Archive pour Syrie ingerence et destabilisation

La Résistance s’unifie contre l’empire de l’Irak au Liban en passant par la Syrie et le Yémen, sous les auspices de l’Iran… (Pepe Escobar)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 24 novembre 2017 by Résistance 71

… L’empire a perdu la main au Moyen-Orient, clair et net. Il est très intéressant de noter que ce concept de milices populaires est ancien et aussi que le Hezbollah avait utilisé cette formule au Liban en suggérant et en aidant à créer et à former la Brigade Libanaise de Résistance à l’Occupation [israélienne]” ou BLRO à la fin des années 90. Cette création de résistance multi-confessionnelle, donc unifiée, prit part à la grande libération du sud-Liban et de la Bekaa occidentale avec le Hezbollah du 24 mai 2000. Notons qu’il y a un “Hezbollah irakien”  depuis plusieurs années et nous ne serions pas surpris d’apprendre que ces PMU y prennent leurs racines…

La resistance contre le colonialisme s’organise et triomphera, l’unification des peuples passe aussi par les peuples occidentaux se libérant de l’idéologie coloniale et se tenant au coude à coude avec leurs frères autochtones de partout. Unification et éradication de l’antagonisme pour embrasser notre complémentarité naturelle inhérente !

~ Résistance 71 ~

 

Le secret de la renaissance irakienne : les milices multi-confessionnelles du peuple soutenues par l’Iran

 

Pepe Escobar

 

14 novembre 2017

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9244

 

La riposte à État islamique, sa défaite et, finalement, la victoire militaire sur les Kurdes sécessionnistes auraient été inimaginables sans les milices irakiennes qui ont fourni la plus grande partie de l’effort humain.

 

Dans la matinée d’une tempête de sable à Bagdad la semaine dernière, Abu Mahdi al-Muhandis, le légendaire chef adjoint de Hashd al-Shaabi, alias “People Mobilization Units” (PMU) et véritable cerveau de nombreuses batailles contre Daech, a rencontré un petit nombre de journalistes et d’analystes étrangers indépendants.

Ce fut un moment de remise en jeu à plus d’un titre. C’était la première interview détaillée accordée par Muhandis depuis la fatwa émise par le Grand Ayatollah al-Sistani – la marja, source d’émulation, et autorité cléricale la plus respectée en Irak – en juin 2014, quand Daesh a traversé la frontière syrienne. La fatwa, traduite librement, se lit comme suit : “Il appartient à tout Irakien, capable de porter des armes, d’aider volontairement les forces armées irakiennes pour défendre les sanctuaires de la nation.”

Muhandis a pris du temps, hors du champ de bataille, spécialement pour la réunion, il est ensuite parti directement pour al-Qaim. Il était sûr que “al-Qaim serait pris dans quelques jours” – une référence à la ville frontalière irakienne tenue par Daech et reliée au bastion de Daech Abu Kamal en Syrie.

C’est exactement ce qui s’est passé seulement quatre jours plus tard. Les forces irakiennes ont immédiatement entamé une opération de nettoyage et se sont préparées à rencontrer les forces syriennes avancées à la frontière – preuve supplémentaire que la restauration de l’intégrité territoriale de l’Irak et de la Syrie est un travail (rapide) en cours.

La rencontre avec Muhandis a eu lieu dans un bâtiment à l’intérieur de la Zone Verte massivement fortifiée – une bulle concoctée à l’américaine totalement isolée de la zone rouge ultra-volatile de Bagdad, avec de nombreux postes de contrôle et chiens renifleurs, tenus par des entreprises privées américaines.

Pour ajouter à la dramatisation, le département d’État américain, a qualifié Muhandis de «  terroriste ». Cela équivaut en pratique à criminaliser le gouvernement irakien à Bagdad – qui a dûment publié une déclaration officielle réfutant avec fureur cette qualification.

Les PMU sont un organe officiel regroupant des dizaines de milliers de volontaires liés au bureau du commandant en chef des forces armées irakiennes. Le Parlement irakien a pleinement légalisé les PMU en novembre 2016 via la résolution 91. Le point numéro 4, par exemple, stipule que « les PMU et leurs affiliés sont soumis à des réglementations militaires qui sont appliquées sous tous leurs aspects ».

Ses vingt cinq brigades de combat – comprenant chiites, sunnites, chrétiens, yézidis, turkmènes, shabaks et kurdes – ont été absolument déterminantes dans la lutte contre Daech à Samarra, Amirli, Jalawla, Balad, Salahuddin, Falloujah (trente cinq batailles différentes), Shirqat et Mossoul (surtout sur l’axe ouest de la base de Qayara à la frontière irako-syrienne, coupant les chaînes d’approvisionnement et bloquant les issues de Mossoul pour éviter les tentatives d’évasion de Daech en Syrie).

Reprendre Kirkouk « en quelques heures »

Muhandis présente les PMU comme «  une force militaire officielle » qui joue un « rôle complémentaire » à celui de l’armée irakienne. Le plan initial était que les PMU deviennent une garde nationale – ce qui est le cas actuellement : “Nous avons des drones de reconnaissance et des unités du génie que l’armée n’a pas. Cela ne nous dérange pas d’être appelés des gendarmes.” Il est fier que les PMU se battent dans une « guerre non conventionnelle », entretenant un haut niveau « militaire et moral » avec «  des victoires obtenues en un temps record ». Et, “contrairement à la Syrie”, sans soutien direct de la Russie.

Muhandis dit clairement que l’Iran est la seule nation soutenant la lutte de l’Irak contre Daech. L’Irak a renvoyé la balle en demandant à la Syrie de «  faciliter les vols des avions iraniens ». Sans accord sur le statut des forces (SOFA) entre Washington et Bagdad, «  les Américains ont retiré les compagnies qui entretenaient les chars Abrams ». En 2014, “nous n’avions même pas de kalachnikov AK-47. L’Iran nous les a données. L’ambassade américaine avait douze hélicoptères Apache prêts à évacuer des diplomates si Bagdad tombait aux mains de Daech.”

Un an plus tard, “Bagdad aurait été occupée” s’il n’y avait pas eu les PMU. “C’est comme si tu étais dans un hôpital et que tu avais besoin de sang. Les Américains se présentent avec la transfusion quand il est trop tard.” Il est catégorique, “les États-Unis n’ont pas fourni une seule balle” dans la lutte globale contre Daech. Et pourtant, Muhandis précise que les “États-Unis peuvent rester en Irak si le gouvernement irakien le décide. Mon opinion personnelle est bien connue.

Muhandis considère la “guerre médiatique” [occidentale] menée contre les PMU comme “normale depuis le début… Les pays qui soutenaient le terrorisme n’ont pas vu venir l’émergence d’une force populaire, et ne reconnaissent pas le nouveau système politique en Irak”. Sur cette note, il ajoute avec tristesse, “vous pouvez sentir l’odeur du pétrole”.

Muhandis a été personnellement blessé à Halabja et dans les opérations anti-kurdes de Saddam Hussein à Anfal. Il était “heureux de voir le Kurdistan sauvé après 1991”, soulignant, “nous avions des martyrs qui sont tombés au Kurdistan en le défendant”. Il se considère comme un ami des Kurdes, entretenant de bonnes relations avec leurs dirigeants. Les conseillers iraniens, aux côtés de l’armée irakienne et des PMU, ont également «  empêché Daech de conquérir Erbil ». Pourtant, après un « référendum unilatéral, l’Irak a dû affirmer l’autorité de l’État ».

La reprise de Kirkouk, largement une opération des PMU, a été “l’affaire de quelques heures”. Les PMU « ont évité de se battre et sont restés dans la banlieue de Kirkouk ». M. Muhandis a précédemment discuté des détails opérationnels avec les peshmergas, et il y avait une coordination complète avec l’Iran et la Turquie. “C’est une idée fausse que les dirigeants kurdes ne pourraient pas compter sur la Turquie.”

Fallujah, enfin en sécurité

Les dirigeants du Kurdistan insistent sur la protection des minorités ethniques, en faisant référence à des milliers de Sabak, Yazidi et Turkmènes – au moins 120 000 familles – contraints par la loi de Daech de devenir des réfugiés de l’intérieur. Après la victoire et la libération, les PMU ont fourni à ces familles de la nourriture, des vêtements, des jouets, des générateurs et du carburant. J’ai pu confirmer que beaucoup de ces dons provenaient de familles de combattants des PMU dans tout le pays.

Les priorités des PMU concernent des équipes de combat du génie, qui ramènent les familles chez elles, après avoir nettoyé les mines et les explosifs, et ouvert les hôpitaux et les écoles. Par exemple, 67 000 familles ont été réinstallées chez elles à Salahuddin et 35 000 familles à Diyala.

Muhandis souligne que «  dans la lutte contre Daech à Salahuddin et à Hawija, les commandants de brigade étaient sunnites ». Les PMU comprennent une brigade chrétienne de Babylone, une brigade Yazidi, et une brigade turkmène. « Lorsque les yézidis étaient assiégés à Sinjar, nous avons libéré au moins 300 000 personnes. » Dans l’ensemble, les PMU totalisent plus de 20 000 combattants sunnites. Comparez-cela au fait que 50% des kamikazes de Daech en Irak étaient des ressortissants saoudiens. J’ai confirmé avec cheikh Muhammad al-Nouri, dirigeant des universitaires sunnites à Falloujah : «  C’est une bataille contre l’idéologie wahhabite. Nous devons nous éloigner de l’école wahhabite et rediriger nos connaissances vers d’autres écoles sunnites. » Il a expliqué comment cela fonctionnait sur le terrain à Haditha, à 30 minutes d’ici : “Nous étions capables de contrôler les mosquées”, et cela motivait les gens à Fallujah. “Falloujah est une ville irakienne. Nous croyons dans la coexistence.”

Après 14 ans d’insécurité à Falloujah et avec l’expansion rapide de Haditha, Sheikh Muhammad est convaincu que « l’Irak déclarera une guerre différente contre le terrorisme ». L’approche multiconfessionnelle a également été confirmée par Yezen Meshaan. Jebouri, le chef de la brigade des PMU à Salahuddin. C’est crucial parce qu’il est membre de la très importante famille sunnite Jebouri, historiquement hostile à Saddam Hussein. Son père est l’actuel gouverneur de Tikrit. Al-Jebouri dénonce “la corruption de l’État dans les régions sunnites”, “une impression d’injustice”, et le fait que pour Daech, “les sunnites qui ne les ont pas suivis devraient aussi être tués”. Il s’inquiète de “l’accumulation saoudienne d’armes développées. Qui garantit que celles-ci ne seront pas utilisées contre la région ?” Et il refuse l’idée que “nous sommes regardés par l’Occident comme faisant partie du projet iranien”.

La victoire militaire rencontre la victoire politique

Loin du terroriste stéréotypé, Muhandis est désarmant, intelligent, spirituel et franc. Et un patriote irakien pur-sang : “L’Irak rétablit maintenant sa position grâce au sang de ses fils. Nous avions besoin d’une force militaire capable de combattre une menace interne. Nous accomplissons un devoir religieux national et humanitaire.”

Ce sont des soldats à part, les milliers de bénévoles supplémentaires des PMU ne reçoivent pas de salaire. Les députés et même les ministres étaient actifs sur le champ de bataille. Muhandis est fier : “nous avons une chaîne de commandement comme l’armée. Les PMU hébergent des milliers de personnes ayant des diplômes universitaires, ils font fonctionner des douzaines d’hôpitaux de campagne, des unités de soins intensifs, et ont le service de renseignement le plus fort d’Irak.”

À Bagdad, j’ai personnellement pu constater que le récit accusant les PMU d’être l’armée privée du Premier ministre Nouri al-Maliki est une absurdité. Si tel était le cas, le Grand Ayatollah al-Sistani devrait être blâmé, puisqu’il est conceptuellement le père des PMU. Hadi al-Amiri, le secrétaire général de la puissante organisation Badr, également extrêmement actif dans la lutte contre Daech, m’a souligné que les PMU font «  partie du système de sécurité, intégré au ministère de la Défense ». Mais maintenant «  nous avons besoin d’universités et de mettre l’accent sur l’éducation ».

Le professeur pakistanais Hassan Abbas, du Collège des affaires de sécurité internationale de la National Defense University à Washington, est allé encore plus loin, car nous avons longuement discuté non seulement de l’Irak et de la Syrie, mais aussi de l’Afghanistan et du Pakistan. “L’Irak est maintenant dans une position unique pour se diriger vers une société démocratique et pluraliste”, prouvant que “la meilleure réponse au sectarisme est l’harmonie religieuse”. Cette “croisade multiconfessionnelle contre le Takfirisme” doit maintenant se retrouver dans les rues “avec la primauté du droit et un système de justice équitable”. Abbas souligne que la base pour l’Irak à construire est le respect de la loi par l’intermédiaire d’une investigation scientifique : “Faire la police est la première ligne de défense.”<P/>

Bagdad a été capable, presque simultanément, de changer doublement la donne, par une victoire militaire à Mossoul et une victoire politique à Kirkouk. Si l’Irak se stabilise, effaçant le culte de la mort de Daech, la Syrie le fera aussi. Comme le note al-Jebouri, « maintenant, chaque communauté doit avoir une part du gâteau ». Au moins 7 millions d’emplois et de retraites sont payés par Bagdad. Les gens veulent le retour des salaires payés régulièrement. Cela commence par une sécurité décente dans tout le pays. Muhandis a été l’ingénieur – sa profession actuelle – de batailles clés contre Daech. Il y a un large consensus à Bagdad pour dire que sans lui, Daech serait fermement installé dans la Zone Verte.

Hashd al-Shaabi (PMU) est déjà un phénomène pop irakien, reflété dans cet énorme clip vidéo de la superstar Ali Aldelfi. Passer de la pop à la politique est tout autre chose. Muhandis est catégorique : les PMU ne s’impliqueront pas dans la politique, “et ne contesteront pas directement les élections. Si quelqu’un le fait, et de nombreuses personnes sont maintenant très populaires, il doit quitter Hashd”.

De la guerre hybride au renouveau national

Après des jours de conversation avec le personnel de Hashd al-Shaabi et l’observation de leur modus operandi sur un champ de bataille hybride complexe, associé à un processus de recrutement actif et à une présence massive dans les médias sociaux, il est clair que les PMU sont maintenant solidement établis comme colonne vertébrale soutenant la sécurité de l’État irakien, assurant une série de programmes de stabilisation – y compris des services médicaux indispensables – et surtout l’introduction de mesures d’efficacité dont l’Irak était totalement dépourvu depuis presque trois décennies.

C’est une sorte de mécanisme de construction de l’État qui naît d’une éthique de la résistance. Comme si la menace inquiétante de Daech, qui a pu déplacer jusqu’à 3,1 millions de personnes, avait secoué le subconscient collectif irakien, éveillé le prolétariat chiite irakien – des masses privées de leurs droits – et accéléré la décolonisation culturelle. Et ce développement complexe ne pouvait être plus éloigné de la bigoterie religieuse.

Au milieu des louanges wilsoniennes et des références au plan Marshall, le ministre des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari est également un ardent défenseur des PMU, insistant sur « une expérience à étudier », « un nouveau phénomène avec une base humanitaire opérant dans un cadre légal » et « capable de briser le siège de la solitude dont l’Irak a souffert pendant des années ».

En référence à l’offensive de Daech, Jaafari a insisté : tout d’abord « l’Irak n’a pas commis de crime », et heureusement, “une nouvelle génération de jeunes est capable de renforcer l’expérience”. L’accent est maintenant mis sur «  une période de participation nationale » après la réconciliation. Il insiste sur le fait que « les familles des membres de Daech ne devraient pas payer pour leurs erreurs ». Les collaborateurs de Daech seront dûment jugés.

J’ai demandé au ministre des Affaires étrangères si Bagdad n’avait pas peur d’être pris dans un échange de tirs mortel entre Washington et Téhéran. Sa réponse a été soigneusement mesurée. Il a dit qu’il avait assez d’expérience avec les néocons “radicaux” de Washington D.C. Et en même temps, il était pleinement conscient du rôle des PMU ainsi que de l’Iran dans la réaffirmation de la souveraineté de l’Irak. Son sourire chaleureux soulignait la conviction que, sur les cendres d’une secte noire morbide, la renaissance irakienne était vigoureusement en marche.

Publicités

La décrépitude de l’empire vue de l’intérieur (VT le jour des anciens combattants)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, CIA et traffic de drogue, colonialisme, documentaire, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, presse et média, résistance politique, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 novembre 2017 by Résistance 71


« Les soldats ne sont pas les protecteurs
de la liberté, ils sont les marionnettes
des intérêts entrepreneuriaux et
d’État afin d’augmenter profit et pouvoir
aux dépends de la sécurité physique et 
financière du contribuable. »

 

L’information en ce 11 novembre 2017

 

Gordon Duff

 

11 novembre 2017

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2017/11/11/intel-drop-november-11-2017/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le faux narratif, le prosélytisme religieux et Hollywood n’ont pas seulement changé la réalité de la guerre, mais ont défini le service militaire moderne. Pendant les années 1920-30, les Marines (NdT: fusiliers marins, corps d’élite de l’armée impérialiste yankee) opéraient dans toute l’Amérique latine et centrale en tant que porte-flingues pour les banques, les compagnies pétrolières et l’agro-industrie.

Ils étaient l’équivalent des voyous de Pinkerton et de leurs meurtres dépeints dans les nouvelles séries télévisées comme “Damnation”, ce d’après Smedley Butler. Le général de l’USMC Butler est bien entendu dépeint par les instructeurs des Marines comme le père du coprs des Marines moderne. Butler a reçu cinq fois la médaille d’honneur du congrès et il fut une fois candidat à la présidence des Etats-Unis, il fut toujours un puissant activiste social et était pleinement socialiste.

En 1934, Wall Street, aidée par l’extrême-droite et la bien anti-américaine “American Legion”, un groupe d’anciens combattants dont les origines les amenèrent en partenariat avec le renouveau du Ku Klux Klan des années 1920, reçurent pour mission de décapiter le gouvernement Roosevelt.

Voyez-vous, la légion, qui louaient régulièrement les services de voyous et de briseurs de grèves durant la grande dépression, admirait profondément Adolf Hitler et avait endossé le manteau de “nativiste” comparable aux mouvements anti-immigrants réapparaissant aujourd’hui. Ce fut Smedley Butler qui les arrêta. Il fut secrètement demandé de commander le coup d’état, mais au lieu de cela, il alla voir Roosevelt et le congrès.

A un moment donné et cela vous en dira bien plus sur le véritable Américain que quoi que ce soit d’autre, Butler, en tant que commandant du corps des Marines, fut assigné à résidence. Il avait apparemment offensé l’élite servile des banksters de Washington en racontant une histoire au cours d’un dîner au sujet de Benito Mussolini qui avait renversé un enfant en voiture et continua son chemin en rigolant. Ceci était vrai, une histoire absolument authentique. Pas une de ces histoires qu’on lit dans les livres. Pas comme une de ces fausses infos d’aujourd’hui.

Mais attendez, il semble que je suis en train de voler des répliques du “Faucon Maltais”. Les ennemis de l’Amérique ont toujours été de l’intérieur. Madison nous avait déjà averti, ainsi que Thomas Jefferson et Lincoln puis J.K Kennedy et d’autres plus récemment. “Ceux” d’aujourd’hui sont virés des chaînes de télévision et d’information, des réseaux journalistiques, virés des universités, leurs sites internets sont bloqués par Google et ils sont toujours accusés de “détester les juifs”. Si vous trouvez cela bizarre, surtout considérant que la majorité de ces diseurs de vérité et dissidents sont probablement juifs eux-mêmes, alors vous commencez à comprendre.

Nous allons commencer aujourd’hui avec l’histoire du comment le corps des Marines a perdu son chemin et pas pour la première fois. Il y a une raison de la mort de 19 000 Marines au Vietnam. J’y étais. Je vais le dire simplement. Les Marines passaient des mois sur le front ou derrière les lignes ennemies, si tant est que cela existait. Les blessés n’étaient que très rarement évacués et mourraient d’hémorragies là où ils étaient tombés et dans les moments critiques, la nourriture, l’eau potable et les munitions étaient inexistantes.

Les conditions décrites par Richard Tregaskis dans son livre de 1943, “Journal de Guadalcanal”, conditions endurées pendant de courtes semaines, laissant les Marines comme des squelettes ambulants, étaient la norme au Vietnam. Les Marines combattants survivants quittèrent le Vietnam sous effet de malnutrition chronique, de conditions de santé constamment dégradées par les effets a posteriori de l’Agent Orange (NdT: défoliant chimique fabriqué par Dow Industry et dont les épandages fréquents causèrent d’énormes dégâts sur la santé humaine des Vietnamiens et de la bidasserie yankee au sol…), qui finirent par les tuer, pour beaucoup dans les quelques années qui suivirent leur retour avec en cadeau le stress post-traumatique.

Le corps des Marines avait lu le bouquin de Tregaskis et avait décidé que comme très peu de ceux qui dirigent le corps avaient de fait expérimenter le combat, ils construiraient leur guerre autour d’un bouquin qui, franchement, était largement un livre de fiction. C’était de la fiction de la seconde guerre mondiale oui, à la John Wayne (NdT: grand militariste et propagandiste de l’extrême-droite yankee, qui néanmoins refusa de s’enrôler pour la guerre tout en incitant les autres bien entendu à le faire… Au delà de la légende, une des plus belles ordures d’Hollywood), qui mena le corps des Marines vers son histoire d’abus de ses recrues et de ses charges à la baïonnettes désespérées, qui devinrent sa tactique commune au Vietnam.

Fiction dans la réalité, falsification de tout, c’est ce qui a mené l’armée américaine, et ce certainement depuis la Corée. Dire que l’armée américaine aujourd’hui est en lambeaux est une vérité qui est devenue un de nos secrets le mieux gardé. Une armée qui tourne sur son corps de sous-officiers d’expérience et de déploiements sans fin pour protéger les champs de pavot d’Afghanistan ou pour jouer un côté contre l’autre en Irak pour le bénéfice d’une politique étrangère menée par Israël, ont rendu une carrière dans l’armée tout a fait intenable. S’ajoutant à tous ces problèmes bien entendu, fut celui de notre déplorable corps d’officiers, une clique de fils à maman, pas différents des dizaines de milliers que le général George Marshall avait extirpé en 1940 er 1941. 30 000 officiers passèrent à la caisse et furent remerciés. Laissée à elle-même, l’armée américaine, menée par les académies militaires, gravite autour de l’extrémisme de droite et la corruption, Quand vous y ajoutez aujourd’hui la religion bidon, celle “de la fin des temps, de l’apocalypse” que professe ces frapadingues de la bible, ceci se transmet dans le corps et dans le curriculum des trois services militaires (NdT: Terre, Air, Mer) et cela devient de la pure trahison.

Obama, aidé par Hagle et Dempsey, a viré les pires d’entre eux, retirant des centaines de chefs militaires incompétents et dangereux, prévenant du reste un coup d’état qui allait impliquer une attaque nucléaire sur l’Iran perpétrée par ces barjots du Strategic Air Command qui étaient parvenus à éviter toutes les sécurités. C’est le même groupe que Trump est en train de ramener pour sa guerre planifiée contre la Corée, tous ces frapadingues du missel qui répondent désormais à Steve Bannon.

Nous allons maintenant passer à autre chose. Nous avons déjà secoué pas mal d’illusions comme cela. Il était grand temps d’admettre que l’armée américaine est aussi bidon que les infos d’aujourd’hui. Lorsque les Américains se sont réveillés et ont réalisé qu’ils soutenaient Al Qaïda et l’EIIL, et personne de mentalement sain ne doute plus de cela aujourd’hui, lorsqu’ils se sont réveillés plus avant et ont réalisé que l’Arabie Saoudite et Israël sont des amis depuis plus de 60 ans et non pas des ennemis comme ils ont prétendu l’être, alors le monde aurait dû clairement identifier qu’il marchait sur les mains.

Ceci veut bien évidemment dire que la guerre de 1973 fut une guerre bidon (NdT: même si de véritables personnes y sont mortes, mais pour des raisons établies comme bidon…), que l’embargo sur le pétrole n’était qu’une mascarade, tout autant que le bombardement du Liban par la Marine et les attentats du 11 septembre, ainsi que tous les mensonges qui aidèrent à mettre en place l’invasion de l’Irak en 2003, la totalité.

Pendant que tout cela se déroule, l’Amérique est systématiquement détruite. Nous avons certainement établi comment l’armée fut mise hors de combat. Nommez un général d’aujourd’hui, ou un amiral, n’importe lequel de ces chefs militaires, qui ne parle pas comme un clown. Nommez-en un, essayez de penser à l’un d’entre eux, essayez plus fort. Aussi pourris qu’il ait été, Petraeus au moins n’était pas fou et vous avez vu ce qu’ils lui ont fait. Ils ont eu aussi McCrystal.

Puis ils ont eu le journaliste du magazine Rolling Stone qui l’a épinglé, Michael Hastings, éliminé. (NdT: Hastings est mort dans un accident de la route des plus suspicieux en juin 2013…). Au fait, jetez un œil sur toutes les histoires au sujet de la mort de Hastings et notez qui est arrivé en premier sur la scène de l’accident supposé. J’en ai assez dit.

C’est une nouvelle fois le jour des anciens combattants (11 novembre) et VT est littéralement bombardé d’histoires, certaines de la part des idiots utiles, d’autres de gens qui essaient de faire une différence. Tout le monde ici passe pas mal à la télé simplement parce que nous sommes une organisation avec le mot d”ancien combattant dans son nom et qu’il est assumé que nous ne sommes pas aussi indépendants que nous le sommes.

Regardons la réalité en face, quand les Américains voient le mot “ancien combattant”, le mot “idiot” vient aussi à l’esprit, tout comme radoteur et cartoonesque. Les anciens combattants sont supposés être des racistes totalitaires, sans esprit, idiots, institutionnalisés et égoïstes. Ce n’est pas comment le public américain les voit vraiment, mais c’est comme ça que les voit le congrès, les politiciens, ce qui explique pourquoi VT a débuté il y a toutes ces années et pourquoi nous continuons de lutter.

L’opération “Tempête du Désert” est un autre fiasco. La première invasion de l’Irak, pas celle qui est toujours en cours. Celle qui n’a pris que 96 heures [en 1991]. Les hommes et les femmes qui ont combattu cette guerre de 96 heures on commencé à mourir nombreux d’une mystérieuse maladie appelée “Le Syndrome de la Guerre du Golfe”. Etait-ce dû aux vaccins expérimentaux ? A l’utilisation de munitions à uranium appauvri par les Etats-Unis sur le champ de bataille ? Ce ne fut certainement pas à cause des incendies des puits de pétrole. Les Etats-Unis ont-ils utilisé des armes chimiques et bactériologiques sur la garde républicaine de Saddam Hussein ? Restons une minute là dessus. L’utilisation d’armes chimiques et biologiques de la part de quiconque n’étant pas un allié des USA, surtout Israël, est une ligne rouge à ne pas franchir. Par ligne rouge nous entendons une chose qui amènera une riposte des Etats-Unis sur toute nation, et ce sans avoir besoin de preuves d’utilisation et aussi bien entendu aussi loin que cette nation n’est pas capable de se défendre. Le gouvernement syrien n’a jamais utilisé de gaz de combat sur son peuple. Encore et toujours, ces attaques au gaz [sarin] en Syrie furent tracées jusqu’aux alliés secrets des Américains, à savoir:

  • Les usines de production chimique secrètes à Tbilissi en Georgie
  • Des groupes sous-traitants privés paramilitaires, incluant le Google Idea Groups/Google Jigsaw
  • Le régime fasciste de Kiev et ses alliés et amis en Turquie et en Israël
  • Des containers d’argent liquide saoudien
  • Les “casques blancs” de George Clooney
  • L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH, NdT: une opération d’intox du MI5 britannique basée à Londres)
  • Les agences et réseaux de presse Reuters et Al Jazeera

C’est un véritable who’s who du soutien des organisations terroristes que nous avons maintenant étalées des côtes marocaines jusqu’aux Philippines. Les armées par procuration des agences de sécurité dont vous connaissez si bien les noms, à commencer avec la CIA, le Mossad qui font le sale boulot que Smedley Butler a si bien décrit comme “Le racket de la guerre” (NdT: le titre de son livre du reste…)

Cette semaine, ce jour des anciens combattants, l’EIIL/daesh est vaincu. Le reste du monde a appris que l’Arabie Saoudite avait kidnappé le premier ministre libanais Saad Hariri dans une tentative de commencer une nouvelle guerre, après que la dernière en date ait échoué. Si l’EIIL et Al Qaïda sont des organisations terroristes, pourquoi donc des milliers de personnes, de l’Arabie Saoudite, des princes al Saoud, jusqu’aux think tanks du Potomac à Washington, peuvent être crédités de l’aide qui leur est accordée pour être disséminées à travers le monde.

Voila les questions qui attaquent dans le bois dur. Donc, nous revenons aux institutions. Qui va protéger la vérité ? Google et Facebook, tous deux très intimement liés aux banksters, manipulent tout sur l’internet. Leur rumeur d’une IA lisant chaque recherche en ligne, chaque courriel, chaque post sur les réseaux sociaux, chaque discussion de forum, qui enregistre chaque achat fait et crée des algorithmes prédiseurs afin de fabriquer un niveau de contrôle global au-delà de l’imagination même d’un George Orwell.

Les institutions, la presse, le gouvernement, la religion, nos écoles, ont tous été systématiquement détruits. Le plan a été simple: guerre, pauvreté, pestilence et mort sont le business de tous les businesses et les gouvernements ne sont rien de plus que des gérants intermédiaires servant un syndicat du crime organisé planétaire, celui sur lequel on tombe systématiquement à chaque fois qu’on regarde ce qu’il se passe derrière le rideau.

Là où les armées ne servent pas, elles sont remplacées par des contractants militaires privés (CMP, mercenaires). Au Moyen-Orient aujourd’hui, incluant l’Afghanistan, il y a sur le terrain de manière effective 200 000 CMP. Il y en a plus de 20 000 qui se battent actuellement au Yémen, payés par l’Arabie Saoudite, la moitié sous le drapeau de l’EIIL et d’Al Qaïda. Près de 50 000 sévissent en Afghanistan, un chiffre que même leurs propres gouvernements n’ont aucune idée.

Ajoutons un fait étrange à tout cela, dès 2004, deux organisations clef ont été privatisées par l’administration Bush. Ces groupes menaçaient de prendre en charge des fonctions du renseignement US au moyen d’éléments contrôlés par Israël, amenés dans le gouvernement américain après les élections truquées de 2000. Au fait, il s’agit du même groupe qui a truqué les élections de novembre 2016. Ce sont des organisations qui furent privatisées et qui sont: l’Agence Centrale du Renseignement (CIA) et le JSOC ou Joint Special Operations Command (NdT: Etat-Major des Opérations Spéciales, EMOS)

Nous avons ensuite ceci:

L’instructeur militaire des Marines Joseph Felix a été condamné à 10 ans de prison pour abus de pouvoir et violences sur de jeunes recrues, des recrues musulmanes. Il faisait partie d’un gang, celui des Christian Evangeslista, qui a fait vœux de garder l’armée américaine libre de tous juifs, musulmans et catholiques. Au centre d’entrainement de Parris Island, la torture des recrues fait partie du programme depuis des décennies. Il y a eu des douzaines de recrues décédées depuis les années 1960 et les instructeurs militaires, certains anciens combattants victimes du Syndrome de Stress Post-Traumatique, voient comme partie de leur boulot de rendre la vie des jeunes recrues un enfer sur terre. Ceci fut toujours la base de l’entrainement des Marines.

Les recrues ont toujours été régulièrement battues, humiliées et même sexuellement agressées. Les instructeurs du corps des Marines font un des plus durs boulots de quelque armée que ce soit. C’en est devenu une plaisanterie dans le show télévisé “Saturday Night Live”, que de dire que les Navy SEALs, les forces spéciales commandos et toute la litanie des opérations spéciales et leurs mecs “glamour”, ne sont rien d’autres que de faux Marines.

Et puisque c’est le jour des anciens combattants, laissons-nous aller à un autre cliché: est-ce que les Marines d’aujourd’hui sont des Marines par les mêmes standards que ceux qui ont combattu durant la guerre du Vietnam ? Tant que nous y sommes, nous allons couvrir ici quelques faits. Les Marines du Vietnam étaient villipendés par leurs compatriotes de la seconde guerre mondiale pour être trop mous et apathiques. Mais en fait, c’est l’opposé qui est la réalité. Il y a eu trop de temps écoulé entre la seconde guerre mondiale et la guerre du Vietnam. La guerre de Corée n’a jamais vraiment affecté l’entrainement de l’armée américaine et elle fut combattue essentiellement avec des rempilés de la seconde guerre mondiale et des conscrits.

Le corps des Marines était énorme durant la seconde guerre mondiale, un million d’hommes et les débarquements étaient typiquement renforcés par de grandes unités de l’armée de terre et dans la plupart des cas, à l’exception de Guadalcanal, les Marines étaient relevés de la zone de combat les jours suivant le débarquement. Pourtant, le corps d’un million d’hommes a perdu 17 000 membres durant la seconde guerre mondiale. Pendant cette guerre, les unités de débarquement des Marines tournaient entre la Nouvelle-Zélande, Hawaii et la Californie, parfois parquées pendant plus d’un an avant d’être sélectionnées pour un nouveau débarquement quelque part.

Ainsi, en moyenne, un Marine de la seconde guerre mondiale a vu environ un quart des combats qu’un Marine a vu durant la guerre du Vietnam. Au Vietnam, 19 000 Marines furent tués au combat, alors que l’effectif de ce corps ne fut que de quelques 20% de celui de la seconde guerre mondiale. Les taux de mortalité pour les 10% du corps des Marines, ceux qui étaient le fer de lance des combats, ont atteint des niveaux de folie avec bon nombre d’unités souffrant jusqu’à 100% de perte et retournant au combat à taux plein de substitution…

Que sommes-nous en train de dire ? Que des entreprises privées, la plupart des sbires corrompus arrosés de fric émanant de “caisses noires” du blanchiment d’argent sale, ont créé un réseau de firmes sous-traitantes privées qui analysent le renseignement, filtrent toute l’information sur les menaces existantes à destination du gouvernement américain et de concert avec l’EMOS, planifient et exécutent des opérations spéciales secrètes dans le monde entier.

Depuis des années, les plus capables et professionnels de l’armée américaine ont quitté le service qu’il soit militaire ou d’opérations clandestines  et ont  commencé à servir des maîtres outre-mer qui leur sont inconnus mais que nous connaissons. Protégés par tout un réseau d’agences de presse, par la législation qui classifie “secret défense” toute l’information et compartimentalise l’affaire pour bien masquer la vérité. C’est ce que nous voyons aujourd’hui dans le monde, en Lybie, Ukraine, Irak, Afghanistan, Syrie, au Yémen, des continents entiers précipités dans une guerre durant des décennies.

Le mariage est simple. Tous les médias sous contrôle, éventuellement Google seul gèrera et les services de renseignement du monde et les gouvernements s’aligneront comme nous l’avons si bien vu en 1914 et si souvent depuis. Ce que nous avons aujourd’hui est ce qui fut auparavant, simplement à bien plus grande échelle. La science, la théorie du chaos et la guerre psychologique, depuis les années 1980, ont rapidement appris que le contrôle est basé sur la distillation d’un sentiment de désespoir, le sentiment “qu’on ne peut rien faire”.

Les flingages publics de masse et les attaques terroristes, l’un après l’autre et pire encore, les théories de la conspiration des suppléants de Google et leur Intelligence Artificielle (IA), maintiennent le public en général ferré à l’appât, troublé, dépassé et à la recherche de boucs émissaires.

Le plan d’action pour aujourd’hui est de SORTIR DES MEDIAS SOCIAUX, rappelez-vous bien ce que nous avons écrit aujourd’hui, partagez-le avec d’autres et RESISTEZ.

Narratif impérialiste et merdias à la botte: La victoire sur l’EIIL en Syrie et en Irak passe inaperçue (Pepe Escobar)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 11 novembre 2017 by Résistance 71

“Les Etats-Unis sont parfaitement capables de semer la ruine et la destruction dans la région, d’extorquer les ressources de celle-ci et d’attaquer ses régimes, partis et peuples. Mais ceci n’est que le pouvoir de l’occupant, du colonisateur et non pas un pouvoir stable. D’un autre côté, notre capacité à intégrer un potentiel, à résister est permanente et exponentielle. Notre droit légitime est en lui-même une source de puissance et notre logique est sûre et déterminée. Nous sommes résolus de continuer sur ce chemin.”

“Le Hezbollah n’a jamais nié que sa relation avec la Syrie est fondée sur les intérêts bien compris de la Résistance [au sionisme]. La Syrie est le seul pays arabe qui a soutenu sans coup férir la Résistance et a aidé à la grande libération du Liban.”

~ Naïm Qassem, SG adjoint Hezbollah, 2005 ~

 

L’EIIL vaincu en Syrie et en Irak mais les médias de masse l’ignore totalement

 

Pepe Escobar

 

10 novembre 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/48186.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a deux jours, l’Armée Arabe Syrienne (AAS), soutenue par la puissance aérienne russe, à finalement pris le contrôle d’Albou Kamal, la dernière base d’implantation de Daesh à la frontière syro-irakienne.

Il y a une semaine, l’armée irakienne et les milices civiles (NdT: chiites) ont reconquis la ville d’Al-Qaim de leur côté de la frontière. Abou Mahdi al-Mohandes, le légendaire commandant des milices a dit auparavant à un petit groupe d’entre nous à Bagdhad que “cela se produirait et que ce n’était plus qu’une question de jours.”

Cela s’est terminé en quatre jours pour être précis.

Les forces syriennes vont maintenant être redéployées dans le nord-ouest, vers Idlib, le dernier bastion des “rebelles modérés” de cette entité appelée le Front Syrien de Conquête, alias, le Front Al-Nosra (NdT: vos savez… ceux qui “font du bon boulot” selon le criminel Fabius), alias Al Qaïda en Syrie.

Le point clef est que les forces armées syrienne et irakienne se sont rencontrées à la frontière, les “djihadistes” de daesh virevoltant alentours ou devenant des cibles sur la route.

C’est l’histoire en marche.

Et bien entendu, virtuellement  rien de cette véritable victoire de terrain sur une véritable guerre contre la terreur, n’est couvert par les merdias occidentaux.

Ceci n’est pas étonnant. Ceci est de fait le travail de Damas, de la Russie, du Hezbollah, des conseillers militaires de l’Iran, de Bagdhad, des milices civiles chiites, en fait le “4+1” et non pas celui de cette “coalition “fantoche” menée par les Etats-Unis incluant la maison bâtardée wahhabite des Saoud et des Emirats Arabes Unis , c’est ce travail qui a pulvérisé le narratif laconique de Washington.

Ainsi, l’histoire en marche ne doit pas être entendue… Elle doit être réduite au silence.

Bien sûr, le projet Daesh de balkanisation de la “Syrak” n’est pas mort.

Pas encore du moins.

La diaspora djihadiste, dans le désert, vers d’autres fronts (Afghanistan, Philippines, Caucase), est en marche.

Les habituels suspects et leurs laquais ne vont simplement pas abandonner.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Les Yankees refusent l’élimination de Daesh…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 11 octobre 2017 by Résistance 71

… qui est leur création ne l’oublions jamais. Le savant fou qui refuse de détruire sa créature, n’est-ce pas un grand classique ?…
~ Résistance 71 ~

 

Le leader du Hezbollah affirme que les Etats-Unis aident Daesh et refusent que le groupe terroriste soit éliminé

 

Press TV

 

8 octobre 2017

 

url de l’article original: 

http://www.presstv.com/Detail/2017/10/08/537890/Washington-offering-generous-support-to-Daesh-terrorists-Nasrallah

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le SG du Hezbollah Hassan Nasrallah dit que les Etats-Unis ne veulent pas que le groupe terroriste takfiri Daesh soit détruit et fournissent une assistance aux terroristes via leurs bases militaires en Syrie.

Nasrallah a fait cette remarque alors qu’il faisait un discours lors d’une cérémonie se tenant à al-Aïn dans le nord de la région de la Bekaa, pour comémorer la mémoire de deux martyrs du mouvement de la résistance.

La cérémonie s’est tenue après la mort au combat du commandant du Hezbollah Ali al-Hadi al-Asheq et du combattant Mohammad Nasserdine, avec cinq autres combattants alors que ceux-ci se battaient contre les terroristes de Daesh la semaine dernière.

“Seuls les Etats-Unis ne veulent pas que Daesh soit totalement annihilé,” a dit Nasrallah dans son discours.

Le leader du Hezbollah a ajouté que les Etats-Unis aidaient Daesh au moyen de leurs bases de la ville syrienne de Raqqa et aussi depuis une base à la frontière syro-jordanienne où les terroristes de Daesh sont en fait entraînés.

L’armée de l’air américaine ne permet pas à l’armée syrienne et aux groupes de la résistance d’avancer vers les positions occupées par Daesh,” a t’il ajouté.

Insistant sur le besoin de continuer le combat contre le groupe takfiri terroriste malgré les efforts de préservation déployés par les Etats-Unis, Nasrallah a dit “si nous ne continuons pas la guerre contre Daesh, le groupe va se reformer et attaquer de nouveau ainsi que recommencer sa campagne de terreur et de massacres.”

Nasrallah a insisté sur le fait que Daesh retournerait dans toutes les zones qu’il a perdu si on arrêtait le combat contre le groupe ; le groupe takfiri est une tumeur cancéreuse qui doit être déracinée. Nasrallah a dit que les Etats-Unis ne voulaient pas que l’armée libanaise combatte Daesh dans ces zones et pour parvenir à ce résultat, ils ont même arrêté toute aide envers l’armée libanaise depuis un certain temps.

Il a ajouté que le groupe wahhabite de Daesh n’était présent que dans de petites portions de l’Irak et de la Syrie mais que le groupe doit être totalement annihilé, faute de quoi, il continuera à terme, de menacer et l’Irak et la Syrie.

Il a noté que la stratégie principale suivie par Daesh était de prolonger son existence de façon à ce qu’il puisse lancer de nouvelles batailles pour reconquérir les villages et les villes perdues récemment.

Ailleurs dans son discours, Nasrallah a noté que le MO faisait face à un nouveau schéma de division aux mains des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite, plan qui était destiné à nuire à l’Iran. Il a déclaré que Washington et Tel Aviv ont continué de mentir au sujet du programme nucléaire de l’Iran, car ils étaient furieux et vexés par l’influence de la République Islamique dans la région.

Le leader du Hezbollah a dit que le problème majeur entre les Etats-Unis et l’Iran était le fait que la RI a fait en sorte que l’Arabie échoue dans son plan régional.

Il a ajouté que la politique de Ryad finira par échouer en Syrie malgré le fait que les autorités saoudiennes envoyaient de larges sommes d’argent et des munitions aux terroristes takfiris sur place.

Nasrallah a ensuite insisté sur le fait que le Hezbollah était un mouvement de résistance très populaire qui bénéficiait d’un grand soutien à la fois au Liban et en dehors, à travers toute la région moyen-orientale, notant au passage que la politique de sanctions des Etats-Unis échouerait dans sa volonté de faire changer les positions du groupe.

Médias, Rojava, censure et propagande ou le maquillage d’une trahison…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2017 by Résistance 71

Articles connexes à lire et diffuser sans modération:

« Que se passe t’il au Rojava ? » (Résistance 71)

« Kurdistan et le voile de mensonge » (VT)

 

Tout “Le Monde” déteste le PKK

 

Pierre Bance

 

21 septembre 2017

 

url de l’artice:

http://www.autrefutur.net/Tout-Le-Monde-deteste-le-PKK 

 

En juin 2017, Pierre Bance, auteur de « Un Autre Futur pour le Kurdistan ? » contactait Le Monde. Après lui avoir réservé une tribune libre sur le Rojava, le quotidien rejetait sa publication… Retour sur cette censure.

Le 13 juin 2017, j’envoyais au quotidien Le Monde une tribune libre avec pour titre « Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord ». Son objet était de montrer que la conquête de Rakka par les Forces démocratiques syriennes n’est pas seulement une opération militaire, mais qu’elle porte aussi le projet politique d’installer, dans la Syrie septentrionale, un système fédéral basé sur des communes autonomes. Cette « auto-administration démocratique », phase préalable au confédéralisme démocratique du leader kurde Abdullah Öcalan, lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Bookchin, est déjà une réalité dans les trois cantons du Kurdistan de Syrie (Rojava). Elle est actée dans deux documents de nature constitutionnelle. Le premier qui date du 14 janvier 2014 est connu sous le nom de Charte du Rojava. Le deuxième en date du 29 décembre 2016 renforce le fédéralisme avec pour vocation de l’étendre aux territoires libérés. D’où son nom, Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord. Comme vous pourrez le lire ci-dessous en annexe, ce libre propos n’est pas une apologie du projet, les critiques qui peuvent lui être adressées comme les interrogations qu’il soulève ne sont pas cachées.

Le 14 juin, Le Monde me répond qu’il souhaite réserver cet article et « qu’une date sera fixée pour sa parution dans le quotidien et, ou, sur son site ». Mais, le 25 juin, c’est une tribune de Jean-Pierre Filiu intitulée « Le vrai visage des libérateurs de Rakka » que Le Monde publie sur la page « Débats » de son site [1]. Je signale aussitôt aux journalistes du Monde que pour nourrir le débat, il serait bon de publier mon texte en contrepoint car il propose une toute autre lecture du contexte kurde.

  • Le personnage Filiu et sa relation avec Le Monde méritent qu’on s’y arrête un instant. Ce spécialiste des pays arabes, professeur à Science Po, membre de divers cabinets ministériels socialistes dont celui de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, s’est pris de passion pour les révolutions arabes, spécialement pour l’opposition démocratique syrienne bien que celle-ci ne représente qu’elle-même et la fantomatique Armée syrienne libre. Concomitamment, Filiu s’est pris d’aversion envers le Mouvement révolutionnaire kurde en général, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et son organisation sœur en Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) en particulier [2]. Le soutien aux premiers n’impliquait pas, au premier regard, la détestation des seconds. Or, l’homme ne se contente pas de critiquer les Kurdes, ses propos frôlent le délire complotiste quand il voit la main malfaisante du PKK partout. Pour s’en convaincre on regardera ses tribunes publiées, plus souvent qu’à leur tour, dans la page « Débats » du Monde.fr. Le Monde qui en fait d’ailleurs sa référence préférée pour le Proche-Orient [3]. Outre sa dernière livraison, « Le vrai visage des libérateurs de Rakka », précitée, on lira avec délice jusqu’où peut conduire l’enferment idéologique dans « La question kurde dans l’impasse » [4] et la sottise en politique dans « Comment le PKK de Cemil Bayik a trahi les Kurdes de Syrie ». Écrits tous démentis par les faits, [5].

Cela étant, ma tribune n’est pas publiée en réponse. Je laisse passer les vacances et relance Le Monde le 4 septembre lui demandant les raisons de son abstention. Je fais valoir que le sujet est plus que jamais d’actualité. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont étendu leur territoire, libérant le canton d’al-Shabba, la région de Mambij et celle de Rakka, encerclant la ville sur le point de tomber, tout en faisant une percée vers Deir ez-Zor. Que, par ailleurs, la Fédération démocratique de la Syrie du Nord a réorganisé son administration en conséquence et que des élections se dérouleront dans quelque quatre mille communes le 22 septembre, et sont prévues aux assemblées des six cantons le 3 novembre, des trois régions et de la Fédération le 29 janvier 2018. Aucune réponse de la rédaction du Monde.

Comment ne pas conclure à une censure ? Certes Le Monde est libre de publier les tribunes qu’il veut, mais il perd cette liberté une fois qu’il s’est engagé sur leur parution. Pourquoi alors cette décision de retrait et ce silence ? Certes, dans mon livre Un autre futur pour le Kurdistan. Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique [6], je reconnais ne pas avoir été tendre pour un journaliste du Monde, Alan Kaval.

  • J’ai dit que certains écrits d’Alan Kaval pourraient l’avoir été par une agence de presse pro-gouvernementale turque [7]. Kaval, qui connaît bien son sujet, n’ignore pas que le PKK a abandonné le marxisme-léninisme pour « son idéologie propre » [8] mais jamais il ne précise honnêtement le projet du confédéralisme démocratique, car un tel exposé ruinerait ses dénigrements. Tout est ramené à des « fantasmes utopiques » [9], une intention démocratique qui « masque mal la mainmise du parti sur les institutions et l’éviction de ses rivaux  » [10] quand il ne se lance pas dans une (perfide) présentation de ce qu’il qualifie d’« assemblage labyrinthique » : « En se retirant de la région, le régime a permis au mouvement kurde de se servir des territoires passés sous son contrôle pour imposer son modèle, celui dit de “l’autonomie démocratique”, la grande idée théorique d’Abdullah Öcalan. Elle est censée aboutir, selon la vulgate diffusée par le PKK, à la construction d’un “système politique sans État où la société se gouverne elle-même”. Sa mise en pratique se traduit concrètement par la construction d’un assemblage institutionnel labyrinthique composé de “maisons du peuple”, de communes, de municipalités, d’assemblées locales, de comités divers et de ministères autoproclamés, où tous les postes à responsabilités sont soumis à une règle de parité stricte entre hommes et femmes. En réalité, chacune de ces institutions, prétendument représentatives, est noyautée par des cadres du PYD, qui ont fait leurs armes au sein du PKK face à l’armée turque durant les décennies précédentes. » [11].

Mais Filiu et Kaval ne sont pas les seuls à abhorrer le PKK, à s’obstiner à voir en lui une organisation nationaliste, autoritaire et terroriste.

  • Quelques exemples. Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul, continue de qualifier le PYD et le PKK d’organisations marxistes [12] et Alain Frachon, spécialiste du Proche-Orient, de partis marxistes-léninistes [13]. Erdogan pourra aussi remercier Louis Imbert qui explique que les Forces démocratiques syriennes sont une alliance « dominée par les cadres issus du PKK » [14] et encore Pierre Breteau qui écrit à peu près la même chose en s’appuyant sur Jean-Pierre Filiu [15]. Enfin, et c’est tout dire de la philosophie générale du journal, dans un récent éditorial à propos du procès de journalistes turcs, Le Monde écrit : «  À qui fera-t-on croire que ces femmes et ces hommes, patriotes responsables, ont maille à partir avec le terrorisme que pratique le mouvement kurde PKK ? » [16].

Y aurait-il un lobby anti-PKK au Monde qui serait intervenu pour stopper la publication de ma tribune préalablement décidée par des imprudents ? Sans doute non, mais plus certainement un groupe de pression qui se fédère naturellement autour de préjugés.

Ainsi, les lecteurs du Monde, s’ils n’ont pas eu la curiosité d’aller voir ailleurs, ne sauront rien de la société sans État des Kurdes. Un projet nouveau pour un Proche-Orient nationaliste, étatiste et si peu démocratique, un projet qui s’adresse également à toute l’humanité. Même si tout n’est pas rose au Kurdistan, loin de là, et je renvoie encore à Un autre futur pour le Kurdistan comme à la tribune ci-dessous, il y a beaucoup à apprendre de l’expérience de la Syrie du Nord, non seulement pour les révolutionnaires tombés dans un trou noir mais pour tous ceux qui, à gauche, souhaitent se libérer du carcan partidaire et étatique. Le vieux monde de la démocratie représentative n’est pas une fatalité. La Commune n’est pas morte, le Mouvement kurde le prouve en Syrie et en Turquie.

Aussi, pour conclure et préciser mon propos, je ne dirai pas que « Tout « Le Monde » déteste le PKK », mais bien que « Tout Le Monde déteste la démocratie directe ».

Paris, le 20 septembre 2017

La tribune censurée par Le Monde.

Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord

En entrant dans Rakka, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices kurdes et arabes, ne libèrent pas seulement la population de la dictature et de l’obscurantisme, elles lui proposent l’adhésion à une société progressiste fondée sur le fédéralisme. Leur ambition démocratique est inscrite dans deux textes de nature constitutionnelle : la Charte du Rojava du 29 janvier 2014 appliquée dans les cantons kurdes de Syrie et le Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord adopté par une assemblée multi-ethnique le 29 décembre 2016. Comme elles le furent pour les soldats de l’an II, les idées émancipatrices expliquent mieux la bravoure des miliciennes et miliciens, que la soif d’exploits militaires ou de conquêtes territoriales.

Rappelons-nous. Au début des années 2000, Abdullah Öcalan et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) firent le constat d’une double impasse : le marxisme-léninisme n’est pas une idéologie en mesure de répondre à la modernité capitaliste ; la guerre de libération nationale pour fonder un État-nation kurde est sans issue. S’inspirant des travaux d’un philosophe américain, Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale et théoricien du municipalisme libertaire, ils imaginent le confédéralisme démocratique. À la faveur de la révolution syrienne de 2011, les révolutionnaires du Kurdistan de Syrie avancent cette théorie et mettent en place de nouvelles institutions civiles et politiques. Chaque communauté ethnique, culturelle, économique, professionnelle, politique… a la possibilité de s’organiser en conseils autonomes lesquels s’unissent au sein de la commune d’un village ou d’un quartier. Les communes se fédèrent aux divers niveaux utiles à la gestion des affaires collectives en observant une stricte parité entre les femmes et les hommes, en garantissant la représentation des minorités. On ne crée pas un État nouveau, on marginalise l’idée même d’État en étendant le champ des autonomies, en s’appropriant ses missions de service public (santé, éducation, infrastructures, transports, énergie, etc.) et en réduisant le plus possible ses fonctions régaliennes. Par exemple, le maintien de l’ordre public et la justice de proximité sont assurés par les citoyens eux-mêmes. Comme l’État est progressivement subverti par la commune, le capitalisme le sera par une économie sociale, écologique et autogérée, initiée par les coopératives de producteurs et de consommateurs. L’utopie prend vie au Rojava (Kurdistan de l’Ouest). Elle s’étend aujourd’hui dans tout le Nord de la Syrie et se présente comme une solution pour la paix au Proche-Orient.

On se doute que mettre en œuvre ces fichues idées, droit venues de la Commune de Paris, n’est pas chose facile avec Bachar al-Assad en embuscade, avec une lutte intense contre l’État islamique, contre les milices nationalistes ou djihadistes de l’opposition syrienne et les menaces récurrentes d’invasion du gouvernement turc. Comment un tel contexte de guerre n’exacerberait-il pas les contradictions ? La Charte du Rojava et le Contrat social de la Syrie du Nord, en maintenant les institutions d’une démocratie occidentale avec la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne consacrent pas le modèle fini de démocratie directe qu’ils invoquent, même si le gouvernement se nomme pudiquement « auto-administration démocratique » parce qu’il estime que son seul devoir est d’exécuter les directives venues d’en bas, des communes. L’organisation sur un mode représentatif, en septembre et novembre, des élections locales puis, en janvier 2018, des élections régionales et nationales, n’est pas non plus une preuve de démocratie directe. On objectera encore que le Parti de l’union démocratique (PYD) est omniprésent dans les institutions politiques, civiles et militaires, qu’une petite-bourgeoise s’installerait volontiers au pouvoir, que les Unités de protection du peuple (YPG, YPJ) et les FDS sont plus proches d’une armée classique avec son décorum militariste que des milices anarchistes de la guerre d’Espagne, que la propriété privée des moyens de production et d’échange n’est pas remplacée par l’autogestion généralisée, etc. L’autonomie démocratique du Nord de la Syrie n’est pas encore le confédéralisme démocratique où l’État n’a plus de légitimité parce qu’il n’a plus d’utilité, elle est une phase intermédiaire d’État fonctionnel nécessitée par les contraintes géopolitiques.

Il reste qu’elle est porteuse d’espoir et à ce titre mérite attention. Que le Mouvement pour une société démocratique (TEV-DEM), fédération des communes et commu-nautés diverses, assure le fonctionnement de la société civile et régule l’économie. Que la plupart des porteurs de délégations, de mandats, de missions ou de commandements, Kurdes, Arabes, Assyriens ou Turkmènes manifestent la volonté de vivre ensemble, en paix, pour aller vers « cette étrange unité que se dit multiple » que Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille plateaux n’imaginaient pas qu’elle fleurirait au cœur de ce Proche-Orient si peu libertaire.

Pierre Bance

Docteur d’État en droit, ancien directeur des éditions Droit et Société. Auteur d’Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique, Les Éditions Noir & Rouge, février 2017, 400 pages.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autre futur.net, espace d’échanges pour un syndicalisme de base, de lutte, autogestionnaire, anarcho-syndicaliste, syndicaliste révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Le Monde.fr, 25 juin 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka/). Lire la réponse cinglante et argumentée d’André Métayer sur le site des Amitiés kurdes de Bretagne (http://www.akb.bzh/spip.php?article1217)

[2] Voir la notice que consacre Wikipédia à Jean-Pierre Filiu (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Filiu).

[3] Pas moins de six mentions entre juillet 2017 et aujourd’hui, sans compter les rappels fréquents à son blog en page d’accueil (http://lemonde.fr/recherche/?keywords=filiu&page_num=1).

[4] Le Monde.fr, 30 avril 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/30/la-question-kurde-dans-limpasse/)

[5] Le Monde.fr, 4 septembre 2016 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/09/04/comment-le-pkk-de-cemil-bayik-a-trahi-les-kurdes-de-syrie/).

[6] Noir et Rouge, 2017, 400 pages (http://www.autrefutur.net/Un-Autre-Futur-pour-le-Kurdistan).

[7] Un autre futur pour le Kurdistan, page 180, note 717. Est plus spécialement visé un article, « La guerre perdue du PKK », paru dans Le Monde du 25 septembre 2016,

[8] « Les Kurdes préparent l’après-EI à Rakka », Le Monde, 30 août 2017. Malgré le titre de l’article, on ne saura rien de ce que préparent les Kurdes sinon des manœuvres de couloir avec les tribus arabes et, toujours, sous le contrôle sans partage du PKK.

[9] « Kobané, “ville musée” de la résistance kurde », Le Monde, 24 mai 2016.

[10] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[11] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[12] « Les Kurdes de Syrie voient l’intervention russe d’un bon œil », Le Monde, 3 octobre 2015.

[13] « Poutine s’en va-t-en guerre », Le Monde, 2 octobre 2015.

[14] « De l’Irak au Liban, l’organisation État islamique seule sur tous les fronts », Le Monde, 26 août 2017.

[15] « Syrie : jour par jour, les combats pour la reprise de Rakka en cartes », Le Monde, 27 juillet 2017.

[16] « Les procès du Bosphore », éditorial du Monde du 26 juillet 2017.

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La forfaiture de la vraie fausse indépendance du Kurdistan sous l’égide impérialiste… (Veterans Today)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2017 by Résistance 71

A lire: “Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique a t’il été trahi ?”

« Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique » 2011

Gordon Duff de VT est un spécialiste de l’endroit où il a vécu (nord de l’Irak, “Kurdistan d’Irak”) et a travaillé. Duff nous rejoint tout à fait pour confirmer que le nœud de l’affaire est le “Kurdistan” mafieux de Barzani à la solde de la CIA depuis des lustres et que ce qu’il se passe au Rojava est une trahison du Confédéralisme Démocratique du peuple kurde de cette région et de l’autonomie kurde par quelques mafieux corrompus du PYD. Le but pour l7empire, étant de relier le “Kurdistan occidental” (syrien) au “Kurdistan oriental” (irakien) sous la même bannière mafieuse contrôlée par l’empire. 

Duff le dit clairement, la corruption et le chantage sont à l’œuvre et le plan israélo-yankee ne pouvait pas fonctionner avec le CD des assemblées populaires en place. Il fallait impérativement casser le CD et imposer une forme étatique “édulcorée” pour donner le change, ceci fut fait l’an dernier avec l’application de cette escroquerie qu’est le “contrat social du Rojava” (suffit de le lire pour s’en convaincre… ce n’est qu’un document constitutif d’un état n’ayant rien à voir avec le CD établi et renforcé depuis 2012 au Rojava). Une fois ce “contrat social” en place, le CD devient impossible et la jonction avec le Kurdistan d’Irak et sa mafia devient une réalité voulue et planifiée par l’empire. Tel est le plan et il est impossible pour tout anarchiste ayant les idées en place, de soutenir une telle forfaiture ! Telle est notre vision de la chose et G. Duff confirme notre position avec cet article ci-dessous.

~ Résistance 71 ~

 

Kurdistan et le voile de mensonges

 

Gordon Duff

 

20 septembre 2017

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2017/09/20/neo-kurdistan-and-the-veil-of-lies/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec le vote au referendum kurde à venir (NdT: en Irak le 25 septembre), plusieurs choses sont claires, “claires comme du jus de chaussettes” comme on dit. Après tout, tout le monde aime bien les Kurdes, les gens les plus charmants et gentils de la planète. Est-ce pour ça que les Turcs les ont massacrés ou que Baghdad est sens dessus-dessous à ce sujet ou pourquoi, lorsqu’on remonte un peu dans le temps, le président américain George H.W Bush (le père) a permis à un Saddam Hussein vaincu de gazer à mort 30 000 Kurdes avec l’accord tacite des Américains ?

Peut-être que ce n’est pas en fait le peuple kurde en lui-même, mais quelque chose d’autre. Nous allons analyser ce vote à venir et ceux qui sont impliqués derrière le rideau. Commençons.

Le referendum kurde est, peut-être, l’évènement le plus mal documenté et le plus mal rapporté des temps récents. Pour l’avide consommateur de fausses nouvelles, le peuple kurde veut avoir un gouvernement indépendant et ne plus être dirigé par Baghdad. Ceci est vrai, bien que saupoudré de faits alternatifs, de pirouettes et de conjecture. En réalité, nous assistons à l’escroquerie du siècle.

Allons droit au but sans perdre de temps inutilement. La nouvelle nation kurde sera un “fourre-tout” pour les clients qui ont manipulé le peuple kurde comme des marionnettes  au travers de leur leadership oligarchique. Et oui, nous parlons ici de gros comptes en banque suisses et de bien des années d’affiliation avec les agences de renseignement israélienne, américaine, turque et saoudienne.

Le peuple kurde lui-même, peut-être parmi les peuples les plus décents et les plus enclins au pardon de la planète, possède quelques uns des biens les plus précieux sur Terre. Il est assis sur d’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel, est sur la route des oléoducs et, peut-être de manière plus importante, peut–être modelé en une nation en forme de serpent s’étendant de la Méditerranée en Syrie, à travers cette nation, à travers l’Irak, vers l’Iran et la Mer Caspienne.. Les Kurdes qui ne désirent que leur diaspora disséminée dans le monde, retourne à la maison, vers la sécurité et la stabilité, vont se retrouver une nouvelle fois “dans la panade”. Voyez-vous, il n’y aurait jamais eu d’EIIL/Daesh en Irak sans ll’accord fait entre les anciennes forces baathistes de Saddam, l’armée construite par le général américain David Petraeus (NdT: avant qu’il ne devienne directeur de la CIA sous Obama, aujourdhui en “disgrâce”..), le tout combiné avec le fric saoudien (NdT: et qatari), l’entraînement fourni par la CIA et les conseillers militaires en armement d’Israël.

Les excellents hôtels de la ville d’Erbil et non plus le seul hôtel d’il y a 10 ans le “Erbil International”, ont depuis des années maintenant été les lieux d’hébergement des équipes des ISR (Intelligence/Reconnaissance and Surveillance), qui ont aidé l’EIIL à devenir cette force militaire crainte.

Erbil, avec son aéroport international, était le véritable QG de l’EIIL/Daesh. Des “hommes d’affaire” travaillant pour des compagnies pétrolières imaginaires entraient et sortaient sans cesse, des agences de sécurité les escortaient au “front”, eux et leur expertise, leur équipement haute technologie, les yeux et les oreilles et la planification stratégique de l’Etat Islamique, d’Al Nosra (NdT: Al Qaïda en Syrie), de l’Armée Libre Syrienne et de douzaines d’autres groupes.

De l’équipement lourd qui ne fut pas seulement suppléé par des traîtres payés par la CIA en Syrie et en Irak et qui détournèrent des milliards de matos militaire vers les terroristes, inondèrent les ratières, Aqaba en Jordanie, Israël, l’Arabie Saoudite, mais surtout la route des Balkans à travers la Turquie, tout y passa, des gaz chimiques jusqu’aux missiles les plus avancés TOW (anti-chars).

Derrière tout ceci est l’histoire, pas seulement de ces 20 dernières années, mais de milliers d’années, alors que le Moyen-Orient fut martelé par un empire après l’autre, les plus importants comme l’Egypte, l’empire perse, l’empire ottoman ou les derniers “acteurs colioniaux vif-argent” en date comme les Français, les Britanniques et maintenant les Américains. Le Kurdistan était Sumaria et Chaldea, Ur et Nineveh, 6000 ans d’histoire commençant avant les contes de la création des derniers venus israélites.

Nous reconnaissons les Kurdes comme une ethnicité unique et ce dès le XVème siècle lorsque commença leur relation bancale avec la Turquie et l’empire Ottoman ; un de ces épisodes étant combattu aujourd’hui, quelques 500 ans plus tard, dans le nord de la Syrie actuelle.

Alors que l’occident divisait le Moyen-Orient à la fin de la grande guerre, créant de telles entités telles que la Turquie moderne et le royaume des Saoud, il n’y eut pas de patrie pour les Kurdes, un peuple laissé à la dérive de l’histoire, un peu beaucoup comme les Palestiniens dans l’après seconde guerre mondiale. Là où les Palestiniens furent expulsés et marginalisés, les Kurdes existaient comme une petite épine dans le pied du géant turc jusqu’à ce que l’heure sonne pour la CIA de se servir d’eux contre Saddam Hussein.

De là, La CIA a infiltré les régions kurdes de l’Iran, fomentant la discorde dans l’après révolution islamique de 1979, évènement qui fut si catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis.

Israël a utilisé les Kurdes pour infiltrer l’Irak, espionnant sur les programmes d’armement de Saddam en achetant son chemin au sein des tribus dissidentes qui joueraient un rôle lorsque Saddam serait parti. Est-ce que ce fut Israël qui manœuvra Saddam dans l’invasion du Koweît, servant de relais à l’accord des Américains pour l’incursion de Saddam et qui fut complètement soutenu par Bush (père), du moins initialement ?

Est-ce un des premiers évènements où le nexus israélo-saoudien montra sa sale tête ? Ceci serait-il aussi un signe montrant à quel point est importante la pénétration des affaires étrangères américaines par les entités israélienne, saoudienne et turque ? La montée des nouveaux cons à la fin des années 1990 fut-elle un autre signe ? Quid du 11 septembre ?…

La “situation” kurde aujourd’hui n’est peut-être qu’un “plan de secours” considérant la défaite à venir de l’EIIL. Si Trump est contrôlé par une agence de renseignement étrangère, ne serait-ce pas bien plus possible que ce soit celle d’Israël plutôt que celle de la Russie ? Est-ce que l’action de l’Amérique, poussant les Kurdes sur Deir Ezzor et vers une confrontation directe avec l’Armée Arabe Syrienne et la Russie sur place, ne va pas bien servir les intérêts d’Israël ? L’effort simultané saoudien offrant ses “bons services” pour régler la dispute Erbil/Baghdad n’est-il pas aussi cousu de fil blanc ?…

Si l’Amérique de Trump est, comme bon nombre le suspecte, un état-client israélo-saoudien, l’effort concerté de l’AS, d’Israël et des Etats-Unis pour utiliser un état kurde comme un tremplin pour bouger contre l’Iran et renouveler le terrorisme dans toute la région, ne serait-il pas une certitude ?…

La Turquie d’Erdogan va t’ellle laisser passer, minimisée, dépassée, bloquée qu’elle est par sa demande d’intégration dans l’UE ou une alliance rivale va t’elle se former ?… Est-ce que le Pakistan, maintenant en porte-à-faux avec les Etats-Unis, va t’il finir pas se séparer de l’AS ? Reconnaissant l’effort de cette nation en Afghanistan et le rôle négatif qu’il a eu sur la sécurité pakistanaise ?…

Quand on examine les intérêts nationaux et le contexte historique, on ignore souvent trop simplement la simple corruption et le chantage et le rôle que joue de tels efforts sur la scène internationale ?

La plupart de la “magie” derrière l’EI était simplement cela, corruption et chantage, les généraux Irakiens et Syriens et même des gouvernements entiers siégeant à Washington, Erbil et Ankara. Sans une plus grande “boîte à outils”, le referendum à venir va peut-être bien fournir le terreau pour une nouvelle génération de massacres, la dernière des choses que veuille le peuple kurde…

Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique y est-il trahi ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 16 septembre 2017 by Résistance 71

“Le confédéralisme démocratique est le paradigme contrasté du peuple opprimé. Le confédéralisme démocratique est un paradigme social non-étatique. Il n’est aucunement contrôlé par un état. Dans le même temps, il est le modèle d’organisation culturel d’une nation démocratique.”

“Le confédéralisme démocratique est fondé sur la participation de la base du peuple. Ses processus de décision reposent sur les communautés. Les plus hauts niveaux de représentation ne servent uniquement qu’à la coordination et la mise en application de la décision des communautés qui envoient des délégués dans les assemblées générales.

~ Abdullah Ocalan ~

 

Lire notre dossier Rojava et notre traduction du “Manifeste du Confédéralisme Démocratique”

Merci à « Bertrand / La Cariatide »

 

Que se passe t’il au Rojava ?

 

Résistance 71

 

15 septembre 2017

 

La révolution sociale du Rojava est-elle en train d’être assassinée par l’empire ?…

Bref récapitualtion pour ceux qui prendraient le train en marche: le Rojava est la province du nord de la Syrie où vit une conséquente population kurde. Sous l’influence politique de transfuges du PKK (Parti Ouvrier Kurde) turc, les Kurdes de Syrie se sont regroupés de manière autonome en appliquant depuis déjà une dizaine d’années un modèle de société égalitaire, géré sur le modèle du Confédéralisme Démocratique (CD, dont l’analyse et le plan général fut écrit en 2011 par le leader du PKK, emprisonné en Turquie: Abdullah Ocalan) et de ses assemblées populaires.

La mise en pratique du CD s’est amplifiée dans la région du Rojava depuis les débuts de l’agression par procuration de l’empire occidental et ses alliés régionaux (Turquie, Jordanie, Israël, Qatar, Arabie Saoudite) sur le peuple syrien afin de s’emparer des ressources naturelles du pays et contrôler l’acheminement du gaz qatari (Exxon-Mobil) vers l’Europe. Ainsi depuis 2012, les milices combattantes de la province autonome kurde du Rojava ont combattu les incursions de l’EIIL (Daesh), libérées les populations Yézidis dans les montagnes des massacres à leur encontre perpétrés par les “djihadistes” de l’armée mercenaire de l’OTAN qu’est Daesh, repoussées les assauts de ces mêmes mercenaires sur la ville principale de Kobané et maintenues actifs les modes de fonctionnements de la société autonome, autogérée et égalitaire mise en place au Rojava par ses populations depuis 2004.

Le CD est le résultat de la profonde réflexion politique d’Abdullah Ocalan, qui à la fin des années 1990 abandonna, ainsi que le PKK, peu à peu l’idéologie marxiste-léniniste ne pouvant mener qu’à la dictature du capitalisme d’état, pour adopter un mode organisationnel directement inspiré du communalisme écologique et municipalisme libertaire, pensé par l’ex-marxiste devenu anarchiste Murray Bookchin et soutenu par sa compagne Janet Biehl, qui s’est rendue au Rojava à plusieurs reprises. Le CD, tel qu’envisagé par Ocalan, est une société fondée sur l’association libre confédérée des communes, où les décisions politiques et économiques sont prises par les conseils et assemblées populaires et où les délégués n’ont aucun pouvoir, seulement le mandat d’expliquer et d’écouter pour rendre compte.

Les circonstances de la guerre en Syrie et les interactions multiples auxquelles ont dû faire face les communautés avec les différents intervenants, a rendu nécessaire la mise en place d’une entité de “communication” issue d’un parti le PYD (2003), branche du PKK turc au Rojava. Techniquement, les cadres du PYD rendent des comptes aux assemblées populaires de leur lieu de fonction.

Avec la poussée et incrustation américaine dans le nord de la Syrie depuis 2015, le Rojava a décidé en 2016 de se donner une constitution de 96 articles, appelée “Contrat Social du Rojava”, qui a été provisoirement mis en application et qui doit être ratifié par une assemblée constituante cette année.

Or, lorsqu’on lit ce “contrat social” du Rojava (2016) après avoir lu le “Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique” d’A. Ocalan (2011), on se rend très vite compte que le “contrat social” émergeant n’est en rien issus du modèle de CD tel que l’a pensé son fondateur et tel qu’il fut mis en pratique sur le terrain du Rojava, dans les communes autonomes, depuis plus de 10 ans et surtout depuis 2011. Il s’agit en fait de la constitution d’un état sur un modèle occidental centralisé, bien sûr édulcoré et mis au “goût local” avec ses provisions pour la multi-ethnicité et le féminisme, bonnes choses en elles-mêmes, mais noyées dans une structure d’assemblée législative aux mandats non révocables de 4 ans, avec un contrôle de la dite assemblée par un comité soi-disant indépendant mais… néanmoins nommé par l’assemblée, avec des gouverneurs nommés, des commissions, ces conseils supérieurs de l’exécutif, judiciaire, aucune mention faite aux assemblées populaires ; bref à notre sens, une véritable mascarade qui ne mènera à terme qu’à l’établissement d’un état kurde, d’un “Kurdistan Occidental”, sur un modèle politique hiérarchique classique dit “pyramidal”, qui verra les décisions à terme, être prises en haut pour redescendre et être appliquées “en bas”.

De fait, le “contrat social” du Rojava est si éloigné du “Manifeste pour un CD” d’Ocalan, qu’on peut légitimement se demander s’il n’a pas été pondu dans les burlingues de Washington par quelques juristes impérialistes à la solde. Pourquoi donc ?

La vaste région historique du “Kurdistan” s’étale en fait sur 4 pays et leurs frontières modernes: la Turquie (ex-empire Ottoman défait en 1918), la Syrie (dont les frontières modernes sont le résultat du détricotage de l’empire Ottoman au profit de deux autres empires: l’anglais et le français de l’époque), l’Irak (ex-empire Ottoman) et l’Iran et possède sa population endémique à l’endroit depuis le néolithique. Cette région de nos jours est toujours l’enjeu du grand cirque du contrôle géopolitique entre les “grandes puissances” pour des raison d’accès, de communication, de ressources naturelles (gaz et pétrole) et de contrôle des populations au profit de l’entité coloniale sioniste locale. La guerre par procuration en Syrie fait partie d’un aussi vaste projet de déstabilisation de la région au profit de l’empire anglo-américano-sioniste et de ses satellites ; depuis 2011, l’empire y utilise, ainsi qu’en Irak, son armée mercenaire djihadiste de l’EIIL ou Daesh, Ne pouvant évincer militairement le régime de Damas, aidé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah, l’empire s’est résolu à une partition de la Syrie, concertée avec ses alliés. Le but de l’empire est de contrôler un couloir de terres allant de l’Iran à la Méditerranée, celui-ci passe par les Kurdistans irakien et syrien. L’affaire se complique dans la mesure où le Kurdistan indépendant irakien n’a absolument rien à voir avec le CD du Rojava. Le Kurdistan irakien est géré depuis l’après Saddam Hussein par un chef de guerre mafieux local du nom de Barzani. Le but de l’empire est de lier les deux entités kurdes du nord. Ceci n’est pas possible dans le contexte du CD, il faut donc court-circuiter le système démocratique en place et y mettre ses pions corrompus qui à terme, s’allieront avec les Kurdes d’Irak.

C’est le but non avoué de cette “constitution / contrat social” de mascarade pour entériner un “sous-état” kurde au nord de la Syrie, sous contrôle de l’empire, qui y installera ses bases militaires et contrôlera les ressources pétrolières via la mafia locale à y établir comme ce fut fait au Kurdistan irakien.

De fait, il devient assez clair que le Confédéralisme Démocratique du Rojava a été trahi, et se retrouve étouffé pas à pas jusqu’à son estompage total au fil du temps au profit d’en entité étatique dont il sera aisé de faire varier le degré de dictature comme dans tout état existant, le tout au profit des intérêts impérialistes et coloniaux occidentaux dans la région. Ceci fait partie du plan impérialiste de partition de la Syrie, état moderne résultant lui-même d’un précédent détricotage colonial et aux “frontières” factices tout comme les états voisins.

Peu d’information filtre depuis l’an dernier du Rojava. Nous avons soutenu et soutenons la véritable initiative du  CD du Rojava depuis quelques années et pensons qu’elle devrait être considérée par le peuple syrien et tous les peuples de la région, arabes, turc, assyrien, arménien et autres comme le mode d’interaction et d’organisation sociales pour l’avenir. Puissent les peuples du monde en venir à considérer ces expériences du Rojava, du Chiapas, et celles à plus petite échelle comme à plus grande, comme expériences politiques d’intérêt à adapter dans et pour chaque société. Au demeurant, il nous est impossible de soutenir l’initiative fantoche du “contrat social” du Rojava tel qu’il est mis en place aujourd’hui et qui ne peut mener à terme qu’à l’étatisation, à la centralisation définitive du système politique et économique de cette région qui se veut autonome et sans État et qui verrouillera le peuple de nouveau dans un système à pouvoir divisé, oligarchique et coercitif, principe de la dictature à géométrie variable constitutif de tout état.

Nous remercions en cette occasion de mise au point un de nos lecteurs et commentateur assidu, “La Cariatide / Bertand”, qui par son titillement critique nous a incité à revisiter cette affaire du Rojava au sujet de laquelle les infos fiables se faisaient de plus en plus rares… et pour cause… Ce qui nous laissa assoupis dans ce secteur d’analyse.

C’est en prenant le temps de lire les textes officiels, que peu de gens lisent en fait, qu’on apprend les choses qui permettent, avec le recul nécessaire, de se forger un avis critique.

En l’occurence, nous révisons notre positon sur le Rojava en affirmant toujours avec passion: Vive le Rojava du véritable confédéralisme démocratique ! et dans le même temps: Non à la mascarade étatique pro-impérialiste du “contrat social du Rojava”, trahison dans le fond et dans la forme, sous l’égide yankee, du confédéralisme démocratique tel qu’il a été pensé et doit continuer à être mis en application pour et par le peuple constitué en assemblées populaires seules habilitées à la prise de décision depuis la base, localement, régionalement et confédérativement !

= = =

confederalisme_democratique (Version PDF en français)