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Persévérance colonialiste: Dominer, subjuguer et forcer… Les credos chrétiens du colonialisme forcené (Steven Newcomb)

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A lire sur Résistance 71:

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Steven Newcomb, 2008 (Traduction de Résistance 71 )

“Le chemin de sortie de cette sombre période dans laquelle nous nous trouvons tous maintenant, doit impliquer un changement de paradigme de connaissance positive de la mentalité et attitude impérialiste et de la domination, reflets du modèle du conquérant ainsi que du modèle du peuple élu/terre promise issu de l’ancien testament, ceci incluant la doctrine chrétienne de la découverte et le modèle de domination établi par la décision de justice dans l’affaire Johnson vs M’Intosh.”

“Dans la bulle pontificale Inter Caetera de 1493, le pape Alexandre VI n’a pas utilisé le terme ‘Européens’ pour exprimer le ‘droit à la découverte’, mais il a utilisé le terme de ‘chrétiens’. D’après le décret du pape, tout roi, prince ou nations chrétiens pouvaient découvrir’ et assumer la domination sur les terres préalablement conues des non-chrétiens mais inconnues des chrétiens…”
~ Steven Newcomb, 2008 ~

 

Des chiens méchants et la coercition lâchés sur nos nations libres

 

Steven Newcomb

 

7 septembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/09/07/vicious-dogs-and-coercion-unleashed-original-free-nations

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans mon article “le Dakota Access Pipeline et la loi de la chrétienté”, j’ai cité le juge Catron de la Cour Suprême du Tennessee: “Notre affirmation est fondée sur le droit de forcer l’obéissance!, qui, prétendait-il est “la loi de la terre” utilisée par les Etats-Unis contre nos nation originelles.

Le 3 septembre 2016, nous avons vu une excellente illustration d’une affirmation de droit de coercition de nos nations à l’obéissance: le personnel de l’entreprise de sécurité privée d’Energy Transfer Partners utilisant des chiens vicieux et méchants ainsi que du gaz lacrymogène contre des indigènes (femmes, enfants et hommes) et des opposants non-natifs au projet du Dakota Access Pipeline (DAPL) près de Cannonball dans l’état du Nord-Dakota.

Le contraste entre la voie pacifique et spirituelle de la pipe sacrée de l’Oceti Sakowin (conseil des sept feux de la nation Sioux), qui cherche à protéger les eaux précieuses de notre terre-mère, son sang de vie et la voie veule et malfaisante de l’oléoduc à pétrole brut, en dit suffisamment long par lui-même. Ce contraste résume parfaitement le conflit de plusieurs siècles entre l’état d’esprit de la loi des Sept Feux d’Oceti Sakowin (et les lois spirituelles des autres nations amérindiennes) et les sept lois de la domination trouvées dans la signification donnée par la chrétienté au mot latin “domo”: “subjuguer, forcer à la soumission”, “apprivoiser”, “domestiquer”, “cultiver”, et “labourer”.

Ce projet du Dakota Access Pipeline symbolise bien le chemin toxique de l’empire américain s’étendant au travers des territoires de nos nations, laissant derrière lui un sillage de destruction et d’empoisonnement: pensez au plomb dans les systèmes circulatoires et des cerveaux des enfants de Detroit, du mercure dans le poisson partout sur le continent, des radiations dans les eaux souterraines de la centrale nucléaire de Hanford, les 287 produits chimiques détectés dans les échantillons de cordons obilicaux que la Croix Rouge a collecté et analysé sur des femmes enceintes. 180 de ces produits chimiques sont connus pour être cancérigènes chez les animaux et l’Homme ; 217 sont toxiques pour les systèmes nerveux centraux et périphériques et 208 causent des malformations de naissance ou des développement anormaux chez les espèces animales étudées. Cela et une multitude d’autres exemples sont de forts indicateurs que la trajectoire impérialiste du dollar tout puissant ne révère ni ne protège la beauté de la fabrique de la vie.

Tout ceci et bien plus encore, a été fait à nos nations, nos écosystèmes et à tout le monde, et ce au nom de la “civilisation humaine” s’il vous plaît. Et pourtant, comme l’a si bien noté Stanley Diamond dans son livre “In Search of the Primitive”: “La civilisation commence avec la conquête à l’extérieur et la répression à l’intérieur.” Les mots “conquête” et “répression” sont bien sûr, deux synonymes du mot “domination”.

Le capitole de l’empire américain à Washington DC a été construit au moyen du travail d’esclaves et un impôt sur la propriété fut imposé sur les propriétaires d’esclaves. L’empire américain ainsi que ses intérêts entrepreneuriaux a affirmé avec aplomb son droit à la coercition sur les nations originellement libres et indépendantes des lieux et de les réduire à l’obéissance envers un système traumatisant que l’on peut remonter jusqu’à l’empire de la chrétienté et le soi-disant “âge de la découverte” (de l’invasion).

Les chiens de la chrétienté ont été lâchés sur des gens indigènes sans défense par les conquistadors espagnols, ceci fut utilisé pour adhérer à deux phrases clef que l’ion peut trouver dans les décrets pontificaux originaux du Saint Siège en date du 4 mai 1493. Ce document et trois autres émis cette même année, exhortaient les monarques espagnols de “mettre en œuvre la propagation de l’empire chrétien”, (”imperii Christiani propagationem prosequi”) et de “subjuguer les nations barbares” (“barbarae nationes deprimantur”).

Au travers de leurs actions, les Américains ont transformé ces phrases en “mettre en œuvre la propagation de l’empire américain” et “dominer les nations natives”. Prenez par exemple, l’utilisation des chiens et du gaz lacrymo pour déshumaniser et terroriser les indigènes et leurs supporteurs non-natifs qui étaient en colère envers le personnel d’Energy Access transfers, qui passait intentionnellement au bulldozer afin de le détruire un bout de terrain de 50m de large sur plus de 2,5km et ce directement au travers des lieux sacrés et/ou culturellement très importants. Les chiens et le gaz lacrymo symbolisent l’attitude d’un système impérialiste sans pitié qui se fout pas mal des endroits sacrés et cimetières de “païens infidèles”.

Le Dakota Access Pipeline est un projet majeur d’ingénierie. Dans leur livre Bridges, Canals & Tunnels: The Engineering Conquest of America (1968, American Heritage Publishing in Association with the Smithsonian Institution), David Jacobs et Anthony E. Neville introduisent leur sujet en reconnaissant les motivations religieuses derriere la soi-disante “expansion” des Etats-Unis en colonisant les territoires de nos nations natives. “Comme les croisés du moyen-âge, le peuple américain croyait en sa mission être d’inspiration divine et leur victoire inévitable”. (p.6)

Jacobs et Neville citent le poète Walt Whitman en disant: “C’est pour le bien de l’humanité” que les Etats-Unis et leur “pouvoir et territoire doivent être étendus, au plus loin sera le mieux” (Ibid). Ceci cadre nos nations et nos peuples comme étant en dehors de “l’humanité”. Jacobs et Neville disent que “les affirmations et l’appropriation de l’Amérique sur la terre furent justifiées” par John O’Sullivan lorsqu’il était un journaliste éditeur de 32 ans. Ce fut O’Sullivan qui dit à cette époque (1845): “Notre destinée manifeste est de nous étendre et de posséder l’ensemble du continent que la providence [dieu] nous a donné…”

Le juge de la cour suprême de la Caroline du Sud William Drayton, exprima ce même sentiment 70 ans avant O’Sullivan dans son adresse au Grand Jury en 1776. Drayton parla de la “sagesse indiscutable de la Providence” qui avait choisi la génération actuelle pour établir l’empire américain, celui qui promettait d’être le plus glorieux de toute l’histoire de l’humanité. La tradition d’utiliser des chiens méchants et autres techniques pour forcer les nations autochtones et leurs peuples à l’obéissance à son contrôle des plus arbitraires, fait aussi partie de cette “glorieuse” histoire de la construction de l’empire américain.

Franklin (Indiens + rhum = terre), Washington (“le destructeur de villes”), Jefferson, Madison, Marshall et bien d’autres ont tous envisionné l’empire américain englobant la totalité du continent et nos nations libres et indépendantes. Cette tradition générale est synthétisée sémantiquememt par les décrets pontificaux de 1452 (Dum Diversas), 1455 (Romanus Pontifex) et 1456 qui demandes “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer” tous les non-chrétiens “de les réduire” et de “saisir toutes les possessions et propriétés”, phrasé renouvelé en 1493 et en 1514. Ce langage fut utilisé sous “autorité apostolique” et donc vu comme gratifié “par dieu”.

“In God We Trust” dit le billet de 1 dollar américain. La bulle papale dit de ce dieu: “Nous croyons en Lui, de qui provient les empires (imperia), les dominations (dominationes) et toutes les bonnes choses…” (bulles Inter Caetera des 3 et 4 mai 1493). Voilà l’état d’esprit auquel doivent faire face la nation Hunkpapa Dakota et l’Oceti Sakowin dans cette dernière saga du Dakota Access Pipeline envahisseur et colonisateur.

Grand merci à William “Pila” Laronal (Kanaka Maoli) pour son assistance dans cet article.

Resistance au colonialisme… Ici et maintenant au nom de l’eau contre le grand serpent noir…

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“Nous comprenons, comme tous les peuples indigènes, que nous sommes une partie intrinsèque d’un système qui n’est pas au-dessus ou en-dehors ou séparé du monde naturel et de la loi naturelle, nous faisons tous partie d’une mosaïque ou de la toile de la vie.”
~ Russell Means, activiste, philosophe Lakota, 2012 ~

“La Terre est la mêre de tout le monde et tout le monde devrait avoir les mêmes droits en son sein.”
~ Chef Joseph, Nez Percé, 1890 ~

 

Confronter le serpent noir

 

Terri Miles*

 

31 août 2016

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/08/31/facing-black-snake

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Terri Miles est une femme de la nation Muscogee, Creek, de descendance Seminole (peuple qui a eté évincé au XIXème siècle de ses terres ancestrales de Floride). Elle est docteur en justice criminelle (Ph.D in Criminal Justice)

Tout s’ajoute et s’amplifie. A un moment ce printemps dernier, la camp des Pierres Sacrées consistaient en environ une centaine de personnes qui voulaient protéger les eaux. Le camp a reçu son nom des pierres sacrées qui provenaient de ces eaux, mais qui ne sont plus créées parce que le corps du génie de l’armée n’a pas observé et respecté les valeurs indigènes.

Lewis et Clark (NdT: fameux explorateurs qui furent les premiers à atteindre la côte Pacifique au début du XIXème siècle) sont passés par ici le 18 octobre 1804 et Clark écrivit dans son journal de bord “au-dessus de l’embouchure de la rivière, un grand nombre de pierres parfaitement rondes au grain fin se trouvent sur les berges escarpées et le long des rivages.” C’est à cause de ces pierres que les trappeurs français (qui étaient alors les seuls blancs aux alentours) ont appelé la rivière “Le Boulet”, que Clark traduisit par Cannonball (qui est le nom colonial de l’endroit aujourd’hui).

Les concrétions de grès qui ont donné leur nom à la rivière font en général moins de 60cm de diamètre, mais certaines ont été rapportés mesurer plus de 3m. Leur perfection géométrique a une signification spirituelle pour les peuples autochtones de la région, mais cette signification fut perdue avec les machines outils de drainage du corps du génie militaire qui ont perturbé les courants uniques nécessaires pour produire ces pierres sacrées.

Piétiner les croyances autochtones, menacer l’eau potable, tout ceci s’ajoute et s’amplifie, bien plus que ce que les gens ne peuvent tolérer. Tout comme la rivière avait pour habitude de produire les pierres sacrées, les menaces répétées envers la rivière ont produit les protecteurs de l’Eau.

Le nombre réel de protecteurs de l’eau dépend maintenant de quel rapport vous lisez. Ils sont entre 2000 et 4000, mais là encore, les chiffres sont utilisés de façon à mitiger ou du moins à masquer. 65 millions de morts en 500 ans d’invasion coloniale et de génocide ou ne sont-ce qu’1 million ? Toujours là après avoir vécu plus de 45 000 ans sur la terre ou ne seraient-ce que “seulement” 12 000 ans ?

Le calculus moral ne s’améliore pas en se disputant sur les chiffres exacts. Ici et maintenant, à Standing Rock, nous avons des milliardaires du pétrole coincés dans un combat politique avec les gens les plus pauvres de tous les Etats-Unis. Ce qui est important est ce qui s’est passé et comment cela façonne ce qui se passe maintenant. Il est difficile de savoir ce qu’il va se passer, mais je suis ici pour vous dire que les gens au front ne se soucient guère de calculer les chances. Ils n’ont choisi ni le temps ni l’endroit, mais le temps est maintenant et l’endroit est ici.

Le peuple autochtone est en train de s’unir. Les nations natives sont solidaires des gens de la réserve sioux de Sanding Rock, les Muscogee (Creek), la nation sac et renard et la nation Meskwaki, ainsi que 90 autres nations jusqu’ici. Alliès de tous les horizons. Des camions, des caravanes et des voitures particulières de nourriture, d’équipement de camping et d’eau arrivent chaque jour plus nombreux.

Des autocars entiers d’anciens, d’anciens combattants, d’hommes, de femmes et d’enfants arrivent ainsi que des chevaux et leurs cavaliers, des chanteurs et des tambours. Les enfants ont couru jusqu’a Washington DC avec des messages au président qui a promis son aide.

Ceux qui ne peuvent pas voyager lèvent des fonds et manifestent localement. Des gens qui ont inspiré les peuples autochtones, se sont battus et ont écrit au sujet des problèmes rencontrés par les indigènes dans leurs communautés sont au camp: Billy Mills, Winona LaDuke, Dennis Banks. Des messages sur Facebook, sur les blogs, les médias autochtones et Twitter remplissent le vide du silence laissé par un public qui ne dait pas ce qui se passe.

Le géant de l’énergie canadien Enbridge Inc et le gouverneur de l’état du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, sont gravement compromis.

Ils ont réussi à ce que le corps du génie militaire coupe les angles et ignore les recommandations de l’Environmental Protection Agency (EPA) et le Conseil de Préservation Historique. Le nom fut changé en celui de Dakota Access Pipeline. Cela n’aurait-il pas dû troubler également ?

Ce n’est plus appelé le Keystone XL Pipeline. Il ne traverse plus la frontière internationale (entre le Canada et les USA) et il est construit par segments séparés (NdT: mais si facilement connectables…) Que peut-on faire de plus pour forcer le passage de ce serpent noir ? Ils ont esayé d’utiliser la police. Ils l’ont envoyé arrêter des hommes et des femmes se dressant contre l’entreprise privée.

Ceci n’a fait que déclencher la colère et commencé la vague de soutien pour les protecteurs de l’eau. Comment cela ne se pourrait-il pas ? Comment peut-on regarder les vidéos des arrestations et ne pas sentir qu’on doit faire quelque chose ?

Pour moi, ce fut de voir une personne s’écarter en marchant et être jetée à terre par la police. J’ai regardé cette scène encore et encore. Regardé cette personne tomber à plat sur le sol avec le flic sur elle.

Çà fait mal, çà fait mal à la personne, çà fait mal à ceux qui ont regardé… et peut-être aussi cela a fait mal au policier à qui on a ordonné de le faire. Il y a eu des rapports de policiers quitant es lieux, refusant d’entrer et montrant des signes de respect envers les protecteurs des eaux.

Les gens continuent d’être ce qu’ils sont. Ils offrent de l’eau aux policiers. Les ouvriers et les policiers se sont retranchés vers un barrage plus au nord. Peut-être que les autorités ont compris que leurs tactiques ne vont faire qu’attire toujours plus de soutien aux protecteurs des eaux et attirer toujours plus les feux de la rampe sur cette affaire.

Ils ont empêché quiconque d’aller vers le sud le long de la route 1806. Ils n’ont pas sourcillé lorsque je suis passée au travers me dirigeant vers le nord, partant dans une voiture vide, les filmant.

Ma vidéo favorie st celle qui montre les cavaliers de la Grande Nation Sioux allant à la rencontre de la police à cheval. Cette photo a fait la une du New York Times, J’espère que quelqu’un en fera un poster, quelque chose que les gens pourront accrocher à leur mur pour le regarder quotidiennement et qui leur apportera du bonheur une fois tout cela fini, alors que nous attendrons la prochaine fois.

Une entreprise transnationale ici, un gouvernement d’état là-bas, tout cela s’ajoute et s’amplifie. Nous aurons besoin de toujours plus de personnes pour mettre leurs corps sur la route du serpent noir jusqu’à se qu’il rampe là où il vient: des bureaux feutrés des entreprises où il est né et pour qu’il rapporte à ses maîtres que nous sommes toujours là et que nous sommes toujours puissants.

Resistance au colonialisme et à la force de coercition de la chrétienté (empire chrétien): La résistance sioux Standing Rock se développe…

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Le Dakota Access Pipeline et la loi de la chrétienté

 

Steven Newcomb

 

28 août 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/08/28/dakota-access-pipeline-and-law-christendom

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Article connexe sur le sujet:

https://resistance71.wordpress.com/2016/08/28/resistance-au-colonialisme-sioux-standing-rock-contre-le-viol-de-leurs-terres-ancestrales-au-nom-du-sacro-saint-petrole/

 

Doctrine chrétienne de la découverte / Bulles pontificales

 

L’approuvement du projet Dakota Access Pipeline colonisateur par le corps du génie de l’armée américaine et le conflit résultant avec la nation sioux Standing Rock a un contexte historique. Ce contexte consiste en les idées et les schémas mentaux de la chrétienté occidentale que les Etats-Unis ont utilisé et continuent à utiliser contre nos nations et nos peuples. Ces idées et schémas d’argumentation sont maintenant tacitement utilisés contre les Dakota Standing Rock et l’Oceti Sakowin (Le conseil des sept feux de la nation Teton) dans cette controverse sur fond de pipeline/oléoduc.

Les idées et arguments les plus fondamentaux utilisés par les Etats-Unis contre nos nations ont pour origine la chrétienté occidentale (l’empire occidental chrétien) et le langage de domination que l’on trouve dans les bulles pontificales et les chartes royales des XVème et XVIème siècles. Les Etats-Unis traitent les Dakota Standing Rock et l’Oceti Sakowin de manière irrespectueuse et coercitive, fondée sur les concepts établis initiaux religieux et les arguments dérivés de ce qui fut appelé la “loi internationale de la chrétienté” ou “la loi des nations chrétiennes”. Ces idées du passé continuent de contrôler le présent pour toutes nos nations originelles.

Un exemple de pensée ancienne qui continue dans le présent peut-être trouvé dans le “Report On Indian Affairs,” de Jedediah Morse, publié en 1822. Morse, un membre du clergé et du congrès délivra son rapport au secrétaire d’état à la guerre John C. Calhoun, au congrès des Etats-Unis et au président James Monroe (NdT: non pas l’arrière grand-père de Marilyn… mais l’instigateur de la doctrine portant son nom, celle qui fit de l’Amérique du Sud le “pré carré” et le “jardin exotique” de l’ogre impérialiste américain…). Dans la conclusion de son rapport en page 93, Morse caractérisa le peuple indien comme “partie valable de ce large corps païen de notre monde, qui va devenir sous peu l’héritage de notre rédempteur,” à ce point il cita le psaume 2:8 de la bible qui lit: “Enquiert à mon sujet et je te donnerai le païen en héritage [propriété] et mettrai les plus belles parties de la terre en ta possession.”

Dans une section préalable du document (p.67) Morse discutait “de la nature des titres de proriété indiens sur leurs terres”. Il ouvrait cette section avec ceci: “La relation qu’entretiennent les Indiens avec le gouvernement des Etats-Unis est péculier dans sa nature même. Leur indépendance, leurs droits, leur titre sur la terre qu’ils occupent, sont tous imparfaits dans leur genre.”

Imparfait est défini comme “pas fini, incomplet, manquant quelque chose”. Pourquoi, du point de vue de Morse, pensait-il que l’indépendance de nos nations originelles était supposée avoir quelque chose en moins ? Morse l’explique de cette façon: “La juridiction de tout le pays dans lequel habitent les Indiens, d’après la loi établie des nations, appartient au gouvernemnt des Etats-Unis et le droit à disposer des sols se rattache au pouvoir qui détient cette juridiction”.

Ce que Morse a appelé “la loi établie des nations” est ce que Henry Wheaton, dans ses “Elements of International Law (1836), a appelé “la loi internationale de la chrétienté”. Un an avant la publication du livre de Wheaton, le juge John Caltron de la cour suprême de l’état du Tennessee, exprima les idées suivantes au sujet de la “loi des nations” et de la “loi de la chrétienté”, idées qui sont maintenant utilisées par les Etats-Unis pour assumer la souveraineté et la domination (droit de domination) sur la nation sioux Standing Rock et sur le territoire d’Oceti Sakowin:

“Nous maintenons que le principe déclaré au XVème siècle comme étant la loi de la chrétienté, que la découverte qui donna le titre et l’assurance de la souveraineté (un droit de domination) sur et de gouverner les peuples natifs infidèles et non convertis d’Afrique, d’Asie et des Amériques du Nord et du Sud, a été reconnue comme faisant partie la la loi nationale (loi des nations) depuis plus de quatre siècles et cela est maintenant reconnu par toutes les puissances chrétiennes dans leur département politique et légal… Notre affirmation est basée sur le droit de forcer à l’obéissance (coercition).”

(State v. Foreman, Supreme Court of Tennessee, 1835)

Sur la base des idées trouvées dans la loi internationale de la chrétienté (loi des nations), Morse a affirmé que le titre de propriété iniden des non-convertis (non-baptisés) n’était qu’un vague titre “d’occupation des sols”.

Le rapport de Morse fut délivré au ministère de la guerre US et à d’autres secteurs du gouvernement américain, peu de temps avant que la cour suprême des Etats-Unis ne prennent sa décision dans l’affaire Johnson vs M’Intoshe en 1823. Dans la décision de Johnson, le juge de la cour suprême Marshall phrasa le titre indien à la terre précisément comme Morse l’avait fait, comme un “titre d’occupation des sols”. Marshall le fit dans son compte-rendu de la décision unanime de la CS, décision prise sur la base des chartes royales qui donnait les droits de subjugation et de domination sur les terres non-chrétiennes au “peuple chrétien”, que Marshall pour la CS des USA mit en italique pour insister sur le point et pour contraster avec les “natifs, qui étaient des païens”. Clairement ce langage biblique, spécifiquement en rapport avec la définition anglaise du dictionnaire d’Oxford du mot “païen”, comme étant un mot “d’origine chrétienne”.

Morse écrivit en supplément dans son rapport: “le titre complet de leurs terres (indiennes), demeure entre les mains du gouvernement des Etats-Unis.” Notez que l’utilisation du mot “complet” par Morse contraste avec ce qu’il a écrit au sujet du titre indien sur la terre étant “imparfait”, c’est à dire “incomplet”. Le titre [de propriété] de nations de la chrétienté que le juge Catron a nommé “toutes les puissances chrétiennes”, était regardé comme “complet” ou parfait (comme dans “domination parfaite”, tandis que le titre et l’indépendance des nations non-chrétiennes “païennes et infidèles” était vu comme “imparfait” et incomplet par les puissances chrétiennes.

Aussi loin que le gouvernement américain, incluant le corps du génie de l’armée, est concerné, la “tribu païenne et infidèle” sioux Standing Rock et l’Oceti Sakowin (la grande nation Sioux), ne peuvent pas contredire ce que les Etats-Unis veulent faire avec le territoire réorganisé par traité, d’Oceti Sakowin. Et ce parce que, basé sur les idées issues de la loi fédérale indienne qu’on peut remonter jusqu’à la loi des nations de la chrétienté, le titre original de propriété de quelque nation “païenne-infidèle” que ce soit n’est seulement “qu’imparfait” et n’est qu’une “simple occupation des sols”, sols sur lesquels les Etats-Unis ont clâmé une “domination chrétienne ultime”.

Le juge Joseph Story dans ses Commentaries on the Constitution of the United States a expliqué le requis religieux de la façon de penser utilisée contre nos nations: “Parce qu’ils sont infidèles, païens, et sauvages, ils ne furent pas permis de posséder les prérogatives appartenant à des nations absolues, souveraines et indépendantes.” Story dans ses “Commentaires” cita la langue latine d’une des bulles pontificales de 1493. Ce que les Etats-Unis n’admettent jamais ouvertement est que la doctrine de la “simple occupation des sols” et de “l’indépendance imparfaite” des nations indigènes est fondée sur l’ancienne loi de la chrétienté qu’on peut retracer jusqu’à la bible et les bulles pontificales du Vatican.

Lorsque le grand shaman, homme sacré Oglala sioux Black Elk (Élan Noir) rappelait comment lui et son peuple s’enfuirent devant les soldats américains en traversant la frontière canado-américaine pour aller là où le légendaire leader sioux Hunkpapa Sitting Bull campait, Black Elk dit alors ceci: “Les soldats américains ne pouvaient pas venir nous tuer là-bas.” En accord avec la loi des nations de la chrétienté, l’armée américaine devait respecter comme inviolable le territoire colonial tenu en domination chrétienne par la couronne britannique. Un tel respect n’a jamais été accordé à nos nations natives “païennes et infidèles” et à nos territoires par les nations de la chrétienté, comme les Etats-Unis et le Canada.

De mon point de vue, Dave Archambault II, le leader de la nation sioux Standing Rock, a été arrêté par la police de l’état du Dakota du Nord en tant qu’exercice de ce que le juge de la CS du Tennessee Catron a appelé “le droit de forcer à l’obéissance” ou droit de coercition. Comme le juge Catron l’a déclaré plus avant sur ce droit à la coercition dans son rendu de State c. Foreman: “L’affirmation peut bien être dénoncée comme moraliste. Nous répondons que ceci est la loi de la terre. Sans sa reconnaissance et sa mise en application vigoureuse, ce continent n’aurait jamais pu être habité par nos ancêtres. Abandonner le principe maintenant, c’est supposer que nos ancêtres étaient d’injustes usurpateurs.

Note de R71: Mais c’est toute la problématique… Ils n’étaient que des criminels, voleurs, usurpateurs et génocidaires coloniaux, dont les descendants aujourd’hui sont les membres, volontaires ou non, d’un empire sans terre. Ce que nous affirmons en soutien inconditionnel des nations indigènes non seulement du continent américain, mais des peuples autochtones du monde entier.
UN EMPIRE SANS TERRE EST UN EMPIRE A TERRE ! Un géant aux pieds d’argile, littéralement…
Qu’on se le dise !

Ce droit supposé de forcer l’obéissance au paradigme de domination est conceptuellement enraciné dans l’ancien système politique et de pensée de la chrétienté occidentale. La résistance Dakota, alliée à bon nombre de nations, fournit l’opportunité d’amener à l’attention du monde le fait qu’une forme religieuse bigotte de raisonnement et d’argumentation est toujours utilisée contre nos nations originelles libres et indépendantes par les Etats-Unis (NdT: et le Canada..), dans ce cas présent dans un effort de forcer le passage de l’oléoduc du Dakota Access Pipeline à travers le territoire de la nation Dakota, la tribu sioux Standing Rock et l’Oceti Sakowin ou “La Grande Nation Sioux” et ce, sans leur consentement.

Résistance croissante au colonialisme: Nation Sioux Standing Rock contre l’industrie pétrolière

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Debout comme une pierre

 

Mohawk Nation News

 

28 août 2016

 

url de l’article original:

 

http://mohawknationnews.com/blog/2016/08/28/standing-like-a-rock/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

standing-rock

 

Tout le monde se tient debout comme une pierre à Standing rock. La création nous rappelle de notre instruction originelle en tant qu’êtres humains lorsque nous fûmes placés ici. Nos instructions sont de survivre et de co-exister avec la Nature en tant que frères et sœurs sur notre terre-mère. Nous nous dressons ensemble où que ce soit dans le monde contre l’entreprise, qui n’est pas humaine et qui a plus de droits que les êtres humains et le monde naturel !

En 1917, lorsque le peuple de Russie en a eu assez et s’est dressé en protestation contre l’entreprise, le tsar Nicolas II envoya la police pour attaquer le peuple. Après quelques mois, la police a dit “Nous faisons partie du peuple” et elle le rejoignit, puis l’armée jejoignit également le peuple et ils tuèrent le tsar (entreprise corporatiste)

Le peuple se dresse fortement à Standing Rock, La police l’affame, stoppant les apports en ravitaillement de nourriture, d’eau, de nécessités de base et menace notre liberté. Le temps viendra où la police réalisera qu’elle fait partie du peuple, cela signalera la fin de l’entreprise coloniale corporatrice et nous retrouveroans la paix ici sur l’Île de la Grande Tortue.

Thahoketoteh chante au sujet de la rébellion: “I speak to you now, proud and brave, remembering the lessons my ancestor gave. About acknowledgement and respect, and the four races as they intersect. … Power to the people, real people. Power to the people, all people. Power to the people, onkwe’hon:weh”.

Disons leur ce que nous pensons:

Energy East Pipeline Ltd. [EEPL] and Energy East Pipeline Ltd. [EEPL]; 517 Tenth Avenue SW, Calgary, Alberta, T2R 0A8;

National Energy Board, Marc-Andre Plouffe, Montreal Office, 505 De Maisonneuve Blvd., West, Suite 230, Montreal, Québec H3A 3C2;

Montreal Mayor Denis Coderre, City Hall, 275 Notre Dame St. E., Montreal QC H2Y 1C8, 514-872-3101 Fax 514-872-4059; Hon. Justin Trudeau,

Prime minister, Parliament of Canada
Ottawa, Ontario K1A 0A9 [email]; Carolyn Bennett,

Minister Aboriginal Affairs and Northern Development Canada,
10 Wellington, Ottawa, Ontario
K1A 0H4 [email]; Governor General, Rideau Hall, 1 Sussex Drive, Ottawa, Ontario K1A 0A1 [email]; Queen Elizabeth, Buckingham Palace +44 303 123 7300;

Band & Tribal Councils and sell-outs that are cooperating with pipeline companies;

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