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Résistance politique au colonialisme: Géronimo et CIA (Cynisme Imbécile en Apothéose)

Posted in 11 septembre, actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 novembre 2015 by Résistance 71

“Auparavant je me déplaçais comme le vent, maintenant je me rends à vous et c’est tout.”

~Goyathlay “Géronimo”, Chiricahua Apache, 1829-1909~

 

Géronimo

 

Georges Stanéchy

 

8 Mai 2011

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/article-geronimo-73423407.html

 

« L’Apache est l’animal le plus vif et le plus rusé du monde, avec, en plus, l’intelligence d’un être humain ».
Commandant Wirt Davis – 1885 (1)

Rien.

Neurones inertes.

Face à l’avalanche de Ben Ladeniaiseries

Hystérie médiatique succédant, sans souffler, à celle du mariage princier, du cheval et de la cruche (The Horse & the Mug), surnommés ainsi par les britanniques lucides et hilares. Cadencée par le marteau-pilon de la propagande.

Où puisent-ils pareille énergie ?…

Occultant minutieusement les multiples manifestations du 1er  Mai, dans le monde, célébrant, revendiquant, une des valeurs fondamentales de nos collectivités : “Le Travail”. Sous sa forme élaborée, civilisatrice, qu’est “L’Emploi”, digne et épanouissant. Une des plus impressionnantes étant le défilé, à Madrid, de plus de 500.000 personnes.

Imagination tempétueusement océanique, en plus !… Narrative des anglophones, récit, roman, légende, épopée, variant suivant les conteurs : présidentiables vendus, politiciens achetés, “spécialistes” allumés, chroniqueurs timbrés, galonnés “enfumeurs”, traîneurs de sabre “emmédaillés”, et autres griots en godillots. Versions aussi changeantes que rouleaux de houle au gré des vents et courants.

L’assassinat héliporté d’un zombie, en famille dans sa villa. Ex-associé de ses futurs assassins… Un mort-vivant ne cessant de renaître au fil des ans. D’insuffisances rénales en bombardements, de cavernes en compounds, comme disent les journalistes d’investigation et les “experts” qui leur tiennent le stylo…

En matière de zombie, je le confesse foncièrement inculte, j’en suis resté au Thriller de Michael Jackson. C’est vrai. Ça date un peu.

 

Dans une opération commando, franchissant “furtivement” les centaines de kilomètres de l’espace aérien d’un pays souverain et allié. Pour atterrir près de sa principale école militaire. A son insu. Pas du zombie, du pays souverain.

170 millions d’habitants, millions de crève-la-faim. Caste au pouvoir pourrie jusqu’au iPhone, complice de l’Empire dans le démantèlement et la paupérisation de sa propre nation. Dotée d’une des meilleures couvertures radar de la planète, dans la crainte paranoïaque d’une attaque surprise de son grand et menaçant voisin. S’étripant dans de récents conflits frontaliers, jusque dans la partie Himalayenne du Cachemire, à plus de 5.000 mètres d’altitude : l’Inde…

“Celui qui bâille”

Soudain, j’apprends que la fin de l’opération s’est conclue par le message en anglais « chewingommesque » du responsable du commando, un triomphal :

« Geronimo KIA » !

KIA : rien à voir avec un marchand de meubles en tranches, de chiffons en paquets ou d’automobiles à gadgets. C’est la contraction, l’euphémisme passe-partout : Killed In Action. Traduction à double sens : “Tué ou Mort au Combat”, lorsqu’il s’agit de ses propres soldats ; “Liquidé”, si c’est l’assassinat d’un “ennemi” par des services spéciaux.

Mais : Géronimo !…

Nom de code donné au mort-vivant !

Me bourrer les narines de piment rouge, aurait provoqué le même effet. Jets de fumée évacués par les oreilles !

Géronimo, un de mes héros depuis l’enfance, avec Cochise, Cheval Fou, Taureau Assis et tant d’autres Grands Chefs des Peuples Indiens ! (2) Résistant à l’invasion des colons débarquant d’Europe, leurs massacres, leurs spoliations. Luttant, avec un courage aussi immense que leur désespoir, contre le génocide de leur Nation, l’éradication de leur civilisation. (3)

Dans une vie antérieure, j’ai dû être Apache, Sioux ou Cheyenne, tant j’admire leur combat. Lectures ou westerns, toujours à leurs côtés. Incapable de supporter la bonne conscience des génocidaires. Symbolisé par le caricatural “casseur” d’Indiens cinématographique John Wayne (“casseur”, aussi, de Vietnamiens dans le film Green Berets…), au déhanchement de danseuse du Lido. Fantasmatique silhouette callipyge, en moins.

Geronimo appartenait à la Nation Apache, mosaïque tribale et clanique, semi-nomade. Un Apache Bédonkohé, « Ceux qui sont devant, à l’extrémité », en fait aux confins de la frontière actuelle du Mexique – USA. Né en 1823, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique contemporain.

Il s’appelait Goyahkla, « Celui qui bâille ». Le nom donné aux enfants provenait d’observations, d’évènements, au moment de la naissance ou des premiers mois. Cheval Fou, membre de la Nation Sioux, a reçu son nom en souvenir d’un cheval emballé traversant au galop le campement, lors de l’accouchement de sa mère. Geronimo, était un bébé repu, choyé, paisible. Bâillant de bonheur…

Devenu adulte, vivant sereinement au sein de sa famille et de sa tribu. Au retour d’une journée de marché et de troc à l’ombre de la palissade du fort de Janos dans l’Etat de Chihuahua, les hommes découvrent leur campement détruit, incendié, femmes violées, éventrées, bébés démembrés, vieillards décapités. Un raid de miliciens mexicains, les rurales, cow-boys au service des grand propriétaires. Goyahkla, en 1850, découvrit sa mère, sa femme et ses 3 enfants, assassinés.

Il devint implacable de vengeance. Avec les hommes rescapés, il poursuivit les rurales, les exterminant, souvent armé de son seul couteau, dans une guérilla méthodique. Acquérant son nom de guerre mythique, de résistant : Geronimo.

L’avancée de la colonisation européenne, telle une lente montée des eaux, se déroulait, s’accentuait, dans le massacre des autochtones. Tuer un indien était considéré comme un « meurtre légitime », donnant lieu à l’octroi de primes pour les civils, de décorations et de promotions pour les militaires. Mineurs, chercheurs d’or, éleveurs, agriculteurs, se livrant souvent à plus d’atrocités que les soldats.

Parmi les “chasseurs d’apache” les plus tristement pervers : King S. Woosleyil.  Adepte de la “guerre chimique”, s’amusant à déposer en bord de piste des sacs de piñole (mélange de farine et de sucre), simulant la chute d’un chargement. Au préalable, truffés d’un poison foudroyant : la strychnine. (4)

Il recruta sa propre milice, ramassis d’une trentaine de tueurs aussi sanguinaires que sadiques, et se spécialisa dans l’extermination de villages ou de groupes d’Indiens en transhumance. Dont le sinistre massacre de Bloody Tanks, en 1864. De préférence, pendant les moissons du maïs et du blé, les hommes partis à la chasse. Anéantissant femmes et enfants, à leur aise. Ainsi, du massacre de Piñal Creek, dans l’Arizona d’aujourd’hui.

Ou encore, William S. Oury organisateur du massacre de 150 villageois pacifiquement installés au bord d’une rivière, le Camp Grant, le 30 avril 1871. Avec meurtre des femmes, préalablement violées, accompagné du carnage des bébés et enfants. A l’époque, ces « opérations » étaient planifiées non pas pendant la saison des mariages propices aux rassemblements, comme dans certains pays, mais durant les moissons où les hommes quittent leurs villages pour chasser. Assurer la réserve de viande fumée pour l’hiver.

Saccages et tueries, occasions de séances de liesse bénies par les évangélistes, célébrées par les médias. Déjà… Citons, The Arizona Miner :

« Hurrah pour les Rangers du Comté Yavapai ! Nous sommes heureux de constater que nos rangers ne s’embarrassent pas de faire des prisonniers parmi les meurtriers peaux-rouges. La coutume précédemment adoptée, même par notre armée, de capturer femmes et enfants parait en voie de disparition ». (5)

Pris entre marteau et enclume : grands féodaux espagnols devenus mexicains, et yankees affairistes au nord du Rio Grande. Dialoguer, signer des traités, échanger des promesses, ne suffisaient pas. Les chefs des communautés Apaches étaient sidérés. Leurs propos, d’après les témoignages historiques, exprimant le désarroi :

Mangus Colorado :

« Les Américains sont d’une race violente, prête à exterminer les Apaches pour voler leur terre. Faut-il se battre ou parler avec eux ?… ». (6)

Unojo :

« Les Américains nous ont pris nos champs de maïs et de blé. Que devons-nous faire ? ». (7)

Eskiminzin :

« … Ils doivent être fous. Ils ont agi comme s’ils n’avaient ni cervelle ni cœur … Ils doivent être assoiffés de sang. Ces gens écrivent dans les journaux et racontent leur propre version de l’histoire. Les Apaches n’ont personne pour raconter la leur. » (8) 

Inconscient collectif

La guerre civile entre le nord et le sud des USA (1861 – 1865) une fois terminée, tous les efforts du gouvernement américain ont été investis dans l’éradication, physique et culturelle, des peuples Indiens. Sans transition, c’était passer de l’angélique « lutte contre l’esclavagisme », à l’impassible génocide Indien. Rayer de la carte. Sur l’ensemble des territoires. Dans une guerre à outrance.

Les survivants étant déportés à des centaines de kilomètres de leurs lieux d’origine et parqués dans des « réserves ». Véritables camps de concentration. Loin de leurs terres de cultures, de chasses et d’échanges commerciaux. Economie brisée. Leur société pulvérisée, ne survivant que de la distribution de rations, d’aides, au bon vouloir de leurs geôliers.

De préférence dans des zones insalubres et propices à la propagation de maladies. Aujourd’hui, on parlerait sans l’avouer de « guerre bactériologique »… Visitant le Camp de concentration de San Carlos, le jeune Lieutenant Bretton Davis, encore imprégné de quelques principes humains, en est choqué :

« En été, une température de 44 degrés à l’ombre était considéré comme fraîche. En toute autre saison de l’année, des moustiques, des insectes inconnus infestaient le pays par millions ». (9)

Comme les autres peuples Indiens en lutte, les Apaches malgré une héroïque résistance ne vont pas échapper au sort fixé par les colons. A bout de ressources, Geronimo après des années de résistance, de fuites et de combats, se rend l’été 1886. Pourchassés par cinq mille hommes, le quart de l’armée des USA d’alors, et 3000 soldats mexicains.

Avec lui, ne survivaient plus que 34 hommes, femmes et enfants. Considérés et traités en « renégats ». Ils vivront la déportation sur des centaines de kilomètres, de camps de concentration en camps de concentration, près des forts ou des casernements. Entassés avec d’autres peuples, déportés d’autres territoires.

Leurs enfants, séparés de leurs parents, envoyés eux-mêmes dans le nord des USA, en Pennsylvanie. Dans des établissements religieux, forcés d’oublier leurs langues et coutumes dans l’apprentissage par cœur de La Bible. En bons petits sauvages qui doivent dire merci d’être élevés à « la civilisation ». Sous-alimentés, beaucoup meurent de tuberculose.

Déportation, enchaînés, au sud de l’Alabama, à Mt Vernon Barracks près de Mobile. Puis en Floride au bord des marécages et étangs insalubres du Golfe du Mexique à Fort Pickens, Pensacola. Plus loin encore. Toujours en Floride, mais sur l’Atlantique, à Fort Marion. Son exceptionnelle constitution permettra à Geronimo de survivre là où beaucoup des siens seront emportés par paludisme, tuberculose, sous-alimentation, épuisement, désespoir.

Symbole de la résistance héroïque de la Nation Indienne, les colons feront tout pour l’humilier, le diffamer, le ridiculiser, jusqu’à l’exhiber, alors âgé, comme une bête de zoo devant la « bonne société ».

Agé de quatre-vingt cinq ans, il meurt d’une pneumonie. Le 17 février 1909.

Rares sont ceux qui n’ont pas admis la calomnieuse propagande coloniale à l’encontre des peuples peaux-rouges. Courageusement, en 1884, le Lieutenant Bretton Davis en dénonçait l’argumentaire :

« En ce qui concerne la perfidie, les engagements non tenus, les mensonges, les vols, les massacres de femmes et d’enfants sans défense, et tous les autres crimes figurant au catalogue des actes de cruauté perpétrés par l’homme envers son prochain, l’Indien n’était qu’un simple amateur en comparaison du « noble homme blanc ». Il commettait des crimes au détail, nous en commettions en gros ». (10)

Etiqueter la mission d’assassinat d’un zombie du nom de Geronimo n’a pas simplement choqué les descendants des survivants du génocide de la Nation Indienne, quel que soit leur groupe ethnique, où il est immensément respecté de nos jours. (11) C’est un acte révélateur, une signature de l’inconscient collectif de la nomenklatura des USA.

Avec un double effet, fanatiquement stupide :

=> Accoler Geronimo au nom de « l’ennemi le plus méprisé » c’est avouer que le génocide de la Nation Indienne n’est pas encore reconnu, regretté, mais au contraire revendiqué inconsciemment dans l’expression d’un racisme viscéral.

=> Accoler Geronimo au nom de « l’ennemi le plus recherché », c’est reconnaître et lui attribuer un statut de « renégat », résistant, rebelle, insurgé. Et, non pas celui de simple criminel.

Témoignage du niveau d’abrutissement des ganaches belliqueuses, assimilant dans leur analphabétisme culturel le nom de Géronimo, héros d’une résistance, symbole de la lutte pour la liberté et la dignité d’un Peuple, à un règlement de compte entre services spéciaux…

« Justice est faite ! Bon boulot ! », clament les Droits de l’Hommiste ! Incantation reprise par la chorale des veaux…

CIA…

ACI : Apothéose du Cynisme Imbécile.

(1)  David Roberts, Nous étions libres comme le vent, De Cochise à Géronimo – Une histoire des Guerres Apaches, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993, p. 13.
(2)  Superbe ouvrage, richement illustré : Colin F. Taylor & William C. Sturtevant, Les Indiens d’Amérique du nord, Editions Solar, 1992.

(3)  Le regard d’un anthropologue sur les Amérindiens du continent américain, nord et sud : Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d’Amérique, Albin Michel, Collection “Terre Indienne”, 1993.
Consulter, aussi, un des meilleurs connaisseurs de la spiritualité et de la civilisation Indiennes des Grandes Plaines : Frithjof Schuon : http://www.frithjof-schuon.com/indians.htm

(4)  Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire des Apaches – La fantastique épopée du peuple de Géronimo – 1520-1981, Albin Michel, 1987, p. 159.

(5)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 163.

(6)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 97.

(7)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 178.

(8)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 177.

(9)  Jean-Louis Rieupeyrout, Op. Cit., p. 193.

(10) David Roberts, Op. Cit., p. 293.

(11) Charles McChesney, Onondaga Nation leaders blast ‘Geronimo’ codename for Bin Laden, The Post Standard, 4 mai 2011, http://www.syracuse.com/news/index.ssf/2011/05/onondaga_nation_leaders_blast.html

Décoder la Doctrine Chrétienne de la Découverte… Maintenant un documentaire sortant avant la venue du criminel Bergoglio alias François 1er au Pays du Goulag Levant…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Décoder la Doctrine de la Découverte: le documentaire de Steven Newcomb sur les écrans de New York

ICTMN

15 Septembre 2015

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/09/15/decoding-doctrine-christian-discovery-newcomb-documentary-screens-nyc-161757

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de Résistance 71: Nous mettons la bande annonce du documentaire en section commentaires…

Titre en français: “La Doctrine de la Découverte: Démasquer le code de la Domination”

 

Au soir de la visite du pape François 1er sur l’Île de la Grande Tortue à la fin du mois, un préliminaire est nécessaire et le nouveau documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code est le parfait véhicule pour examiner comment les vues des anciens chrétiens continuent de façonner les relations entre les peuples indigènes et les descendants des colons occupants européens jusqu’à ce jour.

Fondé sur le livre de l’avocat, universitaire et contributeur au site Indian Country Today Media Network (ICTMN) Steven Newcomb “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery” aux éditions Fulcrum, 2008 (NdT: dont de larges extraits ont été traduits et publiés sur Résistance 71, cliquez ici), ce documentaire d’une heure “examine les effets d’une ancienne doctrine remontant à des documents du Vatican publiés par des papes du XVème siècle et qui donnaient les droits de clâmer dominion, à perpétuité, sur des terres non-chrétiennes et sur leurs habitants”, expliquent les réalisateurs dans une déclaration.

La pape rendra visite aux territoires traditionnels des nations Piskataway et Lenape à Washington D.C, New York et Philadelphie du 22 au 27 Septembre courant.

Le documentaire, réalisé par Sheldon Wolfchild (Dakota, Sioux), sera diffusé à 18:30 le Jeudi 17 Septembre aux étudiants et aux membres de la communauté de la Faculté de Droit de Fordham intéressés dans un évènement qui inclura une “grosse section de questions/réponses avec les producteurs de documentaire (dont fait partie Steven Newcomb), au sujet de l’utilisation continue et de l’impact de la doctrine chrétienne de la découverte sur les nations et peuples indigènes”.

La célèbre auteure-compositrice indigène Buffy Sainte-Marie est la narratrice du documentaire qui illustre les façons dont les diktats papaux et royaux de la domination chrétienne infusent nos vies quotidiennes aujourd’hui, spécifiquement avec l’utilisation de précédents légaux établis par la cour suprême des Etats-Unis.

Le langage de ces précédents légaux applique une certitude biblique pré-établie d’un droit à la découverte et à la domination”, disent les producteurs incluant Newcomb.

Voici quelques unes des questions qu’aborderont les producteurs du documentaire avec l’audience en attendance: “Pourquoi les Etats-Unis et d’autres pays continuent-ils d’affirmer un droit de domination sur les nations natives originelles ? Pourquoi les Etats-Unis clâment-ils sur cette base, un droit de “pouvoir plénier” sur ces nations ?

La diffusion et la session de questions/réponses sur le documentaire The Doctrine of Discovery: Unmasking the Domination Code auront lieu à la faculté de droit de l’université de Fordham, 150 West 62 Street, 3rd floor, Room 3-04, New York, NY 10023.

L’évènement est parrainé par les Fordham University Communication & Media Studies Department et le Professor Stephen Stoll of the Fordham University History Department.

 

Résistance au colonialisme: Deux colonisateurs modernes « oubliés » des médias: Israël et l’Arabie Saoudite…

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On veut toujours faire croire à la fable du fait que nous serions en train de vivre dans un monde « post-colonial »… Nous prouvons semaine après semaine que rien n’est plus faux et que cette doctrine n’est qu’un écran de fumée pour maintenir la ligne des opinions publiques occidentales. Présentés ici sont deux des grands prédateurs coloniaux de cette ère fictive dite: « post-coloniale »: Israël et ce bien au-delà de la Palestine et l’Arabie Saoudite et son vortex de pétro-dollars… Savoir est le premier pas vers la libération et l’émancipation.

— Résistance 71 —

 

Israël et l’Arabie Saoudite, deux grands colonisateurs de la planète

 

René Naba

 

25 Juin 2015

 

url de l’article original:

http://www.renenaba.com/israel-et-l-arabie-saoudite-deux-grands-colonisateurs-de-la-planete/

 

Le fait est patent et la source béton. C’est écrit noir sur blanc dans un rapport américain intitulé « Global Land and Water Grabbing » (accaparement mondial de la terre et des eaux) et publié par la revue Golias Hebdo N° 275 (semaine du 14 au 20 Février 2013).

Israël est l’un des plus grands colonisateurs de la planète et l’un des plus importants pollueurs des terres d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie

Une colonisation de l’ordre de 20 fois la superficie de la Palestine, alors que l’Arabie saoudite, sous la bannière de la firme Ben Laden, la firme familiale du fondateur d’Al Qaida, se tournait vers l’Afrique et l’Asie pour s’assurer des terres arables pour parvenir son auto suffisance alimentaire.
L’expérience d’Israël de la colonisation de la Palestine l’a conduite à coloniser des terres à travers le Monde représentant vingt fois sa superficie au détriment des populations et de l’environnement des pays pauvres :

  • En Guinée, Simandou, une montagne isolée au milieu de la forêt équatoriale, dans les confins de la Guinée. Son sous-sol renferme du minerai de fer, la plus importante réserve inexploitée au monde. Sa valeur : plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de dollars. Le sous-sol de la Guinée regorge de matières premières : bauxite, diamant, or, uranium, fer, etc. Les principaux groupes miniers de la planète s’y disputent les concessions. Mais les 11 millions d’habitants ne profitent guère de ces trésors. Le scandale de Simandou met en cause l’homme le plus riche d’Israël, Benny Steinmetz. Une des plus importantes opérations de pillage des richesses minières d’Afrique sur fond de corruption des élites africaines et d’évasion de capitaux, avec la complicité d’un ex-première dame guinéenne.
  • Au Gabon pour la culture du Jatropa, nécessaire à la production de biocarburants.
  • En Sierra Leone où la colonisation israélienne représente 6,9 pour cent du territoire de ce pays de l’Afrique de l’Ouest de surcroît diamantifère.
  • Aux Philippines où la proportion des terres « confisquées » atteint 17,2 pour cent de la surface des terres agricoles.
  • En République Démocratique du Congo pour la culture de la canne à sucre, en sus de l’exploitation diamantifère. Avec en prolongement dans la région des grands lacs, un prosélytisme visant la conversion des Tutsi au judaïsme, en une opération visant à forger une nouvelle identité pour une stratégie de conquête et de préservation des intérêts israéliens dans la zone, parallèlement à la stratégie avec la stérilisation des Fallachas, juifs d’Éthiopie en Israël. Nul n’est à l’abri de contradictions.

Les scandales abondent au Congo Kinshasa où Laurent Désiré Kabila a payé de sa vie ses indélicatesses en attribuant l’exploitation diamantifère à un groupe israélien.

Israël est à la tête des pays qui contrôlent les terres dans les pays pauvres, avec les États-Unis, la Grande Bretagne et la Chine. Selon cette de « The Journal of the National Academy of Sciences of the United States » et reprise par Golias, 90 pour cent de ces terres se trouvent dans 24 pays situées pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, les sociétés étrangères s’emparent de dix millions d’hectares annuellement de terres arables. Les nouvelles cultures se font souvent au détriment des jungles et des zones d’importance environnementales, menacées ans leur biodiversité. Elles utilisent engrais et pesticides et libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre. Au final, le phénomène sape les bases de la souveraineté alimentaire et détourne en particulier les ressources en eau.

Dans les pays de l’Afrique anglophone…

S’appuyant sur les pays africains anglophones non musulmans, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya, Israël a opéré une percée diplomatique majeure dans l’Afrique anglophone obtenant la réduction du quota des eaux du Nil de l’Égypte, la plus grande pantalonnade diplomatique de l’ère Moubarak, qui a coûté son pouvoir à l’égyptien.
Négociant avec l’égyptien Moubarak, lui faisant miroiter la possibilité d’une succession dynastique en faveur de son fils, Israël a incité les états africains à réclamer une majoration de leur quote-part dans la répartition hydraulique du cours d’eau, alléchant les Africains par des projets économiques et les investisseurs égyptiens par des promesses d’intéressement aux projets israéliens. En Éthiopie, Israël a financé la construction de dizaines de projets pour l’exploitation des eaux du Nil Bleu.

L’accès d’Israël au périmètre du bassin du Nil, via le sud Soudan avec le concours français et américain, s’est doublé du lancement d’un projet de la construction d’un Canal reliant la Mer Rouge à la Mer Méditerranée, depuis Eilat. Disposant de deux voies de navigation, l’un pour l’aller, l’autre pour le retour, le canal israélien, contrairement à l’Egyptien concurrencera fortement le Canal de Suez et entraînera une perte de 50 pour cent des recettes égyptiennes de 8 milliards de dollars par an à 4 milliards. Mais l’Égypte semble avoir pris de vitesse son rival israélien avec le lancement de la construction d’un canal complémentaire, en partenariat avec l’Arabe saoudite, dans la foulée de la nouvelle offensive israélienne sur Gaza, -Bordure protectrice-, qui a eu lieu du 8 Juillet au 7 août 2014.

Le harcèlement israélien des communautés libanaises d’Afrique, particulièrement au Nigeria et au Sierra Leone vise ainsi à éliminer des concurrents dans l’exploitation diamantifère du sous-sol africain et à assécher le flux financier provenant des émigrés chiites vers leurs coreligionnaires du sud Liban. A fragiliser le glacis constitué par l’immigration chiite libanaise en Afrique et en Amérique latine face à la colonisation rampante des terres entreprises par Israël dans ses deux zones.

Le Mossad recruterait même des journalistes arabes pour surveiller les libanais d’Afrique, selon les révélations faites au journal espagnol El Pais par un ancien agent, journaliste algérien Saïd Sahnoune.
Saïd Sahnoune avait été recruté à Tel-Aviv en 1998. En usant de sa qualité de journaliste, il espionnait pour le Mossad à Abidjan en Côte-d’Ivoire. Il était chargé de la surveillance de la colonie libanaise chiite en Afrique de l’Ouest. Sahnoune espionnait également en Tunisie, mais surtout au Liban après le retrait d’Israël du Sud du pays, qu’il occupait jusqu’en 2000. Le paiement de l’espion algérien se faisait en espèces à Chypre à raison de 1.500 dollars par mois en plus de la prise en charge de ses frais de mission qui lui permettaient de gagner jusqu’à 6.000 dollars quand les cibles étaient atteintes.

Israël est le plus important soutien des dictatures du tiers monde, l’allié indéfectible du régime d’Apartheid d’Afrique du sud. La garde prétorienne de tous les dictateurs francophones qui ont pillé l’Afrique. De Joseph Désiré Mobutu (Zaïre-RDC), à Omar Bongo (Gabon), à Gnassingbé Eyadema (Togo) et même Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire) et Laurent Gbagbo, à Paul Biya, le président off-shore du Cameroun, dont le territoire sert de transit aux ravisseurs Boko Haram. Au-delà en Amérique latine au Honduras, à la Colombie et au Paraguay.

Et En Amérique latine…

L’offensive anti Hezbollah en Amérique latine viserait en outre à jeter un écran de fumée sur la face hideuse de l’humanitarisme israélien. À camoufler la colonisation rampante des terres en Colombie et cette singulière imposture que constitue la reproduction du régime d’apartheid de la Palestine au Honduras. Ah les douloureuses réminiscences.
Israël est l’un des plus gros exportateurs d’armes à destination de l’Amérique du sud.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-soldats-israeliens-en-amerique-165615

En Colombie, Israël passe pour avoir encadré les forces colombiennes dans l’assaut contre les FARC visant à la libération de l’otage Ingrid Bettencourt. L’état hébreu a pris le contrôle d’immenses superficies pour cultiver la canne à sucre. Et le Honduras est devenu une terre de prédilection de la transposition de l’Apartheid israélien sur le territoire latino-américain.
Le Honduras affiche en effet le plus fort taux d’homicides par habitants au monde (85,5 pour 100 000 en 2012), soit environ 20 meurtres par jour, à 95% impunis, dont la pauvreté touche plus de 70 % de la population, selon l’ONG locale Forum de la dette extérieure et qui peine, de surcroît, à se remettre des conséquences du renversement du président Manuel Zelaya en juin 2009 par des militaires soutenus par des secteurs de la droite et les milieux d’affaires.

Une aubaine pour Israël : « Le Honduras est aujourd’hui, comme la Palestine, un laboratoire du génocide indigène, laboratoire des techniques de contre-insurrection, laboratoire de ghettoïsation et contention de populations mises en esclavage.
Il est aussi le laboratoire de la mise en place d’un néo libéralisme absolu, grâce à la cession de souveraineté sur des régions entières du pays par les moyens de la « Loi Hypothèque » et la création d’enclaves néo libérales soustraites au territoire national, les « Zones d’Emploi et de Développement Économique » ou « Cités Modèles » ou « Villes Charters », ainsi que « la cession des droits sur l’ensemble des ressources naturelles du pays » est-il écrit.

Autre plaie de l’économie africaine : le bradage des terres arables

Depuis 2006, près de 20 millions d’hectares de terres arables ont fait l’objet de négociations dans le monde car d’ici à 2050, la production agricole devrait croître de 70 % pour répondre à l’augmentation de la population, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Mais cette offensive sur les terres ne se fait pas sans dérapages. Le recadrage des investissements s’impose, faute de quoi ils risquent de déséquilibrer le pays cible, à l’image des visées du coréen Daewoo à Madagascar. À l’affût d’une hausse durable des prix des denrées ou d’une volatilité accrue des marchés, ce néo colonialisme agricole est devenu un élément stratégique pour les pays soucieux s’assurer leur sécurité alimentaire.

Aux fonds souverains d’états soucieux d’assurer leur stratégie d’approvisionnement, parmi lesquels les pays du Golfe ou la Chine, se sont ajouté des investisseurs privés, locaux ou étrangers. Les acquisitions de terres se sont accélérées avec la crise alimentaire de 2008. L’Arabie saoudite a mis sur pied une société publique pour financer les entreprises privées du royaume qui achètent des terres à l’étranger. Au Mali, les nouvelles mises en culture bénéficient surtout aux investisseurs libyens. L’octroi de 100 000 hectares à la société Malibya, liée à l’ancien dirigeant libyen, le colonel Mouammar Kadhafi a fait grand bruit. « Les hectares des Libyens sont au début des canaux d’irrigation, ils seront servis en eau avant nous », regrettent les paysans. « Même s’ils disent opérer dans le cadre de la coopération, nous ne comprenons pas bien quels sont les intérêts derrière tout cela », résume Mamadou Goïta, de l’ONG malienne Afrique verte. Les producteurs redoutent aussi les intentions des Chinois de développer la canne à sucre, gourmande en eau. Ils en cultivent déjà 6 000 hectares et contrôlent la sucrerie Sukala.

Face à la montée des eaux, les Maldives cherchent des terres d’accueil. Soixante-dix mille personnes s’entassent à Malé, lourd plateau urbain posé à fleur d’océan Indien. Pour l’heure, cette barrière artificielle tient bon. Elle a réussi à protéger la capitale de ce singulier État des Maldives, archipel aux vingt-six atolls et aux 1 200 îles dont les écrins de corail occupent une place de choix dans les catalogues du tourisme mondial. Mais pour combien de temps encore ? Le raz-de-marée de 1987 inonda une partie de Malé et causa un choc profond dans la population.

Puis le phénomène climatique El Niño provoqua, en 1998, un blanchissement massif des coraux : 90 % de ceux situés à moins de 15 mètres de profondeur périrent. Enfin, le tsunami de décembre 2004 frappa sévèrement l’archipel, détruisant deux îles, imposant l’évacuation de six autres, et le déplacement de près de 4 000 personnes (sur 280 000 habitants).
Aux îles Kiribati… Même cause, même réaction : face à la montée des eaux qui les menacent, les îles Kiribati, un archipel du Pacifique, envisagent de se lancer dans l’achat de nouvelles terres. « L’alternative, c’est de mourir, de disparaître ». Les Kiribati doivent faire face à une montée des eaux de 5 mm par an depuis 1991, qui entraîne notamment une salinisation de l’eau douce. Dans un premier temps, le gouvernement avait opté pour une politique de formation et d’émigration maîtrisée. Mais la crise économique l’a conduit à envisager cette solution plus radicale.

L’Arabie saoudite a mis sur pied une société publique pour financer les entreprises privées du royaume qui achètent des terres à l’étranger. Elle s’est tournée vers l’Afrique, en raison de sa proximité avec le Royaume. La firme saoudienne « Haïl Hadco » loue ainsi des milliers d’hectares au Soudan avec pour objectif d’en cultiver 40.000, alors que le groupe Ben Laden, spécialisé dans les travaux publics, s’est engagé en Asie à la tête d’un consortium, espérant, à terme, gérer 500 000 hectares de rizières en Indonésie, dans le cadre d’un projet agricole de 1,6 million d’hectares comprenant la production d’agro carburant.
Fonds vautours, évaporation de recettes, corruption, gabegie des transferts des fonds des migrants, bradage des terres arables. L’Afrique est elle condamnée à demeurer un tonneau des danaïdes.

Références

  1. http://ccfd-terresolidaire.org/e_upload/pdf/ed_110110_bd.pdf?PHPSESSID=2…
  2. À propos des Fonds vautours: Rapport de la Plate forme française Dette et développement et du CNCD (Centre national de coopération au développement) intitulé « Un vautour peut en cacher un autre ou comment nos lois encouragent les prédateurs des pays pauvres endettés, juin 2009. L’Afrique : Un continent touché plus que d’autres par la crise financière» http://www.dia-afrique.org/suite.php ?newsid=12031
Ainsi que http://www.cadtm.org/spip.php ?article4654
  3. À propos du transfert des fonds des migrants africains vers leur pays natal, Cf. article de Grégoire Allix in LE MONDE du 22 octobre 2009

Bertrand d’Armagnac : la course aux terres arables Le Monde du 23 avril 2010 http://www.lemonde. fr/planete/ article/2010/ 04/22/la- course-aux- terres-arables- devient-preoccup ante_1341086_ 3244.html

Stoppons l’empire, privons-le de ses terres usurpées.. Démantelons la doctrine chrétienne de la « découverte »…

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Vers le démantèlement de la doctrine de la domination chrétienne

 

Steven Newcomb

 

20 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/11/20/toward-disestablishing-doctrine-christian-domination

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son article récent (ici en anglais: http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/24/deconstructing-doctrine-discovery ), le professeur David Wilkins (Lumbee) dit que la doctrine de la découverte est passée par beaucoup d’expressions différentes, comme une “fiction théologique” des papes, “une fiction politique” des nations européennes, et une “fiction légale” des Etats-Unis (NdT: et du Canada…). Il affirme que récemment, la doctrine de la découverte a été “dangereusement réobjectivée comme fiction populaire”.

Le professeur Wilkins est un universitaire brillant et accompli et il est bon de le voir discuter d’un sujet que son mentor, feu l’universitaire Standing Rock et le théologien Vine Deloria Jr, firent tant pour le mettre en valeur. Cette mise en valeur inclut la lettre ouverte de Deloria en 1972 aux chefs des églises chrétiennes et son fameux ouvrage de 1973 “God is Red” (“Dieu est Rouge”), dans lequel il cita la bulle papale de 1493 Inter Caetera.

En tout cas, les vues de Wilkins ne sont sûrement pas au-delà de toute critique, spécifiquement du fait que ses commentaires sont faux ou imprécis. Il dit par exemple que “comme cela fut originellement conçu par le pape Alexandre VI dans sa bulle de 1493, la ‘découverte’ accordait les intérêts particuliers exclusifs de l’Espagne dans les Amériques.” Pourtant, Wilkins ne nous dit pas, précisément, de quel type “d’intérêts exclusifs dans les Amériques” le pape avait l’intention d’accorder à la couronne de Castille.

En Mai 2013, Debra Harry (Paiute), Sharon Venne (Cree) et moi-même (Shawnee) avons consulté et étudié des documents originaux papaux aux Archives Générales des Indes Occidentales (NdT: Ces énormes archives sont conservées dans la ville de Séville en Andalousie, elles contiennent 43 000 dossiers contenant plus de 80 millions de pages et 8000 cartes géographiques…). C’était le 4 Mai, 520 ans jour pour jour après la publication des documents papaux de 1493. Au dos d’un des deux parchemins velum, la notation du secrétariat royal dit que les documents furent une concession de pape Alexandre VI à la couronne de Castille “pour gagner et conquérir les Indes”, (“ganaran y conquistaron de las Indias”).

En d’autres termes, ce furent des concessions de la papauté autorisant la couronne à forcer “les Indes” à passer sous la domination chrétienne. Les documents papaux ont exprimé et assumé le droit chrétien, catholique et espagnol du dominium ou “dominorum Christianorum” (Eximae Devotinis, May 3, 1493). Cette assomption de la domination chrétienne soulève la question de savoir si les nations indiennes furent considérées par les penseurs chrétiens, avoir la souveraineté et le dominium ou domination, au même niveau et au même degré, que l’église catholique et la couronne d’Espagne.

Le professeur Anthony Anghie dans son livre “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (2004), dit que le théologien espagnol Francisco de Vitoria avait argumenté que “les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils étaient des païens.” Ce fut le point de vue de Vitoria que les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils n’étaient pas chrétiens. Wilkins dit que Vitoria a déclaré “que les peuples natifs étaient les vrais propriétaires de leurs terres” et que Vitoria était de l’avis qu’une appropriation espagnole “d’un titre de propriété par la découverte ne pourrait être justifiée que quand la propriété était sans propriétaire.” Ainsi nous avons affaire à deux problèmes en un:

  • Si de l’avis de Vitoria les Indiens étaient souverains et…
  • Si un titre de propriété “au travers de la découverte” s’est appliqué là où des nations non-chrétiennes et leurs peuples vivaient déjà.
    Il est possible que le professeur Wilkins ne soit pas au courant de l’argumentation de Vitoria sur le fait que les Indiens n’étaient pas souverains car n’étant pas chrétiens. Ou peut-être a t’il décidé de laisser cette argumentation hors de son article, tout en mentionnant ce qu’il dit être la vision de Vitoria des Indiens à savoir “qu’ils étaient les véritables propriétaires de leurs terres”.

Quoi qu’il en soit, les idées de domination (“ganaran y conquistaron”) exprimées dans la bulle papale, l’affirmation par l’Espagne et les autres nations chrétiennes du droit de domination sur toutes les terres non-chrétiennes et la vision de Vitoria affirmant que les monarques chrétiens étaient souverains mais que les Indiens non-chrétiens ne l’étaient pas, ont résulté d’un cadre conceptuel bien spécifique: Le dominium ou droit de dominorum d’un souverain chrétien contre le titre de quelque infidèle ou païen décrété non-souverain par les chrétiens.

Quel serait le résultat si les chrétiens concevaient nos ancêtres “être les véritables propriétaires” de nos terres, sous le pouvoir et le dominium ou dominorum d’un souverain chrétien résultant de la première assertion de la souveraineté chrétienne et de son dominium sur des terres non-chrétiennes ? Le résultat serait un cadre de “titre souverain chrétien contre un titre moindre, diminué d’Indiens non-chrétiens, non-souverains.”

Dans l’article d’opinion de Wilkins, il mentionne le célèbre article légal de Felix Cohen “Original Indian Title”, publié en 1947. Dans cet article nous y trouvons ce sous-titre: “Le titre souverain: Johnson contre McIntosh”. Avec ce sous-titre, Cohen disait que Johnson contre M’Intosh (NdT: référant à une fameuse décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823, légiférant en faveur de la souveraineté chrétienne en accord avec la doctrine de la découverte…) était au sujet du supposé supérieur “titre souverain” de l”ascendence”, de “la domination (dominion) ultime” ou de la “domination absolue”, tout autant que cela était au sujet d’un titre de propriété indien ou du droit “d’occupation de la terre”.

Dans le rendu de l’affaire White contre l’université de Californie, un panel de trois juges de la cour d’appel du 9ème district a récemment dit que l’occupation indienne des sols “n’est pas un droit de propriété”, mais n’est qu’un “intérêt aborigène à la terre”. Après avoir mentionné dans son article la sitation de la 9ème chambre d’appel dans le cas des Indiens Tee Hit-Ton contre les Etats-Unis, Wilkins demande:

Mais pourquoi y a t’il une poussée ces jours-ci vers le retour à la version discréditée il y a longtemps de la doctrine de la découverte, alors que la réalité historique montre clairement qu’elle n’a pas été utilisée de quelque manière pratique que ce soit par les colons subséquents après les écrits de Vitoria ?

Il pose cette question comme si on ne trouvait que la “version papale” de la doctrine de la découverte dans les archives historiques, ce qui n’est clairement pas le cas. Ceci est parfaitement démontré par le résumé légal du ministère de la justice américain en 1954 de l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans ce résumé légal, le solicitor du gouvernement Simon Sebeloff a dit que ce qui commença comme une doctrine de la papauté avant et au commencement de l’âge de la découverte, fut ensuite généralisé et adopté par “toutes les nations chrétiennes” d’Europe.

Ce fut la version généralisée plutôt que la “version papale” de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination qui est devenue le fondement du rendu de Johnson contre M’Intosh et du sous-titre de l’article de Felix Cohen (“the Sovereign’s title: Johnson v. M’Intosh”). La doctrine chrétienne de la découverte et de la domination devint la base de l’argumentation du gouvernement fédéral américain dans son résumé légal du rendu de justice dans l’affaire Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis.

Ceci devint le fondement de la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1955 pour l’affaire Tee-Hit-Ton, comme cela est prouvé par la citation par la cour des Elements of International Law de Henry Wheaton et plus récemment, ce fut la base pour une citation de Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis par la cour d’appel du 9ème district et de son panel de trois juges ce 27 Août dernier.

Dans son chapitre sur la “conquête déguisée en loi” , “Conquest Masquerading As Law,” in Unlearning the Language of Conquest by Four Arrows, Vine Deloria Jr. écrit que la doctrine de la découverte “fut élargie de telle manière que toute nation chrétienne pouvait ‘découvrir’ des terres auparavant inconnues des Européens et qu’elle était immédiatement investie du titre légal (de propriété) et ce sans se préoccuper des droits et reconnaissance des habitants existant de l’endroit.

Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge Marshall a dit que le “droit de la découverte” était confiné à des pays alors inconnus de tous les peuples chrétiens”. En d’autres termes, les envahisseurs chrétiens revendiquaient un droit de domination sur des terres auparavant inconnues des chrétiens et des nations chrétiennes. Cette façon d’énoncer le sujet a plus à faire avec la conservation des documents papaux et royaux dans un langage actuel de cette époque, ce qui est toujours de nos jours un élément fondateur de la loi fédérale sur les Indiens et de sa politique et se doit donc d’être desétabli.