Archive pour terrorisme d’état turquie

Turquie et nettoyage ethnique: Erdogan fait-il le sale boulot de l’empire ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 mars 2016 by Résistance 71

N’oublions pas que les Kurdes et le PKK c’est depuis 1999 le Confédéralisme Démocratique, mis pas à pas en place depuis 2004-2005 en Turquie et en Syrie. La province syrienne du Rojava est le lieu d’une confédération de communes suivant le manifeste d’Abdullah Ocalan publié en 2011. Cette expérience politico-sociale est une véritabe menace au concept même de l’état-nation, concept erroné et qui a échoué pitoyablement partout.

La question est la suivante: Erdogan est-il le Franco du XXIème siècle ? L’oligarchie qui maintient les états-nations en place se sert-elle aujourd’hui d’Erdogan comme elle s’est servi de Franco (et de ses alliés, incluant pour l’occasion les staliniens et les démocraties dites libérale européennes comme la France ) en 1936-39 pour détruire la révolution sociale en cours ? Pas du tout impossible, affaire à suivre de très près… Kurdes du PKK et affiliés de 2016 et anarchistes espagnols de 1936 semblent avoir une destinée commune.

— Résistance 71 —

 

Erdogan déjà 5 000 Kurdes tués

 

Réseau Voltaire

 

29 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191012.html

 

 

Prononçant, le 28 mars 2016, un discours à l’École de guerre, le président Erdoğan a dressé le bilan de la guerre contre la terreur entreprise par son gouvernement depuis l’attentat de Suruç, le 20 juillet 2015.

Alors que cet attentat avait été revendiqué par Daesh et qu’il avait tué des militants du PKK et des Alévis favorables au président el-Assad, le président Erdoğan en avait tiré la conclusion qu’il lui fallait reprendre la guerre contre les organisations kurdes.

En neuf mois plus de 5 000 Kurdes, membres ou non du PKK, ont été tués par les forces de sécurité (armée et police) qui ont perdu de leur côté 355 hommes.

Si les victimes kurdes de la répression turque sont effectivement des combattants du PKK, cette organisation est aujourd’hui profondément atteinte. Mais il semble, qu’en réalité, la très grande majorité des morts soient de simples civils. Dans ce cas, la répression ne fera que susciter la révolte et fera grossir les rangs du PKK.

A ceux qui l’accusent d’avoir supprimé les libertés publiques au nom de la guerre à la terreur, le président Erdoğan a répondu que son pays avait au mieux conservé l’équilibre sécurité/liberté. En effet, a-t-il poursuivi, la guerre [civile] est limitée à de très faibles portion de territoire et n’atteint pas l’ensemble des citoyens. Il a alors vivement critiqué les diplomates occidentaux qui se sont rendus au procès du rédacteur-en-chef de Cumhuriyet —qui avait publié des photos et vidéos des livraison d’armes du MIT aux jihadistes—, les accusant de soutenir un « espion » lié aux terroristes.

Au cours du même discours, le président Erdoğan a souligné que la Turquie ne pouvait pas rester aveugle aux développements dans les Balkans, au Levant, en Afrique du Nord et dans le Caucase où vivent des populations liées par l’affection et la culture turque. En outre, il a rappelé que l’Asie centrale est la « patrie » des Turcs.

Enfin, il a conclu en soulignant que la Turquie ne soutient pas les jihadistes, qu’elle a expulsé plus de 3 500 étrangers qui leur sont liés, et en a incarcéré plus de 1 000.

Publicités

Déstabilisation de l’Europe et du Moyen-Orient: Erdogan, la Turquie et le projet totalitaire…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 mars 2016 by Résistance 71

Très bonne analyse de Meyssan sur la situation turque et géopolitique dans la zone européenne et moyen-orientale, mais nous aimerions amener quelques précisions de notre côté, car nous pensons que l’analyse de Meyssan demeure malgré tout incomplète.

La première des choses est sa mention du bout de la plume du PKK kurde. Depuis le départ, pour des raisons politiques, Meyssan ignore et omet de dire que le PKK depuis la fin des années 90 n’est plus un parti, mouvement marxiste-léniniste et que depuis 2004, les kurdes de Turquie et du Rojava syrien (région du nord de la Syrie englobant la devenue célèbre Kobané pour sa résistance héroïque aux assauts de l’EIIL/Daesh) ont fait le choix du confédéralisme démocratique, grandement inspiré dans la théorie comme dans la pratique, du communalisme libertaire et écologique pensé par l’anarchiste américain Murray Bookchin. La fédération des communes libres kurdes représente l’avenir positif du Moyen-Orient comme Abdullah Ocalan l’a expliqué dans son manifeste pour le confédéralisme démocratique que nous publions en ce moment même.
En référence historique, une s’impose ici: la comparaison avec l’Espagne et sa révolution sociale de 1936-39 qui lutta contre le fascisme de Franco et de l’église catholique et finit par perdre suite à la coalition de la préservation du statu quo étatiste des fascismes (Franco/Mussolini/Hitler), des marxistes (staliniens de l’URSS et d’ailleurs) et du soi-disant front populaire qui ferma ses portes et refusa toute aide à la “république” (qui reste dans les “livres d’histoire”) des anarchistes internationalistes. Aujourd’hui, les Kurdes du Rojava et de Turquie et les populations volontairement associées à la confédération démocratique sont “oubliées” et subissent une répression sanglante de la part de l’état fasciste turc, bras armé de tous les états ligués contre le seul danger viable à l’État et son oppression générale des peuples: la société des sociétés en association des communes libres.

La seconde chose est de continuer le raisonnement jusqu’au bout quand, comme Meyssan, on associe en partie justement du reste, Ergogan à Hitler. Comment ? En mentionnant le fait qu’Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne grâce aux manes financières de la City de Londres et de Wall Street et que lui et son parti nazi ont continué à recevoir ces manes jusqu’à au moins 1944, comme l’a si justement prouvé l’historien Antony C. Sutton dans son ouvrage de recherche “Wall Street et la montée d’Hitler” dont nous avons traduit de très larges extraits il y a déjà quelques années. Ainsi Hitler fut et est demeuré la création de l’occident capitaliste comme le fut auparavant l’URSS avec Lénine et Trotsky tous deux agents respectivement de la City de Londres et de Wall Street (cf Sutton “Wall Street et la révolution bolchévique”). De la même manière Erdogan et ce qu’il représente: la secte des frères musulmans, sont des créations de l’occident et soutenus par les mêmes pouvoirs financiers (la secte des frères musulmans a été développé après sa naissance par les services britanniques dans les années 1920 après l’éclatement de l’empire ottoman,à des fins de contrôle et de division de l’islam sunite, dans le plus pur style britannique du “diviser pour mieux régner”). Ainsi, ce qui arrive à la Turquie, à l’Europe et au Moyen-Orient n’est pas la volonté d’un seul homme: Erdogan et de sa clique, qui aurait kidnappé la destinée politique de l’ensemble de la région, comme semble vouloir l’indiquer Meyssan, mais tout ceci est le résultat d’une planification minutieuse arrivant à son dénouement: le chaos programmé généralisé dans la zone euro-moyen-orientale. Erdogan est un pion, payé grassement pour ce qu’il fait. Il est à 100% la création de la City de Londres et de Wall Street tout comme Lénine, Trotsky, Staline. Hitler, Mussolini, Franco, Mao, Saddam Hussein, le Shah d’Iran, la maison Al-Saoud et toute la litanie de dictateurs sud-américains l’ont été avant lui. Il sert de bouc-émissaire pur protéger ses commanditaires et si çà tourne au vinaigre, il sera sacrifié, comme toutes les autres marionnettes avant lui.

Pour La City et Wall Street, tout cela n’est que business as usual, sur fond de guerre du gaz bien évidemment, véritable enjeu de l’affaire et trop souvent occulté pour des raisons géopolitiques… Ce qui se passe en ce moment est une guerre par procuration entre Exxon-Mobil (Rockefeller) et Royal Dutch Shell (Rothschild) contre Gazprom (Russie/Poutine) et l’entreprise nationale du pétrole et du gaz iranienne. Tout le reste n’est qu’écran de fumée et posture idéologique de circonstance pour entretenir l’idéologie du “choc des civilisations” bidon inventé de toute pièce par la fange néoconservatrice occidentale.

~ Résistance 71 ~

 

Le suicide européen face à la Turquie

 

Thierry Meyssan

 

21 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190851.html

 

En signant un accord —au demeurant illégal en droit international— avec la Turquie pour ralentir l’afflux de migrants, les dirigeants de l’Union européenne se sont engagés un peu plus dans un pacte avec le diable. Une grande partie des 3 milliards d’euros annuels alloués à Ankara servira à financer le soutien aux jihadistes et, par conséquent, à augmenter le nombre de migrants fuyant la guerre. Surtout, en abrogeant dans les prochains mois les visas avec la Turquie, les Européens instituent la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles. En écrasant les peuples irakien et syrien sous l’oppression des jihadistes qu’ils financent indirectement et en abandonnant le peuple turc à la dictature du président Erdoğan, ils préparent les bases d’un très vaste affrontement dont ils seront les victimes.

Le Conseil européen des 17 et 18 mars 2016 a adopté un plan visant à résoudre le problème posé par l’afflux massif de migrants en provenance de Turquie [1]. Les 28 chefs d’État et de gouvernement se sont soumis à toutes les demandes d’Ankara.

Nous avions déjà analysé la manière dont les États-Unis entendaient utiliser les événements du Proche-Orient pour affaiblir l’Union européenne [2]. Au début de l’actuelle crise des « réfugiés », nous avons été les premiers à observer à la fois que cet événement avait été délibérément provoqué et les problèmes insolubles qu’il allait poser [3]. Malheureusement, toutes nos analyses ont été vérifiées et nos positions ont été, depuis, largement adoptées par nos détracteurs d’alors.

Allant plus loin, nous voulons étudier la manière dont la Turquie s’est emparée du jeu et l’aveuglement de l’Union européenne qui persiste à avoir un coup de retard.

Le jeu de Recep Tayyip Erdoğan

Le président Erdoğan n’est pas un homme politique comme les autres. Et il ne semble pas que les Européens, ni les peuples, ni leurs dirigeants, en aient pris conscience.

  • Premièrement, il est issu de la Millî Görüş, un mouvement islamique panturquiste lié aux Frères musulmans d’Égypte et favorable au rétablissement du Califat [4]. Selon lui —comme d’ailleurs selon ses alliés du Milliyetçi Hareket Partisi (MHP)—, les Turcs sont les descendants des Huns d’Attila, eux-mêmes enfants du loup des steppes d’Asie centrale, dont ils partageaient l’endurance et l’insensibilité. Ils forment une race supérieure appelée à gouverner le monde. Leur âme est l’islam.

Le président Erdoğan est le seul chef d’État au monde à se revendiquer d’une idéologie suprémaciste ethnique, parfaitement comparable à l’aryanisme nazi. Il est également le seul chef d’État au monde à nier les crimes de son histoire, notamment les massacres des non-musulmans par le sultan Abdülhamid II (les massacres hamidiens de 1894-95 : au moins 80 000 chrétiens tués et 100 000 chrétiennes incorporées de force dans les harems), puis par les Jeunes Turcs (génocide des Arméniens, des Assyriens, des Chaldéens, des Syriaques, des Grecs pontiques et des Yézidis de 1915 à 1923 : au moins 1 200 000 morts) ; un génocide qui fut exécuté avec l’aide d’officiers allemands, dont Rudolf Höß, futur directeur du camp d’Auschwitz [5].

En célébrant le 70ème anniversaire de la libération du cauchemar nazi, le président Vladimir Poutine soulignait que « les idées de suprématie raciale et d’exclusivisme ont provoqué la guerre la plus sanglante de l’Histoire » [6]. Puis, lors d’une marche —et sans nommer la Turquie—, il appelait tous les Russes à se tenir prêts à renouveler le sacrifice de leurs grands-parents si nécessaire afin de sauver le principe même de l’égalité entre les hommes.

  • Deuxièmement, le président Erdoğan, qui n’est soutenu que par un tiers de sa population, gouverne seul son pays par la contrainte. Il est impossible de savoir précisément ce que pense le peuple turc, puisque la publication de toute information mettant en cause la légitimité du président Erdoğan est désormais considérée comme une atteinte à la sécurité de l’État et conduit immédiatement en prison. Cependant, si l’on se réfère aux dernière études publiées, en octobre 2015, moins d’un tiers de l’électorat le soutient. C’est nettement moins que les nazis en 1933, qui disposaient alors de 43 % des voix. Raison pour laquelle, le président Erdoğan n’a pu gagner les élections législatives qu’en les truquant grossièrement. Entre autres : 
 Les médias d’opposition ont été muselés : les grands quotidiens Hürriyet et Sabah ainsi que la télévision ATV ont été attaqués par des nervis du parti au pouvoir ; des enquêtes ont visé des journalistes et des organes de presse accusés de soutenir le « terrorisme » ou d’avoir tenu des propos diffamatoires contre le président Erdoğan ; des sites web ont été bloqués ; des fournisseurs de services numériques ont supprimé de leur offre les chaînes de télévision d’opposition ; trois des cinq chaînes de télévision nationales, dont la chaîne publique, ont été, dans leurs programmes, clairement favorables au parti au pouvoir ; les autres chaînes de télévision nationale, Bugün TV et Kanaltürk, ont été fermées par la police. 
 Un État étranger, l’Arabie saoudite, a déversé 7 milliards de livres de « dons » pour « convaincre » les électeurs de soutenir le président Erdoğan (soit environ 2 milliards d’euros). 
 128 permanences politiques du parti de gauche (HDP) ont été attaquées par des nervis du parti du président Erdoğan. De nombreux candidats et leurs équipes ont été passés à tabac. Plus de 300 commerces kurdes ont été mis à sac. Plusieurs dizaines de candidats du HDP ont été arrêtés et placés en détention provisoire durant la campagne. 
 Plus de 2 000 opposants ont été tués durant la campagne électorale, soit par des attentats, soit du fait de la répression gouvernementale visant le PKK. Plusieurs villages du sud-est du pays ont été partiellement détruits par des blindés de l’armée.

Depuis son « élection », une chape de plomb s’est abattue sur le pays. Il est devenu impossible de s’informer sur l’état de la Turquie par sa presse nationale. Le principal quotidien d’opposition, Zaman, a été placé sous tutelle et se borne désormais à louer la grandeur du « sultan » Erdoğan. La guerre civile, qui fait déjà rage à l’Est du pays, s’étend par des attentats à Ankara et jusqu’à Istanbul, dans la totale indifférence des Européens [7].

  1. Erdoğan gouverne presque seul, entouré d’un groupe restreint, dont le Premier ministre Ahmet Davutoğlu. Il a publiquement déclaré durant la campagne électorale qu’il n’appliquait plus la Constitution et que tous les pouvoirs lui revenaient désormais.

Le 14 mars 2016, le président Erdoğan a déclaré que face aux Kurdes : « La démocratie, la liberté et l’état de droit n’ont plus la moindre valeur ». Il a annoncé son intention d’élargir la définition légale des « terroristes » pour inclure tous ceux qui sont « des ennemis des Turcs » —c’est-à-dire les Turcs et les non-Turcs qui s’opposent à leur suprémacisme—.

  • Troisièmement, le président Erdoğan utilise les pouvoirs qu’il s’est anti-constitutionnellement octroyés pour transformer l’État turc en parrain du jihadisme international. En décembre 2015, la police et la Justice turques avaient pu établir les liens personnels de M. Erdoğan et de son fils Bilal avec Yasin al-Qadi, le banquier global d’Al-Qaïda. Il a donc limogé les policiers et les magistrats qui avaient osé « porter atteinte aux intérêts de la Turquie » (sic), tandis que Yasin al-Qadi et l’État intentaient un procès au quotidien de gauche BirGün pour avoir reproduit mon éditorial, « Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan».

En février dernier, la Fédération de Russie déposait un rapport de Renseignement au Conseil de sécurité de l’Onu attestant du soutien de l’État turc au jihadisme international, en violation de nombreuses résolutions [8]. J’ai publié une étude précise sur ces accusations, immédiatement censurée en Turquie [9].

La réponse de l’Union européenne

L’Union européenne avait envoyé une délégation pour surveiller les élections législatives de novembre 2015. Elle a longuement différé la publication de son rapport, puis s’est résolue à en publier une brève version édulcorée.

Paniqués par les réactions de ses populations réagissant durement à l’entrée massive de migrants —et, pour les Allemands, à l’abolition du salaire minimum qui en a résulté—, les 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Union ont mis au point avec la Turquie une procédure pour qu’elle résolve leurs problèmes. Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Filippo Grandi, a immédiatement relevé que la solution choisie viole le droit international, mais en supposant que les choses puissent être améliorées, ce n’est pas là le problème principal.

L’Union s’est engagée à 
 verser 3 milliards d’euros annuels à la Turquie pour l’aider à faire face à ses obligations, mais sans mécanisme de vérification de l’usage de ces fonds ; 
 mettre fin aux visas requis aux Turcs pour entrer dans l’Union [10] —ce n’est plus qu’une question de quelques mois, voire de semaines— ; 
 accélérer les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union —ce sera par contre beaucoup plus long et aléatoire—.

En d’autres termes, aveuglés par la récente défaite électorale d’Angela Merkel [11], les dirigeants européens se sont contentés de trouver une solution provisoire pour ralentir le flux des migrants, sans chercher à résoudre l’origine du problème et sans tenir compte de l’infiltration de jihadistes parmi ce flux.

Le précédent de Munich

Dans les années 30, les élites européennes et états-uniennes considéraient que l’URSS, par son modèle, menaçait leurs intérêts de classe. Elles soutenaient donc collectivement le projet nazi de colonisation de l’Europe orientale et de destruction des peuples slaves. Malgré les appels répétés de Moscou à la création d’une vaste alliance contre le nazisme, les dirigeants européens acceptèrent toutes les revendications du chancelier Hitler, y compris l’annexion de régions peuplées par les Sudètes. Ce furent les accords de Munich (1938), conduisant l’URSS a pratiquer le sauve-qui-peut et à conclure de son côté le Pacte germano-soviétique (1939). Ce n’est que trop tardivement, que certains dirigeants européens, puis états-uniens, réalisèrent leur erreur et décidèrent de s’allier avec Moscou contre les nazis.

Sous nos yeux, les mêmes erreurs se répètent. Les élites européennes considèrent la République arabe syrienne comme un adversaire, soit qu’elles défendent le point de vue colonial d’Israël, soit qu’elles espèrent recoloniser elles-mêmes le Levant et s’approprier ses gigantesques réserves de gaz encore inexploitées. Elles ont donc soutenu l’opération secrète états-unienne de « changement de régime » et ont feint de croire à la fable du « printemps arabe ». Après cinq ans de guerre par procuration, constatant que le président Bachar el-Assad est toujours là bien qu’on ait annoncé un millier de fois sa démission, les Européens ont décidé de financer à hauteur de 3 milliards d’euros annuels le soutien turc aux jihadistes. Ce qui, selon leur logique, devrait permettre leur victoire et donc mettre fin aux migrations. Elles ne tarderont pas à réaliser [12], mais trop tard, qu’en abrogeant les visas pour les ressortissants turcs, elles ont autorisé la libre-circulation entre les camps d’Al-Qaïda en Turquie et Bruxelles [13].

La comparaison avec la fin des années 30 est d’autant plus juste que lors des accords de Munich, le Reich nazi avait déjà annexé l’Autriche sans provoquer de réaction notable des autres États européens. Or, aujourd’hui la Turquie occupe déjà le Nord-Est d’un État membre de l’Union européenne, Chypre, et une bande de quelques kilomètres de profondeur en Syrie qu’elle fait administrer par un wali (préfet) nommé à cet effet. Non seulement, l’Union s’en accommode, mais par son attitude, elle encourage Ankara a poursuivre ses annexions au mépris du droit international. La logique commune du chancelier Hitler et du président Erdoğan est basée sur l’unification de la « race » et l’épuration de la population. Le premier voulait unir les populations de « race allemande » et les épurer des éléments « étrangers » (les juifs et les Roms), le second veut unir les populations de « race turque » et les épurer des éléments « étrangers » (les Kurdes et les chrétiens).

En 1938, les élites européennes croyaient en l’amitié du chancelier Hitler, aujourd’hui en celle du président Erdoğan.

 

[1] “Next operational steps in EU-Turkey cooperation in the field of migration”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[2] « La cécité de l’Union européenne face à la stratégie militaire des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 avril 2015.

[3] « La fausse « crise des réfugiés » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 septembre 2015.

[4] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[5] « La Turquie d’aujourd’hui poursuit le génocide arménien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 avril 2015.

[6] « Discours de Vladimir Poutine pour le 70e anniversaire de la Victoire de la Grande Guerre Patriotique », par Vladimir Poutine, Traduction Sayed 7asan, Réseau Voltaire, 9 mai 2015.

[7] « L’Union européenne a abandonné ceux qui se battent pour défendre les libertés en Turquie », par Can Dündar, Le Monde (France) , Réseau Voltaire, 18 mars 2016.

[8] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[9] « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016.

[10] “Roadmap towards a visa-free regime with Turkey”, Voltaire Network, 16 March 2016.

[11] „Alternative für Deutschland nimmt kein Blatt vor den Mund“, von Ian Blohm, Übersetzung Horst Frohlich, Strategic Culture Foundation (Russland) , Voltaire Netzwerk, 12. März 2016.

[12] « Lettre ouverte aux Européens coincés derrière le rideau de fer israélo-US », par Hassan Hamadé, Réseau Voltaire, 21 mai 2014.

[13] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, Dan Williams, Reuters, January 29, 2014.

Guerre impérialiste en Syrie: Implication turque avec Daesh… La Russie balance !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 20 février 2016 by Résistance 71

Rappelons à toute fin utile que la Turquie est un membre de l’OTAN, vous savez… Cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord qui doit disparaître comme a disparu il y a deux décennies sa contre-partie de l’alliance du Pacte de Varsovie… Ainsi il est bien plus que probable que l’attentat récent à la bombe d’Ankara soit un faux-drapeau pour justifier l’action d’invasion et d’agression turque dans la région kurde du nord de la Syrie. A qui profite le crime ? Certainement pas au PKK.

— Résistance 71 —

 

Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle de la Turquie à Daesh

 

Réseau Voltaire

 

18 février 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190331.html

 

Recrutement de combattants terroristes étrangers à destination de la Syrie, facilitation de leurs mouvements transfrontières vers ce pays et livraisons d’armes aux groupes terroristes opérant sur son territoire.

Selon les informations disponibles, des représentants de l’État islamique d’Irak et du Levant (ÉIIL) ont créé un vaste réseau à Antalya, avec l’aide des services spéciaux turcs, pour recruter en Turquie des personnes originaires de pays de l’ex-Union des Républiques socialistes soviétiques en vue de les faire participer au conflit en Syrie et de les transférer éventuellement en Russie.

Le groupe de recruteurs est composé : d’un citoyen kirghize dénommé Abdoullah ; d’une personne originaire de la République des Adyguées, dénommée Azmet ; d’une personne originaire de la République du Tatarstan, dénommée Elnar ; d’un citoyen russe dénommé Ilyas ; d’un citoyen azerbaïdjanais dénommé Adil Aliev et d’une personne originaire de Karatchaïevo-Tcherkessie, dénommée Nizam. Il est dirigé par un citoyen russe dénommé Rouslan Rastyamovitch Khaïboullov (pseudonymes : Baris Abdoul ou « Le Professeur »), né le 1er avril 1978 au Tatarstan. Ce dernier vit avec sa famille à Antalya et est titulaire d’un titre de séjour permanent en Turquie.

Le recrutement s’effectue au vu et au su de l’administration pénitentiaire. Si un détenu accepte de se convertir à l’islam et se livre à des activités terroristes, les recruteurs promettent de « conclure un marché » avec les organes de répression turcs et offrent gratuitement les services d’un avocat turc, Tahir Tosolar. Soultan Kekhoursaev, un Tchétchène possédant la citoyenneté turque, a également effectué des visites aux mêmes fins dans des centres de détention où sont placés des étrangers.

En septembre 2015, un groupe de combattants de l’ÉIIL comptant plus d’un millier d’hommes venus de pays d’Europe et d’Asie centrale a été conduit vers la Syrie par le passage frontalier d’Alikaila (Gaziantep), à partir du territoire turc.

Les itinéraires utilisés pour les déplacements des combattants passent très près de la frontière turco-syrienne, à travers les localités d’Antakya, Reyhanlı, Topaz, Şanlıurfa et Hatay.

En mars 2014, le chef de l’Organisation nationale turque du renseignement (MIT), H. Fidan, a coordonné le déplacement d’une grande unité de l’ÉIIL dirigée par un citoyen libyen, Mahdi al-Kharati [1]. Le transport des combattants de Libye en Syrie a été effectué par la voie maritime en passant par le poste frontalier Barsai situé entre la Turquie et la Syrie.

Depuis la fin du mois de décembre 2015, un itinéraire de transport aérien est organisé avec l’aide des services spéciaux turcs pour permettre à des combattants de l’ÉIIL de se rendre de Syrie au Yémen en passant par la Turquie, grâce à l’utilisation d’appareils militaires turcs. Un autre moyen employé pour les déplacements de combattants est le transport par voie maritime jusqu’au port yéménite d’Aden.

Des citoyens russes qui cultivent des contacts avec des représentants des services de sécurité et de police et des administrations de plusieurs villes turques, notamment Istanbul, sont impliqués dans des activités de recrutement menées par l’intermédiaire de madrassas turques.

On sait que des centres de soins et de convalescence situés dans des régions turques proches de la frontière syrienne sont accessibles à des combattants blessés de l’ÉIIL. Pas moins de 700 combattants étaient en réadaptation à Gaziantep, en 2014.

Selon les informations disponibles, à partir de 2015, les services spéciaux turcs ont aidé à transférer d’Antalya vers Eskişehir une communauté désignée sous le nom de « village tatar », qui héberge des combattants et des complices du groupe terroriste Front el-Nosra issus des populations de souche tatare des Républiques du Tatarstan, du Bachkortostan et de Mordovie. Certains d’entre eux ont une double nationalité, celle de la Russie et celle de la Turquie.

L’un des principaux responsables du village est Timour Maounirovitch Bitchourine, citoyen russe né le 15 décembre 1969, originaire de Kazan et qui apporte une aide complice aux combattants islamistes en Syrie depuis janvier 2014.

En décembre 2014, les services spéciaux turcs ont aidé à installer des camps de regroupement d’immigrés illégaux en Turquie, notamment dans la province de Hatay, en vue d’organiser un entraînement et d’envoyer des bandes d’extrémistes en Syrie. En janvier 2015, le MIT turc a été impliqué dans une opération qui visait à fusionner trois milices terroristes —Osman Gazi, Omer bin Abdulaziz et Omer Mukhtar— en un groupement appelé Brigade Soultan Abdoulhamid, dont le commandement a été confié à Omer Abdoullah. Les membres de ce groupe suivent un entraînement dans un camp situé à Bayır-Bucak, en Turquie, sous la direction d’instructeurs d’unités des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et de membres du personnel du MIT. Les activités de la Brigade Soultan Abdoulhamid sont coordonnées avec celles des combattants du Front el-Nosra dans le nord de la province syrienne de Lataquié.

Il est établi que, le 21 septembre 2015, dans la ville syrienne de Tell Rifaat, des représentants de l’opposition syrienne qui avait suivi un entraînement militaire dans un camp situé à Kırşehir en Turquie ont livré des armes aux combattants du Front el-Nosra.

Selon les informations disponibles, les livraisons d’armes à des groupes terroristes opérant en Syrie se poursuivent à l’aide de moyens fournis par les fondations İnsan Hak ve Hürriyetleri ve İnsani Yardım Vakfı (IHH) [2], İmkander [3] et Öncü Nesil İnsani Yardım Derneği sises en Turquie.

Des livraisons d’armes, de matériel militaire et de munitions de différents types sont acheminées à partir de pays étrangers vers le port turc d’İskenderun. Des équipements et fournitures militaires sont ensuite transportés à travers la province de Hatay (poste frontière d’Oncupinar) jusqu’à Alep et Idleb en Syrie par des véhicules appartenant aux fondations IHH, İmkander et Öncü Nesil portant les immatriculations turques suivantes : 33 SU 317, 06 DY 7807, 33 SU 540, 33 SU 960, 42 GL 074 et 31 R 5487. Sur le territoire syrien, les armes et munitions sont distribuées à des bandes turkmènes et à des unités du Front el-Nosra.

Le 15 septembre 2014, des représentants de la fondation IHH ont acheminé par la route des cargaisons d’armes et de médicaments destinées à des groupes de l’ÉIIL de la ville turque de Boursa vers la Syrie en passant par le poste frontière de Ceylanpınar (district de Reyhanlı). Ce convoi a été escorté à travers la Turquie par des véhicules transportant des membres du personnel du MIT.

Imbroglio de l’OTAN au Moyen-Orient: Le néo-colonialisme de la Turquie et la France sous le feu pour leur soutien à la guerre et l’EI/Daesh…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 août 2015 by Résistance 71

Très bonne analyse de Meyssan qui nous éclaire sur le chronologie des évènements du Moyen-Orient depuis 5 ans (et plus), sur le rôle de chacun dans les crimes commis contre les populations civiles en Libye, en Syrie, en Irak et démontre que la France a du sang, beaucoup de sang sur les mains une fois de plus et a eu sa part ans la création et le contrôle de la légion mercenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL/EI/Daesh ou peu import le nom que donne l’empire à sa progéniture… Meyssan reconfirme aussi ce que nous avions dit au moment de la dernière réunion Bilderberg, à savoir que Juppé est le choix des banksters en charge de toutes ces turpitudes et crimes, pour contrôler la France pour eux. Juppé sera la prochaine marionnette présidente…

Petite ombre au tableau sur l’analyse de Meyssan que nous désirons corriger ici: en bon républicain imbu du système, Meyssan ne fait pas une analyse correcte des récentes évolutions du PKK (parti ouvrier kurde) d’Ocalan. Si le PKK fut effectivement longtemps d’obédience marxiste-léniniste, il a radicalement changé de position ces dernières années se rendant compte de l’impasse à laquelle mène une telle position idéologique. Sous les influences politiques du sociologue activiste Murray Bookchin (ex-marxiste devenu anarchiste avec quelques “nuances” notables), le PKK est devenu une entité politique prônant le confédéralisme démocratique fondé sur la confédération de communes libres, autogérées et autonomes. Nous avons publié quelques articles sur la mise en place de la démocratie directe dans le kurdistan syrien et sa région du Rojava et de Kobané. Le PYG syrien lutte contre les mercenaires de l’OTAN (EIIL/Daesh) dans le nord de la Syrie et a fait un pacte de non agression avec l’état syrien qu’il ne soutient pas, mais en a fait son allié de raison au vu de la circonstance de terrain. La révolution sociale kurde du nord de la Syrie représente un danger pour le consensus du statu quo oligarchique et l’État, ainsi que pour ceux qui le soutienne, fera tout pour éventuellement écraser toute véléité de changer de paradigme politique, surtout si ce changement impique la disparition de l’État et des institutions criminelles et obsolètes au profit des conseils populaires de confédération. Plus l’expérience des communes libres confédérées kurdes est connue du grand public et plus elle aura une chance de survie face au “plus froid des monstres froids.”
Si son analyse géopolitique semble correcte, Thierry Meyssan devrait rapporté le fait que le PKK n’est plus marxiste mais anarchiste… Pourquoi ne le fait-il pas ? Et ne pas le faire sert quels intérêts ?…

~ Résistance 71 ~

 

Clinton, Juppé, Erdogan, Daesh et le PKK

 

Thierry Meyssan

 

3 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188313.html

 

La reprise de la répression contre les Kurdes en Turquie n’est que la conséquence de l’impossibilité de réaliser le plan Juppé-Wright de 2011. Alors qu’il a été facile de déployer Daesh dans le désert syrien et dans les provinces de Ninive et d’al-Anbar (Irak), à majorité sunnite, il s’est avéré impossible de prendre le contrôle des populations kurdes de Syrie. Pour réaliser son rêve d’un Kurdistan hors de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan n’a pas d’autre choix que la guerre civile.

En arrivant au pouvoir à Ankara, en 2003, le parti islamiste AKP a modifié les priorités stratégiques de la Turquie. Plutôt que de se baser sur les rapports de force post-« Tempête du désert », Recep Tayyip Erdoğan ambitionnait de sortir son pays de l’isolement dans lequel il se trouvait depuis la chute de l’Empire ottoman. S’appuyant sur les analyses de son conseiller, le professeur Ahmet Davutoğlu, il préconisa de régler les problèmes en suspens depuis un siècle avec ses voisins et de devenir progressivement l’incontournable médiateur régional. Il lui fallait pour cela à la fois devenir un modèle politique et construire des relations avec ses partenaires arabes sans perdre son alliance avec Israël.

Débutée avec succès, cette politique —dite de « zéro problème »— conduisit Ankara non seulement à ne plus craindre Damas et son soutien au PKK, mais à lui demander de l’aider à négocier une sortie de crise. En octobre 2006, le parti kurde déclara une trêve unilatérale et débuta des négociations avec le gouvernement Erdoğan. En mai 2008, Ankara organisa des négociations indirectes entre Damas et Tel-Aviv, les premières depuis le rejet par Ehud Barack du plan de Bill Clinton et d’Hafez el-Assad. Mais le président Bachar el-Assad y mit fin lorsque Israël attaqua Gaza, en décembre 2009.

Réalisant qu’il n’était pas possible de maintenir de bonnes relations avec tous les États de la région compte tenu du conflit palestinien, Ankara choisit de soutenir les Palestiniens face à Israël. Ce furent les épisodes de Davos et de la Flottille de la Liberté. Disposant alors d’un vaste soutien populaire dans le monde musulman, Ankara se rapprocha de Téhéran et accepta, en novembre 2010, de participer à un marché commun Turquie-Iran-Irak-Syrie. Les visas furent abrogés ; les droits de douanes considérablement réduits ; un consortium fut constitué pour gérer les pipe-lines et gazoducs ; une autorité fut créée pour gérer en commun les ressources en eau. L’ensemble était si attractif que le Liban et la Jordanie s’y portèrent candidat. Une paix durable semblait possible au Levant.

Alors qu’en 2011 le Royaume-Uni et la France se lançaient dans une double guerre contre la Libye et la Syrie, à la demande et sous le contrôle des États-Unis, la Turquie s’y opposa logiquement. Ces guerres, entreprises sous couvert de protection des populations, étaient trop visiblement des entreprises néo-coloniales. En outre, elles portaient atteinte aux intérêts turcs, la Libye étant un de ses principaux partenaires économiques et la Syrie en devenant un à travers le nouveau marché commun régional.

C’est alors que tout bascula…

Comment la France a fait basculer la Turquie

À l’initiative du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Paris proposa secrètement à Ankara, en mars 2011, de soutenir sa candidature à l’Union européenne et de l’aider à régler son problème kurde si la Turquie entrait en guerre à ses côtés contre la Libye et la Syrie. Côté français cette proposition était radicalement nouvelle, Alain Juppé s’étant fermement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union à l’époque où il dirigeait le parti gaulliste et était un collaborateur de Jacques Chirac. Mais, condamné pour corruption en France, il s’était exilé en Amérique en 2005 et avait donné des cours au Québec tout en suivant un stage au Pentagone. Converti au néo-conservatisme, il était revenu en France et avait été choisi par Nicolas Sarkozy comme ministre de la Défense, puis des Affaires étrangères.

Rétrospectivement, le plan Juppé révèle les intentions françaises : il y est question de créer un Kurdistan en Irak et en Syrie selon la carte qui sera publiée deux ans plus tard par Robin Wright dans le New York Times et mise en œuvre conjointement par l’Émirat islamique, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et d’anciens collaborateurs de Saddam Hussein liés aux Frères musulmans. Le document, cosigné par Alain Juppé et son homologue turc Ahmet Davutoğlu, ne laisse aucun doute : la France entendait se reconstituer un empire colonial en Syrie. En outre, elle avait des connexions au sein des mouvements terroristes islamistes et prévoyait la création de Daesh. Pour garantir le plan Juppé, le Qatar s’engageait à investir massivement à l’Est de la Turquie, en espérant que les Kurdes turcs abandonnent le PKK.

Ce plan est resté secret jusqu’à ce jour. Si des parlementaires français ou turcs parvenaient à s’en procurer légalement une copie, il suffirait amplement à poursuivre MM. Juppé et Davutoğlu devant la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.

Contrairement à une idée répandue, les Kurdes sont profondément divisés. En Turquie et en Syrie, le PKK d’origine marxiste-léniniste a toujours défendu un point de vue anti-impérialiste. Tandis que les Kurdes d’Irak, liés à Israël depuis la Guerre froide, ont toujours été des alliés des États-Unis. Les deux groupes ne parlent pas la même langue et ont des histoires très différentes.

Il est probable que, de leur côté, les États-Unis apportèrent dans la corbeille de mariage le fait de promouvoir le modèle politique turc dans le monde arabe et d’aider l’AKP à encadrer les partis politiques issus des Frères musulmans, de sorte que la Turquie devienne le centre du prochain Moyen-Orient. En tous cas, Recep Tayyip Erdoğan soutint in extremis le projet de l’Otan qui releva l’AfriCom après la révolte de son commandant [1]

Immédiatement, Ankara mobilisa les habitants de Misrata en Libye. Ceux-ci sont majoritairement des descendants de soldats juifs de l’Empire ottoman, les Adghams, et de nomades marchands d’esclaves noirs, les Muntasirs, qui avaient soutenu les Jeunes Turcs. Ils formèrent le seul groupe significatif de Libyens pour attaquer Tripoli [2].

Simultanément, Ankara organisa plusieurs réunions de l’opposition syrienne à Istanbul à partir d’août 2011. En définitive, les Frères musulmans constituent le Conseil national syrien en octobre, en associant des représentants de divers groupes politiques et de minorités.

L’Otan renonce à envahir la Syrie

Constatant l’implication de l’Otan en Libye, Ankara escomptait logiquement une implication identique de l’Alliance atlantique en Syrie. Mais, malgré de nombreux attentats et une campagne de presse internationale soutenue, il fut impossible à la fois de soulever la population et d’attribuer de manière crédible des crimes de masse au président el-Assad. Surtout, Moscou et Pékin, échaudés par l’affaire libyenne, s’opposèrent par trois fois au Conseil de sécurité à toute résolution prétendant « protéger » les Syriens de leur gouvernement (octobre 2011, février et juillet 2012).

Washington et Londres abandonnèrent donc la partie, même si Paris et Ankara continuaient à y croire [3]. Les deux États mirent sur pied une étroite collaboration, allant même jusqu’à planifier en septembre 2012 une tentative d’assassinat du ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Mouallem et du président Bachar el-Assad.

L’attentat qui frappa à Riyad le prince Bandar ben Sultan en rétorsion de l’assassinat des membres du Conseil national de sécurité syrien, en juillet 2012, laissa le mouvement jihadiste international orphelin. Même si le prince survécu à ses blessures, il ne sortit qu’un an plus tard de l’hôpital et ne fut plus jamais en mesure de jouer le rôle qu’il tenait jusque-là. Recep Tayyip Erdoğan se saisit de l’occasion pour le remplacer. Il noua des relations personnelles avec Yasin al-Qadi, le banquier d’al-Qaïda, qu’il reçut de nombreuses fois en secret à Ankara. Il supervisa les nombreux groupes jihadistes, initialement créés par les États-uniens, les Britanniques et les Français.

En janvier 2013, en intervenant au Mali, la France s’éloigna des jihadistes syriens et donc abandonna sur le terrain les opérations militaires à la Turquie, même si elle maintint quelques légionnaires sur place. Peu après, l’émir de Qatar, cheikh Ahmad, fut contraint à l’abdication par Washington qui lui reprochait —sur dénonciation russe— d’utiliser ses facilités contre des intérêts économiques états-uniens. Avant même que son fils, cheikh Tamim, ne lui succède, l’essentiel du financement de la guerre contre la Syrie était repris par l’Arabie saoudite.

Pour bénéficier de ce soutien et de celui d’Israël, Recep Tayyip Erdoğan commença à promettre aux uns et aux autres que les États-Unis passeraient outre les vétos russes et chinois et lanceraient l’Otan à l’assaut de Damas. Profitant de la confusion, il organisa le pillage de la Syrie, démantelant toutes les usines d’Alep, la capitale économique, et volant les machines-outils. De même, il organisa le vol des trésors archéologiques et mit en place un marché international à Antioche [4]. Ne voyant toujours rien venir, il organisa avec l’aide du général Benoît Puga, chef d’état-major de l’Élysée, une opération sous faux drapeau pour provoquer l’entrée en guerre de l’Alliance atlantique : le bombardement chimique de la Ghoutta de Damas, en août 2013. Mais, Londres découvrit immédiatement la supercherie et refusa de s’engager [5].

La Turquie participa à l’opération de nettoyage ethnique et de partition de l’Irak et de la Syrie, connu sous le nom de « plan Wright ». La présence des services secrets turcs aux réunions préparatoires de Daesh à Amman est attestée par la publication d’un relevé de décision par le PKK. Au demeurant, le « plan Wright » reprend le « plan Juppé » qui avait convaincu la Turquie d’entrer en guerre. Par la suite, Recep Tayyip Erdoğan prit lui-même le commandement de l’organisation terroriste, assurant aussi bien son approvisionnement en armes que la vente de son pétrole.

Observant avec angoisse les pourparlers entre Washington et Téhéran, Ankara s’inquiéta d’un accord de paix qui le laisse sur le bord du chemin. Sollicité par son homologue russe, Vladimir Poutine, M. Erdoğan accepta de participer au projet de gazoduc Turkish Stream visant à casser le monopole états-unien et à contourner l’embargo européen. Puis, prenant son courage à deux mains, il s’en alla visiter son homologue iranien, cheikh Hassan Rohani. Celui-ci l’assura qu’il n’avait pas à redouter l’accord en cours de négociation. Mais lorsqu’il fut signé, le 14 juillet 2015, il fut évident qu’il ne laissait aucune place à la Turquie dans la région.

Sans surprise, Recep Tayyip Erdoğan reçut le 24 juillet un ultimatum du président Obama lui enjoignant 
 de renoncer immédiatement au gazoduc russe ; 
 de cesser son soutien à Daesh —dont il est devenu le chef exécutif derrière le paravent du calife Abou Bakr al-Baghdadi— et d’entrer en guerre contre lui. 
Pour accentuer la pression, Barack Obama évoqua la possibilité de renvoyer la Turquie de l’Otan, en concertation avec le Royaume-Uni, bien que cette situation ne soit pas prévue par le Traité.

Après s’être confondu en excuses et avoir autorisé les États-Unis et l’Otan à utiliser la base d’Incirlik contre Daesh, M. Erdoğan entra en contact avec l’envoyé spécial pour la Coalition anti-Daesh, le général John Allen, connu pour son opposition à l’accord avec l’Iran. Les deux hommes convinrent d’interpréter les propos du président Obama comme un encouragement à lutter contre le terrorisme, rubrique dans laquelle ils rangèrent le PKK. Outrepassant ses fonctions, le général s’engagea à créer une zone de non-survol de 90 km de large, en territoire syrien tout au long de la frontière turque, prétendument au profit des réfugiés syriens qui seraient menacés par leur gouvernement, en réalité pour appliquer le « plan Juppé-Wright ». Le Premier ministre turc Ahmet Davutoğlu révéla le soutien états-unien au projet sur la chaîne A Haber en lançant des bombardements contre le PKK.

Le général John Allen avait déjà par deux fois réussi à prolonger la guerre contre la Syrie. En juin 2012, il complota avec le général David Petraeus et la secrétaire d’État Hillary Clinton pour saboter l’accord conclu à Genève entre Washington et Moscou pour la paix au Proche-Orient. Cet accord prévoyait, entre autres, la paix en Syrie —bien que Damas n’ait pas été invité à cette conférence—, mais il était inacceptable à la fois pour les néo-conservateurs et pour les « faucons libéraux » états-uniens. Le trio Clinton-Allen-Petraeus s’appuya sur le nouveau président français, François Hollande, et son nouveau ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour convoquer une conférence des « Amis de la Syrie » et rejeter le Communiqué de Genève. En pleine campagne électorale, le président Obama ne put sanctionner ses collaborateurs, mais dès le lendemain de sa réélection, il fait arrêter David Petraeus et John Allen qu’il avait fait tomber dans un piège sexuel. Hillary Clinton se maintint quelques semaines et dut soudain se retirer après un « accident ». En définitive, seul Petraeus fut condamné tandis qu’Allen fut blanchi et que Clinton —comme Juppé— se prépare à sa prochaine campagne électorale présidentielle.

Le trio Clinton-Allen-Petraeus tenta une seconde opération en décembre 2014 qui parvint à saboter la Conférence de Moscou. En promettant aux Frères musulmans de mettre en œuvre le « plan Juppé-Wright », ils convainquirent la Coalition nationale syrienne de refuser toute discussion de paix. Au passage, cet épisode atteste que le but de la Coalition nationale syrienne n’est pas de changer de régime en Syrie, mais bien de détruire ce pays et son État.

Apprenant les faits durant son voyage en Afrique, le président Obama fit démentir officiellement l’engagement du général Allen, reconnût le droit de la Turquie à combattre le PKK, mais dénonça toute action contre lui hors de la Turquie. Le président Erdoğan convoqua alors une réunion du Conseil atlantique pour l’informer de son entrée dans la Coalition anti-terroriste et de sa double action contre Daesh et le PKK. Le 29 juillet, les Alliés lui répondirent froidement qu’ils le soutenaient dans son action, mais ne lui reconnaissaient le droit de bombarder le PKK en Irak et en Syrie qu’en cas de « poursuite » —c’est-à-dire si le PKK utilisait des bases à l’étranger pour lancer ou replier des troupes contre la Turquie—.

En outre, le président Obama a relevé de ses fonctions son envoyé spécial pour la Syrie, Daniel Rubinstein, et l’a remplacé par Michael Ratney, un spécialiste à la fois du Proche-Orient et de la communication. Il sera prioritairement en charge de surveiller les agissements du général Allen.

La Turquie entre en guerre civile

À ce jour, les actions de l’armée turque contre le PKK en Irak et en Syrie n’ont aucune justification légale en droit international. Les deux gouvernements ont dénoncé une attaque de leur territoire. Du point de vue états-unien, le PKK et l’Armée arabe syrienne —c’est-à-dire celle de la République— sont les seules forces efficaces au sol contre Daesh. La relance de la guerre contre la minorité kurde illustre la volonté de l’AKP de poursuivre la mise en œuvre du « plan Juppé-Wright », même après les retraits partiels du Qatar et de la France.

Cependant, un élément fondamental a profondément changé la donne : Israël et l’Arabie saoudite, qui soutenaient il y a peu de temps encore l’idée de créer un Kurdistan et un Sunnistan en Irak et en Syrie, y sont désormais opposés. Tel-Aviv et Riyad savent désormais que ces deux nouveaux États, s’ils devaient voir le jour, ne seraient pas contrôlés par eux, mais par une Turquie qui ne cache plus son ambition impériale et deviendrait de facto un géant régional.

Par un retournement dont le Proche-Orient a le secret, Israël et l’Arabie saoudite ont donc conclu un accord pour s’opposer à la folie du président Erdoğan et pour soutenir en sous-main le PKK, malgré son identité marxiste. En outre, Israël s’est déjà rapproché des ennemis traditionnels de la Turquie, la Grèce d’Aléxis Tsípras et Chypre de Níkos Anastasiádis.

Que l’on ne s’y trompe pas, Recep Tayyip Erdoğan a choisi la guerre civile comme seule issue politique personnelle. Après avoir perdu les élections législatives et réussi à bloquer la création d’un nouveau gouvernement, il tente de faire peur à son peuple de sorte soit à convaincre le MHP (nationaliste) à soutenir l’AKP (islamistes) pour former un gouvernement de coalition, soit à convoquer de nouvelles élections et à les gagner.

L’opération anti-terroriste censée lutter à la fois contre Daesh et contre la population kurde est presque exclusivement ciblée contre le PKK et le PYG (son alter ego syrien). Les bombardements prétendument contre l’Émirat islamique n’ont rien détruit. Simultanément, M. Erdoğan a lancé des instructions judiciaires contre les leaders kurdes du HPD, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ. Le parquet les accuse, pour le premier, d’avoir appelé à commettre des violences contre les non-Kurdes —ce qui est une ineptie— et, pour la seconde, de soutenir le PYG, milice de la République arabe syrienne et donc, selon le magistrat, organisation terroriste.

Le guerre civile qui débute ne sera pas la même que celle des années 90. Elle sera beaucoup plus vaste et meurtrière. À la fois parce que la Turquie n’a plus aucun allié à l’extérieur et parce que la politique islamiste a divisé la société turque. Il n’y aura donc pas d’un côté les institutions turques soutenues par l’Otan et de l’autre le PKK soutenu par la Syrie, mais une fragmentation de la société turque : laïques contre islamistes ; modernes contre traditionalistes ; alévis contre sunnites ; Kurdes contre Turcs.

 

[1] Initialement dénommée « Aube de l’Odysée », l’opération contre la Libye était commandée par le général Carter Ham en sa qualité de chef de l’AfriCom. Cependant, il s’insurgea contre le rôle attribué au sol à al-Qaïda pour renverser la Jamahiriya arabe libyenne tandis que la Coalition prétendait uniquement protéger les civils. Il fut relevé de ses fonctions au profit de l’Otan et l’opération fut alors dénommée « Protecteur unifié ».

[2] Les habitants de Benghazi refusèrent d’attaquer Tripoli une fois obtenu leur indépendance de facto. Les Misratas furent encadrés par les combattants d’al-Qaïda.

[3] Pour être plus précis, Paris se retira de la guerre en mars 2012 après la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr et la restitution des légionnaires français qui avaient été faits prisonniers. Mais le président Sarkozy ne parvint pas à se faire réélire en mai et son successeur, François Hollande, reprit la guerre en juillet.

[4] Ville également connue sous les noms d’Antakya ou de Hatay.

[5] Le Premier ministre mit en scène avec le chef de son opposition un débat aux Communes dans lequel les deux leaders se donnèrent la réplique en lisant un même texte. Le Royaume-uni put ainsi se retirer de la guerre sans avoir à accuser publiquement la Turquie. Les États-Unis lui emboîtèrent le pas.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La Turquie (OTAN) armée de l’air de l’EIIL contre les communes libres kurdes autogérées…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 août 2015 by Résistance 71

Comme le fut également l’aviation israélienne côté Golan syrien, l’aviation turque, pays membre de l’OTAN et qui ne peut pas agir sans consentement des « instances », est devenue à son tout l’armée de l’air de la légion mercenaire de l’OTAN connue sous le nom d’EIIL/EI ou Daesh. La révolution sociale kurde de la confédération de communes libres est une plus que sérieuse épine dans le pied de l’empire. Le danger de voir des régions et peuples entiers s’affranchir des tutelles des états obsolètes et criminels devient une fois de plus, et à juste titre, au goût du jour. Les États vont devoir (essayer) d’écraser la liberté. C’est la seule chose qu’ils savent bien faire !… Soutien aux peuples émancipés, que leur exemple gagne le reste du monde occidental !

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! La ou les seules solutions viables au marasme de l’agonie de la société étatique résident en nous, les peuples, unis et coopérant entre nous, sans intermédiaires, sans institutions étatiques, en confédération des communes libres comme le font avec succès les communes zapatistes du Chiapas au Mexique et depuis quelques années, la zone nord du Kurdistan syrien de la région de Kobané.

La Turquie est membre de l’OTAN et agit en tant que tel. N’oublions jamais que OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…

— Résistance 71 —

 

Communiqué du Congrès National du Kurdistan suite aux raids aériens menés par l’armée turque contre la guérilla kurde

 

Anarsist Faaliyet, KNK

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-du

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak).

La nuit dernière, 24 juillet 2015, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le-feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’État turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le-feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’État turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le feu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daech en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’État turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daech, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daech avec la complicité de la Turquie, à Suruç, à Kobané et dans le reste du Rojava.

Conseil exécutif du KNK
l e 25 juillet 2015

Traduction : Ne var ne yok ?

Communiqué de l’Action révolutionnaire anarchiste suite au massacre de Suruç

Notre tristesse sera notre colère, Kobané sera reconstruite

Hier, près de trois cents personnes étaient parties de différentes villes [de Turquie], à l’appel de la Fédération des associations de jeunes socialistes afin de reconstruire Kobané que Daech a essayé de réduire en cendres. Aujourd’hui, en arrivant à Suruç (Pîrsus), juste avant de partir pour Kobané, ces jeunes réalisaient une conférence de presse en face du centre culturel Amara de la ville de Suruç (Pîrsus). À la fin de la lecture du communiqué de presse, une bombe a explosé au milieu de la foule, faisant taire de nombreux cœurs qui avaient battu avec l’espoir de la reconstruction.

Selon les informations disponibles pour l’instant, trente et une personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans l’explosion.

Après cette explosion aujourd’hui, nous entendons, depuis les hôpitaux de Suruç (Pîrsus), les noms de ceux qui sont tombés. Ceux qui sont venus de nombreuses villes différentes, ceux qui avaient de grands espoirs dans leurs cœurs sont maintenant ceux qui sont tombés, comme les cibles des assassins. Les gens qui sortent dans les rues afin de demander des comptes pour ceux qui sont tombés, ceux qui attendant devant les hôpitaux, sont menacés par les TOMA [véhicule avec canon à eau] et la police qui sont arrivés du centre culturel Amara avant les ambulances. À Mersin, à Sert, à Istanbul… Les gens qui descendent dans les rues sont pourchassés pour être massacrés par l’État meurtrier, par les collaborateurs des assassins.

Ceux qui ont massacré de nombreuses vies, depuis le premier jour de la résistance de Kobané, essaient maintenant de nous décourager en assassinant nos frères et sœurs.

Nous essayons de reconstruire une nouvelle vie contre Daech, contre l’État qui collabore avec Daech, contre la politique de guerre sans fin de l’État. Quoi qu’il en coûte, nous allons convertir notre douleur en rage, nous allons reconstruire Kobané et recréer une vie sur cette géographie dévastée !

(Aujourd’hui, Alper Sapan de l’Initiative anarchiste Eskişehir a été assassiné au cours de l’attaque. Et un ami appelé Evrim Deniz Erol a été grièvement blessé.)

Biji Berxwedana Kobanê ! Vive la résistance de Kobané !
Biji Şoreşa Rojava ! Vive la révolution du Rovaja !

Action révolutionnaire anarchiste
 Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF)
 le 20 juillet 2015

Traduction : OCLibertaire

 

Résistance politique: Répression croissante du peuple en Turquie…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 17 juin 2013 by Résistance 71

Terreur répressive à Istanbul

 

16 juin 2013

 

Solidarité Ouvrière

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Terreur-repressive-a-Istanbul

 

Message d’Istanbul, 
nuit du 15 au 16 juin 2013, 
aux alentours de minuit

Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient place Taksim et au parc Gezi.

Il y avait des enfants de quatre ou cinq ans, des mères et des personnes âgées lors de l’attaque à coups de gaz lacrymogène et de canon à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos parc Gezi.

La police a aussi attaqué à coups de canon à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.

D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateau entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations. Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’État.

Toujours vers minuit

Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des canons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…

Message reçu vers 2 heures du matin

« Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voix de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demie, on nous a dit qu’il était sûr de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le Croissant-Rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne grièvement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un État policier. La police a arrêté quarante-neuf avocats en investissant le Palais de justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information. »

Source : Solidarité ouvrière

Fil d’information en français : 
gezipark.nadir.org

Gezi Radyo 
(en turc)

 

Résistance politique: Communiqué du mouvement anarchiste turc

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 juin 2013 by Résistance 71

Appel à la solidarité internationale contre la terreur d’État en Turquie

 

5 juin 2013, par Anarşist Faaliyet

 

url de l’article:

http://www.lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-solidarite,1077

 

Les anarchistes révolutionnaires appellent à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État.

3 juin 2013.

 

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand.

Des centaines de milliers de manifestants ont résisté, place Taksim, où le gouvernement a bloqué les entrées, et la violence de la police a atteint un sommet. Finalement, le square a été occupé après la construction de barricades autour de la place Taksim et les manifestants ont pris le contrôle de Taksim. Les manifestants à Ankara ont occupé les rues en solidarité avec Istanbul et des barricades ont été construites dans les lieux importants de la ville, diffusant la révolte. Des centaines de manifestants à Izmir, une autre grande ville, ont brûlé le bâtiment du parti au pouvoir.

La solidarité et le soutien aux mouvements de protestation et dans les zones d’affrontements sont très importants. Dans chaque ville où des affrontements sont en cours, les gens ont ouvert leurs maisons aux manifestants et aux personnes blessées. Beaucoup de gens ont mis à disposition des trousses de premiers soins et de la nourriture dans leurs cours pour les manifestants. Les équipes médicales volontaires auto-organisées se sont rendues dans les zones d’affrontements et ont aidé instantanément les manifestants blessés. Des avocats bénévoles aident les manifestants en détention.

Alors que les affrontements se poursuivent, le nombre de morts et de blessés est en augmentation. Les grands médias agissent toujours comme si rien ne s’était passé. Le nombre de morts serait d’une dizaine, mais ce n’est pas certain, car il n’y a pas de déclarations officielles. Un manifestant à Istanbul a été renversé par une voiture alors qu’il bloquait une rue, un autre a reçu un coup à cause des bombes à gaz, un autre encore a été renversé par la police et tous ont perdu la vie. Un manifestant à Ankara a été blessé à la tête par le feu de la police et il est en état de mort cérébrale.

Alors que l’action et les affrontements se poursuivent ici, la solidarité mondiale est en augmentation. Les « Anonymous » ont piraté les sites du parti au pouvoir, de la police d’Istanbul, de la municipalité d’Ankara et de nombreux autres organismes gouvernementaux. Les « Anonymous » ont déclaré qu’ils vont continuer les cyber-attaques tant que le terrorisme de l’État turc se poursuit. Alors que des millions de personnes résistent dans les rues aux attaques de la police dans tout le pays, certains partis de l’opposition tentent de tirer profit, de manipuler l’action en la politisant. Tout comme ce que nous avions vu dans certaines régions au cours du printemps arabe, les partis d’opposition (en particulier les kémalistes) tentent de s’approprier la portée des actions menées. Les partis d’opposition, en profitant de la politisation sociale, tentent de profiter de la situation dans l’espoir de prendre le pouvoir. La révolte en cours a laissé les politiciens et l’État dans une mauvaise position. Alors que le gouvernement tente de manipuler la révolte en la qualifiant d’être la manifestation d’« un groupe de radicaux », la crise se propage dans l’économie. La crise économique a montré de premiers signes dans le marché boursier.

Cependant, c’est une des plus grandes révoltes massives dans l’histoire du pays et les gens sont dans les rues afin de s’opposer à la hausse des politiques d’interdiction, d’oppression et de suppression, à la terreur d’État et à la violence policière qui n’a cessé d’augmenter pendant une longue période. Les personnes que l’État avait essayé de dompter par une oppression de centaines d’années sont maintenant directement en révolte contre lui.

Nous appelons tous les camarades qui luttent partout dans le monde : faites entendre la voix de la révolte générale, partout où vous pouvez, contre l’État turc et les grands médias qui tentent de la réduire au silence. Organisez des actions de solidarité pour être avec les millions de gens dans les rues.

Joignez votre voix à la révolte du peuple que l’État avait ignoré, opprimé et exploité pendant des années. Que le feu de la révolte contre l’État turc que nous avons commencé avec une étincelle et qui ne cesse de croître, se développe davantage.

Istanbul est partout et la résistance est partout contre le terrorisme d’État, la violence de la police et contre l’exploitation capitaliste.

Nous continuerons à diffuser les informations tant que l’émeute se poursuit.

Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF) 
Action révolutionnaire anarchiste

Source et traduction : 
Fédération anarchiste