Archive pour révoquer la bulle inter caetera

Résistance au colonialisme occidental: Mémo sur la doctrine de la découverte…

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Ceci est à lire en complément de notre traduction du texte de Newcomb « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » (2008) et notre article très récent sur la fumisterie des « excuses » du pape François aux peuples et nations amérindiens en Bolivie.

~ Résistance 71 ~

 

Mémo sur la doctrine de la découverte

 

Steven Newcomb, 2014

 

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La doctrine de la découverte a t’elle déjà été abrogée, rendant ainsi futile la résolution proposée ?

Il n’est pas possible d’abroger, d’annuler une doctrine de domination qui a été institutionnalisé et imbriquée dans la fabrique même de bien des sociétés dans le monde. “Abrogation” est un non-sens lorsque cela s’applique à une doctrine, qui est essentiellement “un enseignement ou une façon de penser”. C’est pourquoi nous n’avons jamais appelé pour une telle action. Ce que nous avons fait au sein de l’Indigenous Law Institute depuis 1992, est d’appeler la papauté (alors Jean-Paul II) de révoquer de manière formelle la bulle Inter Caetera du 4 Mai 1493, un édit qui appela à la subjugation et au renversement des “nations barbares”. Ceci et un autre language de domination et de déshumanisation furent dirigés contre nos nations et peuples de ce continent et ailleurs dans le monde. Cet appel à la révocation d’un édit est un appel pour une action très spécifique de la papauté contre un document très spécifique qu’elle a émis, document qui est la preuve de l’utilisation par l’église d’un paradigme de domination et de déshumanisation.

Comme le pape Alexandre VI, en tant que vicaire du christ sur terre a émis ce document au nom du saint siège, le pape François 1er est bien la bonne personne pour prendre en charge cette affaire. Mais quelle est exactement l’affaire de notre point de vue ? C’est le fait que le saint siège a déchaîné sur le monde un paradigme de domination codifié dans le language que l’on trouve dans bien des bulles papales remontant des années 1430 (les îles Canaries et le génocide commis contre les Guanches) jusqu’à 1514. La bulle Dum diversas de 1452 instruit le monarque portugais à aller en terres non-chrétiennes comme l’Afrique et “d’envahir, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous les Sarazins, païens et autres ennemis du christ, de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et de saisir toutes leurs possessions et propriétés.” Ce même language fut répété et incorporé dans des bulles ultérieures et la dernière, émise par le pape Léon X en 1514, incorpora bien des bulles papales précédentes et leur language idoine. 2014 est le 500ème anniversiare de la publication de ce document.

Les bulles papales, comme celle de 1493 (Inter Caetera) utilisent des expressions telles “Dominorum Christianorum” (dominateur chrétien), rendant plus qu’évident le paradigme de domination qui a été utilisé contre nos peuples et nations originels libres et indépendants de droit et ce depuis maintenant plus de cinq siècles. D’après le livre du professeur Luis Rivera A Violent Evangelism (1992), la bulle papale de 1493 n’a pas établi in précédent, parce qu’elle fut précédée des bulles émises pour le Portugal. Celle de 1493 donna aux monarques espagnols la domination sur les terres indiennes “à perpétuité”.

Lorsque j’ai voyagé avec deux collègues aux archives des Indes occidentales qui sont maintenues dans la ville de Séville en Andalousie (Espagne) au mois de Mai dernier, on nous a donné l’autorisation de voir et de consulter deux documents originaux d’époque des bulles papales de Mai 1493. Au verso de l’un des documents, nous avons pu y lire une note du secrétariat royal disant que ce document était une concession du pape pour “gagnaran y conquestaran de las Indias” (“pour vaincre et conquérir les Indes). Une décision a été prise par la papauté. En d’autres termes, de divulguer et d’étendre la “foi chrétienne” par le moyen de la guerre. Une phrase clef du document du 4 Mai 1493 est celles-ci: “Nous croyons en Lui, de qui empires et gouvernements et toute bonnes choses proviennent.” Dans la version latine, le mot employé pour “gouvernements” est “dominationes”. Ceci une fois de plus, est un indicateur du paradigme de domination mis en place de manière croissante et diffusé sous la bannière du christianisme et de l’église catholique.

Vous avez reçu le Memorandum de 2008 que j’ai écrit et que j’ai personnellement délivré à l’assistant du nonce apostolique du saint siège à l’ONU, Mgr Migliore. C’est un document que les avocats du saint siège ont décidé d’ignorer et de ne pas y répondre. L’un d’entre eux ainsi que le successeur de Mr Miglione m’ont dit verbalement, que nous ne recevrions pas de réponse concernant les points que j’ai évoqué dans le Memorandum. Les privilèges et la domination qui furent donnés aux monarques d’alors, le furent “pour toujours” et “à perpétuité”. Il semble donc très idiot venant des représentants contemporains du saint siège d’affirmer que le language de domination utilisé dans les bulles a été “abrogé” bien des fois et de bien des façons, par implication ou par accords entre puissances civiles que sont l’Espagne et le Portugal. Plus important encore, le saint siège n’a jamais reconnu publiquement le language de domination et de déshumanisation qu’il a employé et déchaîné contre nos peuples et nations originels et contre le monde il y a des siècles de cela. C’est ce qui a permis de construire toute la sémantique et les schémas comportementaux de domination et de subordination qui continuent à être utilisés aujourd’hui contre nos peuples et nations libres et indépendants de droit.

Nous sommes tous liés,

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape)

Indigenous Law Institute

Author, Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery

Traduction en français de larges extraits du livre par Résistance 71, cliquez ici

Pour en savoir plus sur l’Indigenous Law Institute, Click Here.

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Lettre au pape pour la répudiation officielle de la bulle Inter Caetera (1493) fondement de la doctrine coloniale occidentale (Oceti Sakowin, Sioux)

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C’est la seule solution pour détruire la pseudo légitimité territoriale de l’empire. Le colonialisme depuis le XVème siècle jusqu’à aujourd’hui, car nous vivons toujours et sans doute plus que jamais dans un monde colonial et non pas « post-colonial » comme veut le faire ingurgiter la pensée unique criminelle dominante, est fondé sur le racisme, le génocide et l’acceptation par la force puis la propagande, que l’occident et sa « civilisation » a le droit « divin » de dominer le monde: dominum christianorum.

Forcer le pape à répudier officiellement la doctrine chrétienne de la découverte inscrite dans la bulle Inter Caetera de 1493 qui sert de fondement à la loi coloniale depuis lors, privera instantanément l’empire de sa base territoriale usurpée et un empire sans territoire s’effondre. Nous l’avons dit et le répétons, c’est le talon d’Achille de l’empire anglo-américain et c’est là qu’il faut frapper. Les mouvements de lutte amérindiens doivent être solidaires là-dessus et nous devons les soutenir ! Pourquoi ? Parce que « Nous sommes tous des colonisés ! »

Les deux bulles papales fondement de la doctrine coloniale occidentale: Romanus Pontifex (Nicolas V, 1455) et Inter Caetera (Alexandre VI, 1493)

— Résistance 71 —

 

Une lettre au pape François 1er: Abolissez la bulle papale qui est derrière la colonisation !

 

Ruth Hopkins

 

14 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/14/letter-pope-francis-abolish-papal-bull-behind-colonization

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Très saint père,

Han (Hello).

Mon nom est Cankudutawin (femme du Chemin Rouge). Je suis une Améridienne de la nation Sioux, Oceti Sakowin. Nous datons de bien avant les Etats-Unis. Nos terres traditionnelles sont les grandes plaines de l’Amérique du Nord (NdT: qui s’étendent au centre sur ce que sont actuellement les Etats-Unis et le Canada), je suis née à Fort Yates dans le Dakota du Nord sur la réserve Sioux de Standing Rock et je suis un membre enrôlé du peuple Sisseton Wahpeton Oyate.

Mes grands-mêres Katherine Ray et Stella Pretty Sounding Flute étaient toutes deux de ferventes catholiques. Les gens disent que vous êtes bon, que vous êtes unique et différent de vos prédécesseurs. Les gens parlent autour de moi et disent qu’il y a une chance que vous m’écoutiez, moi, une simple femme d’une réserve indienne.

Après la venue de Christophe Colomb en 1492, l’existence des peuples indigènes des Amériques du nord et du sud ont changé à tout jamais. La trajectoire historique de mon peuple fut aussi changée. Au-delà d’avoir été infectés par des maladies inconnues de nous comme la variole pour laquelle nous n’avions aucune immunité, on nous a affamé, brutalisé et massacré. Des millions d’indigènes du continent furent massacrés au nom de la Destinée Manifeste, née des doctrines de la découverte, en particulier édictée par la bulle papale de 1493 (Inter Caetera).

La bulle papale de 1493, Inter Caetera, un édit solennel écrit par le pape Alexandre VI, donna aux chrétiens la domination sur les terres indigènes et appela à la subjugation des peuples natifs indigènes pour le but de propager la doctrine chrétienne. En fait, les chrétiens furent chargés de la tâche de renverser les nations autochtones afin de les convertir au christianisme et les héritiers chrétiens furent aloués “plein et libre pouvoir, autorité et jurisdiction de toute sorte”. Ceux qui tentèrent de s’opposer à ce document papal furent menacés d’être exposés “à la colère de dieu tout puissant et de ses saints apôtres Pierre et Paul.”

Ce que cette bulle accordait est le droit de conquête. La colonisation a commencé avec l’Espagne et le Portugal et toutes les autres puissances européennes ont suivi leur exemple. Les envahisseurs européens qui ont volés les terres et les vies des autochtones furent autorisés de le faire sous couvert et autorité de l’église, qui était le fondement de la loi des états. Quelques trois cents ans après que le pape Alexandre VI ait invoqué “deprimantur” contre mes ancêtres, John Marshall le 4ème juge de la cour suprême des Etats-Unis, prit le principe du “droit de réduction” de la bulle papale Inter Caetera, fondée sur le concept chrétien latin de dominorum christianorum et fit de la domination chrétienne une loi en regard de l’invention de la doctrine chrétienne de la découverte.
La doctrine elle-même n’a aucune base légale. Utilisant le raisonnement d’Inter Caetera, la cour suprême des Etats-Unis abrogea les demandes de droit de propriété des peuples autochtones, dont les ancêtres vécurent en Amérique du Nord pendant des milliers et des milliers d’années et a donné le titre aux colons américains qui étaient gouvernés par des leaders chrétiens.

Sans cette bulle papale, les Etats-Unis d’Amérique seraient forcés de réviser les politiques de termination et d’assimilation qu’ils ont mis en pratique contre nous, les habitants originels de la terre, le vol des terres indigènes et de leurs ressources, les violations des traités et le génocide qui fut appliqué au travers de nombreux massacres comme ceux entr’autres de Sand Creek, Wounded Knee et Whitestone Hill. Les Etats-Unis et autres pays coloniaux ont justifié ces atrocités en se cachant derrière l’église.

Tant que la bulle papale Inter Cetera demeure effective, les peuples indigènes continueront à souffrir. Toute la loi américaine concernant les Indiens d’Amérique est fondée sur la trilogie de Marshall, celle de la doctrine chrétienne de la découverte. Le droit de réduction, sous le déguisement de la doctrine de la découverte, est utilisé pour nourrir la bête coloniale et utilisé pour donner toujours plus de pouvoir au capitalisme, alors que les entreprises multi-nationales utilisent des concepts religieux quasi-légaux comme cette doctrine de la découverte, pour voler les peuples indigènes du monde entier. A la poursuite de ressources naturelles comme le bois, le pétrole, le gaz, les diamants, l’uranium et autres richesses, ils ignorent et balaient nos vies.

Je vous adresse cette lettre avec humilité et respect, comme quelqu’un qui reconnait l’autorité de Celui qui guérit ceux aux cœurs brisés et soignent leurs plaies ; Celui qui n’est pas venu pour condamner le monde, mais pour le sauver.

Pour le bien de tous, nous vous demandons de révoquer formellement la bulle papale Inter Caetera de 1493. Le faire, restaurera les droits humains fondamentaux et amènera la cicatrisation aux peuples autochtones et à son tour, au monde entier. Seul vous avez le pouvoir de faire ceci.

S’il vous plaît, rencontrez-moi en tant que représentante du pays indien pour un entretien lors de votre prochaine visite aux Etats-Unis l’an prochain. Mitakuye Oyasin.

Mes meilleurs vœux à votre sainteté,

Salutations distinguées,

Cankudutawin, Red Road Woman

Ruth Hopkins

“Bénis soient les faiseurs de paix, car ils seront appelés les enfants de dieu.” Mathieu 5:9

Ruth Hopkins (Sisseton Wahpeton & Mdewakanton Dakota, Hunkpapa Lakota) est écrivain, blogueuse, biologiste, activiste et juge.

La solution contre-impérialiste: Le démantèlement de la doctrine chrétienne de la « découverte », fondement du colonialisme occidental…

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Pour en savoir plus:

La doctrine chrétienne de la « découverte » sur Résistance 71

 

Déclaration pour le démantèlement de la doctrine chrétienne de la découverte

 

Nation Akimel O’tham

Nahuacalli, Ambassade des Peuples Originels

 

Avril 2013

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous, les nations des peuples originels, procédons à cet appel pour la réflexion et la prise d’action sur des problèmes d’importance critique pour notre survie présente et future.

Nous affirmons notre droit d’exercer notre existende libre en tant que nations et peuples de ce continent et de cet hémisphère Abya Yala, appelé Amérique, une existence qui remonte au début des temps comme cela a été exprimé dans nos histoires sur l’origine. Nos ancêtres ont évolué au moyen de systèmes profonds de connaissance et de multiples langages. La sagesse et la spiritualité de nos ancêtres ainsi que leurs profonds pouvoirs de discernement et d’observatons scientifiques ont grandement contribué à l’humanité en termes de nourriture, de médecine, de mathématiques, de connaissance spirituelle et de compréhension, tout en servant de gardiens aux vastes systèmes écologiques et aux eaux pures, qui sont la source de la vie. Nos ancêtres libres et indépendants ont étudié les lois de l’univers et ont développé nos systèmes originels de compréhension spirtituelle et d’harmonisation avec le monde naturel. Nos systèmes de gouvernance légaux uniques sont et seront toujours profondément enracinés dans notre Terre-Mère, nos terres et nos territoires ancestraux traditionnels.

L’année 1492 marque le début d’un processus récurent de crimes contre l’humanité, notre humanité en tant que peuples originels d’Abya Yala (Les Amériques). En 1492, Cristobal Colon (ou Christophe Colomb, dont le nom en espagnol veut dire le “colonisateur porteur de la croix ») fut commissionné pour naviguer vers nos patries ; il toucha terre à l’île de Taino de Guanahani et il affirma la prise de possession au nom de la croix chrétienne et la couronne de Castille. Il fit ceci sur la base de l’affirmation par la chrétienté (NdT: Christendom en anglais ou “domination chrétienne) que les monarques chrétiens avaient le droit divin de “découvrir” et de “conquérir” les non-chrétiens et ainsi d’affirmer leurs droit sur leur territoires, terres ancestrales et ressources. Colon rebaptisa cette première île San Salvador (Saint Sauveur) et il y ériga une croix et un échafaud symbolisant l’intention d’imposer la domination politique castillanne et la loi de la couronne sur les nations et peuples originels et leurs territoires. Ce processus fut répété à une échelle massive, où que les agents de la chrétienté envahissaient les terrritoires et les sites de cérémonies de nos nations, ayant l’intention de nous dominer et de nous déposséder de nos terres et de notre spiritualité.

En 1493, la pape Alexandre VI prétendît faire un “don” apostolique de terres non-chrétiennes à la couronne de Castille et de León pour “la propagation de l’empire chrétien” (empirii cristiani) et exprima son désir que les nations non-chrétiennes, barbares, soient subjuguées et “amenées à la foi chrétienne”. Le document du pape dit à la couronne de Castille et de León:

Nous, de notre propre volonté, par la teneur de la présente, que les dites îles trouvées par vos envoyés et capitaines, vous soient données, assignées à vous, vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de León, pour toujours, avec les colonies, villes, camps, endroits et villages et tous les droits, jurisdictions et appartenances de toutes les îles et terres découvertes et à découvrir, trouvées et à trouver… Nous vous faisons, nommons, vous et vos héritiers et successeurs, seigneurs de ces terres avec plein pouvoir de droit, toute autorité et toute jurisdiction nécessaire de quelque sorte que ce soit avec cette restriction néanmoins qu’aucune terre propriété d’un autre prince chrétien ne puisse lui être enlevée.”

Les droits à la colonisation antérieure de “tout prince chrétien”, spécifiquement du Portugal, devaient être protégés mais pas les droits des nations et peuples non-chrétiens. De ce décret résulta une tradition de domination politique, économique, sociale et culturelle et la subjugation imposée à nos peuples et nations au nom de la “civilisation” et la “conquête pacifique” comme les missionnaires catholiques, dominicains, franciscains et jésuites imposèrent la conversion religieuse comme instrument de domination coloniale.

Nous nous sommes rassemblés pendant trois jours sur le territoire traditionnel des nations d’O’otham afin de discuter les effets destructeurs, mortifères et génocidaires de la Doctrine Chrétienne de la Découverte sur nos nations et peuples originels. Nous nous sommes concentrés sur le besoin de démanteler et de défier les idées déshumanisatrices et les arguments qui ont typiquement été appelés la Doctrine de la Découverte (aussi connue sous le nom de “droit de la découverte”). Ces idées de domination et de subjugation sont parfaitement illustrées dans la bulle papale Inter Caetera de 1493 et autres documents issus par la saint siège au Vatican et adopté par les couronnes portugaise et espagnole et leurs successeurs.

Les pays d’Angleterre, de France, Hollande et Russie affirmèrent également de créer des droits de souveraineté au travers d’actes symboliques. En résultat de la succession politique internationale, des pays de part l’occident tracent tous leur lignée politique aux prérogatives de Colomb en 1492 et aux bulles papales des XV et XVIème siècles. Aux Etats-Unis par exemple, la formation politique des états de Californie, de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, du Nevada, du Colorado et de l’Utah peut être drectement tracée à ces mêmes documents.

Après bien des présentations et une longue délibération à la “Conférence pour le Démantèlement de la Doctrine de la Découverte”. Nous avons trouvé que la Doctrine de la Découverte continue ses effets destructeurs et son impact négatif sur nos peuples et nations depuis tous ces siècles.

Nous affirmons par la présente que la domination, subjugation et déshumanisation persistantes de nos peuples et nations indigènes, sont une claire violation de nos droits humains. Comme moyen de gérer avec ces violations constantes et les insistances à la domination dont nos peuples souffrent quotidiennement, nous faisons et lançons cet appel à la conscience et affirmons notre détermination à former un Tribunal des Peuples indigènes pour faire reconnaîre, connaître et surveiller les droits de nos peuples et nations et de faire condamner les perpétrateurs de ces violations de nos droits, de faire distribuer mondialement une information éducative au sujet de la Doctrine de la Découverte et des ses effets et ce en affirmation des systèmes originaux et légaux de nos dits peuples et nations.

Nous notons de plus, que depuis l’invasion, la colonisation et l’imposition subséquente des états coloniaux sur ce continent, nos peuples ont souffert de la persécution, de massacres et du déni de nos droits humains de libre circulation en tant que peuples originels sur notre propre continent. La néo-colonisation actuelle impose illégalement des industries minières sur nos territoire et aussi nous criminalise au sein de frontières coloniales. Les impositions religieuses de la chrétienté continuent d’influer négativement sur nos pratiques spirituelles ancestrales, allant jusqu’à nous priver d’accès à nos centres de cérémonie qui sont maintenant considérés êtres des ruines de valeur archéologique vouées à être développées comme centre de distraction pour touristes.

Ainsi, nous affirmons que la domination, la subjugation et la déshumanisation actuelles et persistantes de nos peuples originels est une claire violation de nos droits.

Afin de gérer les violations systématiques de nos droits et libertés et des formes variées de domination et de domestication affectant nos peuples aujourd’hui et considérant que les Indiens ont un impératif en termes de sauvegarde de nos droits et de développement de notre destinée ; sous ce principe d’auto-détermination, nous appelons à la constitution du Tribunal des Peuples Indigènes afin de montrer la preuve des violations de nos droits et des effets désastreux qui empêchent un futur meilleur et qui condamnerait similairement ceux responsables de ces violations de droits humains, qui par leur nature sont des crimes contre l’humanité. Ce Tribunal des Peuples Indigènes doit être de caractère global et doit servir à disséminer la connaissance de la situation historique et actuelle des peuples indigènes et aussi surveiller chaque situation. Ce corps légal devra promouvoir et informer la société mondiale au sujet de la Doctrine de la Découverte et de ses effets négatifs et morifères contre l’humanité.

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Source:

http://www.nahuacalli.org/#!contact/c55t

http://www.nahuacalli.org/

Résistance au colonialisme occidental: Révoquez les bulles pontificales de 1455 et de 1493 justifiant esclavage et colonialisme… 2ème partie

Posted in actualité, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 octobre 2013 by Résistance 71

1ère partie

 

Revoquez la bulle Inter Caetera

 

Valerie Taliman

 

Source: http://ili.nativeweb.org/ricb.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

On refuse au peuple indien (natif des Amériques) leurs droits aujourd’hui simplement parce qu’ils n’étaient pas chrétiens à l’époque de l’arrivée européenne sur le continent.
L’universitaire Shawnee/Lenape Steven Newcomb a fait froncer plus d’un sourcil quand il fit cette déclaration au parlement des religions mondiales, qui s’est tenu à Chicago en Septembre (NdT:1994). Cette congrégation historique fut suivie par plus de 7700 leaders spirituels et participants et avait l’intention de proposer un forum pour accentuer la compréhension spirituelle et la paix dans le monde.

Newcomb et Bill Kills Straight, un Sioux Oglala de Kyle dans le Dakota du Sud (Pine Ridge), représentait l’Indigenous Law Institute” et parlèrent dans un panel appelé “Les voix des dépossédés”. Ils furent rejoints par Julio Revolorio, un Maya du Guatemala et Tupac Amaro Indi, de la nation Quiche de l’amazone, qui partagèrent leurs visions sur la perte des terres indigènes.

La présentation de Newcomb et de Kills Straight fut la première fois que des gens entendirent parler de la relation entre le vol de terres natives et les doctrines anciennes de l’église catholique. Ces doctrines, appelées bulle pontificales ou bulles papales (NdT: toujours en vigueur aujourd’hui, la méthode est ancienne mais pas abandonnée…), sont toujours en vigueur aujourd’hui plus de 500 ans plus tard et forment la base d’un schéma de subjugation incessant qui a été incorporé dans les lois fédérales sur les Indiens en Amérique.

Dans une lettre ouverte, l’Indigenous Law Institute a appelé le pape Jean Paul II à formellement révoquer ces documents afin “de démontrer une solidarité avec les nations indigènes et de montrer la volonté d’honorer et de respecter  les droits inhérents des nations indigènes à la liberté, la justice et la paix.

Les deux documents principaux discutés par Newcomb sont le décret pontifical de Nicolas V en 1455 qui appelait le roi Alphonse du Portugal “à envahir, rechercher, capturer, vaincre et subjuguer tous les sarazins et les païens… et autres ennemis du Christ.” Le pape Nicolas décréta également que la terre en possession de ces peuples soit confisquée et que les non-chrétiens soient “réduits en esclavage perpétuel”.

Newcomb a expliqué que ce document fut suivi par une seconde doctrine énoncée dans la bull pontificale Inter Caetera de 1493, dictée par le pape Alexandre VI qui décrivait le désir du pape de voir les “nations barbares renversées” et que ces nations “découvertes” par la chrétienté  soient subjuguées et réduites à la foi catholique “afin de propager la religion chrétienne”. Ces décrets, vieux de 500 ans, mirent en place la scène d’une guerre de conquête qui dure depuis plus d’un demi millénaire, se faisant l’avocat de la guerre et non de la paix contre les peuples autochtones et rendirent impossible pour le monde chrétien de respecter les nations indigènes du continent des Amériques, a t’il dit.

Newcomb qui a passé 10 ans à rechercher extensivement les origines de la loi fédérale sur les Indiens a dit que ces doctrines anciennes servent de base légale à la politique fédérale sur les Indiens qui refuse aux Indiens leurs droits à leurs terres ancestrales simplement parce qu’ils n’étaient pas chrétiens lors de l’arrivée des Européens sur le continent. “Ces anciennes lois de la chrétienté ont été incorporées dans une décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 dans l’affaire Johnson contre McIntosh, qui fit la distinction entre les chrétiens et les païens”, a dit Newcomb. Le terme de “païens”, nota t’il, s’appliquait aux personnes dont la religion n’était ni chrétienne, ni juive , ni musulmane, ce qui bien sûr s’appliquait virtuellement à toutes les nations indigènes.

“Ce qui rend ceci si critiquement important pour les peuples indigènes des Etats-Unis et pour tous les peuples indigènes du monde est que le raisonnement de la cour suprême dans l’affaire Johnson contre McIntosh était fondé sur la distinction entre les chrétiens et les païens et la Doctrine de la Découverte fut formellement inscrite dans les lois des Etats-Unis par la cour suprême”, a t’il expliqué.

“Il dit que la première nation chrétienne qui ‘découvre’ une terre peuplée de païens et d’infidèles (bêtes de proie), possède le droit de domination ultime sur ces terres et que les païens n’ont que le droit de l’occuper.”

Il a insisté sur l’importance du mot “dominion” dérivé du latin “domo”, qui veut dire “subjuguer, domestiquer, placer en état de soumission, coloniser”.

Newcomb a aussi noté qu’en accord avec la loi internationale chrétienne, les terres qui n’avaient pas de propriétaires chrétiens étaient considérées comme terres vacantes, même si elles étaient habitées par des non-chrétiens. “Ainsi les terres que Christophe Colomb et les autres conquérants prirent en leur possession étaient considérées n’appartenir à personne car elles n’étaient pas la propriété d’une autre nation chrétienne”, a écrit Newcomb dans un essai intitulé “Païens en terre promise” (NdT: depuis devenu un excellent livre…)

Dans la décision judiciaire de l’affaire Johnson contre McIntosh, le juge suprême John Marshall cita les chartes variées de l’Angleterre pour documenter l’acceptance de la doctrine de la découverte et a dit que les nations européennes qui firent de telles découvertes n’avaient pour obligation légale que de reconnaître “le titre précédent de tout peuple chrétien qui aurait pu avoir fait la découverte”, d’après la recherche de Newcomb.

“En bref, les chrétiens avaient le titre de propriété, les païens ne faisaient qu’occuper la terre” (NdT: Juste un cas “légal” d’éviction de squatters en quelque sorte…). “Peu de personnes réalisent vraiment que la distinction établie par la cour suprême des Etats-Unis entre chrétiens et païens est toujours la loi suprême qui commande à la propriété foncière aujourd’hui.”

“Ainsi, sur cette base, les Etats-Unis continuent de nier que les peuples Indiens ont le véritable droit de propriété de leurs terres ancestrales et qu’ils ont droit a la souveraineté complète en tant que nations indépendantes.”

Kills Straight relia la vision du monde industrialisé de la terre et la destruction qui s’en suivit des lois édictées par l’Homme, fondées sur des économies capitalistes et la domination de la nature.

“En 500 ans, plus de 96 millions d’indigènes ont été perdus à cause de cette destruction”, a t’il dit, ainsi que la connaissance traditionnelle dont ils étaient les détenteurs. Il a rappelé que la compréhension de la nature et de ses lois ainsi que de la Terre-Mère par les peuples autochtones en tant qu’entité spirituelle est critiquement importante à partager en ces temps où tant d’espèces sont dévastées et menacées.

“Il est bon de voir la spiritualité redevenir forte dans nos communautés. Nous avons besoin d’un changement ou la vie sur Terre va cesser d’exister. Le reste du monde a l’habitude de penser qu’il n’y a rien à apprendre des peuples autochtones de ce continent, mais cela est en train de changer.

En révoquant la bulle Inter Caetera de 1493, le pape peut montrer son soutien aux peuples indigènes par ses actions, pas seulement par des mots. Cela mettra un terme symbolique à cette tradition de la subjugation que nos avons subie depuis plus de 500 ans.

C’est un effort spirituel que nous entreprenons et ce n’est pas juste à propos du pape et de l’église catholique, c’est à propos du manque d’honneur et de compassion et d’attention qui sont si marquant dans ce monde industriel.

Ceci est un premier pas de l’église et du reste de la chrétienté vers le premier principe indigène: Le respect de la Terre et de notre Mère et avoir un regard sacré pour tout le vivant ; et ceci veut dire pour nos femmes, nos enfants et les générations futures.

Note de l’auteur:

Durant cette congrégation, les 60 délégués de nations autochtones ont développé une « Declaration of Vision » qui incluait un appel à la hiérarchie de l’église catholique romaine de révoquer la bulle pontificale Inter Caetera de 1493. La déclaration fut présentée à l’assemblée générale du parlement mondial par Charlotte Black Elk et fut endorsée comme résolution par un vote unanime. Quoi qu’il en soit, le Dr. David Ramage Jr, président du conseil de la congrégation, annula plus tard le vote dans une réunion post-congrégation, disant que les résolutions passées au cours de l’AG n’étaient pas valides car l’assemblée n’avait pour intention que “d’échanger des points de vue et non de prendre des décisions de groupe”. Il n’est pas clair quelle action sera prise à la suite de cette déclaration.

DOCUMENT SOURCE: Taliman, Valerie. « Revoke the Inter Cetera Bull. » Turtle Quarterly. Fall-Winter 1994, p. 7-8.

Lire la 1ère partie

L’origine profonde du colonialisme occidental: Les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493)

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Suite à nos articles précédents « Au sujet de l’origine du colonialisme: la bulle papale Inter Caetera (Alexandre VI de 1493) » et « Le grand mensonge qui régit le colonialisme: la bulle papale de 1493« , nous avons traduit des extraits des deux bulles pontificales de 1455 (Romanus Pontifex) et 1493 (Inter Caetera), qui ont établies les bases religieuses et légales de la colonisation occidentale et chrétienne depuis la fin du XVème siècle. La bulle Inter Caetera a été instituée comme fondement  de la loi sur les Indiens et la justification du génocide et du vol de territoires subis par les nations autochtones, par décisions de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 (Johnson contre McIntosh), réitéré en 1863 dans le cas de la nation Cherokee contre l’état de Géorgie.

Il faut bien comprendre que la colonisation du continent des Amériques qui perdure aujourd’hui est fondée exclusivement à sa racine par ces textes religieux, fondamentalement racistes et esclavagistes, émanant de deux papes Nicolas V et Alexandre VI. Des demandes multiples de révocation des bulles pontificales Romanus Pontifex et surtout Inter Caetera ont été dûment et officiellement formulées, sans que rien jamais ne se passe bien évidemment. L’hypocrisie de l’église et des gouvernements à ce sujet est abyssale.ne 

En terminer avec l’empire est plus simple qu’on le croit:  Soutenir les peuples indigènes et obtenir la révocation des bulles ce qui entraînera ipso facto des plaintes en cour de justice auxquelles l’empire ne pourra plus faire face et devra abdiquer de ses pseudo-droits territoriaux usurpés de longue date. Il suffit de lui enlever sa base territoriale volée il y a plus de 500 ans !

Ceci est le cœur même de toute l’affaire, les nations amérindiennes et les gouvernements fantoches des banquiers des Amériques, le savent pertinemment.

— Résistance 71 —

 

La bulle pontificale Romanus Pontifex (Nicholas V), du 8 janvier 1455.

Source: http://www.nativeweb.org//pages/legal/indig-romanus-pontifex.html

 

Historique

La bulle pontificale Romanus Pontifex est un exemple important de l’affirmation de la seigneurie spirituelle toute puissante de la papauté sur le monde et de son rôle dans la régulation des relations entre les princes chrétiens et entre les chrétiens et les “non-croyants” (impis et infidèles). La bulle devint la base de la future affirmation du Portugal sur des terres au “nouveau monde”, chose qui fut contrée par la bulle Inter Caetera de 1493.

Une traduction partielle de la bulle Romanus Pontifex est reproduite ci-dessous, comme reproduite de l’ European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Frances Gardiner Davenport, editor, Carnegie Institution of Washington, 1917, Washington, D.C., at pp. 20-26. The original text in Latin is in the same volume, at pp. 13-20.

Traduction partielle de la bulle pontificale Romanus Pontifex de 1455

Note du traducteur: Le premier extrait traite de la mise en esclavage et de l’évangélisation forcée des Africains, le second de la mise en esclavage perpétuel de tous “sarazins et païens” (la bonté religieuse et chrétienne personnifiée n’est-il pas ?…).

[…] du roi Alphonse et de l’Infante et que dans ces nombreuses îles et ce voisinage furent subjugués et possédés pacifiquement, tout comme ils sont toujours possédés ainsi que la mer adjacente. Ainsi beaucoup de Guinéens et autres nègres, pris de force, échangés contre des articles non prohibés ou par tout autre contrat d’achat légal, furent envoyés dans les royaumes. Un grand nombre d’entre eux ont été convertis à la foi catholique et il est espéré avec l’aide de la miséricorde de Dieu, que  si ce tels progrès continuent avec eux, ces gens seront convertis à la foi ou au moins les âmes de bon nombre d’entre eux seront gagnées au Christ.
[…] Ainsi après avoir pesé toutes les conséquences avec la méditation qui se doit et après avoir noté que nous avons donné par missives antérieures la faculté ample et simple au roi Alphone d’envahir, de rechercher, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous sarazins et païens que ce soient et tout autre ennemi du Christ où qu’il soit et les royaumes et duchés et principautés et colonies et possessions et tous biens mobiles ou immobiles en leur possession ainsi que de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et d’appliquer et de s’approprier pour lui-même, ses héritiers et successeurs lesdits royaumes, duchés, principautés, colonies, possessions et biens et de les convertir en ses biens et profits et qu’en ayant sécurisé cette faculté, ledit roi Alphonse ou par son autorité, l’Infante sus-nommée, ont acquis justement et légalement et possèdent et ont fait l’acquisition ces îles, terres, ports et mers et que ceux-ci appartiennent de plein droit au dit roi Alphonse et ses héritiers et successeurs. […]

Ne laissons personne contrevenir éhontement à notre recommandation, exhortation, réquisition, don, permission, tâche, constitution, décret, mandat, prohibition et volonté. Quiconque tenterait ceci doit savoir qu’il subira la colère de Dieu tout puissant et des apôtres Pierre et Paul.

[…]

P. de Noxeto.

 

 

La bulle pontificale Inter Caetera (Alexander VI) du 4 Mai 1493.

Source:

http://www.nativeweb.org/pages/legal/indig-inter-caetera.html

 

Historique

La découverte en 1492 par Christphe Colomb de terres soi-disant asiatiques dans les mers occidentales a menacé les relations instables entre les royaumes du Portugal et de Castille, qui se livraient une course à la suprématie et à la possession de territoires coloniaux le long des côtes africaines depuis plusieurs années. Le roi du Portugal affirma que la découverte était dans les termes des bulles pontificales de 1455, 1456 et 1479. Le roi et la reine de Castille disputèrent ceci et voulurent une nouvelle bulle sur le sujet.

La pape Alexandre VI, natif de la ville de Valence et ami du roi de Castille, répondît avec trois bulles datées des 3 et 4 Mai, qui étaient hautement favorables à la Castille. La troisième de ces bulles appelée Inter Caetera, est reproduite ci-dessous (NdT: Nous n’en avons traduit que des passages essentiels..), dans une traduction du latin à l’anglais publiée dans European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Frances Gardiner Davenport, editor, Carnegie Institution of Washington, 1917, Washington, D.C., at pp. 75-78. The original text in Latin is in the same volume, at pp. 72-75.

Bien que d’autres bulles furent édictées plus tard sur le sujet de la rivalité coloniale entre le Portugal et l’Espagne, la bulle Inter Caetera est devenue un document majeur dans le développement de doctrines légales subséquentes en regard des appropriations de terres de l’empire dans le “nouveau monde”. La bulle donne à la Castille le droit exclusif d’acquérir des territoires, de commercer ou même d’approcher les terres se situant à l’Ouest du méridien positionné à cent lieues à l’Ouest des Açores et des îles du Cap Vert. Une exception fut faite pour les territoires déjà possédées par un autre prince chrétien au-delà de ce méridien avant le jour de Noël 1492.

Traduction d’extraits de la bulle pontificale Inter Caetera de Mai 1493:

[…] qu’en notre époque spécifiquement, la foi catholique et la religion chrétienne soient exaltées et se développent partout, que l’on s’occupe de la santé des âmes et que les nations barbares soient renversées et amenées à la foi elle-même.
[…] Et afin que vous puissiez entreprendre une telle grande chose avec plus de promptitude et de motivation permises par notre faveur apostolique, nous, de notre plein accord, pas à votre requête ni la requête de quiconque d’autre à votre égard, mais de par notre seule largesse et certaine connaissance et de par la plénitude de notre pouvoir apostolique, par l’autorité de Dieu tout puissant qui nous est transmise par Pierre et le vicaire de Jésus Christ, que nous détenons sur terre, déclarons par la présente, que toutes îles trouvées par vos envoyés et vos capitaines, vous soient attribuées à vous vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de Leon, pour toujours, avec l’ensemble des dominions/colonies, villes, camps, places et villages et tous droits, jurisdictions et appartenances de toutes îles et territoires trouvés ou à trouver, découverts ou à découvrir vers l’Ouest et le Sud, en traçant et en établissant une ligne allant du pôle arctique, ci-après nommé le Nord au pôle sud ci après nommé le Sud, sans se soucier si les terres ou les îles découvertes ou à découvrir se situent en direction de l’Inde ou vers quelque autre quartier ; la ligne se situant à cent lieues à l’Ouest et au sud des îles des Açores et du Cap Vert. Avec cette précaution néanmoins qu’aucune de ces îles et de ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, au-delà de cette ligne vers l’Ouest et le Sud, ne soient déjà en possession d’un roi ou d’un prince chrétien au jour de la naissance du Christ notre seigneur de l’an précédent cette années de grâce 1493. Nous vous faisons, appointons vous et vos héritiers et successeurs futurs, roi de celles-ci avec tout pouvoir, autorité et juridiction de toute sorte, avec toutefois cette provision que tout roi ou prince chrétien en possession de ces terres ne puisse en être dépossédé ou être expulsé. De plus, nous vous ordonnons en vertu de la sainte obéissance, qu’employant toute diligence dûe sur place, comme vous l’avez promis et sans que nous doutions de votre obéissance inhérente à votre loyauté et largesse d’esprit royale, vous devrez nommer sur ces terres des hommes d’expérience, obéissants et vivant dans la crainte de Dieu, afin qu’ils instruisent les habitants et les résidents de ces contrées à la foi catholique et à les entraîner à la bonne morale. De plus, quiconque de quelque rang que ce soit, même royal ou impérial,  contreviendrait à l’interdiction de se rendre sur ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, sans permission spéciale de votre part ou de vos héritiers et successeurs, pour y faire commerce ou pour toute autre raison que ce soit, se verrait excommunié late sententie ipso facto.
[…] Ne laissons personne contrevenir éhontement à notre recommandation, exhortation, réquisition, don, permission, tâche, constitution, décret, mandat, prohibition et volonté. Quiconque tenterait ceci doit savoir qu’il subira la colère de Dieu tout puissant et des apôtres Pierre et Paul. Édicté à Rome, St Pierre, dans l’année de l’incarnation de notre seigneur mil quatre cent quatre-vingt-treize, le quatrième jour du mois de mai, dans la première année de notre pontificat.

Donné par ordre de notre plus grand saint seigneur, le pape

June. For the referendary,     For J. Bufolinus,

A. de Mucciarellis.         A. Santoseverino.

L. Podocatharus.