Archive pour résistance politique à israël sionisme

Lutte anti-coloniale : pas de place pour les juifs arabes dans le sionisme

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 18 septembre 2021 by Résistance 71

fratrie
Complémentarité dans la diversité…
Telle est l’humanité, l’antagonisme est une fabrication

“Israël”… colonie européenne implantée en Palestine

Hadar Cohen

17 septembre 2021

Source:
http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2021/09/17/39132732.html

Le sionisme n’a pas de place pour une juive arabe comme moi.

L’Etat d’Israël nous a conditionnés à voir comme impossible l’intersection de «juif» et «arabe» — alors même que ma famille maintient cette identité depuis des générations.

A chaque fois que je me retrouve dans une manifestation de gauche contre l’occupation, il y a toujours quelqu’un tenant une pancarte qui dit: «Les juifs et les Arabes refusent d’être ennemis».

Cette phrase est devenue, d’une certaine façon, le socle de l’idéologie de gauche promouvant la coexistence en Israël/Palestine. Mais quand je vois cette phrase, je me sens immédiatement désorientée. De quel côté suis-je?

Si je suis sur le côté juif», est-ce que je perds l’identité arabe à l’intérieur de moi ? Est-ce que je peux m’identifier comme une Arabe, alors même que je jouis des privilèges d’une citoyenne juive israélienne? Qui a décidé d’opposer une ethnie à une religion?

La colonisation agit sur nos esprits pour déformer notre compréhension de l’identité et perpétuer son agenda propre. A cause de cela, mon identité a été une grande source de confusion interne, qu’il m’a pris des années à déballer et à démêler.

Récemment, j’ai commencé à comprendre comment ce dialogue interne avec moi-même représente un dilemne politique né dans la colonisation de la Palestine.

Je m’identifie comme juive arabe. Ma famille a vécu à Jérusalem pendant plus de 10 générations et les autres cités de mes ancêtres incluent Alep en Syrie, Baghdad en Iraq et Shiraz en Iran, ainsi qu’un petit village dans le Kurdistan.

J’ai grandi dans des traditions et des cultures principalement syro-palestiniennes. Ma grand-mère était une peintre féministe, passionnée de cinéma et de littérature. Mon grand-père était un imam, expert dans l’art du maqamat, un cadre mélodique arabe unique, et qui récitait les prières dans la tradition syro-hiérosolymitaine

Ma famille priait en hébreu et en arabe, avec un fort accent qui roulait sur nos langues quand nous prononcions les bénédictions juives. J’ai grandi avec [le chanteur arabe] Mohamed Abdel Wahab et avec les piyyouts du Shabbat, les poèmes liturgiques juifs, chantés ensemble. Jusqu’à la génération de mes parents, l’arabe était le langage dominant dans ma famille.

Dans notre foyer juif traditionnel, observer notre héritage et notre culture syro-palestiniens se faisait facilement. La judéité et l’arabité s’accordaient parfaitement — il n’y avait pas de contradiction. Mais hors de notre maison, ma religion et ma culture étaient en conflit.

L’Etat d’Israël m’a conditionnée à voir l’intersection de «juive» et «arabe» comme non-existante, ou impossible, même alors que les juifs arabes ont vécu pendant des années à cette intersection. J’ai appris que pour appartenir à la société israélienne et participer au projet sioniste, j’avais à rejeter des parties de moi-même — les parties arabes.

Le sionisme enseigne que les «Arabes» sont les ennemis des juifs, et ce faisant, il a complètement fragmenté mon identité. Ces subtils changements se sont accumulés graduellement pour subvertir mon identité originelle. Cela a créé une dissonnance entre la réalité que je vivais intérieurement et le narratif attendu du projet colonial, à l’extérieur.

Je me retrouve constamment à devoir choisir entre ma judéité et mon arabité. Est-ce que je fais partie de la vaste communauté juive, étant donné que je suis sa foi et ses coutumes? Ou est-ce que j’appartiens à la communauté arabe, dont les traditions culturelles et les styles de vie sont plus en résonnance avec les miennes?

Le sionisme a créé un système de castes raciales, plaçant les juifs d’origine européenne, connus sous la dénomination d’ashkenazes, au-dessus de tous les autres. Les communautés juives qui étaient arabes ou ressemblaient aux communautés arabes étaient catégorisées comme des Mizrahim, juifs orientaux, et traitées comme inférieures.

Non seulement nous avons été dépouillés des foyers de nos ancêtres depuis des milliers d’années, mais à l’avénement de l’Etat nouvellement fondé d’Israël, les immigrants miszrahim ont fait l’expérience d’un racisme brutal et ont été placés dans les ma’abarot, les camps de transit.

Il y a d’innombrables exemples du racisme continu de l’Etat d’Israël envers les Mizrahim. Dans les années 1950, les autorités israéliennes ont kidnappé des milliers de bébés mizrahim, et les ont placés illégalement en vue d’une adoption dans des familles ashkénazes sans enfants. On a dit aux parents que leurs enfants étaient morts.

A peu près au même moment, un médecin israélien confirmé a soumis à des radiations expérimentales des milliers d’enfants juifs arabes, contre la teigne, une infection de la peau non mortelle, et on a découvert plus tard que ce traitement provoque des cancers et d’autres maladies.

La vision d’une «libération juive» sous le sionisme n’incluait clairement pas tous les juifs, et ne traitait pas tous les juifs en égaux. Le sionisme européen était ancré dans une attitude impérialiste coloniale qui visait à créer un pays européen en Palestine.

Cela ne signifiait pas seulement une guerre contre les communautés palestiniennes autochtones sur ces terres, mais aussi une guerre culturelle contre les identités et les traditions des juifs arabes. L’arabité elle-même est devenue ennemie de l’Etat, et tout ce qui ressemblait à l’arabité devait être rabaissé, masqué ou détruit.

C’est une identité compliquée à maintenir parce que, d’un côté, je jouis des privilèges juifs de la part de l’Etat; de l’autre côté, je dois haïr ma part arabe pour devenir une part intégrante de la société israélienne.

Il n’y a pas de place pour l’arabité dans le sionisme. Je dois réprimer, effacer et cacher mon style de vie arabe et m’assimiler aux notions européennes de judéité. Sous un tel système de castes raciales, vous ne pouvez jamais vous intégrer, peu importe à quel point vous vous assimilez.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de partager l’histoire de ma famille sur Instagram. J’ai posté des photos de famille et des anecdotes sur la lignée de mes ancêtres — mais aussi sur mes façons de lutter avec mon identité.

Le post d’origine s’est depuis multiplié dans sa propre communauté internationale, intersectionnelle. Des milliers de followers de diverses identités et de différentes ethnies ont partagé leurs histoires et leurs luttes avec leurs propres identités. C’est devenu un lieu de solidarité et d’avancée en commun vers la guérison.

J’ai été particulièrement émue par les histoires de musulmans des pays arabes partageant leur sentiment de perte et leur chagrin après le départ des communautés juives de leur pays d’origine.

L’étymologie sémitique du mot «arabe» est «mixte», étant donné que pour la plus grande partie de son histoire, la région arabe a été un lieu où les peuples de différents continents venaient vivre ensemble. C’est en partie pourquoi la culture arabe est centrée sur l’hospitalité et l’accueil des étrangers. Nous étions un lieu de bras ouverts, acceptant les voyageurs et les réfugiés avec amour et attention.

Pourtant avec les puissances impérialistes européennes qui ont construit des frontières et des murs pour séparer les pays et les communautés, nous avons perdu notre chemin.

Je choisis de m’identifier comme juive arabe parce que cela met à bas les murs qui entourent l’identité que le sionisme a créée. Cela brise le cadre colonial et crée la possibilité d’un narratif différent. Pour moi, c’est essentiel dans l’évolution du discours.

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Fusionner, la différence est une illusion…

Gaza, conflit sionisme-Palestine et droit international avec Norman Finkelstein

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« Ils avaient pour habitude de dire que les Palestiniens
se battent comme des héros, maintenant ils disent que les héros
se battent comme des Palestiniens. »

“Les Israéliens n’ont qu’un seul droit, celui de faire leurs valises et de quitter la Palestine !”
~ Norman Finkelstein, 14 mai 2021 ~

Ceci est aussi valable pour les populations de colons des continents de l’Amérique (Nord et Sud) et d’Océanie…
~ Résistance 71 ~

Norman Finkelstein : Israël n’a aucun droit de se défendre contre Gaza

Norman Finkelstein & Jamie Stern-Weiner

Août 2018

Selon le droit international, tout type de recours à la force à Gaza est interdit à Israël, quelles que soient les circonstances.

Source : http://normanfinkelstein.com/2018/07/28/israel-has-no-right-to-self-defense-against-gaza/

Traduction : lecridespeuples.fr

Depuis le 30 mars 2018, date à laquelle les manifestations largement non violentes à Gaza ont commencé, la communauté internationale a fermement condamné les attaques armées israéliennes.

Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies a « déploré tout recours à la force excessif, disproportionné et indiscriminé par les forces israéliennes contre des civils Palestiniens », tandis que le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies dénonçait « l’usage disproportionné et indiscriminé de la force ». Après que des snipers israéliens aient tué Razan al-Najjar, une ambulancière palestinienne non armée âgée de vingt-et-un ans, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient a averti Israël qu’il « devait calibrer son utilisation de la force ». Dans un rapport accablant, Human Rights Watch a conclu que « le recours répété par les forces israéliennes à la force létale dans la bande de Gaza… contre des manifestants qui ne représentaient aucune menace imminente pour la vie peut constituer des crimes de guerre ».

Bien que ces condamnations soient les bienvenues, la question reste néanmoins de savoir si elles vont assez loin. En termes simples, est-ce qu’Israël a le droit de recourir à la force, de quelque manière que ce soit et quelles que soient les circonstances, contre la population de Gaza ?

Le débat juridique en cours porte sur deux questions interdépendantes :

  • Les snipers israéliens ont-ils recouru à une force « excessive » ou « disproportionnée » contre les manifestants (comme l’affirment les critiques), ou la quantité de force déployée était-elle nécessaire pour empêcher les manifestants de franchir la clôture (comme Israël le prétend) ?
  • La conduite d’Israël à l’égard des manifestations à Gaza est-elle régie par les lois relatives aux droits de l’homme (comme le prétendent les critiques) ou par le droit international humanitaire (comme Israël le prétend) ? Le droit international humanitaire s’applique dans les situations de conflit armé, tandis que les lois relatives aux droits de l’homme régissent l’application des lois nationales. La différence est importante, car les lois relatives aux droits de l’homme imposent des contraintes plus strictes à l’emploi de la force.

Dans ces deux controverses, toutes les parties partent d’une prémisse commune : Israël a le droit de recourir à la force pour empêcher les habitants de Gaza de franchir la clôture. Le différend se résume à cette question : quelle quantité de force est légitime ? Les critiques qui allèguent une force « disproportionnée » ou « excessive » légitiment tacitement le recours par Israël à une force « proportionnée » ou « modérée », tandis que ceux qui insistent sur l’applicabilité des lois relatives aux droits de l’homme considèrent que le recours à la force par Israël est légitime en cas de « menace imminente » à la vie d’un sniper.

Cette présomption existe même au pôle le plus critique du débat sur Gaza. Le groupe israélien de défense des droits de l’homme B’Tselem a condamné comme « illégal » le recours à la force létale par Israël contre des personnes non armées qui « s’approchaient de la clôture, l’endommageaient ou tentaient de la franchir ». Mais il a concédé « [qu’] évidemment, l’armée a le droit d’empêcher de telles actions, et même de détenir les individus qui tentent de les mener à bien ». Un haut responsable de Human Rights Watch a déclaré que le recours par Israël aux balles réelles à Gaza était « illégal ». Mais il a suggéré que « le recours à des moyens non létaux tels que le gaz lacrymogène, le skunk [liquide chimique pestilentiel] et les billes d’acier revêtues de caoutchouc » serait considéré légal. Le Comité international de la Croix-Rouge a averti Israël que « la force létale ne devait être utilisée qu’en dernier recours et lorsqu’elle est impérieusement requise pour protéger la vie [d’Israéliens] ». Même les principales organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme ont qualifié l’usage de la force par Israël d’ « excessif », d’ « indiscriminé » et de « disproportionné » plutôt que d’intrinsèquement illégal.

Mais le fait est qu’Israël ne peut légitimement revendiquer aucun droit de recourir à la force de quelque manière que ce soit à Gaza, que cet usage de la force soit modéré ou excessif, proportionné ou disproportionné, que les manifestants soient armés ou désarmés, qu’ils constituent une menace imminente pour la vie ou pas. Si ce fait n’est pas de notoriété publique, c’est parce que le débat actuel ne tient pas compte de réserves décisives du droit international et des abrégés de la situation spécifique à Gaza.

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Ce que dit le droit international

Pour justifier son usage de la force à Gaza, Israël revendique le droit d’empêcher toute intrusion étrangère sur son territoire souverain. Un commentateur juridique israélien observe que cette préoccupation déclarée pour le caractère sacré de la « frontière » de Gaza est sélective et opportuniste. Israël envahit Gaza à volonté ; ce n’est que lorsque les Palestiniens cherchent à traverser la clôture dans l’autre sens que celle-ci devient sacro-sainte. Cette hypocrisie mise à part, le prétendu droit à la légitime défense d’Israël n’a toujours aucun fondement juridique. Au contraire, le recours à la force par Israël est contraire au droit international.

Les Palestiniens de Cisjordanie —y compris Jérusalem-Est— et de Gaza luttent pour obtenir leur « droit à l’autodétermination », qui a été reconnu et validé sur le plan international (Cour internationale de justice). Comme le souligne James Crawford, éminent juriste, le droit international interdit le recours à la force militaire « par une puissance administrante pour réprimer l’insurrection populaire généralisée dans une unité d’autodétermination », tandis que « le recours à la force par une entité non-étatique dans l’exercice d’un droit à l’autodétermination est juridiquement neutre, c’est-à-dire qu’il n’est aucunement réglementé par le droit international. »

Les manifestants à Gaza ont choisi de recourir à la non-violence pour obtenir leurs droits internationalement reconnus —une tactique que, bien sûr, le droit international n’interdit pas non plus. Mais cette décision prudente n’est pas une exigence légale. Même si les habitants de Gaza décidaient d’utiliser des armes contre les snipers israéliens qui entravent leur droit à l’autodétermination, le recours à la force militaire par Israël serait toujours légalement interdit.

La répartition des droits et des devoirs dans le discours occidental conventionnel —qui accorde de fait à Israël le droit d’utiliser la force violente pour se défendre contre les habitants de Gaza, alors qu’elle les oblige à mener leur lutte pour l’autodétermination de manière non-violente— bouleverse le droit international.

On pourrait objecter que dans la mesure où Israël est un occupant belligérant à Gaza, il a le droit, en vertu de la quatrième Convention de Genève de 1949, d’utiliser la force pour maintenir l’ordre public. Mais cette objection n’est pas recevable pour trois raisons.

Premièrement, la quatrième Convention de Genève oblige un occupant belligérant à subvenir aux besoins et à assurer le bien-être de la population occupée. En effet, la « Protection des civils en temps de guerre » est la raison d’être de cette Convention. Israël, cependant, a soumis la population civile de Gaza à un siège prolongé qui constitue une « punition collective » illégale selon le Comité international de la Croix-Rouge, et qui a rendu Gaza physiquement « invivable » selon l’ONU. La quatrième Convention de Genève ne garantit pas le droit d’Israël à préserver l’ordre à Gaza alors même qu’il viole de manière flagrante son obligation complémentaire de protéger le bien-être de la population civile de Gaza. De fait, les troubles qu’Israël prétend avoir le droit de réprimer découle directement du blocus criminel qu’il a imposé.

Deuxièmement, même si Israël est qualifié d’occupant belligérant à Gaza, le droit d’un peuple à l’autodétermination est une norme impérative (jus cogens) du droit international, à laquelle aucune dérogation n’est possible. Si, comme c’est ici le cas, le droit de l’occupation belligérante empiète sur le droit à l’autodétermination, le droit de Gaza à l’autodétermination l’emporte sur le droit d’Israël de maintenir l’ordre ; et si, comme c’est ici le cas, la lutte pour l’autodétermination est menée de manière non-violente, alors le prétendu droit d’Israël d’utiliser la force armée pour maintenir l’ordre est manifestement infondé.

Troisièmement, de fait, l’occupation de Gaza par Israël est désormais illégale, et Israël a par conséquent renoncé à ses droits d’occupant belligérant. La Cour internationale de Justice a statué en 1971 que puisque l’Afrique du Sud avait refusé de mener des négociations de bonne foi pour mettre fin à son occupation de la Namibie, cette occupation était devenue illégale. Le refus d’Israël, depuis plus d’un demi-siècle, de mener des négociations de bonne foi sur la base du droit international pour se retirer de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de Gaza, a également eu pour effet de délégitimer son occupation.

Il y a également une autre dimension juridique primordiale qui a été ignorée. C’est un principe fondamental du droit international qu’aucun État ne peut recourir à des mesures violentes avant d’avoir épuisé tous les « moyens pacifiques » (Charte des Nations Unies, article 2). Ce principe est aussi sacré pour la primauté du droit que le serment d’Hippocrate analogue, primum non nocere (avant tout, ne pas nuire), l’est pour la médecine. L’élan derrière les manifestations à la clôture de Gaza est le siège illégal d’Israël, et leur objectif est d’y mettre fin. Même le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a concédé : « Ils étouffent économiquement, et par conséquent, ils ont décidé de foncer sur la clôture ».

Si Israël veut protéger ses frontières, il n’a pas besoin de recourir à la coercition létale ou non-létale. Il lui suffit simplement de lever le siège. L’équipe de choc du Président Donald Trump pour le Moyen-Orient —son beau-fils Jared Kushner, l’ancien avocat en droit de la faillite David Friedman, l’ancien conseiller juridique de l’Organisation Trump Jason Greenblatt, et l’ancien gouverneur de Caroline du Sud Nikki Haley— allèguent, au contraire, que c’est le Hamas qui « maintient les Palestiniens de Gaza en captivité » et est « le premier responsable… de la perpétuation des souffrances du peuple de Gaza ». Mais s’ils sont tombés dans le terrier d’Alice (au pays des merveilles, dans un monde complètement absurde), nous ne sommes pas tenus de les y suivre. « Israël, en tant que puissance occupante », a statué le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (l’autorité en la matière), « doit lever le blocus qui viole… la quatrième Convention de Genève interdisant les sanctions collectives et empêche la réalisation d’un large éventail de droits de l’homme. »

De plus, le Hamas a constamment offert à Israël une trêve de longue durée (hudna) en échange de la fin du siège, et il a réitéré cette proposition tout au long des manifestations actuelles. Le 7 mai, une semaine avant qu’Israël tue plus de soixante manifestants à Gaza, Haaretz a rapporté que « les dirigeants du Hamas » avaient « transmis à Israël des messages indiquant leur volonté de négocier un cessez-le-feu de longue durée » en échange de, entre autres choses, « l’assouplissement du siège ». « Le Hamas continue de transmettre des messages aux autorités (civiles et militaires israéliennes) chargées de la défense selon lesquels il est toujours  intéressé par une « hudna », a révélé un correspondant militaire israélien chevronné quelques jours plus tard. « Le Hamas lui-même a transmis l’année dernière à Israël différentes versions d’une hudna restreinte ou élargie, qui comprend non seulement Gaza mais aussi la Cisjordanie ».

L’armée israélienne a pris au sérieux ces offres de cessez-le-feu : « Le Hamas, selon les services de renseignement, est prêt à parvenir à un accord ». En effet, un officier supérieur a vivement insisté sur le fait que c’était « le moment de parvenir à un accord avec le Hamas », exhortant le gouvernement israélien à saisir cette occasion afin de prévenir « d’autres escalades armées ». Mais les autorités israéliennes n’étaient pas intéressées : « Les exigences et les conditions du Hamas n’ont jamais été discutées, car Israël refuse de parler au Hamas ». Le rejet par Israël de cette étape préliminaire pacifique constitue une double violation du droit international : l’imposition d’un blocus illégal et le recours illicite à la force armée lorsque les moyens pacifiques n’ont pas été épuisés.

Un droit d’empoisonner les enfants ?

Un des principes du droit est qu’aucun droit ne peut découler d’actes illégaux (ex injuria non oritur jus), et il est évident que le droit à la légitime défense n’existe pas dans toutes les situations. Un violeur ne peut prétendre à la légitime défense si la victime le martèle de coups de poing. Un propriétaire de théâtre n’a pas le droit de se défendre si les spectateurs s’en prennent à lui après qu’il ait mis le feu à l’édifice et les empêche de fuir. Le comportement d’Israël vis-à-vis de Gaza entre dans cette catégorie d’actes qui rendent nul et non avenu le droit à la légitime défense. S’il en était autrement, cela équivaudrait à valider le droit d’utiliser la force militaire pour maintenir une occupation illégale aggravée par un siège illégal.

S’il est malgré tout largement admis qu’Israël a le droit de recourir à la force pour empêcher les Gazaouis de violer sa « clôture frontalière », c’est parce que de savantes arguties sur les considérations d’ordre technique du droit ont occulté les enjeux humanitaires de la situation.

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Qu’est-ce qu’est Gaza ?

L’étroite bande côtière compte parmi les zones les plus densément peuplées de la planète. Plus de 70% de ses deux millions d’habitants sont des réfugiés, tandis que plus de la moitié —un million— sont des enfants de moins de dix-huit ans. Pendant plus de dix ans, Israël a imposé à ce morceau de territoire un siège dévastateur. Cinquante pour cent de la main-d’œuvre de Gaza est maintenant au chômage, 80% dépend de l’aide alimentaire internationale et 96% de l’eau du robinet est contaminée.

Au début du mois de juillet, Israël a resserré davantage ses restrictions sur les marchandises autorisées à entrer à Gaza et a complètement interdit les exportations ; et par la suite, il a bloqué l’entrée de carburant, provoquant une urgence médicale, car des hôpitaux déjà débordés ont dû fermer. Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Gisha, cette « mesure radicale de punition collective » constituait un retour aux « périodes les plus difficiles du siège » et équivalait à « une guerre économique ouverte contre la population civile de Gaza ». Cela a été suivi mi-juillet par des attaques aériennes sur des dizaines de cibles à Gaza.

Israël a justifié le siège renforcé et les attaques aériennes en réaction aux cerfs-volants enflammés envoyés au-dessus du périmètre de la clôture par des manifestants de Gaza. Mais ces soi-disant « cerfs-volants terroristes » ont causé des destructions estimées au total à 2 millions de dollars et, selon des sources militaires israéliennes, « ne constituent pas une menace immédiate ou sérieuse ». Comme l’a sobrement rapporté un correspondant militaire israélien, « les dégâts psychologiques causés par les incendies le long de la frontière sont pires que les dégâts réels ». « Toutes ces jérémiades à propos des cerfs-volants me rendent fou », râla un officier israélien de haut rang pour éluder la question des cerfs-volants. « C’est aussi tout le contraire de ce que vous entendez de la plupart des gens qui vivent ici… Les gens disent ouvertement : nous aimons cet endroit, nous voulons vivre ici malgré les incendies. »

« Nous ne sommes pas des terroristes », a plaidé un lanceur de cerfs-volants de l’autre côté de la clôture. « Nous sommes une génération sans espoir et sans horizon qui vit sous un siège suffocant, et c’est ce message que nous essayons d’envoyer au monde. En Israël, ils pleurent sur les champs et les forêts qui ont brûlé. Mais qu’en est-il de nous, qui mourons tous les jours ? » « Les activistes du cerf-volant, principalement des adolescents, ont juré de « continuer… jusqu’à… ce que les exigences du peuple palestinien de lever le blocus » soient satisfaites.

À la fin du mois de juillet, un retour partiel au statu quo ante a été rétabli, Israël permettant à un filet de marchandises d’entrer dans Gaza tandis que le Hamas serrait la bride des cerfs-volants. Mais il y a de fortes chances que les événements récents se reproduisent —manifestations non violentes à Gaza, provocations israéliennes violentes, riposte du Hamas, siège renforcé—, culminant dans un autre assaut militaire israélien qui sera, d’après les menaces du ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, « plus douloureux que l’opération Bordure protectrice. »

Si et au moment où la nouvelle conflagration arrive(ra), et qu’Israël proclame qu’il ne fait que défendre sa frontière, la riposte rhétoriquement correcte sera que la barrière séparant Gaza d’Israël n’est pas plus une « frontière » que Gaza n’est un État. Le professeur distingué de l’université hébraïque, Baruch Kimmerling, a qualifié Gaza de « camp de concentration », tandis que l’ancien Premier ministre britannique, David Cameron, l’a désignée comme une « prison à ciel ouvert ». L’équipe éditoriale d’Haaretz l’a appelé un « ghetto », le journal The Economist une « déchetterie humaine » et le Comité international de la Croix-Rouge un « navire en perdition ». Gaza est ce que le responsable en chef des droits de l’homme de l’ONU a appelé un « bidonville toxique » dans lequel toute une population civile est « enfermée de leur naissance jusqu’à leur mort ».

Est-ce qu’Israël a le droit d’utiliser la force pour incarcérer le million d’enfants de Gaza dans un « ghetto » ou un « bidonville toxique » ? Les habitants de Gaza n’ont-ils pas le droit de s’évader d’un « camp de concentration » ?

Aujourd’hui, trouve-t-on des gens qui débattent pour savoir si l’Allemagne nazie a utilisé ou non une force « excessive » et « disproportionnée » pour réprimer le soulèvement du Ghetto de Varsovie ? Qui se demande maintenant si l’Allemagne nazie avait un « droit à la légitime défense » contre l’Organisation juive de combat —qui a résisté les armes à la main ? De telles questions sont-elles seulement concevables ?

On pourrait objecter que Gaza n’est pas le Ghetto de Varsovie. Mais comme l’a remarqué un journaliste israélien qui a servi à Gaza lors de la première Intifada, « le problème ne réside pas dans la similitude… mais dans le fait qu’il n’y ait pas assez de manque de similitude ». L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que « plus d’un million de personnes dans la bande de Gaza risquent de contracter des maladies hydriques », tandis qu’un expert israélien prédit que Gaza sera bientôt envahie par des épidémies de typhus et de choléra comme celles qui ont décimé les Juifs dans le Ghetto de Varsovie.

L’objectif principal du droit international humanitaire est de protéger les civils des ravages de la guerre. L’objectif principal du droit international relatif aux droits de l’homme est de protéger la dignité des personnes. Comment l’un ou l’autre de ces corps de lois pourrait-il donc être utilisé pour justifier un recours à la force —quel qu’elle soit— conçu pour piéger des civils dans un enfer dans lequel ils sont avilis, tourmentés et tués ?

Si, à titre spéculatif, on reconnaissait à Israël le droit légal d’utiliser la force pour empêcher les habitants de Gaza d’échapper à leur « prison », cela exposerait simplement la profonde inadéquation de la loi.

Dans son opinion dissidente sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de 1996 sur la légalité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires, le juge Weeramantry a relevé l’ironie suivante : la CIJ condamne le recours aux balles « dum-dum » (éclatant à l’impact pour maximiser les dégâts sans tuer), mais rechigne à condamner l’utilisation d’armes nucléaires. « Il semblerait étrange, écrit-il, que l’expansion dans le corps d’un seul soldat d’une seule balle soit une cruauté excessive que le droit international ne peut tolérer depuis 1899, mais que l’incinération en une seconde de cent mille civils ne le soit pas ». Le juge Weeramantry a ensuite fait remarquer :

« Chaque branche de la connaissance tire bénéfice d’un processus consistant à prendre de temps en temps du recul vis-a-vis d’elle-même et à se scruter objectivement pour détecter les anomalies et les absurdités. Si une anomalie ou une absurdité flagrante devient apparente mais n’est pas remise en question, cette discipline risque d’être perçue comme *se noyant* dans ses propres considérations techniques. »

L’idée qu’Israël aurait le droit d’enfermer de force un million d’enfants dans un espace invivable est une absurdité, et les avocats qui se demandent si Israël a utilisé ou non une force « excessive » pour empêcher les Gazaouis de fuir leur ghetto *se noient* dans leurs considérations techniques.

« Des êtres humains innocents, pour la plupart des jeunes », a observé Sara Roy, du Centre d’études sur le Moyen-Orient de l’Université de Harvard, « sont en train d’être lentement empoisonnés par l’eau qu’ils boivent et probablement par le sol dans lequel ils plantent ».

La seule question moralement saine posée par la situation à Gaza est la suivante : Israël a-t-il le droit, au nom de la « légitime défense », d’empoisonner un million d’enfants ?

Il est consternant que cette simple question n’ait pas seulement été contournée, mais ne soit même pas visible dans le débat actuel.

Norman G. Finkelstein est l’auteur de nombreux ouvrages sur le conflit israélo-palestinien. Son dernier livre s’intitule Gaza : enquête sur son martyre.

Jamie Stern-Weiner est le rédacteur en chef de Moment de vérité : Les questions les plus difficiles sur Israël et la Palestine.

= = =

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

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Petit précis historique sur la création de l’entité sioniste… La décolonisation d’Israël a commencé (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 juin 2020 by Résistance 71

 

 

La décolonisation d’Israël a commencé

 

Thierry Meyssan

 

26 mai 2020

 

url de l’article original: https://www.voltairenet.org/article209739.html

 

Voilà trois quarts de siècle qu’une colonie anglo-saxonne, devenue un arsenal US, tente de conquérir toutes les terres du Nil à l’Euphrate (l’Égypte, la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie et une partie de l’Iraq). Et voici quelques années que des citoyens de cette même colonie aspirent à la transformer en un État normal. Ce conflit d’un autre âge a franchi une étape avec la nomination d’un gouvernement bicéphale : deux Premiers ministres représentant les deux visions politiques vont se paralyser mutuellement. Les seules avancées ne pourront être qu’en matière sociale et de santé, accélérant encore la modernisation de la société et donc, la fin du fantasme colonial.

La nomination du gouvernement de coalition israélien ne clôt pas la bataille acharnée ouverte depuis six ans entre deux visions opposées et inconciliables d’Israël [1], ni la paralysie gouvernementale qui dure depuis un an et demi. Au contraire, elle marque le début de l’agonie d’un des deux protagonistes et la lente transformation du pays en un État normal.

Il n’est pas fortuit que ce débat ait éclaté sous les coups de l’ex-Soviétique Avigdor Liberman autour des privilèges des étudiants de yeshivas. L’ancien ministre de la Défense en affirmant que l’alibi religieux ne dispense personne du service national a contesté le nœud du mensonge sur lequel est fondé l’Israël d’il y a soixante-douze ans.

L’appel du général Ehud Barack d’en finir avec Benjamin Netanyahu par la voie judiciaire a échoué. Les partisans du rêve colonial sont toujours là. Ils ont plongé leurs concitoyens dans une sorte d’effroi en les persuadant qu’ils sont menacés par les étrangers. Comme au temps des ghettos, pour les « protéger », ils les ont enfermés derrière un Mur qui les sépare même de leurs concitoyens arabes.

Rappelons qu’Israël n’est pas le produit de la culture juive, mais de la volonté des puritains anglais [2].

Dès le XVIIème siècle, le Lord protecteur Cromwell s’engagea à créer un État juif en Palestine, thème qui ne fut pas repris lors de la restauration dynastique. Au XVIIIème siècle, les leaders de la guerre d’Indépendance US, héritiers de Cromwell, se prononcèrent également pour cette création de sorte que le Royaume-Uni et les États-Unis sont les parrains naturels de cette entité. Au XIXème siècle, le Premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraeli, théorisa le sionisme comme instrument de l’impérialisme britannique et inscrivit la « Restauration d’Israël » au programme du Congrès international de Berlin de 1878. À cette époque aucun juif ne soutenait ce projet farfelu.

Il fallut attendre l’affaire Dreyfus en France pour que Theodor Herzl s’engage à convertir la diaspora juive au sionisme anglo-US. Il conçut un système colonial sur le modèle de celui mis en pratique par Cecil Rhodes en Afrique et parvint à rallier progressivement de nombreux intellectuels juifs athées.

Lorsque les gouvernements britannique et états-unien furent occupés par des puritains (David Llyod George et Woodrow Wilson) durant la Première Guerre mondiale, un accord fut conclu entre les deux pays pour créer Israël. Le principe d’un « foyer national juif » fut rendu public par une lettre du ministre des Affaires étrangères Lord Balfour à Lord Rotschild, puis le président Wilson fixa officiellement la création d’Israël comme l’un des 14 buts de guerre des États-Unis. À la conférence de la paix, l’émir Fayçal souscrivit au projet sioniste et s’engagea à le soutenir.

Des juifs commencèrent à coloniser la Palestine mandataire avec l’aide de la bourgeoisie locale, mais au détriment du petit peuple, puis à s’émanciper de Londres. En 1948, un juif athée, Ben Gourion, précédant cette fois de cinq ans le modèle rhodésien, proclama l’indépendance d’Israël avant que les Nations unies n’en aient défini les frontières. Ce n’est qu’alors que les rabbins apportèrent massivement leur soutien au projet colonial.

Depuis soixante-douze ans, la Palestine endure une guerre perpétuelle. À l’issue de plusieurs vagues d’immigration successives, l’État d’Israël s’est inventé de toutes pièces une « culture » autour d’un peuple imaginaire (incluant des ethnies allant du Caucase à l’Éthiopie), d’une langue artificielle (l’hébreu actuel n’a pas grand rapport avec le patois antique et s’écrit en caractères araméens) et d’une histoire fictive (malgré les objurgations de l’Unesco, on a confondu l’antique cité-État de Jérusalem avec l’État d’Israël). 

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L’assimilation de cette création intellectuelle au projet colonial puritain s’est solidifiée autour d’une interprétation sacralisée de certains crimes nazis, qualifiés d’« holocauste » par les puritains et de « shoah » par les juifs.

Rien dans cette construction factice ne résiste à l’analyse. Tout y est fait pour faire accroire en la continuité d’un Peuple et d’un État, alors qu’il ne s’agit que d’une colonie anglo-saxonne.

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Cependant tous les États coloniaux ont disparu aujourd’hui à l’exception d’Israël et, avec le temps, la majorité des Israéliens d’aujourd’hui sont nés en Israël. Désormais deux conceptions de cet État cohabitent : 

  • d’un côté les partisans du colonialisme anglo-saxons qui revendiquent la souveraineté des terres du Nil à l’Euphrate. Ils se pensent en île des pirates, abritant des criminels du monde entier et refusant tout accord d’extradition. Ils s’affirment comme un « peuple élu », supérieur aux autres hommes, et considèrent Israël comme « L’État juif ». 
  • de l’autre des gens qui veulent vivre en paix avec leurs voisins, quelle que soit leur religion ou leur absence de religion et quelle que soit leur ethnie. Ils ne veulent rien avoir à faire avec les fantasmes coloniaux des siècles passés, mais n’entendent rien abandonner de ce qu’ils ont hérité de leurs pères, même si ceux-ci l’ont volé. Ils aimeraient que l’on résolve les ahurissants problèmes sociaux de leur patrie.

Ce sont deux visions inconciliables qui sont incarnées par deux Premiers ministres, Benjamin Netanyahu et son « suppléant » le général Benny Gantz.

Jamais ce tandem ne pourra résoudre quoi que ce soit des conflits avec les peuples arabes. Tout au plus pourra-t-il enfin considérer les terribles injustices du pays. Par exemple près de 50 000 citoyens étant passés par les camps de la mort nazis survivent aujourd’hui dans le pays comme ils peuvent, sans aide de l’État qui les ignore, mais a encaissé les indemnités qui leur étaient destinées en prétendant les sauver.

Par la simple pression du Temps et de la Démographie, après trois élections législatives successives et inutiles, la décolonisation d’Israël a commencé.

Notes

[1] “The Geopolitical Approach : Two States for Two Peoples”, by Commanders for Israel’s Security, Voltaire Network, 30 October 2014. La solution à deux États pose l’inégalité essentielle des Juifs et des Arabes. Elle est profondément raciste, mais elle représente une rupture avec le projet de conquête coloniale en lui opposant une forme de paix. L’assassinat de son concepteur, le Premier ministre Yitzhak Rabin, en 1995, atteste qu’Israël n’était pas encore prêt à y renoncer.

[2] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

 

Résistance politique: Réflexion sur la Palestine, Israël, le sionisme, le racisme et l’antisémitisme (UJFP)

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“Ma liberté passe par la liberté des autres. Je ne puis être libre si vous ne l’êtes pas.”
~ Michel Bakounine ~

Excellente réflexion de Pierre Stambul sur le sionisme, Israël, l’antisémitisme et la relation à la Palestine. A lire et diffuser sans modération…

— Résistance 71 —

 

Israël contre les juifs

 

Pierre Stambul

Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

 

19 février 2015

 

url de l’article original:

http://www.ujfp.org/spip.php?article3885

 

C’est un refrain bien établi. Vous critiquez Israël et le sionisme ? Vous êtes antisémite ! Un Juif français veut pouvoir « vivre son judaïsme » ? On l’invite à faire son « alyah » et à apporter sa pierre à la colonisation de la Palestine. 
On essaie de nous marteler que l’histoire des Juifs s’est achevée et qu’Israël en est l’aboutissement. Israël fonctionne comme un effaceur de l’histoire, de la mémoire, des langues, des traditions et des identités juives. La politique israélienne n’est pas seulement criminelle contre le peuple palestinien. Elle se prétend l’héritière de l’histoire juive alors qu’elle la travestit et la trahit. Elle met sciemment en danger les Juifs, où qu’ils se trouvent. Et elle les transforme en robots sommés de justifier l’injustifiable

Retour sur un passé récent
L’histoire des Juifs français n’a strictement rien à voir avec Israël. Régulièrement spoliés, massacrés ou expulsés par différents rois très chrétiens, les Juifs ont acquis la citoyenneté française avec l’Abbé Grégoire pendant la Révolution. Ces deux derniers siècles ont été marqués par une quête de la citoyenneté et de l’égalité des droits. L’affaire Dreyfus a révélé que, si une partie de la société française était antisémite, une autre partie, finalement majoritaire, considérait que l’acquittement et la réhabilitation de Dreyfus étaient l’objectif de tous ceux qui étaient épris de liberté et refusaient le racisme. L’histoire des Juifs français a été marquée par leur participation importante à la résistance contre le nazisme et le régime de Vichy, puis par l’engagement de nombre d’entre eux dans des luttes progressistes et/ou anticoloniales. Les intellectuels juifs de cette époque s’appelaient Raymond Aubrac, Marc Bloch, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, Stéphane Hessel. C’était une époque où beaucoup de Juifs pensaient que leur propre émancipation passait par celle de tou-te-s. C’était une époque où le racisme, le fascisme et la haine de l’autre étaient considérés comme des abjections à combattre. Les enfants juifs allaient à l’école publique, jamais il ne leur serait venu à l’idée de se séparer des autres dans des écoles confessionnelles.
On s’efforce aujourd’hui en Israël d’effacer l’histoire des Juifs dans les différents pays où ils ont vécu. Si les Juifs ont longtemps été considérés par les antisémites en Europe comme des parias inassimilables et s’ils ont été persécutés parce qu’ils constituaient un obstacle aux nationalismes fous qui rêvaient de sociétés ethniquement pures, ils n’ont jamais recherché la séparation mais au contraire l’insertion à l’intérieur des sociétés dans lesquels ils vivaient.

Une assignation à la désertion
On fait un saut de quelques années. En tête d’une gigantesque manifestation parisienne censée dénoncer le terrorisme, on trouve trois criminels de guerre, Nétanyahou, Lieberman et Bennet qui viennent de s’illustrer dans le massacre de plus de 2000 Palestinien-ne-s (essentiellement des civil-e-s) à Gaza pendant l’été 2014. Profitant de l’émotion causée par l’attentat antisémite de la Porte de Vincennes, Nétanyahou est autorisé (par le gouvernement français) à déclarer aux Juifs français qu’ils sont en insécurité en France et qu’ils doivent partir dans leur « vrai » pays, Israël. 
En fait, le sionisme n’a jamais combattu l’antisémitisme. Il s’en est toujours nourri avec en permanence un seul et unique but : faire immigrer le maximum de Juifs en Israël. Du coup, Nétanyahou n’hésite pas à mettre en danger les Juifs français. Il en fait des étrangers dans leur propre pays, des « touristes » qui n’ont pas compris que leur « patrie » est là-bas. Les Juifs sont sommés d’être des « traîtres » (à la seule et unique cause, celle du Grand Israël de la mer au Jourdain) ou des complices. La France a toujours été un échec pour Israël : à peine 80000 Juifs sont partis depuis 1948 et une moitié est revenue. Alors la propagande se fait assourdissante. Pourtant, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra. 
À « l’alyah » (la montée) des vivants vers Israël, s’ajoute à présent celle des morts. Les autorités israéliennes incitent vivement les Juifs français à faire enterrer leurs proches en Israël. Ainsi les victimes de la tuerie de la porte de Vincennes ont été inhumées au cimetière de Givat Shaul. Ce « quartier » de Jérusalem, c’est l’ancien Deir Yassine, le village martyr de la guerre de 1948 où les milices de l’Irgoun dirigées par Menachem Begin ont massacré toute la population avant que le village ne soit, comme tant d’autres, rayé de la carte. Quel symbole !

Israël à l’avant-garde de l’islamophobie
Les Juifs ont vécu pendant des centaines d’années dans le monde musulman. Ils ont même été accueillis par l’empire ottoman après leur expulsion d’Espagne en 1492. Aujourd’hui, Israël participe à la diabolisation des Arabes et des musulmans en se comportant en élève modèle du « choc des civilisations ». Le racisme anti-arabe et l’islamophobie s’expriment ouvertement, des politiciens en ont fait leur fond de commerce et les passages à l’acte sont fréquents. Les crimes de masse comme à Gaza ou la multiplication des propos racistes (Pour le rabbin Rosen, les Palestiniens sont des Amalécites et la Torah autorise qu’on les tue ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux) laisseront des traces. Comment imaginer que ce qui est infligé aux Palestiniens sera sans conséquences ?
En Israël, des propagandistes rivalisent pour expliquer que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde musulman, masquant le fait que l’antisémitisme a été avant tout une invention européenne et chrétienne. Les Juifs orientaux subissent en Israël des discriminations sociales et un mépris raciste. Ils ont souvent été humiliés et discriminés à leur arrivée. Ils sont coupés de leurs racines et poussés à renier leur identité. L’expulsion des Palestiniens de 1948 est présentée comme un « échange de population » alors que le sionisme est le principal responsable, et de la Nakba, et du départ des Juifs orientaux de leurs pays.

Qu’y a-t-il de juif en Israël ?
Les sionistes ont théorisé l’idée que les Juifs et les non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. C’est totalement contraire à tout ce qui s’est passé pendant des centaines d’années. Cela va à l’encontre de l’aspiration des Juifs à sortir des ghettos, des mellahs et des juderias pour devenir des citoyens normaux.
Les Juifs religieux qui émigrent en Israël y rencontreront rarement la religion telle qu’elle a été pratiquée pendant des siècles. Le courant national-religieux s’est imposé. Ce courant intégriste a totalement révisé la religion. Le « peuple élu », ça n’a jamais voulu dire qu’il a plus de droit que les autres mais au contraire qu’il a plus de devoirs. Parmi les préceptes, il y a « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse » et « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « L’an prochain à Jérusalem », ça n’a jamais voulu dire qu’il faut réaliser le nettoyage ethnique en cours, mais « vivement que le Messie vienne ». L’hébreu a toujours été une langue religieuse interdite à l’usage profane. La religion juive est une religion de « l’exil ». L’installation sur cette terre (d’Israël/Palestine) avant l’arrivée du Messie et a fortiori l’établissement d’un Etat juif étaient interdits. D’ailleurs les Juifs expulsés d’Espagne en 1492 ne sont pas allés à Jérusalem. Herzl a rencontré une hostilité quasi unanime des rabbins contre le projet sioniste dès qu’il a été question d’établir un État juif en Palestine.
Pour les Juifs laïques, les valeurs dominantes d’Israël sont à l’antithèse de ce que sont pour eux les valeurs du judaïsme. Où trouve-t-on dans la tradition juive le racisme, le chauvinisme, le militarisme, le négationnisme de l’existence et de la dignité de l’autre ? Qu’y a-t-il de commun entre ce qu’ont représenté les grands intellectuels juifs (Einstein, Freud, Arendt, Kafka, Benjamin …) et les criminels de guerre qui dirigent Israël ? Qu’est devenue en Israël la mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre le fascisme et le colonialisme (Marek Edelman, Abraham Serfaty, Henri Curiel …) ? De quel héritage juif peuvent se prévaloir les colons et les militaires qui justifient à l’avance les violences et les crimes commis contre les Palestiniens ? 
Comme l’écrit l’historien israélien Shlomo Sand à propos du livre de Yakov Rabkin Comprendre l’État d’Israël, « celui qui voit dans le sionisme une continuation du judaïsme ferait bien de lire ce livre. Mais celui qui croit que l’État d’Israël est un État juif est obligé de le lire ».
Certains Juifs pensent qu’après le génocide nazi, Israël est l’ultime refuge. Au nom de quoi les dirigeants israéliens peuvent-ils brandir partout l’antisémitisme et le souvenir du génocide ? Les sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la lutte contre l’antisémitisme et la résistance au nazisme. Certains dirigeants sionistes ont même eu un comportement honteux pendant la montée du fascisme (Ben Gourion avec les accords de Haavara, 1933) et à l’époque de l’extermination (le groupe Stern assassinant des soldats et des dignitaires britanniques). Comment ne pas comprendre que la mémoire du génocide signifie « que cela n’arrive plus jamais » et pas « que cela ne NOUS arrive plus jamais », ce qui correspond à une vision tribale de l’humanité totalement contraire à toutes les formes d’héritage juif.

Refuser l’assignation et la peur, refuser toutes les formes de racisme et de discrimination.
Il y a des confrontations qui ont du sens : les luttes contre l’oppression, la domination, le colonialisme, pour l’égalité des droits. On nous vend aujourd’hui une guerre qui n’est pas la nôtre : celle d’un monde dit « civilisé » contre le « terrorisme islamique ». Dans cette « guerre », les musulmans sont considérés comme des terroristes en puissance et sont sommés de « prouver » qu’ils ne sont pas des complices de Daesh. 
Et les Juifs sont assignés à soutenir sans réserve une politique israélienne criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Juifs. 
Cette fuite en avant criminelle tient par la peur. Ce syndrome assure le consensus à un point tel qu’un négociateur palestinien (le professeur Albert Aghazarian) a pu dire que les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur. Cette peur irrationnelle a gagné beaucoup de Juifs français.
Dans le contexte du « choc des civilisations », prétexte des dominants pour ensanglanter le monde, il y a en France une montée générale de toutes les formes de racisme. Contrairement à l’image fabriquée par les principaux médias, le racisme frappe essentiellement tous les « dominés », toutes les victimes de l’apartheid social : Arabes, Noirs, Roms. Il prend une nouvelle tournure en se masquant derrière l’islamophobie. Comme il n’est plus politiquement correct de dire « sale arabe », on diabolise l’islam.
Il y a aussi une incontestable et détestable montée de l’antisémitisme. Mais les différentes formes de racisme ne sont pas traitées de la même façon.
Les dirigeants israéliens et en France le CRIF, participent activement à la stigmatisation des musulmans. Ils affirment contre toute évidence qu’il n’y a qu’un seul racisme à dénoncer (l’antisémitisme) et qu’on est à la veille d’une nouvelle « nuit de cristal ». Ils font apparaître les Juifs comme ceux que le pouvoir protège alors que l’idéologie sécuritaire, les déclarations des principaux dirigeants et le travail nauséabond de pseudo intellectuels, visent une seule population déclarée dangereuse.
Les stéréotypes antisémites se nourrissent aussi de la complicité du CRIF avec la politique israélienne et de la partialité évidente du pouvoir. À l’heure des confusions, l’indignation légitime contre les crimes israéliens fait monter l’antisémitisme et les quelques paumés attirés par la violence effroyable de Daesh commettent des attentats criminels contre les Juifs parce que Juifs.

La lutte contre le racisme ne peut pas être découpée. Choisir certaines « bonnes » victimes contre d’autres est à l’antithèse du combat antiraciste. La politique israélienne et la négation totale des droits du peuple palestinien ne protègent absolument pas les Juifs. Au contraire. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer le Juif », celui qui pensait que son émancipation passait par celle de l’humanité. Comme le dit le militant israélien anticolonialiste Eitan Bronstein : « nous ne serons jamais libres tant que les Palestiniens ne le seront pas ». En refusant le tribalisme, les Juifs français réaffirmeront une histoire dont ils peuvent être fiers.
C’est tou-te-s ensemble qu’il faut combattre tous les racismes, toutes les stigmatisations, toutes les discriminations. C’est tou-te-s ensemble qu’il faut défendre le droit, en Palestine comme ici.

Dissidence contrôlée… Chomsky et Dershowitz en accord politique !

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« Comme le dit si justement Schlomo Sand, l’histoire n’est pas particulièrement ‘une chose juive’. Comme dit précédemment, pendant près de deux mille ans, les juifs ne furent pas intéressés en leur propre histoire ni du reste de celle de quiconque d’autre, en tout cas, pas suffisamment pour la chroniquer. De fait, le rendu de Sand de la « nation juive » comme étant une fiction inventée, doit toujours être défié académiquement…
… Dans le monde intellectuel insulaire juif, on décide d’abord de la morale historique, puis on invente un ‘passé’ qui lui va comme un gant. »
~ Gilad Atzmon ~

 

Chomsky d’après Dershowitz

 

Gilad Atzmon

 

6 décembre 2014

 

url de l’article original :

http://www.gilad.co.uk/writings/2014/12/6/chomsky-according-to-dershowitz

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un moment unique dans l’histoire du sionisme: Dershowitz pris à dire la vérité devant la caméra.

Vidéo: 1min29

http://www.youtube.com/watch?v=vMkx7MIOp7A

En écoutant Alan Dershowitz, il est clair que le “faucon” Dershowitz et “l’icône de la gauche américaine” Noam Chomsky sont d’accord sur pratiquement tout ce qui a trait à la question de l’état juif et de la Palestine. “Non” au droit au retour des Palestiniens, “oui” aux deux états, “oui” à un état juif sur la terre palestinienne, etc… Dershowitz ne ment pas, il représente vraiment la position de Chomsky. La raison en est simple: l’image d’une “division gauche/droite” au sein du monde juif n’est qu’un fade pirouettage. Les juifs sont d’accord entre eux sur pratiquement tout.

Vous pouvez écouter la totalité de ce débat d’un ennui extrême ici:  http://www.youtube.com/watch?v=3ux4JU_sbB0

Note: Alan Dershowitz est un avocat et juriste (Harvard) américain, ultra-sioniste, dont les arguments ont été sévèrement débattus et réfutés par notamment Norman Finkelstein.

Résistance politique: Affaire du vol MH17 et des crimes contre l’humanité d’Israël à Gaza… L’empire a du plomb dans l’aile…

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Un jeu d’échecs maculés de sang

 

Pepe Escobar

 

23 juillet 2014

 

url de l’article en français:

http://www.vineyardsaker.fr/2014/07/24/loeil-itinerant-un-jeu-dechecs-macule-de-sang/

 

« Les renseignements et les faits étaient arrangés pour servir la politique. » Tous se rappellent le Mémo de Downing Street, qui dévoilait la « politique » de Bush et de Blair à la veille du bombardement, de l’invasion puis de l’occupation de l’Irak en 2003. La « politique », c’était se débarrasser de Saddam Hussein au moyen d’une guerre éclair. La justification, c’était le « terrorisme » et les armes (non existantes) de destruction massive (ADM), qui avaient « disparu », montées sur des camions, dans les fins fonds de la Syrie. Pour les renseignements et les faits, on repassera.

On pourrait voir dans la tragédie du vol MH17, qui s’est transformée, soit dit en passant, en AMD, une rediffusion tordue de la politique impériale en Irak. Pas besoin de mémo cette fois. La « politique » de l’Empire du Chaos est claire et multiforme : diversifier le « pivot vers l’Asie » en établissant une tête de pont en Ukraine afin de saboter les échanges commerciaux entre l’Europe et la Russie ; étendre l’Organisation du traité de l’Atlantique nord à l’Ukraine ; briser le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine ; empêcher par tous les moyens l’intégration commerciale et économique de l’Eurasie, du partenariat germano-russe aux nouvelles routes de la Soie convergeant de la Chine à la région de la Ruhr ; et maintenir l’Europe sous l’hégémonie des États-Unis.

La principale raison pour laquelle le président russe Vladimir Poutine n’a pas « envahi » l’est de l’Ukraine, et ce, malgré toutes les manœuvres de Washington et de l’Otan, pour mettre fin au massacre de civils en cours facilité par les conseillers militaires étatsuniens, c’est parce qu’il ne veut pas se mettre à dos l’Union européenne, le principal partenaire commercial de la Russie.

Fait décisif, le prétexte de l’intervention de Washington au Kosovo – la responsabilité de protéger ou R2P – était justifié à ce moment-là pour exactement les mêmes raisons qu’une intervention russe à Donetsk et Luhansk le serait tout autant aujourd’hui. Sauf que Moscou ne bougera pas, parce que le jeu du Kremlin s’étend à très long terme.

La tragédie du vol MH17 pourrait être une erreur monumentale. Mais ce pourrait être aussi une manœuvre désespérée des subordonnées de l’Empire du Chaos à Kiev. À l’heure actuelle, les services du renseignement russes ont peut-être déjà établi les faits essentiels. Le modus operandi prévisible de Washington était d’y aller de but en blanc, en lançant et en gagnant, en théorie, la guerre des mots, avec l’appui de son armée proverbiale de « hauts responsables » regorgeant de preuves provenant des médias sociaux [1]. Moscou prendra le temps d’examiner minutieusement les faits avant d’en aborder les détails.

Hégémonie en perte de vitesse

La situation dans son ensemble place les élites de l’Empire du Chaos dans une position très délicate. Prenons le Dr Zbigniew « Grand Échiquier » Brzezinski, ex-mentor des affaires étrangères qui a l’oreille du commissionnaire (de plus en plus dépité) de la Maison Blanche. Le Dr Zbig était à CNN dimanche dernier, exhortant les leaders européens à « tenir tête à Poutine ». Il se demandait si « l’Europe veut devenir un satellite » et s’inquiétait à propos de ce « moment d’une importance décisive pour l’avenir du système mondial ».

Tout cela, c’est bien sûr de la faute à Poutine : « Nous ne déclenchons pas de guerre froide. C’est lui [Poutine] qui l’a déclenchée. Sauf qu’il s’est mis dans un sale pétrin. Je soupçonne fortement que bien des gens en Russie, même parmi ses proches, s’inquiètent du fait que le statut de la Russie dans le monde est sérieusement compromis, que la Russie commence à chanceler économiquement, que la Russie est menacée de devenir un satellite de la Chine, que la Russie est de plus en plus isolée et discréditée. »

De toute évidence, le Dr Zbig ignore totalement les détails du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, tout comme leur voix concertée au sein du BRICS, du G-20 et d’une myriade d’autres mécanismes. Sa russophobie légendaire finit toujours par le rattraper. D’ailleurs, dans son dernier livre, Strategic Vision (2012), le Dr Zbig préconise l’élargissement de « l’Occident » par l’annexion de la Turquie et de la Russie, l’Empire du Chaos se posant en « promoteur » et « garant » d’une plus grande unité occidentale, et en « arbitre » et « conciliateur » entre les principales puissances en Orient. Un simple coup d’œil sur ce qui s’est passé depuis 2012 (Libye, Syrie, Ukraine, encerclement de la Chine) révèle que l’Empire du Chaos n’est, en somme, qu’un fomentateur de chaos justement.

Comparons maintenant le craintif Dr Zbig avec Immanuel Wallerstein, qui m’a énormément influencé en 2007 dans la rédaction de mon guide de voyage géopolitique tordu qu’est Globalistan [2]. Dans un article écrit en espagnol auquel je renvoie en note [3], M. Wallerstein soutient que si l’Empire du Chaos est devenu si dangereux, c’est parce qu’il n’accepte tout simplement pas sa décadence géopolitique. La restauration de son hégémonie mondiale est devenue son obsession suprême. Toute la « politique » formant le contexte préalable à la tragédie du vol MH17 montre que l’Ukraine est, en définitive, le champ de bataille où tout va se jouer.

En Europe, tout dépend de l’Allemagne, surtout après le scandale de la « National Security Agency » (NSA) et ses ramifications. Le débat qui fait rage à Berlin, c’est de trouver une façon de se positionner géopolitiquement en laissant de côté les États-Unis. La solution, préconisée par un large segment des grandes entreprises allemandes, c’est d’établir un partenariat stratégique avec la Russie.

Montrez-moi le missile

Lentement mais sûrement et sans tambour ni trompette, les militaires russes commencent à livrer la marchandise. L’article publié dans la version originale du blogue The Vineyard of the Saker, indiqué en note [4], en constitue l’essentiel. Comme le dit si bien le Saker, la Russie avait – et a – une « vision radar parfaite », ou une surveillance du spectre au complet, de tout ce qui se passe en Ukraine. Tout comme l’OTAN d’ailleurs. Ce que le ministère de la Défense russe dit a autant d’importance que les indices qu’il met à la disposition des experts.

Le réacteur endommagé du côté droit de l’appareil laisse croire à une frappe provenant d’un missile air-air et non d’un missile Buk. Cela va dans le sens de la présentation du ministère de la Défense russe faisant état d’un avion de chasse ukrainien SU-25 à proximité du vol MH17, graphique à l’appui. Plus les choses avancent, moins l’hypothèse du missile Buk (colportée hystériquement par l’Empire du Chaos) tient la route. D’autant plus qu’une fois encore, aucun témoin n’a vu la trace épaisse bien évidente qui aurait été clairement visible si un missile Buk avait été utilisé.

Au-delà du fait avéré qu’un chasseur ukrainien SU-25 se trouvait dans le sillage du vol MH17, un tas de questions demeurent sans réponse, certaines liées à des procédures douteuses à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol en matière de sécurité, qui est assurée par ICTS, une société israélienne basée aux Pays-Bas et fondée par d’anciens officiers du Shin Bet, une agence de renseignement d’Israël. À cela s’ajoute la présence inexpliquée de conseillers « étrangers » à la tour de contrôle de Kiev.

À l’instar de Bachar el-Assad en Syrie qui n’avait absolument aucun motif de « gazer son peuple », comme l’interprétation hystérique le voulait alors, les fédéralistes de l’est de l’Ukraine n’ont aucun motif d’abattre un avion civil. De toute façon, Washington se fiche éperdument aussi bien du massacre de civils en cours à Gaza que de la mort des civils à bord du vol MH17. Sa seule et unique obsession, c’est de forcer les Européens à sanctionner la Russie à mort. En d’autres termes, stopper l’intégration commerciale et géopolitique entre l’Europe et la Russie.

Une semaine avant la tragédie du vol MH17, l’Institut russe d’études stratégiques sonnait déjà l’alarme [5] au sujet de la « politique » de l’Empire du Chaos et de son refus « d’adhérer aux principes et aux normes du droit international ainsi qu’aux règles et à l’esprit du système de relations internationales en place ».

Tout en étoffant sa preuve liée à la tragédie du vol MH17, Moscou attend son heure pour réfuter les affirmations de Kiev et renforcer autant que possible sa crédibilité. Le jeu se déplace maintenant autour des boîtes noires et de l’enregistreur de la parole dans le poste de pilotage. L’Ukraine n’en demeure pas moins le champ de bataille où tout va se jouer, un jeu d’échecs maculé de sang.

Pepe Escobar

Notes

[1] U.S. Officials Lay Out Case Against Russia
The Wall Street Journal, 22/07/2014

[2] GLOBALISTAN: The Inevitable Result of DECISION POINTS (English Edition) [Format Kindle]
Amazon.fr

[3] Alemania y Estados Unidos: una brecha sin precedente
La Jornada

[4] The Russian military finally speaks !
The Vineyard of the Saker, 21/07/2014

[5] Ukrainian crisis: danger and threat – Report of RISS
riss.ru, 9/07/2014, Google Translate

Source

A chessboard drenched in blood
 Asia Times, 23/07/2014
Traduit par Daniel pour vineyardsaker.fr

Résistance politique au sionisme: Entretien de Gilad Atzmon avec Algérie Patriotique…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2014 by Résistance 71

Après le Quotidien d’Oran c’est à Algérie Patriotique de donner des leçons de journalisme à nos pitres de l’hexagone. Aujourd’hui pour qu’un citoyen français soit informé tel qu’il se doit, il est hors de question de puiser l’info dans les merdias franchouillards. En dehors des médias alternatifs, c’est dans la presse francophone algérienne, marocaine, libanaise, ivoirienne, camerounaise, sénégalaise ainsi que la presse francophone iranienne et russe, qu’il faut aller chercher la contradiction qui se doit d’être portée aux dogmes de l’oligarchie qui s’étalent tels des vomissures dans notre pathétique monde médiatique phagocyté de longue date…

Nous essayons de scanner cette presse francophone de qualité et d’en reproduire à fin de diffusion, ce que nous pensons être pertinent pour la compréhension du marasme actuel.

C’est de là également que vient l’union des peuples contre un ennemi commun: L’oligarchie privée qui a créée l’État comme outil de contrôle des populations à des fins de pouvoir absolu.

Union, boycott (à commencer par le vote), désobéissance civile et contre-pouvoir autogestionnaire.

— Résistance 71 —

 

Entretien de Gilad Atzmon au quotidien Algérie Patriotique: “Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur nationaliste juive”

 

Algérie Patriotique

 

18 Janvier 2014

 

url de l’article original:

 

http://www.algeriepatriotique.com/article/gilad-atzmon-algeriepatriotique-dieudonne-montre-qu-il-pouvait-resister-la-terreur-juive

 

 

Algeriepatriotique : Votre combat contre le sionisme vous vaut des levées de boucliers en Israël et en Occident. Vos détracteurs jouent sur l’amalgame entre «antisionisme» et «antisémitisme». Quelle est la différence entre ces deux concepts ?

 

Gilad Atzmon : L’antisémitisme est une notion qui peut prêter à confusion. Elle renvoie en général à une critique des juifs en tant que «peuple», «ethnie» ou «race». Cette critique, basée sur des considérations «biologiques», est en passe de disparaître. L’antisionisme, en revanche, relève d’un tout autre ordre. Il correspond à la critique de l’Etat juif, de ses politiques, de ses positions et de son idéologie. Or, il se trouve que je ne me reconnais dans aucune de ces catégories. Certes, je critique les Israéliens avec véhémence, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la signification véritable de l’identité, de la culture, de la politique et de l’idéologie juives. Ma conviction est que, aussi longtemps que l’action politique se place sous la bannière juive, nous avons le droit d’en interroger les mobiles, les positions et la philosophie. C’est parce qu’Israël se définit comme l’Etat juif que sa judéité doit être remise en cause. Je critique l’Etat juif mais je m’en prends aussi à la gauche juive, voire à ce qu’on l’on appelle communément l’«antisionisme». En somme, je dénonce tout ce qui relève du «pour-les-seuls-juifs», que cela vienne de la Gauche ou de la Droite. A l’instar du sionisme et d’Israël, l’antisionisme juif se fonde sur des considération raciales et est judéo-centrique. Sa raison d’être est la défense des intérêts tribaux juifs ; la cause palestinienne n’est qu’un faire-valoir. Dans mon essai The Wandering Who, j’ai fourni assez d’arguments et de preuves pour étayer cette thèse.

Vous considérez que les sionistes sont la cause principale de la crise financière mondiale. Comment ?

Non, pas exactement. Dans The Wandering Who, je dis qu’une bulle financière avait été créée de toute pièce aux Etats-Unis – par la Réserve fédérale – afin de détourner l’attention sur une bavure militaire, à savoir une guerre des sionistes et des néoconservateurs. Plutôt qu’une conspiration, la crise du crédit était accidentelle. Autrement dit, la bulle a explosé au moment où l’on s’y attendait le moins.

On a tendance à croire que le sionisme se limite à la colonisation de la Palestine pour y créer un Etat. Or, vous dites que celui-ci est «un mouvement mondial alimenté par une solidarité tribale sans équivalent». Qu’entendez-vous par «solidarité tribale» ?

Pour commencer, votre terminologie est légèrement incorrecte. Le sionisme n’est pas un mouvement colonial, même si beaucoup utilisent ce terme dans cette acception. Le colonialisme est un échange matériel et tangible entre l’Etat-mère (métropole) et l’Etablissement colonial. Dans le cas du sionisme, on peut, certes, identifier l’Etablissement colonial, mais pas l’Etat mère. En outre, l’établissement en Palestine concrétisait une quête spirituelle et idéologique, les considérations économiques n’en étaient pas le moteur. Sauf que, avec les lobbies juifs très actifs dans de nombreuses capitales occidentales (Aipac, Crif, CFI, etc.), qui y promeuvent les intérêts du sionisme mondial et incitent à des guerres contre l’Iran et la Syrie, il est aujourd’hui impossible de nier le fait que le sionisme est un mouvement mondial ayant des intérêts mondiaux. Ces éléments étant versés à la réflexion, il est facile de cerner la solidarité tribale qui renvoie à l’énorme soutien que les juifs du monde entier apportent à leur mouvement national et à leurs campagnes à fortes consonances tribales.

Pourquoi le sionisme doit-il sa survie à la génération de «conflits internationaux d’ampleur gigantesque», pour reprendre votre formule ? Autrement dit, pourquoi le sionisme ne croit-il pas à la paix ?

Car l’identité juive laïque est définie par négation. Le juif politique sans Dieu (par opposition au juif orthodoxe) se définit par l’animosité qu’il évoque chez les autres. Les juifs ont besoin d’ennemis et l’Etat juif au Moyen-Orient pourrait induire plusieurs autres conflits sectaires dans la région. Mais cela ne se résume pas uniquement à Israël ou à la politique sioniste. La judaïsation du mouvement de «solidarité» palestinienne a ouvert la voie à une chasse aux sorcières, typique de la culture juive du herem (excommunication). Ces dernières années, nous avons vu comment le PSC britannique expulsait les activistes – y compris des Palestiniens – de ses rangs. Manifestement, la politique juive se fonde sur la négation ; elle évoque l’animosité chez les autres.

Si Israël a été créé par les capitalistes britanniques pour contrôler le pétrole du Moyen-Orient au début du XXe siècle, comment se fait-il que le sionisme ait pris l’Occident en otage plusieurs décennies plus tard ? Qu’est-ce qui a conduit à cette inversion des rôles ?

Non, je ne partage pas cette lecture. Israël n’a pas été créé par l’empire britannique et le pétrole n’était pas au cœur du discours derrière la Déclaration de Balfour. Il s’agit là d’un fantasme matérialiste marxiste trivial qui ne repose sur rien et qui sert à induire en erreur. Les lobbies sionistes ont réussi à arracher la Déclaration de Balfour au summum de la Première Guerre mondiale, promettant de pousser les Etats-Unis a rejoindre la guerre en retour. La Grande-Bretagne avait besoin de l’appui des Américains pour sortir de l’impasse du front occidental. Ainsi, donner la Palestine aux juifs semblait un prix négligeable à payer. Vue sous cet angle, la Déclaration de Balfour semblait destinée à apaiser l’élite financière juive germano-américaine qui s’est empressée de changer d’allégeance, tournant le dos à l’Allemagne pour s’allier aux Anglais. Le message était clair : dès 1917 déjà, le lobby juif américain était parmi les entités les plus influentes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Les médias occidentaux sont réfractaires à toute critique vis-à-vis du sionisme. Vous êtes vous-même pris sous le feu nourri de plumes acerbes. Actuellement, en France, Dieudonné en est victime. Comment expliquez-vous cet acharnement du complexe politico-médiatique contre cet humoriste ? Dieudonné est-il à ce point un danger pour les sionistes ?

Dieudonné a montré qu’il pouvait résister à la terreur nationaliste juive. Toutes les tentatives visant à le détruire ont produit l’effet contraire, l’aidant à affiner son humour et sa critique du pouvoir juif. Mais Dieudonné a réussi à exposer le continuum mortel entre le lobby juif, le soi-disant mouvement de solidarité avec les Palestiniens et l’establishment de la «Gauche» française qui n’existe que dans l’imagination. Il est pour le moins surprenant que le gouvernement qui, il y a à peine quelques semaines, avait tenté – toute honte bue – de faire échec aux négociations avec l’Iran – dans une tentative désespérée d’apaiser le gouvernement israélien – s’en prenne à présent à un comédien noir qui refuse de se plier à la suprématie de la souffrance juive.

Contrairement aux sionistes soudés et organisés, les mouvements antisionistes semblent éparpillés. Pourquoi n’existe-t-il pas une organisation solide pour combattre ce groupe tentaculaire qui «tue au nom de la souffrance juive» ?

La sionisation du mouvement de solidarité avec les Palestiniens – que je suis depuis plus d’une décennie – est quasiment parachevée. Elle a permis de placer les intérêts tribaux juifs au cœur du combat palestinien. Au lieu de défendre les Palestiniens, les organisations de solidarité s’occupent plutôt de la lutte contre l’antisémitisme. Ce mouvement agit, actuellement, comme une opposition sous contrôle. Il est financé généreusement par des sionistes libéraux tels que George Soros qui finance également Jstreet. Soros finance la plupart des ONG palestiniennes, y compris le mouvement BDS. Nous assistons à l’émergence d’un petit «commerce» sous couvert de la solidarité avec la Palestine qui ne va aboutir à rien et dont le mérite, justement, réside dans son incapacité à réaliser quoi que ce soit. Mais, d’autre part, l’on ne peut ignorer quelques évolutions positives. En effet, de plus en plus de gens perçoivent la vraie réalité sur le terrain. Et je n’y ai pas peu contribué. De plus en plus de gens sont conscients de l’activisme des lobbies juifs et de l’instigation des conflits par le sionisme. Ils sont de plus en plus nombreux à mieux appréhender le rôle de la gauche politique. Ils voient bien la tentative du Guardian à faire de Sharon un abcès de fixation. En bref, ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que la Palestine est ici, à Paris, Londres, Athènes et Detroit. Dans l’état actuel des choses, nous sommes tous des Palestiniens. L’immense soutien dont bénéficie Dieudonné est un message cinglant à l’Aipac, au CFI et au Crif, annonçant la fin de la partie. On en a assez. J’aimerais bien voir le lobby juif (tant les sionistes que les antisionistes) se résoudre à reconnaître les changements actuellement à l’œuvre. Mais j’en doute fort. Lecteur avide de l’histoire juive et des dysfonctionnements de la Gauche, je pense que le Lobby se montrera de plus en plus agressif et je crains fort les conséquences inévitables tant pour les juifs que pour nous tous.

 

Entretien réalisé par Mohamed El-Ghazi et M. Aït Amara

Saga de l’affaire Dieudonné: La quenelle vue du pays du goulag levant (ex-USA)…

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Quenelle: Courage ou salut nazi inversé ?

 

…   Gordon Duff,  et  Press TV, Téhéran

 

2 janvier 2014

 

url de l’article:

http://www.veteranstoday.com/2014/01/04/the-courage-of-the-quenelle/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[ Note de l’éditeur de “Veteran Today”:  NdT: La voix des anciens combattants des Etats-Unis –

“Chers lecteurs, ceci a été un commentaire très lu sur Press TV la semaine dernière. Ce geste, qui inclut tous les groupes ethniques et religieux est le genre de chose qui terrifie les docteurs pirouettes de l’establishment, car cela peut effacer des années et des années de lavage de cerveau en règle et rendre leurs efforts actuels complètement inopérants.

Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas largement diffuser un effort qui simplement contourne tous les blocages traditionnels empêchant les gens de gagner le jeu du diviser pour mieux régner que notre ennemi commun élitiste joue contre nous depuis bien trop longtemps. Nous avons le pouvoir entre nos mains de leur dire que nous ne jouons plus leur jeu dorénavant… mais allons nous retrousser nos manches et accepter de faire ce qui doit être fait ?…” Jim W. Dean ]

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Il y a un drôle de geste qui balaie l’Europe en ce moment et qui s’appelle “la quenelle”. Dieudonné M’bala M’bala, le très populaire comédien et humoriste français et activiste pour la justice sociale, est crédité de l’avoir créé.

Qu’est-ce que c’est ?

Le journal Haaretz l’appelle “un salut nazi inversé”. Quand je le vois, cela ressemble à quelqu’un brossant quelque fibre inopportune de sa manche. Les sionistes d’Europe sont-ils le groupe politique contre lequel les masses se soulèvent et qui doit être considéré comme des “fibres inopportunes” à brosser dans la poubelle ?

Peut-être est-ce le message que les décennies de haine vociférée à l’encontre des Allemands, que l’endoctrination robotique des Européens dans une histoire questionable, une auto-flagellation et une obéissance d’esclave à une “élite” banquière (bankster) est le cœur véritable du sionisme.

Ceci est le vrai message de la quenelle, une résistance contre l’apartheid en Israël qui légalement ne fut jamais pensé pour être un “état juif” mais plutôt une “patrie” pour des juifs persécutés pendant la guerre. Ne jamais confondre l’un avec l’autre.

Badge honorifique

La quenelle est l’anti-thèse du sionisme. Elle est internationale, inclusive, non-sectaire, ancrée non seulement dans l’humour mais la dédication à la justice sociale qui tourne le dos à la violence. Voyez-vous, les juifs sont victimisés. Peu de non-juifs comprennent et encore moins de juifs le “comprennent” chaque jour qui passe. Les juifs sont la chair nourricière de la “mythologie de la haine”, une industrie de la mythologie fabriquée, qui est la racine depuis plus de 60 ans de conflits et de morts qui se chiffrent maintenant en millions.

Quoi que ce soit qui soit dit, il n’y aurait pas de guerre en Syrie sans le sionisme, pas de “guerre contre le terrorisme”, pas de crise de Suez, pas d’attentats à la bombe tchétchène en Russie. Nous pouvons aller plus loin, il n’y aurait pas de va t’en guerre “tea party” et d’extrémistes aux Etats-Unis sans l’argent sioniste qui les abreuve, pas d’inondation par les drogues et les narcotiques de toute sorte dans les écoles du monde, les maternelles  et plus important encore, pas de crises économiques et monnétaires.

Est-ce ceci une exagération, un argument sur-simplifié ? Si seulement cela était vrai alors la quenelle, étiquetée “geste antisémite” par ceux qui veulent la dénoncer, est un véritable succès. En premier lieu, pourquoi donc les sionistes utilisent-ils toujours le terme de “sémite” ?

Une étude hautement respectée faite à l’université John Hopkins par un groupe d’universitaire emmené par le scientifique israélien le professeur Eran El Haïk a prouvé de manière conclusive que les juifs israéliens sont génétiquement européens. La vaste majorité des juifs, à 97,5% n’ont aucune ADN moyen-orientale de quelque sorte que ce soit et certainement pas sémite. Cela veut-il dire qu’il ne peut pas y avoir de patrie juive ? En fait non. Cela veut-il dire que des colons peuvent simplement arriver, déplacer des résidents eux bien sémites, car les Palestiens sont eux totalement sémites et voler leurs maisons ?

Les conventions de genève qualifient ceci de crime de guerre. Même l’Union Européenne met maintenant hors-la-loi quiconque ayant des accords financiers avec des entreprises israéliennes ou des personnes vivant sur des terres illégalement volées, pas seulement en Cisjordanie, mais 40% de l’Israël pré-1967 également.

Ceci est la loi, bien que non rapportée. Au lieu de cela, les journaux appellent la quenelle “geste antisémite” mais ne reconnaissent pas ou ne rapportent pas que leurs propres gouvernements ont sanctionné Israël pour des actes d’apartheid contre la véritable population sémite. Voilà pourquoi la “quenelle” est si importante ; c’est une question de justice.

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Le terrorisme en tant que politique nationale

Jamais publié, jamais débattu en public, les organisations du renseignement dans le monde sont parfaitement au courant que la plupart des actes terroristes sont mis en scène comme évènements théâtraux afin de pousser en avant les buts économiques d’organisations puissantes quasi-nationales. La plus grosse organisation terroriste au monde est israélienne. L’appeler le “Mossad” est une simplification de mauvais aloi.

Actuellement, cela comprend des factions d’organisations du renseignement de douzaines de nations, l’Arabie Saoudite, la Turquie, la Grande-Bretagne, l’inde et spécifiquement les Etats-Unis. Le Mossad ne fait que gérer ces factions. Ces groupes, tour à tour, soutiennent des révolutions, truquent des élections, font exploser des voitures piégées, s’allouent les services de “tireurs solitaires” et de “kamikazes” ainsi qu’entraînent des groupes terroristes dans trois douzaines de pays.

La semaine dernière, l’Afrique a souffert d’une “décharge” de cette très réelle conspiration. Peu l’ont reconnu, peu ont vu le schéma dessiné, mais cela était bien présent. Est-ce que les “juifs” font tout ceci ? La réponse est non. Les juifs sont des personnes comme toutes les autres. Les rendre différemment, les rendre haïs ou craints est le travail des sionistes. Rapporter l’histoire de ces faits reconnus et bien documentés peut-être fatal.

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Nier l’holocauste ?

Comme tous bons parents, j’ai emmené mes enfants à Dachau, deux fois en fait. Je n’ai rien dit. Plus tard il fut admis que Dachau ne fut jamais “un camp de la mort” et les millions d’enfants qui l’ont visités, bus après bus, décennie après décennie, ont été trompés.

Ceci veut aussi dire que les millions de militaires américains qui clâment avoir visité les chambres à gaz de Dachau ont souffert de ce qu’on appelle la “Légionitis américanus”, une maladie qu’on attrappe à rester trop longtemps assis sur un tabouret de bar. J’ai aussi été à Auschwitz, quelque chose que peu (d’entre eux) peuvent dire. Des heures de voiture de Berlin, impliquant la location d’un appartement à Cracovie et continuer à conduire au sud. Auschwitz doit être vu en hiver, quand les jours sont les plus courts.

C’est un endroit morbide. Il y a une histoire là-bas, IG Farben, la Standard Oil (NdT: des Rockefellers), la famille Bush (NdT: le grand-pêre paternel de deubeuliou Bush, Prescott Bush, était un banquier pour les nazis aux Etats-Unis…), les usines de caoutchouc synthétique, une énorme zone industrielle, des camps de travail, une vérité réelle qui n’est dite que morceau par morceau. Vous pouvez sentir la souffrance et la mort. Ce que vous pouvez aussi sentir est quelque chose d’autre qui cloche. Vous voyez, Auschwitz, qui fut à une époque crédité du gazage de millions de juifs n’est plus, officiellement, considéré comme un “camp de la mort”. Y a t’il eu un mal énorme perpétré à cet endroit ? Quiconque en doute est fou. Est-ce que l’histoire, de la façon dont elle est enseignée en Europe, virtuellement à la pointe du fusil, est fausse ?

Si la vérité est justice, alors pourquoi la vérité est-elle un crime ? La réponse est simple, la vérité exposerait quelque chose de monstrueux, bien au-delà de l’holocauste. Si les “game theory warriors” ont raison, on nous fait ingurgiter des absurdités historiques pour nous confondre et nous aveugler.

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Une simple vérité

La guerre sioniste contre “la quenelle” est une guerre contre la tolérance et non pas contre la haine. Le sionisme est la définition de la haine. Le sionisme est plus qu’une tête de l’hydre. La mythologie de la victimisation des juifs n’est rien d’autre qu’un outil. Si les “game theory warriors” ont raison, la persécution des Palestiniens est un peu plus qu’un jeu, partie d’une équation complexe, “théorie du chaos”, faits pour créer un environnement fertile à la subjugation humaine.

Alliés malgré tout

Bizarrement, je reçois probablement plus d’attaques “antisémites” que la plupart, bien que je sois une voix principale contre le sionisme et les “bénis oui-oui” likudistes. Il y a néanmoins une vérité très moche que les juifs doivent accepter. On se fout de leur gueule. La “quenelle” est un moyen de démontrer ceci. “N’importe quel idiot peut le voir”. C’est le boulot du sionisme de s’assurer que chaque enfant juif passe chaque moment éveillé dans la terreur d’être transformé en savon ou en abat-jour de lampe, bien que toutes ces choses furent démenties il y a bien longtemps déjà.

Qui voudrait victimiser un enfant de la sorte ? La réponse est simple, des monstres. Pourquoi voudraient-ils faire cela ? La réponse est tout aussi simple: pour l’argent et le pouvoir.

Résistance politique: Israël, le boycott, l’art et le cinéma

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 15 novembre 2013 by Résistance 71

Ken Loach

 

15 Novembre 2013

 

Url de l’article original en français:

http://www.michelcollon.info/Israel-le-boycott-l-art-et-le.html?lang=fr

 

Peu importe l’histoire que vous choisissez de raconter ou les images que vous décidez de montrer, ce que vous sélectionnez indique quels sont vos intérêts. Si vous faites quelque chose d’entièrement fictif, dans un monde d’oppression, cela indique quelles sont vos priorités. Ainsi, un spot commercial majeur, pour faire beaucoup d’argent, montre quelque chose. Cela porte des conséquences politiques et implique une position politique. La plupart des arts ont un contexte et des implications politiques. Interview de Frank Barat.

Frank Barat ; Pouvez-vous nous dire comment vous avez pris conscience et ensuite vous êtes impliqué dans la lutte pour les droits palestiniens ?

Ken Loach : Cela a commencé il y a quelques années lorsque je travaillais à l’élaboration d’une pièce de théâtre nommée “perdition”. C’était une pièce à propos du sionisme durant la seconde guerre mondiale ainsi que sur le marché qui fut conclu entre certain sionistes et les nazis. Cela a éclairé d’une nouvelle perspective la création d’Israël ainsi que les politiques du sionisme. Je suis alors devenu conscient, et de plus en plus durant les années suivantes, que la fondation d’Israël était basée sur un crime envers les palestiniens. D’autres crimes ont ensuite suivi. L’oppression des palestiniens, qui ont perdu leur terre, dont les vies quotidiennes sont interrompues par l’occupation, dont la vie dans un état permanent de dépression qui se poursuit aujourd’hui, est quelque chose dont nous devons nous occuper.

FB : Pourquoi la Palestine ? Pourquoi est-elle symbolique ?

KL : Il y a de l’oppression partout dans le monde mais ce qui rend le conflit israélo-palestinien spécial est un certain nombre de choses. Tout d’abord, Israël se présente au monde en tant que démocratie. Un pays comme n’importe lequel de l’hémisphère ouest. Il se présente de cette manière alors qu’il est en fait en train de commettre des crimes contre l’humanité.

Il a produit un état qui est divisé selon des lignes raciales comme l’apartheid en Afrique du Sud. Il est aussi militairement et financièrement supporté par l’Europe et l’Amérique. Il y a donc là une hypocrisie massive, on supporte un pays qui se vante être une démocratie, on l’aide de toutes les façons possibles et pourtant, il est impliqué dans ces crimes contre l’humanité.

FB : Il y a divers outils pour essayer de changer cela et l’un d’entre eux est l’appel au BDS (boycott, désinvestissement et Sanctions). Vous avez été la première personnalité à soutenir et à demander un boycott culturel d’Israël. Vous avez depuis lors ouvert la voie pour que beaucoup d’autres vous rejoignent. Certaines personnes disent que vous ne devriez pas boycotter la culture. Que répondez-vous à cela ?

KL : Tout d’abord vous êtes un citoyen, un être humain. Quand vous êtes confronté face à de tels crimes, vous devez réagir en tant qu’être humain, peut importe que vous soyez un artiste, un VIP ou quoi que ce soit. Vous devez en premier réagir et faire en sorte que vous ameniez cela à l’attention des gens. Un boycott est une tactique. Cela est efficace contre Israël parce que Israël se représente en tant que pilier, gyrophare culturel. Il est des lors très sensible au boycott culturel. Nous ne devrions rien avoir à faire avec les projets qui sont supportés par l’état israélien. Les individus ne sont pas concernés, nous devons nous concentrer sur les actions de l’état israélien. C’est lui que nous devons viser. Nous le visons parce que vous ne pouvez juste pas rester là à ne rien faire et regarder les gens vivre leurs vies dans des camps à tout jamais.

FB : Israël utilise l’art et le cinéma pour sa campagne nommée “Marque Israël”. L’art est dès lors politique – même si certains artistes répondent à la campagne BDS qu’ils ne sont pas des politiciens mais juste des chanteurs, des musiciens, des acteurs. Pour vous, tous vos films sont politiques. Donc, selon votre opinion, l’art peut être un outil pour combattre l’oppression. 

KL : Oui. L’élément fondamental est le suivant : peu importe l’histoire que vous choisissez de raconter ou les images que vous décidez de montrer, ce que vous sélectionnez indique quels sont vos intérêts. Si vous faites quelque chose d’entièrement fictif, dans un monde d’oppression, cela indique quelles sont vos priorités. Ainsi, un spot commercial majeur, pour faire beaucoup d’argent, montre quelque chose. Cela porte des conséquences politiques et implique une position politique. La plupart des arts ont un contexte et des implications politiques.

FB : Avez vous entendu parler de “World War Z”, ce film avec Brad Pitt dans lequel un virus décime la population terrestre, et dont l’unique lieu sur est grâce au mur qu’ils ont construit ?

KL : Cela a l’air d’un scenario d’extrême droite. Vous devrez voir le film avant de porter un jugement mais cela sonne vraiment, selon votre description, comme de la fantaisie d’extrême droite.

C’est intéressant qu’Israël se révèle lui-même via ses alliés. Dans le nord de l’Irlande, – qui a une longue histoire de séparation entre les loyalistes et les républicains – les loyalistes, ont sur leurs murs le drapeau d’Israël ainsi que celui des blancs sud Africains ; les républicains ont eux le drapeau de la Palestine et de l’ANC. C’est curieux comme ces alliances révèlent autant de ce que pensent réellement les gens.

FB : Etes vous inquiet de la montée de l’extrême droite et de leurs idées partout en Europe ? Cela me rappelle le début des années 30.

KL : La montée de l’extrême droite accompagne toujours la récession et la dépression économiques ainsi que le chômage de masse. Les gens au pouvoir, qui veulent le maintenir, doivent toujours trouver des boucs émissaires car ils ne veulent pas combattre l’ennemi réel, qui est la classe capitaliste, les propriétaires des grosses industries, ceux qui contrôlent les politiques. Ils doivent donc trouver ces boucs émissaires. Les plus pauvres, les immigrants, les demandeurs d’asile, les gitans sont à blâmer. L’aile droite choisi ceux qui sont les plus vulnérables, les plus faibles pour justifier la crise dans leur système économique. En situation de chômage de masse les gens sont malheureux et doivent trouver quelque chose à combattre. Les juifs furent blâmés durant les années 30’, de terribles choses leur furent infligées. Maintenant, ce sont les immigrants, les chômeurs…

Nous avons une presse terrible au Royaume-Uni qui va blâmer ceux sans emploi pour leur propre situation alors que bien sur, il n’y a pas de jobs.

FB : Comment pouvons réagir face à cela quand les mêmes personnes contrôlent tout : la presse, le capital, les politiques,… ? Que pouvons nous, nous la société civile, sans l’accès à la presse populaire, défier et battre cette idéologie ?

KL : Grosse question. Finalement, il n’y a pas de maison mais des politiques. Vous devez faire une analyse de la situation et organiser la résistance, Comment cela est organisé est toujours une grosse question. Vous devez mettre en échec chaque attaque sur le sol et vous lier solidairement avec ceux qui subissent l’attaque. Vous devez aussi organiser des partis politiques. Le problème est que nous avons des partis qui ont une analyse erronée. Nous avons les partis stalinistes de gauche qui guident les gens depuis des années dans un couloir aveugle ; nous avons les sociaux démocrates qui veulent faire croire aux gens que nous devons travailler dans le système, que nous pouvons le reformer, le faire fonctionner. Ce qui bien sur est une fantaisie, cela ne marchera jamais. La question principale est quelles politiques ? Les gens se débattent avec ca chaque jour.

FB : Votre dernier film aborde ces points. A propos des gens qui sont marginalisés à cause de leurs opinions politiques. J’ai lu aujourd’hui que “Jimmy’s Hall” pourrait être votre dernier film et que vous voudriez vous concentrer après sur des documentaires, ce qui est une excellente nouvelle pour la Palestine.

 KL : Je ne sais pas à propos de cela. « Jimmy’s Hall » fut un assez long tournage et c’est un travail très difficile. Je ne suis pas sur de pouvoir refaire un autre film de ce genre.

Mais il y a toujours du remous à faire quelque part donc je dois juste découvrir le meilleur moyen de déranger un peu plus. Certainement, des films devraient être faits sur la Palestine. Ils ont besoin de palestiniens pour les réaliser. La lutte palestinienne, au final, est un conflit qui sera gagné.

Les choses ne restent pas les mêmes pour toujours. Il sera gagné à la fin. La grosse inconnue est quel type de Palestine en émergera ? La question n’est pas uniquement de mettre fin à mettre fin à l’oppression israélienne –question sempiternelle- mais quel état en émergera ?

Sera-t-il dans l’intérêt de chacun ? Ou bien sera-t-il dominé par une classe riche qui opprimera le reste du peuple peut importe leur contexte ? Quel état se dessinera à partir de tout cela est la question principale.

Traduit depuis l’anglais par Olivier Mignon pour Investig’Action

Source : newint.org

Résistance politique: La solution au colonialisme en Palestine passe par la sécession de la diaspora avec le sionisme…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 novembre 2013 by Résistance 71

A lire Alan Hart, journaliste très expérimenté et documenté sur le sujet du conflit israélo-palestinein, on comprend pleinement la similitude avec le colonialisme occidental en Afrique, en Asie, en Océanie et bien sûr aux Amériques toujours colonisées (comme le sont également l’Australie, la Nouvelle-Zélande dans la pratique, car entités entrepreneuriales de la « couronne » britannique, alias la City de Londres…) et on se rend également compte que la solution est en fait la même: que les peuples colons (mais aussi idéologiquement colonisés…) réalisent le mal fait et toujours en cours, se démarque du crime et rejoignent les colonisés pour une solution dans la voie du milieu.

A ce titre, les similitudes entre les conditions d’existence des Indiens des Amériques, les aborigènes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-Zélande et celles des Palestiniens sont stupéfiantes.

Nous sommes tous des colonisés! et à ce titre devons en sortir ensemble. Union, réflexion, désobéissance civile, boycott des institutions et des entités entrepreneuriales mondialistes pour enfin reprendre le pouvoir pour le diluer et ne plus jamais le laisser échapper à une quelconque oligarchie.

— Résistance 71 —

 

Le paradoxe juif émergeant du maléfice du sionisme

 

Alan Hart

 

Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.alanhart.net/the-jewish-paradox-arising-from-the-curse-of-zionism/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

J’ai été inspiré (peut-être devrais-je dire provoqué) à écrire cet article par quelque chose que le vice-président américain Joe Biden a dit dans son récent discours du J Street National Conference de Washington D.C. Il se rappelait avoir visité, alors qu’il était encore un jeune sénateur, la premier ministre israélienne Golda Meir. Ses mots de départ lorsqu’il prit congé furent: “Nous, les juifs avons une arme secrète dans notre conflit avec les Arabes: nous n’avons nulle part où aller.

Prendre ce que disait Golda pour sûr n’était pas de mise car il y avait alors et toujours aujourd’hui, beaucoup de pays où les juifs israéliens pourraient recommencer une nouvelle vie s’ils le voulaient. Du million qui sont partis de l’état sioniste (et non pas juif) pour une meilleure vie ailleurs, les Etats-Unis demeurent le premier choix, mais aujourd’hui l’Allemagne devient très populaire.

Alors quel était vraiment le message par implication de Golda Meir à Biden ?

De manière feutrée, Maman Israël donnait sa voix à la raison d’être (NdT: en français dans le texte original) du sionisme dont la logique peut-être résumée ainsi.

Le monde a toujours été antisémite (voulant dire anti-juif ici car les Arabes sont aussi des sémites) et le sera toujours. Ainsi le sionisme anticipe le fait qu’un Holocauste no2 est en préparation, un autre grand tumulte contre les juifs est inévitable. Israël existe pour être un refuge de dernière instance, une police d’assurance pour tous les juifs du monde lorsque ce jour viendra. C’est pourquoi Israël a une faim insatiable de toujours plus de terres palestiniennes et une soif inextinguible pour l’eau palestinienne ainsi qu’un désir profond pour le pétrole qui vient d’être découvert en Palestine maintenant Israël.

(Voir: http://m.aljazeera.com/story/201311114571416794 )

C’est pour cela que les leaders du sionisme en Israël, assistés de leur lobby, associés et alliés en Amérique, ne s’arrêteront devant rien pour faire avancer leur cause ; une cause qui requiert entre autres choses, la consolidation de l’occupation du sionisme en Cisjordanie occupée sans écarter un nettoyage ethnique final de l’endroit et la création d’un prétexte pour entrer de nouveau en guerre avec le Liban pour prendre possession et conserver le sud du pays jusqu’à la rivière Litani. Dans un de ses récents articles Franklin Lamb a fait référence à un document israélien qui contient le texte d’un discours prononcé en 1941 par David Ben-Gourion, le père fondateur d’Israël et son premier ministre initial. Une phrase en particulier était entourée: “Nous devons nous rappeler que pour que l’état juif puisse survivre, il doit avoir dans ses frontières les rivières Jourdain et Litani.

Soit dit en passant, un des meilleurs promoteurs de la peur juive d’une nouvelle résurgence de l’antisémitisme est Abe Foxman, le directeur national de la Ligue Anti-Diffamation (ADL) aux Etats-Unis, bien qu’un vocable plus approprié serait la Diffamation des Critiques d’Israël... Il y a 10 ans, dans son adresse annuelle à cette 90ème édition de la réunion de l’ADL à New York il a dit: “Nous faisons actuellement face à une grande menace pour la sécurité du peuple juif comme celle à laquelle nous avons été confrontés dans les années 1930, si pas plus grande…”

En plus de ses agents traîtres élus au congrès des Etats-Unis, les associés du lobby sioniste et ses alliés incluent les néo-conservateurs non juifs des divers départements et ministères d’état et des services de sécurité, une horde de think tanks et les médias de masse ainsi que les leaders des quelques dizaines de millions de fondus du missel fondamentalistes chrétiens. Ce fondamentalisme est historiquement antisémite mais soutient Israël quoi qu’il en soit, parce qu’il perçoit l’état sioniste comme un instrument pour parvenir à l’Armaggedon. De leur côté les leaders de la droite israélienne et leur lobby ont fricoté avec et accepté le fondamentalisme chrétien parce que l’alliance que cela leur apporte leur donne une influence maximum à Washington D.C.

Comme je le souligne dans mon livre “Sionisme: Le véritable ennemi des juifs”, la réponse à la question sur ce que ferait le sionisme dans l’éventualité d’un échec de sa mission m’a été donnée par Golda Meir lorsque je l’ai interviewé lorsque j’animais l’émission phare de la BBC, “Panorama”. Elle m’a dit que lors d’une situation apocalyptique, Israël “serait préparé à détruire avec lui la région entière et le monde.”

Le paradoxe juif en arrive à ceci. Israël a été créé par le sionisme pour garantir le bien-être et l’existence des juifs. Mais ce bien-être et peut-être même cette existence sont le plus sérieusement menacés par les politiques et les actions du sionisme lui-même.

Comment cela est-il possible ?

Ce dont nous sommes les témoins aujourd’hui est une montée, une marée mondiale d’anti-israélisme. Ceci N’EST PAS une manifestation d’antisémitisme, ce qui veut dire que cela n’est pas dirigé en tant que préjudice racial ou haine des juifs simplement parce qu’ils sont juifs ; l’anti-israélisme est provoqué par l’arrogance du pouvoir d’Israël, sa suffisance maladive et son mépris total de la loi internationale et des droits des Palestiniens en particulier.

Le danger pour les juifs partout est que cet anti-israélisme puisse être transformé en un antisémistisme rampant. La mise en garde la plus explicite que ceci pourrait bien arriver, a été donnée par Yehoshafat Harbaki, le plus long directeur du renseignement militaire israélien. Dans son livre: “Israel’s Fateful Hour”, publié en anglais en 1988, il écrivit ceci:

Israël est le critère par lequel tous les juifs seront jugés. Israël en tant qu’état juif, est un exemple du caractère juif, qui trouve son expression libre et concentrée en son propre sein. L’antisémitisme a des racines profondes et historiques. Quoi qu’il en soit, toute faute dans la conduite israélienne, qui est initialement citée comme anti-israélisme, pourrait être transformée en preuve empirique de la validité de l’antisémitisme. Ce serait une tragique ironie que de voir l’état juif, qui fut créé pour résoudre le problème de l’antisémitisme, devenir un facteur d’une nouvelle montée d’antisémitisme. Les Israéliens doivent prendre conscience qu’ils paient eux-mêmes  le prix de leur mauvaise conduite, mais aussi tous les juifs à travers le monde.”

Harkabi nota aussi qu’Israël est le pire ennemi de sa propre rectitude. S’il était encore en vie aujourd’hui, je lui suggérerais à titre de commentaire que si “l’ennemi” peut-être défini comme une force qui a la capacité et l’intention réelle de détruire Israël par des moyens militaires, la rectitude est le SEUL ennemi de l’état juif.

Harkabi n’a pas été le premier juif à prévenir du danger pour Israël de devenir un facteur de montée d’antisémitisme, et il fut en très bonne compagnie. Avant l’holocauste perpétré par les nazis, la plupart des juifs dans le monde étaient opposés au sionisme et à son entreprise coloniale. Ils pensaient que c’était immoral (ce qui bien sûr l’était) et mènerait à un conflit sans fin avec les Arabes et le monde musulman au sens large, Mais plus que tout, ils craignaient que si le sionisme était autorisé à faire ce qu’il entendait par les grandes puissances, que cela ne provoque un jour plus d’antisémitisme.

Alors que j’écris ces lignes, je me demande si des historiens honnêtes du futur concluront qu’une des plus grandes ironies de toute l’histoire humaine, peut-être même la plus grande, est dans le fait que le sionisme voulait et avait besoin de l’antisémitisme afin de pouvoir justifier de ses politiques criminelles et des actions des juifs partout et de profiter des gentils mal informés et donc naïfs en Amérique et en Europe.

On m’a donné à l’école ce que je pense toujours être la meilleure définition d’un paradoxe: “La vérité se tenant sur la tête pour attirer l’attention”. Une vérité est ceci. Il n’y a pas de “problème de la Palestine”. Il n’y a qu’un problème juif au sujet et dans la Palestine qui est devenue Israël.

La manchette d’un article de Bradley Burton dans le quotidien Ha’aretz au jour de l’an était celle-ci: “2013 sera t’elle l’année où les juifs américains feront sécession d’Israël ?”

Les juifs américains veulent savoir ce qui est fait en leur nom. Au nom du Judaïsme et s’ils pensent que cela est auto-destructeur, oppressif, borné et mal, alors il y a toute les raisons pour qu’ils désirent que cela s’arrête.

Le gentil que je suis a un problème avec cette expression d’espoir.

La preuve est que si un nombre croissant, bien que toujours petit, de juifs américains sont publiquement critiques d’Israël, de ses politiques et ses actions, beaucoup, la majorité, demeurent silencieux et ne veulent pas vraiment savoir ce que le sionisme fait en leur nom ; et si cela demeure le cas, il n’y a pas de raison suffisante dans l’esprit juif pour changer le cours de l’histoire.

On ne peut que mentionner comment cela pourrait changer si la raison était assistée pour prévaloir. Si une majorité de juifs américains et européens étaient prêts à accepter et reconnaître ouvertement le mal fait aux Palestineins au nom du sionisme pour ensuite insister que le mal soit corrigé en termes acceptables pour les Palestiniens, tout gouvernement israélien devrait changer sa politique et être vraiment sérieux au sujet de la paix en des termes que les Palestineins pourraient accepter.

Ce que je veux dire c’est qu’alors qu’il est parfaitement possible que les leaders sionistes d’Israël puissent dire à un président américain et à tout le monde non-juif d’aller se faire voir, il ne serait pas assez stupide pour dire la même chose au monde juif, spécifiquement du reste aux juifs américians et européens…

Sensé non ?…

Dans des plateformes de discussion publiques (comme dans mon livres), je ne me fatigue jamais d’exprimer ma pensée sur ce fait de l’énorme récompense à portée de main pour les juifs du monde et les Israéliens spécifiquement s’ils autorisaient l’existence d’une raison motivée par la justice de prévaloir. De manière générale, ils constituent l’élite intellectuelle de l’occident et les Palestiniens sont l’élite intellectuelle du monde arabe. Ensemble, en paix et en partenariat, dans un état avec des droits identiques et une sécurité pour tous, ils pourraient changer l’avenir de la région pour le mieux et ainsi redonner tant d’espoir au monde entier. Pour le dire autrement, juifs et palestiniens en paix et associés pourraient devenir la lumière des nations.

Continue de rêver Alan…

FOOTNOTE

Une bonne indication que Netanyahou est alarmé de la possibilité qu’une majorité de juifs américains demandent ou même requierent qu’Israël devienne sérieux au sujet de la paix avec les Palestineins en des termes acceptables pour eux est celle-ci.

L’Israeli American Council a récemment commissionné la distribution de tracts à des milliers de juifs américains leur demandant où serait leur allégeance dans l’éventualité d’une véritable crise entre Israël et les Etats-Unis. Les tracts étaient à l’origine endorsés par des représentants du ministère israélien des affaires étrangères. Lorsque Netanyahou a appris cela, il a instruit le ministère de se désassocier du questionnaire.

Je pense qu’il est raisonnable d’assumer qu’il était préoccupé par la perspective que ce sondage indique que dans l’éventualité d’un duel entre lui-même et le président Obama, une majorité de juifs américains se sentitaient plus américains qu’israéliens ou supporteurs d’Israël.