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Attentat de Bangkok: Analyse géopolitique…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 août 2015 by Résistance 71

… répondant à la sempiternelle question en de telles tragiques circonstances: a qui profite le crime ? Excellente analyse de Tony Cartalucci à laquelle nous adhérons tout a fait.

— Résistance 71 —

 

Attentat à la bombe de Bangkok: Qui a des comptes à régler avec la Thaïlande ?

 

Tony Cartalucci

 

18 Août 2015

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/08/bangkok-blast-who-has-ax-to-grind-with.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’attentat à la bombe de Lundi soir ce 17 Août 2015, a tué une vingtaine de personnes et en a blessé plus de 100 autres ; cet attentat est à ce jour un des attentats les plus sanglants ayant frappé la capitale Bangkok de mémoire récente. L’attaque a ciblé un autel religieux très populaire parmi les touristes asiatiques, particulièrement venant de Chine, qui comprend maintenant le plus grand groupe démograhique de visiteurs de la Thaïlande chaque année. Il est très clair que l’attaque a été parfaitement coordonnée pour frapper le secteur économique de la Thaïlande, et fut montée spécfiquement contre un segment bien particulier du marché du tourisme thaïlandais. Les commentateurs ont admis qu’il y avait bien d’autres cibles présentant une plus grande concentration de touristes dans Bangkok, mais les terroristes ont frappé l’Erawan Shrine dans le centre de Bangkok afin de spécifiquement cibler le marché du tourisme asiatique.

Les médias occidentaux ont déà commencé à pirouetter et à créer des théories sur le qui a perpétré l’attaque, se focalisant d’entrée de jeu sur les groupes séparatistes musulmans des provinces du Sud de la Thaïlande, qui ont mené une insurrection de basse intensité dans ces provinces depuis plusieurs années. Beaucoup notent quand même que la violence ne se répand que très rarement en dehors de ces provinces et qu’elle n’a jamais été conduite à cette échelle, spécifiquement à Bangkok.

Le dictateur déposé Thaksin Shinawatra et ses supporteurs ont aussi été cités comme suspects potentiels. Tandis que les séparatistes du sud du pays n’ont jamais commis d’actes de violence à Bangkok, les suiveurs de Shinawatra, eux en revanche, l’ont fait à maintes reprises. Ils ont provoqué des émeutes qui ont tué deux boutiquiers en 2009. En 2010, ils ont investit les rues de Bangkok avec plus de 300 militants lourdement armés, déclanchant des batailles de rue qui ont laissé près de 100 personnes sans vie et qui culminèrent dans des actes de vandalisme au travers de la ville. Ils ont réinvestit les rues de Bangkok avec les mêmes terroristes en 2013-14 pour cibler les manifestations menées contre le régime Shinawatra. Le dernier épisode de cette saga faisant près de 30 morts et des centaines de blessés.

Bien qu’aucune attaque prise individuellement par les suiveurs de Shinawatra ne puisse rivaliser avec le carnage de Lundi, le nombre de morts total du carnage perpétré par ses militants entre 2010 et 2014, l’a dépassé et de loin.

Les médias étrangers ont aussi spéculé sur un lien avec des terroristes en provenance soit de la province chinoise du Xinjiang ou du soi-disant “État Islamique” (EIIL/EI), peut-être à cause du grand nombre de touristes chinois tués lors de l’attaque, et aussi parce que les terroristes en provenance de la province chinoise du Xinjiang ont été traffiqués par l’OTAN vers la Syrie pour qu’ils combattent dans les rangs de l’EIIL.

Il a aussi été précédemment rapporté que les Etats-Unis et leurs alliés ont soutenu les deux régimes Shinawatra cette dernière décennie (Shinawatra lui-même, puis celui de sa sœur par procuration…). Il a aussi été rapporté les liens américano-saoudiens avec les séparatistes du sud de la Thaïlande et les liens américano-turcs avec les séparatistes Ouïghours de Chine.

La politique étrangère des Etats-Unis servant de dénominateur commun entre les suspects possibles de cette attaque, on pourrait se demander alors “pourquoi la Thaïlande ?” quels griefs auraient les Etats-Unis contre la Thaïlande ?

Les pêchés mortels de la Thaïlande

Tandis que la Thaïlande est perçue par beaucoup comme un allié viscéral des Etats-Unis, ceci a ses origines au plus profond de la guerre froide et non pas dans la réalité moderne. Pendant la guerre du Vietnam, la Thaïlande s’est retrouvée au milieu d’un conflit régional des plus meurtriers et opta pour faire des concessions aux Etats-Unis plutôt que de les avoir à dos. La Thaïlande avait utilisé une stratégie similaire durant le seconde guerre mondiale pour mitiger la guerre avec le Japon au coût temporaire il est vrai de sa souveraineté. (NdT: Il y eut néanmoins une résistance populaire à l’occupation japonaise…)

Quoi qu’il en soit, récemment la Thaïlande a glissé hors du giron de Washington et pas seulement en termes de relations politiques, mais aussi dans le plus grand contexte des ambitions américaines en Asie et en particulier en ce qui concerne le plan de longue date d’encercler, de contenir et “d’intégrer” la Chine dans un “ordre international” façonné par les Etats-Unis.

En comprenant ce glissement, on peut parfaitement saisir ce que cela signifie en termes de moyens, de motivation et d’opportunité implicant les Etats-Unis dans la récente attaque terroriste.

(1.) L’establishment politique de la Thaïlande a résisté de manière régulière, a érodé et finalement viré le régime client marionnette des Etats-Unis de Thaksin Shinawatra après une décennie de chaos politique sans nom.

A la fin des années 1990, Shinawatra était un conseiller de l’entreprise privée américaine et tristement célèbre du Carlyle Group (NdT: dont le frère de Sarkozy est un cadre, directeur exécutif depuis quelques années…) se décrivant lui-même comme un grand ami de la dynastie politique de la famille Bush. Il promit lors de sa prise de pouvoir en tant que premier ministre de la Thaïlande qu’il continuerait de servir d”entremetteur entre les intérêts des Etats-Unis et les ressources de la Thaïlande. En 2001, il privatisa les ressources et l’infrastructure de son pays, y compris le conglomérat pétroliwer de la nation : PTT, qui fut vendu à des intérêts étrangers incluant des compagnies pétrolières étrangères comme Chevron, Exxon (NDT: intérêts Rockefeller) et la Shell (NdT: intérêts Rothschild)

En 2003, Shinawatra accepta d’envoyer des troupes de l’armée thaïlandaise pour l’invasion en Irak, malgré de violentes protestations à la fois de l’opinion publique thaïe et de l’armée elle-même. Shinawatra fut aussi instrumental dans l’autorisation donnée à la CIA d’utiliser le territoire national pour son horrible programme d’enlèvement-torture dans le réseau de prisons secrètes à travers le monde (NdT: trois pays ont reconnu avoir abrité les “sites noirs” secrets de la CIA: la Thaïlande, la Pologne et la Lithuanie…).

En 2004, Shinawatra essaya de faire passer en force un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Thaïlande (le FTA) sans aucun accord du parlement, soutenu par le conseil du commerce USA-ASEAN (NdT: l’ASEAN ou Association of South East Asian Nations est un partenariat politico-commercial entre les différents pays de la région, créée en 1967 et comprenant outre la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, la Birmanie (Myanmar), l’Indonésie, le Cambodge, le Laos, le Brunei, les Philippines et le Vietnam), qui accueillit le leader des “chemises rouges” partisans de Shinawatra et de son nouveau parti politique l’UDD juste avant les élections de 2011 qui mirent la sœur de Thaksin, Yingluk Shinawatra, au pouvoir. Celui-ci fut reçu à Washington D.C

Depuis le premier coup visant le régime de Thaksin Shinawatra en 2006, celui-ci a été représenté par les élites entrepreneuriales et financières des Etats-Unis au travers de firmes de lobbying incluant: Kenneth Adelman of the Edelman PR firm (Freedom House, International Crisis Group,PNAC), James Baker of Baker Botts (CFR, Carlyle Group), Robert Blackwill (CFR) of Barbour Griffith & Rogers (BGR), Kobre & Kim, Bell Pottinger (and here) and currently Robert Amsterdam of Amsterdam & Partners (Chatham House).

De 2006 à aujourd’hui, les cercles politiques et médiatiques occidentaux ont toujours présenté Shinawatra et sa clique de politicards par procuration sous le plus beau des jours. Ceci incluant l’utilisation des organisations sus-mentionnées, de la NED (NdT: cette même vitrine de la CIA qui vient de se faire virer de Russie, officine qui organise la 5ème colonne des ONG œuvrant pour la CIA et le ministère des AE états-uniens dans les pays non favorables à la politique yankee. Notons au passage que les supporteurs du criminel Shinawatra sont appelés “chemises rouges”, comme au plus beau temps des révolutions “colorées” organisées par cette même NED, paravent de l’USAID et de la CIA…), pour financer et soutenir les ONG et les universitaires en Thaïlande qui soutiennent rhétoriquement Shinawatra et qui servent de constante source de subversion socio-politique visant la classe gouvernante en Thaïlande.

Il est devenu très clair après la nomination récente comme nouvel ambassadeur US en Thaïlande de Glyn Davies, un ancien diplômé de l’école de guerre US se spécialisant dans l’utilisation de la force non militaire pour renverser l’ordre socio-politique d’une nation cible, que les Etats-Unis sont parfaitement décidés de remttre Shinawatra au pouvoir en Thaïlande.

(2.) La classe dirigeante thaïlandaise dans la foulée de l’expulsion du régime Shinawatra, a poursuivi son propre agenda de politique étrangère, en particulier celui de s’aligner plus précisément sur la Chine.

Depuis que le coup de 2006 a mis en fuite Shinawatra et que le coup de 2014 ait finalement commencé le processus de déraciner son réseau politique entier, la Thaïlande s’est considérablement déplacée hors de l’”American Pacific Century” et vers la Chine montante. En termes de coopération militaire, la Thaïlande a invité la Chine à participer pour la première fois à son exercice militaire annuel du Cobra d’Or, qui fut auparavant une exercice n’impliquant que les forces thaïlandaises et états-uniennes. La manœuvre a reflété cette année le basculement de la politique étrangère de la Thaïlande, l’inclusion de la Chine marquant la reconnaissance par Bangkok de la puissance montante de Pékin dans les affaires régionales.

Tandis que la Thaïlande est souvent accusée de n’avoir qu’un arsenal militaire 100% américain, il convient de dire que la plupart de son matériel américain devient sérieusement obsolète, incluant ses chars M60. Avant le coup d’état de l’OTAN en Ukraine, la Thaïlande tenta de se procurer des chars T-84 à Kiev. Elle possède aussi environ 400 transporteurs de troupe blindés chinois de modèle 85 et plus de 200 transporteurs de troupe ukrainiens BTR-3 en complément de ses transporteurs fossiles américains M113.

Chose peut-être la plus signifiante est le plan de la Thaïlande de se procurer une petite flotte de sous-marins d’attaque chinois à gasoil de type 039A. Dans son article de Defense News « Thai Chinese Sub Buy Challenges US Pivot, » il y est dit: “La volonté de la Thaïlande d’acheter des sous-marins chinois a exacerbé les tensions avec les Etats-Unis et ceci pose un défi au pivot de Washington vers le Pacifique.

“La junte militaire qui fit un coup en Mai 2014 et créa le National Council for Peace and Order, pourrait se tourner vers la Chine pour un soutien et une coopération politique et militaire, ont dit des analystes. Le cabinet de la junte a approuvé l’achat de trois sous-marins d’attaque de type 039A (Yuan) début Juillet.”

Il est clair que la Thaïlande est entrée dans le processus de s’échapper graduellement de l’emprise et de l’hégémonie américaine sous laquelle elle se trouvait depuis des années, avec le récent dégagement du régime Shinawatra, ainsi que son renforcement des liens avec la Chine, créant un sentiment de désespoir presque palpable concernant l’hégémonie américaine en Asie.

(3.) La classe dirigeante thaïlandaise refuse de prendre part à la stratégie de la tension américaine dans la région de la Mer de Chine méridionnale

Une partie du “pivot vers l’Asie” des Etats-Unis était de créer un conflit en Mer de Chine du Sud entre Pékin et des nations d’Asie du Sud-Est. En créant une crise sécuritaire en Asie du Sud-Est, les nations membres n’auraient pas été capables de la résoudre seules, ansi les Etats-Unis avaient anticipé que l’ASEAN accentuerait sa dépendance politique et militaire envers l’Occident. Des nations incluant le Japon et les Philippines ont choisi de marcher dans ce conflit comme un seul homme, s’étendant politiquement, militairement et économiquement pour confronter et contenir la Chine tout en maintenant l’hégémonie régionale des Etats-Unis.

D’autres nations incluant le Vietnam, la Malaisie et l’Indonésie se sont introduites dans le conflit, mais souvent avec un plus grand équilibre entre Pékin et Washington. La Thaïlande aussi a essayé d’éviter le conflit. Le quotidien “the Nation” dans son article « Thailand walks a tightrope on South China Sea, » rapportait:

La visite très attendue de toutes les branches de l’armée thaïlandaise via ses officiers supérieurs en Chine récemment, la première depuis 15 ans, fut une démonstration envoyant un message très fort aux Etats-Unis et à la région, au Cambodge en particulier, que les liens de défense et de sécurité sino-thaïs sont solides comme l’acier et ne doivent pas être soumis à quelque spéculation que ce soit.

En essence, la Thaïlande sert de gendarme couché au sein de l’ASEAN empêchant le bloc supranational d’adopter une attitude plus belliqueuse face à la Chine en regard des tensions en Mer de Chine du Sud. Ceci a obligé les proxies des Etats-Unis à agir plus unilatéralement contre la Chine que soutenus par un front collectif US-ASEAN, front qui fut envisagé pendant des décennies par la politique étrangère américaine.

La Thailande: une fissure dans “la grande muraille de l’ASEAN” américaine

Depuis la guerre du Vietnam, il est devenu clair que la politique étrangère américaine en Asie s’est développée pour contenir la Chine et “l’intégrer” dans un “ordre international” que les faiseurs de politique américains admettent être un ordre créé par l’Occident pour l’Occident. Ce fut parmi les fameux “papiers du pentagone” fuités que ceci fut explicité sans équivoque possible, mettant ainsi en scène la politique étrangère pour les décennies à venir.

Les papiers contenaient trois citations importantes à ce sujet, la première disant:

La décision de Février de bombarder le Nord-Vietnam et l’approbation en Juillet de la Phase I du déploiement des troupes n’ont un sens que si cela est en soutien d’une politique de long-terme des Etats-Unis de contenir la Chine.

Ils disent aussi:

La Chine, comme l’Allemagne en 1917, l’Allemagne en Occident et le Japon en Orient à la fin des années 1930 et comme l’URSS en 1947, est potentiellement une grande puissance menaçant de miner notre importance et notre efficacité dans le monde et plus difficilement mais plus dangereusement, d’organiser l’Asie contre nous.

Finalement, ils soulignent l’immense théâtre régional dans lequel les Etats-Unis étaient engagés contre la Chine en déclarant:

“… Il y a trois fronts pour un long effort de contenir la Chine (comprenant que l’URSS “contient” la Chine au nord et au nord-ouest): a) le front Japon-Corée; b) le front Inde-Pakistan; c) le front de l’Asie du Sud-Est.

Le complot pour encercler et contenir la Chine a son origine dans les “papiers du Pentagone” de 1967 et sera réaffirmé au travers des décennies dans différents papiers successifs de la politique étrangère US. En 1997, le stratège politique connu Robert Kagan, co-auteur de multiples plans de guerre mettant en scène une agression américaine extra-territoriale, a écrit un article dans le magazine Weekly Standard intitulé: « What China Knows That We Don’t: The Case for a New Strategy of Containment. » Dans cet article, Kagan révèle que les Etats-unis poursuivent une stratégie de contrôle de la Chine et dit que : “L’ordre mondial actuel sert les besoins des Etats-Unis et de ses alliés, qui l’ont construit. Cet ordre ne convient que pauvrement à une dictature chinoise essayant de maintenir son pouvoir chez elle et de le développer à l’extérieur. Les leaders chinois grognent aux restrictions qu’ils subissent et sont concernés du fait qu’ils vont devoir changer les règles du système international avant que le système international ne les change.

Il continue en expliquant comment les Chinois perçoivent de manière correcte les Etats-Unis comme utilisant l’Asie du Sud-Est comme un front uni contre Pékin:

Mais les Chinois comprennent parfaitement les intérêts des Etats-Unis, peut-être même mieux que nous. Tandis qu’ils se félicitent de la présence américaine comme d’un frein au Japon, la nation dont ils ont le plus peur, ils peuvent clairement voir que les efforts diplomatiques et militaires des Etats-Unis dans la région limitent sévèrement leur propre capacité de devenir le grand dominateur de cette région du monde. D’après Thomas J. Christensen, qui a passé plusieurs mois à s’entretenir avec des analystes militaires et du gouvernement civil chinois, les leaders chinois se préoccupent du fait qu’ils “vont jouer Gulliver chez les Lilliputiens d’Asie du Sud-Est, les Etats-Unis fournissant les cordes et les piquets.

De fait, les Etats-Unis bloquent les ambitions chinoises simplement en soutenant ce que nous appelerions les “normes internationales” de conduite. Christensen note que les penseurs stratégiques chinois considèrent “les plaintes contre les violations de la Chine des normes internationales” comme faisant partie “d’une stratégie intégrée de l’Occident, menée par Washington, pour empêcher la Chine de devenir une grande puissance mondiale.

L’article de Kagan représentait bien plus que ses propres observations. La politique de contenir la Chine en protégeant la puissance américaine et son influence à travers les périphéries de la Chine, incluant le Pakistan, l’Inde, le Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, le Japon et la Corée du Sud devait devenir un thème récurrent dans la publicaton de 2006 « String of Pearls: Meeting the Challenge of China’s Rising Power across the Asian Littoral, » rapport qui fut publié par le Strategic Studies Institute.

Le rapport figurait une carte indiquant la “rangée de perles” de la Chine, un couloir géostratégique que les Etats-Unis auraient besoin de perturber afin de contrioler le développement de la Chine. (NdT: la carte figure dans l’article original en anglais)

Au-delà de la Thaïlande, une subversion politique financée par le ministère des affaires étrangères américain, un terrorisme de basse intentité se trouvent dans ce couloir, avec des fronts politiques financés par la NED et leurs branches terroristes tentant de troubler le port chinois de Gwadar au Balouchistan, le Pakistan, ainsi que les supporteurs de Aung San Suu Kyi au Myanmar financés par la NED (NdT: donc la CIA) qui tentent de renverser le gouvernement birman aligné sur la Chine, cela passe aussi par la Malaisie avec ses voyous de rues du Bersih soutenus également par la NED et son leader Anouar Ibrahim, jusqu’à la Mer de Chine du Sud où le commandement américain du sud-pacifique agite directement les relations dans cette région.

La plus récente affirmation des plans américains contre la Chine vient sous la forme d’un article co-écrit par Robert Blackwill du CFR, un administrateur et un lobbyiste de l’ère Bush pour Thaksin Shinawatra. Dans son article du CFR intitulé: « Revising U.S. Grand Strategy Toward China, » il dit:

Parce que l’effort américain pour “intégrer” la Chine dans l’ordre international libéral a maintenant généré de nouvelles menaces à la primauté des Etats-Unis en Asie pouvant résulter en un défi subséquent pour la puissance américaine globalement, Washington a besoin d’une nouvelle grande stratégie envers la Chine qui se concentre sur l’équilibrage de la montée de la puissance chinoise plutôt que de continuer à l’assister. Ce n’est pas une coïncidence si les parlementaires américains en charge de trouver des stratégies de confinement de la Chine servent aussi de lobbyistes pour les régimes clients des Etats-Unis en Asie du Sud Est, afin d’aider à la mise en place de cette “grande stratégie”.

L’attentat de Bangkok se situe au sein d’une lutte bien plus grande

Ainsi, l’attentat à la bombe de Bangkok, qu’il ait été perpétré par le régime Shinawatra soutenu par les Etats-Unis, ou par des terroristes liés à l‘Arabie Saoudite en provenance des provinces du sud ou de terroristes que les Etats-Unis ont importé de Tchétchénie, du Moyen-Orient ou de la province du Xinjiang où les Etats-Unis essaient de fomenter une autre insurrection violente, a été un acte de coercicion pour faire dévier la Thaïlande de sa propre politique étrangère et la ramener dans le giron de la politique étrangère états-unienne.

En termes de coopération militaire, de commerce et de liens politiques, la Thaïlande n’est pas la seule nation qui essaie d’échapper à l’emprise de l’hégémonie américaine. La Malaisie et le Myanmar se sont battus et se battent encore contre des proxies des Etats-Unis. Si un ou plus de ces états devaient échapper totalement au giron, ceci créerait un effet en cascade qui aurait pour résultat de faire s’effondrer la “grande muraille de l’ASEAN” américaine.

Pour les BRICS, une alliance géopolitique faisant la promotioon de l’émergence d’un monde multipolaire, ils doivent reconnaître la lutte de l’ASEAN pour sortir de l’hégémonie occidentale et les assister ne serait-ce qu’au moyen des médias, exposant au monde les liens entre les Etats-Unis, leurs alliés et les organisations terroristes régionales utilisées pour terroriser lorsque les manifestations manipulées sont impossibles.

Pour les états de l’ASEAN eux-mêmes, ils doivent résister au désir profond de capituler devant le terrorisme et soutenir les nations voisines dans leur volonté de préserver leur souveraineté nationale.

Il est clair de voir qui a des griefs contre la Thaïlande. La seule question qui demeure est de savoir la taille de la hache qui est brandie et combien de fois elle va s’abattre sur le Thaïlande avant que ceux qui la brandissent puissent être désarmés.

Média et propagande: Pour en savoir plus sur ce qu’il se passe en Thaïlande…

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La BBC se range ouvertement aux côtés du régime thaïlandais et fait un portrait des manifestants comme étant violents et anti-démocratiques

 

Tony Cartalucci

 

26 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2013/12/bbc-openly-sides-with-regime-portrays.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La Thaïlande est en ce moment même dirigée par Thaksin Shinawatra. Thaksin n’était pourtant pas sur les bulletins de vote durant les dernières élections générales, il n’était même pas dans le pays, mais comme l’a rapporté le New York Times dans son article, « In Thailand, Power Comes With Help From Skype, » il est toujours aux manettes:

Cette dernière année et demie, de l’admission même de son parti politique, les décisions politiques les plus importants de ce pays de 65 millions d’habitants, ont été prises depuis l’étranger, par un ancien premier ministre en auto-exil depuis 2008 afin d’échapper à la justice de son pays pour accusations et condamnation de corruption.

Le fugitif le plus céèbre du pays, Thaksin Shinawatra, parcourt le monde à bord de son jet privé, parlant avec des ministres sur ses plus de douze téléphones portables, textant sur les médias sociaux variés et lisant des documents gouvernementaux qui lui sont envoyés via email par de hauts-fonctionnaires, disent les pontes du parti.

Ceci pourrait être décrit comme “gouverner par skype” ou le gouvernement par la messagerie instantannée, une façon pour Thaksin d’aider à diriger le pays sans avoir à faire face au mandat d’arrêt lancé contre lui dans un cas que beaucoup considère comme politiquement motivé.

Thaksin est tellement arrogant, qu’il fît utiliser comme slogan de la dernière campagne électorale: “Thaksin pense, Puea Thai fait”. Son inepte sœur Yingluck Shinawatra, qui n’a jamais tenu de fonction publique dans sa vie est soudainement devenue “premier ministre de Thaïlande”, place les Thaksin dans une embarrassante démonstration de népotisme du tiers monde.

Mais le régime actuel thaïlandais abrite d’autres caractéristiques bien plus noires que cette corruption cartoonesque de république bananière. Thaksin Shinawatra, alors qu’il était en fonction de 2001 à 2006, conduisit une “guerre contre la drogue” brutale. Ce fut en fait une campagne de 90 jours d’exécutions extra-judiciaires dans les rues qui tua plus de 3000 innocents, dont plus de la moitié furent révélés n’avoir rien à faire avec le trafic de drogue et dont aucun ne fut à aucun moment arrêté, mis en examen ou mis devant un tribunal.

Malgré la brutalité de ce qui fut dans toute sa mesure un crime contre l’humanité, la “guerre” fut très populaire au sein de ses supporteurs (voir l’article de the Economist’s: Thailand’s Drug Wars – Back on the Offensive), qui n’ont apparemment aucun concept ou préoccupation pour les droits de l’Homme, les procès et la présomption d’innocence tant que non prouvé coupable, les mêmes supporteurs du reste, qui votent pour le réélire au pouvoir encore et toujours.

Un criminel de l’espèce de Thaksin ne serait pas un homme libre s’il avait commis ses crimes en occident (NdT: cela reste néanmoins encore à voir de nos jours…) ou dans un pays qui serait en conflit avec l’occident. Il se serait retrouvé comme membre mineur de “l’axe du mal” et certainement qu’aucun gouvernement qu’il mènerait directement ou indirectement ne serait considéré comme “légitime” ou “démocratiquement élu” et ce sans compter du soutien populaire qu’il serait censé avoir. Ses suiveurs politiques et fidèles seraient appelés et étiquetés comme des “fanatiques”.

Un criminel condamné qui mène un parti politique par procuration en occident serait chose impensable (NdT: plus pour longtemps…) et de la même manière cela est pensé comme étant inacceptable en Thaïlande également. Voilà ce qui a amené des millions de personnes dans les rues pour protester contre le cœur de cette crise politique sans fin qui se déroule de nos jours en Thaïlande. Il n’y a aucun effort pour arrêter les élections en Thaïlande, simple effort de stopper les élections factices de ce régime, élections qui vont être tenues contre les vœux de la commission électorale de la nation, et avec tous les partis d’opposition les boycottant.

Et aussi sérieux et importants que soit tout ceci pour ceux qui essaient de compendre la Thaïlande de l’extérieur et sa crise politique actuelle, aucun de ces faits ne furent rapportés par la BBC dans ses derniers reportages et comptes-rendus.

Titré, « Thailand protests: Yingluck government rejects election delay, » l’article annonce: Que le gouvernement thaïlandais a rejeté aujourd’hui les appels a reporter les élections de Février et ce durant de violentes manifestations qui ont vu la mort d’un policier, tué par balle. La Commission Nationale Electorale avait demandé un report par souci de sécurité pour les candidats en campagne, mais le gouvernement a dit que l’assemblée nationale avait déjà été dissoute et qu’il n’y avait aucune raison d’attendre pour de nouvelles législatives. Le peuple veut que le gouvernement démissionne et qu’il soit remplacé par un “conseil populaire” non élu.

L’article a été spécifiquement écrit pour rendre responsable les manifestants de la mort du policier alors qu’il avait déjà été rapporté par l’agence Reuters que celui-ci avait été tué par des tireurs non identifiés depuis les toits. L’article déclare également que les manifestants veulent que le gouvernement soit remplacé par un “conseil populaire” non élu, ce qui induit volontairement en erreur. Les manifestants quotidiennement, en langues thaïe et anglaise réitèrent qu’ils n’ont aucune intention de stopper le processus démocratique, ni les élections.

Le but est de virer Thaksin Shinawatra et sa clique de dangereux criminels, et leur influence corrosive sur le pays, avant que de véritables élections libres et régulières puissent être tenues. Le conseil n’est aucunement différent des corps non élus qui ont pris le pouvoir au cours des nombreuses “révolutions colorées” soutenues et fomentées par l’occident à travers le monde, ainsi que l’ autorité provisoire d’irak d’obédience impérialiste, qui a dirigée la nation moyen-orientale décimée peu de temps après que l’occident l’eut envahi et occupé. La différence bien sûr étant que ce conseil ne travaillerait pas pour Wall Street, alors que les autres le firent.

Mais l’article continue avec l’”analyse” du journaliste de la BBC Jonathan Head – already exposed as a peddler of falsehoods – qui déclare: Dans la plupart des autres pays, une attaque sur un site d´élection par des manifestants armés de frondes et de bombes artisanales résultant dans la mort d’un policier par balle, aurait déclenché une réponse robuste des autorités. Un état d’urgence peut-être, ou le déploiement de l’armée comme cela s’est produit à Bangkok en 2010.

Ceci ne se passe pas en Thaïlande, que des manifestants soient laissés libres de bloquer les routes, d’occuper des ministères et de lancer des assauts sur un stade où des partis politiques essayaient de préparer des élections démocratiques, en dit long sur l’état polarisé de la thaïlande en ce moment.

Une fois de plus, le policier a été tué par des tireurs non identifiés qui étaient localisés sur un toit voisin de la manifestation (NdT: les tirs ne sont pas venus de la foule, personne ne sait de quel bord sont ces tireurs, une enquête est en cours…) et non pas des manifestants clashant avec la police en dessous. Head invoque encore les violences de 2010, dans lesquelles Thaksin Shinawatra fit déployer quelques 300 mercenaires professionnels lourdement armés dans une tentative violente de ressaisir le pouvoir. Ces mercenaires (d’après l’ONG Human Rights Watch) ont attaqué les troupes anti-émeute avec des AK-47, M16 et des lance-grenades M79, tuant 7 soldats incluant un officier du commandement (un colonel), ce qui déclencha des semaines de combats de rue et provoquèrent la mort de 92 personnes. Cette violence à la fois dans son contexte et son échelle n’est en rien comparable avec ce qu’il s’est produit aujourd’hui, mais Jonathan Head espère que les lecteurs ne sont pas au courant des détails ainsi que d’autres faits alors qu’il nous vend un narratif des faits malhonnête.

Head aime utiliser l’expression “élection démocratique”, parce que cela suffit à qualifier dans l’esprit de beaucoup tout processus électoral comme étant “légitime”. Bien sûr, en réalité, beaucoup des pires autocraties du monde, passées et présentes, ont utilisé les élections comme moyen de se prêter à elles-mêmes une légitimité usurpée et non-existente. Quelques exemples viennent à l’esprit: l’Irak de Saddam Hussein, la Corée du Nord et la despotique autocratie d’Arabie Saoudite où la moitié du pays est privée du d roit de vote, mais qui est  toujours défendue par la BBC comme étant une “réformatrice précautionneuse”.

Tout comme dans l’Irak de Saddam Hussein, la Corée du Nord de Kim Jong Un ou l’Arabie Saoudite, les élections thaïlandaise ne mettront en scène qu’un seul parti avec une famille le dominant: Les Shinawatra. Voter est obligatoire et dans de nombreuses régions de la Thaïlande rurale où Thaksin a particulièrement retranché sa machine politique, la dissidence fait souvent face à l’intimidation, la violence et la mort occasionnelle. Les élections en Thaïlande avec les Shinawatra impliqués sont tout ce qu’on veut sauf démocratiques et le processus n’est fait que pour tirer avantage d’une minorité qui trouve que les exécutions extra-judiciaires d’innocents est acceptable, le népotisme préférable et la voix de l’opposition intolérable, ils s’alouent la même crédibilité politique qu’un Saddam Hussein, un Kim Jong Un ou une maison des Saoud, lorsqu’ils organisent leur escroquerie d’élections.

Jonathan Head de la BBC a déjà sans aucun doute démontré son aversion de la vérité et il le fait encore dans sa dernière bafouille commise. Mais ceci va au-delà de “Head le propagandiste”, c’est une manipulation systématique de la vérité par les médias occidentaux en général, parce qu’en plus d’être un assassin en série et un criminel condamné, Thaksin Shinawatra est aussi très bien connecté avec Washington et Wall Street:

  • A la fin des années 1990. Thaksin était un conseiller pour la firme privée d’équité du Carlyle Group. Il permit alors à ses contacts étrangers qu’une fois en place comme premier ministre, il demeurerait un entremetteur entre le fond d’équité américain et le monde des affaires thaïlandais.
  • En 2001 il privatisa les ressources et infrastructures de la Thaïlande incluant le compagnie pétrolière nationale PTT à la grande satisfaction de Wall Street.
  • En 2003, il envoya des troupes thaïlandaises pour l’invasion américaine de l’Irak et ce malgré de larges protestations venant à la fois de l’armée thaïlandaise et de l’opinion publique. Thaksin permit également à la CIA d’utiliser le territoire de la  Thaïlande pour son horrible programme de rendition/kidnapping et sous-traitance de la torture.
  • Aussi en 2004, Thaksin tenta de forcer un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Thaïlande, le FTA, sans aucun accord parlementaire, soutenu par le conseil des affaires commerciales US-ASEAN, qui juste avant les élections de 2011 qui virent la sœur de Thaksin Yinglulk Shinawatra arriver au pouvoir, accueillit les leaders du Front Uni contre la Dictature des “chemises rouges” de Thaksin à Washington DC.
  • Depuis 2006 et le coup d’état qui a renversé le régime Thaksin, celui-ci a été représenté par des élites corporatives et financières américaines au travers du lobbying d’entreprises telles que Kenneth Adelman de Edelman PR (Freedom House, International Crisis Group (Soros), PNAC (Project for a New American Century)), James Baker de Baker Botts (CFR et Carlyle Group, NdT: où pantoufle aussi le frère de Sarkozy)), Robert Blackwill (CFR), Kobre & Kim, Vell Pottinger et actuellement Robert Amsterdam d’Amsterdam & Partners (Chatham House).
  • Cette année, le parti poloitique de Thaksin, Puea Thai, a amendé l’article 190 de la constitution thaïlandaise. Ceci enlève les obstacles qui l’empêchaient de prendre des mesures destructives, et hautement impopulaires de l’accord du FTA de 2004 et d’autres traités qui dimininueront sinon détruiront la souveraineté de la nation thaïlandaise au profit de Thaksin et de ses sponsors occidentaux.

Jonathan Head de la BBC n’est pas stupide, il fait simplement ce que la BBC fait de mieux: prendre le fric et les directives de la part des élites friquées de Wall Street et de la City de Londres et de pirouetter les faits pour un narratif qui leur convient au mieux. Thaksin Shinawatra et sa sœur Yingluk, les “démocrates populaires” de Thaïlande, reflètent au mieux la relation intime et l’immense invstissement que l’occident a placé dans la famille Shinawatra, même si cela ne reflète en rien la réalité.