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Ingérence et guerres impérialistes: Le scénario de la Libye et de la Syrie était écrit par un think-tank globaliste. La fraude des institutions privées derrière les « révolutions »…

Posted in actualité, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, résistance politique with tags , , , , , , , on 20 juin 2011 by Résistance 71

Les mensonges incroyables de Clinton sur la Syrie: légitimité zéro

 

 

par Tony Cartalucci

Le 18 Juin 2011

 

Url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.com/2011/06/clinton-on-syria-astounding-lies-zero.html

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Bangkok, Thaïlande – Par désespoir ou par bravade incommensurable, la secrétaire d’état Hillary Clinton vient juste de tenter de réécrire les trois derniers mois de l’histoire en contredisant son propre département d’état dans le déroulement des troubles en Syrie.

Dans les pages du journal de Londres, financé par l’Arabie Saoudite Asharq Al-Awsat, Hillary Clinton a rejoint Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron dans la mode bizarre des leaders politiques occidentaux écrivant des éditoriaux de journaux dans l’espoir de renforcer le changement permanent du narratif officiel toujours contradictoire. L’article de Clinton intitulé “Pas de retour en arrière en Syrie” n’est que la répétition de perroquet des points d’un think-tank financé par une industrie avec la simple addition de dires prenant le contre-pied des dires du département d’état américain.

Mensonge # 1: La protestation syrienne n’est pas l’œuvre d’instigateurs étrangers.

Un paragraphe en particulier est si incroyablement malhonnête et contradictoire qu’il défie pratiquement toute explication. Clinton déclare: “ Si le président Al-Assad croit que les protestations sont l’œuvre d’instigateurs étrangers, comme son gouvernement le clâme, il a tort. Il est vrai que quelques soldats syriens ont été tués et nous regrettons la perte de ces vie également. Mais la vaste majorité des victimes a été des civils désarmés.”

Quoi qu’il en soit, ce fut le propre département d’état de Clinton qui déclara en Avril 2011 comme le rapporte l’AFP, que le “gouvernment américain a budgétisé 50 millions de dollars ces deux dernières années pour développer de nouvelles technologies pour aider les activistes à se protéger contre les arrestations et les poursuites judiciaires de la part de gouvernements autoritaires.” Le rapport continua à rendre compte que les “Etats-Unis ont organisé des sessions de formation pour 5 000 activistes de part le monde. Une session qui fut organisée au Moyen-Orient il y a six semaines, rassembla des activistes de Tunisie, d’Egypte, De Syrie et du Liban, qui retournèrent au pays avec pour but de former leurs collègues là-bas. Ils retournèrent, et il y a eu un effet d’onde de choc”. Cette “onde de choc” auquelle le département d’état se réfère est la déstabilisation se passant dans toute la région, Syrie incluse.

De plus, après la diffusions des câbles du Washington Post indiquant que les Etats-Unis ont financé les groupes d’opposition syriens depuis au moins 2005 et de manière continue jusqu’à aujourd’hui, le porte-parole de département d’état Mark Toner défendit le financement qui commença sous le régime Bush lorsque la Syrie fut ajoutée à “l’axe du mal”. Toner déclara: “Nous ne travaillons pas pour dimininuer le gouvernment syrien. Ce que nous essayons de faire en Syrie, par le soutien de la société civile, est de bâtir les institutions démocratiques que nous essayons de faire dans bon nombre de pays autour du monde. Ce qui est différent, est je pense, que le gouvernement syrien perçoive ce genre d’assistance comme étant une menace sur le contrôle du peuple syriens.”

Malheureusement pour Toner, financer des groupes d’opposition et inciter à l’insurrection politique est loin d’être un acte bénin et plue enclin à être perçu comme un acte de guerre. Ce serait inimaginable pour une autre nation d’inventer une certaine forme de gouvernement aux Etats-Unis parce qu’elle pense “que ce serait mieux”. Ce genre d’ingérence est une violation directe de la souveraineté d’une nation et ceux, au sein de cette nation cible, qui assistent ce genre d’ingérence sont simplement appelés des traîtres.

Mensonge # 2: Les manifestants sont pacifiques.

De manière extraordinaire, Clinton parvient à la fois à confirmer et démentir la nature violente des protestations en déclarant que bien que des troupes syriennes aint été tuées, la vaste majorité des morts (en accord avec des dires non vérifiés de manifestants), étaient des “civils désarmés”. L’admission par Clinton que des soldats syriens étaient morts indique qu’il y avait des groupes armés parmi les manifestants. Tout comme à Bangkok en 2010, pendant une autre de ces révolutions colorées, des militants armés ont essayé de provoquer une escalade intentionnelle de la violence en ciblant les manifestants et les forces de sécurité. Ceci est fait dans l’espoir d’atteindre une masse critique suffisante de violence pour justifier d’une utilisation plus étendue de la violence et d’une intervention étrangère potentielle.

L’incapacité du département d’état américain de vérifier les dires provenant essentiellement d’une opposition syrienne basée à Londres, couplée avec l’impossibilité de savoir quelle kalashnikov de quel côté a tué qui. Il est plus que probable que le gouvernment syrien sachant pertinemment les conséquences d’une violence gratuite, prend toutes les précautions possibles en engageant les forces de protestation armées qui d’après l’aveu même de Clinton, opérent dans la masse des manifestants. Le gouvernement syrien a rapporté de mystérieux francs-tireurs depuis Avril, qui ouvrent le feu sur des manifestants et les forces de sécurité depuis les toits. Alors que les médias occidentaux ont essayé de faire passer cela pour de la propagande du régime syrien, le nombre croissant de morts parmi les forces de l’ordre ne peut plus être attribué à des “manifestants pacifiques”. Des articles comme celui du Christian Science Monitor intitulé “La révolte pacifique de Syrie a t’elle tourné à l’insurrection ?” essaie de créer l’illusion que maintenant s’opère une sorte de transition, malgré le fait que des vandales et des tueurs armés ont ravagé la Syrie depuis le début même des protestations il y a plusieurs mois.

De pareilles déclarations furent faites à propos de la Libye; à la fois que les rebelles aguerris, conduisant des chars d’assaut et pilotant des avions de combat avec une experience de 30 ans dans l’aide étrangère apportée à leur militatntisme, étaient des “manifestants pacifiques” et que Kadhafi ciblait volontairement ces civils. La dernière des assertions fut faite malgré l’admission par les think-tanks américains financés de manière privée par de grosses corporation et à l’origine du conflit, aient déclaré que Kadhafi mettait sûrement un point d’honneur à eviter des pertes civiles.

Compromettant plus avant ce paradigme fantasmagorique, la secrétaire Clinton tente de faire gober au public toujours plus de cette propagande financée par des fonds privés comme le rapport de la Brookings Institution Quel chemin vers la Perse ?”qui est ni plus ni moins qu’une conspiration pour aider des organisations terroristes à renverser violemment des gouvernments de nations souveraines en tandem avec des révolutions populaires financées par les mêmes fondations étrangères, que nous voyons maintenant fleurir à travers le monde arabe; toutes avec un certain support militaire états-unien en attente si nécessaire.

Le rapport indique explicitement concernant le voisin iranien: “en conséquence, si les Etats-Unis arrivent un jour à déclencher une révolte contre le régime clérical, Washington devra sûrement considérer lui octroyer une forme de soutien militaire afin d’empêcher Téhéran de l’écraser. Ceci veut dire qu’une révolution populaire en Iran ne semble pas être le le modèle adéquat des “révolutions de velours” qui ont eues lieu ailleurs. Le point important est que le régime iranien ne désirera sûrement pas partir gentillement par une belle nuit, au lieu de cela, contrairement à beaucoup de régimes d’Europe de l’Est, il choisira sûrement de se battre jusquà la mort. En ces circonstances, s’il n’y a pas d’assistance militiare aux révolutionnaires, il se peut qu’ils n’échouent pas seulement mais qu’ils se fassent massacrer.”

“Ainsi, continue le rapport, si les Etats-Unis doivent suivre cette politique, Washington doit prendre cette possibilité en considération. Ceci ajoute d’autres éléments importants à la liste: soit la politique doit inclure des moyens d’affaiblir la force militaire de l’Iran, ou diminuer la volonté des leaders du régime d’en appeler à l’armée, ou alors les Etats-Unis doivent être prêts à intervenir pour les battre.” Après que de telles méthodes aient été employées en Libye, La Syrie est en train de subir le même type de complot, financé de manière reconnue par l’étranger, appuyés par des militants armés et de manière très possible “une forme de soutien militaire” de la part des Etats-Unis, d’Israël ou de l’Arabie Saoudite. Sûrement après avoir essayé de passer par le conseil de sécurité de l’ONU et des résolutions contre la Syrie, le projet d’une intervention plus large est aussi “sur la table”.

Le rapport de la Brookings Institution (NdT: celle là même où récemment Juppé ministre français des Affaires Etrangères, a fait un discours…) célèbre également de manière arrogante les exploits passés et les manipulations régionales incluant le soutien et l’armement des Kurdes contre l’Irak. Le rapport stipule de manière nostalgique: “Quand le Shah d’Iran, les Etats-Unis et Israël ont commencé à soutemir les kurdes irakiens contre Baghdad, cela ne prit que quelques années pour le régime Baathiste de les combattre et seulement quelques mois de campagnes militaires qui ont échouées pour convaincre Saddam Hussein de négocier avec le Shah et le persuader de couper son soutien aux Kurdes.”

Ceci reconnu, nous avons un précédent historique supportant les assertions du gouvernement syrien qu’en fait des ingérences étrangères sont à l’œuvre à la fois derrière les manifestants, mais aussi derrière les militants armés qui se battent contre le gouvernement.

Tout au long de la longue diatribe de Clinton, elle ne condamna aucunement la violence qu’elle suggéra venir de l’opposition. Ainsi qu’en Libye, ces militants de l’ombre n’auront aucune existence officielle jusqu’aux premiers bombardements de l’OTAN sur le sol syrien; dès lors ils seront magiquememt transformés en “citoyens-soldats” se battant noblement pour leur liberté. En réalité, ils ne sont rien de plus ou de mieux que que les mêmes minorités ethniques, manipulés et soutenus depuis des décennies à guerroyer contre la longue liste des cibles anti-globalistes dans la région

Mensonge # 3: On ne peut pas faire machine arrière avec la Syrie

L’élite globaliste elle-même admet qu’elle n’a ni les moyens logistiques, ni le capital politique de mener juste une simple guerre dans la région, oublions de multiples campagnes contre des nations multiples en même temps ! Sauf dans l’éventualité d’une attaque fausse bannière dont l’ampleur serait supérieure à celle du 11 Septembre et ainsi mobilisant l’ensemble des Etats-Unis pour une guerre totale. La résistance en Libye et en Syrie, ainsi que l’assistance de l’Iran et de toute autre nation n’étant pas du tout intéressée à être subjuguée par l’empire anglo-américain réincarné; ceci pourrait saigner à blanc l’empire et son élite globaliste.

La capitulation sous l’impression de la supériorité serait de fait très improbable. Le besoin de Clinton d’écrire un papier propagandiste dans un journal arabe de Londres clamant qu’il “n’y a pas de retour en arrière possible avec la Syrie” ne fait que réaffimer le fait que rien n’est moins sûr. Un tel acte désespéré de propagande est une indication certaine d’une faiblesse, et non d’une force. En vomissant une telle gigantesque fraude à la face du monde, il y aura toujours plus de personnes le temps passant, pour réaliser que tout cela n’est qu’un leurre, plutôt que de continuer à gober ces histoires. Le temps joue contre l’élite globaliste.

Conclusion

Une fois de plus, dans les pages du rapport de la Brookings Institution nous voyons des mois, voire des années en avance les complots et les charades qui seront jouées. “Quel chemin vers la Perse ?” de la Brookings Institution a été le scénario virtuel duquel les objectifs et stratégies contre la Libye et la Syrie ont été extirpés. Comprendre que ces entreprises privées et les think-tanks qu’elles financent sont les véritables architectes de la politique étrangère occidentale, est le premier pas pour terminer une fois pour toute ces crimes haineux commis en notre nom et ultimement à nos frais.

Les mensonges éhontés et la fourberie sans retenue de Clinton ainsi que sa vile arrogance sont la preuve irréfutable qu’elle et le gouvernement pour lequel elle travaille ont abdiqué leur légitimité. Leur dédain ouvert pour la constitution des Etats-Unis d’Amérique alors qu’ils promeuvent les “droits universels” et la volonté de la “communauté internationale” veut dire que nous ne sommes plus tenus de leur obéir, car ils ne sont plus liés à la loi les limitant et qui vraiment gouvernent notre pays. La prochaine étape bien sûr est de saper ces entreprises multinationales et leurs institutions marionnettes qui les servent en utilisant le boycott total et en les remplaçant complètement à l’échelon local.

 

 

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Ingérence et intox des opinions publiques: La Syrie enjeu géopolitique, recul et analyse…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, presse et média with tags , , , , on 15 juin 2011 by Résistance 71

Le plan de déstabilisation de la Syrie

 

par Thierry Meyssan

 

url de l’article original: http://www.voltairenet.org/Le-plan-de-destabilisation-de-la

 

 

Les opérations conduites contre la Libye et la Syrie mobilisent les mêmes acteurs et les mêmes stratégies. Mais leurs résultats sont très différents car ces Etats ne sont pas comparables. Thierry Meyssan analyse ce demi-échec des forces coloniales et contre- révolutionaires et pronostique un nouveau retournement de balancier dans le monde arabe.

La tentative de renversement du gouvernement syrien ressemble par bien des points à ce qui a été entrepris en Libye, cependant les résultats sont forts différents en raison de particularités sociales et politiques. Le projet de casser simultanément ces deux États avait été énoncé le 6 mai 2002 par John Bolton alors qu’il était sous-secrétaire d’État de l’administration Bush, sa mise en œuvre par l’administration Obama 9 ans plus tard, dans le contexte du réveil arabe, ne va pas sans problèmes.

Comme en Libye, le plan de départ visait à susciter un coup d’État militaire, mais il s’est vite avéré impossible faute de trouver les officiers nécessaires. Selon nos informations, un plan identique avait également été envisagé pour le Liban. En Libye, le complot avait été éventé et le colonel Kadhafi avait fait arrêter le colonel Abdallah Gehani [1]. Dans tous les cas, le plan originel a été revu dans le contexte inattendu du « printemps arabe ».

L’action militaire

L’idée principale était alors de provoquer des troubles dans une zone très délimitée et d’y proclamer un émirat islamique qui puisse servir de base au démantèlement du pays. Le choix du district de Daraa s’explique parce qu’il est frontalier de la Jordanie et du Golan occupé par Israël. Il aurait été ainsi possible d’approvisionner les sécessionnistes.

Un incident a été créé artificiellement en demandant à des lycéens de se livrer à des provocations. Il a fonctionné au delà de toutes espérances compte tenu de la brutalité et de la bêtise du gouverneur et du chef de la police locale. Lorsque des manifestations ont débuté, des francs-tireurs ont été placés sur les toits pour tuer au hasard à la fois dans la foule et parmi les forces de l’ordre ; un scénario identique à celui utilisé à Benghazi pour susciter la révolte.

D’autres affrontements ont été planifiés, chaque fois dans des districts frontaliers pour garantir une base arrière, d’abord à la frontière du Nord du Liban, puis à celle de la Turquie.

Les combats ont été menés par des unités de petite taille, composés souvent d’une quarantaine d’hommes, mêlant des individus recrutés sur place et un encadrement de mercenaires étrangers issus des réseaux du prince saoudien Bandar bin Sultan. Bandar lui-même est venu en Jordanie, où il a supervisé le début des opérations en relation avec des officiers de la CIA et du Mossad.

Mais la Syrie n’est pas la Libye et le résultat y a été inverse. En effet, alors que la Libye est un État créé par les puissances coloniales en mariant de force la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzam, la Syrie est une nation historique qui a été réduite à sa plus simple expression par ces mêmes puissances coloniales. La Libye est donc spontanément en proie à des forces centrifuges, tandis qu’au contraire la Syrie attire des forces centripètes qui espèrent reconstituer la Grande Syrie (laquelle comprend la Jordanie, la Palestine occupée, le Liban, Chypre, et une partie de l’Irak). La population de l’actuelle Syrie ne peut que s’opposer aux projets de partition.

Par ailleurs, on peut comparer l’autorité du colonel Kadhafi et celle d’Hafez el- Assad (le père de Bachar). Ils sont arrivés au pouvoir dans la même période et ont usé de leur intelligence et de la brutalité pour s’imposer. Au contraire, Bachar el-Assad n’a pas pris le pouvoir, et n’envisageait pas non plus d’en hériter. Il a accepté cette charge à la mort de son père parce que son frère était décédé et que seule sa légitimité familiale pouvait prévenir une guerre de succession entre les généraux de son père. Si l’armée est venue le chercher à Londres où il exerçait paisiblement la profession ophtalmologue, c’est son peuple qui l’a adoubé. Il est incontestablement le leader politique le plus populaire du Proche-Orient. Jusqu’il y a deux mois, il était aussi le seul qui se déplaçait sans escorte, et ne rechignait pas aux bains de foule.

L’opération militaire de déstabilisation de la Syrie et la campagne de propagande qui l’a accompagnée ont été organisées par une coalition d’États sous coordination US, exactement comme l’OTAN coordonne des États membres ou non-membres de l’Alliance pour bombarder et stigmatiser la Libye. Comme indiqué plus haut, les mercenaires ont été fournis par le prince Bandar bin Sultan, qui a du coup été contraint d’entreprendre une tournée internationale jusqu’au Pakistan et en Malaisie pour grossir son armée personnelle déployée de Manama à Tripoli. On peut citer aussi à titre d’exemple l’installation d’un centre de télécommunication ad hoc dans les locaux du ministère libanais des Télécoms.

Loin de dresser la population contre le « régime », ce bain de sang a provoqué un sursaut national autour du président Bachar el-Assad. Les Syriens, conscients qu’on chercher à les faire basculer dans la guerre civile, ont fait bloc. La totalité des manifestation anti-gouvernementales a réuni entre 150 000 et 200 000 personnes sur une population de 22 millions d’habitants. Au contraire, les manifestations pro-gouvernementales ont rassemblé des foules comme le pays n’en avait jamais connues.

Les autorités ont réagi aux événements avec sang-froid. Le président a enfin engagé les réformes qu’il souhaitait entreprendre depuis longtemps et que la majorité de la population freinait de peur qu’elles n’occidentalisent la société. Le parti Baas a accepté le multipartisme pour ne pas sombrer dans l’archaïsme. L’armée n’a pas réprimé les manifestants —contrairement à ce que prétendent les médias occidentaux et saoudiens— mais à combattu les groupes armés. Malheureusement, ses officiers supérieurs ayant été formés en URSS n’ont pas fait preuve de ménagement pour les civils pris entre deux feux.

La guerre économique

La stratégie occidentalo-saoudienne a alors évolué. Washington se rendant compte que l’action militaire ne parviendrait pas à plonger à court terme le pays dans le chaos, il a été décidé d’agir sur la société à moyen terme. L’idée est que la politique du gouvernement al-Assad était en train de créer une classe moyenne (seule garantie effective de démocratie) et qu’il est possible de retourner cette classe moyenne contre lui. Pour cela, il faut provoquer un effondrement économique du pays.

Or, la principale ressource de la Syrie est son pétrole, même si sa production n’est pas comparable en volume à celle de ses riches voisins. Pour le commercialiser, il a besoin de disposer d’assets dans les banques occidentales qui servent de garanties durant les transactions. Il suffit de geler ces avoirs pour tuer le pays. Il convient donc de noircir l’image de la Syrie pour faire admettre aux populations occidentales des « sanctions contre le régime ».

En principe, le gel d’avoirs nécessite une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais celle-ci est improbable. La Chine qui a déjà été contrainte de renoncer à son droit de veto lors de l’attaque de la Libye sous peine de perdre son accès au pétrole saoudien ne pourrait probablement pas s’y opposer. Mais la Russie pourrait le faire, faute de quoi en perdant sa base navale en Méditerranée elle verrait sa flotte de Mer Noire étouffer derrière les Dardanelles. Pour l’intimider, le Pentagone a déployé le croiseur USS Monterrey en Mer Noire, histoire de montrer que de toute manière les ambitions navales russes sont irréalistes.

Quoi qu’il en soit, l’administration Obama peut ressusciter le Syrian Accountablity Act de 2003 pour geler les avoirs syriens sans attendre une résolution de l’ONU et sans requérir un vote du Congrès. L’histoire récente a montré, notamment à propos de Cuba et de l’Iran, que Washington peut aisément convaincre ses alliés européens de s’aligner sur les sanctions qu’il prend unilatéralement.

C’est pourquoi aujourd’hui le vrai enjeu se déplace du champ de bataille vers les médias. L’opinion publique occidentale prend d’autant plus facilement des vessies pour des lanternes qu’elle ne connaît pas grand-chose de la Syrie et qu’elle croit à la magie des nouvelles technologies.

La guerre médiatique

En premier lieu, la campagne de propagande focalise l’attention du public sur les crimes imputés au « régime » pour éviter toute question à propos de cette nouvelle opposition. Ces groupes armés n’ont en effet rien de commun avec les intellectuels contestataires qui rédigèrent la Déclaration de Damas. Ils viennent des milieux extrémistes religieux sunnites. Ces fanatiques récuse le pluralisme religieux du Levant et rêvent d’un État qui leur ressemble. Ils ne combattent pas le président Bachar el-Assad parce qu’ils le trouvent trop autoritaire, mais parce qu’il est alaouite, c’est-à-dire à leurs yeux hérétique.

Dès lors, la propagande anti-Bachar est basée sur une inversion de la réalité.

À titre d’exemple divertissant, on retiendra la cas du blog « Gay Girl in Damascus » créé en février 2011. Ce site internet édité en anglais par la jeune Amina est devenu une source pour beaucoup de médias atlantistes. L’auteure y décrivait la difficulté pour une jeune lesbienne de vivre sous la dictature de Bachar et la terrible répression de la révolution en cours. Femme et gay, elle jouissait de la sympathie protectrice des internautes occidentaux qui se mobilisèrent lorsqu’on annonça son arrestation par les services secrets du « régime ».

Toutefois, il s’avéra qu’Amina n’existait pas. Piégé par son adresse IP, un « étudiant » états-unien de 40 ans Tom McMaster était le véritable auteur de cette mascarade. Ce propagandiste, censé préparer un doctorat en Écosse, était présent lors du congrès de l’opposition pro-occidentale en Turquie qui appela à une intervention de l’OTAN. Et il n’y était évidemment pas en qualité d’étudiant [2].

Le plus surprenant dans l’histoire n’est pas la naïveté des internautes qui ont cru aux mensonges de la pseudo-Amina, mais la mobilisation des défenseurs des libertés pour défendre ceux qui les combattent. Dans la Syrie laïque, la vie privée est sanctuarisée. L’homosexualité, interdite dans les textes, n’est pas réprimée. Elle peut être difficile à vivre au sein de la famille, mais pas dans la société. Par contre, ceux que les médias occidentaux présentent comme des révolutionnaires et que nous considérons au contraire comme des contre-révolutionnaires sont, eux, violemment homophobes. Ils se proposent même d’instaurer des châtiments corporels, voire pour certains la peine de mort, pour punir ce « vice ».

Ce principe d’inversion est appliqué à grande échelle. On se souvient des rapports des Nations Unies sur la crise humanitaire en Libye : des dizaines de milliers de travailleurs immigrés fuyant le pays pour échapper aux violences. Les médias atlantistes en avaient conclu que le « régime » de Kadhafi doit être renversé et qu’il faut soutenir les insurgés de Benghazi. Or, ce n’est pas le gouvernement de Tripoli qui était responsable de ce drame, mais les soi-disant révolutionnaires de Cyrénaïque qui faisaient la chasse aux Noirs. Animés par une idéologie raciste, ils les accusaient d’être tous au service du colonel Kadhafi et en lynchaient quand ils en attrapaient un.

En Syrie, les images des groupes armés postés sur les toits qui tirent au hasard à la fois dans la foule et sur les forces de l’ordre sont diffusées par les télévisions nationales. Mais ces mêmes images sont reprises par les chaînes occidentales et saoudienne pour attribuer ces crimes au gouvernement de Damas.

En définitive le plan de déstabilisation de la Syrie fonctionne imparfaitement. Il a convaincu l’opinion publique occidentale que ce pays est une terrible dictature, mais il a soudé l’immense majorité de la population derrière son gouvernement. Finalement cela pourrait devenir dangereux pour les concepteurs du plan, notamment pour Tel-Aviv. Nous venons d’assister en janvier- février 2011 à une vague révolutionnaire dans le monde arabe, suivie en avril-mai d’une vague contre-révolutionnaire. Le balancier n’a pas terminé son mouvement.

 

 

[1] « La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi », par Franco Bechis, Réseau Voltaire, 24 mars 2011.

[2] « Propagande de guerre : la bloggeuse gay de Damas », Réseau Voltaire, 13 juin 2011

Source : « Le plan de déstabilisation de la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 juin 2011, http://www.voltairenet.org/a170456

Média, propagande et désinformation: la Syrie est un gros enjeu géopolitique, l’empire met le paquet !

Posted in actualité, désinformation, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande with tags , , on 14 juin 2011 by Résistance 71

Une opposition vraiment virtuelle !

Par Roula Ziyadeh

 

Url de l’article original:

http://www.infosyrie.fr/2011/06/une-opposition-vraiment-virtuelle/

 

 

Les médias occidentaux sont très friands, depuis les révolutions tunisienne et égyptienne, des réseaux sociaux informatiques, vecteurs de la « démocratisation » (traduire : occidentalisation) du monde arabe. Facebook et Twitter étaient déjà branchés, et si en plus ils sont « démocrates » !

 

Depuis le début des troubles en Syrie, Facebook est de nouveau à l »honneur chez les journalistes de France, de Navarre et d’Amérique. C’est par dizaines de milliers que les internautes s’inscriraient sur les pages dédiées à la « révolution » syrienne, en une sorte de referendum virtuel anti-Bachar al-Assad. Mais internet étant tout à la fois une source merveilleuse d’information et un outil très efficace de désinformation, il nous a paru nécessaire de faire le point sur l’ »opposition Facebook », et de voir, à la lumière des dernières données disponibles, la réalité politique et sociologique qui se cache derrière ce « buzz » occidentalo-syrien. Voici donc quelques intéressantes figures de combattants virtuels de la liberté, de guérilléros en chambre, parfois syriens, souvent intégristes, et jamais installés en Syrie !

Quant aux manifestants virtuels, convoqués via Facebook pour de vrais rassemblements en Syrie, il faut savoir que moins de 5% d’entre eux vivent dans ce pays et seraient donc susceptibles de se joindre effectivement aux manifestations en question. Manifester pour la démocratie à Damas… depuis Los Angeles, Londres, Tel Aviv ou le VIe arrondissement de Paris est, il est vrai, plus confortable…

Le barbu de Stockholm

Avec 200 000 membres déclarés à ce jour, Syrian Revolution 2011 est la page la plus importante de la « révolution » en Syrie, et est la source principale de nouvelles et de vidéos Youtube sur les événements syriens. Sauf que le porte-parole officiel du site vit en Suède et y dirige, selon la presse syrienne , la branche de la Fraternité musulmane, autrement dit les Frères musulmans basés en Egypte, et peu réputés jusqu’à présent pour leur orientation libérale. Le nom de ce porte-parole est فداء الدين طريف السيد عيسى (Fida’ ad-Din Tarif as-Sayyid `Isa), né en 1985.

Dès avril, cependant, un incident l’oblige à tomber le masque : le contenu de la page principale disparait subitement, avec l’immense majorité de ses membres, qui ne sont plus du coup que quelques centaines. Peu de temps après ce « crash » informatique, une vidéo apparaît sur le site : on y voit un  homme – L’administrateur de la page Syrian Revolution 2011 – très en colère, dénonçant avec force ceux – les gens de Damas – qu’il accuse d’avoir piraté sa page Syrian Revolution sur Facebook, et de l’avoir réduite à presque rien. Mais un quart d’heure plus tard, un nouveau message est chargé sur la page. Qui explique qu’en fait que tout ceci vient d’une erreur technique de Facebook. Et peu après la page est restaurée avec les 138 000 membres qu’elle revendiquait à ce moment. Dans le même temps, l’administrateur-propriétaire a fait retirer la vidéo accusant les autorités syriennes d’avoir piraté le site. Vidéo qui indique clairement que ce propriétaire du fameux site Syrian Revolution 2011 est installé à Stockholm en Suède et qu’il est membre des Frères musulmans ; d’ailleurs, sur son profil Facebook, on trouvait des photos de réunions qu’il a tenues avec les dirigeants égyptiens de la fraternité, il y avait même le logo de la confrérie, mais quand Fida’ ad-Din est apparu à la BBC et qu’il a exposé son identité, il a pris soin d’enlever toutes les photos précédentes de son profil Facebook. Autre détail « éclairant », notre « blogueur de la liberté » s’était aussi exprimé dès le 5 février à la télévision privée anti-Damas Barada et avait appelé le peuple syrien à manifester dans les rues utilisant le terme « جماعتنا » (qui est normalement utilisé par  les Frères musulmans).

Au total, un joli coup pour les intégristes égyptiens qui ont attiré 200 000 naïfs en grande majorité occidentaux, mais pour ce qui concerne le peuple syrien, c’est bien une manip’ de grande échelle, et d’inspiration plus intégriste que démocratique.

Combattant sur canapé

Autre figure de proue de la vraie-fausse opposition virtuelle au régime de Damas, Rami Nakhle a lui aussi dès avril relayé sur Facebook la propagande anti-Bachar, regroupant les vidéos de manifestants et les « infos » relatives aux troubles de Syrie , contribuant puissamment à donner à l’opinion internationale l’image d’une révolte massive et générale contre le régime de Damas. Et tout cela depuis son appartement de Beyrouth où il vit en exil depuis le début de l’année.

Car ce cyber-activiste de 28 ans qui verse l’huile sur le feu dans son pays d’origine depuis son canapé (voir photo) a débuté sa carrière de dissident informatique dès 2006 à Damas, réclamant, selon ses dires, la libération de prisonniers politiques et la fin de la loi martiale (abrogée tout récemment par Bachar al-Assad). Nakhle a donné à la presse occidentale un récit quasi-hollywoodien de sa fuite hors de Syrie, en janvier de cette année, sur une moto, avec la police syrienne à ses trousses. Une chose est sûre : depuis, pour le plus grand bonheur de médias comme Al Jazeera ou le New York Times, il alimente à coups de vidéos de portable indéchiffrables et de conversations avec des opposants anonymes sur Skype le mythe d’un embrasement général du pays, alors que l’on peut estimer le nombre maximum de manifestants depuis le début du mouvement à 150 000 (sur une population de 22 millions). Détail « amusant », ce désinformateur – ou au minimum internaute partisan et proche des Américains et monarchies arabes pétrolières – a lui-même été victime d’un bobard sur sa page : un correspondant (forcément)  anonyme – que notre cyber-activiste a aussitôt identifié comme un membre de la police secrète de Damas – l’avertissait qu’un membre de sa famille restée en Syrie avait été arrêté par les services de sécurité de Damas. Après un coup de fil, Rami Nakhle a pu vérifier que l’info était non fondée. Gageons que ce n’est pas la seule fausse nouvelle véhiculée par l’écran de ce combattant sur canapé beyrouthin.

L’homme de Londres

Autre figure de la « cyber-dissidence » syrienne : Aussama Monajed, établi à Londres, s’est lui aussi voué à la diffusion de vidéos de protestations, dont la localisation et l’importance numérique sont difficilement vérifiables mais qui suffisent à créer le climat politique dont les médias occidentaux sont friands. Il régnait, en avril, sur une équipe d’une vingtaine de personnes qui l’aidaient à collationner vidéos et infos sur son site Syrian Revolution News Round-up. A l’en croire, il avait des contacts dans chaque province de Syrie, chacun de ces correspondants animant un réseau de dix personnes. De quoi permettre à Aussama Monajed de donner des interviews sur la chaîne américaine CNN dont la réputation d’objectivité et d’indépendance vis-à-vis de la Maison Blanche et du Pentagone n’est plus à faire depuis les guerres du Golfe.

Il est tout aussi intéressant de citer que M. Mounajed travaillait comme producteur pour la chaîne de télévision Barada. Cette même chaîne que l’on retrouve citée, certainement pas par pure coïncidence, dans l’article paru dans Le Monde le 18/04/2011:
« Des câbles diplomatiques américains diffusés par le site WikiLeaks montrent que le département d’Etat a secrètement financé des groupes d’opposition syriens, rapporte lundi le Washington Post. Selon ces notes, Washington a fourni jusqu’à six millions de dollars depuis 2006 à un groupe d’exilés syriens pour qu’il gère une chaîne de télévision privée basée à Londres, Barada TV, et finance des activités à l’intérieur de la Syrie. Barada TV a commencé à émettre en avril 2009 mais a renforcé ses activités depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar Al-Assad il y a un mois. » Initiative  débutée sous l’administration George W. Bush, et soutien financier qui continue a être versé sous la présidence de Barack Obama.

Le faussaire américain pro gay-lesbien

Par son profil et son type d’investissement politique, Tom MacMaster est certainement l’un des plus « originaux » parmi les cyber-opposants à Bachar al-Assad. Cet étudiant (de 40 ans) en master à l’université d’Edimbourg, relaie en effet le blog oppositionnel syrien – intitulé A gay girl in Damascus – plus particulièrement voué au combat des… lesbiennes syriennes et notamment celui d’Amina Abdallah, qui militait simultanément pour la démocratie politique et la liberté sexuelle – qu’en pensent les opposants salafistes à Bachar al-Assad, au fait ? Amina aurait été enlevée début juin à Damas par des inconnus affiliés, à en croire le blog, aux services secrets du parti Baas. Ces ravisseurs auraient opéré depuis une voiture décorée d’une photo de Bassel al-Assad, frère de l’actuel président syrien, décédé dans un accident de voiture en 1994… La presse occidentale, friande de victime aussi « sexuellement correcte » du régime de Damas, a bruyamment relayé cette nouvelle illustration de l’intolérance rétrograde du régime, intimant l’ordre aux autorités syriennes de relâcher immédiatement la malheureuse. (Alors que, contrairement à l’Arabie Saoudite, ou certaines monarchies pétrolières alliées des Américains, la Syrie laïque ne réprime pas l’homosexualité qui ressort de la vie privée.)

Las ! Dès le 12 juin MacMaster devait présenter ses excuses à ses lecteurs et contributeurs : en fait, Amina n’existait pas vraiment, et était même née de l’imagination féconde du blogueur américain, véritable rédacteur du blog A gay girl in Damascus. Qui avait voulu, expliquait-il, illustrer à travers une figure fictive, les réelles difficultés rencontrées par les les homosexuels et lesbiennes syriennes ! Pour une fois, la supercherie a été dénoncée dans l’ensemble de la presse française et internationale. Les gogos qui s’étaient inscrits sur la page spéciale Facebook Free Amina sont assez remontés contre le faussaire MacMasters. Lequel dans son petit mot d’excuses, a cette soudaine révélation, qui ne manque pas de sel venant de lui :  » Cette expérience a malheureusement confirmé mes soupçons sur la couverture superficielle que font les médias sur le Proche-Orient. » Si même les désinformateurs dénoncent la désinformation !

Le Syrien du Maryland

Ammar Abdulhamid entretient, lui, la flamme de la résistance au baassisme depuis l’Etat américain du Maryland. Comme le rappelle le spécialiste français du Proche-Orient Gilles Munier sur son blog, Abdulhamid, exilé aux Etats-Unis, dirige une fondation « pro-démocratie » nommée Tharwa (Fortune, tout un programme) travaillant donc à la « démocratisation (à l’américaine) au Grand Moyen-Orient et en Afrique du Nord« , fondation basée comme il se doit à Washington. Nous donnons sur le site le portrait détaillé qu’a fait Gilles Munier de cet activiste dont la principale caractéristique politique et intellectuelle est l’instabilité, qui l’a fait passer de l’extrémisme salafiste proche de Ben Laden au néoconservatisme des faucons de Washington (voir article « l’AFP et la désintégration de l’armée syrienne », objectif des opposants pro-américains in rubrique « ré-information« .

Une propagande sectaire et haineuse

On laissera le mot de la fin (provisoire) à un autre blogueur arabe d’Occident, mais dont le sérieux et l’indépendance, tant vis-à-vis de Damas (où il est né) que de Washington, sont attestés depuis des années : Camille Otrakji (voir la traduction de son entretien en rubrique « ré-information« ) estime que que cette cyber-information est le vecteur idéal et moderne de la bonne vieille désinformation. Pour Otrakji, la maîtrise de l’image par les militants anti-Assad déguise une révolte plus sectaire que nationale, qui fait l’impasse sur les craintes légitimes des minorités syriennes. Quant elle ne les passe pas par profits et pertes, comme cette vidéo diffusée sur le site Syrian Revolution 2011, évoqué plus haut, et qui nous montre un imam égyptien semer la « bonne parole » anti-Assad sur la toile. Un imam égyptien menaçant qui dit notamment : «Aux alaouites syriens… rejoignez-nous ou vos enfants paieront un prix lourd à partir de maintenant jusqu’à l’éternité« . Sans commentaires… Rappelons que les Alaouites sont une minorité musulmane chiite (10% de la population syrienne environ) d’où sont issus nombre de dirigeants actuels du pays, à commencer par le président Bachar al-Assad.

En un  mot comme en cent Camille Otrakji a quelques raisons de se dire inquiet d’une propagande, souvent haineuse, peinturlurée en voix de la liberté. Il parle carrément de « tromperie » à ce propos : « C’est comme afficher sur l’emballage d’un produit quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’il y a dedans. Tout cela est manipulé« .