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Qu’y a t’il derriere la révolution tunisienne ? Attention danger !

Posted in actualité, guerre iran, ingérence et etats-unis, média et propagande, résistance politique with tags , , , , on 21 janvier 2011 by Résistance 71

Le putsch de Wikileaks en Tunisie: La CIA prépare un tsunami de coups d’état dans les pays méditerranéens.

Par Webster G. Tarpley 
TARPLEY.net traduit de l’anglais par Résistance 71

16 Janvier 2011

La communauté du renseignement américain est maintenant en état de transe au sujet du succes du renversement du gouvernement de Ben Ali en Tunisie. Le département d’État et la CIA, au travers d’organes de presse qui leurs sont fideles, sont en train de gonfler a bloc et sans vergogne le putsch tunisien de ces derniers jours, comme értant le prototype d’une nouvelle seconde génération de révolutions colorées, coups d’état post-modernes, et manoeuvres de déstabilisation populaires inspirées par la CIA. A Foggy Bottom et Langley, des plans fiévreux sont manigancés pour un véritable tsunami méditérannéen créé pour renverser les gouvernements existants dans les pays arabes et au-dela. Les planificateurs impérialistes pensent et imaginent maintenant qu’ils peuvent espérer renverser ou considérablement affaiblir des régimes gouvernementaux tels ceux de Lybie, Syrie, Egypte, Jordanie, Algérie, Yémen et peut-être d’autres; tandis que les efforts incessants de la CIA pour faire passer a la trappe le premier ministre italien Berlusconi (a cause de son amitié avec Vladimir Poutine et son support du concept du pipeline passant au sud de l’Europe), fait de ceci non seulement une affaire arabe, mais aussi une affaire d’orgie de déstabilisation des régimes pan-méditerranéen.

Révolution de la faim, pas celle du Jasmin

Les planificateurs impérialistes de Washington pensent qu’ils ont des a présent régénérer leur modele existant de révolution colorée de la CIA. Cette méthode de liquidation des gouvernements a perdu de son prestige apres la tentative infructueuse de la “révolution du cedre” au Liban, le retour du bâton apres la révolution orange ukrainienne qui généra plus de haine pour la coalition FMI-OTAN, le camouflet de la révolution verte dite Twitter en Iran en Juin 2009, ainsi que le discrédit quasi général de la révolution rose de Géorgie a cause de l’attitude belliqueuse et les activités répressives du fou fasciste Saakachvili. Le consensus impérialiste aujourd’hui est que les évenements tunisiens préfigurent une nouvelle génération de coups d’état populaires spécifiquement adaptés aux besoins actuels dans un contexte de dépression économique, crise structurelle et désintégration de l’économie casino globale.

Le tumulte tunisien est décrit dans la presse américaine comme étant la “révolution du jasmin”, mais il est beaucoup plus réaliste de la concevoir comme une variation de la classique révolution de la faim. Le gros du débat n’était pas tant que la classe moyenne tunisenne ne s’exprime, vote et blogue; cela a commencé comme la rapacité de Wall Street qui dévaste la planete: des prix alimentaires et de carburants ignomineusement hauts causés par la spéculation boursiere dérivative, haut niveau de chômage et de sous-emploi et un désespoir économique généralisé. Le détonateur fut le suicide tragique du vendeur de légumes Sidi Bouzid qui était harcelé par la police. Alors que Ben Ali se démenait pour demeurer au pouvoir, il reconnut ce qui causait l’émoi par son geste de faire baisser les coûts de la vie et des produits alimentaires. Le gouvernement jordanien a baissé ses prix dans la foulée de l’ordre de 5%.

Assange et Wikileaks comme outils principaux de contrôle des jeunes idéalistes

La nature économique des troubles récents pose un véritable probleme aux impérialistes de Washington, car la ligne du département d’état tend a ne définir les droits de l’Homme qu’en termes politiques ou religieux et jamais, jamais en matiere économique ou en droits sociaux. Le contrôle des prix, des salaires, les bénéfices du chômage, paiements de droits sociaux, santé publique, logement, droits syndicaux, régulation financiere et banquiere, protectionisme tarifaire ou autres outils de self-defense économique nationale, n’ont aucune place dans le mantra du consensus de Washington. En ces circonstances, que peut-on faire pour duper la vaste majorité des jeunes sous l’âge de 30 ans qui représentent la réalité démographique de la grande partie du monde arabe ?

En ce domaine, les drônes prédateurs du cyberespace Julian Assange et Wikileaks rendent un service indispensable a la cause impérialiste. A l’automne 2009 en Islande, Julian Assange fut déployé par ses financiers payeurs pour kidnapper et bouleverser un mouvement pour une survie économique dans un moratorium sur la dette, le rejet de l’interférence du FMI et le relancement de l’économie par un programme ambitieux de développement des infrastructures nationales et l’exportation de biens de capital sous la forme de haute technologie, en particulier sous la forme de technologie pour l’énergie géothermique. Assange fut capable de convaincre un bon nombre de gens en Islande de pousser pour la publication d’une série de documents émanants du gouvernement américain, soigneusement pré-sélectionnés, qui d’une maniere ou d’une autre ciblaient des gouvernements et des personnalités politiques que Londres et Washington avaient intérêt a embarrasser ou a affaiblir. En d’autres termes, Assange fut capable de duper des activistes honnêtes a travailler pour les financiers de l’impérialisme. Assange n’a pas de programme sauf celui de la “transparence”, qui est une rengaine constante de la mafia anglo-américaine alors qu’elle essaie de renverser des gouvernements ciblés surtout dans le secteur des pays en voie de développement.

La Tunisie est peut-être le premier cas ou Assange et Wikileaks peuvent clâmer de maniere crédible qu’ils ont été le détonateur d’un coup. La plupart des médias sont d’accord pour dire que certains câbles du département d’état, qui étaient une partie de la fuite récente de Wikileaks, focalisaient sur les exces et la style de vie de Ben Ali et que ces documents ont joué un rôle primordial a mettre dans la rue la petite bourgeoisie tunisienne. Merci en partie a Assange, les réseaux de télévision occidentaux ont été capables de montrer la foule tunisienne portant des pancartes ou était inscrit: “Oui, nous le pouvons !”, plutôt que le plus réaliste “Les prix de la nourriture sont bien trop élevés !”

Ben Ali était au pouvoir depuis 23 ans. En Egypte, le président Moubarak est au pouvoir depuis pres de 30 ans. Le clan Assad en Syrie est aussi au pouvoir depuis trois décennies. En Lybie, le colonel Khadafi est au pouvoir depuis pres de 40 ans. Hafez el Assad a été capable d’organiser une succession de son pouvoir quasi monarchique en légant le pouvoir a son fils quand il décéda il y a plus de 10 ans. Et Moubarak et Khadafi essaient de faire de même. Les USA ne veulent pas de ces dynasties; ainsi la tactique évidente pour la CIA est de développer des réseaux sociaux sous-contrôle tels Twitter, Google, Facebook, Wikileaks etc afin de transformer des membres clés de la jeunesse en colere en une foule déferlante pour mettre a bas les régimes gérontocratiques.

La CIA désire de nouvelles marionnettes agressives pour jouer le jeu contre l’Iran, la Russie et la Chine

Tous ces pays demandent bien sûr de sérieuses réformes politique et économique, mais ce que la CIA est en train de faire avec cette vague de déstabilisation n’a rien a voir avec des changements positifs dans les pays impliqués.Ceux qui doutent de cela devraient se rappeler l’horrible constat politique et économique des mariannettes installées a la suite des récentes révolutions “colorées”. Des gens comme les agents cleptocrates du FMI et de l’OTAN en Ukraine: Yushenko et Timoshenko, le dictateur psychopathe georgien Saakachvili et ainsi de suite. Les forces politiques qui sont assez imprudentes d’accepter les idées de “changement et d’espoir” du département d’état américain se retrouveront bientôt sous le joug d’oppresseurs de ce style. Le danger est tres important en Tunisie, car les forces qui ont sorties Ben Ali n’ont aucun leader visible et aucune organisation politique de masse viable qui pourraient les aider a lutter contre une ingérence extérieure, de la façon dont le Hezbollah fut capable de mettre échec et mat le putsch de la “révolution des cedres” au Liban. A Tunis, la voie est libre pour la CIA d’imposer un candidat de son choix, de préférence sous le “couvert d’élections”. Vingt trois années de régime Ben Ali ont laissé malheureusement la Tunisie dans un état plus déliquescent.

Pourquoi Washington est si obsédée par l’idée de renverser ces gouvernements ? La réponse a tout a faire avec l’Iran, la Russie et la Chine. En ce qui concerne l’Iran, le département d’état tente notoirement de rassembler un front uni des régimes arabes et sunnites contre l’Iran chiite et ses alliés dans la région. Ceci ne s’est pas bien déroulé ainsi que le montre l’incapacité pour les Etats-Unis d’installer leur marionnette préferrée Allawi en Irak, ou le pro-iranien Maliki semble se maintenir au pouvoir pour le futur. Les Etats-Unis désirent de tout coeur un nouveau front de de démagogues instables qui seront plus enclins de mener leur pays contre l’Iran que les régimes sclérosés courants. Il y a aussi la question de la pénétration économique de la Chine dans la région.

Nous pouvons être assurés que les nouveaux leaders politiques installés par les Etats-Unis inclueront dans leur programme politique une rupture des relations économiques avec la Chine, spécifiquement une rupture des livraisons de pétrole, gaz et matieres premieres, exactement dans la ligne de conduite d’un Mir-Hossein Mousavi, qui se préparait a mener l’Iran s’il avait pris le pouvoir durant l’été 2009, aux sons de “Mort a la Russie, mort a la Chine”, scandés par ses supporteurs achetés. De surcroi, l’hostilité des Etats-Unis envers la Russie est toujours aussi forte, malgré les effets cosmétiques de la ratification du traité START II. Si par exemple une révolution colorée venait a surgir en Syrie, nous pourrions être certains que la présence navale russe dans le port de Tartus serait immédiatement terminée. Si les nouveaux régimes démontrent une hostilité envers l’Iran, la Chine et la Russie, nous verrions que bientôt les préoccupations sur les droits de l’Homme, disparaîtraient vite de l’agenda américain.

Les déstabilisateurs clés de l’administration Obama

Pour ceux a qui cela intéressent, il peut être utile de montrer quelques déstabilisateurs dans le régime américain actuel. Il est évident bien sûr que la vague actuelle de subversion contre les pays arabes a été déclanchée par la secrétaire d’état Hillary Clinton par son discours tres remarqué la semaine derniere a Doha au Qatar, quand elle mit en garde les leaders des pays arabes assemblés de réformer leurs économies (en accords avec le dogme du FMI) et de lutter contre la corruption ou bien faire face a l’eviction.

Considérant le rôle critique d’Assange et de Wikileaks dans la phase actuelle, le tsar de la régulation de la Maison Blanche Cass Sustein doit aussi être considéré comme un des putschistes prominant. Nous devons nous rappeler que le 24 Février 2007, Cass Sustein écrivit un article pour le Washington Post intitulé “A brave new wikiworld” dans lequel il déclarait que “wikileaks.org, fondés par des dissidents chinois et d’autres nations planifiait d’exposer et de publier des documents gouvernementaux secrets et de les protéger de la censure par des logiciels d’encryptures secrets.” Ceci fut en fait le gros coup publicitaire de Wikileaks et d’Assange pour leur début dans la grand bain de l’information; tout cela grâce au tsar actuel de la Maison Blanche Cass Sustein. Ne serions-nous pas en droit de supposer que Cass Sustein est en fait le contact et le contrôleur de Wikileaks au sein même de la Maison Blanche ?

Chaque arbre de la forêt arabe risque de tomber

Une autre personne digne d’intérêt et que nous devons mentionner ici est Robert Malley, un agent sous couvert de gauche de l’administration américaine qui est a la tête en ce moment des programmes concernant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de l’International Crisis Group (ICG), une organisation réputée fonctionner avec l’argent de George Soros et les tactiques ellaborées par Zbigniew Brzezinski. Malley était un caractere controversif durant la campagne électorale de 2008 a cause de sa position anti-israélienne feinte afin de leurrer plus efficacement les leaders du monde arabe qu’il cible. Malley a déclaré le 16 Janvier 2011 au Washington Post que dorénavant tous les arbres de la forêt arabe pourraient être sur le point de tomber. “Nous pourrions regarder la liste des leaders des pays arabes maintenant et tres peu ne seraient pas sur la liste,” Les gouvernements arabes seraient tres avisés de garder un oeil averti sur les membres de l’ICG dans leur pays.

Le tsar Cass Sustein est maintenant marié a Samantha Power, qui travaille a l’heure actuelle avec le National Security Council (NSC) comme assistante spéciale aupres du président et directrice du bureau des affaires multilatérales et des droits de l’Homme, le berceau des opérations de déstabilisation comme celle en cours en Tunisie. Power, tout comme Malley est une vétéran des services de renseignement US dans la division des droits de l’Homme et qui est tres efficace a utiliser des infos légitimes a propos de répression pour remplacer de vieux clients des etats-unis avec de nouvelles marionnettes dans un ballet sans fin de subversion et d’ingérence incessantes. Tous deux, Power et Malley furent forcés de démissionner durant la campagne d’Obama en 2008, Malley pour avoir parlé au Hamas et Power pour une tirade offensante contre Hillary Clinton, maintenant sa rivale bureaucratique.

Conseil aux gouvernements arabes, forces politiques et syndicats

Le monde arabe a besoin d’apprendre quelques leçons fondamentales a propos de la mécanique de fonctionnement des révolutions colorées fomentées par la CIA, ou ils répeteront les expériences tragiques qui se sont déroulées en Géorgie, Ukraine et bien d’autres pays. Dans le monde d’aujourd’hui appauvri par une dépression économique globale, un programme de réforme capable de défendre les intérêts nationaux contre les forces charognardes de la globalisation financiere est une préoccupation de premiere importance.

Ainsi, les gouvernement arabes devraient expulser immédiatement tous les représentants du FMI, de la Banque Mondiale et de leurs clônes prêteurs sur gages. Les pays arabes qui sont actuellement sous le joug des conditions du FMI (l’Egypte, la Jordanie parmi les pays arabes et la Pakistan dans le monde musulman) doivent de maniere unilatérale et immédiatement cesser les réformes, expulser les sbires de ces institutions et rétablir leur souveraineté nationale. Tous les états arabes devraient immédiatement et unilatéralement décider d’un moratoire sur la dette sous la forme d’un gel de tout paiement des intérêts et du capital avec ouverture de négociations, sous la forme de ce qu’avait entrepris l’Argentine en 2001, a commencer avec des sommes soi-disant dûes au FMI et la Banque Mondiale. Les biens des compagnies étrangeres, surtout celles oeuvrant dans le pétrole doivent être saisis selon les cas. Instauration d’un contrôle des prix des biens de consommations alimentaire courants et des carburants, incluant des pénalités draconniennes pour toute spéculation, y compris sur les marchés dérivatifs. Des mesures dirigistes comme la protection des prix, tarifs et des prix des biens de consommations alimentaires peuvent être établies tres rapidement.

La production alimentaire a besoin d’être promue par des primes de production et d’importation ainsi que des accords internationaux. Des stocks de grains doivent être constitués a l’échelle nationale. Le contrôle du capital et des changes devront être implémentés afin de prévenir des attaques sur les monnaies nationales par les hedge funds qui agissent avec l’intention voilée de renverser des gouvernements. Le plus important, les banques nationales doivent être de nouveau nationalisées et reconverties a une politique du crédit a 0% pour le développement des infrastructures nationales, l’agriculture, le logement et la production de commodités physiques avec des mesures spéciales pour développer les exportations. Une fois ces mesures en action, il sera sûrement temps de considérer l’intégration des économies des pays arabes en une communauté de développement économique ou les gains en devises étrangeres résultant de la production et de l’exportation du pétole pourront être mis au travail pour le développement économique de l’ensemble des nations arabes et de leur avantage mutuel pour l’infrastructure et l’investissement du capital de biens tangibles a travers l’ensemble du monde arabe.

L’alternative est une série sans fin de déstabilisations manipulées par les puissances étrangeres et dont l’issue sera tres probablement le chaos terminal.

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