Archive pour presse média et totalitarisme

Médias occidentaux, mensonges, falsification et propagande… Quand la BBC déguise un gugusse d’Al Qaïda en « rebelle modéré » pour un entretien…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, désinformation, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 16 février 2016 by Résistance 71

Plus rien ne les arrête !… Rien du tout, c’est du foutage de gueule à tous les étages. En fait à ce niveau de la compétition, il faut totalement inverser la problématique et se poser cette question des plus pertinentes: Qui de nos jours, qui, peut encore faire confiance aux merdias de cette pressetituée abjecte occidentale ?

Boycott de toute cette fange médiatique, du vote, des institutions ! Retirons notre consentement à cette équipe de baltringues oligarchiques et l’ensemble de ce système corrompu, pourri jusqu’à la moëlle, s’effondrera à tout jamais, sans arme, ni haine ni violence.

Qui, qui peut encore croire un traître mot (bien pesé) de ce que raconte ce cirque merdiatique, ce pathétique Barnum de la pseudo-information ? Il n’y a plus aucune excuse aujourdhui. Croire, écouter, lire, regarder un merdia de masse, tout comme voter, c’est acquiescer, c’est dire: « Oui, je consens à vos crimes ! Continuez à voler, piller et ruiner le monde en mon nom ! » Aujourd’hui, plus personne ne peut se réfugier derrière un « je ne savais pas » de lâche facilité. Qu’on choisisse !

Comprendre et refuser c’est déjà agir, c’est déjà résister !

Et FR3… même combat du médiamensonge au sujet du Burundi

— Résistance 71 ~

 

En Syrie si vous ne pouvez pas trouver des modérés, déguisez donc des extrémistes…

 

Tony Cartalucci

 

11 Février 2016

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2016/02/in-syria-if-you-cant-find-moderates.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En lisant les manchettes de plus en plus désespérées pondues par les merdias occidentaux, alors que les forces terroristes soutenues par l’occident commencent à plier sous l’offensive plus qu’efficace russo-syrienne afin de renprendre contrôle du pays, les lecteurs remarqueront que bien que le terme de “rebelles modérés” ou d’“opposition modérée” est souvent utilisé, les médias occidentaux sont de même parfaitement incapables de nommer une seule faction ou leader parmi eux.

La raison en est simple: il n’y a pas et n’y a jamais eu de modérés en Syrie. Depuis 2007, les Etats-Unis ont conspiré pour armer et financer des exrémistes affiliés à Al Qaïda (NdT: alias Al CIAda…) afin de renverser le gouvernement syrien et déstabiliser l’influence iranienne à travers le Moyen-Orient.

Exposé dans l’article de Seymour Hersh en 2007, « The Redirection Is the Administration’s new policy benefitting our enemies in the war on terrorism?, » qui expliqua explicitement que :

Les Etats-Unis ont aussi pris part dans des opérations clandestines visant l’Iran et son allié syrien. Un effet secondaire de ces activités fut le développement des groupes extrémistes sunnites qui épousent une vision militante de l’Islam et sont hostiles aux USA et amis d’Al Qaïda.

La “catastrophe” constamment citée par les merdias occidentaux dans ses manchettes toujours plus hystériques est la manifestation prévisible non pas des opérations de sécurité syrienne et russe en Syrie aujourd’hui, mais la conspiration décrite par Hersh en 2007 qui a été mise en action de manière indiscutable en 2011 sous le couvert de ce qui fut appelé “le printemps arabe”.

Lorsque l’occident tente de donner des noms et mettre des visages sur ces soi-disants “modérés”, il est en fait baucoup plus simple de la tracer directement depuis Al Qaïda.

Le “commandant rebelle” de la BBC se déguise

Dans un reportage récent de la BBC intitulé « Syria conflict: Rebels ‘feel abandoned’ by Britain and US, » le journaliste de la BBC Quentin Sommerville affirme qu’il a contacté “secrètement » des rebelles soutenus par les Etats-Unis en Turquie. Ce soi-disant “entretien” dans un endroit isolé fut fait dans les deux endroits par une équipe de télévision professionnelle, malgré le fait que Sommerville ait déclaré que la sitiuation était si mauvaise, que les rebelles ne pouvaient pas être contactés. Le “commandant rebelle dans Alep” interviewé par la BBC n’était autre que Yaser Abdulrahim. Bien qu’apparaissant dans un tout nouvel uniforme flambant neuf de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui manifestement ne fut jamais porté sur un théâtre d’opération réel, assis à côté d’un drapeau de l’ASL tout aussi flambant neuf (en fait le drapeau de la Syrie coloniale française…), Yaser Abdulrahim n’a absolument aucune affiliation avec l’ “Armée Syrienne Libre” qui du reste n’existe pas.

Au lieu de cela il est un des commandants de Faylaq Al-Sham, composé de terroristes d’Al Qaïda et d’extrémistes de la confrérie des Frères Musulmans. Ils font partie du plus grand groupe du Fatah Halab incluant des affiliés d’Al Qaïda du Ahrar ash-Sham et du Jaysh-al-Islam, le dernier groupe ayant placé des civils syriens dans des cages sur les toits des bâtiments pour protéger ceux-ci des bombardements russes et syriens.

Human Right Watch (NdT: ONG de George Soros…), dans leur rapport, « Syria: Armed Groups Use Caged Hostages to Deter Attacks, » révèlerait que:

Au cours de combats entre des groupes armés et des forces gouvernementales dans la commune voisine de Adra al-Omalia en décembre 2013, Jabah al Nosra et Jaysh al-Islam ont enlevés des centaines de civils, pour la plupart des Alaouites, d’après la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Les otages pour beaucoup d’entre eux des femmes et des enfants, sont détenus dans des endroits inconnus de la partie Est de la Ghouta, il est probable qu’ils soient parmi les boucliers humains maintenus dans ces cages.

Le rapport de HRW est aussi très alarmant considérant que cela implique Jaysh al-Islam, groupe membre du Fatah Halab de Yaser Abdulrahim, collaborant et combattant aux côtés du groupe terroriste Al Nosra.

La déclaration officielle du ministère des AE américain listant Al Nosra comme une organisation terroriste étrangère est intitulée:

« Terrorist Designations of the al-Nusrah Front as an Alias for al-Qa’ida in Iraq, » où il est dit ceci:

Depuis novembre 2011, le Front Al Nosra (NdT: vous vous rappelez ?… Ceux-là même félicités par Laurent Fabius, “Mr sang contaminé”, pour “faire du bon boulot en Syrie” !!…) a clâmé plus de 600 attaques, incluant 40 attaques suicides, ainsi qu’avec des engins explosifs improvisés (EEI) et ce dans des centres importants tels que Damas, Alep, Hama, Daraa, Homs, Idlib et Daïr al-Zaouar. Un grand nombre de Syriens innocents ont été tués durant ces attaques. Durant tout ce temps, le Front Al Nosra s’est dépeint lui-même comme faisant partie de l’opposition légitime syrienne alors qu’il n’est qu’un groupe d’Al Qaïda en Irak (AQI) qui tente de détourner la lutte du peuple syrien à ses propres fins maléfiques. (NdT: n’oublions pas qu’AQI est devenu par la suite Al Qaïda en Irak et au Levant: AQIL, puis l’Etat Islamique en Irak et au Levant: EIIL, puis Etat Islamique: EI ou “Daesh”…)

Le déguisement par la BBC d’un des commandants membre littéral d’AQ dans cet entretien récent, se fond dans un objectif plus large de mensonge et de déception visant à sauvegarder la conspiration dénoncée par Hersh et mis à mal à partir de Septembre dernier par les bombardements de l’intervention russe en Syrie (NdT: à la demande du gouvernement syrien…)

Avec Alep au bord d’être libérée de ce qui est clairement une force terroriste, la propagande de la BBC et celle qui a été propagée tout au long par l’occident, représentent une tentative cynique de perpétuer et non pas de mettre fin, à la souffrance du peuple syrien.

Pis encore est l’affirmation par la BBC que leur commandant du Fatah Halab-Al Qaïda déguisé en membre de l’ASL, est soutenu par les Américains.

Ceci est soit une tentative par la BBC de continuer à embobiner son audience ou une admission accidentelle que les Etats-Unis sont en fait en train de financer les groupes terroristes et leurs associés, qui font partie de leur propre liste d’organisations terroristes.

Quoi qu’il en soit, le fait que même une production bien mise en scène comme celle faite par la BBC soit si facilement exposée comme une tentative délibérée de couvrir l’identité terroriste de ce que l’occident appelle des “rebelles modérés”, ajoute à l’impératif pour le gouvernement syrien est ses alliés russe, libanais, irakien et iranien de mettre fin à la guerre et de restaurer la paix et l’ordre sur tout le territoire syrien.

Négocier avec des “rebelles” qui sont de manière si évidente des terroristes déguisés est une absurdité que l’occident n’accepterait jamais qu’on manigance à son encontre, donc aucune autre nation sur terre ne devrait accepter une telle fourberie de la part de l’occident.

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Média et propagande: Profession désinformateur…

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Les merdias yankees sont concetnrés en 6 méga-corporations oligarchiques. Les merdias français appartiennent aux vendeurs de canons et à la haute finance (Rothschild, Dassaut, Lagardère)  et certains croient toujours être « informés » ?

Les faiseurs d’opinions ont toujours été les faiseurs de canons… C’est bien pire de nos jours.

Boycott de cette fange ! Eteignez les télés et les radios, n’achetez plus les journaux/magazines et surtout… Rallumez les cerveaux !

— Résistance 71 —

 

Une profession de plus en plus en vogue: Spcéaliste de la désinformation

 

Oscar Fortin

 

11 juin 2014

 

url de l’article:

http://www.mondialisation.ca/les-specialistes-de-la-desinformation-une-profession-de-plus-en-plus-en-vogue/5386897

 

Le temps où il suffisait de dire « je l’ai lu dans le journal, je l’ai entendu à la radio, vu à la télévision » pour faire taire tous les incrédules est désormais dépassé. Ce qu’on écrit dans le journal, ce que l’on dit à la radio, ce qu’on nous montre à la télévision n’a plus la crédibilité d’antan. Une nouvelle profession s’y est taillé une place pour en faire le lieu privilégié de la désinformation aux allures de ce qu’il y a de plus vrai et de plus convaincant. Un métier qui se vend aux plus offrants. Des vendeurs d’images et d’opinions qui savent se vendre ainsi que ce qu’ils produisent. Ils ont tous et toutes l’allure de personnes qui ne sauraient mentir ou tromper leur public.

Déjà, nous connaissons les fonctions des attachés de presse des ministres et des représentants des grandes institutions nationales et internationales. Ils ont pour tâches de mettre en évidence tous les beaux et bons côtés de leurs patrons tout en faisant apparaître subtilement tous les mauvais côtés de leurs adversaires. Qu’il en soit ainsi dans le cadre d’une institution ou d’un ministère gouvernemental, ne surprends personne et c’est normal qu’il en soit ainsi. On se souviendra du spécialiste en communication que le nouveau maire Labaume de la ville de Québec avait fait venir de France pour lui confier le maintien d’une bonne image publique devant  ses électeurs et électrices. Dans ce cas précis, ce fut un grand fiasco, puisque le maire a dû le remercier de ses services peu de temps après l’avoir engagé, ses compétences n’étant pas à la hauteur des attentes.

Dans le cas de la presse écrite et des bulletins d’information nationales et internationales, la situation est différente. Le public s’attend à ce que ces grands réseaux d’information leur fournissent des faits, des analyses qui permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans telle ou telle région du monde. C’est là la seule source pour plus de 80 % de la population de se faire un jugement sur ces faits et d’exprimer leurs attentes par rapport aux engagements de leurs gouvernements respectifs. Des dizaines de milliards de dollars sont engagés chaque année en armements et en interventions militaires dans divers pays du monde. Les dirigeants politiques et les médias de communication qui leur sont soumis en arrivent à convaincre par divers montages les citoyens et citoyennes de la justesse de ces dépenses et de ces interventions.

Au cours des dix dernières années, nous avons vécu une sorte de sommet dans la mise en place des moyens permettant de tromper carrément les auditeurs et auditrices sous le couvert d’une présentation erronée de faits et d’analyses, fabriquées à dessein pour qu’elles soient reprises par tous les médias officiels (meanstream). Souvent, ce ne sera que plus tard que les langues se délieront pour mettre au grand jour la tricherie.

On nous a  convaincus qu’il y avait en Irak des armes de destruction massive, qu’il était urgent d’intervenir avant que Saddam Hussein ne vienne tous nous empoisonner. Ce n’est que plus tard que nous avons appris que ce n’était qu’un grand mensonge soutenu par nos médias.

On nous a également convaincus qu’en Libye, Kadhafi bombardait des populations civiles entières comme par plaisir de tuer. Ce fut également là un grand mensonge, entretenu par nos médias. Le chef de la fausse révolution libyenne admet que Kadhafi n’a pas tué de manifestants.

En Syrie que n’a-t-on pas dit pour que le monde sache que le président Al-Assad est un dictateur sanguinaire qui n’a aucun respect des droits de la personne et qui prend une sorte de plaisir à tuer d’innocentes victimes. Encore là, le mensonge et les demi-vérités ont fait leur travail auprès de l’opinion publique.

Que dire de ce qui se passe en Ukraine? Depuis des mois on nous dit que l’ex-président ne répondait plus à ses obligations et que le peuple ukrainien ne pouvait plus le supporter. Il fallait donc se porter au secours de ce peuple pris en otage par un Président sans conscience. Les faits nous révèlent de plus en plus qu’on nous a menti pour mieux agir dans le sens d’intérêts qui vont bien au-delà de celui de se porter à la défense d’un peuple.

Ce même stratagème s’applique à Cuba et à Fidel Castro depuis plus de cinquante ans. Que n’a-t-on pas dit sur Fidel et que n’a-t-on pas fait pour le faire disparaître. L’homme qu’on cherche à détruire moralement et physiquement est toujours là, vivant simplement dans une demeure sans luxe et sans éclat. La dernière manipulation à paraître en fait un pacha milliardaire dont la fortune serait cachée dans une île secrète. Un autre grand mensonge, présenté comme la pure vérité.

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement du Venezuela révèle le plan mis en place par la droite vénézuélienne et Washington pour assassiner le président Maduro. Depuis plusieurs mois, une véritable campagne de dénigrement du Président et de la révolution bolivarienne est largement entretenue et soutenue par nos médias officiels. On dit de Maduro qu’il est un dictateur, qu’il opprime les étudiants qui manifestent pacifiquement, qu’il ne respecte pas les droits de la personne, etc. Encore là, des mensonges plus que nécessaires. Ils sont mis à jour par le gouvernement avec des preuves qui en démontrent la grande tricherie.

Plus les évènements avancent dans le temps, plus nous découvrons les mensonges mis à la disposition d’une manipulation machiavélique de l’opinion publique. Des spécialistes de la désinformation se consacrent comme de véritables artistes à créer l’illusion et la ressemblance avec la vérité pour mieux assurer les interventions militaires et autres à des fins qui n’ont rien à voir avec les intérêts des peuples visés.

Sur l’ensemble des questions relatives aux interventions des États-Unis dans le monde, je vous réfère à cet article portant sur la guerre asymétrique et la violence des États-Unis. Je ne crois pas que vous trouverez cet article dans les journaux qui servent le système.

Pour terminer, je vous laisse avec le témoignage d’une journaliste, Sharyl Attkisson, qui a démissionné pour des raisons professionnelles après avoir œuvré dans les plus grands réseaux d’information des États-Unis, dont CNN et CBS. Elle nous dit comment ça se passe dans le milieu de la désinformation.

Vidéo (VOSTF):

Sharyl Attkisson, ex-journaliste à CBS explique son départ de la chaine et parle des médias de masse

AgenceInfoLibre

Pour le moment le père du mensonge arrive encore à s’imposer comme le père de la vérité, mais il est possible que ses heures soient comptées. Les langues se délient et les consciences s’éveillent.

Média et propagande: L’effondrement des médias de masse est une réalité au pays du goulag levant (ex-USA)…

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Les signes sont les mêmes en France et au Canada, même si ce n’est pas encore « officiel », mais çà va venir, la propagande passe de moins en moins… L’éveil des peuples aux mensonges perpétuels des merdias à la botte est réel… Reste maintenant à agir en conséquence et ne pas se relâcher.

— Résistance 71 —

 

L’effondrement des médias de masse: Le New York Times est désormais “futile” d’après ses propres journalistes

 

Paul Joseph Watson

 

5 Février 2014

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/msm-collapsing-ny-times-now-irrelevant-according-to-its-own-writers/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un autre exemple montant à quel point les médias de masse sont dans un état d’effondrement, les propres journalistes du New York Times (NYT) ont dit à un quotidien que les articles d’opinion du NYT sont maintenant vu comme “futiles” et n’ont plus aucun impact sur le discours public de quelque manière que ce soit.

Ceci est un revirement spectaculaire si on se repositionne ne serait-ce qu’il y a encore 5 ans, lorsque qu’un éditorial d’opinion était regardé avec respect et tenu en un certain niveau de poids sur l’opinion publique.

Le New York Observer a interrogé plus d’une douzaine d’écrivains passés et présents du NYT et virtuellement tous s’accordent à dire que la vieille dame grise devient de plus en plus insignifiante.

“Je pense que les éditoriaux sont vus par la plupart des reporters comme étant futiles dans les grandes largeurs et il n’y a pas un grand respect pour la page éditoriale”, a dit une source au journal. “Les éditoriaux sont insipides, et ceci représente un pêché capital.”

“Ils sont complètement réflexivement libéraux, franchement prévisibles, de manière générale assez pauvrement écrits et totalement ineffectifs”, dit un autre. “Essayez de vous rappeler de la dernière fois que quelqu’un a parlé d’un de ces éditoriaux. Vous savez, je peux en citer un récent, celui de l’affaire Snowden, mais la plupart n’y paie aucune attention et des millions de dollars sont dépensés pour ce truc.”

Ceci est une autre conséquence du fait que de plus en plus de gens se détournent des médias de masse du fait de leur habitude et de leurs efforts à déformer la vérité et à mentir au public afin de servir les intérêts de l’état.

La presse entrepreneuriale, corporatiste, est en pleine panique parce qu’elle perd très vite sa capacité de dicter la réalité et de façonner les narratifs, voilà pourquoi des gens comme Hillary Clinton se sont plaints du fait que l’establishment est “en train de perdre la guerre de l’information” au profit de sources médiatiques émergentes.

En 2012, le NYT a rapporté une perte nette de 85% de ses revenus en résultat de pertes de revenus publicitaires à cause de la chute dramatique du lectorat, mais ils ne sont pas au plus mal considérant les autres médias de masse.

De novembre 2012 à novembre 2013, MSNBC a perdu près de la moitié de son audimat en juste 12 mois, perdant plus de 45% de son audience. CNN a aussi perdu 48% de son audience sur la même période.

Le refus de la presse corporatiste de défier l’autorité et de couvrir de véritables sujets a aussi mené à un record absolu de perte de confiance en les médias. L’an dernier un sondage Gallup a trouvé qu’à peine 23% du public américain fait encore confiance à l’institution des informations télévisées.

 

Média, propagande et colonialisme de la pensée: La pressetituée s’enterre et la toile s’affirme…

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Impossibe d’informer sur les guerres dans les médias occidentaux (Michel Collon)

 

Al Manar

 

4 Décembre 2013

 

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=143295&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=397&s1=1

 

Michel Collon, journaliste indépendant et écrivain belge spécialisé dans l’analyse des stratégies de guerre, des relations Nord-Sud et des média mensonges répond à nos questions sur le traitement médiatique occidental de la crise syrienne. Il dénonce les medias occidentaux qui déforment  les faits et manipulent l’opinion publique afin de renverser le gouvernement syrien, protéger Israël et servir les intérêts de leurs maîtres, les multinationales et les états dominants.

Al-Manar : Sous prétexte que le gouvernement syrien n’autorise pas aux  journalistes d’entrer en Syrie, les medias occidentaux s’appuient en  majorité sur l’observatoire syrien des droits d’homme comme source unique d’information sur le conflit syrien. Que pensez-vous de l’OSDH et de cette dépendance des medias occidentaux à l’encontre de cette organisation sans chercher au moins à vérifier les informations publiées ?

Michel Collon : C’est un exemple frappant d’une règle plus générale : les médias occidentaux présentent les guerres et les grands conflits comme une croisade du Bien contre le Mal, en cachant soigneusement au public les intérêts économiques et stratégiques en jeu : ceux des multinationales occidentales. C’est pourquoi ils donnent la parole aux seules « sources » qui leur conviennent. « Experts » et « ONG » bien souvent financés par ces mêmes multinationales. Le prétendu OSDH est une création des services britanniques, tout le monde le sait, mais ce n’est jamais dit.

Al-Manar : Des journalistes étrangers qui se sont rendus en Syrie ont relaté des évènements radicalement différents de la façon dont ils sont présentés par la presse des pays occidentaux. Trouvez-vous que la couverture médiatique occidentale est juste et adéquate ?

Michel Collon : Comme à chaque guerre, les médias occidentaux ont déformé aussi bien les faits que les objectifs réels de la guerre, en présentant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France… comme des observateurs neutres préoccupés de résoudre les problèmes humanitaires. En fait, il s’agit d’une ingérence systématique pour renverser un gouvernement qui dérange, pour protéger Israël comme «flic du Moyen-Orient» et pour recoloniser toute la région. Donc les médias d’ici conditionnent l’opinion publique afin qu’elle accepte cette ingérence à prétexte humanitaire.

En général, les journalistes qui se rendent sur le terrain et qui veulent présenter les choses plus objectivement, sont empêchés de le faire. Mais avec le temps et comme la Syrie continue à résister, on se pose des questions, même dans les élites occidentales, sur la possibilité de «gagner» cette guerre. Alors, ces journalistes minoritaires reçoivent enfin un peu plus la parole. Mais il est impossible d’informer correctement sur les guerres dans le système médiatique occidental. C’est pourquoi j’ai créé notre site d’info indépendante avec l’équipe Investig’Action.

Al-Manar : Suite à l’attaque à l’arme chimique présumée près de Damas le mois d’août dernier, la presse occidentale surtout en France s’est positionnée en faveur d’une intervention militaire en Syrie sans attendre même le rapport de l’ONU. Sachant que l’implication des forces gouvernementales dans cette attaque n’est pas prouvée. Comment expliquez-vous cette attitude agressive et partisane ?

Michel Collon : La France et ses médias ne cherchent pas la vérité, mais un prétexte pour attaquer. Il y en aura d’autres. Les Etats-Unis ne valent pas mieux, mais en ce moment, ils sentent que le rapport des forces général a évolué en leur défaveur. Alors, ils cherchent des moyens plus subtils de réaliser leurs objectifs.

Al-Manar : Les crimes et les atrocités  commis par les rebelles syriens, pourtant filmés et diffusés largement sur le net, ont rarement été rapportés par la majorité des medias en Europe. Comment expliquez-vous cette omission ? Et comment la qualifier ?

Michel Collon : Dans mes livres, j’ai décrit ce que j’appelle les « Cinq règles de la propagande de guerre » : 1. Cacher les intérêts économiques. 2. Cacher l’Histoire (ce que le colonialisme a fait dans la région). 3. Inverser agresseur et agressé, blanchir les crimes de « nos amis et agents ». 4. Diaboliser l’adversaire. 5. Monopoliser l’info et empêcher le débat entre les deux versions. Cacher les crimes des terroristes, et souvent aussi les attribuer à l’armée syrienne, c’est appliquer les points 3 et 4 ci-dessus.

Al-Manar : Pensez-vous que ces medias ont dernièrement rectifié leur couverture des évènements syriens ? Pensez-vous que l’objectivité est un idéal journalistique inaccessible ? Surtout pour les agences internationales ?

Michel Collon : Certains secteurs de l’élite constatent que la guerre ne sera pas gagnée et ils s’inquiètent des conséquences de l’alliance passée par nos gouvernements avec le terrorisme dit « islamiste ». Mais la rectification est très limitée et ne démasquera pas les média mensonges qui ont rendu possible l’agression au départ. 
Quant aux grandes agences (AP, UPI, AFP, Reuters) qui informent sur le Sud, elles sont toutes basées dans le Nord, elles sont toutes liées aux multinationales et aux Etats dominants. C’est « la voix de son maître ».

Al-Manar : Un espace d’information s’est développé sur Internet ou un certain nombre d’analystes indépendants ont critiqué la couverture médiatique occidentale du conflit syrien en dressant de nombreuses déformations, erreurs et fabrications sur les évènements en Syrie. À votre avis  quel rôle les medias alternatifs concurrents jouent-ils pour offrir au public des medias une image réelle de ce qui se passe en Syrie ? Pensez-vous qu’il souffre d’un manque de crédibilité ? Pensez-vous que les sources des agences internationales sont plus véridiques et crédibles ?

Michel Collon : L’objectivité journalistique (à distinguer de la neutralité qui n’existe pas) est possible, mais seulement en dehors d’un système médiatique dominé par l’argent des multinationales en fait. Dans le Nord, c’est seulement sur Internet qu’on peut trouver une info objective. Mais, ces dernières années, ce qui me réjouit, c’est qu’on voit de plus en plus d’initiatives positives, et les gens les suivent de plus en plus. Il manque malheureusement une coordination entre ces initiatives, il manque aussi une concertation entre ceux qui informent en Europe, aux USA, dans le monde arabe, en Afrique, en Amérique latine. Les initiatives dispersées font réfléchir les gens, mais pour avoir davantage d’impact, il faudrait plus de concertation. Il faudrait un grand JT quotidien alternatif sur le Net.

En tout cas, le Net, c’est l’avenir. Créer une info citoyenne et indépendante, qui échappe aux intérêts des multinationales, aux censures économiques et politiques. Et aussi à la course au profit, donc au sensationnel qui empêche de prendre le temps de vérifier les témoignages, de confronter les sources et de creuser les causes des phénomènes.

Média et propagande: l’agonie de la pressetituée ne fait que commencer…

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, résistance politique with tags , , , , , , , , on 1 décembre 2013 by Résistance 71

Libération un journal à l’agonie

 

La Voix de la Russie

 

29 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://french.ruvr.ru/2013_11_29/Liberation-un-journal-a-lagonie-1434/

 

Les actionnaires Édouard de Rothschild, Bruno Ledoux et le groupe italien Ersel ne voudraient plus payer mais soutiendraient la direction de Libération. Pour les journalistes de Libération, en ces temps de crise, menacés d’être licenciés ou d’être mis à la retraite pour les plus anciens ou pour ceux qui restent menacés de perdre 10 % sur leur salaire à un mois de noël, le Père Noël ne passera pas. Il faut faire des économies, a déclaré Nicolas Demorand. L’ancien fleuron de la presse française agonise comme France Soir. Pour le romancier, essayiste, journaliste et blogueur Thierry de Cabarrus, Libération est un Titanic de la presse et Nicolas Demorand en porterait la responsabilité. Libération n’intéresse plus les lecteurs.L’échec de Libération montre l’échec de cette élite journalistique qui, à l’image de Nicolas Demorand, gravite encore dans les rédactions françaises et qui brasse du vent.

Le 25 novembre, Libération annonce un plan d’économies. Le mardi 26 novembre, 90% des salariés ne veulent plus de Nicolas Demorand et de Philippe Nicolas dans une motion de défiance. Le mercredi 27 novembre, Nicolas Demorand a déclaré qu’il n’allait pas démissionner, laissant toute une rédaction dans le déni. L’avis des journalistes de Libérationne comptant pas, ilssont infantilisés par le fait du prince, ce qui ne va pas rétablir l’image du titre. Scène terrible qui se joue dans un titre de presse qui se targue de défendre la liberté des opprimés.

Une fabrique. A la manière dont Nicolas Demorand a parlé à ses collègues, cela rappelle le patron du 19e siècle décrit sous la plume d’Émile Zola. Le Libération libre, téméraire, pugnace, amoureux de liberté, si proche du peuple et si familial, a bien perdu de sa grandeur. Le journaliste qui doit faire trembler les puissants et celui qui tremble dans cette France. Le journaliste, mal payé, est devenu comme l’ouvrier de chez Doux ou de chez Continental. Il courbe l’échine devant l’ordinateur, ayant peur d’être licencié. Les lecteurs, surtout ceux touchés par la précarité, les emplois mal payés, ne sont pas dupes. Confrontés à la dure réalité quotidienne, les lecteurs ne s’y retrouvent pas dans les lignes de celui qui porte le joli nom de Libération. N’apportant pas une information libératrice, les lecteurs ont quitté depuis longtemps le navire, préférant acheter une baguette à 1 euro ou un café au zinc. L’arrivée de Nicolas Demorand dépeint dans le film documentaire Les Nouveaux chiens de garde comme un journaliste interchangeable au service du pouvoir financier aurait donc porté le coup de grâce au titre qui s’est trouvé prisonnier d’une élite vivant dans sa tour d’ivoire. « Les ventes au numéro s’effondrent inexorablement et le quotidien disparaît peu à peu des kiosques : -32% pour janvier à mai par rapport à la même période de l’année précédente, et pire, -41% pour le seul mois de mai», notait Thierry de Cabarrus en juillet 2013.

La faute à la presse. Le style Nicolas Demorand ne fait pas rire les lecteurs et ne les fait pas rêver. Personne ne trouve une âme de gladiateur chez cet homme qui manie le sourire comme une baguette cinglante. Dans cette crise, les lecteurs cherchent une âme, un caractère qui puisse relayer leurs espoirs au quotidien et se sentir épauler face aux aléas de la vie. Si c’est pour retrouver ou écouter sur les ondes la voix d’un petit chef, ça ne peut pas donner l’envie de lire ou d’écouter. Avec la crise, les lecteurs veulent des tripes d’humain et recherchent la petite main qui aide à supporter la vie au quotidien et non pas la main ou la voix qui fouettent encore et qui donnent des leçons. Les gens veulent du vrai, de vrais hommes, du charisme, de l’authentique. Ils veulent sentir le sang pulser sous les mots. Un titre de presse qui porte le mot Libération et qui ne les libère pas au quotidien ne peut que couler. L’émission Inter Activ dans laquelle Nicolas Demorand était l’animateur avait révélé des manquements graves à la déontologie journalistique. Se sentant brusqués, coupés, même censurés, de nombreux auditeurs s’étaient plaint du comportement de l’animateur. « Ce qui est clair, c’est que Nicolas Demorand n’est pas l’homme de la situation », dit Hervé Marchon, syndicaliste SNJ.

Conscience politique et résistance au totalitarisme (George Orwell)

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 20 novembre 2013 by Résistance 71

“Très tôt dans ma vie, j’ai remarqué qu’aucun évènement n’est jamais rapporté correctement dans la presse ; mais en Espagne, pour la première fois, j’ai vu des journaux rapporter des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec les faits qui s’étaient déroulés, même pas une relation qui serait impliquée dans un mensonge des plus simples. J’ai vu de grandes batailles qui furent rapportées là où il ne se passa strictement rien et un silence total sur des faits qui virent la mort de centaines d’hommes… Ce genre de chose me fait vraiment peur, parce que cela me donne souvent le sentiment que le concept même de la vérité objective s’estompe de la face du monde. Après tout, les chances existent que ces mensonges, ou des mensonges plus simples, passeront pour faits historiques.”

~ George Orwell, 1942 ~

 

“Hitler a reconnu au début des années 1920 l’affinité entre les mouvements nazi et communiste: ‘Dans notre mouvement les deux extrêmes se rejoignent: les communistes depuis la gauche et les officiers et les étudiants depuis la droite. Ces deux entités ont toujours été les éléments les plus actifs… Les communistes furent les idéalistes du socialisme.”

~ Hannah Arendt citant Konrad Heiden, 1951 ~

 

Sur le totalitarisme

 

George Orwell

 

Extraits de son essai “The Prevention of Literature” (1946)

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[…]

Les ennemis de la liberté intellectuelle essaie toujours de présenter leur argument comme étant le cas de la discipline contre l’individualisme. L’issue de la vérité contre le mensonge est toujours tenue le plus à l’écart possible. Bien que le point d’emphase puisse varier, l’écrivain qui refuse de corrompre ses opinions est toujours catalogué comme un égoïste… En cela, le catholique et le communiste sont identiques en assumant qu’un opposant ne peut pas être à la fois honnête  et intelligent. Chacun d’eux affirme tacitement que “la vérité” a déjà été révélée et que l’hérétique, s’il n’est pas simplement fou ou idiot, est secrètement au courant de la “vérité” et lui résiste à des fins égoïstes. Dans la littérature communiste, l’attaque sur la liberté intellectuelle est généralememnt masquée derrière l’artifice oratoire d’ “individualisme petit-bourgeois”, ou des “illusions du libéralisme du XIXème siècle” etc… et renforcé par un vocabulaire abusif tel que “romantique” et “sentimental”, qui n’ayant pas de signification vraiment unanime, est difficile à contrer. De cette manière la controverse est déviée du vrai problème.

[…]

Le mensonge organisé pratiqué par les états totalitaires n’est pas, comme cela est souvent avancé, un expédient temporaire de la même nature que le mensonge militaire. C’est quelque chose d’intégral au totalitarisme, quelque chose qui continuerait même si les camps de concentration et les forces de police secrète cessaient d’être nécessaire… Du point de vue totalitaire, l’histoire est quelque chose qui doit être créé et non pas appris. Un état totalitaire est en fait une théocratie et sa caste dirigeante, afin de garder sa position, doit être pensée comme étant infaillible. Mais comme bien sûr en pratique, personne n’est infaillbible, il est donc fréquemment nécessaire de réarranger les évènements du passé afin de montrer que cette erreur-ci ou celle-là ne furent pas faites ou que ce triomphe imaginaire-ci ou celui-là s’est en fait bien déroulé. Ainsi là encore, chaque changement de politique demande un changement correspondant de doctrine et une réévaluation des figures historiques prominentes. Ce genre de chose apparaît en fait partout, mais clairement cela a plus de chance de mener à une falsification totale dans les sociétés où seulement une seule opinion est permise à quelque moment que ce soit.

Le totalitarisme demande en fait, l’altération continue du passé et sur le long terme demande probablement un manque de croyance dans l’existence d’une vérité objective. Les amis du totalitarisme dans ce pays, tendent généralement à argumenter que la vérité absolue et sincère n’est pas atteignable et qu’un gros mensonge n’est pas pire qu’un petit. Il est noté que toutes les archives historiques sont biaisées et imprécises, ou alors que la physique moderne a prouvé que ce qui nous paraît être le véritable monde n’est en fait qu’une illusion et que par conséquent croire en ce que nous disent nos sens n’est que vulgaire pensée philistine.

Une société totalitaire qui parvient à se perpétuer elle-même mettrait probablement en place un système schizophrénique de pensée, dans lequel les lois du sens commun tenues pour juste dans la vie de tous les jours et dans certaines sciences exactes, pourraient être ignorées par les politiciens, les historiens et les sociologues. Il y a déjà un grand nombre de personnes qui jugerait scandaleux de falsifier un livre scientifique, mais qui ne trouve rien à dire sur la falsification du narratif d’évènements historiques. C’est à ce point où la littérature et la politique se croisent que le totalitarisme exerce sa plus grande pression sur l’intellectuel.

Pour maintenir la chose en perspective, laissez-moi ici répéter ce que j’ai dit au début de cet essai : En Angleterre, l’ennemi immédiat de la vérité et donc de la liberté de pensée, est le groupe constitué des grands patrons de la presse, des magnats du cinéma et des bureaucrates, mais que sur le long terme, l’affaiblissement de désir de liberté parmi les intellectuels eux-mêmes, est le symptôme le plus sérieux d’entre tous.

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Aussi loin que la liberté d’expression soit concernée, il n’y a pas de différence entre un simple journaliste et l’écrivain imaginatif les plus “apolitique”. Le journaliste n’est pas libre et est parfaitement conscient de son manque de liberté, lorsqu’il est forcé d’écrire des mensonges ou de supprimer ce qu’il considère pourtant comme une nouvelle importante : l’écrivain imaginatif n’est pas libre quand il doit falsifier ses sentiments subjectifs, qui de son point de vue sont des faits. Il peut déformer et caricaturer la réalité afin de rendre sa pensée plus claire, mais il ne peut pas mal représenter la scène de sa propre pensée: il ne peut pas dire avec une grande conviction qu’il aime ce qu’il n’aime en fait pas, ou croit ce à quoi il ne croit pas. S’il est forcé à le faire, le seul résultat sera qu’il verra ses facultés créatrices se tarir… Il n’y a pas de littérature non politique à proprement parler, certainement pas dans une ère telle que la nôtre, lorsque les peurs, les haines et les loyautés d’un genre politique direct sont si près de la surface de la conscience de tout à chacun.

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Il s’ensuit de tout ceci que l’atmosphère totalitaire est mortelle à tout écrivain de prose, tandis qu’un poète, un poète lyrique, pourrait parfaitement trouver l’atmosphère respirable. Dans toute société totalitaire qui survit depuis plusieurs générations, il est plus que probable que la littérature de prose, du même type que celle qui a existée depuis les quatre derniers siècles, devrait en fait toucher à sa fin.

[…]

La littérature allemande a pratiquement disparue durant la période hitlérienne et ce ne fut pas plus brillant en Italie mussolinienne. La littérature russe, aussi loin que l’on puisse s’en rendre compte par les traductions disponibles, a sérieusement déclinée depuis les premiers jours de la révolution, malgré que quelques vers apparaissent bien meilleurs que la prose en général. Il y a très peu de romans russes vraiment digne de ce nom qui ont été traduits ces quinze dernières années. En Europe occidentale et en Amérique de larges segments de l’intelligentsia de la littérature sont soit passés aux partis communistes ou leur sont favorables, et ce vaste mouvement de gauche n’a produit que très peu de prose valant vraiment la peine d’être lue. (NdT: Orwell considérait Jean Paul Sartre par exemple comme un faquin, une baudruche emplie d’air…)

Le catholicisme orthodoxe, une fois de plus, semble avoir eu un effet écrasant sur certaines formes littéraires, spécifiquement le roman. Durant une période de trois cents ans, combien de personnes ont-elles été de bon romancier(e)s et de bons catholiques ? Le fait est que certains thèmes ne peuvent pas être célébrés avec des mots et la tyrannie est l’un d’entre eux. Personne n’a jamais écrit un très bon livre vantant l’inquisition. La poésie pourrait survivre dans un âge totalitaire ainsi que certains autres arts ou demis-arts comme l’architecture par exemple, pourrait même trouver la tyrannie être bénéfique, mais l’écrivain de prose n’aura d’autre choix entre le silence et la mort. La destruction de la liberté intellectuelle handicape le journaliste, l’écrivain sociologue, l’historien, le romancier, le critique et le poète, dans cet ordre…

Il apparaît plus plausible que la culture libérale dans laquelle nous avons vécu depuis la Renaissance arrive en fait à sa fin, l’art littéraire va dépérir et mourir avec elle.

Bien sûr, l’impression sera toujours utilisée et il est intéressant de spéculer sur le type de littérature qui survivrait dans une société totalitaire rigide… Les livres seraient planifiés dans leurs grandes lignes scénariques par des bureaucrates et passeraient au travers de tant de mains que lorsque le processus serait fini, cela ne serait pas plus un produit individuel qu’une voiture Ford en bout de chaîne de montage. Cela va bien sûr sans dire que tout ce qui sera produit sera de la littérature de caniveau, mais tout autre littérature représentera un danger pour l’État. Quant à la littérature du passé, elle sera soit supprimée ou filtrée et réécrite (NdT: ceci est le thème central du roman de science-fiction de Ray Bradbury “Farenheit 451”, remarquablement adapté à l’écran par François Truffaut).

Cependant, le totalitarisme n’a pas totalement triomphé partout. Notre propre société est toujours libérale au sens large du terme. Pour pouvoir exercer votre droit à la liberté d’expression, vous devez lutter contre la pression économique et contre de fortes sections de l’opinion publique, mais pas encore du moins, contre les forces d’une police secrète (NdT: Observons la transformation de la société depuis le 11 septembre 2001 et l’imposition du renforcement des états policiers au nom de la “guerre contre le terrorisme”… “1984” a t’il été plus d’actualité que depuis 12 ans ??..) Vous pouvez dire ou imprimer  pratiquement tout ce que vous voulez tant que vous le faites dans votre trou. Le plus sinistre dans cette affaire et comme je l’ai dit au debut de cet essai, est que les ennemis les plus consciencieux de la liberté sont ceux pour qui la liberté devrait avoir le plus de signification. Le public s’en fiche d’une manière ou d’une autre. Il n’est pas en faveur de persécuter les hérétiques et il ne se fatiguera pas à les défendre non plus. Il est à la fois trop mentalement sain et trop stupide pour acquérir la forme totalitaire. L’attaque consciente directe sur la décence intellectuelle vient en fait des intellectuels eux-mêmes.

[…]

Pour le moment, l’état totalitaire tolère le scientifique, parce qu’il a besoin de lui. Même les scientifiques en Allemagne nazie, à part les scientifiques juifs, furent relativement bien traités et la communauté scientifique allemande dans son ensemble, n’offrit aucune résistance à Hitler.

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A un moment donné dans le futur, si l’esprit humain devient totalement différent de ce qu’il est aujourd’hui, nous pourrons apprendre à séparer la création littéraire de l’honnêteté intellectuelle. Pour le présent, nous savons que seule l’imagination, comme certains animaux sauvages, ne se reproduit pas en captivité. Tout écrivain ou journaliste qui nie ce fait et pratiquement toutes les louanges actuelles envers l’URSS contiennent ou impliquent un tel déni, demande en fait sa propre destruction.