Archive pour résurgence indigène anticolonialisme

Gilets Jaunes, Zapatistes, Rojava, toutes les luttes émancipatrices nous rassemblent.. Nous sommes tous inter-reliés !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2019 by Résistance 71

“Nous savons que nous avons bien des frères et sœurs dans d’autres pays et continents… Aujourd’hui, nous souffrons d’une nouvelle guerre mondiale, une guerre contre les peuples, contre l’humanité, contre la culture, contre l’histoire. C’est une guerre internationale, celle de l’argent contre l’Humanité, menée par une poignée de centres financiers, sans patrie et sans honte…
Nous sommes unis dans le mécontentement, dans le désir de faire quelque chose, par la non-conformité. L’histoire écrite par le pouvoir nous a appris que nous avions perdu, que le cynisme et le profit étaient des vertus, que l’honnêteté et le sacrifice étaient stupides, que l’individualisme était le nouveau dieu, que l’espoir était une monnaie dévaluée, n’ayant plus court sur les marchés internationaux sans avoir de pouvoir d’achat, sans espoir. Nous n’avons pas appris notre leçon. Nous avons été de très mauvais élèves. Nous n’avons pas cru ce que le pouvoir nous a enseigné. Nous avons fait l’école buissonnière lorsqu’ils enseignaient la conformité et l’imbécilité. Nous avons échoué dans le sujet de la modernité. Mais camarades de classe dans la rébellion, nous avons découvert et nous sommes trouvé des frères.
Nous sommes unis par l’imagination, par la créativité, par demain…”

~ SCI Marcos, 1995 ~

Traduction: Résistance 71

Solidarité ! Union ! Persévérance ! Réflexion ! Action !
Pour une SUPRA lutte émancipatrice.

Réseau de Résistance et de Rébellion International

 


Gilet Jaunes = Lutte d’émancipation indigène
Nous subissons la même oppression…
Ce n’est qu’une question de degré !

 

Le combat des zapatistes est le combat universel  de la vie contre la désertification de la terre

 

Raoul Vaneigem

 

21 janvier 2019

 

Source de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Le-combat-des-zapatistes-est-le-combat-universel-de-la-vie-contre-la

 

Alors que les intérêts financiers et le totalitarisme de l’argent tuent tout ce qui vit en le transformant en marchandise, le vent d’une révolte se lève et se propage, issue moins du souffle des idées que de l’existence intolérable imposées aux hommes et aux femmes du monde entier.

Cela fait cinquante ans que ce qu’il y avait de plus radical dans le Mouvement des occupations de mai 1968 a manifesté son refus de cette imposture qu’était le welfare state, l’état de bien-être consumériste. Il y a vingt-cinq ans qu’a retenti le « ¡Ya basta ! » par lequel les zapatistes manifestaient leur volonté de décider librement de leur sort en formant des collectivités capables de mettre fin à l’oppression qui depuis des siècles bafouaient leurs droits et leur dignité d’hommes et de femmes. Si cette expérience d’une vraie démocratie a très vite suscité des échos bien au-delà d’un petit territoire, dont le mensonge médiatique aurait aimé souligner le caractère strictement local, c’est que le volcanisme de cette éruption sociale faisait resurgir dans l’émoi la ligne de rupture sismique tracée par la liberté tout au long de l’histoire. Une éducation de l’ignorance et une culture du préjugé avaient enterré dans le passé les grandes espérances qu’avaient fait naître la Révolution française, la Commune de Paris, les soviets de Cronstadt, les collectivités autogérées de la Révolution espagnole. Or, la conscience humaine ne meurt jamais, elle s’assoupit, végète, tombe épisodiquement en léthargie, mais il y a toujours un moment où elle s’éveille et, en quelque sorte, rattrape le temps perdu.

La détermination combative des zapatistes, de même que la lutte acharnée du Rojava forment des zones de résonances où la conscience humaine se ressource, où le droit à la vie est déterminé à briser les puissances de la mort rentabilisée. Ce n’est pas sans raison que la cupidité capitaliste déploie sa force de frappe à l’encontre des territoires où des formes de société radicalement nouvelles redécouvrent, avec le sens humain, un style de vie fondé sur la solidarité, la gratuité, la création se substituant au travail. On l’a vu lorsque, en France, le gouvernement technocratique, véritable rouage de la grande broyeuse à profit a écrasé sous la botte de l’Ordre dominant les potagers collectifs, la bergerie, les habitats autoconstruits et la société nouvelle en gestation qui s’esquissait à Notre-Dame-des-Landes.

Dans le même temps que l’on entend s’aiguiser la faux de la désertification, résonnent aussi les cris d’une révolte longtemps contenue. Même si le mouvement des Gilets jaunes devait retomber dans les ornières du passé, sombrer dans la confusion, se déliter, il n’en restera pas moins qu’il a fait montre d’une radicalité appelée à renaître et à se développer. Le refus des chefs et de représentants, le rejet du clientélisme politique, la dénonciation du mensonge médiatique, la condamnation d’un système déshumanisant où le cynisme et l’arrogance imposent un plan de paupérisation tel qu’exigent la frénésie du profit à court terme et l’accroissement de sommes pharamineuses gonflant jusqu’à l’absurde la bulle spéculative. Des milliards sont là qui tournent par-dessus nos têtes et nous devons supporter les restrictions budgétaires qui affectent la santé, l’enseignement, les transports, les biens indispensable à la simple survie.

Retourner à la base est la seule façon d’en finir avec cette politique qui de sa hauteur imbécile prétend prendre des décisions à notre place. La république des statistiques, des bilans et des chiffres n’a rien de commun avec les notes de chauffage et la dégradation de l’environnement qui accablent celles et ceux que le pouvoir maltraite et manipule en les appelant « citoyens ».

Il n’y a que les assemblées locales qui soient au courant des problèmes rencontrés par les habitants d’un village, d’un quartier, d’une région. Il n’y a que l’assemblée populaire pour tenter de résoudre ces problèmes et pour fédérer ces petites entités afin qu’elles forment un front, inséparablement local et international, contre cette Internationale du fric dont la pourriture journalistique consacre le caractère et le développement inéluctable en le baptisant mondialisation. La solidarité avec l’EZLN a-t-elle une meilleure façon de se manifester que par la multiplication et la radicalisation spontanée de collectivités autogérées dans le monde entier ?

Ce qui est en train de se construire sans aucune forme institutionnelle, c’est une internationale du genre humain, c’est la découverte de cette poésie pratique qui, faite par tous et toutes et par chacune et chacun, décrète « nous ne sommes rien soyons tout ».

Raoul Vaneigem

Publié en espagnol par La Jornada,

Mexico, le 20 janvier 2019.

=*=*=

“Nous les Zapatistes disons ceci: ‘Je suis comme je suis et vous êtes comme vous êtes. Construisons un monde où je puisse être sans avoir à cesser d’être moi, où vous pouvez être et ne pas avoir à cesser d’être vous, et où ni moi ni vous ne forceront qui que ce soit d’autre d’être soit comme moi ou comme vous.’ Ainsi, lorsque les Zapatistes disent: ‘Un monde où beaucoup de mondes s’intègrent’, ils disent plus ou moins ceci: ‘Chacun fait ses propres choses.’ “

~ SCI Marcos, 1999 ~

Traduction: Résistance 71

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Publicités

Résistance politique: Canada, colonialisme et camps de prisonniers indigènes…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 mai 2015 by Résistance 71

La psychose des prisonniers de guerre

 

Mohawk Nation News

 

6 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/05/06/prisoners-of-war-psychosis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un premier temps, le Canada a passé la loi sur les Indiens (Indian Act) en 1876 pour nous déclarer non-humains et pupilles de l’État. Ceci afin de prendre possession des fonds placés sur l’Indian Trust Funds. Le 25 Octobre 1924, l’Indian Advancement Act (ou loi d’avancement sur les Indiens) fut mise en place par la colonie du Canada comme un plan sur cent ans pour se débarrasser “du problème indien”. Des camps de prisonniers de guerre, appelés “réserves INDIENNES”, furent établis à travers le Canada par le ministère de la guerre en 1924. Des barrières au grillage de fil de fer barbelé, des gardes, des laisser-passer et des permissions de déplacement ainsi que l’enlèvement de nos enfants pour les placer dans des pensionnats pour Indiens qui étaient des camps de la mort, furent également mis en place. Les Affaires Indiennes sont gérées par le ministère de la défense jusqu’à aujourd’hui. Ils sont maintenant dans la 90ème année de complétion de leur programme génocidaire.

Des planificateurs militaires créent la psychose de captivité dans les camps de prisonniers de guerre. Ils déterminent les standards de comportement. Des matons brutaux, insensibles et sans scrupules sélectionnent leurs subordonnées pour superviser les camps. Ceux qui ne correspondent pas au profil ou sont faibles sont retirés. Le manque de nourriture adéquate, de vêtements, d’abris et des conditions de vie sous les standards créent la honte, une stupeur, une grande confusion mentale, de la colère et la mort. Les détenus souffrent de l’internement, du manque d’espace, de l’inactivité et de l’isolation qui les rend inertes et silencieux. Certains sont autorisés à travailler comme employés des colons locaux. Les détenus deviennent éventuellement craintifs de se retrouver libres.

Le stress et la misinformation délibérée sont les causes de la perte d’identité et de la fierté. Ils sont découragés de penser au passé. Tension et désordre sont constamment de rigueur entre les groupes différents. Des querelles sont créées pour diviser les détenus afin de toujours mieux les contrôler. Des films et des jeux sont sélectionnés pour “clôturer la folie” et créer de la futilité. Une mauvaise nourriture et une détérioration physique sur le long terme brisent la façon de penser. Les détenus deviennent complètement apathiques et refusent de prendre part aux affaires et à la gestion du camp. Ils ne peuvent plus se concentrer et perdent la mémoire d’eux-mêmes, de leurs familles et des communautés dont ils proviennent.

La Gendarmerie Royale du Canada (GRC la “fameuse” Police Montée) est entrée dans la Longue Maison d’Akwesasne, a mis un révolver sur le tempe du chef et l’a abattu. Il fut immédiateemnt remplacé par la faux-chef du conseil de bande géré par l’état colonial. En 1924 à Tyendinaga, toutes nos fermes du canton de Prince Edward furent confisquées. Nous fûmes arrêtés et internés dans un nouveau camp de concentration de 7300 Ha de superficie et nous devînmes des prisonniers de guerre. Notre terre en ce lieu était originellement de 356 000 Ha…

En 1990, l’armée vint à Akwesasne, Kahnawake et Kanehsatake, parce que légalement nous sommes toujours des prisonniers de guerre et toujours placés sous la jurisdiction de l’armée. Karonhiaktajeh (NdT: aussi connu sous le nom de Louis Hall) nous a dit que nous étions un lion endormi. La haine farouche, la colère accumulée, le désespoir et le cynisme créés est une stratégie militaire de contrôle. Il a inventé la stratégie de la “désINDIANISATION” fondée sur le réapprentissage de la philosophie de la Grande Loi de la Paix, Kaia’nereh:kowa. Karonhiaktajeh nous a dit que nous étions le lion endormi. Lorsque nous nous réveillerons nous serons très très énervés et combatifs.

Résistance politique… futile ou nécessaire ? La réponse amérindienne…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 7 juin 2014 by Résistance 71

« Les colons et les colonisés ont été forcés d’accepter et de vivre dans un état dénué de liberté ; ceci a été rendu possible par le vaste mensonge qui est intriqué dans chaque aspect de nos vies aussi loin que nous puissions nous en rappeler et ce en tant que mémoire, identité et comme relations politiques et économiques de domination et d’exploitation… Le colonialisme est une relation totale au pouvoir et il a façonné les existences non seulement de ceux qui ont perdu mais aussi de ceux qui ont profité. »
~ Professeur Taiaiake Alfred, Ph.D Science Politique ~

 

La résistance n’est pas futile

 

Mohawk Nation News

 

13 Mai 2012

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2012/05/14/resistance-is-not-futile/#comment-2768

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La notion de dire que la résistance est futile est mensongère. Nous devons résister pour survivre.

L’élite européenne a envoyé des envahisseurs pour nous enlever, assimiler ou tuer et prendre nos possessions afin d’améliorer leurs vies. La maladie nous a presque totalement éradiqué. Ils ont sévi sur terre comme des marauders, des pillards, détruisant des sociétés entières pour tout contrôler et collecter.

Mêmes des parties de notre corps sont copiées ou volées pour atteindre la perfection. La chirurgie esthétique reconstruit leurs visages pour ressembler à des visages sans rides de gamins de 5 ans et leurs corps reconstitués émulent notre désirable distinction. Ils ne nous aiment pas mais se laissent griller sur des lits UV pour nous ressembler.

Pour contrôler le monde par la force, l’assimilation et le génocide, ils doivent être mécaniques, sans émotions: “Vous vous adaptez ou nous vous tuerons.”

Ils assument une domination universelle en prenant ce qu’ils veulent, contrôlant et utilisant tout le monde, en nous disant: “Nous sommes un pouvoir qui va absorber vos territoires, vos richesses, votre énergie, votre culture, vous-mêmes.”

On en sait peu sur leur origine et leurs intentions. Ils ne négocient ni n’argumentent avec nous. Leur histoire est artificielle. Ils ont pensé que s’ils disséminaient leur semence, qu’ils pourraient survivre quelque part, le vent a soufflé tout cela aux quatre coins de l’oubli.

Quand Champlain est arrivé au Québec, il a déchargé ses armes sur nous et a commencé à tuer les Mohawks. Leurs messagers nous ont prévenu que toute résistance était futile, de baisser nos défenses, de soumettre notre culture et de les servir.

L’assassinat et l’assimilation forcée ont suivi pour faire disparaître nos vies et notre distinction.

D’abord nous les avons trouvés comiques, spécifiquement leur dévotion à la veûlerie. Nous avons été les témoins occulaires du comment ils violent la Nature.

Notre esprit est demeuré intact. Nous avons résisté l’assimilation, la mise en esclavage du corps et de l’esprit et avons maintenu notre identité. La conscience collective indigène fait partie du monde naturel et de l’univers. Les peuples naturels sont faits pour resister à l’annihilation.

Les envahisseurs furent tyranniques et coercitifs. Aujourd’hui, le mystère de la disparition de plus de 125 millions d’autochtones de l’hémisphère occidental (depuis 1492) est toujours caché. Personne n’a été mis en prison pour ces plus de 55 000 enfants autochtones assassinés par le gouvernement canadien dans son programme de pensionnats pour Indiens géré par les églises (NdT: catholique, anglicane, presbytérienne et unifiée du Canada, ce qui dénote bien la coalition des puissances coercitives usuelles de l’église et de l’état).

Après avoir enduré les brutalités pendant des siècles, Karoniaktajeh a dit “Nous sommes le lion assoupi qui se réveille”. Kaianerehkowa, la Grande loi de la Paix, qui est fondée sur le pouvoir naturel, influencera le monde entier.

Un peuple contrôlant d’autres êtres n’est pas naturel. Dans le système hiérarchisé capitaliste, un individu contrôle tout le monde par la force, la menace et le conditionnement psychologique.

Une figure similaire à la reine des abeilles fut créée pour gérer la ruche, donner les ordres d’attaquer ou de créer des provocations afin de collecter les biens. Un prétendu Mohawk a menacé récemment de les mettre en mode attaque.

L’intégration d’êtres vivants et de leur culture pour leur utilisation est répugnant. 500 ans d’Européens utilisant la force, la technologie et les forces vives des autres touchent à leur fin.

Des milliers d’espèces ont été soit assimilées soit détruites et des milliards de vie ont été exterminées. Les éléments naturels de résistance et de survie demeurent. Les éléments artificiels sont en voie de disparition.

Le nombre et le pouvoir des envahisseurs fondent comme neige au soleil.

L’esprit hiérarchique ne peut pas vaincre l’esprit communal autochtone.

Notre conscience collective a été étudiée de manière extensive afin de mieux nous éliminer. Nos pensées et modes de vie ont toujours été incompris de l’”élite” depuis tous ces siècles. Ils voient le monde naturel comme étant chaotique et pensent que leur système hiérarchique amène l’ordre du chaos. Quelle équipe de neuneus !

Les racines de l’arbre blanc de la paix ont poussé dans toutes les directions depuis l’Île de la Grande Tortue. Suivez les racines jusqu’à leur source. Paix.

-[]-[]-<I>-[]-[]- 

NOTES:

Joseph Goebbels:  “En énonçant un mensonge suffisamment gros et en le répétant, les gens finiront par le croire. Le mensonge ne pourra être maintenu que tant que l’État peut isoler les gens des conséquences politiques, économiques et/ou militaires du mensonge. Il devient alors vital pour l’État d’utiliser tout son pouvoir pour réprimer la dissidence, car la vérité est l’ennemi mortel du mensonge et donc par extension, la vérité est le plus grand ennemi de l’État.”

Hermann Goering [au procès de Nüremberg 1945-6]:    “Naturellement, les peuples, gens du commun, ne veulent pas de la guerre: ni en Russie, ni en Angleterre, ni en l’occurence en Allemagne. Ceci est bien compris. Mais après tout, ce sont les leaders des nations qui déterminent la politique. C’est en fait très simple de mener le peuple dans la guerre, que ce soit dans une démocratie libérale ou une dictature fasciste, un parlement ou une dictature communiste. Avec ou sans sa voix, le peuple peut toujours être ramené à la volonté des leaders. C’est facile. Tout ce que vous avez à faire est de leur dire que nous sommes sous attaque et de dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme et qu’ils représentent un danger pour la nation. Cela marche de la même façon quel que soit le pays.”

Eto Wokoam, Mohawk, a dit en 1710, après son retour d’Angleterre: “Ils se fient à l’écriture. C’est comme cela qu’ils seront jugés.

Résistance contre le colonialisme au XXIème siècle: La résurgence indigène… (Taiaiake Alfred)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 février 2014 by Résistance 71

… gagnera à notre sens, non seulement toutes les sphères culturelles des pays et peuples colonisés des continents des Amériques, d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, mais aussi… d’Europe, car nous sommes tous des colonisés idéologiquement avant que de l’être physiquement et culturellement.

Cet article de présentation par le professeur Taiaiake Alfred de la conférence annuelle Narrm de l’université de Melbourne en Australie, rejoint tout à fait les dires des deux articles récents (1 et 2) de Panafricanisme 2.0 que nous avons publié ces derniers jours.

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux ayant brisé les chaînes de l’idéologie colonialiste qui les forcent à accepter et qui se tiendront debout, côte à côte, avec leurs frères des nations indigènes colonisées. L’Idée et sa pratique sont en marche…

— Résistance 71–

 

Être et devenir autochtone: Résurgence contre le colonialisme contemporain

 

Taiaiake Alfred

1

3 Décembre 2013

 

url de l’article original:

http://taiaiake.net/2013/12/13/being-and-becoming-indigenous-resurgence-against-contemporary-colonialism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’oratoire Narrm 2013 (Université de Melbourne, Australie) : “Être et devenir indigène: La résurgence contre le colonialisme contemporain”, fut délivré par le professeur Taiaiake Alfred le 28 Novembre.

Le professeur Alfred est le fondateur et directeur de la chaire de Gouvernance Indigène de l’université de Victoria en Colombie Britannique (Canada). Il se spécialise dans les modes traditionnels de gouvernance, les stratégies de décolonisation et la restauration culturelle fondée sur la terre et le territoire.

La conférence Narrm se tient annuellement au Melbourne Institute for Indigenous Development de l’ University of Melbourne en Australie, dont l’hôte est Murrup Barak, avec le soutien de Rio Tinto Australia depuis 2009.

Les conférenciers (par ordre d’apparence)


Professor Glyn Davis AC, Vice-Chancellor, The University of Melbourne

Professor Ian Anderson, Director Murrup Barak and Assistant Vice- Chancellor Indigenous Higher Education, The University of Melbourne

Professor Taiaiake Alfred, Founding Director, Indigenous Governance Program, University of Victoria, British Colombia


Professor Marcia Langton AM, Foundation Chair of Australian Indigenous Studies, The University of Melbourne.

“Il y a un danger que de permettre à la colonisation de n’être que la seule histoire des vies indigènes. Le colonialisme est un cadre analytique efficace, mais il est limité en tant que théorie de la libération. C’est un narratif dans lequel le pouvoir du colon est fondamental et non remis en question ; il limite la liberté des colonisés en cadrant tout mouvement comme actes de résistance ou résultats du pouvoir colonial. Pour les peuples indigènes, les systèmes coloniaux ont toujours été des moyens de gagner le contrôle sur les peuples autochtones et leurs terres pour le salut des notions de progrès dictées par les colons occidentaux et leurs intérêts. Nous vivons maintenant dans une ère de manipulation coloniale post-moderne, les instruments de la domination changent et les “élites” inventent de nouvelles méthodes pour effacer les identités indigènes et leurs présences.

Bien que subtile et non-violente en surface, ces stratégies nient la capacité des peuples indigènes d’agir par leurs identités réelles et authentiques, coupant les vies autochtones de leurs connexions vitales avec la terre, la culture et la communauté et n’offrent qu’une option aux peuples indigènes: la dépendance ou la destruction. Loin d‘être une ère post-coloniale , la survie même des nations autochtones est menacée aujourd’hui de la même maniière que durant les périodes plus brutales  de l’oppression coloniale. Le discours actuel et l’encadrement des peuples natifs au Canada est un exemple de cette nouvelle réalité. Une façade de “réconciliation” est utilisée pour étayer la suprématie blanche, pacifier et coopter le leadership indigène et faciliter l’accès total aux terres autochtones pour le développement et l’extraction de ses ressources. Contre cela, un mouvement ancestral a réémergé parmi quelques penseurs indigènes et activistes alliés indigènes et colons en amérique du Nord: la résurgence indigène.

Ces personnes se consacrent à repositionner les peuples autochtones en termes d’authenticité et de sens afin de régénérer et d’organiser une conscience politique radicale, de réoccupper les terres et d’obtenir la restitution, de protéger l’environnement et de restaurer une relation de nation à nation entre les nations autochtones et les colons. Ce recadrage de l’indigénéité en tant que résurgence promeut le type d’action et donne une base spirituelle et éthique pour un mouvement transformatif qui a le potentiel de libérer à la fois les peuples indigènes et les colons eux-mêmes du colonialisme.”

[]-[]-<>-[]-[]

Vidéo de la conférence à Melbourne:

http://www.youtube.com/watch?v=VwJNy-B3lPA

Durée: 1h36 (en anglais, activez le sous-titrage français, approximatif, mais mieux que rien…)

Durant sa conférence, le professeur Alfred tient dans ses mains un exemplaire du Wampum Deux Rangées, qu’il présentera à l’audience à la fin de son internvention en expliquant ce que représente la ceinture.