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Censure d’état colonial: le livre « Meurtre par décret: le crime de génocide au Canada » proscrit des bibliothèques de l’ouest canadien…

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Le contre rapport sur le maquillage du génocide au Canada est officiellement censuré: “Meurtre par décret” est proscrit des bibliothèques de la côte ouest canadienne suite à des pressions gouvernementales

TIDC

1er juillet 2016

url de l’article original:

http://itccs.org/2016/07/01/a-special-mid-year-update-july-1-2016/ dans sa seconde partie

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire “Meurtre par décret: le crime de génocide au Canada” en français (traduction Résistance 71)

 

Vancouver, Nanaimo (Canada): Ces dernières semaines, des exemplaires du livre récemment publié Meurtre par décret: le crime de génocide au Canada” ont continuellement disparu des étagères du système de bibliothèques de l’Île de Vancouver et de la bibliothèque publique de Vancouver sans qu’aucune raison valable ne soit donnée par le personnel des dites bibliothèques. En réponse, une demande de renseignement au bureau bibliothécaire de la ville de Vancouver a révélé qu’une directive avait été donnée aux bibliothèques affiliées à cette branche pour qu’elles retirent de la circulation toutes les copies du livre en leur possession à fin “d’examen et d’évaluation”.

Interrogé au sujet de cette directive, un fonctionnaire du système blibliothécaire de Vancouver qui a demandé de demeurer anonyme a dit à Kevin Annett le 3 juin 2016:

“Nous avons été averti du fait que le contenu de ce livre pourrait créer un problème légal et entraîner des poursuites envers la bibliothèque.”

Interrogé sur qui les a conseillé de procéder de la sorte, il a répondu: “Des avocats de la ville [de Vancouver] et de Victoria.

“Vous voulez dire le gouvernement de la province ?” (Kevin)

“Correct” (employé)

Une demande similaire d’information au bureau bibliothécaire de Nanaimo sur l’Île de Vancouver a été totalement ignorée.

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« Meurtre par décret » le contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation sur le génocide au Canada ~ 4ème partie ~

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Meurtre par décret: Le crime de génocide au Canada

Un contre-rapport de la “Commission Vérité et Réconciliation”

 

Publié par le Tribunal International pour les Disparus du Canada

En conjonction avec des Commissions Citoyennes d’Enquête préalables

 

Le 1er Mars 2016

Toronto & Bruxelles

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Introduction

Préambule et Critique de la Commission Vérité et Réconciliation

1ère partie A & B

2ème partie

3ème partie

 

Seconde partie: Camouflage, contrôle et subterfuge

 “Comme ceci était la propriété de et la gestion de l’église, une attention particulière fut apportée pour éviter une enquête trop approfondie.” ~ Gerald Barry, agent des Affaires Indiennes à propos d’un incendie et de la mort d’enfants autochtones dans le pensionnat Ahousaht de l’église Unifiée, le 3 février 1940

“La politique du ministère est de ne pas interférer avec le travail de quelque église que ce soit sur une réserve indienne…” ~ Frank Pedley, assistant superintendant des Affaires Indiennes le 21 janvier 1904 ~

“Personne ne veut poursuivre en justice les églises ni les voir en banqueroute.” ~ Murray Sinclair, président de la Commission Vérité & Réconciliation le 8 Octobre 2012 ~

“La Commission Vérité et Réconciliation ne doit pas tenir des auditions formelles, ni agir en tant qu’enquête publique, ni procéder à un processus judiciaire formel ; elle ne devra pas posséder de pouvoir de contrainte à audition, ni de mandater une quelconque participation à aucune de ses activités ou évènements… Elle ne devra pas établir de conclusions ou de recommandations en regard du mauvais comportement de quelque personne ou sur les possibles activités ou responsabilités criminelles de quelque personne ou organisation que ce soit… Elle ne devra pas citer nominalement les personnes dans aucune de ses activités, de ses déclarations publiques, rapports ou recommandations, ou utiliser quelque information personnelle ou déclarations faites qui identifient une personne… Les commissaires siégeant ne devront pas noter ni archiver les noms des personnes identifiées.” ~ de la seconde section “Etablissement, pouvoirs, devoirs et procédures de la commission”, Commission Vérité et Réconciliation, Ottawa, 2008

Le camouflage actif du génocide canadien a toujours fonctionné la main dans la main avec le crime lui-même.

[…] Bref, à l’aube du XXème siècle et du système de pensionnats pour Indiens, les hauts-fonctionnaires du ministère des Affaires Indiennes du Canada ordonnèrent le camouflage des taux de mortalité parmi les résidents des pensionnats en les censurant de tous les rapports administratifs après 1903. Après cette date, aucun décompte officiel des décès dans les pensionnats ne peut refléter de manière précise la mortalité réelle parmi les enfants autochtones, cela n’en était pas non plus l’intention. Et pourtant aujourd’hui, la CVR s’est fiée de manière tout à fait erronée sur de tels comptes falsifiés et blanchis comme sa seule “preuve” d’un pourcentage insignifiant de l’ordre de 1% de décês dans les pensionnats !

Ce schéma de fonctionnaires alimentant les écrans de fumée sur les conditions de vie et d’existence dans les pensionnats est demeuré constant durant toute la vie du système, spécifiquement après que ces conditions furent menacées de divulgation par d’honnêtes fonctionnaires et médecins. Un exemple classique de ceci fut la suppression par le gouvernement canadien du rapport à charge du Dr Peter Bryce en 1909 et de sa précipitation en dehors du service public, après que Bryce eut découvert que la tuberculose était routinièrement et délibérément répandue parmi les pensionnaires en bonne santé. De manière générale, la structure interne même du système de pensionnats pour Indiens était cadenacée de telle façon que cela permettait le maintien du secret institutionnel et un camouflage facile de quoi que ce soit qui pouvait se dérouler en son sein.

Aussi tard que dans les années 1970, les directeurs/proviseurs des pensionnats maintenaient le contrôle absolu non seulement sur les enfants pensionnaires incarcérés, mais ils avaient aussi pleins pouvoirs sur le personnel engagé dans la procédure ; ils avaient le pouvoir de censurer leurs correspondances et de contrôler leurs coups de téléphones, ils pouvaient les licencier sans cause valable, sans justification et sans verser les salaires. La structure de contrôe pyramidale, très militaire avait été construite dès le départ pour pouvoir maintenir un contrôle sur l’information dans et hors des pensionnats dans la plus pure tradition de tout système agissant de manière malévolente et qui anticipe au mieux toutes les “fuites” potentielles possibles.

L’efficacité d’un tel contrôle fut démontrée par le comment les crimes commis au sein de ces institutions furent masqués complètement au public canadien, à l’attention publique y compris à la plupart des membres chevronnés des gouvernements successifs.

[…] Quoi qu’il en soit, on doit se rappeler que le véritable maquillage de cette massive extermination institutionnalisée des Indiens s’est déroulée au travers d’une mentalité et d’une pratique du “deux poids, deux mesures”, commune dans tout système génocidaire et à laquelle adhéraient tous les employés des pensionnats s’ils tenaient à leur boulot.

Le Dr C. Pitts, un inspecteur médical des pensionnats autochtones de la province de Colombie Britannique, a décrit ce système du deux poids, deux mesures dans une lettre du 22 Octobre 1935 et adressée à l’agent des Affaires Indiennes R. H. Moore, il écrivit ceci: “… Si je devais appliquer les standards sanitaires scolaires des enfants blancs aux enfants indigènes, je devrais alors renvoyer 90% d’entre eux et il n’y aurait plus d’écoles.

Ces standards sanitaires des plus bas pour les enfants indiens ont permis un énorme taux de maladie et de décès parmi eux, taux qui fut considéré comme “acceptable” par le gouvernement et les églises et qui fut quoi qu’il en soit camouflé, ceci étant une partie de la normalisation d’un génocide qui le rend invisible à ceux qui le perpétue.

Ainsi, ce même Dr Pitts fut aussi impliqué dans le maquillage de la mort de quatre garçons du pensionnat catholique de Lejac à peine un an après qu’il eut écrit sa lettre des “deux standards d’application”: une affaire qui continue au travers des décennies.

La meilleure justice que nous puissions rendre à cette affaire, et pour les quatre garçons décédés, est de reproduire cet article qui a été publié à travers le Canada en Juin 2015: “Why Canada is still lying about how four Indian boys died ? A Post-Mortem study of how a crime is carried on” (“Pourquoi le Canada ment t’il toujours au sujet du comment les gamins indiens sont morts? Une étude post-mortem sur la méthodologie d’un crime”)

Un héritage de mensonges

Les archives des pensionnats pour Indiens abondent en fragments de preuve pour valider un mensonge habituel et systémique afin de masquer la véritable ampleur de la criminalité et du nombre de décès au sein de ce système concentrationnaire. Les archives des pensionnats furent non seulement détruites de manière continuelle, mais aussi censurées, spécifiquement lors de décès d’enfants.

[…]

Camouflage continu

La continuité du camouflage de la réalité criminelle des pensionnats pour Indiens par l’église et l’État à travers les générations, est dûment révélée non seulement par l’affaire du pensionnat de Lejac, mais aussi par un grand nombre de témoignages de survivants.

Kenny Quatell de la nation Kwakiutl de l’île de Vancouver est un survivant d’expériences médicales faites sur sa personne à l’hôpital pour Indiens de Nanaimo géré par l’église unifiée du canada durant les années 1960. En 2005, il décrivit le secret permanent entourant ce qui lui fut fait alors qu’il était enfant.

Ils ont dit à ma mère que j’étais mort au cours d’une opération alors que j’avais 5 ans. Puis ils m’ont emmené et incarcéré à l’hôpital de Nanaimo où ils m’ont gardé pendant des années et ont fait toute sorte d’expériences sur moi. Ils se sont assurés que je ne puisse pas avoir d’enfants. On m’a donné des drogues et des médicaments qui me rendaient tout le temps malade et me faisaient perdre connaissance. Puis ils m’ont maintenu je ne sais combien de temps dans une pièce complèteement noire (note: tests d’isolation sensorielle). Je me rappelle des ces fils que j’avais sur la tête, ils me faisaient porter un genre de chapeau métallique et ils me donnaient des chocs électriques et je perdais connaissance et ça recommençait. J’ai toujours ces convulsions dans la tête de temps en temps. Finalement, alors que j’étais devenu un adolescent, ils m’ont laissé sortir, je ne sais pas pourquoi. Je pense qu’ils en avaient fini avec moi. Ils m’ont juste largué dans une rue de Nanaimo et je suis demeuré sans logis pendant longtemps, un clochard. Mais un jour un membre de ma famille m’a remarqué et m’a ramené à la maison, la plupart des membres de ma famille étaient morts.

Pendant des années j’ai suivi une thérapie pour mes problèmes à Campbell River, mais le psychologue qui me traite ne me dit jamais rien. A chaque fois que je demande à voir mon dossier médical il me dit non, je ne peux pas vous le montrer parce que c’est classifié secret défense. Un jour je lui ai dit que j’allais aller voir un autre médecin, il a ri et m’a dit, si vous essayez çà, vous serez arrêté. Il me répétait sans cesse la même chose: mon cas était un cas classifié top secret.”

Harry Wilson, qui découvrit le cadavre d’une petite fille au pensionnat de Port Alberni de l’église unifiée en 1967, fut incarcéré au même hôpital pour Indiens de Nanaimo pendant plus d’un an apès qu’il eut rapporté sa découverte au directeur du pensionnat John Andrews. Il fut soumis à un traitement par électrochocs pour lui faire oublier. Des années plus tard en 1998, lorsque qu’Harry a essayé de parler de l’incident lors d’un forum se tenant à Port Alberni, deux autochtones financés par le gouvernement le menacèrent de mort s’il parlait.

Irene Starr a discuté de la cache de restes d’enfants humains dans un pensionnat anglican de l’île de Vancouver, durant un entretien avec le tribunal de l’IHRAAM en juin 1998. Dans sa déclaration elle a dit: “J’ai vu des rangées de petits squelettes derrière les murs du pensionnat d’Alert Bay lorsqu’ils ont démoli le bâtiment en 1970. Pourquoi auraient-ils enterré ces enfants derrière les murs s’ils ne voulaient pas cacher quelque chose.

De telles histoires abondent dans les centaines de témoignages recueillis de la bouche même de survivants de ces pensionnats et qui constituent ce rapport. Ce camouflage de la vérité a continué sans relâche jusqu’à la fermeture du dernier des pensionnats en 1996 et même au cours du processus de réglement légal des réparations gouvernant les survivants des pensionnats.

Par exemple dans une lettre datée de mars 2008 à un de ses clients survivant du pensionnat catholique Christie, Trudy Smith, par l’avocat de Victoria en CB Scott Hall, celui-ci stipulait: “… en signant cette lettre d’acceptation vous exonérez le Canada et l’église de toute responsabilité pour votre douleur et votre souffrance qui vous ont été causées par le comportement de leurs employés ou agents alors que vous étiez au pensionnat… Ceci est final et veut dire que vous ne pouvez plus déposer une quelconque plainte dans le futur contre le Canada ni contre l’église…

L’absolution légale des coupables de leur crime est une partie structurelle du programme de “compensations” (financières) pour les survivants des pensionnats de la part du gouvernement canadien ainsi que toute autre forme de camouflage de ce crime. Cette farce a été accompagnée par toujours plus d’écrans de fumée et de malversations de la part des avocats, incluant même les avocats des survivants. L’avocat de deux des survivants, Harry Wilson et Dennis Tallio, David Patterson, a refusé d’inclure dans leurs témoignages au tribunal toute mention des enfants morts que tous deux découvrirent sur les lieux mêmes du pensionnat d’Alberni.

D’après Kevin Annett, qui a questionné Patterson plus tard:

Il était vraiment sur la défensive et a même menacé de poursuivre en justice Harry et Dennis s’ils continuaient de faire pression sur lui pour inclure leur déclaration complète en ce qui concerne la découverte des cadavres. Finalement, je l’ai appelé à son bureau à l’automne 1997 et lui ai directement demandé pourquoi il ne voulait pas adhérer aux désirs de ses clients. Patterson a éludé la question pendant un moment puis il a finalement explosé de colère et a dit: ‘écoutez, je ne suis pas seulement un avocat ! Je suis aussi un officier de la Cour et il y a certaines choses que je n’ai pas le droit de soulever !’

De manière certaine, aucun des milliers de procès intentés éventuellement contre le gouvernement du Canada et contre les églises catholique, anglicane et unifiée ne le furent pour meurtres ou autres actes criminels dans les pensionnats pour Indiens, confinant systématiquement le litige dans le domaine des dommages et intérêts pour “abus physiques et sexuels” ou pour “négligence”. En deux occasions en 1999 et en 2002, des cours suprêmes provinciales refusèrent explicitement le droit aux plaignants autochtones de poursuivre en justice le Canada et la Couronne d’Angleterre pour génocide, affirmant qu’une telle accusation était “ultra vires” et au-delà de la compétence juridique de leurs tribunaux.

Le camouflage institutionnalisé s’étend aux médias canadiens. Un exemple édifiant fut cette manchette du journal quotidien du Globe & Mail en date du 24 Avril 2007 qui confirmait un ratio de 50% de mortalité dans les pensionnats pour Indiens: “Les autochtones moururent en très grand nombre alors qu’Ottawa ignorait les avertissements”. Mais après que le gouvernement canadien eut finalisé son blanchiment du génocide par la CVR en 2015, le même titre eut les mots “en grand nombre” enlevés et il y est dit aujourd’hui dans sa version éditée en ligne: “aucun doute pour confirmer l’affirmation officielle de la CVR d’à peine 1% de décès dans les pensionnats pour Indiens” !

Un tel camouflage s’étend également à la police. Un rapport complet entièrement séparé de celui-ci pourrait être écrit au sujet de la très longue histoire du maquillage et de l’obstruction de la justice pratiqués par la Gendarmerie Royale du Canada (NdT: GRC, Gendarmerie Royale du Canada ou police montée, équivalent canadien du FBI américain) en tant que branche policière du système des pensionnats autochtones. Mais quelques exemples récents vont éclairer ceci.

Après le premier reportage médiatique d’un témoin occulaire d’un meurtre dans un pensionnat dans le quotidien du Vancouver Sun en décembre 1995, un porte-parole de la GRC a déclaré publiquement: “si des meurtres se sont produits dans ces écoles, ceci appartient définitivement à notre mandat juridique de mener l’enquête” ~ Sergent Paul Willms de la division “E”, GRC, Vancouver ~ Mais trois mois plus tard, après que plus de rapports de témoignages sur des meurtres firent surface et de la formation d’une “équipe spéciale” de la GRC pour les pensionnats, le successeur du Sergent Willms, le constable Gerry Peters a dit: “Nous n’avons jamais eu de mandat juridique pour enquêter sur de supposés meurtres dans les pensionnats.

En plusieurs occasions à la même période, des officiels de la GRC incluant Willms et Peters, refusèrent d’enquêter sur des rapports de meurtres amenés par des témoins occulaires d’assassinats au pensionnat Alberni tout en mentant publiquement, disant que “rien n’avait transpiré” concernant ces meurtres. Les deux gendarmes ont aussi personnellement menacé Kevin Annett et l’ont prévenu des “conséquences” s’il persistait à faire des déclarations aux médias au sujet des meurtres d’enfants dans les pensionnats pour Indiens.

Le premier meurtre qui eut un témoin occulaire, celui de Maisie Shaw, tuée par le proviseur du pensionnat Alfred Caldwell, comme vu par Harriett Nanahee, déclencha l’émission d’un certificat de décès falsifié pour Maisie Shaw par le gouvernement de la Colombie Britannique dans les archives provinciales. Après avoir déclaré à Kevin Annett le 12 décembre 1995 qu’il n’y avait pas de certificat de décès pour Maisie Shaw où que ce soit dans le registre provincial, l’archiviste Brian Young contacta Kevin Annett deux semaines plus tard, après que le quotidien du Vancouver Sun eut publié un article narrant le meurtre de Maisie, et il lui notifia qu’un certificat de décès au nom de Maisie Shaw existait maintenant.

Young affirma que le document “avait disparu” après avoir été incorporé au système archival “seulement récemment”, alors même qu’il était daté 50 ans plus tôt: le 26 décembre 1946. Le document contient une informartion erronée et hautement suspicieuse.

[…] Ce système est évident au plus haut niveau de l’État et de l’église et au sein de l’institution responsable primairement du génocide des pensionnats pour Indiens, au Vatican, une politique appelée “Crimen Sollicitationis”, qui a été donnée comme un “modèle de mensonge et de camouflage”.

Crimen a pris effet en tant que politique de gouvernance sur tout le clergé catholique romain depuis 1929 et sur l’ensemble des catholiques depuis 1962. C’est une lettre encyclique, qui ne fut révélée qu’en Août 2003 par le journal de Londres “The Observer”, obtenu au travers d’un contact avec les archives de la librairie du Vatican où elle était archivée. Crimen impose un serment de “secret perpétuel” sur toutes les victimes de viols d’enfants par des prêtres et les noms des violeurs sous peine d’excommunication. L’encyclique interdit également de rapporter le crime à la police empêchant ainsi les violeurs d’être traduits devant un tribunal civil. Gràce à la lettre Crimen Sollicitationis, tout le clergé catholique, perpétrateur principal de ce crime, est automatiquement protégé de manière institutionnalisée pour tout acte de viol ou de violences, abus sur des enfants. Crimen personnifie une énorme conspiration criminelle à l’échelle mondiale.

Le pape actuel François 1er, Jorge Bergoglio, malgré sa rhétorique de la “réforme”, a réaffirmé la politique établie par la lettre Crimen à des évêques italiens et américains ainsi que dans des déclarations pontificales. Le propre rôle de Bergoglio dans le trafic d’enfants durant les “sales guerres” en Argentine alors qu’il était archevêque de Buenos Aires, lui donne sans aucun doute un intérêt particulier à continuer la politique établie par Crimen, politique du secret, du silence et du maquillage des crimes.

Bref, depuis 1929 et sans aucun doute avant cela, chaque prêtre catholique dans le monde et dans les deux tiers des pensionnarts pour Indiens du Canada, savait qu’il pouvait violenter, molester et violer des enfants en toute impunité et qu’il ne ferait face à aucune punition, inculpation judiciaire ou réprimande. Cette encyclique couverte par la loi canonique, camouflage officiel, était une sorte de feu vert pour les pédophiles de migrer dans ce qui était déjà un système isolé et non dûment contrôlé: les pensionnats pour Indiens, sachant que chaque membre du clergé et membre du personnel étaient obligés de garder le silence.

Il est de ce fait très significatif que la même année de l’adoption de l’encyclique Crimen par le Vatican en 1929, le gouvernement canadien ait rendu le gardiennage officiel des pensionnats pour Indiens et des enfants incarcérés aux proviseurs/principaux essentiellement catholiques de ces institutions. Ainsi, une fois que le secret officiel et l’impunité furent garantis par l’église, le gouvernement pouvait lui donner en toute sécurité le contrôle absolu des enfants Indiens qu’eux et leurs missionnaires préalables avaient toujours recherchés.

Considérant l’influence considérable et prépondérante du catholicisme apostholique et romain dans le service public et le gouvernement du Canada, cette collusion entre le gouvernement canadien et le systèmes de pensionnats autochtones essentiellement géré par l’église catholique n’est pas vraiment surprenante. Cette influence fit en sorte que le modèle jésuite original des pensionnats, le soi-disant “système Durieu”, fut copié par le gouvernement et les autres églises en charge.

Cette influence s’est aussi produite du monopole traditionnel du Vatican sur la société du Québec et son bloc électoral stratégique qui a assuré par exemple, que chaque premier ministre depuis 1968, sauf un, a été catholique, et ce bien que le statut minoritaire des catholiques dans la société canadienne soit notoire.

[…] Il n’y a pas de système judiciaire indépendant ou d’agence de contrôle chien de garde au Canada, il n’y a pas de “contre-pouvoir” structurel et de reconnaissance de responsabilité, du moins de manière formelle pour les citoyens d’une république constitutionnelle. Le vieux système colonial de la gouvernance d’une personne est personnalisé au Canada par le “chef d’état” officiel, le Gouverneur Général du Canada qui est nommé(e) par la couronne d’Angleterre et aussi par le fait que le premier juge de la cour suprême du Canada est aussi un membre du cercle très fermé du pouvoir exécutif connu sous le nom de “Privvy Council” (NdT: qui ne rend compte qu’au monarque britannique, depuis 1958, la reine Elizabeth II d’Angleterre, ceci est mis en place pour tout pays du Commonwealth)

[…] La coopération appliquée à tous les niveaux de la société canadienne envers ce crime et sa mise à l’écart est ultimement une réflexion d’un corps politique dont l’absolutisme néo-féodal et l’irresponsabilité permettent la fraude et le crime de devenir un principe opératoire.

Ce malaise de grand silence endémique à travers le Canada est peut-être le mieux résumé dans une excellente remarque que fit un directeur de programmation d’une chaîne de télévision sur Vancouver Island et qui annula un entretien avec Kevin Annett avec cette remarque: “Le programme est diffusé à différents moments de la journée et le contenu de ce qu’a à dire Kevin pourrait perturber et être assez gênant. Nous demandons que vous considériez quelqu’un d’autre pour l’entretien.” ~ 15 février 2015 ~

[…]

Les soi-disants mauvais traitements et les tortures de nos centres de détention, des histoires qui ont été diffusées par les gens et plus tard par des prisonniers libeerés, ne furent pas, comme le pensent certains, infligés de manière méthodique, mais furent des excès commis par des gardiens de prison, leurs adjoints et quelques hommes qui exprimèrent des violences sur leurs détenus. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour que la vie de nos détenus avec nous soit la plus vivable et humaine possible…” ~ Rudolf Hess, commandant SS du camp d’Auschwitz à son procès en 1945 ~

Les abus faits à nos pensionnaires dans les écoles indiennes étaient pratiquement toujours bénins par nature et généralement commis de manière aléatoire. Ils ne furent pas le résultat d’une politique délibérée mais il s’agissait plutôt de cas isolés de certains individus.” ~ Brian Thorpe, secrétaire de la branche de l’église unifiée du canada pour la Colombie Britannique le 3 Mars 1996 ~

La criminalité institutionnalisée n’est que rarement si jamais considérée comme un crime par ses participants, qui voient leur système comme quelque chose de bénin et de nécessaire et rationnalisent leur implication au moyen d’un language, d’une sémantique spéciaux faits pour légitimer et normaliser ce système. Les missionnaires “sauvent” les sauvages, qui sont alors “civilisés” ou “assimilés” plutôt qu’exterminés. Les détenus de camps de la mort sont “relocalisés” ou “traités”, les soldats ennemis sont “pacifiés”, pas tués et les victimes d’un génocides sont “abusées”.

Tout système d’oppression a besoin d’une telle sémantique, d’un tel language à double sens ainsi que le narratif trompeur qui va avec afin de le justifier et de s’assurer la loyauté continue de ses membres. Nulle part ailleurs ceci ne fut prouvé plus véridique qu’avec l’effort européen de subordonner le monde dans sa chrétienté ou son empire universel chrétien, par lequel l’humanité entière devait être sous la coupe de la papauté romaine ou périr. Le génocide canadien est une expression de cet objectif impérialiste, qui fut pensé et exprimé depuis le départ comme une entreprise essentiellement religieuse, avec son propre langage théologique incorporé et sa logique implacable. Il fut simplement implicitement compris qu’aucune personne indigène traditionnelle ou nation ne devaient être autorisés à survivre en dehors de la chrétienté et de sa nation “blanche”.

Chaque nation conquérante a appliqué cet impératif de manière différente. Pour les missionnaires catholiques du début, ayant leurs yeux sur un bénéfice rapide, “convertir le sauvage” voulait dire “tout ce qui était requis pour la foi et le commerce des fourrures”, pour citer le chef des jésuites Jean de Brebeuf. Pour le plus tardif Dominion of Canada (colonie) avec son halo de bienveillance anglo-saxonne, les Indiens devaient être “canadanisés ou christianisés”, pour citer l’objectif déclaré de l’église unifiée du Canada créée par le gouvernement en 1925.

Quelque soit l’approche faite du génocide ou les termes employés, le but était ultimement identique, à savoir en terminologie moderne, “d’assimiler” tout Indien qui survivrait la conquête dans le corps politique de la chrétienté. Toutes les approches partagèrent le même narratif trompeur qui dépeignait le génocide comme une quête sacrée et un acte de charité profonde envers des êres inférieurs.

Le remarquable aspect du langage du génocide normatif est que le double sens au sein de ses propres mots, non seulement cache l’intention meurtrière, assassine et la nature même du crime, mais il convainc aussi les membres de la nation génocidaire qu’un tel crime ne s’est jamais produit. Trois très bons exemples de ce phénomène peuvent être trouvés dans l’utilisation continuellement trompeuse par les médias canadiens, par l’église et l’état, des termes “abus”, “réconciliation” et “excuse” dans le sillage des atrocités commises dans les pensionnats pour Indiens. En réalité, ce trio de termes est très vite devenu une muraille contre la possibilité que la vérité puisse pénétrer dans le discours “officiel” entourant le crime. Leur nomenclature trompeuse est apparue au tout début de ce discours sur les pensionnats lorsqu’en 1990, le “chef” financé par l’état fédéral Phil Fontaine du gouvernement créé par l’Assemblée des Premières Nations (APN) se référa dans les médias à ses propres “abus” subis dans un pensionnat du Manitoba. Après cette déclaration mise en scène, le mot “abus” est devenu le terme opératoire et accepté pour couvrir toute la malveillance et les crimes ayant eu lieu dans les pensionnats pour Indiens, même lorsque ces malveillances incluaient la torture, le meurtre et clairement de graves crimes contre l’humanité.

Cette utilisation de ce mot creux ‘abus’ fut délibérée et partie d’une stratégie légale du gouvernement du Canada pour contenir le litige légal inévitable qui allait venir des victimes et le circonscrire dans le système légal des ‘dommages et intérêts’ résultant de négligences plutôt que de les voir couverts par des tribunaux en tant qu’actes criminels ; ainsi tout ce qui s’était produit pouvait passer pour des ‘abus’ ayant occasionné des ‘dommages’ qui pouvaient être financièrement “compensés” comme on pourrait le faire d’un carreau cassé. Cette supercherie fut créée pour protéger les églises et le gouvernement de toute conséquence légale de leurs actions criminelles. Contrôlez le langage et vous contrôlez le résultat.

[…] Ce contrôle des dégâts, sponsorisé par le gouvernement, devint de plus en plus évident lorsque le second terme de la triologie de diversion, “réconciliation”, apparût très rapidement sur les talons de la déclaration de Phil Fontaine. Avant même que des détails des crimes ayant eu lieu dans les pensionnats pour Indiens à travers le Canada ne soient divulgués, les politiciens et les journalistes/éditorialistes du Canada commencèrent à répéter inlassablement le même mantra, appelant pour un “processus de cicatrisation et de réconciliation”. Les deux termes devinrent très rapidement synonymes dans tout discours sur les pensionnats pour Indiens, même si en pratique ils furent assez antagonistes.

Des mots de Delmar Johnny qui mena un mouvement de survivants du pensionnat catholique de Kuper Island: “Vous ne pouviez pas parler de votre expérience dans le pensionnat sans entendre ce mot de “réconciliation” à tout bout de champ, de votre médecin, des flics, des journaux. Vous ne pouvez pas cicatriser sans être réconciliés, ceci fut le mantra matraqué depuis le départ. Cela n’a jamais eu aucun sens pour moi. Comment suis-je supposé me réconcilier avec les gens qui ont détruit ma vie et celle de mon frère ?

Le sens du mot “réconciliation” est en fait l’opposé exact de sa compréhension d’usage, de la compréhension classique du mot qui voudrait être: “la fin d’un désaccord et le retour à des relations amicales” (Dictionniare Oxford, 2002). Même une telle compréhension de ce mot est absurde lorsqu’il s‘applique à la conquête des Indiens par les Européens (chrétiens) ; le génocide ne fut jamais une “sorte de désaccord”, et rien n’a jamais été spécialement “amical” dans les relations générales entre les autochtones du continent et les blancs.

En réalité, le mot “réconciliation” est dérivé du mot latin “reconcilia” qui veut dire réétablir la domination et le contrôle d’un dirigeant sur ses sujets. C’est un terme qui implique la résignation et la défaite devant l’inévitabilité d’une conquête comme dans l’expression “être réconcilié avec son destin”.

Par exemple, l’inquisition pontificale employait souvent le terme pour décrire les peines imposées aux “hérétiques” et autres ennemis de l’église romaine. D’après l’historien médiéviste Henry Charles Lea, une archive d’un tribunal pontifical espagnol de 1549 décrit comment trois hommes furent accusés de luthérianisme et furent “réconciliés avec l’église au travers de la perte de propriétés”. D’autres dissidents religieux “furent soumis à la réconciliation pour judaïsme et envoyés aux galères comme esclaves.

Le catholicisme hérita de la compréhension et de la pratique de la “réconciliation” de son corps parental, l’empire romain. Au 1er siècle c’était une pratique de l’empereur que de parader les chefs ennemis capturés, ceux qui s’étaient rebellés contre Rome ou refusaient la domination, sur le Forum, puis de les avoir à genoux suppliant l’empereur de leur pardonner. Les leaders rebelles étaient ensuite étranglés de manière rituelle dans une cérémonie publique complexe connue sous le nom de “reconcilia”. Les archives impériales romaines font contamment référence à cet “acte de réconciliation”.

Compris sous cette lumière, la “réconciliation” entre le Canada colonial blanc et ses victimes autochtones devient bien plus clair ; non pas comme un acte de reconnaissance mutuelle amical, mais bel et bien comme la réaffirmation de l’autorité canadienne et de la domination sur les Indiens qui ont osé accuser et poursuivre en justice leurs bourreaux de l’église et de l’état. Le simple fait que personne jusqu’ici n’a été conduit devant les tribunaux au Canada pour la mort de quiconque des plus de 50000 enfants indiens assassinés dans les pensionnats, prouve que ces morts ne sont absolument pas considérées comme un crime. Le véritable crime est de révéler ce qu’il s’est vraiment passé et une telle rébellion se doit d’être “réconciliée” au travers de l’humiliation publique et l’admission par les rebelles de leur tort et non pas celui des dirigeants.

Ceci est en fait ce qu’il s’est produit au Canada au cours de ce processus entier entourant l’exposition du crime des pensionnats pour Indiens et des litiges subséquents, des “compensations” et de “l’excuse”: les survivants des pensionnats ont été publiquement humiliés et re-soumis en tant que sujets de la couronne tout en absolvant légalement leurs bourreaux par écrit de toute malveillance en échange de quelques dollars et d’une tape amicale sur la tête.

En ignorant et méprisant de manière ouverte la loi canadienne et internationale au travers de cet auto-pardon de crimes prouvés et en établissant les termes des réparations et de l’auto-indemnisation, le gouvernement canadien a imposé sa propre “reconcilia” à ses peuples sujets sous le déguisement familier de la bienveillance.

En tant que partie intégrante de ce processus de la ré-imposition de l’autorité du Canada sur le peuple aborigène, le gouvernement s’est justifié au travers d’une “excuse” aux survivants des pensionnats pour Indiens au parlement d’Ottawa le 8 Juillet 2008. Une fois de plus, ce mot a un double sens, une signification contradictoire: il est à la fois une expression de regret et de défense des actions de quelqu’un.

Une classique “apologia” était une clarification d’un travail universitaire, de recherche ou d’une idée ; ou au tribunal, d’un argument légal. En droit, une déclaration “d’excuse” est une partie d’un accord, d’une résolution légale où “celui qui s’excuse” est libéré de toutes obligations envers la tierce partie blessée par l’expression de ses excuses. En réalité, le premier ministre Harper disait publiquement à chaque survivant des pensionnats: “Il est très infortuné que vous ayiez eu à souffrir mais nous avons une justification de ce que nous avons fait, nous ne sommes pas en tort et l’affaire est donc par la présente officiellement résolue.

En acceptant les excuses de Harper “au nom” des survivants des pensionnats consultés, lesquels ils n’ont du reste jamais consulté pour ce faire, les chefs de l’APN et autres Indiens subordonnés ont donc fait cet ancien processus et rituel de la “reconcilia” en montrant que les nations autochtones avaient une fois de plus accepté la suprématie et la souveraineté de la Couronne et du droit canadien, tout comme dans le processus de “traité” géré par le gouvernement où la “couronne” est reconnue comme la véritable propriétaire de la terre.

Ultimement, sans même considérer les mesures “d’excuses” récentes faites par leur propre gouvernement, les Canadiens, comme tous les citoyens d’un régime génocidaire, ont déjà été élevés et conditionnés par une définition soigneusement modifiée du crime désigné [le génocide] afin de le normaliser et de prévenir toute action légale contre les institutions responsables. Cette modification s’est produite de manière délibérée aux Nations-Unies et fut mise en œuvre par les diplomates américains et canadiens, de concert, en 1946, avant l’adoption de la version finale de la Convention sur le Génocide de 1947.

En effet, cette reconceptualisation historique du génocide à la fois en notion de droit, mais aussi dans la conscience populaire, a été un facteur clé pour créer la culture actuelle de génocide normalisé au Canada; une culture qui a permis le camouflage et la continuation de ce crime contre l’humanité.

 

Redéfinir le génocide: le verre correcteur ultime

 

Par génocide nous voulons dire la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique.” ~ Raphael Lemkin, 1944 ~

 

Génocide veut dire n’importe lequel de ces actes avec l’intention de détruire… un groupe national, ethnique, racial ou religieux.” ~ Convention sur le Crime de génocide de l’ONU, 1948 ~

Un réfugié juif polonais, Raphael Lemkin, a perdu plus de 50 membres de sa famille dans les camps de la mort nazis pendant la seconde guerre mondiale. Après s’être enfui aux Etats-Unis en 1943, Lemkin, un juriste, aida à la composition de la déclaration de Nüremberg et dans les conventions pour les droits de l’Homme de l’après seconde guerre mondiale, incluant la souvent citée mais peu souvent appliquée Convention des Nations-Unies sur le Crime de Génocide (1948).

Lemkin a une vue très large du crime. Dans son livre de 1944, “La règle de l’axe en Europe occupée”, il écrivit:

De manière générale, le génocide ne veut pas nécessairemnt dire la destruction immédiate d’une nation, sauf quand c’est fait par l’assassinat de masse de tous ses membres. C’est plutôt une tentative de signifier un plan coordonné de différentes actions visant à la destruction des fondations essentielles de la vie de groupes nationaux avec pour objectif d’annihiler les groupes eux-mêmes.

Pour Lemkin tout ce que fait un groupe conquérant à un groupe conquis et qui essaie de provoquer son éventuelle chute est génocide, incluant l’interdiction de leurs langues, la perturbation de leurs schémas familiaux normaux ou en plaçant les enfants du groupe conquis dans les foyers d’autres de façon à ce que ces enfants oublient qui ils sont vraiment.

Bien évidemment, cette façon large de voir le crime créa d’énormes problèmes potentiels pour les nations qui conquirent l’Allemagne nazie, incluant le Canada et les Etats-Unis, qui pendant des siècles, avaient aussi pratiqué l’erradication systémique contre les nations indigènes à travers leur propre sous-continent de l’Amérique du Nord. Donc, de manière très peu surprenante, la compréhension très large de Lemkin du génocide ne surviva pas la réalité politique de l’après-guerre. Grâce aux pressions émises par les diplomates canadiens et américains à l’ONU, le génocide fut fondamentalement redéfini de deux façons:

  1. Il ne s’attachait plus seulement aux actions mais à l’intention
  2. Il signifiait primordialement l’assassinat physique d’un peuple.

Cette nouvelle compréhension du génocide ne mît plus l’accès sur ces aspects du crime qui pourraient mener à la mise en accusation de gouvernements occidentaux et leurs associés des églises, ceci incluant ce qu’il se produisait toujours avec les pensionnats autochtones au Canada et aux Etats-Unis, mais aussi en Australie, en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans de nombreux autres états (NdT: dont Israël par exemple dès 1947-48 et le début de la Nakba en Palestine…).

Les efforts vieux de plusieurs siècles de chaque gouvernement européen et nord-américain et leurs églises chrétiennes d’éliminer le langage des peuples autochtones, leur identité et leur idée de nation, leur souveraineté, tombaient très clairement sous le coup de la définition de Lemkin pour le génocide. […] Parce que ce crime émergeait de la fabrique philosophique et religieuse de la culture européenne, et commençait plus spécifiquement avec la montée de l’empire chrétien (NdT: le dominorum christianorum des bulles pontificales du XVème siècle…) ou chrétienté dès le 4ème siècle, de fait la culture “occidentale” dans son entièreté était mise en accusation par la compréhension de Lemkin du génocide.

Pour citer l’écrivain Richard Rubenstein: “La culture qui a rendu les camps de la mort nazis possibles ne fut pas seulement indigène à l’occident, mais fut un résultat de sa tradition religieuse fondamentale qui insiste sur la division dichotomique de l’humanité entre les élus et les non-élus.

“La tradition religieuse” à laquelle se réfère Rubenstein a emergé d’une culture gréco-judéo-chrétienne qui mettait sur le même plan la foi religieuse de quelqu’un avec la conquête et la destruction des autres peuples. Ses deux racines principales sont dans la bible hébraïque et dans la philosophie grecque, qui furent toutes deux fondamentales à la formation de l’église catholique romaine et de la culture qu’elle engendra et qui finit par former à terme les Nations-Unies.

Lemkin avait originellement définit le génocide comme tout acte causant l’éventuelle destruction d’un peuple, incluant les efforts d’erradiquer le langage, la culture, la nationalité d’un peuple, aussi bien que de le déplacer de sa terre natale, une définition qui s’appliquerait très facilement au traitement nord-américain des peuples autochtones. Armé de cette large vision, Lemkin écrivit un “brouillon de déclaration” initial en Octobre 1946 et gagna le soutien du Conseil Économique et social de l’ONU de la part de Cuba, de l’Inde et du Panama.

[…] Quelque part entre octobre 1946 et le 11 décembre de la même année, une nouvelle version de la déclaration vit le jour, un sous-comité altéra la définition du génocide fournie par Lemkin de façon à la rendre inapplicable aux crimes se déroulant intra-muros des pays d’Amérique du Nord et d’autres pays et de faire glisser l’emphase du document de l’ONU et de sa définition du génocide de l’action elle-même à l’intentionalité. Le président du sous-comité responsable était Charles Fahy, un avocat pour le ministère des Affaires Etrangères des Etats-Unis et le délégué américain d’une commission pour essayer de changer le mot “génocide” en ce terme plus vague légalement que serait le mot “extermination”, une tentative qui échoua.

Bref, le Canada et les Etats-Unis, avec le soutien de la Grande-Bretagne, voulurent rendre la Convention non seulement inapplicable à leurs nations et à leurs propres actes de génocide, mais qu’elle ne demeure qu’une déclaration générale qui pourrait ne pas être mis en vigueur dans leurs systèmes domestiques politico-légaux.

[…] Par génocide nous comprenons la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique

Dans la Convention finale sur le génocide passée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies, la déclaration de Lemkin fut altérée pour dire ceci:

Au sein de la présente Convention, le génocide veut dire quelques actes de la liste suivante commis avec la même intention de détruire en partie ou en totalité, un groupe ethnique, national, racial ou religieux.”

[…] Le gouvernement canadien saisit alors un avantage immédiat de cette nouvelle version restreinte et émasculée de la Convention de l’ONU sur le génocide, ceci pour s’assurer que même ce document dilué ne pourrait jasmais s’appliquer à ses propres actions dans les limites de ses frontières.

[…] Sans surprise, tout en ratifiant la convention sur le génocide “par principe” en 1952, le Canada ne passa aucune législation reliée à la Convention et n’en fit rien pendant près d’un demi-siècle, jusqu’au printemps 2000.

Mais cette loi, intitulée “Crimes Against Humanity Act” interdit en fait toute mise en accusation de tout crime de génocide s’étant déroulé au Canada si cela avait eu lieu avant l’an 2000 (NdT: pas d’effet rétroactif donc…), empêchant ainsi toute mise en accusation et constitution de parties civiles pour le génocide ayant eu lieu dans les pensionnats pour Indiens, dont le dernier ferma ses portes en 1996. Par le moyen de ces actions se favorisant lui-même, le Canada s’est protégé de manière consistante de toute mise en accusation pour des actions dans le pays qui clairement étaient des actes génocidaires, comme le transfert d’enfants à un autre groupe ethnique, la prévention des naissances, provoquer la mort et la destruction à long terme d’un groupe et bien d’autres actions qui furent planifiés et se déroulèrent durant toute l’existence du système de pensionnats pour Indiens.

Il n’est pas ainsi du tout surprenant que le public canadien en général n’ait pas été capable de reconnaître que ce qui s’est passé concernant les enfants autochtones dans ces instituts, constitue un acte de génocide, car sa compréhension de ce dernier a été conditionné pour justement ne pas le reconnaître lorsque cela se passe dans son propre pays.

Quoi qu’il en soit, cette attitude ne diminue ni ne restreint en rien la culpabilité et la responsabilité pénale du Canada et de ses églises chrétiennes pour leurs crimes prouvés contre l’humanité. Sous le coup de lois nationales, le génocide était de fait légal au Canada, comme il le fut en Allemagne nazie. Mais sous le principe de la justice “post ipso facto” employé et établi dans les tribunaux de Nüremberg après la seconde guerre mondiale, même si le crime était légal dans un pays au moment où les actes furent commis, cela constitue au demeurant un crime sous le coup de la loi internationale et doit être poursuivi. De manière générale, ces exemples vont loin dans la démonstration que le génocide normatif n’est pas seulement une affaire de coutume légale et de language ; car en tant que système hégémonique de contrôle, il est invisible pour ses participants, qu’ils soient les conquérants ou les nations dominées.

Ceci constitue de fait l’expérience de génocide au Canada et comment cette destruction continue à ce jour.

 

Note de Résistance 71 : S’ensuit ici 4 pages de notes et de références.

A suivre…

« Meurtre par décret » le contre-rapport de la Commission Vérité & Réconciliation sur le génocide au Canada ~ 3ème partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 juin 2016 by Résistance 71

Nous nous devons de prévenir pour cette partie: âmes sensibles s’abstenir, même si nous pensons qu’il est un devoir de savoir. Citoyens canadiens ! Jamais on ne vous a appris cela à l’école, au bahut ou à l’université. Jusqu’à récemment, l’omerta fut totale. Pour avancer vers un futur juste et unifié, il est important de SAVOIR. Lisez et diffusez. Il faudra que tout ceci finisse par être enseigné, la véritable « réconciliation » avec les nations originelles libres et indépendantes passe par là c’est l’évidence même.

— Résistance 71 —

 

Meurtre par décret: Le crime de génocide au Canada

Un contre-rapport de la “Commission Vérité et Réconciliation”

 

Publié par le Tribunal International pour les Disparus du Canada

En conjonction avec des Commissions Citoyennes d’Enquête préalables

 

Le 1er Mars 2016

Toronto & Bruxelles

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Introduction au texte

Préambule et Critique de la Commission Vérité et Réconciliation

1ère partie A & B

2ème partie

3ème partie

 

1ère partie [B]

Homicide

Note de R71: Dans cette section du contre-rapport, il est fait état de nombreux témoignages tous plus horribles les uns que les autres quant aux sévices et tortures en tout genre subis par les survivants des pensionnats. Cette section contient également quelques entretiens avec des témoins occulaires. Nous n’en traduirons qu’un nombre limité… Les trois témoignages qui suivent ont été choisis parce qu’il représente chacun une histoire d’horreur dans des pensionnats gérés par les trois églises: l’un anglican, l’autre catholique et le dernier par l’église unifiée du canada.

“Après que mon frère eut retrouvé une meilleure santé, il ne retourna pas au ‘Mush Hole’ [pensionnat pour Mohawk de Brantford en Ontario] et il me disait: ‘tu sais ce qui est arrivé à tous ces gamins qui s’y trouvaient ? Tu sais ce qui leur est arrivé ?’ et je lui ai dit que non alors il m’a dit: ‘Ils ont appelé l’armée et ils les ont emmené sur le camp militaire et ils les ont abattu. Ils les ont aligné devant ce grand trou et ils les ont abattu. Quand les balles les touchaient, ils tombaient dans le trou.” ~ Lorna McNaughton, survivante du pensionnat anglican pour les Mohawks de Brantford, Ontario ~

“C’était terrifiant de trouver ces petits crânes là dedans. Qu’étaient-ils ces petits crânes, d’où venaient-ils ? Ils étaient là dans cette chaudière. Ils étaient petits… Deux petits crânes. Je ressens encore cette terreur ruisselant de là.” ~ Lilian Shirt, survivante du pensionnat catholique de Bluequills, Edmonton, Alberta ~

“Lorsque vous passiez par ces portes, vous étiez comme un enfant mort-vivant, un condamné à mort en attente, Vous n’étiez pas humain. Votre histoire ne signifiait rien, votre enfance ne signifiait rien… Il n’y avait aucune raison pour l’existence de ces endroits ci ce n’est une chose: le génocide.” ~Peter Yellowquill, survivant de deux pensionnats de l’église unifiée du Canada à Brandon et à Portage la Prairie, Manitoba~

Dans un système fait pour “tuer l’Indien afin de sauver l’Homme” pour citer les paroles de Duncan Campbell Scott, la mort était aussi la norme et rechercher des cas individuels d’homicides nous rappelle encore une fois les mots du procureur général du procès de Nüremberg qui avait observé très tôt lors des procès pour crimes de guerre que:

L’accusation n’a pas besoin de prouver la culpabilité individuelle des gardiens d’un camp de la mort et des hauts-fonctionnaires de l’état lorsque le système lui-même était mis en place pour la destruction de masse. Tout individu servant dans un tel système est assumé être complice et coupable par le simple fait d’avoir été asscocié à celui-ci.

[…] Passages à tabac, viols collectifs, incarcération en milieu clos sans nourriture, tortures “disciplinaires” incluant des chocs électriques, exposition à des maladies contagieuses et mortelles comme la tuberculose et même des exécutions sommaires furent les méthodes d’homicide utilisées par les personnels des pensionnats et du clergé qui étaient littéralement au-delà de la loi et étaient protégés par la GRC et les agents des Affaires Indiennes. Le tout premier témoin occulaire du meurtre d’un enfant pensionnaire d’une école à faire un compte-rendu public fut le 18 décembre 1995 dans une manifestation publique organisée par le révérend Kevin Annett dans les bureaux de Vancouver de l’église unifiée du Canada. Harriette Nahanee avait alors 10 ans au pensionnat de l’église unifiée du Canada de Port Albeni lorsque, au réveillon de Noël 1946, elle vit le principal du pensionnat Alfred Caldwell frapper des pieds une jeune élève du nom de Maisie Shaw jusqu’à la mort.

J’étais en bas des escaliers de la cave. J’allais toujours m’assoir en bas des escaliers de la cave pour m’isoler et pleurer. Je l’ai entendu pleurer, elle demandait après sa maman. J’ai entendu Caldwell crier après le superviseur pour l’avoir laissé courir autour de la cage d’escalier. Je l’ai entendu la frapper du pied et elle est tombée tout en bas des escaliers. J’ai été voir, ses yeux étaient ouverts, elle ne bougeait pas. Ils ne sont même pas venus en bas pour voir… Je ne l’ai plus jamais revu.

Le premier rapport fut immédiatememt étouffé et nié, officiels et police niant et affirmant tout comme l’église que la petite fille avait été “heurtée par un train”. C’est ce que Caldwell avait dit à ses parents. Mais en janvier 1996, le chercheur Kevin Annett recouvra un certificat de décès provincial au nom de Maisie Shaw qui stipule qu’elle était décédée des suites d’une “péricardie rhumatique aigüe”, c’est à dire un arrêt cardiaque. Une enquête plus poussée révéla que ce certificat de décès avait été placé dans les archives provinciales le mois précédent sa découverte, peu de temps après la déclaration publique d’Harriett Nahanee qui fut publiée dans le quotidien de Vancouver “The Sun”.

[…] Dans un entretien pour le documentaire de Kevin Annett “Sans remords” (2007), un autre survivant du pensionnat d’Edmonton (église unifiée du canada), Doug Wilson de la nation Haida, décrit avoir enterré des enfants à cette même école.

Je ne sais pas comment tous ces enfants sont morts, mais je sais que nous avons creusé beaucoup de tombes. Beaucoup pour le pensionnat, mais aussi un grand nombre pour l’hôptial pour Indiens Charles Camsell… je ne pouvais pas comprendre après pourquoi je ne pouvais pas me rappeler de bien des choses, puis j’ai lu dans votre livre au sujet des traitements par électrochocs. Je me souviens qu’ils m’allongeaient et que je voyais des flashes de lumière puis plus rien. C’était sûrement pour me faire oublier.

[…]

Autres causes ayant contribué à la mort

Comme nous l’avons dit auparavant, la cause principale de l’énorme taux de mortalité dans les pensionnats était la contagion délibérée par maladies comme la tuberculose ou la variole des enfants malades aux enfants sains, le tout accompagné d’un refus de traitement médical pour les enfants infectés. Tout décès issu de cette pratique meurtrière ne peut-être que délibéré pour la simple et bonne raison que les êtres humains ne meurent pas facilement ni immédiatement de la tuberculose.

Cette maladie est une affection débilitante qui ne tue qu’après bien des semaines, une fois que le système immunitaire du malade s’est complètement effondré. De manièrre logique donc, pour que tant d’enfants soient morts de cette maladie et de manière si constante, c’est qu’on a dû leur refuser un régime alimentaire adéquat, de la chaleur et autres aspects vitaux pendant suffisamment de temps pour que les systèmes immunitaires soient affaiblis et les germes puissent remplir leur effet mortel. Ces conditions d’existence furent de fait maintenues comme standard dans chaque pensionnat pour Indiens du pays comme le rapportèrent continuellement les médecins, les agents des Affaires Indiennes et les archives publiques.

Le fait que cette politique de délibérément créer la maladie au sein des pensionnairs des écoles émanait des plus hautes instances du gouvernement fut décrit par le médecin en chef des Affaires Indiennes le Dr. Peter Bryce, qui fut le premier à rapporter le taux de mortalité énorme régnant dans les pensionnats pour Indiens.

Dans son livre “Un crime national”, publié en 1922, le Dr. Bryce affirme que 93% des enfants indiens souffraient de tuberculose après être entrés dans un pensionnat, mais que seulement 10 cents étaient dépensé par Indiens par le gouvernement pour les soigner et combattre la TB, en comparaison à l’époque le gouvernement canaden dépensait 3 dollars par Canadien blanc contre cette même maladie infectieuse. Il affirma également que le gouvernement canadien encourageait la surpopulation dans les pensionnats ainsi que de pauvres conditions hygiéniques tout en mettant également une énorme pression sur la Canadian Tuberculosis Association (CTA) pour qu’elle ignore totalement le problème.

[…] “La nourriture était toujours pourrie et immangeable, les dortoirs toujours très froids, on ne nous donnait jamais d’habits d’hiver. Ils nous affamaient et nous faisaient geler jusqu’à ce que nous soyons tous malades… Je ne peux même plus regarder une bonne sœur jusqu’à ce jour. Elles essayaient de nous infecter tous de la tuberculose de manière délibérée. Elles me faisaient toujours dormir dans le même lit que deux autres filles qui avaient la tuberculose. Une de chaque côté de moi. J’avais si peur. Je dormais sous la couverture, mème souvent sous le lit, J’ouvrais toujours les fenêtres, mais les nonnes venaient les fermer et parfois même les clouaient.” ~Mabel Sport, survivante du pensionnat catholique de Christie sur l’île Meares de 1935 à 1944~

[…] Comme l’ont déjà décrit d’autres témoins ainsi qu’Harriette Nahanee et Steve Sampson, la progéniture des leaders traditionnels des nations étaient les cibles principales des viols et des meurtres dans les pensionnats, de la même manière que bon nombre de femmes autochtones qui disparaissent de nos jours proviennent des systèmes de clan des mères des nations, dépositrices héréditaires du pouvoir ancestral sur la terre.

[…] “J’ai passé cinq ans dans ce que le gouverement canadien appelle des pensionnats mais c’était en réalité des camps de prisonniers de guerre. J’était dans celui appelé l’Institut Mohawk. Ils nous affamaient, nous battaient, nous faisaient geler. C’était horrible. Il n’y avait aucun contrôle de cet endroit. Les enfants étaient battus en permanence ou soumis à des rituels variés de torture. Beaucoup d’enfants y ont été torturés. On leur faisait tenir des tuyaux chauffés jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus le faire. On les jetait au sol depuis le toit. Ils étaient battus à chaque fois que le personnel en avait envie, soumis à des chocs électriques… J’aimerai tant voir les perpétrateurs de ces crimes être punis pour tout çà. La meilleurs chose que j’aimerai voir c’est que l’église anglicane soit bannie du Canada.” ~Del Riley, survivant du Mohawk Institute, lors d’un entretien le 9 octobre 2011~

[…] En 1963, Joan Morris de la nation Songhees de l’île de Vancouver, fut emprisonnée à l’hôpital indien de Nanaimo. Elle avait juste 5 ans, il y resta pendant 6 ans et servit de cobaye à des médecins militaires.

Ils ont dit à ma mère que j’avais la tuberculose, mais je ne l’avais pas, j’étais alors en parfaite santé, c’était leur excuse. Ils m’ont transféré à l’hôpital indien de Nanaimo… Ils m’ont utilisé comme cobaye humain. Je fus attachée sur un lit pendant des mois. Ils m’ont retiré des os de mes côtes et des parties de mes poumons, ils ont aussi brisé tous les os de mes pieds. J’ai les radiographies de tout cela. Ils m’ont aussi injecté avec des substances qui me rendaient malade à chaque fois. Ils m’ont fait boire quelque chose dont j’ai su bien après que c’était de l’iode radioactive. Après être restée là-bas un moment, j’ai eu la tuberculose, mais ils ont dû m’infecter avec parce que personne ne l’avait lorsqu’ils arrivaient.

J’ai vu beaucoup d’autres enfants indiens là aussi, tous comme moi: en bonne santé en arrivant, puis ils ont tous eu la TB et beaucoup sont morts. Les médecins et les infirmières laissaient les choses se passer. Je me souviens des médecins là-bas, le Dr Weinrib et le Dr Lang et les Dr Schmidt et Connelly, ils n’ont jamais aidé les enfants, ils passaient et prenaient des notes. Ils injectaient les enfants, qui contractaient le tuberculose et mourraient.

[…] Kenny est un Indien du nord de l’île de Vancouver qui fut enlevé d’un hôpital local à Campbell River en 1964 alors qu’il avait 5 ans. Ses parents furent avertis qu’il était mort durant une opération. Il fut incarcéré à l’hôpital pour Indien de Nanaimo pendant des années, jusqu’à son adolescence.

Ils me maintenaient dans le noir tout le temps, ils m’administraient des chocs électriques dans la tête. Mon cerveau parfois a encore des flashes. On m’a donné des médicaments qui m’ont rendu malades, je devais réingurgiter mon vomis. Ceci a duré des années. J’ai eu le sentiment que c’était l’armée qui gérait tout çà. Plus tard durant mon traitement, mon médecin de Campbell River m’a dit que je ne pourrais jamais voir mon dossier médical car il était classifié et était un sujet de sécurité nationale. Je dois dire que j’ai vu beaucoup d’enfants passer par là. Ils mouraient comme des mouches. Je les ai vu les enterrer dans les bois à l’ouest de l’hôpital.”

[…]

L’imposition de mesures contraceptives et de stérilisation

Tu es un bon chrétien Ed. Vas-y fais des enfants, je ne stérilise que les païens.” ~Dr George Darby Senior, médecin missionnaire de l’église unifiée du canada à Ed Martin de la nation Hesquait, Bella Bella, Colombie Britannique, 1952.~

Il n’y a pas d’acte ni d’intention plus clairs de génocide que de tenter d’arrêter la procréation d’un groupe humain cible en empêchant à la fois la conception (par voie de stérilisation forcée) et les naissances (par voie d’avortement forcé), mais aussi en euthanasiant les nouveaux-nés. L’existence de lois pour légitimer ces crimes et pour permettre la stérilisation involontaire d’un groupe spécifique confirme l’intention d’un gouvernement et d’une nation d’éliminer ce groupe.

Le Canada a passé ce type de lois entre 1929 et 1933, lois qui ciblèrent les Indiens et les métis. Au sein de douzaines de pensionnats, d’hôpitaux et de centres de recherches militaires, des milliers et des milliers d’Indiens furent stérilisés simplement parce qu’ils étaient Indiens ou pour des buts “disciplinaires” ou d’expérimentation. Ces programmes émanèrent d’un plus vaste mouvement eugéniste originaire des Etats-Unis dans les années 1880 et qui se répandit comme un feu de brousse au Canada au tout début du XXème siècle. Beaucoup de sommités du mouvement eugéniste pratiquèrent leurs expériences sur des Indiens adultes du Canada et sur les enfants indiens pensionnaires des écoles du programme canadien. Parmi ces scientifiques, des chercheurs nazis qui furent importés au Canada après la seconde guerre mondiale sous le couvert de la tristement célebre opération du “Project Paperclip” ou “Projet trombone”.

[…]

Stérilisations

Les stérilisations intrusives, radiologiques et chimiques des enfants des pensionnats pour Indiens commencèrent après la passage de lois sur la stérilisation sexuelle en Colombie Britannique et en Alberta entre 1929 et 1933, continuant jusqu’à ce jour. Les opérations se tenaient généralement dans les hôpitaux pour Indiens ou même dans les cliniques des plus grands pensionnats catholiques, anglicans et de l’église unifiée du canada.

C’était en 1969 ou 1970. Ils me firent cette procédure à moi et à mes 10 frères quand nous étions à l’école, juste avant la puberté. L’un après l’autre. On m’a amené à l’infirmerie, on m’a attaché sur un brancart et on m’a fait rouler sous une machine à rayons X. Ils ont mis la machine au dessus de mon pelvis et ils l’ont laissé 10 minutes. Je ne savais pas ce qu’il se passait, ils m’ont dit qu’ils me scannaient pour la tuberculose. Mais je n’ai jamais pu avoir d’enfants, ni mes frères du reste. J’ai bien essayé de poursuivre l’église anglicane en justice plus tard, mais mon avocat n’a jamais voulu mentionner cette affaire de stérilisation devant un tribunal.” ~ Jackson Steene, nation Dene, stérilisé à la clinique du pensionnat pour Indien anglican de Carcross dans le Yukon, un des derniers pensionnats à avoir fermer en 1996.

[…] Le R.W. Large hospital de Bella Belle en Colombie Britannique, qui est toujours en opération aujourd’hui, a été un centre majeur de stérilisation pour au moins 40 ans. Fondé en tant que clinique missionnaire de l’église unifiée du canada par le Révérend Dr George Darby Senior (1889-1962), l’hôpital a reçu de grosses subventions du gouvernement. Le Dr Darby et son fils George Darby Junior, ont personnellement stérilisé des centaines de femmes autochtones dans cette clinique entre 1930 et 1962, le plus souvent parce qu’elles n’étaient pas chrétiennes ou ne voulaient pas aller à l’église.

Darby était le roi de Bella Bella et de Waglisla et sa parole était la loi. Il a stérilisé beaucoup d’entre nous. Il avait pour habitude d’observer qui n’allait pas à l’église au village. Il m’a dit une fois: ‘Ethel, tu devrais aller à l’église si tu ne veux pas du traitement…’ C’était vers 1949. J’ai dû me faire opérer de l’appendicite l’année suivante et c’est à ce moment là que Darby m’a stérilisé alors que j’étais anesthésiée. J’ai tout de suit su que quelque chose n’allait pas quand je me suis réveillée. J’avais vraiment mal au bas ventre et toutes mes dents en or avaient été retirée. J’ai appris plus tard à Vancouver qu’on m’avait ligaturé les trompes. Ceci s’est produit pour beaucoup de nos femmes sur les réserves jusqu’à encore récemment.” ~Ethel Wilson~

Ed, tu es un bon chrétien, vas-y fais des enfants, je ne stérilise que les païens ! Je suppose que Darby m’aimait bien parce que j’allais à son église. Plus tard il m’a dit que le gouvernement le payait 300 dollars pour chaque femme indienne qu’il stérilisait.” ~Ed Martin de Waglisla devant le tribunal de l’IHRAAM à propos du Dr Darby, 1998~

Steve Sampson, un ancien de clan traditionnel Chemainus de l’Île de Vancouver, affirme avoir vu des échantillons des archives de stérilisation de Bella Bella lorsque lui et d’autres membres du mouvement “Red Power” ont occupé le bureau QG des Affaires Indiennes à Vancouver durant l’été 1973. Peut-être de manière non-incidentelle, ses deux propres fils ont été stérilisés par la suite.

Ils ont pris mon fils aîné en 1975, alors qu’il n’avait que 4 ans. Les flics l’ont emmené à l’hôpital de Victoria et l’ont opéré de façon à ce qu’il ne puisse plus perpétrer notre lignée, nous sommes les leaders de notre peuple. Ils ont toujours essayé de nous détruire. Mon second fils fut stérilisé lorsqu’il eut 9 ans en 1981. Les deux fois, les gendarmes de la police montée les ont pris alors que j’étais absent. Ce furent les Dr Bowen-Roberts et Boaker qui ont supervisé les opérations. Ils étaient médecins aux affaires indiennes pour le gouvernement. Ils étaient bien copains avec la famille Harris sur notre réserve, les vendus qui ont été mis en place par la couronne comme “chefs” marionnettes il y a bien des années. J’ai aussi appris que nos médecins locaux à Duncan stérilisaient notre peuple. Les Dr Styles et Henderson, sur Ingram Street. Tout cela est de notoriété publique mais personne ne veut en parler.

Traditionnellement, toute personne aborigène peut-être ciblée pour stérilisation. Ces stérilisations se sont surtout produites dans des zones riches en ressources naturelles dans des terres toujours occupées par des Indiens.

[…] En Ontario, les femmes autochtones ont été régulièrement prises comme des sujets involontaires de tests cliniques pour essayer de nouvelles méthodes de contraception comme les IUD et dans le processus ont été stérilisées. Lynn Sharman, une employée de communauté aborigène a documenté ces expériences au cours des ans.

L’objectif a toujours été que les femmes indiennes arrêtent de procréer. Dans les années 1950, les femmes Cree et Ojibway étaient enfermées dans l’hôpital psychiatrique de Lake Head et étaient saturées de médicaments et produits chimiques en tout genre à titre contraceptif. J’ai une liste de plus de 300 femmes qui sont mortes au cours de ces expériences médicales et dont les inhumations n’ont jamais été rapportées. Les Cree autour de Fort Albany ont trouvé un registre des décès avec les noms des femmes décédées “durant une opération chirurgicale” C’était quand ils avaient besoin de cobayes humains pour les IUD. Ils l’inséraient et observaient ce qu’il se passait, cherchant le meilleur moyen d’arrêter la procréation chez les sauvages. Tous les médecins avaient l’habitude de parler comme çà. Ils sont simplement plus discret aujourd’hui.

[…] De la bouche même du démon, celle du directeur du Programme étendu de vaccination pour l’OMS et un des grands archictectes de la guerre du Vietnam, Robert MacNamara, lors d’un entretien accordé à la presse française en 1996:

On doit prendre des mesures draconiennes pour la réduction démographique contre la volonté de certaines populations. Réduire la taux de natalité s’est avéré quasiment impossible. On doit dès lors augmenter le taux de mortalité. Comment ? Par des moyens naturels: la famine et la maladie.

Et ils emmenèrent le bébé dans la pièce de la chaudière. Ils y ont jeté ce petit bébé et l’ont brûlé vivant. Tout ce que vous pouviez entendre était ce petit cri étouffé…” ~ Irene Favel, survivante du pensionnat catholique de Muscoweqan dans la province du Saskatchewan, 1944-49, dans un entretien avec la chaîne de télévision canadienne CBC News le 3 juillet 2008 ~

Lorsque j’étais en Senior B, les filles se retrouvaient enceintes [des viols], mais elles n’avaient jamais leurs enfants vous savez. Ils faisaient venir quelqu’un pour un avortement. C’était effrayant, nous entendions la porte de l’incinérateur s’ouvrir et puis le gros clang de la fermeture et nous savions qu’ils se débarrassaient de preuve… On se demandait souvent combien d’enfants ont été jetés dans cet incinérateur.” ~ Eddy Jules, survivant du pensionnat catholique de Kamloops ~

[…]

La mise en esclavage des enfants pour des travaux pénibles et comme possession sexuelle étaient des caractéristiques structurelles des pensionnats pour Indiens. Le trafic de jeunes enfants fournissait une source de jeunes corps pour les cercles d’abus sexuels et d’expérimentation médicale. Mais cela servait aussi un but génocidaire plus large en détruisant de manière permanente les liens familiaux et sociaux et en séparant les générations et les genres aborigènes les uns des autres, ceci étant un but primordial de tout régime génocidaire. Cette désagrégation inter-générationnelle est une caractéristique structurelle clef des familles aborigènes au Canada et une cause principale de la destruction courante des sociétés autochtones.

Je n’ai pas reconnu mon frère Tom lorsque je l’ai revu, ce fut si long… Nous n’étions jamais autorisées à aller près des garçons ou dans leur dortoir, il était fermé de notre côté de toute façon. Une des filles ne pouvaient pas supporter d’être séparée de son petit frère et elle essaya de s’infiltrer de nuit dans le dortoir des garçons. Elle fut découverte et fut condamnée au “gauntlet”… Les nonnes nous a donné à toutes des ceintures de cuir et de lourds bâtons et nous avons dû la frapper alors qu’elle courait au milieu des deux lignes que nous avions formées. Elle ne pouvait même plus marcher après que nous en ayons eu fini avec elle.” ~ Nan Johnson, survivante de 7 ans dans le pensionnat catholique de l’île de Meares dans les années 1960 ~

Les conséquences sur le long terme de cette séparation inter-générationnelle induite ont été catastrophiques sur les familles autochtones. Abus physiques sur les enfants, violences conjugales, divorces, incestes sont 10 à 15 fois supérieurs chez les natifs que parmi les non-aborigènes. L’épidémie continue de trafic juvénile dans les réserves, souvent aidé et encouragé par les chefs des conseils de bandes/tribus eux-mêmes financés par l’état, est une grande menace à la survie autochtone tout comme le sont également le trafic de drogue, les violences de gangs rivaux dans bien des réserves indiennes aujourd’hui.

[…]

Transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre

[…] Depuis l’automne 1948, l’action de transférer de force des enfants d’un groupe à un autre est considéré comme un acte de génocide et susceptible d’être poursuivi comme crime selon la loi internationale et pourtant jusqu’à 1996 au sein des pensionnats pour Indiens et jusqu’à aujourd’hui au travers du système gouvernemental d’adoption et des programmes d’agences “d’attention juvénile”, les actions génocidaires contre les enfants autochtones ont continué et continuent à se produire en toute impunité des mains du gouvernement, des églises et des entreprises privées.

[…] Les églises furent assistées dans leur plan de voler les nations indiennes de leurs enfants par la force. Les chefs de conseils eux-mêmes aidèrent à la saisie des enfants sous la garantie que leurs propres enfants ne le seraient pas et échapperaient aux pensionnats. Le chef Paul White de la bande de Nanaimo fut un tel collabo du système.

A leur arrivée dans les pensionnats, tous les enfants autochtones, quel que soit leur âge, étaient entièrement déshabillés, leurs cheveux rasés, ils étaient aspergés de produits toxiques comme le DDT et on leur donnait un uniforme de prisonnier standard portant un numéro. Ils ne pouvaient plus utiliser leur véritable nom mais devaient répondre au numéro. Dans bien des cas, un viol systématique était infligé à chaque enfant, spécifiquement ceux qui ne voulaient pas coopérer. Tout enfant qui continuait à utiliser sa langue maternelle au lieu des langues coloniales était battu et torturé sans merci.

[…] Dans une mascarade de légalité pour couvrir l’enlèvement forcé de leurs enfants, tous les parents autochtones devaient signer un “formulaire de demande d’admission”, qui donnait la tutelle légale des enfants aux directeurs/proviseurs des pensionnats, généralement des hommes du clergé. Ce formulaire néanmoins prouve la responsabilité légale ultime des églises pour les crimes et les dégâts physiques et psychologiques causés dans les pensionnats.

Les conditions de vie dans les pensionnats ressemblaient bien plus à celles d’un camp de travail que de celles d’entités éducatives. Une lettre d’un assistant haut-fonctionnaire aux affaires indiennes en Colombie Britannique à Fort Fraser stipula que “le ministère considère que les garçons doivent être au travail 6 jours et demi par semaine”, la lettre liste les différents travaux pénibles à faire: coupes d’arbres, élagages, travaux de ferme et de champs, construction etc… Pour les filles, le “but principal” de l’éducation était d’en faire des servantes ou des aides de cuisine.

Nous n’avions jamais le droit de rire. Nous n’avions pas le droit de lire, Nous n’avions pas de livres. Si nous étions prises à lire… Oulala !… Attention les yeux ! Nous n’étions pas permises de lire des bandes dessinées, rien. Tout ce que nous avions droit en classe étaient de longs et ennuyeux cours sur la vierge Marie dispensés par une vieille nonne stupide. Voilà tout. Nous n’avons jamais été éduquées en quoi que ce soit.” ~ Lillian Shirt, survivante du pensionnat catholique de Bluequills dans la province d’Alberta ~

[…] Dans les années 1930, la Gendarmerie Royale du Canada (GRC, police montée) fut détachée par le gouvernement fédéral pour agir comme le bras policier des pensionnats et ses gendarmes traquaient et ramenaient les fugitifs ; mais tout citoyen pouvait être adjoint de faire la même chose et les directeurs des pensionnats engageaient souvent des vigiles privés “chasseurs d’esclaves”, pour retrouver les enfants échappés.

Ces vigiles avaient tout pouvoir pour pénétrer dans toute maison, propriété et pouvaient saisir quiconque ou quoi que ce soit sans aucun mandat, puis accuser le ou la fugueuse de délinquance juvénile, ce qui permettait à tout enfant autochtone d’être criminalisé et jeté en prison comme un adulte, quelque soit son âge.

Lorsque des fugueurs étaient ramenés dans leur pensionnat, ils devaient faire face à une répression terrible et extrême, des punitions qui entraînaient parfois la mort. Au pensionnat Alberni de l’église unifiée du Canada, les enfants ramenés ainsi étaient routinièrement enfermés dans des pièces sombres et froides sans nourriture ni eau pendant des jours. S’ils survivaient, ils étaient déshabillés devant les autres enfants et battus pour l’exemple et en avertissement aux autres.

[…] Feue Virginia Baptiste de la nation Osoyoos s’est échappée plusieurs fois du pensionnat catholique pour Indiens de St. Eugène à Cranbrook. Chaque fois qu’elle fut rattrapée, elle fut battue jusqu’à la perte de connaissance par des nonnes tenant des brosses en bois. Après sa troisième évasion à l’âge de 9 ans, elle fut torturée au moyen de “l’eau gelée”:

Ces salopes de nonnes m’ont fait mettre debout dans de l’eau avec de la glace pendant des heures. J’ai perdu la sensation au niveau de mes pieds et de mes jambes, je n’en ai toujours pas récupéré. Après que je me sois évanouïe, elles m’ont frappé jusqu’à ce que je me réveille, etc… Les dégâts occasionnés furent permanents, j’avais juste 9 ans à l’époque, j’en ai 58 aujourd’hui et je ne peux jamais me réchauffer complètement. Je n’ai jamais été capable de marcher nornalement depuis ces jours.

[…] Un des aspects les plus torturant de l’incarcération de ces enfants dans les pensionnats pour Indiens fut le vicieux système du “diviser pour mieux régner” mis en place par les gérants des établissements. Les enfants étaient incités à rapporter les uns sur les autres, à se molester et à s’attaquer les uns les autres. Ceux qui informaient sur leurs co-détenus recevaient plus de nourriture et moins de punitions.

On les appelait la section garde-chiourme”, dit feu Delmar Johnny de la nation Cowichan dans un entretien avec des chercheurs en 2006 se rappelant de ses années passées au pensionnat catholique de Kuoer Island. “Ils étaient toujours mieux habillés que le reste d’entre nous. Ils faisaient partie du groupe des protégés. Personne d’autre ne l’était. Nous étions tous des proies à volonté pour les violeurs opérant dans le personnel du pensionnat. Les gardes-chiourme pouvait aussi choisir quiconque d’entre nous, raconter des salades à nos sujets juste quand le personnel voulait savoir qui planifie quoi.

De manière générale, ces “gardes-chiourme” reçurent le plus souvent une meilleure éducation et acquérirent un pouvoir politique dans la hiérarchie (coloniale) autochtone, devenant des officiels dans les conseils de bandes/tribus, qui continuent le plus souvent à terroriser leur propre peuple pour les mêmes maîtres blancs.

[…]

Infliger des conditions faites pour causer une destruction à long terme

[…] “Si les pensionnats doivent continuer nous devons faire face au fait qu’un grand nombre d’élèves souffrira de la tuberculose… Bien qu’il soit vrai qu’ils meurent à un plus grand ratio après avoir été intégrés aux pensionnats, il en va de la sorte en maintenant le cap de la politique de ce ministère qui est dirigée vers la solution finale du problème indien.” ~Lettre de l’adjoint au Superintendant aux Affaires Indienne Duncan Campbell Scott au Commandant D. McKay, inspecteur des pensionnats pour Indiens, Colombie Britannique le 7 Mars 1910~

Le génocide n’est jamais une série d’actes isolés mais la continuation d’un objectif établi, ce qui devient clairement évident au vu des conditions physiques générales dans lesquelles le groupe ciblé est contraint de vivre. Ces conditions sont le modèle pour la destruction éventuelle future de ce groupe particulier.

[…] Au cours de la recherche intensive qui a servi à préparer ce rapport / contre-rapport de la CVR, commencé dans les cercles de deuil et de cicatrisation ainsi que les forums publices de la ville et de la région de Vancouver au printemps 1997, 1200 survivants des pensionnats de 7 provinces canadiennes furent interrogés. De toutes ces personnes, 358 donnèrent leur autorisation pour que leurs déclarations et témoignages soient rendus publics et cités.

Un sondage dans les déclarations publiques trouva cette communalité d’expérience en considérant les conditions que ces survivants ont enduré dans les pensionnats entre 1932 et 1981 dans 38 pensionnats pour Indiens différents gérés par les églises catholique, anglicane et unifiée du canada:

  • Nourriture rance et contaminée
  • Habillement insuffisant
  • Dortoirs non chauffés et non ventilés
  • Mise en isolation permanente des familles, des amis et de toute source d’amour et d’affection
  • Un environnement quotidien de violence indiscriminée, de racisme, de punitions non méritées distribuées de manière aléatoire et une mise sous stress permanente
  • Exposition régulière, quotidienne avec des enfants malades et avec ceux souffrant de sévères grippes et de la tuberculose
  • Pas d’attention médicale ni d’examens médicaux réguliers
  • Pas de visites régulières d’agents du gouvernement ou d’assistants sociaux
  • Abus et attaques physiques et sexuels permanents
  • Décès réguliers de pensionnaires qui ne firent jamais l’objet d’une quelconque enquête
  • Punitions régulières pour avoir parlé leur langue maternelle, punitiosn incluant des tortures extrêmes
  • Travail forcé non rémunéré

Réfléchissant sur ces conditions monstrueuses, le survivant du pensionnat d’Edmonton, Sylvester Green a déclaré en Mars 2007: “Nous ne pourrons jamais récupérer de ce qu’ils nous ont fait et de ce que nous nous faisons à nous-mêmes. Le pire est que nous avons passé tout cela à nos enfants: l’alcoolisme, les drogues, la violence, le viol. Toutes ces palabres de “cicatrisation et de réconciliation” ne sont que des paroles pour les blancs.

En écho de la déclaration de Sylvester Green, Kevin Annett a observé au cours d’un témoignage qu’il donna au tribunal de l’IHRAAM, que la majorité des hommes et femmes autochtones qu’il avait rencontré dans les “cercles de cicatrisation” locaux sur Vancouver n’avaient jamais été incarcérés dans un des pensionnats, mais qu’ils et elles étaient la descendance des survivants des pensionnats et pourtant ils portaient les mêmes stigmates de disfonctionnement, d’addiction et de courte espérance de vie que leurs parents. Ce schéma se retrouve partout à travers le Canada.

La destruction de long terme établie parmi les autochtones du Canada par le moyen des brutalités endurées dans ces pensionnats est claire pour quiconque visite une réserve indienne ou les ghettos urbains indiens d’une pauvreté affligeante, dans lesquels les ¾ des Indiens vivent: des conditions qui sont permanentes et inter-générationnelles. Même les études du gouvernement canadien confirment tout ceci.

[…] La loi sur les Indiens du Canada ou l’Indian Act, qui est toujours en vigueur, a traditionnellement été le moyen principal d’assurer la dépendance des Indiens. Sous cette loi, tous les Indiens vivant dans les “réserves” (NdT: donc non “assimilés”) sont les “pupilles légaux de la nation canadienne à perpétuité”, ce qui veut dire pour toujours, du moins aussi longtemps que dure la règle édictée par la “couronne” (NdT: City de Londres et sa banque d’Angleterre/Vatican). En tant que “pupilles”, les Indiens n’ont aucune identité légale ou auto-gouvernance, ils sont placés dans la même catégorie que les enfants ou les handicapés mentaux. Les Indiens de réserves ne peuvent même pas refuser un traitement médical ou élire leur propre conseil de bande de manière autonome. Les conseils de bandes dépendent de l’état fédéral et peuvent être démantelés sur simple injonction du ministre des Affaires Indiennes.

De plus, les enfants résidant sur les réserves peuvent être saisis à volonté, qu’ils soient sur ou hors de leur réserve et ce sans aucun recours légal: un fait qui compte dans l’incroyable affaire que bien plus d’enfants autochtones se trouvent aujourd’hui dans des familles d’adoption blanches, que ne furent incarcérés dans les pensionnats pour Indiens (NdT: rappelez vous que le chiffre conservateur avancé est de l’ordre de 150 000 enfants indiens minimum ayant transité dans les pensionnats…) et ce avec les mêmes conséquences destructrices sur leur santé et leur identité culturelle.

Si le Canada faisait vraiment un gros effort pour sortir de ce passé génocidaire et de “ne jamais plus refaire cette erreur monumentale des pensionnas pour Indiens” (d’après le premier ministre Sephen Harper dans son adresse “d’excuses” de 2008), pourquoi donc le Canada maintint-il structurellement et légalement les Indiens dans des conditions de génocide à l’heure où nous écrivons ces lignes ? La vérité est que les actions de l’état canadien et des églises sont aujourd’hui exactement les mêmes qu’elles ne l’étaient il y a un siècle en rapport avec la question indienne: des actions trompeuses, auto-gratifiantes et meurtrières.

Causer des dégâts corporels et mentaux

Le système des pensionnats pour Indiens dans sa totalité fut un acte de violence dans la durée fait pour causer des dégâts corporels, mentaux et spirituels à ses pensionnaires.

Note de Résistance 71: Nous avons assez longuement débattu afin de décider si oui ou non nous allions traduire les quelques témoignages qui vont suivre. Nous remercions au passage le seul traducteur qui a accepté de traduire ces atrocités. Nous avons jugé qu’il est important que cela soit su. Cela a été rapporté en anglais, ce doit donc l’être en français.

Nous avertissons les lecteurs plus sensibles que ce qui va suivre est atroce, ignoble et que s’ils le désirent ils peuvent sauter ce passage et se reporter à la section “Contrôle expérimental de la pensée, MKUltra et les pensionnats pour Indiens” un peu plus bas.

Harry Lucas, un Indiens de l’île de Vancouver, qui a subi les sévices du pensionnat catholique de Kuper Island alors qu’il était enfant, a été arrêté plusieurs fois pour indécence sur la voie publique et prostitution. Il a expliqué ceci lors de son entretien dans le documentaire de 2006 “Unrepentant”:

Je ne savais pas pourquoi j’aimais m’habiller en femme et le faire comme si j’en étais une jusqu’à ce que je commence une psychothérapie et je me suis alors rappelé ce qu’il s’était passé là-bas sur Kuper Island… Les bonnes sœurs avaient l’habitude de m’habiller en fille et de me préparer pour les curés et m’enfonçant des manches de balais et de ventouses de chiottes dans le cul. Vous deviez vous prêter à ce rituel ou vous étiez sévèrement battus, souvent à mort. Je l’ai vu se produire à d’autres garçons auxquels elles avaient essayé de faire la même chose… Après la première fois, j’ai fait un blocage psychologique et me suis résigné. Maintenant je ne peux plus me regarder dans une glace.

Ce type de traumatisme psychologique fut aussi sévère que le traumatisme physique et commença dès que les enfants furent enlevés par le clergé des écoles ou la GRC. D’après Larry Lavoie, un ancien de la nation Cree d’Alberta,

J’avais juste 8 ans, cela était donc en 1959. Ils m’ont arraché des bras de ma mère et m’ont enfermé dans un camion silo à grain, parqué là-dedans avec plein d’autres petits garçons. Nous avons été véhiculés à plus de 150 km vers l’école de la réserve d’Ermineskin dans ce réservoir poussiéreux et suffoquant, à la fin du voyage quelques garçons étaient déjà morts. Mais ce ne fut pas le pire. La première fois que j’ai pleuré pour revoir ma mère une bonne sœur m’a frappé et a attaché du fil de pêche à mon pénis. Elle le resserrait toujours plus fort dès que je pleurais. La sœur Denise, tel était son nom. Elle adorait cogner nos têtes contre les piliers en ciment des bâtiments. Mon cousin Jackie est mort de cette façon là. Il est devenu d’abord barjot. La nonne m’a dit après la mort de Jackie ‘Si je le pouvais, je ferai çà à chacun d’entre vous sales petites merdes puantes de sauvages…”

D’après les “registres de punitions” de l’église qui furent fournis par des avocats gouvernementaux durant le premier procès en 1996, des tortures de routine étaient utilisées sur des enfants aussi jeunes que 4 ans, par le personnel et le clergé dans tous les pensionnats dénominés pensionnats pour Indiens.

Sur ces preuves, le juge Donald Brenner de la cour suprême de la province de Colombie Britannique fit la remarque suivante: “Les pensionnats pour Indiens faisaient partie d’un système de torture institutionnalisée et de pédophilie.” (de son rendu de jugement du 6 Juin 1998)

Les preuves d’archives démontrent que ces tortures de routine qui furent utilisées par toutes les églises gérant les pensionnats pour Indiens et leurs enfants pensionnaires, incluaient les actes [de barbarie] suivant:

  • Rasage des têtes avec des rasoirs émoussés
  • Passages à tabac avec des “poings américains”
  • Passages à tabac avec des lanières de cuir lourd ou des pièces de métal
  • Fouettage
  • Viols par des individuels ou en bande organisée
  • Confinement dans des endroits étroits, froids et sombres durant des jours sans boire ni manger
  • Forcer les pensionnaires à réingurgiter de la nourriture rance ou vomie
  • Malnutrition volontaire
  • Chocs électriques à la tête
  • Chocs électriques sur les gencives et parties génitales
  • Forcer les pensionnaires à jeter vivant leur animal familier (souris) dans des chaudières ou feux continus
  • Arrachage de dents et soins dentaires (plombages) sans anesthésie
  • Enfonçage d’aiguilles ou de petits clous de cordonnier sous les ongles ou au travers de la langue, des mains ou des membres
  • Forcer les pensionnaires à se tenir debout, nus, dans la neige
  • Utilisation de menottes et de carcans, exposition publique dans l’école
  • Soumettre les pensionnaires des jours durant aux intempéries
  • Forcer des pensionnaires à regarder d’autres se faire violer, battre, torturer et tuer
  • Forcer des pensionnaires à commettre de tels actes sur d’autres pensionnaires
  • Forcer les pensionnaires à enterrer les morts dans des fosses communes secrètes.

Ces tortures infligées ne l’étaient pas de manière aléatoire mais faisait partie d’un programme calculé et prescrit et furent aussi prévalentes dans les années 1960 qu’elles le furent dans les années 1930.

Par exemple un Juin 1998, deux survivants des pensionnats à des époques différentes du même pensionnat d’Alberni, Harriett Nahanee et Dennis Tallio, ont tous deux décrit dans leurs témoignages lors des auditions de l’IHRAAM, avoir eu leurs dents arrachées sans anesthésie par les dentistes de l’école et ce à trente ans d’intervalle. Une employée du pensionnat, Marion MacFarlane, a confirmé en 1998 que les dentistes locaux de Port Alberni “avaient reçu l’option de couper dans les coûts chirurgicaux en n’utilisant pas de novocaïne lorsqu’ils arrachaient ou plombaient des dents d’élèves”.

[…] Des chaises électriques furent utilisées dans les caves du pensionnat de l’église unifiée du Canada de Port Alberni ainsi qu’à Albany en Ontario au pensionnat catholique Ste Anne afin de punir des pensionnaires et aussi pour “amuser des dignitaires en visite”, pour citer un article entretien du journal du “Globe and Mail” du 21 Octobre 1996. Deux victimes survivantes de Ste Anne ont décrit leur tourment. Voici ce qu’ils déclarèrent dans leur entretien avec le quotidien du Globe and Mail:

Ils y mettaient les enfants s’ils jugeaient leurs actions mauvaises. Les nonnes l’utilisait comme une arme. J’y suis passée en plusieurs occasions. Elles attachaient mes bras sur les acoudoirs métalliques et çà vous électrisait à travers tout votre système.” ~ Mary Anne Nakogee-Davis, torturée en 1963~

J’avais 6 ans. Rien de volontaire là-dedans… une fois que le machin était en marche, je pouvais sentir le courant électrique passer à travers moi… Vos jambes tressautaient de partout et tout le monde dans le pièce riait.” ~Edmund Metatawabin, torturé dans la même école en 1953 ~

Pour que les mêmes tortures dentaires et électriques fussent infligées aux enfants à des décennies d’intervalle, ceci indique une véritable standardisation de la méthode et des politiques en regard de la discipline et des punitions et apparemment, la distraction de quelques blancs et non pas des traitements infligés par quelques sadiques de manière sporadique et isolée. C’était la norme au sein des pensionnats pour Indiens de torturer les pensionnaires, parfois jusqu’à la mort.

Là encore, il y a un objectif derrière ces assauts permanents sur des enfants: celui non seulement de briser psychologiquement les enfants pour en faire des “esclaves” bien obéissants, mais aussi d’identifier et de mouler ceux d’entre eux qui un jour, agiraient de manière “assimilée”, en laquais politique du gouvernement et des intérêts entrepreneuriaux en charge.

Transformer des enfants autochtones en “ceux n’appartenant plus à un groupe original”, d’après le dictionnaire Webster’s, impliquait et demandait un sérieux programme de conditionement et de lavage de cerveau dont la terreur et le traumatisme furent des agents permanents et sans relâche. En ce sens, les pensionnats pour Indiens ne furent pas seulement des centres d’extermination, mais aussi des camps de ré-éducation strictement contrôlés afin de séparer la “lie de l’ivraie”, ceux qui étaient “irrécupérables” et ceux qui étaient “sauvegardables” afin de former, de formater ces derniers en de futures marrionnettes (néo)coloniales.

Contrôle expérimental de la pensée, MKUltra et les pensionnats pour Indiens

Les thérapeutes qui ont traité les suvivants des pensionnats pour Indiens ont de longue date fait remarquer la prévalence des caractéristiques du “Syndrome de Stockholm” parmi beaucoup de leurs patients, syndrome identifié comme la tendance pour ceux et celles qui ont souffert des plus extrêmes tortures et privations de libertés dans les pensionnats (et ailleurs), de toujours s’identifier et même de défendre le système tout en évitant de devoir confronter leurs tortionnaires. Cette tendance est partie intégrante d’une plus grande pathologie délibérément engendrée par l’église et l’état dans ces écoles, spécifiquement après la seconde guerre mondiale, lorsque des scientifiques militaires essaimèrent vers ces facilités isolées et sécurisées qu’étaient les pensionnats pour Indiens afin de pouvoir exploiter les parfaits jeunes cobayes humains qui y étaient internés.

[…] Après 1952, le programme MKUltra (NdT: Mind Kontrol Ultra) demandait une telle jeune population de cobayes préparés pour la recherche extensive sur le contrôle de l’esprit et de la pensée et sur le comment façonner une obéissance sans faille chez les populations civile et militaire. Pour ses cobayes humains, l’agence (CIA) se reposa lourdement sur les populations captives trouvées dans les prisons, les asiles et les pensionnats pour Indiens (NdT: tant au Canada qu’aux Etats-Unis).

Il y a deux cas bien documentés de cette recherche militaire impliquant des enfants indiens, dont celui de “Sara Hunter” ainsi que celui des scientifiques médicaux formés par les nazis au pensionnat catholique de Kuper Island avant et après la seconde guerre mondiale. L’histoire de Sara Hunter est expliquée de manière séparée dans un livre éponyme mentionné dans notre bibliographie. Ce livre est un remarquable témoignage sur la profondeur de l’infiltration des milieux médicaux canadiens par les nazis ainsi que des milieux militaires et politiques dans les années 1950 et 1960. Néanmoins pour notre objectif présent, le cas de Kuper Island est plus important.

En 1932, la responsabilité du pensionnat catholique pour Indiens de Kuper Island sur la côte ouest canadienne fut donnée à l’ordre de Montfort, une secte catholique germano-hollandaise ayant des liens très étroits avec les mouvements fascistes européens. En janvier 1939, les Montfort amenèrent à Kuper Island un groupe d’environ “une douzaine de médecins parlant allemand”, d’après le témoignage de Dennis Charlie qui a survécu à ce qui va être narré maintenant.

Ils nous prirent par lot de 25 enfants, garçons et filles”, se rappelle Dennis lors d’un etnretien en juin 2005 sur sa réserve indienne de Penelakut près de la ville de Duncan en Colombie Britannique.

J’avais 10 ans à l’époque. Il y avait des garçons dans notre groupe qui étaient bien plus jeunes. Ils nous ont amené dans une infirmerie et nous ont aligné de façon à ce que les Allemands puissent nous examiner. Les médecins allemands ne venaient pas d’ici, ils avaient besoin de traducteurs pour poser les questions… Puis ils nous ont injecté dans la poitrine. Deux aiguilles, chacune près de chaque téton. On a commencé à tomber de suite. Cela nous a rendu malade, on a eu des vertiges, certains d’entre nous ont perdu connaissance… Deux d’entre nous sont devenus si malades qu’ils en sont morts peu de temps après. L’un d’eux était mon ami Sandy Mitchell. Ils l’ont emmené dans un hôpital de Vancouver et l’ont étudié avant qu’il ne meure. Un autre garçon m’a dit avoir vu Sandy à l’hôpital avec lui: il était tout gonflé et il suppurait de partout. Ils nous ont dit qu’il était mort d’une pneumonie.

Peu de temps après cet incident, trois garçons qui avaient été injectés s’enfuirent du pensionnat et la police locale fut mise au courant des expériences médicales qui s’y tenaient. De manière inhabituelle, la police refusa de renvoyer les garçons au pensionnat et une semaine plus tard, tous les frères de la secte Montfort démissionnèrent et furent remplacés par des oblats. Les médecins allemands disparurent jusqu’en 1947, lorsque certains d’entre eux réapparurent. Arnold Sylvester, qui était un des enfants qui furent injectés dans le groupe originel, reconnut un des médecins qui vivait dans la ville de Duncan ; mais la sécurité renforcée autour du Kuper Island a empêché toute enquête.

Bien que nous n’entrerons pas dans les détails de l’affaire Sara Hunter, il est important néanmoins de noter qu’un des enfants qui fut tué au cours d’expériences médicales sur cobayes humains sur la base aérienne militaire de Calgary lorsque Sara Hunter fut détenue là-bas entre 1956 et 1958, avait pour nom Sandy Mitchell: le même nom que le garçon de Kuper Island qui fut supposé être décédé dans “un hôpital de Vancouver”. D’après Sara, parmi les cobayes humains torturés et tués par le médecin-chef de la base de Calgary “il y avait beaucoup d’enfants indiens locaux et certains avaient été amenés de la côte ouest de quelques pensionnat catholiques de là-bas.” Le nom officiel du médecin sur la base était Commandant Bob Armstrong et il portait un tatouage SS: 091374 SS.

La vaste majorité de ce travail de recherche médicale secrète utilisant des enfants autochtones fut coordonnée par le comité canadien de recherche pour la défense au travers de deux de ses laboratoires: le National Defense Medical Center (NDMC) d’Ottawa et le Defense and Civil Institute of Environmental Medicine (DCEM) de Toronto. Les deux endroits étaient supervisés par le Dr. Roger Lafortune de l’université McGill de Montréal, qui travailla sur le projet “Paperclip” de la CIA après la seconde guerre mondiale et qui vit un bon nombre de scientifiques et de chercheurs nazis être exfiltrés et introduits au Canada (NdT: soit pour y rester, soit temporairement avant d’être placés aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud).

La propre fille adoptive du Dr Lafortune, une autochtone nommée Renée Lafortune, fut utilisée dans des expériences dans les deux laboratoires lorsqu’elle était petite fille. Dans un entretien ayant eu lieu à Victoria, Vancouver Island au printemps 2006, Renée décrivit:

Je faisais originellement partie d’un groupe d’enfants de l’Arctique occidental qui furent transportés par avion militaire sur le pensionnat catholique pour indiens de Shubenacadie en 1962. On nous avait étiqueté comme “malades” mais aucune d’entre nous ne l’était. De là ils nous ont emmené dans des couvents catholiques où les enfants furent affamés et tués en permanence, comme au couvent St Michel près de Newcastle au Nouveau Brunswick. Il y a toujours une grande tombe là-bas de tous les enfants qui y sont morts après avir été enfermés en isolation sans nourriture et sans eau. C’était une des expériences bizarre. Puis je fus envoyée au NMDC d’Ottawa où j’ai rencontré mon père adoptif Roger. On m’a donné beaucoup de médicaments là-bas, je fus utilisée comme cobaye humain. Ils m’ont inséré toute sorte de système de contrôle de fécondité alors même que je n’avais que 8 ans à l’époque. J’ai rencontré au NDMC des scientifiques allemands dont un médecin SS. Ils travaillaient tous pour la Royal Canadian Air Force (RCAF). Je les ai vu tuer des enfants dans des chambres de décompression et aussi durant des tests d’immersion en eau frigide (très froide). Ils devaient avoir dans les 65 ans. Plus tard dans ma vie, je n’ai pas pu laisser cela passer et j’ai conduit mes propres recherches lorsque je faisais mes études d’anthropologie à Toronto. Je suis alors tombée sur beaucoup de preuves venant des archives de Roger, qu’un énorme programme de stérilisation des Inuits et des femmes autochtones de la côte ouest avait été mis en place juste après la seconde guerre mondiale. C’était quelque chose de piloté par l’armée, mais l’église catholique y était lourdement impliquée au travers de son ordre allemand des Montfort. Ma faculté n’a pas voulu approuver ma thèse et j’ai été mise sur liste noire dans le monde universitaire après cette recherche.

Ah oui, au fait, j’ai été récemment en contact avec un groupe d’alumni (anciens) élèves du pensionnat de Shubenacadie. De la classe libérée en 1971 de deux cents enfants, il n’y en a plus que deux de vivants…” ~ de l’entretien réalisé le 16 Avril 2006 ~

Une autre survivante de ces expériences est Bea Maguire. A maintenant plus de 80 ans, Bea fut utilisée comme cobaye humain dans les expériences de contrôle de l’esprit ayant eu lieu à l’université McGill de Montréal (NdT: voir à ce sujet l’excellent livre de la Canadienne Naomi Klein “La thérapie du choc” où un chapitre entier y est consacré) et dirigées par le collègue dans le crime contre l’humanité du Dr Lafortune, le Dr Ewen Cameron. Dans les années 1940, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, Bea fut enlevée de son école catholique et transportée à l’Institut Neurologique de Montréal (INM) où elle fut emprisonnée jusqu’à l’adolescence. D’après Bea, comme de nombreux enfants, elle fut utilisée sexuellement et expérimentalement par le plus prominent neurologue canadien de l’époque et le très loué “humanitaire”, le Dr Wilder Penfield. Des mots de Bea: “Penfield avait deux types de cages pour ses expériences: une cage avant des enfants blancs et une autre pour les Indiens. Ceux-ci provenaient des réserves et pensionnats pour Indiens locaux. Ils ne faisaient jamais long feu, j’ai vu de mes yeux Penfield étrangler de ses mains un des jeunes Indiens sur la table d’opération alors que celui-ci resistait toujours. Mais mon père avait été dans l’armée et il était membre de quelque chose qu’ils appelaient “le Club”, alors Penfield y allait plus doucement avec moi”. (Note: “Le Club” est le nom de code d’un réseau sataniste suspecté fonctionnant au sein de l’élite anglo-canadienne de Montréal) Penfield essayait d’effacer et de contrôler la mémoire et la pensée. Il fut un pionnier de la chirurgie du cerveau et fut connecté au financement de la CIA allant vers le programme de développement MKUltra. Il nous a tout fait: chocs électriques, chirurgie, crises induites de manière médicamenteuse. Ce genre de chose se produisait constamment à l’INM, il y a même eu des procès comme celui des orphelins Du Plessis, mais tout cela n’allait nulle part. Ceci était très lourdement protégé et financé par le governement depuis au moins les années 1940. La propre petite fille de Penfield, Wendy, m’en parlait assez ouvertement, parce qu’elle en fut part aussi. Elle m’a dit que son grand-père lui disait qu’elle faisait un grand sacrifice pour le monde libre, ou des imbécilités de ce style.” (entretien de mars 2013).

Le 2 Octobre 1998, peu de temps après les auditions du tribunal de l’IHRAAM, Kevin Annett a reçu un coup de téléphone anonyme d’un homme affirmant être un retraité de la fonction publique canadienne. Le coup de téléphone provenait d’un numéro non listé. A un moment donné, la conversation enregistrée explique:

Correspondant anonyme (CA): Vous ne faites juste que de gratter la surface des choses, mais il y a bien plus de personnes concernées.

Kevin Annett (KA): Concernés par quoi exactement ?

CA: Vous avez eu quelques personnes de Kuper Island à votre chose… (incompréhensible) peuvent pas les laisser parler au sujet de la connexion allemande.

KA: Quelle connexion ?

CA: … toute l‘affaire, euh… l’accord tacite, avec les Américains et les églises. Elles fournissaient les enfants, la force publique nous les amenait…

KA: par force publique vous voulez dire la GRC ?

CA: Ouais, correct. Kuper Island était isolé et parfait. Beaucoup de l’argent du ministère de la défense y allait et à Calgary aussi, le truc du Lincoln Park que vous avec mentionné, c’était pile poil dessus.

KA: Avec Sara Hunter ?

CA: Correct. Tout cela provenait originellement du Pentagone. Comment fabriquer le parfait petit soldat obéissant au doigt et à l’œil. Les Allemands avaient commencé la recherche avant et pendant la guerre, nous l’avons perfectionné. Les églises étaient coopératives dès le départ. L’accord avait été passé, qu’elles nous fourniraient un quota d’enfants chaque année et nous les délivraient…

KA: Parlez-vous des enfans des pensionnats pour Indiens pour bien clairifier les choses ?

CA: Correct. Cela s’est produit durant des années, au moins entre 1946 jusqu’aux années 1970, et aussi, peut-être avant, les catholiques avaient leur propre truc à eux, mais beaucoup de tout çà est secret défense… (incompréhensible)… connu de beaucoup de personnes. Mais il n’y aura jamais de reconnaissance officielle, jamais de la vie. C’est pour çà que nous n’avons jamais parlé. Ce que je dis c’est seulement pour vous, compris ?

KA: Ok

CA: … de dieu, personne ne vous croirait de toute façon…

Ces pensionnats pour Indiens ne furent qu’un aspect d’un énorme crime contre l’humanité, impliquant une ingénierie sociale, où la violence et la terreur furent utilisées afin de façonner une classe d’esclave permanente de “leaders” aborigènes complètement subjuguée et obéissante et une majorité de gens traumatisés, appauvris: les deux aspects de la société autochtone à travers le Canada qui est vraiment le modèle pour une corporatocratie globalisée future. Les pensionnats pour Indiens furent un laboratoire dans lequel ce Nouvel Ordre Mondial a été façonné.

Le génocide perdure et maintenant il nous affecte toutes et tous.

Destruction du mode de vie indigène, des cultures et des âmes

[…] “Lorsque les gendarmes de la police montée sont venus et ont délibérément abattu plus de 30 000 de nos chiens de traineaux dans les années 1960, ils ont détruit notre mode de vie nomade en tant que peuple chasseur. Tous nos hommes ont commencé à boire. En même pas une génération, notre peuple s’est effondré. Après çà, tout le monde s’est mis à la sécu. Nous avions perdu notre raison de vivre.” ~ Alice Joamie de la nation Iqaluit, parlant devant la commision indépendante pour la vérité Qikiqtani de la nation Inuit en juin 2008 ~

Vous voulez vraiment savoir ce qui a tué mes amis dans les pensionnats ? Il sont morts de chagrin.” ~ Virginia Baptiste, surivante du pensionnat catholique St Eugène, Cranbrook ~

Le génocide arrache l’identité même du peuple ciblé en l’expulsant de ses terres et de ses traditions qui forment la pierre angulaire et son moyen de survie. Depuis le début au XVIème siècle, l’holocauste canadien des Indiens a ciblé exactement cet objectif et cela n’a jamais cessé. La mise hors-la-loi des fêtes redistributives du Potlach sur la côte ouest en 1885 et la même année le Canada colonial établît sa jonction de chemin de fer est-ouest, fut peut-être le plus bel exemple, le plus évident de cette intention. Mais le déracinement du mode de vie impliqua aussi la destruction et l’extermination du moyen de subsistance des Indiens des plaines: le bison, qui était la source principale de matières premières vitales des deux côtés de la frontière, également l’interdiction de la pêche au saumon sur la côte ouest ainsi que la prohibition des pratiques shamaniques ancestrales ; le tout agrémenté de l’élimination brutale des langues autochtones fut un coup majeur contre la confiance et le bien-être des populations indigènes.

L’assaut continue aujourd’hui. Des plus de 50 langues aborigènes toujours utilisées au Canada en 2015, seulement 3 demeureront vivantes vers le milieu de ce siècle et comme sous la loi canadienne, aucun fond public aloué aux réserves indiennes ne peut être utilisé pour créer de l’emploi à long terme ou des pratiques économiques alternatives, l’extermination graduelle de tout peuple traditionnel vivant toujours sur sa terre semble virtuellement garantie.

Aujourd’hui et de manière encore plus ouverte, la GRC et les intérêts entrepreneuriaux [des entreprises transnationales] mènent une guerre toute aussi ouverte contre les nations et bandes d’Indiens vivant toujours sur leurs terres traditionnelles. Le cartel de l’uranium CAMECO, qui a de très étroites relations avec l’armée américaine et les deux partis politiques “libéral” et “conservateur”, a déplacé et empoisonné des milliers et des milliers d’Indiens du nord, comme ce fut fait pour les Black Hills (Collines Noires) du Sud-Dakota, contre la nation Lakota. Sur la côte ouest, où les “chefs” notoirement collabos comme Ed John ont signé et abandonné de larges portions de terres autochtones ancestrales à des conglomérats de l’eau et de l’exploitation minière à la fois américains et chinois, depuis ce ne sont pas seulement des femmes indigènes qui disparaissent, mais des villages entiers…

Il ne fait aucun doute que c’est à cause de la sévérité de cete escalade génocidaire, que le Canada est allé au-delà de toute attente depuis 2008 pour créer l’apparence de la “cicatrisation et de la réconciliation” et d’obtenir une “nouvelle donne” avec le peuple aborigène: des affirmations et gesticulations, qui comme les annonces de réforme du Vatican, ne changent absolument rien dans la pratique. Ignorant de leur propre histoire et de leur propre société, la vaste majorité des euro-Canadiens acceptent cette position sans critique aucune.

Mais une véritable appréciation de l’histoire canadienne est le meilleur antidote à l’ignorance et à la complicité: quelque chose qui devrait pousser les gens de bonne conscience à commencer à enseigner ces faits dans les salles de classe canadiennes. Car même un coup d’œil des plus rapides à cette histoire dissimulée révèle la nature délibérée et continue du génocide canadien et ce par exemple par le simple fait du comment le régime alimentaire de chaque pensionnat pour Indiens fut établi pour amener la maladie, la mort et la destruction à long terme.

“L’impérialisme alimentaire” au sein des pensionnats pour Indiens fut examiné par le tribunal de l’IHRAAM en juin 1998. Après que la plupart des témoins qui prirent la parole lors des débats du tribunal décrivirent n’avoir jamais été nourris régulièrement alors qu’ils étaient dans les pensionnats et qu’ils ont de ce fait développer de graves problèmes de santé à l’époque ou plus tard dans leur vie come par exemple des problèmes de diabète, quelques uns de juges de l’IHRAAM se concentrèrent sur l’affaire de base du pourquoi les enfants ne recevaient pas de nourriture ni de soins médicaux de manière si routinière et si délibérée.

Le dernier jour des sessions du tribunal, il fut demandé à la survivante du pensionnat de la mission catholique Ste Marie en Colombie Britannique, Sharon Blakeborough, où elle fut incarcérée entre 1961 et 1969 pourquoi elle, et ses co-pension- naires ne furent pas nourris adéquatement, Blakeborough répondit:

Pour faire bref, ils nous voulaient morts. Pourquoi nous affameraient-ils autrement pour nous donner ensuite de la nourriture pourrie et du gruau rempli d’asticots tandis que le personnel blanc et les prêtres du pensionnat mangeaient du steak et des œufs ? J’essayais toujours d’être de corvée de poubelles pour pouvoir récupérer ce qu’ils jetaient. Je n’avais que 5 ans à l’époque. J’ai du diabète maintenant et je n’ai que 41 ans. Ceci est la norme dans mon peuple.

[…] Ce schéma était établi non seulement à de claires fins génocidaires mais aussi à cause de la nature même des pensionnats pour Indiens en tant qu’opérations générant beaucoup d’argent pour toutes les églises impliquées. Originellement, beaucoup de ces pensionnats se situaient près ou sur des ressources de valeurs de la terre et sur la terre native elle-même, ceci incluait de riches zones de pêche, des dépôts miniers ou de vastes pâturages tous désirés par les colons blancs.

Par exemple, une lettre datée de Mai 1919 en provenance du chef bureaucrate des Affaires Indiennes Duncan Campbell Scott et destinée au membre du parlement local de Port Alberni révèle que le pensionnat de Port Alberni fut délibérémente relocalisé afin de permettre un accès à la terre locale pour les colons blancs, terres qu’ils convoitaient grandement pour l’exploiter et s’y établir.

En plus de cette énorme saisie de terre et de ressources, les proviseurs/directeurs des pensionnats faisaient de l’argent en louant les pensionnaires pour du travail d’esclave aux fermiers locaux en retour de pots-de-vin et ils trafiquaient les petites filles et petits garçons dans les cercles pédophiles locaux des riches colons blancs. De plus, les membres du personnel étaeint supposés cacher les décès des enfants de leurs pensionnats afin de maximiser les subventions gouvernementales qui leur étaient alouées et réévaluées chaque année, ces subventions étaient calculées en rapport du nombre de pensionnaires de l’école.

Ce n’est donc pas du tout surprenant que toutes les églises se défendirent bec et ongles contre la fermeture de ces “vaches à lait” qu’étaient les pensionnats, spécifiquemet lorsque le gouvernement essayait de le faire et de prendre en charge leur business durant les années 1930, puis de nouveau au début des années 1960. Dans une lettre colérique enflammée datant de 1948, un officiel de haut niveau de l’église unifiée du canada menace de purement ferer le pensionnat si Ottawa réduit sa part de subvention.

Tout en profitant grassement du travail d’esclave des enfants à leur charge, les églises arrondirent également les angles financiers en simplement affamant bon nombre d’enfant jusqu’à la mort. Une pratique qui était aussi nécessaire afin d’effondrer les système immunitaires des enfants pour permettre une hécatombe avec la tuberculose comme ce dut décrit auparavant. La guerre bactériologique et la famine furent les deux armes principales responsables du plus de morts dans ces camps de la mort que furent les pensionnars pour Indiens.

Avec Sharon Blakborough, les témoins survivants comme Sylvester Green, Ricky Lavallée, Peter Yellowquill, William Combes et Harry Wilson décrivent comment ils obtinrent leur pitance alimentaire seulement en faisant les poubelles la nuit dans ces pensionnats gérés par les églises catholique, anglicane et unifiée du canada. Le fait que leurs pensionnats étaient situés à des milliers de kilomètres les uns des autres en Colombie Britannique, en Alberta et dans le Manitoba, révèle la nature systémique de ces conditions de famine délibérée.

D’après William Combes:

Si je n’avais pas réussi à voler de la nourriture dans les poubelles la nuit et à ramener des poubelles pour d’autres enfants, les plus petits d’entre nous n’auraient jamais passé la première année d’internement. Les nonnes décidaient de qui allait manger et qui ne mangerait pas, puis elles blâmaient les enfants qu’elles affamaient en disant qu’ils ne s’étaient pas bien comportés et qu’ils ne méritaient pas de manger. J’ai vu beaucoup de gamins dépérir et mourir de cette façon à Kamloops.

Peter Yellowquill déclare: “Au pensionnat Brandon de l’église unifiée du canada, c’était juste une journée ordinaire que de voir les plus forts des enfants manger et les plus faibles être affamés et mourir. On nous montait délibérément les uns contre les autres de cette façon là, nous devions nous battre pour des restes de nourriture qu’on nous jetait comme à des chiens. Le révérend et ses sbires mangeaient du steak et nous mangions ce qu’on pouvait chaparder lorsqu’il n’y avait plus de bouillie aux asticots. Ceci était fait à des enfants de 5 ans.

L’extension même de cet assassinat institutionnalisé força à la fois l’église et l’état à entourer de plus en plus leurs crimes d’un halo d’objectif béatifiant tout en routinièrement enterrant à la fois la vérité et les nombreux cadavres. Cette culture du grand mensonge a généré un énorme mythe au sujet des pensionnats pour Indiens comme “partant d’une bonne attention à la base, mais qui a dégénéré à cause de quelques brebis galeuses”: un mensonge qui continue à être le narratif officiel au sujet de ces pensionnats au Canada.

Quelque soit la façon dont ceci fut fait, l’objectif sous-jacent de ces camps a toujours été de déraciner et d’exterminer tous les vestiges de la vie traditionnelle indigène et de sa pensée en assassinant la moitié de la prochaine génération d’Indiens et en traumatisant le reste à rentrer dans la conformité coloniale.

La totalité du système canadien des pensionnats pour Indiens a de ce fait compté comme un génocide délibéré qui n’a jamais cessé d’exister depuis le départ, se manifestant alors et maintenant des mêmes énormes mensonges et subterfuges qui tuent alors qu’ils clâment guérir.

Note de Résistance 71: S’ensuit ici 10 pages complètes de note et de références pour cette première partie…

A suivre…

Génocide d’enfants indiens au Canada… Quand la collusion criminelle de l’état et des églises génère la farce de la « réconciliation »…

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 2 octobre 2013 by Résistance 71

Cet article est en rapport direct avec nos trois précédentes publications au sujet du génocide des enfants des nations autochtones au Canada perpétré sous un programme étatique qui fut géré sur le terrain par les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada entre 1893 et 1996 avec la complicité des institutions et de la police montée canadienne (RCMP ou GRC). Non seulement la commission canadienne pour la « vérité et la réconciliation »  (TRC) est une véritable parodie, comme relaté dans l’article ci-dessous, mais nous verrons dans notre prochaine publication sur le sujet à quoi se réfère vraiment le terme de « réconciliation » en droit canon et en droit civil tous deux héritiers du droit romain, depuis l’empereur Constantin, qui créa l’église de Rome et le Vatican au IVème siècle.

 

A lire:

De l’origine du génocide

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 1ère partie

« A découvert: Génocide au Canada passé et présent », Introduction, 2ème partie

 

— Résistance 71 —

 

La farce de la commission canadienne sur la vérité et la réconciliation (TRC)

 

Bill Annett

 

24 Août 2013

 

url de l’article original:

http://dissidentvoice.org/2013/08/the-farce-of-canadas-truth-and-reconciliation-commission/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’an dernier, lorsqu’un comité des Nations-Unies donna une claque sur la main du Canada pour la façon dont il avait traité les personnes indigènes, une réponse du juge Murray Sinclair s’en suivit, Sinclair président de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation du Canada (TRC) ; une réponse qui prît la forme d’une photo de propagande et un “rapport intérimaire” à l’université Simon Fraser de Vancouver. Le même jour, comme une contre-partie englobant l’atrocité de l’histoire canadienne, à L’Université de Colombie Britannique (UBC), de l’autre côté de la même ville de Vancouver, une déclaration intéressante prenant à contre-pied la propagande gouvernementale y était délivrée.

Elle figure ci-dessous avec mon commentaire intrusif. Ce qui est d’autant plus stupéfiant est que UBC devrait dans ce cas précis endorser le rôle du paragon de la liberté d’expression. Car c’est cette institution qui, ayant qualifié Kevin Annett (le fils de l’auteur, nous indique l’éditeur de l‘article) d’un B.A en anthropologie et d’un Masters en Histoire et un autre de son école de théologie, rejeta sa thèse de doctorat (Ph.D) parce que sa dissertation abordait les desseins criminels de l’Église Unifiée du Canada, qui l’avait excommunié et ruiné sa vie, ainsi que les acquisitions du géant forestier MacMillan Bloedel (enfant illégitime de l’entreprise Weyerhaeuser de Seattle), dont les deux organisations sont prominentes parmi les bâilleurs de fonds de l’université et également ayant une présence sans faille dans son comité directeur, et au bureau du chancelier.

La dissertation rejeté de Kevin Annett et les trois livres qu’il a publiés depuis sur son contenu ont tout donné et plus en infomation et ce, sans que cela coûte le moindre sou aux contribuables canadiens, à l’encontre de ce que la commission TRC devait sortir, diluer et compiler dans un verbiage creux politiquement correct vingt ans plus tard. Mais ces 115 pages anorexiques ont pourtant coûté aux contribuables canadiens la modique somme de 68 millions de dollars !

*****

Pour nos amis lecteurs qui se mettent à la page un peu tard, incluant les quelques 29,9 millions de Canadiens qui doivent se mettre franchement à la page, car étant trop occupés avec les aventures des stars du Rock et des scores et évènements du hockey canadien, commençons par le début:

Le 1er Octobre 2011, dans une petite ville de la province canadiene de l’Ontario appelée Brantford, des anciens de la nation Mohawk notoirement indépendante, ont tiré le bouchon de vidange de l’évier sur un gouvernement fédéral indifférent et indécis et commencèrent les excavations d’une des nombreuses fosses communes connues à des fins médico-légales et ce afin d’exposer enfin la fange horrible d’un siècle et demi de “pensionnats indiens” (Indian Residential Schools dans le texte) mis en place par les autorités fédérales et gérés par l’église et leur litanie reconnue de crimes contre l’humanité.

Travaillant étroitement avec la Nation Mohawk se tenaient les sept pays qui soutiennent le tribunal international pour les crimes de l’église et de l’état (Internatioal Tribunal into the Crimes of the Church and State, référé ci-après comme ITCCS), maintenant actif dans plus de 20 pays du monde, ainsi que son co-fondateur le révérend Kevin Annett, ancien prêtre de l’Église Unifiée du Canada, renvoyé en 1995 parce qu’il refusa de jouer le jeu de son église sortant du sentier étroit de la “voie de dieu” et essayant de cacher son agenda meurtrier et ses malversations immobilières impliquant les territoires indiens.

Une équipe médico-légale a déjà déterré la preuve claire et sans équivoque de l’existence de l’inhumation d’humains. De petits humains… Des enfants. Tout comme l’a documenté Kevin Annett depuis vingt ans.

L’enquête médico-légale a commencé sur les lieux du plus vieux “pensionnats pour Indiens” du Canada, le pseudonyme hilarant donné aux 141 maisons de pêchés gérées par les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada pendant au moins 120 ans et ce à l’instigation du gouvernement colonial fédéral.

Toutes les “écoles” étaient les mêmes. Administrées et gérées comme des prisons pour enfants, par des crétins issus de la clique usuelle et dont l’histoire abominable est constamment ignorée par les officiels du Canada et leur populace endormie.

L’histoire de Kevin Annett est tellement connue que les médias canadiens si courageux et après lui avoir donné tout juste une petite attention dans les années 90, ont permis depuis longtemps qu’elle disparaisse du cycle des nouvelles et infos et mettent en valeur des problèmes bien plus intéressants comme les joutes d’élèves avec des parlementaires, la corruption furtive de sénateurs à la retraite et la question du doit-on ou pas exploiter le gaz de schiste…

Frustrée par le blanchiment continuel et le mensonge personnifiés par la Commission pour la Vérité et la Réconciliation, la Nation Mohawk souveraine de Grand River a commencé elle-même à déterrer les restes des enfants afin de “finalement leur donner une véritable sépulture et amener à la justice ceux qui les ont assassinés,” d’après l’ancien Mohawk et chef traditionnel Bill Squire.

Les indications initiales au premier jour des fouilles ont confirmé les rapports de témoins oculaires concernant les morts et enterrements de beaucoup d’enfants à l’école de Brantford et des tentatives de couvrir à la fois ces incidents et les dépouilles des victimes.

Ce qui nous amène à la plus récente déclaration faite à UBC. Tandis que le juge Murray Sinclair renforçait bec et ongles la vérité et la réconciliation, le professeur Neil Keating de l’université de l’état de New York, en tant que curateur et de concert avec l’artiste Mohawk R.G Miller, ont fait cette déclaration qui fut lue à la conférence d’UBC:

“Je suis R.G. Miller un artiste des Six Nations (Iroquoises) du territoire de Grand River et j’ai été placé au pensionnat du Mohawk Institute Indian Residential School (alias le trou à fange) à l’âge de 2 ans. On m’y a gardé durant les 11 années suivantes durant lesquelles j’ai fait l’expérience en première main, de ce qu’il se passait dans les pensionnats pour Indiens: les viols récurrents, la violence physique et psychologique, la mal-nutrition et la privation d’amour. Je suis devenu un artiste-peintre, mais je n’oublierai jamais ce qui m’est arrivé dans le Trou à Fange.

En 2008, j’ai finalement exprimé mes souvenirs dans mon art et avec la collaboration du professeur Neil Keating en tant que curateur, j’en ai fait une large exposition qui dit la vérité sur mon expérience et invite les autres survivants à dire la leur. Bien que l’exposition fut bien reçue par le public, l’État (incluant la commission TRC) l’a complètement ignoré ; quand nous avons tenté de voyager et d’exposer à travers le Canada, nous avons constaté que bien peu d’institutions ont manifesté le désir de l’héberger.

Quand nous avons envoyé une demande de soutien  à la TRC documentant l’exposition en tant qu’activité commémorative, cette demande fut mystérieusement égarée… Quand nous avons donné une présentation invitée de l’exposition et de sa signification à la Galerie Nationale d’Ottawa, on nous a demandé de quitter les lieux de manière impolie et nous avons été littéralement jeté dehors. Nous voyons en tout cela l’œuvre évasive du gouvernement.

Nous pensons que la Commission pour la Vérité et la Réconcilation (TRC) du Canada est une escroquerie et une honte nationale à la fois pour les peuples indigènes et pour les citoyens canadiens non-autochtones. Nous disons cela parce que nous ne voyons aucune preuve que la commission dit la vérité, ni même qu’elle pose la seule bonne et honnête  question qui compte de fait vraiment : Le programme des pensionnats Indiens au Canada était-il un programme de génocide ?

L’expérience et la recherche auxquelles nous avons accès soutiennent l’hypothèse du génocide et suggèrent une intention de détruire des groupes nationaux de personnes distinctes afin de saisir leurs terres, territoires, et leurs ressources. Nous suspectons que le résultat de cette TRC sera un compte-rendu tout aussi restreint qui ignorera la question honnête, tout comme elle a ignoré mon art.

Nous pensons que les résultats tronqués de la TRC sont symptomatiques d’un malaise national bien plus grand, qui perdure de manière non traité et empire. Nous n’en avons pas fini et nous sommes en train de chercher des voies alternatives afin d’amener tout ceci à l’attention nationale et internationale (NdT: La simple traduction de ceci est déjà une petite preuve de l’attention internationale que cela mérite…), Nous pensons que cette exhibition montre plus de vérité que la TRC est capable de soutenir. Nous invitons la commission à prouver que nous avons tort.”

Depuis la création de la TRC en 2009, moi-même et d’autres avons essayé de résumer et d’exposer cette farce chorégraphiée à l’échelle fédérale dans son financement et par ses distingués invités, et forçant les témoins des affaires de Winnipeg, Inuvik, Halifax, Port Albeni et Prince Albert de payer leurs propres dépenses inhérentes, aussi du comment les survivants sélectionnés sont entraînés à ce qu’ils doivent dire et comment, de ne pas nommer des gens particuliers des églises ou (que les cieux l’interdisent..), des figures gouvernementales ; comment la politesse forcée pour les témoins se passe tandis que les caméras des chaînes de TV nationales de la CBC tournent, comment la cruauté et la condescendence leurs sont montrées, répliquant ainsi le traumatisme chez les victimes plutôt que la “cicatrisation”. Au bout du compte:  des solutions ridiculement fades sont appliquées en cataplasmes sur notre histoire d’horreur nationale.

Le révérend Kevin Annett n’a que peu de temps à consacrer à ce non-sens total de la commission officielle du Canada. Il a vécu le sujet de son étude depuis 20 ans et il en a accumulé les cicatrices mentales, émotionnelles, financières et physiques pour le prouver. Il a fourni bien plus de documentation gratuitement aux contribuables canadiens dans ses trois livres et son documentaire primé à plusieurs reprises, que cette laborieuse compilation de 115 pages chétives de témoignages soigneusement censurés et produites pour la modique somme de 68 millions de dollars des impôts des citoyens canadiens, somme dépensée à cet effet par la TRC ces quatre dernières années.

Quant au témoignage artistique profond de R.G. Miller, il a été évoqué dans son excellente exposition (bien que supprimée), qui devrait être un point d’inflexion nationale pour nous tous, ensemble avec la voix du curateur, le professeur Neil Keating et leur déclaration phare concernant la véritable nature de cette farce jouée aux dépends du citoyen/contribuable canadien, nous ne pouvons que dire que les efforts de Kevin Annett ne peuvent pas être en meilleure compagnie.

Alors que j’écris ceci, Kevin Annett va retourner en Europe, dans l’extension continue d’une mission qui a dépassée le travail des neuf nations représentant la cour internationale de droit commun des citoyens, au Canada, en GB et à Rome, pour crimes contre l’humanité. Plus d’un pays européen a manifesté un intérêt, pays dont les cours de justice, avec une jurisprudence en Espagne, pourraient éventuellement faire écho des condamnations qui y ont eu lieu.

L’histoire nous enseigne qu’au travers de l’inertie et du manque de communication, les peuples sont lents à bouger. Mais tôt ou tard… Ils bougent toujours…