Archive pour syrie guerre du gaz

Guerre du gaz et géopolitique: Alliance russo-iranienne sur le gaz naturel… La guerre va s’intensifier

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, sciences et technologies with tags , , , , , , , , , , on 1 décembre 2015 by Résistance 71

Ceci est à rapprocher de ce que nous avons récemment publié: “Le marché du gaz devrait se développer indépendemment du pétrole” et notre analyse: “Daesh, Al CIAda, guerre par procuration en Syrie… La guerre d’Exxon-Mobil et Aramco contre GazProm et la National Iranian Oil Company”.

Cette information relevée en entrefilet sur le site iranien de Sahar TV met en évidence le fait qu’il faut toujours regarder et analyser les “petites infos”, qui ne font pas les grands titres. C’est là où les éléments pour connecter les points entre eux se trouvent très souvent. Il faut aussi dire ou plutôt rappeler la chose suivante: à terme, le gros enjeu de la région, le gros domino à faire tomber pour l’empire est… l’Iran. Wesley Clark, ancien général yankee et ancien patron de l’OTAN en Afghanistan l’a dit: 7 pays devront tomber au Moyen-Orient, le dernier étant l’Iran. La Syrie ne devait être qu’une péripétie sur la route de Téheran. C’est devenu une épine colossale. L’Iran doit jouer sur les deux tableaux maintenant: faire tomber la tension la concernant au niveau international, adoucir ses relations avec l’occident sans baisser sa garde et nouer des relations solides avec un partenaire fiable qui ne la trahira pas: la Russie. Tout cela pour contrer les ambitions hégémoniques d’Exxon-Mobil et Aramco sur la région.

Tout l’enjeu est là…

~ Résistance 71 ~

 

Gazprom voudrait investir en Iran

 

Sahar TV

 

30 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/iran-i11061-gazprom_voudrait_investir_en_iran

 

La société russe Gazprom cherche à investir dans le secteur d’exploration et de production en Iran.

Cité par l’IRNA, un haut responsable de Gazprom a indiqué que l’Iran peut être à l’avenir un rival de la Russie dans le domaine de gaz mais que cela n’empêche pas Moscou de coopérer avec ce pays pour l’essor des champs gaziers. « Gazprom souhaite, vu sa spécialité dans le domaine de gaz, coopérer avec l’Iran, après la levée des sanctions, pour le développement des champs gaziers, coopération qui sera utile pour les deux parties. », a dit ce responsable de Gazprom qui a qualifié de très clair et prometteur l’avenir du marché de gaz. « La Russie et l’Iran détiennent les plus grandes réserves gazières approuvées du monde et peuvent profiter, à l’avenir, d’importants intérêts via leur collaboration. », a-t-il rappelé ajoutant : » Le transfert de la technologie en Iran, dans le secteur de gaz et de brut, n’est pas difficile compte tenu de l’existence des forces spécialistes et éduquées de l’Iran; les ingénieurs iraniens sont en mesures d’acquérir la science et la technologie de pointe. « 

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Guerre par procuration en Syrie: La guerre du gaz fait rage et la France fait les mauvais choix…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 novembre 2015 by Résistance 71

Mise à jour du 23 Novembre: Poutine déclare que la demande de gaz natural va augmenter de 30% d’ici à 2040. Ceci confirme notre hypothèse de la guerre du gaz en Syrie.

 

L’erreur fatale de la France en Syrie ?

 

Sahar TV

 

20 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/article-i10113-syrie_l’erreur_fatale_de_la_france_!!

 

Le principal magazine économique allemand destiné aux milieux d’affaires wirtschaftswoche revient sur la guerre en  Syrie et ses « perdants » :

 » l’Occident observe en Syrie les tumultes crée par lui-même. Les coordinations Irano-Russes sur le terrain des combats  en Syrie nous mènent à voir à travers, les Etats-Unis et les pays arabes de la région les vrais perdants de ce conflit. » ».Le Président russe, Vladimir Poutine peut neutraliser la crise syrienne enquelques mois et se confirmer en tant qu’une puissance a par entier. En effet, les perdants, ce sont   les Etats-Unis, les pays littorales du golfe-Persique, ceux-la même qui  sont armés par la France, à savoir, l’Arabie, le Qatar, et les Emirats-arabes-Unis.L’influence des Etats-Unis fléchit  rapidement au Moyen-Orient. Et le vide qui s’ est créé dans la foulee, c’est la Russie et l’Iran qui le remplissent.

Ces 2 pays construisent une alliance et une grande armée capables de stabiliser en une courte période de temps le régime Bachar Assad. Si le régime Bachar Assad se stabilise, ce serait un scandale et une humiliation suprême pour les gouvernements américain, britannique, et français.Ces pays ont refusé la solution diplomatique dans le conflit syrien avec la participation de BacharAssad. fin septembre,lorsque la Chancelière allemande, Angela Merkel a  proposé la participation d’Assad dans lerèglement à la crise syrienne, les partenaires de Merkel ont refusé cette solution ».

A l’heure qu’il est,  la répartition du travail entre la Russie et l’Iran se consolide.Alors que la Russiepoursuit ses frappes aériennes contre la  Syrie, l’Iran parvient à obtenir des acquisimportants sur le terrain par combattants et le Hezbollah interposés. Mais quid de la coalition pro americaine? Les frappes aériennes des Etats-Unis et de laFrance contre la Syrie ont eu des acquis minimes. A vrai dire, les tentatives de l’Occident destinées à destabiliser le régime Assad ont fourni à l’Iran l’occasion de développer sa puissance et son influence dans la région et de restituer à la Russie,  sa place de puissance suprême sur la scènemondiale.mais où se situe Le prochain arrêt ? En ’Irak ». Et quel en sera l’impact?

« Il s’ agit d’ un changement radical pour le marché du gaz et du pétrole. Les négociations se poursuivent entre la Russie et l’Iran. Une partie des productions du pétrole russe est d’ailleurs exportée via l’Iran dans le circuit asiatique. Dans le même temps, la Russie , en se faisant aider par l’Irak et l’Iran, pourrait créer un équilibre énergétique avec l’Arabie, en contrant les effets nefastes dexl’omnipotence saoudienne. Quant au marché du gaz naturel, les Emirats–Arabes-Unis et le Qatar sont de loin les deux grands perdants ».  

 » le Qatar possède la 3 e réserve mondiale de gaz naturel dans lemonde. En l’absence d’un gazoduc,  le gaz naturel du Qatar se transforme en liquide avant d’être transporté à bord des grands navires spécialisés, soit une entreprise très coûteuse.Si la Russie réussit sa politique énergétique en y faisant impliquer  l’Iran, le rêve du Qatar fera long feu.Dansce cas, le besoin en gaz naturel  de l’Europe sera assuré par la Russie, l’Iran et la Turquie » « cette perspective pourrait pousser les perdants a toute sorte de folie. Les rebelles d’al-Nosra en Syrie sont lies a Al-Qaida . Quant à Daech,  il  est financé et armé par le Qatar et l’Arabie, et à cet egard,  on ne peut pas rejeter le scénario selon lequel les attaques terroristes sont organisées et assurées financièrement par les pays arabes littorales du golfe Persique. Lespays arabes ne veulent pas la paix en Syrie et ils ne veulent pas non plus des réfugiés syriens chez eux. Pour eux la seule question qui compte est celle de s’ emparer des régions syriennes . L’intervention de la Russie en Syrie, a faussé tous ces calcules. .la France vient d’etre frappée écoute par les attentats terroristes, cette même France qui fournit depuis des mois des armes aux pays arabes.Jamais,la France n’avait exporté autant d’armement que ces derniers mois vers le Moyen Orient.

Jusqu’à fin octobre l’industrie d’armement français a exporté des armements d’une valeur de 15 milliards d’Euros.en 2014, le montant de ses exportations en armement aura été de 8,2milliards d’Euros. Les armements de guerres fabriquées en France, sont exportés particulièrement aux pays arabes du golfe Persique et en Egypte. Ces exportations font de la France un allié de facto de l’Arabie, du Qatar, et des Emirats-Arabes-Unis dans toutes les guerres qui frappent le MO. Que l’Allemagne prenne garde, et qu’elle n’entre surtout pas dans l’aventurisme militaire français   !!!

D’unepart le Qatar se trouve l’un des plus grands investisseurs étrangers en France. A présent, les pays arabes de la région mènent la guerre contre le Yémen. Alors que l’Arabie bombarde des positions des Houthies au Yémen, les forces émiraties se ont déployées au sud du Yémen. Au Yémen comme en Syrie, une guerre par procuration fait rage, une guerre à laquelle la France a pris part. Dans la mesure où la France a donné aux pays arabes littoraux du golfe Persique des assurances sécuritaire dans le cadre de ses contrats en armement et qu’elle a déployé ses chasseurs bombardiers à Abou Dabi. Après les attentats terroristes contre Paris, Merkel a assuré la France de son soutien. Mais l’Allemagne devra surveiller à ce qu’elle n’intervienne pas dans la politique étrangère et de l’aventurisme militaire dirigé par la France, car un piège à double sens à l’issue incertain….

Guerre par procuration en Syrie: Le pipeau de la « coalition anti-Daech »…

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La guerre de la coalition anti Daech est une vaste supercherie

 

Sahar TV

 

21 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://francophone.sahartv.ir/infos/moyen_orient-i10220-la_guerre_de_la_coalition_anti_daech_est_une_vaste_supercherie_(hezbollah)

«Ce qu’on appelle la coalition anti-Daech n’a d’autre souci que la mise à l’écart de Bachar al-Assad», a affirmé Ibrahim Amin al-Seyyed, le Président du Conseil politique du Hezbollah.

«Les pays de cette coalition font fi de ce qui se passe, dans la région ou à l’encontre de ses peuples, et ne réagissent pas aux crimes commis par Daech et les autres groupes terroristes takfiris, à l’encontre des peuples de la région, des femmes et des enfants musulmans et chrétiens», a ajouté Amin al-Seyyed.

«Ce que les pays de la coalition anti-Daech et les pays du golfe Persique appellent la guerre contre ce groupe terroriste est, en effet, une vaste supercherie concoctée par ces même pays qui le soutiennent», a-t-il précisé, selon le site d’information Al-Ahed.

«Lorsque les pays de la coalition ont fait l’objet d’actes terroristes, les personnes tuées, dans ces pays, ont été considérées comme des personnes dont la vie n’a pas de prix, mais les victimes de la région du Moyen-Orient n’ont guère de valeur à leurs yeux», a souligné Ibrahim Amin al-Seyyed, le Président du Conseil politique du Hezbollah.

Guerre impérialiste en Syrie… Guerre du gaz…

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Derrière l’alibi anti-terroriste la guerre du gaz se poursuit au Levant

 

Thierry Meyssan

 

29 septembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article185472.html

 

Si chacun adhère au discours anti-terroriste de Washington et de ses alliés du Golfe, tout le monde comprend qu’il n’est qu’une justification oratoire pour une guerre qui poursuit d’autres fins. Les États-Unis affirment vouloir détruire l’Émirat islamique qu’ils ont créé et qui réalise pour eux le nettoyage ethnique nécessaire au plan de remodelage du « Moyen-Orient élargi ». Plus étrange encore, ils affirment vouloir le combattre en Syrie avec l’opposition modérée qui est composée des mêmes jihadistes que lui. Enfin, ils ont détruit à Rakka des bâtiments qui avaient été évacués deux jours auparavant par l’Émirat islamique. Pour Thierry Meyssan, derrière ces apparentes contradictions se poursuit la guerre du gaz.

La campagne aérienne des États-Unis en Irak et en Syrie laisse songeur : on ne saurait détruire un groupe terroriste exclusivement par des bombardements aériens. En Irak, les États-Unis et le CCG ont couplé leurs actions avec celles de troupes irakiennes ou kurdes au sol. En Syrie, ils ne disposent d’aucune force sérieuse pour lutter contre l’Émirat islamique. Et même dans ce cas, « ces bombardements ne sont pas capables d’affecter les capacités de l’Émirat islamique ou ses opérations dans d’autres régions d’Irak ou de Syrie », selon le général William Mayville, chef des opérations à l’état-major états-unien [1].

Au demeurant, et malgré les déclarations officielles, l’Émirat islamique est une création des États-Unis et du CCG, qui sert leurs intérêts et n’a pas démérité :

  • En mai 2013, le sénateur John McCain venait illégalement en Syrie rencontrer l’état-major de l’Armée syrienne libre (modéré), dont Abou Youssef, alias Abou Du’a, alias Ibrahim al-Baghdadi, l’actuel calife Ibrahim (chef des extrémistes) [2].
  • En janvier 2014, Reuters révélait que le président Obama avait convoqué une séance secrète du Congrès au cours de laquelle celui-ci vota le financement et l’armement des « rebelles » en Syrie, y compris ceux de l’Émirat islamique jusqu’en septembre 2014 [3]. Il s’agissait bien d’une séance secrète et non pas simplement à huis clos. L’ensemble de la presse états-unienne ayant respecté la censure de cette information.
  • Fière de cette reconnaissance la télévision publique saoudienne revendiqua alors le fait que l’Émirat islamique était dirigé par le prince Abdul Rahman al-Faiçal [4].
  • De son côté le chef du renseignement militaire israélien, le général Aviv Kochavi, mettait en garde face à une multiplication des combattants anti-Syriens et révélait que les membres d’Al-Qaïda, dont ceux de l’Émirat islamique (qui n’avaient pas encore divorcé) étaient entraînés [sous contrôle de l’Otan] dans trois camps en Turquie, situés à Şanlıurfa, Osmaniye et Karaman [5].
  • En mai 2014, l’Arabie saoudite livra à l’Émirat islamique des armes lourdes neuves achetées en Ukraine et quantité de Toyota neuves pour envahir l’Irak. Le transfert fut assuré par un train spécial affrété par les services secrets turcs.
  • Le 27 mai, Massoud Barzani, président du gouvernement régional kurde d’Irak, se rendait à Amman pour coordonner l’invasion de l’Irak entre les Kurdes irakiens et l’Émirat islamique. Une réunion supplémentaire se tenait, toujours à Amman, avec de nombreux partenaires sunnites, le 1er juin [6].
  • Début juin, l’Émirat islamique et le Gouvernement local du Kurdistan passaient à l’attaque. L’Émirat islamique, conformément à sa mission, semait la terreur de manière à réaliser le nettoyage ethnique que l’armée des États-Unis avait été incapable de faire en 2003. Ainsi se réalise le plan de l’état-major états-unien, adopté en 2001, de remodelage du « Moyen-Orient élargi ».

Il n’y a donc aucune raison pour les États-Unis de détruire l’Émirat islamique, sinon la mort médiatisée —et suspecte— de trois de leurs ressortissants, qui ne saurait justifier ce déluge de feu.

S’il est clair que la cible principale de cette campagne aérienne n’est pas celle qui est annoncée, personne n’est capable de dire précisément ce qu’elle vise à détruire. Tout au plus peut-on affirmer que les États-Unis et leurs alliés du CCG ont bombardé des bâtiments vides à Rakka —qui avait été évacuée deux jours auparavant par l’Émirat islamique—et une douzaine de raffineries à l’Est de la Syrie. Que viennent donc faire ces raffineries dans une guerre prétendument livrée contre le terrorisme ? Selon le Pentagone, elles étaient contrôlées par l’Émirat islamique et lui rapportait de gros revenus.

Cette réponse est évidemment fausse. Lorsque des États sous embargo tentent de vendre du gaz ou du pétrole sur le marché international, ils n’y parviennent pas. Mais l’Émirat islamique le fait, malgré les résolutions 1373 (2001) et 2170 (2014) du Conseil de sécurité. De notoriété publique, il vole des hydrocarbures en Irak et en Syrie, les achemine par pipe-line jusqu’au port turc de Ceyhan, d’où ils sont transportés en Israël par les pétroliers de Palmali Shipping & Agency JSC, la compagnie du milliardaire turco-azéri Mubariz Gurbanoğlu. Au port d’Ashkelon, les autorités israéliennes fournissent de faux certificats de provenance du gisement d’Eilat, puis ils sont exportés vers l’Union européenne, qui fait semblait de les croire israéliens.

Surtout, la même filière servant également à exporter le gaz et le pétrole volés par le gouvernement local du Kurdistan irakien, les États-Unis et le CCG s’ils agissaient en application des résolutions 1373 (2001) et 2170 (2014) devraient également attaquer le Kurdistan irakien. Au contraire, ils le soutiennent (non pas contre l’Émirat islamique, mais contre le gouvernement central de Bagdad) [7].

Le bombardement de ces installations ne peut donc se comprendre que comme la volonté de priver la Syrie de ses capacités de raffinage lorsque la paix sera revenue.

Il n’échappe à personne que dans cette affaire, les États-Unis s’appuient sur des membres du Conseil de coopération du Golfe, et particulièrement sur l’Arabie saoudite. À ce sujet, s’il est clair que les avions saoudiens ne décollent pas de leur pays, l’information publiée par les médias iraniens selon laquelle ils sont basés en Israël n’est toujours pas recoupée, mais probable.

Nous avons souvent noté que l’un des buts principaux de la guerre contre la Syrie réside dans le contrôle de ses gigantesques réserves de gaz naturel et dans celui de son territoire par lequel pourrait passer soit un pipe-line en provenance d’Iran, soit son rival, en provenance du Qatar et d’Arabie saoudite.

Or, depuis la résistance de la Novorussia et le soutien que lui apporte la Fédération de Russie, l’Union européenne tente de s’affranchir de sa dépendance au gaz russe. D’où l’idée du gouvernement iranien de proposer son gaz sur ce marché, ainsi que l’a annoncé le vice-ministre du pétrole Ali Majedi, le 9 août [8]. Pour l’Iran ce serait une alternative au blocage par l’Émirat islamique de la route irakienne vers la Syrie.

Cette option, qui défend les intérêts étatiques de l’Iran, mais abandonne le combat anti-impérialiste du président Ahmadinejad, pourrait être validée par Washington dans le cadre d’un accord plus large, durant les négociations 5+1. L’Iran accepterait d’abandonner ses recherches révolutionnaires sur un mode de production d’énergie nucléaire qui puisse libérer le tiers-monde de sa dépendance au pétrole, tandis que les « Occidentaux » lèveraient leurs sanctions.

Cependant, ce basculement, s’il doit avoir lieu, modifierait profondément l’équilibre régional. Il serait difficile à faire accepter à la Russie qui vient d’accueillir l’Iran dans l’Organisation de coopération de Shanghai. En outre, il supposerait un investissement de 8,5 milliards de dollars pour construire 1 800 kilomètres de pipe-line et relier les champs de production au système Nabucco. Le gaz iranien transiterait par l’Azerbaïdjan et la Turquie, puis par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, pour être distribué dans l’Union européenne depuis l’Autriche. C’est ce qu’a confirmé cheikh Hassan Rohani au président Hans Fischer, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies [9].

La relance du système Nabucco serait une aubaine pour l’Azerbaïdjan qui pourrait ainsi exporter plus facilement la production de son champ gazier de Shah Deniz. Du coup, Bakou s’éloignerait aussi de Moscou pour se rapprocher de Washington, ce qui expliquerait ses subits achats d’armes à Israël.

Du point de vue syrien, un basculement de la politique énergétique iranienne ne serait pas forcément une mauvaise chose : la plupart des ennemis de la Syrie —hormis Israël— n’aurait plus de raison de poursuivre la guerre. En outre, l’éloignement de l’Iran renforcerait l’utilité de la Syrie pour la Russie. Si cet accord était conclu, Washington poursuivrait l’instabilité dans la zone sunnite de l’Irak, pour maintenir une séparation physique entre Téhéran et Damas, et soutiendrait certainement Daesh à Deir ez-Zor, mais laisserait le reste de la Syrie tranquille.

 

[1] “U.S. Air Strikes Are Having a Limited Effect on ISIL”, Ben Watson, Defense One, 11 août 2014.

[2] « John McCain, le chef d’orchestre du « printemps arabe », et le Calife », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 août 2014.

[3] “Congress secretly approves U.S. weapons flow to ’moderate’ Syrian rebels”, par Mark Hosenball, Reuters, 27 janvier 2014.

[4] « L’ÉIIL est commandé par le prince Abdul Rahman », Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[5] “Israeli general says al Qaeda’s Syria fighters set up in Turkey”, par Dan Williams, Reuters, 29 janvier 2014.

[6] « Révélations du PKK sur l’attaque de l’ÉIIL et la création du « Kurdistan » », Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

[7] « Jihadisme et industrie pétrolière », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 23 juin 2014.

[8] « Iran ready to supply energy to Europe via Nabucco », Irna, 9 août 2014.

[9] « Iran Ready to Supply Energy to Europe », Shana, 24 september 2014.