Archive pour terrorisme d’état

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Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 12 avril 2020 by Résistance 71

 

Contre le virus du contrôle !

Le combat du siècle… Coanarvirus contre paranovirus

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 29 mars 2020 by Résistance 71

 

 

Co-Anarvirus vs Paranovirus… comment survivre

 

Paris Luttes Info

 

24 mars 2020

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/co-anarvirus-vs-paranovirus-13652?lang=fr

 

La pandémie qui frappe la société capitaliste dans laquelle nous vivons a deux faces : celle d’un Co-Anar, terriblement efficace pour saper les fondements du pouvoir, et celle du ParanoVirus, terrible dans sa capacité à nous démobiliser et à déléguer nos actions au saint État. Que faire ?

Ami·e·s, réjouissons-nous ! Après un an et demi de Giletjaunage, après une grève générale historique, alors que les saisons se dérèglent et que le temps social est à la révolte, notre agent secret jaune-noir-rouge-vert, nom de code Coranavirus 19, détruit un à un les leviers du pouvoir qui nous oppressent : chute vertigineuse des Bourses, arrêt de la production de masse, grève générale imposée aux populations, trêve hivernale repoussée, baisse des activités humaines et donc des gaz à effets de serre… Certes, Co-Anar est nihiliste jusqu’à l’extrême : il met sous pression nos collègues de la santé et tue nos proches ; il n’est en aucun cas un ami sincère. Mais cette petite bête aura mis un coup d’arrêt à la machine-Goliath, le capitalisme, une machine qui ne fonctionne que parce qu’elle est en mouvement. Survivra-t-elle à un si long arrêt ?

Néanmoins, l’État propage une terrible maladie : le ParanoVirus ! Cette maladie, animée d’une rationalité faussée et que la peur de la mort alimente, ordonne à ceux qui en sont atteints d’arrêter de vivre pour se préparer à l’avenir – SPOILER la Mort – et de voir dans chaque être humain le présage de sa fin. Alors il faut tout contrôler : contrôler qui, quand, où, comment l’on voit d’autres humains, faire confiance à tous les charlatans – l’État en fait partie – tout désinfecter à outrance parce que le Mal ce seraient toutes les bactéries et tout ce qui est vivant, autre que notre propre corps. À l’ère de la rumeur, le ParanoVirus se diffuse très vite : ce qui a le plus de vues devient vrai, ce qui est validé par des « experts » devient « source ». Conséquence du ParanoVirus : des crises de panique dans les supermarchés et une ambiance anxiogène, une volonté de rester seul, chez soi, pour que les GAFA, les Netflix, les livraisons Amazone & cie nous nourrissent…

Que pouvons-nous faire ? 

Nous poser, vu que dorénavant et « jusqu’à nouvel ordre » nous avons du temps devant nous.

Précisions avant de commencer : 

Certains seront choqué·e·s par le ton léger de ce texte, et d’autres y verront de l’irrespect pour les personnes qui luttent contre cette maladie et ceux qui en ont peur. Personnellement, j’ai peur de cet État et de ce qu’il pourrait profiter d’une telle occasion. J’ai peur du contrôle des populations que nos technologies induisent. J’ai peur du monde dans lequel je vais vivre et par cette contribution je voudrais nous préparer à un potentiel après.

Les pointes d’humour de ce texte, ce sont autant de moyens de lutter contre la dépression qu’induit le ParanoVirus. Les propositions de ce texte, c’est pour que nos collègues de la Santé ne se retrouvent pas seul·e·s pendant 2 mois. 

Je pense également que la peur détruit toute réflexion, et bien que j’ai confiance dans les médecins et leurs conseils, je ne veux pas perdre mon sens critique. Comme qui dirait : le diable se cache dans les détails, noyés dans une brume de peur…

« Et pourtant, Mamie et Papi nous ont bien dit de ne pas boire le sang des chauves-souris ! » Ou l’arbre qui cache la forêt

Tout commence par des vampires très très loin dans l’Est et leurs rituels bizarres… Vous pensez que cette phrase est raciste ? Elle l’est.

Le storytelling du Corona c’est que des gens bizarres mangent des animaux, des vrais tout bizarres, pas des surgelés sous plastique bien aseptisés, et puis POUF cela fait un virus mortel pour l’humanité.

Déjà, bon nombre d’humains voient dans les crises écologiques les signes de la Fin du monde, la Fin de l’humanité. Mais non : à la limite, nous sommes témoins de la fin d’un régime, le capitalisme, voire uniquement d’une forme de ce régime, le néolibéralisme. Nous devons donc préparer la suite, pas nous préparer à être seuls dans un monde qui n’est plus. Cela induit des comportements radicalement différents : soit l’on essaye de se voir, de préparer de la bouffe ensemble, soit l’on dévalise les magasins et l’on s’enferme seul en attendant la Fin… et notre propre Faim !

Disons simplement que l’autoréduction – oui, le vol dans les magasins, manger dans les magasins – c’est plus sympa à plusieurs.

Revenons à la naissance de notre antihéros, le Co-Anar : il est le benjamin d’une fratrie de virus jugulés très vite, dès leurs apparitions. Cela suit à chaque fois le même schéma : des animaux en mauvaise santé issus d’élevages intensifs en contact avec des humains en mauvaise santé dans des territoires où des humains en mauvaise santé, poussés à la migration par le « travail », sont concentrés. Le pays où ces questions atteignent leur paroxysme, c’est la Chine. Mais c’est en réalité nos modèles de villes, concentrationnaires jusqu’à l’absurde, qui sont à remettre en cause : concentration de population, de pouvoir, d’inégalités sociales, de pollution, de mal-être, construites en opposition frontale avec le vivant, etc.

Parce qu’il y a du mal-être, l’État met en place des outils de contrôle de la population. Là aussi, la Chine d’aujourd’hui est une société dystopique qui sert de modèle pour nos démocraties hightech : reconnaissance faciale, utilisation des smartphones pour pister les individus, système de points virtuels de citoyenneté… Dans cette société du tout-contrôle, quand l’épidémie s’est déclarée, à la fois les populations ont eu peur de se faire dépister et à la fois les chefaillons, laissés à eux-mêmes, ont eu peur de faire des vagues et ont étouffé l’affaire trop longtemps. Nous sommes ici aussi dans un modèle comparable : on ne veut pas perdre la face, alors les élections municipales sont maintenues alors que l’on est en phase 3 de l’épidémie. Les organisations étatiques, bien qu’elles se pavanent dans des discours sécuritaires, donnent des consignes internes contradictoires parce qu’elles ne savent pas quoi faire.

Dans cette période, les personnes en poste de pouvoir ont le choix entre nous laisser nous autogérer ou mettre en place des mesures arbitraires. En sachant nos chefs perdus, nous devons tout faire pour favoriser notre autogestion locale et les pousser à l’accepter.

Contre le Co-Anar, j’attaque avec les « gestes barrières » !

Face à ce que l’État ignore, celui-ci sort de son chapeau un pouvoir digne d’un jeu vidéo : des gestes-boucliers dont l’application attentionnée réduiraient la propagation de ce virus pneumonie-super-grippe-pas-mortel-mais-un-peu-quand-même-voire-peut-être-beaucoup.

N’étant pas médecin, je vais ici me concentrer sur la distance d’un ou plusieurs mètres et le confinement généralisé d’une population ; en d’autres termes sur les gestes qui transforment nos liens sociaux et que nous devrions accepter « parce que les experts l’ont dit ».

Ainsi, nous devrions tous être à plusieurs mètres l’un de l’autre, ne plus nous faire la bise, ni nous serrer la main ; l’autre – ses ami·e·s, sa famille, ses collègues, les personnes que l’on ne connaît pas encore – devient alors un ennemi potentiel.

Même s’il y a un fond de vérité, son application sacro-sainte relève de la superstition : c’est la projection pendant que l’on parle ou en cas de toux, ou le contact direct qui est en cause. En soi être à des centaines de mètres c’est efficace, mais excessif. Se couvrir la bouche en revanche, surtout quand l’on pense être malade, est du bon sens, comme se laver les mains, qui n’induit pas de rompre les liens sociaux que l’on a avec d’autres humains.

Ce que nous soulignons ici c’est la transformation que ces mesures engendrent : une société où chaque individu est seul face à lui-même, dépendant de ce que le grand Papa-État lui donnera comme consigne, face à l’ultime peur : celle de mourir.

Pire : nous serions responsables, chacun de nous, de la propagation de la maladie. Si tu vois des gens, tu la propages. Ne respires pas malheureux·euse, ou uniquement dans un masque ! Sortir ?! Tu mets en danger l’humanité, égoïste ! Penses aux autres en ne pensant pas eux, à ceux qui sont déprimé·e·s ou qui se sentent mal… Non vraiment : ferme ta gueule et reste chez toi. Grande messe de la Nation à 20h au balcon. Point.

Sur l’exigence de ne pas sortir, doit-on souligner la différence entre une famille coincée dans 10 mètres carrés et une famille qui se dore au soleil dans son jardin privé ? En tout cas, l’on accuse les premiers de tous les maux parce qu’ils·elle·s sortent.

Le premier responsable, c’est notre société et nos villes : l’organisation du travail qui nous oblige à utiliser des transports en commun bondés pour aller « gagner sa vie » à des heures de chez nous, nos logements petits, confinés et chers, nos concentrations abusives d’animaux d’élevage, la pollution systémique des villes qui nous empoisonne…

Ce régime qui pense à son fric est responsable de la création et de la propagation de ce virus. Nous, on trinque.

« Il vaut mieux couler avec panache que flotter sans grâce » : carpe diem !

Aujourd’hui, tout ou presque est fermé. Cette dictature (oui, nous y sommes légalement, il était temps !) a réussi à faire interdire les rassemblements de plus d’une personne, quel exploit ! Chacun·e est invité·e à rester chez soi et à ne rien faire d’autre mise à part télétravailler, dans la mesure du possible. Certain·e·s sont érigé·e·s comme des héro·ïne·s de la nation, leurs voix sont portées par l’État quand leurs discours vont dans le sens du ParanoVirus, alors que les caissières, les livreur·euse·s sont invisibilisé·e·s, alors que les prisonnier·ère·s, interné·e·s psy, et sans-papiers sont toujours enfermé·e·s. Des mesures sécuritaires sont mises en place pour les personnes qui braveraient l’interdit en sortant dehors : 1 000 balles si tu récidives, voire la prison !

C’est la pire des solutions qu’on nous impose, et au contraire l’on ne doit pas rester seul, et pour plusieurs raisons :

  • Déjà pour ne pas déprimer, parce que cela tue aussi. Et n’oublions pas que le système immunitaire dépend en partie de notre état mental.
  • Aussi pour se protéger des monstres avec qui l’on est enfermé : pensons aux femmes enfermées avec leur mari violent et aux enfants qui le subissent également.
  • Ensuite pour ne pas propager nos psychoses personnelles. Discuter en physique nous permet de confronter nos peurs à d’autres personnes et à d’autres peurs, de faire la part des choses et donc de s’inquiéter quand il faut et ne pas s’inquiéter quand il ne faut pas, de différencier un coup de fatigue d’un symptôme de la maladie. Cela aiderait nos copain·ine·s de la Santé à désengorger les urgences et les lignes téléphoniques des gens psychotés en bonne santé !
  • Pour sortir nos têtes des réseaux sociaux : la peur s’y auto-alimente parce que nos recherches sur internet fonctionnent par occurrence qui se répondent entre elles. L’on se créé une bulle où notre vérité serait dite par « tous » alors que ces « tous » ce sont juste les gens qui pensent comme nous. N’oublions pas aussi que derrière l’algorithme qui gère les moteurs de recherches se cachent des humains qui veulent nous vendre des produits, et des États friands des technologies de surveillance de masse.
  • Pour apprendre, faire tout ce que l’on a rêvé de faire et que le temps donné au « travail » nous a empêchés de faire. D’ailleurs, soyons vigilants : pendant cette période certains d’entre nous ne pourront pas libérer du temps. Il faut très vite trouver des moyens, par nous-même, de les remplacer et de tourner sur leurs postes avant qu’ils elles ne fassent des burn out.
  • Pour mettre en place « jusqu’à nouvel ordre » des alternatives pratiques à notre société. Si nous sommes d’accord que cette maladie est la conséquence de cette société, alors nous devons vite mettre en place d’autres formes de sociétés pour que cela ne se reproduise plus. C’est créer des interdépendances entre la famille, entre voisin·e·s, entre ami·e·s, entre collègues à des petites échelles, pour la nourriture, la garde des enfants, les loisirs, les soirées, etc. C’est s’organiser sans eux·elles – nos hiérarchies déconnectées de la réalité de terrain – qui sont clairement incompétentes à gérer avec rapidité et souplesse une situation de crise.
  • Si l’on est contaminé, de pouvoir traverser la maladie en sachant que des personnes pensent à nous et que l’on n’est pas seul face à la mort.

Aussi, même si nous avons une forte sympathie pour nos collègues de la santé, n’oublions pas que ce sont des êtres humains qui peuvent avoir tort, qu’il·elle·s sont porteur·euse·s d’une médecine occidentale qui crée un rapport de pouvoir entre les médecins qui savent et les patients qui doivent subir, et qui s’est imposée contre les médecines dites traditionnelles. Faisons la part des choses entre les charlatans aux tisanes, ceux à la chloroquine, et ce qui est du bon sens.

Et puis une dernière chose : beaucoup de gens ont peur de mourir, c’est normal… parce que… et bien oui, c’est terrible, on va tous mourir, pas besoin d’un virus pour cela. Nous ne sommes pas immortels et le délire transhumaniste et technologique va s’arrêter là, grâce à Co-Anar, espérons-le… Alors en attendant la fin, profitons-en ! Préparons l’an zéro !

Note

CARPE DIEM !

= = =

Notre dossier « Coronavirus »

 


Il court, il court l’corona…

Réflexion critique et solution potentielle… celle à 10%

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 21 mars 2020 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

21 mars 2020

 

En juillet 2013, nous traduisions et publiions un article scientifique publié par Matthew Philips en juillet 2011 en compte rendu et mise en lien d’une article scientifique publié par le Rensaier Polytechnic Institute. Cet article analyse et calcule le pourcentage de population nécessaire pour faire passer une idée minoritaire dans une grande bascule majoritaire. La réponse des auteurs de l’article: 10%

Nous avons décidé de republier cet article afin de faire comprendre aux plus de gens possible qu’il ne faut pas gagner l’esprit et le cœur de tout le monde ni même de 90% d’une population pour faire passer une idée minoritaire dans une bascule majoritaire à terme et donc changer des modes de pensée et des attitudes, car en fait 10% suffisent. A cet effet, nous avons demandé à Jo d’en faire un PDF que nous vous présentons ci-dessous.

On vous l’a dit: mettre à profit cette aubaine de « confinement sanitaire » pour réfléchir, lire, se documenter et sortir de l’isolement mieux informé(es) et prêts à plus que jamais résister aux diktats à venir de la phase finale de l’effondrement du système.

Coopération, Union, Réflexion, Emancipation, nous tiendrons le bon bout de la C.U.R.E…

La_solution_a_10%
(Version PDF)

 

Municipales 2020 : Piqûre de rappel pour veautards bornés…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, désinformation, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 mars 2020 by Résistance 71

 


« Si voter changeait quoi que ce soit…
Ce serait illégal » (Emma Goldman)

 

Résistance 71

 

14 mars 2020

 

… sur fond de panique fabriquée au coronavirus (CoVD19), au taux de mortalité de l’ordre de moins de 2,5% (ce qui veut dire que 97,5 à 98% des personnes infectées guérissent…), mais qui est en train d’engendrer une nouvelle vague de mesures liberticides sur les populations, comme par exemple les interdictions de rassemblement de plus de 100 personnes etc… Ce n’est que le début.

Mais, nous dit-on de vive voix, surtout, surtout… n’oubliez pas d’aller veauter, d’aller abdiquer de votre souveraineté en allant mettre votre papelard dans ces boîtes à suggestions pour esclaves que sont les urnes électorales, urnes funéraires de nos libertés et de notre capacité collective de nous diriger nous-mêmes sans aucun intermédiaire parasitaire politique ou financier.

Tout cela n’est que la mise en scène de l’illusion démocratique, que nous dénonçons depuis dix ans en relais de nos anciens qui le firent bien avant nous (cliquez sur le lien et documentez-vous si ce n’est déjà fait…)

La question primordiale aujourd’hui est de fait la suivante:
Entre le CoVD19 et l’état de la surveillance de masse muni de ses outils liberticides se renforçant jour après jour, qui est le plus nocif, le plus dangereux ?

A lire cette très bonne mise au point de Jo en format pdf :

Avis-a-la-population-francaise

 

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Résistance politique: La lutte contre l’État et autres écrits 2/2 (Nestor Makhno)

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La lutte contre l’État et autre écrits

 

Nestor Makhno

1925-1932

 

1ère partie

2ème partie

 

Dielo trouda,n°23-24, avril mai 1927, pp.8-10.

La Makhnovchtchina et l’antisémitisme

Depuis près de sept ans, les ennemis du mouvement révolutionnaire makhnoviste se sont tellement déchaînés en mensonges à son égard que l’on peut s’étonner que ces gens n’arrivent pas à en rougir au moins de temps en temps.

Il est assez caractéristique que ces mensonges éhontés dirigés contre moi et les insurgés makhnovistes, en fait contre notre mouvement dans son ensemble, unissent des gens dans camps socio-politiques très différents : on peut y trouver des journalistes de toutes plumes, des écrivains, des érudits et des profanes qui leur emboîtent le pas, des maraudeurs et des spéculateurs, lesquels n’hésitent pas parfois à se présenter en pionniers des idées révolutionnaires d’avant garde. On y rencontre également de prétendus anarchistes, tel Yanovky, du Freie arbeiter stimme. Tous ces gens de toute sorte et de tous poils, ne craignent aucunement d’user de mensonges contre nous, sans même nous connaître ; parfois sans y croire vraiment eux-même. Ces mensonges se complètent d’insinuations, ce qui consiste à crier toujours et partout contre nous, sans tenter d’établir les fondements mêmes de leurs criailleries. En effet, où sont les faits plausibles qui pourraient justifier en quoi que ce soit cette hystérie amorale ? Tous ces impudents mensonges contre nous, les makhnovistes, nous traitant de programmeurs, sans avancer la moindre preuve ni vérifier quoique ce soit, m’on amené, il y a peu de temps, à m’adresser, par l’intermédiaire de la presse libertaire et russe, aux Juifs de tous pays, pour leur demander des explications sur les sources de toutes ces absurdités, afin que soient fournis des faits précis de pogromes, d’encouragements ou d’appels à des pogromes commis ou lancé par le mouvement révolutionnaire des travailleurs ukrainiens que j’ai guidé.

Seul, le club bien connu de Paris, le « Faubourg », a répondu à mon appel aux juifs de tous pays ». La direction de ce club a fait savoir par la presse que, lors d’une réunion, le 23 juin 1927, le débat porterait sur la question suivante : « le « général » Makhno a-t-il été l’amis des Juifs ou bien a-t-il participé à des tueries contre eux? ». Il y était ajouté que le camarade français Lecoin allait y intervenir en tant que défenseur de Makhno.

Il va sans dire que, si tôt que j’ai appris la tenue de cette assemblée du « Faubourg », je me suis immédiatement adressé au président de ce club, Poldès, en lui demandant par lettre que Lecoin soit écarté de cette question et que la possibilité d’intervenir personnellement devant son club me soit donnée. A la suite d’une réponse positive, je me suis donc présenté le 23 juin 1927 devant l’assemblée de ce club.

Cependant, la méthode particulière de mener les débats dans ce club et la question qui me concernait n’étant traitée qu’en fin de réunion ont fait que je n’ai pu intervenir que fort tard, vers onze heures du soir et n’ai pu m’exprimer à fond. Je n’ai pu tout au plus introduire la question en traitait le caractère historique, les sources et voies de l’antisémitisme en Ukraine.

Mes ennemis se serviront peut-être de cette circonstance indépendante de ma volonté et surtout du fait que je sois ici pieds et poings liés. En effet, selon les lois policières françaises, il m’est interdit de communiquer avec mes camarades d’idées français ; par conséquent, il nemlm’est pas possible d’organiser moi-même une réunion publique pour m’expliquer à propos de ces calomnies. D’ailleurs, certains ont encore impudemment menti en parlant d’un « procès » qu’on aurait organisé à Paris. Nouvelles mensongère qui a été reprise par mes ennemis, les défenseurs hypocrite du droit et de l’indépendance du peuple juif, lequel a pourtant tellement souffert au cours de ces dernières trentes années en Russie et en Ukraine.

La réalité peut-elle correspondre en quoi que ce soit à ces mensonges ? Tout les travailleurs juifs d’Ukraine, ainsi que tous les autres travailleurs ukrainiens savent bien que le mouvement que j’ai guidé durant des années était un mouvement authentique de travailleurs révolutionnaires. Le mouvement n’a nullement cherché à séparer, sur des bases raciales, l’organisation pratique des travailleurs trompés, exploités et opprimés. Bien au contraire, il a voulu les unir en une toute puissance révolutionnaire, capable d’agir contre leur oppresseurs, en particulier contre les dénikiens profondément pénétrés d’antisémitisme. Le mouvement ne s’est jamais occupé d’accomplir des pogromes contre les Juifs et ne les a jamais encouragés. En outre, il y a de nombreux travailleurs juifs au sein de l’avant garde du mouvement révolutionnaire d’Ukraine (makhnoviste). Par exemple, le régiment d’infanterie de Gouliaï-Polié comprenait une compagnie exclusivement composée de deux cents travailleurs juifs. Il y a aussi eu une batterie de quatre pièces d’artillerie dont les servants et l’unité de protection, commandant compris étaient tous juifs. Il y a eu également de nombreux travailleurs juifs dans le mouvement makhnoviste qui, pour des raisons personnelles, préférèrent se fondre dans les unités combattantes révolutionnaires mixtes. Ce furent tous des combattants libres, engagés volontaires qui ont lutté honnêtement pour l’oeuvre commune des travailleurs. Ces combattants anonymes possédaient leurs représentants au sein des organes économique de ravitaillement de toute l’armée. Tout cela peut être vérifié dans la région de Gouliaï-Polié parmi les colonies et les villages juifs.

Tous ces travailleurs juifs insurgés se sont trouvés sous mon commandement durant une longue période, non pas quelques jours ou mois, mais durant des années entières. Ce sont tous des témoins de la façon dont moi, l’Etat-major et l’armée entière, nous nous sommes portés à l’égard de l’antisémitisme et des pogromes qu’il inspirait.

Toute tentatives de pogromes ou de pillage fut, chez nous étouffée dans l ‘oeuf. Ceux qui se rendirent coupables de tels actes furent toujours fusillés sur les lieux de leurs forfaits. Il en fut ainsi, par exemple, en mai 1919, lorsque les insurgés paysans de Novo-Ouspénovka, ayant quitté le front pour se reposer à l’arrière, découvrirent à proximité d’une colonie juive deux cadavres décomposés, puis les ayant pris pour des insurgés assassinés par les membres de cette colonie juive, s’en prirent à elle et tuèrent une trentaine de ses habitants. Le jour même, mon Etat-major envoya une commission d’enquête dans cette colonie. Elle découvrit les traces de auteurs de la tuerie. J’envoyai immédiatement un détachement spécial dans ce village pur les arrêter. Les responsables de cette attaque contre la colonie juive, à savoir six personnes dont le commissaire bolchevik de district, furent tous fusillés le 13 mai 1919.

Il fut de même en juillet 1919, lorsque je me retrouvais pris entre deux feux par Dénikine et Trotsky – lequel prophétisait à ce moment dans son parti qu’il valait mieux livrer toute l’Ukraine à Dénikine que de donner la possibilité à la Makhnovstshina de se développer » – et qu’il me fallut passer sur la rive droite du Dniepr. Je rencontrai alors le fameux Grigoriev, ataman de la région de Kherson. Induit en erreur par les bruits stupides qui circulaient sur moi et le mouvement insurrectionnel, Grigoriev voulut conclure une alliance avec moi et mon Etat-major, en vue de mener une lutte contre Dénikine et le Bolcheviks.

Les pourparlers commencèrent sous condition de ma part l’ataman Grigoriev fournisse, dans un délai de deux semaines, à mon Etat-Major et au soviet de l’armée insurrectionnelle révolutionnaire d’Ukraine makhnoviste), des documents prouvant que tous les bruits qui couraient sur les pogromes commis par lui à deux ou trois reprises par lui à Elisabethgrad étaient dénués de tout fondement, étant donné que, faute de temps, je ne pouvais en vérifier moi-même la véracité.

Cette condition fit méditer Grigoriev puis, en militaire et bon stratège, il donna tout de même son accord. Pour me prouver qu’en aucun cas il ne pouvait être pogromeur, il se recommanda de la présence auprès de lui d’un représentant ukrainien du parti Socialiste Révolutionnaire. Ensuite, tout en m’accusant d’avoir lancé un « appel » contre lui, au nom de mon Etat-major, où il avait été dénoncé comme ennemi de la révolution, pour démontrer sa bonne foi, Grigoriev me présenta plusieurs représentants politiques qui se trouvaient auprès de lui : Nicolas Kopornitsky, du parti socialiste Revolutionnaire ukrainien.

Cela se passait au moment où je me trouvait dans les parages d’Elisabethgrad avec mon principal détachement de combat. J’estimais de mon devoir de révolutionnaire de profiter de cette circonstance pour élucider moi-même ce que l’ataman Grigoriev avait bien pu commettre lorqu’il avait occupé cette ville. Simultanément, des agents dénikiens interceptés m’apprirent que Grigoriev préparait à l’insu des travailleurs de Kherson, la coordination de ses mouvements avec l’Etat-major dénikien, en vue de cette lutte commune contre les bolcheviks.

J’appris des habitants d’Elisabethgrad et des villages avoisinants, ainsi que de partisans des unités de Grigoriev, qu’à chaque fois qu’il avait occupé la ville, des juifs y avianet été massacrés. En sa présence et, sur mon ordre, ses partisants avaient assasiné près de deux milles Juifs, dans la fleur de la jeunesse juive : de nombreux membres de jeunesses anarchistes bolchéviques et socialistes. Certains d’entre eux avaient même été extraits de prisons pour être abattus.

Apprenant tout cela, je déclarai immédiatement Grigoriev, l’ataman de Kherson – Socialiste révolutionnaire entre guillemets – agent de Dénikine et pogromeur public, directement responsable des actes de ses partisan contre les Juifs.

Lors du meeting de Sentovo, le 27 juillet, Grigoriev fut présenté comme tel et exécuté sur place aux yeux de tous. Cette exécution et ses motifs ont été consigné comme suit : « Le pogromeur Grigoriev a été exécuté par les responsables makhnovistes : Batko Makhno, Sémion Karétnik et Alexis Tchoubenko. Le mouvement makhnoviste prend entièrement sur lui la responsabilité de cet acte devant l’histoire. » Ce protocole a été cosigné par les membres del’armée insurrectionnelle et les représentant du parti Socialiste révolutionnaire, dont Nicolas Kopornitsky (remarque : les sociaux-démocrates Seliansky et Kolioujny avaient complètement disparu à la suite de l’exécution de Grigoriev).

C’est ainsi que je me suis toujours comporté envers ceux qui avaient commis des pogromes ou qui étaient en train d’en préparer. Les pillards ne furent pas épargnés non plus, que ce soit au sein de l’armée insurrectionnelle ou en dehors. C’est ce qui se produisit, par exemple, lorsqu’en août 1920 deux détachement de tendance chauvine Pétliouriste, sous le commandement Levtchenko et Matianycha, se retrouvant encerclés par nos unités, nous envoyérent des emissaires pour nous proposer de se fondre dans notre armée. L’Etat-major et moi les reçûmes et acceptâmes leur jonction ; cependant, dès que nous nous aperçûmes que les éléments chauvins de ces détachements s’occupaient de pillages et professaient l’antisémitisme, nous les fusillâmes aussitôt, au village d’Averski, dans la province de Poltava. Quelques jours plus tard, leur commandant Matianycha fut également fusillé pour avoir eu un comportement provocateur dans la ville de Zinkov (province de Poltava). Son détachement fut désarmé et la majorité de ses membres renvoyés dans leurs foyers.

En décembre 1920, le même phénomène se renouvela avec des soldats de l’Armée Rouge, lorsque nous soutînmes avec succès les attaques de la cavalerie de Boudienny et défîmes complètement la XIéme division de son armée, auprès du village de Pétrovo, dans le district d’Alexandrovsk, puis la XIVéme division de cavalerie, en faisant prisonnier, cette foi, tout son commandement et son Etat-major. De nombreux prisonniers de la XIème division exprimèrent le désir de se joindre à l’armée insurrectionnelle pour combattre les commissaires politiques autocrates, comme ils les appelaient. En traversant la région de Kherson, le village de Dobrovelitchka, dont plus de la moitié de la population était juive, certains cavaliers ex-boudiennistes ou pétliouriens, ayant connaissances au sien de leurs anciennes unités des rumeurs sur l’hostilité des makhnovistes envers les « youpins », se mirent à piller les maisons des Juifs de ce village. Dès que cela fut remarqué par des makhnovistes expérimentés, ils furent tous saisis et fusillés sur place.

C’est ainsi que la Makhnovstshina, durant toute son existence, observa une attitude intransigeante à l’égard de l’antisémitisme et des pogromeurs ; cela parcequ’elle était un mouvement authentiquement laborieux et révolutionnaire en Ukraine.

Dielo trouda,n°30-31, novembre-décembre 1927, pp.15-18.

A la mémoire de l’insurrection de Kronstadt

Le 7 mars est une journée d’affliction pour les travailleurs de la soi-disante « Union des républiques Soviétiques et Socialistes », qui ont participé d’une façon ou d’une autres aux événements qui se sont déroulé ce jour là à Kronstadt. La commémoration de ce jour est aussi pénible pour les travailleurs de tous pays, car elle rappelle ce que les ouvriers et marins libres de Kronstadt exigèrent du bourreau rouge, le « Parti Communiste Russe », et de son instrument le gouvernement soviétique, en train d’assassiner la révolution russe.

Kronstadt exigea de ces pendeurs étatistes la restitution de tout ce qui appartenait aux travailleurs des villes et des campagnes, en vertu du fait que c’étaient eux qui avaient accompli la révolution .Les Kronstadiens exigèrent la mise en pratique des fondements de la révolutions d’Octobre : « Election libres des soviets, liberté de parole et de presse pour les ouvriers et paysans, les anarchistes les socialistes révolutionnaires de gauche ».

Le Parti Communiste Russe vit en cela une atteinte inadmissible à sa position monopolistique dans son pays et, dissimulant son lâche visage de bourreau derrière un masque de révolutionnaire et d’amis des travailleurs, déclara contre-révolutionnaire les marins et ouvriers libres de Kronstadt, puis lança contre eux des dizaines d’argousins et d’esclaves soumis : Tchekistes, Koursantis, membres du Parti… afin de massacrer ces honnêtes combattants révolutionnaires et dont le seul tort était de s’indigner devant le mensonge et la lâcheté du Parti Communiste Russe qui piétinait les droits des travailleurs et de la révolution.

Le 7 mars 1921, à 18h45, un ouragan de feu d’artillerie fut déclenché contre Krondstadt. il était naturel et inévitable que Krondstadt révolutionnaire se défende. C’est ce qu’il fit, non seulement au nom de ses exigences, mais aussi en celui des autres travailleurs du pays qui luttaient pour leurs droits révolutionnaires, foulés arbitrairement par le pouvoir bolchevik.

Leur défense se répercuta dans toute la Russie asservie, toute prête à asservir leur juste et héroïque combat, mais malheureusement impuissante, car elle était alors désarmée, constamment exploitée et enchaînée par les détachements répressifs de l’Armée Rouge et de la Tcheka, formés spécialement pour écraser l’esprit et la volonté libres du pays.

Il est difficile d’évaluer les pertes des défenseurs de Kronstadt et la masse aveugle de l’Armée Rouge, mais il est néanmoins certain qu’il y aie eu plus de dix milles morts. Pour la plupart, ce furent des ouvriers et des paysans, ceux-là même dont le Partit du mensonge s’était le plus servi pour s’emparer du pouvoir, en les dupant des promesses d’un avenir meilleur. il s’en était servi pendant des années uniquement pour ces propres intérêts de parti, afin de développer et de perfectionner sa domination toute puissante sur la vie économique et politique du pays.

Kronstadt défendit tout ce qu’il y avait de meilleur dans la lutte des ouvriers et des paysans dans la révolution russe contre l’oligarchie bolchévique. C’est pour cela que cette dernière extermina les kronstadiens, en partie immédiatement après sa victoire militaire, le reste dans ses casemates et ses cachots, hérités de l’ordre tsariste et bourgeois. Parmi ceux qui purent gagner la Finlande, beaucoup sont encore internés dans des camps de concentration.

Ainsi comprise, la journée du 7 mars doit apparaître comme un moment douloureusement ressenti par les travailleurs de tous pays. Ce jour-là, ce n’est pas seulement chez les seuls travailleurs russes qui doivent revivre le souvenir pénible des révolutionnaires de Kronstadt ayant péri dans la lutte et des rescapés qui pourrissent dans les geôle bolchéviques. Mais ce n’est pas avec des gémissements que l’on résoudra la question : en dehors de la commémoration du 7 mars, les travailleurs de tous pays doivent organiser partout, tant sur les forfaits accomplis par le Parti Communiste Russe à Kronstadt, contre le ouvriers et marins révolutionnaires, que pour la libération des survivants encadenassés dans les prisons bolchéviques et enfermés dans les camps de concentrations de Finlande.

Dielo trouda,n°10, mars 1926, pp.3-4.

L’idée d’égalité et les bolcheviks

Le XIVème congrès du Parti Communiste Russe à fermement condamné l’idée d’égalité. Avant le congrès, Zinoviev s’était référé à cette idée dans sa polémique contre Oustrialov et Boukharine. Il avait alors déclaré que toute la philosophie de notre époque était nourrie par l’aspiration à l’égalité. Kalinine est intervenu avec force contre cette thèse, en estimant que toute référence à l’égalité ne pouvait être que nocive et intolérable. Il a raisonné de la manière suivante :

« Peut-on parler d’égalité aux paysans ? Non, ce n’est pas possible car, dans ce cas, il se mettraient à exiger les même droits que les ouvriers, ce qui serait en complète contradiction avec la dictature du prolétariat.

Peut-on parler d’égalité aux ouvriers ? Non, c’est pas non plus possible, car, par exemple, si un emploi identique est occupé par un communiste et un sans parti, la différence tient en ce que le premier touche un salaire double du second. Reconnaître l’égalité permettrait au sans parti de toucher le même salaire que celui d’un communiste. Est-ce convenable, camarades ? Non, cela ne l’est pas.

Peut-on encore appeler les communistes à l’égalité ? Non, ce n’est pas non plus possible, car eux aussi occupent des places différentes, tant par leurs droits que par leur situation matérielle. »

A partir de toutes ces considérations Kalinine a conclu que l’utilisation du terme « égalité » par Zinoviev ne pouvait qu’être démagogique et nocive. Dans sa réponse, Zinoviev a déclaré à son tour que, s’il avait parlé d’égalité, c’était dans un tout autre sens. Quant à lui, il n’avait dans la tête que « l’égalité socialiste », c’est à dire celle qui devra exister un jour, dans un avenir plus ou moins proche. Pour l’instant, tant que la révolution mondiale n’est pas accomplie et comme on ne sait quand elle se réalisera, il ne saura être question de quelque égalité que ce soit. En particulier, aucune égalité des droits ne pourra exister, car elle risquerait alors de nous entraîner vers des déviations « démocratiques » très dangereuses.

Cette entente sur l’idée d’égalité n’a pas été traduite par une résolution du congrès. Mais, sur le fond, les deux parties qui se sont affrontées au congrès ont estimé également intolérable l’idée d’égalité.

En d’autres temps, il n’y a pas si longtemps, les bolcheviks on tenu un tout autre langage. C’est sous l’étendard de l’égalité qu’ils ont agi pendant la grande Révolution russe, pour le renversement de la bourgeoisie, en commun avec les ouvriers et les paysans, aux dépends desquels ils sont parvenus à la domination politique du pays. C’est sous cet étendard que, depuis huit de règne sur la vie et la liberté des travailleurs de l’ancienne Russie – dénommée désormais « Union des Républiques Soviétiques Socialistes » – les tsars bolcheviks ont voulu convaincre cette « Union », opprimés par eux, ainsi que les travailleurs d’autres pays qu’ils ne domines pas encore, que s’ils ont persécuté, laissé pourrir en prison et en déportation et assassiné leurs ennemis politiques, c’était uniquement au nom de la révolution, de ces fondements égalitaires, introduits prétendument par eux dans la révolution, et que leurs ennemis auraient voulu détruire.

Le sang des anarchistes coule bientôt depuis huit ans, parcequ’ils n’ont pas voulu s’incliner servilement devant la violence et l’impudence de ceux qui se sont emparé du pouvoir, ni devant leur idéologie notoirement mensongère et leur totale irresponsabilité.

Dans cet acte criminel, acte que l’on ne peut qualifier autrement que de débauche sanglante des dieux bolchéviks, meilleurs fils de la révolution ont péri, parcequ’ils étaient les plus fidèles porteurs des idéaux révolutionnaires et parcequ’ils n’ont pu être acheté pour les trahir. défendant honnêtement les préceptes de la révolution, ces fils de la révolution ont aspiré à éloigner la folie des dieux bolcheviks et à sortir de leur cul-de-sac, afin de frayer la voie à la véritable liberté et à une authentique liberté des travailleurs.

Les potentats bolchéviks se sont vites aperçu que les aspirations de ses fils de la révolution signifierait pour eux la fin de leur folie et surtout des privilèges qu’ils ont habilement hérité de la bourgeoisie renversée, puis traîtreusement renforcé en leur faveur. C’est pour cela qu’ils ont condamné à mort les révolutionnaires. Des hommes à l’âme d’esclave les ont soutenus et le sang à coulé. Il continue à couler depuis huit ans et on se demander au nom de quoi ? Au nom de la liberté et de l’égalité des travailleurs, disent les bolcheviks, en continuant à exterminer des milliers de révolutionnaires anonymes, combattants de la révolution sociale, étiquetée « bandits » et « contre révolutionnaires ». Par ce mensonge éhonté, les bolchéviks ont masqué aux yeux des travailleurs du monde entier le véritable état des choses en Russie, en particulier leur banqueroute complète dans l’édification socialiste, banqueroute qu’ils ne veulent reconnaître jusqu’à maintenant, alors qu’elle est plus que flagrante pur tous ceux qui ont des yeux pour voir.

Les anarchistes ont signalé à temps aux anarchistes de tous les pays les crimes bolcheviks dans la révolution russe. Le bolchevisme incarnant l’idéal d’un état centralisateur, est apparu comme l’ennemi mortel de l’esprit libre des travailleurs révolutionnaires. Usant de mesures inouïes, il a saboté le développement de la révolution et sali l’honneur de ce qu’il y avait de meilleur en elle. Se masquant avec succès, il a dissimulé au regard des travailleurs son vrais visage, en se donnant pour le champion de leurs intérêts. Ce n’est que maintenant, après huit ans de règne, en se rapprochant de plus en plus de la bourgeoisie internationale, qu’il commence à ôter son masque révolutionnaire et à dévoiler devant le monde du travail le visage d’un rapace exploiteur.

Les bolcheviks ont abandonné l’idée d’égalité, non seulement en pratique, mais aussi en théorie, car la seule expression leur paraît maintenant dangereuse. C’est assez compréhensible, toute leur domination repose sur une idée diamétralement opposée, sur une inégalité criante, dont toute l’horreur et les maux se sont abattus sur le dos des travailleurs. Souhaitons que les travailleurs de tous pays en retirent les conclusions nécessaires et, à leur tour, en finissent avec les bolcheviks, porteurs de l’idée de l’esclavage et oppresseur du Travail.

Dielo trouda,n°9, février 1926, pp.9-10.

Les voies du pouvoir « prolétarien »

Cela fait bien longtemps que l’intelligentsia socialiste d’avant-garde a formulé, de manière plus ou moins achevée, les fins de la lutte historique du prolétariat contre la bourgeoisie et que les prolétaires, adoptant sans aucun correctif cette formulation de l’intelligentsia, sont rentré sous sa direction dans cette lutte. Cela a été un triomphe incontestable pour l’intelligentsia qui donné ainsi pour but de mener le prolétariat à l’émancipation complète par le biais par la destruction du pouvoir et de l’Etat bourgeois, devant faire place à un Etat et un pouvoir « prolétarien ».

Bien naturellement, ni l’intelligentsia, ni le prolétariat lui-même n’ont pas épargné leur efforts et connaissances pour démontrer devant la plus grande audience le mal commis par l’Etat bourgeois. Grâce à cela ils ont pu développer et renforcer parmi les masses laborieuses l’idée d’un pouvoir « prolétarien » qui devrait résoudre tous leurs problèmes. Selon cette conception, le prolétariat utiliserait ainsi, à travers son pouvoir et Etat de classe, le seul moyen existant, pour lui et les autres classes, de se libérer de la bourgeoisie et d’instaurer un principe égalitaire et libre dans les relations entre les hommes. Une telle prédestination du pouvoir « prolétarien » nous a toujours semblé, à nous anarchistes, grossièrement erronée. Nos camarades des temps passés se sont constamment insurgés contre cette conception et ont démontré l’égarement déteste lorsque ceux-ci distinguaient le pouvoir « prolétarien » du pouvoir d’Etat en général, en désignant au premier une mission qui lui était profondément étrangère.

Les socialistes étatiques sont pourtant restés fidèle à leur école autoritaire et c’est avec cette acception qu’ils ont appréhendé la Grande Révolution russe, révolution d’une profondeur et ampleur sociales encore inconnue jusque là. Quant à nous, anarchistes, nous nous sommes arraché à leur prédestination du pouvoir « prolétarien ». Au cours de cette polémique, nous avons démontré aux étatiste de tout Etat, qu’il soit bourgeois ou prolétarien, ne tend par sa nature même qu’à exploiter l’homme, qu’à détruire en chacun comme en tous toutes les qualités naturelles de l’esprit humain qui poussent à la liberté et à la solidarité qui la fonde. Cela nous a valu, de la part des socialistes étatistes, une haine encore plus grande. Or, l’existence et la pratique du pouvoir prolétarien en Russie ont confirmer et confirment sans cesse la justesse de notre analyse. L’Etat « prolétarien » a mis de plus en plus sa nature à nu et prouvé que son caractère prolétarien était simple fiction, ce que les prolétaires ont pu constater dès les premières années de la révolution, d’autant plus qu’ils ont contribué eux-même à l’installer.

Le fait que le pouvoir « prolétarien », au cours de sa dégénérescence, ne s’est révélé être qu’un pouvoir d’Etat tout court est devenu indiscutable et l’a amené à ne plus dissimuler savamment son vrai visage. Par sa pratique, il a abondamment prouvé que ses fins et celles de la Grande Révolution russe n’avaient absolument rien de commun. Au cours de toutes ces années d’hypocrisie, il n’a pu soumettre pacifiquement les fins de la révolution russe aux siennes propres et à du affronter tout ceux qui menaçaient de mettre à nu son essence véritable – une plaie immense et purulente sur le corps de la révolution -, dont la lâcheté et la fourberie apportent la mort et la dévastation à tous sans exception, en premier lieu à ceux qui tentent d’être indépendants et d’agir librement.

On peut se demander : comment se fait-il que cela se soit passé ainsi ? Selon Marx et Lénine, le pouvoir « prolétarien » ne devait en aucun cas ressembler au pouvoir bourgeois. Une partie de l’avant-garde du prolétariat n’aurait-elle pas sa part de responsabilité dans ce résultat ?

De nombreux anarchistes sont enclins à penser que le prolétariat n’y est pour rien, ayant été dupé par la caste des intellectuels socialistes, laquelle aspirerait, au cours d’une série d’événement purement socio-historique et en vertu de la logiques des transformations étatiques inévitables, à remplacer le pouvoir de la bourgeoisie par le sien propre. Ce serait pour cette raison que l’intelligentsia socialiste s’efforcerait de diriger en permanence la lutte du prolétariat contre le monde capitaliste et bourgeois.

A mon avis, cette formulation n’est, ni tout à fait exacte, ni vraiment suffisante. L’expérience révolutionnaire de la Russie nous fournit d’abondantes données objectives à ce sujet. Elle nous montre de façon irréfutable que le prolétariat n’a nullement été homogène au cours de la révolution. Ainsi, le prolétariat urbain, lorsqu’il a participé au renversement dans de nombreuses ville du pouvoir de l’ennemi de classe – la bourgeoisie – , a hésité un moment entre les voies de la révolution de Février et d’Octobre 1917. Ce n’est qu’après un certain temps, à la suite de la victoire militaire d’Octobre sur Février, qu’une partie notable du prolétariat urbain à commencé à fusionné avec une partie de ses frères, les partisans directs des conquêtes d’Octobre. Bientôt, cette partie du prolétariat non seulement à oublier de défendre elle-même ses conquêtes, mais s’est en plus pressée de rallier le parti bolchevik au pouvoir qui a su flatter immodérément en lui inculquent un goût pour les privilèges politiques, économiques et juridiques de classe. Imbue de ses privilèges de classe, cette partie du prolétariat s’est éprise d’un égal amour pour son « Etat prolétarien de classe ». Bien évidemment, le parti social démocrate bolchevik l’a entièrement soutenue et encouragée dans cette évolution, car celle-ci ouvrait devant lui une large arène pour appliquer son programme propre qui consistait à utiliser la lutte révolutionnaire pratique du prolétariat pour se soumettre l’ensemble de celui-ci puis de s’emparer au nom du pouvoir d’Etat, Chemin faisant, pour mieux se singulariser, le parti social démocrate bolchevik s’est transformé en parti « communiste bolchevik », ne se privant aucunement d’user de la démagogie la plus effrontée, ne dédaignant aucun moyen, n’hésitant pas au besoin de voler des programmes d’autres formations politiques ; tout ce la dans l’unique but de mieux faire adhérer le prolétariat, auquel il promettait son aide indéfectible, alors qu’en fait il n’avançait que vers son propre but. C’est en cela que ce parti a incarné au mieux les espérances historiques de la caste intellectuelle : replacer au pouvoir la bourgeoisie et exercer ce pouvoir à quelque prix que ce soit. Une partie du prolétariat ne s’est pas opposé à ses vues, bien au contraire, elle s’est reconnue dans ses action et ne s’en est faite la complice.

Cette partie du prolétariat avait pourtant été éduquée durant des générations dans l’idée que le prolétariat ne s’émanciperait de la bourgeoisie que lorsqu’il ne briserait son pouvoir, à détruire son organisation étatique afin d’édifier la sienne propre. Néanmoins, cette partie du prolétariat a aidé le parti bolchevik-communiste à organiser son « pouvoir prolétarien » et à édifier son état de classe.

La voie suivie et les moyens employés n’ont pas tardé à rendre cette partie du prolétariat semblable en tous points à la bourgeoisie renversée, tout aussi impudente et arrogante, ne craignant pas abuser de la violence la plus féroce pour asseoir sa domination sur le peuple et la révolution.

Il va sans dire que cette violence était toute naturelle chez la caste intellectuelle du parti, car elle était préparée durant de longues années à l’utiliser et s’en est grisée. Quand à la masse du prolétariat – l’esclave muet d’hier -, la violence exercée sur ses semblable lui est profondément étrangère. Occupée à édifier son « Etat de classe », une partie du prolétariat a donc été amenée à se comporter, par l’usage de la violence d’une manière répugnante à l’égard de la liberté individuelle, de la liberté de parole et d’expression de quelqu’organisation révolutionnaire que ce soit, à partir du moment où elle divergeait d’avec l’impudence du « pouvoir prolétarien ». Cette partie du prolétariat s’est empressée d’occuper, sous la direction du parti bolchevik communiste, les places laissées vacante par les despotes de la bourgeoisie renversée, devenant à son tour une maîtresse tyrannique, n’hésitant pas à user pour cela de la violence la plus horrible, sans aucun discernement, contre tous ceux qui s’opposaient à ses visées. Ce comportement a été en même temps habilement masqué par la « défense de la révolution ».

Cette violence a été surtout exercée sur le corps de la révolution russe au profit des intérêts étroit d’une partie du prolétariat et du parti bolchevik-communiste, et au nom de leur domination complète sur toutes les autres classes laborieuses. On ne peut y voir seulement un égarement passager du prolétariat. Encore une fois, nous pouvons constater avec beaucoup de netteté comment tout pouvoir d’Etat manifeste impudemment sa nature, le qualificatif de prolétarien n’y changeant absolument rien.

A mon avis, c’est pour toutes ces raisons que tous les camarades étrangers, qui n’ont pas connu cette expérience, doivent étudier avec soin toutes les étapes de la révolution russe, en particulier le rôle qu’y ont joué la parti bolchevik-communiste et la partie du prolétariat qui l’a suivi. Cela afin de se garder de tomber dans les mêmes erreurs, à la suite de la démagogie éhontée des bolchevik et de leurs partisans, à propos de l’utilité du « pouvoir prolétarien ».

Il est également vrai que la lutte actuelle de tous nos camarades contre le mensonge bolchevik dont être menée à l’aide de sérieuses connaissances de ce qu’ils peuvent proposer eux-même aux larges masses à la place de ce « pouvoir prolétarien ». Les beaux slogans ne suffisent pas, bien que souvent la masse n’y soit pas indifférente. Cette lutte s’y déroule à partir de situation concrètes et amène à se poser continuellement les questions vitales et pressantes : comment et quels moyens d’actions sociales les masses laborieuses doivent-elles employer pour s’émanciper totalement ?

Il convient de répondre à de telles questions le plus directement possible et avec la plus grande clarté. C’est une nécessité essentielle, non seulement pour pouvoir mener une lutte active contre le monde capitaliste et bourgeois, mais aussi pour notre mouvement anarchiste, car c’est d’elle que dépendra l’influence de nos idée sur le début et l’issue de cette lutte. Cela signifie donc que le prolétariat ne doit pas répéter l’erreur commise par ses frère de Russie, c’est a dire de ne pas s’occuper d’organiser un « pouvoir prolétarien », sous la baguette quelconque d’un parti, même dit « prolétarien », mais uniquement d’organiser la satisfaction des besoins de tous et de défendre la révolution contre toutes sortes de pouvoir d’Etat.

Probouzdénié,n°18, janvier 1932, pp.45-48.

Le pouvoir soviétique, son présent et son avenir

Nombre de gens, et surtout des hommes politiques de gauche, ont tendance à considérer le pouvoir « soviétique » comme un pouvoir d’Etat différent des autres, certes mais en présentant cette différence sous un meilleur jour :

« Le pouvoir soviétique, disent-ils, est un pouvoir ouvrier et paysan et, en tant que tel, possède un grand avenir devant lui… »

Il n’y a pas d’assertion plus absurde. Le pouvoir « soviétique » n’est pas un pouvoir ni meilleur ni pire que les autres. Actuellement, il est tout aussi chancelant et absurde que tout pouvoir d’Etat en général. Sous certains rapports, il est même plus absurde que les autres. Ayant conquis une domination politique totale du pays, il est devenu le maître incontesté de ses ressources économique et, sans se contenter de cette situation grossièrement exploiteuse, il a senti naître en lui le sentiment trompeur d’une « perfection » spirituelle, sentiment qu’il cherche à développer devant le peuple laborieux et révolutionnaire du pays. Cela a rendu son esprit prolétarien moins révolutionnaire, mais plus impudent. Ainsi, il veut s’imposer au peuple berné comme son maître spirituel ; en cela, il est fidèle à l’insolence illimitée et irresponsable de tout pouvoir d’Etat. Il n’est un secret pour personne que cette soi-disant « perfection » du régime n’est autre que celle de son inspirateur, le parti bolchevik-communiste. Tout cela n’est que mensonge éhonté, duplicité abjecte et impudence criminelle envers les classes laborieuses, au nom desquelles et grâce auxquelles s’est accomplie la grande Révolution russe, à présent châtiée par le pouvoir au profit des privilèges de son parti et de la minorité prolétarienne qui, sous l’influence de ce parti, a cru se reconnaître dans les étiquettes, allèchantes pour les ignorants, d’Etat prolétarien et de dictature du « prolétariat ». Minorité qui se laisse néanmoins traîner par la bride, par ce parti, sans avoir aucune voix au chapitre sans posséder le droit d’être informée avec précision sur ce qui s’est préparé et accompli traîtreusement hier et qui se prépare encore aujourd’hui contre ses frères prolétariens, ceux qui ne veulent pas être un instrument aveugle et muet et qui ne croient pas aux mensonges du parti à masque prolétarien.

On peu se demander, malgré tout, si ce comportement du pouvoir bolchevik à l’égard des travailleurs peut se révéler différent dans le domaine de leur éducation « spirituelle ». Il me semble qu’il ne peut être autre. J’en veux pour preuve la persistante de la conscience révolutionnaire des travailleurs d’URSS, cause de la grande inquiétude du régime, et que le parti bolchevik veut remplacer par une conscience politique fabriquée sur le modèle de son programme.

C’est cette circonstance qui explique que le pouvoir bolchevik connaît de plus en plus de difficultés et qu’il veuille stupidement compléter son despotisme économique et politique par une entreprise spirituelle sur le peuple laborieux. Il va sans dire que cette situation actuelle du régime conditionne étroitement son avenir ; avenir tout à fait incertain, faute d’un présent clairement favorable. En effet, la situation présente est si visiblement défavorable pour des millions de travailleurs qu’on peut -s’attendre, d’une année à l’autre à des insurrection et révolutions sanglantes déclenchées contre l’ordre bolchevik-communiste. Il est bien évident que cet esprit insurrectionnel révolutionnaire des travailleurs d’URSS doit être soutenu par tout révolutionnaires où qu’il soit. Toutefois, il ne faudra pas que les contre révolutionnaires et ennemis des travailleurs profitent de ce soutien. Celui-ci ne doit donc avoir pour but que de détruire l’ordre insensé et irresponsable actuel, instauré en faveur des privilèges des membre du parti et de leurs mercenaires.

La folie de ce régime doit être éliminée et remplacée par les principes vitaux des travailleurs exploités, sur la base de la solidarité, de la liberté et de l’égalité d’opinion pour tous et pour chacun, bref, pour tous ceux qui se préoccupent d’une émancipation authentique. C’est un problème qui concerne tous les révolutionnaires russes : tous ceux qui se trouvent en émigration ou en URSS doivent, à mon avis s’en soucier en premier lieu, ainsi que tout les prolétaires et intellectuels laborieux disposés révolutionnairement ; j’y ajouterai tous les opposant et réfugiés politiques du régime bolchévik, à condition que ce soit pour des considérations véritablement révolutionnaires.

Voici comment m’apparait le présent et l’avenir du « pouvoir soviétique », ainsi que l’attitude à adopter par les révolutionnaires russes de toutes tendances à son égard. Des révolutionnaires ne peuvent, à mon avis, se poser le problème autrement. Ils doivent se rendre compte que, pour combattre le pouvoir bolchevik, il faut posséder soi-même au plus haut point les valeurs qu’il a utilisées et proclamées pour s’emparer du pouvoir ; valeurs qu’il continue d’ailleurs à défendre mensongèrement.

Dans le cas contraire la lutte des révolutionnaires s’avérerait, sinon contre-révolutionnaire, du moins inutile pour la cause des travailleurs dupés, opprimés et exploités par les bolcheviks-communistes, travailleurs que les révolutionnaires doivent aider à tout prix à se libérer de ce vieux cercle vicieux de mensonge et d’oppression.

Bor’ba(La Lutte), Paris, n°19-20, 25 octobre 1931, pp.2-3.

(Cet organe était rédigé par plusieurs transfuges soviétiques anti-staliniens et anti-trotskystes, qui se démarquaient du régime bolchevik sur la base d’un retour au pouvoir des soviets libres de 1917 et des revendications des insurgés de Kronstadt de 1921. Le principal animateur de la revue était Grégoire Bessedovsky, Ukrainien et ex-diplomate soviétique ayant quitté avec fracas l’ambassade d’URSS à Paris et s’étant consacré à dénoncer violemment les turpitudes du régime stalinien. Voir son ouvrage : « Oui, j’accuse ! », Paris, 1930. NdT)

La lutte contre l’Etat

Le fait que l’Etat moderne soit le type d’organisation d’un pouvoir fondé sur l’arbitraire et la violence dans la vie sociale des travailleurs est indépendant de son caractère « bourgeois » ou « prolétariens ». Il repose sur le centralisme oppressif, découlant de la violence directe d’une minorité sur la majorité. Chaque Etat utilise, pour affirmer et imposer la légalité de son système, outre le fusil et l’or, des moyens puissants de pression morale. A l’aide de ces moyens, un petit groupe de politiciens réprime psychologiquement toute la société et, en particulier, les masses laborieuses, les conditionnant de façon à détourner leur attention du servage instauré par l’Etat.

Ainsi, il est clair que, pour combattre la violence organisée de l’Etat moderne, il faut employer des moyens puissants, correspondant à l’importance de la tâche.

Jusqu’ici, les moyens d’action sociale employés par la classe laborieuse révolutionnaire contre le pouvoir des oppresseurs et exploiteurs – l’Etat et le Capital – , conformément aux idées libertaires, ne suffisent pas pour mener les travailleurs à la victoire complète.

Il est arrivé dans l’Histoire que les travailleurs vainquent le Capital ; mais la victoire leur échappait ensuite, parce qu’un pouvoir d’Etat se créait, unissant les intérêts du capital privé et capitalisme d’Etat pour triompher des travailleurs.

L’expérience de la révolution russe nous a démontré à l’évidence nos insuffisances dans ce domaine. Nous ne devons pas l’oublier, nous appliquant à les discerner distinctement.

Nous pouvons reconnaître que notre lutte contre l’Etat dans la Révolution russe fut remarquable, malgré la désorganisation qui règne dans nos rangs ; remarquable surtout en ce qui concerne le la destruction de cette hideuse institution.

Mais, en revanche notre lutte fut insignifiante dans le domaine de l’édification de la société libre des travailleurs et de ses structures sociales, ce qui aurait pu garantir son développement en dehors de la tutelle de l’Etat et de ses institution répressives.

Le fait que nous, communistes libertaires ou anarcho-syndicalistes, n’avions pas prévu le lendemain de la Révolution russe, et que nous ne nous sommes pas hâté de formuler à temps les nouvelles formes de l’activité sociale, a amené beaucoup de nos groupes ou organisations à hésiter plus d’une fois dans leur orientation politique et socio-stratégique sur le front combattant de la Révolution.

Afin d’éviter de retomber à l’avenir dans les même erreurs, lors d’une situation révolutionnaire, et pour conserver la cohérence de notre ligne organisationelle, nous devons fondre d’abord toutes nos forces en un collectif agissant, puis définir dès maintenant notre conception constructive des unités économiques et sociales, locales et territoriales, au besoin au besoin les nommer de façon déterminée (soviets libres), et en particulier définir dans les grandes lignes leurs fonctions révolutionnaires fondamentales dans la lutte contre l’Etat. L’époque actuelle et les leçons de la révolution russe l’exigent.

Ceux qui se sont mêlés au coeur même de la lasse ouvrière et paysanne, en prenant activement part aux victoires et aux défaites de son combat, ceux là doivent sans aucun doute arriver à nos conclusions, et plus précisément à comprendre que notre lutte contre l’Etat doit se mener jusau’à la liquidation complète de celui-ci ; ceux là reconnaîtrons par ailleurs que le rôle le plus difficile dans cette lutte est celui de la force armée révolutionnaire.

Il est indispensable de lier les forces armées de la Révolution avec les unités sociales et économiques, dans lesquelles la population laborieuse s’organisera dès les premiers jours de la révolution, afin d’instaurer une auto-organisation totale de la vie, en dehors de toutes structures étatiques.

Les anarchistes doivent concentrer, dès maintenant, leur attention sur cet aspect de la Révolution. Ils doivent être persuadés que, si les forces armées de la révolution s’organisent en armée importantes ou en de nombreux détachements armés locaux, elles ne pourront que vaincre les tenants et les défenseurs de l’étatisme, et par là même créer les conditions nécessaires pour la population laborieuse qui soutient la révolution, afin qu’elle puisse rompre tous ses liens avec le passé et mettre au point le processus d’édification d’une nouvelle vie socio-économique.

L’Etat pourra cependant conserver quelques survivances locales et tenter d’entraver de multiples façons la nouvelle vie des travailleurs , freiner la croissance et le développement harmonieux des nouveaux rapports basés sur l’émancipation totale de l’homme.

La liquidation finale et totale de l’Etat ne pourra avoir lieux que lorsque l’orientation de la lutte des travailleurs sera la plus libertaire possible, lorsqu’ils élaboreront eux-même leurs structures d’action sociale. Ces structures doivent prendre la forme d’organes d’autodirection sociale et économique, celle des soviets libres (anti-autoritaires). Les travailleurs révolutionnaires et leur avant garde – les anarchistes – doivent analyser la nature et la structure de ces soviets et préciser à l’avance leurs fonctions révolutionnaires. C’est de cela que dépend principalement l’évolution positives et le développement des idées anarchistes parmi ceux qui accomplirons pour leur propre compte la liquidation de l’Etat pour édifier la société libre.

Diélo trouda,n°17, octobre 1926, pp.5-6.

Le 1er Mai : symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs

La journée du premier Mai est considérée dans le monde socialiste comme la fête du Travail. C’est une fausse définition du 1er Mai qui a tellement pénétré la vie des travailleurs qu’effectivement dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. En fait, le premier mai n’est pas un jour de fête pour les travailleurs. Non, les travailleurs ne doivent pas, ce jour là rester dans leurs ateliers ou dans les champs. Ce jour là, les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, pour organiser des réunions de masse, non pour fêter ce jour ainsi que le conçoivent les socialistes étatistes et en particulier les bolcheviks, mais pour faire le compte de leurs forces, pour déterminer les possibilité de lutte directe contre l’ordre pourri, lâche esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour historique déjà institué, il est plus facile à tous les travailleurs de se rassembler et plus commode de manifester leur volonté collective, ainsi que de discuter en commun de tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l’avenir.

Il y a plus de quarante ans les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblaient le premier Mai. Ils écoutèrent là des discours de nombreux orateurs socialistes, et plus particulièrement ceux des orateurs anarchistes, car ils assimilaient parfaitement les idées libertaires et se mettaient franchement du côté des anarchistes.

Les travailleurs américains tentèrent ce jour là, en s’organisant, d’exprimer leur protestation contre l’infâme ordre de l’Etat et du Capital des possédants. C’est sur cela qu’interviennent les libertaires américains Spiess, Parsons et d’autres. C’est alors que ce meeting fut interrompu par des provocations de mercenaires du Capital et s’acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l’arrestation et de l’assassinat de Spiess, Parsons et d’autres camarades.

Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du premier Mai. Ils s’étaient rassemblés pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et de leurs luttes.

Actuellement aussi, partout où les travailleurs se sont libérés de la tutelle de la bourgeoisie et de la social démocratie liée à elle (indifféremment menchevique ou bolchevique) ou bien tentent de le faire, ils considèrent le 1er Mai comme l’occasion d’une rencontre pour s’occuper de leurs affaires directes et se préoccuper de leur émancipation. Ils expriment, à travers ces aspirations, leur solidarité et leur estime à l’égard de la mémoire des martyrs de Chicago. Ils sentent donc que cela ne peut être pour eux un jour de fête. Ainsi, le premier Mai, en dépit des affirmations des « socialistes professionnels » tendant à le présenter comme la fête du travail, ne peut pas l’être pour les travailleurs conscients.

Le premier Mai, c’est le symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, une ère qui présente chaque année pour les travailleurs, de nouvelles, de plus en plus difficiles, et décisives batailles contre la bourgeoisie, pour la liberté et l’indépendance qui leur sont arrachées, pour leur idéal social.

Diélo trouda,n°36, 1928, pp.2-3.

L’anarchisme et notre époque

L’anarchisme, c’est pas seulement une doctrine qui traite de la vie sociale de l’homme, comprise dans le sens étroit que lui prêtent les dictionnaires politiques et, parfois, lors de meetings, nos orateurs propagandistes. C’est aussi un enseignement qui embrasse la vie de l’homme dans son intégralité.

Au cours du processus d’élaboration de sa conception globale du monde, l’anarchisme se donne une tâche bien précise : saisir le monde dans son entier, en écartant de sa voie toutes sortes d’obstacles, présent et à venir, dressés par la science et la technique bourgeoise et capitaliste. Cela dans le but de fournir à l’homme l’explication la plus exhaustive possible sur l’existence de ce monde et d’appréhender de la meilleure façon tous les problèmes qui peuvent se poser à lui ; cette démarche doit l’aider à prendre intérieurement conscience de l’anarchisme qui lui est inhérent par nature – c’est du moins ce que je suppose -, au point qu’il en ressent continuellement des manifestations partielles.

C’est à partir de la volonté individuelle que l’enseignement libertaire peut s’incarner dans la vie réelle et frayer la voie qui aidera l’homme à chasser en lui tout esprit de soumission .

Lorsqu’il se développe, l’anarchisme ne connaît pas de limites. Il ne connaît pas de rives où il pourrait s’échouer et se fixer. Tout comme la vie humaine, il ne possède pas de formules définitives pour ses aspirations et objectifs.

Le droit absolu de tout homme à une liberté totale, tel qu’il est défini par les postulats théorique de l’anarchisme, ne saurait être pour lui, à mon avis, qu’un moyen pour attendre son plus ou moins grand épanouissement, sans cesser pour autant de se développer. Ayant chassé en l’homme l’esprit de soumission qui lui a été artificiellement imposé, l’anarchisme devient dorénavant l’idée directrice de la société humaine en marche vers la conquête de tous ses objectifs.

A notre époque, l’anarchisme est encore considéré comme théoriquement faible ; en outre, certains affirment qu’il est souvent interprété de façon erronée. Pourtant ces adeptes s’expriment à foison à son sujet ; beaucoup en parlent constamment, militent activement et parfois se lamentent qu’il ne triomphe pas (je suppose, dans ce dernier cas, que cette attitude est provoquée par l’impuissance à à élaborer, à partir d’un cabinet d’études, les moyens sociaux indispensable à l’anarchisme pour avoir prise sur la société de notre temps).

La cohésion de tous les anarchistes actifs, exprimée par un collectif agissant sérieux, est unanimement estimée nécessaire par chacun d’entre nous. Il serait bien étonnant que des adversaire de cette Union se déclarent dans notre milieu. La question à résoudre ne tient qu’en la forme organisationnelle que pourrait adopter cette Union des anarchistes.

Personnellement, je considère comme la forme organisationnelle la plus adaptée et la plus nécessaire celle qui se présenterait sous l’aspect d’une Union des anarchistes, édifiée sur la base des principes de la discipline collective et de la direction commune des toutes les forces anarchistes. Ainsi, toutes les organisations qui y seraient adhérantes seraient liées entre elles par la communauté des objectifs socio-révolutionnaires, mais aussi par celle des moyens qui y mèneraient.

L’activité des organisations locales peut être adaptée, autant que possible, aux conditions locales ; elle doit cependant s’unir sans défaillance à l’orientation de la pratique organisationnelle globale de l’Union des anarchistes couvrant tout le pays.

Que cette Union s’appelle parti ou tout autrement n’a qu’une importance secondaire. Ce qui est primordial c’est qu’elle réalise la concentration de toutes les forces anarchistes en une pratique commune et unitaire contre l’ennemi, en impulsion la lutte pour les droit des travailleurs, la réalisation de la révolution sociale, et l’avènement de la société anarchiste !

Diélo trouda, n°6, novembre 1925, pp.6-7.

Notre organisation

L’époque que traverse actuellement la classe laborieuse mondiale exige une tension maximale de la pensée et de l’énergie des anarchistes révolutionnaires pour éclaircir les questions les plus importantes.

Nos camarades qui ont joué un rôle actif au cours de la révolution russe et qui sont restés fidèles à leur convictions savent de quelle manière funeste c’est fait sentir, dans notre mouvement, l’absence d’une solide organisation. Ces camarades sont bien placés pour être particulièrement utile à l’oeuvre d’union actuellement entreprise. Il n’a pas échappé à ces camarades, je le suppose, que l’anarchisme a été un facteur d’insurrection parmi les masses laborieuses révolutionnaires en Russie et en Ukraine ; il les a incitées partout à la lutte. Cependant, l’absence d’une grande organisation spécifique, capable d’opposer ses forces vives aux ennemis de la révolution, l’a rendu impuissant à assumer un rôle organisationnel. L’oeuvre libertaire dans la révolution en a subi de lourdes conséquences.

S’ils prennent conscience de cette carence, les anarchistes russes et ukrainiens ne doivent pas laisser se renouveler ce phénomène. La leçon du passé est trop pénible et, en la retenant, ils doivent, les premier, donner l’exemple de la cohésion de leurs forces. Comment ? En créant une organisation qui puisse accomplir les tâche de l’anarchisme, non seulement lors de la préparation de la révolution sociale, mais également à ses lendemains. Une telle organisation doit unir toutes les forces révolutionnaires de l’anarchisme et s’occuper sans hésitation de la préparation des masses à la révolution sociale et à la lutte pour la réalisation de la société anarchiste.

Bien que la majorité d’entre nous conçoivent la nécessité d’une telle organisation, il est regrettable de constater qu’il y en ait un petit nombre pour s’en préoccuper avec le sérieux et la constance indispensables.

En ce moment, les événement se précipitent dans toute l’Europe, y compris en Russie, emprisonnée dans les filets pan-bolchéviques. Le jour n’est pas loin où il nous faudra être des participants actifs à ces événements. Si nous nous présentons encore une fois sans s’être organisés au préalable de la manière adéquate, nous serons encore impuissants à empêcher que ces événements n’évoluent pas dans le tourbillon des systèmes étatiques.

L’anarchisme prend concrètement vie partout où naît la vie humaine. Par contre, il ne devient compréhensible pour tout un chacun uniquement là où existent les propagandistes et les militants qui ont rompu sincèrement et entièrement avec la psychologie de soumission de notre époque, ce qui leur vaut d’être d’ailleurs férocement persécutés. Ces militants aspirent à servir leurs convictions avec désintéressement, sans crainte de découvrir dans leur processus de développement des aspect inconnus, afin de les assimiler au fur et à mesure, si besoin est, et oeuvrent ainsi au triomphe de l’esprit de soumission.

Deux thèses découlent de ce qui est énoncé si dessus :

la première, c’est que l’anarchisme connaît des expressions et manifestions diverses, tout en conservant une parfaite intégrité dans son essence.

la seconde, c’est qu’il est révolutionnaire naturellement et ne peut adopter des méthodes révolutionnaires de lutte contre ces ennemis.

Au cours de son combat révolutionnaire, l’anarchisme non seulement renverse les gouvernements et supprime leurs lois, mais s’en prend également à la société qui leur donne naissance, à ses valeurs, ses moeurs et à sa « morale », ce qui lui vaut d’être de mieux en mieux compris et assimilé par la partie opprimée de l’humanité.

Tout cela nous amène à être persuadé que l’anarchisme ne peut plus rester enfermé dans les limites étriquées d’une pensée marginale et renvendiquée uniquement par quelques groupuscules aux actions isolées. Son influence naturelle sur la mentalité des groupes humains en lutte est plus qu’évidente. Pour que cette influence soit assimilée de façon consciente, il doit désormais se munir de moyens nouveau et emprunter dès maintenant la voie de pratiques sociales.

Diélo trouda,n°4, septembre 1925, pp.7-8.

Sur la discipline révolutionnaire

Des camarades m’ont posé la question suivante : comment est-ce que je conçois la discipline révolutionnaire ? Je vais y répondre.

Je comprends la discipline révolutionnaire comme une autodiscipline de l’individu, instaurée dans un collectif agissant, d’une façon égale pour tous, et strictement élaborée.

Elle doit être la ligne de conduite responsable des membres de ce collectif , menant à un accord strict entre sa pratique et sa théorie.

Sans discipline dans l’organisation, il est impossible d’entreprendre quelque action révolutionnaire sérieuse que ce soit. Sans discipline, l’avant garde révolutionnaire ne peut exister, car alors elle se trouverait en complète désunion pratique et serait incapable de formuler les tâches du moment, de remplir le rôle d’initiateur qu’attendent d’elle les masses.

Je fais reposer cette question sur l’observation et l’expérience d’une pratique révolutionnaire conséquente. Pour ma part, je me fonde sur l’expérience de la révolution russe, qui a porté en elle un contenu typiquement libertaire à beaucoup d’égards.

Si les anarchistes avaient été étroitement liés sur le plan organisationnel et avaient observé, dans leurs actions une discipline bien déterminée, ils n’auraient jamais subi une telle défaite. Mais, parce que les anarchistes « de tout bord et de toutes tendances » ne représentaient pas, même dans leurs groupes spécifiques, un collectif homogène ayant une discipline d’action bien définie, pour cette raison ces anarchistes ne purent supporter l’examen politique et stratégique que leur imposèrent les circonstances révolutionnaires. La désorganisation les amena à une impuissance politique, les divisant en deux catégories : la première fut ceux qui se lancèrent dans l’occupation systématiques de maisons bourgeoises, dans lesquelles ils se logaient et vivaient pour leur bien-être. C’était les même que ceux que j’appellerais les « touristes », les divers anarchistes qui vont de villes en villes, dans l’espoir de trouver en route un endroit pour y demeurer quelques temps , paressant et y restant le plus longtemps possible pour vivre dans le confort et le bon plaisir.

L’autre catégorie se composa de ceux qui ont rompu tous les liens honnêtes avec l’anarchisme (bien que certain d’entre eux, en URSS, se fassent passer maintenant pour les seuls représentants de l’anarchisme révolutionnaire) et se sont jetés sur les responsabilités offertes par les bolcheviks, même lorsque le pouvoir fusillait les anarchistes restés fidèles à leur poste de révolutionnaires en dénonçant la trahison des bolcheviks.

Etant donné ces faits, on peut comprendre aisément pourquoi je ne peux rester indifférent à l’état d’insouciance et de négligence qui existe actuellement dans nos milieux.

D’une part, cela empêche la création d’un collectif libertaire cohérent, qui permettrait aux anarchiste d’occuper la place qui leur revient dans la révolution, et d’autre part, cela permet de se contenter de belles phrases et de grandes pensées, tout en se dérobant au moment de passer à l’action.

Voilà pourquoi je parle d’une organisation libertaire reposant sur le principe d’une discipline fraternelle. Une telle organisation amènerait à l’entente indispensable de toutes les forces vives de l’anarchisme révolutionnaire et l’aiderait à occuper sa place dans la lutte du Travail contre le Capital.

Par ce moyen, les idées libertaires ne peuvent que gagner les masses, et non s’appauvrir. Il n’y a que des bavards creux et irresponsables qui peuvent fuir devant une telle structuration organisationelle.

La responsabilité et la discipline organisationnelles ne doivent pas effrayer : elles sont les compagnes de routes de la pratique de l’anarchisme social.

Diélo trouda,n°7-8, décembre 1925-janvier 1926, p.6.

Abécédaire de l’anarchiste révolutionnaire

L’anarchisme, c’est la vie libre et l’oeuvre créatrice de l’homme. C’est la destruction de tout ce qui est dirigé contre ces aspirations naturelles et saines de l’homme.

L’anarchisme, ce n’est pas un enseignement exclusivement théorique, à partir de programmes élaborés artificiellement dans le but de régir la vie ; c’est un enseignement tiré de la vie à travers toutes ses saines manifestations, passant outre à toutes les normes artificielles.

La physionomie sociale et politique de l’anarchisme, c’est une société libre, antiautoritaire, celle qui instaure la liberté, l’égalité et la solidarité entre tous ses membres.

Le Droit, dans l’anarchisme, c’est la responsabilité de l’individu, celle qui entraîne une garantie véritable de la liberté et de la justice sociale, pour tous et pour chacun, partout et de tous temps. C’est là que naît le communisme.

L’anarchisme naît naturellement chez l’homme ; le communisme, lui, en est le développement logique.

Ces affirmations demandent à être appuyées théoriquement à l’aide de l’analyse scientifique et de données concrêtes, afin de devenir des postulats fondamentaux de l’anarchisme. Cependant, les grands théoriciens libertaires, tels que Godwin, Proudhon, Bakounine, Johann Most, Kropotkine, Malatesta, Sebastien Faure et de nombreux autres n’ont pas voulu, du moins je le suppose, enfermer la doctrine dans des cadres rigides et définitifs. Bien au contraire, on peut dire que le dogme scientifique de l’anarchisme, c’est l’aspiration à démontrer qu’il est inhérent à la nature humaine de ne jamais se contenter de ses conquètes. La seule chose qui ne change pas dans l’anarchisme scientifique, c’est la tendance naturelle à rejeter toutes les chaînes et toute entreprise d’exploitation de l’homme par l’homme. En lieu et place des chaînes et de l’escalvage instaurés actuellement dans la société humaine – ce que, d’ailleurs, le socialisme n’a pu et ne peut supprimer -, l’anarchisme sème la liberté et le droit inaliénable de l’homme à en user.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, j’ai participé à la vie du peuple urkainien durant la révolution. Ce peuple a ressenti instinctivement à travers son activité l’exigeance vitale des idées libertaires et en a également subi le poid tragique. J’ai connu, sans fléchir, les mêmes rigueurs dramatiques de cette lutte collective, mais, bien souvent, je me suis retrouvé impuissant à comprendre puis à formuler les exigences du moment. En général, je me suis rapidement repris et j’ai clairement saisi que le but vers lequel, moi et mes camarades, nous appelions à lutter était directement assimilé par la masse qui combattait pour la liberté et l’indépendance de l’individu et de l’humainté entière.

L’expérience de la lutte pratique a renforcé ma conviction que l’anarchisme éduque d’une manière vivante l’homme. C’est un enseignement tout aussi révolutionnaire que la vie, il est tout aussi varié et puissant dans ses manifestations que la vie créatrice de l’homme et, en fait, il s’y indentifie intimement.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, et tant que j’aurai un lien au moins aussi ténu qu’un cheveu avec cette qualification, je t’appellerai, toi frère humilié, à la lutte pour la réalisation de l’idéal anarchiste. En effet, ce n’est que par cette lutte pour la liberté, l’égalité et la solidarité que tu comprendra l’anarchisme.

L’anarchisme existe, donc, naturellement chez l’homme : il l’émancipe historiquement de la psychologie servile – acquise atrificiellement – et l’aide à devenir un combatant conscient contre l’esclavage sous toutes ses formes. C’est en cela que l’anarchisme est révolutionnaire.

Plus l’homme prend conscience, par la reflexion, de sa situation servile, plus il s’en indigne, plus l’esprit anarchiste de liberté, de volonté et d’action s’incruste en lui. Cela concerne chaque individu, homme ou femme, même s’ils nont jamais entendu parler du mot « anarchisme ».

La nature de l’homme est anarchiste : elle s’oppose à tout ce qui tend à l’emprisonner. Cette essence naturelle de l’homme, selon moi, s’exprime dans le terme scientifique d’anarchisme. Celui-ci, en tant qu’idéal de vie chez l’homme, joue un rôle significatif dans l’évolution humaine. Les oppresseurs, tout aussi bien que les opprimés, commencent peu à peu à remarquer ce rôle ; aussi, les premiers aspirent-ils par tout les moyens à déformer cet idéal, alors que les seconds aspirent, eux, à les rendre plus accessibles à attiendre.

La compréhension de l’idéal anarchiste chez l’esclave et le maître grandit avec la civilisation moderne. En dépit des fins que celle-ci s’était jusque là données – endormir et bloquer toute tendance naturelle chez l’homme à protester contre tout outrage à sa dignité -, elle n’a pu faire taire les esprits scientifiques indépendants qui ont mis à nu la véritable provenance de l’homme et démontré l’innexistence de Dieu, considéré auparavant comme le créateur de l’humanité. Par suite, il est devenu naturellement plus facile de prouver de manière irréfutable le caractère artificiel des « onctions divines » sur terre et des relations infâmantes qu’elles entraînaient contre les homes.

Tous ces évènements ont considérablement aidé au développement conscient des idées anarchistes. Il est tout aussi vrai que des conceptions artificielles ont vu le jour à la même époque : le liberalisme et le socialisme prétendument « scientifique », dont l’une des branches est représentée par le bolchevisme-communisme. Toutefois, malgrés toute leur immense influence sur la psychologie de la société moderne, ou du moins sur une grande partie d’entre elle, et malgré leur triomphe sur la réaction classique d’une part, et sur la personnalité de l’individu, d’autre part, ces conceptions artificielles tendent à glisser sur la pente menant aux formes déja connues du vieux monde.

L’homme libre, qui prend conscience et qui l’exprime autour de lui, enterre et enterrera inévitablement tout le passé infâmant de l’humanité, ainsi que tout ce que cela entraînerait comme tromperie, violence arbitraire et avilissement. Il enterrera aussi ces enseignements artificiels.

L’individu se libère peu à peu, dès à présent, de la chape de mensonges et de lâcheté dont l’ont recouvert depuis sa naissance les dieux terrestres, cela à l’aide de la force grossière de la baïonnette, du rouble, de la « justice » et de la science hypocrite – celle des apprentis sorciers.

En se débarrassant d’une telle infamie, l’individu atteint la plénitude qui lui fait découvrir la carte de la vie : il y remarque en premier lieu son ancienne vie servile, repoussante de lâcheté et de misère. Cette vie ancienne avait tué en lui, en l’asservissant, tout ce qui avait de propre, clair et valable au départ, pour le transformer soit en mouton bêlant, soit en maître imbécile qui piétine et déchire tout ce qu’il y a de bon en lui-même et chez autrui.

C’est seulement à ce moment que l’homme s’éveille à la liberté naturelle, indépendante de qui ou de quoi que ce soit et qui réduit en cendre tout ce qui lui est contraire, tout ce qui viole la pureté et la beauté captivante de la nature, laquelle se manifeste et croît à travers l’oeuvre créatrice autonome de l’individu. Ce n’est qu’ici que l’homme revient à lui-même et qu’il condamne pour toujours son passé honteux, coupant avec lui tout lien psychique qui emprisonnait jusqu’ici sa vie individuelle et sociale, par le poids de son ascendance serville et aussi, en partie, par sa propre démission, encouragée et accrue par les chamans de la science.

Désormais, l’homme avance d’année en année autant qu’il le faisait auparavant de génération en génération, vers une fin hautement étique : ne pas être, ni devenir lui-mêmme un chaman, un prophète du pouvoir sur autrui et ne plus permettre à d’autres de disposer d’un pouvoir sur lui.

Libéré des dieux célèstes et terrestres, ainsi que de toutes leurs prescriptions morales et sociales, l’homme élève la voix et s’oppose en actes contre l’exploitation de l’homme par l’homme et le dévoiement de sa nature, laquelle reste invariablement liée à la marche en avant, vers la pleinitude et la perfection. Cet homme révolté ayant pris conscience de soi et de la situation de ses frères opprimés et humiliés, s’exprime dorénavant avec son coeur et sa raison : il devient un anarchiste révolutionnaire, le seul individu qui puisse avoir soif de liberté, de pleinitude et de perfection tant pour lui que pour le genre humain, foulant à ses pieds l’esclavage et l’idiotie sociale qui s’est incarnée historiquement par la violence – l’Etat. Contre cet assassin et bandit organisé, l’homme libre s’organise à son tour avec ses semblables, en vue de se renforcer et d’adopter une orientation véritablement communiste dans toutes les conquètes communes accomplies sur la voie créatrice, à la fois grandiose et pénible.

Les ndividus membres de tels groupes s’émancipent par là même de la tutelle criminelle de la société dominante, dans la mesure où ils redeviennent eux-mêmes, c’est à dire qu’ils rejettent toute servilité envers autrui, quelqu’ils aient pu être auparavant : ouvrier, paysan, étudiant ou intellectuels. C’est ainsi qu’ils échappent à la condition soit d’âne bâté, d’esclave, de fonctionnaire ou de laquais se vendant à des maîtres imbéciles.

En tant qu’individu, l’homme se rapproche de sa personnalité authentique l’orsqu’il rejette et réduit en cendres les idées fausses sur sa vie, retrouvant ainsi tous ses véritables droits. C’est par cette double démarche de rejet et d’affirmation que l’individu devient un anarchiste révolutionnaire et un communiste conscient.

En tant qu’idéal de vie humaine, l’anarchisme se révèle consciemment en chaque individu comme une aspiration naturelle de la pensée vers une vie libre et créatrice, conduisant à un idéal social de bonheur. A notre siecle, la société anarchiste ou société harmonieuse n’apparaît plus comme une chimère. Cependant, autant que son élaboration et son aménagement pratique, sa conception paraît encore peu évidente.

En tant qu’enseignement portant sur une vie nouvelle de l’homme et de son développement créateur, tant sur le plan individuel que social, l’idée même de l’anarchisme se fonde sur la vérité indestructible de la nature humaine et sur les preuves indiscutables de l’injustice de la société actuelle – véritable plaie permanente. Cette constatation conduit ses partisants – les anarchistes – à se trouver en situation à demi ou entièrement illégale vis-à-vis des institutions officielle de la société actuelle. En effet, l’anarchisme ne peut être reconnu tout à fait légal dans aucun pays ; cela s’explique par son serviteur et maître : l’Etat. La société s’y est complètement dissoute ; toutes ses fonctions et affaires sociales sont passées aux mains de l’Etat. Le groupe de personnes qui a parasité de tous temps l’humanité, en lui construisant des « tranchées » dans sa vie, s’est ainsi identifié à l’Etat. Que ce soit individuellement ou en masse innombrable, l’homme se retrouve à la merci de ce groupe de fainéants se faisant appeler « gouvernants et maîtres », alors qu’ils ne sont en réalité que de simple exploiteurs et oppresseurs.

C’est à ces requins qui abrutissent et soumettent le monde actuel, qu’ils soient gouvernants de droite ou de gauche, bourgeois ou socialistes étatistes, que la grande idée d’anarchisme ne plaît en aucune sorte. La différence entre ces requins tient en ce que les premiers sont des bourgeois déclarés – par conséquents moins hypocrites -, alors que les seconds, les socialistes étatistes de toutes nuances, et surtout parmis eux les collectivistes qui se sont indûment accolés le nom de communistes, à savoir les bolcheviks, se dissimilent hypocritement sous les mots d’ordre de « fraternité et d’égalité ». Les bolcheviks sont prêt à repeindre mille fois le société actuelle ou à changer mille fois la dénomination des systèmes de domination des uns et d’esclavage des autres, bref à modifier les appellations selon les besoins de leurs programmes, sans changer pour autant un iota de la nature de la société actuelle, quitte à échaffauder dans leurs stupides programmes des compromis aux contradictions naturelles qui existent entre la domination et la servitude. Bien qu’ils sachent que ces contradictions soient insurmontables, ils les entretiennent tout de même, à la seule fin de ne pas laisser apparaître dans la vie le seul idéal humain véritable : le communisme libertaire.

Selon leur programme absurde, les socialistes et communistes étatistes ont décidé de « permettre » à l’homme de se librer socialement, sans qu’il soit possible pour autant de manifester cette librerté dans sa vie sociale. Quant à laisser l’homme s’émanciper spirituellement en totalité, de manière à ce qu’il soit entièrement libre d’agir et de se soumettre uniquement à sa propre volonté et aux seules lois naturelles, bien qu’ils abordent peu ce sujet, il ne saurait pour eux en être question. C’est la raison pour laquelle ils unissent leurs efforts à ceux des bourgeois afin que cette émancipation ne puisse jamais échapper à leur odieuse tutelle. De toute façon, l' »émancipation » octroyée par un pouvoir politque quelconque, on sait bien désormais quel aspect cela peur revêtir.

Le bourgeois trouve naturel de parler des travailleurs comme d’esclaves condamné à le rester. Il n’encouragera jamais un travail authentique susceptible de produire quelquechose de réellement utile et beau, pouvant bénéficier à l’humanité entière. Malgrè les capitaux colossaux dont il dispose dans l’industrie et l’agriculture, il affirme ne pas pouvoir aménager des principes de vie sociale nouvelle. Le présent lui paraît tout fait suffisant, car tout les puissants s’inclinnent devant lui : les tsars, les présidents, les gouvernements et la quasi-totalité des intellectuels et savants, tout ceux qui soumettent à leur tour les esclaves de la société nouvelle. « Domestiques » crient les bourgeois à leur fidèles serviteurs, donnez aux esclaves le servile qui leur est dû, gardez la part qui vous revient pour vos dévoués services, puis conservez le reste pour nous!… Pour eux, dans ces conditions, la vie ne peut être que belle !

« Non nous ne sommes pas d’accord avec vous là-dessus ! rétorquent les socialistes et communistes étatistes. Sur ce, ils s’adressent aux travailleurs, les organisent en parti politiques, puis les incitent à se révolter en tenant le discours suivant : « Chassez les bourgeois du pouvoir de l’Etat et donnez-nous-le, à nous socialistes et communistes étatistes, ensuite nous vous défendrons et libererons ».

Ennemis acharnés et naturels du pouvoir d’Etat, bien plus que les fainéants et les privilégiés, les travailleurs expriment leur haine, s’insurgent accomplissent la révolution, détruisent le pouvoir d’Etat et en chassent ses détenteurs, puis, soit par naïveté soit par manque de vigilance, ils laissent les socialistes s’en emparer. En Russie, ils on laisser les bolcheviks-communistes se l’accaparer. Ces laches jésuites, ces monstres et bourreaux de la liberté se mettent alors à égorger, à fusiller et à écraser les gens, même désarmés, tout comme auparavant les bourgeois, si ce n’est pire encore. Ils fusillent pour soumettre l’esprit indépendant, qu’il soit individuel ou collectif, dans le but d’anéantir pour toujours en l’homme l’esprit de liberté et la volonté créatrice, de le rendre esclave spirituel et laquais physique d’un groupe de scélérats installés à la place du trône déchu, n’hésitant pas à utiliser des tueurs pour se subordonner la masse et éliminer les récalcitrants.

L’homme gémit sous le poids des chaînes du pouvoir socialiste en Russie. Il gémit aussi dans les autres pays sous le joug des socialistes unis à la bourgeoisie, ou bien sous celui de la seule bourgeoisie. Partout, individuellement ou collectivement, l’homme gémit sous l’oppression du pouvoir d’Etat et de ses folies politiques et économiques. Peu de gens s’intéressent à ses souffrances sans avoir en même temps d’arrières-pensées, car les bourreaux, anciens ou nouveaux, sont très forts spirituellement et physiquement : ils disposent de grands moyens efficaces pour soutenir leur emprise et écraser tout et tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin.

Brûlant de défendre ses droits à la vie, à la liberté et au bonheur, l’homme veut manifester sa volonté créatrice en se mêlant au tourbillon de violence. Devant l’issue incertaine de son combat, il a parfois tendance à baisser les bras devant sont bourreau, au moment même où celui-ci passe le noeud coulant autour du cou, cela alors qu’un seul de ses regards audacieux suffirait à faire trembler le bourreau et à remtte en cause tout le fardeau du joug. Malheureusement, l’homme préfère bien souvent fermer les yeux au moment même où le bourreau passe un noeud coulant sur sa vie toute entière.

Seul, l’homme qui a réussi à se débarasser des chaînes de l’oppression et observé toutes les horreurs se commettant contre le genre humain, peut être convaincu que sa liberté et celle de son semblable sont inviolables, tout autant que leur vies, et que son semblable est un frère. S’il est prêt à conquerir et à defendre sa liberté, à exterminer tout exploiteur et tout bourreau (si celui-ci n’abandonne pas sa lâche profession), puis s’il ne se donne pas pour but dans sa lutte contre le mal de la société contemporaine de remplacer le pouvoir bourgeois par un autre pouvoir tout aussi oppresseur – socialiste, communiste ou « ouvrier » (bolchevik) -, mais d’instaurer une société réellement libre, organisée à partir de la responsabilité individuelle et garantissant à tous une liberté authentique et une justice sociale égale pour tous, seul cet homme là est un anarchiste révolutionnaire. il peut sans crainte regarder les actes du bourreau-Etat et recevoir s’il le faut son verdict, et aussi énoncer le sien à l’occasion en déclarant : « Non, il ne saurait en être ainsi ! Révolte-toi, frère opprimé ! Insurge-toi contre tout pouvoir de l’Etat ! Détruis le pouvoir de la bourgeoisie et ne le remplace pas par celui des socialistes et des bolcheviks-communistes. Supprime tout pouvoir d’Etat et chasse ses partisants, car tu ne trouveras jamais d’amis parmis eux. »

Le pouvoir des socialistes ou communistes étatitstes est tout aussi nocif que celui de la bourgeoisie. Il arrive même qu’il le soit encore davantage, l’orsqu’il fait ses expériences avec le sang et la vie des hommes. A ce moment, il ne tarde pas à rejoindre à la dérobée les prémices du pouvoir bourgeois ; il ne craint plus alors de recourrir aux pires moyens en mettant et en trompant encore plus que tout autre pouvoir. Les idées du socialisme ou communisme d’Etat deviennent même superflues : il ne s’en sert plus et se rapproche à toutes celles qui peuvent lui servir à s’aggriper au pouvoir. En fin de compte, il ne fait qu’employer des moyens nouveaux pour perpetuer la domination et devenir plus lâche que la bourgeoisie qui, elle, pend le révolutionnaire publiquement, alors que le bolchevisme-communisme, lui, tue et étrangle en cachette.

Toute révolution qui a mis aux prises la bourgeoisie et les socialistes ou communistes d’Etat illustre bien ce que je viens d’affirmer, en particulier si l’on considère l’exemple des révolutions russes de fevrier et d’octobre 1917. Ayant renversé l’empire russe, les masses laborieuses se sentirent en conséquence à demi émancipée politiquement et aspirèrent a parachever cette libération. Elles se mirent à transmettre les terres, confisquées aux grands propriétaires terriens et au clergé, à ceux qui les cultivaient ou qui avaient l’intention de le faire sans exploiter le travail d’autrui. Dans les villes, ce furent les usines, les fabriques, les typographies et autres entreprises sociales qui furent prises en main par ceux qui y travaillaient. Lors de ces réalisations saines et enthousiastes, tendant à instaurer des relations fraternelles entre les villes et les campagnes, les travailleurs ne voulurent pas remarquer qu’à Kiev, Kharkov et Pétrograd, des gouvernements nouveaux se mettaient en place.

A travers ses organisations de classe, le peuple aspirait à poser le fondement d’une société nouvelle et libre devant éliminer, en toute indépendance, au cours de son developpement, du corps social tous les prarasites et tous les pouvoirs des uns sur les autres, jugés stupides et nuisibles par les travailleurs.

Une telle démarche s’affirma nettement en Ukraine, dans l’Oural et en Sibérie. A Tiflis, kiev, Petrograd et Moscou, au coeur même des pouvoir mourants, cette tendance se fit jour. Toutefois, partout et toujours, les socialistes et communistes d’Etat avaient et on encore leurs nombreux partisants, ainsi que leurs tueurs à gages. Parmi ceux-ci, il faut malheureusement constater qu’il y eu de nombreux travailleurs. A l’aide de ces tueurs les bolcheviks ont coupé court à l’oeuvre du peuple, et d’une manière si terrible que même l’inquisition du Moyen Age pourrait les envier.

Quant a nous, connaissant la véritable nature de l’Etat, nous disons aux guides socialistes et bolcheviks : « Honte à vous ! Vous avez tant écrit et discuté de la férocité bourgeoise à l’égard des opprimés. Vous avez défendu avec tant d’acharnement la pureté révolutionnaire et le dévouement des travailleurs en lutte pour leur émancipation et maintenant, parvenu au pouvoir, vous vous révélez ou bien les même lâches laquais de la bourgeoisie ou bien vous devenez vous même bourgeois en utilisant ses moyens, au point même qu’elle s’en étonne et s’en moque. »

D’ailleurs à travers les expériences du bolchevisme-communiste, la bourgeoisie a compris, ces dernieres années, que la chimère scientifique d’un socialisme étatique ne pouvait se passer ni des moyens, ni même d’elle même. Elle l’a si bien compris qu’elle se moque de ses élèves qui n’arrivent même pas à sa hauteur. Elle à compris que, dans le système socialiste, l’exploitation et la violence organisée contre la majorité de la masse laborieuse ne suppriment nullement la vie débauchée et le parasitisme des fainéants, qu’en fait l’exploitation ne change que de nom puis croît et se renforce. Et c’est bien ce que la réalité nous confirme. Il n’y a qu’à constater la maraude des bolcheviks et leur monopole sur les conquètes révolutionnaire du peuple, ainsi que leur police, leurs tribunaux, prisons et armée de geôliers, tous employés contre la révolution. L’armée « rouge » continue d’être recrutée de force ! On y retrouve les mêmes fonctions qu’auparavant, bien qu’elles s’y dénomment autrement, en étant encore plus irresponsable et devoyées.

Le libéralisme, le socialisme et le communisme d’Etat sont trois membres de la même famille empruntant des voies différentes pour exercer leur pouvoir sur l’homme, afin de l’empêcher d’atteindre son plein épanouissement vers la liberté et l’indépendance en créant un principe nouveau, sain et authentique à partir d’un idéal social valable pour tout le genre humain.

« Revolte-toi ! déclare l’anarchiste révolutionnaire à l’opprimé. Insurge-toi et supprime tout pouvoir sur toi et en toi. Et ne participe pas à en créer un nouveau sur autrui. Sois libre et défends la liberté des autres contre toutes atteintes! »

Le pouvoir dans la société humaine est sourtout prôné par ceux qui n’ont jamais vécu véritablement de leur propre travail et d’une vie saine, ou bien, encore, qui n’en vivent plus ou qui ne veulent pas en vivre. Le pouvoir d’Etat ne pourra jamais donner la joie, le bonheur et l’épanouissement à une société quelle qu’elle soit. Ce pouvoir à été créé par des fainéant dans le but unique de piller et d’exercer leur violence, souvent meurtrière, contre tous ceux qui produisent, par leur travail – que ce soit par la volonté, l’intelligence ou les muscles – , tout ce qui est utile et bon dans la vie de l’homme.

Que ce pouvoir se qualifie de bourgeois, de socialiste, de bolchevik-communiste, d’ouvrier ou de paysan, cela revient au même : il est tout aussi nocif à l’individualité saine et heureuse et à la sociètè dans son ensemble. La nature de tout pouvoir d’Etat est partout identique : anéantir la liberté de l’individu, le transformer spirituellement en laquais, puis de s’en servir pour les besognes les plus sâles. Il n’y a pas de pouvoir innofensif.

« Frère opprimé, chasse en toi le pouvoir et ne permet pas qu’il s’instaure ni sur toi ni sur ton frère, proche ou lointain! »

La vraie vie, saine et joyeuse, de l’individu et de la collectivité ne se construit pas à l’aide du pouvoir et de programmes qui tentent de l’enfermer en des formules et des lois écrites. Non, elle ne peut s’édifier qu’à partir de la liberté individuelle, de son oeuvre créatrice et indépendante, s’affirmant par les phases de destruction et de construction.

La liberté de chaque individu fonde la société libertaire ; celle-ci atteit son integralité par la décentralisation et la réalisation but commun : le communisme libertaire.

Lorsque nous nous représentons la société communiste libertaire, nous la voyons comme une société grandiose et harmonieuse dans ses relations humaines. Elle repose principalement sur les individus libre qui se groupent en associations affinitaires – que ce soit par intérêt, nécéssité ou penchants -, garantissant une justice sociale à titre égal pour tous en se liant en fédérations et confédérations.

Le communisme libertaire, c’est une société qui se fonde sur la vie libre de tout homme, sur son droit intangible à un développement infini, sur la suppression de toutes les injustices et de tous les maux qui ont entravé le progrès et le perfectionnement de la société en la partageant en couches et en classes, sources de l’oppression et de la violence des uns sur les autres.

La société libertaire se donne pour but de rendre plus belle et plus radieuse la vie de chacun, au moyen de son travail, de sa volonté et de son intelligence. En plein accord avec la nature, le communisme libertaire se fonde par conséquent sur la vie de l’homme pleinement épanoui, indépendant, créateur et absolument libre. C’est la raison pour laquelle ses adeptes apparaissent dans leur vie comme des êtres libres et radieux.

Le travail et les relation fraternelles entre tous, l’amour de la vie, la passion de la création belle et libre, toutes ces valeurs motivent la vie et l’activité des communistes libertaires. Ils n’ont nul besoin de prisons, de bourreaux, d’espions et de provocateurs, utilisés par contre en grands nombre par le socialistes et communistes étatistes. Par principe, les communistes libertaire n’ont aucun besoin des bandits et assassins à gages dont le pire exemple et le chef suprème est en fin de compte, l’Etat. Frère opprimé ! Prépare-toi à la fondation de cette société là, par la reflexion et au moyen de l’action organisée. Seulement, souviens-toi que ton organisation doit être solide et constante dans son activité sociale. L’ennemi absolu de ton émancipation, c’est l’Etat ; il s’incarne au mieux par l’union des cinq types suivants : le propriétaire, le militaire, le juge, le prêtre et celui qui est leur serviteur à tous, l’intellectuel. Dans la plupart des cas, ce dernier se charge de prouver les droits « légitimes » de ses quatre maître à sanctionner le genre humain, à normaliser la vie de l’homme sous tous ses aspects individuels et sociaux, cela en déformant le sens des lois naturelles pour codifier des lois « historiques et juridiques », oeuvres criminelles de plumitifs stilipendiés.

L’ennemi est très fort car, depuis des millénaires, il vit de pillages et de violences ; il en a retiré de l’expérience, il a surmonté des crises internes et il adopte maintenant une nouvelle physionomie, étant menacé de disparition par l’apparition d’une science nouvelle qui reveille l’homme de son sommeil séculaire. Cette science nouvelle libère l’homme de ses préjugés et lui fournit des armes pour se découvrir lui-même et trouver sa véritable place dans la vie, malgrè tous les efforts des apprentis-sorciers de l’union des « cinq » pour l’empêcher d’avancer sur cette voie.

Ainsi une telle modification du visage de notre ennemi, frère opprimé, peut être remarqué, par exemple, dans tout ce qui sort du cabinet des savants réformateurs de l’Etat. Nous avons pu observer d’une mainère caractéristique cette métamorphose lors des révolutions que nous avons vécues nous-même. L’union des « cinq », l’Etat, notre ennemi, parut au début disparaître complètement de la terre…

En réalité, notre ennemi ne fit que changer d’apparence et se découvrit de nouveau alliés qui oeuvrèrent criminellement contre nous : la leçon des bolcheviks-communistes en Russie, en Ukraine, en Georgie, et parmis de nombreux peuples d’Asie centrale est très édifiante à ce égard. Cette époque ne sera jamais oubliée par l’homme qui combat pour son émancipation, car il car il saura se rappeler ce qu’il y a eu de cauchemardesque et de criminel.

Le seul et le plus sûr moyen qui s’offre à l’opprimé dans sa lutte contre le mal qui l’enchaîne, c’est la révolution sociale, rupture profonde et avancée vers l’évolution humaine.

Bien que la révolution sociale se développe spontanément, l’organisation déblaie sa voie, facilite l’apparition de brèches parmis les digues dressée contre elle et accélère sa venue. Lanarchiste révolutionnaire travaille dès maintenant à cette orientation. Chaque opprimé qui tient sur lui le joug, en étant conscient que cette infâmie écrase la vie du genre humain, doit venir en aide à l’anarchiste. Chaque être humain doit être conscient de sa responsabilité et l’assumer jusqu’au bout en supprimant de la société tous les bourreaux et parasites de l’union des « cinq », afin que l’humanité puisse respirer en toute liberté.

Chaque homme et surtout l’anarchiste révolutionnaire – en tant qu’initiateur appelant à lutter pour l’idéal de liberté, de solidarité et d’égalité – doit se rappeler que la révolution sociale exige pour son évolution créatrice des moyens adéquats, en particulier des moyens organisationnels constants, nottament durant la période où elle détruit, dans un élan spontané, l’esclavage, et sème la liberté, en affirmant le droit de chaque homme à un libre développement ilimité. C’est précisément la période où, ressentant la véritable liberté en eux et autour d’eux, les individus et les masses oseront mettre en pratique les conquêtes de la révolution sociale, que celle- ci éprouvera le plus grand besoin de ces moyens organisationnels. Par exemple, les anarchistes révolutionnaires ont joué un rôle particulièrement remarquable lors de la révolution russe mais, ne possédant pas les moyens d’action nécessaires, n’ont pu mener à terme leur rôle historique. Cette révolution nous a, d’ailleurs, bien démontré la vérité suivante : après s’être débarassé des chaînes de l’esclavage, les masses humaines n’ont nullement l’intention d’en créer de nouvelles. Au contraire, durant les périodes révolutionnaires, les masses recherchent des formes nouvelles d’associations libres pouvant non seulement répondre à leurs élans libertaires,mais défendre aussi leurs acquis lorsque l’ennemi s’y attaque.

En observant ce processus, nous sommes constament parvenu à la conclusion que les association les plus fertiles et les plus valables ne pouvaient être que les union-communes, celles dont les moyens sociaux sont créés par la vie même : les soviets libres. En se fondant sur cette même conviction, l’anarchiste révolutionnaire se jette dans l’action avec abnégation et il rappelle les opprimés à la lutte pour les actions libres. Il est convaincu qu’il ne faut pas seulement manifester les principe organisationnels fondamentaux et createurs, mais aussi se donner les moyens de défendre la vie nouvelle contre les forces hostiles. La pratique montre que cela doit être réalisé de la manière la plus ferme et soutenue par les masses elles-même, directement sur place.

En accomplissant la révolution, pousées par l’anarchisme naturellement en elles, les masses humaines recherchent les associations libres. Les assemblées libres retiennent toujours leur sympathie. L’anarchiste révolutionnaire doit les aider à formuler le mieux possible cette démarche. Par exemple, le problème économique de l’association libre des communes doit trouver sa pleine expression par la création de coopératives de production et de consommation, dont les soviets libres seraient les promoteurs.

C’est par l’intermédiaire des soviets libres, durant le développement de la révolution sociale, que les masses s’empareront directement de tout le patrimoine social : la terre, les forêts, les fabriques, les usines, les chemins de fer et transports maritimes, ect., puis, se regroupant selon leurs interêts, leurs affinités ou l’idéal commun, elles construiront leur vie sociale de la façon la plus variée et appropriée à leurs besoins et désirs.

Il va sans dire que cette lutte sera pénible ; elle provoquera un grand nombre de victimes, car elle opposera pour la dernière fois l’humanité libre et le vieux monde. Il n’y aura pas de place à l’hésitation ni au sentimentalisme. Ce sera à la vie et à la mort ! Du moins c’est ainsi que devra le concevoir chaque homme qui attache de l’importance à ses droits et à ceux de l’humanité entière, s’il ne veut pas demeurer un âne bâté, un esclave, comme on le force à l’être actuellement.

Lorsque le raisonnement sain et l’amour autant de soi-même que d’autrui prendront le dessus dans la vie, l’homme deviendra le véritable createur de sa propre existance.

Organise-toi, frère opprimé, fais appel à tous les hommes de la charrue et de l’atelier, du banc d’école du lycée et de l’université, sans oublier le savant et l’intellectuel en général, afin qu’il sorte de son cabinet et te porte secours sur ton pénible chemin. Il est vrai que neuf intellectuels sur dix ne pourront pas répondre à ton appel ou bien, s’il le font, ce sera avec l’arrière pensée de te tromper, car n’oublie pas que ce sont de fidèles serviteur de l’union des « cinq ». Il y en aura tout de même un sur dix qui s’avèrera être ton ami et t’aidera à déjouer la tromperie des neuf autres. En ce qui concerne la violence physique, la force grossière des gouvrenant législateurs, tu l’écartera avec ta propre violence.

Organise-toi, appelle tout tes frères à rejoindre le mouvement et exige de tous les gouvernants de mettre fin volontairement à leur lâche profession de régenter la vie de l’homme. S’ils refusent, insurge-toi, désarme les policiers, les miliciens et autres chiens de garde de l’union des « cinq ». Arrête pour le temps nécessaire tout les gouvernants, déchire et brûle leurs lois ! Détruis les prisons, anéantis les boureau, supprime tout pouvoir d’Etat !

De nombreux tueurs à gages et assassins se trouvent dans l’armée, mais tes amis, les soldats mobilisés de force, y sont présents aussi, appelle-les à toi, ils viendront à ton secour et t’aideront à neutraliser les mercenaires.

Après s’être tous réunis en une grande famille, frères, nous irons ensemble sur la voie de la lumière et du savoir, nous éloignerons les ténèbres et marcherons vers l’idéal commun de l’humanité : la vie fraternelle et libre, la société où personne ne sera plus jamais esclave ni humilié par quiconque.

A la violence grossière de nos ennemis, nous repondrons par la force compacte de notre armée révolutionnaire inssurectionnelle. A l’incohérence et l’arbitraire, nous répondrons en construisant avec justice notre nouvelle vie, sur la base de la responsabilité de chacun, vraie garantie de la liberté et de la justice sociale pour tous.

Seuls, les criminels sanguinaires de l’union des « cinq » refuseront de se joindre à nous sur la voie novatrice ; ils tenteront de s’y opposer pour conserver leurs privilèges, ce en quoi ils se condamneront eux-mêmes.

Vive cette conviction claire et ferme en la lutte pour l’idéal de l’harmonie humaine généralisée : la société anarchiste !

Probouzdénié,n°18, janvier 1932, pp.57-63, et n°19-20, février-mars 1932, pp.16-20.

Lettre ouverte aux anarchistes espagnols

Cher camarades Carbo et Pestana,

Transmettez à nos amis et camarades et, à travers eux, à tous les travailleurs espagnols, mon encouragement à ne pas laisser faiblir leur résolution dans le processus révolutionnaire entamé, ainsi que de se hâter à s’unir sur un programme pratique, déterminé dans un sens libertaire. Il ne faut à aucun prix laisser se ralentir le rythme de l’action révolutionnaire des masses. Il s’agit, au contraire, de se dépêcher de les aider à obliger, par la force s’il n’y a pas d’autre voie ou moyen, le gouvernement républicain provisoire qui freine et dévoie la révolution, par ses décrets absurde, à cesser cette activité néfaste.

Les travailleurs espagnols – ouvrier paysans et inteligentsia laborieuse – doivent s’unir et manifester le maximum d’énergie révolutionnaire, ceci afin de créer une situation telle que la bourgeoisie se retrouve sans aucune possibilité de s’opposer à la conquête de la terre, des usines et des libertés complètes ; situation qui deviendrait de plus en plus générale et irréversible.

Il est indispensable d’appliquer tous ses efforts pour que les travailleurs espagnols tiennent compte de cela et comprennent que laisser passer ce moment décisif, en restant inactifs et en se limitant uniquement à adopter de belles résolutions sans aucune suite, reviendrait à faire volontairement le jeu des ennemis de la révolution, en mes laissant passer à l’offensive, leur donner le temps de reprendre du poil de la bête, puis d’étouffer la révolution en cours.

Dans ce but, l’union des forces libertaires est nécessaire, tout particulièrement par le biais de la fondation d’une vaste union paysanne, qui se fédérerait avec la CNT, et dans laquelle les anarchistes oeuvreraient sans repos.

Il est également indispensable d’aider les travailleurs à créer, directement sur place,des organes d’autodirection économique et sociale – des soviets libres – ainsi que des détachements armés pour la défense des mesures sociales révolutionnaires qu’ils ne manqueront pas d’imposer, après avoir pris conscience et rompu toutes les chaînes de leur situation servile. Ce n’est que par cette et ces moyens d’une action générale sociale que les travailleurs révolutionnaires pourront agir opportunément contre une tentative de détournement de la révolution par un nouveau système exploiteur. A mon avis, la CNT et la FAI doivent se préocupper sérieusement de cette question et disposer, à cette fin, de groupes d’initiative dans chaque village et ville ; de même elle ne doivent pas craindre de prendre en main la direction révolutionnaire stratégique, organisationnelle et théorique du mouvement des travailleurs. il est évident qu’elles devront éviter à cette occasion de s’unir avec des partis politiques en général, et avec des partis politiques en général, et avec les bolcheviks-communistes en particulier car je suppose que le commensaux espagnols seront les dignes émules de leurs maîtres russes. Ils iront sur les traces du jésuite Lénine même de Staline, en hésitant pas à affirmer leur monopole sur toutes les conquêtes de la révolution, ceci afin de rétablir leur pouvoir de parti dans leur pays, but dont on connaît les effets par l’exemple honteux de la Russie : interdiction de toutes les tendances révolutionnaires libres et de toutes les organisations indépendantes des travailleur. En effet, ils s’imaginent être les seuls à devoir et pouvoir disposer de toutes les libertés et de tous les droits dans la révolution. Ils trahirons donc fatalement leurs alliés et la cause même de la révolution.

La révolution espagnole est la cause des travailleurs du monde entier et, dans cette oeuvre, il est impossible de s’orienter en commun avec le parti qui, au nom de sa dictature dans le pays, n’hésiterait pas à tromper les travailleurs et à s’emparer de toutes les conquêtes révolutionnaires, pour devenir le pire des despotes et ennemis des libertés et droits du peuple.

L’exemple russe doit vous éviter d’en arriver là. Que la calamité bolchevico-communiste ne puisse pas prendre pied sur le sol révolutionnaire d’Espagne !

Vive l’union espagnole en plein développement vers un monde nouveau de conquêtes de plus en plus émancipatrices, sous l’étendard de l’anarchisme !

Avec mon salut fraternel.

Le 29 avril 1931.

Nestor Makhno.

Probouzdénié,n°23-27, juin-octobre 1932, pp.77-78.

Sur l’histoire de la révolution espagnole de 1931 et le rôle joué par les socialistes de droite et de gauche et les anarchistes

Quand une révolution éclate, indépendamment de son caractère – politique ou social – (le plus important, c’est que de larges masses de travailleurs y participent), et que ses guides, collectifs bien soudés ou individus disposant d’une autorité particulière auprès des travailleurs, se mettent au dessus de ces masses, ne marchent pas au même pas qu’elles, ne leur font pas confiance, en attendent quelque chose d’extraordinaire, ou bien, pire encore, veulent les subordonner en tentent de leur indiquer la « seule » voie à suivre, eh bien alors la révolution ne se développe pas assez profondément, n’arrive pas à déboucher , ni a formuler correctement les problèmes du moment à résoudre. Elle ne peut découvrir alors les moyens nouveaux et supplémentaires d’action sociale pour contrer ses ennemis et répondre aux nécessités urgentes ; elle est amenée à emprunter des voies imprécises, à s’égarer parmi leurs fatals zig-zags. A ce moment-là, soit elle périt sous le coup de ceux contre qui elle était dirigée, soit elle modifie son orientation, rétrécit son cours et s’achève selon les intérêts de ses ennemis internes.

Toutes ces différentes raisons ont souvent été décisives au cours des révoltes ayant eu lieu jusqu’ici, en Europe ou ailleurs. La même chose s’est passée en Espagne. Il est vrai que la révolution espagnole de 1931 se distingue de nombreuses autres par ses aspect bien particuliers. Elle ne s’est pas déclenchée par une tempête révolutionnaire des les villes et les campagnes, mais par les urnes des bulletins de vote. Au cours de son évolution, grâce aux action des éléments de gauche, elle s’est arrachée à ces à ses premières racines et c’est placée sur les vastes espaces de l’action sociale émancipartice des travailleurs. Si elle se termine tout de même à l’avantage des élément autoritaires, et tragiquement pour le destins des travailleurs et de nombreux révolutionnaires, ainsi que pour ce qu’ils avaient pu édifier, la responsabilité en incombe dans une grande mesure aux groupement politiques espagnols de gauche. Cette issue malencontreuse est due à la responsabilité des socialistes autoritaires et des socialistes antiautoritaires, c’est à dire de nos camarades communistes libertaires et anarcho-syndicalistes.

La responsabilité des socialistes étatistes de droite consiste en ce qu’il ce sont liés dès le début avec le parti bourgeois de Zamora-Alcala. Il est vrai que les militants de base de ce parti, en particulier les ouvriers, ne voulaient pas entendre parler de cette politique, plus même ils n’étaient pas au courant des tractations cachées des ‘sommets » de leur parti, menées avec la bourgeoisie pour prendre en commun le pouvoir, cela au prix du sacrifice de la révolution. Ce n’est que lorsque les ouvriers socialistes se retrouvèrent en but aux questions des autres travailleurs sur la politique de leur parti, et qu’ils ne surent quoi y répondre, que leurs dirigeants adoptèrent hypocritement des postes de paons face à la bourgeoisie, effrayérent un tantinet ses représentants, en se déclarant prêts à prendre le pouvoir tout seuls, avec le seul appui des travailleurs. Ce double jeu des dirigeants socialistes à l’égard de la révolution, mené en tenant compte malgré tout des aspirations de travailleurs représentées par les autres organisations social-révolutionnaires, amena cependant la confusion la plus complète dans l’esprit et la compréhension des travailleurs vis-à-vis de la révolution entamée, diminuant en fin de compte ce qu’il y a de meilleur et de plus combatif dans leur lutte, tout ce qui leur avait permis de remporter une victoire complète et enthousiaste sur les monarchie et sur le roi.

Les travailleurs espagnols sentirent instictivement que le temps des nouvelles et libres formes de vie sociale était arrivé. Les « sommets » socialistes de droite feignirent extérieurement de s’en féliciter, mis oeuvrèrent en fait et en secret à trahir ces aspirations, ce en quoi ils portèrent un énorme préjudice au premiers pas de la révolution.

La responsabilité des bolcheviks-communistes – les « plus à gauche des gauches » des socialistes, si l’on peut dire -, tient en ce qu’ils n’ont pas agi pour la cause de l’émancipation réelle des travailleurs, mais uniquement pour leurs sales petits intérêts de parti. Ils ont appréhendé la révolution comme un moyen à l’aide duquel ils pourraient abrutir, tout à leur aise, les têtes prolétariennes avec les promesses les plus démagogiques puis, les ayant attirés dans leur giron autoritaire, les utiliser physiquement pour instaurer leur sale dictature de parti sur le pays. Quand ils s’aperçurent que leurs manoeuvres démagogiques ne prenaient pas auprès des travailleurs, ils soudoyèrent ou bernèrent quelques éléments aventuristes afin d’organiser des manifestations violentes en y appelant les travailleurs désarmés. Toutefois, ces manifestations ne leurs amenèrent non plus aucun succès. Le sang coula abondamment durant ces défaites ouvrières, préméditées par des gens qui se trouvaient très loin de l’action. Tout cela ne fit que renforcer la coalition des socialistes de droite d’Alcala et de Zamora avec la bourgeoisie, et augmenter son pouvoir non seulement contre les « candidats dictateurs » de gauche, mais aussi contre la révolution en général.

Quant aux bolcheviks-« communistes », ils sont de la même école marxistes-léniniste que leurs congénères russes : ce ne sont que des jésuites et des traîtres à tous ceux qui luttent contre le capital et pour l’émancipation du prolétariat, sans vouloir passer sous leurs fourches caudines. Pendant la révolution espagnole de 1931 ils n’ont pas été assez forts – et ne le sont toujours pas – pour manifester cette trahison de manière évidente. Malgré cela, ils ont réussi à monter plusieurs provocations et à lancer quelques calomnies, non pas tellement contre la bourgeoisie que contre leurs adversaires politiques de gauche. Cette circonstance explique partiellement la peine que la révolution a eue pour se débarrasser des idées et des dirigeants bourgeois, car il lui a fallu combattre en même temps la démoralisation propagée par ces traîtres de « gauche ». Ces dernier agissent au nom de leur dictature et non de la liberté sociale véritable, celle qui fonde la solidarité et l’égalité des opinions de tous ceux qui ont rompu radicalement avec le lourd passé d’exploitation et qui marchent vers un monde nouveau dès à présent.

La responsabilité des communistes libertaire et anarcho-syndicalistes espagnols, dans l’évolution des événements, leur incombe surtout parcequ’ils se sont écartés de leurs principes de base en participant activement à cette révolution, certes pour enlever l’initiative à la bourgeoisie libérale, mais en demeurant malgré tout sur le terrain parasitaire de classe de celle-ci. Ils n’ont, d’une part, absolument pas tenu compte des exigences de notre époque et, d’autre part, sous-estimé l’importance des moyens dont dispose la bourgeoisie pour contenir et éliminer tout ceux qui la gênent.

Quelles sont les causes qui ont empêché les anarchistes de manifester en pratique leurs conviction pour transformer une révolution républicaine et bourgeoise en révolution sociale ?

En premier lieu, l’absence d’un programme déterminé et précis les a empêché d’atteindre une unité dans leurs actions, l’unité qui conditionne au cours d’une période révolutionnaire la croissance du mouvement et son influence sur tout ce qui l’entoure.

En second lieu, nos camarades espagnols, tout comme de nombreux camarades d’autres pays, considèrent l’anarchisme comme une église itinérante de liberté… Cette attitude les empêches en de nombreuses occasions, de concrétiser en temps et lieu voulu les structures pratiques et indispensables à l’organisation économiques et sociales devant lier par de nombreux fils la lutte quotidienne et globale des travailleurs. Cela les a empêchés de réaliser, cette fois-ci, la mission dévolue à l’anarchisme lors d’une période révolutionnaire.

Le communistes libertaires et anarcho-syndicalistes espagnols, malgré tout l’ascendant moral dont ils disposaient auprès des travailleurs dans le pays, n’ont pas su influencer à à fond dans un sens révolutionnaire, la psychologie des masses hésitantes entre leur sympathie pour la révolution et les idées petites-bourgeoises. Il aurait fallu les transformer en actifs combattants du développement et de la défense de la révolution. Au lieu de cela, se sent dans une relative liberté, les anarchistes, tout comme les petit bourgeois, se sont consacrés à des discussions sans fin. Ils se sont beaucoup exprimés, en toute liberté, oralement et par écrit, sur toutes sortes de sujets ; ils ont fait force meeting, avec de belles professions de foi, mais ils ont omis ceux qui s’étaient substitués au roi, eux, s’occupaient pendant ce temps d’affermir mieux leur pouvoir.

Malheureusement, rien ne fut entrepris sur ce plan en temps opportun bien que cela était au plus haut point indispensable. A ce moment, les anarchistes espagnols disposèrent de chances réelles – bien plus que tous les autres groupement révolutionnaires du pays – pour déterminer dans la pratique une stratégie qui aurait fait franchir une étape de plus à la révolution. La CNT augmenta ses effectifs avec une rapidité foudroyante et devin pour tout le pays laborieux la tribune et le lieu où purent enfin s’exprimer les espoirs séculaires des travailleurs.

Pour accentuer encore plus ce rôle actif de notre mouvement, il eut fallu abattre la bourgeoisie et son pouvoir, éliminer entièrement son influence du mouvement révolutionnaire. Est-ce que cela signifie que nos camarades espagnols n’aient rien fait dans ce sens au cours de cette année révolutionnaire 1931 ? Assurément, non. Ils firent tout leur possible pour transformer la révolution politique en révolution sociale. Ils supportèrent héroîquement les sacrifices et, même maintenant que la révolution à été étouffée, beaucoup d’entre eux subissent les rigueurs de la répression. Pourtant, ces sacrifices ont été vains, dans mesure où ils n’ont pas été accomplis en vue de buts conformes. Tout cela, je le répète encore, parceque l’anarchisme ne possède pas de programme défini, parce que les actions anarchistes menées ont été et sont toujours, d’ailleurs, dans l’éparpillement le plus complet, et non à partir d’une unité tactique, déterminée et orientée par une unité théorique, par un but unique commun. C’est pour ces raisons précises que les anarchistes espagnols n’on pu mener à bien leur oeuvre et c’est ce qui a amené les plus faibles en convictions d’entre eux à lancer le fameux « manifeste des trente » – tout a fait inopportun – , au nom de « la plus grande conscience des responsabilités » de ses auteurs. Les militants les plus résolus et intrépides, ceux qui non seulement propagent leurs idées mais vont jusqu’à périr pour elles, ceux-là languissent dans d’immonde casemates, dans les cales des navires qui les emportent au loin en déportation, vers des contrées hostiles.

Tels sont, en général, les traits fondamentaux des omissions, erreurs et manquements fatals pour les actions révolutionnaires, commis par les groupements de gauche espagnols, à un moment décisif qui se répète rarement dans l’histoire, et qui a conduit aux résultat actuels de la révolution espagnole. Tous ces groupements portent dons la responsabilité de la situation.

Je ne sais quelles conclusions en tireront les socialistes étatistes, ceux qui ne surent rien faire de mieux que de jouer aux laquais de la bourgeoisie, tout en voulant faire des autres révolutionnaires leurs propres laquais. En ce qui concerne les anarchistes révolutionnaires, je pense qu’ils ont, ici, de quoi méditer, afin de se garder à l’avenir de répéter les mêmes erreurs, que ce soit en Espagne ou ailleurs : se retrouver à des postes révolutionnaires avancés sans pouvoir disposer des moyens nécessaires à la défense des acquis révolutionnaires des masses contre les attaques acharnées de leurs ennemis bourgeois et socialistes autoritaires.

Il est évident que les anarchistes révolutionnaires ne doivent pas recourir aux moyens des bolcheviks comme certains d’entre eux en sont parfois tentés, jusqu’à conseiller d’établir un « contact étroit » avec l’état bolchevik (comme le préconise dernièrement le « novateur » Archinov). Les anarchistes révolutionnaires n’ont rien à trouver dans le bolchévisme ; ils disposent de leur propre théorie révolutionnaire fort riche au demeurant, laquelle définit des tâches totalement opposées à celles des bolcheviks dans la vie et la lutte es classes laborieuses. Ils ne peuvent concilier leurs objectifs avec ceux du panbolchevisme, lequel s’impose si férocement, par le rouble et la baïonnette, dans la vie des travailleurs de l’U.R.S.S., ignorant délibérément leurs droits et faisant d’eux ses esclaves dociles, incapable d’esprit indépendant, de raisonnement propre sur leur bien être et sur celui des autres travailleurs dans le monde.

Aucun individu ni aucun groupe anarchiste, si dévoué soit-il à la cause du mouvement, ne peut réaliser à lui seul les tâches définies. Toutes les tentatives menées à ce jour en témoignent. On comprend pourquoi : aucun individu ni groupe ne peut unir à lui seul notre mouvement, tant sur le plan national qu’international. Ces immenses et capitales tâches ne pourront êtres remplies que par un collectif international de réflexion libertaire. C’est ce que j’avais déjà dit, il y a sept ans, à Rudolph Rocker et à Alexandre Berkman, à Berlin. Je le réaffirme d’autant plus fermement maintenant, que de nombreux libertaires reconnaissent ouvertement – après toute une série de tentatives infructueuses de créer quelque chose de pratique – qu’il n’y a pas d’autres possibilités de mettre au point un programme déterminé et élaboré conformément à notre époque et à nos forces, que de réunir une conférence préparatoire, composée des militants les plus actifs et dévoués, tant sur le plan théorique que pratique, laquelle devra formuler les thèses qui correspondraient aux questions vitales du mouvement anarchiste, thèses débattues dans la perspective d’un congrès anarchiste international. Celui-ci, à son tour développerait et compléterait ces thèses. A la suite de ce congrès, ces thèses représenteraient un programme défini et une référence solide pour notre mouvement, référence valable pour chaque pays. Cela délivrerait notre mouvement des déviations réformistes et confusionnistes, et lui donnerait la puissance nécessaire pour devenir l’avant garde des révolutions contemporaines.

Il est vrai que cette oeuvre n’est pas facile ; cependant, la volonté et la solidarité de ceux qui peuvent et désirent la réaliser pourront grandement faciliter cette démarche. Que cette oeuvre commence, notre mouvement ne peut qu’y gagner !

Vive l’aspiration fraternelle et communes de tous les militants anarchistes à la réalisation de cette grande oeuvre – l’oeuvre de notre mouvement et de la révolution sociale pour laquelle nous luttons.

France. 1931.

Probouzdénié, n°30-31, janvier-février 1933, pp.19-23.

 

Commemoration historique… Le 9 mars 1883, Louise Michel brandit le drapeau noir

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Le 9 mars 1883, Louise Michel brandit le drapeau noir dans une manif parisienne

 

Paris Luttes Info

 

9 mars 2020

 

Source:

https://paris-luttes.info/le-9-mars-1883-louise-michel-12412?lang=fr

 

Le drapeau noir des canuts révoltés fait une apparition « remarquée » dans la manifestation des sans-travail aux Invalides à Paris, le 9 mars 1883, lors d’un meeting organisé par le syndicat des menuisiers. Louise Michel y arbore, pour la première fois, un drapeau improvisé, à partir d’un vieux jupon noir fixé sur un manche à balai.

Voici la défense du drapeau noir qu’elle fit lors de son procès le 22 juin 1883 :

« Il y a quelque chose de plus important, dans ce procès, que l’enlèvement de quelques morceaux de pain. Il s’agit d’une idée qu’on poursuit, il s’agit des théories anarchistes qu’on veut à tout prix condamner.
On insiste sur la fameuse brochure : « A l’armée ! » à laquelle le ministère public semble s’être appliqué à faire une publicité à laquelle on ne s’attendait guère.
On a agi autrement durement envers nous en 1871.
J’ai vu les généraux fusilleurs ; j’ai vu M. de Gallifet faire tuer, sans jugement, deux négociants de Montmartre qui n’avaient jamais été partisans de la Commune ; j’ai vu massacrer des prisonniers, parce qu’ils osaient se plaindre. On a tué les femmes et les enfants ; on a traqué les fédérés comme des bêtes fauves ; j’ai vu des coins de rue remplis de cadavres. Ne vous étonnez pas si vos poursuites nous émeuvent peu.
Ah, certes, monsieur l’avocat général, vous trouvez étrange qu’une femme ose prendre la défense du drapeau noir. Pourquoi avons-nous abrité la manifestation sous le drapeau noir ? Parce que ce drapeau est le drapeau des grèves et qu’il indique que l’ouvrier n’a pas de pain.
Si notre manifestation n’avait pas dû être pacifique, nous aurions pris le drapeau rouge ; il est maintenant cloué au Père-Lachaise, au-dessus de la tombe de nos morts. Quand nous l’arborerons nous saurons nous défendre.
Nous n’avons pas fait appel à l’Internationale morte parce qu’on n’a pu en réunir les tronçons et parce que l’Internationale est un pouvoir occulte et qu’il est temps que le peuple se montre au grand jour.
On parlait tout à l’heure de soldats tirant sur les chefs : Eh bien ! à Sedan, si les soldats avaient tiré sur les chefs, pensez-vous que c’eût été un crime ? L’honneur au moins eût été sauf. Tandis qu’on a observé cette vieille discipline militaire, et on a laissé passer M. Bonaparte, qui allait livrer la France à l’étranger.
Mais je ne poursuis pas Bonaparte ou les Orléans ; je ne poursuis que l’idée.
J’aime mieux voir Gautier, Kropotkine et Bernard dans les prisons qu’au ministère. Là ils servent l’idée socialiste, tandis que dans les grandeurs on est pris par le vertige et on oublie tout.
Quant à moi, ce qui me console, c’est que je vois au-dessus de vous, au-dessus des tribunaux se lever l’aurore de la liberté et de l’égalité humaine.
Nous sommes aujourd’hui en pleine misère et nous sommes en République. Mais ce n’est pas là la République. La République que nous voulons, c’est celle où tout le monde travaille, mais aussi où tout le monde peut consommer ce qui est nécessaire à ses besoins…
On nous parle de liberté : il y a la liberté de la tribune avec cinq ans de bagne au bout. Pour la liberté de réunion c’est la même chose. En Angleterre le meeting aurait eu lieu ; en France, on n’a même pas fait les sommations de la loi pour faire retirer la foule qui serait partie sans résistance. Le peuple meurt de faim, et il n’a pas même le droit de dire qu’il meurt de faim. Eh bien, moi, j’ai pris le drapeau noir et j’ai été dire que le peuple était sans travail et sans pain. Voilà mon crime ; vous le jugerez comme vous voudrez.
Vous dites que nous voulons faire une révolution. Mais ce sont les choses qui font les révolutions : c’est le désastre de Sedan qui a fait tomber l’empire, et quelque crime de notre gouvernement amènera aussi une révolution.
Cela est certain. Et peut-être vous-mêmes, à votre tour, vous serez du côté des indignés si votre intérêt est d’y être. Songez-y bien.
S’il y a tant d’anarchistes c’est qu’il y a beaucoup de gens dégoûtés de la triste comédie que depuis tant d’années nous donnent les gouvernements. Je suis ambitieuse pour l’humanité moi je voudrais que tout le monde fût assez artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût. Pour moi, je n’ai plus d’illusion. Et tenez, quand M. l’avocat général parle de ma vanité. Et bien ! j’ai trop d’orgueil même pour être un chef : il faut qu’un chef à des moments donnés, s’abaisse devant ses soldats, et puis, tout chef devient un despote.
Je ne veux pas discuter l’accusation de pillage que l’on me reproche, cela est trop ridicule. Mais, si vous voulez me punir, je commets tous les jours des délits de presse, de parole, etc. Eh bien ! Poursuivez-moi pour ces délits.
En somme, le peuple n’a ni pain ni travail, et nous n’aurons en perspective que la guerre. Et nous, nous voulons la vie en paix de l’humanité par l’union des peuples.
Voilà les crimes que nous avons commis.
Chacun cherche sa route ; nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l’égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux ».

Texte de la défense de Louise Michel, prononcée le 22 juin 1883, devant la cour d’assise de la Seine ; in Écrits sur l’Anarchisme – Ed Seghers, 1964.

Le 18 mars 1883, Louise Michel s’exclame salle Favié à Paris : « Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions » [1].

Louise Michel reprend le même discours à Lyon, devant une foule qui, lors de la révolte des Canuts, avait vu, pour la première fois l’apparition du drapeau noir. Elle était encore dans les mémoires.

Le numéro 1 du journal Le drapeau noir paru à Lyon le 12 août 1883 s’exprime, en effet, sur ce choix : « Les événements, les faits de tous les jours, nous ont montré clairement que le drapeau rouge, si glorieux vaincu, pourrait bien, vainqueur, couvrir de ses plis flamboyants, les rêves ambitieux de quelques intrigants de bas étage. Puisqu’il a déjà abrité un gouvernement et servi d’étendard à une autorité constituée. C’est alors que nous avons compris qu’il ne pouvait plus être pour nous, les indisciplinés de tous les jours et les révoltés de toutes les heures, qu’un embarras ou qu’un leurre. »

Notes

[1] Cité par Maurice Dommanget dans L’Histoire du drapeau rouge, des origines à la guerre de 1939

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Lectures complémentaires :

Testament-moral-et-politique-de-Bartolomeo-Vanzetti-et_commentaires

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchisteUn-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

voltairine-de-cleyre-une-anarchiste-americaine

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Reflets de l’humain: Les quatre grandes erreurs (avec F. Nietzsche)

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Les quatre grandes erreurs

 

Friedrich Nietzsche

6ème chapitre du “Crépuscule des idoles”, 1888

1.

Erreur de la confusion entre la cause et l’effet. — Il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la raison. Néanmoins cette erreur fait partie des plus anciennes et des plus récentes habitudes de l’humanité : elle est même sanctifiée parmi nous, elle porte le nom de « religion » et de « morale ». Toute proposition que formule la religion et la morale renferme cette erreur ; les prêtres et les législateurs moraux sont les promoteurs de cette perversion de raison. Je cite un exemple. Tout le monde connaît le livre du célèbre Cornaro où l’auteur recommande sa diète étroite, comme recette d’une vie longue et heureuse — autant que vertueuse. Bien peu de livres ont été autant lus, et, maintenant encore, en Angleterre, on en imprime chaque année plusieurs milliers d’exemplaires. Je suis persuadé qu’aucun livre (la Bible exceptée, bien entendu) n’a jamais fait autant de mal, n’a jamais raccourci autant d’existences que ce singulier factum qui part d’ailleurs d’une bonne intention. La raison en est une confusion entre l’effet et la cause. Ce brave Italien voyait dans sa diète la cause de sa longévité : tandis que la condition première pour vivre longtemps, l’extraordinaire lenteur dans l’assimilation et la désassimilation, la faible consommation des matières nutritives, étaient en réalité la cause de sa diète. Il n’était pas libre de manger beaucoup ou peu, sa frugalité ne dépendait pas de son « libre arbitre » : il tombait malade dès qu’il mangeait davantage. Non seulement celui qui n’est pas une carpe fait bien de manger suffisamment, mais il en a absolument besoin. Un savant de nos jours, avec sa rapide consommation de force nerveuse, au régime de Cornaro, se ruinerait complètement. Credo experto.

2.

La formule générale qui sert de base à toute religion et à toute morale s’énonce ainsi : « Fais telle ou telle chose, ne fais point telle ou telle autre chose — alors tu seras heureux ! Dans l’autre cas… » Toute morale, toute religion n’est que cet impératif — je l’appelle le grand péché héréditaire de la raison, l’immortelle déraison. Dans ma bouche cette formule se transforme en son contraire — premier exemple de ma « transmutation de toutes les valeurs » : un homme bien constitué, un « homme heureux » fera forcément certaines actions et craindra instinctivement d’en commettre d’autres, il reporte le sentiment de l’ordre qu’il représente physiologiquement dans ses rapports avec les hommes et les choses. Pour m’exprimer en formule : sa vertu est la conséquence de son bonheur… Une longue vie, une postérité nombreuse, ce n’est pas là la récompense de la vertu ; la vertu elle-même, c’est au contraire ce ralentissement dans l’assimilation et la désassimilation qui, entre autres conséquences, a aussi celles de la longévité et de la postérité nombreuse, en un mot ce qu’on appelle le « Cornarisme ». — L’Eglise et la Morale disent : « Le vice et le luxe font périr une race ou un peuple. » Par contre ma raison rétablie affirme : « Lorsqu’un peuple périt, dégénère physiologiquement, les vices et le luxe (c’est-à-dire le besoin d’excitants toujours plus forts et toujours plus fréquents, tels que les connaissent toutes les natures épuisées) en sont la conséquence. Ce jeune homme pâlit et se fane avant le temps. Ses amis disent : telle ou telle maladie en est la cause. Je réponds : le fait d’être tombé malade, de ne pas avoir pu résister à la maladie est déjà la conséquence d’une vie appauvrie, d’un épuisement héréditaire. Les lecteurs de journaux disent : un parti se ruine avec telle ou telle faute. Ma politique supérieure répond : un parti qui fait telle ou telle faute est à bout — il ne possède plus sa sûreté d’instinct. Toute faute, d’une façon ou d’une autre, est la conséquence d’une dégénérescence de l’instinct, d’une désagrégation de la volonté : par là on définit presque ce qui est mauvais. Tout ce qui est bon sort de l’instinct — et c’est, par conséquent, léger, nécessaire, libre. La peine est une objection, le dieu se différencie du héros par son type (dans mon langage : les pieds légers sont le premier attribut de la divinité). 

3.

Erreur d’une causalité fausse. — On a cru savoir de tous temps ce que c’est qu’une cause : mais d’où prenions-nous notre savoir, ou plutôt la foi en notre savoir ? Du domaine de ces célèbres « faits intérieurs », dont aucun, jusqu’à présent, ne s’est trouvé effectif. Nous croyions être nous-mêmes en cause dans l’acte de volonté, là du moins nous pensions prendre la causalité sur le fait. De même on ne doutait pas qu’il faille chercher tous les antécédents d’une action dans la conscience, et qu’en les y cherchant on les retrouverait — comme « motifs » : car autrement on n’eût été ni libre, ni responsable de cette action. Et enfin qui donc aurait mis en doute le fait qu’une pensée est occasionnée, que c’est « moi » qui suis la cause de la pensée ?… De ces « trois faits intérieurs » par quoi la causalité semblait se garantir, le premier et le plus convaincant, c’est la volonté considérée comme cause ; la conception d’une conscience (« esprit ») comme cause, et plus tard encore celle du moi (du « sujet ») comme cause ne sont venues qu’après coup, lorsque, par la volonté, la causalité était déjà posée comme donnée, comme empirisme… Depuis lors nous nous sommes ravisés. Nous ne croyons plus un mot de tout cela aujourd’hui. Le « monde intérieur » est plein de mirages et de lumières trompeuses : la volonté est un de ces mirages. La volonté ne met plus en mouvement, donc elle n’explique plus non plus, — elle ne fait qu’accompagner les événements, elle peut aussi faire défaut. Ce que l’on appelle un « motif » : autre erreur. Ce n’est qu’un phénomène superficiel de la conscience, un à-côté de l’action qui cache les antécédents de l’action bien plutôt qu’il ne les représente. Et si nous voulions parler du moi ! Le moi est devenu une légende, une fiction, un jeu de mots : cela a tout à fait cessé de penser, de sentir et de vouloir !… Qu’est-ce qui s’ensuit ? Il n’y a pas du tout de causes intellectuelles ! Tout le prétendu empirisme inventé pour cela s’en est allé au diable ! Voilà ce qui s’ensuit. — Et nous avions fait un aimable abus de cet « empirisme », en partant de là nous avions créé le monde, comme monde des causes, comme monde de la volonté, comme monde des esprits. C’est là que la plus ancienne psychologie, celle qui a duré le plus longtemps, a été à l’œuvre, elle n’a absolument pas fait autre chose : tout événement lui était action, toute action conséquence d’une volonté ; le monde devint pour elle une multiplicité de principes agissants, un principe agissant (un « sujet ») se substituant à tout événement. L’homme a projeté en dehors de lui ses trois « faits intérieurs », ce en quoi il croyait fermement, la volonté, l’esprit, le moi, — il déduisit d’abord la notion de l’être de la notion du moi, il a supposé les « choses » comme existantes à son image, selon sa notion du moi en tant que cause. Quoi d’étonnant si plus tard il n’a fait que retrouver toujours, dans les choses, ce qu’il avait mis en elles ? — La chose elle-même, pour le répéter encore, la notion de la chose, n’est qu’un réflexe de la croyance au moi en tant que cause… Et même votre atome, messieurs les mécanistes et physiciens, combien de psychologie rudimentaire y demeure encore ! — Pour ne point parler du tout de la « chose en soi », de l’horrendum pudendum des métaphysiciens ! L’erreur de l’esprit comme cause confondu avec la réalité ! Considérée comme mesure de la réalité ! Et dénommée Dieu !

4.

Erreur des causes imaginaires. — Pour prendre le rêve comme point de départ : à une sensation déterminée, par exemple celle que produit la lointaine détonation d’un canon, on substitue après coup une cause (souvent tout un petit roman dont naturellement la personne qui rêve est le héros). La sensation se prolonge pendant ce temps, comme dans une résonance, elle attend en quelque sorte jusqu’à ce que l’instinct de causalité lui permette de se placer au premier plan — non plus dorénavant comme un hasard, mais comme la « raison » d’un fait. Le coup de canon se présente d’une façon causale dans un apparent renversement du temps. Ce qui ne vient qu’après, la motivation, semble arriver d’abord, souvent avec cent détails qui passent comme dans un éclair, le coup suit… Qu’est-il arrivé ? Les représentations qui produisent un certain état de fait ont été mal interprétées comme les causes de cet état de fait. — En réalité nous faisons de même lorsque nous sommes éveillés. La plupart de nos sentiments généraux — toute espèce d’entrave, d’oppression, de tension, d’explosion dans le jeu des organes, en particulier l’état du nerf sympathique — provoquent notre instinct de causalité : nous voulons avoir une raison pour nous trouver en tel ou tel état, — pour nous porter bien ou mal. Il ne nous suffit jamais de constater simplement le fait que nous nous portons de telle ou telle façon : nous n’acceptons ce fait, — nous n’en prenons conscience — que lorsque nous lui avons donné une sorte de motivation. — La mémoire qui, dans des cas pareils, entre en fonction sans que nous en ayons conscience, amène des états antérieurs de même ordre et les interprétations causales qui s’y rattachent, — et nullement leur causalité véritable. Il est vrai que d’autre part la mémoire entraîne aussi la croyance que les représentations, que les phénomènes de conscience accompagnateurs ont été les causes. Ainsi se forme l’habitude d’une certaine interprétation des causes qui, en réalité, en entrave et en exclut même la recherche.

5.

Explication psychologique de ce fait. — Ramener quelque chose d’inconnu à quelque chose de connu allège, tranquillise et satisfait l’esprit, et procure en outre un sentiment de puissance. L’inconnu comporte le danger, l’inquiétude, le souci — le premier instinct porte à supprimer cette situation pénible. Premier principe : une explication quelconque est préférable au manque d’explication. Comme il ne s’agit au fond que de se débarrasser de représentations angoissantes, on n’y regarde pas de si près pour trouver des moyens d’y arriver : la première représentation par quoi l’inconnu se déclare connu fait tant de bien qu’on la « tient pour vraie ». Preuve du plaisir (« de la force ») comme critérium de la vérité. — L’instinct de cause dépend donc du sentiment de la peur qui le produit. Le « pourquoi », autant qu’il est possible, ne demande pas l’indication d’une cause pour l’amour d’elle-même, mais plutôt une espèce de cause — une cause qui calme, délivre et allège. La première conséquence de ce besoin c’est que l’on fixe comme cause quelque chose de déjà connu, de vécu, quelque chose qui est inscrit dans la mémoire. Le nouveau, l’imprévu, l’étrange est exclu des causes possibles. On ne cherche donc pas seulement à trouver une explication à la cause, mais on choisit et on préfère une espèce particulière d’explications, celle qui éloigne le plus rapidement et le plus souvent le sentiment de l’étrange, du nouveau, de l’imprévu, — les explications les plus ordinaires. — Qu’est-ce qui s’en suit ? Une évaluation des causes domine toujours davantage, se concentre en système et finit par prédominer de façon à exclure simplement d’autres causes et d’autres explications. — Le banquier pense immédiatement à « l’affaire », le chrétien au « péché », la fille à son amour.

6.

Tout le domaine de la morale et de la religion doit être rattaché à cette idée des causes imaginaires. — « Explication » des sentiments généraux désagréables. — Ces sentiments dépendent des êtres qui sont nos ennemis (les mauvais esprits : c’est le cas le plus célèbre — les hystériques qu’on prend pour des sorcières.) Ils dépendent d’actions qu’il ne faut point approuver (le sentiment du péché, de l’état de péché est substitué à un malaise physiologique — on trouve toujours des raisons pour être mécontent de soi). Ils dépendent de l’idée de punition, de rachat pour quelque chose que nous n’aurions pas dû faire, que nous n’aurions pas dû être (idée généralisée par Schopenhauer, sous une forme impudente, dans une proposition où la morale apparaît telle qu’elle est, comme véritable empoisonneuse et calomniatrice de la vie : « Toute grande douleur, qu’elle soit physique ou morale, énonce ce que nous méritons : car elle ne pourrait pas s’emparer de nous si nous ne la méritions pas. » Monde comme volonté et comme représentation, II, 666). Ils dépendent enfin d’actions irréfléchies qui ont des conséquences fâcheuses (— les passions, les sens considérés comme causes, comme coupables ; les calamités physiologiques tournées en punitions « méritées » à l’aide d’autres calamités). — « Explication » des sentiments généraux agréables. — Ils dépendent de la confiance en Dieu. Ils dépendent du sentiment des bonnes actions (ce que l’on appelle la « conscience tranquille », un état physiologique qui ressemble, quelquefois à s’y méprendre, à une bonne digestion). Ils dépendent de l’heureuse issue de certaines entreprises (— fausse conclusion naïve, car l’heureuse issue d’une entreprise ne procure nullement des sentiments généraux agréables à un hypocondriaque ou à un Pascal). Ils dépendent de la foi, de l’espérance et de la charité — les vertus chrétiennes. — En réalité toutes ces prétendues explications sont les conséquences d’états de plaisir ou de déplaisir, transcrits en quelque sorte dans un langage erroné : on est en état d’espérer puisque le sentiment physiologique dominant est de nouveau fort et abondant ; on a confiance en Dieu, puisque le sentiment de la plénitude et de la force vous procure du repos. — La morale et la religion appartiennent entièrement à la physiologie de l’erreur : dans chaque cas particulier on confond la cause et l’effet, ou bien la vérité avec l’effet de ce que l’on considère comme vérité, ou bien encore une condition de la conscience avec la causalité de cette condition.

7.

Erreur du libre arbitre. — Il ne nous reste aujourd’hui plus aucune espèce de compassion avec l’idée du « libre arbitre » : nous savons trop bien ce que c’est — le tour de force théologique le plus mal famé qu’il y ait, pour rendre l’humanité « responsable », à la façon des théologiens, ce qui veut dire : pour rendre l’humanité dépendante des théologiens… Je ne fais que donner ici la psychologie de cette tendance à vouloir rendre responsable. — Partout où l’on cherche des responsabilités, c’est généralement l’instinct de punir et de juger qui est à l’œuvre. On a dégagé le devenir de son innocence lorsque l’on ramène un état de fait quelconque à la volonté, à des intentions, à des actes de responsabilité : la doctrine de la volonté a été principalement inventée à fin de punir, c’est-à-dire avec l’intention de trouver coupable. Toute l’ancienne psychologie, la psychologie de la volonté n’existe que par le fait que ses inventeurs, les prêtres, chefs des communautés anciennes, voulurent se créer le droit d’infliger une peine — ou plutôt qu’ils voulurent créer ce droit pour Dieu… Les hommes ont été considérés comme « libres », pour pouvoir être jugés et punis, — pour pouvoir être coupables : par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l’origine de toute action comme se trouvant dans la conscience (— par quoi le faux-monnayage in psychologicis, par principe, était fait principe de la psychologie même…). Aujourd’hui que nous sommes entrés dans le courant contraire, alors que nous autres immoralistes cherchons, de toutes nos forces, à faire disparaître de nouveau du monde l’idée de culpabilité et de punition, ainsi qu’à en nettoyer la psychologie, l’histoire, la nature, les institutions et les sanctions sociales, il n’y a plus à nos yeux d’opposition plus radicale que celle des théologiens qui continuent, par l’idée du « monde moral », à infester l’innocence du devenir, avec le « péché » et la « peine ». Le christianisme est une métaphysique du bourreau…

8.

Qu’est-ce qui peut seul être notre doctrine ? — Que personne ne donne à l’homme ses qualités, ni Dieu, ni la société, ni ses parents et ses ancêtres, ni lui-même (— le non-sens de l’« idée », réfuté en dernier lieu, a été enseigné, sous le nom de « liberté intelligible », par Kant et peut-être déjà par Platon). Personne n’est responsable du fait que l’homme existe, qu’il est conformé de telle ou telle façon, qu’il se trouve dans telles conditions, dans tel milieu. La fatalité de son être n’est pas à séparer de la fatalité de tout ce qui fut et de tout ce qui sera. L’homme n’est pas la conséquence d’une intention propre, d’une volonté, d’un but ; avec lui on ne fait pas d’essai pour atteindre un « idéal d’humanité », un « idéal de bonheur », ou bien un « idéal de moralité », — il est absurde de vouloir faire dévier son être vers un but quelconque. Nous avons inventé l’idée de « but » : dans la réalité le « but » manque… On est nécessaire, on est un morceau de destinée, on fait partie du tout, on est dans le tout, — il n’y a rien qui pourrait juger, mesurer, comparer, condamner notre existence, car ce serait là juger, mesurer, comparer et condamner le tout… Mais il n’y a rien en dehors du tout !Personne ne peut plus être rendu responsable, les catégories de l’être ne peuvent plus être ramenées à une cause première, le monde n’est plus une unité, ni comme monde sensible, ni comme « esprit » : cela seul est la grande délivrance, — par là l’innocence du devenir est rétablie… L’idée de « Dieu » fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence… Nous nions Dieu, nous nions la responsabilité en Dieu : par là seulement nous sauvons le monde.

Friedrich Nietzsche sur Résistance 71

Canada : résistance au colonialisme, blocage des voies ferrées en solidarité du peuple Wetsuwetsen affrontant les pétroliers (Mohawk Nation News)

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Barrage mohawk

 

Une autre paire de manches

 

Mohawk Nation News

 

16 février 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/02/16/different-kettle-of-fish/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire le précédent article sur le sujet…

 

Le ministre des affaires indigènes de l’entreprise coloniale du gouvernement du Canada Inc. 1982, a rencontré les kanionkehaka’onwe of kentekeh. Ils se tiennent sur la voie ferrée qui traverse leur communauté en solidarité avec la terre souveraine Wat’suwet’en qui a été envahie par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC / RCMP) à la botte de l’entreprise Coastal Gas Links qui est en train de construire illégalement un oléoduc privé de 670 km de long à travers leur territoire non cédé, non abandonné.


Repli du ministre…

(NdT: ce territoire natif se trouve au nord de la province coloniale de Colombie Britannique dans l’ouest du “Canada”)

Voici les principaux bénéficaires du vol de terre et de ressources de Wet’suwet’en :


Les visages de « Big Oil »…

Corrigeons la propagande des merdias sur certains termes clefs:

“réconciliation” : nos relations ont été amicales. Un flingue a toujours été pointé sur nous, Onkwehonweh a toujours été le gardien et le curateur de la terre et toujours été paisible.

Les Canadiens sont Cana’jon, qui veut dire “squatters” en langue iroquoise.

Les manifestants sont des “défenseurs de la terre” (et non pas des terroristes ou des “individus radicalisés”…)

Les “injonctions” n’ont aucune valeur.

Tehiohateh, le wampum deux rangées, est la seule relation qui fut accordée aux envahisseurs, pour avoir le droit d’être sur l’Île de la Grande Tortue. Cet accord a été rompu (de longue date). Ils doivent partir.

Les “manifestants” sont des gardiens et des curateurs de la terre-mère.

Les envahisseurs à la langue fourchue disent qu’ils veulent maintenant être plus délicats et plus sensibles !

D’après Kaianierakowa, la Grande Loi de la Paix, la guerre ne prend pas fin tant que la Grande Paix n’a pas gagné.

Trudeau dit : “Nous ne sommes pas le genre de pays où les politiciens disent aux gens ce qu’ils doivent faire…” Ce qui veut dire que les Cana’jon (canadiens “squatters”) vont nous envoyer des mercenaires. Ils nous menacent toujours de leurs armes.

“Parasite”: un organisme qui vit dans ou sur un organisme d’une autre espèce (son hôte) et qui en bénéficie en pompant les nutrients aux dépends de son hôte. L’entreprise coloniale du Canada est un état exploiteur, extracteur. Le wampum deux rangées et Kaianerekowa prévoient que lorsqu’ils sont brisés, les fauteurs de trouble doivent être expulsés afin que la paix puisse continuer à régner pour les 7 prochaines générations.

Nous avons entretenu la paix sur l’Île de la Grande Tortue, l’Amérique du nord et du sud pendant des milliers d’années avant que les immigrants du Vatican (chrétiens) ne ramènent la guerre avec eux.

La loi / bill C51 est créée et mise en place par des terroristes qui siègent au “parlement” du Canada colonial.

Le ministère / bureau des affaires indiennes est un département militaire qui a pour fonction de maintenir les “Indiens” en détention perpétuelle, à tout jamais. Leur “règle de la loi” est illégale parce que leur code criminel est fondé sur l’Indian Act et ne passera jamais les standards de la loi internationale.

Teiohateh, le bon message de Dekanavida, est la source archivée du premier accord entre des Européens et Onkwehonweh sur Onowaregeh (Île de la Grande Tortue de l’Amérique du nord et du sud). Sur cette planète, tout être vivant à la même mère. Elle est la terre. Nous avons tous le même père, la source d’énergie de toute existence naturelle. Nous sommes tous frères et sœurs et devront (sur)vivre et coexister en tant que tels.


Gaza, « réserves » indiennes… même combat !

 

Lectures complémentaires :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

 


Teiohateh

Sur le chemin de l’émancipation finale : « Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande » (Raoul Vaneigem, extraits, format pdf)

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Résistance 71

 

25 janvier 2020

 

Nous avons réalisé une compilation d’extraits du dernier ouvrage de Raoul Vaneigem « Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande » (2019), mise en format PDF par Jo avec son talent habituel de mise en page.

Nous encourageons les lecteurs à lire le livre intégralement il en vaut la peine. Il est publié aux édition Libertalia.

Nous avons choisi de compiler de larges extraits de ce petit livre car l’analyse de Raoul Vaneigem, comme à son habitude, est particulièrement pertinente à la situation socio-politique que nous subissons et elle donne de très bonnes pistes à suivre pour nous retrouver, ensemble, sur le chemin de l’émancipation finale, celui de la gratuité mettant à bas état, marchandise, argent et salariat, piliers centenaires de la tyrannie qui nous oppriment toujours plus avant.

A lire et à diffuser sans aucune modération…

 

Compilation d’extraits version PDF :
Raoul_Vaneigem-extraits-de-lappel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

 

Ce pdf est le 150ème de notre e-biblio

 


A bas la tyrannie marchande…
pour la société des sociétés

 

Corriger la course de la lutte sociale pour la seule émancipation possible (Tract Guerre de Classe)

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2020 by Résistance 71

 

 

A lire et diffuser sans modération… (R71)

 

A bas la grève domestiquée des manipulations capitalistes de la syndicratie étatique !

 

Collectif Guerre de Classe

 

Janvier-février 2020

 

Source:

https://guerredeclasse.fr/2020/01/21/a-bas-la-greve-domestiquee-des-manipulations-capitalistes-de-la-syndicratie-etatique/

 

“Il faut savoir terminer une grève…”
Maurice Thorez
Secrétaire général du P«C»F, 11 juin 1936

“La reprise du travail ne saurait tarder…”
Georges Séguy
Secrétaire général de la CGT, 27 mai 1968

“On n’est pas contre tout…On est attaché au dialogue social…”
Philippe Martinez
Secrétaire général de la CGT, 9 janvier 2020

L’histoire des bobards de la maison d’arrêt réformiste c’est toujours l’histoire du prolétariat enfermé dans toutes les défaites que lui organisent les polices syndicales et leurs larbins gauchistes poussiéreux afin que ce dernier demeure circonscrit à ses limites et ne puisse de la sorte jamais entrevoir le mouvement de son auto-émancipation humaine par l’acte révolutionnaire de l’abolition du salariat.

Le spectacle de la liberté despotique du profit est ainsi tout entier contenu dans l’art de la mystification démocratique par lequel les partenaires sociaux subventionnés du syndicalisme étatique et la classe capitaliste élaborent ensemble les impostures de la vie truquée… Ceci, afin que la prison de l’exploitation du travail, sans cesse réaménagée dans des conflits factices, puisse espérer demeurer immortelle par l’évitement des contradictions historiques réelles qui pourraient déboucher sur la nécessité communarde de l’éruption de classe prolétarienne qui liquidera le diktat de la marchandise…

Après que le gauchisme sociétal de la marchandise ait tenté d’étouffer les Gilets Jaunes dans les boniments de la soumission au capitalisme vert des discriminations positives pro-bobo-homo-immigrationniste de la consommation infinie,  les corporatismes syndicaux de la citadelle des régimes spéciaux ont réussi à cadenasser provisoirement la colère prolétaire montante dans les cimetières réformateurs du moutonnisme contrôlé et de l’éparpillement catégoriel…

Les assemblées générales emprisonnées par les services d’ordre syndicalistes qui enchaînent, cloisonnent et fatiguent les luttes dans la revendication débile de la rénovation obligatoire de l’aliénation du travail et de la bonification lamentable de l’âge pivot d’une fin de sur-vie mortifère ont d’abord pour objet de nous éparpiller et de nous épuiser dans les divisions compartimentées de la mort lente…

SAVOIR STOPPER LA GRÈVE, C’EST LA PREMIÈRE BESOGNE DES PROMENADEURS SYNDICAUX CALMEURS DE COLERE OUVRIERE !

NOUS REFUSONS LE « TOUS ENSEMBLE SÉPARÉMENT » DANS LA GRÈVE SABOTÉE ET VENDUE D’AVANCE !

On veut pas mieux ramper esclaves, on veut enfin vraiment exister debout!

Cette grève bidonnée destinée à faire converger toutes nos exaspérations dans le cul-de-sac améliorantiste des complicités magouillantes de l’État et de ses laquais syndicaux n’avait pour objet que de dissoudre notre radicalité dans les circuits de la vacuité négociatrice…où les proxénètes pensionnés sont chargés de nous enfumer et de nous prostituer  pour un vulgaire salariat de merde perfectionné et une retraite de mort simplement mieux déguisée.

L’émancipation du prolétariat sera l’oeuvre des prolétaires eux-mêmes contre tous les mercenaires politiques et syndicaux de l’ordre républicain de la pourriture marchande…

La lutte de classe intrépide et réfractaire ne fait que commencer…

Le reflux des Gilets Jaunes et le recul des grèves de cet hiver annoncent des réapparitions et des retournements d’envergure à mesure que la baisse du taux de profit ne va cesser de s’intensifier…

La crise généralisée du chaos financier, industriel et commercial n’a pas encore dit son dernier mot… ET IL SERA TERRIBLE !

Sans nul doute, il convient que la contre-révolution du Capital ait terminé de produire tous ses ouvrages pour que l’œuvre révolutionnaire anti-capitaliste puisse enfin commencer de produire à son tour les premiers débuts de son véridique mouvement historique …

En Avant toujours et plus Loin…vers la grève sauvage généralisée contre tous les technocrates politiques, syndicaux et médiatiques de l’ordurerie capitaliste et pour le surgissement d’un monde de relations humaines et donc sans argent ni État !

A bas l’imposture sociétale et contre-révolutionnaire de tous les VRP bobo-écolo-homo-immigrationnistes et féministes de l’internement capitaliste sans cesse ré-actualisé !

Vive la lutte de classe radicale du prolétariat révolutionnaire pour la destruction mondiale de la marchandise, du salariat et de l’État !

VIVE LA COMMUNE UNIVERSELLE !

Janvier-février 2020