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Resistance au colonialisme… Ici et maintenant au nom de l’eau contre le grand serpent noir…

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“Nous comprenons, comme tous les peuples indigènes, que nous sommes une partie intrinsèque d’un système qui n’est pas au-dessus ou en-dehors ou séparé du monde naturel et de la loi naturelle, nous faisons tous partie d’une mosaïque ou de la toile de la vie.”
~ Russell Means, activiste, philosophe Lakota, 2012 ~

“La Terre est la mêre de tout le monde et tout le monde devrait avoir les mêmes droits en son sein.”
~ Chef Joseph, Nez Percé, 1890 ~

 

Confronter le serpent noir

 

Terri Miles*

 

31 août 2016

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/08/31/facing-black-snake

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Terri Miles est une femme de la nation Muscogee, Creek, de descendance Seminole (peuple qui a eté évincé au XIXème siècle de ses terres ancestrales de Floride). Elle est docteur en justice criminelle (Ph.D in Criminal Justice)

Tout s’ajoute et s’amplifie. A un moment ce printemps dernier, la camp des Pierres Sacrées consistaient en environ une centaine de personnes qui voulaient protéger les eaux. Le camp a reçu son nom des pierres sacrées qui provenaient de ces eaux, mais qui ne sont plus créées parce que le corps du génie de l’armée n’a pas observé et respecté les valeurs indigènes.

Lewis et Clark (NdT: fameux explorateurs qui furent les premiers à atteindre la côte Pacifique au début du XIXème siècle) sont passés par ici le 18 octobre 1804 et Clark écrivit dans son journal de bord “au-dessus de l’embouchure de la rivière, un grand nombre de pierres parfaitement rondes au grain fin se trouvent sur les berges escarpées et le long des rivages.” C’est à cause de ces pierres que les trappeurs français (qui étaient alors les seuls blancs aux alentours) ont appelé la rivière “Le Boulet”, que Clark traduisit par Cannonball (qui est le nom colonial de l’endroit aujourd’hui).

Les concrétions de grès qui ont donné leur nom à la rivière font en général moins de 60cm de diamètre, mais certaines ont été rapportés mesurer plus de 3m. Leur perfection géométrique a une signification spirituelle pour les peuples autochtones de la région, mais cette signification fut perdue avec les machines outils de drainage du corps du génie militaire qui ont perturbé les courants uniques nécessaires pour produire ces pierres sacrées.

Piétiner les croyances autochtones, menacer l’eau potable, tout ceci s’ajoute et s’amplifie, bien plus que ce que les gens ne peuvent tolérer. Tout comme la rivière avait pour habitude de produire les pierres sacrées, les menaces répétées envers la rivière ont produit les protecteurs de l’Eau.

Le nombre réel de protecteurs de l’eau dépend maintenant de quel rapport vous lisez. Ils sont entre 2000 et 4000, mais là encore, les chiffres sont utilisés de façon à mitiger ou du moins à masquer. 65 millions de morts en 500 ans d’invasion coloniale et de génocide ou ne sont-ce qu’1 million ? Toujours là après avoir vécu plus de 45 000 ans sur la terre ou ne seraient-ce que “seulement” 12 000 ans ?

Le calculus moral ne s’améliore pas en se disputant sur les chiffres exacts. Ici et maintenant, à Standing Rock, nous avons des milliardaires du pétrole coincés dans un combat politique avec les gens les plus pauvres de tous les Etats-Unis. Ce qui est important est ce qui s’est passé et comment cela façonne ce qui se passe maintenant. Il est difficile de savoir ce qu’il va se passer, mais je suis ici pour vous dire que les gens au front ne se soucient guère de calculer les chances. Ils n’ont choisi ni le temps ni l’endroit, mais le temps est maintenant et l’endroit est ici.

Le peuple autochtone est en train de s’unir. Les nations natives sont solidaires des gens de la réserve sioux de Sanding Rock, les Muscogee (Creek), la nation sac et renard et la nation Meskwaki, ainsi que 90 autres nations jusqu’ici. Alliès de tous les horizons. Des camions, des caravanes et des voitures particulières de nourriture, d’équipement de camping et d’eau arrivent chaque jour plus nombreux.

Des autocars entiers d’anciens, d’anciens combattants, d’hommes, de femmes et d’enfants arrivent ainsi que des chevaux et leurs cavaliers, des chanteurs et des tambours. Les enfants ont couru jusqu’a Washington DC avec des messages au président qui a promis son aide.

Ceux qui ne peuvent pas voyager lèvent des fonds et manifestent localement. Des gens qui ont inspiré les peuples autochtones, se sont battus et ont écrit au sujet des problèmes rencontrés par les indigènes dans leurs communautés sont au camp: Billy Mills, Winona LaDuke, Dennis Banks. Des messages sur Facebook, sur les blogs, les médias autochtones et Twitter remplissent le vide du silence laissé par un public qui ne dait pas ce qui se passe.

Le géant de l’énergie canadien Enbridge Inc et le gouverneur de l’état du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, sont gravement compromis.

Ils ont réussi à ce que le corps du génie militaire coupe les angles et ignore les recommandations de l’Environmental Protection Agency (EPA) et le Conseil de Préservation Historique. Le nom fut changé en celui de Dakota Access Pipeline. Cela n’aurait-il pas dû troubler également ?

Ce n’est plus appelé le Keystone XL Pipeline. Il ne traverse plus la frontière internationale (entre le Canada et les USA) et il est construit par segments séparés (NdT: mais si facilement connectables…) Que peut-on faire de plus pour forcer le passage de ce serpent noir ? Ils ont esayé d’utiliser la police. Ils l’ont envoyé arrêter des hommes et des femmes se dressant contre l’entreprise privée.

Ceci n’a fait que déclencher la colère et commencé la vague de soutien pour les protecteurs de l’eau. Comment cela ne se pourrait-il pas ? Comment peut-on regarder les vidéos des arrestations et ne pas sentir qu’on doit faire quelque chose ?

Pour moi, ce fut de voir une personne s’écarter en marchant et être jetée à terre par la police. J’ai regardé cette scène encore et encore. Regardé cette personne tomber à plat sur le sol avec le flic sur elle.

Çà fait mal, çà fait mal à la personne, çà fait mal à ceux qui ont regardé… et peut-être aussi cela a fait mal au policier à qui on a ordonné de le faire. Il y a eu des rapports de policiers quitant es lieux, refusant d’entrer et montrant des signes de respect envers les protecteurs des eaux.

Les gens continuent d’être ce qu’ils sont. Ils offrent de l’eau aux policiers. Les ouvriers et les policiers se sont retranchés vers un barrage plus au nord. Peut-être que les autorités ont compris que leurs tactiques ne vont faire qu’attire toujours plus de soutien aux protecteurs des eaux et attirer toujours plus les feux de la rampe sur cette affaire.

Ils ont empêché quiconque d’aller vers le sud le long de la route 1806. Ils n’ont pas sourcillé lorsque je suis passée au travers me dirigeant vers le nord, partant dans une voiture vide, les filmant.

Ma vidéo favorie st celle qui montre les cavaliers de la Grande Nation Sioux allant à la rencontre de la police à cheval. Cette photo a fait la une du New York Times, J’espère que quelqu’un en fera un poster, quelque chose que les gens pourront accrocher à leur mur pour le regarder quotidiennement et qui leur apportera du bonheur une fois tout cela fini, alors que nous attendrons la prochaine fois.

Une entreprise transnationale ici, un gouvernement d’état là-bas, tout cela s’ajoute et s’amplifie. Nous aurons besoin de toujours plus de personnes pour mettre leurs corps sur la route du serpent noir jusqu’à se qu’il rampe là où il vient: des bureaux feutrés des entreprises où il est né et pour qu’il rapporte à ses maîtres que nous sommes toujours là et que nous sommes toujours puissants.

Résistance politique et écologique: Peuples autochtones et colons unis contre le projet d’oléoduc Keystone XL et l’exploitation des sables bitumeux d’Alberta…

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Les gouvernements fédéraux canadien et américain en collusion avec la grosse industrie pétrolière sont en train d’essayer de détruire toujours plus en inondant les opinions publiques de mensonges avant que ce ne soit d’hydrocarbures fuités. Pour la première fois à grande échelle, des nations amérindiennes du Canada et du pays du goulag levant (ex-USA), se liguent avec des fermiers et éleveurs spoliés par la machine a fric étatico-pétrolière pour stopper définitivement l’oléoduc trans-canada reliant les zones d’exploitation des sables bitumeux de la province d’Alberta, déjà zones polluées et grandement endommagées, au Golfe du Mexique où ce bitume chimiquement liquéfié sera raffiné pour l’exportation. Le pipeline construit par TransCanada, doit traverser les régions de l’Alberta, du Dakota, Montana, Nebraska, Oklahoma et Texas jusqu’au Golfe du Mexique sur près de 2000 km, distance sur laquelle IMMANQUABLEMENT de graves fuites se produiront polluant irrémédiablement non seulement nature et proximité de zones d’habitation, mais aussi les nappes phréatiques le long du parcours notamment la nappe Oglala, une des plus importantes du continent nord-américain.

Cette ignominie sera stoppée et la coopération entre indigènes et colons établira des précédents qui seront fatals à l’empire, car les gouvernements fédéraux et big oil se sont retournés contre non seulement les Indiens (çà c’est un classique), mais aussi contre les blancs propriétaires dans les régions qui se voient expropriés. Le compte-à-rebours pour l’effondrement / implosion de l’empire est commencé, miné de l’intérieur et torpillé de l’extérieur par les actions du BRICS…

Hoka Hey !

— Résistance 71 —

 

Ce n’est pas juste à cause du tuyau… mais de ce qu’il y a dedans

 

John Kane (Mohawk, Let’s Talk Native Radio)

 

23 Avril 2014

 

url de l’article:

http://www.tworowtimes.com/opinions/columns/lets-talk-native/its-not-just-the-pipe-its-whats-in-it/

et

http://www.letstalknativepride.blogspot.jp/2014/04/its-not-just-pipeits-whats-in-it.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que cet article est publié, des milliers de personnes se rassemblent à Washington DC pour se dresser contre l’oléoduc (pipeline) Keystone XL Pendant la semaine où est attendue la décision du gouvernement Obama sur le sujet, l’organisation Reject & Protect a appelé de mettre en place un camp près de la Maison Blanche et de demander au président de rejeter le projet d’oléoduc. C’est alors qu’est survenue une annonce en provenance de la Maison Blanche disant que le gouvernement avait décidé de botter en touche sur cette décision pour ce qui semble être la 10ème fois.

Que cette décision ait été prise pour retirer le vent des voiles de cette opposition ou que ce soit partie d’une toute autre stratégie politique, ou que ce soit simplement un autre de ces disfonctionnements courants à DC, est toujours difficile à dire et encore plus dur d’avoir quelqu’un admettre quoi que ce soit. Mais indépendamment de la décision de ne pas prendre de décision, il est important qu’un message à propos de tout ceci soit donné clairement et nettement.

Une de ces choses assez folles concernant cette discussion est le manque de couverture médiatique que ne manque pas d’avoir d’habitude le sujet de l’exploitation des sables bitumeux. Les Américains et les républicains en particulier, adorent avoir cette conversation au sujet des oléoducs et vous pouvez normalement être sûr que Fox News et l’organisation du Tea Party, ne se précipiteront pas au secours des éleveurs, chapeaux de cow-boys ou pas, qui se dressent contre les bénéfices de l’industrie pétrolière. Quand l’éleveur du Nevada Cliven Bundy s’est dressé contre le gouvernement américain, même sous la menace des armes et sous les menaces claires de violence, les cris d’orfraie à l’oppression gouvernementale et des félicitations à son encontre en tant que patriote, se firent écho au travers de la droite politique.

Mais alors que ce mouvement fait fureur, le mouvement qui débuta sur les terres des autochtones d’Alberta au Canada, qui sont violées par des intérêts allant du Texas à la Chine en passant bien sûr par le Canada, le débat du côté américain continue d’êrre relégué à juste une conversation au sujet d’un oléoduc. Pour la vaste majorité d’entre nous qui nous opposons à cette nouvelle “veine de junky à pétrole”, l’absence du pipeline est simplement un goulot de bouteille pour ralentir cette mascarade environnementale que sont l’exploitation et l’extraction des sables bitumeux. Bien sûr que la présence de l’oléoduc présente un grand risque pour l’environnement en soi et bien pire, la justification totale avancée au public américain est un mensonge éhonté. Ce n’est pas à propos de la création d’emplois, car ultimement, l’oléduc emploiera environ une quarantaine de personnes à temps plein. Ce n’est pas non plus au sujet d’une indépendance énergétique, c’est toujours du pétrole étranger. Ce n’est sûrement pas pour sécuriser une offre plus politiquement correcte aux braves gens de cet hémisphère, rien de ce “pétrole” n’est destiné à la consommation américaine ou canadienne. Tout est destiné à partir en Chine.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Alberta, le Canada, les frères Koch et toute la clique de “big oil” et tous ceux qui ont investis dans le pétrole extrait des sables bitumeux sont là pour engranger les milliards. Mais quid des publics américain et canadien ? Rien ! Juste saisie de terres pour un passage dangereux du Montana au Texas et une terre désolée de la taille de la Floride sera laissée en Alberta.

L’oléoduc va mettre en danger la nappe phréatique Oglala (Sioux), une des plus grandes du continent et va rejoindre le nombre de tous ces autres oléoducs qui fuient qui font ressembler des wagons citernes de train déraillé à des gouttes de glace tombées d’un cornet, comparé à ce qu’un conduit de pipeline fracturé peut faire comme dégât. Et ne vous trompez pas, ils fuient tous ou fuiront à un moment ou un autre. Et à tous ceux qui clâment haut et fort qu’un nouvel oléoduc sera bien plus sûr ? Et bien, flash info ! Ceci n’est pas au sujet de remplacer des vieux tuyaux ou rails ou citernes, c’est en rajouter.

Ceci est vraiment le problème pour beaucoup d’entre nous. Au-delà des mensonges et de la propagande associés avec cet oléoduc Keystone XL, la vérité pure et simple est que cet oléoduc valide la farce environnementale qu’est l’exploitation totale des sables bitumeux. Vous pouvez mettre tout le rouge à lèvres que vous voulez à un cochon, ce sera toujours un cochon. Comme le sont tous ceux qui détruisent consciencieusement ce qui fut une région vierge et magnifique, terre qui soutenait des gens magnifiques dont la vie en dépendait.

Le fait qu’aucun Américain ne laisserait jamais se dérouler la destruction qui se passe sur les terres autochtones en Alberta dans leur jardin américain n’est que pure hypocrisie. Et le fait qu’un président américain puisse continuer à éviter juste exactement ce et d’où ce “pétrole” proposé provient est simplement malhonnête.
Pourquoi est-ce que je mets des guillemets au mot “pétrole” ? Je le fais parce que techniquement, ce qui va circuler dans ces tuyaux, ce qui est extrait des sables bitumeux n’est pas du pétrole. C’est du bitume. C’est pire que du pétrole brut sur un plan écologique et pour ajouter l’insulte à la blessure environnementale inévitable, c’est parce que ce n’est même pas techniquement du pétrole brut, qu’il y a une clause d’exemption pour ne pas payer un super-fond de nettoyage en cas d’accident comme ce serait normalement le cas si du pétrole brut passait dans des oléoducs aux Etats-Unis.

C’est facile de toujours tirer un trait de correspondance entre les peuples natifs et l’écologie, mais pour nous, ceci n’est pas une préférence ou un défi social ou même philosophique. C’est au sujet même de notre identité et du comment notre terre nous définit. Je sais que beaucoup s’identifient avec nous et partagent ce point de vue. Mais alors que de plus en plus d’entre nous se rassemblent sur ce problème écologique et d’autres problèmes, n’oubliez pas notre place dans ce débat. Il a maintenant été dit que le combat pour l’environnement commence avec les autochtones. Je suggèrerais que c’est soutenu par les peuples autochtones et aussi finira avec nous. Avec des appels internationaux pour notre “consentement libre, informé et préalable” sur tous problèmes ayant des implications pour notre futur, les peuples indigènes de manière globale, gagnent en confiance et en reconnaissance dans ces luttes et dans bien d’autres. Mais personne d’entre nous ne va attendre que la communauté internationale ne se soit mise à la page. Notre résistance est aujourd’hui et nous la ferons sans Fox News, la résistance armée ou les p’tites chéries du Tea Party.

Indépendamment du feu vert donné ou pas à cet oléoduc, notre bataille est contre la destruction qui règne à la source de ce problème. Nous combattrons l’extraction des sables bitumeux quel que soit leur mode d’acheminement. Ultimement, notre position sur ce problème sera de plus en plus validée par d’autres, mais d’ici là, bon nombre nous étiquetteront non pas comme des patriotes à la Bundy, mais comme des terroristes… ou pire.