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Grèce: Tsipras & Varoufakis faux-nez de l’oligarchie (John Pilger)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, Social & Retraite, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 juillet 2015 by Résistance 71

Une fois de plus comme le confirme ici le toujours excellent John Pilger: Il n’y a pas de solutions au sein du système.

Comme le nez au milieu de la figure: une évidence !…

— Résistance 71 —

 

Le problème de la Grèce n’est pas seulement une tragédie, c’est un mensonge

 

John Pilger

 

13 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-problem-of-greece-is-not-only-a-tragedy-it-is-a-lie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une trahison historique a consummé la Grèce. Ayant mis de côté le mandat de l’électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré le vote tsunami du “NON” de la semaine dernière et a secrètement acquiescé à une série de mesures répressives d’appauvrissement en retour pour un “sauvetage” qui veut dire un sinistre contrôle étranger du pays et un avertissement au monde.

Le premier ministre Alexis Tsipras a poussé au parlement une proposition pour que soient coupés quelques 13 milliards d’euros des dépenses publiques, 4 milliards de plus que la figure “d’austérité” rejetée majoritairement par le peuple grec dans un referendum le 5 Juillet dernier.

Ceci inclut une augmentation de 50% des coûts d’assurance maladie pour les retraités, dont pratiquement 40% d’entre eux vivent dans la pauvreté ; de grandes coupes dans les salaires du secteur public ; la privatisation complète de services publics tels que les aéroports et les ports ; une augmentation de la TVA à 23%, maintenant appliquée aux îles grecques où le peuple a du mal à joindre les deux bouts et bien plus à venir.

“Le parti anti-austérité remporte une éclatante victoire”, titrait le Guardian de Londres le 25 Janvier. Le journal appelait Tsipras et sa bande de camarades bien éduqués des “gauchistes radicaux”, Ils portaient des chemises sans cravate et le ministre des finances se balladait en moto ; il était décrit comme la “rock star de l’économie”. Tout cela n’était qu’une façade. Ils n’étaient pas les radicaux que ce cliché implique, ils n’étaient pas non plus “anti-austérités”.

Pendant six mois, Tsipras et le maintenant déchu ministre des finances, Yanis Varoufakis, ont fait la navette entre Athènes et Bruxelles, Berlin et autres centres du pouvoir financier européen. Au lieu de la justice sociale pour la Grèce, ils sont parvenus à un nouvel endettement, à un appauvrissement approfondi qui remplaceraient à peine une pourriture systémique fondée sur le vol des revenus des impôts par les grecs super-riches en accord parfait avec les valeurs “néo-libérales” européennes et des emprunts bon marché et hautement profitables pour ceux qui cherchent maintenant à obtenir le scalp de la Grèce.

La dette de la Grèce, rapporte un audit du parlement grec, “est illégale, illégitime et odieuse”. En proportion, elle est de moins de 30% de la dette de l’Allemagne, son créancier le plus important. Elle est moins que la dette des banques européennes dont le “package de sauvetage” en 2007-8 fut à peine controversif et est demeuré impuni.

Pour un petit pays comme la Grèce, l’Euro est une monnaie coloniale: Une laisse qui le lie à une idéologie capitaliste si extrème que même le pape la déclare “intolérable” et “la fange du diable”. L’Euro est à la Grèce ce que le dollar US est aux territoires isolés du Pacifique dont la pauvreté et la servilité sont garanties par leur dépendance.

Durant leurs périgrinations à la cour des puissants à Bruxelles et Berlin, Tsipras et Varoufakis se sont eux-mêmes présentés comme n’étant ni “radicaux”, ni mêmes “gauchistes”, pas mêmes comme de simples et honnêtes socio-démocrates, mais comme des arrivistes supplicateurs dans leurs demandes et leurs plaidoiries. Sans bien sûr sous-estimer l’hostilité à laquelle ils ont dû faire face, il est juste également de dire qu’ils n’ont fait montre d’aucun courage politique. Plus d’une fois, le peuple grec a eu vent de leurs “plans d’austérité secrets”, fuités aux médias: comme la lettre du 30 Juin publié par le Financial Times, dans laquelle Tsipras promettait aux patrons de l’UE, de la BCE et du FMI d’accepter leur demandes les plus basiques et les plus vicieuses, qu’il a maintenant acceptées.

Quand l’électorat grec a voté “NON” le 5 Juillet à cette donne totalement pourrie, Tsipras a dit: “Lundi le gouverneent grec sera à la table des négociations après le referendum avec de bien meilleures propositions pour le peuple grec.” Les Grecs n’ont pas voté pour de “meilleurs termes”. Ils ont voté pour la justice et pour leur souveraineté, comme ils l’on déjà fait le 25 Janvier (en donnant la victoire électorale à Syriza)

Le jour d’après les élections de Janvier un gouvernement véritablement démocratique et oui, radical, aurait arrêté chaque euro sortant du pays, aurait répudié la dette “illégale et odieuse”, comme l’Argentine l’a fait avec grand succès, et aurait expédié un plan pour sortir de cette zone euro totalement incapacitante. Mais il n’y avait aucun plan de la sorte. Il n’y avait que la volonté de “s’assoir à la table” pour rechercher de “meilleurs termes”.

La véritable nature de Syriza a été rarement examinée et expliquée. Pour les médias étrangers, ce n’est rien de plus qu’un parti “gauchiste” ou “d’extrieme gauche” ou “noyau dur”, terminologie de confusion habituelle. Quelques uns des supporteurs internationaux de Syriza ont atteint, à un moment, des niveaux de groupies et de soutien béat qui rappelaient le temps de la monté de Barack Obama. Peu ont questionné: qui sont donc ces “radicaux” ? En quoi croient-ils ?

En 2013, Yanis Varoufakis a écrit ceci: “Devrions-nous nous féliciter de cette crise du capitalisme européen comme étant une opportunité de le remplacer par un meilleur système ? Ou devrions-nous être préoccupés et soucieux de ceci pour nous embarquer dans une campagne de stabilisation du capitalisme ? Pour moi, la réponse est claire. La crise de l’Europe a très peu de chance de donner naissance à un système meilleur que le capitalisme… Je me plie à la critique du fait que j’ai fait campagne sur un agenda fondé sur la supposition que la gauche était, et demeure, franchement vaincue… Oui, je voudrais mettre en avant un agenda radical, mais non, Je ne suis pas préparé à commettre l’erreur du parti travailliste qui suivit la victoire de Thatcher… Qu’est-ce que cela a fait en GB au début des années 1980 en faisant la promotion d’un agenda de changement socialiste que la société britannique méprisa tout en suivant le trip néo-libéral de Thatcher ? Rien en fait. Quel bien cela fera t’il aujourd’hui d’appeler à un démantèlement de la zone euro et le L’UE elle-même ?…

Varoufakis omet totalement de mentionner le parti social-démocrate qui divisa les socialistes et le vote travailliste et mena directement au blairisme. En suggérant que le peuple britannique “méprisa le changement socialiste”, alors qu’aucune réelle opportunité ne lui fut offerte pour parvenir à ces changements, il se fait l’écho d’un Tony Blair.

Les leaders de Syriza sont une sorte de révolutionnaires, mais leur révolution est l’appropriation perverse, familière, des mouvements parlementaires et socio-démocrates par des libéraux déguisés et équippés pour obéir à la ligne néo-libérale et à une ingénierie sociale dont le visage authentique est celui de Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand, un voyou impérialiste. Tout comme le parti travailliste (NdT: les socialos d’outre-Manche) en Grande-Bretagne et ses équivalents parmi les anciens partis socio-démocrates comme le parti travailliste australien, se décrivant eux-mêmes comme étant toujours “libéraux” et même “de gauche”, Syriza est le produit d’une classe moyenne hautement éduquée, influente et hautement privilégiée, “éduquée dans le post-modernisme”, comme l’écrivit Alex Lantier.

Pour eux, le terme de classe sociale n’est pas mentionable, sans parler de celui d’une lutte incessante, et ce indépendamment de la réalité des vies de la plupart des êtres humains. Les pontes de Syriza sont bien élevés, ils ne mènent pas du tout à la résistance que la plupart des gens ordinaires attendent, comme l’électorat grec l’a si bravement démontré, mais ils mènent à de “meilleurs termes” dans un statu quo vénal qui canalise et punit les pauvres. Lorsque fusionnés avec une “politique identitaire” et ses distractions insidieuses, la conséquence n’est pas la résistance, mais la soumission. La vie politique “de base” en Grande-Bretagne est l’exemple flagrant de tout ceci.

Cela n’est pas du tout inévitable, ce n’est pas quelque chose qui est gravé dans le marbre, si nous nous réveillons de ce long coma post-moderne et rejetons les mythes et les mensonges de ceux qui affirment nous représenter et si nous nous battons.

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Nouvel Ordre Mondial: La riposte attendue de l’empire à la Grèce

Posted in actualité, économie, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 10 juillet 2015 by Résistance 71

Nous l’avons déjà dit et le répétons, la seule solution pour Tsipras est de mettre le peuple véritablement aux commandes et organiser le pays en autogestion et en assemblé populaire et de dissoudre l’État et les institutions, y compris les banques…

Le système est bien verrouillé de l’intérieur et de fait: IL N’Y A PAS DE SOLUTION AU SEIN DU SYSTEME !!… Toute solution viable se trouve AU DEHORS. Il faudra bien que les citoyens du monde se rendent à cette évidence de longue date, de très longue date.

— Résistance 71 —

 

Comment l’empire va riposter

 

The Saker

 

6 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.net/comment-lempire-va-riposter-2/

 

Bon, maintenant que nous avons tous célébré la belle victoire grecque du NON! à la ploutocratie de l’UE, il faut revenir sur terre et regarder quelles sont les options de l’Empire. Ou, en fait, le seul choix de l’Empire.

L’Empire est extrêmement prévisible. L’exemple de la Grèce est un cas d’école de la façon dont l’Empire utilise les banques pour soumettre un pays par la dette, créer une classe dirigeante prédatrice, tourner les médias nationaux en instrument de propagande impériale et tenter de stopper complètement tout processus démocratique en ne traitant qu’avec la classe dirigeante stipendiée et corrompue. Par un quasi miracle cette dernière phase a échoué dans le cas de la Grèce.

Je pourrais me tromper, mais mon sentiment est que l’Empire n’a jamais pris Syriza très au sérieux ou, s’il l’a fait, il l’a fait trop tard. Quant à Tsipras et Varoufakis, ils ont probablement été autant surpris que le reste d’entre nous quand ils ont soudainement été surclassés de la direction d’un parti représentant 5% des électeurs à la direction de l’ensemble de la nation grecque.

J’ai aussi le sentiment que ni Tsirpas ni Varoufakis n’attendaient vraiment le tsunami qu’ils ont déchaîné avec ce référendum. Mais quel que soit le cas, ce qui est fait est fait, sous le regard absolument horrifié la Secte des bureaucrates de l’UE, le peuple grec a parlé et maintenant l’Empire n’a plus qu’une seule option : coopter ou renverser le gouvernement grec, selon ce qui fonctionnera le mieux.

Mon sentiment  strictement personnel est qu’il est trop tard pour coopter le gouvernement. En outre, à la fois Tsipras et Varoufakis sont devenus des personnages tellement détestés par la Secte des eurobureaucrates que le renversement sera probablement l’option préférée.

Apparemment, ce processus est déjà en cours. Varoufakis qui , pas plus tard qu’hier disait à un journaliste « vous devrez faire avec moi » , a d’ores et déjà démissionné. Quant à Tsipras, il semble mendier pour des négociations. Je souhaite me tromper, mais je suis très déçu par ce que j’ai vu jusqu’ici.

Maintenant, une autre révolution de couleur à venir  ?

L’exemple de Kadhafi montre clairement qu’un leader national peut totalement rouler pour les impériaux et se soumettre à eux et, malgré tout, être renversé. Ma conjecture est qu’aucun  concession de la part de Tripras ne sera suffisante pour le maintenir au pouvoir. Il a humilié la Secte et ils ne lui pardonneront jamais. La seule solution logique pour l’Empire est maintenant de faire un exemple de la Grèce.

Peu importe ce que, la Grèce fera face à des temps extrêmement difficiles, à la fois politiquement et économiquement. Nous avons vu récemment comment un pays – dans ce cas, l’Arménie – peut être facilement puni pour avoir osé désobéir aux diktats impériaux. Je pense que la Grèce est maintenant un pays beaucoup plus faible et fragile. Premièrement, les Allemands et les Américains  gèrent et même possèdent plus ou moins déjà les lieux. Deuxièmement, un bon tiers du pays était disposé à accepter les termes de l’ultimatum de la ploutocratie transnationale. Troisièmement, la Grèce est entourée par l’Otan et l’instabilité de tous les côtés. Quatrièmement, tous les médias du pays sont détenus par les supplétifs de l’Empire. Cinquièmement, la Grèce manque de ressources naturelles et d’un bon marché extérieur hors de l’UE.

Contrairement à d’autres, je ne crains pas trop l’armée grecque. Oui, elle est généralement du côté des élites prédatrices, mais la dernière chose que l’UE veut est encore une autre junte militaire fasciste au pouvoir dans un pays de l’UE. En outre, la réaction du peuple grec à un coup d’état manifeste peut être très imprévisible.

Je pense que le scénario prochain le plus probable est l’irruption d’un Maidan grec, suivie par les accusations de brutalité policière et tout le reste du scénario typique de révolution de couleur. À la fin de la journée, ce qui se passera dépendra largement de l’attitude de Tsipras et de son parti : s’ils cherchent à apaiser la Secte des eurobureaucrates, s’ils offrent des concessions infinies et s’ils agissent comme des fidèles patriotes de l’UE, ils seront écrasés. Mais s’ils font appel directement au peuple grec pour lui expliquer qu’il s’agit d’une lutte pour la libération nationale et qu’ils ont besoin du soutien, de l’aide et de la protection du peuple, alors ils pourraient bien l’emporter, surtout s’ils ont choisi de se libérer de la zone euro et de se tourner vers l’Union économique eurasienne et la Chine pour leur soutien économique. Je souhaite que je me trompe, mais je ne vois pas Tsipras oser faire quelque chose d’aussi audacieux.

Voilà pourquoi je prédis une révolution de couleur à suivre.

Nous le serons tous bien assez tôt.

Nouvel Ordre Mondial et lobby financier: Le FMI arme de destruction massive de l’oligarchie contre la Grèce…

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… Peut-on encore donner un crédit à Syriza et Tsipras ?… Voyons voir jusqu’où cela ira t’il ?… Nous ne sommes pas aussi optimiste que Lamrani, à suivre donc… Les Grecs doivent faire totale sécession de l’UE et du système étatique, Syriza doit redonner le pouvoir au peuple, qui autogèrera le pays sans intermédiaire. La Grèce n’a plus rien à perdre, elle a une occasion unique de faire l’histoire en devenant une nation sans État, sans institutions, où le peuple gère de, par et pour lui-même…

— Résistance 71 —

 

Les 25 vérités d’Alexis Tsipras sur le chantage du lobby financier international

 

Salim Lamrani

 

 30 Juin 2015

 

 url de l’article original:

http://www.michelcollon.info/25-verites-d-Alexis-Tsipras-sur-le.html?lang=fr

 

Fidèle au mandat que lui a donné le peuple, le Premier Ministre grec a décidé de soumettre l’ultimatum du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Commission européenne à un référendum le 5 juillet 2015 (1).

 

 

  1. Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier 2015, la Grèce subit une « asphyxie économique sans précédents » de la part de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, dans le but de faire plier le gouvernement progressiste et de l’empêcher de « mettre fin à l’austérité et de restaurer la prospérité et la justice sociale ».
  2. Le but des négociations était d’arriver à un accord viable « qui respecterait à la fois la démocratie et les normes européennes » afin de sortir définitivement de la crise.
  3. La Troïka a exigé de la Grèce le respect des accords pris par les gouvernements précédents, dont les politiques économiquement inefficaces et socialement désastreuses ont été majoritairement rejetées par le peuple grec qui a décidé de porter Syriza au pouvoir.
  4. A aucun moment, le gouvernement grec n’a cédé aux menaces des institutions européennes et du FMI.
  5. Après près de six mois de négociations, l’Euro-groupe a présenté « un ultimatum à la République hellénique et au peuple grec ». Cet ultimatum « contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l’Europe ».
  6. L’Europe a présenté « une proposition qui inclut des nouvelles charges insupportables pour le peuple grec et qui nuit au redressement de la société grecque et de son économie, non seulement en maintenant l’incertitude, mais en accroissant davantage les déséquilibres sociaux ».
  7. Ces mesures imposent « une fragmentation du marché du travail » avec une précarisation accrue des contrats, « une diminution des retraites, de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur les produits alimentaires, les restaurants et le tourisme, avec la suppression des réductions fiscales dans les îles ».
  8. « Ces propositions violent clairement les normes sociales européennes et le droit fondamental au travail, à l’égalité et à la dignité ».
  9. Le but de la troïka et de certains membres de l’Euro-groupe n’est pas « de trouver un accord viable et bénéfique pour les deux parties, mais d’humilier tout le peuple grec ».

10. Le but est de « punir une voix différente en l’Europe ».

  1. Le Fonds monétaire international est obsédé par l’austérité et les mesures punitives.
  2. La crise grecque affecte toute l’Europe et menace l’unité continentale.
  3. Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, a été arbitrairement exclu de la réunion de l’Euro-groupe, en violation de la légalité européenne.
  4. « La responsabilité historique en faveur des luttes du peuple hellénique et de la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale. […] nous oblige à répondre à cet ultimatum avec la volonté du peuple grec ».
  5. Un référendum aura donc lieu le 5 juillet 2015 afin que « le peuple grec décide de façon souveraine ». « Face à cet ultimatum et ce chantage, je vous convoque afin que vous décidiez de façon souveraine et avec fierté, comme le dicte l’histoire de la Grèce, au sujet de cette austérité stricte et humiliante, qui n’offre aucune solution ni option qui permette un redressement social et économique ».
  6. « Dans le berceau de la démocratie, nous ne demanderons pas l’autorisation à Monsieur Dijsselbloem [Président de l’Euro-groupe] ni à Monsieur Schaüble [Ministre allemand des finances] » pour célébrer un référendum.
  7. Ce référendum « n’est pas une tentative de scission avec l’Europe mais de scission avec les pratiques qui sont un affront pour l’Europe ».
  8. « Face à cette dure austérité autocratique, nous devons répondre avec démocratie, sérénité et détermination ».
  9. « La Grèce, creuset de la démocratie, doit envoyer un message démocratique claire à l’Europe et à la communauté internationale ».
  10. « Le peuple grec dira un grand non à l’ultimatum mais en même temps un grand oui à l’Europe de la solidarité ».
  11. Au lendemain de ce « non », « la force de négociation du pays sera renforcée ».
  12. Quelle que soit l’issue de la consultation, la volonté du peuple grec sera respectée.
  13. Cette consultation « enverra un message de dignité au monde ».
  14. L’Europe est la maison commune de tous ses peuples. « Il n’a pas de propriétaires et des invités en Europe ».
  15. « La Grèce est et sera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe sera une partie intégrante de la Grèce. Mais une Grèce sans démocratie impliquerait une Europe sans identité et sans boussole ».

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano. Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Conformisme politique: Le flop en ré majeur de Syriza… Une tragédie grecque qui se confirme…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 24 février 2015 by Résistance 71

Nous l’avions dit en préambule d’un article publié le 6 février courant: Il n’y a pas de solutions au sein du système. Même si on peut accorder le bénéfice du doute aux dirigeants de Syriza, le système est tellement corrompu jusqu’à la moëlle qu’il est IMPOSSIBLE de mener de véritables « réformes » auquel il est non seulement hermétique, mais totalement blindé contre…

Une fois de plus des politiciens dits « radicaux » baissent leur froc une fois au pouvoir. Ceci devrait faire comprendre aux gens une bonne fois pour toute que la seule solution pour les peuples est de reprendre la barre du bateau ivre, sans intermédiaires, sans état, sans institutions qui ne sont que des garde-fous pour maintenir le consensus du statu quo oligarchique.

Il était parfaitement prévisible que Syriza allait plier. Le tout est aussi de savoir qu’elles étaient les motivations réelles des politiciens, étaient-ils déjà corrompus avant même de devenir calife à la place du calife ?… Peu importe en fait, que le peuple en tire les leçons qui s’imposent grandement… Toute cette fange systémique politicarde doit partir… à tout jamais ! On y vient, on y vient !…

— Résistance 71 —

 

Glezos : « Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion »

 

Comité Valmy

 

22 février 2015

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5637

 

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’ »entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales.

« Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure », écrit le cadre historique de la Gauche qui apparaît déçu des derniers développements entre la Grèce et ses créanciers.

« Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion », écrit-il en invitant les amis de SYRIZA à participer dans les plus brefs délais à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause.

L’article de Manolis Glezos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement ‘Citoyens Actifs’ :

 » Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.

« L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.

« Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

« Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

« Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

Dommage et encore dommage.

« Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

« Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.

« D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

« Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Manolis Glezos, 
Bruxelles, le 22 février 2015

Économie et impérialisme: Syriza, tragédie grecque en deux actes…

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Autogestion et association volontaire des communes libres, telle est la voie… Passer par les urnes et penser aux « réformes » n’est plus une utopie mais un délire !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !…

— Résistance 71 —

 

Le cheval de Troie de la Troïka :
 Syriza va-t-il capituler en Grèce ?

 

Pepe Escobar

 

6 Février 2015

 

url de l’article:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5591

 

La tragédie grecque de 2015 est une mauvaise version (financière) remixée de la Guerre de Troie. Sauf qu’aujourd’hui, la nouvelle troïka, formée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne (CE) et du Fonds monétaire international (FMI), tient le rôle de la Grèce, tandis que celle-ci est la nouvelle Troie.

Il est clair que la BCE ne va pas y aller de main morte pour faire de la Grèce un État européen en déliquescence. Sa logique étant qu’il faut en empêcher d’autres, comme l’Espagne, et même la France dans un avenir pas si lointain, de fomenter de drôles d’idées. Ou tu rentres dans le rang de l’austérité, ou on j’t’la joue à la flamme moyenâgeuse.[L’affrontement est déjà entré dans la légende. Après que Varoufakis est resté ferme dans son refus de discuter avec la troïka …le président de l’eurogroupe Dijsselbloem lui a glissé quelques mots à l’oreille… comme une réplique à la Pulp Fiction, genre : Je vais t’la jouer à la flamme bien moyenâgeuse, NdT]

C’était tellement prévisible que la destinée d’Athènes, de l’Euro en fait, aboutirait entre les mains du président de la BCE, Mario Maître de l’Univers Draghi, pourvoyeur de la nouvelle estimation trimestrielle qui, en théorie, prévoit de donner un peu plus de temps aux pays européens ravagés par l’austérité pour poursuivre leurs réformes.

Un bref historique est nécessaire. La troïka a imposé à la Grèce un racket économique, mais c’est la population grecque qui en paie le prix. Essentiellement, la dette publique grecque est passée du privé au public lorsque la BCE et le FMI ont sauvé les banques privées (allemandes, françaises, espagnoles). La dette est évidemment montée en flèche. La troïka est intervenue, pas pour sauver la Grèce, mais pour sauver le système bancaire privé.

La BCE a acheté la dette publique des banques privées à prix fort, parce qu’elle ne peut pas acheter la dette publique directement de l’État grec. La cerise sur ce mille-feuilles, c’est que les banques privées ont trouvé les liquidités pour acheter la dette publique de la Grèce, et auprès de qui ? De la BCE, bien sûr, et ce, à des taux d’intérêt ultralégers. C’est purement et simplement du vol et ce sont les voleurs qui ont établi les règles du jeu d’un bout à l’autre.

Mais où est notre argent ?

Le résultat, c’est qu’Athènes est maintenant en faillite. Le ministre des Finances de la Grèce, Yanis Varoufakis, a au moins entrepris sa tournée européenne avec une proposition louable : la BCE pourrait transférer à la Grèce 1,9 milliard d’euros adossés à des obligations grecques ; relever de 10 milliards d’euros le plafond du montant des obligations d’État à court terme ; et ouvrir une ligne de crédit d’urgence avec les banques. Dès le départ, l’élément clé pour Varoufakis c’était d’ouvrir la voie à une renégociation du plan de sauvetage de 240 milliards d’euros de la troïka.

Les faucons de la BCE, comme le Finlandais Errki Liikanen, ont rejeté cette proposition d’un revers de main, en insistant sur le fait qu’en l’absence d’une entente globale, qui équivaudrait à une reddition de la Grèce, pas le moindre euro ne sera donné à Athènes.

Quelle corvée pour Varoufakis et le premier ministre Tsipras, que cette tournée européenne dans le rôle de mendiants suppliants faisant face à une étincelante collection de mafieux doucereux, dont le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, le va-t-en-guerre Donald Tusk.

La semaine prochaine se tiendra une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe, qui précédera un sommet européen le 12 février à Bruxelles, qui ne manquera pas de faire des étincelles.

Bref, c’est mal parti !

Varoufakis a essayé de garder sa contenance, en continuant de dire qu’une sortie de la zone euro serait extrêmement préjudiciable à la Grèce. Ce serait encore plus préjudiciable si Syriza abdiquait totalement en faveur des Maîtres de l’Univers néolibéraux. Cela ne ferait que prolonger indéfiniment la crise économique en Grèce et pourrait finir par amener les fascistes du parti Aube Dorée au pouvoir.

Varoufakis, lors d’une conférence de presse avec le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble à Berlin, n’a pas manqué de souligner que même en se disant d’accord avec 67% du plan en cours, il ne règle en rien le problème de la corruption et de la fraude fiscale en Grèce, qu’il n’est question que du remboursement et non de la remise sur les rails de l’économie grecque.

Pour sa part, Schaüble, c’était prévisible, a proféré une menace à peine voilée d’un avenir incertain sans programme de sauvetage. Le dorénavant célèbre nous ne sommes même pas tombés d’accord sur le désaccord de Schaüble cachait en fait une main de fer dans un gant de velours.

Rien ne laisse croire que des négociations complexes pendant au moins quelques mois suivront, au moment où Athènes tente de revoir sa façon de transiger avec la troïka. La BCE fait comme si la Grèce était condamnée. Elle laisse tomber Syriza en soutenant du même coup les fascistes d’Aube Dorée. Un exemple éloquent de la manière dont la banque centrale voit la démocratie.

Y a quelqu’un pour bombarder Francfort ?

Finalement, nous en arrivons à ceci : sans les liquidités de la BCE (sans au moins un peu de liquide d’ici la fin du mois), la Grèce risque de revenir aux drachmes en n’ayant même pas tiré un seul coup. Ils sont pourtant des légions partout en Europe à le souhaiter. En parallèle, de Lisbonne à Rome, on murmure que si la BCE avait agi de la sorte auprès d’un pays relativement bien armé, les chars d’assaut seraient dans les rues (Mais pour faire quoi ? Bombarder Francfort ?).

Varoufakis insiste : Nous ne capitulerons pas. Ce qui se traduit essentiellement par un défaut de paiement de la Grèce. Nous n’en sommes pas encore là pour l’instant. À très court terme, Draghi sait aussi que si la Grèce obtient une partie des liquidités qu’il lui faut à court terme, ce serait la guerre contre la Bundesbank. Mais cela n’arrivera pas, car la BCE et la Bundesbank sont des complices dans le crime.

La BCE et la Bundesbank sont arrivées de nouveau à la conclusion qu’il n’y a pas de risque de contagion, même si la Grèce quitte la zone euro. La stratégie ne vacillera pas. On écrasera la Grèce et tout ira pour le mieux, l’économie à la terminator de la troïka pourra continuer à fouler au pied des pays en entier.

Méfiez-vous des Maîtres de l’Univers qui sont tout sourire. Draghi et les brutes de la BCE tout de Zegna vêtus [marque de fringues de luxe pour hommes, NdT] auront beau nous faire leurs plus beaux sourires, ce qu’ils démontrent à nouveau de façon sans équivoque, c’est jusqu’à quel point le système des banques centrales est l’ennemi mortel de la démocratie.

Source RT

Traduit par Daniel, relu par jj pour Le Saker francophone

 

 

 

 

 

Syriza en Grèce ou quand le train « électoraliste » en cache un autre…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique française, presse et média, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 8 février 2015 by Résistance 71

Que signifie la victoire de Syriza ?

 

Fred du groupe Proudhon de Besançon (Fédération Anarchiste)

 

7 Février 2015

 

url de l’article original:

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/2015/02/que-signifie-la-victoire-de-syriza.html

 

Une situation économique et sociale catastrophique

Depuis la « crise » de 2008, la Grèce vit sous des politiques d’austérité à grande échelle : impôts et taxes supplémentaires, réduction des retraites, réduction du salaires des fonctionnaires, réduction des subventions publiques à la Santé par exemple, non remplacement des départs en retraite, licenciement des contractuels, privatisations des biens publics, vente des infrastructures, etc.

La population s’est révoltée et a manifesté en nombre, dans tout le pays, tout au long de ces années mais les mobilisations n’ont pas suffi à inverser la tendance. Malgré les milliers de personnes dans les rues, les gouvernements, retranchés derrière les barrages policiers, votaient toutes les lois de casse sociale.

Les émeutes, les affrontements, les grèves n’ont pas été victorieuses. Il y a eu une valse des différents partis politiques et, comme dans chaque crise, les partis d’extrême-droite (Aube dorée) ont essayé de canaliser et détourner la colère populaire contre les étrangers. Des attaques ont eu lieu faisant de nombreuses victimes. Des antifascistes ont été tués. Heureusement, la contre-attaque a été à la hauteur et a permis de limiter, voire détruire, la menace fasciste. Il faut dire que la Grèce a une histoire marquée par la dictature des colonels, jusque dans les années 70. La tradition antifasciste est donc encore fortement présente. Le gouvernement avait même pris, tardivement, des mesures condamnant des leaders de ces partis d’extrême-droite.

Victoire de la « gauche radicale »

Aujourd’hui, c’est « Syriza » qui tient le haut du pavé avec des nuances et des accents populistes, souverainistes inquiétants. Le discours anti-européen, contre les politiques d’austérité, peut plaire. Reste à voir quelles seront leurs marges de manœuvres et leurs choix politiques. « Syriza » a donc recueilli 36 % des voix (exprimées) en Grèce. Si ces résultats conduisaient à redonner de l’espoir et de la dignité à celles et ceux parmi les prolétaires et les incitait surtout à investir les luttes sociales en cours, nous ne bouderions pas notre joie. Tant mieux si Syriza parvient à améliorer un peu le sort des millions de Grecs en galère, plongés dans la misère que leur imposent cyniquement les capitalistes et les dirigeants politiques de Grèce et d’Europe.

Or hélas, nous doutons que cet événement donne un meilleur environnement aux luttes sociales et aux conditions de vie sinistrées des prolétaires de Grèce et d’ailleurs. L’arrivée au pouvoir de Syriza risque d’entraîner des illusions mortelles pour une bonne partie du prolétariat, en le détournant des luttes.

Contrairement aux idées reçues, « Syriza » ne se réclame pas de l’anti-capitalisme. « Syriza » n’est qu’une coalition hétéroclite de gauche. Une fois élu, Syriza a fait une alliance avec un parti de droite souverainiste ! Certaines personnes, pleines d’espoir et d’illusions, voient déjà un réveil des peuples européens et attendent la victoire de « Podemos » en Espagne. Notons que dans ces deux pays, la résistance aux politiques d’austérité s’est faite, avant tout, par la société civile, par des mouvements sociaux comme les Indignés, par des récupérations, des occupations, des collectifs citoyens, des assemblées générales de quartier, etc. Il y a donc une vraie base militante qui lutte quotidiennement contre les effets des politiques de casse sociale en Grèce, en Espagne et ailleurs.

C’est cette force qui constitue notre espoir et qui ne doit pas se laisser berner par les illusions électoralistes. N’oublions pas qu’en France, la victoire du Front populaire, en 1936, a été suivie de grèves et d’occupations qui ont permis d’obtenir des avantages sociaux réels. Cela est vrai partout et en tous temps. Dans le meilleur des cas, les gouvernements ont besoin d’une pression populaire pour prendre des mesures d’intérêt public, collectif. Mais le plus souvent, ils ont besoin que le peuple les rappelle à l’ordre et les contraigne à faire ce pour quoi ils ont été élus.

Quelles suites ?

En France, comme ailleurs, tout le monde essaie de s’attribuer la victoire de « Syriza » (même le PS qui y voit une victoire de Hollande dans sa soi-disant remise en cause de la politique d’austérité européenne. Quand on voit la politique anti-sociale du gouvernement, on a de quoi rire.. ou pleurer). Or la gauche institutionnelle du « Pasok » (PS), qui gouvernait jusque là, obtient moins de 5 % des suffrages exprimés. Une claque sans précédent ! La gestion politique du capitalisme, par essence inégalitaire et autoritaire, quels que soient les atours de “gauche” dont il se pare, ne peut conduire qu’aux désillusions. Avec la victoire de « Syriza », la bourgeoisie prévoit déjà l’étape prochaine. Partout en Europe, elle s’oriente vers une gestion autoritariste de la société, en forme d’occupation policière renforcée de l’espace social, de nouveaux dispositifs législatifs liberticides au nom de la “lutte antiterroriste”, de mise au pas des espaces de lutte dans et hors le monde du travail.

Pour en revenir à la Grèce, contrairement à ce que le spectacle médiatique prétend, la victoire de « Syriza » ne fait pas l’unanimité chez les militants, bien loin de là. Les anarchistes, très présents en Grèce dans les mouvements sociaux, ont appelé à une grève du vote. Force est de constater que, dans un pays où l’abstention est interdite, conduisant à des difficultés pour l’obtention de papiers (passeport, permis de conduire), l’abstention reste impressionnante pour ces élections grecques pourtant surmédiatisées, s’élevant à 36 %. Soit bien plus d’abstentionnistes que de personnes votant « Syriza »… c’est étrange, les médias en parlent peu.

En tous cas, la population n’a pas attendue la victoire éventuelle d’une nouvelle clique de politiciens. Face aux effets dévastateurs de la crise, des alternatives se sont mises en place afin d’assurer les besoins vitaux des habitants et des habitantes. Ce sont des squats, des cuisines autogérées, des dispensaires, etc. Dernièrement, la Fédération anarchiste a fait le choix de soutenir un dispensaire dans le « quartier anarchiste », d’Athènes, Exarcheia.

Soutien aux alternatives concrètes

En Grèce, la sécurité sociale, qu’on appelle IKA, profondément remaniée, est supprimée au bout d’un an de chômage, alors que plus de 60 % des jeunes sont sans emploi et qu’il n’y a pas de RSA. Sauver des vies, diminuer la souffrance et s’organiser autrement, tel sont les enjeux des dispensaires sociaux et sanitaires autogérés, face au drame d’innombrables demandes de soins. Le nombre d’hôpitaux diminue, mois après mois. Les pharmacies se vident, ayant du mal à se procurer des médicaments, faute de garantie de paiement.

Exarcheia, célèbre quartier d’Athènes, est le cœur de la résistance en Grèce depuis plus d’un siècle. Une structure médicale gratuite autogérée a été créée à l’initiative de l’assemblée générale des habitants du quartier. Elle est située dans le grand sous-sol de l’espace social libre K-VOX, sur la place centrale d’Exarcheia.

Elle propose gratuitement l’accès à un médecin généraliste, un psychologue, un gynécologue, un pédiatre, ainsi qu’un cabinet de radiologie et d’échographie. Et cela, pour toutes et tous, quelles que soient la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle et l’origine.

D’autres alternatives de vie et de luttes existent déjà en nombre à travers toute la Grèce, mais aussi en France, en Europe, dans le monde.

Ce sont elles qui changent le rapport de force, loin du spectacle médiatique et politicien.