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1948-2018 de la Nakba à la Grande Marche pour le Retour: 70 ans de colonialisme génocidaire en Palestine construit sur un mythe biblique

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Résistance 71

 

15 mai 2018

 

“L’assemblée générale des Nations-Unies rejette avec force les politiques et idéologies visant à faire la promotion du nettoyage ethnique sous quelque forme que ce soit.”
~ Résolution 47/80 de l’ONU promulguée le 16 décembre 1992 ~

Il ne saurait y avoir deux poids deux mesures dans le “devoir de mémoire”. S’il est important de se souvenir et de dénoncer les génocides passés (amérindien, juif, arménien et celui de tous les peuples autochtones victimes du colonialisme), il est tout aussi important de reconnaître et de dénoncer les présents comme celui des Amérindiens qui continuent sur le continent des Amériques et celui des Palestiniens aux mains d’une entité sioniste criminelle qui se rend coupable, depuis 1948, de nettoyage ethnique en Palestine qu’elle occupe illégalement.

Paroles pour la paix et la fin de la colonisation en Palestine (traduites de l’anglais par Résistance 71)

“En 1979, il y eut une révolution en Iran. A cause de notre conférence donnée à Genève et de nos liens amicaux avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), l’American Indian Movement (AIM) avait une certaine crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’OLP, nous sommes fondamentalement intéressés à retrouver notre terre et notre souveraineté.”
~ Russell Means, co-fondateur de l’AIM, 1995 ~

“C’est un fait établi qu’il n’y a virtuellement pas eu de textes écrits sur l’histoire juive entre les 1er et XIXème siècles de notre ère et que le judaïsme soit fondé sur un mythe historique religieux a sans doute pas mal à y voir. […] En Palestine, les nouveaux juifs puis plus tard les Israéliens furent déterminés de recruter l’ancien testament et de le transformer en un code unificateur pour le futur du peuple juif. La “nationalisation” de la bible planterait alors dans les esprits de la jeunesse juive l’idée qu’ils étaient les descendants directs de leurs fameux ancêtres israélites. Gardant présent à l’esprit que cette nationalisation fut essentiellement un mouvement séculier, la bible fut dépouillée de son sens spirituel et religieux et ne fut plus regardée que comme un texte ‘historique’ décrivant la ‘véritable’ histoire et chaîne d’évènements du passé. […] Encore bien plus troublant fut le fait qu’au lieu d’avoir une entité super-naturelle (à savoir dieu), qui leur commande d’envahir et de commettre un génocide contre les habitants de la “terre promise”, dans le projet de la résurrection nationale juive, c’était eux-mêmes, les Herzl, Jabotinski, Weizmann, Ben-Gourion, Sharon, Peres, Barak, Netanyahou, Lieberman etc, qui décideraient d’expulser et de tuer. Dieu ne tuait plus au nom du peuple juif, les juifs eux-mêmes le faisaient. Ils le faisaient avec des symboles juifs peints sur leurs avions et sur leurs chars et suivaient des commandements en hébreu, la nouvelle langue restaurée de leurs ancêtres. […]
Alors que la recherche archéologique devenait de plus en plus indépendante du dogme sioniste, des vérités troublantes commencèrent à émerger. Il devint impossible d’ancrer l’authenticité des histoires bibliques dans la réalité de terrain des vestiges du passé. Si rien d’autre, l’archéologie réfute le narratif historique de la bible: le livre, d’après des experts non juifs comme Thomas Thompson, “est une collection tardive de littérature innovatrice écrite par des théologiens doués.” Comme le fait justement remarquer l’historien israélien Schlomo Sand, le narratif biblique est imbibé de Philistins, de langue araméenne et de dromadaires. Aussi loin que les fouilles archéologiques nous éclairent sur ces sujets, les Philistins n’apparurent pas dans cette région avant le 12ème siècle AEC, l’Araméen n’apparut qu’un siècle plus tard et les dromadaires ne montrèrent pas leurs délicates et sympathiques têtes dans la région avant le 8ème siècle AEC. On n’a rien trouvé non plus dans le désert du Sinaï pour prouver l’histoire légendaire de l’exode juif d’Egypte qui aurait apparemment vu quelques 3 millions de juifs, hommes, femmes et enfants y marcher pendant 40 ans sans laisser derrière eux la moindre boule de Mazza. De plus, l’histoire biblique du réétablissement des Israélites dans le pays de Canaan et le génocide des goyim qui habitaient la “terre promise” (que les juifs contemporains imitent avec un tel succès…) semble bien n’être une fois de plus qu’un mythe: Jéricho, la grande cité bien défendue annihilée au son des trompettes hébraïques et d’une intervention supernaturelle toute puissante, n’était qu’un tout petit village au 13ème siècle AEC.
Par dessus tout, Israël se voit comme la résurrection du monumental royaume de David et de Salomon. Pourtant, des fouilles dans le vieille cité de Jérusalem depuis les années 1970 ont révélé que le royaume de David n’était qu’une toute petite enclave. […] La bible est une fiction et pas grand chose en elle peut prouver la glorification du peuple juif en Palestine à quelque étape de l’histoire que ce soit. Elle apparaît plutôt comme un texte idéologique dont le but est de servir des fins politico-sociales. […] La vérité est que les juifs contemporains n’ont rien à voir avec ces anciens Israélites, qui ne furent même jamais envoyés en exil, l’exil ordonné par les Romains est un mythe supplémentaire. […] Ainsi, encore plus intéressant est la conclusion logique de tout cela: si le peuple d’Israël ne fut pas chassé, alors les véritables descendants des habitants du royaume de Judée doivent être les Palestiniens.”
~ Gilad Atzmon, “The Wandering Who”, 2011 ~

“Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarche sont des histoires de légende ; nous n’avons pas séjourné en Egypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler.”
~ Professeur Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, dans un entretien avec le magazine Ha’aretz le 29 octobre 1999

“Toujours plus de chercheurs se heurtèrent à des contradictions insolvables. Mais ce ne fut qu’après le début de la première Intifada en 1987 et l’avènement de plus d’ouverture en ce qui concerne l’arène de l’opinion publique israélienne, que les excavateurs commencèrent à parler, leurs voix devenues rauques après tant d’année d’étouffement sous le boisseau de la terre sacrée.”
“… d’après le narratif biblique, le peuple juif erra dans les étendues désertiques pendant plus de 40 ans, incluant plus de 600 000 guerriers qui auraient voyagé avec leurs épouses, enfants, familles étendues, impliquant dès lors une partie de quelques 3 millions de personnes au total. A part le fait qu’il est impossible pour tant de personnes d’errer dans le désert pendant si longtemps, un évènement d’une telle amplitude aurait fatalement laissé des traces archéologiques ou épigraphiques. Les anciens Egyptiens conservaient des archives méticuleuses de tous les évènements et il y a énormément d’écrits au sujet de la vie militaire et politique. Il y a même des documents sur les incursions de groupes nomades dans leur monde. Et pourtant là, dans ces monumentales archives égyptiennes, il n’y a pas la moindre trace, la moindre mention de ces ‘enfants d’Israël’ vivant en Egypte, ou qui se seraient rebellées contre, ou émigré à une quelconque époque. Aucune trace n’a été trouvé dans le désert du Sinaï de quelque mouvement de population durant la dite période et l’endroit même du fameux ‘Mont Sinaï’ doit toujours être découvert.”
“… Ce mythe de l’occupation sans pitié [de Canaan], décrit de manière détaillé dans le livre de Joshua est un des premiers génocide, celui-ci ne s’est jamais produit. La célèbre conquête de Canaan fut le prochain mythe à s’effondrer dans les escarmouches scientifiques livrées par la nouvelle archéologie.
Pendant très longtemps, les historiens sionistes, suivis comme leur ombre par les archéologues israéliens, ignorèrent des découvertes pourtant très connues. Si à l’époque de la conquête du pays par les Israélites, celui-ci était toujours sous le règne de l’Egypte, alors comment cela puisse t’il se faire qu’aucun document égyptien des archives de l’époque ne le mentionne ? De plus, pourquoi la bible ne fait-elle pas non plus le cas de la présence des Egyptiens dans le pays ? Les excavations archéologiques de Gaza et de Beth Shean ont depuis bien longtemps révélé la présence des Egyptiens à cette époque de la supposée conquête et après, mais l’ancien texte national était trop précieux pour être parjuré et donc les universitaires apprirent à étouffer ces petits faits bien utiles dans des explications autant vagues qu’évasives.
De nouvelles excavations à Jéricho, Aï et Heshbon, ces puissantes cités fortifiées que les enfants d’Israël sont supposés avoir capturé en grande fanfare, ont confirmé les anciennes recherches: à la fin de 13ème siècle AEC, Jéricho n’était qu’une insignifiante petite ville, certainement pas fortifiée et ni Aï, ni Heshbon n’existaient à cette époque.
“La conclusion acceptée par la majorité des archéologues et des érudits de la bible fut qu’il n’y eut jamais de grande monarchie et que le roi Salomon n’a jamais eu de grand palais dans lequel il hébergeait ses 700 épouses et 300 concubines. Ce furent des écrivains postérieurs qui inventèrent et glorifièrent un puissant royaume uni, établi par la grâce d’une seule déité. Leur riche et distinctive imagination a aussi produit les histoires de la création du monde, du terrible déluge, de l’errance des anciens, de la lutte de Jacob avec l’ange, l’exode d’Egypte et le passage de la Mer Rouge, la conquête des Cananéens et l’arrêt miraculeux du soleil à Gibeon.
Les mythes centraux au sujet de l’origine pure de cette merveilleuse nation qui émergea du désert, conquît une grande terre et construisit un glorieux royaume furent un bonus pour la montée du nationalisme juif et la colonisation sioniste. Pendant un siècle, ils fournirent le carburant textuel de qualité canonique qui donna grande énergie à une politique d’expansion identitaire et territoriale demandant une auto-justification et un sacrifice considérable.
Des archéologues et des érudits de la bible empêcheurs de tourner en rond, en Israël et ailleurs, mirent à mal ces mythes, qui à la fin du XXème siècle semblaient avoir été relégués aux statut de fiction ayant un fossé infranchissable entre eux et la réalité archéologique.”
“Il est toujours possible de faire l’aveugle devant la vérité. Bien des voix continueront à maintenir que le ‘peuple juif’ a existé depuis plus de 4000 ans et qu’Eretz Israel lui a toujours appartenu. Et pourtant les mythes historiques qui furent auparavant les piliers de la vérité avec l’aide d’une bonne imagination, capables de créer la société israélienne sont maintenant des forces très puissantes aidant à faire émerger la possibilité de sa destruction.”
~ Professeur Schlomo Sand, universités de Tel-Aviv, Berkeley Californie et à l’École des Hautes Études de Sciences Sociales, EHESS, Paris, de son livre “The Invention of the Jewish People”, 2009 ~ 

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”
~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006 ~

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Cleansing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.
Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.
Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »


Lutte anticoloniale, clef de
l’émancipation

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Lectures complémentaires:

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique


Palestine « peau de chagrin »

Résistance palestinienne et le parallèle justifié ghetto de Varsovie… ghetto de Gaza…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 25 juillet 2014 by Résistance 71

Gaza et le ghetto de Varsovie

Des communautés civiles terrorisées par l’occupant

 

Melvin Goodman

 

25 juillet 2014

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14757

 

Le ghetto de Varsovie était le plus grand de tous les ghettos juifs dans l’Europe sous occupation nazie pendant la Deuxième Guerre Mondiale. 
La bande de Gaza est le plus grand ghetto au Moyen-Orient et il figure parmi les parties les plus densément peuplées au monde.

Les Allemands ont fermé le ghetto au monde extérieur en 1940. 
Israël s’est désengagé de Gaza en 2005, mais y maintient le contrôle exclusif de l’espace aérien et des eaux territoriales. Il contrôle les mouvements de population et de marchandises dans ou hors de Gaza. Par conséquent, l’Union Européenne et Human Rights Watch ainsi que les agences des Nations Unies considèrent que Gaza reste sous occupation israélienne.

Le chômage a été un problème majeur dans le Ghetto de Varsovie et plus de 100.000 résidents du Ghetto sont morts de maladie ou de faim et de privations. 
Le blocus israélien et égyptien de Gaza a dévasté l’économie et causé une pénurie de médicaments et d’équipements médicaux de base.

En 2010, le Premier Ministre britannique David Cameron a dit que « les biens humanitaires et les personnes doivent circuler dans les deux directions. On ne peut pas et on ne doit pas permettre que Gaza reste un camp de prisonniers ».

Il va de soi que les comparaisons ne sont jamais tout à fait concluantes. Parmi les habitants du Ghetto, le nombre de morts résultant de déportations vers des camps de concentration et la destruction du Ghetto ont fait plus de 300.000 victimes. Le Ghetto lui-même avait été entièrement rasé pendant le soulèvement de 1943, quand les Allemands ont brûlé et fait sauter les bâtiments du Ghetto, bloc après bloc, raflant ou tuant tous les rescapés qu’ils ont pu attraper.

Malgré tout, les attaques israéliennes incessantes et compulsivement répétitives de la dernière décennie suggèrent que les Israéliens font payer à d’innocents Palestiniens la sauvagerie des nazis il y a 70 ans.

Les crimes d’Israël contre les Palestiniens, en fait, ont commencé dès 1948 avec la Nakba, le désastre, quand des centaines de milliers de Palestiniens ont été chassés de chez eux au cours de la guerre israélo-arabe. Les Palestiniens sont donc les seuls réfugiés au monde qui ont reçu un statut héréditaire de réfugiés.

Le massacre israélien de Chejaya, avec ces enfants palestiniens porteurs de drapeaux blancs courant pour leur vie devant les tanks et l’artillerie des Israéliens, rappelle le massacre de Varsovie.

Selon un médecin norvégien qui tente d’offrir une assistance médicale à Gaza : « L’impunité israélienne est un important problème médical. Chaque enfant et adulte tué, et toutes les blessures, toutes les amputations sont évitables à 100 %. Ceci est un désastre créé par l’homme, planifié cyniquement et exécuté brutalement par le gouvernement d’Israël ».

Benjamin Netanyahou : de la rage au carnage

Il y a deux facteurs irréfutables qui ressortent de tout examen de la crise à Gaza : l’intransigeance persistante du Premier Ministre Benjamin Netanyahou, et la volonté israélienne de ne pas rechercher une solution diplomatique et politique à la tragédie palestinienne.

Dans le sillage d’une longue tradition des politiciens israéliens, Netanyahou est en faveur de l’humiliation totale du peuple palestinien. Il est également disposé à humilier la seule nation dans le monde qui accepte de soutenir les Israéliens par une assistance militaire et économique – les Etats-Unis. Netanyahou a ignoré les appels des Etats-Unis à cesser la construction illégale de colonies en territoires occupés, et Israël va jusqu’à annoncer le calendrier des nouvelles implantations en présence de hautes autorités étatsuniennes en Israël, notamment le Vice-Président Joe Biden.

Netanyahou s’est toujours opposé au prétendu processus de paix et il s’attribue le mérite particulier d’avoir détruit le processus d’Oslo. En 1997, au cours de son premier mandat de leader israélien, il a insisté pour ne poursuivre les pourparlers que moyennant l’ajout d’une clause disant qu’Israël n’aurait pas à se retirer de « sites militaires » indéfinis. Selon Gideon Levy, un Israélien qui a publié « La Punition de Gaza » [non traduit en français], Netanyahou a été enregistré en train de se vanter : »Pourquoi c’est important ? Parce qu’à partir de ce moment-là j’ai stoppé les Accords d’Oslo ».

L’ancien Ministre des Affaires Etrangères Abba Eban a dit un jour que les Palestiniens « ne manquent jamais une occasion de manquer une occasion ». Maintenant on peut en dire autant des Israéliens. Le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a mis dans l’embarras de façon répétée le Président palestinien Mahmoud Abbas qui se consacre à résoudre pacifiquement la crise. Le Président Abbas a offert à Netanyahou une occasion de plus en avril dernier, quand il a créé un gouvernement palestinien de « consensus national » avec le Hamas.

L’Autorité Palestinienne et le Président Abbas ont posé les conditions pour le nouveau gouvernement, incluant un engagement palestinien de non violence, l’adhésion aux accords passés et même la reconnaissance d’Israël. Ces conditions étaient conçues non seulement pour plaire à Israël mais pour rencontrer les exigences des Etats-Unis et de ses alliés européens.

Selon Nathan Thrall, un analyste confirmé à l’International Crisis Group couvrant Gaza, Israël, la Jordanie et la Cisjordanie, Israël s’est opposé à la reconnaissance étatsunienne du nouveau gouvernement et a cherché à isoler les Palestiniens au niveau international.

Netanyahou utilise à présent une force militaire écrasante pour terroriser une communauté civile afin de revenir au statu quo antérieur qui restreint à Gaza l’électricité, l’oblige à envoyer les eaux usées dans la mer, s’assure que l’eau reste imbuvable et organise la pénurie de carburant qui contraint les usines d’épuration à fermer. Bref, il assure la perpétuation du désespoir parmi ceux qui sont obligés de vivre dans ces conditions. Un tel désespoir conduirait tout être humain à croire que la résistance violente est le seul recours qui lui reste.

Peut-être la comparaison avec le Ghetto de Varsovie n’est-elle pas complètement tirée par les cheveux, après tout.

Consulter également :

Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte – 13 janvier 2009

 

Melvin A. Goodman est un ancien cryptographe et analyste de la CIA, professeur en Sécurité Nationale et membre du think tank « Center for International Policy ». Il est l’auteur notamment de « National Insecurity : The Cost of American Militarism » (City Lights Publishers, 2013).