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Resistance politique: Comprendre la domination impérialiste occidentale…

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Le modèle de domination impérialiste

 

Steven Newcomb, Shawnee/Lenape
 Executive Director, Indigenous Law Institute

 

~ Traduit de l’anglais Résistance 71 ~

 

Décembre 2015

 

Le 4 Mai 1493, le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia, de la dynastie Borgia et père de Cesar et Lucrèce) a émis un document pontifical connu sous le nom de bulle Inter Caetera. Le document fut émis à la demande du roi Ferdinand d’Aragon et de la reine Isabelle de Castille et dont le but était de “donner” aux deux monarques catholiques toutes les terres que Cristobal Colón (Chistophe Colomb ou “le colonisateur porteur de la croix”) avait découvertes ainsi que toutes autres terres qui seraient “découvertes” dans le futur. La seule limite du pape sur ce don fut que Ferdinand et Isabelle ne pouvaient pas tenter de s’emparer de terres qui avaient déjà été prises par un autre prince chrétien. Entre autres, le pape déclarait que cela était son désir que des nations non-chrétiennes soient subjuguées (dominées militairement) et forcée à devenir chrétiennes. Le pape voyait les monarques catholiques comme travaillant à l’expansion de “l’empire chrétien”. “Nous croyons en Lui (le dieu catholique)”, a dit le pape, “et de lui provient tous les empires, dominations et toutes bonnes choses.”

Le modèle de domination impérialiste présume qu’il est justifiable pour un souverain immigrant (disons l’Angleterre, la France, l’Espagne ou le Portugal) d’arriver dans un pays déjà habité par des nations libres et indépendantes et de simplement présumer “le droit” de prendre possession militairement de ce pays par la force et de mettre les habitants originels sous la réglementation et la loi des constructeurs d’empire. La bulle pontificale reflète un système de langage qui présume qu’il est permis pour une personne d’assumer un droit divin impérialiste et de domination sur un autre peuple.

George Washington a dit en 1786: “Il viendra sûrement un jour où ce pays aura un poids sur l’échelle des empires… et en tant que membre d’un empire juvénile… je ne peux pas détrourner mon attention de ce sujet…” clairement, lorsqu’on parle des nations et des peuples amérindiens, les Etats-Unis opèrent strictement sur la base du modèle de domination impérialiste. Le prérequis de ce modèle est la loi fédérale sur les Indiens que l’on trouve dans la décision de la Cour Suprème des Etats-Unis dans l’affaire Johnson v. McIntosh (8 Wheat., 543, 1823),, que la cour à prise en se basant sur la bulle papale Inter Caetre de 1493. Dans ce cas précis, le juge John Marshall a dit que la “découverte” des “païens” par le “peuple chrétien” a donné aux chrétiens une “domination ultime” (droit d’empire et de domination) sur les Indiens de la sorte “découverts”.

Après la “découverte” chrétienne, a dit Marshall, les droits des peuples Indiens à la “souveraineté complète en tant que nations indépendantes” ont été “diminués”. De manière supposée, les Indiens ne retinrent qu’un simple “droit d’occupation des sols”, de leurs terres ancestrales tout en étant soumis à la domination des Etats-Unis. Après avoir correctement identifié la loi fédérale indienne comme un système de langage de domination, l’Institut a commencé à travailler vers le développement d’une nouvelle base totalement inovative et radicalement différente pour penser la relation entre les Etats-Unis et les nations et peuples indiens. Nous n’acceptons pas l’idée qu’un préjugé judiciaire fondé sur un préjudice religieux (Johnson contre M’Intosh) puisse légitimement nier, refuser le droit inhérent que les nations indiennes ont de vivre librement et indépendamment sur leurs terres ancestrales. Dans un effort de gérer le fondement du modèle de domination impérialiste, nous en avons formellement appelé au pape Jean-Paul II pour qu’il révoque la bulle pontificale Inter Caetera de 1493. Nous l’avons aussi invité à nous rejoindre sur le chemin sacré en honorant le premier principe de la loi traditionnelle autochtone, celui de “respecter notre Terre-Mère et de regarder toute vie comme sacrée.” (NdT: ceci fut rédigé en 1995)

La loi traditionnelle autochtone

Au temps de la soi-disante “découverte” chrétienne, européenne des terres indiennes sur le continent des Amériques, nos nations et peuples autochtones respectifs vivaient une vie complètement libre et indépendante, de manière spirituelle, fondé sur l’intégrité de la famille, de la communauté et de la terre. Le style de vie basé sur la spiritualité de nos ancêtres ne comportaient aucun poison mortel, pas de pesticides, pas d’herbicides, pas d’organo-chlorines synthétiques et autres substances chimiques toxiques industrielles, comme aussi le plomb dans l’eau que boivent nos enfants ou des particules radiocatives qui maintenant s’éparpillent dans l’air des déserts du sud-ouest.

Tandis que certains diraient que nos ancêtres manquaient des soi-disantes “avancées technologiques” pour créer de telles choses, nous assumons que ces réalités, qui menacent directement la vie sur la planète Terre, ne sont pas du tout des “avancées” ou un “progrès”. Nous envisionnons une époque où notre façon de vivre sera une fois de plus guidée par la loi traditionnelle autochtone, de telle façon que ces poisons ne viennent plus contaminer la terre, les eaux et les systèmes immunitaires des gens.

Les modes de vie fondés sur la Terre, le spirituel de nos ancêtres, étaient de conserver les instructions originelles qui leur furent données, qu’ils reçurent il y a des milliers d’années par la tradition orale. La sagesse du monde naturel et la compréhension de nos ancêtres existent toujours dans nos langues, nos cérémonies et les endroits sacrés de nos peuple et nations respectifs. La loi traditionnelle autochtone peut-être trouvé dans la Kanaka Maoli Law des Hawaiiens natifs, dans les Sept Lois des Lakota, les 12 lois des Shawnee, les lois du Kogi etc… Mais par le mot “loi” nous parlons en fait d’une alternative conceptuelle et culturelle à la technologie et à la culture impérialiste polluée par le chimique et par le désir de domination (NdT: à commencer par celui de domination de la Nature. Pour les occidentaux, ce qui ne peut pas être contrôlé doit être détruit. La Nature doit plier aux désirs des capitalistes privés ou d’état ou être brisée et détruite. Il en va de même pour les peuples et nations libres et indépendants…). L’Institut Légal Indigène affirme que la loi traditionnelle autochtone est une source essentielle de sagesse environnementale et de compréhension de la planète aujourd’hui. Nous œuvrons pour que la pensée traditionnelle autochtone des Amériques soit reconnue comme une base, un fondement nécessaire de notre existence collective sur la planète Terre.

Colonialisme occidental et doctrine chrétienne de la découverte… Le documentaire !

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“Une histoire de vérité historique, de spiritualité et de résistance dite au nom des peuples et nations originels de l’Île de la Grande Tortue et de partout ailleurs sur Terre. Nous sommes toujours là et libres de droit.”

~ Sheldon Wolfchild & Steven Newcomb ~

 

La doctrine de la découverte ou démasquer le code de la domination

 

Présentation du documentaire de Sheldon Wolfchild (Lakota) et Steven Newcomb (Shawnee)

 

38 Plus 2 Productions

 

Octobre 2015

 

Source:

http://www.38plus2productions.com/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 Note de Résistance 71: Nous mettons deux bandes annonces en sections commentaires sous l’article. DVD en vente sur le site de 38Plus2 Productions.

Ce documentaire puissant qui fera date “The Doctrine of Discovery: Unmasking The Domination Code” est le résultat des efforts de collaboration du réalisateur et acteur Dakota Sheldon Wolfchild et du juriste co-producteur Steven Newcomb, Shawnee, Lenape. Le film, basé sur le livre résultant de plus de 30 ans de recherches de Steven Newcomb: Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008), amène sur le grand écran une histoire incroyable et pourtant si peu connue:

Note de Résistance 71: Le livre de Newcomb a été en grande partie traduit et publié sur ce blog: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”.

Les premiers chrétiens qui ont localisé des terres inhabitées par des chrétiens et peuplées de païens, d’infidèles et de non-croyants donc de sauvages, affirmèrent le droit de s’assujetir un droit de domination. Sur la base exclusive de cet argument au fondemenent religieux, la cour Suprême des Etats-Unis a plus tard défini le titre de propriété des nations et peuples originels comme “n’étant qu’un simple droit d’occupation des sols” sujet à un droit de domination de la part des Etats-Unis. Les premiers “chrétiens” qui clamèrent la “domination ultime”, a dit la Cour Suprême, ont pu retirer la terre des “natifs” qui “étaient des païens”, bien que ceux-ci soient en possession du sol.

Birgil Kill Straight, un leader de la nation Oglala Lakota, fournit une vision de la sagesse traditionnelle et des enseignements des Sept Lois des Oglala Lakota. Le documentaire montre que les enseignements traditionnels des nations et peuples originels forments une alternative au système de domination et de déshumanisation proposé par la chrétienté (empire chrétien).

Le théologien Luis Rivera-Pagán, qui a été interviewé pour ce film, fait remarquer dans son livre: A Violent Evangelism: The Religious and Political Conquest of the Americas (1992), qu’une historiographie précise doit rendre compte des justifications théologiques et religieuses de cette affirmation du droit de domination sur les nations et peuples originels. Rivera-Pagán parle des effets dévastateurs de “la dévaluation absolue d’un être humain”, ou, en d’autres termes de la déshumanisation.

Le film appelle le saint siège au Vatican de révoquer les décrets/bulles pontificaux qui ont mis en marche le système de domination et montre bien que les valeurs et les enseignements des nations originelles sont une voie sacrée pour toute Vie.

Voir deux courtes bandes-annonce ci-dessous…

 Note de Résistance 71 : Ce documentaire a pris près de 8 ans à réaliser après que Sheldon Wolfchild eut fini la lecture du livre de Steven Newcomb et en eut été bouleversé.
La durée de réalisation fut longue, car Woldchild et Newcomb (qui en est le co-producteur) ont refusé toute somme d’argent fédérale ou privée, toute forme de subvention, pour faire ce documentaire, de la sorte, PERSONNE n’a pu contrôler la ligne éditoriale et le résultat final. Le montage final a pris plus d’un an et demi pour maintenir le documentaire dans une durée raisonnable de 60 minutes (61 minutes en fait). Le documentaire est diffusé en salle de cinéma aux Etats-Unis, un DVD est disponible ansi qu’un kit éducatif destiné à l’enseignement comprenant le DVD et deux livrets d’enseignement rédigés par Steven Newcomb. De nombreux professeurs d’enseignement secondaire et tertiaire ont participé aux conférences-débats et vont commencer à enseigner cette origine profonde de l’entreprise coloniale chrétienne débutée au XVème siècle sur ordre et couverture du Vatican qui en fabrica la couverture “légale”, régissant les lois et politiques sur les nations et peuples originels jusqu’à aujourd’hui aux Etats-Unis, au Canada et dans d’autres endroits sur la planète comme toute l’Amérique Latine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 Les sept lois Lakota

Woope Sakowin (Sept lois)

  • 1) Wacante Oganake, “Aider, partager, donner, être généreux”.
  • 2) Wowaunsila, “Pitié et compassion”.
  • 3) Wowauonihan, “Respecter et honorer”
  • 4) Wowacintanka, « Patience et Tolérance. »
  • 5) Wowahwala, “Humilité et recherche de l’humilité.”
  • 6) Woohitike, “Être guider par vos principes, être discipliné, brave et courageux.”
  • 7) Woksape, “Compréhension et sagesse”

 

Résistance au colonialisme occidental: Discours de Steven Newcomb (Shawnee) à l’Assemblée Mondiale des Religions (Octobre 2015)

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« Nos nations et peuples originels n’ont pas besoin de réconciliation mais de décolonisation !… »
~ Steven Newcomb ~

 

Discours devant l’Assemblée Mondiale des Religions

 

Steven Newcomb

 

3 Novembre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/11/03/speech-parliament-worlds-religions

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Salt Lake City, Utah, le 19 Octobre 2015:

 

Bonjour à toutes et à tous,

Je désire rendre hommage aux nations originelles sur la terre desquelles ce bâtiment se dresse aujourd’hui. Je désire honorer les ancêtres qui ont aimé cette terre et l’ont chéri au moyen de cérémonies et de prières traditionnelles, fondées sur leur vision d’un besoin de relations sacrées avec notre terre-mère, avec ses eaux pures et limpides et avec la Vie sous toutes ses formes et manifestations. Je désire honorer l’existence originelle et libre de nos nations et de nos peuples remontant dans la nuit des temps au travers de nos traditions et histoires orales.

Hier j’écoutais avec grand intérêt la session plénière sur le changement climatique. Cela me frappa de réaliser que vouloir travailler sur le changement climatique sans travailler à un changement de paradigme serait une grave erreur. Nous avons besoin d’un changement, d’un glissement de notre attitude et de notre mentalité pour nous écarter enfin du paradigme de domination prévalent, de la déshumanisation, de la veulerie, dont les symptomes sont partout observables sur la planète terre, notre mère à toutes et à tous.

Il y a plus de cinq siècles, plusieurs papes de Rome, au nom de la chrétienté, ont lâché sur le monde ce paradigme auquel je faisais référence. Cela pourra peut-être vous surprendre d’apprendre que le modèle de domination impérialiste chrétien a été imbriqué dans les lois et les politiques des Etats-Unis d’Amérique ainsi que dans les lois et les politiques de bien des pays comme par exemple le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce code caché de l’empire chrétien (NdT: héritier de l’empire romain) a œuvré pendant plus de cinq siècles vers la dissolution de nos nations originelles sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord) et Abya Yala au Sud.

Les schémas d’idée de domination et la soi-disante découverte chrétienne ont été écrits par des juristes dans la loi fédérale indienne elle-même, où ils demeurent jusqu’à ce jour. Ces idées remontent à des documents pontificaux datant du XVème siècle et aux chartes royales d’Angleterre qui affirmèrent le droit à la domination contre des terres non-chrétiennes, “qui furent inconnues de tous les peuples chrétiens avant cette période”. En 1823, la Cour Suprême des Etats-Unis sanctifia le schéma de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination avec sa décision dans l’affaire Johnson & Graham’s Lessee contre McIntosh.

Nous pouvons remonter ce schéma d’idées à l’année 1452 lorsque le pape Nicolas V dans son édit/bulle Dum Diversas, dirigea le roi du Portugal à se rendre sur la côte ouest africaine et partout en terres non-chrétiennes afin “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer”… “tous les sarrasins, païens et autres ennemis du Christ”, “de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel” et de “s’emparer de tous leurs biens, propriétés et possessions”. Plusieurs décrets pontificaux ou bulles furent émis en 1493 par le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia), qui appellèrent à la propagation et l’expansion de l’empire chrétien, imperii Christiani en latin, et appelaient à ce que les “nations barbares” soient subjuguées à la foi et religion chrétiennes. En marge de ceci mais connecté, le 4 Mai 2013, 520 ans après la publication de la bulle papale de Mai 1493, je me suis rendu avec deux de mes amis: Dr Debra Harry de la nation Paiute et l’avocate Sharon Venne de la nation Cri, munis d’une autorisation spéciale aux archives espagnoles des Indes Occidentales se tenant dans la ville de Séville en Espagne pour y consulter deux documents papaux parchemins velum. Le secrétaire royal de l’époque avait fait une annotation particulière au dos d’un des parchemins, stipulant que le document était une concession du pape Alexandre VI pour “ganaran y conquistaron de las Indias.” Ou en français: “gagner et conquérir les Indes”. En d’autres termes, ceci était une concession de domination.

Notre documentaire “The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code,” basé sur mon livre Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery, Fulcrum, 2008, met sous les feux de la rampe les schémas de déshumanisation impliqués dans l’affirmation du droit de la découverte chrétienne et de la domination sur des terres peuplées de soi-disants païens, infidèles et peuples non-baptisés. Ceci est un point d’attention sur lequel nous nous concentrons depuis plus de 20 ans à l’Institut de Droit Indigène (Indigenous Law Institute, dont Steven Newcomb est le co-fondateur)

Mon ami et mentor Birgil Kills Straight est un leader spirituel de la nation Oglala Lakota (Sioux). En 1992, lui et moi avons fondé l’Indigenous Law Institute. En 1993, nous avons participé à l’assemblée des religions mondiales à Chicago. Birgil y parla des Sept Lois Spirituelles des Oceti Sakowin et nous parlâmes de ces bulles pontificales. Nous avons fait part à la communauté mondiale de notre campagne d’appel au pape Jean-Paul II à la répudiation du décret/bulle Inter Caetera de 1493. Notre campagne contre le paradigme de domination et de déshumanisation ainsi que leur institutionalisation dans les lois et les politiques, continue aujourd’hui avec la papauté de François 1er.

Mesdames et messieurs, j’aimerai avoir plus de temps pour approfondir plus en détail, mais devant le peu de temps qui m’ait imparti, je vous laisserai sur cette réflexion: En 1954, le ministère de la justice des Etats-Unis envoya une ordonnance à la Cour Suprême des Etats-Unis, dans laquelle il fut argumenté que les Indiens Tee Hit d’Alaska ne méritaient aucune compensation financière pour la prise du bois sur leurs terres parce que “les nations chrétiennes d’Europe avaient découvert ces terres de païens et d’infidèles”. En 1955, l’année de ma naissance, la Cour Suprême tomba d’accord avec cette argumentation, se référant au Elements of International Law de Henry Wheaton dans lesquels il disait ceci: “Les nations païennes des quatre coins du monde furent les proies, les récompenses et le butin légaux de leurs conquérants civilisés.” Ce schéma de domination chrétienne fut une nouvelle fois soutenu par une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis en 2005 dans son rendu de l’affaire City of Sherrill v. Oneida Indian Nation of New York.

Je désire conclure en disant qu’il est grand temps pour les chrétiens et les églises qui pratiquent cette déshumanisation qu’il faut arrêter de mentir au sujet de nos cérémonies traditionnelles. Ils doivent arrêter de dire à notre jeunesse et aux autres, que nos cérémonies sont sataniques ou l’œuvre du diable. Ceci tue bon nombre de nos jeunes qui, privés de leur identité spirituelle et culturelle et dans le sillage du traumatisme généré par les programmes de pensionnats de la domination pour Indiens (aux Etats-Unis et au Canada), mettent prématurément fin à leur vie.

De plus, les gouvernements et les églises doivent commencer à consacrer du temps et des efforts, de l’énergie et de l’argent dans l’assistance à la revitalisation de nos langues, de nos cultures et de nos traditions spirtituelles, les mêmes efforts et énergie consacrés à la destruction de nos places sacrées et de nos cultures en première instance. Nos nations originelles n’ont pas besoin de réconciliation, mais de décolonisation ! Nous et la planète devons cicatriser du traumatisme amené sur nous par ces schémas chroniques et incessants de domination et de veulerie avérées.

Merci à tous les chrétiens et églises chrétiennes qui ont exprimé leur soutien à nos efforts, sachez que nous apprécions cela à sa juste valeur. Nous vous invitons tous à marcher avec nous sur le chemin sacré en honneur du tout premier principe de nos nations originelles: “Respectons la Terre notre Mère et ayons un regard sacré pour tout être vivant. Mettons fin à toute domination. Nous sommes tous inter-reliés. Wanishi.”

Résistance au colonialisme occidental: Décoder la sémantique colonialiste…

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Au sujet de remplacer le jour de Colomb par le jour des peuples dominés

 

Steven Newcomb

 

27 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/10/27/replacing-columbus-day-dominated-peoples-day

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une tendance notoire a émergé ces récentes années alors que de plus en plus de villes aux Etats-Unis laissent tomber les festivités du “jour de Christophe Colomb” (Colombus Day) en faveur d’une “journée des peuples indigènes”. Ce changement de terminologie est considéré être une grande amélioration par ceux qui savent que la journée de Colomb représente une expansion brutale et sanglante de l’empire et de la colonisation. Ce jour représente de fait la décimation de nos ancêtres et la dévastation de nos nations et de nos peuples. Ce jour représente un héritage du génocide.

Une des façons de caractériser l’héritage de Colomb est ceci: Lorsque que Colomb appela cette première île “découverte” du nom de “San Salvador”, qui veut dire Saint Sauveur en espagnol, il commença à utiliser le processus d’utilisation de l’imagination humaine pour imposer des métaphores de domination de la chrétienté occidentale sur nos nations, nos ancêtres, et nos terres. Le système imposé des métaphores de la chrétienté et le bain de sang qui en résulta peuvent aussi être compris comme un système de domination et de déshumanisation mis en place par les gens de la chrétienté pour faire avancer le modèle impérialiste de domination chrétien. Maintenant on nous dit qu’une des façons de tourner le dos à ce maudit et sombre héritage est de changer le nom de ce jour férié nommé après le “saint patron” si on veut de cette histoire de mort et de colonisation, Christophe Colomb.

Avant que nous bougions plus avant dans la direction d’un “jour des peuples indigènes”, il serait peut-être bon et sage de nous rappeler de l’avertissement que nous avait donné le poète et philosophe Dakota John Trudell au sujet de ce qu’il se passe lorsque, “ils changent le nom et nous traitent de la même façon”. La fondation existante du système continue sans fléchir parce que le changement de nom n’est qu’une petite révision de surface (NdT: encore une “réforme”, une de ces inepties faites pour toujours donner l’illusion du changement et de l’amélioration alors qu’en fait ce n’est toujours que cela: une illusion…)

Question: Pourquoi encourageons-nous les villes américaines à abandonner le “jour de Colomb” et à adopter “le jour des peuples indigènes” ? Réponse possible: Parce que nous sommes contre le système de domination que Colomb et toute la chrétienté ont imposé de manière invasive et destructrice sur nos peuples et nos nations ; le système en résultant de domination est chronique et perdure jusqu’à nos jours.

Et bien, si cela est le cas, pourrait-on demander, pourquoi alors aussi utiliser la métaphore “indigène” pour nous nommer nous-mêmes ? Cette métaphore, venue de la terminologie de l’ONU, ne fait juste que renforcer, plutôt que de défier, le système métaphorique de domination imposé sur nos peuples et nations originels. Fondé sur la manière dont le mot “indigène” est défini par l’ONU, nous ne faisons qu’abandonner le “jour de Colomb” en faveur de l’idée bien camouflée du “jour des peuples dominés”.

Permettez-moi d’expliquer ceci.

Dans le contexte des Nations-Unies et de l’arène internationale, les peuples indigènes sont conçus, en accord avec une définition reconnue officiellement, comme ayant été à un moment donné des peuples (nations) distinctes. Puis, “des personnes d’une culture différente ou d’origines ethniques différentes arrivèrent sur place (en l’occurence, ici sur le continent des Amériques) d’autres endroits du monde, les subjuguèrent par conquête, développement colonial ou tout autre moyen, les réduisant à une situation non-dominante ou coloniale.” (Khan and Talal, Indigenous Peoples: A Global Quest for Justice (1987).

Pensez à la dévastation morale à laquelle durent faire face nos ancêtres et nos nations après avoir été forcés d’une existence pré-indigène (pré-domination) à une existence de dominés, de colonisés. Pendant très longtemps, nos peuples et nations ont vécu de manière indépendante, libre et non contraints à une domination étrangère. Puis, soudainement, nos ancêtres et nos nations furent envahis et graduellement “subjugués”, “réduits” par les puissances dominatrices “à une situation non-dominante ou coloniale”. Les colonisateurs ont alors commencé à considérer nos nations et nos ancêtres comme étant des peuples et nations dominés, ce qui veut dire voués à vivre “sous la botte” des colonisateurs et pour utiliser une expression tout aussi métaphorique. “ils nous ont marché dessus.”

Eventuellement, les colonisateurs commencèrent à utiliser les “peuples colonisés” et les “peuples indigènes” comme des expressions synonymes.
Parce qu’aucune de ces deux expressions n’ont amené le concept de “domination” en point de focalisation, le mot “dominés” ne fut pas détecté et fut utilisé par nous comme un moyen de défier le système de la société dominante et ses métaphores de domination.

Se faire nommer “indigènes” c’est se faire nommer en termes de l’opposé de l’existence originelle libre de nos nations et de nos ancêtres. Se faire nommer “indigène” dans le contexte de l’ONU c’est se faire nommer en termes de ce qui est considéré être venu après que notre droit à une existence libre et indépendante fut supposément terminé par le “processus de civilisation”, à savoir d’avoir été violemment et sémantiquement soumis aux métaphores de la chrétienté (de l’empire colonial chrétien). La mission de la chrétienté fut d’utiliser des processus de domination afin d’œuvrer en vue de la dissolution complète, c’est à dire de l’élimination, de nos nations libres et indépendantes.

L’utilisation de l’expression “non-dominant(e)” par Khan et Talal attire notre attention sur une supposition qui a guidé les “États”. D’après cette supposition, le système métaphorique de domination de la chrétienté est maintenant dominant et nos peuples et nations sont maintenant métaphoriquememt voués à exister “sous” ou “en dessous” ce système bien au point de métaphores. La définition de “non-dominant” est appliquée à nos nations et nos peuples parce que nous sommes voués à l’assujettissement de manière permanente par un système de domination bien fait et effectif.

Si nous sommes véritablement sérieux au sujet de notre libération en décolonisant (en défaisant la domination sur) nos esprits, alors nous devons regarder bien plus profondément ce système de langage utilisé par les colonisateurs et son système métaphorique. Car c’est au moyen de ce système de langage que le colonisateur tisse la toile linguistique et métaphorique de son empire de domination. Nous ne pouvons pas prendre la terminologie colonialiste pour argent comptant. L’approche la plus confortable et la plus immédiate n’est pas la meilleure approche pour notre libération.

Nous devons nous engager dans la tâche mentale difficile d’interpréter les mots, les textes, les métaphores des colonisateurs afin de mettre en évidence les vérités profondes cachées. Voici un point de conclusion que je désirerais faire: le “jour des peuples et des nations originels” est en tout point préférable à l’expression “jour des peuples indigènes”. Mais quoi qu’il en soit, si vous vous sentez complètement en adéquation avec “le jour des peuples indigènes”, alors utilisons l’expression “jours des peuples dominés” de façon à ce que l’image du système de domination dont nous avons besoin de nous libérer soit claire et absolument sans ambiguité aucune.

Si nous utilisons des mots et expressions qui ne servent qu’à renforcer le cadre déjà existant de domination, qu’avons-nous donc fait ? A quoi sommes-nous parvenus ? Nous devons commencer à utiliser un langage qui identifie le cadre de référence et amène au bon niveau de conscience tout en même temps défiant sa fausse affirmation de légitimité. Nous pourrions utiliser l’expression “jour des peuples dominés” de manière ironique afin de montrer au monde que le système de domination est toujours utilisé contre nous, tout en argumentant sur le fait qu’il n’y a pas de “droit à la domination”. En d’autres termes, nos nations ont toujours le droit inhérent d’exister librement et indépendamment de toute domination et de toute déshumanisation.

Résistance au colonialisme: Vatican, doctrine chrétienne de la découverte et intégration des bulles papales du XVème siècle dans la loi fédérale sur les Indiens…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

Il est plus que grand temps de rejoindre nos frères Amérindiens et de mettre un terme à l’ignominie coloniale occidentale qui perdure et cancérise toujours e monde aujourd’hui. Quiconque croit vivre dans un monde « post-colonial » comme la propagande veut nous le faire avaler, est sérieusement naïf et à terme complice des crimes commis par l’occident hier et aujourd’hui.

— Résistance 71 ~

 

Le pape François 1er et les peuples indigènes

 

Steven Newcomb

 

8 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/10/08/pope-francis-and-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 23 Septembre, l’avion du pape François se posait en territoire traditionnel et ancestral de la nation Piskataway (Washington D.C). De là, il voyagea en territoire traditionnel de la nation Lenape (à New York City et à Philadelphie). La visite du pape en Amérique du Nord a été célébrée par les catholiques et par ceux qui admirent sa prise de position sur des affaires comme le changement climatique (anthropique), la pauvreté, les droits des homosexuels, le besoin d’une responsabilité corporatrice et entrepreneuriale et la réforme du Vatican.

Pour ceux d’entre nous qui sont issus des nations “originelles” indiennes de ce sous-continent américain, la visite du pape soulève l’histoire sombre et complexe de l’église catholique dans sa relation avec nos peuples et nations originels. Alors qu’il était en visite en Bolivie au mois de Juillet dernier, le pape François 1er fit allusion au passé houleux avec les nations premières. Dans une déclaration se voulant de contrition, la pape a déclaré: “Je demande humblement le pardon, pas seulement pour les crimes de l’église elle-même, mais aussi pour les crimes commis contre les peuples natifs durant la soi-disant conquête des Amériques.”

Les crimes de l’église contre les peuples indigènes sont très bien illustrés dans bien des documents publiés par le saint siège des décennies avant et peu après le premier voyage de Christophe Colomb. (NdT: Colomb fit 4 voyages sur le continent américain: 1492, 1493, 1498 et 1502, il en partît chaque fois chargé d’esclaves Arawak, Tainos, Caribs etc dont les nations et cultures furent exterminées) Ces documents déclaraient la guerre contre les non-chrétiens/païens où qu’ils se trouvent. En 1452 par exemple, le pape Nicolas V autorisa le roi Alphonse du Portugal de voguer vers l’Afrique et toute autre terre non-chrétienne. Le pape exhorta le monarque portugais à “envahir, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins et les païens, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel” et aussi “de prendre et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Une lecture attentive des versions latine et anglaise des documents papaux émis au XVème siècle révèle un fait capital: l’institution catholique du Saint Siège autorisait spécifiquement ce que le pape François a appelé “la soi-disante conquête des Amériques”. En 1493, le pape Alexandre VI (NdT: Rodrigo Borgia…) appela à ce que “les nations barbares” soient dominées, soient “subjuguées”, en tant qu’élément de la “propagation/extension de l’empire chrétien (“imperii Chiristiani propagationem”).

La mention faite par le pape François des “crimes de l’église” se prend dans un sens bien plus profond lorsque nous lisons la version latine de la bulle Inter Caetera du 3 Mai 1493 émise par le pape Alexandre VI/Borgia, qui plaça tout son pouvoir apostolique derrière l’Espagne et sa proposition de “réduire” et de “soumettre” les “îles et terriroires” non-chrétiens, ainsi que “leurs habitants à la règle chrétienne”. Le pape Alexandre VI qualifia la proposition de la couronne espagnole de réduire et de soumettre les nations barbares de “sacrée” et de “méritoire”.

Le 24 Septembre, le New York Times rapportait que le pape François félicitait les Etats-Unis pour leur “dévotion dans la liberté du culte”. Clairement le pontife n’est pas au courant qu’il a fallu attendre 1978 pour que le congrès des Etats-Unis ne passe la loi American Indian Religious Freedom Act. Une telle législation était nécessaire à cause de l’héritage de l’ancienne bulle du Vatican intégrée dans la loi états-unienne. Cette connexion très peu connue et pour cause, fut rendue claire par le juge de la cour suprême Joseph Story dans son Commentaire sur la Constitution des Etats-Unis de 1833. Le chapitre 1 est intitulé: “Origine et titre de propriété des territoires des colonies”. Là, Story établît une connexion directe entre la version latine de la bulle papale de 1493 Inter Caetera et la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre M’Intosh.

Paraphrasant Johnson c. M’Intosh, Story écrivit: “l’autorité papale aussi fut amenée à l’aide de ces grands desseins [de la colonisation chrétienne] et dans le but de renverser le paganisme et de propager la religion catholique, le pape Alexandre VI, dans une bulle émise en 1493, accorda à la couronne de Castille l’entièreté de l’immense territoire découvert alors ou encore à découvrir, aussi loin que ces territoires n’étaient pas déjà possédés par un prince chrétien.

Story a ensuite connecté ce langage papal au “droit de la découverte” exprimé par son patron juge de la cour suprême John Marshall dans la décision de Johnson contre M’Intosh. Jusqu’à ce jour, la décison de la cour suprême dans l’affaire Johnson définit le titre sur la terre original indien de nos nations comme n’étant qu’une “simple occupation des sols” dans la loi états-unienne, sujette à une réquisition de ce que Story a appelé “la domination absolue” comme “un droit acquis par la découverte”. En d’autres termes, la cour suprême des Etats-Unis a affirmé que la “prétention” de la découverte chrétienne sur des terres non-chrétiennes a eu pour résultat l’octroi par les colonisateurs à eux-mêmes d’un droit de domination envers le sol. Le ministère de la justice des Etats-Unis a appliqué cet argument à la cour suprême en 1954 dans l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans sa décision émise en 1955, la cour suprême cita “Les éléments de la loi internationale” de Henry Wheaton: “Les nations païennes des autres quartiers du monde étaient le butin légal et la proie de leurs conquérants civilisés.

Le Jeudi 24 Septembre de cette année, le pape François 1er s’est adressé aux deux chambres du Congrès des Etats-Unis et d’après Tim Murphy de la revue “Mother Jones”, François “fit un pas vers la reconnaissance du traitement souvent horrible que les Etats-Unis (et l’église) réservèrent aux Amérindiens,” lorsqu’il déclara: “Ces premiers contacts furent souvent turbulents et violents”, mais il ajouta: “Il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.” Un tel langage prend finement à contre-pied le fait que les prédecesseurs de ce pape émirent des documents pontificaux qui appelaient à la propagation de l’empire chrétien et la domination des nations et des peuples au nom de l’évangélisation des païens.

Le pape François et le Congrès des Etats-Unis doivent reconnaître qu’en 2015, le langage de domination des anciens documents (bulles) pontificaux sert de support et de guide pour la loi et politique indienne fédérale des Etats-Unis. Ceci demeure une des manifestations de ce “traitement souvent horrible” de nos nations auquel le pape a fait référence. Il est temps pour le pape François de saisir l’opportunité de reconnaître pleinement devant le monde entier et de répudier les documents (bulles) pontificaux de domination et de déshumanisation desquels ont résulté un héritage incessant d’injustice, de dépossession et de traumatisme pour nos nations et peuples originels de ce continent.

En toile de fond de la visite de l’ensoutané en chef Bergoglio sur l’Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)

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Au sujet des nations libres et indépendantes devenant humaines et civilisées

 

Steven Newcomb

 

20 Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/09/20/free-and-independent-nations-becoming-human-and-civilized

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1892. Burke Aaron Hinsdale délivra un discours commémoratif à l’université du Michigan intitulé: “La découverte de l’Amérique”. L’occasion de ce discours était le 400ème anniversaire du voyage historique de Christophe Colomb de l’Espagne aux Caraïbes. A la fin de son essai, Hinsdale déclara que Colomb “montra le chemin sur un océan de ténèbres.” “Il ouvrit les portails du continent des Amériques non pas seulement au royaume de Castille et de Léon, mais à l’humanité entière.” (p.31) Enfouie dans ce phrasé réside la vision que Colomb fut le tout premier à amener “l’humanité” sur ce continent.

L’affirmation de Hinsdale que Colomb “a ouvert” ce continent “à l’humanité” amène à la lumière du jour la façon dont la mentalité des universitaires européens et euro-américains ont typiquement catégorisé nos nations et nos peuples comme originellement existant “sans aucune humanité”. “Sans aucune” a deux significations: “manquant d’humanité” et aussi existant “en dehors” des frontières de l’humanité.

L’affirmation que les chrétiens européens ont “découvert” pour “l’humanité” les terres et les territoires de nos nations et peuples originels, porte une sérieuse et damnée implication: Nos nations et peuples ont été traités comme ne faisant pas partie de “l’humanité” au temps où Colomb et autres voyageurs créèrent la première “attention humaine” de l’existence de notre partie de cette planète. Du point de vue de l’Europe chrétienne, nos nations et nos peuples ne pouvaient pas être intégrés dans la civilisation “humaine” et “chrétienne” tant que nos ancêtres n’aient pas été réduits, subjugués de leur existence libre et indépendante et mis sous le joug de l’empire chrétien (chrétienté), ou le monde de la chrétienté.

Le Dictionnaire Universel de la Langue Anglaise, édition de 1938 par Henry Cecil Wyd contient la définition suivante pour le verbe “civiliser”: “1- Amener d’un état barbare à celui de civilisation.” Puis: “les sauvages ont souvent été civilisés par les missionnaires”. Une autre entrée pour le mot “civilisé” est: “en contraste avec les sauvages et les barbares”. Une question se pose avec ces définitions: Par quels moyens ceux qui sont jugés être dans un état barbare doivent-ils être amenés à la “civilisation” ? La réponse est donnée par le dictionaire Webster’s troisième édition internationale: Ils doivent être amenés à la civilisation par “l’imposition d’un système culturel”, qui doit-être imposée aux peuples et nation soi-disants “barbares” pour lesquels tout système culturel est une notion étrangère. Dans ce contexte, les missionnaires chrétiens sont donc parmi ceux qui sont amenés à forcer les peuples barbares moins qu’humains à embrasser l’humanité et la civilisation.

Considérer ce vocabulaire “civilisateur” ainsi que le processus mental qui va avec pour le mettre en pratique et déshumaniser pour mieux dominer nos nations indépendantes et libres de droit, n’est généralement pas quelque chose sur quoi on se focalise lorsqu’on parle des problèmes et des affaires indigènes. L’affirmation que le monde chrétien a “découvert” notre partie du monde pour l’”humanité” de la chrétienté fut très déshumanisant pour nos ancêtres et pour l’ensemble de nos peuples et nations. Les chrétiens refusèrent de catégoriser nos ancêtres comme étant pleinement humains parce qu’ils affirmaient qu’ils n’étaient pas égaux dans leur conception de l’humanité. Pourquoi ? La réponse simple et directe est: “parce que nos ancêtres et nos cultures n’étaient ni chrétiens ni européens”. Nous ne pouvions même pas devenir “civilisés” tant que nous n’avions pas été soumis à un processus de réduction et de dégradation de notre statut originel libre et indépendant, considéré comme un état d’indépendance “barbare” et réduits à un état de domination et de dépendance de la chrétienté et du système politique euro-chrétien, qui se devait d’exister au-dessus de nous pour nous assujettir et nous contrôler. Ainsi le terme “barbare” ne veut-il dire qu’un état d’indépendance et de liberté, une existence libre et indépendante de la domination étrangère.

Nos ancêtres étaient considérés comme hautains et arrogants parce qu’ils avaient toujours un esprit libre d’indépendance, une existence et une attitude toutes aussi libres et indépendantes. Les chrétiens européens considéraient que nos ancêtres n’étaient pas assez soumis, pas assez serviles et qu’ils ne seraient pas soumis tant qu’ils n’auraient pas été ramenés sous l’autorité et le contrôle de leurs “supérieurs” chrétiens. Nos ancêtres devaient être amenés à connaître et à reconnaître leur place d’infériorité et ceci ne pourrait pas se produire tant qu’ils n’auraient pas fait l’expérience de cette position. Ainsi les colons œuvrèrent à nous “apprivoiser”, à nous briser, à nous “civiliser” disaient-ils, en brisant notre esprit libre et indépendant, nos modes de vies “sauvages” et indépendants. Une des méthodes employées pour ce faire fut la mise de force dans des pensionnats pour Indiens, véritables “centres d’endoctrination”. Comme le déclara la cour suprême de l’état de Californie en 1886 dans l’affaire Thomson vs Doaksum: “Tant qu’ils demeurent en paix avec la race supérieure, ils seront protégés dans leur droit d’occupation de la terre.” La cour aurait dû en fait dire “seront protégés dans le droit d’occupation des sols que nous leur avons imposé.” En d’autres termes, la “race supérieure” auto-proclamée avait jugé que nos ancêtres étaient moins humains et en conséquence avaient des droits moins humains comme celui par exemple d’une simple occupation des sols plutôt qu’un droit inhérent à la terre, cette terre où nos ancêtres ont vécu de manière libre et indépendantes pendant des millénaires. Nos ancêtres furent déclarés “sujets” au “droit européen de propriété de la terre” et ainsi “soumis” à l’affirmation (pseudo)légale de la jurisdiction européenne chrétienne sur nos terres et territoires par simple élévation des supérieurs politiques au rang de “souverains”.

Les implications sont très profondes: Les colons planifièrent l’impossibilité pour nos nations et peuples de toujours avoir leur existence libre et indépendante en tant que nations lorsque nous sommes devenus “partie” de la civilisation chrétienne. Ceci fut le prix que nous devions payer pour notre entrée dans l’humanité et la civilisation chrétienne. Le juge suprême John Marshall appelait ceci, “l’échange d’une indépendance illimitée pour la civiisation et la chrétienté” (NdT: Nom de dieu quelle affaire d’enfer !!…). Eux les colons, furent ceux qui obtinrent, en s’octroyant eux-mêmes, une indépendance illimitée, comme partie intégrante du processus d’imposer la “civilisation” et le “christianisme” à nos nations, tandis qu’ils volaient et pillaient nos terres, territoires et nos ressources naturelles dans l’affaire.

Nos nations ne seraient pas considérées comme faisant partie de cette “humanité de la chrétienté” tant que nous n’aurons pas été conditionnés de vivre sous la domination d’un “souverain” injuste et irresponsable (dominorum), qui est maintenant appelé typiquement “l’État souverain”. Ce fut le but des colonisateurs de nous voir devenir “humains” et “civilisés! En devenant si accoutumés de vivre sour leur domination, nous le ferions bientôt sans plus en avoir même conscience, sans même poser de questions ni même défier le système. Fort heureusement, un grand nombre d’entre nous est bien éveillé et continue de questionner et de défier le droit auto-proclamé de la domination chrétienne européenne.

Décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte… Maintenant un documentaire sortant avant la venue du criminel Bergoglio alias François 1er au Pays du Goulag Levant…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Décoder la Doctrine de la Découverte: le documentaire de Steven Newcomb sur les écrans de New York

ICTMN

15 Septembre 2015

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/09/15/decoding-doctrine-christian-discovery-newcomb-documentary-screens-nyc-161757

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de Résistance 71: Nous mettons la bande annonce du documentaire en section commentaires…

Titre en français: “La Doctrine de la Découverte: Démasquer le code de la Domination”

 

Au soir de la visite du pape François 1er sur l’Île de la Grande Tortue à la fin du mois, un préliminaire est nécessaire et le nouveau documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code est le parfait véhicule pour examiner comment les vues des anciens chrétiens continuent de façonner les relations entre les peuples indigènes et les descendants des colons occupants européens jusqu’à ce jour.

Fondé sur le livre de l’avocat, universitaire et contributeur au site Indian Country Today Media Network (ICTMN) Steven Newcomb “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery” aux éditions Fulcrum, 2008 (NdT: dont de larges extraits ont été traduits et publiés sur Résistance 71, cliquez ici), ce documentaire d’une heure “examine les effets d’une ancienne doctrine remontant à des documents du Vatican publiés par des papes du XVème siècle et qui donnaient les droits de clâmer dominion, à perpétuité, sur des terres non-chrétiennes et sur leurs habitants”, expliquent les réalisateurs dans une déclaration.

La pape rendra visite aux territoires traditionnels des nations Piskataway et Lenape à Washington D.C, New York et Philadelphie du 22 au 27 Septembre courant.

Le documentaire, réalisé par Sheldon Wolfchild (Dakota, Sioux), sera diffusé à 18:30 le Jeudi 17 Septembre aux étudiants et aux membres de la communauté de la Faculté de Droit de Fordham intéressés dans un évènement qui inclura une “grosse section de questions/réponses avec les producteurs de documentaire (dont fait partie Steven Newcomb), au sujet de l’utilisation continue et de l’impact de la doctrine chrétienne de la découverte sur les nations et peuples indigènes”.

La célèbre auteure-compositrice indigène Buffy Sainte-Marie est la narratrice du documentaire qui illustre les façons dont les diktats papaux et royaux de la domination chrétienne infusent nos vies quotidiennes aujourd’hui, spécifiquement avec l’utilisation de précédents légaux établis par la cour suprême des Etats-Unis.

Le langage de ces précédents légaux applique une certitude biblique pré-établie d’un droit à la découverte et à la domination”, disent les producteurs incluant Newcomb.

Voici quelques unes des questions qu’aborderont les producteurs du documentaire avec l’audience en attendance: “Pourquoi les Etats-Unis et d’autres pays continuent-ils d’affirmer un droit de domination sur les nations natives originelles ? Pourquoi les Etats-Unis clâment-ils sur cette base, un droit de “pouvoir plénier” sur ces nations ?

La diffusion et la session de questions/réponses sur le documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code auront lieu à la faculté de droit de l’université de Fordham, 150 West 62 Street, 3rd floor, Room 3-04, New York, NY 10023.

L’évènement est parrainé par les Fordham University Communication & Media Studies Department et le Professor Stephen Stoll of the Fordham University History Department.