dans des projets de tourisme dans des pays européens !

Dans un article publié dans le quotidien libanais asSafir, l’écrivain saoudien Ahmad Dahman dénonce la pauvreté dans le royaume saoudien : une pauvreté qui touche prés de 6 millions de saoudiens..

Il semblerait inimaginable que dans un tel pays vivent des pauvres qui résident dans un logement inapproprié, qui consomme les trois quarts de leur salaire juste pour assurer leurs besoins vitaux comme la nourriture, la boisson ou le loyer.

Comment un tel Etat peut-il laisser ses pauvres vivres dans la misère sur son territoire ?

Aveux des pauvres

Il a fallu beaucoup de temps au régime des alSaoud pour reconnaître ses pauvres. Sans doute, l’ouverture des Saoudiens au monde virtuel et aux sites de réseau social a révélé la vérité aux responsables saoudiens sur la situation sociale de leur peuple.

Ainsi, plusieurs courts métrages, des vidéos et des photos ont été diffusés sur internet,       exposant les situations de pauvreté dénonçant la face cachée du régime des alSaoud.

Des films racontent la souffrance des familles vivant en dessous du seuil de pauvreté, les hommes révèlent les détails de leur vie quotidienne avec un faible revenu qui n’excède pas souvent les cinquante dollars par mois. Un père raconte comment il a à sa charge une famille de huit fils, mariés et chômeurs. Un autre rapporte son expulsion arbitraire et publie une lettre ouverte au roi saoudien sur le site YouTube.

Et la question qui se pose : Comment sommes-nous arrivés là, comment les conditions se sont-elles détériorées à ce niveau?

L’absence de chiffres précis et de statistiques officielles concernant la pauvreté en Arabie saoudite, n’a pas encouragé les autorités saoudiennes à rechercher des solutions radicales et déraciner le problème.

Malheureusement, aujourd’hui la crise se développe et la pauvreté entraîne des phénomènes       qui       affectent l’environnement sain du peuple et que le royaume tente de préserver. L’Etat a déclaré que le nombre de bénéficiaires des allocations sociales, selon les dernières statistiques de cette année, a atteint environ 800 mille cas.

Par cas, on signifie une famille moyenne composée de 6 à 8 personnes. Plus tard, le ministère saoudien des Affaires sociales a déclaré que ces allocations touchent les familles dites nombreuses composées de 15 personnes, et donc, le nombre de pauvres dans le royaume saoudien dépasse les 6 millions sur une population totale de 20 millions de personnes.

Par ailleurs, le nombre croissant des bénéficiaires des prestations de la sécurité sociale indique que la classe moyenne s’est réduite au profit des classes inférieures.

Le lien avec les réserves fédérales des Etats-Unis

Selon Ahmad Dahman, l’économie du royaume se fait léser par les politiques de partenariat avec la Réserve fédérale américaine, surtout que cette dernière a subi de nombreuses crises au cours des dix dernières années.

Ce lien a rendu l’économie saoudienne vulnérable à une inflation massive qui a frappé le pays et a conduit à la chute du pouvoir d’achat en riyal saoudien, et ce malgré le soutien de l’Etat aux biens de consommation de base.

Mais l’augmentation rapide des prix des produits de base ne s’est pas accompagnée d’une augmentation des salaires, ce qui a conduit à la chute de nombreuses familles dans le piège de la cherté de la vie.

La société a tenté de traiter avec cette hausse des prix imposés par les propriétaires d’entreprises en organisant des campagnes de boycott sur certains produits alimentaires. Par exemple, les Saoudiens ont boycotté le poulet à cause de son prix qui a triplé.

Crise de logement : le loyer a triplé

En plus du coût élevé des produits de consommation de base, les Saoudiens doivent affronter la hausse des prix de logement.

Les statistiques ont montré que 80 pour cent des Saoudiens vivent dans des maisons à louer, la possession d’une maison privée est presque un rêve en Arabie-saoudite en raison des prix élevés des terrains et des coûts de construction, qui font partie de l’irréel.

Cette hausse a fait peser encore plus le fardeau de la cherté de la vie quotidienne sur les épaules du peuple avec un loyer de pas moins de six cents dollars. Sans compter qu’il doit payer les coûts de la nourriture et de l’hébergement pour une famille composée au minimum de six membres.

A cela s’ajoute, le problème accru du chômage qui touche toutes les régions de l’Arabie saoudite et dont un grand nombre de citoyens souffre à cause notamment de l’emploi excessif d’étrangers.

Alors quelle stratégie?

L’Arabie-saoudite a tenté de développer une stratégie de lutte contre la pauvreté. Selon le ministre des Affaires sociales, le plan élaboré contre la pauvreté s’attaque à ses quatre causes principales:

1) trouver une solution au chômage qui a atteint un taux alarmant, puisqu’il l’Arabie saoudite occupe la deuxième place après l’Irak dans les plus hauts taux de chômage au Moyen-Orient et dans le monde arabe,

2) trouver une solution à la crise de logement et au coût élevé des loyers ,

3) trouver une solution au problème des salaires bas et à la hausse du coût de la vie,

4) et enfin, accélérer les projets de développement de manière équilibrée entre les différentes régions.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’injecter de l’argent n’est pas une solution radicale au problème de la pauvreté, il l’anesthésie de façon temporaire et rend les individus plus dépendants aux allocations sociales. Ainsi, au lieu de se concentrer sur la distribution de l’aide alimentaire et sur l’activité des associations caritatives de bienfaisance, il aurait mieux fallu fournir aux citoyens des produits alimentaires de base à des prix abordables dans des marchés commerciaux via des cartes distribuées par le gouvernement pour soutenir les nécessiteux.

Jazan, est la ville la plus       pauvre       en Arabie Saoudite, elle est située dans le sud du pays, et le nombre de familles vivant en – dessous du seuil de la pauvreté est d’environ 19 700 familles.. Conformément à la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, le taux de ménages vivant sous le seuil de la pauvreté absolue dans la région de Jazan est de 34 pour cent. La ville Najran, au sud du Royaume occupe la deuxième place avec 24,53 pour cent des familles, suivi d’alMadina, la ville du prophète Mohammad située à l’ouest de l’Arabie saoudite avec 24,07 pour cent de ses familles qui vivent en-dessous de la pauvreté..