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L’illusion démocratique: Du principe d’autorité (Proudhon) en cinq épisodes – 1 ère partie –

Posted in actualité, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 11 mars 2012 by Résistance 71

Nous publions ici en cinq épisodes un texte essentiel de Pierre Joseph Proudhon et de la littérature anarchiste: « Du principe d’autorité ». Essai qui identifie les tenants du leurre démocratique et fait toucher du doigt les remèdes à ce fléau.

Le texte se divise en ces parties:

1- Le préjugé gouvernemental

2- Du pouvoir absolu à l’anarchie

3- Des lois et du système représentatif

4- Du suffrage universel et du gouvernement du peuple

5- Plus (la fin de) d’autorité

 

A lire et diffuser sans modération…

 

— Résistance 71 —

 

LE PRÉJUGÉ GOUVERNEMENTAL (Du principe d’autorité, 1ère partie)

par Pierre Joseph Proudhon (1853)

 

La forme sous laquelle les premiers hommes ont conçu l’ordre dans la société est la forme patriarcale ou hiérarchique, c’est-à-dire, en principe, l’autorité, en action, le gouvernement. La justice, qui plus tard a été distinguée en distributive et commutative, ne leur est apparue d’abord que sous la première face : un supérieur rendant à des inférieurs ce qui leur revient à chacun.

L’idée gouvernementale naquit donc des moeurs de famille et de l’expérience domestique : aucune protestation ne se produisit alors, le gouvernement paraissant aussi naturel à la société que la subordination entre le père et ses enfants. C’est pourquoi M. de Bonald a pu dire, avec raison, que la famille est l’embryon de l’État, dont elle reproduit les catégories essentielles : le roi dans le père, le ministre dans la mère, le sujet dans l’enfant. C’est pour cela aussi que les socialistes fraternitaires, qui prennent la famille pour élément de la société, arrivent tous à la dictature, forme la plus exagérée du gouvernement. L’administration de M. Cabet, dans ses États de Nauvoo, en est un bel exemple. Combien de temps encore nous faudra-t-il pour comprendre cette filiation d’idées ? La conception primitive de l’ordre par le gouvernement appartient à tous les peuples : et si, dès l’origine, les efforts qui ont été faits pour organiser, limiter, modifier l’action du pouvoir, l’approprier aux besoins généraux et aux circonstances, démontrent que la négociation était impliquée dans l’affirmation, il est certain qu’aucune hypothèse rivale n’a été émise ; l’esprit est partout resté le même. A mesure que les nations sont sorties de l’état sauvage et barbare, on les a vues immédiatement s’engager dans la voie gouvernementale, parcourir un cercle d’institutions toujours les mêmes, et que tous les historiens et publicistes rangent sous ces catégories, succédanées l’une à l’autre, monarchie, aristocratie, démocratie.

Mais voici qui est plus grave.

Le préjugé gouvernemental pénétrant au plus profond des consciences, frappant la raison de son moule, toute conception autre a été pendant longtemps rendue impossible, et les plus hardis parmi les penseurs en sont venus à dire que le gouvernement était un fléau sans doute, un châtiment pour l’humanité, mais que c’était un mal nécessaire.

Voilà pourquoi, jusqu’à nos jours, les révolutions les plus émancipatrices, et toutes les effervescences de la liberté, ont abouti constamment à un acte de foi et de soumission au pouvoir; pourquoi toutes les révolutions n’ont servi qu’à reconstituer la tyrannie : je n’en excepte pas plus la Constitution de 93 que celle de 1848, les deux expressions les plus avancées, cependant, de la démocratie française.

Ce qui a entretenu cette prédisposition mentale et rendu la fascination pendant si longtemps invincible, c’est que, par suite de l’analogie supposée entre la société et la famille, le gouvernement s’est toujours présenté aux esprits comme l’organe naturel de la justice, le protecteur du faible, le conservateur de la paix. Par cette attribution de providence et de haute garantie, le gouvernement s’enracinait dans les coeurs autant que dans les intelligences. Il faisait partie de l’âme universelle ; il était la foi, la superstition intime, invincible des citoyens. Qu’il lui arrivât de faiblir, on disait de lui, comme de la religion et de la propriété : ce n’est pas l’institution qui est mauvaise, c’est l’abus. Ce n’est pas le roi qui est méchant, ce sont ses ministres. « Ah ! si le roi savait ! »

Ainsi, à la donnée hiérarchique et absolutiste d’une autorité gouvernante, s’ajoutait un idéal parlant à l’âme et conspirant incessamment contre l’instinct d’égalité et d’indépendance : tandis que le peuple, à chaque Révolution, croyait réformer, suivant les inspirations de son coeur, les vices de son gouvernement, il était trahi par ses idées mêmes ; en croyant mettre le pouvoir dans ses intérêts, il l’avait toujours, en réalité, contre soi ; au lieu d’un protecteur, il se donnait un tyran.

L’expérience montre, en effet, que partout et toujours le gouvernement, quelque populaire qu’il ait été à son origine, s’est rangé du côté de la classe la plus éclairée et la plus riche contre la plus pauvre et la plus nombreuse ; qu’après s’être montré quelque temps libéral, il est devenu peu à peu exceptionnel, exclusif ; enfin, qu’au lieu de soutenir la liberté et l’égalité entre tous, il a travaillé obstinément à les détruire, en vertu de son inclination naturelle au privilège.

(…) La négation gouvernementale, qui est au fond de l’utopie de Morelly ; qui jeta une lueur, aussitôt étouffée, à travers les manifestations sinistres des enragés et des hébertistes ; qui serait sortie des doctrines de Babeuf, si Babeuf avait su raisonner et détruire son propre principe : cette grande et décisive négation traversa, incomprise, tout le XVIIIe siècle.

Mais une idée ne peut périr : elle renaît toujours de sa contradictoire. (…) De cette plénitude de l’évolution politique surgira, à la fin, l’hypothèse opposée; le gouvernement, s’usant tout seul, enfantera, comme son postulé historique, le Socialisme.

Ce fut Saint-Simon qui, le premier, dans un langage timide, et avec une conscience obscure encore, ressaisit la filière :

«L’espèce humaine, écrivait-il dès l’année 1818, a été appelée à vivre d’abord sous le régime gouvernemental et féodal ; 
«Elle a été destinée à passer du régime gouvernemental ou militaire sous le régime administratif ou industriel, après avoir fait suffisamment de progrès dans les sciences positives et dans l’industrie ; 
«Enfin, elle a été soumise par son organisation à essuyer une crise longue et violente, lors de son passage du système militaire au système pacifique. 
«L’époque actuelle est une époque de transition : 
«La crise de transition a été commencée par la prédication de Luther : depuis cette époque, la direction des esprits a été essentiellement critique et révolutionnaire. »

(…) Tout Saint-Simon est dans ces quelques lignes, écrites du style des prophètes, mais d’une digestion trop rude pour l’époque où elles furent écrites, d’un sens trop condensé pour les jeunes esprits qui s’attachèrent les premiers au noble novateur.

(…) Qu’a voulu dire Saint-Simon ?

Du moment où, d’une part, la philosophie succède à la foi et remplace l’ancienne notion du gouvernement par celle de contrat; où, d’un autre côté, à la suite d’une Révolution qui abolit le régime féodal, la société demande à développer, harmoniser ses puissances économiques : de ce moment-là il devient inévitable que le gouvernement, nié en théorie, se détruise progressivement dans l’application. Et quand Saint-Simon, pour désigner ce nouvel ordre de choses, se conformant au vieux style, emploie le mot de gouvernement accolé à l’épithète d’administratif ou industriel, il est évident que ce mot acquiert sous sa plume une signification métaphorique ou plutôt analogique, qui ne pouvait faire illusion qu’aux profanes. Comment se tromper sur la pensée de Saint-Simon en lisant le passage, plus explicite encore, que je vais citer :

« Si l’on observe la marche que suit l’éducation des individus, on remarque, dans les écoles primaires, l’action de gouverner comme étant la plus forte ; et dans les écoles d’un rang plus élevé, on voit l’action de gouverner les enfants diminuer toujours d’intensité, tandis que l’enseignement joue un rôle de plus en plus important. Il en a été de même pour l’éducation de la société. L’action militaire, c’est-à-dire féodale (gouvernementale), a dû être la plus forte à son origine ; elle a toujours dû acquérir de l’importance ; et le pouvoir administratif doit nécessairement finir par dominer le pouvoir militaire. »

À ces extraits de Saint-Simon il faudrait joindre sa fameuse Parabole, qui tomba, en 1819, comme une hache sur le monde officiel, et pour laquelle l’auteur fut traduit en cour d’assises le 20 février 1820 et acquitté. L’étendue de ce morceau, d’ailleurs trop connu, ne nous permet pas de le rapporter.

La négation de Saint-Simon, comme l’on voit, n’est pas déduite de l’idée de contrat, que Rousseau et ses sectateurs avaient depuis quatre-vingts ans corrompue et déshonorée ; elle découle d’une autre intuition, tout expérimentale et, a posteriori, telle qu’elle pouvait convenir à un observateur des faits. Ce que la théorie du contrat, inspiration de la logique providentielle, aurait dès le temps de Jurieu fait entrevoir dans l’avenir de la société, à savoir la fin des gouvernements, Saint-Simon, paraissant au plus fort de la mêlée parlementaire, le constate, lui, d’après la loi des évolutions de l’humanité. Ainsi, la théorie du droit et la philosophie de l’histoire, comme deux jalons plantés l’un au-devant de l’autre, conduisaient l’esprit vers une Révolution inconnue : un pas de plus, nous touchons à l’événement.

(…) Le XVIIIe siècle, je crois l’avoir surabondamment établi, s’il n’avait été dérouté par le républicanisme classique, rétrospectif et déclamatoire de Rousseau, serait arrivé, par le développement de l’idée de contrat, c’est-à-dire par la voie juridique, à la négation du gouvernement.

Cette négation, Saint-Simon l’a déduite de l’observation historique et de l’éducation de l’humanité.

Je l’ai conclue à mon tour, s’il m’est permis de me citer en ce moment où je représente seul la donnée révolutionnaire, de l’analyse des fonctions économiques et de la théorie du crédit et de l’échange. Je n’ai pas besoin, je le pense, pour établir cette tierce aperception, de rappeler les divers ouvrages et articles où elle se trouve consignée : ils ont, depuis trois ans, obtenu assez d’éclat.

Ainsi l’Idée, semence incorruptible, passe à travers les âges, illuminant de temps à autre l’homme dont la volonté est bonne, jusqu’au jour où une intelligence que rien n’intimide, la recueille, la couve, puis la lance comme un météore sur les masses électrisées.

L’idée de contrat, sortie de la Réforme en opposition à celle de gouvernement, a traversé le XVIIe et le XVIIIe siècle, sans qu’aucun publiciste la relevât, sans qu’un seul révolutionnaire l’aperçût. Tout ce qu’il y eut de plus illustre dans l’Église, la philosophie, la politique, s’entendit au contraire pour la combattre. Rousseau, Sieyès, Robespierre, Guizot toute cette école de parlementaires, ont été les porte-drapeau de la réaction. Un homme, bien tard averti par la dégradation du principe directeur, remet en lumière l’idée jeune et féconde : malheureusement le côté réaliste de sa doctrine trompe ses propres disciples ; ils ne voient pas que le producteur est la négation du gouvernant, que l’organisation est incompatible avec l’autorité; et pendant trente ans encore on perd de vue la formule.

(…) L’idée anarchique est à peine implantée dans le sol populaire, qu’il se trouve aussitôt de soi-disant conservateurs pour l’arroser de leurs calomnies, l’engraisser de leurs violences, la chauffer sous les vitraux de leur haine, lui prêter l’appui de leurs stupides réactions. Elle a levé aujourd’hui, grâce à eux, l’idée antigouvernementale, l’idée du travail, l’idée du contrat ; elle croit, elle monte, elle saisit de ses vrilles les sociétés ouvrières; et bientôt, comme la petite graine de l’Évangile, elle formera un arbre immense, qui de ses rameaux couvrira toute la terre.

La souveraineté de la raison ayant été substituée à celle de la révélation ;

La notion de contrat succédant à celle de gouvernement ;

L’évolution historique conduisant fatalement l’humanité à une pratique nouvelle ;

La critique économique constatant déjà que sous ce nouveau régime l’institution politique doit se perdre dans l’organisme industriel :

Concluons sans crainte que la formule révolutionnaire ne peut plus être ni législation directe, ni gouvernement direct, ni gouvernement simplifié, elle est : plus de gouvernement.

Ni monarchie, ni aristocratie, ni même démocratie, en tant que ce troisième terme impliquerait un gouvernement quelconque, agissant au nom du peuple, et se disant peuple. Point d’autorité, point de gouvernement, même populaire : la Révolution est là.

À suivre…

Résistance politique par l’abstention politique !… Voter c’est se soumettre !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 6 février 2012 by Résistance 71

Le vote : la «mise en urne» de sa propre voix

 

CNT-AIT

 

Le rituel de la farce électorale provoque chez les libertaires de tout poil, soit d’âpres et sanguinaires débats (vote tactique, vote de protestation, vote blanc, vote de déstabilisation,…), soit un long bâillement indulgent, tant le dilemme de l’utilité ou non du vote semble résolu une fois pour toute (inutile bien sûr !).

Aux uns qui rêvent de faire vaciller le pouvoir par le biais des urnes, les autres opposent la vacuité des messes électorales et la fourberie des élus. S’il me paraît évident que les urnes n’ont jamais engendré de révolution, le principe du vote dans les démocraties auto-proclamées représentatives n’en est pas pour autant un rituel désuet et inutile, une survivance ringarde des pratiques sociales du 20ème siècle. Je crois bien au contraire que c’est le premier élément de police de la république bourgeoise. L’acte de mise en urne de sa propre voix est avant tout l’acte de la soumission volontaire et délibérée de l’individu au pouvoir d’un autre. Voter dans un système électoral représentatif, c’est avant tout accepter qu’un autre parle et décide à sa place. Voter, c’est donc en tout premier lieu se défaire de sa propre liberté, de sa propre responsabilité. Les scribes de la république ne s’y trompent pas lorsqu’ils gravent sur leurs tablettes les termes explicites de « représentation par les élus », de « délégation de pouvoir », ou encore de « légitimation par les urnes ». Bien plus qu’un escadron de gardes mobiles, qu’une armée en parade aux portes du désordre, qu’un juge à la robe aussi noire que la mort et la peine, le système électoral n’est rien d’autre que la capitulation de l’individu au nom du principe du nombre, du principe de majorité. Contrairement à ce que prétendent bon nombre de « citoyens » en brandissant leur carte d’électeur, participer à ce rite païen, ce n’est pas prendre ses responsabilités, c’est les fuir, c’est demander à quelqu’un d’autre de décider à sa place. Voter ce n’est pas agir, c’est s’engager à ne pas agir, c’est admettre que ses propres actions soient interdites, décidées ou ordonnées par d’autres.

Cette vision du système électoral n’est pas une construction théorique, mais le constat du mode de fonctionnement réel de nos sociétés totalitaires. Comme le disait mon prof de droit : l’élection, c’est le prix de la paix sociale. Les politiciens de profession qui, eux, vivent (et très bien) d’un tel système le savent parfaitement, qui après chaque grondement social, se dépêchent d’organiser de nouvelles élections. D’ailleurs, même en temps de « paix sociale », l’élection est nécessaire pour assurer aux dirigeants la soumission consentante et récurrente de la population. Les rituels organisés à intervalles de temps plus ou moins réguliers ont pour fonction première de rappeler à l’individu qu’il accepte ce pacte de résignation. Peu importent les résultats des élections (ils s’arrangent toujours entre eux), l’essentiel est que les « citoyens » acceptent le pouvoir des élus. Tout est mis en œuvre pour rappeler au quidam que c’est là le fondement du fonctionnement démocratique. Journaleux en tête, tous les communicateurs de la république sont alors chargés de donner l’impression à chaque individu — républicain — qu’il participe à l’élaboration de la démocratie. Les combats télévisés de petits chefs, les révélations croustillantes, les discours sur la constitution, même les affaires juridico-mafieuses sont avant tout un spectacle destiné à faire de l’élu le garant (fragile) de la démocratie, et de l’électeur un irresponsable consentant.

La construction d’une société nouvelle nécessite d’abattre jusqu’à la dernière pierre ce temple de l’exploitation qu’est la république. Mais cela nécessite avant toute chose que chaque individu refuse que d’autres parlent, décident, organisent et légifèrent à sa place.

Voter, c’est se soumettre.

Nouvel Ordre Mondial: Les emeutes anglaises ne servent que l’oligarchie et l’agenda liberticide…

Posted in actualité, crise mondiale, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social with tags , , , , , , , , on 10 août 2011 by Résistance 71

« La rebellion sans la conscience critique est pour ainsi dire une explosion d’impuissance ».

~ Paulo Freire ~

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La sous-classe émeutière est le produit d’une culture malade

 

Pression venant du dessus, pression venant du dessous; le but est d’étriper la classe mnoyenne en les manipulant pour qu’elle demande d’elle-mème sa propre mise en esclavage.

 

Par Paul Joseph Watson
(Londres)

 

Le 09 Août 2011

 

Url de l’article original:

http://www.infowars.com/the-rioting-underclass-product-of-a-diseased-culture/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les émeutes qui ont paralysées Londres et ont déferlées sur d’autres villes majeures du Royaume-Uni sont le produit d’une culture sociétaire qui mène à la violence et au chaos, ce qui en fait ne sert que les intérêts de l’élite dominante dans sa volonté d’anihiler la classe moyenne en la manipulant à demander elle-même sa propre mise en esclavage.

Premièrement, quiconque pense vraiment que les émeutiers brûlent et pillent pour protester contre des contraintes légitimes, du moins dont ils soient conscient, a besoin de se faire examiner.

Un clip de la BBC montre un groupe d’adolescentes saoûlent décrivant à quel point il est amusant de s’engager dans la violence gratuite et le vol. Dans une tentative imbécile de justifier leurs actions, les filles commencent à balbutier à propos “du gouvernement… des conservateurs, ou.. peu importe, on sait pas”, avant de répondre à la question de savoir pourquoi elles attaquent des résidents locaux dans leur propre communauté en éructant: “Ce sont les riches, les gens qui ont des businesses, voilà pourquoi tout cela se passe… à cause des riches”.

Ces “gens riches” incluent un magasin de meubles familial local à Croydon, qui a survécu deux guerres mondiales et qui vient d’ètre brûlé complètement, un centre de charité qui collecte des fonds pour les personnes âgées et un centre de sauvetage pour les chats errants à Enfield, parmi beaucoup d’autres maisons, d’œuvres de charité et de petits businesses locaux qui appartiennent à des gens simples et loin “d’être riches”.

Dire que cette jeunesse désœuvrée est l’avant-garde d’un quelconque mouvement révolutionnaire est complètement insensé. Si ceci était une véritable révolte contre l’establishment, pourquoi la foule ne se concentre t’elle pas autour de Downing Street (NdT: lieu de la résidence de travail du premier ministre britannique, l’équivalent de Matignon en France), du parlement ou de Buckingham Palace, les vrais coupables de la dégradation totale de la situation économique britannique ? Pourquoi au contraire remplissent-ils des chariots complets de chaussures de sport, de téléphones portables, ainsi bien sûr de gnôle et de cigarettes volées aux petits commerçants locaux ?

Les émeutiers sont composés de manière dominante par des jeunes nihilistes, des agressifs intellectuellement castrés, qui sont devenus avec le temps les représentants du terme de la “Grande-Bretagne cassée” (NdT: en anglais “broken Britain” expression qui a plus d’impact dans la langue d’origine..)

C’est comme dans un mauvais film de zombies, l’avènement des idiots. La peste a commencé à Tottenham. Cela s’est rapidement propagé à d’autres zones de Londres, et bientôt les hordes déferlaient dans les cités principales de la nation. Mais ces zombies là ne recherchaient pas la cervelle, ils recherchaient les tenues de sport, les télés 40 inches et les iPads. La police resta de marbre et laissa faire. Le public pétrifié de peur fit bon accueil aux troupes dans les rues, aux couvres-feu, à plus de surveillance et de contrôle. Merci beaucoup les abrutis.

La cause de ce chaos ne peut en aucun cas être remontée à une quelconque revendication politique légitime, elle est presque essentiellement le produit d’une culture sociale malade, renforcée par les multinationales et l’industrie du spectacle obsédée par ses célébrités, et qui lavent les cerveaux des jeunes gens en leur faisant aspirer à un style de vie qu’ils ne pourront jamais atteindre.

Le déclin social de la jeunesse devient une prophécie qui s’auto-réalise comme résultat d’une fascination médiatique constante de la diabolisation des jeunes en leur offrant un régime putride fait à base de “héros”, de footballers débiles et de musiciens camés, dont les attitudes donnent à penser aux enfants impressionables que la vie tourne autour de la bringue, de s’engager dans des conquêtes sexuelles immorales et de prouver leur valeur en ne démontrant que des attitudes agressives animales.

Les icônes du rap fabriquées par MTV, les films et les jeux vidéos ont entraîné une génération entière de jeunes défavorisés à grandir en aspirant devenir gangsters, traîner en ville avec leurs jeans au milieu de leurs cuisses en gangs qui terrorisent le public. Un autre coupable est aussi le consumérisme galopant. Les enfants défavorisés dépendants des subsides de l’état ne peuvent pas s’acheter les iPods et autres ordinateurs portables dont on matraque à longueur de journée, qu’ils sont des objets obligatoires pour obtenir la reconnaissance de ses pairs; ainsi une opportunité comme celle-ci ne peut pas être gâchée. Comme le rapporte le Guardian aujourd’hui: “Alors que nous étions définis par ce que nous faisions, maintenant nous sommes définis parce que nous achetons. Ces grandes chaînes de magasins sont dans le business de tenter les gens, les consommateurs, et d’un seul coup d’un seul, ces gens se trouvent dans la situation où ils n’ont quà juste entrer dans ces magasins et se servir, tout obtenir.”

Cette armée de paumés à la Orange Mécanique sont ensuite montés en épingle contre le public qui, parfaitement terrifié par l’incessante hyper-médiatisation du problème, ouvre les bras aux soldats dans les rues, à plus de surveillance, aux couvres-feu et tout ce qui peut être nécessaire pour simplement “nous maintenir en sécurité.”

Si les quelques nuits passées n’ont rien prouvé d’autre, c’est que les autorités, la police ne peuvent pas nous garder en sécurité. Presque tous les témoins oculaires qui ont décrits la violence et le pillage ont fait état de la police ne faisant rien, restant en retrait.

Seul l’establishment bénéficie de l’étendue du chaos, parce que l’appel du public pour une répression plus forte retentit de plus en plus haut. Maintenant le parlement a été rappelé pour une journée afin de s’assurer de l’opportunité de passer des législations encore plus draconiennes et liberticides, qui auront un impact sur les citoyens de base.

Voilà comment la classe moyenne est habituellement manipulée pour soutenir l’état policier qui est ultimement utilisé pour opprimer la classe moyenne elle-même. Ceci est également un excellent exemple du comment faire monter la pression par le bas; par la culture encouragée d’une sous-classe de demeurés, qui sont ensuite lâchés dans la nature par le système afin de créer la crise dont il a besoin pour resserrer l’étau sur la société.

Nous avons tous besoin de nous réveiller pour enfin réaliser que nous sommes en fait joués les uns contre les autres par une oligarchie qui est ravie de ce genre d’émeutes sans aucun fondement, comme celles que nous avons vues depuis plusieurs nuits; parce que cela créé le prétexte parfait pour l’establishment de se retrancher sur lui-même et d’étendre son pouvoir au nom bien sûr de la sécurité et du bien-être de tous.

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L’esprit évolutionnaire

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, militantisme alternatif, politique et social with tags , , , , , on 17 août 2010 by Résistance 71

L’esprit évolutionnaire

Url de l’article original:

http://les7duquebec.wordpress.com/2010/08/16/lesprit-evolutionnaire/

On parle beaucoup de créer une nouvelle société. Mais une Nouvelle Société ne nait pas toute armée du cerveau de Jupiter. Ce n’est pas un mutation brusque, c’est une myriade de changements petits et grands qui s’additionnent subrepticement, jour après jour, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive tout à coup que le monde n’est plus le même. « Tiens, l’Interac, ça fonctionne! » (108.html). « Tiens l’Internet est là et tout le monde à droit de parole! » (124.html) … Mais ce n’est pas de regarder dans la boule de cristal qui fait changer le monde; c’est d’identifier les problèmes, de retrousser ses manches, de trouver et d’appliquer des solutions.

Et ça, tout le monde peut le faire. Tout le monde DOIT le faire. Personne n’est si nul ni si incompétent qu’il ne puisse trouver quelque chose qui ne tourne pas rond dans son environnement immédiat et il y en a bien peu d’entre nous qui ne soient jamais capables de suggérer un remède.

La règle numéro #1 pour faire changer les choses c’est de prendre conscience de ce qui ne va pas et de se sentir RESPONSABLE de les faire changer. On peut le faire en dilettante (5079.html) ou en service commandé, de temps en temps ou méthodiquement, du matin au soir; l’important, c’est de voir avec des yeux neufs. Il faut appliquer à débusquer les erreurs du système cette approche « zero-budgeting » qui a servi à dégraisser les programmes de l’État il y a une décennie: ne rien prendre pour acquis mais reprendre les calculs à partir des besoins eux-mêmes.

Qu’arriverait-il si on mettait la société en examen et qu’on se demandait vraiment ce qui est utile et ce qui ne l’est pas, ce qui est prioritaire et ce qui peut attendre… ou simplement disparaître? N’ayez pas peur d’aller au fond des choses. Remettez tout en question. Demandez toujours « Pourquoi? » Pourquoi, du transcendental au plus trivial, supportons-nous que les choses ne soient pas faites correctement ? Pourquoi des théières dont on ne peut verser le contenu sans en mettre plein la nappe? Pourquoi des jaquettes d’hôpital qui semblent concues pour l’humiliation?

Pourquoi des enfants et des adolescents qui savent lire devraient-ils, en guise d’éducation, s’asseoir devant un prof qui leur lit le contenu d’un manuel ? Pourquoi y a-t-il des chômeurs… alors qu’il y a tant de travail à faire? Pourquoi l’État paye-t-il 40 milliards par année en intérêts sur la dette publique, alors qu’il pourrait imprimer l’argent et la rembourser? Pourquoi la santé n’est-elle pas notre priorité collective alors que la vie est la priorité de tout individu?

Surtout, n’acceptez jamais comme réponse que « les choses ne sont pas si simples… »; demandez doucement qu’on vous explique. Les choses ne sont pas simples, mais elles ne sont pas inintelligibles; il n’y a pas de mystères abyssaux qui rendent inconnaissables les causes de nos déboires, il n’y a que l’arrogance et la mauvaise foi de ceux qui veulent nous en cacher le détournement à leur profit.

Machiavel disait qu’il n’y a rien de plus difficile que de changer l’ordre établi; pourtant, c’est bien ça, le défi qu’il faut relever. Parce que l’ordre actuel a donné tout le bien qu’il pouvait apporter – l’abondance (709.html) – mais n’a pas épuisé sa malice qui est l’injustice. Pour arriver à changer l’ordre établi, il faut remplacer l’apathie et l’inertie par un préjugé favorable au changement. Voir que rien n’est parfait mais que tout, au contraire, est indéfiniment perfectible; tout changement n’est pas bon, mais il y a toujours un bon changement à apporter. Trouver la faille, l’imperfection, puis se demander « Pourquoi pas? »… C’est ça, l’esprit évolutionnaire.

Si chacun, chaque jour, dans les limites de ses compétences, proposait un changement petit ou grand sur l’Internet? Si chacun, dans ses temps libres, se donnait la peine de prendre connaissance de quelques unes de ces propositions avec ouverture d’esprit et se donnait la peine, aussi, de dire simplement « Je suis d’accord »? Il y en aurait combien de ces changements qui feraient consensus, combien qui circuleraient sur le Web, puis de bouche à oreille jusqu’à ce que ceux qui ont le pouvoir de les faire arriver sortent de leur torpeur et agissent?

Ne croyez pas que ce soit au voisin de le faire. Il n’en tient qu’à vous que les choses commencent à changer … et n’oubliez pas que, tôt ou tard, c’est toujours le changement qui gagne. Il n’en tient qu’à vous de VOUS changer et de devenir un agent de l’ÉVOLUTION. C’est ça, le premier pas en avant qui marque le début du long voyage vers un monde meilleur.

Pierre JC Allard

Totalitarisme économique globalisé et l’esclavage moderne en France

Posted in actualité, économie, crise mondiale, N.O.M, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , , , , on 14 août 2010 by Résistance 71
vendredi 13 août 2010Le totalitarisme économique globalisé et l’esclavage moderne en France : veuillez patienter, tiers-mondisation en cours de traitement.

Samuel METAIRIE

Url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/Le-totalitarisme-economique-globalise-et-l-esclavage-moderne-en-France-veuillez-patienter-tiers-mondisation-en-cours-de.html

Depuis bientôt deux ans, les États occidentaux tentent de faire payer leur crise économique aux sociétés civiles du monde entier, et colmatent les brèches de leurs canots de sauvetage, gangrénés par le flamboyant totalitarisme des marchés financiers et la connivence permanente entre monde abstrait de la spéculation financière et classe politique.

Cette classe versaillaise de hauts fonctionnaires d’État se targue d’être démocrate au chevet du peuple là où ces hommes ne sont qu’une bureaucratique oligarchie, fidèles serviteurs de l’Empire capitaliste, qui manifestent une folie obsessionnelle à imposer une mainmise permanente sur sa population : mise sous cadenas des cerveaux, contrôle de l’information en considérant les médias comme ambassadeurs de la vérité, révoltes et résistances ankylosées, télésurveillance, politique du tout sécuritaire, exaltation des peurs, division des foules… Nous vivons une époque formidable où Big Brother règne en maître sur les esclaves des temps modernes. Citoyens du nouvel ordre mondial, prenez gare au télécran, nous sommes la cible de leurs institutions du vol. L’équation est simple, celui qui a de l’argent vit, celui qui n’en a pas, galère ou crève. Face à l’engrenage de ce système qui écrase tout ce qui est plus faible sur son passage, l’individu en quête de liberté tombée en désuétude, doit lutter en permanence contre l’avarice des mercenaires du pouvoir et les bouches avides, gourmandes en dividendes et portefeuilles de titres. Mais n’ayons craintes, les gardes fous de la République irréprochable nous assurent quotidiennement paix, pain, bonheur et sécurité, malgré plus de 300 000 destructions d’emplois pour l’année 2009 en France, pendant que Veolia-environnement enregistre des profits records. Les indécrottables valets de la sarkozie (Lefèbvre, Hortefeux, Besson, Bertrand, Bettencourt, Dassault, etc.) et les journalistes de grande audience n’ont pas la gorge sèche lorsqu’il s’agit de cracher toutes ces balivernes médiatiques au micro, et ne manquent jamais de parts de marchés dans leur concupiscence pour les mascarades électoralistes fumeuses et clientélistes. Vêtus de leurs soutanes parlementaires ornées de fleurs de lys, artisans de la langue de bois, et rois de la manipulation, ces hommes de pouvoir avec démence et indécence, imposent leurs points de croissance en plus pour se remplir la panse pendant que la France panse ses plaies cérébrales entre stress, angoisse, dépression, drogue, addiction télévisuelle et bonheur vacancier d’une courte durée de cinq semaines annuelles. Ce bonheur prémâché en doses publicitaires patiemment attendu durant quarante sept semaines d’exploitation salariale consentie, qui se libère l’été sur les plages de la France, doigts de pied en éventail, permet de fermer les yeux une fois de plus sur l’amer goût de peste brune récupérée à la flamme par le pommier, séduisant les électeurs frontistes et rodant autour des couloirs de l’Élysée depuis l’automne 2009. Ce, tout en espérant observer de son vivant un changement qui ne viendra que lorsqu’il sera trop tard pour la planète, saturée par la destruction rentable des écosystèmes, la radioactivité due aux radiations calme et latentes d’un siècle d’extraction nucléaire, la pollution des sols, des eaux, des mers et de l’air.

Ce texte n’a pas vocation à faire la publicité malsaine d’un écologisme capitaliste digne des écolos-bobos tels Nicolas Hulot ou Yan Arthus Bertrand (qui se lamente de la pollution du haut de son hélicoptère, et qui finance un film grâce à de grands groupes industriels tel Pinault, PDG de Pinault-Printemps-Redoute), ceux-là mêmes qui n’auraient de honte à faire produire des bombes écologiques pour guerres propres, des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques à la chaîne par des mômes de dix ans, pourvu que l’on utilise les énergies renouvelables dans le processus de production. Ce texte voudrait plutôt être une voix qui hurlerait contre l’état chronique de misère ambiante de la pensée critique, généré par des dizaines d’années d’endoctrinement massif et de formatage idéologique au système consumériste, pour que même les gens de « gauche » s’adaptent aux nouveaux besoins créés par les entreprises et la doxa du marché.

Parmi tous ceux-ci qui font couler le Titanic chaque jour un peu plus, une ineptie loin d’être raisonnable sort des micros des politiques dominants depuis 2008 : il faut refonder, moraliser, réguler le capitalisme. En proposant de rendre moral ou acceptable une entreprise de mise à mort lente et généralisée (par la précarité au Nord, la faim au Sud, ou les guerres « propres » néocolonialistes de l’Empire néolibéral) à l’échelle de toute la planète, même Hitler, Staline, ou Pinochet n’auraient pas faits de plus belles oxymores. Moraliser le capitalisme financier dans un monde globalisé, cela revient à dire qu’un renard qui ravage et assassine tous les moutons d’une bergerie, ou les lapins d’un clapier, pourrait être dompté pour qu’il les cajole.

Mondialisation et oligarchie des entreprises : deux phénomènes intimement liés

La fabrication à la chaîne des opinions façonnables et des êtres manipulables corvéables à merci dans un univers de surveillance numérique pour que règnent en maîtres les cartels d’entreprises multinationales, ne se font pas sans des États dont les gouvernements, de gauche libérale ou de droite libérale, légifèrent pour avaliser les agissements de ces prédateurs du Capital globalisé.

La mondialisation dans sa phase néolibérale force les économies nationales à fusionner sur un seul et unique marché capitaliste transcontinental. De telle manière que les États sont forcés de privatiser leurs entreprises et spécialiser leurs économies dans les secteurs où ils sont les plus compétitifs pour ne pas perdre la confiance des marchés financiers. L’individu, l’eau, la terre, le ciel, tout est potentiellement vendable sur le marché unique mondial, à un tel point que bientôt, un air pur sans hydrocarbures respiré en pleine campagne fera gonfler l’avis d’imposition annuel. Dans les chiffres, la mondialisation procure une abondance colossale de biens et de richesses, mais il est important que cette fausse abondance ne bénéficie qu’à un tiers de la population mondiale. Celles-ci depuis 1492 ne circulent que du Nord vers le Nord, ou du Sud vers le Nord.

« Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse du sous-développement sont la faim, la soif, les épidémies et la guerre. Ils détruisent chaque année plus d’hommes, de femmes et d’enfants que la boucherie de la Seconde Guerre Mondiale pendant six ans. » (1)

Ce processus mondialiste arbitré par les organisations internationales, l’UE, le G8, le FMI et l’OMC répond à une dualité causale permanente : le nombre d’individus sur Terre en état de misère absolue augmente chaque année, et les plus grandes fortunes du monde s’enrichissent encore, encore, encore et encore toujours plus. A titre d’exemple, quelques chiffres. En 2007, les 500 entreprises multinationales les plus puissantes ont contrôlé 54% du produit mondial brut. En 2009, le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres. En 2005, quatre milliards d’individus vivaient encore avec moins de 2$ par jour. En 2007, les chiffres de l’ONU font état de 1125 milliardaires en dollars, ayant un patrimoine cumulé de 4400 milliards de dollars. Or selon les mêmes sources, il faudrait 80 milliards de dollars par an pour assurer à la totalité de la population mondiale les services sociaux essentiels (santé, éducation, eau, assainissement). Un impôt annuel de 2% sur ces fortunes suffirait à regrouper ces 80 milliards (2). Rappelons, selon Jean Ziegler, qu’un enfant de moins de dix ans meurt de faim toutes les cinq secondes sur une planète qui peut nourrir douze milliards d’êtres humains. Sur une Terre où 18.6% de Blancs contrôlent plus de 80% des ressources naturelles mondiales, il y bien de quoi penser que ce ne serait qu’un devoir citoyen de changer radicalement nos habitudes de consommation en France, et dans tous les pays dits développés, en rétablissant les barrières douanières des pays les plus pauvres, ainsi qu’en réhabilitant une production optimale pour une consommation locale au lieu d’importer des produits sous-payés au Tiers-Monde. Or au lieu de cela, les élites des pays d’Europe multiplient à tour de bras les délocalisations dans des « zones spéciales de production » (régions à bas salaires), ainsi que les politiques sécuritaires et la lutte contre l’immigration pour protéger les frontières, jouant sur un faux semblant de sentiment d’insécurité pour rassurer les électorats. L’Occident finance, génère et alimente les conflits dans des pays dits du tiers-monde, il dévalise les pays d’Afrique pour son confort personnel, et ensuite s’horrifie que des étrangers non issus des classes dominantes viennent s’y installer. Tout en amalgamant volontairement délinquance et immigration, l’État français récupère les peurs sécuritaires qui étaient depuis la crise ensevelies sous les poussières de la propagande, insultant ainsi toutes les catégories de personnes qui, délaissées par le système mondial, souhaitent quitter la misère et la pauvreté de leur pays pour vivre travailler avec des souffrances moins douloureuses. Mais il est plus facile de préparer le terrain médiatique pour rendre ses entreprises productrices d’armes et de nucléaire compétitives par la guerre plutôt que d’assumer son passé colonial et jouer son rôle d’État. Les sommes colossales d’argent générées par les multinationales françaises un peu partout en Afrique du Niger à Madagascar en passant par l’Angola sont rapatriées dans des buildings en verre à Paris, le ministre des affaires étrangères ne sert plus qu’à préparer le terrain pour vendre le plus possible de centrales nucléaires ou d’avions de chasse à des États en guerre, la corruption des élus et des ministres est devenue main courante en France, mais même malgré ces trois insuffisants exemples, nul ne peut rediscuter la légitimité dont les pantins de la communication politique se réclament.

La guerre, une affaire rentable.

L’économie globalisée actuelle fonctionne comme un gigantesque Empire qui cherche coute que coute à se maintenir. L’on en retrouve toutes les caractéristiques : politique d’expansion, volonté de puissance, néo-colonisation suivie de l’uniformisation à toutes les régions annexées des économies, enrichissement des dominants et pillage des dominés, soumission obligatoire au courant dominant, système de propagande, et la guerre. La période dite d’Ancien Régime où les monarchies absolues régnaient sur l’Europe constitue la genèse de la consolidation de cet Empire. Le traité de Westphalie de 1648, qui redessinait les frontières des royautés européennes et tirait le profit des conquêtes militaires d’un Louis XIV absolutiste, fut l’un des premiers consensus européens autour de la volonté de puissance du continent sous couvert de paix associée. La mondialisation et les révolutions industrielles qui s’en sont accompagnées durant ces deux derniers siècles ont transférés les conflits des champs de batailles vers l’économie et le monde de l’entreprise. Bien que les deux guerres mondiales et les affrontements divers du 20ème siècle aient été très meurtriers, l’enjeu d’une guerre n’était dès lors pas simplement de remporter la bataille, mais il fallait aussi et surtout que les entreprises mères enregistrent des profits jamais observés. La guerre est une aubaine rentable pour la vente d’armes à tous les pays, qu’ils soient alliés ou ennemis, républicains ou fascistes. Pendant la guerre qui opposait l’Iran à l’Irak de 1980 à 1988, l’administration Reagan a inondé les deux pays en armes, alors que le conflit se déroulait aux portes de leur ennemi juré l’URSS…Les États-Unis ont armé le régime de Saddam Hussein pendant quinze ans, et l’ont assassiné vingt-cinq ans plus tard lorsque celui-ci ne servait plus que d’argument médiatique à la fausse guerre contre le terrorisme, de même en ce qui concerne les Talibans, armés par le même pays pour lutter contre l’URSS…

Les forces armées de l’empire capitaliste, c’est-à-dire les banques et multinationales privées, les institutions financières internationales (G8, OMC, FMI, Banque Mondiale) et les dirigeants d’États, peuvent à tout moment déstabiliser d’autres gouvernements, voire leur déclarer la guerre, s’ils ne servent pas leurs intérêts à court terme. Ce fut le cas on le sait, au Chili le 11 septembre 1973. Depuis 2006 en Bolivie, l’administration américaine et la CIA tentent régulièrement de financer les partis d’opposition au régime socialiste d’Evo Morales pour le remplacer éventuellement par des boliviens plus souhaitables aux élections (soit, des néolibéraux). La plupart des États occidentaux sont les plus gros producteurs et exportateurs d’armes dans le monde. La France est le quatrième producteur mondial d’armes après le Royaume-Uni, la Russie et les États-Unis, grâce au groupe Dassault, et alimente ainsi nombre de conflits en Afrique. Fort de leurs puissances, ces pays producteurs d’armes sont ceux dont les complexes militaro-industriels sont les plus développés, possèdent des bases aux quatre coins de la planète pour surveiller en permanence tout mouvement ennemi suscitant la menace étrangère, et ce sont aussi les pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Institution légalisée et créée sous la forme d’une organisation d’États s’associant pour la paix en 1949, celle-ci est davantage une arme de poing balayant tout sur son passage pour consolider l’Empire qu’une association pour stopper la guerre sur la planète. Dans l’arrogance du système, faire la guerre pour obtenir la paix et imposer notre modèle de développement est devenu un symbole, une devise. La démocratie libérale ou l’écrasement sous les bombes : choisis ton camp, camarade. Faire partie de l’OTAN, grand militant européen de la paix meurtrière et sanguinaire, donne le droit à la France de faire la morale à tous les autres pays n’en faisant pas partie (Chine, Iran, Pakistan etc.).

Notre époque est sans doute la plus meurtrière de tous les temps, un magnifique monde où des bidonvilles se construisent au pied des grands buildings en verre, entre ceux qui crèvent sur la dalle et les actionnaires-banquiers qui ont tellement de primes et de bonus qu’ils ne sauraient même pas comment faire pour tout dépenser en un mois.

Le règne des entreprises, une tyrannie de la finance pour une poignée d’hommes à l’aune de la mondialisation.

Cette hégémonie outrageuse des conglomérats d’entreprises privées, ne s’est pas installée au dernier orage… Le développement des entreprises multinationales et leurs agissements néocolonialistes est une résultante directe de la mondialisation des échanges, celle qui enrichissait déjà les Empires coloniaux d’Europe (Grande-Bretagne, France, Portugal, Espagne) grâce au commerce triangulaire établi d’une manière savamment pensée pour le prestige des monarchies européennes, il y a cinq cent ans de cela.

Ce sont les économistes mercantilistes au service du pouvoir royal des 16 et 17ème siècles qui, dans l’histoire de la pensée économique, furent les premiers à établir une doctrine prônant l’enrichissement des nations d’Europe par le développement des échanges au travers du commerce extérieur. C’est la première forme combinée de mondialisation et de libéralisme, où les comptoirs européens s’établirent sur les côtes d’Amérique, d’Afrique, d’Asie plus tard. En 1774, la Jamaïque comptait 200 000 esclaves sur 775 plantations. Les bénéfices nets reçus de ces plantations dans ce pays des Caraïbes par l’Angleterre pour cette même année représentaient 1 500 000 livres de l’époque (3). On oublie souvent que dans ce contexte de globalisation, la précarité ou la pauvreté d’un petit paysan producteur de café au fin fond du Honduras ou de l’Éthiopie est générée par les cartels occidentaux de la grande distribution. Que notre mode de consommation a de grandes influences sur la vie des pauvres gens d’Afrique, même si nous nous n’en estimons pas responsables. Sans ces trois siècles d’accumulation de capital dans ses colonies et d’esclavage, l’Europe n’aurait pas pu réaliser la Révolution Industrielle de la fin du 19ème siècle et passer d’une économie agricole à une économie ouvrière, industrialisée, base de son développement économique. Et sans les progrès démocratiques et sociaux qu’elle a vécu au sortir de la Seconde Guerre Mondiale grâce aux diverses luttes sociales, (sécurité sociale, congés payés, réduction du temps de travail etc.), ce continent n’aurait pu bénéficier des services sociaux essentiels au développement social des populations (services publics, couverture sociale gratuite, services des eaux, éducation, santé publique). La mondialisation néolibérale depuis quarante ans tente à merveille, à l’usure, de faire table rase des acquis sociaux apportés par le Conseil National de la Résistance.

L’ère industrielle commence au début du 18ième siècle en Angleterre. Les industriels développèrent les premières pompes à vapeur qui permettaient de pomper l’eau des mines à la place des mineurs afin d’extraire davantage de charbon, plus rapidement dans un souci de gain de productivité en réduisant les coûts de production. L’exploitation du charbon, a suivi celle du fer, puis du textile, puis celle de l’automobile, aujourd’hui le mot d’ordre est de produire davantage de cartes mémoires, de circuits imprimés ou de puces électroniques à l’heure. L’impératif économique voulant optimiser les calculs de coûts fixes et variables, et accroître les objectifs de rentabilité ont toujours été les mêmes, et ce depuis que l’on attribue la notion de valeur dans la transformation d’une matière première en produit fini. Si l’économie préindustrielle du 15ème au 18ème siècle s’articulait autour du commerce triangulaire, avec pour pierre angulaire le pillage des ressources d’Afrique et d’Amérique Latine par l’esclavage et le rapatriement des ressources en Europe, le cynisme de notre ère marchande est que l’on paye les esclaves. Dans le fond, rien n’a changé. Avec un (maigre) salaire, le salarié d’aujourd’hui se sent libre de consommer ce qui lui plait, partout où il veut, dans la mesure de l’entendement de son banquier. Mais à la différence des esclaves du Moyen-âge, l’esclave salarié du 21ème siècle doit payer sa cage, sa parcelle de terre soit à un propriétaire, soit au service des impôts, il doit payer pour l’assurance obligatoire de ses bien matériels à travers ce qu’on nomme hypocritement les cotisations. Non content de payer pour sa cage en ville ou pour sa voiture à crédit, il s’y barricade constamment pour éviter qu’un autre esclave du régime totalitaire des banques ne vienne lui chercher des noises. En fait, le pouvoir des entreprises n’a jamais été aussi conséquent sur l’individu, en ce qu’elles permettent de rétribuer aux esclaves modernes un sentiment de liberté pécuniaire, étouffant ainsi toute résistance à l’oppression ou à l’aliénation du travail.

L’institution du travail, via la hiérarchisation des tâches, le corporatisme, le management, l’objectif de rentabilité et de productivité en un temps toujours plus restreint dans les grosses entreprises, permettent d’infliger à l’Homme contemporain une spirale implacable de chantage, de pressions et de relations de contrôle/obéissance profondément antidémocratiques, voire totalitaire, le tout pour l’intérêt à court terme bien soigné de quelques poignées d’actionnaires, dont la collusion avec le pouvoir politique actuellement en place est tout autant consternante que flagrante et décomplexée. L’institution du travail substitue à toute individualité la culture d’une conscience personnelle libre et d’une connaissance de soi pour la transcender en une simple et vulgaire pièce de l’appareil productif servant à la vente. Une vulgaire marchandise.

Les livres scolaires veulent nous faire croire que la victoire de la démocratie sur la monarchie il y a deux siècles de cela fut une révolution des libertés, un changement planétaire radical. Mais ils occultent le fait que notre système économique actuel ait été érigé par les élites intellectuelles, mercantilistes, puis physiocrates de l’Ancien Régime qui à l’époque inventaient les stratagèmes et paradigmes économiques qui leur feraient gagner plus d’argent en un temps restreint. Le putsch de 1789 changea les têtes dirigeantes, mais pas la logique économique. Les valeurs, les normes, et les méthodes de contrôle social imposées aux sociétés civiles, perdurent selon les mêmes paradigmes économiques : le temps de travail fixe la valeur des choses, et la rareté des biens détermine le niveau des prix, et produit un discours de légitimation de l’inégal accès aux ressources.

Au 19ème siècle, les dirigeants des entreprises existantes en Europe ou aux États-Unis devaient se plier aux normes instituées par les États : les règles de production, la durée du temps de travail, le montant des salaires, etc. Les entreprises avaient pour unique but de satisfaire au bien commun, à ce qu’on a défini comme étant l’intérêt général. La production issue du travail des ouvriers devait servir à l’amélioration des infrastructures nécessaires à la communication ou au développement des échanges. D’ailleurs, même Adam Smith, que l’on considère comme le pilier pionnier écossais de la non-intervention de l’État dans l’économie, écrivait que le développement des infrastructures et des voies de communication devait rester dévolu aux entreprises étatiques. L’acquisition d’une part de l’entreprise par un « investisseur » privé était encore interdit. Mais en 1868, fut signé aux États-Unis le 14ème amendement à la Constitution. Celui-ci aurait eu pour objectif de concéder aux populations noires la citoyenneté au même titre que les blancs. Les législateurs ont fait passer cette révision constitutionnelle pour un progrès au service de la lutte contre le racisme, mais en réalité, cette date marque le début du pouvoir hégémonique des grandes entreprises. Car cet amendement donnait la personnalité juridique aux entreprises, de telle manière qu’elles pouvaient alors passer des contrats, se défendre en justice au même titre que n’importe quel citoyen particulier. Comme toute entreprise pouvait passer des contrats, elles pouvaient aussi se racheter entre elles par le biais d’offres publiques d’achat, n’étaient plus soumis à la tutelle étatique, et pouvaient ainsi réaliser librement leurs bénéfices, en organisant leur propre organisation de travail. Pire, elles pouvaient exproprier des terres en les rachetant aux gens pour y installer leurs bâtiments. Il a donc fallu consolider un environnement de travail, un vocabulaire, des techniques de marketing et générer de la productivité en temps restreint par tête, ce pour conserver la compétitivité dans un univers de concurrence féroce devenue peu à peu oligopole commercial. Et comme tout ordre donné, tout objectif de production, toute commande se réalise à la va-vite pour satisfaire le client le plus rapidement, « pour hier », les dirigeants se sont inspirés des économistes à succès de l’époque (Schumpeter, Taylor, Ford etc…) pour faciliter une division des tâches, remodeler l’emploi du temps de l’ouvrier, acheter sa condition d’esclave sans chaînes, et étendre les sphères de puissance de l’État.

Avec la révolution industrielle toute naissante de la fin du 19ème siècle, une catégorie de personnes estimait que les profits n’étaient pas suffisamment conséquents, alors que la condition économique et sociale de classe ouvrière productrice s’aggravait, et s’est rendue compte qu’elle pouvait réaliser des bénéfices inouïs sans faire partie du processus de production de l’entreprise : les banques ont commencé lentement à acheter des parts dans le capital des entreprises, et à en recevoir des dividendes importants sur le dos du travail d’autrui. Le 20ième siècle est celui du développement de l’économie de crédit, de l’actionnariat et du système de prêts consentis autant aux particuliers qu’aux États. Ce qui devait officiellement servir les intérêts des gens à l’origine n’était qu’une perspective de vol organisé à grande échelle des individus.

Pourtant, avec toute l’évolution du travail apportée par les révolutions industrielles successives, le progrès technique aurait pu permettre de simplifier le travail, de produire mieux en générant moins d’efforts. Simplifier le travail pour vivre mieux et plus longtemps, en somme. Or même avec la mécanisation du travail, dans un pays où la démographie se porte plutôt bien (la situation démographique de la société française serait parmi l’une des meilleures d’Europe), l’homme continue de se tuer à l’usine, au chantier, au bureau, tout doucement, à petit feu en attendant une retraite qu’il n’aura, peu ou prou, presque pas. Un travailleur à quarante heures hebdomadaires sera peut-être moins productif et motivé que deux ou plus qui travaillent en association à vingt heures par semaine, mais cela coûte cher aux entreprises en termes de salaires et cotisations sociales à verser. Résultat, à même volume horaire, combiné avec des niveaux de salaires réels augmentant moins vite que les taux d’inflation, cela légitime le maintien d’un certain nombre d’actifs au chômage, et c’est profitable aux « gérants » d’une société comme la notre : un fort taux de chômage, et le mythe d’un trou de la sécurité sociale sont de bons instruments médiatiques de chantage, et aucun salarié n’a le pouvoir de négociation sur ses conditions de travail, au risque que l’entreprise en embauche un autre. Ce n’est hélas pas demain que les salariés du secteur privé s’uniront pour changer de condition sociale attachée à une tutelle patronale ou hiérarchique aliénante, racheter leurs univers de travail et le réorganiser en association selon les besoins de chacun, non d’autrui ne faisant pas partie de la production, afin que la propriété des moyens de productions devienne collective, équitable et démocratique.

Dans la criminalité proactive chronique et récurrente de ce système incompatible avec ce à quoi aspire 85% de la population de ce globe, espérons qu’un énorme procès de Nuremberg bis sera déféré d’urgence pour juger ces prédateurs génocidaires de la mondialisation financière lorsque l’empire du capitalisme sauvage aura sombré et que la majorité des peuples de cette planète pillée, spoliée, polluée, dévastée, chantera au pied des échafauds. Mais ne rêvons pas, ce jour ne sera pas meilleur pour autant. L’humain révolté, enragé, oublie son humanité et ne se rend même pas compte que sa vengeance est bien plus criminelle que celle de ses prédécesseurs, car elle soulage hélas bien des turpitudes.

Samuel Métairie.

(1) ZIEGLER, Jean, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leurs résistent, Ed Fayard, 2002.

(2) http://www.cadtm.org/IMG/pdf/TAP_le…

(3) ZIEGLER, Jean, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leurs résistent, Ed Fayard, 2002, p30.

Rubrique : Analyses  Thèmes :  Globalisation

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Sommet des Peuples Madrid 2010: Alternative populaire contre globalisme et nouvel ordre mondial

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Déclaration finale du Sommet des Peuples “Enlazando Alternativas IV »

Cumbre Alternativa de los Pueblos

Madrid 2010

Nous, réseaux, plateformes et organisations d’Europe, d’Amérique Latine et des Caraïbes, réunis à Madrid du 14 au 18 mai, lors du Sommet des Peuples « Enlazando Alternativas IV », revendiquons notre droit à lancer des alternatives au modèle neolibéral et aux accords de libre échange, et croyons dans la capacité que nous avons de construire un dialogue politique et social entre les peuples.

Nous nous trouvons actuellement dans une crise de civilisation qui touche à toute la planète, et dont les groupes sociaux les plus vulnérables et les peuples du Sud supportent le poids le plus lourd. Alors que des millions de travailleuses et de travailleurs ont perdu leur emploi et se sont appauvris et précarisés, le système financier obtient des gains multimilliardaires avec le soutien des Etats du Nord.

La crise économique mondiale est loin d’être résolue et les plans de sauvetage ont été destinés à la défense des intérêts du Grand Capital, comme le démontrent les récentes mesures d’ajustement structurel exigées à la Grèce par l’UE, et les annonces dans le même sens émises par l’Espagne et le Portugal. L’histoire de l’Amérique Latine et des Caraïbes démontre l’impact dévastateur de ces politiques de réduction des dépenses publiques, des privatisations et de la dérégulation économique.

Juste au moment où l’on célèbre deux siècles depuis le début des luttes d’indépendance dans plusieurs pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, l’UE propose une « alliance » stratégique qui suppose un retour au passé : la création d’une « Zone Euro-Latino-Américaine d’Association Globale Interrégionale », basée sur une série d’accords de libre échange afin de protéger les intérêts des multinationales européennes en Amérique Latine et dans les Caraïbes, et d’empêcher la possibilité d’une intégration régionale et bi-régionale sur de nouvelles bases.

En Amérique Latine et dans les Caraïbes sont apparus plusieurs gouvernements progressistes et de gauche, sensibles aux exigences des mouvements populaires, qui sont à la recherche de voies alternatives de développement mieux adaptées à leurs réalités locales, et qui défendent leur souveraineté nationale. La droite mondiale tente, à la fois de délégitimer et déstabiliser ces gouvernements, et de plaider pour les politiques néolibérales promues par les multinationales européennes – en particulier les entreprises espagnoles en Amérique Latine et dans les Caraïbes-, qui comptent avec le soutien de l’UE. Des stratégies telles que l’ « Europe Globale : celle de la « concurrence dans le monde », et « Europe 2020 », continueront à générer de graves coûts sociaux et à aggraver les inégalités entre les Etats et à l’intérieur de chaque pays.

En Europe, avec le Traité de Lisbonne, a été renforcé un modèle d’intégration anti-démocratique et capitaliste. La privatisation des services publiques, conjointement avec l’atteinte aux droits sociaux et du travail, consolide une Europe forteresse, militaire, répressive et excluante, au détriment de l’Europe sociale.

Face à cette réalité, l’organisation, la résistance, la dignité, la solidarité et la mobilisation sociale sont et seront des facteurs essentiels pour donner un soutien aux conquêtes obtenues en Amérique Latine et dans les Caraïbes, pour empêcher un retour vers le passé, et conquérir de nouveaux espaces, tant en Amérique Latine et les Caraïbes et qu’en Europe. Notre stratégie de lutte et de résistance commune se base sur la solidarité entre nos peuples, dans le but de construire une société dans laquelle les droits économiques, politiques, du travail, syndicaux, sociaux, culturels et environnementaux soient la priorité et la raison d’être des politiques gouvernementales.

Dans ce sens :

1. Nous rejetons énergiquement les Accords de Libre Echange, les Accords d’Association (AdAs) et les Traités Bilatéraux d’Investissement (TBIs) – ou Accords de Promotion et de Protection Réciproque des Investissements (APPRIs) – pactés par certains gouvernements latino-américains et européens, qui ont été négociés dans le dos et contre les intérêts de nos peuples. En particulier, nous rejetons l’Accord d’Association UE – Cariforum, la signature des traités avec la Colombie, le Pérou et l’Amérique Centrale, ainsi que la réactivation des pourparlers avec le Mercosur.

2. Nous nous opposons à ce que l’aide au développement fasse partie de ces accords au service des intérêts économiques privés. Nous voulons une coopération qui renforce la capacité des acteurs sociaux et des Etats, afin qu’ils puissent définir et appliquer des politiques qui combattent l’injustice sociale.

3. Nous nous opposons à l’application des plans d’ajustement structurel et à l’intervention du FMI dans les pays d’Europe et d’Amérique Latine et des Caraïbes, pour faire face à la crise économique. Nous revendiquons un moratoire immédiat sur le paiement de la dette publique et la mise en place d’audits afin d’abolir les dettes illégitimes.

4. Nous poursuivrons notre tâche de chercher des solutions réelles à la crise écologique et climatique, basées sur la justice climatique et la nécessité de changer le système, qui détruit la planète. Afin de mettre un frein au changement climatique, il est nécessaire que l’UE réduise d’une manière conséquente ses émissions de gaz à effet de serre au niveau domestique. Nous réclamons aux gouvernements européens le paiement des dettes écologiques qu’ils ont accumulées vis-à-vis des peuples du Sud, y compris l’Amérique Latine et les Caraïbes, afin de financer la mitigation et la survie face au changement climatique. Face à l’échec du Sommet sur le Climat de Copenhague, nous nous engageons à soutenir les propositions émises lors du « Sommet Mondial des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère Terre », qui a eu lieu à Cochabamba en avril 2010, dont, par exemple, la création d’un tribunal de justice climatique.

5. Nous soutenons toutes les luttes des mouvements paysans d’Amérique Latine, des Caraïbes et d’Europe pour la Souveraineté alimentaire des Peuples, la réforme agraire, contre les transgéniques et pour la défense de leurs territoires. L’agriculture paysanne, familiale et de petite échelle alimente les peuples et refroidit la planète.

6. Nous continuerons notre lutte pour la démocratie participative, directe et plurielle, et nous nous opposerons à toutes les atteintes contre celle-ci. Nous soutenons les luttes contre l’impunité et pour la justice dans le cas des victimes des génocides. Nous rejetons la criminalisation des protestations sociales.

7. Nous exigeons la rupture des relations diplomatiques et financières avec le gouvernement de Porfirio Lobo au Honduras, rejeté par divers gouvernements. Ce Gouvernement provient d’un coup d’Etat, a été élu dans des conditions anti-démocratiques, et se maintient au moyen de la répression des mouvements sociaux et de la violation des Droits Humains. Nous soutenons la lutte du Front de Résistance Populaire du Honduras et sa lutte pour une Assemblée Constituante.

8. Nous nous opposons à la militarisation et à une vision qui ne reconnaît pas la capacité du peuple d’Haïti de définir son propre destin, et prend pour prétexte l’aide humanitaire. Nous exigeons le respect de la souveraineté du peuple haïtien, l’abolition de la dette externe de ce pays et le paiement de réparations.

9. Nous exigeons à l’UE la dérogation de la Position Commune contre Cuba 10. Nous accusons l’UE, ses institutions et ses gouvernements de complicité flagrante avec la violation des Droits Humains, par exemple, en Colombie, en Honduras, au Pérou, au Guatemala et au Mexique, pays dans lesquels les leaders sociaux sont assassinés quotidiennement et la protestation sociale est réprimée.

11. Nous répudions les politiques appliquées par l’UE dans le domaine de l’immigration, car elles constituent une grave menace pour la démocratie et la paix entre nos peuples, en promouvant la xénophobie et le racisme. Nous participons à et nous soutenons les luttes des mouvements et des réseaux de migrants contre l’Europe Forteresse, avec ses camps d’internement pour étrangers (CIE) et sa « Directive du Retour », mieux nommée « Directive de la Honte ». Cette politique d’immigration représente l’autre visage de l’Europe du Capital.

12. Nous dénonçons la militarisation de nos continents et, en particulier, le caractère belliciste du gouvernement de Colombie. L’installation de 7 bases militaires des Etats-Unis dans ce pays représente une menace pour la paix et la stabilité de la région. Nous condamnons la politique belliciste de l’UE en Afghanistan sous l’égide de l’OTAN, ainsi que l’utilisation de ressources millionnaires dans le but de maintenir une machine de guerre qui pourraient être destinées à d’autres priorités de caractère social.

13. Nous soutenons la lutte du peuple grec dans la défense de ses droits, qui représentent les droits de tous les peuples européens.

14. Nous nous engageons à travailler pour consolider un espace politique de solidarité auquel puisse participer une grande diversité de mouvements sociaux et politiques – qui luttent pour une intégration sociale, économique, de genre, politique, environnementale et culturelle, et qui soit alternative à celle proposée par la Union Européenne et divers gouvernements d’ Amérique Latine et des Caraïbes.

15. Nous nous engageons à renforcer et consolider nos luttes face au pouvoir des transnationales et à ouvrir une nouvelle étape du travail du Réseau Enlazando Alternativas vers la constitution d’un instrument international qui soit en mesure de juger réellement des crimes économiques. La première Session du Tribunal Permanent des Peuples (TPP), « L’Union Européenne et les Multinationales en Amérique Latine. Politiques, Instruments et acteurs », a contribué à cette labeur.

16. Nous soutenons et nous sommes intégrés dans les luttes des communautés d’afro descendants, de femmes, de jeunes et d’exclus d’Amérique Latine et d’Europe, de ceux qui souffrent le plus durement des effets de la crise.

17. Nous faisons nôtres les luttes et les revendications des peuples originaires et les luttes pour le « Buen Vivir », la création d’Etats plurinationaux et la reconnaissance et défense des droits de la Terre Mère, qui contribuent à montrer la nécessité de développer des modes de consommation et de production qui soient soutenables, responsables et justes.

18. Nous saluons les engagements des gouvernements d’Amérique Latine et des Caraïbes dans le sens de briser des siècles de dépendance économique, de pillage des ressources naturelles et de spoliation des territoires.

19. Nous demandons aux peuples européens de se soulever pour construire une autre Europe. Nous remercions les membres des collectifs de l’Etat espagnol pour l’effort et le soutien qu’ils ont démontrés afin que le Sommet des Peuples « Enlazando Alterantivas IV » puisse avoir lieu, et nous donnons la bienvenue aux compagnes et compagnons disposé/es à initier les préparatifs du Cinquième Sommet des Peuples « Enlazando Alternativas », qui aura lieu en 2012.

Nous dédions ce Sommet des Peuples à la mémoire de la militante indigène Betty Cariño, assassinée à Oaxaca (Mexique), le 27 avril, à cause de sa lutte contre les multinationales minières. Nous étendons cet hommage à toutes les personnes assassinées à cause de leur lutte sociale et politique, et à toutes les victimes du modèle néolibéral injuste et excluant en Amérique Latine, dans les Caraïbes et en Europe.

Madrid, 16 mai 2010 Sommet des Peuples « Enlazando Alternativas IV »

Bidouillage de sondage l’IFOP la main dans le sac

Posted in actualité, média et propagande, N.O.M, politique et social, politique française with tags , , , , , , on 9 août 2010 by Résistance 71

L’IFOP invente le sondage à charge

Par TAIMOIN

L’IFOP vient de publier un sondage qui tend à montrer que les françaises et les français seraient extrêmement favorables aux mesures ultra-sécuritaires réclamées dernièrement par Sarkozy de Nagy-Bocsa, mesures pourtant fortement contestées dans l’ensemble de la presse et une bonne partie de l’opinion.

Les scores d’adhésion aux idées du locataire de l’Elysée atteignent, dans ce sondage à point pour lui, des niveaux dignes d’une république bananière. « 80% des sondés se disent favorables au retrait de la nationalité française pour les personnes d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’excision, et 70% pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme ».

Ce type de sondage relève de la méthode CAWI (Computer-Assisted Web Interviewing). La CAWI, comme les kebabs, est née avec la conjugaison crise/internet. Plus besoin de téléphones, plus besoin d’enquéteurs à domicile, les questionnaires sont « auto-administré en ligne, ce qui veut dire que chacun le trouve sur un site, ou reçoit un lien pour le remplir. Intérêt : économies et rapidité. De nombreux maillons de la chaîne du sondage sautent et plusieurs dizaines de questionnaires peuvent être remplis en même temps. On comprend un peu que la petite chef du Medef, qui cornaque l’IFOP, l’ait retenue pour ce sondage, et tant d’autres.

Problèmes…On ne peut être sûr de qui remplit les CAWI, vu que l’IFOP travaille avec des centaines de sites partenaires, à qui elle demande de mettre en ligne son questionnaire ou un lien. On peut parfaitement imaginer des personnes décidées qui se relaieraient sur un site, puis feraient une recherche sur l’ensemble des sites où est posé tel questionnaire, pour aller remplir tous les CAWI relatifs au même problème soulevé par un CAWI particulier…Paranoïa ?…Non, possibilités technologiques couplées à une détermination militante.

Sans oublier un élément fondamental. Par définition, l’enquête sur le Net ne peut toucher qu’une moitié et un plus des français, puisque seulement 57,8% des foyers ont le Net. Limites technologiques et sociétales, donc.

Autre possibilité de diverger. Le questionnaire CAWI ne donne que les réponses de ceux qui VEULENT répondre.

Il ne représente pas du tout l’opinion publique même s’il est « remballé » ensuite, à coups de pondération statistiques pour reprendre le profil de la population française. Il a un biais « dynamique ». Les répondants sont positifs ou négatifs, mais très peu non-répondants. Le CAWI accentue sûrement les réponses les plus fortes en termes de sens. Ainsi, les répondants choisiront plutôt « êtes-vous très », « étes-vous plutôt », que « sans opinion » ou « ne se prononce pas ».

Le questionnaire pêcheraient donc, ici, par une tendance « maximaliste ».

Au-delà de ces problèmes structurels des enquêtes CAWI, des biais récurrents et indiscutables émergent dans le sondage IFOP concerné lui-même. Le questionnaire semble très loin de l’équilibre, dans le domaine sémantique/rhétorique.

Il suffit pour s’en apercevoir de reprendre la question initiale et les items – les différentes modalités de réponse possible – au fur et à meusre.

Q 1 : « Vous savez que le gouvernement a annoncé différentes mesures pour lutter contre l’insécurité….Le terme « lutter » est un jugement de valeur. Il aurait fallu l’enlever ou employer des termes neutres comme « à propos de », « relatives à ».

Suite de la Q1 : « …très favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou très opposé ? ». La formulation induit une préférence pour « favorable » qui vient deux fois en tête de phrase. La présentation plus neutre aurait été : « très favorable, très opposé, plutôt opposé ou plutôt favorable ».

Sur l’item 1 : « Le contrôle par bracelet électronique des délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années après la fin de leurs peines ». On est là encore dans le biais. Le terme « contrôle » est trop valorisant pour l’utilisation du bracelet. Il aurait fallu utiliser « port ». Même remarque concernant « délinquants multirécidivistes », qui aurait dû être éliminé au profit, par exemple, de « personnes condamnées plusieurs fois » (lui-même mieux que « plusieurs fois condamnées qui met l’accent sur la multiplication des condamnations). Un questionnaire doit être neutre, c’est un b-a-ba que l’IFOP ne peut ignorer, et a pourtant ignoré.

Item 2 : les « ressortissants d’origine étrangère »…Il ne manque plus qu’une cible peinte dessus. « Les français ayant eu une autre nationalité avant d’être français », aurait été moins discriminant, pour reprendre le genre d’euphémisation en cours chez nos élites.

Item 3 : « L’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes ». Flagrante, l’intention de criminaliser les gens de la catégorie visée par cette modalité de réponse… »Assasins » est le terme le plus puissant sûrement, en terme de valeur. Inutilisable pour un enquêteur, semble-t-il dans un questionnaire qui ne doit influencer en aucune manière les répondants. « auteurs d’homicides sur la personne de policiers et gendarmes » paraissaît absolument indiqué, si la firme de Parisot voulait respecter la déontologie. Apparemment, non.

Item 4 : « Le démantèlement des camps illégaux de Roms » . Une vraie caricature… »illegaux » induit automatiquement ou presque la réponse.  » Sa suppresssion dans un questionnaire neutre est indispensable, au profit de « camps non autorisés ».

Item 5 : « d’atteinte à la vie ». Le biais est ici plus fin. L’expression distante, clinique, neutre serait « homicide sur la personne d’un policier ou d’un gendarme ». L’expression choisie convoque le respect de la vie en général. Tout le monde le partage. On croit répondre sur l’atteinte à une catégorie de population précise, on respecte en réalité, quasiment religieusement, la Vie.

Item 6 : « délinquants » est un terme superflu dans la modalité de réponse proposée, il connote péjorativement les « mineurs » Il n’aurait jamais dû être retenu.

Ce questionnaire semble vermoulu du sol au plafond.

Plus grave, dans le contexte actuel, après le maximalisme triste d’un président aux abois qui s’enfonce dans cet argent qui compte tant à ses yeux, produire un questionnaire aussi violemment propulsé en dehors des règles du juste, de l’équitable, du neutre, d’une déontologie dont se gargarise pourtant tout ces directeurs directeurs de machines à sondages, montre bien qu’il y a là véritablement intention de manipuler l’opinion.,

Pour ceux qui espère en la démocratie, il y a matière là, à saisir dans un premier temps la Commission des sondages et ensuite la Justice. Le syndrome « Opinion Way » semble métastaser un peu trop pour que la Démocratie, la Citoyenneté ressortent sans dommages de la constante manipulation dont nous sommes victimes. Manipulation qui se déroule pendant que nous subissons déjà le rouleau compresseur médiatique dévoué à l’Etat-UMP et les charges des politiques.

Justice exigible egalement parce qu’outre un questionnaire totalement hors des clous, il faut quand même répondre aussi à une question liée, mais pas complètement sans doute…Comment peut arriver à des scores de dictature latino-américaines, après l’unanime ou presque indignation de la gauche et même de certains à droite qu’a suscité les discours lepénistes tout récents de Sarkozy de Nagy-Bocsa ?

La Commission des sondages existe, j’en suis à peu près sûr. J’ai vu son nom quelque part. Quelqu’un aurait-il de ses nouvelles ? Quelqu’un aurait aperçu par hasard un de ses avis, peut-être une sanction infligée à un sondeur ?…

Faute de réalité et d’action de la Commission des sondages, Il restera donc aux citoyens à s’adresser à la Justice, pour stopper la dérive, la République des coquins.

Pour une fois qu’un(e) juge d’instruction pourrait être nommée, ça ne se refuse pas.

TAIMOIN

En tous cas, c’est pas un sondage, c’est un tract. Brun.

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