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Révolution égyptienne: puisse le peuple égyptien briser l’ingérence

Posted in actualité, ingérence et etats-unis, politique et social, résistance politique with tags , , , on 16 février 2011 by Résistance 71

Egypte : Et, le Soleil se leva !…

Par Georges Stanechy

« Chaque matin, pour gagner mon pain, je vais au marché où l’on vend des mensonges et plein d’espoir, je me range du côté des marchands… »

Jean-Luc Godard (1)

Et, le Soleil se leva !…

Cette image du splendide poème chanté par l’artiste québécois Richard Desjardins ne me quittait pas face à la joie du peuple Egyptien, à l’annonce de la démission du tyran qui l’opprimait dans la sauvagerie et la honte depuis plus de trente ans.

Dans sa chanson, Richard dénonce l’Empire qui surgit pour asservir un peuple. Avant de le spolier, le violenter, sous la menace, le chef de la soldatesque demande dans un mégaphone : « Qui est le chef ? Et, qu’il se lève ! »…

« Et, le Soleil se leva !… ».

Magnifique métaphore, pleine vérité. Le Temps, l’Histoire, triomphent toujours de la violence, de l’arrogance de ceux qui pensent que l’esclavage des peuples et nations est le privilège éternel du plus Fort.

L’aveu

Obama ne jamais paru aussi pathétique que dans sa déclaration, prenant acte du renversement de son protégé. Je le regardais en direct sur une TV : visage fermé, élocution crispée, une tête d’enterrement ! En complet déphasage avec les propos qui se voulaient empreints de sympathie à l’égard de la nation Egyptienne rassemblée dans une immense allégresse. Les déclarations des pantins-vassaux européens, qui suivirent, ne valaient guère mieux.

Dans ce non-dit, lugubre, du président des USA : l’aveu… D’une immense défaite pour  l’Empire.

D’abord psychologique. Remettant en cause son emprise sur la région, fissurant toutes les dictatures installées par ses soins et ses armes. Jusqu’au bout, les USA, Israël, l’Europe, les occidentaux, ont essayé de sauver le dictateur, leur créature depuis des décennies. Souhaitant écraser la Révolution, ils voulaient faire tirer sur la foule, comme ils l’ont fait dans de multiples pays pour sauver les dictatures à leurs ordres.

Installant pour cela, en tant que vice-président, le tortionnaire de son régime sanguinaire, surnommé « Sheikh Al-Torture »… Un tueur sans état d’âme, réputé pour son “raffinement”. Se livrant, entre autres pratiques suaves pour terroriser davantage ses victimes lors d’interrogatoire qu’il lui arrivait de superviser personnellement, à l’exécution d’un détenu au préalable réduit en loque, par un coup de karaté …

Tirer sur la foule. Comme à Bangkok, il n’y a pas si longtemps. Comme ils l’avaient fait lors de la révolte des Mexicains rassemblés pacifiquement, en famille, sur la grande place de Tlatelolco. Des centaines de morts, disparus, suite à la fusillade de l’armée mexicaine, la nuit du 2 octobre 1968. (2)

En Egypte, les occidentaux avaient à leurs bottes tout l’appareil répressif, police et services secrets, la garde présidentielle, et l’armée de l’air. Ils n’ont pas réussi à faire adhérer l’armée de terre, à part quelques généraux, à leur projet. C’est ce qui a fait basculer la décision. Gênés aussi, les temps changent, que le reste de la planète les observe “à la fenêtre”, regardant jusqu’où leur cynisme allait les mener, grâce aux liaisons Internet difficile à censurer.

Le déni

Bien sûr, perdre une bataille n’est pas perdre la guerre se disent les stratèges de l’Empire. Ils vont tout faire pour mettre en pratique ce qu’ils savent si bien faire, et qu’ils sont en train de programmer en Tunisie. Trois objectifs immédiats :

i) Conserver la politique étrangère et la défense nationale

Bloquer par tous les moyens une évolution politique similaire à celle de la Turquie, qui a réussi à conforter son régime parlementaire après avoir remis les militaires à leur juste place : celle des casernes. Leur rôle n’étant pas de gouverner. Car, ce n’est pas l’exemple Iranien qui leur fait peur, mais l’exemple Turc.

La Turquie, pays de 75 millions d’habitants en pleine croissance économique, s’émancipe de plus en plus. Faisant entendre sa voix et ses désaccords. Erdogan est le seul chef d’Etat à avoir, au sommet de Davos de 2009, dit publiquement ses quatre vérités à Simon Peres sur les crimes commis en Palestine…

On a vu aussi le courage des Turcs, lors du massacre de la Flottille de la Liberté apportant une aide humanitaire à la population de Gaza. Ils viennent de sortir un film sur ce crime contre l’humanité et acte de piraterie, non condamnés par l’ONU, qui connaît un succès international : Valley of the Wolves Palestine.

Une suite au célèbre film donnant lieu a une série TV, La Vallée des Loups en français, sur le comportement de la soldatesque occidentale en Irak avec, notamment, la condamnation d’une de leurs pratiques favorites le massacre des populations lors des mariages…

Films et séries, évidemment, censurés en Occident et dans les dictatures à son service.

Le dynamisme de leur industrie cinématographique produisant Films et séries TV à gros budgets, dont l’engouement dans les pays arabes et ailleurs est colossal, inquiète beaucoup les spécialistes de la désinformation. Il est le signe de l’indépendance ultime : celui de la réappropriation de sa Culture et de son Histoire. Allant à l’encontre des schémas de propagande et d’autosatisfaction de l’Empire.

Si cette attitude à la “de Gaulle” se généralisait au Moyen-Orient, cela va faire subitement beaucoup « d’indépendances » à gérer. Et, sombre perspective, annonciateur de la fin des multiples bases et centres de tortures occidentaux dans la région, couvrant les pillages…

Il est, en conséquence, vital, prioritaire, pour l’Empire de conserver à son seul usage les privilèges d’une authentique souveraineté de l’Egypte : la politique étrangère et les forces armées. Pour cela, truquer les élections en éliminant tous ceux qui ne voudraient pas souscrire à ses directives, prétendant affirmer une volonté d’autodétermination en politique étrangère et défense nationale.

Pour ce qui est de la prétendue aide et assistance militaire, d’environ 1,5 milliard de dollars chaque année (l’aide civile n’est que de 250 millions de dollars…), rappelons qu’elle retourne à son point de départ puisque les achats d’armes bénéficient aux industries de l’armement US. De plus, dans du matériel dépassé, obsolète, ou “bridé”, et largement tourné vers la répression, les performances du matériel livré, tant des forces terrestres qu’aériennes, étant contrôlées par Israël.

ii) Conserver la mainmise sur l’économie égyptienne

Le contrôle l’appropriation du système économique est un gage de servitude. L’Egypte la subit déjà. Elle va être renforcée : système bancaire et financier, services publics rentes de situation type télécoms, eau, transport, etc., investissements et industries de sous-traitance, avec interdiction d’accès aux hautes technologies dans tous les domaines, étant les principales orientations fixées.

Comme en Afrique du sud, où la chute de l’apartheid a permis la création d’une petite bourgeoisie, hormis les dignitaires politiques rapidement corrompus. Mais, le peuple Sud-Africain dans son immense majorité vivant dans la misère, encore spolié des gigantesques richesses minières du pays. Restant toujours la propriété des occidentaux, essentiellement par l’intermédiaire de groupes miniers canadiens ou australiens.

iii) Empêcher toute “épuration”

Ne pas toucher à l’infrastructure de l’appareil répressif. Eviter toute “vague” qui étalerait bien des secrets d’Etat. Imposer une « commission de réconciliation », comme les occidentaux l’ont imposée en Afrique du sud. Pour étouffer toute épuration, procès publics, nationalisations des biens spoliés, et condamnations de tous les tortionnaires, profiteurs, indics et « collabos » de la dictature.

L’essentiel, dans ce type d’opération, de mascarade, n’étant pas la réconciliation nationale mais avant tout bloquer toute fuite démontrant l’implication des occidentaux dans la répression, son organisation, sa mise en place de moyens, ses conseils techniques et l’apport de ses spécialistes es-tortures.

Tartuferie et Torture

Evidence : aucune remise en cause de la politique de l’Occident. Les médias de l’Empire, très réactifs à la suite du discours d’Obama, déballaient sans transition leur nouvel arsenal de propagande. Chantant les louanges d’Obama et de l’Occident des Lumières, qui grâce à leur patiente sollicitude avaient conduit les pays arabes à l’âge adulte, parvenant enfin à se libérer des dictateurs, et de leurs régimes corrompus, qu’ils s’étaient choisis…

Cynisme sans borne.

J’entendais sur une chaîne de TV un « politologue-spécialiste du monde arabe” dire que cela allait faire tâche d’huile et s’étendre en Chine !… Apparemment, ce distingué « expert-du-monde-arabe« , emporté dans sa fulgurante analyse se retrouvait en Asie, par vol sans escale, après avoir survolé la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Yémen, les monarchies pétrolières d’opérette, les yeux fermés !… (3) Tout juste s’il n’allait pas se retrouver au Venezuela ou, encore, à Cuba.

On a beau se vouloir adepte du pacifisme et de la non-violence, sincèrement : il y a des paires de claques qui se perdent. Alors que l’écroulement de l’idéologie du Choc des Civilisations devrait emmener, immédiatement, les pays occidentaux à une profonde remise en cause de leur vision, de leur politique étrangère… C’est l’aveuglement impérial qui poursuit sa course, dans le mur. Cet obscurantisme, ce fanatisme, qui nous déconsidèrent aux yeux du reste de la planète.

Se posent en effet trois exigences, que notre tartuferie n’est plus en mesure de contourner :

1. Arrêter l’instrumentalisation des Droits de l’Homme et de La Dignité Humaine servant à couvrir nos crimes et complicités, mais en réaffirmer, en renforcer les obligations :

=> Condamner la torture. Mettre au ban des nations, les régimes et les personnes qui l’organisent, la pratiquent. Les traduire devant le Tribunal International de la Haye pour crimes contre l’Humanité. Qui sont, rappelons-le, imprescriptibles !

=> Condamner la pratique de l’internement de toute personne sans procès. Ce sont des milliers de personnes qui croupissent dans les geôles des dictatures, et entreprises coloniales occidentales de la Palestine à l’Afghanistan.

=> Condamner l’enlèvement de tout national, quel qu’en soit le prétexte, jugé par des tribunaux qui ne sont pas de son pays pour des crimes réels ou supposés commis sur le territoire de sa nationalité. Guantanamo étant l’archétype de l’abjection pour l’Occident, quant à cette pratique banalisée.

=> Interdire  l’internement des enfants dans la stricte application de La protection des Enfants imposée par la charte de l’ONU. On parle des « enfants soldats », mais jamais des « enfants emprisonnés » pour fait de Résistance, aux dictatures, aux aventures coloniales, en Palestine, en Irak, en Afghanistan. Des milliers.

2. Condamner le racisme anti-arabe et l’islamophobie qui sont des instruments de propagande dans les pays occidentaux. Encouragés, bénéficiant de tous les moyens, dans tous nos médias, dans l’impunité absolue. Avec pour effet d’endoctriner les opinions publiques afin de camoufler nos soutiens aux dictatures et les pillages auxquels nous nous livrons dans leurs pays.

3. Revoir nos principes et actions diplomatiques qui soutiennent les régimes sanguinaires opprimant les populations civiles, sur tous les continents, dans des élections truquées dont toute opposition est bannie, si ce n’est sous forme de simulacre.

Mesures, principes et dispositions ne sont que chiffons de papier si nos propres dirigeants, responsables, politiques, économiques, n’ont aucune éthique.

Voir nos dirigeants, tous partis confondus, se rendre en vacances dans des dictatures, à l’invitation des tyrans pour être logés dans des palaces, en caravane, avec épouse, concubines et courtisans est, non seulement, une honte, mais encore, un crime, du moins une complicité de crime. Se piquant de philosophie, de culture, d’art, de méditation, devant des monuments antiques, sachant qu’hommes, femmes, enfants, sont torturés, internés arbitrairement, pour s’être révoltés contre l’injustice dans le pays hôte.

Car, comme je ne manque pas de le répéter, à ce niveau de responsabilité :

i) Soit, on ne le sait pas et c’est inadmissible, toutes les informations étant disponibles par de multiples canaux officiels et officieux. En ce cas là : on est un nul, un incompétent, dans l’exercice de ses fonctions.

ii) Soit, on le sait et on fait semblant de ne pas le savoir et, en ce cas, on est aussi abject que les dictateurs sanguinaires qu’on cautionne.

Face à cette répugnante tartuferie, les Peuples de Tunisie, d’Egypte, viennent de nous donner une leçon de courage et d’éthique. Souhaitons qu’ils connaissent enfin la paix, la prospérité, l’épanouissement qu’ils méritent. Partageons leur joie.

Pour avoir évoqué la longe lutte du Peuple de l’Afrique du sud pour sa libération de l’apartheid, lutte se poursuivant plus souterraine pour la réappropriation de ses richesses nationales, je leur dédie l’émouvante chanson de Johnny Clegg, Asimbonanga. Dans cette chanson,  il célèbre cette lutte universelle, la mémoire des principaux résistantes et résistants assassinés, souvent sous la torture : Steve Beko, Victoria Mxenge, Neil Aggett…

A la mémoire de Mohamed Bouazizi, de tous les Tunisiens, de tous les Egyptiens, et tous ces combattants de la liberté de par le monde, assassinés, torturés, humiliés, par les dictatures et les colonisateurs, avec la complicité de La Communauté Internationale.

Johnny Clegg  chantant en zoulou:

Asimbonang ‘umfowethu thina

Laph’ekhona,
Laph’wafela khona

Notre frère n’est plus là
Là où il vivait

Là où il est mort…

(1) Phrase dite, dans son film Le Mépris, par Fritz Lang.

(2) Lire le poignant ouvrage, compilations de témoignages sur ce massacre : La Noche de Tlatelolco d’Elena Poniatowska, Ediciones Era, México D.F, 1971 (réédition 2001).

Notons que son livre extraordinaire d’émotion et de vérité historique, à ma connaissance, n’a pas encore été traduit en français.

Le niveau de carnage et de sauvagerie avait révolté la conscience du chef de la CIA au Mexique, Philip Agee. Pourtant, pas le genre « tendre ». A tel point qu’il s’est réfugié à Cuba et à passé le reste de sa vie à dénoncer les agissements assassins de l’Empire, malgré les menaces de mort pour lui et sa famille.

(3) Perles vues et entendues, entre autres, sur la chaîne française « i-télé »…

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/article-egypte-et-le-soleil-se-leva-67126476.html

Résistance politique: l’agenda des Etats-Unis en Egypte, révolution ou pétard mouillé ?

Posted in actualité, crise mondiale, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, politique et social, résistance politique with tags , , , on 29 janvier 2011 by Résistance 71

Le mouvement de protestation en Egypte: les dictateurs ne dictent pas, ils obéissent aux ordres

par Michel Chossudovsky

Global Research, January 29, 2011

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=22993

— Traduit de l’anglais par Résistance 71 —

Le régime Moubarak en voie d’effondrement devant un mouvement de contestation nationale… Quel avenir pour l’Egypte et le mone arabe ?

“Les dictateurs ne dictent pas, ils obéissent aux ordres”. Ceci est vrai en Egypte, en Tunisie et en Algérie. Les dictateurs sont de maniere invariable des marionnettes politiques. Ils ne décident pas. Le président Hosni Moubarak fut un serviteur fidele des intérêts économiques occidentaux, tout comme le fut Ben Ali. Le gouvernement national est l’objectif du mouvement de protestation. L’objectif est de se débarasser de la mariennette plutôt que du marionnetiste. Le slogan en Egypte est “A bas Moubarak, a bas le régime”. Aucun posters anti-américains n’ont été notés. Le phagocytage et l’influence destructrice des Etas-Unis en Egypte et a travers le Moyen-Orient est sans précédent. Les puissances étrangeres qui operent derreire la scene sont protégées du mouvement de protestation.

Aucun changement poilitique d’importance ne se fera sans que le probleme de l’interférence étrangere ne soit adressée de maniere conséquente par le mouvement de protestation.

L’ambassade américaine du Caire est une entité politique tres importante, qui fait de l’ombre de maniere invariable au gouvernement national, hors, l’ambassade n’est pas une cible du mouvement de protestation. En Egypte, un programme du FMI devastateur fut imposé en 1991 au sommet de la crise du Golfe et de la guerre. Il fut négocié en échange de l’annullement de la dette militaire de l’Egypte qui s’élevait a quelques milliards de dollars dûs aux Etats-Unis, ainsi également que sa participation a la guerre. La dérégulation résultante des prix alimentaires, privatisations massives et mesures d’austérité draconniennes menerent a un apauvrissement du peuple égyptien et a la déstabilisation de son économie. Le gouvernement de Moubaeak fut primé comme ´´tant un “éleve modele du FMI”.

Le rôle du gouvernement Ben Ali en Tunisie fut également de renforcer la médecine mortelle du FMI, qui sur une période de plus de 20 ans, servit a completement déstabiliser l’économie et a appauvrir la population tunisienne. Ces 23 dernieres années, la politique économique et sociale de la Tunisie a été dictée par le consensus de Washington. A la fois Ben Ali et Moubarak sont restés au pouvoir parce que leurs gouvernemernts respectifs obéissaient et renforçaient de maniere effective les diktats du FMI.

De Pinochet a Videla, de Baby Doc Duvalier a Ben Ali en passant par Moubarak, les dictateurs ont été installés par Washington. Historiquement en Amérique latine, les dictateurs étaient installés suite a une série de coups d’Etats militaires. Aujourd’hui, ils sont installés par “des élections libres et justes”, sous la surveillance de la “communauté internationale”.

Notre message au mouvement de protestation:

Les décisions actuelles sont prises a Washington par le département d’état américain, au pentagone, a Langley, le quartier général de la CIA, au QG de la Banque Mondiale et au FMI. La relation du “dictateur” avec les intérêts étrangers se doit d’être adressée. Expulsez les marionnettes politiques, mais n’oubliez pas de cibler également les véritables dictateurs. Le mouvememt de protestation se doit de focaliser sur le véritable siege de l’autorité politique, il doit cibler l’ambassade des Etats-Unis, la délégation de l’Union Européenne, les missions nationales du FMI et de la Banque Mondiale.

Des changements politiques et sociaux de valeur ne pourront s’effectuer que si l’agenda politico-économique néolibéral est jetté a la poubelle séance tenante.

Régime de remplacement

Si le mouvement de protestation ne s’occupe pas du rôle des puissances étrangeres inclues les pressions exercées par les “investisseurs”, les créditeurs extérieurs et les instances financieres internationales, l’objectif de la souveraineté nationale ne sera pas atteint. Dans ce cas, ce qui se passera ne sera que le remplacement du régime de maniere restreinte, ce qui produira une continuité politique. Lesa dictateurs sont mis en place et virés; quand ils sont politiquement discrédités et ne servent plus les intérêts de leurs sponsors américains, ils sont remplacés par un nouverau leader, souvent recruté parmi les rangs de l’opposition.

En Tunisie, l’administration Obama s’est déja positionnée. Elle entend jouer un “rôle clef” dans le “programme de démocratisation” (en organisant des élections soi-disant justes et libres…). Elle entend également utilsiser la situation de crise politique pour affaiblir le rôle de la France et consolider sa position en Afrique du Nord: “Les Etats-Unis, qui ont été prompts a réagir a l’opportunité de la protestation dans les rues tunisiennes, essaie de pousser son avantage et de demander des réformes démocrartiques dans la pays et au dela.”

L’envoyé spécial des USA pour le Moyen-Orient, Jeffrey Feltman, a été le premier étranger a arriver dans la pays apres que le président Ben Ali se fut enfui le 14 Janvier et il appela tres vite pour des réformes. Il a dit Mardi que seules des élections libres et justes renforceraient et donneraient une crédibilité au leadership en lutte du pays nord-africain.

“Je m’attends certainement a ce que nous utilisions l’exemple tunisien dans les négociations avec les autres gouvernements arabes, ajouta l’assistant secrétaire d’état Feltman. Il fut détaché dans le pays nord-africain pour offrir l’aide américaine dans la transition turbulente du pouvoir et il rencontra des ministres tunisiens et des figures de la vie sociale. Feltman se rend a Paris Mercredi pour discuter de la crise avec les leaders français, renforçant l’impression que les Etats-Unis sont en train de mener le support international pour une nouvelle Tunisie et au détriment de son ex-force coloniale de tutelle: La France. Les nations occidentales ont supporté le régime tunisen déchu en le voyant comme un rempart contre les militants islamistes dans la region nord-africaine.

En 2006, le secrétaire a la défense d’alors Donald Rumsfeld fit un discours a Tunis ou il se félicita de l’évolution du pays.

La secrétaire d’état actuelle Hillary Clinton s’immisça avec son discours de Doha au Qatar du 13 Janvier, mettant en garde les leaders arabes de laisser plus de libertés a leurs citoyens ou de risquer une exploitaion extrémiste de la situation. “Il n’y a aucun doute que les Etats-Unis essaient de se positionner tres rapidement du bon côté “.

Washington parviendra t’elle a imposer une nouvelle marionnette ?

Cela dépend de la capacité du mouvement de protestation a gérer le rôle insidieux des Etats-Unis dans les affaires intérieures de leur propre pays. Les puissances impérialistes qui ne demandent qu’a prendre en charge la situation ne sont pas mentionnées. Triste ironie du sort, le président Obama a exprimé son soutien au mouvement de prostestation. Beaucoup de gens au sein même du mouvement de protestation sont enclins a penser qu’Obama est dévoué a la démocratie et aux droits de l’Homme et est un supporteur de l’opposition afin d’éliminer un dictateur, qui fut installé au pouvoir par les Etats-Unis en premiere instance.

Le cooptage et les leaders d’opposition

Le cooptage des leaders d’opposition majeure et des organisations de dociété civile dans l’anticipation de l’effondrement d’un gouvernement marrionnette autoritaire fait partie intégrante du design de Washington, ceci est appliqué a différentes regions du monde. Le processus de cooptage est effectué et financé pardes fondastions basées aux Etats-Unis, incluant la NED (National Endowment for Democracy) et Freedom House (FH). Ces deux entités ont des liens directs avec le congres américain, le conseil en relations étrangeres (CFR) et le cartel du gros business US. A la fois la NED et FH sont connus pour avoir des liens avec la CIA.

La NED est activement impliquée en Tunisie, Egypte et Algérie, Freedom House supporte plusieurs organisations de société civile en Egypte. “La NED fut fondée par l’administration Reagan apres que fut porté au grand jour l’implication de la CIA dans un rôle de financement secret pour renverser des gouvernements démocratiquement élus, ce qui mena a jetter le discrédit sur les partis, les mouvements, les journaux, livres, magazines et individus qui reçurent des fonds de la CIA.

Comme entité bipartisane qui sollicite la participation des deux partis politiqaues US ainsi que l’AFL-CIO et la chambre de commerce US, la NED prît en charge le fnancement des renversements de régimes étrangers, mais de maniere ouverte et sous le vocable de “promotion de la démocratie” (Stephen Gowans, January « 2011 « What’s left » Bien que les Etats-Unis aient supporté Moubark ces trente dernieres annés, des fondations américaines avec des liens multiples au département d’état (ministere des affaires étrangeres US) et au pentagone, ont supporté activement l’opposition politique incluasnt le mouvement de la société civile. En accord avec la Freedon House: “La société civile égyptienne est a la fois vibrante et refoulée. Il y a des centaines d’ONG qui se sont dévouées a développer les droits civils et politiques dans le pays, opérant dans un environnement hypre-régulé.”

(Freedom House Press Releases).

Ironie du sort, Washington supporte la dictature de Moubarak ainsi que ses atrocités, tout en finançant et supportant ses détracteurs, a travers les activités de la FH et de la NED, entr’autres.

L’effort de la FH pour stimuler une nouvelle génération d’activistes a mené a de bons succes et le New Generation program en Egypte a gagné une audience dominante localement et internationalement. Des membres égyptiens de tous les grouopes de la société civile ont reçu en 2008 un intérêt et une reconnaissance sans précédent jusqu’alors, incluant un meeting a Washington avec le secrétaire d’état, le conseiller a la sécurité et des membres influents du congres. Les mots de Condoleeza Rice furent élogieux en disant que ces membres représentaient “un gros espoir pour le futur de l’Egypte”. Freedom House, http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=66&program=84

Le double langage politique: discussion avec le “dictateur” et entretien avec “la dissidence”

Sous les auspices de la FH, les dissidents égyptiens et les opposants a Hosni Moubarak frent reçus en Mai 2008 par Condoleeza Rice au département d’état américain et au Congres. En Mai 2009, Hillary Clinton rencontra une délégation de dissidents égyptiens, qui visiterent Washington sous les auspices de FH. Ce furent des rencontres de haut niveau. Ces mouvements d’opposition qui joue un rôle dans la protestation contre le régime sont programmés poiur servir les intérêts américains. Les Etats-Unios sont présentés comme un modele de liberté et de justice. Ces invitations ont pour but d’instaurer une culture de motivation et de respect aveugle envers les valeurs démocratiques américaines.

Les marionnettistes supportent le mouvement de protestation contre leur propre marionnette

Les marionnettistes encouragent et supportent la dissidence contre leur propre marionnette ?

Ceci s’appelle “la bascule politique” ou la “fabrication du mécontentement”. Supportons le dictateur ainsi que son opposition afin de contrôler cette opposition. Ces actions, menées par la FH et la NED, pour les administrations Bush et Ovama maintenant, assurent que les groupes d’actions civiques fondés par les Etats-Unis, ne vont pas diriger leur énergie contre les marionnettistes derriere le régime de Moubarak, a savoir le gouvernement américain.

Ces mouvements civiques égyptiens financés par les Etats-Unis agissent comme des “chevaux de Troie” et deveinnent intégrés aux mouvements de protestation. Leur but est de projetter les intérêts des marionnettistes. Elles s’assurent que le mouvement de la base, de la rue, ne va pas s’intéresser au probleme élargi de l’interférence étrangere dans les affaires internes d’un État souverain.

Les blogueurs de Facebook et de Twitter sont supportés et financés par Washington

En relation directe avec le mouvement de protestation en Egypte, des groupes divers d’actions civiques financés par des fondations etats-uniennes, ont mené la protestation sur Twitter et Facebook: “Activistes du mouvement égyptien Kifaya (Assez), une coalition d’opposants au gouvernement, et le mouvement de la jeunesse du 6 Avril organiserent la protestation sur facebook et twitter. Les agences de presse occidentales ont reporté que Twitter sembleit être bloqué en Egypte tard Mardi “.

(voir Voice of America,Egypt Rocked by Deadly Anti-Government Protests

Le mouvement Kifaya, qui organisa une des premieres actions dirigée contre le régime Moubarak en 2004, est supporté par la fondation américaine International Center for Non-Violent Conflict

A son tour, FH a été impliquée a promouvoir et a entraîner les blogs de facebook et twitter pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord:

Les membres de FH ont acquis des techniques de mobilisation civique, de leadership, de stratégie et de planification et bénéficient d’un réseau d’opportunités a travers des interactions avec des donateurs basésa Washington, les membres ont reçu de petites subventions pour implémenter des initiatives inovantes telles que la promotion de réformes politiques grâce a facebook et la messagerie SMS.

http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=66&program=84

Du 27 Février au 13 Mars 2010, FH a hébergé 11 blogueurs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (de différentes organisations d’opposition), pour un stage de deux semaines a Washington sur l’étude de nouveau média avancé. Ce stage a appris aux blogueurs un entrainement de sécurité numérique, développment de vidéo numérique, développement de messages et cartographie numérique. A Washington D,C, ces membres ont aussi participé a un briefing au Sénat et au Congres, rencontré des officiels de l’USAID (NDT: également unevitrine de la CIA), du département d’État, ainsi que des médias internartionaux incluant Al Jazeera et le Washington Post.

http://www.freedomhouse.org/template.cfm? page=115&program=84&item=87

Tout a chacun peut facilement comprendre l’importance donnée par l’administrastion américaine a ce programme d’entrainement des blogueurs qui est de plus couplé avec des meetings au sénat, au congres, au département d’état, etc…

Le rôle du mouvement  Facebook et Twitter comme expression de la dissidence se doit d’être étudié tres attentivementa la lumiere des liens de quelques organisations d’action civique avec la Freedom House (FH) la NED et le département d’état américain. BBC News World (retransmis au Moyen-Orient) citant des messages internet égyptiens, rapporte que “Les Etats-Unis ont envoyé de l’argent a des groupes pro-démocratie” (BBC News World, 29 Janvier 2011)

Les confrérie des freres musulmans

Bien qu’il y ait une interdiction constitutionnelle contre les partis politiques religieux, les membres des “Freres musulmans” élus au parlement égyptien comme étant “indépendants”, ils constituent le bloc parlementaire le plus important.

La confrérie musulmane quoi qu’il en soit ne constitue pas une menace directe aux intérêts politiques et économiques de Washington dans la région. De fait, les agences de renseignement occidentales ont une historique de ,ongue durée dans la collaboration avec la confrérie. Le support logistique de la confrérie par les services secrets britanniques remonte aux années 1940. Dans les années 50, comme le dit l’ex-agent William Baer “La CIA a dirigé son support vers la confrérie a cause de la capacité remarquable de celle-ci a renverser Nasser. 1954-1970: CIA and the Muslim Brotherhood Ally to Oppose Egyptian President Nasser Ces liens secrets futent reconduits dans l’ere post-Nasser.

Remarques de conclusion

L’éviction de Moubarak est une possibilité pour la politiqie étrangere US depuis plusieurs années.

Le remplacement des régimes se doit d’assurer la continuité, tout en donnant l’illusion qu’un changement politique conséquent s’est produit. L’agenda de Washington pour l’Egypte a été de “détourner le mouvement de protestation” et de remplacer Moubarak par une autre marionnette obéissante a la tête de l’état égyptien. L’objetif de Washington est de préserver les intérêts des puissances étrangeres, de conserver l’agenda économique néolibéral qui a servi a appauvrir la population égyptienne.

Du point de vue de Washington, le remplacement de régime n’a plus besoin l’installation d’un régime autoritaire militaire comme ce fut le cas aux glorieux jours de l’impérialisme américain, cela peut-être fait en cooptant des partis politiques, incluant des partis de gauche, en finançant des groupes d’action civique, en infiltrant le mouvement de protestation et en manipulat les élections natioales.

En référence au mouvement de protestation en Egypte, Obama a déclaré le 28 Janvier dans une vidéo diffusée sur YouTube: “Le gouvernement ne doit pas se résoudre a la violence”

La question bien plus fondamentale est de savoir quelle est la source de la violence ?

L’Egypte est le plus gros bénéficiaire d’aide militaire apres Israël. L’armée égyptienne est considérée comme étant la base du régime de Moubarak. Les politiques américaines imposées a l’Egypte et le monde arabe depuis plus de 20 ans, couplé avec les “réformes du marché libre” et de la militarisation du Moyen-Orient, sont les causes principales de la violence d’État.

L’intention de l’Amérique est d’utiliser le mouvement de protestation pour installer un nouveau régime. Le mouvement populaire defvrait rediriger son énergie: établir la relation entre les Etats-Unis et le dictateur. Enlever du pouvoir la marionnette politique des Etats-Unis, mais sans oublier de cibler les vrais dictateurs.

Détruire le processus de changement de régime. Démanteler le systeme de réformes néolibérales. Fermer les bases militaires US en Egypte et dans le monde arabe. Etablir un véritable gouvernememt souverain.

Michel Chossudovsky est professeur emeritus d’economie a l’université d’Ottawa et directeur fondateur du centre de recherche sur la mondialisation.