Archive pour resistance politique venezuela

Pendant ce temps là… l’administration Trump s’humilie dans le fiasco d’une « Baie des Cochons » au Venezuela dans une énième tentative de coup d’état…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , , on 9 mai 2020 by Résistance 71

 


Affaire « Baie des Cochons » au Venezuela pour Trump…
Milices populaires contre mercenaires yankees…

 

Le genre d’info qui passe sous le radar en cette période de CoV19 qui monopolise l’attention générale… Plein de trucs se passent dans le monde, la terre et la pourriture géopolitique de la dictature marchande continuent de tourner… Pour Trump et les Yanks, business as usual…
~ Résistance 71 ~

MAJ du 11 mai 2020: Le Washington Post révèle le contrat entre l’entreprise mercenaire américaine Silvercorp et l’opposition venezuelienne de Juan Guiado soutenue par les Etats-Unis :

https://francais.rt.com/international/74944-venezuela-contrat-qui-a-conduit-invasion-mercenaires-revele-washington-post

 

Venezuela : L’échec d’une mini “Baie des Cochons” pour Trump

 

Kurt Nimmo

 

6 mai 2020

 

url de l’article original:

https://kurtnimmo.blog/2020/05/06/venezuela-trumps-failed-mini-bay-of-pigs-fiasco/ 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le ministre des affaires étrangères américain Mike Pompeo, ex-patron de la CIA qui a admis que le gouvernement ment, triche et vole, veut que vous croyez en ce que l’administration Trump, totalement infiltrée et infusée des nouveaux cons, n’ait rien à voir avec le complot de la tentative de coup d’état au Venezuela qui a récemment échoué.

Un grand classique à la Ponce Pilate. Bien sûr que le gouvernement américain et ses associés du secteur privé dans le business de la subversion (dans ce cas précis la firme mercenaire Silvercorp USA), sont derrière cette opération de “Baie des Cochons miniature” au Venezuela.

Le bouc émissaire est Jordan Goudreau “un ancien membre des forces commandos de l’armée américaine” qui a, d’après la BBC, “été très rapide pour affirmer une association” avec les mercenaires américains capturés.

Comme on devait s’y attendre, la BBC a minimisé la signification de l’évènement en ne le caractérisant que de n’être qu’une “opération d’incursion navale avec des vedettes rapides”. De l’agence UPI:

“Jordan Goudreau, un ancien Béret Vert et propriétaire de l’entreprise de sécurité (NdT : ce qui veut dire entreprise mercenaire…) Silvercorp USA, pour qui les deux américains capturés travaillaient, a déclaré porter la responsabilité de “l’opération Gédéon”, un plan insurrectionnel contre le président venezuellien Maduro, qu’il dit être connecté avec le leader de l’opposition venezuelienne Juan Guaido, qui a le soutien des Etats-Unis et de plus de 50 pays.”

Il y a officiellement 195 pays dans le monde et la plupart n’ont pas trouvé nécessaire de déclarer Juan Guaido président du Venezuela riche de pétrole. Rappelez-vous l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter disant en 2012 “des 92 élections que le Carter Centre a supervisé, je dirais que les élections au Venezuela sont les meilleures au monde.

“Nous venons juste de l’apprendre”, a dit Trump depuis South Lawn mardi. “Mais quoi qu’il en soit, nous vous tiendrons au courant. Mais ceci n’a rien à voir avec notre gouvernement.

Ceci est appelé “un déni plausible”, mais dans ce cas-ci, ce n’est pas du tout plausible. Les Etats-Unis ont essayé à maintes reprises et sans succès de renverser le gouvernement du Venezuela. Pompeo est un menteur avéré. Trump n’a aucune idée de quoi que ce soit et est préoccupé de défendre son ego sur twitter, donc il ne fait que répéter ce que ses exécutifs nouveaux cons(ervateurs) du ministère des affaires étrangères lui “soufflent dans l’oreillette”.

Trump et ses nouveaux cons vont, bien entendu, ignorer l’affirmation de Goudreau que les Etats-Unis étaient à la manœuvre dans ce énième coup de force illégal. Le mercenaire profiteur dit qu’il a un contrat avec le ministère de Pompeo.

A part bombarder Caracas, terrorisant et tuant des milliers de personnes et d’assassiner Maduro, il y a en fait très peu de choses que puissent faire les Etats-Unis pour déstabiliser plus avant le Venezuela.

Le prédécesseur de Maduro, feu Hugo Chavez, avait compris que les Etats-Unis n’accepteraient jamais la règle sud-américaine qui rejette le capitalisme néolibéral et son agenda mortifère. En réponse, Chavez a organisé des milices civiles dans le pays.

Ce furent des gens du cru, comme la vieille dame prise en photo ci-dessus, qui capturèrent ces mercenaires ex-bérets verts américains devenus mercenaires. Rien d’étonnant à ce que Trump et Pompeo n’aient pas reconnu le lien évident entre eux et leurs sous-traitants, cette mini opération de la Baie des Cochons venezuellienne a juste démontré à quel point d’impuissance les Etats-Unis sont devenus pour renverser des gouvernements qu’ils ne favorisent pas ou plus.

Naturellement, le menteur patenté et avéré, ancien chef de char de l’armée,, Pompeo demande que Maduro libère et renvoie les mercenaires américains capturés à la maison. De fait et malgré les menaces de ce sac à vent, les Etats-Unis n’ont que très peu d’outils pour s’assurer du retour au bercail de ces tueurs professionnels privés…

 


Milice populaire venezuelienne arrête des putschistes

La Commune outil politique de l’émancipation de la dictature marchande: l’exemple de Pancha Vasquez, Venezuela…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , on 20 décembre 2019 by Résistance 71


Société des Sociétés dans l’union des communes libres !

 

« La question sociale est une question agraire » disait à juste titre Gustav Landauer ; tout révolutionnaire doit manger… Gilets Jaunes, réaménageons nos campagnes en confédération de communes libres immunisée contre la dictature marchande. C’est une des clefs de l’émancipation à venir ! La commune de Pancha vasquez au Venezuela présentée ci-dessous n’est qu’un exemple viable parmi tant d’autres, même si l’émancipation de l’État n’est pas optionnelle : tout doit partir, état, marchandise, argent et salariat !
~ Résistance 71  ~

 

Commune: Pancha Vásquez Venezuela

 

Katrina Kozarek

 

17 décembre 2019

 

url de l’article: https://venezuelanalysis.com/video/14746

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Merci à “Bernardo” pour nous avoir référé cet article

 

Ce chapitre de “En commune” explore la commune venezuelienne de Pancha Vasquez dans l’état d’Apure, où des communards travaillent main dans la main avec les paysans locaux pour lutter contre la contrebande et la spéculation dans des systèmes de troc autonomes et de marchés communaux.

La municipalité de Romulo Gallegos à Apure abrite Elorza, un quartier célèbre pour son festival hétéroclite de musique et de danse traditionnelles venezueliennes. On dit que Chavez a développé ses qualités de leader et de militant à Elorza durant ses premières années de formation et d’organisation politique dans les années 80. A part la riche histoire et culture d’Elorza, les zones rurales de la municipalité de Romulo Gallegos comptent aussi parmi les terres venezueliennes les plus importantes pour la production de lait et de viande.

En 2014, quatorze conseils communaux situés le long de la rivière Arauca se sont joints pour former la commune de Pancha Vasquez. Cette communes a réuni plus de 938 familles, 900 fermes familiales et s’étend sur plus de 100 000 Ha de terre sur la municipalité de Romula Gallegos ainsi que sur la municipalité voisine de Muñoz.

Bien que cette zone soit très productive, ses habitants ont aussi besoin d’avoir accès à des produits industriels provenant d’ailleurs comme du riz, du sucre et de la farine. La proximité de cette commune de la frontière avec la Colombie a contribué à rendre les prix inabordables et induire une rareté de ces denrées nécessaires.

La vague massive de spéculation et de contrebande en 2015 a eu un impact profond sur les résidents de la commune de Pancha Vasquez. Un des premiers défis relevé par la Commune fut de confronter cette situation au travers d’un réseau de distribution contrôlé par la communauté. L’expérience du Comité Populaire à la Nourriture renforça politiquement la commune de Pancha Vasquez et mena rapidement à des expériences plus dynamiques et plus complexes de distribution.

“Un autre problème auquel la commune doit faire face est celui d’un commerce différent de celui du mode capitaliste, une activité commerciale populaire, juste et solidaire, une qui ne vole pas vos voisins, ni le peuple. Parce que le capitalisme est un commerce sauvage qui gonfle les prix de tout. Non. Vous devez mettre en place des prix justes et solidaires… un nouveau système commercial, un nouveau système de production et de nouveaux moyens de production ou la terre, la machinerie pour la matière première… la connaissance sont entre les mains de la société, dans ce cas précis entre les mains de la commune.”
~ Hugo Rafael Chávez Frías
Álo Presidente Teórico N. 1
June 11, 2009 ~


... est une question agraire » Gustav Landauer

Le manque de routes goudronnées affecte profondément les agriculteurs de la commune pour pouvoir distribuer leurs produits. Ceci les a laissé à la merci des intermédiaires qui leur paient un prix très bas pour leurs produits et qui ensuite revendent ces denrées à haut prix dans les centres urbains.

Afin de résoudre ce problème, la commue de Pancha Vasquez a créé un nouveau système combiné qui garantit la distribution directe des produits locaux en échange de produits manufacturés. La commune ne possède pas de terres collectives comme c’est le cas pour d’autres communes, mais il existe une très forte confiance et solidarité entre les agriculteurs dans ce territoire. Cette forte relation a permis l’échange de produits locaux comme la viande et les produits laitiers comme le fromage contre des produits industriels avec les autres communes ainsi qu’avec les syndicats et ouvriers dans des entreprises d’état et entreprises mixtes et ce à une échelle nationale.

Toutes les fermes de la commune de Pancha Vasquez n’ont pas la possibilité d’élever du bétail, mais elles ne sont pas laisser hors du système de distribution. Lorsque les produits sont échangés, toutes les familles dans la communauté territoriale aussi bien que les communes voisines, ont la possibilité de les acheter. Cette expression de solidarité a joué un grand rôle dans la promotion de l’esprit révolutionnaire ainsi que de l’implication de la commune et du pouvoir populaire comme modèle du développement socialiste dans le territoire.

La commune Pancha Vasquez a aussi créé d’autres solutions locales au problème des intermédiaires. Depuis 2014, la commune a mis en place un marché communal de plein-air pour les petits paysans locaux. Tous les samedis sans exception, ces paysans locaux se rendent au marché, pour la plupart en canoë le long de la rivière Arauca, pour vendre directement leurs produits aux consommateurs d’Elorza. Un conseil composé d’agriculteurs locaux de la commune de Pancha Vasquez et des territoires voisins se réunit régulièrement pour analyser collectivement les coûts afin de garantir des prix justes et uniformes pour les producteurs et les consommateurs.

La capacité de la commune de Pancha Vasquez de contrôler la distribution de la nourriture dans une zone de production agricole si importante n’est pas un petit succès. Ceci leur a valu des ennemis puissants, certains mêmes au sein de l’état, cherchant parfois à saboter ses avancées.

La commune n’a pas laissé ces obstacles amoindrir sa ferveur révolutionnaire. Un porte-parole, Juan Fernandez, se rappelle que Chavez avait prévenu que ces “mesquineries politiques” pouvaient se produire, mais que “les communes ne pouvaient pas être des excroissances des bureaux des maires ou des partis politiques… que les communes appartenaient au peuple, au pouvoir populaire organisé…

La méticuleuse transparence, la solidarité extensive et le travail sans relâche de la commune de Pancha Vasquez ont permis aux communards de continuer à grandir malgré l’adversité. Ils sont en train en ce moment de développer des projets de macadamisation des routes et de créer une banque communale, qui au lieu de prêter et d’épargner l’argent, va prêter des machines et des produits agricoles. Ils se préparent aussi à récupérer les terres non productives environnantes afin de consolider l’économie locale avec une production agricole collective.

Juste cinq ans après avoir pris forme, la commune de Pancha Vasquez a démontré être une véritable force pour l’avancée d’une économie et d’un état communaux. Elle est devenue un point de référence en ces temps de crise, montrant que la commune est un espace d’organisation et de responsabilité qui peut progresser à pas de géant en termes d’amélioration des conditions de vie de tous aussi bien que de mettre en place les pierres d’édifice du socialisme.

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Lectures complémentaires:

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Un monde sans argent: le communisme

6ème_déclaration_forêt.lacandon

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 


Commune = Vie
État = Mort

Venezuela et opération Condor 2.0… Échec au plan d’invasion de l’empire ?…

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Les Amériques centrale et du sud ainsi que toute la région Caraïbe se trouve sous le coup d’une Opération Condor 2.0 menée depuis Washington et fomentée, commanditée depuis la City de Londres, cœur de l’hydre oligarchique totalitaire mondialiste.
Il semblerait que le coup d’état en marche au Venezuela ainsi que son invasion militaire par les proxies de l’armée yankee aient été jusqu’ici empêchés… Affaire à suivre néanmoins de près.

~ Résistance 71 ~

 


Opération Condor 2.0

 

Un scoop que Le Grand Soir a hésité à publier

 

Théophraste R.

 

10 février 2019

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/un-scoop-que-le-grand-soir-a-hesite-a-diffuser.html

 

Notre ami et correspondant à Caracas, Thierry Deronne, un Belge devenu Vénézuélien, envoie au Grand Soir, en s’amusant à le titrer en anglais (« Very good news »), un scoop si incroyable que legrandsoir.info hésite depuis deux jours à le diffuser.

Le Grand Soir contacte alors, (Thierry le lui pardonnera, il sait ce qu’est l’obsession du vrai) un journaliste, Marseillais d’adoption, qui se trouve ces jours-ci (et ce n’est pas par hasard) à Caracas. Il s’agit de Romain Migus, un autre collaborateur du GS qui a vécu dix ans au Venezuela.

Bing, bang ! Thierry et Romain citent leur source. Irréfutable. Elle est signée Diosdado Cabello, fidèle collaborateur de Chavez, puis de Maduro, aujourd’hui président de l’Assemblée Nationale Constituante du Venezuela.

Et que nous apprend-il sur son blog ? Du 10 au 15 février, la Russie et la Chine participeront, avec l’armée vénézuélienne, à des manoeuvres militaires pour préparer les troupes à faire face à toute tentative d’agression par une puissance étrangère.

C’est surtout la participation de l’armée Chinoise dans ces manœuvres qui étonnait.

Du coup, l’hypothèse (quasi certaine ces derniers jours) d’une invasion du Venezuela fait un bond en arrière. Même Macron, on l’imagine, ne souhaite pas un affrontement armé des trois plus grandes puissances nucléaires pour installer au pouvoir Juan Guaido, traître à sa patrie (1).

Le bain de sang est, pour le moins, reporté. Very good news !

Théophraste R. Auteur de la thèse (en cours) : « L’extraordinaire essor de la démocratie dans les pays pétroliers libérées par les USA ».

Note (1). Nos correspondants à Caracas voient sur place ce qui se passe sans le truchement de nos médias. Pour eux, le putsch de Guaido a échoué. Même au plan international, les pays qui le soutiennent sont minoritaires et désavoués (ONU).

C’est pourquoi Guaido sort sa dernière carte : l’armée US sur le sol de son pays

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Dean Henderson NOM 4 cavaliers apocalypse pétrolière et familles banquières de l’oligarchie

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Que faire ?

Effondrer le colonialisme

Errico_Malatesta_écrits_choisis

6ème_déclaration_forêt.lacandon

confederalisme_democratique

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Resistance au Nouvel Ordre Mondial: Venezuela retour et analyse…

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Le Vénézuela treize ans après…

 

Par Annick Maziers

 

Url de l’article original:

http://www.lecourrier.ch/retour_au_venezuela

 

Treize ans après une première immersion au Venezuela, alors gouverné par Rafael Caldera, Annick Maziers est retournée sur place en mai dernier. Impressions sur la République bolivarienne d’Hugo Chavez, sous la forme d’un carnet de route.

 

 

Treize ans après une première immersion au Venezuela, alors gouverné par Rafael Caldera, Annick Maziers est retournée sur place en mai dernier. Impressions sur la République bolivarienne d’Hugo Chavez, sous la forme d’un carnet de route.

L’absence temporaire du président Chavez a été l’occasion, pour une bonne partie de la presse mondiale de titrer sur le Venezuela… renforçant l’impression d’un régime dictatorial pour certains, éveillant, pour d’autres, respect et curiosité pour un leader adulé par une bonne partie de la population… Au total, des centaines d’articles, mais pour combien d’enquêtes sur le terrain ?

Pour entendre un peuple, c’est peut-être un peu comme pour observer les étoiles… les grandes lumières de la ville peuvent parasiter un peu la tâche. Il ne faut pas hésiter à rentrer dans les terres, quitter la capitale. Cela faisait treize ans que je n’étais pas retournée au Venezuela. Je suis retournée dans mon Llano incandescent, à l’intérieur du pays.

Les mises en garde de quelques amis non chavistes, les e-mails alarmants sur la « dictature » de Chavez, ainsi que la presse avaient fini de me convaincre : il valait mieux ne pas prendre mon fils de sept ans avec moi pour retourner au Venezuela. Je suis donc partie seule pour retrouver les gens avec qui, treize ans auparavant, j’avais vécu. Je ne connaissais rien du Venezuela socialiste. Quand je suis partie, le pays était encore sous le mandat du président Caldera. Hasard des dates, mon départ avait coïncidé avec les derniers mois de la présidence Caldera.

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Mai 2011, j’arrive à Zaraza, à l’intérieur du pays. Je renoue avec mes amis comme si je les avais quittés hier ; tous de milieux différents, de sensibilités politiques différentes. Il y a treize ans, je travaillais dans le cadre d’une action sociale bénévole au cœur du pays avec des enfants, des malades. Aucune prise de position politique n’était souhaitable, neutralité totale, je travaillais avec des gens de tous bords.

Enregistrant, notant, photographiant tout ce que je n’avais plus vu depuis treize ans, j’avais treize années à comprendre. Du balayeur de rues au chauffeur de taxi, de la guichetière au cadre supérieur de la compagnie d’électricité, du collégien au propriétaire terrien exploitant, je les ai tous harcelés de questions. J’ai découvert un nombre incroyable de programmes, il m’était difficile de tout capter tant il y a avait de sujets à développer.

***

L’un des programmes les plus impressionnants m’a semblé être les réseaux mercal. Ce sont des magasins du commerce équitable vendant à prix régulés les denrées de base produites localement. Ils sont implantés partout dans le pays. Je me suis rendue dans l’un d’eux. Le bruit courait qu’il n’y avait plus moyen de se procurer de l’huile. Je voulais vérifier. Alors que nous entrions dans le mercal, ils déchargeaient des palettes de bouteilles d’huile.

J’ai vu les comedores, ces cantines publiques gratuites pour les plus de 60 ans, les écoles de musique gratuites pour tous, les formations professionnelles gratuites, les transports publics très bon marché et gratuits pour les personnes âgées.

***

L’un des grands points du Venezuela est la mobilité des gens. Compte tenu du prix du carburant, des prix des transports publics (métro, liaisons bus entre les villes…), les Vénézuéliens ont vraiment la possibilité de se déplacer. Ce qui n’est pas un détail quand on sait, en France notamment, l’élimination « naturelle » que représentent pour les étudiants les déplacements à la capitale. Les parallèles me venaient souvent à l’esprit, et de penser à nos retraités européens, français, grecs, anglais, ceux dont la retraite ne permet même pas le paiement d’un loyer ou les couples avec double salaire qui ne peuvent plus payer le gasoil pour se chauffer l’hiver.

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Les maisons que j’avais connues ont été aménagées, les réservoirs d’eau potable ont été changés, le téléphone est accessible à tous et, d’ailleurs, tout le monde a son téléphone portable. La compagnie nationale de téléphone Cantv a été nationalisée en 2006 et elle propose des tarifs sociaux extrêmement accessibles, très encadrés. Tous peuvent être connectés à Internet, le prix est modique et des cours gratuits d’initiation sont offerts partout dans le pays. D’ailleurs, les premiers ordinateurs 100% vénézuéliens voient le jour.

Toute personne qui souhaite étudier peut étudier, les universités sont partout présentes. De très nombreuses femmes reprennent des études tout en gardant leur travail, les horaires ont été aménagés. Dans la ville où j’étais, Zaraza, le nombre d’universités est passé de deux à quatre. Le Venezuela est le pays au monde comptant le plus d’étudiants, 36% de la population étudie. Les bourses sont largement distribuées. Ainsi, l’une de mes amies vit seule avec quatre enfants à charge, ses quatre enfants étudient, aucun n’a besoin de travailler pendant son cursus.

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Il y a des médecins à tous les coins de rue, grâce au programme d’échange de médecins avec Cuba. J’ai pu rencontrer certains de ces Cubains, comprendre comment ils vivaient cette expérience et comment ce « prêt » de médecins était perçu par la population bénéficiaire : une expérience enrichissante pour les premiers car beaucoup de maladies présentes au Venezuela sont maintenant éradiquées à Cuba et, pour les seconds, une aubaine.

J’ai pu voir au fin fond de la campagne des gens opérés, des gens avec des attèles, des lunettes… Les parallèles avec la tendance actuelle en France me viennent en permanence en tête : alors que la France applique un numerus clausus et renvoie des médecins étrangers bien que la population subisse une pénurie criante, que le taux de cancer explose et que la population vieillit ; le Venezuela fait venir 20.000 médecins cubains. C’est l’asymétrie parfaite.

Les familles les plus aisées que je connais sont certes très critiques au premier abord envers le pouvoir… Le vocabulaire est dur et ils ne manquent pas de relever tous les problèmes que connaît encore le Venezuela. Cependant, ils ont quand même tous reconnu ne rien avoir perdu. Ils ont gardé leur bateau, leurs fermes, les multiples voitures… Et, au fil des discussions, eux-mêmes reconnaissent que leur Venezuela est un charme et qu’ils n’ont pas envie de le quitter. Ils sont impliqués dans l’opposition, pour certains, et animent des émissions radio, occupent des postes à responsabilité.

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Le plus déstabilisant pour un esprit européen est peut-être de constater l’incroyable tendresse qu’exprime, avec une grande spontanéité, la population envers le président Chavez. Il est vu tantôt comme un fils, tantôt comme un frère.

Transposer un tel comportement dans notre contexte politique actuel serait tout à fait surréaliste. Il n’est plus question dans notre paysage politique de fracture entre la classe dirigeante, en ce compris les hauts fonctionnaires, et la population ; il est juste question d’univers différents.

***

En passant au-dessus de la rivière la plus sale de Caracas, un véritable égout à ciel ouvert, mon amie me dit que « ce fou de Chavez a promis qu’il nagerait dedans ». Cette remarque me fait alors penser à l’un des textes du grand « Gabo ». Il parlait de ce général qui, pour son agrément, avait inversé le cours d’une rivière… Gabriel Garcia Marquez nous plongeait alors dans le réalisme magique ; mais ce que Chavez rend abordable pour une partie de la population, c’est en fait une réalité magique. Il ne cherche pas à inverser le cours des rivières mais bien le cours des choses. Depuis de nombreuses années, personne n’avait autant orienté le développement du pays vers les classes les plus défavorisées, personne n’avait osé.

A l’image de ce métro de Caracas qu’il a fait sortir de terre pour rejoindre les banlieues à flanc de montagne, il a défié et renversé ce que beaucoup pensaient être la fatalité, les lois irréversibles du marché. Ainsi, fou pour certains, leader humaniste pour d’autres, cet homme a su réveiller l’optimise et la fibre politique d’un grand nombre de Vénézuéliens.

Annick Maziers

SOURCE : lecourrier.ch

Texte rédigé le 8 août 2011. Annick Maziers a cosigné, avec la photographe Eve Dufaud, le recueil Montagnes d’Hommes – Bergers, Bergères d’exception, 2010, ed. « Lieux Dits », Lyon. montagnes-d-hommes