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Bidouillage de sondage l’IFOP la main dans le sac

Posted in actualité, média et propagande, N.O.M, politique et social, politique française with tags , , , , , , on 9 août 2010 by Résistance 71

L’IFOP invente le sondage à charge

Par TAIMOIN

L’IFOP vient de publier un sondage qui tend à montrer que les françaises et les français seraient extrêmement favorables aux mesures ultra-sécuritaires réclamées dernièrement par Sarkozy de Nagy-Bocsa, mesures pourtant fortement contestées dans l’ensemble de la presse et une bonne partie de l’opinion.

Les scores d’adhésion aux idées du locataire de l’Elysée atteignent, dans ce sondage à point pour lui, des niveaux dignes d’une république bananière. « 80% des sondés se disent favorables au retrait de la nationalité française pour les personnes d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’excision, et 70% pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme ».

Ce type de sondage relève de la méthode CAWI (Computer-Assisted Web Interviewing). La CAWI, comme les kebabs, est née avec la conjugaison crise/internet. Plus besoin de téléphones, plus besoin d’enquéteurs à domicile, les questionnaires sont « auto-administré en ligne, ce qui veut dire que chacun le trouve sur un site, ou reçoit un lien pour le remplir. Intérêt : économies et rapidité. De nombreux maillons de la chaîne du sondage sautent et plusieurs dizaines de questionnaires peuvent être remplis en même temps. On comprend un peu que la petite chef du Medef, qui cornaque l’IFOP, l’ait retenue pour ce sondage, et tant d’autres.

Problèmes…On ne peut être sûr de qui remplit les CAWI, vu que l’IFOP travaille avec des centaines de sites partenaires, à qui elle demande de mettre en ligne son questionnaire ou un lien. On peut parfaitement imaginer des personnes décidées qui se relaieraient sur un site, puis feraient une recherche sur l’ensemble des sites où est posé tel questionnaire, pour aller remplir tous les CAWI relatifs au même problème soulevé par un CAWI particulier…Paranoïa ?…Non, possibilités technologiques couplées à une détermination militante.

Sans oublier un élément fondamental. Par définition, l’enquête sur le Net ne peut toucher qu’une moitié et un plus des français, puisque seulement 57,8% des foyers ont le Net. Limites technologiques et sociétales, donc.

Autre possibilité de diverger. Le questionnaire CAWI ne donne que les réponses de ceux qui VEULENT répondre.

Il ne représente pas du tout l’opinion publique même s’il est « remballé » ensuite, à coups de pondération statistiques pour reprendre le profil de la population française. Il a un biais « dynamique ». Les répondants sont positifs ou négatifs, mais très peu non-répondants. Le CAWI accentue sûrement les réponses les plus fortes en termes de sens. Ainsi, les répondants choisiront plutôt « êtes-vous très », « étes-vous plutôt », que « sans opinion » ou « ne se prononce pas ».

Le questionnaire pêcheraient donc, ici, par une tendance « maximaliste ».

Au-delà de ces problèmes structurels des enquêtes CAWI, des biais récurrents et indiscutables émergent dans le sondage IFOP concerné lui-même. Le questionnaire semble très loin de l’équilibre, dans le domaine sémantique/rhétorique.

Il suffit pour s’en apercevoir de reprendre la question initiale et les items – les différentes modalités de réponse possible – au fur et à meusre.

Q 1 : « Vous savez que le gouvernement a annoncé différentes mesures pour lutter contre l’insécurité….Le terme « lutter » est un jugement de valeur. Il aurait fallu l’enlever ou employer des termes neutres comme « à propos de », « relatives à ».

Suite de la Q1 : « …très favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou très opposé ? ». La formulation induit une préférence pour « favorable » qui vient deux fois en tête de phrase. La présentation plus neutre aurait été : « très favorable, très opposé, plutôt opposé ou plutôt favorable ».

Sur l’item 1 : « Le contrôle par bracelet électronique des délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années après la fin de leurs peines ». On est là encore dans le biais. Le terme « contrôle » est trop valorisant pour l’utilisation du bracelet. Il aurait fallu utiliser « port ». Même remarque concernant « délinquants multirécidivistes », qui aurait dû être éliminé au profit, par exemple, de « personnes condamnées plusieurs fois » (lui-même mieux que « plusieurs fois condamnées qui met l’accent sur la multiplication des condamnations). Un questionnaire doit être neutre, c’est un b-a-ba que l’IFOP ne peut ignorer, et a pourtant ignoré.

Item 2 : les « ressortissants d’origine étrangère »…Il ne manque plus qu’une cible peinte dessus. « Les français ayant eu une autre nationalité avant d’être français », aurait été moins discriminant, pour reprendre le genre d’euphémisation en cours chez nos élites.

Item 3 : « L’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes ». Flagrante, l’intention de criminaliser les gens de la catégorie visée par cette modalité de réponse… »Assasins » est le terme le plus puissant sûrement, en terme de valeur. Inutilisable pour un enquêteur, semble-t-il dans un questionnaire qui ne doit influencer en aucune manière les répondants. « auteurs d’homicides sur la personne de policiers et gendarmes » paraissaît absolument indiqué, si la firme de Parisot voulait respecter la déontologie. Apparemment, non.

Item 4 : « Le démantèlement des camps illégaux de Roms » . Une vraie caricature… »illegaux » induit automatiquement ou presque la réponse.  » Sa suppresssion dans un questionnaire neutre est indispensable, au profit de « camps non autorisés ».

Item 5 : « d’atteinte à la vie ». Le biais est ici plus fin. L’expression distante, clinique, neutre serait « homicide sur la personne d’un policier ou d’un gendarme ». L’expression choisie convoque le respect de la vie en général. Tout le monde le partage. On croit répondre sur l’atteinte à une catégorie de population précise, on respecte en réalité, quasiment religieusement, la Vie.

Item 6 : « délinquants » est un terme superflu dans la modalité de réponse proposée, il connote péjorativement les « mineurs » Il n’aurait jamais dû être retenu.

Ce questionnaire semble vermoulu du sol au plafond.

Plus grave, dans le contexte actuel, après le maximalisme triste d’un président aux abois qui s’enfonce dans cet argent qui compte tant à ses yeux, produire un questionnaire aussi violemment propulsé en dehors des règles du juste, de l’équitable, du neutre, d’une déontologie dont se gargarise pourtant tout ces directeurs directeurs de machines à sondages, montre bien qu’il y a là véritablement intention de manipuler l’opinion.,

Pour ceux qui espère en la démocratie, il y a matière là, à saisir dans un premier temps la Commission des sondages et ensuite la Justice. Le syndrome « Opinion Way » semble métastaser un peu trop pour que la Démocratie, la Citoyenneté ressortent sans dommages de la constante manipulation dont nous sommes victimes. Manipulation qui se déroule pendant que nous subissons déjà le rouleau compresseur médiatique dévoué à l’Etat-UMP et les charges des politiques.

Justice exigible egalement parce qu’outre un questionnaire totalement hors des clous, il faut quand même répondre aussi à une question liée, mais pas complètement sans doute…Comment peut arriver à des scores de dictature latino-américaines, après l’unanime ou presque indignation de la gauche et même de certains à droite qu’a suscité les discours lepénistes tout récents de Sarkozy de Nagy-Bocsa ?

La Commission des sondages existe, j’en suis à peu près sûr. J’ai vu son nom quelque part. Quelqu’un aurait-il de ses nouvelles ? Quelqu’un aurait aperçu par hasard un de ses avis, peut-être une sanction infligée à un sondeur ?…

Faute de réalité et d’action de la Commission des sondages, Il restera donc aux citoyens à s’adresser à la Justice, pour stopper la dérive, la République des coquins.

Pour une fois qu’un(e) juge d’instruction pourrait être nommée, ça ne se refuse pas.

TAIMOIN

En tous cas, c’est pas un sondage, c’est un tract. Brun.

URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/L-IFOP-invente-le-sondage-a-charge.html

Société libertaire, qu’en est-il ?…

Posted in militantisme alternatif, philosophie, politique et social, politique française with tags , , , , , on 7 août 2010 by Résistance 71

Annonce de la Fédération Anarchiste:

http://www.fa-30-84.org/news.php?lng=fr&pg=387

La Fédération anarchiste est un groupement de militants politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c’est-à-dire la libre association) garantissant aux groupes et aux individus qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d’un pacte associatif que nous appelons nos «principes de base» (disponibles sur demande).
C’est notre outil de lutte qui doit être fonctionnel et rationnel. Nous rejetons en effet tout fétichisme d’organisation. Pas de hiérarchie, donc pas de chefs chez nous ! C’est à tous les militants et militantes qu’il appartient de faire progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeants/exécutants, la participation effective des militants et militantes aux structures collectives de l’organisation est un principe d’éthique et de solidarité.
Ces structures fédérales sont : le Monde libertaire hebdomadaire, Radio libertaire, hier parisienne, aujourd’hui planétaire, et la librairie du Monde libertaire, à Paris également. En dehors de ces oeuvres fédérales, les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur propre activité au niveau local.
Les buts de la FA
Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique, sociale et politique ; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de consommation ; pour la suppression de toutes les formes d’exploitation, de hiérarchie, d’autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c’est sans doute pour cela que certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu’ils regardent autour d’eux et qu’ils nous expliquent comment faire pire !
Les anarchistes sont, au contraire, partisans d’une société organisée d’une manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les dictatures marxistes-léninistes. Il s’agit, dans le cadre d’une société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d’administrer les choses au profit de la collectivité tout entière. Nous voulons construire une société libre sans classes ni État, sans patrie ni frontières, avec comme objectifs : l’émancipation des individus; l’égalité sociale, économique et politique ; la liberté de création ; la justice ; l’éducation libertaire et permanente; l’organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs (autogestion) ; la démocratie directe ; une économie tournée vers la satisfaction des besoins ; l’abolition du salariat ; l’écologie ; la libre union des individus ou des populations ; la liberté d’expression ; la libre circulation des individus.
Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants et militantes de la Fédération anarchiste. Rendre possible l’édification d’un ordre social fondé sur l’entraide, la solidarité, sur le respect absolu de l’intégrité physique et morale de l’individu, voilà l’idéal qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.

Documents de Wikileaks: diversion politique et fuite contrôlée…

Posted in actualité, crise mondiale, désinformation, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M with tags , , , on 2 août 2010 by Résistance 71
Wikileaks : une diversion politique

Sollicité par de nombreux lecteurs à propos des documents publiés par Wikileaks, le Réseau Voltaire tient à recentrer le débat. Dans ce communiqué, il dénonce une manoeuvre de diversion médiatique et réaffirme que la guerre d’Afghanistan est illégale.

Url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article166482.html

Le site Internet Wikileaks a remis, il y a quelques semaines des documents militaires confidentiels à trois médias (New York Times, The Guardian, Der Spiegel) afin qu’ils les examinent avant publication.

Le site a publié les 92 000 documents originaux et les trois médias ont publié leurs articles simultanément le 25 juillet 2010. Il s’agit de la plus importante fuite de documents militaires de l’histoire.

Ces documents sont des notes utilisées par les troupes engagées en Afghanistan. Certaines relatent des combats, d’autres rapportent des renseignements. Leur degré de confidentialité est faible (ce qui signifie qu’ils ont circulé en de nombreuses mains), mais leur nombre est très élevé (ce qui implique que peu de personnes pouvaient les réunir). Leur authenticité n’a pas été contestée. La presse internationale et de nombreux leaders politiques dans le monde ont commenté les conclusions des trois médias, considérant ces informations comme sûres.

Nos détracteurs s’attendent à ce que le Réseau Voltaire se félicite de ces fuites et exploite ces documents pour charger les forces US, les accuser de crimes de guerre et d’incompétence. Nous n’en ferons rien.

Tout laisse à penser que ces fuites ont été organisées par un clan de l’appareil US pour imposer ses vues simultanément au limogeage du général McChrystal par le président Obama. Et le fait que ce dernier ait stoppé toute enquête interne visant à identifier l’origine des fuites montre que celle-ci lui est connue, qu’il ne souhaite pas l’affronter ou qu’il l’approuve.

Ces documents ne décrivent pas la réalité de terrain, mais attestent du degré d’auto-intoxication des forces US. Les notes de renseignement afghanes qui servent de base aux opérations de l’Alliance dans ce pays ne rapportent que de stupides ragots et l’on se demande comment ces informateurs ont été recrutés. Il est particulièrement ridicule de présenter un officier pakistanais de 74 ans, le général à la retraite Hamid Gul, comme le manipulateur en sous-main des insurgés et le responsable à lui tout seul de l’échec militaire de l’OTAN.

Nous ne sommes pas étonnés que trois médias connus pour leur alignement aveugle sur les thèses atlantistes participent à une opération psychologique de diversion dont le but est de critiquer un général qui vient d’être démis de ses fonctions pour mieux disculper les responsabilités politiques de cette catastrophe humaine.

Au demeurant, l’unanimité de grands médias, qui n’ont cessé de répéter des années durant les mensonges de Washington, ne peut qu’inquiéter.

La guerre d’Afghanistan est illégale. Qu’ils nous soient sympathiques ou pas, les insurgés exercent leur droit fondamental et légitime à défendre leur pays contre l’occupation étrangère. Ce ne sont pas seulement les bavures de telle ou telle unité militaire qui constituent des crimes, mais la totalité des opérations conduites sur place et jusqu’à la simple présence des troupes étrangères.

Rompre avec les acquis sociaux du travail

Posted in économie, philosophie, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , on 23 juillet 2010 by Résistance 71

Rompre avec les acquis sociaux du travail

par AnarSonore

Url de l’article original: http://anarsonore.free.fr/spip.php?article443

Dans ce document, André Gorz dit qu’il est avant tout nécessaire d’inventer de nouveaux modes de vie (la culture) dits post capitalistes et que la prise de pouvoir au sens politique est secondaire.

En faisant une distinction entre « sphères de l’autonomie » et « sphères du loisir » Gorz observe que la stratégie de domination du capital consiste à empêcher l’apparition « d’espaces d’auto-activités » émancipateurs, conduisant les gens à croire que le travail rémunéré, celui de l’emploi, serait indispensable à leur dignité et épanouissement personnel.

Il ajoute que la raréfaction des emplois (et pas du travail) correspond à une stratégie de domination amenant les gens à devoir accepter des conditions de travail toujours plus difficiles, dans un système ou ceux-ci sont de plus en plus dépendants de l’emploi pour répondre à leur besoins, par l’utilisation de l’argent et des marchandises.

Pour toute tentative d’émancipation, les individus doivent rompre avec ce qu’il nomme « l’imaginaire du travail ». En utilisant la métaphore de « l’exode », le philosophe propose de prendre mentalement et spirituellement de la distance avec la société de l’emploi, du salaire et de la marchandise afin de préparer cette rupture.

Enfin en prenant l’exemple des informaticiens, André Gorz explique que la nature de la force de production la plus importante et la plus indispensable sur laquelle repose l’économie actuelle (créativité), exige un perpétuel travail d’auto épanouissement des facultés intellectuelles, culturelles et morales, humaines, de telle sorte que par nature, le développement de cette force de travail se doit d’être dégagée, des contraintes de temps liées à l’emploi, réalisant ce que Marx interprétait comme le « Surtravail » c’est-à-dire l’utilisation par les travailleurs de leur propre productivité afin de disposer du temps nécessaire à leur émancipation.

L’immatériel

Bien qu’assez âgé, il produisit aussi un livre consacré à l’analyse de la démarchandisation que pouvait opérer les réseaux de l’internet libre, la découverte de nouveaux espaces de création et de coopération parcourus par « les colonisateurs d’un nouveau monde ».

Dans son livre intitulé « l’immatériel, Connaissance, valeur et capital » l’auteur montre le glissement, la mutation qui s’opère entre la production matérielle (marchandisable) et production immatérielle (savoir, développement humain, bien commun, dématérialisation de la production) dans le contexte récent du capitalisme livré à l’ère de la société de l’information et de l’économie numérique dans son rapport à la science et aux hommes.

Il montre aussi comment la science autant que le capitalisme privent l’humain du retour réflexif sur soi nécessaire à la pensée. Qui mènera la bataille de l’esprit ? Pour André Gorz, le « néo prolétariat post industriel » serait « le principal acteur futur d’une mutation culturelle anti-productiviste et anti-étatiste » s’appuyant sur les logiciels et les réseaux libres, « lieu structurel de la contestation du capitalisme mondialisé ».

Comment les médias fabriquent des dissidents

Posted in actualité, désinformation, média et propagande, N.O.M, politique et social with tags , , , on 22 juillet 2010 by Résistance 71

Une histoire vraie, digne d’un roman d’espionnage

Les « dissidents cubains » tels que les fabriquent nos médias.

Maxime VIVAS

On se souvient peut-être de Valladarés. Ex policier du dictateur Batista, arrêté à Cuba peu après la Révolution alors qu’il transportait des explosifs, il a bénéficié d’une campagne internationale en faveur de sa libération. La presse le disait poète et paralytique. Quant le gouvernement cubain a décidé de l’expulser à Madrid, le président François Mitterrand a envoyé Régis Debray pour l’accueillir à l’atterrissage de son avion. La foule des photographes a vu alors un homme hilare descendre la passerelle sur ses deux jambes. Aujourd’hui, on sait que le seul poème dont il s’est prévalu était un plagiat et il vit aux USA, ce qui fit dire à Debray : « Le poète n’était pas poète, le paralytique n’était pas paralytique et le Cubain est Américain. »

Mais Cuba était devenu dans l’imaginaire collectif un pays où sont emprisonnés les poètes et autres intellectuels.

Voici 3 chapitres extraits de mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » (éditions Aden, octobre 2007).

Pour l’anecdote, Robert Ménard y répond dans son livre « Des libertés et autres chinoiseries » (éditions Robert Laffont, octobre 2008) où il affirme « Maxime Vivas invente ».

Le problème est qu’aucun menteur n’a assez de mémoire pour gérer ses mensonges dans le temps. Ménard a donc oublié qu’à deux reprises, en 2004 sur le site du Nouvel Observateur et en 2006 sur le site de RSF il avait avoué (voir plus bas) avoir recruté le « journaliste dissident » dont je parle et qui a fini par lui poser de singuliers et très amusants problèmes.

OSS 117/Robert Ménard à La Havane

Le 20 septembre 1998, Robert Ménard, flanqué d’un de ses collaborateurs parisien, se rend à Cuba. Objectif : recruter pour RSF un journaliste « dissident » dont on lui a dit le plus grand bien. La recrue s’appelle Néstor Baguer Sanchez Galarraga. Petit homme émacié, volontiers coiffé d’un grand béret, c’est un intellectuel et un journaliste chevronné. Il a fait ses études dans une université états-unienne, il a vécu à New-York et il a gardé des amis aux Etats-Unis. Parmi eux, Jimmy Carter qui, lorsqu’il était président l’a invité à se rendre aux États-Unis pour donner des cours d’espagnol à l’Université.

Membre du Comité Martiano por los Derechos Humanos et de la Corriente Socialista Democrática, groupuscules liés à deux organisations anti-cubaines dirigées depuis l’extérieur : Concertation Democrática Cubana et Plataforma Democrática Cubana, il ne tardera pas à créer L’Agence de Presse Indépendante Cubaine (APIC). Son engagement n’a jamais faibli, même quand il a été victime de tracasseries annonciatrices de possibles ennuis plus sérieux. Amnesty International s’est ému de la confiscation, par la Sécurité de l’Etat, le 10 juillet 1995 d’un télécopieur dont il se servait pour envoyer ses articles hors de l’île. Heureusement, dès le 18 août, il s’en était procuré un nouveau.

Le rapport annuel 1996 de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), s’émouvra également des persécutions contre le journaliste : « Néstor Baguer, président de l’Agence de presse indépendante (APIC) a été gravement blessé par un inconnu qui l’a roué de coups, lui occasionnant une fracture du poignet et de nombreux hématomes. Les faits se sont produits à La Havane, le 2 mars 1995. Le 11 juillet de la même année, des membres de la sécurité de l’Etat ont perquisitionné son domicile et saisi un télécopieur et ils l’ont déconnecté du service téléphonique. Quelques jours plus tard, Néstor Baguer a présenté une plainte au tribunal municipal de Plaza pour obtenir la restitution du matériel confisqué ; le greffier du tribunal a toutefois refusé de la recevoir en déclarant qu’elle n’était pas légalement valide. »

Néstor Baguer publie des articles mordants pour la RECE (REpresentación Cubana en el Exilio), créée par la CIA dans les années 60 et dirigée par l’extrême droite de Miami. Il écrit aussi pour la Fondation Nationale Cubano-Americaine (FNCA), également organisation d’extrême droite basée à Miami, fondée en 1983 par Ronald Reagan, étroitement liée à la CIA et au Département d’Etat. La FNCA a été particulièrement efficace, au Nicaragua, dans le soutien à la « Contra » qui fit chuter le gouvernement de Daniel Ortega en février 1990 et qui a replongé ce pays dans la misère, l’analphabétisme et la soumission aux oligarchies nationales et étrangères. Elle a financé la préparation et/ou l’exécution de nombreux attentats terroristes contre Cuba, visant des centres industriels et des points de concentration de touristes, la raffinerie de Cienfuegos, la centrale thermo-électrique de Matanzas et le cabaret Tropicana, dans l’ouest de la capitale. Le 4 septembre 1997, un jeune touriste italien, Fabio Di Celmo se trouve dans le hall de l’hôtel Copacabana lorsqu’une bombe explose et le tue. Deux autres hôtels ont été aussi la cible d’attentats au plastic pratiquement au même moment.

Oui, à l’évidence, Néstor Baguer offrait toutes les compétences pour aller grossir les rangs des « journalistes indépendants » promus par Robert Ménard.

A peine débarqué de l’aéroport José Marti, OSS 117/Robert Ménard loue une voiture haut de gamme et va déposer ses bagages à l’hôtel Nacional, établissement luxueux qui reçoit des visiteurs de marque et fortunés. Puis, il fonce discrètement vers la modeste maison d’un honorable correspondant, un « dissident » qu’il a contacté depuis Paris pour organiser la rencontre. Prévenu, Néstor Baguer est au rendez-vous, pressé de rencontrer ce héraut de la Liberté venu tout exprès pour le voir depuis la patrie des Droits de l’Homme.

Cependant, le dicton et les films d’espionnage l’attestent, les murs ont des oreilles. Prudent, Robert Ménard refuse donc de discuter dans la maison de son contact et il embarque Néstor Baguer dans la voiture. Ainsi, il est assuré que ce qui va se passer ne pourra jamais être connu. Et c’est tant mieux car, à le voir agir, on dirait bien qu’il est un espion d’une puissance étrangère et non le représentant d’une ONG. Tous deux s’assoient à l’arrière du véhicule, l’autre français faisant office de chauffeur. Les conspirateurs parcourent ainsi le quartier de Vedado, le temps nécessaire pour faire connaissance et pour arrêter les modalités et les conditions de leur future collaboration. Néstor Baguer étudie discrètement son interlocuteur. La coupe de ses habits, la grosseur de sa voiture, l’hôtel où il est descendu, attestent que l’homme est un paquet de dollars ambulants. Quant à sa conversation, elle révèle assez bien ce qu’il est et ce qu’il veut : cassant, il est là pour donner des instructions, dicter ce qu’il faudra faire, pas pour écouter. C’est la première fois qu’il vient ici, mais il explique doctement à Néstor Baguer le problème racial cubain et autres choses de ce tonneau. Baguer écoute poliment. On l’a dit, il connaît bien les USA et il sait ce que racisme veut dire. Il vit dans un pays métissé, à cent cinquante kilomètres d’un Empire où le taux de mariage mixte n’atteint pas 1 %. Mais il se tait. Il sera toujours temps, plus tard, si RSF lui commande un article sur ce sujet, de le développer, de manière à grossir les derniers et réels vestiges d’un racisme séculaire hérité du colonialisme, sans pour autant déchoir jusqu’au mensonge pur. Néstor Baguer est prêt à faire beaucoup de choses pour ses idées, mais pas à perdre sa propre estime par ses écrits.

Enfin, Robert Ménard en vient au fait : les informations anti-cubaines propagées en Europe par RSF proviennent de Miami. Il veut une source directe, un correspondant particulier dans l’île afin d’accroître la fiabilité de ses dossiers. Et peut-être aussi d’en déterminer la teneur.

Au bout d’une heure, ils se séparent. Un nouveau rendez-vous sera pris plus tard par téléphone, mais pas chez le « dissident » qui les a déjà accueillis. Les règles de la guerre de l’ombre sont strictes.

Quelques jours plus tard, Néstor Baguer reçoit un appel : il devra se rendre dans un parc du quartier de Vedado à une heure déterminée et il s’assiéra sur un banc pour attendre qu’on lui remette un colis. Le journaliste dissident est surpris par ce luxe de précautions paranoïaques qui n’est pas de mise quand les journalistes de son obédience se réunissent. Néanmoins, il ne discute pas et il sera ponctuel au rendez-vous. Il patientera à peine quelques minutes avant de voir arriver son nouveau contact. C’est le mentor de Robert Ménard, qui lui remet furtivement un paquet et qui file sans s’attarder. Les parcs ne sont-ils pas truffés de caméras, voire de micros dissimulés dans les fleurs et de flics déguisés en jardiniers, en étudiant boutonneux, en mères de famille ou en vieillards claudiquant dont le faux sonotone est directement relié au bureau de Fidel Castro ? De retour chez lui, Néstor Baguer ouvre le paquet. Il s’agit d’un ordinateur portable dans son emballage d’origine. Le Président de l’Association des Journalistes Indépendants va pouvoir écrire sur son pays, les articles que RSF aime lire.

Un dissident très (trop) scrupuleux.

Il va se consacrer à cette tâche avec une conscience digne d’éloges. Fin lettré, non seulement il est capable de proposer des articles anti-cubains bien écrits, mais l’intelligence est au rendez-vous de sa prose. De plus, Néstor Baguer veille soigneusement à la crédibilité des écrits des « journalistes indépendants » qu’il chapeaute. Le problème qu’il rencontre en effet est celui de la vénalité. Plus un article est sensationnel et accusateur, plus les journaux de Miami, via la Section des Intérêts Nord-Américains (la SINA, ersatz d’ambassade) à La Havane le paient cher. De nombreux articles vont alimenter les émissions de Radio Marti, qui émet depuis Miami vers Cuba sur des fréquences qui ne lui sont pas attribuées, en contravention aux règlements de l’Union Internationale des Télécommunications et en violation de l’espace radioélectrique cubain. Créée en 1985 à l’initiative du président Reagan, cette radio pirate bénéficie d’un budget gouvernemental de plusieurs dizaines de millions de dollars. C’est la seule radio US qui déroge à la loi sur l’interdiction de financement d’un média par l’Etat. Son objectif est le renversement du gouvernement cubain. Elle déverse 1200 heures d’émissions hebdomadaires sur l’île. On a pu y entendre des appels à la subversion intérieure et à commettre des sabotages.

A Cuba, où le salaire moyen ne dépasse guère quinze dollars, un « journaliste indépendant » peut encaisser sans trop de mal entre cinquante et cent dollars mensuels, ce qui le dispense, avec sa famille, de se livrer à tout autre activité salariée. Du coup, des petits malins se décrètent journalistes sans avoir jamais auparavant écrit une ligne, voire sans être familiers de la syntaxe. Les « Agences de presse indépendantes » prolifèrent, parfois formées du père, de la mère et du fils auto-promus « journalistes » du jour au lendemain. L’effet pervers est que la course aux dollars entraîne une surenchère dans les diatribes antigouvernementales, des récits de faits spectaculaires mais inventés, des interviews bidonnées. Peu importe, la plupart des bobards, dès lors qu’ils sont politiquement conformes aux desiderata des payeurs, sont acceptés et propagés. Mais Néstor Baguer entend prouver que dissidence et éthique peuvent co-exister. Et là, il va rapidement commencer à décevoir.

D’abord, c’est son refus d’articles trop invraisemblables qui surprend. C’est nouveau ! A un « journaliste » improvisé qui espère bien palper un paquet de billets verts en décrivant une émeute populaire réunissant dix mille personnes à l’angle de deux rues à Manzanillo pour cause de déménagement forcé d’une famille par la « dictature castriste », Baguer fait préciser les circonstances. Il apparaît très vite que l’étroitesse des lieux ne permettait pas un tel rassemblement, que l’incident était en fait dû à un transfert illicite de logements et que seuls les locataires concernés avaient râlé dans la rue. Ayant dégonflé l’émeute, Baguer met le papier au panier.

Mais il fait pire. En même temps qu’il fournit Paris et Miami en articles critiques contre son pays, il n’hésite pas à se déplacer pour vérifier certaines des informations qui transitent par lui. Un jour où lui est soumis un article sur une grève de la faim politique, il se rend à l’improviste sur les lieux, dans le quartier de Santo Suárez, et tombe sur des « grévistes » joyeusement attablés. Tout était faux et Néstor Baguer se désole d’autant plus de ces avalanches de mensonges, que RSF s’impatiente et lui donne en exemple ce qu’écrivent ses confrères. Or, s’il a bien accepté de produire, contre des dollars, des informations tendancieuses, il entend cependant ne pas perdre son âme. Il s’irrite de voir Paris lui indiquer quels thèmes il doit aborder dans son prochain article. Mais surtout, RSF ne tarde pas à lui reprocher d’être trop modéré. De leur côté, les états-uniens s’étonnent qu’il ne traite pas Fidel Castro d’assassin dans ses textes. Néstor Baguer écrit en effet : « Le Président de Cuba, Monsieur Fidel Castro » alors que d’autres écrivaient « le dictateur ». L’attaché culturel US fera un constat : « Monsieur Baguer, vous ne haïssez pas Fidel Castro ». Néstor Baguer confirme. La haine est-elle nécessaire ? Il invoque son bagage culturel, son éducation, son style journalistique. Il y a des mots, monsieur, qu’il n’emploie pas. Il rappelle qu’il est « membre de l’Académie de la Langue et [qu’il ne peut] pas écrire d’insultes ». Quand Jimmy Carter est venu en voyage officiel à Cuba, il a tenu à dîner avec son ami Néstor Baguer. Est-ce que Carter traite Castro d’assassin ? Non. C’est donc simple : insulter l’Autorité, c’est chercher des ennuis et ne plus pouvoir travailler. De plus, fort de son statut d’intellectuel et de son appartenance à l’Académie, il ne saurait tolérer qu’un fonctionnaire retouche un de ses articles.

A Paris, on trouve cet intellectuel bien mou et les relations commencent à se tendre. Les patrons de RSF doutent à présent de disposer du right man at the right place. De son côté Néstor Baguer note l’escalade dans les commandes qui lui sont faites. Il lui faut maintenant s’informer sur la présence éventuelle de dissidents dans la police et dans les forces armées. S’agit-il là d’une curiosité d’une ONG ? Plutôt d’une agence de presse, et peut-être même d’une agence de renseignements. Il lui semble que la CIA lui aurait posé la même question. Pas Amnesty International, pas la Croix Rouge, pas la Ligue internationale des Droits de l’Homme, pas l’Unicef ou Médecin sans frontières. Cependant, l’argent afflue. Néstor Baguer le perçoit chaque mois par retrait avec sa carte Transcard. Il garde ce qui lui revient (cent dollars mensuels, soit deux fois la paie d’un ministre cubain) et distribue le reste en fonction du travail des « journalistes » qu’il chapeaute. Quand l’article déplait, il n’est pas rétribué par les commanditaires. Plus la charge anti-cubaine est rude, plus elle rapporte.

Les USA regardent le travail de Néstor Baguer avec sympathie. Il a fait son chemin depuis sa rencontre avec Robert Ménard jusqu’à être reconnu par la presse internationale comme l’un des plus éminents leaders de la dissidence.

Très vite ils lui délivrent un laissez-passer permanent qui lui permet d’entrer à sa guise dans les locaux de la Section des Intérêts Nord-Américains (SINA) de La Havane. Il y rencontre Gene Bigler, l’attaché culturel qui le présente à son chef, Joseph Sullivan. Les trois sont en phase, ils parlent la même langue, connaissent les mêmes endroits aux USA, servent la même cause. Le Cubain leur soumet des dizaines d’articles émanant des « agences de presse « . Triées, corrigées, les copies sont conformes aux intérêts de l’Empire et à ses desseins dans l’archipel des Caraïbes. La SINA y veille.

Chacun est bien conscient que ces activités tombent sous le coup de la loi cubaine 88 dite de « protection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba ». En interdisant « le travail de concert avec une puissance étrangère dans l’objectif d’ébranler le gouvernement cubain » la Justice de l’île ne se distingue d’ailleurs pas de celle des autres pays, notamment pas de celle des Etats-Unis dont le Code pénal (art 18, §951) précise que « toute personne qui accepte d’opérer à l’intérieur des États-Unis sous la direction ou le contrôle d’un gouvernement étranger sera inculpé de crime et risque une peine de 10 ans de prison ».

Dans son article (déjà cité) du Monde Diplomatique de février 2004, l’écrivain cubain René Vázquez Díaz, constate que la Suède, son pays d’adoption, « condamne à un maximum de deux années d’emprisonnement (Code pénal, chapitre 19, article 13, sur les délits contre la sécurité de l’Etat ) celui qui perçoit de l’argent ou d’autres dons d’une puissance étrangère ou de quiconque agit dans l’intérêt de celle-ci, afin de publier ou diffuser des écrits, ou d’influencer de quelque façon que ce soit l’opinion publique en ce qui concerne l’organisation interne de l’Etat ». La Suède punit également dans son article 8 « celui qui propage ou transmet à des puissances étrangères ou à leurs agents des informations inexactes ou tendancieuses, dans le but de créer des menaces pour la Sécurité de l’Etat ». Et, comme délit de haute trahison, la paisible Suède, qui ne se connaît pas d’ennemi, punit « celui qui constitue une menace contre la sécurité de l’Etat pour avoir utilisé des moyens illégaux avec l’appui d’une puissance étrangère, à dix ans de prison ou à la réclusion criminelle à perpétuité. »

Quant au Code pénal français, il stipule en son article 411-6 : « Le fait de livrer ou de rendre accessibles à une puissance étrangère, à une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents, des renseignements […] de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation est puni de quinze ans de détention criminelle et de 225 000 euros d’amende. »

Il ajoute en son article 411-10 : « Le fait de fournir, en vue de servir les intérêts d’une puissance étrangère […] des informations fausses de nature à […] induire en erreur et à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende. »

Enfin, quand RSF se montrait curieuse sur les éventuels maillons faibles dans la police et dans l’armée cubaine, elle faisait fi de ce que l’article 411-4 notre propre Code pénal prévoit en la matière : « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France. » Néstor Baguer, lui, n’ignore pas comment les Etats, dont le sien, se protègent. Il sait que, compte tenu des rapports de guerre larvée entre les USA et Cuba, de la possibilité d’une invasion impromptue sans cesse promise et qui n’attend que le bon prétexte, la loi cubaine s’appliquera dans toute sa rigueur. Il est assez érudit pour savoir aussi que, dans quelque pays du monde que ce soit, à contexte égal, il en serait ainsi.

Il se demande in petto comment RSF, une organisation censée défendre la liberté des journalistes peut financer des articles bidons, imposer les sujets à traiter, les refuser à sa convenance, réprimander les auteurs dont la virulence n’est pas adaptée aux enjeux politiques.

Il voit les gens de la Section des Intérêts Nord-Américains (SINA) dicter les sujets à ceux qu’il appelle les « handicapés mentaux, les pseudo-journalistes ». Pis, il voit ces derniers, lorsqu’ils ont pondu leurs textes, aller les faire réviser à la SINA avant de les transmettre, au cas où quelque chose ne conviendrait pas politiquement. S’ils étaient approuvés, on les transmettait.

Et les amours s’étiolent entre RSF et lui. Au fil des mois, la tension ne cessera de grimper avec ses commanditaires parisiens. Finalement, ils renonceront à ses services. Exit Néstor Baguer ?

Pas tout à fait. L’histoire de ce collaborateur scrupuleux et indocile va en effet connaître un spectaculaire rebondissement.(73)

L’agent secret Octavio démasque Néstor Baguer.

En mars 2003, la Justice cubaine a lancé une vague d’arrestations « pour conspiration, activités subversives et collaboration avec la mise en place du blocus imposé par Washington ». Dans le lot des personnes interpellées il s’en trouva douze qui étaient en réalité des agents infiltrés de la sécurité de l’Etat cubain. Parmi ces « taupes », l’agent Octavio.

L’agent Octavio est un petit homme émacié, volontiers coiffé d’un grand béret, journaliste chevronné, intellectuel qui a fait ses études aux Etats-Unis, membre de l’Académie de la Langue, ami de Jimmy Carter, bref, un loustic dans lequel nous reconnaissons… Néstor Baguer. Depuis plus de quatre ans, Octavio/Néstor Baguer tenait informé le contre-espionnage cubain du développement du « journalisme indépendant », de la corruption de ses compères par l’ennemi, des agissements de Reporters sans frontières et de ses exigences. Quand, en jouant au James Bond, il recruta ce collaborateur « anti-castriste » et lui fit une démonstration de l’application des règles de clandestinité, Robert Ménard ne savait pas que l’autre, authentique agent secret depuis vingt-cinq ans, riait sous cape. A La Havane, Néstor Baguer persifle et se répand en interviews : « Dès que j’ai créé l’Agence de Presse Indépendante de Cuba (APIC à laquelle participera Raùl Rivero(74) qui a été arrêté en mars 2003 et qui vit aujourd’hui en Espagne), j’ai reçu les félicitations de Miami ainsi que d’autres témoignages d’amour et de sympathie. Ils me considéraient comme le meilleur des patriotes. Reporters sans frontières faisait mon éloge partout et m’envoyait de l’argent. C’était incroyable. »Par exemple, rigole Octavio, j’ai reçu de RSF du matériel et « 1000 dollars pour financer le « Bureau de presse ».

Quand Salim Lamrani l’interroge en mai 2003 (interview cité), Robert Ménard, alors que la supercherie de Néstor Baguer a été dévoilée, persistera, dans son incomparable style hasardeux et abscons, à se vanter de ses liens avec la presse « indépendante » cubaine. Lisons : « Ecoutez, le nombre d’articles qui sont repris dans la presse internationale, ces gens de la presse indépendante cubaine qui sont cités par la presse internationale, ce qui traduit que cette presse internationale, qui ne serait pas intéressée par des articles signés que par des opposants. Le fait qu’ils les reprennent marque une amélioration. Quant à dire qu’elle est manipulée par les uns et les autres, c’est une absurdité. Nous avons plus de liens avec la presse indépendante cubaine que le gouvernement des Etats-Unis. » (sic).

Quant à Baguer, on lui apprend qu’un article de Reuters, reproduit par le New-York Times le 10 avril 2003, le qualifie désormais de « supposé journaliste » (Alleged journalist, exactement). Il feint alors la naïveté : « Comme c’est curieux ! Quand j’étais un « dissident » la presse nord-américaine ne m’a jamais appelé « supposé journaliste ». Ça ne serait jamais venu à l’esprit de personne… » Et il propose tout de go à l’interviewer de lui fournir une copie de son diplôme de journaliste pour « mettre un terme à cette rumeur »(75).

A Paris, dans les locaux de RSF, c’est la consternation. Le mieux est de ne pas ébruiter l’affaire. Le rapport 2004 de l’ONG fera allusion à Néstor Baguer, mais en taisant que Robert Ménard était allé le recruter sur place et que RSF le payait depuis des années. Quand, le 22 octobre 2004, Robert Ménard est l’invité du forum en ligne organisé par le Nouvel Observateur, il sera questionné ainsi par un Internaute : « Pouvez-vous nous dire si vous avez rencontré M. Néstor Baguer Sanchez à Cuba et ce que vous lui avez demandé ? »

Piteuse et lapidaire réponse de Robert Ménard : « Ce monsieur a été notre correspondant plusieurs années avant que nous nous séparions de lui. Une bonne chose puisqu’il s’est avéré qu’il était un agent de la police politique. C’est lui-même qui l’a déclaré lors du procès de 75 dissidents au printemps 2003. »

Au mois de mars 2006, sur son site et sous le titre « Cuba : le printemps noir, 3 ans après » où tout ce qu’il faut savoir sur le sujet est rapporté avec force détails, ces liens mercantiles de RSF et de Baguer seront tus : « Le ver est en fait dans le fruit dès l’apparition de l’APIC, en 1992, dont deux des fondateurs, Indamiro Restano et Néstor Baguer alias « Octavio « se révéleront être des agents de la Sécurité de l’Etat, la police politique. » Un ver que RSF a recruté, équipé, nourri, engraissé, conseillé, couvert de dollars quand elle le prenait pour un mercenaire travaillant contre son pays, écrivant n’importe quoi pourvu que l’Empire en soit satisfait. Mais ces détails ne seront même pas évoqués. Cachez ce sein que je ne saurais voir…

Ainsi donc, RSF fait campagne contre un petit pays indépendant grâce à des articles abracadabrants, non vérifiés, des fictions fournies par des agents secrets du gouvernement et par des chasseurs de dollars.

Les informations erronées publiées ne sont pas rectifiées quand les agents se dévoilent. Et pourquoi donc ? Parce qu’elles contribuent à dessiner l’image négative d’un pays sur lequel RSF s’excite prioritairement depuis des années et qui exaspère les dirigeants états-uniens par son fier refus de devenir la cinquante et unième étoile de leur bannière ?

Maxime Vivas

extraits de La face cachée de Reporters sans frontières – de la CIA aux faucons du Pentagone.

Url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=imprimer_article&id_article=10121

Décrépitude d’une République obsolete…

Posted in actualité, N.O.M, politique et social, politique française with tags , , , , , , , on 10 juillet 2010 by Résistance 71

Le capitalisme est certes le scandale, comme expliqué dans cet article ci-dessous; mais l’Etat et son gouvernement quel qu’il soit (y compris communiste autoritaire d’état), en tant que serviteur du capitalisme et d’une classe auto-proclamée de privilégiés, est autant responsable du marasme et des inégalités sociales.

L’Etat ne saurait être progressiste et encore moins moins révolutionnaire, simplement parce qu’il est.. l’Etat !… L’antinomie est d’une évidence politique et sociale fracassante. C’est pourquoi l’avenir montrera clairement pourquoi l’abolition simultanée des institutions capitalistes et étatiques est l’unique voie pour une société juste et libre. L’Etat n’est qu’une phase transitoire de la gestion de la société. Il est voué aux oubliettes de l’Histoire et le plus tôt sera le mieux dans l’intérêt de l’émancipation réelle des peuples. La vision marxiste est incomplete, étriquée et erronée car elle ne se conçoit que dans un contexte capitaliste et ne se complait que dans une ploutocratie de substitution.

Résistance 71

Qu’elle est jolie la république bourgeoise !

Mohamed BELAALI

Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause la plupart des membres du gouvernement contrastent tristement avec la politique de rigueur et d’austérité sans précédent que ce même gouvernement impose aux classes populaires. Au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux, se permettent de se servir abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d’innombrables privilèges. La liste des ministres impliqués dans des affaires est longue : des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, aux 12 000 euros des cigares de Christian Blanc en passant par les hôtels particuliers du ministre de l’industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d’Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez. Et on va taire par pudeur l’affaire Karachi qui a coûté la vie à 14 personnes. Il ne s’agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas cacher le caractère récurrent et structurel de la corruption de la classe dirigeante. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, comme celle d’Eric Worth, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

« Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière » (1). L’État n’est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n’est pas le président de tous les français.

Le président gère l’Etat contre l’intérêt général au profit de l’intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s’éloigne de ceux des classes populaires.

La corruption, elle aussi, remplace l’intérêt public par l’intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupules peuvent ainsi se servir, avec un sentiment total d’impunité, dans les caisses de l’État comme s’il s’agissait de leur propre patrimoine ! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l’État, d’accéder d’une manière occulte et illégale aux ressources publiques.

Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d’une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du gouvernement. Celui-ci doit être au service de celle là. L’ex- ministre du budget, Eric Woerth, est soupçonné, via sa femme qui gère les dividendes de la milliardaire, de conflit d’intérêt. Mme Bettencourt avoue de son côté posséder des comptes à l’étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc. Elle a promis, toutefois, de régulariser cette situation.

L’épouse d’Eric Worth a été obligée de quitter son poste, mais le ministre aujourd’hui du travail, lui, n’a pas démissionné.

Eric Worth est soupçonné également d’entretenir les mêmes relations avec Robert Peugeot, l’héritier de la grande famille bourgeoise du même nom. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient mutuellement. Eric Worth a même décoré Robert Peugeot de la Légion d’honneur comme il a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à Patrice de Maistre le gestionnaire de la fortune de Bettencourt ! Qu’elle est jolie la république bourgeoise !

Sarkozy voyant que les affaires prennent de l’ampleur, annonce d’une manière solennelle qu’il allait réduire le train de vie de ses ministres (mais pas ses propres privilèges), reconnaissant implicitement par là l’existence de ces affaires !

Plusieurs personnalités du monde politique et économique très proches du pouvoir comme Valérie Pécresse, François Pérol l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et intime des grands patrons français, le multimillionnaire Stéphane Richard ami de Sarkozy ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde et Directeur Général de France Télécom seraient, à un titre ou à un autre, impliqués dans des affaires.

Précisons que Stéphane Richard qui a subi un redressement fiscal en 2007 est décoré lui aussi de la Légion d’honneur.

La collusion des intérêts du capital et ceux de l’État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l’État et notamment son appareil judiciaire à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Worth est le trésorier de l’UMP et le financier du système Sarkozy.

C’est lui qui est chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarkozy tient absolument à soutenir « totalement et complétement » son ministre du travail et pourquoi il désire que Liliane Bettencourt reste en France :«  Je ne veux pas qu’elle foute le camp en Suisse » disait-il.

Rappelons tout de même que c’est ce même ministre qui mène, au nom du gouvernement et donc de la bourgeoisie, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l’opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère !

Et c’est ce même gouvernement qui tolère que des milliers de familles bourgeoises « très patriotes », dont il possède la liste, planquent scandaleusement leur magot à l’étranger pour échapper au fisc.

Les intérêts de l’État, donc d’une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l’immense majorité de la population.

Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d’essence, sont corrompus. Mais sous le régime de Sarkozy, les affaires fleurissent et se banalisent plus facilement. C’est que Sarkozy aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial et n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n’a d’égale que son mépris pour les pauvres.

En avril 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une « République irréprochable », une « démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde ». Aujourd’hui, sa république est corrompue, sa démocratie est totalement livrée au capital, aux parasites spéculateurs en tout genre qui la violent chaque jour. Et on va taire la réputation de la France sous le régime de Sarkozy dans le monde. Triste fin de règne !

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.

In fine, le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

Mohamed Belaali

(1) K. Marx et F. Engels « Manifeste du parti communiste ». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.

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http://www.legrandsoir.info/Qu-elle-est-jolie-la-republique-bourgeoise.html

Répression et état policier: le G20 et le fascisme du nouvel ordre mondial

Posted in actualité, crise mondiale, N.O.M, politique et social with tags , , , , , , , , on 7 juillet 2010 by Résistance 71

La répression de masse au sommet du G20 a Toronto

par David Walsh

La violence et la répression exercées le week-end dernier par les autorités à Toronto, où se tenait le sommet du G20, étaient dignes d’un Etat policier. Une armée d’agents de sécurité, en uniforme et en civil, se sont emparés du centre-ville de Toronto, une grande métropole, créant ainsi, dans les mots d’un chroniqueur du droitier Toronto Sun, des conditions de « loi martiale ».

L’opération policière a servi à réprimer violemment une manifestation pacifique de milliers de gens opposés aux politiques des gouvernements représentés au sommet. Avant même la manifestation, la police avait procédé à l’arrestation préventive de présumés organisateurs de la manifestation. L’énorme opération d’Etat était un assaut éhonté sur les droits de liberté d’expression et de réunion.

Une série de vitrines fracassées samedi par de soi-disant anarchistes du « Black Bloc » – un geste portant la marque d’une provocation d’Etat – sont devenues le prétexte pour pouvoir arrêter et battre les manifestants en masse. Selon l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), dans les 36 heures qui ont suivi, « plus de 900 personnes (peut-être près de 1000) ont été arrêtées par la police – la plus grande arrestation en masse de l’histoire du Canada. Médias, observateurs des droits humains, manifestants et passants ont été ramassés dans les rues. Les personnes détenues n’étaient pas autorisées à parler ni à un avocat ni à leur famille. Des perquisitions arbitraires ont eu lieu partout dans la ville, dans de nombreux cas à plusieurs kilomètres du site du sommet du G20. Des manifestations pacifiques ont été violemment dispersées. Dans un effort de localiser et de démobiliser quelque 100-150 casseurs, les forces policières ont ignoré les garanties constitutionnelles de milliers de personnes. »

Le rapport de l’ACLC minimise l’ampleur de la répression. Selon plusieurs témoignages, la police – des unités antiémeutes portant des masques à gaz – a agi de manière extrêmement brutale et provocatrice, frappant les manifestants et les passants, tirant des balles de caoutchouc, prenant d’assaut des foules pacifiques, encerclant des manifestants et les faisant attendre des heures durant sous la pluie battante, privant les détenus de nourriture et de médicaments et piétinant en général les droits fondamentaux avec la joie la plus sadique. Les policiers avaient carte blanche pour agir comme bon leur semblait contre la population.

Ces actions étaient le point culminant d’un long processus. Selon la CBC, « le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) a passé les 12 à 18 derniers mois à amasser des informations qu’il espère pourront aider la GRC (Gendarmerie royale du Canada) advenant « toute violation de la loi qui pourrait survenir » » au sommet du G20.

Dans un geste profondément antidémocratique, le gouvernement provincial a voté le 2 juin une nouvelle loi basée sur une loi de 1939 sur la protection des travaux publics permettant aux policiers d’exiger des individus approchant la « zone de sécurité » autour de la réunion du G20 qu’ils présentent une pièce d’identité et qu’ils se soumettent à une fouille corporelle sous peine d’arrestation s’ils refusent.

Les autorités ont harcelé et intimidé des groupes de protestation et des individus « avant et durant le sommet » selon Toronto Media Co-op. Le site web mentionne que « quatre organisateurs arrêtés et accusés de complot ont été interpelés plusieurs heures avant même le début des « violentes » manifestations d’hier. Un des organisateurs a été arrêté au moment où elle allait donner une conférence de presse pour dénoncer les fouilles des maisons [des autres organisateurs]. »

Les attaques sur les droits démocratiques avant le sommet du G20 et la gigantesque opération policière du week-end dernier avaient très peu à voir avec le fait de localiser et neutraliser « 100-150 casseurs », parmi lesquels se trouvaient sans aucun doute un nombre considérable d’agents provocateurs – autant que la guerre des Etats-Unis en Afghanistan a pour présumé objectif de capturer ou éliminer 50-100 membres d’Al-Qaïda.

L’opération de sécurité à Toronto (et à Huntsville, en Ontario, pour le sommet du G8), qui a coûté au gouvernement canadien environ 1,2 milliard de dollars, visait à criminaliser davantage la protestation politique, intimider l’opposition et créer les conditions pour une répression encore plus importante.

L’opération avait tout d’une répétition pour des interventions encore plus massives. La violence d’Etat à l’extérieur du sommet du G20 était étroitement liée aux discussions de politiques tenues à l’intérieur du Palais des congrès du Toronto métropolitain, qui étaient centrées sur des plans pour faire payer les travailleurs du monde entier pour la crise économique capitaliste.

Tous les chefs d’État présents, la plupart d’entre eux méprisés par leurs propres citoyens, savent que les mesures à prendre contre le niveau de vie de centaines de millions de personnes dans le monde entier vont provoquer la colère et l’opposition, comme les événements en Grèce l’ont démontré. Les politiques d’austérité ne peuvent être mises en ouvre pacifiquement et démocratiquement. Elles doivent être ultimement imposées par la force.

La transformation du centre-ville de Toronto en un camp militaire, dans le but de protéger la cabale de politiciens bourgeois, en plus du directeur général et président du Fonds monétaire international et le président de la Banque mondiale, est l’expression de l’état réel des rapports sociaux à l’échelle mondiale. Rangés d’un côté, les banquiers, l’élite des affaires et leurs valets politiques; de l’autre côté, de larges couches de la population, encore peu conscientes politiquement, mais déterminées à lutter pour des conditions de vie décentes pour leurs familles.

L’élite dirigeante a l’avantage, à ce point-ci, d’une conscience accrue de sa crise et des mesures qu’elle doit prendre. Le gouvernement minoritaire conservateur de droite de Stephen Harper au Canada, ainsi que le gouvernement libéral provincial de l’Ontario de Dalton McGuinty, ainsi que les autorités locales de Toronto, ont pris la peine d’organiser une confrontation majeure avec les manifestants, qu’ils espéraient pouvoir utiliser à leur avantage politique.

La tenue de l’événement au centre de Toronto était en soi une provocation. La ville est un pôle du sentiment antimondialisation et la manifestation d’une opposition de masse était attendue.

Une chroniqueuse du Vancouver Sun a manifesté son étonnement (ce qui en dit peut-être plus qu’elle ne voulait) devant la « décision des conservateurs l’automne dernier de tenir le G20 dans un endroit densément peuplé comme le centre-ville de Toronto ». Elle a commenté : « Il est difficile de comprendre pourquoi Ottawa, en connaissance de cause, aurait accepté de fournir un lieu pour les fauteurs de trouble ». Une bonne question, qui ne peut guère permettre une réponse innocente.

La violence elle-même a été largement mise en scène. Avec des milliers de policiers sur place, aucun n’a fait quoi que ce soit pour protéger les magasins et les banques dans le centre-ville. Une chronique dans le Ottawa Citizen, écrit par un témoin oculaire, a noté que, malgré 1 milliard de dollars consacrés à la sécurité, « sur la rue la plus longue au Canada [Yonge Street], à l’intersection la plus occupée du Canada, en plein après-midi, la police brillait par son absence tandis que des membres du soi-disant Black Bloc jaillissaient de la foule, juste assez longtemps pour qu’ils fracassent les fenêtres des magasins avec des pioches. Où était donc la police à ce moment? »

Les affirmations de la police, qui avaient infiltré et surveillé les organisateurs des manifestations du G20 pendant un an et demi, voulant qu’ils aient été pris de court par la violence, sont trop grossières et cousues de fil blanc pour être prises au sérieux. Personne ne devrait douter que la police connaissait les plans des anarchistes mieux que les anarchistes eux-mêmes, les aidant même à les élaborer.

L’incendie de voitures de police, qui avaient été laissées convenablement dans le chemin des forces du Black Bloc (il a été rapporté que la trappe à essence d’une des voitures était ouverte), était un autre événement douteux, servant avant tout de matériel pour les nouvelles nationales. Le gouvernement Harper espère que le spectacle d’anarchistes « saccageant tout » à travers les rues de Toronto attisera la colère des sections les plus naïves et arriérées de la population canadienne en plus de renforcer l’appui pour la loi et l’ordre et ses politiques anti-ouvrières.

Les événements de Toronto représentent un sérieux avertissement. Le niveau de violence d’Etat est intensifié. Face aux bouleversements à venir, les gouvernements de tous les pays préparent des plans pour la répression de masse.

Ce qui domine la politique et les rapports sociaux de tous les pays est la crise économique mondiale, laquelle a atteint un stade avancé. Tout l’accent doit maintenant être mis sur le développement d’un mouvement consciemment socialiste et internationaliste de la classe ouvrière, la seule réponse progressiste aux provocations et à la violence de l’élite dirigeante.

Mardi 6 Juillet 2010

Url de l’article original:

http://www.wsws.org/francais/News/2010/jul2010/g20-j06.shtml

Les Républicains se rebellent contre l’oligarchie

Posted in N.O.M, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , , , on 4 juillet 2010 by Résistance 71

Il y a encore en ce pays de France quelques tres rares hommes politiques qui n’ont pas oubliés qu’un élu de la République se doit d’oeuvrer pour le bien commun et le peuple qui lui a fait confiance et honoré de la fonction de représentant.

Ces hommes/femmes politiques sont d’autant plus rares que le systeme politique républicain est totalement assujetti au pouvoir de l’ombre: celui de cette véritable oligarchie (ce n’est pas un vain mot) qu’est le pouvoir de la haute finance et de l’industrie multinationale. A Résistance 71 nous n’en connaissons que deux que nous respectons a leur juste valeur d’intégrité et d’abnégation: tous deux sont des dissidents des deux partis politiques dominants la morne plaine du paysage socio-politique français; nous avons nommés Jean Luc Mélenchon a « gauche » et Nicolas Dupont Aignan a « droite » du spectrum classique d’un clivage « gauche-droite » plus fictif de nos jours qu’il ne l’a jamais été.

Le texte ci-dessous est emprunté au député-maire d’Yerres (91) Nicolas Dupont Aignan, Président du parti dissident de l’UMP: Debout la République.
Pourquoi publions-nous ce texte?… Parce qu’il est essentiel a notre sens de comprendre que la lutte contre cette oligarchie parasitaire et vampirisante de notre société ne connait pas de clivage. Les citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs savent que la résistance a cet ordre nouveau oppresseur se doit de transcender le leurre des clivages erronés, imposés par une élite destructrice et criminelle, en guerre contre nous les peuples. Seuls aujourd’hui deux hommes politiques en France d’obédience « classiques » et dissidents du systeme de la pensée unique et de sa propagande omniprésente, se levent et s’insurgent contre la folie du marasme ambiant qui ne va aller qu’en empirant.

Il convient de le dire et de leur rendre hommage, car même si nous ne croyons pas en les valeurs républicaines historiquement et socialement surévaluées avant même que d’être galvaudées et plus trompeuses par le fait des escrocs aux commandes, qu’émancipatrices du peuple; il est tout a leur honneur de tout faire pour que le vaisseau de la République revienne sur une trajectoire plus décente dans l’injustice sociale que l’Etat ne sait que générer.

Merci d’essayer et de lutter contre l’abjecte oligarchie aux commandes !

Résistance 71

Bon appetit, Messieurs !

Par Nicolas Dupont-Aignan le vendredi, juillet 2 2010

RUY BLAS,
Bon appétit, messieurs !
O ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfouir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

Victor Hugo ne serait pas dépaysé en France aujourd’hui ! Son talent nous manque pour exprimer ce que ressentent nos compatriotes.

Au-delà de la question de l’honnêteté ou non du ministre qui ne peut être tranchée que par la justice, les révélations successives de ces derniers jours démontrent la confusion des valeurs qui règne au sommet de l’Etat.

Pourquoi le Président de la République et le Premier ministre préfèrent-ils le suicide politique à la démission d’Eric Woerth et à la manifestation de la vérité ?

Que cache ce soutien aveugle au ministre et cette attitude agressive à l’égard des Français qui veulent tout simplement éclaircir les rapports pour le moins étroit entre l’ancien ministre du Budget et la famille Bettencourt ?

Nicolas Sarkozy et François Fillon se rendent-ils compte qu’en protégeant ainsi leur ministre, ils ne défendent pas son honneur (qui ne peut être lavé que par une justice indépendante) mais qu’ils cautionnent totalement, indéfectiblement un véritable système révélé par cette affaire.

Un système où le pouvoir est au service de l’argent roi.

Un système où plus on est riche, moins on paye d’impôts.

Un système où plus on est riche, moins on est contrôlé.

Un système où plus on est riche plus on est décoré, câliné, protégé.

En vérité, Eric Woerth n’est que le serviteur zélé et rigoureux d’une dérive terrible de notre République.

Au soir de son élection, Nicolas Sarkozy a d’abord préféré retrouver les siens au Fouquets plutôt que de saluer la foule qui l’acclamait place de la Concorde. Il a clairement exprimé ainsi sa préférence pour une certaine oligarchie. Aujourd’hui cette préférence lui explose en pleine figure.

Ce ne serait pas si grave si cela n’atteignait pas malheureusement les fondements mêmes de notre démocratie et de notre République.

Lien du commentaire original:

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2010/07/02/BON-APPETIT%2C-MESSIEURS-%21

Retraite: 60 ans c’est déja trop tard !

Posted in économie, militantisme alternatif, politique et social, politique française, Social & Retraite with tags , , , , , , , , on 2 juillet 2010 by Résistance 71

60 ans, c’est déjà trop tard !

jeudi 27 mai 2010

Par CNT-AIT

Trop tard pour les suicidés au travail,
Trop tard pour les malades du travail,
Trop tard pour les accidentés du travail,
Trop tard pour les usés au travail,
Trop tard pour les précaires du travail,
Trop tard pour les exclus du travail.

Reculer l’âge de la Retraite, c’est SUPPRIMER LA RETRAITE pour encore plus de morts à la tâche !

La mort de l’Esclave au profit du Patron,
La mort de la Culture au profit du Spectacle,
La mort de la Nature au profit de la Modernité,
La mort du Pauvre au profit du Riche.

Aussi, dès que les clowns au visage plâtré de sérieux politique diront d’une voix de notaire que « 60 ans, c’est encore jeune »,

Mettons-nous tous en grève, tout de suite, à la base : il n’y a que cela qui les fera céder !

L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes.

Syndicat Interprofessionnel Anarchosyndicaliste – CNT-AIT —

Les affameurs

Posted in actualité, économie, crise mondiale, politique et social, politique française with tags , , , , , , on 30 juin 2010 by Résistance 71

lundi 30 juin 2008 par cnt ait

Ces dernièrs mois, des émeutes de la faim se sont répandues comme une traînée de poudre dans un grand nombre de pays. Ces évènements, graves, sont révélateurs de l’état de crise dans lequel est plongée aujourd’hui la population mondiale. Une crise qui n’est vraiment pas due au hasard ! La hausse infernale des prix de la nourriture, qui affame à travers le monde des millions et des millions d’êtres humains a certainement plusieurs causes. Mais, la principale, la plus massive, la plus directe, c’est la spéculation.

Les accapareurs cause première de la crise alimentaire mondiale

Les spéculateurs, véritables accapareurs des temps modernes [1], se sont détournés, pour cause de crise des subprimes, de certains marchés financiers. Ils se sont jetés, comme la misère sur le pauvre monde sur un autre marché : celui des matières premières alimentaires. Le résultat ne s’est pas fait attendre : pour les spéculateurs, de gros bénéfices ; pour les populations du tiers-monde la réapparition massive de la faim et de l’extrême misère, pour les populations des pays dits développés (et qui sont en fait en pleine régression sociale), quelques crans de serrage de plus à la ceinture. Ainsi on a apprit que le riz est déjà rationné aux USA et en Israël.

Après le rationnement par l’argent, le rationnement tout court, genre celui des années de guerre.

Une autre raison joue dans le même sens que la spéculation : le développement, dans des pays qui en avaient peu jusqu’ici, d’une classe bourgeoise tout aussi avide de sur-consommer que notre propre bourgeoisie et qui donc pompe une bonne part des ressources alimentaires pour elle seule. D’autres « explications » sont avancés périodiquement dans les médias.

La première repose sur les variations climatiques : sécheresses ici, inondations là-bas ont affecté les récoltes.

L’autre grande explication vise les bio-carburants. Leur fabrication requiert en effet d’énorme quantités de plantes, dont les surfaces d’exploitation ne sont donc plus disponibles pour des cultures vivrières.

Ces deux raisons sont réelles, mais les médias oublient généralement de mettre l’accent sur leur cause. Car, le réchauffement climatique tout comme le choix des surfaces pour les productions de biocarburants (ainsi d’ailleurs que sur le gaspillage de carburant en général !) ne sont pas dus non plus au hasard, mais, tout comme la famine, sont une conséquence directe de l’existence du capitalisme et de l’Etat.

Pendant la famine, la mondialisation continue

La situation étant très chaude, les hypocrites qui nous gouvernent, font semblant de découvrir que leurs politiques économiques aboutissent à la famine. Ils sonnent, d’ailleurs mollement, à travers les principales institutions internationales, l’alarme : il faut de l’argent pour sauver les pauvres. On sent qu’ils nous préparent un grand appel à la poche et au coeur, un « Téléthon » pour crève-la-faim.

Pendant ce temps ils poursuivent tambour battant la mondialisation de l’économie et la concentration des moyens de production dans un petit nombre de mains ; autrement dit, ils travaillent activement à la disparition des petits producteurs locaux de cultures vivrières et ils préparent ainsi les prochaines famines. La crise que nous vivons n’est pas prête de s’arrêter d’elle-même !

Les altermondialistes proposent leur solution : un nouveau type d’organisation du commerce mondial, un commerce plus juste, plus respectueux de l’environnement. C’est oublier à qui profite le commerce aujourd’hui. C’est oublier que les grandes multinationales tout comme les hiérarques des états (développés ou pas) ont construits de vastes fortunes sur le dos des pauvres, grâce justement à leur « loi du marché ». Une pseudo loi dont ils n’attendent pas comme ça renoncer aux bénéfices ! Qui peut croire que ces puissants vont lâcher leurs privilèges s’ils n’y sont pas obligés ? Ils ne l’ont pas fait avant, ils ne le feront pas aujourd’hui.

D’ailleurs, leur réaction face aux émeutes de la faim est claire : s’ils sonnent l’alerte humanitaire dans les pays occidentaux pour éviter à leurs populations d’avoir d’éventuels remords de conscience, dans les pays pauvres, ils n’hésitent pas à tirer sur les foules pour les soumettre.

Pour nous, il est évident que le conflit n’est pas plus entre « ici » et « là-bas », entre occident et tiers monde qu’entre gauche et droite. Il est entre bas et haut. Entre la classe de ceux qui sont opprimés et celle de ceux qui les oppriment. Ce n’est pas de dirigeants qu’il faut changer, ou bien de lois, mais bien le système dans son ensemble.

C’est une révolution, à l’échelle de la planète, qu’il faut mettre en route. Et cela, chacun, modestement, par son action de tous les jours, peut y contribuer.

Michel (CNT-AIT Toulouse)

[1] Sous l’ancien régime monarchique et au début de la Révolution française, on appelait accapareurs les criminels qui stockaient massivement de la nourriture pour faire monter les prix.