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Résistance politique: Voter comme démission de la conscience politique: un acte de larbin !

Posted in actualité, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , on 30 mars 2011 by Résistance 71
Élections et citoyenneté en démocratie représentative : une démission de la conscience politique.
Samuel MOLEAUD

 

Url de l’article original:

http://sam-articles.over-blog.com/article-elections-et-citoyennete-en-democratie-representative-une-demission-de-la-conscience-politique-70411728.html

 

Tiens, il paraît que nous vivons en démocratie, et que celle-ci s’exprime par le vote et la liberté d’expression. C’est même écrit dans la constitution et les livres scolaires que nous sommes des citoyens libres et égaux en droit, que nous pouvons choisir nos représentants au suffrage universel direct. Le papier ne refuse pas l’encre.

L’école, lieu d’apprentissage des codes institutionnels, formatage des cerveaux pour le pouvoir de quelques uns.

On m’avait dit à l’école qu’il était important de voter, car l’exercice de la citoyenneté reviendrait au peuple, et que l’abstention représente un danger pour la démocratie, un acte passif favorisant la montée des extrêmes. C’est plutôt pour consentir à la légitimité d’une petite poignée d’Hommes qui font la loi pour 90% de la population, que nous votons. Et bien j’ai sans vergogne délibérément déserté les urnes lors de ces deux rendez-vous électoraux. Même pas abstentionniste, je suis, pour les politologues éclairés, une espèce de passager clandestin sans conscience politique, doté de capitaux économiques et sociaux si faibles que je ne prends même pas la peine de me déplacer pour m’inscrire et exercer mon droit de vote. Un citoyen dépolitisé et socialement dominé n’ayant pas eu l’éducation politique suffisante pour exercer mon pouvoir démocratique. Enfin ce n’est qu’une analyse sociologique…Est-ce à dire que la non-inscription ou l’abstention dénotent automatiquement un manque d’intérêt pour la politique ? Je suis comme des milliers de personnes, pourtant politisées, qui refusent de participer à ce jeu électoral, car quoi que l’on fasse, il n’œuvre que pour les franges dominantes favorisées de la population. L’abstention n’est pas unanimement un état de flemme passagère et de faiblesse cognitive face à la politique, c’est aussi un combat politique, une forme de résistance ferme à cette myriade de mensonges et de croyances collectives les plus malsaines que l’on veut nous faire rentrer dans le crâne depuis l’enfance pour mieux nous rendre dociles et obéissants aux chiens de garde.

Le système d’enseignement français est magnifiquement organisé dans le but que les jeunes têtes à remplir intériorisent sans broncher les règles du jeu républicain. Ainsi, l’on met dans le même moule éducatif toutes sortes d’individus différents, soumis, à la hiérarchie entre l’autorité du professeur et l’obéissance de l’élève qui courbe l’échine, au contrôle et à la compétition entre élèves, à la torture stressante des devoirs à effectuer sous peine de punition s’il y a manquement. Non seulement ils sont placés sous l’égide du formatage scolaire, mais en plus les jeunes socialisés apprennent la dureté du processus de reproduction des inégalités sociales. Une même classe scolaire peut réunir des fils d’agriculteurs, de petits commerçants-artisans, de médecins ou d’enseignants. Dès l’enfance la plus neutre et dénuée de l’avidité entraînant jalousie, convoitise, conflits, on apprend la guerre des classes aux bambins. For de ces disparités, considérées comme naturelles voire biologiques, vient ensuite le formidable apprentissage de la démocratie. Il faut que les êtres formés à la chaîne industrielle votent « bien », et s’informent en conformité sur les médias considérés comme les prophètes de cette démocratie. C’est un tableau raccourci et noirci, mais voilà que vingt ans plus tard, la non-inscription sur les listes paraît choquante aux électeurs conformes.

Voter en démocratie représentative libérale…

De nos jours, voter en démocratie représentative d’inspiration néolibérale revient à vider le vase républicain de sa substance. Ce que nous appelons démocratie représente la prise du pouvoir des élites bourgeoises et leur sauvegarde pour éviter que la révolution de 1789 ne profite au peuple. Le choix de ce mode de suffrage a été institué pour contenir les révoltes, dans une optique justement profondément antidémocratique. Que l’on n’aille pas me raconter que des gens se sont battus pour que nous ayons ce droit de vote, et que je suis redevable de ces luttes. Les communards de 1871 se battaient contre la monarchie, pour la démocratie directe en république de communes socialistes fédérées, les résistants de 1939-1945 se battaient pour la démocratie sociale…non uniquement pour le vote. Aujourd’hui, l’on considère que le vote est l’exercice le plus fort de la démocratie. Alors, on vote pour celui qu’on veut au premier tour, puis pour le moins pire en second tour. Voila qui montre bien que le pouvoir de l’individu se trouve bien ailleurs puisque le sens du vote est complètement vicié. Celui qui remporte les élections est le parti qui aura investi le plus d’argent dans sa campagne de communication en forme d’échantillons de séduction à vendre.

Les médias, en ce 28 mars 2011, se félicitent que la gauche ait remporté les cantonales à hauteur de 35%, en évitant que la France cantonale ne se dore du front de la haine. La gauche, dites-vous ? La rose caviar qui s’oppose à Fillon-Sarkozy tout en étant d’accord sur les reculs successifs de l’âge à la retraite, sans proposer de taxer le capital et d’interdire les défiscalisations des gros actionnaires pour désarmer les marchés financiers ? La gauche néolibérale qui dirige le FMI et l’OMC ? La gauche sécuritaire qui fait campagne commune avec l’UMP sur l’identité nationale, la sécurité et la défense ? La gauche militariste qui est d’accord avec l’impérialisme français pour aller bombarder les méchants partisans de Kadhafi et des civils innocents avec des bombes gentilles ? Ou parle-t-on de la gauche oligarchique qui a le plus privatisé de toute l’histoire économique et sociale de la France, et qui ne s’oppose pas à la constitution européenne ? Loin s’en faut, une carte rose ou bleue à l’issue des élections ne change rien, mais je suis quand-même mine de rien rassuré que ce ne soit pas le camp de la haine nationaliste et agressive qui ait mobilisé les électeurs…Espoir aussi, que les gens ait compris que nous sommes dirigés depuis 2007 par une droite extrême xénophobe ayant institué son fascisme institutionnel pour récupérer les voix du FN…

Bon, je considère que les dissensions idéologiques qui partagent les Hommes de pouvoir ne sont que l’écran de fumée qui cache le gouvernement économique et oligarchique du monde, de telle manière que les ploutocrates qui dirigent financent leurs amis pour qu’ils soient leurs vassaux, au pouvoir politique. De cette idée, nous avons une alternance UMP/PS qui reproduit en permanence le même cap et interdit toute formation politique alternative : enrichir les riches à coups de privatisations et de coupes franches dans les dépenses publiques de santé, d’éducation, de transport, d’hygiène, de sécurité, de réduction des coûts de production pour satisfaire les actionnaires, rendre la population, celle qui doit travailler pour vivre au lieu de l’inverse, à l’état de servage et surtout conserver le pouvoir bien au chaud. Et refuser l’afflux d’immigrés du Sud tout en continuant à coloniser-piller l’Afrique avec nos entreprises. Voilà pourquoi je pense que toute autorité du pouvoir est malsaine, et que dans les grands partis, l’on s’accorde sur un point : prendre le pouvoir. Donc dominer, écraser les plus faibles en politique, manipuler les foules, jouer au théâtre de la séduction, cacher les réalités. Le reste, les programmes électoraux et discours, ne sont que la robe dorée en fleur de lys que le roi enfile. Impossible, donc, que ce soit des humanistes et des gens respectueux qui soient appelés à gouverner. Pire, même avec seulement 20% de participation au vote, donc moins de dix millions d’électeurs, les nouveaux responsables politiques se diraient toujours légitimement élus devant le peuple.

D’une certaine manière, voter constitue l’un des pires consentements à sa propre déresponsabilisation, en déléguant la gestion de sa vie (d’une manière indirecte) à des gens dont on ne peut faire confiance. Le citoyen qui dépose un suffrage dans l’urne a le sentiment d’avoir exercé sa citoyenneté, dans un élan de pensée conforme, là où il contribue à la reproduction institutionnalisée d’élites arrogantes, quasi-autoritaires et opportunistes dont l’avidité du pouvoir rémunéré leur a fait perdre toute notion d’humanisme et d’intérêt général. La démocratie, c’est un peu la nouvelle religion, le nouvel absolutisme dans lequel une autorité, sorte de Clergé, tente de réunir tout acteur social sous sa coupe. Avec cette bannière démocratique, les grandes puissances de ce monde partent alors en guerre impérialiste contre tous ceux qui refusent d’importer notre modèle, tel une armée catholique partait au 12ème siècle en croisade contre les arabes. Notre sinistre de l’Intérieur Claude Guéant précisait d’ailleurs récemment que la France mène actuellement une croisade en Libye…

De nos jours, le gouvernement n’est plus qu’un conseil d’administration, mélangeant des avocats d’affaires, des anciens militants du FN, des ex-PDG de multinationales, ou des ex-directeurs d’institutions financières internationales, et il faudrait que j’aille cautionner ce jeu de chaises tournantes des classes riches possédantes et dirigeantes ? Des milliers de gens travaillent toute leur vie, sont sous-payés pendant 42 ans et usent leur vie pour des objectifs de production, sans pouvoir bénéficier d’une retraite décente, et il faudrait que je crois encore au vote en tant qu’acte citoyen pour choisir celui qui pourra prendre des mesures sociales ?

Bref, l’on pourrait écrire des pages de lamentation sur fond de crise sociale qui paupérise des milliers de personnes, au milieu d’un paysage industriel qui dévaste l’environnement et qui risque de faire exploser le nombre de cancers d’ici peu, une fois que la santé publique aura été privatisée et sera rendue inabordable pour ces nouveaux malades nourris aux OGM et aux radiations nucléaires…on peut se lamenter d’un système politique ploutocratique qui reproduit ses élites, il faut tout de même proposer autre chose, des alternatives.

Je ne jette pas la pierre à ceux qui votent encore, bien évidemment, mais cela ne me paraît pas être un acte de citoyenneté suffisant. Le véritable changement ne peut passer que par le regroupement d’individus en associations et petits syndicats de luttes, pour fédérer les espaces de combat politique et rétribuer à la population sa pleine capacité de pensée critique. L’on n’enrichit pas une démocratie en demandant l’avis au peuple seulement un jour ou deux tous les cinq-six ans. L’acte citoyen le plus démocratique reste la réflexion sur la manière de s’organiser en collectivité, donc cela passe plus à mon sens par la pensée critique et la ré-acquisition de la liberté de penser par soi-même plutôt que de se fier aux médias ou croire ce qu’il est écrit sur les tracts des partis politiques afin de décider pour qui l’on va voter. Ces dernières élections cantonales ne mobilisent évidemment pas les mêmes enjeux que la prochaine échéance de 2012. Surtout que les conseillers généraux et régionaux seront supprimés en 2014 au profit d’une centralisation territoriale sarkozyste, mais la démission de notre propre pouvoir sur les choses qu’entraîne le vote, reste de mise lorsqu’il faut élire un président de la république. A mon sens, agir au lieu d’élire, militer et contribuer au débat public serait donc plus efficace que de déléguer à d’autres le pouvoir de changer les choses que chaque individu pourrait avoir. Le débat est ouvert à qui voudra entendre mon message.

Samuel Moleaud

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La structure de la société étatiste comme moyen de répression et d’exploitation

Posted in actualité, autogestion, démocratie participative, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , on 1 décembre 2010 by Résistance 71

Le réformisme est l’allié du capitalisme

Le XXIième congrès de l’Association Internationale des Travailleurs s’est tenu à Madrid en décembre 2000. Un des membres de la délégation de la CNT-AIT, section française, livre ci-dessous, un aperçu des travaux.

Les échanges, tactiques, théoriques, doctrinaux furent riches et variés. Mais aucun principe n’a de valeur sans sa pratique. Nos structures ne peuvent exister sans la logistique gratuite fournie par la militance et rien ne peut se faire sans l’action discrète et généreuse des militants. Nous savons le travail, l’énergie nécessaire à la vie de nos structures. Nos adversaires s’étonnent qu’avec peu de moyens financiers nous soyons capables de produire autant. C’est qu’ils ignorent le bénévolat, habitués qu’ils sont à payer ce type d’activité. Permanents, subventions, salariés introduisent des rapports d’argent et non des rapports militants. Les partis, syndicats, associations de ce type ressemblent plus à des entreprises, des prestataires de services, qui nécessitent beaucoup d’argent pour peu d’efficacité.

Un congrès de l’AIT serait très coûteux si l’AIT, abandonnant son éthique, évoluait vers les subventions, les permanents, etc… Combien de militants et militantes comme chacun de ceux qui y ont participé feraient des milliers de kilomètres et passeraient des jours gratis pour un congrès ? Combien seraient volontaires pour les activités : tracts, banderoles, permanences, délégations, prises de notes, manifestations, vie des journaux, entretien des locaux, etc. ? Les partis et syndicats dits de gauche ont pactisé avec le patronat, l’Etat, de multiples organismes pour obtenir les finances rétribuant leur bureaucratie. Perdant toute indépendance vis-à-vis de la bourgeoisie, ils sont en difficulté pour convaincre leur base qui se rétrécit, de produire de la gratuité. Ce qui accélère leur institutionnalisation.

Une autre satisfaction que permettent les congrès, c’est la rencontre directe et personnelle des compagnons. Ces contacts sont importants humainement, face à nos réalités existentielles, nos espoirs et désespoirs, nos dégoûts et enthousiasmes, nos rêves et réalités avec toutes les problématiques de la vie que nous appréhendons avec notre éthique.

La fatigue, le temps, le barrage de l’idiome compliquent le dialogue de regrets, car on aurait voulu pouvoir échanger davantage avec les autres que l’on croise.

Reste un regard, un geste, un sourire, une attitude qui confirment l’appartenance à cette même humanité et cela réconforte. Notre chemin est difficile mais c’est celui de l’honnêteté, de la clarté, du courage, et de l’anarcho-syndicalisme. Mais peut-on réellement utiliser autre chose dans la lutte anti-capitaliste ?

Les faits sont irréfutables : la gauche et la droite sont coalisées pour exploiter, elles ont la haine de l’égalité. Nous, nous sommes de cette humanité qui ne se tait, ne se soumet, n’exploite, n’humilie pas. Nous avons notre rêve de liberté, d’égalité, de fraternité. Pour cela, on nous a réprimés, calomniés, diffamés, licenciés, emprisonnés, torturés, exilés … pour que nos idées ne deviennent pas celles de tous les opprimés. Notre tâche est dure, nous ne nions pas les difficultés de l’entreprise. Mais que ce soit pour s’en effrayer ou pour s’en réjouir, beaucoup constatent le retour, le maintien ou la résurgence de l’anarcho-syndicalisme, certains tentent même de manipuler ses idées-forces.

Pendant ce congrès de l’AIT, je nous sentais lucides, tranquilles, déterminés, et cela se sent partout dans le monde où nous sommes présents.

Un congrès comme celui de l’AIT se caractérise par un foisonnement d’idées et d’expériences de femmes et d’hommes venus de tous les coins du monde. Une bonne part des échanges, formels ou informels, a été consacrés à l’analyse du système. Voici un résumé de ce qui s’y est dit.

L’économie se fait sur le mode capitaliste à dominante fordiste. L’Homme est réduit à une marchandise (la force de travail) qui se loue et se rétribue sous forme de salaire (salariat). Pour produire des objets, biens ou services qui s’échangent par la vente (marchandise) selon l’offre et la demande (économie de marché). L’objectif étant de dégager des profits, ou plus-values, pour permettre les revenus des propriétaires des structures économiques (patrons, actionnaires). Pour maintenir ou augmenter les parts de marché et la plus-value, les capitalistes utilisent principalement les méthodes suivantes. La fusion des structures économiques dans des ensembles plus vastes, pour réduire les coûts d’exploitation, licencier, etc… La réduction de la masse salariale, constituée par l’ensemble des salaires versés et des prélèvements obligatoires. La réduction de la pression fiscale, y compris sur les salaires, ce qui induit une baisse du salaire indirect, donc des aides sociales. La réduction de la qualité des produits et marchandises qu’il faut changer souvent, quand ils ne sont pas tout simplement dangereux ou nocifs. L’augmentation du travail produit par les salariés c’est-à-dire de la charge de travail. La mise en concurrence des salariés par la délocalisation, la précarité, la flexibilité, le chômage, dont la crainte limite les revendications salariales. Résultat : dégradation des conditions de revenu, de la santé physique et psychologique de beaucoup de personnes, croissance des inégalités sociales, sans parler des guerres et violences. Pourtant le rapport PIB/nombre d’habitants en dit long sur les revenus disponibles par personne.

Au niveau idéologique, le système développe un individualisme associé au grégarisme, les théories de l’innéisme des compétences, de la sociobiologie et du darwinisme social. Sur le plan social, c’est la prédominance de l’individualisme, des inégalités, de l’utilitarisme, du système pyramidal et hiérarchique, de la réification de la personne par les rapports marchands, du consumérisme et mercantilisme, de la privatisation du patrimoine collectif et de la croissance de la propriété privée, et bien sûr de la division de la société en classes [1].

Au niveau politique, toute société humaine est culturelle : elle se gère, s’administre selon certains critères environnementaux, idéologiques … Le mode d’organisation politique, le type de structure, le régime, l’ensemble du système socio-économique ; l’un s’explique par l’autre. Ils sont imbriqués, s’auto-structurent, sont concomitants. L’idéologie générale d’une société se vérifie dans son idéologie politique ; celle de nos sociétés, c’est l’étatisme. Ce n’est pas un hasard, toute société inégalitaire (esclavage, salariat) doit réprimer, mater, domestiquer les conflits sociaux. L’Etat est apparu comme le meilleur outil pour cet usage, capable d’unir les oppresseurs par delà leurs divisions pour faire perdurer leur pouvoir. Quelle que soit son histoire et ses prérogatives, l’Etat moderne se présente comme l’incarnation de l’intérêt général, de la chose publique. Il est la source du droit, des lois, de la coercition, des guerres. Il est agent économique (fiscalité, monnaie), voire propriétaire (étatisation, nationalisation), agent de vecteur idéologique (éducation, code civil), administrateur (fonction publique).

Son fondement est la communauté (peuple, nation, cité) ; il est régalien. Suivant les nécessités et les rapports de force, son régime sera parlementaire, dictatorial, ou oligarchique. On voit l’intérêt pour une couche sociale à vocation oppressive de créer, développer, instrumentaliser l’Etat.

Nos sociétés sont bien la résultante d’un mode économique (le capitalisme), d’un mode d’organisation politique (l’étatisme), d’un mode de pensée (les idéologies inégalitaires). La fusion des systèmes (politique, de production et idéologique) a abouti à une société globale que l’on peut définir comme bourgeoise et capitaliste.

En matière de choix et tactique politique, l’opprimé peut choisir de détruire le système, du dehors ou bien du dedans, de le faire évoluer ou de le réformer. Le mouvement prolétarien s’est divisé sur la question de l’Etat. D’un côté, ceux ne voulant que limiter les effets des inégalités et ceux qui pensent que l’Etat peut réaliser l’égalité, de l’autre, ceux qui veulent détruire immédiatement l’Etat pour établir le communisme libre. Une fraction dite éclairée et moderniste de la bourgeoisie, a compris que le réformisme, par son rôle idéologiquement intégrateur et pacificateur, permettait de maintenir facilement le système. Voyons comment cela se passe.

1 – Par le suffrage universel ou catégoriel, l’élection des représentants dans les structures politiques, voire sociales et économiques, la bourgeoisie fait sanctifier l’exploitation par l’élection et se disculpe de son oppression. La loi étant sensée venir du peuple, toute critique devient anti-démocratique, voire dirigée contre le peuple, et on pourra réprimer en toute bonne conscience.

2 – Les réformistes, pour être éligibles, ne doivent pas enfreindre le cadre légal et constitutionnel forgé par la bourgeoisie (prémices de la pacification et de l’intégration au cadre légal). La bourgeoisie lâchera quelques menus avantages aux élus, pour séduire l’électeur, et créditer la tactique réformiste (début de la collaboration et du partenariat).

3 – Les réformistes doivent défendre le parlementarisme et l’Etat. L’Etat, selon eux, serait neutre ou arbitre, donc juste, ou bien encore et tout au contraire, utile pour faire du social, redistribuer les richesses. Il pourrait même être progressiste et il deviendrait alors l’Etat prolétarien contrôlé par les travailleurs. L’impasse est faite sur l’origine et la fonction de l’Etat comme outil d’oppression. Dans nos démocraties, les prolétaires peuvent-ils constituer une majorité électorale, vues les couches sociales intermédiaires dites classes moyennes, les divergences entretenues par le corporatisme et les diverses tendances du réformisme ?

4 – Les salariés, quand ils croient au parlementarisme, s’écartent des révolutionnaires en fondant leur espoir sur la prochaine élection. Pendant ce temps, ils restent corvéables, exploitables et divisés.

5 – Les organisations politico-syndicales de gauche, pour obtenir le plus de voix et d’élus, combattent les révolutionnaires et les anti-parlementaristes. La bourgeoisie est heureuse que l’attaque contre le radicalisme des salariés vienne des structures de gauche, ce qui accélère les divisions des travailleurs.

6 – La bourgeoisie va accroître les moyens et les pouvoirs des réformistes : subventions, heures de détachement ou heures syndicales, locaux, indemnités de fonctionnement et de formation, remboursements très généreux de frais de toutes sortes, etc… En fondant l’attribution des moyens sur la représentativité électorale, on élimine toute organisation anti-parlementaire, voire celle favorables aux élections mais trop petites. On les prive des moyens logistiques et de certains droits légaux, voire on peut nier leur existence. Bref, les grosses structures se renforcent, et combattent encore plus violemment toute critique et pratique anti-électorale.

7 – Le lobby réformiste est puissant, représenté par les syndicats institutionnels dans les lieux de travail et les structures qui en découlent. Il conforte son influence par les partis, dans les parlements ou structures équivalentes (locales, régionales, internationales). Il gouverne, gère ou cogère l’Etat, ses administrations et institutions, ainsi que de nombreuses caisses sociales (retraites, santé, aides sociales, chômage, mutuelles, etc…).

8 – Les réformistes recrutent pour leurs objectifs du personnel formé dans les écoles de la bourgeoisie. Ces individus recherchent argent et pouvoir, et concourent à embourgeoiser les structures réformistes, et à les intégrer au système social et politique adéquat. Sociologiquement, la croissance des élus, permanents, … bureaucratise les structures qui se juxtaposent à la réalité sociale (dirigeants, cadres, subalternes). Les adhérents se taisent ou se désaffilient, n’ayant aucun poids face aux dirigeants. Ils servent de main d’oeuvre gratuite.

9 – La corruption sévit : détournements des protections juridiques, des heures de délégations, dérogations, favoritisme, avantages, passe-droits ; chacun négocie son pouvoir pour ses intérêts personnels.

10 – Les ressources des partis et syndicats institutionnels proviennent majoritairement des finances publiques, les cotisations étant résiduelles. Résultat, les personnels de ces institutions sont des quasi-fonctionnaires. Elles-mêmes sont devenues, comme l’écrivait Althusser, des appareils idéologiques de l’Etat qui vendent du rêve, de l’espoir, prodiguent des grands principes humanistes pour séduire les électeurs, mais qui ont fonction d’encadrer, domestiquer, discipliner pour réprimer le prolétariat. Ce sont des outils efficaces car plus ils sont puissants, plus les inégalités se maintiennent ou croissent, plus l’oppression est subtile.

11 – Mais, si par le plus grand des hasards, par un accident de l’histoire, le réformisme et le cadre pseudo-démocratique du parlementarisme, devenaient une gêne, voire une menace, la bourgeoisie, fidèle à ce qu’elle est, ferait un coup d’Etat, établirait la dictature, le temps de liquider les subversifs, de mater les agités, avant de permettre le retour de la pseudo-démocratie.

A l’inverse de ces pratiques réformistes plus ou moins voilées, l’abstention électorale, la défiance, la critique du système pseudo-démocratique ouvrent un espace critique. La lutte contre la dictature et la pseudo-démocratie nécessite une tactique, une stratégie, une doctrine. Le corpus théorique de l’anarcho-syndicalisme y répond. Il doit être vulgarisé, développé pour répondre à ces exigences. J’en rappelle très brièvement pour finir quelques éléments : action directe, anti-parlementarisme, rejet du corporatisme et du nationalisme, fédéralisme, économie planifiée, communisme libertaire, égalité économique et sociale, rejet des structures hiérarchisées et bureaucratiques, etc … Pour cela, nous devons continuer à refuser de nous intégrer au système, de nous embourgeoiser, de contribuer à l’exploitation. Que chacun réfléchisse à tout cela.

CNT-AIT de Caen.

Article extrait du « Combat Syndicaliste », bimestriel de la Confédération Nationale du Travail, Section de l’Association Internationale des Travailleurs. 7, rue St-Rémésy – 31000 Toulouse N° 67 de mars – avril 2001

http://anarsonore.free.fr/spip.php?article111

[1] Le fait qu’un prolétaire détienne quelques actions ne change rien à sa condition ; comme salarié, il ne peut décider ni changer l’ordre des choses. Cet actionnariat, c’est du salariat maquillé par les patrons. La bourgeoisie par contre ne se limite pas pour moi aux seuls propriétaires des structures économiques, mais incorpore les cadres dirigeants, les hauts fonctionnaires, les élus, les financiers, les bureaucrates, c’est-à-dire tous ceux qui tirent avantage en pérennisant le système social inégalitaire et capitaliste.

Le muselage universel: l’actualité de 1896 a 2010… Rien n’a changé !

Posted in actualité, politique et social, politique française with tags , , , , , on 8 juillet 2010 by Résistance 71

Le Muselage Universel

Emile Pouget
Almanach du Père Peinard, 1896.

Il paraît que nous sommes souverains.

Autrefois, c’étaient les rois qui avaient cette veine, aujourd’hui c’est le peuple.

Seulement, il y a un distingo, qui n’est pas négligeable : les rois vivaient grassement de leur souveraineté, — tandis que nous crevons de la nôtre.

Cette seule différence devrait nous suffire à nous fiche la puce à l’oreille et nous faire comprendre qu’on se fout de notre fiole.

Comment, c’est nous qui remplaçons les rois et s’il plaît à un sergot de nous passer à tabac, au garde-champêtre de nous coller un procès-verbal, à un patron de nous botter le cul, tout souverains que nous soyons, nous n’avons que le droit d’encaisser… et de dire merci !

Par exemple, si cette garce de souveraineté nous rapporte peau de balle et balai de crin, y en a d’autres à qui elle profite bougrement.

Au lieu de garder ce trésor sous globe, — kif-kif une relique crétine, avec autant d’amour que si c’était trois poils de la Vierge, ou une des chaussettes de Jésus-Christ, on use de sa souveraineté… Mais on en use de la plus sale façon : on la délègue !

Et, voyez le truc miraculeux : cette souveraineté qui ne valait pas un pet de lapin quand elle était dans nos pattes, devient une source de gros bénefs pour ceux à qui nous la déléguons.

A vue de nez, il semble que ces oiseaux-là, — nos représentants, — devraient être nos larbins, nous obéir au doigt et à l’œil, n’en faire jamais qu’à notre guise, — va te faire lanlaire !

Ces bons délégués nous font la nique et, bien loin d’accepter d’être nos larbins (ce en quoi ils n’ont pas tort, car il est toujours malpropre d’obéir), ils se posent en maîtres et nous donnent des ordres, — ce qui est crapuleux !

Eux que nous avons tirés du milieu de nous ou d’à côté, sont désormais les vrais souverains ; tout doit plier sous leurs volontés : le populo n’est plus qu’un ramassis d’esclaves !

D’où vient ce changement à vue ? De ce que notre souveraineté n’est qu’une infecte roupie, une invention des jean-foutre de la haute pour continuer à nous tenir sous leur coupe.

Voici le truc : à force d’être plumé vif par les gouvernants de l’ancienne mode, rois et empereurs, le populo a fini par y trouver un cheveu et a commencé à ruer dans le brancard.

Quand les grosses légumes ont vu que ça prenait une vilaine tournure, ils ont biaisé et on dit aux rouspéteurs : «Vous avez raison de ne plus vouloir endurer des gouvernants de droit divin ; rois et empereurs sont des tigres altérés de sang, nous allons les foutre en l’air et le peuple prendra leur place : c’est lui qui gouvernera.»

Cette couillonnade avait des petits airs honnêtes qui empaumèrent le populo :

C’est lui qui allait être tout ! Quelle veine, bon sang ! C’est pour lors que ça ronflerait chouettement. Toutes les pourritures de l’ancien régime seraient foutues au rencard…

Tarata ! Quand on en vint à la pratique, ce fut le même tabac que l’ancien régime : les mêmes jean-foutre qui tenaient la queue de la poêle ont continué à gouverner sous le nom de république — l’étiquette seule a changé.

Bien mieux, autrefois le peuple avait le droit de groumer, — puisqu’il ne faisait qu’obéir. Tandis que, maintenant, il n’a même plus cette consolation : quand il veut protester, ses maîtres lui ferment le bec en lui disant : «Tais ta gueule, espèce de ronchonneur ! De quoi te plais-tu ? C’est toi qui as créé ce qui est. C’est dans ta puissante souveraneté que tu as voulu être esclave. Subis ton sort en patience : pose ta chique et fais le mort, — sinon on te fusille !»

—O—

Y a pas à tortiller : cette vaste blague de la souveraineté populaire est tombée rudement à pic pour nous faire perdre le nord. Sans elle on serait arrivé à comprendre que le gouvernement est une mécanique dont tous les rouages fonctionnent dans le but de serrer la vis au populo ; puis, avec deux liards de réflexion, on aurait conclu que le meilleur usage qu’on puisse faire de cette affreuse machine, c’est de la foutre au rencard.

On en serait venu à conclure que pour avoir ses coudées franches, pour vivre sans emmerdements, faut se passer de gouvernement.

Tandis que, grâce à l’embistrouillage de la souveraineté populaire, on a eu un dada tout opposé : on a cherché, — et des niguedouilles cherchent encore, — à modifier la mécanique gouvernementale de façon à la rendre profitable au populo.

Comme d’autres se sont attelés à la découverte du mouvement perpétuel ou de la quadrature du cercle, certains se sont mis à la recherche d’un bon gouvernement. Les malheureux ont du temps à perdre ! Il serait en effet plus facile de dégotter la boule carrée ou de faire sortir des crocodiles d’un œuf de canard que de mettre la main sur un gouvernement qui ne fasse pas de mistoufles au pauvre monde.

—O—

Ah, les jean-foutre de la haute ont été rudement marioles, en nous sacrant souverains !

On est fiers de la chose. — y a pourtant pas de quoi faire les farauds !

Quand on rumine un tantinet, ce que ce fourbi à la manque est rigouillard : y a pas pire trouducuterie.

Pour s’en convaincre, il s’agit de regarder de près le fonctionnement de cette sacrée mystification.

Et d’abord nous n’exerçons pas notre souveraineté à propos de bottes, quand l’envie nous vient. Ah, mais non ! Les dirigeants ont réglé ta chose, — tellement que nous n’usons du fourbi qu’une fois tous les quatre ans.

Cette précaution est indispensable, paraît-il, pour nous empêcher de détériorer notre trésor : la souveraineté est un bibelot fragile, et comme le populo a les pattes gourdes, s’il la manipulait trop souvent, il la foutrait en miettes.

En ne le laissant s’en servir qu’une fois tous les quatre ans, pour renouveler la délégation aux députés, les grosses légumes n’ont pas le moindre avaro à craindre : une fois la comédie électorale jouée, ils ont de la brioche sur la planche pendant quatre ans et ils peuvent s’enfiler des pots de vin et toucher des chèques à gogo.

Voici comment s’opère l’exercice de la souveraineté.

Supposez que je sois votard :

Le dimanche que la gouvernance a choisi, à l’heure qu’elle a fixée (sans, naturellement me demander mon avis) je m’amène au bureau de vote.

Je défile entre une rangée de purotins qui s’emmerdent à vingt francs l’heure — et malgré ça palpent juste trois francs pour leur journée. Ils ont du papier plein les pattes et m’en fourrent jusque dans mes chaussettes… qui sont russes, foutre ! car en ma qualité de votard, l’alliance russe, y a que ça de vrai !

Jusqu’ici tout votard que je sois, je ne suis pas plus souverain qu’un mouton qu’on écorche.

Attendez, ça va venir…

Dans la tripotée de bulletins dont les distributeurs m’ont farci, j’en pige un, que je roule en papillotte.

Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ?

Je n’en sais foutre rien ! Le coco dont le nom est dessus m’est inconnu ; je n’ai pas été aux réunions, ça me dégoûte ; je n’ai pas lu les affiches, elles sont trop cannulantes… quèque ça fait, j’ai confiance !

Mais, nom d’un foutre, ma souveraineté est toujours pucelle : j’en ai pas encore joui.

Quoique j’aie mon bulletin dans les pattes, tout prêt à être enfourné dans l’urne, je ne suis pas encore souverain ! Je ne suis qu’une belle pochetée que la gouvernance tient sous sa coupe, que les patrons exploitent ferme et que les sergots font circuler à coups de renfoncements quand il m’arrive d’être attroupé.

Ne désespérons pas ! je serai souverain.

J’avance… Enfin, mon tour arrive ! Je montre ma carte, — car je suis en carte ; on ne peut pas être souverain sans être en carte.

Maintenant, j’ai des fourmis dans les doigts de pied : c’est sérieux, — évidemment le moment psychologique approche, — j’allonge la patte ; je tiens ma papillotte entre les deux doigts, le pouce et le chahuteur.

Eh là, reluquez ma tronche !

Quelle scie qu’il n’y ait pas un photographe…

Une… deusse… Je vais être souverain !

Juste à la seconde précise où j’ouvrirai mon pouce et mon chahuteur… juste au moment où la papillotte sera lâchée, j’userai de mes facultés de souverain.

Mais, à peine aurai-je lâché mon chiffon de papier que, bernique, y aura plus rien ! Ma souveraineté se sera évanouie.

Dès lors, me voilà redevenu ce que j’étais il y a deux secondes : une simple niguedouille, une grande pochetée, un votard cul-cul, un cracheur d’impôts.

Sur ce, la farce est jouée ! Tirons le rideau…

J’ai été réellement souverain une seconde ; je le serai le même laps de temps dans quatre ans d’ici.

Or, je ne commence à user de cette roupie souveraine qu’à l’âge raisonnable de 21 ans, — c’est un acte si sérieux qu’il y aurait bougrement de danger à me le laisser accomplir plutôt, — c’est les dirigeants qui le disent, et ils s’y connaissent !

Une supposition que je moisisse sur terre jusqu’à la centaine : le jour où j’avalerai mon tire-pied j’aurais donc quatre-vingt ans de souveraineté dans la peau, — à raison d’une seconde tous les quatre ans, ça nous fait le total faramineux de vingt secondes…

Pour être large, – en tenant compte des ballotages, des élections municipales, des trouducuteries électorales qui pourraient se produire, — mettons cinq minutes !

Ainsi, en cent ans d’âge, au grand maximum, en ne laissant passer aucune occase d’user de mes droits, sur mes quatre-vingts ans de souveraineté prétendue, j’aurai juste eu cinq minutes de souveraineté effective !

Hein, les bons bougres, voulez-vous m’indiquer une bourde plus gigantesque, une fumisterie plus carabinée, une couleuvre à avaler, plus grosse que le serpent boa de la souveraineté populaire ?

—O—

Mais foutre, c’est pas tout ! Y a pas que cette unique gnolerie dans le mic-mac électoral.

J’ai dit que, tout en me laissant bonne mesure ce sera rudement chique, si en cent ans d’existence, j’arrive à jouir de cinq minutes de souveraineté effective.

Ecore faut-il pour que je ne sois pas trop volé, que ma souveraineté vienne à terme et ne soit pas une fausse couche.

Or, ça me pend au nez !

Me voici, sortant de poser mon papier torcheculatif dans la tinette électorale. J’ai fait «acte de citoyen» ! Mais cet «acte» ne va-t-il pas tourner en eau de boudin ?

Mon papier va-t-il servir à quelque chose ?

J’attends l’épluchage des torche-culs…

J’apprends le résultat…

Zut, pas de veine, je suis dans le dos ! L’apprenti bouffe-galette pour qui j’ai voté remporte une veste. Je suis donc blousé, dans les grands prix !

Ma souveraineté a foiré. J’aurais aussi bien fait d’aller soiffer un demi-stroc chez le bistrot. Ça m’eût fait d’avantage de profit.

Ce qui peut me consoler un brin, c’est que l’épicemar du coin, qui a eu le nez plus creux que bibi et qui a voté pour le bon candidat — c’est-à-dire pour celui qui a décroché la timballe, — est logé à si piètre enseigne que moi.

En effet, à l’Aquarium, son bouffe-galette s’aligne de telle sorte que, chaque fois qu’il vote, il est toujours dans la minorité.

Donc, mon épicemar est volé lui aussi ; sa souveraineté est comme la mienne, — elle ne vaut pas tripette !

Ainsi, c’est net : je vote pour un candidat blackboulé.

C’est comme si je n’avais pas voté.

Mon voisin vote pour un candidat qui se range dans la minorité.

C’est encore comme s’il n’avait pas voté !…

Et si, au lieu d’être un votard grincheux, j’avais suivi le troupeau des moutons bêlants qui ont voté pour le bidard de la majorité ?

Eh bien, je n’en aurais pas eu un radis de plus en poche ! J’aurais tout simplement la triste satisfaction de me dire que j’ai donné un coup d’épaule à un chéquard.

Dans tous ces arias, que devient ma souveraineté ?

Elle ne devient rien, mille tonnerres ! Elle reste ce qu’elle a toujours été, de la roustamponne : un attrape-nigaud, un piège à prolos, — et rien de plus, nom d’une pipe !

—O—

Comme fiche de consolation, les grosses légumes veulent nous faire gober qu’un tel fourbi a pour résultat de mettre le gouvernement dans les pattes de la majorité.

Ça, c’est encore une menterie faramineuse !

Ce n’est jamais la majorité qui gouverne. Ce serait elle que nous n’en serions pas plus heureux pour ça, attendu que tous les mic-macs gouvernementaux ne sont que des fumisteries d’escamotage : quoiqu’il en soit, je le répète : ce n’est jamais la majorité qui tient la queue de la poêle.

C’est toujours une majorité de crapules qui s’est accrochée à nos flancs — et qui s’y maintient grâce à la gnolerie du populo.

D’ailleurs pour bien se rendre compte que cette racaille n’a rien de commun avec la majorité, y a qu’à éplucher par le menu la distribution des bouffe-galette à l’Aquarium.

—O—

Supposons que la population de la France, qui est, à vue de nez, d’une quarantaine de millions, soit tassée sur une surface grande comme une page de mon almanach.

Or, il y a juste dix millions d’électeurs sur ces quarante millions d’habitants.

Pourquoi 10 millions et non pas 12 ou 18 ? Pourquoi ne commence-t-on à voter qu’à 21 ans ? Pourquoi les femmes ne sont-elles pas électeurs ? Pourquoi faut-il que les bons bougres aient des quittances de loyer pour être inscrits ? Pourquoi les soldats ne votent-ils pas ?

Ça, — ainsi que bien d’autres contradictions, — personne n’a jamais pu les expliquer, c’est la bouteille à l’encre !

Donc, y a dans toute la France que dix millions d’électeurs.

Supposons que ces couillons-là poussent en carré, kif-kif les asperges, et pour les classer prenons les chiffres de la foire électorale de 1893. Ils occuperont juste le quart de la page, soit le carré ci-dessous :

Reluquez ça, les camaros, et en un clin d’œil vous aurez constaté que c’est la minorité qui fait la pluie et le beau temps.

Le carré des abstentionnistes fait à lui seul le tiers des électeurs ; vient à côté le carré des votards dont les candidats n’ont pas décroché la timballe, — ils sont 2.458.000. Ces deux carrés réunis font plus de la moitié : ceux-là se passent de députés.

Viennent ensuite les carrés des élus : celui des socialistes est le plus maigre ; celui des réacs le suit, puis celui des radicaux. Faisant la loi à tous ceux-là nous tombons ensuite dans le trou à fumier des opportunards et des ralliés : c’est eux les plus forts, et c’est eux qui gouvernent… et ils ne sont pas le quart des votards.

Et encore, foutre, faut-il pas crier trop haut qu’ils gouvernent ! Les 300 bouffe-galette qui représentent ces 2. 300.000 votards ont en effet à balancer les 270 birbes des diverses oppositions. Seulement, y a de tels mic-macs à l’Aquarium que la plupart du temps, les députés se fichent de l’opinion de leurs électeurs autant qu’un poisson d’une pomme.

Ils votent suivant les ordres d’un ministre ou les ordres d’un distributeur de chèques. De sorte que ces 2.300.000 andouilles qui ont voté pour des bouffe-galette de la majorité, n’ont — même pas eux ! — la veine d’être représentés selon leur cœur.

En dernier ressort, c’est une douzaine de crapules qui gouvernent la France : des ministres comme Rouvier, Bailhaut ou Dupuy, des distributeurs dec chèques comme Arton ou des banquiers comme Rothschild.

—O—

Quant à espérer s’enquiller dans la mécanique gouvernementale, de manière à se rendre utile au populo, c’est un rêve de maboules et d’ambitieux.

C’est un sale truc que de se foutre tout rond dans un marécage pestilentiel pour se guérir des fièvres. C’est comme Gribouille qui se fichait à la Seine pour ne pas se mouiller.

D’ailleurs, on a été assez salement échaudés par des bouffe-galette qui parlaient au nom du peuple pour être guéris de la maladie votarde.

De tous les types qui avaient du poil au ventre, alors qu’ils étaient au milieu du populo, combien y en a-t-il qui, une fois élus députés, sont restés propres ?

Tolain, Nadaud, Basly et un tas d’autres ont retourné leurs vestes.

Quant à ceux qui ne se sont pas pourris complètement, ils ont pris du ventre et se sont bougrement ramollis.

Le plus chouette est de se tenir à l’écart, de faire le vide autour des tinettes électorales.

Puisqu’on nous serine que nous sommes souverains, — gardons notre souveraineté dans notre poche, ne soyons plus assez cruches pour la déléguer.

C’est pour le coup que les grosses légumes feraient une sale bobine !

Ne pouvant plus se réclamer du populo, tout leur pêterait dans les mains ; les rouages gouvernenemtaux n’étant plus graissés par l’impôt se rouilleraient, et en peu de temps la mécanique autoritaire se déclancherait et ne fonctionnerait plus.

Ce serait pour le populo le commencement d’une riche saison de bien-être !

Voter… C’est se soumettre !

Posted in politique et social with tags , , , , , , on 25 juin 2010 by Résistance 71

Voter, c’est se soumettre…

Par Résistance71 Juin 2010

.. a la loi de la minorité dominante et non pas comme on veut nous le faire croire a l’avis majoritaire, qui de surcroi est également un leurre puisque cela ne fait qu’instaurer une dictature de la majorité, tout en délégant les pouvoirs a une clique d’aristocrates qui font ce qu’ils veulent du pouvoir. Et qu’on ne vienne plus parler des « contre-pouvoirs » qui n’existe que dans l’imagination des « démocrates » indécrotables et des propagandistes de tout poil…

Le système électoral est historiquement la marque de l’oligarchie. Ce que l’on appelle république n’est qu’un compromis entre la monarchie et les poussées démocratiques qui se sont exercées au fil du temps. Le citoyen n’est consideré par la caste politique arrogante et méprisante que comme un électeur et un contribuable. La délégation de pouvoir est une ineptie totale qui ne fait que conforter sans contrôle, la minorité exploitrice dans son rôle de seigneur et la vaste majorité exploitée, dans son rôle de serf, que le globalisme va rendre a une nouvelle forme d’esclavagisme.

Depuis bien longtemps, le politique assumé par nos partis fantoches et obsoletes, a été detourné et acheté par la haute finance. Tout politicien sortant du moule de l’asservissement aux intérêts particuliers des oligarches est broyé a terme par les diktats de ceux qui détiennent la finance et l’influence politique, ce sont les mêmes du reste. Il suffit de voir comment les politicards rampent devant le FMI , la banque mondiale, la BCE ou les PDG des grandes institutions financieres, pour réellement se rendre compte a qui appartient réellement le pouvoir décisionnaire…

Quand on voit cette classe politique arrogante, de droite comme de gauche, qui bafoue la souveraineté du vote populaire en référendum sur le traité européen, contourne sa decision souveraine, car n’étant pas dans la ligne des intérêts particuliers des ordures de la finance qui les commandent, pour remettre la France dans le « droit chemin oligarchique » et a l’encontre de la decision du peuple… C’est explicitement dire au peuple:

« Nous nous foutons royalement de vous et de vos décisions, et nous ferons ce qui est le mieux pour nous et nos protecteurs, avec ou sans vous… »

Et vous voulez encore aller voter apres un coup pareil ?… Apres avoir été bafoué, humilié, il y a encore des citoyens prêts a aller perdre leur temps a placer un papelard dans une urne ?… Non sens total!

Elire est une illusion entretenue, cela donne l’illusion de « participer » a la vie politique du pays.. foutaise.. la politique participative de tous et sur tout est la seule réponse, le peuple fédéré, gere la société lui-même, sans délégation de pouvoir, qui n’a absolument pas lieu d’etre.

Une chose est claire depuis bien longtemps et il serait grand temps que les citoyens s’en rendent compte une bonne fois pour toute:

L’oligarchie dirigeante n’oeuvre que pour ses propres intérêts… son propre maintien au pouvoir, et sa propre jouissance des privileges inherents, que viennent simplement regulierement légitimer les « consultations électorales », qui ne sont qu’une mascarade de légalisation du systeme par une fraction du peuple… en cela voter c’est acquiescer a se faire voler, piller, trousser, houspiller, virer, taxer (voler pardon, je l’avais déjà dit…).

Dans ce cirque barnum du politico-social a la sauce propagandiste, les politicards de tout poil ne sont que des hommes sandwiches qui vendent leur salade, promus eux-memes par des stratégies commerciales comme on vend un paquet de lessive. Le citoyen, dans la masse de l’opinion publique n’est qu’un consommateur qu’on matraque a grand coup de slogans et de propagande… La volonté générale n’est que pâture au clientélisme, le citoyen engoncé dans son role de chair a urnes et a impôts, qu’on sort pour le dépoussiérer et lui redonner l’illusion participatrice une fois de temps en temps au court des grands messes paiennes electorales des dieux de la finance. L’éducation et l’information ne sont que propagande, le débat et la délibération réels confisqués et totalement biaisés par une presse vendue et achetée par le conglomerat utile a l’élite des cartels du show-business médiatique.

Les élus ne représentent pas le peuple, ils représentent les intérêts particuliers de ceux qui les ont commandités en premiere instance… Le peuple ne fait que légitimer la supercherie!

Voter est une perte de temps… Le systeme est une mascarade !…

Le cirque Barnum du désir de puissance et de profit absolu…

Cherchez a qui cela profite.. et boycottez cette ineptie.. Le pouvoir au peuple et rien qu’au peuple…

« Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait illégal depuis longtemps »
— Emma Goldman —