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Doctrine chrétienne de la découverte, colonialisme occidental et violence religieuse…

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« Au nom de la sainte trinité, envoyons en Espagne, tous les esclaves (Indiens) qui puissent-être vendus. »
~ Christophe Colomb ~

« … Quand il devint clair qu’il n’y avait plus d’or à prendre (sur l’île d’Hispagnola/Haïti), les Indiens furent pris et vendus comme esclaves pour les grandes terres, connues plus tard sous le nom d’encomiendas. Ils furent forcés à travailler dur et moururent par milliers. En 1515, ils restaient peut-être 50 000 des 500 000 Indiens natifs de l’île. Il n’en resta plus que 500 en 1550. Un rapport datant de l’an 1650 a confirmé qu’il n’y avait plus aucun descendants de la nation Arawak sur l’île (aujourd’hui Haïti)…)
~ Howard Zinn ~

 

La violence chrétienne: Obama touche un point sensible de la politique américaine

 

Peter d’Errico

 

12 février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/12/christian-violence-obama-touches-sore-spot-american-politics

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Etes-vous étonné, concerné par la violence commise par l’État Islamique, par le comment le meurtre et la torture peuvent-être justifiés par des doctrines religieuses ? Pensez-vous que la violence de certains musulmans aujourd’hui fait écho à la violence chrétienne qui s’exerça lors des croisades et de l’inquisition ? Si c’est le cas, vous avez sans doute approuvé les commentaires récents du président Obama au National Prayer Breakfast début Février.

Si vous êtes parmi ceux qui critiquent systématiquement tout ce que dit Obama ou si vous êtes amouraché des baveurs des médias de droite, il se peut que vous ayez eu une indigestion à la déclaration d’Obama disant que “durant les croisades et l’inquisition… des gens ont commis des actes terribles au nom du Christ.

L’ancien gouverneur républicain de Virginie, Jim Gilmore, a dit que la comparaison d’Obama de la violence musulmane avec la violence chrétienne était “le commentaire le plus offensant qu’il ait jamais entendu d’un président des Etats-Unis de son vivant”, il a ajouté “il a offensé tous les chrétiens croyants des Etats-Unis”. Le président de la Ligue Catholique, Bill Donohue, a dit que la comparaison d’Obama était “insultante” et “pernicieuse”.

Qu’est-ce qui choque ces gens ? On se demande vraiment si Gilmore et Donohue ne connaissent vraiment pas l’histoire du christianisme, ou s’ils pensent que cette histoire devrait être cachée. Devant le triste tableau de l’éducation aux Etats-Unis, la possibilité de leur ignorance existe. De manière toute aussi triste,il existe la possibilité qu’ils connaissent cette histoire et veulent la cacher.

Les archives historiques montrent que le christianisme a été très violent durant de longues périodes de son développement. Les horreurs des croisades et de l’inquisition auxquelles Obama a fait référence, sont démontrées dans les documents officiels de l’église. Les croisades furent une longue série d’expéditions militaires totalement sponsorisées par l’église durant une période de 300 ans afin d’éjecter les musulmans de la “terre sainte”. L’inquisition a duré 400 ans et fut un réseau multinational de terreur géré par l’église contre les autres religions et spécifiquement contre les “infidèles” (non-croyants) et les “hérétiques” (personnes ayant de “mauvaises” croyances).

Par exemple, sous le pape Innocent III, les puissances chrétiennes menèrent une guerre de terreur contre “l’hérésie” dans ce qui est maintenant le sud-ouest de la France. Un million de personnes furent massacrés en 15 ans. Les chrétiens rasèrent des villes entières. Lorsque les “soldats du christ” demandèrent à l’évêque Cocteau ce qu’ils devaient faire avec les catholiques d’une ville, l’évêque répondit: “Tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens”. L’envoyé du pape notifia plus tard celui-ci que la population entière de la ville, soient 20 000 personnes, avaient été tuée. (NdT: Il s’agit du massacre des habitants de la ville de Béziers où entre 15 et 20 000 personnes furent massacrées par les troupes sous commandement de l’église…)

La violence de la chrétienté s’étendit aux “païens” (les gens qui n’avaient pas entendu la parole du christ) du “nouveau monde”. Le Requerimiento espagnol de 1513, fondé sur la bulle papale de 1493 (Inter Caetera), confirmant le titre de souveraineté espagnole aux terres “découvertes”, déclara que les colons pouvaient “vous (peuples natifs) faire la guerre de quelques manières que ce soit et vous soumettre au joug et à l’obéissance à l’église ; nous vous prendrons vous, vos femmes et vos enfants et vous réduirons en esclavage et ainsi pourrons en disposer et les vendre ; nous prendrons la totalité de vos biens et nous vous ferons tout le mal et le dommage possible en invoquant le fait que la responsabilité des morts et des pertes vous en incombe.

L’étude de l’histoire des Etats-Unis montrent des évènements tout aussi horribles dans lesquels les peuples et nations autochtones furent les victimes de violences inouïes aux mains des “découvreurs chrétiens”. En 1637, les Anglais brûlèrent un village entier de la nation Pequot après en avoir bloqué tous les chemins d’accès. Le capitaine John Underhill a expliqué l’assassinat des vieillards, des femmes et des enfants en disant: “parfois les saintes écritures déclaraient que les femmes et les enfants devaient mourir avec leurs parents… Nous avions suffisamment de lumière par la parole de dieu pour que nous puissions procéder.

A travers le continent (en Californie), environ 100 ans plus tard, le missionnaire franciscain Junipero Serra fut responsable de la coercition des peuples natifs dans le christianisme, les confinant dans des “missions” où ils furent contraints de travailler pour les Espagnols. Serra justifia supplices et flagellations des Indiens qui résistaient en écrivant: “Les pères spirituels doivent punir leurs fils les Indiens, avec des coups qui semblent être aussi vieux que la conquête des Amériques, si général en fait que les saints ne semblent pas être une exception à la règle.” L’intention du pape François 1er de canoniser Serra durant une visite aux Etats-Unis en 2014 a déclenché une controverse à cause de la violence du système de mission de Serra.

La congrégation vaticane du saint siège, le bureau de l’église responsable de ces guerres de terreurs existe toujours aujourd’hui, appelé maintenant la congrégation pour la doctrine de la foi. Jusqu’à son élection comme pape Benoit XVI, le cardinal Joseph Ratzinger était le leader de cette congrégation, il était connu pour ses efforts à déraciner les “hérésies” dans l’église moderne et dans la littérature.

Les conséquences de la domination chrétienne subsiste aujourd’hui et ce le plus notoirement avec la doctrine légale de la “découverte chrétienne” intégrée dans la loi de propriété aux Etats-Unis ainsi que dans la loi fédérale et politique indiennes (et en parallèle au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, toutes des extensions coloniales de la chrétienté anglaise) et sous laquelle les Indiens se voient refuser la propriété de leurs terres et leur souveraineté parce qu’ils sont “païens”.

La campagne en cours pour faire abolir cette doctrine de la “découverte chrétienne” de la loi américaine attire une certaine attention envers cette sale histoire. Quelques églises chrétiennes ont rejoint l’effort, appelant pour une reconnaissance honnête des conséquences historiques de la terreur chrétienne. Nous verrons si le pape François béatifira Junipero Serra devant l’attention publique croissante des archives historiques.

Le pape Jean Paul II, bien qu’il béatifia Junipero Serra, avait reconnu l’histoire violente du christianisme. Il délivra plus de cent excuses pour les activités de l’église catholique apostholique et romaine au cours des siècles. En mars 2000, il délivra une large excuse pour 2000 ans de violence et de persécution par l’église. Comme alors décrit par un journaliste (NdT du Guardian de Londres), le pape “électrifia les rangs des cardinaux et des évêques” en “défiant les mises en garde de quelques théologiens disant que cette excuse sans précédent historique diminuerait l’autorité de l’église.

On peut trouver l’histoire de l’église “offensante”, mais cela est-il offensant d’en parler ? Devons-nous prétendre que l’histoire ne s’est pas passée ?

Le gouvernement de la Turquie nous donne un exemple de la distance que peuvent couvrir les leaders politiques pour nier des faits historiques. Quiconque en Turquie mentionne le massacre des Arméniens et des Kurdes pendant la première guerre mondiale et s’y réfère en tant que “génocide” peut-être envoyé en prison pour le crime de “dénigrement de la turquicité”. L’ “histoire officielle” nie l’archivage et la constatation historique qui montre sans équivoque qu’un tiers du peuple arménien a été éliminé.

Des arguments légitimes au sujet de l’histoire proviennent des différentes visions et interprétations des documents et aussi de la découverte de nouveaux matériaux concernant des affaires. Dans la cas de la violence chrétienne, les critiques d’Obama n’ont pas mis à jour de nouveaux matériaux d’études et aucuns calculs politique différents avec lesquels (ou mettant en valeur) regarder l’histoire connue et reconnue.

Ainsi nous pouvons remercier Obama de parler juste au sujet de la violence religieuse. Nulle part dans ses remarques a t’il justifié de la violence commise par l’État Islamique. Il a au contraire essayer de désamorcer la colère anti-musulmane en nous rappelant que le christianisme et la chrétienté ont également énormément de sang sur les mains. Ceux qui critiquent ces remarques sont les mêmes que ceux qui critiquèrent le pape Jean Paul II à l’époque: Ils sont plus préoccupés de maintenir leur “autorité” que de reconnaître la vérité.

Peter d’Errico est diplômé de droit de l’université de Yale en 1968. Il a été avocat pour le Dinebeiina Nahiilna Be Agaditahe Navajo Legal Services, 1968-1970 à Shiprock. Il a enseigné le droit à l’université du Massachussetts, Amherst de 1970 à 2002. Il est avocat consultant sur les affaires indiennes.

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Lettre au pape pour la répudiation officielle de la bulle Inter Caetera (1493) fondement de la doctrine coloniale occidentale (Oceti Sakowin, Sioux)

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C’est la seule solution pour détruire la pseudo légitimité territoriale de l’empire. Le colonialisme depuis le XVème siècle jusqu’à aujourd’hui, car nous vivons toujours et sans doute plus que jamais dans un monde colonial et non pas « post-colonial » comme veut le faire ingurgiter la pensée unique criminelle dominante, est fondé sur le racisme, le génocide et l’acceptation par la force puis la propagande, que l’occident et sa « civilisation » a le droit « divin » de dominer le monde: dominum christianorum.

Forcer le pape à répudier officiellement la doctrine chrétienne de la découverte inscrite dans la bulle Inter Caetera de 1493 qui sert de fondement à la loi coloniale depuis lors, privera instantanément l’empire de sa base territoriale usurpée et un empire sans territoire s’effondre. Nous l’avons dit et le répétons, c’est le talon d’Achille de l’empire anglo-américain et c’est là qu’il faut frapper. Les mouvements de lutte amérindiens doivent être solidaires là-dessus et nous devons les soutenir ! Pourquoi ? Parce que « Nous sommes tous des colonisés ! »

Les deux bulles papales fondement de la doctrine coloniale occidentale: Romanus Pontifex (Nicolas V, 1455) et Inter Caetera (Alexandre VI, 1493)

— Résistance 71 —

 

Une lettre au pape François 1er: Abolissez la bulle papale qui est derrière la colonisation !

 

Ruth Hopkins

 

14 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/14/letter-pope-francis-abolish-papal-bull-behind-colonization

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Très saint père,

Han (Hello).

Mon nom est Cankudutawin (femme du Chemin Rouge). Je suis une Améridienne de la nation Sioux, Oceti Sakowin. Nous datons de bien avant les Etats-Unis. Nos terres traditionnelles sont les grandes plaines de l’Amérique du Nord (NdT: qui s’étendent au centre sur ce que sont actuellement les Etats-Unis et le Canada), je suis née à Fort Yates dans le Dakota du Nord sur la réserve Sioux de Standing Rock et je suis un membre enrôlé du peuple Sisseton Wahpeton Oyate.

Mes grands-mêres Katherine Ray et Stella Pretty Sounding Flute étaient toutes deux de ferventes catholiques. Les gens disent que vous êtes bon, que vous êtes unique et différent de vos prédécesseurs. Les gens parlent autour de moi et disent qu’il y a une chance que vous m’écoutiez, moi, une simple femme d’une réserve indienne.

Après la venue de Christophe Colomb en 1492, l’existence des peuples indigènes des Amériques du nord et du sud ont changé à tout jamais. La trajectoire historique de mon peuple fut aussi changée. Au-delà d’avoir été infectés par des maladies inconnues de nous comme la variole pour laquelle nous n’avions aucune immunité, on nous a affamé, brutalisé et massacré. Des millions d’indigènes du continent furent massacrés au nom de la Destinée Manifeste, née des doctrines de la découverte, en particulier édictée par la bulle papale de 1493 (Inter Caetera).

La bulle papale de 1493, Inter Caetera, un édit solennel écrit par le pape Alexandre VI, donna aux chrétiens la domination sur les terres indigènes et appela à la subjugation des peuples natifs indigènes pour le but de propager la doctrine chrétienne. En fait, les chrétiens furent chargés de la tâche de renverser les nations autochtones afin de les convertir au christianisme et les héritiers chrétiens furent aloués “plein et libre pouvoir, autorité et jurisdiction de toute sorte”. Ceux qui tentèrent de s’opposer à ce document papal furent menacés d’être exposés “à la colère de dieu tout puissant et de ses saints apôtres Pierre et Paul.”

Ce que cette bulle accordait est le droit de conquête. La colonisation a commencé avec l’Espagne et le Portugal et toutes les autres puissances européennes ont suivi leur exemple. Les envahisseurs européens qui ont volés les terres et les vies des autochtones furent autorisés de le faire sous couvert et autorité de l’église, qui était le fondement de la loi des états. Quelques trois cents ans après que le pape Alexandre VI ait invoqué “deprimantur” contre mes ancêtres, John Marshall le 4ème juge de la cour suprême des Etats-Unis, prit le principe du “droit de réduction” de la bulle papale Inter Caetera, fondée sur le concept chrétien latin de dominorum christianorum et fit de la domination chrétienne une loi en regard de l’invention de la doctrine chrétienne de la découverte.
La doctrine elle-même n’a aucune base légale. Utilisant le raisonnement d’Inter Caetera, la cour suprême des Etats-Unis abrogea les demandes de droit de propriété des peuples autochtones, dont les ancêtres vécurent en Amérique du Nord pendant des milliers et des milliers d’années et a donné le titre aux colons américains qui étaient gouvernés par des leaders chrétiens.

Sans cette bulle papale, les Etats-Unis d’Amérique seraient forcés de réviser les politiques de termination et d’assimilation qu’ils ont mis en pratique contre nous, les habitants originels de la terre, le vol des terres indigènes et de leurs ressources, les violations des traités et le génocide qui fut appliqué au travers de nombreux massacres comme ceux entr’autres de Sand Creek, Wounded Knee et Whitestone Hill. Les Etats-Unis et autres pays coloniaux ont justifié ces atrocités en se cachant derrière l’église.

Tant que la bulle papale Inter Cetera demeure effective, les peuples indigènes continueront à souffrir. Toute la loi américaine concernant les Indiens d’Amérique est fondée sur la trilogie de Marshall, celle de la doctrine chrétienne de la découverte. Le droit de réduction, sous le déguisement de la doctrine de la découverte, est utilisé pour nourrir la bête coloniale et utilisé pour donner toujours plus de pouvoir au capitalisme, alors que les entreprises multi-nationales utilisent des concepts religieux quasi-légaux comme cette doctrine de la découverte, pour voler les peuples indigènes du monde entier. A la poursuite de ressources naturelles comme le bois, le pétrole, le gaz, les diamants, l’uranium et autres richesses, ils ignorent et balaient nos vies.

Je vous adresse cette lettre avec humilité et respect, comme quelqu’un qui reconnait l’autorité de Celui qui guérit ceux aux cœurs brisés et soignent leurs plaies ; Celui qui n’est pas venu pour condamner le monde, mais pour le sauver.

Pour le bien de tous, nous vous demandons de révoquer formellement la bulle papale Inter Caetera de 1493. Le faire, restaurera les droits humains fondamentaux et amènera la cicatrisation aux peuples autochtones et à son tour, au monde entier. Seul vous avez le pouvoir de faire ceci.

S’il vous plaît, rencontrez-moi en tant que représentante du pays indien pour un entretien lors de votre prochaine visite aux Etats-Unis l’an prochain. Mitakuye Oyasin.

Mes meilleurs vœux à votre sainteté,

Salutations distinguées,

Cankudutawin, Red Road Woman

Ruth Hopkins

“Bénis soient les faiseurs de paix, car ils seront appelés les enfants de dieu.” Mathieu 5:9

Ruth Hopkins (Sisseton Wahpeton & Mdewakanton Dakota, Hunkpapa Lakota) est écrivain, blogueuse, biologiste, activiste et juge.

La solution contre-impérialiste: Le démantèlement de la doctrine chrétienne de la « découverte », fondement du colonialisme occidental…

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Pour en savoir plus:

La doctrine chrétienne de la « découverte » sur Résistance 71

 

Déclaration pour le démantèlement de la doctrine chrétienne de la découverte

 

Nation Akimel O’tham

Nahuacalli, Ambassade des Peuples Originels

 

Avril 2013

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, les nations des peuples originels, procédons à cet appel pour la réflexion et la prise d’action sur des problèmes d’importance critique pour notre survie présente et future.

Nous affirmons notre droit d’exercer notre existende libre en tant que nations et peuples de ce continent et de cet hémisphère Abya Yala, appelé Amérique, une existence qui remonte au début des temps comme cela a été exprimé dans nos histoires sur l’origine. Nos ancêtres ont évolué au moyen de systèmes profonds de connaissance et de multiples langages. La sagesse et la spiritualité de nos ancêtres ainsi que leurs profonds pouvoirs de discernement et d’observatons scientifiques ont grandement contribué à l’humanité en termes de nourriture, de médecine, de mathématiques, de connaissance spirituelle et de compréhension, tout en servant de gardiens aux vastes systèmes écologiques et aux eaux pures, qui sont la source de la vie. Nos ancêtres libres et indépendants ont étudié les lois de l’univers et ont développé nos systèmes originels de compréhension spirtituelle et d’harmonisation avec le monde naturel. Nos systèmes de gouvernance légaux uniques sont et seront toujours profondément enracinés dans notre Terre-Mère, nos terres et nos territoires ancestraux traditionnels.

L’année 1492 marque le début d’un processus récurent de crimes contre l’humanité, notre humanité en tant que peuples originels d’Abya Yala (Les Amériques). En 1492, Cristobal Colon (ou Christophe Colomb, dont le nom en espagnol veut dire le “colonisateur porteur de la croix ») fut commissionné pour naviguer vers nos patries ; il toucha terre à l’île de Taino de Guanahani et il affirma la prise de possession au nom de la croix chrétienne et la couronne de Castille. Il fit ceci sur la base de l’affirmation par la chrétienté (NdT: Christendom en anglais ou “domination chrétienne) que les monarques chrétiens avaient le droit divin de “découvrir” et de “conquérir” les non-chrétiens et ainsi d’affirmer leurs droit sur leur territoires, terres ancestrales et ressources. Colon rebaptisa cette première île San Salvador (Saint Sauveur) et il y ériga une croix et un échafaud symbolisant l’intention d’imposer la domination politique castillanne et la loi de la couronne sur les nations et peuples originels et leurs territoires. Ce processus fut répété à une échelle massive, où que les agents de la chrétienté envahissaient les terrritoires et les sites de cérémonies de nos nations, ayant l’intention de nous dominer et de nous déposséder de nos terres et de notre spiritualité.

En 1493, la pape Alexandre VI prétendît faire un “don” apostolique de terres non-chrétiennes à la couronne de Castille et de León pour “la propagation de l’empire chrétien” (empirii cristiani) et exprima son désir que les nations non-chrétiennes, barbares, soient subjuguées et “amenées à la foi chrétienne”. Le document du pape dit à la couronne de Castille et de León:

Nous, de notre propre volonté, par la teneur de la présente, que les dites îles trouvées par vos envoyés et capitaines, vous soient données, assignées à vous, vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de León, pour toujours, avec les colonies, villes, camps, endroits et villages et tous les droits, jurisdictions et appartenances de toutes les îles et terres découvertes et à découvrir, trouvées et à trouver… Nous vous faisons, nommons, vous et vos héritiers et successeurs, seigneurs de ces terres avec plein pouvoir de droit, toute autorité et toute jurisdiction nécessaire de quelque sorte que ce soit avec cette restriction néanmoins qu’aucune terre propriété d’un autre prince chrétien ne puisse lui être enlevée.”

Les droits à la colonisation antérieure de “tout prince chrétien”, spécifiquement du Portugal, devaient être protégés mais pas les droits des nations et peuples non-chrétiens. De ce décret résulta une tradition de domination politique, économique, sociale et culturelle et la subjugation imposée à nos peuples et nations au nom de la “civilisation” et la “conquête pacifique” comme les missionnaires catholiques, dominicains, franciscains et jésuites imposèrent la conversion religieuse comme instrument de domination coloniale.

Nous nous sommes rassemblés pendant trois jours sur le territoire traditionnel des nations d’O’otham afin de discuter les effets destructeurs, mortifères et génocidaires de la Doctrine Chrétienne de la Découverte sur nos nations et peuples originels. Nous nous sommes concentrés sur le besoin de démanteler et de défier les idées déshumanisatrices et les arguments qui ont typiquement été appelés la Doctrine de la Découverte (aussi connue sous le nom de “droit de la découverte”). Ces idées de domination et de subjugation sont parfaitement illustrées dans la bulle papale Inter Caetera de 1493 et autres documents issus par la saint siège au Vatican et adopté par les couronnes portugaise et espagnole et leurs successeurs.

Les pays d’Angleterre, de France, Hollande et Russie affirmèrent également de créer des droits de souveraineté au travers d’actes symboliques. En résultat de la succession politique internationale, des pays de part l’occident tracent tous leur lignée politique aux prérogatives de Colomb en 1492 et aux bulles papales des XV et XVIème siècles. Aux Etats-Unis par exemple, la formation politique des états de Californie, de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, du Nevada, du Colorado et de l’Utah peut être drectement tracée à ces mêmes documents.

Après bien des présentations et une longue délibération à la “Conférence pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte”. Nous avons trouvé que la Doctrine de la Découverte continue ses effets destructeurs et son impact négatif sur nos peuples et nations depuis tous ces siècles.

Nous affirmons par la présente que la domination, subjugation et déshumanisation persistantes de nos peuples et nations indigènes, sont une claire violation de nos droits humains. Comme moyen de gérer avec ces violations constantes et les insistances à la domination dont nos peuples souffrent quotidiennement, nous faisons et lançons cet appel à la conscience et affirmons notre détermination à former un Tribunal des Peuples indigènes pour faire reconnaîre, connaître et surveiller les droits de nos peuples et nations et de faire condamner les perpétrateurs de ces violations de nos droits, de faire distribuer mondialement une information éducative au sujet de la Doctrine de la Découverte et des ses effets et ce en affirmation des systèmes originaux et légaux de nos dits peuples et nations.

Nous notons de plus, que depuis l’invasion, la colonisation et l’imposition subséquente des états coloniaux sur ce continent, nos peuples ont souffert de la persécution, de massacres et du déni de nos droits humains de libre circulation en tant que peuples originels sur notre propre continent. La néo-colonisation actuelle impose illégalement des industries minières sur nos territoire et aussi nous criminalise au sein de frontières coloniales. Les impositions religieuses de la chrétienté continuent d’influer négativement sur nos pratiques spirituelles ancestrales, allant jusqu’à nous priver d’accès à nos centres de cérémonie qui sont maintenant considérés êtres des ruines de valeur archéologique vouées à être développées comme centre de distraction pour touristes.

Ainsi, nous affirmons que la domination, la subjugation et la déshumanisation actuelles et persistantes de nos peuples originels est une claire violation de nos droits.

Afin de gérer les violations systématiques de nos droits et libertés et des formes variées de domination et de domestication affectant nos peuples aujourd’hui et considérant que les Indiens ont un impératif en termes de sauvegarde de nos droits et de développement de notre destinée ; sous ce principe d’auto-détermination, nous appelons à la constitution du Tribunal des Peuples Indigènes afin de montrer la preuve des violations de nos droits et des effets désastreux qui empêchent un futur meilleur et qui condamnerait similairement ceux responsables de ces violations de droits humains, qui par leur nature sont des crimes contre l’humanité. Ce Tribunal des Peuples Indigènes doit être de caractère global et doit servir à disséminer la connaissance de la situation historique et actuelle des peuples indigènes et aussi surveiller chaque situation. Ce corps légal devra promouvoir et informer la société mondiale au sujet de la Doctrine de la Découverte et de ses effets négatifs et morifères contre l’humanité.

= = =

Source:

http://www.nahuacalli.org/#!contact/c55t

http://www.nahuacalli.org/

Résistance au colonialisme occidental: Révoquez les bulles pontificales de 1455 et de 1493 justifiant esclavage et colonialisme… 2ème partie

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2013 by Résistance 71

1ère partie

 

Revoquez la bulle Inter Caetera

 

Valerie Taliman

 

Source: http://ili.nativeweb.org/ricb.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

On refuse au peuple indien (natif des Amériques) leurs droits aujourd’hui simplement parce qu’ils n’étaient pas chrétiens à l’époque de l’arrivée européenne sur le continent.
L’universitaire Shawnee/Lenape Steven Newcomb a fait froncer plus d’un sourcil quand il fit cette déclaration au parlement des religions mondiales, qui s’est tenu à Chicago en Septembre (NdT:1994). Cette congrégation historique fut suivie par plus de 7700 leaders spirituels et participants et avait l’intention de proposer un forum pour accentuer la compréhension spirituelle et la paix dans le monde.

Newcomb et Bill Kills Straight, un Sioux Oglala de Kyle dans le Dakota du Sud (Pine Ridge), représentait l’Indigenous Law Institute” et parlèrent dans un panel appelé “Les voix des dépossédés”. Ils furent rejoints par Julio Revolorio, un Maya du Guatemala et Tupac Amaro Indi, de la nation Quiche de l’amazone, qui partagèrent leurs visions sur la perte des terres indigènes.

La présentation de Newcomb et de Kills Straight fut la première fois que des gens entendirent parler de la relation entre le vol de terres natives et les doctrines anciennes de l’église catholique. Ces doctrines, appelées bulle pontificales ou bulles papales (NdT: toujours en vigueur aujourd’hui, la méthode est ancienne mais pas abandonnée…), sont toujours en vigueur aujourd’hui plus de 500 ans plus tard et forment la base d’un schéma de subjugation incessant qui a été incorporé dans les lois fédérales sur les Indiens en Amérique.

Dans une lettre ouverte, l’Indigenous Law Institute a appelé le pape Jean Paul II à formellement révoquer ces documents afin “de démontrer une solidarité avec les nations indigènes et de montrer la volonté d’honorer et de respecter  les droits inhérents des nations indigènes à la liberté, la justice et la paix.

Les deux documents principaux discutés par Newcomb sont le décret pontifical de Nicolas V en 1455 qui appelait le roi Alphonse du Portugal “à envahir, rechercher, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins et les païens… et autres ennemis du Christ.” Le pape Nicolas décréta également que la terre en possession de ces peuples soit confisquée et que les non-chrétiens soient “réduits en esclavage perpétuel”.

Newcomb a expliqué que ce document fut suivi par une seconde doctrine énoncée dans la bull pontificale Inter Caetera de 1493, dictée par le pape Alexandre VI qui décrivait le désir du pape de voir les “nations barbares renversées” et que ces nations “découvertes” par la chrétienté  soient subjuguées et réduites à la foi catholique “afin de propager la religion chrétienne”. Ces décrets, vieux de 500 ans, mirent en place la scène d’une guerre de conquête qui dure depuis plus d’un demi millénaire, se faisant l’avocat de la guerre et non de la paix contre les peuples autochtones et rendirent impossible pour le monde chrétien de respecter les nations indigènes du continent des Amériques, a t’il dit.

Newcomb qui a passé 10 ans à rechercher extensivement les origines de la loi fédérale sur les Indiens a dit que ces doctrines anciennes servent de base légale à la politique fédérale sur les Indiens qui refuse aux Indiens leurs droits à leurs terres ancestrales simplement parce qu’ils n’étaient pas chrétiens lors de l’arrivée des Européens sur le continent. “Ces anciennes lois de la chrétienté ont été incorporées dans une décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre McIntosh, qui fit la distinction entre les chrétiens et les païens”, a dit Newcomb. Le terme de “païens”, nota t’il, s’appliquait aux personnes dont la religion n’était ni chrétienne, ni juive , ni musulmane, ce qui bien sûr s’appliquait virtuellement à toutes les nations indigènes.

“Ce qui rend ceci si critiquement important pour les peuples indigènes des Etats-Unis et pour tous les peuples indigènes du monde est que le raisonnement de la cour suprême dans l’affaire Johnson contre McIntosh était fondé sur la distinction entre les chrétiens et les païens et la Doctrine de la Découverte fut formellement inscrite dans les lois des Etats-Unis par la cour suprême”, a t’il expliqué.

“Il dit que la première nation chrétienne qui ‘découvre’ une terre peuplée de païens et d’infidèles (bêtes de proie), possède le droit de domination ultime sur ces terres et que les païens n’ont que le droit de l’occuper.”

Il a insisté sur l’importance du mot “dominion” dérivé du latin “domo”, qui veut dire “subjuguer, domestiquer, placer en état de soumission, coloniser”.

Newcomb a aussi noté qu’en accord avec la loi internationale chrétienne, les terres qui n’avaient pas de propriétaires chrétiens étaient considérées comme terres vacantes, même si elles étaient habitées par des non-chrétiens. “Ainsi les terres que Christophe Colomb et les autres conquérants prirent en leur possession étaient considérées n’appartenir à personne car elles n’étaient pas la propriété d’une autre nation chrétienne”, a écrit Newcomb dans un essai intitulé “Païens en terre promise” (NdT: depuis devenu un excellent livre…)

Dans la décision judiciaire de l’affaire Johnson contre McIntosh, le juge suprême John Marshall cita les chartes variées de l’Angleterre pour documenter l’acceptance de la doctrine de la découverte et a dit que les nations européennes qui firent de telles découvertes n’avaient pour obligation légale que de reconnaître “le titre précédent de tout peuple chrétien qui aurait pu avoir fait la découverte”, d’après la recherche de Newcomb.

“En bref, les chrétiens avaient le titre de propriété, les païens ne faisaient qu’occuper la terre” (NdT: Juste un cas “légal” d’éviction de squatters en quelque sorte…). “Peu de personnes réalisent vraiment que la distinction établie par la cour suprême des Etats-Unis entre chrétiens et païens est toujours la loi suprême qui commande à la propriété foncière aujourd’hui.”

“Ainsi, sur cette base, les Etats-Unis continuent de nier que les peuples Indiens ont le véritable droit de propriété de leurs terres ancestrales et qu’ils ont droit a la souveraineté complète en tant que nations indépendantes.”

Kills Straight relia la vision du monde industrialisé de la terre et la destruction qui s’en suivit des lois édictées par l’Homme, fondées sur des économies capitalistes et la domination de la nature.

“En 500 ans, plus de 96 millions d’indigènes ont été perdus à cause de cette destruction”, a t’il dit, ainsi que la connaissance traditionnelle dont ils étaient les détenteurs. Il a rappelé que la compréhension de la nature et de ses lois ainsi que de la Terre-Mère par les peuples autochtones en tant qu’entité spirituelle est critiquement importante à partager en ces temps où tant d’espèces sont dévastées et menacées.

“Il est bon de voir la spiritualité redevenir forte dans nos communautés. Nous avons besoin d’un changement ou la vie sur Terre va cesser d’exister. Le reste du monde a l’habitude de penser qu’il n’y a rien à apprendre des peuples autochtones de ce continent, mais cela est en train de changer.

En révoquant la bulle Inter Caetera de 1493, le pape peut montrer son soutien aux peuples indigènes par ses actions, pas seulement par des mots. Cela mettra un terme symbolique à cette tradition de la subjugation que nos avons subie depuis plus de 500 ans.

C’est un effort spirituel que nous entreprenons et ce n’est pas juste à propos du pape et de l’église catholique, c’est à propos du manque d’honneur et de compassion et d’attention qui sont si marquant dans ce monde industriel.

Ceci est un premier pas de l’église et du reste de la chrétienté vers le premier principe indigène: Le respect de la Terre et de notre Mère et avoir un regard sacré pour tout le vivant ; et ceci veut dire pour nos femmes, nos enfants et les générations futures.

Note de l’auteur:

Durant cette congrégation, les 60 délégués de nations autochtones ont développé une « Declaration of Vision » qui incluait un appel à la hiérarchie de l’église catholique romaine de révoquer la bulle pontificale Inter Caetera de 1493. La déclaration fut présentée à l’assemblée générale du parlement mondial par Charlotte Black Elk et fut endorsée comme résolution par un vote unanime. Quoi qu’il en soit, le Dr. David Ramage Jr, président du conseil de la congrégation, annula plus tard le vote dans une réunion post-congrégation, disant que les résolutions passées au cours de l’AG n’étaient pas valides car l’assemblée n’avait pour intention que “d’échanger des points de vue et non de prendre des décisions de groupe”. Il n’est pas clair quelle action sera prise à la suite de cette déclaration.

DOCUMENT SOURCE: Taliman, Valerie. « Revoke the Inter Cetera Bull. » Turtle Quarterly. Fall-Winter 1994, p. 7-8.

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