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Moyen-Orient guerre du gaz: Gaza, Chypre, Grèce, Italie, Qatar et entité sioniste

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Voir notre dossier “Syrie et la guerre du gaz” sur Résistance 71

 


Les 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière

 

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

 

Réseau Voltaire

 

25 novembre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204084.html

 

Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord. 

  •  L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas. 
  •  Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

=*=*=

Note de Résistance 71:

Rappelons ici que qui dit Qatar dit automatiquement Exxon-Mobil, un des 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière, représentant les intérêts de la famille Rockefeller.

Dans les années 1970, Exxon-Mobil (les Rockefeller) se sont offerts un pays: le Qatar, dont ils exploitent les ressources gazières. Les champs gaziers de cette région sont énormes et sont divisés entre le Qatar et… l’Iran. Inacceptable.

Autre petit rappel: en 2009, le président syrien Al Assad refuse au Qatar, donc à Exxon-Mobil, le droit de faire passer un gazoduc sur le territoire syrien pour ravitailler l’Europe via la Turquie et concurrencer les exportations de gaz russe vers l’UE. Moins de 2 ans plus tard en 2011, la Syrie est attaquée par proxy par les mercenaires des services impérialistes sionistes et “Assad doit partir” devient la litanie officielle.

Nous l’avons dit et publié il y a plusieurs années et le répétons: la guerre de Syrie, les diverses guerres tentés au Liban et à Gaza ont toutes la même origine: l’exploitation du gaz, qui devient le nouvel eldorado énergétique. Tout le reste n’est que poudre aux yeux et écran de fumée pour gogos naïfs.

 

Impérialisme au Moyen-Orient: Empire, maison des Saoud, Qatar, danse du sabre et diversion… (Pepe Escobar)

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… pour lever un coin du voile (sacrilège !?!…) sur ce qui se trame au Moyen-Orient. Inutile de dire que nous sommes plus proche de la version du Pepe Escobar ci-dessous de celle avancée par Meyssan, Quoi qu’il en soit, affaire à suivre.
Deux questions néanmoins: se pourrait-il que la maison Al-Thani se révolte contre ses maîtres d’Exxon-Mobil ? Nous ne le pensons pas mais la question se doit d’être posée. La seconde: verrions-nous une trame organisée par Exxon-Mobil pour se débarrasser des Al-Thani et réintégrer le Qatar dans l’Arabie Saoudite après la réalisation du gazoduc irano-qatari mentionné ci-dessous par le Pepe ?

~ Résistance 71 ~

 

La danse du sabre de Trump a déclenché la guerre des Wahhabites

 

Pepe Escobar

 

7 juin 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47202.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président américain Donald Trump ne pouvait pas pas prédire les effets de changement résultant de sa danse du sabre triomphale de Ryad. Ou le pouvait-il ? Le fait est que la maison des Saoud a pété les plombs, en un éclair, poursuivant le Qatar et torpillant de l’intérieur ce glorieux projet arabo-OTANesque, appelons-le  OTANCCG, qui fut célébré en grande pompe.

Un Trump tout excité a tweeté 3 fois son accord pour que Ryad poursuive Doha. Trump et l’OTANCCG avaient identifié Daesh et l’Iran comme “terroristes”. La maison des Saoud en a remis une couche et a dénoncé le Qatar pour être un des top sponsors du terrorisme, ce qui reviendrait à ce que Don Corleone accuse Tony Soprano d’être un mafieux…

C’est alors, que dans un renversement inattendu, Daesh, de manière bien utile, et graphiquement, souligna la stupidité cosmique de toute la farce, mettant en scène, ou du moins affirmant mettre en scène une attaque contre le parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeini à Téhéran.

L’émir du Qatar actuel, Tamim bin Hamad al Thani, maintenant “coupable” de ne pas avoir blâmer l’Iran comme étant la racine de tous les maux dans la péninsule arabe, va peut-être même suivre les pas de son propre père, Hamad, qui inventa le Qatar moderne et se renversa lui-même, sous pression saoudienne, en faveur de son fils donc en 2013.

Nous ne pouvons pas oublier que le prince saoudien Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, notoirement  ex-top façonneur, maître d’armes des djihadistes et “libérateur frustré de la Syrie”, avait fameusement décrit le Qatar comme une entité de “300 personnes et une chaîne de télé” [Al Jazeera].

Que se passe t’il donc dans ce marécage toxique des pétrodollars ?

La connexion Israël-Emirats Arabes Unis

Allons droit au but et établissons que la cannibalisation féroce intra-CCG n’a absolument rien à voir avec la guerre globale contre le terrorisme (GGCT).

Parmi un feu croisé massif de désinformation, une piste d’évidences pointe vers une stratégie concertée élaborée par le lobby israélien (au travers de la Fondation pour la Défense de la Démocratie. fondée, entre autres, par le très néfaste roi du casino (NdT: et financier de la campagne de Donald Trump) Sheldon Adelson, personnalité sulfureuse très proche de Bibi Netanyahou); des éléments nouveaux cons / sio-cons / neoliberal-cons et l’ambassadeur des Emitats Arabes Unis à Washington, Youssef al-Otaiba.

Des courriels fuités ont démontré comment Otaiba, largement idolâtré dans le milieu grâce à ses “largesses” et la très néoconservatrice Fondation pour la Défense de la Démocratie ont discuté des moyens de donner une leçon au Qatar pour son soutien au Hamas (NdT: pourtant une création originale du Mossad israélien, dont la branche militaire lui a manifestement échappée, quant à la branche politique, Khaled Mechaal après être parti de Syrie dans des conditions pour le moins controversées, s’est réfugié à… Doha, à quelques encablures de la plus grande base yankee du MO, vous avez dit bizarre ?…) et de ses politiques de manière générale non-agressives envers l’Iran. Otaiba est aussi proche de Jared Kushner (NdT: le beau-fils ulta-sioniste de Trump), ce qui expliquerait la réaction de Trump au Blitzkrieg anti-Qatar.

A l’encontre du Qatar, la maison des Saoud et les EAU sont à deux doigts d’établir des relations diplomatiques avec Israël, la condition sine qua non imposée par Washington pour insérér Israël dans un OTAN arabe anti-Iran guidée par Ryad.

Un précédent de 2014 offre une toile de fond additionnelle. Des agents du renseignement régional confirment à cette époque qu’il y avait des manœuvres militaire des Emirats par très loin de la frontière avec le Qatar, Londres et Paris par exemple, le savaient parfaitement.

Mais la tête de la maison des Saoud en charge à cette époque était feu le roi Abdullah, qui était en fait un apaiseur. Le coupeur de têtes en chef est maintenant le prince “guerrier” Mohamed bin Salman, alias MBS, chatte arrogante (NdT: le Pepe emploie ici le terme “twat” en anglais qui en argot, est une représentation des parties génitales féminines… notre traduction se rapproche au mieux de ce que veut dire Escobar et n’est pas de notre cru…), qui est déjà en train de misérablement perdre la guerre au Yémen, guerre menée au moyen de milliards de dollars d’armement britannique et américain et qui a provoqué une horrible crise humanitaire dans ce qui est la nation la plus pauvre de toute la région. C’est MBS qui a ordonné la diabolisation saoudienne du Qatar.

Laissez-moi descendre du train terroriste

L’abréviation “terra, terra. terra”, pour la maison des Saoud, s’applique essentiellement à l’accusation du Qatar supportant les mouvements de contestation chii’te dans l’Est de l’Arabie Saoudite. C’est ridicule, Doha n’a rien à voir là-dedans.

Puis, il y a l’accusation du Qatar soutenant les islamistes. Ce qui est exactement ce que de puissants mécènes saoudiens, bon nombre liés à la monarchie, font.

Doha soutient et pas qu’un peu, la confrérie des Frères Musulmans (NdT: récupérée et utilisée par les services britanniques depuis les années 1920…), ce qui n’a pas grand chose à voir avec al-Qaïda et / ou Daesh, et est détesté au plus haut point par Ryad et sa marionnette al-Sisi du Caire, qui ne survit que par les subsides saoudiens. Ce que de puissants mécènes qataris ont fait (jusqu’à 3 milliards de dollars) fut de soutenir Al Qaïda en Syrie, alias le Jabhat al-Nosra, que de très vastes secteurs nouveaux cons américains ont étiqueté comme “rebelles modérés”.

Dans le même temps, les Saoudiens soutenaient leurs propres djihadistes en Syrie et ailleurs. Wikileaks a prouvé sans équivoque comment “les donneurs en Arabie Saoudite constituent la source la plus signifiante du financement des groupes terroristes sunnites dans le monde”.

A part les problèmes et affaires complexes de rivalité tribale, le facteur religieux clef est que le Qatar, à l’encontre de l’Arabie Saoudite, est tolérant envers les non-salafistes, ou les salafistes “révolutionnaires” comme les Frères Musulmans, et n’essaie pas d’exporter mondialement sa version du Wahhabisme. A toute fin utile, les imams fondamentalistes hard-core saoudiens considèrent les Qataris comme des hérétiques (NdT: alors que de longue date, c’est le Wahhabisme qui a été déclaré hérétique par les “quatre écoles fondamentales de jurisprudence du sunnisme” – http://www.geopolitis.net/CONTRE-POUVOIRS/HERESIE%20WAHHABITE.pdf ~ ) ; comme s’ils étaient presque aussi mauvais que les “apostats” chi’ites…

Le schisme dans la pratique s’est transféré en une guerre par procuration en Libye par exemple. Doha soutient les milices islamiques de Misrata ainsi que celles fidèles au “Moufti du Qatar” Sadiq al-Ghariani Les EAU et l’Egypte soutiennent le général Khalifa Haftar, le chef de l’auto-proclamée Armée Nationale Libyenne (ANL).

C’est le gaz, le gaz, le gaz

Les agents de la désinformation des services saoudiens diffusent que “la Turquie et le Qatar sont les deux derniers états menés par les Frères Musulmans. Plus que probablement, le Qatar va faire l’expérience d’un changement de régime et arrêter d’être les financiers de toute sorte de chaos dans la région au service du Royaume-Uni et ceci inclut de jouer derrière la scène avec Téhéran.

Tout ceci n’est qu’un non-sens total de diversion. La réalité brute est que la maison des Saoud est absolument désespérée. Le prix du pétrole demeure bas à environ 50 US$ le baril. La monstrueuse OPA sur la compagnie saoudiene ARAMCO n’est plus que dans 12 mois. La maison des Saoud a besoin de bouger les marchés vers une hausse du prix du pétrole et ce par quelque moyen que ce soit, ultimatums et menaces de guerre inclus.

Une source du renseignement américain non-idéologique va plus loin, insistant sur le comment “La Turquie, l’Iran et la Russie se rapprochent de plus en plus. La question demeure de qui va contrôler les états du Golfe et le prix du pétrole, qui a été jusqu’ici manipulé afin de détruire la Russie. L’accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite est juste une amélioration mineure.

Donc, rien d’étonnant à ce que l’opacité demeure la norme, avec certains narratifs faisant diversion de la maison des Saoud et plaçant l’attention et les feux de la rampe sur l’Iran et maintenant aussi le Qatar.

Et puis il y a l’angle clef du pipelinistan, un mélange du comment le Qatar en tant que grosses puissance du gaz naturel emmerde immensément les membres de l’OPEP comme l’Arabie Saoudite et les Emitats Arabes Unis. Le Qatar est le plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). C’est ce qui lui a permis de façonner sa politique étrangère de manière complètement indépendante de la maison des Saoud. Ajoutez à cela que la fabuleuse richesse en gaz du Qatar provient de l’énorme champ gazier offshore du nord, qu’il partage avec l’Iran (qui contrôle ce qu’il appelle South Pars).

Il y a eu des spéculations, évidemment non confirmées par Téhéran et Doha, que l’Iran et le Qatar auraient atteint un accord sur le partage des droits d’un gazoduc allant du North Dome/South Pars vers la mer Méditerranée orientale en Syrie, aussi loin que Doha arrête de soutenir le front al-Nosra.

Si cela devait se produire, ceci signalerait la fermeture spectaculaire d’un des motifs clefs de la tragédie syrienne. (NdT: le Pepe se réfère à l’origine de la guerre par procuration en Syrie: le refus en 2009 par Bachar al-Assad de laisser passer un gazoduc qatari, donc d’Exxon-Mobil, à travers la Syrie… moins de 2 ans plus tard, l’attaque par proxy se produisait en Syrie pour procéder à un changement de régime et y mettre un régime marionnette de l’empire… C’est un échec cuisant jusqu’ici) l’administration Obama avait complètement approuvé un gazoduc allant du Qatar à la Turquie via l’Arabie Saoudite et la Syrie, ceci comme moyen d’essayer d’endommager les profits de Gazprom la russe. Cela a coûté bien des morts et une horrible destruction pour que Doha comprenne que Moscou ne le permettrait pas.

Ainsi, le pivot stratégique du Qatar vers la Russie, matérialisé par exemple par le fond d’investissement souverain du Qatar investissant 2,7 milliards de dollars dans Rosneft ; ceci pourrait bien être à moyen terme, une méthode bien plus tranquilos d’entrée du Qatar dans la connexion Russie-Iran-Syrie. Considérant que le Qatar héberge CENTCOM et est la QG d’Al-Udaïd, la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, ceci ne passe sans doute pas très bien au Pentagone (NdT: à moins, comme nous l’avons avancé, que tout ceci ne soit qu’une mascarade pour pièger l’Iran et la Russie par la bande, puisque le choc frontal ne marche pas…)

Aussi loin que soit concerné le jeu des Etats-Unis, il est terminalement naïf de croire que Washington n’aurait pas donné le feu vert à ses satrapes saoudiens de bousculer Doha.

Ajoutez à cela le Qatar qui ouvre le premier centre d’échange du Yuan chinois au MO, voilà quelque chose qui ne doit pas bien passer dans le gosier des maîtres de l’univers (NdT: encore une fois, à moins que tout cela ne soit bien planifié comme tel…). En parallèle, l’accord d’armement tant vanté de 100 milliards de dollars de Trump, annoncé par Ryad, a bien pu être mis en place en échange pour la maison des Saoud de retarder le plus longtemps possible les paiements des Chinois en Yuan pour leur pétrole, ce qui court-cicuiterait le pétrodollar.

Tisser des théories de la conspiration est une entreprise de l’ombre. Le “T. Rex” Tillerson connaît très bien le leadership qatari depuis ses beaux jours en tant que CEO d’Exxon-Mobil (NdT: nous avons dit et le répétons que le Qatar tel qu’il est, est une création d’Exxon-Mobil / intérêts Rockefeller et que rien ne se passe au Qatar sans l’aval d’Exxon-Mobil, de fait Exxon-Mobil possède le Qatar…) ; tout comme le général “chien fou” Mattis, ancien patron du CENTCOM. Observez-les bien, comment ils vont agir dans la suite des évènements dévoilera au moins quelques couches du théâtre d’ombre qui se déroule actuellement et voyons voir si la complète supercherie a plus de punch qu’un simple désespoir de la maison des Saoud.

Nouvel Ordre Mondial: du rififi chez les roitelets du Golfe… Un scenario primé à Cannes ?…

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Alors, l’hôpital qui se fout de la charité ou mise en scène de cinéma ? Nous l’avons dit auparavant, le Qatar est “propriété” d’Exxon-Mobil (intérêts Rockefeller), Tillerson, l’ex-CEO d’Exxon est le ministre des AE de Trump. Exxon-Mobil siège comme partenaires et actionnaires avec les aurtres “cavaliers du pétrole” au comité directeur d’ARAMCO, la compagnie pétrolière saoudienne. Rien ne se fait dans le Golfe sans le feu vert d’Exxon-Mobil et de la Royal Dutch-Shell c’est à dire des Rockefeller et des Rothschild. Le temps est-il venu pour l’empire de faire tomber les Al-Thani du Qatar et le reste des roitelets dégénérés et sanguinaires du Golfe par effet domino ? Est-ce une manœuvre concertée de protection de l’Arabie Saoudite ?…  Ou l’impensable: l’Arabie a t’elle déclaré la guerre à… Exxon-Mobil ? A suivre, car tout cela est plus que suspicieux vu les intérêts en jeu…

~ Résistance 71 ~

L’Arabie Saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar à cause de son “soutien au terrorisme”

Al Manar

5 juin 2017

url de l’article original en français:

http://french.almanar.com.lb/432925 

Ryad, Le Caire, Abou Dhabi et Manama ont rompu ce lundi avec le Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme », quinze jours après un voyage de Donald Trump en Arabie Saoudite.

Le Qatar, qui se targue de jouer un rôle régional et d’avoir été choisi pour organiser le Mondial-2022 de football, a également été exclu de la coalition militaire arabe qui mène une offensive continuelle contre le peuple yéménite.

Doha n’a pas immédiatement réagi à ces mesures. De Sydney, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a pressé les pays du Golfe de rester unis.

Il s’agit de la crise la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar). Trois de ces pays (Arabie, Emirats, Bahreïn), ainsi que l’Egypte, ont tour à tour annoncé lundi à l’aube la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de « soutien au terrorisme », y compris Al-Qaïda, le groupe Daech (EI) et la confrérie des Frères musulmans.

L’agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations diplomatiques et fermait ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar pour « protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l’extrémisme ».

« L’Arabie saoudite a pris cette mesure décisive en raison des sérieux abus des autorités de Doha tout au long des dernières années (…) pour inciter à la désobéissance et nuire à sa souveraineté », a déclaré un responsable saoudien.

« Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech et Al-Qaïda », a-t-il accusé.

Selon lui, Doha soutient aussi « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif (est) », où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu’à Bahreïn, où une protestation populaire est violemment réprimée par les autorités.

Redorer le blason

L’Arabie Saoudite, premier parrain des groupes terroristes wahhabites salafistes tels que Daech et al-Qaïda, tente de sortir de l’embarras depuis la multiplication des appels de l’Occident à la sanctionner et à cesser toute coopération avec elle, pour son fort soutien  au terrorisme mondial.

Un terrorisme qui frappe désormais les pays arabes et européens à la fois.

Riyad semble donc exploiter le différend avec le Qatar pour imputer exclusivement à ce pays la responsabilité de soutenir les groupes terroristes, dans le but de redorer son blason devant la communauté internationale.

 Doha dénonce une campagne

Le Qatar a accusé ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle et dénoncé comme « injustifiée » la rupture des relations diplomatiques.

Ces mesures sont « injustifiées » et « sans fondement », a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué.

Elles ont été prises « en coordination avec l’Egypte » et ont un « objectif clair: placer l’Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa

souveraineté » et est « totalement inacceptable », a-t-il ajouté.

Exprimant « son profond regret et sa surprise », le ministère qatari a dénoncé « une campagne hostile, fondée sur des mensonges (…) témoignant d’une

préméditation à nuire à l’Etat » du Qatar.

Le Qatar, membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), « respecte la souveraineté des autres Etats, n’interfère pas dans les affaires d’autrui,

comme il lutte contre le terrorisme et l’extrémisme », a ajouté le ministère des Affaires étrangères.

Le Qatar « entreprendra les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives d’affecter sa population et son économie », a-t-il précisé.  Le ministère se réfère aux incidences attendues de la fermeture des frontières terrestres et maritimes, et de l’espace aérien par ses trois voisins.

La coalition militaire arabe, intervenant depuis plus de deux ans au Yémen sous commandement saoudien, a aussi décidé d’exclure le Qatar de cette alliance.

Dans un communiqué, la coalition indique que le Qatar soutient « le terrorisme », citant notamment Al-Qaïda et l’EI, bien implantés au Yémen, mais aussi les combattants pro-iraniens Houthis !

Au Caire, l’Egypte a également annoncé la rupture de ses liens avec le Qatar.  Le Caire a « décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l’Etat du Qatar qui insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis de l’Egypte », a indiqué le ministère des Affaires étrangères égyptien. Le communiqué annonce aussi la fermeture des frontières « aériennes et maritimes » avec le Qatar.

Bahreïn et les Emirats arabes unis ont aussi rompu tout rapport avec Doha.

Les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans le Golfe.  Ces développements sont intervenus alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victime de « hackers » ayant publié sur le site internet de l’agence de presse officielle QNA de « faux propos attribués à l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ».

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être « le fer de lance du terrorisme ».

Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l’administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l’étranger, avait été couronnée par la signature d’un accord sur « une vision stratégique » pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Les chiens de l’empire: pour en finir avec les Al-Saoud…

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Pour en finir aussi avec nos États criminels soutenant ces monarchies rétrogrades et sanguinaires du Golfe, avec nos politiciens corrompus, vendus, achetés, puis jetés après emploi, avec l’asservissement forcé du peuple français aux diktats des émirats du Golfe par le truchement d’investissements de ces derniers dans les campagnes politiques et les entreprises du CAC40. Pour en finir avec l’impérialisme occidental qui met en place et utilise les pires dictateurs pour maintenir son emprise et hégémonie mondiale.

— Résistance 71 —

 

Régime saoudien ou la kleptocratie en décomposition

 

Georges Stanechy

 

14 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2016/01/regime-saoudien-kleptocratie-en-decomposition.html

 

A coups de sabre, dans la même journée, les bourreaux du régime saoudien ont tranché la tête de 47 condamnés à mort.

Pourquoi s’en offusquer ?… Pratique favorite de notre allié et ami, dira-t-on.

C’est ainsi que personne ne s’en est ému sous nos latitudes. Même pas nos zélés barytons et cantatrices des Droits de l’Homme. Laissant les protestations aux habitants de la région qui se sentiraient concernés…

Protestations et agitations n’ont pas manqué. Aussi bruyantes que violentes. Sur fond de gesticulations et ruptures diplomatiques musclées. Jusqu’à incendier ou bombarder des ambassades : saoudienne à Téhéran, iranienne à Sanaa au Yémen, etc. (2)

Nous savons que nos « démocraties » soutiennent sans faille cette tyrannie moyenâgeuse. Depuis sa création artificielle. « Ex nihilo », comme on disait dans le temps : à partir de rien… Notre propagande, devant ce qui commençait à faire désordre pour l’image de ce clan familial despotique, ne cesse donc de se répandre en doctes explications. Tentant de nous convaincre, combien ce ramassis de « princes », aussi sanguinaires que dépravés, agit selon les normes internationales en vigueur et dans la juste défense de ses légitimes intérêts.

Autrement dit, pour ne rien changer, voulant nous faire prendre un grille-pain à manivelle pour une imprimante laser.

D’après nos propagandistes, l’Arabie saoudite serait ainsi une puissance régionale en mesure de rivaliser dans une guerre à l’encontre de l’Iran… Ou encore, dans une martiale posture d’égal à égal vis-à-vis de son partenaire US, souhaitant assumer un rôle historique dans le destin, ou le « reformatage », de la région. Et, cerise sur le gateau de l’imposture : exerçant un magistère religieux sur l’ensemble des musulmans sunnites. Face aux méchants chiites, dans une guerre religieuse comparable à celle que notre continent a connue entre catholiques et protestants. Et, blablabla…

De quoi rire de ce charlatanisme informationnel, si le contexte n’était aussi dramatique…

Pour remettre les pendules à l’heure, et garder en mémoire que l’Arabie Saoudite n’est qu’un décor en carton-pâte animé par des polichinelles dont les ficelles sont tirées par les occidentaux, rappelons quelques points clés :

  1. Guillotiner l’Abbé Pierre ou Jaurès

Parmi ces suppliciés, figurait un éminent religieux musulman d’obédience chiite, Nimr al-Nimr, accusé de « sédition » par les dirigeants saoudiens. Argumentaire complaisamment relayé par notre industrie de la désinformation en Occident, pour justifier cette exécution. Qui n’est, en fait, que l’assassinat d’un opposant, pacifique, non violent, mais redoutable pour les despotes en place par son influence morale et politique.

Exemple : Euronews (3). N’hésitant pas, en copié-collé de la rhétorique de l’extrême-droite US, à caricaturer, ou à noircir, cette personnalité aimée et respectée, pour son intelligence et son courage mais aussi pour sa quiétude et sa compassion, en employant tous les qualificatifs mensongers possibles. Jusqu’à le faire passer pour un fanatique agitateur à la solde de l’Iran… :
« … défendait la cause chiite… prêchant en 2011 en faveur d’une sécession de l’est de l’Arabie Saoudite et de sa fusion avec le royaume proche de Bahreïn, alors en ébullition, etc. ».

Ce qui est faux.

Dans la sphère francophone, un des rares portraits sérieusement documenté sur Nimr al-Nimr, a été esquissé par Salah Lamrani dans un article où il cite les passages essentiels de son célèbre discours du 7 octobre 2011, à la suite duquel il a été emprisonné et sauvagement torturé. (4) Si atrocement que les « autorités » ont refusé de rendre le corps à la famille. Certains « milieux bien informés » affirment qu’il serait, en fait, mort sous la torture…

Nimr al-Nimr était saoudien. Il n’avait même pas la double nationalité iranienne. Il n’a jamais prêché la sédition, n’a jamais prôné la séparation de sa province natale, Qatif, avec le reste du pays.

Rappelons que Qatif est située sur les rives du Golfe Persique, dans une province qui contient les plus grandes réserves de pétrole de l’Arabie Saoudite. Les chiites y sont persécutés par la minorité wahhabite au pouvoir (et non pas la majorité  sunnite), exclus en grande partie de tout emploi, notamment des postes de responsabilité, dans la fonction publique, les forces armées, et les sociétés pétrolières. Au point même qu’il est toujours refusé, à Qatif, la création d’une université, entre autres mesures de persécution, d’humiliation et d’oppression.

Nimr al-Nimr n’a, encore moins, encouragé la violence. Au contraire, sachant que le régime n’attend que ce prétexte pour déchaîner sa terreur.

Avec calme, une impressionnante sérénité, il dénonçait les atteintes systématiques à la dignité humaine, par ce régime policier, clan mafieux et « hyperviolent » au pouvoir, notamment l’emprisonnement arbitraire et la torture. Contre l’injustice sociale et économique. Rejoignant ces grandes figures courageuses, à l’exceptionnelle force morale, que nos sociétés de brutes génèrent, heureusement, de temps en temps : un Abbé Pierre ou un Jaurès en France, un Gandhi en Inde…

Son prestige était considérable, tant en Arabie Saoudite, que dans les autres pays du Golfe Persique et au-delà. Jusqu’au Pakistan, ou en Indonésie. Dans toutes les communautés musulmanes écrasées de spoliation, par des régimes corrompus au service de la prédation  des pays occidentaux.

Ce qui devenait intolérable pour les despotes saoudiens et leurs protecteurs occidentaux. Entendre les revendications présentées par Nimr al-Nimr les faisait trembler de rage :

« Nous avons trois revendications essentielles :

–  des réformes politiques dans le sens de plus de liberté et de dignité pour le peuple,

–  la libération des prisonniers politiques arrêtés pour leur simple participation à des manifestations, dont certains sont emprisonnés depuis plus de 16 ans,

–  et la fin de la répression au Bahreïn. »  (5)

D’autant plus qu’il les présentait non seulement au nom de la communauté chiite persécutée, mais aussi au nom de la majorité sunnite spoliée des richesses du pays par les « princes » wahhabites :

« Qui a prétendu que les chiites sont les seuls à être opprimés ?
Devrions-nous nous taire parce que nous ne sommes pas les seules victimes des arrestations et de la répression ?
Mais c’est pire encore ! En quoi cela serait-il une excuse (pour le régime) ?
Devrions-nous tolérer qu’ils arrêtent (injustement) des sunnites ? Sur quelle base ? Pourquoi arrêtent-ils ces milliers de personnes (sunnites et chiites) ?
Nous sommes tous victimes (de ce régime). Où est l’argent, où sont les milliards ?
Le chômage, l’emprisonnement, le dénuement touchent toute la population… Nous continuerons à réclamer les droits de tous les opprimés. » (6)

Que l’on comprenne bien le symbole et sa portée.

Que l’on mesure, par la même occasion, l’étendue du cynisme et de l’ignominie de nos gouvernements, avec leurs médias. Complices. Seuls, ceux « achetés », soudoyés, corrompus, par l’argent saoudien peuvent défendre, soutenir, promouvoir, un régime aussi abject.

Trancher la tête de Nimr al-Nimr c’est guillotiner l’Abbé Pierre ou Jaurès, pour « terrorisme » et « sédition »…

  1. Une Chevauchée de Pillards

Les Saoud forment un clan familial, adepte de ce type de violence depuis des décennies. Ils se sont emparés de l’Arabie, qu’ils considèrent comme leur propriété familiale, par la sauvagerie. Ils la conservent par la terreur.

Bédouins du désert du Nejd, haut plateau quasi désertique, au centre de la péninsule arabique, hormis quelques oasis. Pendant des siècles la région était relativement prospère grâce à l’important trafic caravanier qui la traversait à longueur d’année. Le développement du transport maritime et la découverte de nouveaux continents provoquèrent, progressivement, la disparition de ce fructueux transport terrestre.

L’Histoire en témoigne… Le Prophète Mohamed (Mahomet, pour les ringards) trouva son premier CDI de l’époque dans une de ces florissantes sociétés de transport et de commerce caravaniers, dont le siège social était à La Mecque et le PDG une femme : Khadija Bint Khuwaylid… Elle devint sa  première épouse (en 595), sa première disciple dès le début de sa prédication, lui donna six enfants, et le laissa veuf après 25 ans de vie commune.

Pour compenser la perte de leurs ressources, les bédouins prirent pour habitude d’effecteur des raids, assortis de massacres et de pillages sur les oasis et les ports de la région. Divisés en clans rivaux, aussi mafieux que sanguinaires, ils s’entretuaient à intervalles réguliers pour la répartition des zones de pillage. L’Empire Ottoman occupa les côtes, succédant aux Portugais dans le Golfe Persique, et contint, tant bien que mal, ces pillards à l’intérieur du Nejd ; qui ne l’intéressait pas du fait de sa configuration désertique et son manque de ressources.

Le clivage, ou l’inconscient collectif, entre des bédouins incultes, vivant en vase clos, dans la frugalité et la violence du désert, et les populations côtières du Golfe Persique ouvertes au monde extérieur, aux fructueux échanges avec d’autres nations, marque fortement l’évolution historique de la péninsule arabique. Souvent d’intrépides navigateurs, leurs habitants ouvrirent des comptoirs sur toutes les côtes de l’Océan indien. Comme Oman, avec son implantation à Zanzibar ; carrefour de son commerce d’épices, le clou de girofle en particulier.

En 1727, les Saoud réussirent enfin à exterminer les clans rivaux et devenir seuls maîtres des lieux. Dariya, près de la capitale actuelle Riyad, devint leur fief.  Pressentant le déclin de l’empire Ottoman, les Saoud décidèrent de prendre sa place en Arabie. Cette expansion à partir du désert du Nejd ne pouvait se justifier, comme toute conquête, qu’habillée d’une idéologie.

Un prédicateur illuminé, ou un tartufe sans foi ni loi assurent certains, Mohammed ben Abdelwahhab, la leur fournit sur un plateau : « le retour » à une pratique « fondamentaliste » de l’Islam. Où puritanisme, rigorisme, farouche opposition à toute innovation ou réflexion, forment une bouillie similaire à celle du prêcheur dominicain  Savonarole, qui plongea Florence dans la terreur au XV° siècle…

Ainsi fut créé le « Wahhabisme », par une alliance officielle avec les Saoud en 1744. Secte ultraviolente, qui devint la religion officielle du régime, n’ayant qu’un lointain rapport avec l’Islam vécu par ses deux grandes obédiences : Sunnisme et Chiisme. (7)

Les Ottoman, en difficulté, donnant la priorité à leurs intérêts en méditerranée et sur le continent européen, allégeaient leurs garnisons dans le Golfe Persique, laissant des cités quasiment sans défense, du fait qu’ils interdisaient aux populations locales d’avoir équipement et entraînement militaires. Tendance qui s’accéléra avec leur rapide déclin au début du XX° siècle.

Aidés des britanniques « par l’odeur du pétrole alléchés« , ce fut alors la ruée des Saoud prônant « l’union de l’Arabie », dans une sauvagerie indescriptible. Destinée à épouvanter ceux qui prétendraient résister. Des villes entières ont été pillées, les hommes massacrés, femmes et enfants emmenés en esclavage, comme à Taëf au Hedjaz en 1803.

Entre 1901 et 1932, outre 40.000 exécutions publiques et 350.000 amputations, cette « réunification » aurait provoqué au moins 500.000 morts ; chiffre plus que considérable, pour des régions faiblement peuplées. (8)

Suite à cette avalanche de sang et d’horreurs, l’union de l’Arabie est réalisée. Prenant le nom du clan Saoud, pour bien officialiser « l’acte de propriété » de la possession familiale, « l’Arabie Saoudite » est fondée le 22 septembre 1932, avec pour premier roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud ; plus connu sous le nom Ibn Saoud.

  1. La Caverne d’Ali Baba des Ferrailleurs

Au XX° siècle, on assistait donc à la création d’une féroce féodalité architecturée sur un clan familial et une théocratie. Constituée dans la terreur et la spoliation des ressources du pays,  au seul profit d’une famille. Sur fond d’effondrement de l’Empire Ottoman, dépecé par les puissances victorieuses de la 1ere guerre mondiale ; les Turcs ayant eu la malencontreuse idée de s’allier aux Allemands.

Ce fut le Traité de Sèvres du 10 août 1920, révisé par le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. La Grande-Bretagne prenait l’Irak et ses champs de pétrole, la Jordanie et la Palestine. Les autres champs pétrolifères du Golfe Persique, sous l’administration directe des compagnies pétrolières anglo-américaines, étaient érigés en protectorats de micro-Etats artificiellement créés, dont « l’indépendance théorique » fut tardive : Koweït (19 juin 1961), Bahreïn (15 août 1971), Qatar (3 septembre 1971), Emirats Arabes Unis (2 décembre 1971).

Pas de pétrole pour la France, les britanniques s’y opposant habilement, mais un lot de consolation : la « Grande Syrie » dont la province la plus riche, à l’époque, était le Liban !… De quoi satisfaire l’ego déjanté de nos traîneurs de sabre se prenant pour des Templiers, au temps des Croisades…

Dans ce contexte, le Régime Saoudien ne pouvait monopoliser à son seul avantage les colossales richesses pétrolières de la région dont il s’était emparé par la force. Une telle aberration historique et géopolitique n’avait de chance de survie que si elle s’intégrait dans un rapport mafieux multinational.

Tout comme le « silence », une « protection » s’achète. D’ordinaire, quelle que soit la nature du « trafic », spoliation criminelle, ou source de revenu facile, une mafia locale ou internationale l’assure. L’essentiel étant que tout le monde y trouve son compte.

Grosso modo, le modèle économique ou le « business plan » mafieux s’appliquant à « une boutique » ou à un « business » (suivant les cas : armes, drogue, voitures volées, discothèque, contrebande, prostitution, blanchiment d’argent, évasion fiscale, exploitations minières clandestines, et autres « fontaines à cash »…) repose sur une répartition égale des revenus. En trois volets : 1/3 pour les poches du tenancier de la boutique, 1/3 pour le fonctionnement de la boutique et 1/3 pour les protecteurs de la boutique.

Les rapports internationaux, les occupations de pays par des puissances étrangères, sont régis par cette règle. Souvent, si ce n’est « toujours », avec l’aide d’authentiques mafieux.

Un exemple ?…

Lisez le livre passionnant (20 ans de recherches…) de David Kaplan et Alec Dubro, « Yakuza – La Mafia Japonaise » : l’occupation américaine au Japon et en Corée du Sud s’est réalisée en étroite collaboration avec les mafias locales. Dont les représentants sont au pouvoir… Tout particulièrement, dans le cadre de la Guerre Froide, pour briser grèves, revendications sociales et exigences d’élections libres (non truquées…), etc. (9)

Cette « protection » fut instaurée le 14 février 1945, sous forme d’un accord entre les USA et les Saoud, connu sous le nom de Pacte du Quincy. La Grande-Bretagne, affaiblie par la deuxième guerre mondiale, empêtrée dans les problèmes de liquidation de son Empire, avec le soulèvement de l’Inde, leur avait passé la main sur l’Arabie Saoudite.

Officiellement, il s’agissait de l’échange d’une protection militaire des occidentaux, et plus particulièrement des USA, contre un « accès » aux immenses ressources pétrolières  du pays.

En fait, cette « protection-racket » avait des ramifications, un engrenage, une finalité, beaucoup plus complexes et profonds, en termes géopolitiques pour la région que le simple prétexte énoncé. L’observation des évolutions socio-économiques, depuis la signature de cet accord, en éclaire les composantes réelles. Car, la stratégie des occidentaux était rigoureusement circonscrite.

Une comparaison, pour comprendre les subtilités de cette mécanique…

A la suite de leur échec pour s’emparer de la Corée du nord, au lendemain de la 2eme guerre mondiale, les USA avaient décidé d’ériger la Corée du sud en vitrine du merveilleux « Libéralisme Economique ». Face, non seulement, à la Corée du nord, mais surtout à la Chine de Mao. Les Philippines, par exemple, trop éloignées du balcon chinois, n’ont pas eu ce privilège et sont restés plongées dans la misère, en dépit de ce même « Libéralisme Economique » qui en assure la gestion depuis des siècles…

La Corée du sud (aujourd’hui 50 millions d’habitants), entièrement détruite à la fin de la guerre dite « de Corée » en 1953, sans aucune ressource au départ, devint en peu de temps, grâce à des investissements massifs, un géant, un « dragon », de la croissance économique. Rien à voir avec la vulgate destinée aux imbéciles heureux croyant en la miraculeuse « main invisible du marché et de l’esprit d’entreprise »…

D’abord dans l’industrie lourde : sidérurgie, construction automobile, énormes chantiers navals (1er rang mondial pour la construction navale), tout particulièrement. Ensuite, dans les nouvelles technologies : électronique grand public, informatique, télécommunications, etc.

Pas question d’appliquer ce modèle pour le Moyen-Orient !…

Au contraire, l’objectif premier était qu’aucune puissance industrielle, économique, technologique, et donc militaire, ne puisse émerger ; et, affirmer potentiellement la moindre velléité d’indépendance par rapport au projet colonial occidental. Les énormes flux financiers, générés par l’exploitation du sous-sol de l’Arabie, ne devaient surtout pas être réinvestis dans la région.

En conséquence, le Pacte du Quincy s’articulait sur l’instauration d’un modèle de « Non Développement » au Moyen-Orient.

Amplifié par d’incessantes opérations de « déstabilisation », de guerres suscitées, civiles ou entre voisins, voire de « chaos » entretenus. Un des effets collatéraux majeur, et voulu, étant d’en « casser » la croissance démographique. Le tout camouflé, ou justifié, sur le plan idéologique, par une propagande systématique, méthodique, permanente, centrée sur « l’islamophobie ».

De fait, en contrepartie de la protection militaire des USA et de leur suzeraineté sur l’Arabie Saoudite, les engagements réciproques deviennent évidents. Une dizaine peuvent être recensés, parmi les fondamentaux :

  1. i) Mise à disposition de l’intégralité des ressources en hydrocarbures du pays au profit des compagnies pétrolières américaines, et accessoirement d’autres intervenants agréés par les USA : quantités à extraire, à stocker, à commercialiser (ventes obligatoirement en dollars); fixation des cours selon les intérêts stratégiques occidentaux (variable d’ajustement pour contrer ceux de la Russie ou de la Chine, etc.).
  2. ii) Affectation des recettes du pétrole, en priorité, dans le circuit financier occidental (pétrodollars) : investissements, selon les exigences du moment, sur les marchés boursiers, Bons du Trésor, placements immobiliers, marchés de l’Art et du Luxe, en général.

iii)  Limitation des investissements dans le pays aux infrastructures d’extraction, de transport et d’expédition des hydrocarbures ; de leur gestion et de leur maintenance. Industries locales strictement limitées aux productions agro-alimentaires.

  1. iv) Interdiction de tout investissement dans les pays de la région pouvant contribuer à la création d’une industrie « lourde » (« industrialisante », dans le jargon économiste) ou de transformation, au développement d’activités de recherches ou industrielles dans les hautes technologies.
  1. v) Les USA, et leurs auxiliaires, s’interdisent toute immixtion dans les affaires intérieures du régime. Acceptant ainsi un totalitarisme officiel : aucun système électoral, ni parti politique, ni presse indépendante, ni liberté d’opinion et d’expression.
  2. vi) Les USA, et leurs auxiliaires, déterminent la politique et les relations extérieures de l’Arabie Saoudite, tant commerciales que diplomatiques.

vii)  Hors « police politique ou religieuse » intérieure, tous les services spéciaux, ainsi que les forces armées dans leur ensemble avec leurs budgets, sont supervisés et encadrés par les USA.

viii)  L’Arabie Saoudite met à la disposition des services spéciaux des USA, sur simple notification, les fonds nécessaires à toutes opérations spéciales dans la région.

  1. ix) L’Arabie Saoudite s’engage à participer, sous forme financière principalement, aux opérations de déstabilisation ou de renversement des « régimes » dans la région, décidées par les USA et leurs auxiliaires.
  2. x) Les achats annuels de la défense nationale de l’Arabie Saoudite sous forme d’armes et d’équipements, terrestres, maritimes et aéronautiques, seront effectués selon les programmes élaborés par les USA, y compris les quotas alloués à leurs auxiliaires. Avec interdiction de la création d’une industrie autonome, ou nationale, d’armement.

Mission accomplie…

Les Saoud ont financé avec application, détermination, tous les « chaos » possibles dans les pays musulmans ; jusqu’au Pakistan et en Indonésie.

Leur servilité à l’égard de l’Occident, tout spécialement de l’extrême-droite américaine raciste et colonialiste, et leur capacité de nuisance ont parfaitemment réussi : en termes de puissance industrielle, technologique et commerciale, exception faite de l’Iran, le Moyen-Orient n’arrive pas à la cheville de la Corée du sud…

Pour compenser cette réalité, reste le « shopping » des gadgets militaires !…

Le Régime Saoudien empile donc les armements par milliards de dollars, à ne plus savoir qu’en faire. Une fois le suzerain rassasié, ce sont ses auxiliaires qui viennent faire la queue pour recevoir leur obole, sous forme de contrats d’armement  en milliards de dollars (avec pour objectif primordial : les royales « commissions » dans les paradis fiscaux pour nos marchands de canon, financiers et politiciens…), ajustée selon les injonctions du maître.

D’après les chiffres officiels, l’Arabie Saoudite dépense annuellement entre 80 et 100 milliards de dollars en contrats d’armement. Pour ce pays de 30 millions d’habitants, cela représente le budget annuel de la Russie. Ou, plus des 2/3 du budget militaire de la Chine (216,4 $ US milliards en 2014) avec ses 1,4 milliards d’habitants. En pourcentage du PIB par habitant, il représente le plus important du monde : 10,4 %, contre 2,06 % pour la Chine (source SIPRI).

Quand on sait que ce régime, détesté de son peuple, à l’exemple des autres pétromonarchies, ne fait appel, à part les hommes de son clan, qu’à des mercenaires pour tous les postes de responsabilité de ses forces armées, y compris les pilotes de ses avions de combat…

Les Saoud, une force militaire, une « grande puissance » régionale, le « leadership » du Moyen-Orient ?…

N’importe quoi.

Des sybarites avachis sur un tas de ferraille.

  1. La Tartuferie Fanatisée

Détestés de leur peuple, les Saoud sont tout autant méprisés par l’ensemble des musulmans dans le monde, arabes et non arabes, Sunnites et Chiites. Sans exception.

Le wahhabisme, qu’ils ont imposé en tant que religion officielle de l’Arabie Saoudite n’est qu’une dérive sectaire, obscurantiste, de l’Islam. Tout musulman « authentique » la rejette sans hésitation.

La propagande internationale qu’ils financent, et les prêcheurs qu’ils achètent, en déversant des dizaines de millions de dollars, veulent faire croire qu’ils représentent le Sunnisme ; la majorité des musulmans dont ils assureraient la protection et l’autorité religieuse, le magistère. Le chercheur britannique Charles Allen estime que les Saoud ont investi, depuis 1979, plus de 70 milliards de dollars dans la diffusion de cette arnaque. (10)

Opération de désinformation similaire à celle constatée, à plus petite échelle, pour le bouddhisme : médias et officines de Relations Publiques s’acharnant à nous présenter le Dalaï-lama en « pape » de cette religion. Alors qu’il n’est reconnu que par, tout au plus, un minuscule 1% des bouddhistes de la planète…

Les musulmans rejettent la tartuferie fanatisée de cette « petite caste aux dents longues, avide et vorace », pour paraphraser Frantz Fanon (11), aux portefeuilles boursiers équivalents aux PNB de dizaines de pays, aux multiples résidences en forme de palais, se vautrant dans les plus grands yachts du monde.

Deux fourberies, tragiques, colossales, perverses, ne leur sont pas, et ne leur seront jamais, pardonnées par les croyants musulmans, et même par les non musulmans :

=>   La Destruction des Lieux Saints de l’Islam

S’autoproclamant « Gardiens des Lieux Saints de l’Islam« , les Saoud n’ont cessé au contraire de les détruire et supprimer depuis des années. A croire qu’ils agissent docilement sur injonction des pires paranoïaques « islamophobes » de l’extrême-droite US, et occidentale en général, tellement le niveau de dévastation est sidérant…

Entre 1985 et 2014, plus de 98% des sites et vestiges historiques, remontant à la fondation de l’Islam et de ce fait appartenant au patrimoine de  l’Humanité, ont été rasés !… (12)

Dans le silence de « La Communauté Internationale »… L’UNESCO, luxueuse organisation de l’ONU habituellement si vigilante sur la préservation des patrimoines culturels sur la planète, garde son bec hermétiquement clos…

Ces centaines de destructions de sites liés à « l’Islam précoce » sont accomplies au nom de la « pureté » de la religion. (13) En fait, pour de sordides opérations immobilières de luxe, permettant de mirobolantes plus-values pour leurs promoteurs.

Un ravage dans les villes saintes de La Mecque et de Médine : mosquées des premiers temps de l’Islam, tombes ou mausolées des disciples et compagnons du Prophète, cimetières des premières communautés musulmanes, maisons natales des proches du Prophète, etc.

Quelques exemples : la maison historique de l’oncle du Prophète, appelé Hamza (au rôle fondamental lors des premiers temps difficiles de l’Islam), a été passée au bulldozer pour construire un hôtel. Un autre hôtel (Hilton) a été construit sur l‘emplacement de la maison du premier, et vénéré, calife Abou Bakr. La maison de la première épouse du Prophète que j’ai évoquée, Khadija, a été détruite pour y construire des toilettes publiques… (14)

Liste interminable…

Atterrant. Dans cette folie destructrice, figurent en « projet » tous les vestiges et lieux liés au Prophète lui-même…

Le site le plus saint de l’Islam, la Kaaba, est à présent surplombé d’un des ensembles de gratte-ciels les plus hauts du monde, dont le Mecca Royal Clock Tower (601 mètres de haut). Avec 5 étages de galeries marchandes, hôtels et résidences de grand luxe, garages, parkings, etc.

Illustration des délires du « puritanisme religieux »…

Ou, de la tartuferie en béton d’une bande de voyous.

=>  L’incitation à la guerre religieuse entre Sunnites et Chiites

Comment considérer une seule seconde que ces Saoud soient des musulmans ?…

  1. Jarman l’a courageusement (son livre édité n’a trouvé en France aucune librairie pour le proposer à la vente…) écrit  (15) :

« Les wahhabites sont à la fois une dynastie théocratique et une secte politico-religieuse. Pour eux « la raison d’État » l’emporte sur le Livre d’Allah et la Tradition de Son Prophète, cela quel que soit le nombre et l’herméneutique des versets dénigrant leur comportement, le nombre et le degré de fiabilité des hadiths les contredisant ».

Non seulement ils trahissent, détruisent, les fondements de la religion, mais ils se positionnent au cœur, par leur capacité de financement, d’une opération de manipulation d’ampleur considérable. Au coût humain et psychologique effroyable.

Un des axes majeurs de la propagande occidentale pour assurer sa mainmise coloniale sur le Moyen-Orient est, dans une stratégie plus globale du « chaos » organisé et entretenu avec changement de régime, la création artificielle d’un conflit entre Sunnites et Chiites. Leurs services spéciaux faisant sauter des mosquées ou lieux de pèlerinage, fréquentés par l’une et l’autre obédience, pour attiser des conflits interreligieux. Comme on le constate en Irak et en Syrie. Collatéralement, les différentes communautés chrétiennes sont elles-mêmes l’enjeu de ces opérations spéciales et criminelles.

Or, sunnites et chiites se rejoignent dans le respect des croyances de chacun, comme le font protestants et catholiques sur d’autres continents. Tous, rejetant cette propagande mensongère, organisée par les occidentaux, assortie de tueries et de massacres par leurs commandos, et financée par les Saoud.

Retenons deux témoignages, sur des milliers. Qui, bien entendu, ne sont jamais portés à la connaissance des opinions publiques occidentales.

En premier, écoutons, avec respect et émotion, les propos du saoudien Chiite Nimr al-Nimr avant sa décapitation, s’adressant aux Saoud (16) :
 « Nous ne voyons aucun problème entre les sunnites ou les chiites, entre les différents pays sunnites et l’Iran.

Le seul problème c’est vous, et vous vous moquez du monde [en instrumentalisant cette prétendue rivalité sectaire].
Il n’y a pas de problèmes entre les sunnites et les chiites, ce ne sont que des mensonges et des falsifications dont vous vous servez pour tromper les ignorants d’entre vos partisans et les brutes qui se prétendent ‘salafistes’ :

– les ‘salafistes’ de Nayef,

– les ‘salafistes’ des Saoud, qui n’accordent aucune considération à la religion,

– le ‘salafisme’ qui se base sur le meurtre, le viol de l’honneur, la trahison, le collaborationnisme avec les Etats-Unis, tel est leur ‘salafisme’.

Tels sont les Saoud. »

Le deuxième, une des grandes autorités religieuses Sunnite, mondialement connu (vivant actuellement en Malaisie, auteur de nombreux ouvrages il participe à des conférences dans de multiples pays), Imran Nazar Hosein.

Cette sommité de l’Islam, qui n’hésite pas à dénoncer le manque de courage des  « notables musulmans » en Occident tétanisés de peur face aux campagnes islamophobes, a toujours dénoncé la manipulation d’un conflit entre Chiites et Sunnites, et œuvré en permanence pour un renforcement de leur solidarité face à l’obscurantisme de la secte wahhabite.

Dans une vidéo (minute 6.23), il le déclare avec force en parlant des Saoud (17) :
« Ils sont des traîtres.

Ils sont des traîtres envers l’Islam.

Je suis impatient de voir le jour où ils retourneront à la poubelle (garbage bin) d’où ils n’auraient jamais dû sortir. »

Le « Régime Saoudien » ?… Une kleptocratie en décomposition.

Mais, « avant de regarder la paille dans l’œil du voisin« …

Somme toute : ce régime, aussi sanguinaire que dépravé, n’est-il pas, en miroir, dans un « qui se ressemble s’assemble« , le reflet de nos propres oligarchies prédatrices et liberticides en Occident ?…

Notes:

  1. Léon-Gontran Damas, « Pigments« , Présence Africaine, 1962, pp. 39-40
  2. En bombardant l’ambassade d’Iran à Sanaa (capitale du Yémen), les avions de la « coalition saoudienne » (les pilotes sont tous des mercenaires), qui dévastent le Yémen depuis près de 10 mois, ont pratiqué la même méthode que l’OTAN bombardant l’ambassade de Chine à Belgrade ; lors du chaos organisé pour provoquer l’éclatement de la Yougoslavie…
  3. Chiites et Sunnite, iraniens et Saoudiens : la fracture, Euronews, 5 janvier 2016,
https://fr.news.yahoo.com/video/chiites-et-sunnites-iraniens-et-185455606.html
  4. Salah Lamrani, Exécution de Nimr al-Nimr, Arabie Saoudite et Iran : conflits religieux ou politiques ?, 4 janvier 2016,
http://sayed7asan.blogspot.fr/2016/01/execution-dun-clerc-chiite-en-arabie.html
  5. Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  6. Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  7. Pour ceux qui voudraient franchir le barrage de la désinformation ambiante répandue par les charlatans de « l’arc chiite contre l’arc sunnite », et comprendre ce qu’est le Chiisme (des abrutis, autoproclamés « islamologues » dans nos médias, vont jusqu’à prétendre que « le Chiisme n’a rien à voir avec l’Islam »…), je recommande la lecture de l’ouvrage fondamental du philosophe Henry Corbin (il l’a étudié pendant 40 ans…) publiée en 4 volumes :
En Islam Iranien: aspects spirituels et philosophiques, Gallimard, 1978, 2e édition.
  8. Laurent Murawiec, L’Arabie saoudite : un businesse familial, L’Histoire, n° 286, avril 2004, pp. 18-19.
  9. David Kaplan & Alec Dubro, Yakuza – La Mafia Japonaise, Editions Philippe Picquier, 2002.
  10. Pierre Bouvier, Aimé Césaire & Frantz Fanon – Portraits de Décolonisés, Editions Les Belles Lettres, 2010, p. 180.
  11. Carla Power, Saudi Arabia Bulldozes over its Heritage, Time, 14 novembre 2014,
http://time.com/3584585/saudi-arabia-bulldozes-over-its-heritage/
  12. Destruction de sites liés à l’Islam précoce, https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_li%C3%A9s_%C3%A0_l’Islam_pr%C3%A9coce
  13. Ziauddin Sardar, The Destruction of Mecca, The New York Times, 30 septembre 2014,
http://www.nytimes.com/2014/10/01/opinion/the-destruction-of-mecca.html?_r=0
  14. M. Jarman, La vérité sur les salafites depuis Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb à Nâsir ad-Dîn al-Albânî, Conseil Islamique de France C.I.S, (122 pages), téléchargeable gratuitement en format pdf :
https://ecolehanafite.files.wordpress.com/2015/02/at-tawhid-net-la-verite_sur_les_salafites-derniere-version.pdf
  15.  Nimr al-Nimr, discours du 7 octobre 2011, in Salah Lamrani, Op. Cit.
  16. Imran Hosein, vidéo / Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=eulfGcEeS_4, mn 6.23

Guerres impérialistes: L’empire se débarrasse d’un allié encombrant ayant rempli ses fonctions…

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Vers l’effondrement de l’Arabie Saoudite

 

Thierry Meyssan

 

11 Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article189835.html

 

Alors que les Saoud jouissent des derniers moments de leur dictature, la décapitation du chef de son opposition, Nimr al-Nimr, prive la moitié de la population saoudienne de tout espoir. Pour Thierry Meyssan, la chute du royaume est devenue inévitable. Elle devrait s’accompagner d’une longue période d’extrême violence.

En un an, le nouveau roi d’Arabie, Salmane, 25e fils du fondateur de la dynastie, est parvenu à consolider son autorité personnelle au détriment des autres branches de sa famille, dont le clan du prince Bandar ben Sultan et celui de l’ancien roi Abdallah. Cependant, on ignore ce que Washington a promis aux perdants afin qu’ils n’entreprennent rien pour récupérer leur pouvoir perdu. Quoi qu’il en soit, des lettres anonymes, parues dans la presse britannique, permettent de penser qu’ils n’ont pas abandonné leurs ambitions.

Contraint par ses frères de nommer comme héritier le prince Mohamad ben Nayef, le roi Salmane l’a rapidement isolé et a limité ses compétences au profit de son propre fils, le prince Mohammed ben Salmane, dont l’impulsivité et la brutalité ne sont pas tempérées par le Conseil de famille qui ne se réunit plus. De facto, c’est désormais lui et son père qui gouvernent seuls, en autocrates, sans aucun contre-pouvoir dans un pays qui n’a jamais élu de Parlement et où les partis politiques sont interdits.

Ainsi a-t-on vu le prince Mohammed ben Salmane prendre la présidence du Conseil pour les Affaires économiques et le Développement, imposer une nouvelle direction au Ben Laden Group et s’emparer de l’Aramco. Chaque fois, il s’agit pour lui d’écarter ses cousins et de placer des hommes liges à la tête des grandes sociétés du royaume.

=*=

Le cheikh al-Nimr décrivait ainsi la vie des chiites en Arabie saoudite : « Du moment où vous êtes né, vous êtes entouré par la peur, l’intimidation, la persécution et les abus. Nous sommes nés dans une atmosphère d’intimidation. Nous craignions même les murs. Qui d’entre nous n’est pas familier avec l’intimidation et de l’injustice à laquelle nous avons été soumis dans ce pays ? Je suis âgé de 55 ans, plus d’un demi-siècle. Depuis le jour où je suis né jusqu’à aujourd’hui, je ne me suis jamais senti en sécurité dans ce pays. Vous êtes toujours accusé de quelque chose. Vous êtes toujours sous la menace. Le directeur de la Sûreté de l’État l’a admis devant moi. Il m’a dit quand je fus arrêté : “Vous tous, chiites, vous devriez être tués”. Voilà leur logique. »

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En matière de politique intérieure, le régime ne repose que sur la moitié de la population sunnite ou wahhabite, et discrimine l’autre moitié de la population. Le prince Mohammed ben Salmane a conseillé à son père de faire décapiter le cheikh Nimr Baqir al-Nimr parce qu’il avait osé le défier. En d’autres termes, l’État a condamné à mort et exécuté le principal chef de son opposition dont le seul crime est d’avoir formulé et répété le slogan : « Le despotisme est illégitime ». Le fait que ce leader ait été un cheikh chiite ne fait que renforcer le sentiment d’apartheid des non-sunnites, qui sont interdits d’éducation religieuse, et qui sont tous interdits d’entrée dans la fonction publique. Quant aux non-musulmans, soit un tiers de la population, ils ne sont pas autorisés à pratiquer leur religion et ne peuvent pas espérer recevoir la nationalité saoudienne.

Au plan international, le prince Mohammed et son père le roi Salmane mènent une politique fondée sur les tribus bédouines du royaume. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de comprendre à la fois la poursuite du financement des Talibans afghans et du Courant du Futur libanais, la répression saoudienne contre la Révolution au Bahreïn, le soutien aux jihadistes en Syrie et en Irak, l’invasion du Yémen. Toujours, les Saoud soutiennent des sunnites —qu’ils considèrent comme les plus proches de leur wahhabisme d’État—, non pas contre les seuls chiites duodécimans, mais d’abord contre les sunnites éclairés, puis contre toutes les autres religions (ismaéliens, zaydites, alévis, alaouites, druzes, sikhs, catholiques, orthodoxes, sabatééns, yazidis, zoroastriens, hindous, etc.). Surtout, dans tous les cas, ils soutiennent exclusivement des leaders issus des grandes tribus sunnites saoudiennes.

Au passage, on notera que l’exécution du cheikh al-Nimr suit l’annonce de la création d’une vaste Coalition anti-terroriste de 34 États autour de Riyad. Sachant que le supplicié, qui a toujours récusé l’usage de la violence, a été condamné à mort pour « terrorisme » (sic), on doit comprendre que cette Coalition est en réalité une alliance sunnite contre les autres religions.

Le prince Mohammed a pris sur lui de lancer la guerre au Yémen, prétendument pour secourir le président Abd Rabbo Mansour Hadi, renversé par une alliance entre les Houthis et l’armée de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, en réalité pour s’emparer des champs de pétrole et les exploiter avec Israël. Comme on pouvait le prévoir, la guerre tourne mal et les insurgés lancent des incursions en Arabie saoudite où l’armée se débande, abandonnant son matériel.

L’Arabie saoudite est donc le seul État au monde propriété d’un seul homme, gouverné par cet autocrate et son fils, refusant tout débat idéologique, ne tolérant aucune forme d’opposition, et n’acceptant que la vassalité tribale. Ce qui a été longtemps considéré comme des résidus du passé appelés à s’adapter au monde moderne s’est donc sclérosé jusqu’à devenir l’identité même d’un royaume anachronique.

La chute de la Maison des Saoud pourrait être provoquée par la baisse des cours du pétrole. Incapable de réformer son train de vie, le royaume emprunte à tout va, de sorte que, selon les analystes financiers, il devrait tomber en faillite d’ici deux ans. La vente partielle de l’Aramco pourrait accorder une prolongation à cette agonie, mais elle se fera au prix d’une perte d’autonomie.

La décapitation du cheikh al-Nimr aura été le caprice de trop. La chute est désormais inévitable en Arabie parce qu’il n’y a plus aucun espoir pour ceux qui y vivent. Le pays se trouvera alors précipité dans un mélange de révoltes tribales et de révolutions sociales qui sera bien plus meurtrier que les conflits proche-orientaux précédents.

Loin de s’opposer à cette fin tragique, les protecteurs états-uniens du royaume l’attendent avec impatience. Ils ne cessent de célébrer la « sagesse » du prince Mohammed comme pour l’encourager à plus d’erreurs. Déjà en septembre 2001, le Comité des chefs d’état-major travaillait sur une carte de remodelage du « Moyen-Orient élargi » qui prévoyait la partition du pays en cinq États. Tandis qu’en juillet 2002, Washington envisageait la manière de se débarrasser des Saoud, lors d’une célèbre séance du Defense Policy Board. Désormais, ce n’est plus qu’une question de temps.

À retenir : 
 Les États-Unis sont parvenus à régler la question de la succession du roi Abdallah, mais poussent aujourd’hui l’Arabie saoudite à la faute. Leur objectif est désormais de diviser le pays en cinq.

Le wahhabisme est religion d’État, mais les Saoud s’appuient à l’intérieur et à l’extérieur sur les seules tribus sunnites et tiennent les autres populations en apartheid.

Le roi Salmane (80 ans) laisse l’exercice du pouvoir à l’un de ses enfants, le prince Mohammed (30 ans). Celui-ci s’est emparé des grandes sociétés du pays, a déclaré la guerre au Yémen, et vient de faire exécuter le chef de son opposition, cheikh al-Nimr.

Ingérence et financement terroriste en Syrie: Le Qatar donne 20 millions de dollars au Front Al-Nousra (Al Qaïda)…

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Allez hop… Faut aller bombarder illico le Qatar !… Comment ? Le Qatar c’est Exxon-Mobil et la famille Rockefeller qui s’est payée un pays comme la France en son temps avec la Gabon sous la coupe Elf (aujourd’hui Total)… Le Qatar/Exxon-Mobil/Rockefeller financent le terrorisme… On laisse pisser ?…

Bon tant pis.

— Résistance 71 —

 

Le Qatar donne 20 millions de dollars d’aide financière au Front Al Nousra (Al Qaïda)

 

Press TV

 

24 Septembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2014/09/24/379810/qatar-gives-20m-to-nusra-front/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~





Le Qatar a donné 20 millions de dollars en aide financière au Front Al-Nousra affilié avec AQ, qui combat contre le gouvernement syrien du président Bachar Al-Assad et qui a pris des parties des territoires syriens occupés par Israël que constituent les plateaux du Golan.

Ceci pendant que plus tôt en Septembre, l’émir du Qatar Tamim Bin Hamad Al Thani a dit pendant une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel, que son pays ne soutenait pas les militants takfiristes en Syrie et en Irak.

“Le Qatar ne finance pas et n’a jamais financé de groupes terroristes”, a dit l’émir qatari.

L’assistance financière qatarie au groupe terroriste survient durant la campagne américaine au sujet de la guerre contre le terrorisme.

Lundi soir, le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby a dit dans une déclaration que l’armée américaine et des “forces de nations partenaires étaient en train de prendre des mesures militaires contre… des terroristes en Syrie utilisant des attaques combinées par bombardiers et missiles Tomahwak mer-sol”. Les frappes auxquelles il se référait ont été intentées sans aucun consentement de l’ONU.

Washington a soutenu des groupes militants terroristes opérant contre le gouvernement syrien depuis Mars 2011, lorsque l’insurrection soutenue par des forces étrangères a commencé en Syrie.

Beaucoup de terroristes se sont entraînés avec la CIA en Jordanie. Les groupes militants ont aussi été armés avec des armes sophistiquées.

D’après certains rapports, mis à part le Qatar, les autres alliés régionaux des puissances occidentales, spécifiquement l’Arabie Saoudite et la Turquie, soutiennent également le combat des takfiristes contre le gouvernement syrien.

Guerre impérialiste en Syrie: Le terrorisme d’état américano-franco-saoudo-turc se recentre contre la Russie…

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 13 mai 2014 by Résistance 71

Très intéressante analyse de Thierry Meyssan sur l’évolution de la guerre par proxy en Syrie et une étonnante conclusion sur le rôle à venir de l’Iran. Nous émettrons quelques réserves là-dessus… Une chose semble évidente à la lueur de la crise ukrainienne provoquée: La « fin proche » de a guerre en Syrie va permettre un reciblage des terroristes formés et financés par la CIA, MI6, DGSE, Mossad et Arabie Saoudite, CCG contre la Russie via l’Ukraine, qui va devenir semble t’il la nouvelle Syrie. A suivre…

— Résistance 71 —

 

La libération de Homs début de la fin de la guerre d’agression contre la Syrie

 

Thierry Meyssan

 

12 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article183707.html

 

La libération de Homs, troisième ville de la République arabe syrienne, n’est pas un événement parmi d’autres dans la guerre que livrent l’Otan et le CCG à la Syrie. Pour Thierry Meyssan, l’accord survenu entre la République et ses agresseurs laisse entrevoir une rapide sortie de la guerre. Il s’accompagnera probablement d’une redistribution des rôles régionaux.

Les événements se suivent et se contredisent en Syrie. Alors qu’au début de l’année, Washington souriait en parrainant l’organisation de la conférence de paix de Genève 2, il la sabotait par derrière et cédait à toutes les demandes saoudiennes. La guerre semblait donc devoir durer tant que les États de l’Otan et du CCG la financeraient. Pourtant, secrètement, depuis deux mois, des négociations de paix avancent à l’initiative de l’Iran. Elles ont porté leur premier fruit avec la libération de Homs qui pourrait marquer le début de la fin de cette guerre d’agression.

Pour comprendre, il convient de se remémorer le discours officiel et de replacer dans cette chronologie les signes des négociations qui se déroulaient alors. Ce sera aussi l’occasion pour moi de corriger des propos précédents qui ne pouvaient être complets du fait du secret de ces pourparlers.

Quatre mois de la guerre contre la Syrie

Début janvier, Washington a déterminé sa stratégie pour la Syrie. Le président Obama a réuni en secret le Congrès et a fait voter le financement de la guerre jusqu’à la fin de l’année fiscale, c’est-à-dire jusqu’en septembre. Cette procédure inhabituelle et indigne d’un État prétendument démocratique a été cachée au public états-unien et ne nous est connue que par une dépêche de l’agence britannique Reuters [1]. Les Parlementaires ont autorisé la livraison d’armes aux groupes « d’opposition modérée », sans identifier ces fameux groupes puisque sur le terrain tous les groupes d’opposition armée, sans aucune exception, se livrent à des atrocités au nom de leur vision de l’islam [2].

Au même moment, le prince Bandar Ben Sultan, chef incontesté d’Al-Qaïda depuis l’été 2001 et conseiller de sécurité nationale saoudien était hospitalisé aux États-Unis. La rumeur se répandit que le roi Abdallah le mettrait en disgrâce à l’issue de la période de six mois qui lui avait été attribuée pour renverser Bachar el-Assad.

En Turquie, la Justice tenta d’établir la manière dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan faisait parvenir de l’argent détourné à Al-Qaïda. Elle mit en cause l’IHH, l’association humanitaire des Frères musulmans [3].

Puis, les États-Unis sabotèrent la conférence de paix de Genève qu’ils co-sponsorisaient avec la Russie. John Kerry faisait annuler par Ban Ki-moon, la veille de la réunion, l’invitation déjà dûment adressée à l’Iran. Il présentait une délégation dite de « l’opposition syrienne » qui se limitait aux seuls membres de la Coalition nationale, c’est-à-dire exclusivement aux collaborateurs de l’Arabie saoudite. Durant son discours introductif, il ressassait la pire propagande de guerre, décrivant le déclenchement d’une « révolution » après les tortures qui auraient été infligées à des adolescents à Deraa ou encore évoquant des « rapports horribles » sur des tortures et des milliers d’exécutions [4].

La conférence de Genève ne fut donc qu’un dialogue de sourds entre une délégation nationale syrienne exigeant comme préalable la condamnation du terrorisme en application des résolutions de l’Onu et une délégation pro-saoudienne l’accablant d’accusations fantaisistes. Étrangement les débats se crispèrent autour d’un point apparemment très secondaire : le sort des habitants du vieux Homs. Plusieurs localités dans le pays et plusieurs endroits de Homs étaient assiégés par l’armée nationale, mais les pro-Saoudiens voulaient absolument que les organisations humanitaires puissent entrer dans le seul vieux Homs.

Le 15 février, le représentant spécial de Ban Ki-moon et de Nabil el-Arabi, Lakhdar Brahimi, constatant que la République arabe syrienne ne plierait pas car le rapport de force sur le terrain lui était largement favorable, suspendit les négociations sine die [5].

Durant les trois semaines de cette conférence, les États-Unis avaient par ailleurs pris l’initiative de dialoguer avec leurs amis saoudiens, puis en Pologne avec leurs alliés européens, pour les inciter à prendre des mesures pour se protéger du retour des jihadistes. Le 6 février, le secrétaire à la Sécurité de la Patrie, Jeh Johnson, avait expliqué à ses homologues que la paix était proche et que les occidentaux partis faire le Jihad en Syrie reviendraient ivres de sang commettre des crimes en Europe et aux USA [6]. Le premier État à obéir fut l’Arabie saoudite qui prohiba par décret de participer au jihad sous peine de 4 à 20 ans de prison, puis ce fut au tour de la France, qui adopta un vaste plan anti-jihadistes, le 23 avril. À cette occasion, on distribua à la presse de fausses statistiques annonçant qu’environ 10 000 occidentaux et 5 000 arabes se battaient en Syrie, alors que Lakhdar Brahimi parlait l’année précédente de 40 000 combattants étrangers et que des militaires syriens en évoquaient 120 000.

Peu après le lancement de cette campagne, l’Union européenne confisqua les avoirs syriens qu’elle avait gelés, prétendument pour financer la destruction des armes chimiques et contrairement à une résolution de l’OIAC qui précise l’incapacité financière de la Syrie pour payer ces destructions et crée un fonds international spécial pour s’y substituer [7].

Toutes ces manœuvres furent discutées par Washington avec ses alliés lors d’une réunion secrète du Conseil US de sécurité nationale et des chefs des services secrets européens à la Maison-Blanche que révéla le Washington Post [8].

Au plan militaire, l’Arabie saoudite négocia un cessez-le-feu entre les groupes armés qui se livraient une terrible guerre par simple concurrence [9]. Cet accord ne tint pas longtemps et les combats reprirent rapidement de plus belle. Cependant, son existence même confirma que le royaume saoudien était devenu la seule entité capable d’être obéie par « l’opposition armée ». En outre, on apprit au passage que l’ÉIIL était directement commandé par le prince Abdul Rahman al-Faiçal, frère du ministre des Affaires étrangères [10].

Le 22 février, les occidentaux firent adopter une résolution par le Conseil de sécurité de l’Onu sur l’aide humanitaire en Syrie. Comme l’a souligné l’ambassadeur Churkin, celle-ci venait après de nombreuses tentatives d’utiliser cette aide pour renverser le régime. En réalité seul 7 % des fonds nécessaires ont été réunis pour cette aide qui reste distribuée aux trois quarts par la République arabe syrienne et pour un quart seulement par les agences de l’Onu. Cependant, dans la pratique, cette résolution n’étant pas respectée par les groupes de l’opposition armée, elle revient à interdire à la seule République d’assiéger les zones qu’ils contrôlent [11].

Le 27 février, le ton monte entre l’Arabie saoudite et le Qatar à propos des Frères musulmans. Riyad pose des exigences et commandite un attentat à Doha [12].

C’est alors que commencèrent les contacts secrets sur la libération du vieux Homs.

À la mi-mars, le nouvel ambassadeur des États-Unis pour la Syrie, Daniel Rubinstein, ordonna la fermeture des représentations consulaires syriennes dans son pays [13]. Puis, à l’occasion de la visite à la Maison-Blanche du président de la Coalition nationale, il annonça la reconnaissance diplomatique de ce groupe d’opposition pro-saoudienne, sans pour autant mettre fin aux relations diplomatiques dans les instances internationales avec la République arabe syrienne [14].

Le 21 mars, l’armée turque —membre de l’Otan— entra en territoire syrien pour y accompagner de nouveaux jihadistes et prendre la ville de Kassab [15]. Alors que l’armée syrienne tentait de sauver la population arménienne de la ville et bombardait les jihadistes, les Turcs abattirent un avion syrien [16]. L’Arménie et tous les États membres de l’OTSC protestèrent en vain contre ce qui ressemblait à une poursuite du massacre des Arméniens par les Jeunes Turcs en 1915. Interpellés par la délégation russe au Conseil de sécurité, les occidentaux refusèrent de condamner cette violation de la souveraineté syrienne par un État membre de l’Otan [17].

Fin mars, l’Arabie saoudite et le Qatar conclurent un accord. Doha cessera doucement son soutien aux Frères musulmans dont les leaders étrangers sont priés un à un de quitter l’Émirat. Leurs représentants seront écartés de la Coalition nationale syrienne. Pour restaurer son image, le Qatar envisage de créer une nouvelle chaîne de télévision qui adoucirait l’image d’Al-Jazeera.

Le 3 avril, les 11 membres survivants des Amis de la Syrie se prononcent contre le principe d’une élection présidentielle en Syrie. Ils réaffirment que c’est à eux, à travers des négociations, et non aux Syriens de choisir démocratiquement leur avenir [18].

Le 16 avril, le prince Bandar ben Sultan est officiellement relevé de ses fonctions aussi bien de conseiller de sécurité nationale que de chef des services secrets saoudiens [19]. Pour l’évincer, le roi Abdallah a été appuyé par John Kerry qui sanctionne ainsi les réactions du prince à l’affaire des armes chimiques. Le clan des Sudeiris, dont Bandar est le chef, a été contraint de s’incliner. Le royaume mit alors de l’ordre dans son dispositif. D’une part, le roi ordonna la libération des otages français et d’autre part il adapta la législation sur le jihad. Désormais, y participer est interdit, mais les Saoudiens de retour ne seront pas emprisonnés, plutôt accueillis comme des enfants prodigues.

Le 20 avril, une des factions d’Al-Qaïda en Syrie, l’ÉIIL, libéra quatre otages français et les remit à la police turque. Officiellement, les quatre hommes étaient des journalistes détenus par l’Arabie saoudite (on sait en effet que l’ÉIIL est commandé par le prince Abdul Rahman al-Faiçal). Ils auraient été libérés sans contrepartie [20]. Cependant l’un des quatre otages aurait été membre des services secrets français et, selon la revue allemande Focus, leur libération aurait été accompagnée d’un financement de 18 millions de dollars à l’ÉIIL.

Le 6 mai, l’Arabie saoudite arrête 62 membres d’Al-Qaida accusés d’ourdir des actions contre des dignitaires du régime [21].

La libération de Homs

La négociation sur la libération de Homs a débuté début mars. Il y a deux mois. Elle a été implémentée du 7 au 9 mai. Les combattants et les civils qui les soutiennent, au total 2 250 personnes, ont été autorisés à quitter la ville à bord d’autobus. Ils pouvaient emporter avec eux des armes légères et des affaires personnelles. Le document précise que les vitres des bus devaient être teintées ou couvertes par des rideaux. Un représentant iranien était présent à bord de chaque véhicule. Le convoi était escorté par la police jusqu’à une zone rebelle à une vingtaine de kilomètres au nord.

Homs, qualifié par la propagande de l’Otan et du CCG, de « cœur de la révolution », est repassée sous l’autorité de la République, sans que le sang ne soit versé. Sa libération marque la fin du projet takfiriste en Syrie. En entrant dans la vieille ville, les soldats syriens ont découvert plusieurs charniers dans lesquels les jihadistes jetaient leurs victimes.

Des rideaux cachaient les combattants aux journalistes. On ne sait donc pas combien étaient les officiers étrangers. La seule chose certaine, c’est qu’ils sont français et saoudiens, avec quelques états-uniens. Ils ont abandonné leurs armes lourdes. Ils devraient continuer leur voyage et être exfiltrés par la Turquie. Le gouvernement syrien s’est engagé à ne pas évoquer publiquement la présence des officiers étrangers, mais c’est un secret de polichinelle pour les journalistes qui ont approché les civils.

Si la présence de Saoudiens n’est pas surprenante, celle des Français et d’États-uniens l’est. Paris avait officiellement rompu ses contacts avec les jihadistes en Syrie depuis son intervention au Mali, en janvier 2013, contre d’autres jihadistes. Il n’en était donc rien, même si ces contacts étaient plus discrets. Quant aux États-uniens, ils ont la réputation de laisser le navire à leurs alliés lorsque le temps se gâte. Ils étaient pourtant là.

Dès lors, la question qui se pose est de savoir quelle est l’intention de l’Otan et du CCG. Il semble que la guerre de type nicaraguayen soit terminée. Peut-être parce que la République a résisté, peut-être aussi parce qu’il devenait de plus en plus difficile de trouver des candidats au jihad. Washington se replierait sur le simple soutien à ses collaborateurs syriens. De ce point de vue, la libération de Homs correspond à une escalade contre Damas. Depuis une semaine une pluie de roquettes s’abat sur la capitale, faisant de nombreuses victimes. Compte tenu du rapport de force au sein de la population, l’issue de la guerre ne fait pourtant aucun doute et sera rapide. Bachar el-Assad devrait être élu démocratiquement par une large majorité de ses concitoyens le 3 juin, et la guerre devrait se terminer lentement, son financement n’étant assuré que jusqu’en septembre.

La campagne conduite par Washington pour dissuader les jihadistes de revenir dans les pays de l’Otan laisse à penser qu’on va leur trouver une nouvelle utilité. Depuis plus d’un an, la Fédération de Russie est persuadée qu’elle sera la prochaine cible des occidentaux. Aussi se prépare-t-elle à un nouveau choc, même si elle ignore où il se produira exactement.

En outre, la libération de Homs tourne la page du projet de domination des pays arabes par les Frères musulmans. Alors que ceux-ci étaient, depuis 2007, les interlocuteurs privilégiés du département d’État et que Washington les avait placés au pouvoir en Turquie, au Qatar, en Tunisie, en Libye, en Égypte et ailleurs, ils sont aujourd’hui en reflux. Ceux que l’universitaire Robert S. Leiken décrivait en 2005 comme des modérés capables de gouverner un monde arabe islamisé pour le compte des États-Unis ont été rejetés ou sont rejetés de tous les pays où ils occupent le pouvoir.

Enfin, la victoire de Homs laisse percevoir la possibilité d’une future rivalité entre l’Iran et la Russie. Il est clair que si Washington a fait confiance à Téhéran dans ce dossier, c’est parce que les deux États ont préalablement conclu un accord global. Il semble que les États-Unis soient en train de refaire de l’Iran le gendarme de la région, comme il le fut à l’époque du Shah. Dans cette perspective, l’aide militaire apportée au Hezbollah, à la République arabe syrienne et aux Palestiniens devrait décroître légèrement. Et Téhéran devrait pousser ses alliés au compromis. En échange, Washington lui laisserait le champ libre en Irak, en Syrie, voire au Liban. Il s’en suivrait que le chiisme qui, depuis l’ayatollah Khomeiny, était une force anti-impérialiste, redeviendrait juste un moyen pour l’Iran d’affirmer son identité et d’exercer son influence. Cette évolution ruinerait les projets russo-US sur la région. Mais ceux-ci peuvent-ils encore être envisagés après la crise ukrainienne ?

 

[1] “Congress secretly approves U.S. weapons flow to ’moderate’ Syrian rebels”, par Mark Hosenball, Reuters, 27 janvier 2014.

[2] « Les États-Unis, premiers financiers mondiaux du terrorisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[3] « La Justice turque accuse l’IHH de liens avec Al-Qaïda », Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[4] “John Kerry’s opening speech at the Geneva 2 Conference”, by John F. Kerry, Voltaire Network, 22 January 2014.

[5] “Briefing on Syria by Lakhdar Brahimi to the UN General Assembly”, by Lakhdar Brahimi , Voltaire Network, 14 March 2014.

[6] « La Syrie devient « question de sécurité intérieure » aux USA et dans l’UE », Réseau Voltaire, 8 février 2014.

[7] « La Commission européenne s’empare des avoirs syriens gelés », Réseau Voltaire, 12 février 2014.

[8] “Spymasters gather to discuss Syria”, par David Ignatius, Washington Post, 19 février 2014. « Washington coordonne la guerre secrète contre la Syrie », Réseau Voltaire, 21 février 2014.

[9] « Riyad conclut un cessez-le-feu entre organisations terroristes en Syrie », Réseau Voltaire, 30 janvier 2014.

[10] « L’ÉIIL est commandé par le prince Abdul Rahman », Réseau Voltaire, 3 février 2014.

[11] « Résolution 2139 et débats sur la Syrie au Conseil de sécurité », Réseau Voltaire, 22 février 2014.

[12] « Guerre secrète entre le Qatar et l’Arabie saoudite », Réseau Voltaire, 13 mars 2014.

[13] « Washington expulse tous les diplomates syriens », Réseau Voltaire, 18 mars 2014.

[14] « Washington accorde le statut diplomatique à la Coalition nationale syrienne », Réseau Voltaire, 6 mai 2014.

[15] « L’armée turque aide des mercenaires étrangers à pénétrer en Syrie », Réseau Voltaire, 22 mars 2014.

[16] « L’armée turque détruit un avion de combat syrien », Réseau Voltaire, 23 mars 2014.

[17] « Le Conseil de sécurité refuse de condamner l’attaque turco-terroriste de Kassab », Réseau Voltaire, 5 avril 2014.

[18] “11 Countries Joint Statement on Syria”, Voltaire Network, 3 April 2014.

[19] « Le prince Bandar démissionne », Réseau Voltaire, 17 avril 2014.

[20] « Libération des otages français retenus par les alliés de la France en Syrie », Réseau Voltaire, 20 avril 2014.

[21] « L’Arabie saoudite arrête 62 membres d’Al-Qaïda », Réseau Voltaire, 7 mai 2014.

Moyen-Orient et dictature saoudienne… Le fondement historique

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Le caniche saoudien des Rotschild a armé les rebelles libyens et syriens

 

Dean Henderson

 

17 janvier 2014

 

url de l’article:

http://deanhenderson.wordpress.com/2014/01/17/rothschilds-saudi-lapdog-arms-libyan-rebels/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Dans un article du journal  The Independant de Londres le 7 Mars 2011 titré “America’s Secret Plan to Arm Libya’s Rebels”, le journaliste Robert Fisk rapportait que le gouvernement d’Obama avait demandé à l’Arabie Saoudite d’armer les rebelles libyens. Les Saoudiens obtempérèrent et plus tard soutinrent les mêmes rebelles d’Al Qaïda en Syrie. Les Saoudiens ont également envahi l’état voisin du Bahreïn pour sauver la monarchie Al-Khalifa.

Les Saoudiens ont joué ce rôle pour la cabale banquière de la City de Londres depuis presque un siècle, partie intégrante d’un quid pro quo qui implique le pétrole, les armes, la drogue et des opérations secrètes. (voir mon article, The Saudi Paymaster, ou le Chapitre 3 de mon livre, Big Oil & Their Bankers…)

Le trône saoudien a servi depuis longtemps comme un rempart dans la région pour les banquiers de la City de Londres et de Wall Street et leur confrérie dégénérée consanguine actionnaire des familles royales européennes. Ceci fut part d’un plan pondu par la famille Rothschild qui contrôle le monde des affaires de la table ronde depuis bien plus d’un siècle afin de saisir le contrôle du pétrole du Moyen-Orient.

La famille Rothschild est propriétaire en majorité des entreprises BP, de la Royal Dutch/Shell, ainsi que de la Banque d’Angleterre, de la Réserve Fédérale américaine et la banque centrale saoudienne: la Saudi Arabian Monetary Agency (ou SAMA).

En 1917, les Britanniques se sont assurés Ibn al-Saud comme client, celui-ci fut instruit d’encourager les tribus arabes de renier l’empire Ottoman (NdT: La trame essentielle de “Lawrence d’Arabie”, Lawrence étant un agent (militaire) agissant pour la City de Londres: la Couronne…) dans la région du Golfe Persique. La même année la Maison britannique des Rothschild poussa pour la déclaration de Balfour, prêtant le soutien de la “Couronne” pour une patrie juive en Palestine. Un an plus tard, l’empire Ottoman était vaincu.

L’Irak, la Jordanie et l’Arabie Saoudite furent sculptés dans les restes de l’empire ottoman et furent soumis aux règles de l’empire britannique, avec Ibn al-Saoud prenant le contrôle du pays qui portera son nom: l’Arabie Saoudite. En 1922, le traité de Djeddah donna son indépendance à l’Arabie Saoudite de l’empire britannique, bien que la “Couronne” (NdT: nos lecteurs savent maintenant ce qu’il faut lire quand on parle de la “couronne” britannique… La City de Londres) exerça toujours une influence considérable. Jusqu’à aujourd’hui, des mercenaires britanniques servent de garde rapprochée aux membres de la Maison des Saoud.

Pendant les années 1920, avec l’aide de l’armée britannique,  Ibn al-Saoud saisît toujours plus de territoires des Ottomans (Turcs). Il annexa Ryadh et saisît les villes saintes de la Mecque et de Médine des mains des Haschémites.

L’entreprise Standard Oil of California (maintenant Chevron-Texaco, empire Rockefeller), trouva du pétrole en Arabie Saoudite en 1938. L’entreprise créa l’entreprise ARAMCO avec ses quatre cavaliers du cartel ami Exxon Mobil, Royal/Dutch Shell et BP (NdT: aujourd’hui quasiment exclusivement des intérêts Rockefeller et Rothschild !!…). Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne signèrent des accords de protection avec la Maison des Saoud et l’entreprise Bechtel se hâta de construire les infrastructures pétrolières de l’entreprise ARAMCO.

En 1952, juste après des accords de sécurité entre les Etats-Unis et l’Arabis Saoudite, SAMA fut créée en tant que banque centrale saoudienne. Dès 1958, SAMA était gérée par le Pakistanais Anouard Ali, qui fut ensuite le conseiller du roi Fayçal d’Arabie. Anouard Ali a été le patron du département Moyen-Orient du FMI au préalable.

Ali recruta trois banquiers occidentaux pour servir comme conseillers de SAMA. Connus sous le vocable des “trois sages” ou des “pères blancs”, ces banquiers occidentaux dirigeaient SAMA, Ali servant de vitrine. Le plus puissant de ces trois banquiers étaient John Meyer Junior, PDG de la Morgan Guaranty (aujourd’hui JP Morgan Chase, intérêts Morgan et Rockefeller), de sa division internationale et plus tard PDG du vaisseau amiral Morgan.

Les pères blancs dirigèrent les royalties/intérêts des pétro-dollars de SAMA vers les comptes de Morgan Guaranty. A son tour Morgan servît comme conseiller très bien payé de SAMA. Le fils d’Anouard Ali eut même un bon boulot à Morgan Equity. Avec des milliards et des milliards de pétro-dollars coulant à flot, le quid pro quo armes pour pétrole fut établi.

La progéniture d’Ibn al-Saoud forme aujourd’hui la monarchie actuelle de la Maison des Saoud, qui règne en Arabie Saoudite. Moins de 20 familles qui sont connectées avec le trône contrôlent l’économie saoudienne. La Maison des Saoud élargit son influence par l’argent et la reproduction. Les membres mâle de la famille Saoud sont aujourd’hui plus de 5000.

Le prince héritier Abdullah, demi-frère du roi Fahd, contrôle la garde nationale saoudienne et a assumé le contrôle au jour le jour du royaume depuis que le roi Fahd a subi une grave embollie en 1995. Le prince Sultan, prince Nayef, prince Salman sont des frères du roi Fahd et servent comme ministres de la défense de l’intérieur et comme gouverneur de Ryadh respectivement. Le fils du prince Sultan est le prince Bandar Bin Sultan, qui fut très longtemps ambassadeur d’Arabie Saoudite aux Etats-Unis (NdT: et est aujourd’hui le patron des services de renseignement et d’actions saoudiens, celui-là même qui a menacé Poutine il y a quelques mois…). Le cousin de Bandar, le prince Saud al-Fayçal est le ministre saoudien des affaires étrangères.

Ces princes saoudiens utilsent les agences du gouvernement qu’ils commandent comme leurs tirelires personnelles et représentent des entreprises étrangères qui font des propositions de contrats au royaume. Ils gèrent des milliers de milliards de dollars dans des investissements à l’étrangers et off-shore. Le roi Fahd est le second homme le plus riche du monde avec une fortune personnelle de plus de 20 milliards de dollars.

Le prince Bandar fait partie du clan des Sudeiri qui comprend les descendants de feu le roi Abdul Aziz et de sa femme favorite. Les Sudeiris sont la famille la plus puissante et la plus occidentalisée de tout le royaume d’Arabie. La Maison des Saoud encourage une interprétation fondamentaliste wahhabite de l’Islam, mais les pratiquants du wahhabisme en Arabie considère la famille Sudeiri comme des munafadjins ou hypocrites.

Tandis que le clan des Sudeiri vit dans l’opulence totale, la vaste majorité des Saoudiens peinent à mettre à manger sur la table. Les Sudeiris deviennent de plus en plus impopulaires avec leur façon de diriger par la main de fer et sont constamment cités par les organisations internationales des droits de l’Homme pour leurs violations des libertés et leur opposition brutale aux libertés démocratiques.

La monarchie saoudienne gouverne par décrets. Les femmes ne sont pas autorisées à conduire et sont interdites dans la plupart des restaurants. Le royaume n’a aucune institution démocratique. L’opposition à la Maison des Saoud est criminalisée, ce qui a pour effet de faire rentrer la dissidence sous couvert. En 1990, les Saoudiens ont procédé à la décapitation au sabre en place publique de 111 dissidents politiques.

Les entreprises américaines acquiescent à l’oppression saoudienne des femmes. Dans les établissements commerciaux publiques, il y a des des sections pour les hommes et les femmes, la ségrégation est institutionnelle. Les sections pour les femmes sont (volontairement) laissées à l’abandon, par exemple pas de sièges dans la section femme d’un Starbucks en Arabie Saoudite. Les femmes qui viennent dans d’autres restaurants étrangers sans leur mari se voient refuser l’entrée.

En janvier 2002, l’agence américaine Freedom House publia un sondage qui classifiait les pays en accord avec les libertés qu’ils allouaient à leur population. L’Arabie Saoudite était dans les 10 derniers de la liste au monde.

Human Rights Watch (NdT: financé par le milliardaire George Soros, ce qui veut dite que si HRW dit quelque chose contre l’Arabie Saoudite, c’est que l’establishment yankee a peut-être décidé de tirer le bouchon de la baignoire sur le royaume criminel…) a récemment accusé les Etats-Unis de ne rien dire et d’ignorer les violations des droits de l’Homme effectuées par l’Arabie Saoudite afin de continuer ses importations de pétrole.

L’intervention US/OTAN en Libye n’est pas au sujet de la “liberté”, c’est au sujet d’éliminer un ennemi de longue date de l’Arabie Saoudite, de la famille Rotschild de Londres et Paris et du système économique néo-colonial international (Khadafi), que ces parasites de la finance dominent aux dépends de nations en développment et aux riches ressources.

Dean Henderson est l’auteur de quatre livres: Big Oil & Their Bankers in the Persian Gulf: Four Horsemen, Eight Families & Their Global Intelligence, Narcotics & Terror Network, The Grateful Unrich: Revolution in 50 Countries, Das Kartell der Federal Reserve & Stickin’ it to the Matrix.

You can subscribe free to his weekly Left Hook column @ www.deanhenderson.wordpress.com

Géopolitique et Nouvel Ordre Mondial: Quel rôle pour l’Arabie Saoudite ?

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 29 octobre 2013 by Résistance 71

Le rôle destructeur de l’Arabie Saoudite transparaît enfin. Cet article de Thierry Meyssan est à mettre en parallèle à un article que nous avions publié en Février 2011 où nous faisions un compte-rendu des déclarations d’un informateur de haut niveau au sein de l’industrie pétrolière en contact de longue date avec le pasteur américain Lindsey Williams. A cette époque, il y était fait état que les Etats-Unis trahiraient les Saoudiens pour s’en débarrasser. Si certains des points du calendrier ne se sont pas déroulés avec la précision indiquée (prévision de l’effondrement du dollar pour la fin 2012), d’autres furent exacts. Une chose semble certaine, la monarchie criminelle et rétrograde de la maison des Saouds est en mode survie et son implosion (provoquée) est peut-être proche…

— Résistance 71 —

 

Suicide Saoudien

 

Thierry Meyssan

 

28 Octobre 2013

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article180699.html

 

Alors que l’Arabie saoudite a repris à son compte le plan qatari de renversement du régime laïque syrien, Riyad semble incapable de s’adapter au soudain recul US. Non seulement il refuse l’accord russo-américain, mais il poursuit la guerre et annonce des mesures de rétorsion pour « punir » les États-Unis. Pour Thierry Meyssan, cet entêtement équivaut à un suicide collectif de la famille des Séoud.

Lâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Thierry Meyssan

Source 
Al-Watan (Syrie)

Géopolitique impérialiste: La maison des Saoud pète les plombs au sujet de l’Iran…

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 19 octobre 2013 by Résistance 71

Dégel Iran/USA : Haine et crainte, Ryad ne peut se contenir

 

Pepe Escobar

 

18 Octobre 2013

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/279271-dégel-iran-usa-haine-et-crainte,-riyad-ne-peut-se-contenir

 

 

Quiconque un tant soit peu doté de conscience…..

et d’intelligence peut comprendre qu’une normalisation Iran /USA au terme de 34 ans de crise pourrait aboutir à une situation gagnant-gagnant . comment?

-le prix du pétrole et du gaz du Golfe persique peut réduire

Washington et Téhéran pourraient coopérer ensemble pour lutter contre le terrorisme salafiste et takfiriste . ils pourraient même coordonner leurs politiques de contrôle des Talibans en Afghanistan au-delà de 2014.

Washington et Téhéran ont en quelque sort des intérêts communs en Syrie, ils ne veulent pas que le chaos dure et que les radicaux salafistes prennent les rênes du pouvoir . un accord de partage du pouvoir à signer entre Assad et ses opposants non armés pourrait être un résultat idéal pour Téhéran au bout de plus de 2 ans de guerres en Syrie, résultats assurant son influence

-En supprimant le slogan « A bas le régime islamique » et les sanctions, le terrain sera aplani à une réactivation du commerce, des investissements , à une plus grande activité du secteur de l’énergie . là ce sont les Européens à être les premiers à en tirer profit car l’Iran est la meilleure alternative pour que l’Europe réduise sa dépendance vis-à-vis de la Russie.

-une solution pour le dossier nucléaire permettrait à l’Iran d’utiliser l’énergie nucléaire civile . cette énergie là permettra aux iraniens de stocker leur pétrole et leur gaz , ce qui profitera aux exportations iraniennes

Puisque l’Iran est un acteur géopolitique de poids dans la région du sud ouest d’Asie, les Etats Unis en cas d’entente avec l’Iran peuvent réduire leur dépendance vis-à-vis de l’axe saoudo-israélien . les Etats Unis seront même capables d’avoir une nouvelle approche vis-à-vis de l’Asie non basée sur le militaire.

-Tout le monde sait pourquoi Israël lutte avec acharnement contre toute entente Iran/USA comme on lutterait contre la peste . puisque l’Iran est le prétexte idéal qui permet à Israël de dévier l’opinion publique de la question essentielle à savoir le sort des palestiniens

Pour l’Arabie saoudite non plus une entente Iran/USA n’est pas de bon augure . Ce sera même une fin tragique pour une histoire qui a commencé en Syrie et qui est désormais connue de tout le monde. Après avoir été désigné par son oncle chef du renseignement saoudien, Bandar Ben Sultan a endossé les habites de chef de guerre  contre le régime syrien . Bandar est trop sérieux dans son travail. Ila  d’abord éliminé le Qatar de la course, un Qatar qui a été le vrai sponsor de l’ASL. Fin juin, après avoir serré la main a l’émir Hamad al Thani, il l’a écarté du pouvoir au profit de son fils Tamim. Fin juillet , il a été à Moscou pour tenter de soudoyer Poutine voire le menacer pour qu’il renonce à son soutien à Assad. La politique syrienne de Riyad se résume en un mot changement du régime Assad . Le dialogue n’a aucune place dans cette politique . l’objectif étant porter un coup fatal à l’Iran aussi bien en Syrie qu’en Irak et partout où il y a des sunnites.

Fin septembre Jaysh al islam entre en jeu : une armée composée de plus de 50 milices salafistes potentiellement modérées ou extrémistes . c’est Lawa al Islam, une milice précédemment commandant l’ASL qui dirige cette armée . le commandant en chef est Allouch, fils d’un religieux salafiste saoudien . qui financera cette armée ? Bandar , dit Bandar Bush et son frère Salman , vice ministre de la Défense. Le projet s’appelle  » Eveil sunnite » . c’est le même projet que celui de David Petraeus appliqué en 2007 en Irak à la différence près que ce projet ci ne vise pas à détrôner les qaidistes irakiens mais à entre autre renverser les Etats (Irak, Syrie…)!!

Ce que veut Allouche ?  » ressusciter le califat omeyyade dont la capitale était à Damas , nettoyer Damas des iraniens , des chiites, des alaouites qui sont tous des athées . tout le monde accepte le salafisme ou meurt’ !!

C’est étrange mais même le chef d’Al qaida Al Zawaheri a interdit le meurtre des chiites . pour compliquer davantage la donne, il existe un terrible querelle du pouvoir au sein de la faille régnante saoudienne. …Abdellah mourra bientôt et aucun prince n’est aussi puissant pour lui succéder que Bandar . il attend donc son heure et voit en Syrie  » califatisée »  une trophée , une victoire personnelle.

Quand la Russie et les Etats Unis ont signé l’accord sur le désarmement syrien , ils ont pris le risque de mettre en colère Riyad jusqu’aux frontières de la folie. Cette fois Riyad rendait coupable non pas seulement la Chine et la Russie mais aussi les Etats Unis . c’est pour que son MAE a annulé son discours à l’AG . le cauchemars des Al- e Saoud devient de la paranoïa . Pour Riyad il est inconcevable que Téhéran et Washington fêtent leurs retrouvailles à ses frais après autant de messages alarmistes anti iraniens envoyés à Washington, autant de doléances guerrières (zone d’exclusion aérienne, action armée …) anti syrienne. Donc Al –e Saoud fera tout pour torpiller l’entente Iran/USA . il fera du Liban un champ de bataille, il attisera partout les flammes  confessionnelles. l’axe saoudo –israélien continuera à mener son œuvre de sape . peu de gens savent qu’une société de sécurité israélienne assurent la protection des  pèlerins de la Mecque sinon les rues arabes sont bien large pour abriter des millions de manifestants musulmans. Une chose est sûr, Bandar Bush , engagé aux côtés de l’axe saoudo-israélien ne lésinera sur aucun moyen pour contrer l’entente irano américaine. La communauté internationale souhaite que l’élite de Washington finisse par comprendre un jour que l’accord signé en 1945 entre Roosevelt et Abdelaziz n’a jamais été rationnel.