Archive pour roxanne dunbar-ortiz historienne anticolonialisme

Résistance au colonialisme: La chasse aux scalps d’Indiens rémunérée… De l’assassinat au génocide…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 février 2016 by Résistance 71

-[]- Henry Spelman, qui vécut parmi les indiens Powhatan, décrivit leur approche de la guerre comme suit: “Ils peuvent très bien être en conflit pendant sept ans et ne pas tuer sept hommes” (dans Kirkpatrick Sale, The Conquest of America, p. 319), Bien des sociétés autochtones d’Amérique du Nord ne s’engageaient jamais dans quelque guerre que ce soit. L’universitaire natif Darcy McNickle estime que 70% des nations autochtones étaient pacifistes (dans Allen, Sacred Hoop, p. 266).

-[]- Origine du mot “peau rouge” pour désigner les Indiens (Source: “An Indigenous Peoples’ History of the United States” par l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, 2014 p.64-65): [traduit par Résistance 71]

“Pendant la guerre des Péquots, les fonctionnaires du Connecticut et du Massachussetts avaient initialement offert des récompenses pour les têtes des indigènes assassinés, puis plus tard seulement pour leurs scalps, qui étaient plus facile à transporter en grand nombre. La chasse aux scalps ne devint une routine que vers la moitié de la décennie de 1670 […] De plus, les chasseurs de scalps pouvaient prendre les enfants captifs et les vendre comme esclaves. Toutes ces pratiques effacèrent la distinction entre les autochtones combattants et non-combattants et introduisirent un marché d’esclaves indigènes. Les scalps et les enfants autochtones devinrent des monnaies d’échange et ceci créa également un marché noir. La chasse au scalp n’était pas seulement profitable sur un plan privé, mais avait aussi pour but d’éradiquer et de subjuguer la population indigène de la côte atlantique dominée par les Anglo-Américains. Les colons donnèrent un nom aux corps mutilés et sanguinolents retrouvés après une “chasse aux scalps” dans le sillage des chasseurs de primes: les “peaux rouges”…”

-[]-[]-<I>-[]-[]-

 Meurtres à gage

 

Mohawk Nation News

 

3 Février 2016

 

url de l’article original: http://mohawknationnews.com/blog/2016/02/03/murder-for-money/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le plan d’action du gouvernement entrepreneurial est totalement basé sur un schéma de “meurtre à gage”. Les Kanion’kehaka (Mohawks) n’ont peur de rien. Nous savons par trop, que la seule peur est la peur elle-même. Bon nombre de nos gens sont sur leurs listes d’élimination. Ils veulent se débarrasser de nous et de nos réclamations sur la terre. Des ordres corporatifs ont été donnés donnant aux colons le droit de tuer et de prendre les têtes des “INDIENS” afin de s’emparer de notre possession.

Nous décapiter et nous scalper fut fait à très grande échelle par les Européens. Cette pratique remonte à la Grèce antique, le “berceau de la civilisation occidentale”. Les ennemis ciblés ou accusée de crimes politiques ou défendant eux-mêmes et leurs familles étatient décapités.

Ici sur Ono’ware:keh, tous les hommes, femmes et enfants Onkwe’hon:weh furent ciblés et tués sans même avoir commis de crimes. La simple perception de la notion de “race” dans leur classe friquée était tout ce dont ils avaient besoin. La COURONNE (NdT: lire la City de Londres et sa Banque d’Angleterre/Vatican) payait des récompenses (en argent sonnant) pour les têtes qu’on leur apportait. Cela encourageait les colons à faire le sale boulot de nous éliminer afin de pouvoir voler la terre et les ressources.

Au début, les “propriétaires des chiens” payaient pour les têtes. Le grand nombre assassiné rendait la tache trop lourde. Payer pour les scalps assurait donc que le boulot allait continuer.

La première récompense en argent donnée et archivée pour un scalp fut faite par le gouverneur Kieft de la Nouvelle-Hollande au début du XVIIIème siècle.

En 1702, la colonie du Massachussetts rejoignit le mouvement. En 1756, le gouverneur Morris de Pennsylvanie dans sa déclaration de guerre contre la nation Lenni Lenape (Delaware) offrit “130 pièces de Huit [un type de pièce] pour le scalp de tout indien mâle ennemi, au-dessus de l’àge de 12 ans et 50 pièces de Huit pour le scalp de chaque femme indienne, produits comme preuve qu’ils ont été tués.

Le Massachussetts payait plus, 40 livres sterling pour un scalp d’homme et 20 livres pour les scalps de femmes et d’enfants de moins de 12 ans. C’était difficile de faire la différence entre un scalp d’homme et de femme, ou d’un adulte d’un enfant, ou même si les scalps provenanient bien “d’ennemis” et non pas d’un Onkwe’hon:weh allié, pacifique… Le système des récompenses mena à des violences accrues et étendues contre tout homme et toute femme, jeunes ou plus âgés.

Les conflits traditionnels Onkwe’hon:weh (entre nations natives) n’ont jamais impliqué de massacres et d’extermination en règle (NdT: Tout anthropologue sérieux ayant étudié la question de la “guerre” dans les sociétés originelles des Amériques et d’ailleurs, sait que les conflits étaient le plus souvent des escarmouches souvent faites de quelques volées de flèches et de décrochage. Les peuples et nations autochtones avaient leur propre façon de régler des conflits sans effusion de sang. Un des moyens inventé par les Iroquois fut le jeu de Lacrosse, un jeu similaire existait chez les Indiens des grandes plaines. Ces jeux étaient compétitifs et violents, il y avait parfois des blessés, très rarement des morts, mais rien à côté de ce qu’aurait été un conflit ouvert. Les pratiques de la guerre rangée et de violence, d’extermination sur les populations proviennent essentiellement de l’Europe.). Nos leaders traditionnels furent ciblés et éliminés de façon à ce qu’ils ne puissent plus influencer notre jeunesse.

Le stéréotype sensationnel des peuples Onkwe’hon:weh comme étant des sauvages assoiffés de sang qui décapitaient et scalpaient a été utilisé pour justifier la pratique européenne de nous scalper. Les colons pensaient qu’il était juste et bien de massacrer nos familles et de nous expulser de nos terres et maisons ancestrales afin qu’ils puissent s’établir sur nos terres.

Cette stratégie a depuis été exportée en Palestine pour satisfaire à l’expérience (coloniale) israélienne.

Résistance au colonialisme: A ceux qui fêtent encore cette escroquerie du « Thanksgiving » ou de l’action de grâce…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 octobre 2015 by Résistance 71

Pourquoi la journée du “Thanksgiving” nord-américaine ou “journée d’action de grâce” est vue comme une journée de deuil par les nations amérindiennes:

https://resistance71.wordpress.com/2014/11/27/resistance-au-colonialisme-du-mythe-etats-unien-du-thanksgiving-a-la-realite-coloniale-dapartheid/

 

“La plupart des (nord)-Américains croient aujourd’hui que la fête du Thanksgiving célèbre les bonnes récoltes, mais cela n’est pas du tout le cas. En 1970, la nation Wampanoag a montré une copie de la proclamation de Thanksgiving faite par le gouverneur de la colonie. Le texte révéla la vérité très moche: Après qu’une milice coloniale revint d’avoir massacré des hommes, femmes et enfants d’un village indien, le gouverneur proclama un jour férié de festivités pour remercier de ce massacre. Il encourageait également d’autres colonies à faire la même chose… En d’autres termes, à chaque automne, après avoir rentré les moissons, allez massacrer les Indiens et célébrez vos assassinats par une fête.”

~ Russell Means, 1995 ~

 

L’amérique du Nord est une scène de crime

 

Roxanne Dunbar-Ortiz

 

Extrait de la conclusion de son livre “An Indigenous History of the United States”, Beacon Press, 2014

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note: Roxanne Dunbar-Ortiz est une historienne (Docteur ès histoire de l’université de Californie Los Angelès, UCLA),. Professeur au Native American Studies Program de l’université d’état de Californie, elle est l’auteure de 7 ouvrages, dont sa thèse de doctorat d’histoire qui fut publiée sous le titre “Roots of Resistance: A History of Land Tenure in New Mexico. Mme Dunbar-Ortiz est Cherokee par sa mère.

Jodi Byrd (historienne, université du Minnesota) écrit: “L’histoire du nouveau monde est une histoire d’horreur, l’histoire de l’Amérique est un crime”. Elle argumente qu’il est nécessaire de commencer avec l’origine même des Etats-Unis en tant qu’état-colonisateur et occupant et son intention explicite d’occuper le continent. Ces origines contiennent les semences historiques du génocide. Une quelconque véritable histoire des Etats-Unis (et de l’Amérique du Nord) doit focaliser sur ce qu’il s’est passé avec les peuples indigènes et ce qu’il se passe toujours avec et contre eux. Ceci n’est pas juste de l’action passée colonialiste, mais aussi “La continuation de la colonisation des nations amérindiennes, de leurs peuples et de leurs terres”, permet aux Etats-Unis (et au Canada et au Mexique) “de projeter so regard impérialiste sur le monde” avec “ce qui est essentiellement une construction nationale d’un occupant colonisateur par elle-même et comme une toujours plus parfaite démocratie multiraciale et multiculturelle”, tout à la fois avec “le statut des Amérindiens comme nations souveraines colonisées par les Etats-Unis continuant de hanter et d’affecter sa raison d’être.

[…]

Une “course à l’innocence” est ce qui se produit lorsque des individus assument qu’ils sont innocents de complicité dans des structures de domination et d’oppression. Ce concept capture très bien l’assomption compréhensible faite par de nouveaux immigrants ou les enfants d’immigrants récents dans quelque pays que ce soit. Ils assument qu’ils ne peuvent pas être responsables de ce qu’il s’est passé auparavant dans leur pays d’adoption. Ne se sentent pas responsables non plus les citoyens, même descendants de propriétaires d’esclaves ou de tueurs d’Indiens, ou d’Andrew Jackson lui-même. Et pourtant, dans une société d’occupation coloniale qui n’est pas encore venue à terme avec son passé, quelque soit le traumatisme historique résultant de l’occupation de la terre, cela va affecter les assomptions et le comportement de vie des générations à quelque moment que ce soit, incluant les immigrants et les enfants des immigrants récents.

Aux Etats-Unis, l’héritage du colonialisme d’occupation peut être vu dans les guerres sans fin d’agression et d’occupations menées par ls Etats-Unis et leur empire, dans les milliers de milliards de dollars dépensés dans la machine de guerre perpétuelle, ses bases militaires dans le monde entier, et dans ses personnels de service au lieu de dépenser l’argent dans les services sociaux, l’éducation publique ; cela peut aussi se voir dans les énormes bénéfices réalisés par les entreprises transnationales dont chacune a des ressources plus importantes que la moitié des nations du monde et qui pourtant ne paient quasiment pas d’impôts et ne fournissent que bien peu d’emplois aux citoyens des Etats-Unis. Cela se voit dans la répression toujours plus avancée des activistes qui recherchent à changer le système, dans le taux d’incarcération toujours plus élevé des pauvres, particulièrement les descendants d’esclaves africains, dans l’individualisme savamment inculqué, qui professe l’auto-condamnation pour les échecs personnels et exalte d’un autre côté la compétion de chiens se bouffant entre eux pour le succès possible, même si cela n’arrive que peu fréquemment. Que dire des suicides toujours plus nombreux, de la consommation galopante d’alcool, de drogues et de substances psychothropes, de la violence sexuelle envers les femmes et les enfants, des sans-abri, de l’échec scolaire et de la violence domestique armée.

Ceci ne sont que des symptomes d’une société gravement atteinte et à la dérive. Ceci n’est pas nouveau.

[…]

Il existe une nouvelle mode depuis le début du XXIème siècle qui analyse et cherche à faire revivre le concept de l’Europe médiévale des communes en tant qu’inspiration pour les mouvements sociaux contemporains.

La plupart des écrits à ce sujet ne mentionnent pas ou très rarement la destinée des peuples indigènes en relation avec le partage de la terre, avec leur appel pour que toute la terre soit partagée. Deux activistes universitaires canadiennes, Nandita Sharma et Cynthia Wright par exemple, ne mâchent pas leurs mots quant au rejet des demandes autochtones pour la souveraineté, caractérisant ces demandes d’élitisme xénophobique. Elles voient ces affirmations indigènes comme “du néo-racisme régressif à la lumière de la diaspora mondiale émergeant de l’oppression généralisée autour du monde.

L’universitaire Cree Loraine Le Camp appelle ce type d’effacement des peuple indigènes d’Amérique du Nord le “terra nullisme”, remontant à cette caractéristique de la doctrine de la découverte qui veut que les terres occupés par des païens soient des terra nullis ou “terres vacantes”. Ceci représente une sorte d’histoire à la sauce “c’est la faute à personne”. De la théorie d’un futur libéré sans frontières et sans nations, d’une vague communalité pour tous, les théoriciens oblitèrent le présent et la présence des peuples indigènes luttant pour leur libération des états du colonialisme (NdT: de tous les états des Amériques en fait, avec en tiete les Etats-Unis et le Canada…). De la sorte, la rhétorique et les programmes indigènes pour la décolonisation, la nationalité et la souveraineté, sont, en accord avec ce projet, rendues invalides et futiles. D’une perspective indigène comme l’écrit Jodi Byrd “Toute notion des communs qui parlent pour et en tant qu’indigène se fait le porte-parole de la transformation de la gouvernance indigène ou de l’incorporation des peuples indigènes dans une multitude qui pourrait alors résider sur ces terres prises de force à ces peuples indigènes, ne fait rien pour déranger et interrompre l’intention génocidaire et colonialiste du processus historique initial et maintenant répété.