Archive pour société contre état

Les quatre piliers de la résistance au Nouvel Ordre Mondial…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 juillet 2014 by Résistance 71

“Soyez le changement que vous voulez pour le monde.”

~ Mahatma Gandhi ~

 

Les quatre piliers d’une résistance collective efficace au Nouvel Ordre Mondial

 

Résistance 71

 

3 Juillet 2014

 

Nous n’allons pas ici revenir sur les détails du comment nous en sommes arrivés à cette conclusion, car depuis maintenant plus de quatre ans, nous publions, analysons, réfléchissons sur le comment et le pourquoi notre société en est arrivée là où elle en est aujourd’hui.

Nous suggérons à tous nos nombreux lecteurs (que nous remercions au passage de leur fidélité et de leur volonté de comprendre avant d’agir) de lire ou de relire plus avant la nombreuse documentation socio-politique de nos archives (plus de 2500 articles, traductions et analyses essayistes depuis 2010) que vous trouverez sur la page d’accueuil en haut à droite sous la rubrique “pages”. En ce qui concerne les articles originaux de Résistance 71, sont archivés sur la page “articles résistance 71”. Vous y trouverez au fil de la lecture les éléments qui nous ont permis d’arriver à cette ébauche de stratégie collective afin de rendre au peuple une égalité, une solidarité (fraternité) sans lesquelles la liberté n’est pas possible.

Nous l’avions dit dès janvier de cette année, s’il est toujours bien sûr important de continuer à fouiller l’information non dite, de divulguer les turpitudes de l’empire dans sa quête incessante d’instauration de son Nouvel Ordre Mondial fasciste transnational, il est aussi devenu plus important de réellement commencer à penser solution alternative. Il est bien beau de dire que la dissidence gronde, monte et amplifie, mais au bout du compte, lorsqu’on regarde le paysage médiatique alternatif qu’il soit francophone ou anglophone et que l’on observe ce que propose comme solution la “dissidence” au Nouvel Ordre Mondial, que trouve t’on ? Essentiellement les sempiternelles inepties de la classique voie conformiste de la “réforme” ou de ce que l’on pourrait appeler la “radicalité encadrée”. Quelles sont-elles ? Les classiques du genre:

  • Réformons de l’intérieur. C’est à dire, votons pour d’autres Bozo pour remplacer les clowns Kiri déjà en poste. Vous savez… voter pour ces honnêtes politiciens (antinomie absolue) qui croient “vraiment” au changement par les urnes ? Ceux qui amènent toujours tant de changement à l’aristocratie… Pas d’erreur ici, la “république” est conçue comme une aristocratie, relisez l’inénarable Platon.
  • Passons par les extrêmes: droite ou gauche mon colonel ? c’est du kif. On ressort Marx, Lénine et Trotsky (ces bons vieux agents de Wall Street et de la City de Londres) des placards, et le système relance en parallèle le bon vieux nationalisme patriotique crétin d’extrême droite, histoire de continuer à jeter de l’huile sur le feu politico-social et à maintenir la division politique et sociale sans laquelle les oligarques seraient déjà passés à la trappe depuis bien longtemps.
  • Un peu plus nouveau tout en demeurant pathétique: la résurgence catho-monarchiste, ramenons le roitelet Dagobert et sa floppée de curetons, sentez-vous ce parfum fétide montant des cachots inquisitoriaux ? Ce sera comme maintenant en fait, mais avec ce petit côté rétro féodal sans le préfixe “néo” que le N.O.M veut appliquer à sa société post-industrielle tout aussi féodale…
  • Mettons l’ultra-libéralisme forcené à la barre, celui cher à l’école “économique de Vienne” (Friedriech Hayek et Carl Menger), celui prôné par le mouvement dit “libertarien”, qu’il ne faut pas confondre avec libertaire qui veut dire anarchiste. Libertaire c’est nous… Libertarien, ce sont ceux qui disent sans rire: aux chiottes le gouvernement et l’état (jusque là on est d’accord), c’est maintenant que çà se gâte: et… accrochez-vous bien… laissons faire les marchés. Ces braves bêtes s’auto-régulent comme des grands, s’ajustent et la libre-entreprise capitaliste gérée par les “lois naturelles du marché” va nous mener à la réalisation du bonheur sur terre. La ligne de gens comme Alex Jones au pays du goulag levant, pour qui la solution au marasme oligarchique actuel qu’il a si bien dénoncé et analysé depuis plus de 15 ans, c’est de voter Ron Paul le libertarien, qui est en retraite mais a mis son fils à sa place, qui pédale pour… le parti républicain, comme son père avant lui. Bref… Votons une fois de plus pour le “politicien honnête et visionnaire”… Dude ! T’as rien d’autre en stock ??
  • Réécrivons citoyennement la constitution. De loin l’approche la plus positive que nous ayons vu, mais qui à notre sens ne pourrait fonctionner qu’en tant que texte fondateur d’une confédération de communes libres. Sans abandonner l’État, coercitif et anti-réformiste par essence et par construction, une telle initiative est vouée à l’échec, car l’État ne validera jamais une réécriture citoyenne de la constitution, c’est l’évidence même. Il faut d’abord sortir de l’État, pour ce faire une seule solution: le détruire, car il ne laissera rien lui faire de l’ombre… N’oublions jamais que l’État n’est que l’outil coercitif de l’oligarchie, qui avec le temps est devenu le gardien du statu quo.

Qu’ont en commun ces quelques exemples principaux que nous avons cité ? Évident non ? Tous, demeurent ancrés dans un système étatique plus ou moins fort ou centralisé, mais néanmoins, aucune de ces “solutions” ne remet en cause la hiérarchie, la pyramide du pouvoir, le consensus du statu quo oligarchique. C’est pourtant cela qu’il faut non seulement briser, mais empêcher qu’il puisse revenir. Comment ?

En attaquant collectivement, de concert ce que nous avons identifié comme les quatre piliers porteurs du système hiérarchique oppresseur et coercitif en place. De ces quatre piliers, deux sont d’ordre socio-politique, deux autres d’ordre économique. Notons brièvement au passage ici que nous n’avons abolument aucune prétention de penser que nous avons raison à 100% et que ce que nous avançons est la seule marche à suivre possible. Ceci n’est qu’une réflexion, une ébauche, résultant de quelques années d’analyse et de pratique. Tout ce qui sera dit à partir de maintenant n’est en rien définitif, est parfaitement discutable, ce n’est qu’un os à ronger…

Les quatre piliers à attaquer par voie d’information et de boycott:

 

  • Les Institutions: “Concluons sans crainte que la formule révolutionnaire ne peut plus être ni législation directe, ni gouvernement direct, ni gouvernement simplifié, elle est: Plus de gouvernement du tout.”
    ~Pierre-Joseph Proudhon~

    Boycott des institutions tant que faire se peut. Quelles institutions ? Toutes, celles de l’État menant à la désobéissance civile organisée dès que possible, avoir des comités citoyens organisés localement qui se dressent contre toute incartade du système, qui sont légions à l’échelon local d’une ville et qui demandent des comptes en permanence avec suivi et celles des institutions privées comme les banques et tous les parasites avenant.
    Dans le même temps, il convient de mettre en place des structures locales organisées par les citoyens cherchant à en impliquer toujours plus. Le but étant pas à pas, de créer un contre-pouvoir par la solidarité, la communication et l’échange. Ce contre-pouvoir, qui se voudra auto-gestionnaire, égalitaire, non-hiérarchique, devra veiller à remplir des fonctions de bien commun et à ne pas se laisser subvertir, coopter par le système qui avant la répression brutale possible de dernière instance essaiera avant tout de pervertir, de diviser le mouvement. Il est essentiel à ce niveau de fonctionner sans hiérarchie, sans chef, de façon à n’offrir rien ni personne sur quoi s’aggriper. A ce niveau, il est essentiel de se méfier des infiltrations d’agents de l’état et des organisations de “gauche”, surtout trotkistes et de leurs infiltrateurs professionnels, dont le but est toujours le même: instaurer la tactique du diviser pour mieux régner. Ceci se situe sur le plan politico-social local, de loin le plus important. Le changement radical de société doit venir de la base, de nous, avant tout dans un élan individuel et collectif de reprise de contrôle de nos vies, de nos lieux de travail et d’habitation. Arrêtons de croire les fadaises de l’ingénierie sociale oligarchique nous expliquant depuis des générations jusqu’à plus soif que nous ne sommes que des idiots, des incapables, des fainéants, que nous ne pouvons fonctionner que dirigés par une “élite” (auto-proclamée bien évidemment) éclairée qui nous mènera sur le chemin de la lumière et du bonheur sur terre et que sans eux et leurs institutions faites pour notre bien commun, il n’y aura que chaos, mort, maladie et désolation sur terre. Il est vrai que lorsque l’on observe le monde d’aujourd’hui et d’hier… On se demande vraiment pourquoi nous voudrions tant être “livrés à nous-mêmes” ?
  • L’idéologie et la pratique coloniale: “L’infériorisation est le corrélatif indigène de la supériorisation européenne. Ayons le courage de le dire: C’est le raciste qui crée l’infériorisé.” ~ Frantz Fanon ~
    Le colonialisme est le bras expansionniste et hégémonique de l’occident raciste et dominateur depuis le XVème siècle. Il lui sert à piller le monde et à l’asservir pour assoir son hégémonie raciste et eurocentriste sur laquelle règne sans partage une petite clique d’oligarques, les fameux 1%, plus proches en fait de 0,0001% de la population.
    Nous l’avons déjà évoqué à maintes reprises sur ce blog, l’empire anglo-américain sévissant sur le monde depuis le XIXème siècle, dont la dominante actuelle est américaine, repose sur un territoire volé, usurpé depuis l’implantation des premières colonies anglaises (et françaises) sur le “nouveau monde”, particulièrement en Amérique du Nord, au XVII ème siècle. A l’avenant, les satellites impérialistes de la “couronne” (lire la City de Londres et la Banque d’Angleterre) comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, sont tous aussi édifiés sur des terres volées et usurpées. Ainsi, priver un empire de son territoire, à plus forte raison si ce territoire est purement fictif car usurpé, résulterait immanquablement son effondrement de facto.
    Est-ce réalisable ? La réponse est oui. Comment ? En soutenant activement les mouvements de résurgence indigène qui fleurissent dans tous les territoires autochtones au pays du goulag levant, au Canada, en Australie en Nouvelle-Zélande, sans oublier bien sûr en Palestine occupée, toute aussi occupée que le sont les terres ancestrales des nations amérindiennes du nord et du sud, des aborigènes d’Australie et des Maoris de Nouvelle-Zélande et leurs cousins ethniques de l’archipel hawaiïen.
    Nous sommes de ceux qui pensent que l’avenir de l’humanité passe par les occidentaux libérés de l’idéologie colonialiste, se tenant côte à côte de leurs frères autochtones pour l’édification d’un monde libre et juste, fondé sur l’égalité et la solidarité inter-ethnique, car nous sommes tous embarqués dans le même navire et il en va de notre intérêt commun à tous de fonctionner fraternellement, sans division politique générant inégalités, troubles et chaos perpétuels comme l’a historiquement prouvé la société hiérarchique étatique occidentale.
    Il y a en ce moment même une grande résurgence autochtone au pays du goulag levant, au Mexique et au Canada. Nous essayons de relayer l’information au mieux afin d’éveiller l’attention. Parlons-en, soutenons-les, ils luttent pour leur autonomie, leurs terres ancestrales, la fin du génocide dont ils sont les victimes depuis 1492.
    La véritable lutte contre le terrorisme commence par là: Les Indiens luttent contre le terrorisme occidental depuis 1492, depuis la venue de Cristobal Colòn, littéralement “le colon porteur de la croix”, le génocidaire dûment mandaté par l’église romaine criminelle et ses laquais royaux.
    Émancipons-nous de l’idéologie colonialiste qui nous opprime aussi à un degré différent certes et tenons-nous debout aux côtés de nos frères autochtones où qu’ils soient. Ils luttent pour la Terre-Mère que nous ne faisons qu’emprunter aux générations futures…
  • Les dogmes de la pseudoscience: “L’unique mission de la science, c’est d’éclairer la route… La science étant appelée désormais à représenter la conscience collective de la société, doit vraiment devenir la propriété collective de tout le monde.” ~ Michel Bakounine ~
    Pour imposer sa volonté hégémonique, l’oligarchie doit pervertir la science, la façonner à son image, celle du mensonge, de la déception, de la veulerie et de la partialité doctrinaire. Alors bien évidemment tous les scientifiques, universitaires et ingénieurs ne font bien évidemment pas partie d’un vaste complot. Beaucoup sont intègres et font leur métier avec passion et objectivité… dans le cadre qui leur a été imparti. Là réside toute l’astuce: il ne sert à rien de corrompre tout le monde, ce ne serait d’ailleurs pas possible, mais corrompre par le haut, corrompre par la source nécessaire à la recherche scientifique, le nerf de la guerre en toute chose dont il faudra se départir à un moment donné: l’argent et corrompre quelques personnes clefs mises en place aux bons endroits stratégiques est suffisant. Les directeurs de laboratoires, les recteurs, directeurs de recherches universitaires, les maisons d’édition qui publient les ouvrages “références”, les journaux et magazines scientifiques, les médias, les commissions “scientifiques” institutionnelles nationales et internationales, etc…
    De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce qui a été falsifié ? La réponse facile serait: Tout ! Tenons-nous en à ce qui nous concerne dans le monde d’aujourdhui: les sciences sociales recherches et enseignement (histoire, ethnologie, anthropologie, socio-biologie…), corrompus par les dogmes pervasifs du malthusianisme, du darwinisme-social, de l’histoire tronquée, biaisée, édulcorée ; la médecine: les scandales des vaccins, celui du cancer, comment croire une science dont les cadres formateurs au pays du goulag levant entre autres, dans les écoles de médecine et les écoles de médecine elles-mêmes ont été achetés par la Fondation Rockefeller (versée dans la chimie depuis le départ, tiens, tiens…) dès le début du XXème siècle…
    La génétique: qui est l’activité de remplacement de l’eugénisme après que celui-ci ait eu mauvaise presse après la seconde guerre mondiale et pour cause. Que dire de l’empire du mal et du mensonge Monsanto, Sygenta, DuPont, Dow Chemical, BASF, Bayer, entreprises (dont certaines résultantes du démantèlement de convénience d’I.G Farben après 1945) ?
    La géologie partie intégrante de la science pétrolière et son escroquerie de l’origine biotique, “fossile” du pétrole et du gaz naturel ainsi que de sa résultante induite: le dogme quasi-religieux du “pic pétrolier” de cet ingénieur de la Shell Hubbard datant de 1955…
    Ceci nous amène immanquablement à la nouvelle religion pseudo-scientifique mais véritablement économico-politique: l’escroquerie du réchauffement climatique anthropique, rebaptisé “changement climatique (anthropique)” depuis l’affaire du ClimateGate de Novembre 2009. La falsification de données, le mensonge permanent des entités politique du GIEC et pseudo-scientifique de l’université d’East Anglia, ont fait de la climatologie la risée de la science moderne.
    Faisons sauter les verrous, boycottons et dénonçons ces dogmes d’une science relevant plus de la magie noire et reprenons les rênes pour permettre aux honnêtes scientifiques, chercheurs, ingénieurs et techniciens d’œuvrer pour un véritable progressisme dans un monde bien meilleur.
    Des quelques exemples enumérés ci-dessus, nos lecteurs savent que nous sommes particulièrement sensibles au sujet du pétrole pour la simple et bonne raison qu’il est, avec le contrôle de la nourriture, le cheval de bataille le plus important de l’oligarchie. En effet, si une petite clique de parasites arrivent à contrôler les ressources énergétiques et alimentaires de la planète, que croyez-vous qu’il se passera ? Qu’essaie de faire l’oligarchie depuis plus de 30 ans ? Contrôler la nourriture et les ressources énergétiques planétaires, par les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), la destruction de l’agriculture paysanne partout au profit de l’agro-alimentaire de masse de préférence OGM et de contrôler les ressources énergétiques (pétrole et gaz) par monopole et contrôle des prix par l’astuce du dogme du “pic pétrolier”, qui est une fraude supplémentaire. Le pétrole brut est abiotique et inépuisable à l’échelle humaine. Il est à notre sens des plus important de le faire plus savoir afin de mettre un terme à cette dictature de la rareté d’un produit qui est partout, absolument partout et dont les réserves ne dépendent que des éléments primordiaux inclus à la formation de la Terre il y a plus de 4 milliards d’années. Faire admettre cette vérité scientifique, largement prouvée et documentée, fera chuter les prix, mènera les pétroliers à la banqueroute, forcera les énergies alternatives à sortir des tiroirs et placards, résoudra bien des problèmes de pollution et mettra fin aux guerres permanentes pour le contrôle de cette saloperie, guerres qui ont tuées des millions de personne jusqu’à ce jour.
    Double effet: Retirer la terre usurpée à l’empire et lui retirer dans le même temps sa source la plus importante de revenus et de pouvoir: le pétrole et le gaz… Ouch ! Là on commence à causer sérieusement !
  • La société de consommation et ses piliers économiques:
    “La propagande est de plus en plus utilisée en raison de son efficacité reconnue pour obtenir l’adhésion du grand public… Un stimulus souvent répété finit par créer une habitude, une idée souvent réitérée se traduit par une conviction.” ~ Edward Bernays ~
    La société de consommation est l’arme psychologique la plus subversive jamais inventée par l’Homme. Elle remplit deux objectifs en un: Elle remplit les poches des oligarques et elle réduit en esclavage les populations. Au XXIème siècle, le règle du jeu est celle des monopoles économiques qui achètent le politique (ceci a été mis en place depuis la 1ère révolution industrielle et a été peaufiné depuis). Les monopolistes sont parfaitement identifiables dans tous les domaines. Ce sont eux qu’il faut faire souffrir et attaquer là où çà fait le plus mal: au porte-feuille. Identification des pontes du CAC40 et des leaders des places boursières et boycott tant que faire se peut, dans TOUS LES DOMAINES possible. Il nous faut décider en masse, collectivement de boycotter les grosses boîtes et favoriser le commerce localisé avec les produits les plus locaux possibles. Depuis plusieurs mois par exemple en Espagne, un énorme effort de boycott a été fait contre Coca-Cola, qui a vu ses ventes baisser en Espagne de plus de 48%… çà fait mal et les oligarques le sentent. Généralisons ces pratiques contre les grosses boîtes industrielles et renforçons le contre-pouvoir local en créant la substitution. Très vite les populations s’organisent de manière efficace pour palier à certains manques. On peut parfaitement vivre sans une grande partie de la merdouille offerte par la société de consommation à outrance, on vit même mieux et on recentre les pôles d’intérêts et les priorités. C’est salvateur à terme.
    Ceci nous refait toucher du doigt les éléments de notre pilier #1, ce qui veut dire que… la boucle est bouclée.

“Qu’ai-je appris au cours de ma vie ? Que les plus petits actes de résistance à l’autorité, s’ils sont persistants, peuvent mener à de larges mouvements sociaux. Que les personnes du commun sont capables d’actes extraordinaires de courage… Peut-être la chose la plus importante que j’ai apprise fut au sujet de la démocratie. Que la démocratie n’est pas nos gouvernements, nos constitutions, nos structures légales ; que bien trop souvent ceux-ci sont de fait, les ennemis de la démocratie.”
~ Howard Zinn
, “On ne peut pas être neutre dans un train en marche”, autobiographie, 1994 ~ Historien, professeur de science politique, Université de Boston.

Nous l’avons déjà dit sur ce blog: Compagnons ! La balle est dans notre camp. Elle l’est en fait depuis un moment… A nous de jouer, ensemble, à un jeu dont NOUS ferons les règles cette fois, car nous n’avons besoin de personne pour le faire !

Fraternellement vôtre !

 

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Société contre État: Comprendre pour mieux résister… L’anthropologie anarchiste de Pierre Clastres.

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, sciences et technologies with tags , , , , , , , on 27 mai 2013 by Résistance 71

Excellent article de Yoram Moati sur l’anthropologue politique anarchiste Pierre Clastres dont nous avons vanté les mérites des recherches ici même en de multiples occasions. Les travaux et recherches de Pierre Clastres en anthropologie sont à la fois révolutionnaires et essentiels à la bonne compréhension de ce que sont de fait la société et l’état. De manière très utile, l’oligarchie nous a fait assimiler les deux. Pour beaucoup de personne, la société EST  l’état et inversement, à un tel point que la vaste majorité des gens ne peuvent même plus concevoir rationnellement, envisager, une société, une vie sans état, alors que cela a été le quotidien de l’humanité pendant des dizaines de milliers d’années. L’état est-il une amélioration de la société ? Vraisemblablement pas pour la majorité de l’humanité, certainement pour une minorité oligarchique pour qui l’état est le garde-chiourme de leurs privilèges.

Les recherches de Pierre Clastres dans les années 1960-70 (il est décédé à 43 ans en 1977 dans un accident de voiture) ont été fondamentales pour affirmer que l’État n’est pas l’aboutissement « logique » de toute société comme on nous l’avait affirmé jusqu’alors ; que les sociétés dites « primitives » ne sont pas des sociétés en devenir, des sociétés « incomplètes », attendant la création de l’État en leur sein pour enfin se réaliser. Pierre Clastres a démontré qu’une société sans état passe ou ne passe pas à une société à état par choix conscient et qu’en fait, les sociétés « primitives » sont des sociétés en lutte permanente contre la création de l’état qui implique une institutionnalisation de l’inégalité, politique d’abord ,puis économique.

Pierre Clastres est l’auteur d’une littérature abondante marquée par deux écrits majeurs dans le domaine, à (re)lire avec le plus grand intérêt en notre époque, car ils nous donnent des clés essentielles pour éradiquer le fléau étatique sans pour autant retourner 10 000 ans en arrière…

  • « Chronique des indiens Guayaki » (1972)
  • « La société contre l’état » (1974)

— Résistance 71 —

 

L’anthropologie anarchiste de Pierre Clastres

 

Yoram Moati

 

url de l’article:

http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/2000/228-mai/clastres.htm

 

Quelle oeuvre, en anthropologie, est plus salutaire et jubilatoire que celle de Pierre Clastres ? Celle de Marshall Sahlins, répondrait l’intéressé. Ouais… disons que ça se vaut.

Pourtant, à la lecture de ses textes on est vite désemparé par le caractère atypique et novateur qui échappe à toute incorporation dans les clivages habituels de l’anthropologie politique. Miguel Abensour, qui lui a consacré une étude, ne tente de cerner Clastres que par des propositions négatives : il n’est pas structuraliste mais ne rejette pas Lévi-Strauss, il n’est pas marxiste mais ne rejette pas Marx. Devant le flou de ce qu’il avance, Abensour (1987, p.11) pose la question Comment classer l’oeuvre de Clastres ? et y répond, fort justement mais toujours par élimination : certainement pas dans un éclectisme, ni dans une transaction diplomatique entre le structuralisme et le marxisme. Clastres lui-même a donné à ses travaux une étiquette de nouvelle anthropologie qui reste volontairement peut-être fort peu explicite pour ne pas dire insignifiante, mais nous aurons l’occasion d’y revenir.

Un anarchisme méthodologique

Une des parentés théoriques de Clastres est à chercher incontestablement outre-Atlantique, notamment du côté de M. Sahlins. L’auteur “d’Âge de pierre, âge d’abondance” a mis au point le premier une méthode d’analyse passant par ce que nous proposons d’appeler un anarchisme méthodologique. Dans le chapitre intitulé Anarchie et dispersion, il fait du caractère anarchique du Mode de Production Domestique (MPD) le caractère dominant de la société primitive. L’anarchie est première à toutes les forces intégratrices du lignage et de la chefferie qui tentent de la compenser. C’est dans l’économie et les rapports de production que se trouve la clef de l’analyse de la société primitive. Par son organisation anarchique, le MPD fonctionne comme une machine anti-production, foncièrement hostile à la formation de surplus, condition nécessaire à l’instauration d’un pouvoir séparé de type étatique…

On comprend bien comment Clastres a su prendre la mesure des implications politiques de ces considérations. “La société contre l’État” paraît deux ans après l’ouvrage fondateur de Sahlins et l’article “La question du pouvoir dans les sociétés primitives” quatre ans après. Il se livre à une analyse renversante et révolutionnaire, majestueux coup de latte dans les fourmilières des anthropologies politiques classique et marxiste. La première fait des sociétés primitives des sociétés où la sphère du politique est absente, la seconde voit dans toutes les sociétés qu’elle nomme par crypto-évolutionnisme pré-capitalistes le germe des rapports de domination capitalistes ; l’État bourgeois infiltré jusque chez les Baruya ! La pensée de Pierre Clastres s’articule sur l’idée du grand partage qui marque une rupture logique radicale entre les sociétés contre et les sociétés à, entre les sociétés qui refusent et les sociétés qui acceptent, même désirent, l’Innommable, terme emprunté à Étienne de La Boétie. S’il reconnaît que l’État est un principe absent de la société primitive (1974, p.161) il refuse de voir là une déficience, une absence d’enjeux politiques. Si des sociétés sont sans État, c’est qu’elles sont contre l’État. On sait au moins depuis Marcel Mauss que la neutralité n’existe pas dans la pensée sauvage ; si on n’est pas favorable, on est hostile. Ainsi, Clastres substitue à la définition par le manque l’expression d’une volonté légitime et rétablit une dimension politique là ou l’anthropologie politique classique observait le néant. L’anarchie est un vrai système politique, achevé et cohérent. Le pouvoir s’y exerce en sens inverse de celui de l’État. C’est la société qui a tout pouvoir sur un chef mis à son service qui n’a que des devoirs, et un peu de prestige. Ce que la société refuse, c’est l’instauration d’un pouvoir séparé d’elle. Cela ne signifie pas qu’elle refuse la règle ; elle est forcément le propre de la société en ce qu’elle la tire de l’animalité. Un homme n’épouse pas sa soeur. Par une analyse des rites d’initiation (du monde entier) par exemple, on s’aperçoit que la règle peut très bien passer par les canaux internes de la société (1), mieux, que quand cette règle est le produit et l’instrument de l’intérêt général, elle n’a aucunement besoin de recourir à l’intervention de puissances coercitives et centralisées. Le monopole de la violence légitime (= l’État selon Max Weber) n’émerge que pour imposer une règle qui n’exprime pas l’intérêt général mais qui est l’instrument des dominants. Il ne saurait subsister de liberté dans l’État qu’illusoire.

L’amour de la servitude

C’est dans la lecture de La Boétie que Clastres pousse le plus loin les aboutissants philosophiques de ses tenants anthropologiques, qu’il transforme la rupture société contre l’État/société à État en partage entre société de liberté et société de servitude (1980, p.113). Et toute société divisée est une société de servitude (ibid. souligné dans le texte original). Voilà un anarchisme sans individualisme car fondé sur une égalité viscérale allant jusqu’à nier l’affirmation de l’individualité, du moins aux dépens des autres. Elle fonde ainsi la Liberté. La liberté ne vaut que si elle est partagée par tous de la même façon. La liberté de l’un ne commence que là où commence celle des autres. À cette simple condition, elle est infinie. Eh oui, la Liberté pose ses conditions… alors ne laissons plus les publicitaires et les marchands de domotique piller cette idée. Ces conceptions rejoignent clairement celles exprimées par P.-J. Proudhon dans “Qu’est-ce que la propriété ?” : “La liberté est égalité… hors de l’égalité, il n’y a pas de société. La liberté est anarchie, parce qu’elle n’admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l’autorité de la loi, c’est-à-dire la nécessité. La liberté est variété infinie, parce qu’elle respecte toutes les volontés dans les limites de la loi… “

La liberté est essentiellement organisatrice. Clastres fait éclater le clivage qui traversait le champ du débat politique et qui consistait à clamer : l’égalité d’abord ou la liberté d’abord. Cette illusion plaçait les anarchistes les plus enragés aux côtés des capitalistes, les libertaires avec les libéraux, pis, elle les confondait.

La Boétie est le premier à remettre en cause l’État et la division en dominants et dominés comme des allant de soi inéluctables et à dire autre chose est possible. Disant cela, il enjoint déjà à se garder d’un certain ethnocentrisme au moment où on commence tout juste à découvrir les Indiens d’Amérique et trois siècles avant l’anthropologie évolutionniste qui érigera cet ethnocentrisme en principe méthodologique fondamental. La Boétie nomme Malencontre le moment où la société de Liberté passe à l’état de servitude des dominés aux dominants, l’Innommable, l’État. L’État ne peut surgir que de la rencontre malheureuse avec un élément extérieur perturbant une organisation anarchique parfaitement cohérente. Pas de continuum entre la Liberté et la servitude. Entre l’ère de la Liberté et celle de l’État, il y a rupture radicale, renversement du sens du contrôle, ce qui n’empêche pas de concevoir des différences de degrés dans les formes de pouvoir après le Malencontre, de concevoir en outre le totalitarisme ; il y a une hiérarchie du pire, il n’y a de hiérarchie que du pire… et la hiérarchie, c’est déjà le pire.

Ce qu’introduit aussi La Boétie, c’est l’idée de volonté ; la liberté est volontaire, la servitude aussi. L’Innommable est autant la volonté de se soumettre (Clastres dit même l’amour de la servitude) des uns que celle de dominer des autres. L’homme est un être-pour-la-liberté(Clastres 1980, p.113) et l’Innommable, c’est l’homme intégralement dénaturé et défiguré.

Certes Pierre Clastres ne milite pas en faveur du monde des Sauvages… [il se] contente de les décrire (1980, p.147), mais après une analyse posée en termes de Liberté et de servitude, il est légitime de vouloir préférer un modèle à l’autre, je dis bien un modèle, une orientation politique ; il ne s’agit pas d’envier dans leur fonctionnement concret des sociétés qui se reproduisent notamment par la guerre. Sans l’y faire prendre part, je dis qu’on trouve chez Clastres les bases d’un projet anarchiste à construire.

Le pouvoir des uns, entretenu qu’il est par le désir de soumission des autres, ne s’effondrera jamais par des phénomènes endogènes. Les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille [bailler = donner], plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour anéantir et détruire tout (La Boétie, Discours, p.137). On peut néanmoins envisager les conditions de la mort de l’État en répondant aux questions fondamentales posées par Clastres : Pourquoi [l’État] a-t-il émergé ?… À quelles conditions une société cesse-t-elle d’être primitive ? Pourquoi les codages qui conjurent l’État défaillent-ils, à tel ou tel moment de l’histoire ? Clastres lance ensuite un véritable appel à un projet anarchiste : “Il est hors de doute que seule l’interrogation attentive du fonctionnement des sociétés permettra d’éclairer le problème des origines. Et peut-être la lumière ainsi jetée sur le moment de la naissance de l’État éclairera-t-elle également les conditions de possibilité (réalisables ou non) de sa mort” (1980, p.108-109). C’est de la connaissance que naissent le projet et la volonté nécessaires. Car les rapports de domination ne s’éteindront pas tout seuls. La société réalise son désir de soumission et le Despote son désir de pouvoir, tout tourne rond. Ce qui manque à l’homme dénaturé pour recouvrer le désir de liberté, c’est le souvenir de cette liberté. Au savant d’éclairer l’homme à ce sujet…

En rejetant toute vision téléologique dans l’analyse du passage d’un type de société à un autre, Clastres ouvre la porte à un passage de la société de servitude à la société de Liberté qui ne serait pas un retour en arrière, vers un état (si on peut dire !) d’antériorité, mais un des sens possibles de l’histoire. Après tout, Malencontre lui-même est un événement fortuit qui n’avait aucune raison de se produire et qui s’est cependant produit (1980, p.116). La Boétie pose deux questions : D’où sort l’État ? et Comment le renoncement à la liberté peut-il être durable ?…et Clastres en ajoute une troisième : Comment les sociétés primitives parviennent-elles à empêcher la division ?

Anthropologie anarchiste

Ces problématiques sont aux fondements de ce qu’on entend couramment par la nouvelle anthropologie. C’est Pierre Clastres lui-même qui avance cette appellation dont il livre une vague définition : nouvelle idée de l’homme, anthropologie de l’homme moderne, de l’homme des sociétés divisées. Ce qu’il propose par là, c’est d’envisager l’homme dénaturé par rapport au postulat anarchiste établi à propos des sociétés primitives. La nouvelle anthropologie ressemble plus à un principe qu’il posait provisoirement, en attendant de la définir avec plus de précision. Pour ma part, je propose d’appeler les choses par leur nom et de définir un courant et une discipline par ses méthodes. Appelons-la donc anthropologie anarchiste.

Anarkhia signifie absence de chef. Chez les primitifs, il s’agit du moins de se donner un chef de pacotille dépourvu de pouvoir, juste pour occuper la place et s’assurer qu’un despote ne viendra pas l’accaparer. Le chef fournit une image de ce despote à surveiller, permet ainsi de prendre conscience d’une menace qui serait inconcevable autrement (2). Il n’a que du prestige et des devoirs à l’égard de la communauté. “L’espace de la chefferie n’est pas le lieu du pouvoir, et la figure (bien mal nommée) du chef ne préfigure en rien celle d’un futur despote” (1974, p.175, souligné dans le texte original) La société exerce un tel contrôle sur son chef qu’il lui est même impossible que lui vienne l’idée d’instaurer la division et de transformer son prestige en pouvoir.

En peignant une société contre l’État, Pierre Clastres propose un contre-modèle possible, puisque actuel, à l’organisation sociale faite de pouvoir et de division que nous acceptons comme une fatalité. Mais ce qui est exaltant dans son analyse, c’est avant tout qu’elle n’est en rien l’effet d’une idéologie préconçue mais ne prend appui que sur des faits ethnographiques étudiés avec minutie et sans parti pris. Si au bout du compte l’interprétation brute de ces faits rejoint d’anciennes théories spéculatives, ce n’est pas le fruit d’une intention préalable ; peut-être cela signifie-t-il tout simplement que les philosophes avaient tapé juste. Ce qui porte Clastres à dénier tout pouvoir aux chefs primitifs, mouvement fondateur s’il en est, ce n’est pas d’avoir lu Nietzsche à l’université, c’est l’observation, les pieds dans la boue, d’un chef indien dont les seules activités (de chef) consistaient à remplir un devoir de parler à sa communauté et au nom de sa communauté. Loin des spéculations logiques, seule une connaissance fine et imprégnée de la société Guayaki pouvait permettre de se rendre compte du fait que le chef était sans cesse au service et sous le contrôle de la communauté vigilante qui ne lui accordait en contrepartie que du prestige. Ainsi, dès la Chronique, Clastres peut écrire sans guère extrapoler des phrases qui fonderont la société contre l’État : Un chef n’est point pour eux un homme qui domine les autres, un homme qui donne des ordres et à qui l’on obéit ; aucun Indien n’accepterait cela, et la plupart des tribus sud-américaines ont préféré choisir la mort et la disparition plutôt que de supporter l’oppression des Blancs. Les Guayaki, voués à la même philosophie politique « sauvage », séparaient radicalement le pouvoir et la violence : pour prouver qu’il était digne d’être chef, Jyvukugi devait démontrer qu’à la différence du Paraguayen il n’exerçait pas son autorité moyennant la coercition, mais qu’au contraire il la déployait dans ce qui est le plus opposé à la violence, dans l’élément du discours, dans la parole… L’obligation de manipuler chaque fois que c’est nécessaire l’instrument de la non-coercition, le langage, soumet ainsi le chef au contrôle permanent du groupe : “toute parole du leader est une assurance donnée à la société que son pouvoir ne la menace point” (1972, p.84-86). Encore l’autorité dont il est question ici n’en est qu’une apparence, puisqu’elle ne s’exerce en aucune façon. Pour dire les choses un peu vite, Pierre Clastres a vu surgir concrètement et physiquement la dimension politique en la personne de Jyvukugi, avant de la réhabiliter par des jeux d’abstractions.

Une pensée efficace

Il y a presque quelque chose de structurel dans la mort prématurée de Clastres. C’était un rouleau compresseur, une pensée si efficace qu’il n’y a plus rien à penser après elle, d’où la nécessité de maintenir une certaine incomplétude nécessaire à la poursuite de la recherche.

J’ai encore des choses à dire car il nous a ouvert de formidables pistes où il n’a pas eu le temps de s’engouffrer.

Finalement, si le fléau automobile a causé l’une des pires pertes intellectuelles aux hommes, peut-être à la mesure de ce qu’avait fait la ciguë à une autre époque, il nous laisse au moins assez de champ pour continuer à écrire…

Yoram Moati

(1) Voir la façon dont l’État ne tolère pas certains rites (par exemple le bizutage) ou s’efforce de les prendre en charge (le bac, le mariage, etc.).

(2) À ce sujet, voir Marc Richir, Quelques réflexions épistémologiques préliminaires sur le concept de sociétés contre l’État in M. Abensour (dir), 1987, p.61-71.

Bibliographie succincte

Pierre Clastres, Chronique des Indiens Guayaki, Plon, coll. Terre humaine, Paris, 1972 – La société contre l’État. Recherches d’anthropologie politique, Éd. de Minuit, Paris, 1974 – Recherches d’anthropologie politique, Éd. du Seuil, coll. Recherches anthropologiques, Paris, 1980

M. Abensour (dir.), L’esprit des lois sauvages, Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Seuil, Paris, 1987. On trouvera à la fin de cet ouvrage intéressant un précieux inventaire des oeuvres du bonhomme

M. Sahlins, Âge de pierre, âge d’abondance. L’économie des sociétés primitives, traduction française de T. Jolas, Gallimard, Paris, 1976. Préface de Pierre Clastres (reprise dans Recherches d’anthropologie politique)

Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire (voir AL 227), Payot, Paris, 1976. Postface de Pierre Clastres (reprise dans Recherches d’anthropologie politique).