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Financement des partis politiques en république bananière… Sarkozy-Kadhafi, les frères en pétard…

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Le pitre sarko, bon élève de la CIA, n’a plus de compte à rendre à Kadhafi, mais un paquet au peuple français…

— Résistance 71 —

 

Kadhafi sur France 3: “Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président”

Sarkozy et Kadhafi

 

Françoise Petitdemange

 

8 Avril 2015

 

url de l’article original:

http://www.france-irak-actualite.com/2015/04/kadhafi-sur-france-3-je-lui-ai-donne-l-argent-avant-qu-il-ne-devienne-president.html

 

Ce documentaire d’Antoine Vitkine diffusé sur France 3, le 9 avril 2015, est particulièrement intéressant. Les différents témoignages permettent de saisir la trame des événements franco- libyens de 2011. Une ombre, cependant, s’étend sur le tableau …

Le documentaire dure 1 heure 17 minutes ; le mot « dictateur » est répété 57 fois dans le commentaire en voix off (vidéo à la fin de l’article). 

6 octobre 2005. Voix off : « Toute cette histoire a commencé deux ans avant que le futur président n’entre à l’Élysée lorsqu’il est allé faire la connaissance du dictateur un jour d’octobre 2005. » Revenant sur cette visite, Zohra Mansour, qui était chargée des relations diplomatiques entre la France et la Libye, se souvient : « Le Guide m’a dit : « Zohra, nous honorons quelqu’un qui sera candidat à des élections importantes. S’il arrivait au pouvoir, nous pourrions entretenir de bonnes relations avec son pays. Ça vaut le coup, non ? ». »

À propos du candidat Nicolas Sarkozy, en 2007, Rama Yade a son avis : « C’est l’époque où une certaine gauche intellectuelle s’insurgeait de ses propos et, à un moment donné, on a senti chez lui le besoin aussi de s’adresser à ces intellectuels-là, heu, parce que même s’ils ne sont pas majoritaires dans le pays, ils ont une certaine influence. Nicolas Sarkozy était sensible, très sensible à ce que pouvaient penser les Bernard-Henri Lévy, les Glucksmann, les Bruckner… »La politique étrangère de la France, serait-elle dictée par des personnes qui « ne sont pas majoritaires dans le pays » ?

Monsieur le Guide…

Voix off « Le 28 mai 2007, l’un des tout premiers dirigeants du monde à qui le président français, tout juste élu, téléphonait longuement était le chef d’un petit pays d’Afrique du Nord. »Muammar Gaddhafi : « Monsieur Sarkozy, je vous félicite pour votre élection. Vous méritez la confiance du peuple français. » Sans doute, Nicolas Sarkozy, sait-il s’il doit quelque chose à la Libye. En tout cas, il n’est pas question de « dictateur » : « Monsieur Kadhafi, je suis enchanté de vous parler. Je n’ai pas oublié notre rencontre. Je garde un excellent souvenir de la qualité de vos analyses. Vous méritez amplement votre titre de Guide. » Nicolas Sarkozy dit : « votre titre de Guide » Mais encore… « Oui, monsieur le Guide. J’espère vous recevoir en France ou me rendre en Libye. » Et, pour finir… « Je vous exprime mes respects et mon amitié, monsieur le Guide. » 

25 juillet 2007, Tripoli. Voix off : « L’heure est à l’idylle. Surtout lorsque vient la signature d’une dizaine d’accords de coopération. » Les contrats sur l’armement ? Henri Guaino a la réponse : « Quand vous faites des contrats de ventes d’armes, vous imaginez bien que le gouvernement peut effectivement les utiliser d’une autre manière que pour préserver l’indépendance, l’indépendance nationale. Bon ! Voilà. Mais faut-il donc ne plus vendre d’armes à quiconque ? » Trois ans plus tard, le président Nicolas Sarkozy fera voter une résolution à l’ONU qui interdira à tout avion libyen de décoller; il sera ainsi plus facile de détruire les avions au sol et tout le dispositif de défense, empêchant ainsi le peuple libyen de préserver l’« indépendance nationale » si chère à monsieur Guaino.

Un comportement inadmissible

Paris. Décembre 2007. Problème de dernière minute… Voix off : « Alors, à l’heure du laitier, ce lundi matin, la jeune secrétaire d’État frappe un grand coup. À un journal, elle lance : « La France n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant peut venir s’essuyer les pieds de ses forfaits », avant de rééditer à la radio… » Voix de Rama Yade : « Personnellement, je me retrouve avec une journée des droits de l’homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac d’Orly. Donc, pour moi, c’est un problème. » Appelée à l’Élysée pour rendre des comptes, Rama Yade racontera plus tard : « Au retour de la radio, […] arrivent les deux conseillers, là, Lévitte, messieurs Lévitte et Guéant, qui donc me sermonnent lourdement : « Vous vous rendez compte, son avion est dans le ciel français. Il veut pas atterrir. » Heu, bon, je lui dis : « Écoutez, ben, qu’il rentre chez lui. » […]. » Le député Arnaud Montebourg, lui, apostrophait, à l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, qui lui répondait : « Vous avez cité un certain nombre des prises de position de monsieur Kadhafi, sachez que je les réprouve. Lorsqu’il a parlé des droits de l’homme, ici, c’est-à-dire des droits de l’homme dans notre pays, en Europe, c’était assez pitoyable. » Zohra Mansour dira plus tard au sujet de ces étranges comportements d’alors : « C’était une attitude contraire à toute diplomatie. Pour nous, musulmans et diplomates, c’était un comportement inadmissible. » Henri Guaino paraît, lui, tout étonné du résultat d’une diplomatie française à coups de phrases intempestives : « On aurait vendu beaucoup de Rafale, hein, si toutes les promesses et tous les précontrats signés, tous les engagements signés avaient été tenus, hein. » Le mot de Ziad Takieddine (intermédiaire en armements)est sans aucun doute plus pertinent : « Les affaires ne peuvent pas se faire sans qu’il y ait une politique extérieure cohérente et rassurante. C’est ça quand je vous dis : « des amateurs ». » 

Un donneur de leçons du Café de Flore

Début 2011, la Tunisie, l’Égypte, la Libye sont la proie de bandes armées. Depuis la Turquie, le président Nicolas Sarkozy déclare catégoriquement : « Notre position est claire. Monsieur Kadhafi doit partir. » Déjà, il était clair que l’accusation, disant que Muammar Gaddhafi faisait tirer sur sa population, était inexacte. Mais de quel droit Nicolas Sarkozy, pouvait-il exiger le départ du Guide ? Voix off : « Et voilà que le 5 mars, le président reçoit l’appel providentiel d’un donneur de leçons du Café de Flore qu’il vitupérait en 2007. » Jean-David Lévitte (conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy) rapporte les propos de Bernard-Henri Lévy, tenus de Benghazi, lors d’une conversation téléphonique avec le président Sarkozy : « Je suis avec les nouveaux dirigeants du Conseil National de Transition qui vient de se créer. » Le président va s’empresser de les recevoir.

La rébellion était presque éteinte. Mais le président français, Nicolas Sarkozy, allait mettre les autres chefs d’États devant le fait accompli. Le jour même du “Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen – Samedi 19 mars 2011”... Voix off : « […] à l’instant même où ses alliés se réunissent à l’Élysée, le président leur apprend que deux Rafale viennent de tirer leurs premiers missiles sur les troupes du dictateur. C’est le début de huit mois de guerre. » Bruno Jeudy (journaliste au Figaro) « Je crois qu’Hillary Clinton, elle, parle d’une guerre obsessionnelle : « la guerre de Sarkozy » ; je crois qu’elle dit même, elle emploie ce mot-là, et c’est vrai qu’il y a ce côté-là, il est complètement habité par ça : il fait installer une carte dans son bureau. » Jean- David Lévitte dit ce qu’il a vu : « Lui intervenait ; il commentait les cartes et, en effet, le président Sarkozy trouvait toujours des petits points de progrès puisque les couleurs étaient différentes. Il connaissait absolument par cœur chaque petit village, heu, tenu par les uns ou par les autres». Cette guerre ne visait pas seulement des points stratégiques mais le peuple libyen lui-même jusque dans les villages.

Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président

Voix off « Retranché dans sa capitale, le dictateur résiste mieux que prévu à la guerre du président. De son arsenal, il dégaine même une arme nouvelle. » Dans sa tente, Muammar Gaddhafi parle à un homme – un journaliste ? – qui prend des notes : « Je suis vraiment en colère. C’est moi qui ai aidé Sarkozy à prendre le pouvoir. Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président. Il est venu ici, il m’a rendu visite sous ma tente quand il était ministre de l’intérieur et m’a demandé de l’aide. Selon moi, il a un problème mental. » 

Muammar Gaddhafi, arrêté le 20 octobre, serait lynché : frappé, traîné à terre, écorché vif, assassiné. Ce documentaire s’achève sur deux phrases instructives. À propos d’un financement de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy déclarait sur Télé Matin en 2012 : « Vous croyez vraiment qu’avec ce que j’ai fait à monsieur Kadhafi, il m’a fait un virement ? Pourquoi pas un chèque endossé ? » Comme il est possible de le constater, Nicolas Sarkozy inverse la succession des événements : si la Libye a financé sa campagne présidentielle de 2007, elle ne l’a pas financée… après les huit mois de guerre de 2011 et la mort du Guide révolutionnaire ! Coup de théâtre : « ce que j’ai fait à monsieur Kadhafi » est un aveu…

Quant au mot « dictateur », répété 57 fois dans le commentaire, doit-il vraiment s’appliquer au Guide révolutionnaire ou…

Françoise Petitdemange

 

Photo : Muammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy au Sommet Afrique-Union européenne (Lisbonne – 8 décembre 2007)…

Françoise Petitdemange écrivaine indépendante et professionnelle depuis 1981. Elle a notamment publié, en 2014: ”La Libye révolutionnaire dans le monde (1969-2011)” aux Editions Paroles Vives.

(Plus d’informations et contact : http://www.francoisepetitdemange.sitew.fr )

(1) Vidéo (1:17): France Tv Info

Françafrique + mafia sarkoziste (soutenue par la gôche) = haute trahison + chaos organisé…

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L’État doit partir… C’est une certitude avérée… Il n’y a pas de solution au sein du système et il n’y en aura jamais !

— Résistance 71 —

 

Comment Sarkozy a armé Boko Haram

 

Mondafrique

 

13 Mars 2015

 

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-18106.html

 

Il réplique qu’une grande partie de l’armement de la secte islamiste a été prélevée à l’armée nigériane, l’autre provenant « de trafics illégaux dans la région » sans toutefois nier l’étiquetage made in France.

Tous les experts militaires de bonne foi admettent aujourd’hui que la France, quatrième exportateur d’armes dans le monde, un rang qu’elle maintient alors qu’elle a chuté à la sixième place des puissances économiques, s’est montrée bien imprudente en parachutant à l’aveugle dans le désert libyen, en juin 2011, des dizaines de tonnes d’armes à destination des rebelles combattants Kadhafi. Nicolas Sarkozy, qui est un homme impatient, était alors pressé d’en finir avec son nouvel ennemi, le Guide Libyen.

Une pluie d’armes tricolores

Jusqu’à ces largages, les conteneurs d’armement étaient livrés par le Qatar (tiens, le revoilà) et les Emirats Arabes Unis (où l’ancien président exerce ses talents de conférencier) par avion à Benghazi, puis par bateau jusqu’à Misrata, ville tenue par les insurgés. Les parachutages français furent effectués dans le djebel Nefoussa, non loin de la frontière tunisienne. On largua en masse des lance-roquettes, des fusils d’assaut, des mitrailleuses et surtout des missiles antichars Milan. En utilisant un système très sophistiqué, avec un petit parachute qui s’ouvrait à 200 mètres du sol, se vantaient alors les militaires français.

Dans cette région réputée pour être un fief islamiste, ces colis tombés du ciel furent accueillis comme une bénédiction, notamment par Mounir el-Haidara, l’un des émirs les plus célèbres du djihadisme tunisien. Grâce au téléphone arabe, une grande partie des armes furent détournées de leur véritable destination et recyclées, comme le dit si bien l’ambassadeur de France au Cameroun, dans le « trafic illégal », à destination d’Aqmi, Boko Haram et consorts. Voilà comment l’armée française au Mali et l’armée tchadienne au Cameroun se sont retrouvées face à des mitrailleuses tricolores.

Le tragique aveuglement des gouvernants français ne s’arrête pas là. Il faut en effet rappeler que le colonel Muammar Kadhafi fut toujours un excellent client (hors les périodes d’embargo) des industries françaises d’armement. Quelques mois après son arrivée au pouvoir en 1969, il avait fait un gros chèque pour acquérir 82 Mirage à Dassault. Dans les années 80, de luxuriants contrats aboutirent à la livraison de missiles sol-air Crotale II et de vedettes lance-missiles. Kadhafi redevenu fréquentable en 2004, les commandes reprirent de plus belle.

Grâce à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui débarqua à Tripoli en novembre 2005 en se parant de l’auréole de futur présidentiable. Il était venu « pour nous vendre des armes et du matériel de surveillance », a affirmé le cousin du Guide, Ahmed Kadhaf al-Dam, dans une interview publiée par l’Express en septembre 2014. « Quand il est reparti à l’aéroport, j’ai rejoint Muammar. Nous sommes sortis nous promener dans le jardin et il m’a parlé de Nicolas Sarkozy, raconte toujours le cousin. Il était enchanté du dialogue avec votre futur président.

Il admirait son enthousiasme, son ambition. La Libye, à l’époque, se battait depuis longtemps pour construire une nouvelle entité politique : les « Etats-Unis d’Afrique ». Muammar m’expliquait que nous ne pourrions jamais construire une puissance africaine autonome si nous n’instaurions pas d’excellentes relations avec la France.

Il me disait ceci : « Nous devons aider Sarkozy à devenir président. Il nous faut un ami à l’Elysée. » La lune de miel, ponctuée par le débarquement de Kadhafi et de sa tente de bédouin à Paris, va durer quelques années. Michèle Alliot-Marie ministre de la Défense, met les bouchées doubles et propose quantités d’armes au colonel.

On réussit notamment à lui fourguer des missiles antichars Milan pour 168 millions d’euros et un réseau de communication sécurisé Tetra pour sa police à 128 millions d’euros. Mais, il ne veut pas acheter le Rafale, volontairement sous-équipé en armement, et on lui refuse des équipements de vision nocturne de dernière génération qu’il voulait acquérir pour, disait-il, lutter contre l’immigration clandestine.

Pas de levée d’embargo sur les armes

Au moment de sa chute, plus de deux milliards d’euros de contrats étaient en discussion, portant sur la vente d’hélicoptères, d’un système de radars de surveillance aérienne, de chars de combat T-72, de vedettes… La plupart de ces armes ont été détruites par les bombardements franco-anglais de 2011, mais aucune troupe au sol ayant été déployée, on est loin d’avoir la certitude que quelques unes de ces armes, notamment les missiles Milan, ne soient pas tombés entre des mains islamistes.

Aujourd’hui, la Libye est plongée dans un effroyable chaos, avec d’un côté le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, et de l’autre un invraisemblable fatras de milices claniques de diverses obédiences, et des groupes liés à l’Etat Islamique qui étend son emprise sur le pays.

Ce gouvernement réclame à l’ONU la levée de l’embargo sur les armes, et la livraison de 150 chars, d’une vingtaine d’avions de chasse, de sept hélicoptères d’attaque, de dizaines de milliers de fusils d’assaut et de lance-roquettes et de millions de munitions en provenance d’Ukraine, de Serbie et de République tchèque.

Le 9 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies, à l’initiative de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, a mis en suspens sa réponse à cette demande formulée pour lutter contre le groupe Etat islamique.

Il n’est pas exclu, que ces grandes puissances, instruites par l’expérience syrienne où les armes promises aux rebelles dits modérés sont tombées aux mains des djihadistes de l’EI, y réfléchissent désormais à deux fois avant de livrer des armes dans un pays qui compte au moins un million d’armes légères sans compter d’autres joyeusetés comme des missiles sol-air ou des entrepôts d’armes chimiques.

Et cela, aux frontières immédiates de l’Europe. On espère que Nicolas Sarkozy, qui piaffe d’impatience de revenir aux affaires, saura proposer des solutions pour sortir de ce bourbier libyen.

Philippe Duval

Presse sous pression, Sarkozy, barbouzes et république bananiere. L’Elysée s’empêtre dans le mensonge et l’abus de pouvoir

Posted in actualité, désinformation, média et propagande, politique française, presse et média with tags , , , on 6 novembre 2010 by Résistance 71

« Ne jamais rien croire tant que ce n’est pas officiellement démenti. »
–Claud Cockburn (Journaliste) —

Sarkozy espionne les journalistes: pourquoi les dénégations officielles ne tiennent pas

Url de l’article original:

http://www.plumedepresse.net/sarkozy-espionne-les-journalistes-pourquoi-les-denegations-officielles-ne-tiennent-pas/

Olivier Bonnet

Vendredi 5 Novembre 2010

L’espion qui nous haïssait…

Au grand dam de Nicolas Sarkozy, tous les journalistes ne sont pas « aux ordres », complices ou inoffensifs. Il en est aussi d’irréductibles qu’il faut surveiller de près : « qui s’intéresse un peu trop aux rétrocommissions du Pakistan, à l’affaire Woerth-Bettencourt… », cite en exemple Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard enchaîné, qui révèle que le président de la République utilise la Division centrale du renseignement intérieur (DCRI, services secrets français) pour faire espionner les journalistes qui se livrent à « une enquête gênante pour lui ou pour les siens », cite Le Monde.

« L’hebdomadaire satirique précise même qu’un groupe dédié a été spécialement monté par le directeur pour se charger de cette mission, complète Le Parisien. Méthode classique de cet espionnage, selon le journal : l’équipe qui serait composée d’anciens des RG, se procure les factures détaillées du fixe et du portable du journaliste suspecté. Ce qui lui permet d’enquêter sur ses sources. » Angeli en conclut logiquement : « Quand on enquête sur les sources, eh bien on tombe sur les journalistes et donc c’est de l’espionnage de journalistes, ce qui est formellement interdit par la loi française et par la Commission européenne ». Une révélation qui fait désordre, dans un contexte où les barbouzes sont de retour, pour cambrioler des journalistes enquêtant sur une affaire d’Etat et ainsi intimider leurs sources. Alors forcément, à l’Elysée, on nie vigoureusement l’accusation, qualifiée de « totalement farfelue ». Et le Secrétaire général du parti au pouvoir, un Xavier Bertrand qui n’hésite jamais devant les plus flagrants dénis de réalité, ose même réfuter d’un désinvolte : « C’est du grand n’importe quoi ! » Pourtant, un certain nombre de faits précis militent de façon accablante pour attester de la véracité des affirmations du Canard.

« L’Elysée peut dire ce qu’il veut, les sources du Canard sont bonnes et on ne se lance pas avec un titre comme ça sans biscuit », se défend d’abord Angeli. On imagine très mal en effet le volatile mettre en danger sa réputation de fiabilité en publiant, et sous la signature de son rédacteur en chef s’il-vous-plaît, des informations qui n’auraient pas été vérifiées dans les règles de l’art. Mais là n’est bien sûr pas le seul argument en faveur de la thèse du Canard. Il existe ainsi des éléments avérés, dans le passé récent, qui prouvent que la DCRI s’est déjà adonnée à l’espionnage de journaliste : au moins à deux reprises, un confrère du Monde fut l’objet d’une surveillance par les services secrets ou la police de ses factures téléphoniques, afin de déterminer l’identité de ses interlocuteurs et ainsi découvrir parmi eux le nom d’informateurs. La première fois pour démasquer le membre du cabinet de la ministre de la Justice soupçonné d’en être – David Sénat, puisque tel est son nom, ainsi convaincu, a été viré – et la deuxième, à la demande du procureur Courroye-de-transmission, pour savoir si la juge indépendante dont il ne supportait pas les investigations alimentait elle aussi la presse en informations (nous reviendrons plus bas sur cette affaire-là). Les deux cas concernent l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy. Que dit la loi ? « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie. » Pour Le Monde, qui a du reste déposé deux plaintes contre X, ces investigations la violent : « L’affaire Woerth-Bettencourt, qui éclaire sur les liens entre l’une des plus grandes fortunes de France et le parti présidentiel, ne peut être considéré comme un « impératif prépondérant d’intérêt public ». Les services secrets ont pourtant bien été mis à contribution pour remonter la source d’un journaliste du Monde. Bernard Squarcini, directeur de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), l’a reconnu dans un entretien au Nouvel Observateur. Il a bien ordonné un « éclairage DCRI » sur les fuites provenant du ministère de la Justice, ce qu’a confirmé, lundi 13 septembre, la direction générale de la police nationale. Une enquête qui peut être considérée comme une atteinte au secret des sources protégé par la loi. »

Des pratiques illégales

Le directeur de la police nationale, Frédéric Péchenard, a justifié l’enquête pour démasquer le membre trop bavard du cabinet d’Alliot-Marie de la façon suivante : elle serait intervenue dans le cadre « de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991, qui autorise la recherche de données de connexion, telles que les fadettes (factures détaillées) ou la géolocalisation ». Rue89 balaie magistralement le mensonge : « On a beau chercher, l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 «relative au secret des correspondances émises par la voie des communications électroniques» ne mentionne aucune «donnée de connexion». Il est ainsi libellé : «Les mesures prises par les pouvoirs publics pour assurer, aux seules fins de défense des intérêts nationaux, la surveillance et le contrôle des transmissions empruntant la voie hertzienne ne sont pas soumises aux dispositions des titres Ier et II de la présente loi.» En clair, seule la «défense des intérêts nationaux» peut permettre aux autorités de s’affranchir des obligations prévues au début de la même loi. Que disent ces titres Ier et II ? «Il ne peut être porté atteinte à ce secret que par l’autorité publique, dans les seuls cas de nécessité d’intérêt public prévus par la loi et dans les limites fixées par celle-ci. […]» La loi dit ensuite que «peuvent être autorisées, à titre exceptionnel, […] les interceptions de correspondances [électroniques]» dans les cas de recherche de renseignements intéressant : « la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, ou la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées et de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées. » Impossible donc de soutenir que le fait de livrer à la presse des éléments à propos d’une déposition de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, puisque c’est de cela qu’était accusé la « fuite » du ministère, fait partie des cas énumérés par la loi pour autoriser l’atteinte au secret des sources ! Le Monde espionné : où est «l’intérêt national» ?, interroge Rue89 dans le titre de son article. Réponse : nulle part, sauf à considérer que celui-ci rejoint l’intérêt personnel de Sarkozy et du parti au pouvoir…

Ce que confirme un magistrat anonyme interrogé par le magazine en ligne : « La défense des intérêts nationaux ne peut en aucun cas intégrer la résolution d’une affaire de fuites, du moment que ces fuites ne menacent pas la défense nationale ou l’intégrité du territoire national. Cette loi ne peut être utilisée pour défendre un parti politique, ou même un ministre. Ce n’est pas parce qu’un ministre est visé par des révélations de la presse que l’intérêt national est menacé. A l’extrême limite, on pourrait considérer que des intérêts économiques fondamentaux sont visés, mais est-ce le cas pour un groupe qui fabrique surtout du shampooing ? » On vient de voir que Péchenard en a pris à son aise vis-à-vis du texte de la loi, en prétendant lui faire dire ce qu’il ne dit pas, mais la « défense des intérêts nationaux » serait-elle effectivement concernée qu’il aurait alors également transgressé la procédure : « En se basant sur l’article 20 de la loi, l’exécutif s’est aussi affranchi de son article 4, qui prévoit les conditions pour recourir à ces interceptions : « L’autorisation est accordée par décision écrite et motivée du Premier ministre ou de l’une des deux personnes spécialement déléguées par lui. » Eh bien c’est ballot, mais Péchenard n’a pas demandé à François Fillon l’autorisation écrite en question…

Ce n’est pas tout : « le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, a endossé seul la responsabilité de l’enquête qui a conduit à la mise à l’écart de David Sénat (…), résume Le Monde. A l’appui des déclarations de M. Péchenard, la DGPN avait affirmé que la « vérification technique » des relevés téléphoniques de M. Sénat avait été menée après consultation d’une « personnalité qualifiée », désignée par le président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), afin de « vérifier le bien-fondé et le respect des obligations légales ». Cette affirmation est démentie au Monde par le délégué général de la CNCIS, Rémi Récio, magistrat : « Dans le cas d’espèce, une telle requête n’aurait pu passer le filtre de la personnalité qualifiée, puisque celle-ci ne peut agir que dans le cadre de la prévention du terrorisme, conformément à l’article 6 de la loi de 2006. Elle n’entre pas non plus dans le périmètre de ce que la CNCIS autorise, lorsqu’elle est sollicitée selon la voie habituelle », poursuit M. Récio. » Résumons : pas de loi autorisant l’enquête, pas d’autorisation écrite pourtant obligatoire demandée au Premier ministre, pas de saisine de la CNCIS… Et quand Péchenard tente de se couvrir en invoquant l’autorité du parquet, il n’a guère plus de chance : « Après les investigations de la DCRI, Frédéric Péchenard indiquait avoir informé le parquet de Paris des soupçons pesant sur le haut fonctionnaire, par le biais d’une note envoyée le 2 septembre. Mardi 14 septembre, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, affirme n’avoir été informé de l’enquête que le 7 septembre, et avoir immédiatement renvoyé le courrier. « Avant de décider quel cadre juridique nous donnerons à ces investigations, nous souhaitons que la DCRI étoffe ses renseignements », explique le parquet au Parisien. « J’ai écrit à la DCRI le 10 septembre pour demander quelles étaient ces vérifications techniques. J’attends la réponse », a même précisé Jean-Claude Marin » (le 14). Interprétation fallacieuse de la loi et non respect des conditions de son application, mensonges concernant la saisine de la Commission compétente et l’information du parquet : cela ne ferait-il pas un peu beaucoup, comme entorses à la légalité, quand on fait profession de directeur de la police nationale ?

Les services de renseignement, comme nous l’évoquions plus haut, ont fouiné à une deuxième reprise dans les factures téléphonique de journalistes du Monde, dans le but d’obtenir que soit dessaisie la juge du tribunal de Nanterre, coupable d’enquêter de façon indépendante sur l’affaire Bettencourt : « En s’appuyant sur une plainte pour violation du secret de l’enquête, déposée par Me Georges Kiejman, l’avocat de Liliane Bettencourt, après un article du Monde, le procureur a cherché à prouver que Mme Prévost-Desprez parlait à la presse, constate le quotidien. Il a chargé la police d’examiner les relevés téléphoniques, les fameuses « fadettes » (factures détaillées) des deux journalistes auteurs de l’article. » Libération accuse le procureur d’avoir « requis, illégalement, les fadettes des deux journalistes. « Selon le code de procédure, la saisie de ces éléments ne peut être faite qu’avec l’accord du journaliste lui-même, souligne Christophe Régnard, de l’Union syndicale des magistrats (USM). Le fait même de les requérir est illégal. » Voilà donc qu’il est établi qu’à deux reprises, des journalistes travaillant sur un dossier très sensible pour le chef de l’Etat – diable, on parle de financement illicite de sa campagne présidentielle, qui pourrait entacher son élection de nullité ! – ont fait l’objet d’investigations illicites. Aussi la thèse de Sarkozy ordonnant l’espionnage des confrères enquêtant sur des sujets embarrassants pour le Château n’a-t-elle vraiment rien de « totalement farfelue », bien au contraire !

Ajoutons enfin le témoignage d’Edwy Plenel, patron du site d’information en ligne ayant le premier sorti l’affaire Bettencourt : « Voici donc ce que Mediapart a recueilli dans le petit monde du renseignement et dans divers entourages ministériels. D’abord, nous dit-on, notre journal fait l’objet depuis plusieurs mois d’un espionnage tous azimuts. Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, les deux journalistes de Mediapart spécialisés dans les enquêtes sensibles pour l’Elysée, notamment les affaires Karachi et Bettencourt, auraient eu droit, depuis mars-avril, à des surveillances téléphoniques afin d’établir une cartographie de leurs relations et contacts. Cette période était celle où ils achevaient leur livre Le contrat – Karachi, l’affaire que Sarkozy voudrait oublier (Stock), rencontrant notamment le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux. Au début de leur ouvrage, ils relatent d’ailleurs quelques épisodes témoignant d’un climat plus que tendu autour de cette enquête : Magali Drouet, la porte-parole des familles des victimes de l’attentat de Karachi, faisait l’objet d’une filature lors d’une de leurs rencontres parisiennes, tandis qu’eux-mêmes, à l’occasion d’un rendez-vous avec des avocats, voyaient deux individus surveiller leur véhicule. Nos sources nous affirment que Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, voire d’autres membres de notre équipe, auraient eu droit au même traitement que leur confrère du Monde, Gérard Davet, ou que la juge de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, dont les “fadettes” (factures détaillées) des téléphones portables ont été explorées par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). (…) le “secret défense” curieusement invoqué par la DCRI pour ne pas répondre aux demandes d’éclaircissement du procureur de la République de Paris sur l’espionnage dont a été victime le journaliste du Monde montre bien que, dans cette affaire, la police du renseignement a plus de secrets à cacher que de bonne foi à prouver. »

Cette « police du renseignement » s’avère du reste gênée aux entournures pour répondre concrètement à l’article d’Angeli : « Si l’Elysée dément l’information, le ministère de l’intérieur préfère « ne pas commenter » les affirmations du Canard,

Mais la DCRI donne un autre son de cloche. L’entourage de son directeur, Bernard Squarcini, ne dément en effet pas totalement les affirmations de l’hebdomadaire satirique. (…) il ne réfute pas la surveillance de certains médias : « La DCRI ne s’occupe pas des journalistes, mais, éventuellement, de leurs sources. » Elle est « chargée, notamment, de la lutte contre le terrorisme, mais aussi de celle contre la compromission, ainsi que de la défense des intérêts de l’Etat. (…) ». Le renseignement ne nie donc pas procéder à d’éventuelles surveillances pour « la défense des intérêts de l’Etat. » Nous y revoilà : en Sarkozie, les intérêts de la France sont confondus avec ceux du président et toutes les ressources de l’Etat sont instrumentalisées au service de sa cause personnelle. Et l’on prétend encore qu’il s’agit d’un modèle de démocratie ?

Notre illustration de tête d’article assemble une parodie de Cpolitic et la couverture d’un très sérieux manuel.

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