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Les sociétés ne sont pas l’Etat.

Posted in actualité, crise mondiale, militantisme alternatif, politique et social, Social & Retraite with tags , , , , , , , on 22 juillet 2010 by Résistance 71

Sociétés contre l’État

Url de l’article originall:

http://www.monde-libertaire.fr/autogestion/item/13571

Sans foi, sans loi, sans roi…

« Les Indiens n’ont d’humain que l’apparence et ignorent tout de la civilisation, des arts, de la religion, plus bestiaux que les bêtes qu’ils chassent, plus sauvages que ces étendues où se déchaînent les éléments et où ils errent plutôt qu’ils n’habitent, créatures de Satan 1. » Cette vision brutale des « primitifs » par la « civilisation » européenne du XVIIe siècle a laissé place à une ethnologie évolutionniste, notamment marxiste, plus compatissante à l’égard de ces sociétés, « enfance de l’humanité » : l’absence d’un État qui dit le bien commun et l’impose, montre leur incomplétude, dixit le « matérialisme historique », véritable théologie de l’histoire.

Pourtant, dès le XVIe siècle, alors que les Indiens découvrent armes et croix que portent mercenaires et missionnaires, La Boétie 2 montre qu’il y a rupture radicale entre l’ère de la liberté et celle de l’État, qu’il appelle l’« Innommable », impliquant la servitude. Plus récemment, dans les années 1970, l’anthropologue Pierre Clastres 3, familier des Indiens guayaki et guarani, affirme que les sociétés « primitives » n’ont pas d’État car elles refusent la division entre dominants et dominés, ce sont des sociétés contre l’État. Ainsi le « chef » a un devoir de « porte-parole », mais sa parole ne sera écoutée que si elle exprime le point de vue de la société comme totalité une. B. Traven 4 rapporte plaisamment la symbolique liée à la fête d’investiture d’un chef indien, choisi pour un an : assis sur son trône, il s’adresse dignement à la communauté, qui plaisante et se réjouit ; son postérieur dénudé est posé sur une chaise percée, placée au-dessus de braises rougeoyantes, afin de lui rappeler « qu’il n’est pas installé pour se reposer, mais pour travailler pour le peuple » ; les cicatrices dont il hérite sont la marque de l’honneur d’avoir été choisi, mais aussi le soustraient à la tentation de se faire réélire. De son côté, Marshall Sahlins 5 avait expliqué que le « mode de production domestique » primitif fonctionne comme une machine antiproduction, hostile à la formation de surplus, condition nécessaire à l’instauration d’un pouvoir séparé. Des sociétés ont fait le choix de fonctionner sans État et sans marché.

Démocratie directe en zone rurale

Pour beaucoup, ces « bons sauvages » ne méritent que la « repentance » pour le passé et l’« écotourisme » pour le présent. Mais quelle surprise de voir des Indiens tseltals, tsotsils, choles, tojolabals, mames, zoques sortir de la forêt lacandon en 1994 ! Depuis, plusieurs centaines de milliers de paysans du Chiapas, malgré la répression et les vautours des multinationales, ont entrepris de se gouverner eux-mêmes. Ainsi dans chaque commune autonome, qui regroupe plusieurs villages, l’assemblée choisit le conseil de la commune, ceux ou celles qui vont remplir les diverses « cargas » (charges) pour deux ans : services non rémunérés, utiles à la communauté (santé, éducation, alimentation, culture, information, justice, etc.). Ces mandats sont révocables.

La coordination des communes autonomes est réalisée par un « conseil de bon gouvernement » qui se réunit au « caracol », centre de chacune des cinq régions zapatistes, où se trouvent également coopératives de production, cliniques, écoles, centres culturels, etc. Chaque commune y est représentée par un ou deux délégués, tournant rapidement (quelques semaines) parmi les conseillers communaux. Cette rotation permet d’éviter toute dissociation avec la vie locale, où les décisions sont prises au consensus. Cette conception non spécialisée 6 des tâches collectives risque de désorienter l’« occidental », adepte de l’efficacité, devant la « lenteur » de certaines prises de décision, qui permet pourtant de laisser le temps de s’informer, soupeser les avis, élaborer collectivement une solution obtenant l’adhésion de tous. Dans tous les domaines, les activités se répartissent entre le local et le régional : agents communautaires de santé, microcliniques, cliniques, écoles primaires, secondaires, formation d’enseignants, etc. Les différences de développement entre communes sont compensées par la région.

Pour les zapatistes cette forme de gouvernement collectif, basée sur une démocratie directe issue des « us et coutumes » communautaires, n’est pas destinée aux seuls peuples indiens et s’adresse « à tous les peuples du monde ».

Démocratie directe en zone urbaine

En 2006, des centaines de milliers d’insurgés ont défié l’État 7, dans la « Commune d’Oaxaca », montrant la relation très étroite qui subsiste entre la population pauvre des villes et le monde indien. Beaucoup d’habitants des « colonias » (quartiers populaires) viennent des communautés indigènes. Quand, en ville et dans les gros bourgs, tout ce qui rappelle le pouvoir (mairie, administration, police, etc.) est occupé et fermé, c’est la tradition de l’assemblée comme instance de prise de décision et d’initiatives qui le remplace.

Pourtant, dès le début de l’explosion sociale, une trentaine de dirigeants d’organisations mettent en place un front unique, structure « provisoire » de coordination. Mais l’investissement des « colonias », des « barricadiers », des peuples indiens impose la mise en place de l’Assemblée populaire des peuples de l’Oaxaca (Appo) qui comptera jusqu’à 1 500 délégués. De vives critiques s’y élèvent contre ceux qui se présentent comme les leaders devant les caméras et qui ne goûtent ni la recherche du consensus ni la participation collective à la prise de décisions. « En s’engageant de façon autonome, un peu comme la Commune de Paris, qui reste le symbole de ce type d’organisation à la base des gens eux-mêmes 8 », les habitants ont rapidement pris confiance, ont communiqué entre eux et « ont retrouvé le goût d’une vie sociale libérée de la servitude, des hommes du pouvoir et de la politique 9 ». Ainsi les centaines de barricades deviennent un espace autonome, un lieu de convivialité, de cohabitation quotidienne, la colonne vertébrale de l’insurrection.

Malgré une répression féroce, les espoirs d’émancipation n’ont pas disparu ; dans les « colonias » se développent boulangeries collectives, jardins communautaires, lieux de discussions. Pour préserver l’autonomie du mouvement, Vocal (Voix oaxaquègne construisant l’autonomie et la liberté) est créé en mars 2007. David Venegas rappelle que « ce mouvement horizontal et assembléiste s’adresse à l’ensemble des peuples de l’Oaxaca, des peuples indiens, des travailleurs, des paysans, l’ensemble de tous ceux et de toutes celles qui luttent et rêvent d’un monde meilleur où aient leur place tous les mondes ».

Le monde doit changer de bases

L’autonomie traditionnelle, qui constitue l’essence du mode de vie indien, prend aujourd’hui une autre dimension, par l’adaptation d’une identité politique et sociale anticapitaliste, la recherche d’alliances nationales et internationales, la plus grande participation des femmes et des jeunes, le développement de réseaux multiethniques. Rubén Valencia, membre de Vocal, souligne que « face à la chute des idéologies, du socialisme collectiviste au capitalisme individualiste, certains ont commencé à s’intéresser à cette idée, la communalisation des moyens de production, ce que pratiquent un grand nombre de peuples depuis plus de cinq cents ans ». En « Occident », toutes les tendances de la « modernité politique » se sont employées à nous convaincre que la seule forme possible de l’intérêt commun est l’État. Pourtant, seule une organisation politique fondée sur l’autonomie des communes locales, sur leur capacité à se fédérer, peut permettre notre émancipation. Des tentatives sont déjà apparues en Europe : conseils (ouvriers, paysans, quartiers, villes), en Russie en 1905 et 1917 avant que le parti bolchevik ne les vide de leur substance, en Allemagne, Hongrie, Italie entre 1918 et 1923, en Catalogne et Aragon en 1936-1937.

Raoul Zibechi 10 montre que des mouvements sociaux forts entraînent la désarticulation de la centralisation étatique et l’adoption de formes d’organisation ne créant pas de nouvel appareil bureaucratique. Il observe qu’en Amérique latine, à partir des pratiques et des luttes des communautés indigènes, une culture politique horizontale se diffuse dans de nouveaux groupes sociaux. De même, David Graeber 11, anthropologue américain, relève que les principes anarchistes traditionnels – autonomie, association volontaire, autogestion, entraide, démocratie directe – jouent un rôle important dans les mouvements radicaux du monde entier.

Toutes ces alternatives anarchistes en actes, si elles se développent et se fédèrent, renverront le capitalisme et l’État dans les poubelles de l’histoire.

Élan noir

1. Nancy Delanoë, L’Entaille rouge, Albin Michel, 1996.

2. « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns régnant par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves. »

3. La Société contre l’État, Éditions de Minuit, 1974.

4. Indios, 1931 (éd. fr., Christian Bourgois, 1990).

5. Âge de pierre, âge d’abondance, Gallimard, 1972.

6. « Tous nous avons été gouvernement. »

7. Georges Lapierre, La Commune d’Oaxaca, Rue des Cascades, 2008.

8. Miguel, membre du Cipo (Conseil indigène et populaire d’Oaxaca), organisation indienne d’esprit libertaire

9. David Venegas, membre de l’Appo et de Vocal.

10. Raoul Zibechi, Disperser le pouvoir, L’Esprit frappeur, 2009.

11. Pour une anthropologie anarchiste, Lux éditeur

Solution a la crise systémique: d’un parlementarisme obsolete a l’auto-gestion

Posted in actualité, économie, crise mondiale, militantisme alternatif, N.O.M, philosophie, politique et social, politique française with tags , , , , , , , , on 15 juillet 2010 by Résistance 71

L’Autogestion, un antidote au parlementarisme

“Le Monde Libertaire”, Décembre 2006

Si le mot « autogestion » n’est arrivé que tardivement dans notre vocabulaire, il recouvre pourtant une histoire riche et ancienne et représente un ensemble de pratiques populaires actuelles et d’horizons culturels bien différents.

Le mot qui signifie littéralement « gestion par soi même » a surtout circulé dans les années 60. Il désigne des formes d’organisation, souvent à grande échelle, dont l’objectif est de permettre à des travailleurs, des usagers, des consommateurs, ou n’importe quel autre groupe social, de s’organiser eux-mêmes pour gérer directement : production, consommation, biens ou services en commun, habitat, luttes sociales…

Des travailleurs redémarrent l’entreprise abandonnée par les patrons, des consommateurs se rassemblent et créent une coopérative de produits alimentaires, des citadins se regroupent et se mettent en relation directe avec un agriculteur, des parents créent une association pour ouvrir une crèche parentale ou une école associative, des habitants créent une association de quartier… L’autogestion trouve la place qu’on lui accorde.

Il n’existe aucun modèle d’autogestion, ce qui est un signe de profond pluralisme. Mais ses caractéristiques sont de conjuguer démocratie directe, refus des rapports hiérarchiques, recherche de l’égalité économique et sociale, partage des savoirs et des responsabilités voire des biens, autonomie et transparence des décisions. L’autogestion est à la fois un outil d’organisation et une éthique, un but à atteindre et la méthode employée pour y parvenir.

En partant de la Commune de Paris de 1871 où les Parisien-nes insurgé-es et assiégé-es s’approprient et organisent la vie quotidienne dans la capitale, en passant par les épisodes révolutionnaires et les insurrections populaires de divers pays dont l’Espagne et son formidable mouvement autogestionnaire de 1936 à 1939… en arrivant aujourd’hui aux entreprises sans patrons d’Argentine et d’ailleurs… les aspirations les plus profondes pour s’émanciper se sont souvent exprimées à travers des épisodes autogestionnaires.

L’autogestion, comment ?

L’autogestion, organisée sur un plan fédéral (communal, régional, par branche d’activités…) est une proposition d’organisation, où personne — homme ou femme, français ou non, salarié ou chômeur… — n’est écarté. Elle part d’une démarche simple qui est de rassembler des personnes concernées par un centre d’intérêt et qui souhaitent produire leurs modes de décision, contrôler leur expression, leurs revendications, sans récupérations. Elle n’empêche pas la délégation mais la contrôle strictement : rotation des fonctions, transparence et accès aux informations, contrôle de l’application des décisions, assemblées souveraines, refus de professionnaliser la fonction de représentant…

Cette proposition autogestionnaire trouve déjà un écho concret et quotidien si l’on songe aux dizaines de milliers d’associations en France, aux centaines d’entreprises coopératives, aux systèmes d’échanges locaux (SEL), aux coopératives de consommateurs (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, coops bios…), aux comités de lutte (sans papiers, mouvements contre le CPE…)… Ces formes d’autogestion partielle sont autant d’affirmations de nos capacités et de nos désirs à décider nous mêmes, voire à gérer directement tout ou partie de la société.

L’autogestion, pourquoi ?

La démocratie parlementaire repose sur une prétendue égalité des droits qui fait bon ménage avec l’injustice sociale; son fonctionnement repose sur une délégation des pouvoirs vers les élu-es. Nous n’avons aucun moyen de contrôler voire révoquer ces carriéristes de la politique qui défendent trop souvent des intérêts qui ne sont pas les nôtres (financements occultes, détournements de biens publics, privatisations des services publics, lois anti sociales, soumission à l’oligarchie capitaliste…). En démocratie parlementaire, il y a bien un clivage entre riche et pauvre, entre élu et électeur.

Pendant que les trahisons, l’exploitation, l’injustice de classe, le racisme, l’expression brutale du Pouvoir… sont légitimées par ces élites, qu’elles soient politiques, patronales ou économiques, l’autogestion propose à tous un formidable antidote collectif qui peut permettre une émancipation de ces tutelles. La réapropriation de nos outils de travail, de notre cadre de vie, de nos méthodes de lutte collective, de nos modes de décision… sont un apprentissage quotidien vers l’autonomie et la liberté, contre le capital et les politiciens, qu’ils soient fascistes ou d’extrême gauche. Quand nous nous regroupons et que nous trouvons les moyens d’exprimer nous-mêmes l’injustice, les politicards ne servent plus à rien.

Pour les anarchistes, l’autogestion généralisée, que nous qualifions de « libertaire » (c’est à dire associée aux valeurs d’égalité, d’entraide, d’émancipation politique et économique), est le plus sûr chemin vers la responsabilisation et l’intérêt collectif, la démocratie directe, l’abolition du patronat, à la recherche d’une cohésion sociale qui échappe aux règles capitalistes de la concurrence et aux lois autoritaires d’organismes pourtant censés nous représenter.

Si nous appelons à s’abstenir aux élections, c’est parce que nous pensons que les systèmes de représentation parlementaire ne sont pas émancipés du capital, et pérennisent un système politique qui s’est délégitimé. Notre proposition alternative est une société d’égaux où chacun-e doit avoir le droit de s’associer aux autres, pour participer, décider, et mandater — autrement qu’avec un bulletin de vote, tous les cinq ans — des représentants qui doivent rendre compte devant leurs mandataires. Si nous nous abstenons, c’est que nous assumons nos responsabilités en appelant à ne pas se reposer sur le personnel politique ; c’est surtout pour appeler à construire quotidiennement l’autogestion, depuis nos lieux de travail jusque dans nos quartiers ou associations. C’est un plus sûr chemin vers la liberté que la dépendance aux politiciens offerte par la représentation parlementaire !

Retraite: 60 ans c’est déja trop tard !

Posted in économie, militantisme alternatif, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , , , on 2 juillet 2010 by Résistance 71

60 ans, c’est déjà trop tard !

jeudi 27 mai 2010

Par CNT-AIT

Trop tard pour les suicidés au travail,
Trop tard pour les malades du travail,
Trop tard pour les accidentés du travail,
Trop tard pour les usés au travail,
Trop tard pour les précaires du travail,
Trop tard pour les exclus du travail.

Reculer l’âge de la Retraite, c’est SUPPRIMER LA RETRAITE pour encore plus de morts à la tâche !

La mort de l’Esclave au profit du Patron,
La mort de la Culture au profit du Spectacle,
La mort de la Nature au profit de la Modernité,
La mort du Pauvre au profit du Riche.

Aussi, dès que les clowns au visage plâtré de sérieux politique diront d’une voix de notaire que « 60 ans, c’est encore jeune »,

Mettons-nous tous en grève, tout de suite, à la base : il n’y a que cela qui les fera céder !

L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes.

Syndicat Interprofessionnel Anarchosyndicaliste – CNT-AIT —

Participez a l’AlterVillage de l’association ATTAC France

Posted in militantisme alternatif, politique et social, politique française with tags , , , , , on 30 juin 2010 by Résistance 71

L’Association pour la Taxation des Transactions financieres et de l’Action Citoyenne (ATTAC France) propose son expérience annuelle de  village alternatif et de développement militant a l’Ecohameau du Moulin de Busseix a 50km au sud de Limoges du 12 au 19 Août 2010.

Information et bulleting d’inscription ici:

http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1084

Ici le compte-rendu de l’alter village 2009:

http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1157

Vidéo animation: comment vaincre le Nouvel Ordre Mondial?

Posted in actualité, documentaire, N.O.M, politique et social with tags , , , , , , , on 29 juin 2010 by Résistance 71

Solidaire contre le fascisme supranational du Nouvel Ordre Mondial !

Recette en 4 minutes, musicale et sans parole de la tourte résistance a la creme solidarité populaire.

Rien ne sert de s’égosiller en vain. Organisation, solidarité au dela des clivages fictifs et induits politico-sociaux dont l’oligarchie nous abreuve pour mieux nous diviser et action directe intelligente et concertée sont les piliers du regain de notre conscience sociale défunte.

Pour que nous, les peuples survivions au totalitarisme supra-fasciste annoncé:

A voir et diffuser sans modération !

http://www.youtube.com/watch?v=9clXt9iFo1g

Le paysage social français vu du Québec

Posted in actualité, économie, politique et social, politique française with tags , , , , , , , , on 28 juin 2010 by Résistance 71

Cette vision du paysage socio-politique français nous vient du Québec. Il est intéressant de noter, que sans aucun doute, nos cousins québécois voient dans la situation politico-sociale française, certaines choses que nos concitoyens eux-mêmes n’ont pas encore perçu pour la plupart.

Il est de surcroi intéressant de noter la recherche pour l’auteur d’un homme (ou femme) politique, susceptible de transcender le malaise social en une réorientation et reconstruction politique et sociale satisfaisante pour les citoyens de la République.

C’est la a notre sens qu’est le fourvoiement. Espérer toujours en une providence politique d’un homme ou d’un parti pour remettre la société dans les rails du progressisme est une illusion aussi grande que de croire que nous vivons (en France ou au Canada ou tout autre pays occidental), dans une démocratie.

La solution au marasme actuel, et ses déroulements futur est en dehors du système de la sacro-sainte illusion de la « démocratie représentative », qui n’a générée depuis 1789 qu’une succession d’aristocraties républicaines, monarchiques ou impérialistes selon les lubies des financiers du moment et de la conjoncture du grand argent. Nous sommes d’accord avec l’analyse de JC Allard, mais pas dans l’orientation a suivre quant aux solutions.

Le pouvoir de, pour et par les peuples, fédérés par une politique participative non déléguée et auto-géré pour une véritable émancipation sociale.

— Résistance71 le 28 Juin 2010 —

France: le passage à l’acte ?

Par JC Allard, url de l’article original:
http://les7duquebec.wordpress.com/2010/06/28/le-passage-a-lacte/

On se plaint beaucoup au Québec, mais la situation est bien plus volatile en France.  Regardons bien ce qui s’y passe, car c’est peut-être  le modèle de ce qui va se passer chez-nous quand la situation se sera encore détériorée.

Ceux qui suivent de près les états d’âme de la population française ne peuvent qu’avoir constaté le détérioration brutale du climat politique, surtout depuis l’élimination de l’Équipe de France au Mondial.  Petite cause, grand effet, car il semble qu’en donnant à Quidam Lambda cette lourde taloche à son amour propre, on l’ait sorti de sa torpeur et qu’il ait tout à coup compris toute l’ampleur du désastre .

Il prend conscience de l’insolvabilité prochaine de la France au sein d’une Europe qui le sera aussi, d’un marché du travail qui s’effiloche dans une structure de production que le libre-échange a sabotée, d’une solidarité nationale rongée par les communautarismes et, surtout, de la trahison de ses élites qui, tous partis confondus, apparaissent toutes corrompues, sans un idéal et sans même un projet.

Quidam Lambda comprend que lui couper ses retraites et privatiser le patrimoine national  ne sont pas des gestes amicaux. Il comprend qu’on ne le gouverne plus, mais qu’on l’exploite comme un cheptel. Le mépris général de la population française pour ses élites est devenu tangible. En l’absence de médias crédibles – ils sont tous aux ordres de ces élites politiques, economiques et même culturelles qui sont devenues ses ennemies –  c’est le ton des articles sur le Net qui se durcit… et celui des commentaires de la population générale encore bien davantage.

On entend donc depuis quelques jours sur le Net français un langage subversif, insurrectionnel et qui se voudrait révolutionnaire.  Un discours qui reste encore bien velléitaire, cependant, puisqu’il n’existe pas une alternative réaliste a la gouvernance de ces élites : dans la société complexe qui s’est créée, le peuple n’a pas la compétence de proposer quoi que ce soit.

Mais le peuple ne veut plus faire aveuglément confiance à une caste élitiste qui semble s’être liguée contre lui. Il cherche une issue. Il veut manifester son mécontentement. Comment peut-on prévoir qu’il le fera ?

Le plus probable, si la révolte passe à l’acte, est que ce sera par une désobéissance civile spontanée et individuelle. Un grève générale non déclarée, sans consignes de qui que ce soit … et sans donc que quiconque puisse  être persuadé d’y mettre fin par des promesses ou des menaces.  Un nouveau Mai 1968, dont le premier n’aura alors été que la répétition générale.

Cette désobéissance qui se voudra populaire ne ciblera pas les citoyens, mais la structure de l’État et du système de production. Elle pourrait s’accompagner d’actes de sabotage.  Ainsi, le personnel du réseau de la santé ne cessera pas de traiter, mais tout le volet administratif et comptable pourra devenir inopérant. De même le système de transport en commun, où c’est la perception des titres de transport qui pourrait être seule  perturbée.

Perturbé aussi – c’est un euphémisme – le transport des marchandises dont la logistique fragile peut ne plus produire qu’un chaos indescriptible. Perturbé un systeme d’éducation o1 ce qui est enseigné ne correspond plus aux programmes et où personne n’échoue plus un examen… les possibilités de saboter le système sont infinies, imparables et à la portée de chaque individu mécontent.

Ceux qui profitent vraiment du système ont intérêt à ce qu’il n’y ait pas trop de mécontents.  Si personne n’a autorité pour le dire formellement, mais que tout le monde sait, que ce que le peuple veut est la démission de la gouvernance actuelle – Exécutif et Legislatif – et son remplacement par autre chose, ceux qui sont les véritables maïtres de la société et ne veulent pas que le peuple soit mécontent ne tarderont pas à obtenir cette démission…

Démission de la gouvernance actuelle, puis quoi ?… On pourrait penser à la mise en place, pour 6 mois ou un an, d’une structure de transition, dont l’objectif serait d’abord de redonner confiance aux Français, en créant  un consensus large et en menant une action exemplaire contre la corruption.

Cette structure pourrait aussi mettre en place des mesures d’urgence pour juguler la crise, puis proposer et faire adopter par referendum une nouvelle constitution. Son mandat s’achèverait  par  l’élection, selon les principes et procédures de cette nouvelle constitution, d’un nouveau gouvernement dont ce sont ces futures élections qui détermineraient les orientations.

Comment constituer cette structure de transition ?  Ne pouvant compter que sur les ressources politiques dont elle dispose et ayant comme premier objectif que cette structure soit consensuelle, les Français devraient exiger que se forme un gouvernement d’Union Nationale ratissant très large, de Mélenchon à Le Pen.  Il ne faut exclure personne qui accepte le principe d’une gouvernance démocratique.  On saura que Quidam Lambda est content quand les roues recommenceront à tourner correctement.

Le peuple peut désormais choisir cette voie proactive, parce que la complémentarité, dans une société complexe, rend tant de gens indispensables qu’on ne peut simplement pas  gouverner sans un large consensus.  Si on tente d’ignorer cette exigence, toutefois, le mécontentement de la population conduira à un changement plus conventionnel : la prise du pouvoir par un homme providentiel qui, ne devant rien à personne, pourra nettoyer tout ce réseau de favoritisme et de copinage qui étouffe la France.

Le peuple n’a pas le pouvoir de le faire apparaître un tel homme, mais il a celui de l’accueillir. D’autant plus facilement que, dans une société complexe, la complémentarité fait de la démocratie le régime par défaut et que celle-ci reviendrait d’elle-même le nettoyage complété. Il va être passionnant de voir le chemin que prendra la France.

Pierre JC Allard

Sport et action sociale

Posted in politique et social, santé, sport with tags , , , on 28 juin 2010 by Résistance 71

Article paru sur « Le Monde Libertaire », été 2006

Deux vues sur le problème du sport et de l’action sociale.

L’école, le travail, la télévision sont chargés d’instiller au sein du peuple : le sexisme, l’élitisme, le nationalisme, le racisme, la soumission au chef… bref, ces institutions seraient la quintessence du fascisme rampant.
Et pourtant, si l’école -aujourd’hui- est un outil de formatage, elle sera –demain- libératrice. Le travail débarrassé du salariat et des logiques hiérarchiques et productivistes sera utile et nécessaire dans une société libertaire. La télévision est un simple medium, ce n’est pas qui conçoit son contenu. Il en est ainsi d’autres activités humaines : la culture, l’information, l’économie… Pourtant, pour une partie du mouvement libertaire français (1), le sport ferait exception à cette règle de bon sens.

Quoi qu’en disent des camarades, le sport (collectif) n’est pas né avec le capitalisme, sa codification est antérieure. La société égyptienne, le sous-continent indien proposait déjà des sports codifiés et non des jeux. Le sport spectacle et abrutissant -pour les masses- régnait déjà à Rome, sans parler des olympiades grecques.

Je ne prétends pas que le sport est par essence libertaire, mais que c’est une activité humaine qui a été développée par toutes les civilisations et donc, révélatrice de l’état des rapports humains au sein de ces sociétés (2). Ce n’est pas le sport qui créée le sexisme, mais le sexisme qui s’empare du sport comme des livres scolaires, de la télé, etc.

Si l’on juge une civilisation à la manière dont elle traite ses prisonniers, « on » peut aussi la juger à la manière dont les sports pratiqués. En 2006, ici et maintenant, le sport est visiblement le condensé de toutes les tares et les oppressions de notre société. Il est exploitation, embrigadement et sous-culture spectaculaire.

L’école aussi, c’est pourtant dans les milieux enseignants où l’on trouve le plus de libertaires. Comme je pense que ces compagnon-e-s ne sont pas tous schizophrènes, c’est qu’ils considèrent qu’aujourd’hui et sans attendre la révolution, qu’un « militant-e » peut développer, des pratiques libertaires et libératrices pour les enfants. Mieux encore, le LAP, l’école Bonaventure montrent que des libertaires las de discourir, agissent et construisent une alternative en rupture avec les cadres scolaires officiels.

Liberté des enfants, autogestion du groupe, entraide, etc. pourquoi le sport ne serait-il pas lui aussi, un terrain d’action pour les anarchistes ? Il est généralement « pratiqué » par ceux et celles qui sont, de part leur position sociale, les plus intéressés par une possible révolution sociale. C’est ce qu’avaient compris les éducateurs libertaires du début du XXè siècle (Sébastien Faure) , les Bourses du travail qui sont à l’origine de nombreux clubs sportifs (y compris parmi les plus célèbres) ou encore la CNT en Espagne.

Eloge de la passe

Dans un précédent article, j’affirme que le sport collectif peut être une école de pratiques libertaires. Pour préciser cette thèse, je souhaite parler de la pierre angulaire de tout sport collectif, un acte typiquement anarcho-camusien  : la passe !

Le ballon n’est pas l’attribut d’un pouvoir. Le passeur n’est pas le propriétaire de la balle, il la possède (au sens proudhonien du nom). Le passeur reste maître de son geste. Comme en société libertaire, il est libre de jouer seul. Mais seul, il n’existe pas, il ne peut pas progresser et même tout simplement survivre. C’est le principe de l’entr’aide cher à Pierre Kropotkine.

La passe est un acte altruiste, où la liberté du passeur (je donne le ballon à qui je veux, quand je le sens) est entièrement dépendant de la disponibilité de ses propres co-équipiers.

Cet acte individuel ne prend tout son sens que s’il se met au service du groupe. Passer (donner) le ballon, c’est donc affirmer toute la confiance que l’on a dans ses compagnons et surtout dans l’usage qu’ils feront de ce don pour améliorer la situation du collectif. C’est l’essence même de l’acte militant. Faire une passe, est du même ordre que distribuer un tract ou coller une affiche : le militant a confiance dans ceux et celles qui liront sa prose et qui éventuellement s’en empareront.

La passe est le contraire d’un acte nihiliste, stakhanovisé ou césarien. La passe est un acte créatif. Si la technique est indispensable (comme tout acte artistique), la créativité du passeur en fait un geste unique, jamais les conditions, le contexte dans lequel s’effectue la passe ne sont les mêmes. Contrairement à ce que certains croient, plus le « niveau » des compétitions s’élève ou plus la contrainte de l’équipe adverse est grande, plus la créativité individuelle du joueur est nécessaire à la vie de l’équipe. C’est le geste impossible, le contrôle inattendu, la passe improbable qui libérera ses co-équipiers et fera avancer son équipe. C’est la capacité du joueur à comprendre le contexte du jeu et à se libérer de la technique qui fait du sportif-passeur un individu au sens anarcho-camusien du terme et non un robot, ce que Camus appelle un individualiste altruiste.

Si une bonne affiche, est une affiche fait penser avec les yeux, le sport libertaire doit faire penser avec son corps. L’intelligence en mouvement chère à Albert Camus.

Par manque de place, je ne reviendrais pas sur la vie collective d’une équipe qui comme tout groupe humain se gère de façon libertaire ou autoritaire. Ni sur la parallèle entre certains manifestants et supporters, tant c’est évident (3).

« On » a le droit de préférer : la musique, la lecture, les échecs (un jeu typiquement militariste) au foot ou au rugby, comme « on » a le droit de se définir plus individualiste qu’anarcho-syndicaliste. Personne, n’empêchera les anarchistes qui le souhaitent, d’agir pour débarrasser le sport des tares du système, pour qu’il devienne ce qu’il est essentiellement : une activité permettant aux individus de se réaliser pleinement.

Wally Rosell

Sarkozy bon éleve du département d’état américain

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— Cet article est paru sur le Réseau Voltaire le 19 Juillet 2008 —

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française

par Thierry Meyssan, fondateur et président du Reseau Voltaire

Url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article157210.html

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo- new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi —.

Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino- américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.

La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé parles indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.

Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait. Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié auxfonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.

En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.

Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.

L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8].

Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes : Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua. François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild. Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.

Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie- Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle de Wali, le frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États- Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.

Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co- présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états- uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo- conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La cote de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire?

Références:

1] « Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2001

[2] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001

[3] L’Énigme Pasqua, par Thierry Meyssan, Golias ed, 2000.

[4] Les requins. Un réseau au cœur des affaires, par Julien Caumer, Flammarion, 1999.

[5] « Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[6] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[7] Le responsable US du renseignement, Irving Brown en personne, a revendiqué avoir lui-même recruté et formé MM. Jospin et Cambadélis pour lutter contre les staliniens alors qu’ils militaient chez les lambertistes pour, cf. Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; « The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action Quaterly, n° 76, 1999. Il importe d’éviter une interprétation anachronique : leur engagement au service des USA est celui d’atlantistes durant la Guerre froide. Au-delà, il les conduira, par exemple, en 1999, à jouer un rôle central dans l’engagement de Paris au sein de l’OTAN pour bombarder Belgrade, pourtant allié traditionnel de la France. De même, il importe d’éviter les fausses équivalences : la collaboration de Nicolas Sarkozy avec les USA ne s’est pas développée sur une base idéologique, mais relationnelle et carriériste (note modifiée le 27 juillet 2008 en réponse à des lecteurs).

[8] « Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.

[9] « Alain Bauer, de la SAIC au GOdF », Note d’information du Réseau Voltaire, 1er octobre 2000.

[10] « Le gouvernement kosovar et le crime organisé », par Jürgen Roth, Horizons et débats, 8 avril 2008.

[11] « Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français », Réseau Voltaire, 22 juin 2005.

[12] « L’honorable Frank Carlucci », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] « Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden » et « Le Carlyle Group, une affaire d’initiés », Réseau Voltaire, 16 octobre 2001 et 9 février 2004.

Vidéo: Pour mieux comprendre le nouvel ordre mondial

Posted in actualité, documentaire, N.O.M, politique et social with tags , , , , , , , on 27 juin 2010 by Résistance 71

En français, le film documentaire de référence sur le sujet par Alex Jones. Réalisé en 2007, ce documentaire couvre tous les aspects de la génese du Nouvel Ordre Mondial (N.O.M) ou New World Order en anglais et son développement moderne.

Le concept n’est pas récent et les élites auto-proclamées de nos sociétés ont toujours planifié une gouvernance mondiale. Alex Jones décortique les rouages historiques, politiques et sociaux et nous dresse un portrait du néo-fascisme globaliste en marche, son modus operandi et la vision totalitaire d’un futur des plus orwellien.

La dictature du Nouvel Ordre Mondial que tous les politiques et grands financiers comme les Warburg, Rockefeller, Rothschild, Turner, Murdoch, Bill Gates, Bush pere & fils, Clinton mari & femme, Obama, Blair, Brown, Rudd, Merkel, Berlusconi, Sarkozy, DSK, Attali, Villepin, Royal,  appellent depuis des décennies est en phase finale d’instauration. Le N.O.M est fait pour la dominance absolue et finale de l’élite politico-financiere mondiale au détriment des peuples, de la justice sociale et de la Liberté. Comprendre son fonctionnement et l’état d’esprit des psychopathes de ses adorateurs est d’une importance primordiale si nous, les peuples, voulons lui survivre.

La 3eme guerre mondiale est déja commencée… Elle oppose l’oligarchie aux peuples et le monde des générations futures dépend de son issue.

http://video.google.fr/videoplay?docid=8597035991576191777#

Documentaire a voir et faire passer sans modération !

DSK l’homme des néo-conservateurs américains au FMI

Posted in économie, N.O.M, politique et social, politique française with tags , , , , , on 26 juin 2010 by Résistance 71
Gouvernance globale
Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI
par Thierry Meyssan

Dominique Strauss-Kahn est un homme aimable et cultivé. Il s’est construit une image positive d’homme de gauche soucieux du bien être des plus démunis. Mais alors, comment est-il devenu directeur général du Fonds monétaire international, l’organisation internationale qui a institutionnalisé le pillage des pays du Sud ? Thierry Meyssan répond en révélant tout ce que la presse mainstream vous a caché depuis des années sur les relations de DSK avec les États-Uni

La nomination triomphale de Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), le 28 septembre 2007, a donné lieu à deux messages contradictoires. D’un côté la presse occidentale exalte la capacité du bloc atlantiste à imposer son candidat face à celui de la Russie, Josef Tosovsky ; d’autre part, elle affirme que la principale mission de M. Strauss-Kahn sera d’associer plus largement les pays du Sud aux décisions, c’est-à-dire de mettre fin à la domination du bloc atlantiste.

Avec chauvinisme, la presse française se félicite que des Français se trouvent aujourd’hui à la tête de quatre grandes organisations internationales. En effet, outre Dominique Strauss-Kahn au FMI, Pascal Lamy dirige l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Jean Lemierre préside la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), et Jean-Claude Trichet la Banque centrale européenne (BCE). Mais doit-on mettre ces quatre institutions sur le même plan ? Et surtout, doit-on se réjouir d’une situation qui, loin de manifester la place de la France dans le monde, illustre l’intégration des élites françaises dans la mondialisation, c’est-à-dire leur acharnement à détruire leur pays, en tant qu’État-nation, un cadre politique qu’ils jugent dépassé ?

Le dernier exploit en date laisse songeur : le FMI est une des organisations internationales la plus critiquée dans le monde. Il a abondamment financé l’installation de dictatures dans les pays du Sud, notamment en Argentine, au Brésil, en Indonésie, au Nigéria, aux Philippines, en Thaïlande etc… En outre, ses exigences soudaines de remboursement immédiat de prêts ont contraints des États à sacrifier leur avenir en dévaluant et en fermant écoles et hôpitaux. Ses adversaires l’accusent donc d’avoir provoqué, par l’oppression et la famine, des centaines de millions de morts en un demi-siècle, c’est-à-dire bien plus que les agressions militaires des États-Unis durant la même période. De son côté, le FMI considère au contraire que ses politiques « d’ajustement structurel » loin d’avoir provoqué ces catastrophes y ont mis fin. Des « Prix Nobel » d’économie aussi divers que le néo-keynésien Joseph Stiglitz ou le libertarien Milton Friedman ont accusé le FMI d’être le grand organisateur des déséquilibres Nord-Sud. En effet, l’action principale du FMI aura été de financiariser l’économie mondiale, permettant ainsi aux spéculateurs du Nord de s’enrichir en exploitant le travail, plus encore que les ressources, des pays du Sud. S’il n’était la vénération que la société de consommation voue à ses banquiers, il y a longtemps que le FMI aurait été déclaré organisation criminelle. Pourtant, c’est bien cette institution que le socialiste Dominique Strauss-Kahn a ambitionné de diriger, et c’est bien M. Strauss-Kahn qui a obtenu le soutien appuyé des grands argentiers de la planète, pressés de toutes parts par les multinationales les moins scrupuleuses.

Si l’on laisse de côté l’intérêt personnel de Dominique Strauss-Kahn, qui devient ainsi le haut-fonctionnaire le mieux payé de Washington avec un salaire annuel de base de 461 510 dollars net d’impôts, l’on doit se poser la question de ses objectifs politiques. Pour y répondre, jettons un coup d’œil sur sa biographie et découvrons-y ce que la presse mainstream cache depuis des années : ses liens avec les principaux dirigeants de l’administration états-unienne.

Issu d’une famille aisée de gauche, « DSK » a été élevé au Maroc, puis à Monaco. Il reçoit une éducation juive —plus séfarade qu’ashkénaze—, à laquelle il accorde plus d’importance au plan culturel que religieux. Il est diplômé de Sciences-Po Paris, ancien élève d’HEC, licencié en droit et agrégé de sciences économiques. Il se destine à être avocat d’affaires.

Il entre en 1976 au Parti socialiste où il milite au Cères, le courant social-étatiste animé par Jean-Pierre Chevènement. Il ne tarde pas à s’en séparer pour se rapprocher de Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis, les deux meilleurs élèves français d’Irving Brown, l’agent de liaison de la CIA avec la gauche ouest-européenne [1]. Jospin et Cambadelis sont issus d’un petit parti trotskiste (les « Lambertistes ») traditionnellement lié à la CIA. Avec une centaine de camarades, ils ont infiltré le PS et ont réussi à prendre les renes.

Il entre en 1986 à l’Assemblée nationale à la faveur du scrutin proportionnel alors brièvement mis en place. Il choisit de s’implanter, en 1988, dans une circonscription du Val-d’Oise, à Sarcelles, qui abrite une forte communauté juive. Il s’y fait élire en faisant jouer le réflexe identitaire. Il devient président de la Commission des finances de l’Assemblée, puis, en 1991, ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur auprès du ministre de l’Économie Pierre Bérégovoy. Tout oppose les deux hommes : « DSK » est un brillant dilettante vivant au milieu des grandes fortunes comme un poisson dans l’eau, tandis que « Béré » est un pénible tâcheron partagé entre ses idéaux ouvriers et son besoin de reconnaissance personnelle par le monde de la finance. « DSK » s’amuse de se dire socialiste tout en faisant le contraire, tandis que « Béré » a des états d’âme.

Alors qu’il est ministre délégué à l’Industrie, il a connaissance des problèmes rencontrés par son ami Jean Peyrelevade à la tête du Crédit Lyonnais. Il intervient personnellement pour favoriser diverses opérations hasardeuses réalisées en faveur de son ami Franck Ullman-Hamon. Cet homme d’affaires est connu pour avoir par ailleurs réalisé diverses interventions en Amérique latine pour le compte d’Israël et pour être actionnaire-fondateur du magazine Marianne de Jean-François Kahn. Les montages de M. Ullman-Hamon avec les filiales du Crédit lyonnais coûteront plusieurs dizaines de millions de francs au contribuable français.

À la même époque, Dominique Strauss-Kahn épouse à la synagogue —en troisièmes noces— une star d’une rare beauté, Anne Sinclair, la journaliste préférée des Français. Le couple choisit de tenir la presse à l’écart de la cérémonie, mais de donner de l’éclat à la fête au sein de la communauté juive, où ils s’affirment comme des personnalités brillantes. Leurs deux témoins de mariage sont le professeur de philosophie Élisabeth Badinter (héritière du Groupe Publicis et épouse du Garde des Sceaux Robert Badinter) et la journaliste Rachel Assouline (épouse du patron de presse Jean-François Kahn).

En 1987, il se démarque de François Mitterrand, il conduit une délégation du Parti socialiste en Israël et se rend à la mairie de Jérusalem qu’il considère comme capitale de l’État hébreu. En 1991, il participe à un voyage de solidarité en Israël, organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) en pleine Guerre du Golfe.

En 1994, usant de sa qualité d’ancien ministre de l’Industrie, il créé le Cercle de l’Industrie auquel il parvient à faire adhérer en six mois 48 des 50 plus grands patrons français. La moitié d’entre eux au moins payent une cotisation annuelle de 200 000 F pour que leurs intérêts soient défendus à Bruxelles. Il laisse la présidence de cette association patronale à Raymond Lévy (ex-Pdg de Renault) et en assure la vice-présidence. Incidemment, le même Raymond Lévy sera nommé à la tête du Consortium de réalisation, chargé de liquider les placements pourris du Crédit Lyonnais et, au passage, d’étouffer les affaires Ullman-Hamon.
Simultanément, DSK devient consultant auprès des mêmes patrons ou avocat d’affaires et établi son bureau dans les locaux du Cercle. La Cogema, la Sofres et EDF, entre autres, lui versent des émoluments exorbitants pour quelques conseils ou un mot transmis à un grand de ce monde. Cette activité peu contraignante lui assure des revenus de plus de 2 000 000 F par an [2].
Par la suite, il donne des cours à l’université, à Stanford et Casablanca, sans compter des conférences ici et là, toujours royalement payées.
Précisément, aux États-Unis Stanford est le bastion des Républicains. C’est là qu’ils ont leur propre centre de recherches, la Hoover Institution [3]. À l’époque, le prévôt de Stanford —c’est-à-dire la personne qui négocie l’engagement de Dominique Strauss-Kahn— n’est autre que Condoleezza Rice [4]. Sur place, Dominique Strauss-Kahn fait la connaissance de George P. Schultz et des universitaires qui formeront le vivier de l’administration Bush.

En 1995, il rédige la partie économique du programme électoral de Lionel Jospin, candidat à la présidence de la République, Propositions pour la France. Il défend alors le principe de la « taxe Tobin » sur les transactions en devises, dont il affirmera plus tard qu’elle est impraticable.

Député de Sarcelles, il en est aussi brièvement le maire, avant d’en confier les clefs à son fidèle François Pupponi. Le temps de « jumeler la plus juive des communes françaises avec la plus française des communes d’Israël », Netanya.

De 1997 à 1999, il est ministre de l’Économie et des Finances. Il pilote le passage à l’euro et la privatisation de France-Télécom. Surtout, il fait entrer la France dans le processus de financiarisation de l’économie en multipliant les mesures démagogiques sectorielles. L’adoption de la semaine de 35 heures diminue considérablement le nombre d’heures travaillées ; tandis que l’exonération de charges sociales sur les stock-options déplace les revenus des cadres du travail vers la finance. Il résulte de cette politique que le début de décroissance de la production française est compensée, au plan statistique, par un développement des profits financiers. Cependant, en fin de compte, le pouvoir d’achat des classes moyennes s’effrite sensiblement.

Dominique Strauss-Kahn fréquente les cercles les plus prestigieux du pouvoir. Dès 1993, on le voit au Forum de Davos. Anne Sinclair l’introduit au Siècle, l’association la plus mondaine de Paris. Puis, Antoine et Simone Veil le font entrer au Club Vauban. En 2000, l’OTAN l’invite au Club de Bilderberg où il retrouve Pascal Lamy et Jean-Claude Trichet qui occupent avec lui aujourd’hui de prestigieux fauteuils dans les institutions internationales.

Dominique Strauss-Kahn est piégé par son perpétuel mélange des genres entre engagement politique et lobbying rémunéré. Il fait l’objet d’une mise en examen dans une affaire concernant la principale mutuelle étudiante, la MNEF, puis dans une autre relative à la caisse noire de la compagnie pétrolière nationale Elf. Les magistrats estimeront en définitive que ses activités étaient licites, à défaut d’être morales.
Cependant les instructions pénales et une commission d’enquête parlementaire mettront en évidence ses méthodes peu orthodoxes. Lionel Jospin, lorsqu’il était ministre de l’Éducation, avait modifié par décret le taux des remboursements effectués à la MNEF par la Sécurité sociale, transformant la Mutuelle en véritable pompe à finances pour le compte du PS. Puis, il avait étendu les activités de la MNEF dans les campus toujours pour détourner plus d’argent. Dominique Strauss-Kahn lui-même recevait des émoluments considérables pour des prestations imaginaires. Plus tard, il avait fait prendre en charge le salaire de sa secrétaire au Cercle de l’Industrie (ou à son cabinet, il n’est guère possible de différencier) par le groupe Elf.

Derrière des manières policées, un goût prononcé pour la bonne chère et les belles femmes, Dominique Strauss-Kahn est un tueur : lorsqu’apparaît, à titre posthume, l’enregistrement vidéo du promoteur immobilier Jean-Claude Méry mettant en cause Jacques Chirac, on ne tarde pas à découvrir qu’il est un des organisateurs de ce mauvais coup.

Ses démêlés avec la Justice l’écarteront un temps de la scène politique. Pendant sa traversée du désert, son épouse, Anne Sinclair, fera preuve de sang-froid et de dignité, plaidant auprès du public en sa faveur par sa seule attitude.

Opérant son grand retour, en 2001, après avoir bénéficié de non-lieux, il prend en mains le développement de la Fondation Jean-Jaurès, le partenaire de la National Endowment for Democracy (NED) pour la gauche française [5]. La chose est d’autant plus aisée que, depuis Stanford, il connaît la nouvelle conseillère nationale de sécurité des États-Unis Condoleezza Rice, et que c’est la sœur adoptive [6] de celle-ci, Mardeleine Albright qui dirige le National Democratic Institute (NDI), organisme tampon de la NED chargé d’acheminer les subsides du département d’État US dans les caisses du Parti socialiste français.

En 2003, le German Marshall Fund of the United States, une des principales officines atlantistes, crée un Forum sur le commerce et la pauvreté. DSK devient l’un des six administrateurs, rémunéré comme toujours [7]. Il y écrit, ou tout au moins signe, divers rapports en faveur du libre-échange absolu.

La même année, il contraint un expert du Parti socialiste, Pascal Boniface, à démissionner. Ce spécialiste en relations internationales a eu le toupet de souligner que le soutien aveugle du parti à Israël est idéologiquement incohérent et électoralement contre-productif alors que le PS doit ambitionner de réunir derrière lui les six millions de Français de culture arabe.
En outre, Dominique Strauss-Kahn pilote la création du Cercle Léon Blum, au sein du PS, dont l’objectif est de veiller au soutien du parti au mouvement sioniste.

En 2004, il déclare lors d’une interview sur France-Inter : « Je considère que tout juif de la diaspora et de France doit apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. » [8]

En 2005, il lance les clubs « À gauche en Europe » (AG2E) en faveur du « oui » au référendum d’approbation du projet de Traité constitutionnel européen. Il travaille alors en lien avec le Policy Network (Grande-Bretagne) et la Fondation Friedrich-Ebert (Allemagne). Mais les Français votent « non ».

En 2007, alors que l’écrivain Claude Ribbe ouvre un débat sur les conséquences sociales actuelles de l’esclavage et de la colonisation, DSK participe activement à la création du Conseil représentatif des noirs de France (CRAN), une organisation qui bénéficie de conseils techniques de spécialistes israéliens et reproduit le modèle du Conseil représentatif des juifs de France (CRIF) [9]. À défaut de trouver un écho parmi les noirs de France, cette initiative sera une réussite médiatique, comme l’avait été quelques années plus tôt la création de SOS Racisme pour stopper la structuration des beurs.

Lorsque s’ouvre la compétition au Parti socialiste pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2007, Dominique Strauss-Kahn apparaît à la fois comme le candidat le mieux placé face à son rival déclaré, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, et comme le candidat officiel des États-Unis pour la gauche française.
Ainsi, il donne un entretien à la revue néo-conservatrice Le Meilleur des mondes, dans lequel il brocarde la politique arabe de la France et plaide pour un rapprochement avec Washington et Tel-Aviv [10].

Tout semble réglé à l’avance. Les cotisations d’adhésion au Parti socialiste ont été réduites à un montant négligeable de sorte que les quelques milliers de membres de parti lambertiste ont pu acquérir des cartes, juste pour participer au vote de désignation interne du candidat. La manœuvre a été organisée par le lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadelis, lui-même ancien dirigeant de ce parti et que nous avons déjà présenté à propos de ses relations avec la CIA.
Pourtant, contre toute attente, c’est un outsider, Ségolène Royal, qui est désigné. C’est qu’à Washington on a un autre projet : placer Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Pour cela, il convient d’installer face à lui un concurrent peu crédible. En échange de son retrait silencieux, DSK sera largement récompensé par la direction générale du FMI.

Peu après son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy présente la candidature de DSK à Washington, et Condoleezza Rice lui apporte son soutien. Tout en participant à la création de l’European Council on Foreign Relations (E-CFR) [11], il sillonne le monde, officiellement pour convaincre les États du Sud de soutenir également sa candidature. En réalité, leur vote importe peu, puisque les USA et l’Union européenne ont à eux seuls 48 % des voix. La campagne de DSK est payée par la France et organisée par l’agence de relations publiques TD International. Ce que le cabinet de M. Strauss-Kahn minimisera en prétendant ne travailler qu’avec la correspondante française de l’agence. TD International « vendra » à la presse la légende d’un DSK désœuvré, téléphonant au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker lors d’un colloque à Yalta, lequel lui aurait suggéré d’ambitionner le FMI. En réalité, Dominique Strauss-Kahn et Christine Ockrent participaient au Yalta European Seminar, moyennant un défraiement de 7 000 euros chacun indirectement versés par George Soros. Ce colloque avait pour but de soutenir la « révolution orange » et l’arrimage de l’Ukraine à l’OTAN. Or, TD International est une officine de la CIA, notamment chargée de la construction de l’image publique de la « révolution orange ». Elle est dirigée par William A. Green III, un célèbre agent qui n’était ni plus ni moins que le chef de poste du stay-behind en France et qui fut expulsé en 1995 pour des motifs d’une extrême gravité qui ne furent jamais dévoilés au public.

Hugo Chavez, le président de la République bolivarienne du Vénézuela, quant à lui, n’a pas été convaincu par le show de Dominique Strauss-Kahn. Il a confirmé le retrait de son pays du FMI « avant qu’ils ne nous pillent » et invité tous les États du Sud qui le peuvent à faire de même.

Url original de cet article:
http://www.voltairenet.org/article151921.html#article151921

Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

[1] Selon les propos d’Irving Brown lui-même, rapportés dans Éminences grises, par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard 1992. Sur le réseau US, voir « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 août 2001.

[2] « Dominique Strauss-Kahn, 1993-1997, profession – conseil », par Laurent Mauduit, Caroline Monnot et Martine Orange, Le Monde, 11 décembre 1999. « Influents dans le monde de l’entreprise », par Bérengère Mathieu de Heaulme, Le Figaro, 22 janvier 2002.

[3] « La Hoover Institution, archives réservées aux Républicains », Réseau Voltaire, 26 octobre 2004.

[4] « La fulgurante intégration de Condoleezza Rice », par Arthur Lepic et Paul Labarique, Réseau Voltaire, 8 février 2005.

[5] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22janvier 2004.

[6] Op. cit.

[7] « Le German Marshall Fund, un reliquat de la Guerre froide ? », Réseau Voltaire, 5 octobre 2004.

[8] Cité in Encyclopédie politique française, Tome 2, Facta éd., 2005.

[9] Les Nègres de la République, par Claude Ribbe, Jean-Paul Bertrand éd., 2007.

[10] « MM. Sarkozy et Strauss-Kahn affichent leurs allégeances », par Cédric Housez, Réseau Voltaire, 7 novembre 2006. Article plagié depuis. La position de Dominique Strauss-Kahn est partagée par le premier secrétaire du PS, François Hollande, voir « France : le Parti socialiste s’engage à éliminer les diplomates pro-arabes », Réseau Voltaire, 9 janvier 2006. Les propos imputés à M ; Hollande dans ce dernier article ont fait l’objet d’un démenti de l’intéressé, mais ont été maintenus sur le site internet du CRIF.

[11] « Création accélérée d’un Conseil européen des relations étrangères », Réseau Voltaire, 3 octobre 2007.