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Résistance anti-coloniale de Mana Whenua pour la terre ancestrale sur Aoteraora (Nouvelle-Zélande)… Ihumatao 2015-2021

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , on 21 septembre 2021 by Résistance 71

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“La colonisation est une forme de conquête par laquelle une nation occupe un territoire lointain, y engouffre ses propres gens et contrôle ou élimine les populations locales natives… L’histoire de la colonisation… c’est aussi celle de la guerre et de l’exploitation des races et des nations les unes par les autres.”
~ Contre-amiral et historien Samuel Eliot Morison ~

“La révolte est, dans l’homme, le refus d’être traité en chose et d’être réduit à la simple histoire. Elle est l’affirmation d’une nature commune à tous les hommes, qui échappe au monde, la puissance.”
~ Albert Camus ~

« En point de départ, je suggèrerais de conceptualiser ce qu’on pourrait appeler l’anarcho-indigénisme […] Le mot indigène* qui évoque l’enracinement spirituel et culturel dans cette terre et la lutte pour la justice et la liberté d’Onkwe’hon:weh ; combiné au mouvement politique et philosophique qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et dévoué à prendre action afin d’amener le changement: l’anarchisme. »
~ Taiaiake Alfred, 2005, Mohawk et professeur de science politique ~

(*) dans cette citation, les peuples indigènes sont “onkwehonwe”, dans l’article que nous avons traduit ci-dessous, ils sont Mana Whenua en maori… Les mêmes choses, les mêmes luttes s’appliquent quel que soit le continent, car nous vivons toujours dans un monde colonial, de fait deux continents entiers, ceux des Amériques et de l’Océanie, sont toujours des entités coloniales actives, qui extraient ressources naturelles et humaines pour la clique de margoulins spéculateurs.

N’oublions jamais que si les hommes certes créent le système, celui-ci crée aussi les hommes qui le maintiennent en place… (Résistance 71)

Ihumatao

Ihumatao : récupérer la terre et résister au capitalisme colonisateur sur Aoteraora* / Nouvelle -Zélande

Anarchistes Tamaki Makaurau

Février 2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

(*) Aoteraora est le nom maori pour la “Nouvelle-Zélande” qui en est le nom colonial. Aoteraora en maori veut dire “la terre du long nuage blanc”.

Sur Aotearoa, une des principales formes de lutte sociale est la lutte indigène maorie pour récupérer la terre qui leur a été volée par le gouvernement colonial néo-zélandais en tant que partie intégrante de la colonisation capitaliste d’Aotearoa. Depuis 2015 se produit la plus grande lutte pour la terre de la décennie à Ihumatao, Tamaki Makaurau / Auckland où des Maoris et non-Maoris de l’action Save Our Unique Landscape (SOUL, acronyme qui veut dire “âme” en anglais) ont occupé la terre pour arrêter la firme de construction capitaliste Fletcher Building (FB) de commencer un projet de développement immobilier nuisible à l’environnement et à la communauté et aussi afin de retourner la terre à mana whenua (NdT: qui veut dire en maori “les gens de la place”, l’équivalent austral du “honkwehonwe” / peuples indigènes, mohawk dont nous parlons souvent ici…). Cette lutte pour la terre est la plus récente dans la longue histoire d’Ihumatao.

Il y a 800 ans, Ihumatao fut un des premiers endroits où arrivèrent les Maoris et établirent leurs communautés sur Aotearoa, dans une zone maintenant connue sous le nom de Otuataua Stonefields. Là, ils cultivèrent plus de 8000 hectares de terres afin de faire pousser kumara, taro, yams et potirons pour se nourrir. Ils ont aussi nourri les colons britanniques lorsque ceux-ci arrivèrent et commencèrent à coloniser Tamaki Makaurau et créer Auckland après la signature du traité de Te Tiritti O Waitangi entre quelques sous-tribus maories Hapu (NdT: les collabos de tout système colonial…) et l’empire britannique. Mais une telle coopération entre les Maoris et Pakeha (colons) ne dura pas bien longtemps, alors que la poussée pour toujours accumuler plus de biens et de richesses par le gouvernement de manière inhérente au capitalisme, mena le gouvernement néo-zélandais à utiliser plusieurs moyens pour transformer la terre communale maorie en terre d’état (colonial) et privée, moyens incluant la Native Land Court, des ventes de terres illégales et des guerres, ainsi que la version d’Aoteraora de la mise sous clotures des communaux (NdT :propriétés communales, comme dans l’Angleterre de Cromwell et sous la révolution française bourgeoise…)

Ceci culmina avec la guerre de Waikato, partie de la plus vaste guerre de Nouvelle-Zélande, qui commença en 1863 entre le gouvernement de la NZ, mené par le gouverneur de la couronne George Grey, leurs alliés maoris de Kupapa/Queennitanga et le mouvement Kingitanga qui voulait que Te Tiritti soit honoré. Durant la guerre, un fonctionnaire britannique fut envoyé à Ihumatao et demanda que les Maoris de l’endroit jurent allégeance à la couronne d’Angleterre et déposent les armes sous peine d’expulsion. Les Maoris refusèrent et en réponse, la couronne confisqua illégalement Ihumatao et la donna en 1869 à une famille Pakeha (colon), la famille Wallace, afin d’en faire une vaste entreprise agricole capitaliste alors que les Maoris étaient destitués et devenaient sans terre.

Durant le XXème siècle, alors que les Wallace géraient leur très vaste ferme, le centre de traitement des eaux usagées de Mangere fut construit entre 1960 et 2000, polluant dans le temps, l’air, l’eau et les fonds marins avoisinants. Les volcans furent nivelés pour la construction de l’aéroport d’Auckland ainsi que les réseaux routiers. En 2009, la deuxième construction d’une autoroute pour l’aéroport d’Auckland, mena au nivellement par bulldozers du très vieux centres funéraires (urupa) près de Manukau Harbor, mettant à jour 89 tombes. en 2012, le conseil de la province d’Auckland essaya de faire de cette terre un espace public et ceci fut amené devant le tribunal de l’environnement et ils durent retoquer la terre pour tout futur développement économique. En février 2014, la tribu locale iwi Te Kawerau de Maki signa un traité avec le gouvernement pour arranger la violation du traité Te Tirriti par le gouvernement. En juillet 2014, le gouvernement et le conseil d’Auckland désignèrent 32ha adjacents au Otuataua Stonefields et sa réserve historique comme zone spéciale de développement immobilière ou SHA62 pour le développement futur d’une zone d’habitation.

Lorsque ceci fut annoncé, la locale de Ihumatao, Pania Newton, ainsi que ses cousins, formèrent l’association SOUL en 2015 afin de mettre un terme à la rezonification. En 2016, les Wallace vendirent la terre à une société de construction capitaliste Fletcher Building, qui planifia la construction de 480 logements. En réponse à cela, en novembre 2016, SOUL commença son occupation de la terre et demanda l’arrêt immédiat du projet de FB et que la SHA62 soit dissoute. Un mois plus tard, Joe Hawke, le leader de l’occupation à Bastion Point, rendit visite à SOUL et proposa ses conseils. Dans les trois années qui suivirent, SOUL mit en place toute une série de tactiques diverses afin de tenter d’enrayer le plan de FB, ceci incluant une requête à l’ONU, la traduction de l’entreprise devant un tribunal environnemental ainsi que de nombreuses pétitions au gouvernement de Wellington / Poneke et du conseil de la province d’Auckland, tout ceci effectué à grand renfort de campagne médiatique dans les réseaux sociaux. Mais aucune de ces mesures n’eut de succès et le projet de développement de FB continua. En réponse, Te Kawerau a Maki négocia avec FB de mettre des logements au profit de la tribu Iwi puis soutint le projet, disant que cela était pour le mieux et que SOUL n’était pas Mana Whenua (autochtone)…

Sans plus d’obstacle devant elle, FB essaie maintenant de commencer les constructions sur Ihumatao. La police fut envoyée le 23 juillet 2019 pour exécuter des ordres d’expulsion et arrêta trois manifestants / activistes. Lorsque ceci se produisit, les trois ans de campagne de SOUL portèrent leurs fruits avec des centaines de personnes arrivant sur place pour renforcer le blocus et empêcher les constructions sur Ihamarao. Des membres anarchistes de Tamaki Makaurau se trouvèrent parmi elles. Grâce à ce blocus, le gouvernement qui avait initialement dit qu’il n’interviendrait pas le 24 juillet, déclara le 26 juillet que toute construction sur Ihumatao cesserait tandis qu’une solution entrait en cours de négociation entre Te Kawerau ā Maki, Fletchers et le conseil d’Auckland.

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Malheureusement, SOUL ne fut pas invité aux négociations et ils continuèrent le blocus essentiellement aussi parce que la police et FB demeuraient sur place à Ihumatao, les kiataki / protecteurs de Ihumatao étant capables de pousser la ligne de blocus toujours plus proche de la place tout en faisant face à une présence policière renforcée le 5 août. Le jour suivant, il y eut une journée nationale d’action en solidarité avec les demandes des locaux d’Ihumatao. Ceci aida grandement à maintenir la pression sur Fletcher et le gouvernement après que les Kingitanga offrirent de tenir un hui entre SOUL et Te Kawerau ā Maki pour en venir à une position acceptée par les deux camps.

Alors que continuèrent les négociations, ainsi continua aussi le blocus, la majorité des forces de police évacuant Ihutamao le 16 août alors que SOUL organisait une marche sur le bureau de la première ministre Jacinda Ardern afin qu’elle vienne voir ce qui se passait à Ihumatao, ce qu’elle refusa de faire. les Négociations prirent fin le 18 septembre, voyant SOUL et Te Kawerau ā Maki être d’accord sur le fait que Ihumatao devrait retourner à mana whenua. Depuis la mi-septembre 2019, des négociations continuent bien que SOUL ait été empêché d’y participer. Il y a nombre de signes positifs indiquant qu’une solution devrait être trouvée avec le gouvernement disant le 19 novembre qu’il considérait prêter de l’argent au conseil d’Auckland pour racheter Ihumatao à FB afin d’en faire un espace public tandis que Pania Newton annonçait le 23 décembre 2019 qu’une résolution verrait bientôt le jour et serait annoncée. Cette bonne nouvelle mena à un très joyeux Noël en 2019.

En 2020, la lutte pour Ihumatao commença bien avec FB retirant ses barrières de l’endroit. Il y avait aussi une attente de règlement de conflit imminent, Kingitanga baissant le drapeau de Ihumatao de manière symbolique alors que leur travail pour parvenir à un accord arrivait à sa fin. Mais toujours pas de résolution au jour de Waitangi. En rétrospective, le boulot de SOUL dans cette affaire de protection de la terre fut simplement un succès phénoménal, le mouvement transforma son action de réclamation initial de petite envergure en une campagne d’action directe qui créa un mouvement de masse sur Tamaki Makaurau et à travers tout Aotearoa afin de mettre un terme au développement immobilier de Fletcher, ceci soutenu par une remarquable campagne de gain d’attention dans les réseaux sociaux. Ceci permit aussi une nouvelle approche dans la politique maorie, menant une nouvelle génération d’activistes recherchant plus l’action directe afin que soient retournées les terres volées sans plus se fier aux structures corporatrices et institutionnelles en place pour négocier avec le gouvernement et pour obtenir des gains sur les traités en compensations financières ne faisant qu’enrichir une nouvelle classe / caste maorie capitaliste bouffant au râtelier du système.

Quoi qu’il en soit, cette lutte n’est pas encore arrivée à son terme et les actions du gouvernement ne peuvent être vues qu’avec scepticisme car ils feront tout ce qui est possible pour mettre un terme au fait que cette dispute soit utilisée comme un précédent pour retourner des terres privées aux Maoris dans de futurs arrangements sur les traités contestés. Si cela se produit, alors toutes les terres volées sur Aotearoa pourraient bien être retournées aux Maoris, déstabilisant ainsi les piliers de développement colonial capitaliste sur Aotearoa, ce que ce soit au sujet de terres privées ou en possession d’état. Peu importe ce qu’il adviendra, la campagne de SOUL pour réclamer Ihumatao a mis en pratique le cri anti-colonial maori de son chef Rangitira, Rewi Maniapoto, lancé durant la guerre de Waikato : “Ka whawhai tonu mātou, Ake! Ake! Ake! – Nous continuerons à nous battre encore et toujours !”

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“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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Mana Whenua

Résistance au colonialisme: L’empire est attaqué tout azimut… Un tribunal néo-zélandais déclare que les Maoris n’ont pas céder leur souveraineté en 1840… 2ème partie

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Lire la première partie de cette affaire…

 

L’histoire n’est pas toujours écrite par les vainqueurs

 

Morgan Godfery

 

20 novembre 2014

 

url de l’article:

http://e-tangata.co.nz/news/history-isn’t-always-written-by-the-winners

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Note: Emphase en caractères gras de notre chef.

 

Supposons que le traité de Waitangi se lise comme un budget. Nous énumérerions les débits cumulatifs, vols de terres codifiés, pauvreté forcée, rares opportunités et bien plus, tout en notant les crédits, quelques compensations, un peu moins de pauvreté, un peu plus d’opportunités et de la bonne volonté. Même le plus généreux des observateurs admettrait que le passif déséquilibre l’actif. Donc, s’il y a encore aucun doute, fixons tout cela avec le tribunal de Waitangi. report in Te Paparahi o Te Raki Inquiry.

Le tribunal, dans son rapport de vendredi, a confirmé que le rangatira (conseil maori des anciens) qui a signé le traité n’a pas abandonné leur souveraineté à la couronne. Ceci peut-être vu comme un peu direct, mais cela soulève toutes sortes de questions assez difficiles comme par exemple: Comment la couronne a t’elle donc obtenue la souveraineté ? Et si le rangatira, représentant leur peuple, n’a pas cédé la souveraineté, alors où est-elle passée ? Existe t’elle toujours ou a t’elle été détruite ? Est-ce que tout cela a même une importance ?

Alors, bien sûr que cela a une importance. Le tribunal n’a peut-être fait que reformuler une vision qui est communément perçue, une qui est souvent rappelée avec l’amertume d’une grande dette, cela a de l’importance parce que le tribunal a l’autorité exclusive de déterminer la signifiation et l’effet du traité. Ainsi donc l’avis du tribunal a une grande importance à la fois dans les faits et légalement. C’est maintenant devenu un fait d’aussi loin que la loi soit concernée qu’”à aucun moment… rangatira qui a signé le te Tiriti en février 1840 n’a rendu l’autorité ultime aux Britanniques.”

Il semblerait que le tribunal ait réintroduit le débat sur la souveraineté, mais ce serait une grave erreur que de croire que ce débat avait totalement disparu. De manière compréhensible et peut-être malheureusement, le tribunal ne nous dit pas comme la couronne a acquis la souveraineté ou si hapü (NdT: le système de clans de la société traditionnelle maorie) et iwi (NdT: les tribus maories) l’ont toujours. Mais il n’avait pas à le faire. Cette seule confirmation que “rangatira n’a pas abandonné l’autorité ultime aux Britanniques”, est suffisante pour aider à niveler le terrain de jeu. La couronne est confiante dans le fait de son ipso facto souveraineté, mais elle va maintenant avoir le devoir de prouver sa souveraineté de jure, c’est à dire légalement.

Ceci est la force du traité: Une interprétation et une négociation constante. La couronne devrait, même si c’est par nécessité constitutionnelle, politique ou émotionnelle, prouver sa souveraineté de jure. Dans le même temps, hapü et iwi peuvent se mettre em branle pour une nouvelle relation de traité, une relation qui serait plus une relation de nation à nation (NdT: Ceci est la revendication des Amérindiens depuis le départ de la colonisation… Pas de domination mais une coopération de nation à nation) qu’une relation de citoyens à un État. La couronne a une sévère dette, elle a assumé la souveraineté alors même que les souverains originaux de la terre ne l’ont jamais abandonné, renégocier la nature de la relation du traité est la moindre des choses qui pourait être faite afin de créer un véritable crédit.

Résistance au colonialisme: L’empire est attaqué tout azimut… Un tribunal néo-zélandais déclare que les Maoris n’ont pas céder leur souveraineté en 1840…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 21 novembre 2014 by Résistance 71

… contrairement à ce que dit la doxa officielle impérialiste. Nous l’avons dit et ne le répéterons jamais assez: Nous ne vivons aucunement dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie essaie de nous le faire croire, mais dans un monde colonial et colonialiste où en fin de compte nous sommes tous des colonisés.

Nous avons dit qu’au-delà du pays du goulag levant et du Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ainsi en fait que tous les pays du Commonwealth, étaient toujours sous domination et contrôle colonial de la « couronne » britannique, c’est à dire de la City de Londres (Banque d’Angleterre / Vatican). Nous devons soutenir Amérindiens, Maoris et Aborigènes d’Australie ainsi que les Maasaï et peuples toujours sous tutelle, car nous ne pourrons jamais être libres sans qu’ils le soient.

Sans terres l’empire s’effondre. Rien n’est légitime dans son entreprise. Que leur souveraineté soit rendue aux peuples autochtones et que nous marchions enfin la main dans la main pour un monde libre dans une grande confédération des communes libres et émancipées.

— Résistance 71 —

 

Il n’y a pas eu de cession de territoires en Nouvelle-Zélande (par les Maoris)

 

NRTNZ

 

14 novembre 2014

 

url de l’article:

http://norightturn.blogspot.co.nz/2014/11/there-was-no-cession-in-new-zealand.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

2ème partie

 

Le mythe fondateur de la Nouvelle-Zélande est qu’au contraire des autres pays comme l’Australie ou les Etats-Unis, la gouvernance britannique a été établie ici pacifiquement par un acte de cession volontaire de territoire. En 1840, par le Traité de Waitangi, les Maoris ont abandonné leur souveraineté au profit de la Grande-Bretagne en échange de la citoyenneté et de la protection de leurs terres (que le gouvernement ensuite vint à frauduleusement voler au bout de plusieurs campagnes militaires, mais comme je l’ai dit plus haut: il s’agit d’un mythe fondateur…) Le tribunal de Waitangi vient tout juste de faire passer tout cela par dessus bord.

Aujourd’hui, le tribunal vient de publier un rapport sur la 1ère étape de son enquête au sujet de Te paparahi o te Raki (La Grande Terre du Nord) et les revendications du traité.

Le rapport est au sujet de “la signification et de l’effet” de traité en Février 1840, lorsque les premières signatures du te Tiriti eurent lieu dans la Bay of Islands et l’Hokianga. La seconde étape de l’enquête qui est en cours, est au sujet des évènements après Février 1840.

“Bien que la GB se rendît aux négociations du traité avec l’intention d’acquérir la souveraineté et donc le pouvoir de faire et de mettre application la loi sur à la fois les Maori et les Pakeha, elle n’a pas expliqué cela au rangatira”, a dit le tribunal.

Le représentant de la Grande-Bretagne, William Hobson et ses agents, ont plutôt expliqué le traité comme donnant “le pouvoir de contrôler les sujets britanniques et ainsi de protéger les Maoris”, tandis qu’on dit à rangatira (l’assemblée traditionnelle des anciens Maoris) qu’ils conserveraient leur “tino rangatiratanga””, leur indépendance et leur autorité pleine de chefs.

“Le rangatira qui a signé le te Tiriti o Waitangi en Février 1840 n’a pas cédé leur souvraineté à la Grande-Bretagne”, a conclus le tribunal. “Ce qui veut dire, ils n’ont pas céder l’autorité pour faire et mettre en application la loi sur leur peuple ou leurs territoires.”

Le tribunal possède l’autorité exclusive de déterminer la signification et l’effet du traité, ceci est donc assez définitif: Comme compris en 1840, le traité n’a pas été une cession de souveraineté, mais un accord de partenariat avec un rôle limité pour la couronne étrangère.

Notez la remarque importante: Comme compris en 1840. Le tribunal a du mal à dire qu’ils n’ont pas tiré de conclusions sur le comment le gouvernement a acquis la souveraineté qu’il exerce ipso facto aujourd’hui. Seulement qu’il ne l’a pas acquise. Mais en éliminant l’élément central de notre mythe fondateur, ils ont soudainement mis notre constitution sur des bases incertaines.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Certainement que certains actes des années 1840 et dans les décennies qui ont suivies deviendront des irrégularités de traité (et nous avons le problème des irrégularités pré-1840, alors que les Britanniques avaient violé une promesse d’enquête sur des transactions foncières et de restitution de territoires qui n’avaient pas été acquis régulièrement). Le système existant de règlement de traité est parfaitement capable de gérer cela. Cela va potentiellement lever la possibilité de nouvelles demandes, car ces irrégularités n’ont peut-être pas été incluses dans les accords passés et cela va mettre une grosse pression sur la date limite des réclamations du gouvernement (qui, dans la mesure où il empêche les justes réclamations, ne peut-être vu que comme une barriere bureaucratique de style texanne afin de prévenir que justice soit rendue). Cela va faire poser des questions sur l’effet légal des lois et des ordonnances passées dans la période de pré-souveraineté et sur leur effet sur la loi coutumière Maorie (qui, légalement, est en vigueur jusqu’à temps qu’elle ne soit objectée par le parlement). Ceci se dirige dans la direction de la cour suprême dans les affaires ayant trait à ces lois.

Mais le plus gros effet sera psychologique. Pakeha (les colons) vont devoir confronter le fait que notre histoire est un peu plus complexe et bien moins confortable que ce qu’ils prétendent. Ou pas. Au regard du passé, ceci va sûrement se terminer en une poussée de racisme envers les Maoris pour avoir dérèglé les mythes, puis ce sera un retour à l’ignorance confortable.

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Article connexe:

“Les Maoris de Nouvelle-Zélande n’ont pas cédé la souveraineté à la Grande-Bretagne” en 1840, dans le Telegraph UK du 14 Novembre 2014:

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/australiaandthepacific/newzealand/11230323/New-Zealands-Maori-did-not-cede-sovereignty-to-Britain.html