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Résistance au colonialisme: Quand un colonialisme en cache un autre (Bruno Guigue)

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Bonne analyse de Bruno Guigue mais qui ne va pas encore assez loin à notre sens. 

En effet, nous ne vivons même pas dans un monde “post-colonial / néo-colonial”, mais toujours bel et bien dans un monde colonial comme nous l’avons expliqué à maintes reprises ici.

Les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et bien entendu Israël sont TOUS des pays coloniaux à l’heure actuel. Des pays qui ne sont que des projections commerciales de contrôle et de pillage des grands centres industrio-financiers, chapeautés par la City de Londres, la véritable “couronne” et entité coloniale.

Ceci en toile de fond d’un néo-colonialisme issus du libéralisme vendu comme une globalisation des échanges politico-économiques. Nous devons le comprendre si nous voulons critiquement et radicalement agir sur la réalité qui nous échoit.

Parce que:

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Quand nous disons aux colons: ‘rendez-le’, voulons-nous dire que nous voulons qu’ils nous rendent le pays et qu’ils s’en aillent ? Non. Ceci n’est pas la vision de nos peuples. Lorsque nous disons ‘rendez-le’, nous parlons de ce que les colons établis montrent du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et corrigent les torts en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dues et nous rendent notre pouvoir et suffisamment de terre pour que nous soyons totalement auto-suffisant en tant que nations… […] La restitution est purification. […] Il est impossible de transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à une coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elles-mêmes. Simplement, les entreprises impérialistes opérant sous le déguisement d’états démocratiques libéraux (NdT: USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud…) sont par construction et culture, incapables de relations justes et pacifiques avec les peuples autochtones. Le changement ne se produira que lorsque les colons seront forcés à reconnaître ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à respecter les autres personnes et à les considérer comme des êtres humains… »

~ Taiaiake Alfred, professeur de science politique, université de Victoria, CB, Canada, nation Mohawk, 2009 ~

 

Quand un colonialisme en cache un autre

 

Bruno Guigue

 

5 novembre 2018

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/quand-un-colonialisme-en-cache-un-autre.html

 

Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ?

La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas nouvelle. Propre sur lui, le démocrate occidental voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre qui loge dans le sien. De droite, de gauche ou du centre, il vit dans un monde idéal, un univers heureux où il a toujours la conscience de son côté. Sarkozy a détruit la Libye, Hollande la Syrie, Macron le Yémen, mais il n’y aura jamais de tribunal international pour les juger. Mesurés à l’aune de notre belle démocratie, ces massacres ne sont que des broutilles. Un égarement passager, à la rigueur, mais l’intention était bonne. Comment des démocraties pourraient-elles vouloir autre chose que le bonheur de tous ? Surtout destiné à l’électeur moyen, le discours officiel des Occidentaux traduit toujours l’assurance inébranlable d’appartenir au camp du bien. ’Vous souffrez de l’oppression, de la dictature, de l’obscurantisme ? Ne vous inquiétez pas, on vous envoie les bombardiers !’.

Il arrive toutefois qu’au détour d’une phrase, dans le secret des négociations internationales, un coin de voile soit levé, subrepticement. On assiste alors à une forme d’aveu, et voilà qu’un margoulin confesse le crime en esquissant un sourire narquois. En 2013, au moment où la France intervient au Sahel, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, appelle son homologue russe pour obtenir l’appui de la Russie à l’ONU. Lavrov s’étonne alors de cette initiative française contre des djihadistes que Paris avait soutenus lors de l’intervention en Libye, en 2011 : ’C’est la vie !’, lui rétorque le ministre français. Semer la terreur pour abattre un Etat souverain ? C’est ’la vie’ selon Fabius. Mais que ce criminel se rassure : aucun juge ne lui demandera des comptes. La Cour pénale internationale (CPI) est une Cour pour les indigènes : c’est réservé aux Africains. Les gens comme Fabius ont l’art de passer entre les gouttes.

Abreuvés d’un discours qui leur dit que leur pays est toujours du bon côté, les Français semblent à des années-lumière du chaos que contribuent à bâtir leurs propres dirigeants. Les problèmes du monde ne les affectent que lorsque des hordes de miséreux se pressent aux portes, et ils sont nombreux à accorder leurs suffrages – comme beaucoup d’Européens – à ceux qui prétendent leur épargner cette invasion. Bien entendu, cette défense d’un ’chez soi’ devrait logiquement s’accompagner du refus de l’ingérence chez les autres : que vaudrait un patriotisme qui autoriserait le fort à s’ingérer dans les affaires du faible ? Or l’expérience montre que ces ’patriotes’ sont rarement à la pointe du combat pour l’indépendance nationale en dehors du monde prétendument civilisé. Quels partis de droite européens, par exemple, soutiennent le droit des Palestiniens à l’autodétermination nationale ? Manifestement, ils ne se précipitent pas pour honorer leurs propres principes.

Mais ce n’est pas tout. On peut même se demander si ces prétendus patriotes le sont vraiment pour eux-mêmes : combien d’entre eux, en effet, sont-ils favorables à la sortie de leur propre pays de l’OTAN, cette machine à embrigader les nations européennes ? Comme pour la question précédente, la réponse est claire : aucun. Ces ’nationalistes’ font le procès de l’Union européenne pour sa politique migratoire, mais c’est le seul morceau de leur répertoire patriotique, véritable disque rayé aux accents monocordes. Ils gonflent les muscles face aux migrants, mais ils sont beaucoup moins virils face aux USA, aux banques et aux multinationales. S’ils prenaient leur souveraineté au sérieux, ils s’interrogeraient sur leur appartenance au ’camp occidental’ et au ’monde libre’. Mais c’est sans doute beaucoup leur demander.

Dans cette incohérence généralisée, la France est un véritable cas d’école. Une certaine droite – ou extrême-droite, comme on voudra – y critique volontiers les interventions à l’étranger, mais de manière sélective. Le Rassemblement national, par exemple, dénonce l’ingérence française en Syrie, mais il approuve la répression israélienne contre les Palestiniens. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes serait-il à géométrie variable ? En fait, ce parti fait exactement l’inverse de ce que fait une prétendue gauche, qui soutient les Palestiniens – en paroles – et approuve l’intervention occidentale contre Damas, trouvant même qu’on n’en fait pas assez et qu’il faudrait bombarder ce pays plus sévèrement. Le drame, c’est que ces deux incohérences jumelles – et en miroir – aveuglent le peuple français. On mesure cet aveuglement au résultat, lorsqu’on voit des gauchistes souhaiter le renversement d’un Etat laïc par des mercenaires de la CIA (au nom de la démocratie et des droits de l’homme), et des nationalistes soutenir l’occupation et la répression sionistes en Palestine (au nom de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical).

Il est vrai que ce chassé-croisé entre pseudo-patriotes et pseudo-progressistes a aussi une dimension historique. Il charrie à sa façon l’héritage empoisonné des temps coloniaux. Ainsi la droite nationaliste critique le néocolonialisme occidental en Syrie, mais elle trouve insupportable qu’on évoque les crimes coloniaux commis par la France dans le passé en Indochine, en Algérie ou à Madagascar. On suppose que ce n’est pas volontaire, mais la gauche universaliste contemporaine – au nom des droits de l’homme – fait exactement l’inverse : elle fait le procès du vieux colonialisme façon « Algérie française » mais elle approuve l’intervention néocoloniale en Syrie contre un Etat souverain qui a arraché son indépendance à l’occupant français en 1946. Bref, la droite aime follement le colonialisme au passé, la gauche l’aime passionnément au présent. La boucle est bouclée, et en définitive tout le monde est d’accord. Principale victime : la lucidité collective.

La France est l’un des rares pays où un colonialisme en cache un autre, le vieux, celui qui plonge ses racines dans l’idéologie pseudo-civilisatrice de l’homme blanc, se trouvant comme régénéré par le sang neuf du bellicisme droit-de-l’hommiste. Ce néocolonialisme, à son tour, est un peu comme l’ancien colonialisme ’mis à la portée des caniches’, pour paraphraser Céline. Il veut nous faire pleurer avant de lancer les missiles. En tout cas, la connivence implicite entre les colonialistes de tous poils – les vieux et les jeunes, les archéo et les néo – est l’une des raisons de l’errance française sur la scène internationale depuis qu’elle a rompu avec une double tradition, gaulliste et communiste, qui lui a souvent permis – non sans errements – de balayer devant sa porte : la première par conviction anticolonialiste, la seconde par intelligence politique. Un jour viendra sans doute où on dira, pour faire la synthèse, que si la France a semé le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen, au fond, c’était pour « partager sa culture », comme l’a affirmé François Fillon à propos de la colonisation française des siècles passés. Au pays des droits de l’homme, tout est possible, et même prendre des vessies pour des lanternes.

= = =

Lectures complémentaires:

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Manifeste pour la societe des societes

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

 

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Pour une résistance au colonialisme d’hier et d’aujourd’hui: « Peau noire, masques blancs » de Frantz Fanon (version pdf)

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Résistance 71

 

2 novembre 2019

 

Nous avons récemment publié une version PDF du « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire, nous vous faisons (re)découvrir aujourd’hui la célèbre analyse anti-coloniale de Frantz Fanon, « Peau noire, masques blancs », publié en 1952.

Frantz Fanon (1925-1961) est un psychiatre martiniquais, philosophe, pan-africaniste et marxiste humaniste qui fut un fervent soutien à l’indépendance de l’Algérie. Très proche du FLN, il fut expulsé d’Algérie en 1957. Grand spécialiste de la décolonisation, il meurt de leucémie en exil volontaire à New York en 1961.  Il est enterré à Aïn Kerma en Algérie sous le nom d’Ibrahim Fanon.

Version PDF, mise en page Jo, JBL1960
Peau_Noire_Masques_Blancs.Frantz_Fanon

 

Renfort du colonialisme en perspective… Le dogme dominioniste chrétien à la Maison Blanche (Steven Newcomb)

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« Dès que les chrétiens entrent de manière invasive dans l’espace territorial de non-chrétiens, les non-chrétiens cessent immédiatement d’avoir une ‘parfaite indépendance’. Pourquoi ? Parce que les nations ‘païennes’ doivent se soumettre à la ‘volonté de dieu’ comme exprimée dans le livre de la Génèse 1:28. En d’autres termes, c’est la ‘volonté de dieu’ que les chrétiens exercent et maintiennent une suprématie sur les non-chrétiens en subjuguant la terre et en exerçant la domination (dominion) sur tous les êtres vivants… De ce point de vue, les païens sont destinés à être sauvés par dieu et à être ‘réduits’ à la ‘civilisation’ des chrétiens européens. »
~ Steven Newcomb, « Païens en terre promise », 2008 ~

 

Voir notre dossier: « Colonialisme et la doctrine chrétienne de la découverte »

 

L’âge dominioniste de Trump et nos nations originelles

 

Steven Newcomb

 

26 novembre 2016

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/11/26/dominionist-age-trump-and-our-original-free-nations

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec l’élection toute récente de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, il apparaît que rien ne va plus. Après le 11 septembre 2001 et le passage de la loi scélérate du Patriot Act cette même année, le vice-président Dick Cheney avait alors dit que les Etats-Unis étaient entrés dans une “nouvelle normalité”. Certains ont rétorqué que les Etats-Unis étaient passés au travers du miroir, en référence à la suite d’Alice aux Pays des Merveilles. De l’autre côté du miroir, rien ne semble identique. Le monde est méconnaissable. Bienvenue dans l’ère de Trump, mettant en scène son vice-président chrétien dominioniste Mike Pence.

Des milliers de personnes marchant dans les rues des villes principales, exprimant leur mécontentement avec le président-élu Trump, signalent que nous sommes partis pour une période de grand chambardement et d’imprévisibilité. Il y a des signes avant-coureurs de ce qui se pointe à l’horizon pour nous. Ce qui va sans nul doute arriver est une ère de dominionisme chrétien, une orientation idéologique croyant dur comme fer que la bible et le fondamentalisme chrétien doivent servir de guide pour gouverner le corps politique américain.

Note de Résistance 71: Depuis la parution de cet article de Newcomb que nous traduisons avec quelques jours de retard, qu’avons-nous pu constater en France ?… Que la “primaire” à la présidentielle de la “droite” nouveau-con, ultralibérale, a accouché de François Fillon comme candidat commun de la “droite” pour la présidentielle de 2017. Qu’y a t’il de commun entre Fillon et Pence ?… Un certain fondamentalisme chrétien, évangéliste d’un côté, catho de l’autre alors que le conseille de Trump à la sécurité sera le très catholique ex-patron du renseignement militaire le général Flynn. Coïncidence ?… Fillon est tout aussi Bilderberger que Juppé. Il semble que l’oligarchie veuille jouer la carte religieuse pour compléter la mise en application de son dogme fabriqué de toute pièce par la clique néo-conservatrice yankee: le “clash des civilisations” avec les christo-sionistes aux commandes. Programme qui s’avère des plus réjouissant n’est-il pas ?… Une fois de plus rien n’est inéluctable, quand on est capable de relier les points entre eux…

Dans son livre devenu classique “La politique de la communication”, Claus Meuller dit ceci: “La domination… est le contrôle achevé par un nombre limité de personnes sur l’alocation des ressources et l’accès à une participation très significative dans le processus décisionnaire politique.” Le nombre relativement petit de gens qui vont attérir dans le gouvernement de Trump-Pence vont aussi partager une orientation politico-religieuse similaire, fondée sur une vision dominioniste particulière de la religion chrétienne.

Dans son livre de 1973 “The Institutes of Biblical Law,” le théologien dominioniste Rousas John Rushdoony dit que “La loi est dans toutes les cultures d’origine religieuse”. Il dit plus avant que “il ne peut y avoir aucune tolérance dans un système légal pour une autre religion.” De plus, Rushdoony affirme qu’ “aucune forme de retrait de la religion n’est possible dans quelque société que ce soit.” Et, de manière importante, il déclare: “Chaque système légal doit maintenir son existence en maintenant une hostilité envers tout autre système légal et autres fondations religieuses étrangères, ou alors ce n’est que pur suicide.

David Lane est un dominioniste influent qui est décrit comme un organisateur électoral de droit chrétien important. Lane est souvent cité:

“Je ne pense pas qu’il existe une telle chose que la séparation de l’église et de l’État. Les Etats-Unis ne furent pas établis en tant que nation séculière, et quiconque dit qu’ils le furent, n’a pas lu l’histoire des Etats-Unis. Ce pays a été établi par des chrétiens pour le déverloppement de la foi chrétienne.”

La déclaration de Lane est synchro avec une ère préalable aux Etats-Unis. La pensée dominioniste de cette époque résulta en l’ère de la “Termination” et de la directive légale de 1954 que le ministère de la justice envoya à la Cour Suprême des Etats-Unis pour l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans cette directive, le ministère argumentait que le peuple Tee-Hit-Ton ne pouvait pas recevoir de compensation financière pour le bois qui était pris sur ses terres (NdT: en Alaska), parce que “les nations chrétiennes d’Europe avaient acquis la juridiction [dominion] sur les terres des païens et des infidèles” durant la soi-disante période de la “découverte”. En 1955, la CS donna la victoire aux Etats-Unis dans l’affaire Tee-Hit-Ton, ce qui veut dire que la CS se tint aux côtés du gouvernement fédéral et de ses arguments chrétiens dominionistes.

L’ère Trump-Pence qui arrive pose une question clef: le gouvernement qui vient nous permettra t’il de peaufiner et d’intensifier notre critique de la pensée chrétienne dominioniste qui est la cause de la loi et de la politique fédérale indienne ? (Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823, le juge de la CS John Marshall utilisa le terme ou expression dominioniste “domination ultime”) Ou alors est-ce que l’ère Trump-Pence rendra t’elle encore plus difficile pour nous de critiquer plus avant parce que la pensée chrétienne dominioniste commencera à paraître normale et ordinaire comme la supposée “religion civique” des Etats-Unis ?

Près de 25 ans dans la campagne globale que Birgil Kill Straight et moi-même avons commencé en 1992, lorsque nous avons commencé à appeler pour que le Vatican abroge de manière officielle et formelle la bulle pontificale Inter Caetera du 4 mai 1493, plus de 520 membres du clergé de partout aux Etats-Unis se rassemblèrent à Standing Rock. Ils défièrent directement la doctrine chrétienne de la découverte dominioniste. Certains d’entre eux furent même arrêtés. Dans une action de protestation, le clergé brûla des copies de la bulle pontificale de 1493 et défièrent l’utilisation de cette doctrine par les Etats-Unis avec ses actions de police militarisées contre Standing Rock et l’Oceti Sakowin (La Grande Nation Sioux).

C’est pour le moins ironique que cet évènement historique puissant, conduit par des chrétiens, contre le système de domination/dominionisme chrétien, eut lieu à la veille de l’élection américaine qui donna le pouvoir de la branche exécutive des Etats-Unis aux dominionistes chrétiens. Nous sommes bel et bien de l’autre côté du miroir. Il est maintenant important de se montrer encore plus déterminés pour augmenter notre motivation et nos efforts contre la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination.

Résistance au colonialisme: un peu d’histoire amérindienne… et analyse d’une complaisance littéraire…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 3 février 2016 by Résistance 71

L’article que nous avons traduit ci-dessous est intéressant à nos yeux à deux titres:
1- Il éclaire sur une période pas ou très peu connue du début de l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord…
2- Il éclaire également sur une méthodologie narrative qu’on peut légitimement soupçonner de complaisante avec le système colonial toujours en place. En effet, l’auteure tout en dénonçant des malversations coloniales, sème également une sémantique de soumission à l’état colonial toujours en place aux Etats-Unis et au Canada. Nous avons commenté trois exemples distincts dans l’article. Ceci a t’il été fait à dessein ou est-ce le résultat involontaire d’un conditionnement social ? Difficile à dire à la lecture, donnons à l’auteure le bénéfice du doute… Si c’est volontaire, alors ceci peut-être considéré comme un bel exemple de « dissidence contrôlée » dans ce domaine particulier.

~ Résistance 71 ~

 

Histoire amérindienne: Jour de commémoration, le massacre des Péquots se produisit en 1637

 

Alysa Landry

 

26 Mai 2014

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/05/26/native-history-its-memorial-day-1637-pequot-massacre-happened-155017

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Cette date fait partie de l’histoire amérindienne: le 26 Mai 1637, une force anglaise puritaine renforcée par quelques alliés autochtones, a massacré un campement Péquot dans le Connecticut, tuant quelques 500 hommes, femmes et enfants, brûlant complètement leur village.

L’attaque juste avant l’aube sur le fort Mystique marqua la toute première défaite des Péquots, a éclairé Kevin McBride, professeur d’anthropologie de l’université du Connecticut et directeur de recherche au Mashantucket Pequot Museum and Research Center.

Le massacre marqua également un tournant dans la guerre des Péquots, une guerre de trois ans pour la conquête des terres traditionnelles de la nation, environ 400 km2 dans la partie sud-est de ce qui est aujourdhui le Connecticut et le tout premier conflit important entre les colons et les Indiens natifs de la Nouvelle-Angleterre.

“Pendant les huit premiers mois de la guerre des Péquots, ceux-ci ne perdirent jamais une bataille contre les Anglais”, a dit McBride. “Les Péquots étaient tactiquement bien supérieurs et ce même sans armes à feu. Les Anglais n’arrivaient pas à les comprendre. Jusqu’au massacre de Mystique, les Péquots avaient gagné chaque engagement.”

Le sud-est du Connecticut fut la terre originelle de quelques 8 000 Péquots résidant dans 15 à 20 villages. En réponse à l’arrivée des Hollandais en 1611, la nation Péquot créa une confédération de douzaines de tribus afin de contrôler le commerce des fourrures et renforcer leur pouvoir politique et économique (NdT: cette remarque de l’auteure est typiquement ethno-eurocentrique dans la mesure où les nations amérindiennes n’avaient cure du “pouvoir” qui était dilué dans le peuple et était exercé collectivement dans des sociétés à la chefferie sans pouvoir. Si l’échange était pratiqué, ces sociétés refusaient le concept de “surplus” et refusait toute base “économique” à leur société, non pas parce qu’ils ne “savaient pas”, mais parce qu’ils ne le voulaient pas… nuance… l’arrivée des colons génocidaires blancs changea la donne pour ces sociétés contre l’État, pour reprendre l’expression de l’anthropologue politique Pierre Clastres. Nous nous devions de faire ici cette note qui s’imposait à notre sens pour mieux comprendre l’affaire et son narratif…).

Jusqu’à l’arrivée des Anglais dans les années 1630, les Hollandais et les Péquots contrôlaient le commerce des fourrures de la région. Avec l’addition des colons et commerçants anglais, un déséquilibre se créa. La guerre des Péquots éclata lorsque des nations sous la subjugation des Péquots s’allièrent avec les Anglais. (NdT: Là encore, l’auteure entre en contradiction avec elle-même avec cette déclaration qui impliquerait que les Péquots coercitivement “subjuguèrent”, dominèrent les autres nations autochtones voisines dans une “alliance” donc forcée, alors qu’elle vient juste de dire qu’ils formèrent une confédération, qui par définition est une association LIBRE et non coercitive de quelque manière que ce soit. Personne ne peut être forcé contre son gré dans une véritable confédération…)

Les affaires se compliquèrent lorsque les Péquots tuèrent plusieurs colons et commerçants anglais, a dit McBride. Les Anglais demandèrent que les meurtriers leur soient livrés, la guerre commença lorsque les Péquots refusèrent.

McBride a appelé les Péquots une “société complexe” et la guerre des Péquots est un des évènements le plus controversé et significatif de l’histoire coloniale. L’attaque sur le fort Mystique, qui fut le premier de trois massacres qui se produisirent durant la guerre, changea la façon dont les forces autochtones regardèrent la technique de la guerre (contre les colons).

Le massacre, mené par le capitaine anglais John Mason, fut la première utilisation documentée de “guerre totale” contre les Amérindiens, à savoir que les Anglais massacrèrent tous les Péquots avec lesquels ils vinrent en contact, ne faisant plus aucune distinction entre des hommes armés et des femmes, enfants et personnes âgées sans défense.

“Par quelque standard qu’on étudie l’affaire, ce fut un massacre”, a dit McBride. “Les Anglais y allèrent avec l’intention de tuer tout le monde là-bas, mais ils ne le firent pas pour voler la terre ou pour contrôler le commerce. Ils le firent par peur que les Péquots et leurs alliés natifs n’attaquent les colonies anglaises de toute la région.”

Justifiant sa conduite, la capitaine Mason décara que l’attaque fut un acte de dieu, il écrivit dans sa Brief History of the Pequot War, publiée à titre posthume en 1736:

“Dieu se moqua de ses ennemis et des ennemis de son Peuple et engouffra les Péquots dans une fournaise… Ainsi fut le jugement de dieu parmi les païens, emplissant Mystique de cadavres…”

Le massacre se produisit environ deux heures avant l’aube lorsque 70 soldats anglais et 250 alliés attaquèrent le fort, dit Laurie Lamarre, chercheur au Mashantucket Pequot Museum and Research Center. L’attaque fut inattendue à la fois dans le timing et sa technique, dit-elle.

“C’était le type de guerre anglais et ce fut complètement différent de tout ce qu’ils avaient expérimenté auparavant”, dit-elle. “Les Péquots, la nation a plus forte de la zone, étaient vaincus”.

Mais les Péquots ne furent pas vaincus sans combattre, dit McBride. Les Anglais perdirent environ 50% de leurs hommes au début de la bataille et ne brûlèrent le fort que lorsqu’ils réalisèrent qu’ils perdaient la bataille.

“Le terme massacre prend la connotation de gens sans défense. Ce que les historiens ne réalisent pas, c’est que les Anglais faillirent perdre cette bataille malgré tout. S’ils n’avaient pas brûlé le camp et coincé les Péquots dans les bâtiments, ils auraient perdu cette bataille.”

Les guerriers Péquots, furieux, se lancèrent aussi à la poursuite des Anglais sur 7 ou 8 km durant leur retraite, dit McBride ; mais le campement était dévasté et le massacre marqua un grand tournant dans l’histoire des Péquots et dans l’histoire native.

“Le massacre eut des implications importantes”, explique McBride, “Ce que firent les Anglais envoya un message très fort en pays Indien: nous avons la volonté politique et les moyens militaires pour forcer notre volonté sur vous, Après la guerre des Péquots, commence la politique d’assimilation. Après cette guerre, il n’y eut plus de tentative de diplomatie: les relations avec les Indiens furent fondées sur la menace militaire.

Dans les mois qui suivirent, les Anglais massacrèrent deux autres villages Péquots, les 5 juin et 28 juillet. La plupart des Péquots qui survécurent furent vendus comme esclaves ou s’échappèrent pour rejoindre d’autres nations du sud de la Nouvelle-Angleterre.

Mais les Péquots revinrent et une fois de plus sont redevenus une des nations les plus importantes en Amérique du Nord. Dans les années 1970, plus de 300 ans après la guerre des Péquots, les membres de la nation commencèrent à revenir dans la zone d’origine et à restaurer leur terre et communauté.

Au début des années 1980, la nation reçut une reconnaissance fédérale et peu de temps après lança la première phase du Foxwoods Resort Casino, le second plus grand casino du pays.

Note de Résistance 71: Cette conclusion est pathétique et confirme une certaine connivence, affiliation de l’auteure avec le système fédéral colonial. En clair, elle explique, que malgré le passé, ils sont revenus… Ils ont reçu une “reconnaissance fédérale”, c’est à dire qu’ils existent comme toute nation autochtone, sous les auspices du gouvernement colonial fédéral américain (et canadien dans le cas du Canada…) dont ils sont soi-disant les pupilles, que leur “souveraineté” n’est reconnue que tant qu’elle se soumette au gouvernement et lois fédérales et que dans le fond… Bah ! tout çà est de l’historiette ancienne et que donc les Péquots et tout autre nation autochtone, doivent tourner la page et exister sous le joug fédéral en acceptant la “manne” des casinos accordée ; réduisant ainsi en une conclusion lapidaire le sort et la destinée des nations et peuples originels à n’être plus que des “sujets” soumis, profitant des casinos (et de la vente de cigarettes détaxées), gérés par la mafia des “conseils de tribus” inféodés au Bureau des Affaires Indiennes (BIA) et à la loi et politique fédérale sur les Indiens. Cette conclusion est somme toute insultante pour les Péquots et autres nations et peuples amérindiens.

Cet article est assez typique de l’ambivalence de bien des Amérindiens et des non-autochtones qui parfois se font portes-parole, ils assènent quelques coups au système, mais se gardent bien d’en faire trop… L’auteure prend en apparence une position rebelle, mais par son phrasé même, trahit son attitude du politiquement correct. Un cas d’école ! Est-ce volontaire ou le résultat d’un conditionnement social ? Donnons-lui le bénéfice du doute.

Le colonialisme et la falsification de l’histoire… Suite

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 4 septembre 2015 by Résistance 71

« -Passager du train: Vous verrez, la même chose arrivera à ceux qui ont violé la sépulture de cet Inca…
-Tintin: Vous croyez ?
-Passager: J’en suis sûr… Aussi, pourquoi ne laisse t’on pas ces gens tranquilles ? Que dirions-nous si demain les Egyptiens ou les Péruviens venaient chez nous, ouvrir les tombes de nos rois ?… Hein que dirions-nous ? »
-Tintin: en effet… »
~ Dialogue du train de la toute première page de « Tintin et les 7 Boules de Cristal », Hergé, 1948 ~

 

Colonialisme et la falsification de l’histoire

Colonialisme et la falsification de l’histoire, suite 2

 

Exemples de falsifications historiques et anthropoligiques

 

Résistance 71 (avec l’aide posthume de Russell Means)

 

4 Septembre 2015

 

L’euro-centrisme et la volonté pour la “civilisation occidentale dominante” de maintenir l’ignorance et le barbarisme chez “l’autre” afin de fallacieusement pouvoir continuer d’affirmer sa suprématie aussi futile que criminelle, a amené bon nombre d’historiens et de scientifiques à faussement analyser et rendre compte des cultures “primitives”, parfois justement vues comme cultures “premières, originelles” (du latin, primus, primere), mais souvent avec cette condescendance et cette pointe péjorative rarement dissimulée.

Nous allons ici introduire trois textes de l’activiste Lakota (Sioux) Russell Means montrant à quel point des scientifiques peuvent, à la commande, dénaturer et falsifier des données historiques ou anthropologiques à des fins essentiellement propagandistes.

Le premier texte “Un langage commun” adresse le vaste système de communication existant entre les différentes nations amérindiennes du Nord sur un territoire allant du nord de ce qui est aujourd’hui la province d’Alberta au Canada, jusqu’au nord de la partie centrale de ce qui est aujourd’hui le Mexique.

Le second texte parle du “Mythe de la guerre” chez les nations originelles d’Amérique du Nord.

Le troisième texte nous informe sur “La véritable façon de chasser le bison des Indiens Lakota”.

Ces trois textes courts sont suffisamment explicites pour laisser transparaître la raison de la falsification de l’information par nos “scientifiques” si dévoués au système colonial.

Le fait est, qu’un bon nombre de ces “têtes pensantes élitistes”, ont procédé à des “recherches de commande” financées par l’oligarchie. Jugez-en par vous même…

1ère partie: “Un langage commun”, Russell Means, 2011, Traduit de l’anglais par Résistance 71

Tous les Indiens des plaines et tous ceux qui vivaient en bordure des grandes plaines de la bande centrale du sous-continent nord-américain s’étendant du nord de la partie centrale du Canada jusqu’à la partie nord de la partie centrale du Mexique, partageaient un système très sophistiqué de communication basé sur un langage de signes. Cela prend longtemps pour élaborer et apprendre un système de langage par signes. Ce fut un langage universel allant dans cette région du bas Missouri au nord du Mexique en passant par le Texas et l’Oklahoma, dans ces contrées où vivaient également les Comanches et les Kiowas et ce jusqu’aux plaines du Canada, à la confédération des Pieds Noirs d’Alberta, du Saskatchewan et de grandes parties du Manitoba et vers l’Ouest, au travers des montagnes rocheuses, incluant les vastes territoires de la nation Shoshone qui s’étendaient au travers du Nevada jusqu’à la Californie du Sud et l’Océan Pacifique.

Les anthropologues ont consciencieusement ignoré le fait que toutes ces sociétés partageaient un langage universel. Les gens avec qui vous partagez le même langage sont tous vos parents. Nous avions des parents jusqu’au-delà de l’Oklahoma et du Texas, jusqu’au Mexique. Nous communiquions, nous commercions les uns avec les autres, sans faire la guerre. Si vous prenez bien le temps de communiquer, vous ne faites pas la guerre. Si vous ne prenez pas le temps de communiquer, alors vous faites la guerre.

Comme nous le verrons, il n’y a pas une telle chose comme la guerre dans les sociétés indigènes, tout comme il n’y a pas de mal. Ce fait est si important et si sous-estimé ou mésestimé, que cela vaut parfaitement la peine de le répéter. Il n’y a pas eu d’expérience de quoi que ce soit ressemblant à la guerre, chose qui devint une caractéristique commune au sein et parmi les sociétés patriarcales. Le mot n’existait pas dans notre langage et si ce n’est pas dans la langue, vous n’en avez pas le concept. Cela n’existe tout simplement pas, comment une société peut-elle pratiquer quelque chose dont elle n’a jamais entendu parler?…

2ème partie: “Le mythe de la guerre”, Russell Means, 2011

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Ce mythe de la guerre, d’après bien des “experts” blancs, est que les nations indiennes d’Amérique du Nord, s’engageaient dans des guerres pratiquement constantes. Ces sociétés étaient des “sociétés guerrières”, à un tel degré, que les colons identifièrent l’Indien mâle comme étant un “guerrier”.

Il y a un dicton chez les Lakota qui dit ceci: “Les anciens et les mères connaissent la folie de s’engager dans une bataille”. Quand des désaccords ne pouvaient pas être résolus entre nations, les arguments étaient réglés d’une telle façon que cela était en fait mois dangereux qu’un match de football américain professionnel.

Quand commença le temps des traités, le gouvernement des Etats-Unis a dit que nous devrions avoir des lignes imaginaires autour de notre territoire. Donc nous avons dessiné des lignes sur une carte qui comprenait toute la zone que nous couvrions dans nos voyages. D’autres groupes plus petits comme les Mandan, les Arikara et les Hidatsa, vivaient au sein de cette grande zone que nous fréquentions et qui, d’après les traités avec les blancs était notre territoire. Alors les hommes blancs regardèrent cela et ne purent comprendre la situation. Comment le territoire d’une nation pouvait-il bien être au sein du territoire d’une autre nation ? Quand vous comprenez que chaque aiguille de pin, chaque pierre, chaque grain de sable, sont sacrés, excluriez-vous l’être humain de cette sacralité ? C’était donc facile pour nous de partager cette partie de terre avec les autres et de commercer entre nous.

Chez les Indiens d’Amérique du Nord, le territoire de chaque nation ou sa patrie si on veut, était entouré d’un territoire partagé où vous pouviez rencontrer bien d’autres personnes. Si les jeunes gens dans ce territoire partagé démontrait un comportement déplacé ou violent, comme peuvent le faire parfois de jeunes gens dans une démonstration ou une compétition de bravoure ou d’athléticité et si quelqu’un venait à en mourir ou être blessé en résultat, cela ne causait pas une guerre. Comme cela est parfaitement commun parmi les peuples indigènes du monde, nous avions des mécanismes pour résoudre ce type de conflits entre les gens.

Nos désaccords entre nations indiennes étaient, des mots de Vine Deloria Jr., “largement réglés sans faire couler le sang.” Par exemple, la confédération des six nations iroquoises règlaient leurs disputes par une partie du jeu de Lacrosse. Les nations indiennes du sud avaient un jeu avec deux bâtons similaire au jeu de Lacrosse. Les Indiens de la région de l’Atlantique avaient un jeu ressemblant au football européen. Bien sûr ces jeux pouvaient être violents (NdT: comme la soule médiévale, ancêtre du rugby…), mais les disputes pouvaient être réglées sans que trop de sang ne coule. Les Maoris de Nouvelle-Zélande, qui tatouent leurs visages avec des figures très compliquées, règlaient leurs disputes par une compétition de grimaces horribles, leurs expressions faciales étant rendues encore plus féroces par leurs tatouages. Le vainqueur était celui qui parvenait à faire la plus horrible des expressions. Incidemment, la pire des insultes pour les Maoris et de rester impassible devant votre ennemi.

Les peuples indigènes s’amusent très souvent de ce que les anthropologues écrivent sur eux. Le plus souvent quoi qu’il en soit, ce qu’ils écrivent est tout simplement particulièrement énervant.

Je me suis rendu à une comvention de l’Association Américaine d’Archéologie, une convention de pilleurs de tombes somme toute, afin de défier leurs conclusions disant que les Indiens d’Amérique du Nord étaient des “sociétés guerrières”. Ainsi demandais-je à cette assemblée d’archéologues:

Dans toutes les tombes pré-colombiennes que vous avez pillées, avez-vous jamais trouvé une seule arme de guerre ? Si vous pouvez produire une arme de guerre provenant de quelque tombe que ce soit, je me suiciderai là maintenant devant vous sur cette estrade !

Ne pensez-vous pas que quelques uns de ces archéos auraient bien voulu me voir me buter moi-même là sur la scène ou auraient essayé de m’en décourager ? Quoi qu’il en soit, en tant qu’experts à piller les tombes, ils savaient parfaitement la différence entre l’alignement des plumes d’empennage par rapport à la pointe de la flèche de chasse qui servait à percer une cage thoracique ayant des côtes verticales et celui d’une flèche de guerre servant à percer une cage thoracique aux côtes horizontales, celle de l’humain. Ce type de flèche est communément trouvé dans les anciennes tombes européennes qu’ils pillent.

Quelle fut la réponse à mon défi de la part de cette assemblée de pilleurs de tombes ?

Un silence assourdissant…

3ème partie: “La véritable façon de chasser le bison des Indiens Lakota”, Russell Means, 2012

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Il est important de casser les mythes concernant nos chasses aux bisons et de décrire la façon dont nous chassions véritablement dans les temps anciens traditionnels. Il y avait bien moins de commotion et de drame que dans la version édulcorée de la culture populaire qui s’est insinuée dans l’inconscient social.

Les peintures de Remington et les autres portraits “artistiques” rendus dans des shows télévisés de la chasse au bison, où l’on voit des “Indiens sauvages” galopant à tout rompre sur leurs poneys le long de furieux bisons de près d’une tonne lancés au galop, tirant sans discontinuer des flèches dans les flancs de l’animal enragé, se doivent d’être démythifiés. Ceci est totalement irréaliste. La poursuite des bisons de cette manière nous mettrait nous et nos chevaux à très grands risques de mort ou de graves blessures. Il faut savoir que nous passons environ 8 ans à entraîner nos chevaux dès leur naissance, que nous bâtissons une relation très intime avec eux. Pour mettre ceci en termes compréhensibles par l’homme blanc, ceci reviendrait à lancer votre toute nouvelle BMW série 6 dans une course à travers la plaine, par dessus des cailloux et des collines, des fossées et possiblement d’une falaise. Simplement de notre façon de voir les choses, notre cheval est bien plus précieux pour nous qu’une BMW, le cheval est aussi notre meilleur ami. Nous n’exposerions jamais ni nos chevaux ni nous-mêmes à un tel risque inconsidéré.

En réalité, nous avons appris comment chasser le bison en regardant la façon de faire des coyotes. Les coyotes des plaines du nord sont bien plus petits que leurs cousins du désert, ce sont de petites créatures chétives de la taille d’un renard. Comment donc un animal si petit peut-il donc mettre à bas un animal de près d’une tonne ?

Les coyotes chassent le bison en le faisant tourner en rond jusqu’à épuisement total, ainsi il est bien plus facile à tuer. Alors nous faisons pareil. De cette façon, au moment où le bison est tué, il est épuisé et son sang a été bien absorbé par tous ses muscles. Ceci le rend bien plus facile à découper pour sa viande et à écorcher pour sa peau. La viande est gorgée et naturellement attendrie. Nous avons appris cela de la loi naturelle, en observant le coyote.

Il y a d’autres raisons pour chasser le bison dans le style du coyote. Les peintures faites par les visiteurs blancs comme Remington montrent un résultat sanglant et dramatique de l’après chasse, où la plaine est littéralement jonchée des cadavres de nombreux bison pour y être écorchés et découpés.

Cette image est un mensonge patenté. Une tonne de viande, un bison, peut nourrir beaucoup de personnes. Nous n’avions aucun système de réfrigération. Toute cette viande devait être séchée pour être conservée. Ainsi nous tuions un bison à la fois. C’est tout ce dont nous avions besoin. Si nous en tuions plus d’un, quelqu’un aurait dû transporter cette tonne de viande en plus de viande séchée jusqu’à ce que nous en ayions besoin. Pourquoi ne pas laisser le bison transporter lui-même sa tonne de viande jusqu’à la prochaine fois ?…

Nous ne chassions pas non plus les bisons sur des kilomètres et des kilomètres à travers la plaine, qui va aller tout là-bas dépecer la bête et ramener viande et peau et crâne, cornes, os etc… au village ? Rappelez-vous que nous utilisons tout dans le bison, rien n’est jeté. Nous ne chassons pas un troupeau entier de bisons pour les faire tomber en masse d’une falaise ; la façon dont Remington et d’autres ont dépeint ces scènes de chasse dans leurs fausses visions de carnage et de gaspillage n’a rien à voir avec la réalité. Par contre, cela avait tout à voir avec la façon dont les chasseurs blancs de bisons l’ont fait pendant des années, quand ils ont presque tué jusqu’au dernier bison des plaines et quand tout ce qu’ils se préoccupaient de récupérer des carcasses étaient les langues des animaux, laissant une tonne de viande pourrir sur place.

En 60 ans, l’homme blanc a exterminé 60 millions de bisons, d’après les recherches anthropologiques. Ceci veut dire 83 000 bisons tués par mois, environ 116 à l’heure, près de deux bisons par minute tués sur 60 ans !… Des gens riches de l’Est payaient pour des “parties de chasse” en train, où ils passaient très lentement à travers des troupeaux de bisons, ceux-ci faisant des cibles faciles, car ils n’avaient peur ni des trains ni du bruit, ni des coups de feu et ils tuaient autant de bisons qu’ils le pouvaient sans même se préoccuper de prélever quoi que ce soit des carcasses.

Nous les Indiens “primitifs” ne faisions qu’isoler un bison du troupeau, le chassions en rond pendant un moment dans le style du coyote jusqu’à ce qu’il soit plus facile à tuer et nous faisions cela le plus près possible du village pour nous éviter trop de peine de transport.

“Primitif” est une description qu’un indigène peut porter avec fièreté. Le mot primitif dérive de la racine latine “primus”, qui veut dire premier, originel… Appelez tout Indien traditionnel un “primitif né de nouveau”… il y a de grandes chances pour qu’on vous remercie du compliment…

= = =

Source:

“If you’ve forgotten the names of the clouds, you’ve lost your way”, Russell Means, Treaty Publications, Porcupine South Dakota, 2012

 

 

Le colonialisme et la falsification de l’histoire…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 3 septembre 2015 by Résistance 71

“L’historiographie dominante a durablement préféré aux sources originales et à l’indépendance financière de la recherche les “liens de confiance” avec le patronat, vainqueur par KO contre les classes dominées et avec le gouvernement à son service…

En moins de dix ans, au lieu de s’améliorer comme quelques signes le laissaient augurer au tournant du XXème siècle, la situation s’est détériorée à tous les niveaux. Quatre décennies de crise du capitalisme et d’affaiblissement des résistances de ses victimes ont gravement dégradé le statut de l’histoire en France (et ailleurs).”

~ Annie Lacroix-Riz, 2012 ~

 

Le colonialisme et la falsification de l’histoire (suite)

Le colonialisme et la falsification de l’histoire, suite 2

 

Colonialisme et la falsification voire l’invention de l’histoire

 

Résistance 71

 

3 Septembre 2015

 

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs” disait Robert Brasillach, “Aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur”, dit le proverbe africain et Honoré de Balzac nous disait: “Il y a deux histoires: l’histoire officielle, menteuse ; puis l’histoire secrète, où sont les véritable causes des évènements”.

Les exemples foisonnent, et en cela les médias alternatifs d’aujourd’hui sont peut-être les gardes-fou d’une plus grande objectivité historique pour les générations futures dans la mesure où ils essaient de rétablir la vérité de l’autre camp avant que la machine propagandiste coloniale ne s’empare et n’impose son narratif de manière définitive. L’internet et la communication instantanée possible aujourd’hui permet une véritable opposition des versions sur différents évènements historiques cruciaux pour l’avenir de l’humanité. Il a fallu la controverse internationale sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis pour qu’une masse d’information jusque là grandement ignorée du public au sujet des opérations fausse-bannière ou faux-drapeau, émerge au grand jour. Aujourd’hui, plus personne ne peut ignorer l’existence de ces opérations secrètes gouvernementales, qui de l’incendie de Rome par l’empereur Néron à l’utilisation d’armes chimiques à La Ghoutta en Syrie en passant par l’explosion de l’USS Maine à Cuba en 1898, l”incident frontalier” germano-polonais de 1939 déclenchant la seconde guerre mondiale et l’incendie du Reichstag de Berlin en 1933, pour n’en citer que quelques-uns, ont servi des agendas politiques peu avouables par les gouvernements en place.

Le fait est que l’histoire officielle est encadrée et que les rapports des historiens avec le milieu du pouvoir et de l‘argent sont des plus inquiétant puisqu’ils n’ont jamais été aussi solides qu’aujourd’hui comme le fait remarquer si justement l’historienne française Annie Lacroix-Riz: “Dans une atmosphère où le grand vainqueur actuel du combat entre forces opposées, “L’entreprise” incarne le modernisme, le mouvement, la réforme, voire la révolution et les ouvriers et leur mouvement, le conservatisme, l’opposition à la “réforme” proclamée indispensable, bref le musée ou le cimetière, des relations, nouvelles par leur ampleur, se sont nouées entre historiens professionnels et grande entreprise privée ou publique, industrielle ou financière…” N’oublions jamais que les sciences humaines dont l’histoire est au cœur, sont le moteur de la “science politique” et des études et des recherches s’y appliquant. Les intérêts du pouvoir et du système oligarchique à contrôler le narratif historique sont peut-être plus importants que jamais et nous vivons une époque de véritable lutte pour la vérité historique et le (ré)établissement d’un narratif équilibré. Ceci fait dire à juste titre à Annie Lacroix-Riz toujours: “Toute recherche historique doit être contrôlable par ses lecteurs, spécialistes ou non. Cet impératif, qui constitue un des fondements de la pratique historique, exclut l’octroi privilégié à des auteurs sélectionnés de sources non accessibles au commun des lecteurs.

Ainsi, le grand historien américain Howard Zinn bouleversa t’il le narratif du consensus du statu quo historico-politique lorsqu’il publia en 1980 son fameux ouvrage: “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours” (publié en français chez Agone). Dans ce volume de recherche, Zinn démonta un à un les grands mythes de la fondation et de l’évolution de cette “nation indispensable” que les Etats-Unis clâment être depuis toujours. Zinn commença avec un chapitre qui choqua dans ses tréfonds l’intelligentsia et l’inconscient populaire lorsqu’il démythifia et pulvérisa l’image du “grand découvreur” Christophe Colomb dans son premier chapitre: “Colomb, les Indiens et le progrès humain”. Au fur et à mesure de la lecture du livre, Zinn amèna au grand jour la mystification de l’histoire concernant la fondation et l’évolution de cette “nation” et son révisionnisme historique sur les grands et plus petits évènements de l’histoire des Etats-Unis sert toujours aujourd’hui à comprendre l’empire établi par cette seule “super-puissance” sur la base criminelle, raciste et génocidaire de la doctrine chrétienne de la découverte.

La mort controversée de George Armstrong Custer, un exemple classique de falsification historique coloniale

Nous avons choisi ici d’illustrer la manipulation voire la falsification de l’histoire en démontant un des mythes les plus vivaces ancré dans la culture populaire américaine et qui concerne la fameuse bataille de Little Big Horn, qui vit la mort d’un des soi-disant “héros” de l’Ouest américain (c’est du moins le narratif officiel), le colonel George Armstrong Custer et les hommes de son 7ème régiment de cavalerie, officiellement “massacrés” par une coalition des nations Sioux et Cheyenne.

Nous voyons déjà certains sourire et dire: “Pfff ! qu’est-ce qu’on en a à faire de çà ?… En quoi cela peut-il nous apporter quoi que ce soit dans le monde d’aujourd’hui ?…” Soit. Mais réfléchissons-y à deux fois, peut-être que cela nous aidera de savoir que cet “évènement historique” qui eu effectivement lieu les 25 et 26 Juin 1876 dans l’état du Montana, est le sujet qui a vu le plus de livres publiés aux Etats-Unis; qu’il y a eu plus de livres écrits sur Custer que sur Abraham Lincoln soi-même, ce qui n’est pas rien sachant l’importance qu’a Lincoln dans la culture populaire américaine, image qui fut rectifiée elle-aussi comme il se doit par Howard Zinn, mais ceci est un autre sujet…

Tout a été dit sur Little Big Horn et Custer, du moins le croit-on… La page Wikipedia, peu controversive, en met une longue couche:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Little_Big_Horn

Qu’en pensent les Indiens? Leur a t’on donné la chance d’exprimer leur version de l’affaire ? Après tout, il n’y a eu aucun survivant du dernier carré de Custer à Little Big Horn. Les seuls témoins occulaires à courte distance furent… les Indiens eux-mêmes.

Nous avons choisi de vous narrer la chose du point de vue de l’histoire orale des Lakota Sioux telle qu’elle fut racontée par des témoins occulaires et des participant(e)s à la “dernière résistance de George Armstrong Custer” et de ses hommes.

Cette narration se trouve dans le livre de Russel Means, grand activiste Lakota (1939-2012): “Where White Men Fear to Tread” (édition St Martin’s Griffin, 1995, pages 15 et 16).

Alors, est-ce la véritable histoire de la fin du “boucher des grandes plaines” qu’était Custer ? N’oublions pas une chose: les seuls véritables témoins occulaires de la fin de ce “dernier carré” de la bataille de Little Big Horn furent les Amérindiens… Laissons leur donc la parole en la personne d’un de leur plus grand activiste moderne Russell Means:

-[]- “Grand-maman Étoile Scintillante m’a aussi raconté quelque chose qu’elle avait entendu de sa propre mère et de son propre père: A la session “d’entraînement à la sensibilité” du 7ème de Cavalerie le long des rives de la rivière Greasy Grass en 1876, ce que les blancs appellent “la bataille de Little Big Horn”, George Armstrong Custer ne fut pas tué dans la bataille. Il se suicida, comme le firent bon nombre des soldats qu’il avait sous son commandement.

Voici ce qui se passa, expliqua grand-mère Étoile Scintillante. Custer était connu parmi les membres des alliés qui campaient le long de Greasy Grass. Ils le haïssaient et il n’était pas un ennemi méritant le respect. Custer avait bâti sa réputation dans la population blanche comme un “combattant d’Indiens”, avec des attaques furtives et lâches sur des villages essentiellement composés de femmes, d’enfants, de bébés et d’anciens. C’était un boucher et non pas un soldat. Les alliés Sioux (NdT: la grande nation Sioux est composée de plusieurs nations alliées comme les Lakota, Dakota, Yankton, Brûlés, Hunkpapa, Oglala etc…), les Cheyennes et les Arapahos, tous le considéraient comme un homme sans honneur. Lorsqu’il attaqua de folle manière ce qu’il pensait être des campements Lakota sans défense le long des rives de la rivière Greasy Grass, il se retrouva soudain faisant face à de nombreux hommes armés. Custer a dû être très choqué, parce qu’il savait qu’à l’encontre des Européens, les Indiens ne maintenaient pas d’armée sur pieds. Avant l’arrivée de l’homme blanc, nos conflits étaient brefs et souvent sans effusion de sang, ressemblant plus à un match de football américain moderne qu’aux guerres de conquête et d’annihilation européennes. Mes ancêtres trouvaient plus honorable d’aller frapper l’ennemi avec la main ou un long bâton sans le tuer. Cela s’appelait “compter les coups”.

Bon nombre des hommes de Custer étaient de jeunes recrues, immigrants polonais ou irlandais, ayant eu très peu de formation militaire. Un certain nombre d’entre eux pouvait à peine parler anglais. Beaucoup avaient bu. Lorsque les Lakota se rassemblèrent pour se défendre eux et leurs familles, beaucoup de ces soldats, peut-être par peur des tortures et mutilations en représailles de celles que tant de fois les soldats des régiments de cavalerie avaient infligé à leurs victimes indiennes, se suicidèrent.

Aucun Lakota ayant un respect de lui-même aurait voulu du déshonneur de tuer un asticot comme Custer, (je m’excuse ici auprès des asticots, mis sur cette planète par le grand mystère et qui ont un but et leur rôle à jouer dans le cycle de la vie…). Les Lakota allaient laisser partir Custer, le laisser retourner au sein de son peuple et souffrir la honte et l’humiliation pour le reste de sa vie, ce qu’il avait amplement mérité pour avoir massacré tant de femmes et d’enfants.

Des douzaines de femmes, la plupart armées avec ce qu’elles avaient pu trouver dans leur tipi, des outils et des ustensiles de cuisine, se mirent à courir en direction de Custer, criant, hurlant et gesticulant afin de le chasser. Grand-mère Étoile Scintillante me raconta que Custer se sauva un court moment, puis s’arrêta, se retourna et regarda la nuée de femmes se dirigeant vers lui, mis son révolver sur sa tête et se fit sauter la cervelle. Parce que personne ne voulut se salir les mains avec lui, les Lakota laissèrent son cadavre là où il était tombé.

Il n’y eu pas de survivants blancs de la dernière résistance de Custer le long de la rivière Greasy Grass et il n’y eut aucun témoin occulaire blanc de la mort de Custer. Lorsque quelques jours plus tard, les soldats américains récupérèrent son corps, ils donnèrent à l’événement la plus belle façade qu’ils purent à ce qu’ils trouvèrent.

Ils dirent alors que les Indiens avaient tant respecté Custer et pour éviter plus de souffrance à un homme mourant, ils lui donnèrent le coup de grâce et par ce même respect envers le grand soldat blanc, ils ne mutilèrent pas son corps.

Connerie absolue !

Ce n’est que lorsque je fus adulte que j’eus l’occasion de lire les compte-rendus des blancs sur la bataille de Little Big Horn. Grand-mère Étoile Scintillante a entendu l’histoire sur les genoux de sa mère, qui était une enfant sur les rives de la rivière Greasy Grass lorsque sa propre mère attrapa un ustensile de cuisine et courut pour humilier Custer.” -[]-

(Traduit de l’anglais par Résistance 71 )

La très vaste majorité des cultures indigènes du monde sont des cultures de traditions orales, c’est à dire que rien ne fut conservé par écrit, mais conservé par la tradition orale. Russell Means explique le consensus traditionnel des sociétés à culture orale: “Ironiquement, non seulement la créativité et l’expression souffrent lorsqu’un langage devient un langage écrit, mais cela devient aussi beaucoup facile de mentir. Lorsqu’une histoire ou un témoignage est écrit, l’histoire par exemple, cela devient la version acceptée de la vérité sans considération pour l’erreur ou la fausse information qui y sont consignées, ni même du niveau de partialité de la source. Les peuples qui vivent dans la tradition orale doivent se rappeler de ce qui a été dit et le meilleur moyen de le faire est sans conteste de dire la vérité. Les menteurs sont le plus souvent confondus parce que leurs histoires sont inconsistantes quand ils ne tirent pas leur narratif des mémoires véritables transmises, très fréquemment ils ne peuvent plus se rappeler ce qu’ils ont dit précédemment.. Mentir ne marche pas quand vous êtes face à face dans la tradition orale. Les écrivains en revanche, travaillant seuls, parfois même sous pseudonyme ou même anonymement ne peuvent pas être vraiment tenus pour responsable. Ils peuvent écrire ce qu’ils veulent sans aucune considération pour la vérité ou la justice.

Howard Zinn a suggéré d’approcher l’histoire du point de vue des victimes, des perdants des guerres, des opprimés, des petites gens, des citoyens du commun. Si nous voulons comprendre pourquoi le monde est ce qu’il est aujourd’hui et avoir une chance d’anticiper l’avenir et de contre-carrer le désir toujours plus hégémonique des “puissants”, nous devons connaître le passé, l’analyser sous le plus de coutures possibles, y déceler les falsifications et leur motif et les amener à la lumière du jour. Zinn disait: “si vous ne connaissez pas l’histoire, c’est comme si vous étiez né hier...” Combien d’entre nous sont donc “nés hier” ?… L’oligarchie en a parfaitement conscience depuis bien longtemps et elle dépense des milliards pour manipuler, falsifier l’histoire, qui avant de devenir “histoire” est “information” ne l’oublions jamais. Contrôler l’information, c’est contrôler, à terme, le narratif historique. Napoléon ne disait-il pas que “L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord.” Le pouvoir et les hommes/femmes qui l’exercent sont cyniques et corrompus.

Douter et rechercher, éclairer le passé pour comprendre le présent et anticiper l’avenir, est au bout du compte la seule chose lucide et utile à faire, parce que:

“Dans un monde de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.” (George Orwell)

Bibliographie:

Where White Men Fear to Tread, Means Russell, St Martin’s Griffin, 1995

Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, Zinn Howard, Agone, 2003

Howard Zinn on History, Seven Stories Press, 2001

L’histoire contemporaine sous influence, Lacroix-Riz Annie, Le Temps des Cerises, 2004

L’histoire contemporaine toujours sous influence, Lacroix-Riz Annie, Delga, Temps des Cerises, 2012

 

Résistance politique et de terrain: Le Hezbollah grande puissance selon Israël…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 mars 2015 by Résistance 71

“L’hégémonie américaine ne protège que l’autorité des leaders politiques qui sont complaisants avec les intérêts des Etats-Unis. Devant leur forte position internationale, les Etats-Unis sont capables de mettre en accusation quelque entité de leur choix, lançant des slogans suffisamment attractifs pour mettre en action une série de procédures visant à renverser des régimes, que ceux-ci soient effectivement coupables de ce qu’on leur reproche ou pas.”

“Étiqueter les mouvements de résistance qui luttent contre l’occupation au Liban et en Palestine comme ‘extrémistes’ simplement parce qu’ils luttent contre l’occupation menée par Israël n’est qu’un point de vue politique et non pas une description de la nature essentielle de tels mouvements. Une telle description politique n’a aucune signification car elle tombe dans le domaine de conflit d’intérêts et de divergences de valeurs… La fondation de base pour confronter le danger imminent israélien pourrait-être édicté comme suit: L’entité israélienne représente un grave danger pour la Palestine et pour la région entière, un danger qui se doit d’être contré, confronté et résisté. Tous les moyens doivent être employés pour faire face à ce danger et toute phase confrontationnelle sera forgée par ses besoins et les circonstances prévalentes. La base de tout est de refuser la ‘légitimité’ de l’occupation et d’adopter la persistance de la résistance comme pilier porteur. Il n’y a pas besoin de parler d’autres futures étapes.”

~ Naïm Qassem, secrétaire adjoint du Hezbollah, 2005 ~

 

Le Hezbollah est une des organisations les plus puissantes au monde (Rapport israélien)

 

Al Manar

 

24 mars 2015

 

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http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=226995

 

Selon le site israélien Walla,  un haut commandant de l’armée israélienne  , le général Guy Tzur, a  écrit : « le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a réussi à transformer son organisation en l’une des plus puissantes organisations dans le monde ».

Se réferant à des sources de la Division du renseignement militaire , il décrit «  sayyed Nasrallah comme  quelqu’un qui jouit non seulement de grandes connaissance  dans l’ Islam et dans le domaine sécuritaire,  mais tout autant en économie, dans le commerce et les marchés mondiaux, ce qui l’aide à gérer les actions du Hezbollah à travers le monde, notamment en Afrique et l’ Amérique du Sud ».

Et de souligner que « malgré la liquidation de ses haut fonctionnaires, comme Moughnieh, le Hezbollah a poursuivi son processus de renforcement de sa force militaire avec le soutien de l’Iran et de la Syrie ». Toujours selon le site israélien, un ancien officier supérieur de l’état-major général a déclaré que le Hezbollah est «une organisation très puissante du point de vue intellectuel, et donc si elle perd quelqu’un comme Moughnieh qui  a une grande influence, ses éléments  savent quoi faire et comment poursuivre leurs progrès dans la réalisation de leurs objectifs ».


Toujours selon le rapport, les éléments du Hezbollah sont très bien formés jouissant d’une forte expérience de combat, et d’une excellente maîtrise de soi ainsi qued’une technologie très avancée pour recueillir des informations.

Pour ce qui est des missiles antiaériens du Hezbollah, ce dernier possède des missiles Stinger, des missiles d’épaule de type « Strela » et  « Igla », ce qui peut représenter une menace réelle contre les hélicoptères israéliens. Sans compter plus de cent cinquante drones.
 
Le rapport n’a pas omis les  capacités marines du Hezbollah estimant qu’il dispose plus de 800 missiles sol-mer de type C, et exprime sa crainte qu’il ne possède les missiles avancés Yakhont. Citant un officier dans la marine,  le Hezbollah aurait établi  des tunnels d’eau grâce à des plongeurs bien entrainés.  

Selon les estimations de l’armée israélienne, le Hezbollah possède 700 missiles de longue portée; 5500 missiles de moyenne portée, et une centaine de milliers de missiles de courte portée sans compter plus de cent missiles de type Fateh.
 
Pour ce qui est du scénario d’une journée de confrontation avec le Hezbollah, l’armée israélienne estime que :

Un millier de missiles de courte portée sera lancé par jour.
Cinquante tirs de roquettes par jour pouvant atteindre 250 km.
10 missiles par jour capable d’atteindre Dimona.

Le rapport ajoute que le Hezbollah s’est investi dans l’amélioration des infrastructures et dans la construction de tunnels souterrains dans  160 villages chiites transformés en bases pour lancer des roquettes. 

Selon les estimations des experts, l’organisation compte aujourd’hui plus de 15 000 combattants et de réservistes. En outre, l’organisation met l’accent sur la construction d’une doctrine de combat capable de briser les défenses de l’armée israélienne en terre, mer, et air et même dans le monde de l’internet. De plus, le Hezbollah a réussi à construire un système de communication interne, qui ne peut pas être infiltré pour communiquer avec ses bases,  en plus d’ un système pour collecter des informations.

En revanche, le Hezbollah a deployé un système de surveillance le long de la frontière nord et utilise une technologie sophistiquée pour recueillir de l’information, certains fournis par l’Iran et d’autres de la Syrie. D’ailleurs, l’armée israélienne s’est plaint de cette technologie qui a été utilisé lors de l’opération contre le convoi Givati  dans les fermes de Chebaa, au mois de Janvier dernier.
 
Selon les sources de l’armée israélienne, cette technologie permet au Hezbollah d’enregistrer  toutes les activités de l’armée israélienne  près de la barrière frontalière et dans les bases. En outre, rien n ‘empêche le Hezbollah d’avoir des agents à l’intérieur d »Israël », qu’il a recruté au cours des dernières années, des gens ont été arrêtés ayant eu des  contacts avec l’organisation.

Enfin le rapport s’arrête sur les caractéristiques du Secrétaire général du Hezbollah, sayyed  Hassan Nasrallah qui connait bien  la société israélienne et  ses composantes et comment s’adresser au public israélien.