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Henry Kissinger porte-parole du Nouvel Ordre Mondial et la « bonne conscience » impérialiste…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , on 13 octobre 2016 by Résistance 71

Protégé du départ de David Rockefeller, co-fondateur avec son maitre de la commission trilatérale, conseiller à la sécurité de Nixon et Ford, rédacteur du memorandum sur la sécurité nationale 200 pour le contrôle des populations, grand eugéniste et criminel de guerre, envoyé spécial de préparation de terrain pour la normalisation des relations sino-américaines, protecteur et instigateur des juntes militaires sud-américaines des années 1970, présenté comme le plus grand criminel de guerre encore en vie, Henry Kissinger ou une vie au service de l’élitisme et de l’impérialisme forcenés. Une des plus superbes ordures que la terre ait porté, détesté, craint ou encensé, il est l’incarnation de la pourriture occidentale dans toute sa splendeur. Toujours plus inquiétant ? C’est un ami de longue date de Vladimir Poutine, alors amitié rééelle, feinte, de circonstance ou manœuvre de grand maître des échecs ?… bien malin qui pourrait le dire… c’est bien pour cela que c’est inquiétant…

~ Résistance 71 ~

 

Henry Kissinger a t il une conscience ?

Jon Lee Anderson

12 octobre 2016

url de l’article en français:

http://www.legrandsoir.info/henry-kissinger-a-t-il-une-conscience-new-yorker.html

Le mois de mai dernier, alors que le président Obama se rendait en Argentine pour se réunir avec le nouveau président, Mauricio Macri, ses apparitions publiques ont été tourmentées par des manifestants qui ont bruyamment demandé des explications, ainsi que des excuses, au sujet des pratiques étasuniennes, passées et actuelles. Il existe peu de pays en Occident où l’antiaméricanisme s’exprime aussi vigoureusement qu’en Argentine, où une culture très politisée de la plainte a évolué vers une situation dans laquelle de nombreux problèmes du pays sont reprochés aux Etats-Unis. Il existe à gauche, tout particulièrement, une rancune persistante à cause du soutien octroyé par le gouvernement des Etats-Unis à l’aile droite militaire Argentine, qui a pris le pouvoir en mars 1976 et a instauré une « Guerre sale » contre la gauche, causant la mort de milliers de vies durant les sept années qui suivirent.

La visite d’Obama a coïncidé avec le quarantième anniversaire du coup d’État. Il a précisément rendu hommage aux victimes de la Guerre sale en visitant un sanctuaire construit en leur honneur dans la périphérie de Buenos Aires. Lors d’un discours prononcé à cet endroit, Obama a reconnu ce qu’il a appelé le « péché par omission américain« , mais sans aller jusqu’à présenter de véritables excuses. « Les démocraties doivent avoir le courage de reconnaître lorsqu’elles ne sont pas à la hauteur des principes qu’elles proclament, (…) et nous avons été trop lents à parler franchement de la question des droits de l’homme, et ce fut le cas ici. »

Durant la période préparatoire du voyage d’Obama, Susan Rice, la conseillère pour la sécurité nationale du président, avait annoncé l’intention du gouvernement de déclassifier des milliers de documents de l’armée étasunienne et des services secrets appartenant à cette période tumultueuse de l’histoire Argentine. Un geste de bonne volonté dans le but de souligner les efforts en cours mis en place par Obama pour changer la dynamique des relations entre les Etats-Unis et l’Amérique latine – « pour enterrer les derniers vestiges de la Guerre Froide« , comme il l’avait signalé à La Havane lors de ce même voyage.

La semaine dernière, une première tranche de ces documents déclassifiés a été publiée. Les documents révèlent que des fonctionnaires de la Maison Blanche et du Département d’Etat étaient très au fait du caractère sanguinaire de l’armée argentine, et que certains de ces fonctionnaires étaient horrifiés par ce qu’ils savaient. D’autres, tout particulièrement Henry Kissinger, ne l’étaient pas du tout. Dans un câble de 1978, l’ambassadeur étasunien, Raul Castro, écrit à propos d’une visite de Kissinger à Buenos Aires, où il était reçu en tant qu’invité du dictateur, Jorge Rafael Videla, alors que le pays recevait la Coupe du Monde : « Mon unique préoccupation est que le concert intarissable d’éloges de Kissinger au sujet des mesures prises par l’Argentine pour éradiquer le terrorisme ne soit trop monté à la tête de ses hôtes« , écrivit Castro. L’ambassadeur poursuivit anxieusement : « Nous courons le risque que l’Argentine utilise les éloges de Kissinger comme justification pour durcir sa position vis-à-vis des droits de l’homme. »

Les dernières révélations dévoilent le portrait d’un Kissinger qui a agi comme l’incitateur impitoyable, pour ne pas dire co-conspirateur actif, des régimes militaires latino-américains impliqués dans des crimes de guerre. Des documents déclassifiés antérieurement, sous l’administration Clinton, avaient déjà prouvé que Kissinger, non seulement était au courant des agissements des militaires, mais aussi qu’il les avait activement encouragés. Deux jours après le coup d’Etat en Argentine, Kissinger est briefé par son Secrétaire d’Etat assistant pour les affaires Inter-Américaines, William Rogers, qui le prévient : « Je pense qu’il faut s’attendre à pas mal de répression, probablement à une bonne dose de sang, d’ici peu en Argentine. Je pense qu’ils vont devoir s’en prendre très durement non seulement aux terroristes mais aussi aux dissidents des syndicats et des partis opposants. » Ce à quoi Kissinger répond, « Quelles que soient les risques qu’ils encourent, ils auront besoin d’un peu d’encouragement… et je veux vraiment les encourager. Je ne veux pas leur donner l’impression qu’ils ont les Etats-Unis sur le dos. »

Sous la direction de Kissinger, il est certain que [les militaires] n’étaient pas tourmentés. Juste après le coup d’Etat, Kissinger a envoyé son soutien aux généraux et a renforcé ce message en approuvant un ensemble de mesures d’assistance sécuritaire américaine. Durant une réunion avec le Ministre argentin des Affaires étrangères, deux mois plus tard, Kissinger lui conseilla en clignant de l’œil, d’après le mémo de la conversation archivé, « Nous sommes conscients de la période difficile que vous traversez. Ce sont des temps étranges, où les activités politiques, criminelles et terroristes tendent à se rejoindre sans séparation claire. Nous comprenons que vous deviez rétablir votre autorité. .. S’il y a des choses à faire, vous devriez les faire rapidement. »

Les forces militaires argentines ont fait un coup d’Etat afin d’étendre et d’institutionnaliser une guerre qui était déjà en cours contre les guérillas de gauche et leurs sympathisants. Ils appelèrent cette campagne le Processus de Réorganisation Nationale, ou plus simplement « le processus ». Durant la Sale guerre, nous le savons bien aujourd’hui, jusqu’à 30 000 personnes ont été enlevées, torturées et exécutées par les forces de sécurité. Des centaines de suspects ont été enterrés anonymement dans des fosses communes, des milliers d’autres furent déshabillés, drogués, embarqués dans des avions militaire et lancés en plein vol à la mer, vivants. Le terme « los desaparecidos  » – « les disparus » – est depuis devenu un apport de l’Argentine au vocabulaire de l’humanité.

Pendant la période du coup d’Etat, Gerald Ford était le président intérimaire des Etats-Unis et Henry Kissinger avait la double fonction de Secrétaire d’Etat et conseiller pour la Sécurité nationale, postes qu’il avait déjà occupé pendant l’administration de Nixon. Immédiatement après les événements en Argentine, suite aux recommandations de Kissinger, le Congrès des États-Unis a approuvé la demande d’assistance en matière de sécurité de la junte pour un montant de 50 millions de dollars, auxquels se sont ajoutés 30 millions de dollars avant la fin de cette même année. Des programmes d’entraînement militaires et des ventes d’avion pour une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars ont aussi été autorisés. En 1978, après un an de présidence de Jimmy Carter, les inquiétudes en matière de violations des droits de l’homme ont mis fin à l’aide étasunienne. Plus tard, la nouvelle administration a cherché à écarter la junte militaire de toute assistance financière internationale. Néanmoins, ces restrictions ont été annulées avec l’arrivée de Reagan à la Maison-Blanche, début 1981.

Dans les faits, Kissinger n’a jamais été inquiété pour ses actions au Chili, où des milliers de personnes ont été assassinées par les hommes de main de Pinochet, ou pour le Vietnam ou le Cambodge, où il a ordonné des bombardements aériens à grande échelle qui ont couté la vie d’innombrables civils. L’un de ces principaux critiques, feu Christopher Hitchens, a publié en 2001 un pavé accusateur – »Le Procès de Henri Kissinger » – dans lequel il réclamait que Kissinger soit poursuivi « pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et pour infractions contre le droit coutumier ou international, incluant la conspiration pour commettre des meurtres, des enlèvements, et la torture« .

En pleine Guerre Sale, bien entendu, les généraux argentins nièrent tout simplement tout événement malencontreux. Interrogés au sujet des « disparus« , le leader du coup d’Etat, le Général Videla, expliqua avec une froide ambiguïté, « Les disparus sont simplement cela : des disparus. Ils ne sont ni vivants ni morts. Ils sont disparus« . D’autres officiers suggéraient que les disparus étaient probablement en train de se cacher, préparant des actions terroristes contre la patrie. En réalité, la grande majorité d’entre eux était brutalisée par des agents gouvernementaux dans des prisons secrètes, pour être ensuite – ans la plupart des cas – exécutés. Comme en Allemagne durant l’holocauste, une grande partie de la population argentine comprenait ce qu’il se passait, mais gardait le silence dans un esprit de complicité, ou de peur. Signe d’une époque durant laquelle il était plus simple de se voiler la face, les Argentins qui assistaient à l’enlèvement de leurs voisins par des policiers en civil pour ne jamais revenir adoptèrent une expression qui devint populaire dans le pays : « Algo habrán hecho » – « Ils ont sûrement fait quelque chose« .

De nombreuses preuves sont là pour confirmer l’insensibilité totale de Kissinger, pour certaines aussi inexplicables que choquantes. Il y a aussi une attitude machiste dans certaines de ses remarques. Cela pourrait se comprendre, peut-être, s’il n’avait jamais vraiment exercé de pouvoir, comme c’est le cas jusqu’à maintenant du candidat à la présidence Donald Trump et ses offenses gratuites. Et puis l’on se rend compte que Kissinger, la plus ancienne et emblématique figure de paria de l’histoire moderne des États-Unis, n’est qu’un individu parmi toute une série de personnages à la fois craints et méprisés à cause de l’immoralité des services qu’ils ont rendu mais toujours protégés par l’establishment politique en reconnaissance de ces mêmes services. Les noms de William Tecumseh Sherman, Curtis LeMay, Robert McNamara, et, plus récemment, Donald Rumsfeld, nous viennent à l’esprit.

Dans le remarquable documentaire d’Errol Morris The Fog War (2003), nous voyions que Mc Namara, qui était un octogénaire à l’époque, était un homme tourmenté qui affrontait ses vieux démons, sans y parvenir, à cause du fardeau moral dû à ses actions en tant que Secrétaire de la Défense américain pendant la Guerre du Vietnam. Il a récemment publié un mémoire dans lequel il tente de faire face à son héritage. A cette période, un journaliste nommé Stephen Talbot l’a interviewé, et a ensuite obtenu une interview avec Kissinger. Il écrivit plus tard sur sa première rencontre avec Kissinger : « Je lui ai dit que je venais d’interviewer Robert McNamara à Washington. Ça a retenu son attention, tout d’un coup il est devenu sérieux et puis il a fait quelque chose d’extraordinaire. Il a commencé à pleurer. Mais non, pas avec de vraies larmes… Tout juste devant moi, Henri Kissinger était en train de faire du théâtre. « Boohoo, boohoo, » fit-il, en imitant un bébé qui pleure en frottant ses yeux. « Il s’autoflagelle encore n’est-ce pas ? Il se sent encore coupable. » Il dit cela d’une voix chanteuse et d’un ton moqueur, en se tapotant le cœur. »

McNamara est mort en 2009,à l’âge que Kissinger a aujourd’hui – 93 ans – mais les problèmes de conscience qu’il a publiquement exprimés vers la fin de sa vie ont aidé à adoucir sa sombre réputation. Maintenant qu’il approche la fin de sa vie, Kissinger doit se demander quel sera son propre héritage. Il peut être sûr que, au moins, son inébranlable soutien au projet de la superpuissance américaine, peu importe ce qu’il aura coûté en vies, représentera une grande part de cet héritage. Néanmoins, contrairement à McNamara qui aura tenté d’exprimer une certaine repentance tant méprisée par Kissinger, celui-ci n’a fait que démontrer qu’il ne possédait pas de conscience. Et c’est pour cela qu’il paraît fort probable que l’histoire ne l’acquittera pas si facilement.

Jon Lee Anderson, est un journaliste, contributeur du New Yorker depuis 1998.

The New Yorker est un magazine hebdomadaire étasunien fondé en 1935 qui publie des reportages mais aussi de la critique, des essais, des bandes dessinées, de la poésie et des fictions. Depuis 2004, il a soutenu les candidats démocrates à la Maison Blanche. Il est catalogué comme étant de tendance libérale.

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Kissinger sur Résistance 71

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Nouvel Ordre Mondial: Énième rencontre Poutine Kissinger… Pas de deux pour une danse macabre ?

Posted in actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 février 2016 by Résistance 71

S’ensuit ici un article assez lapidaire de RT en anglais, qui n’a pas été repris par RT France a notre connaissance et que nous traduisons ici. Cet article “entrefilet”, lancé entre le fromage et le dessert, fait état de la énième rencontre entre Poutine et son ami de longue date Kissinger.

Il suffit de lire l’auto-portrait de Poutine fait en 2000 sous forme de long entretien par trois journalistes russes: “First Person”, publié en anglais aux éditions Public Affairs(*voir notre commentaire sous l’article), pour savoir les circonstances de la première rencontre entre Poutine et Kissinger (p. 80-81): Dans les années 1990, après la chute de l’URSS, sous Boris Eltsine, Poutine était alors adjoint au maire de Léningrad, redevenue St Pétersbourg. Il fut envoyé à l’aéroport accueillir Henry Kissinger (**voir note sous l’article), qui était en mission en Russie pour la Commission Kissinger-Sobchak, dévouée au “développement” de St Pétersbourg. Les deux hommes sont dans la voiture en chemin vers la ville:

“Nous roulâmes vers la résidence. En chemin, il me demanda d’où je venais et ce que je faisais. C’était un vieux monsieur assez inquisiteur. Il a toujours l’air de s’endormir, mais en fait est très alerte à tout ce qui se passe et se dit autour de lui. Nous communicâmes au travers d’un interprète. Il me demanda: ‘avez-vous travaillé ici depuis longtemps ?’ Je lui répondis environ un an. ‘Où travailliez-vous avant cela ?’ demanda Kissinger. “’A la mairie de Léninegrad’ répondis-je ‘et avant cela ?’ ‘j’étais à l’université”. ‘Et avant l’université ?’ Avant cela j’´étais dans l’armée. ‘Ah bon ? Dans quelle arme ?’ me demanda t’il. Et bien me dis-je je vais vous décevoir Mr Kissinger. J’ai travaillé dans le renseignement dis-je. ‘Avez-vous travaillé à l’étranger ?’ me demanda t’il calmement. Oui lui dis-je en Allemagne. ‘Est ou Ouest ?’ Est répondis-je. “Toutes les presonnes décentes on commencé dans le renseignement ; moi aussi’ me dit Kissinger…”

Depuis, Poutine et Kissinger se voient régulièreemnt et entretiennent des relations jugées amicales. On peut légitimement se poser les questions: Quelle est la nature des entretiens privés poutine/Kissinger? Poutine prend-il sa feuille de route de Kissinger/Rockefeller ? Poutine a t’il été mis en place par l’oligarchie anglo-américaine ? Ou Kissinger, homme de main de Rockefeller, a t’il gardé contact pour pouvoir peut-être influer un jour, fidèle à sa pensée du “Nous n’avons d’amis ou d’ennemis permanents, nous n’avons que des intérêts permanents ?” Par extrapolation: connaissant le pédigré de Kissinger, qu’attend Poutine d’une telle relation ?…

Nous n’avons pas de réponses à ces questions. Mais elles doivent être posées ? Plus de commentaires sous l’article de RT…

~ Résistance 71 ~

 

Poutine rencontre son “vieil ami” Kissinger qui visitait la Russie

 

RT

 

3 Février 2016

 

url de l’article original:

https://www.rt.com/news/331194-putin-meets-friend-kissinger/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré l’ancien secrétaire d’état américain Henry Kissinger sans sa résidence en dehors de Moscou. Le Kremlin a dit que les deux hommes ont une “relation amicale de longue durée” et qu’ils ont utilisé cette opportunité pour parler.”

La réunion est la continuation d’un “dialogue amical entre le président Poutine et Henry Kissinger, qui sont liés par une longue amité”, a dit le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

“Ils communiquent tout le temps, utilisent toute opportunité pour discuter”, a t’il ajouté. Poutine “aprrécie” cette opportunité de discuter des problèmes internationaux aussi bien que d’échanger des opinions sur les perspectives mondiales, a dit Peskov.

Poutine et Kissinger ont eu plus de 10 tête-à-tête ces années écoulées d’après des rapports des médias. Quand Kissinger a visité la Russie en 2013, Poutine a dit que Moscou fait toujours attention à ses opinions et a appelé l’ancien secrétaire d’état “un homme politique de haute volée mondiale”.

Kissinger est un ancien conseiller à la sécurité national (NSA) et patron de la politique étrangère US, il fut un pionnier de la politique de la détente en 1969 menant les relations américano-soviétiques à un relâchement général. Pour sa participation à la négociation d’un cesser le feu au vietnam dans un effort infructueux de mettre fin à la guerre du Vietnam (1955-1975), il reçut le prix Nobel de la paix en 1973.

Dans un interview en décembre dernier au quotidien allemand Handelsblatt, Kissinger a dit qu’il croit que l’occident devrait comprendre qu’il ne pourrait pas y avoir de résolution et d’unité dans la crise syrienne sans la participation de la Russie. Il a aussi dit qu’on ne peut pas battre l’EI/Daesh et ses militants au Moyen-Orient par des moyens diplomatiques.

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Notes:

(*) “First Person, an astonishing frank self-portrait by Russia’s president Vladimir Putin”, fut publié en anglais chez Public Affairs en 2000. Trois journalistes réalisèrent l’entretien avec Poutine, originellement en russe: Nataliya Gervorkian, Natalya Timakova et Andreï Kolesnikov.

Quand on recherche un peu, on trouve que la maison d’éditions “Public Affairs” fut créée en 1997 par un ancien chef de bureau du Washington Post pour l’Indochine et correspondant à Moscou: Peter Osnos. Ancien de la maison Ramdom House Times Book, qui travailla de près avec trois présidents des Etats-Unis: Carter, Clinton et Obama ainsi qu’avec Robert McNamara (ministre de la défense sous Kennedy et Johnson, responsable de l’escalade militaire au Vietnam à partir de 1962) et Boris Eltsine, celui qui fut commandité pour le démantèlement de la Russie et qui demanda à Poutine de “sauver la Russie”, qu’il avait contribué à annihiler..

Peter Osnos est un collaborateur de la revue “Foreign Affairs” du CFR (Rockefeller) et a siégé au comité directeur de Human Rights Watch, l’ONG de la Fondation George Soros (protégé et agent des Rockefeller), responsable de bien des “révolutions colorées” organisées depuis Washington.

Public Affairs est sous la houlette de la Century Foundation, de la famille banquière Oppenheimer (connexion Rothschild).

Voilà donc présentée un peu plus précisément la maison d’édition de la biographie de Poutine en anglais. Intéressant pour le moins…

(**) “Henry” Kissinger, de son vrai nom Heinz Alfred Kissinger, né en Allemagne en 1923 (93 ans).

Émigre aux Etats-Unis avec sa famille en 1938, appelé sous les drapeaux et obtient la citoyeneté américaine ce faisant en 1943. Il est affecté au 970ème détachement du contre-espionnage militaire (d’où sa réflexion dans son premier entretien avec Poutine…).

Après la guerre, entre à Harvard. Obtient une bourse de la fondation Rockefeller pour son Masters et son Ph.D (doctorat) qu’il obtient en 1954. Il est le président du Harvard International Seminar, entité directement affilié à la CIA.

Rockefeller le protège et le fait envoyer au CFR.

Kissinger est un agent des Rockefeller. Il épouse Nancy Maginnes qui travaille pour la Rockefeller Foundation.

Suit une carrière de conseiller politique et devient le Conseiller National à la Sécurité de Nixon. Il est l’instigateur en 1973 du coup d’état au Chili qui élimine le président socialiste élu Salvadore Allende et installe une junte militaire dirigée par le fasciste tortionnaire Augusto Pinochet, qui déchaîne une répression sanglante et instaure le “libéralisme économique”, sous le contrôle des “Chicago Boys” de Milton Friedman. Entre 1969 et 1973 avec Nixon, pilote les guerres secrètes américaines au Cambodge et au Laos durant la guerre du Vietnam. Il instaure les bombardements massifs par tapis de bombes et pour les bombardements de la piste Ho Chi Minh passant par le Cambodge et les bombardements du Laos il déclara: “Balancez-moi tout ce qui vole sur tout ce qui bouge !” Le résultat sera la campagne de bombardement la plus intensive de l’histoire de l’humanité, qui vit les B-52 américains en provenance des bases aériennes US de Thaïlande (U-Tapao, Don Muang, Korat, Udon Thani, Nakhon Phanom) déverser 2,7 millions de tonnes de bombes sur le seul Cambodge en 4 ans, plus que sur tout le Japon réunit pendant la guerre Hiroshima et Nagasaki inclus !… 500 000 civils y trouvèrent la mort.

Kissinger donna aussi le feu vert pour l’utilisation du tristement célèbre défoliant “Agent Orange” (produit par Monsanto et Dow Chemicals) bourré de dioxine et qui fut et est toujours responsable de la mort et de la déformité de milliers de personnes en Asie du Sud-Est. Les derniers stocks de cette saloperie polluent aujourd’hui quelques plages et criques de l’archipel d’Okinawa au sud du Japon où ils ont été (mal) enterrés et fuitent dans l’environnement…

Sous le régime du président Gerald Ford en 1975 (après la démission de Nixon suite au Watergate, qui fut piloté par Kissinger et le général Alexander Haig), Kissinger donne le feu vert pour la répression sanglante et la colonisation du Timor Oriental par le régime indonésien de Suharto.

Depuis son “retrait” de la politique, Kissinger est toujours actif au travers de son entreprise de consultation Kissinger Associates et appuie directement ou indirectement tous les projets foireux pour établir le Nouvel Ordre Mondial.

Avec un ami comme çà… qui a besoin d’ennemis ?…

Poutine/Kissinger… Kissinger/Poutine… Deux pas en avant, deux pas en arrière… Qui fait danser qui ? Nous savons à quoi joue Kissinger depuis plus de 50 ans… Il est aujourd’hui, le plus vieux criminel de guerre toujours vivant et en activité !

Savons-nous à quoi joue Poutine ?…

 

~ Résistance 71 ~

Résistance à l’empire: Des Khmers Rouges à l’EIIL, l’impérialisme occidental façonne ses monstres (John Pilger)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 10 octobre 2014 by Résistance 71

Excellente analyse de John Pilger. Mettre en parallèle Pol Pot et les Khmers Rouges et l’EIIL/EI tous financés et soutenus par Washington et l’empire est très pertinent.

Il est impératif de voir le documentaire de Pilger sur l’affaire Khmers Rouges qu’il traite la première fis dans son documentaire toujours interdit au pays du goulag levant: « Cambodia Year Zero ». S’il a couvert un grand nombre de sujet, il est un grand spécialiste des génocides du Cambodge et d’Indonésie, qui vit deux génocides, celui contre les communistes de Suharto dans les années 1965-66 et celui plus récent du Timor Oriental.

~ Résistance 71 ~

 

De Pol Pot à l’EIIL: “Tout ce qui vole sur tout ce qui bouge”

 

John Pilger

 

8 Octobre 2014

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/from-pol-pot-to-isis-anything-that-flies-on-everything-that-moves

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En transmettant les ordres de Richard Nixon pour un bombardement massif du Cambodge en 1969, Henry Kissinger déclara: “Tout ce qui vole sur tout ce qui bouge”. Alors que Barack Obama initie sa 7ème guerre contre un pays musulman depuis qu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix, l’hystérie orchestrée et les mensonges nous rendent presque nostalgiques de l’honnêteté meurtrière d’un Kissinger.

En tant que témoin des conséquences humaines de la sauvagerie aérienne, incluant la décapitation de victimes, les parties de leurs corps tapissant les arbres et les champs, je ne suis pas du tout surpris du manque d’attention à la mémoire et à l’histoire, une fois de plus. Un exemple flagrant demeurant la montée au pouvoir de Pol Pot et de ses Khmers Rouges, qui avaient beaucoup en commun avec ce qu’est aujourd’hui l’État Islamique (EI) ou EIIL. Eux aussi étaient des médiévaux sans pitié qui ont commencé comme une petite secte. Eux aussi, furent le produit d’une apocalypse made in USA, cette fois-ci en Asie.

D’après Pol Pot, son mouvement consistait en “moins de 5000 guerilleros pauvrement armés, incertains au sujet de leur stratégie, de leurs tactiques, de leur loyauté et de leurs chefs.” Une fois que les B52 de Nixon et de Kissinger furent à l’œuvre dans leur “Operation Menu”, le démon ultime de l’Occident ne pouvait pas croire en sa chance.

Les Américains ont largué l’équivalent de 5 fois Hiroshima sur le Cambodge rural entre 1969 et 1973. Ils ont nivelé village après village, retournant pour rebombarder les ruines et les cadavres. Les cratères laissèrent d’énormes colliers de carnage, toujours visibles depuis les airs. La terreur fut inimaginable. Un ancien officiel Khmer Rouge décrivit comment les survivants “se figeaient et déambulaient alentours sans voix pendant 3 ou 4 jours. Terrifiés, à moitié fous, les gens étaient prêts à croire ce qu’on leur disait… Ceci rendit les choses bien plus facile pour les Khmers Rouges de gagner les gens à leur cause.”

Une commission d’enquête gouvernementale finlandaise estima que 600 000 Cambodgiens périrent dans la guerre civile qui s’ensuivit et décrivit les bombardements américains comme étant “la première étape d’une décennie de génocide”. Ce que Nixon et Kissinger avait commencé, Pol Pot, leur bénéficaire, l’acheva. Sous leurs bombes, les Khmers Rouges devinrent une formidable armée de plus de 200 000 hommes.

L’EIIL a un passé et un présent similaires. Par des études scientifiques, il a été établi que l’invasion de l’Irak par Bush et Blair de 2003 a coûté la vie à quelques 700 000 personnes et ce dans un pays qui n’a absolument aucune histoire de djihadisme. Les Kurdes ont passé des accords territoriaux et politiques, les Sunnites et les Chii’ites avaient des différences sectaires et de classe, mais ils étaient en paix, le mariage inter-communautaire était chose assez courante. Trois ans avant l’invasion, j’ai conduit à travers l’Irak sans aucune crainte de quoi que ce soit. En route, j’ai rencontré des gens fiers plus que tout d’être irakiens, les héritiers d’une civilisation qui semblait être, pour eux, une présence (NDT: La Mésopotamie).

Bush et Blair ont fait éclater tout cela. L’Irak est maintenant un nid du djihadisme. Al Qaïda, comme les “djihadistes” de Pol Pot, a saisi une opportunité donné par le massacre de l’opération “choc et stupeur” et de la guerre civile qui s’en est suivie. La Syrie “rebelle” a même offert de plus grandes récompenses, avec sa litanie d’armes fournies par la CIA et les états du Golfe, la logistique et l’argent passant par laTurquie. L’arrivée de recrues étrangères était inévitable. Un ancien ambassadeur britannique, Oliver Miles, a écrit récemment: “Le gouvernement de Cameron semble suivre l’exemple de Tony Blair, qui a constamment ignoré les conseils de son ministère des affaires étrangères, du MI5 (NdT: l’équivalent britannique de la DCRI) et du MI6 (NdT: équivalent britannique de la DGSE) disant que notre politique moyen-orientale et en particulier dans les guerres du Moyen-Orient, a été le directeur principal du recrutement des musulmans en Grande-Bretagne pour le terrorisme ici.”

L’EIIL est la progéniture de ceux à Washington et à Londres qui, en détruisant l’Irak à la fois comme état et comme société, ont conspiré à commettre un crime épique contre l’humanité. Tout comme Pol Pot et les Khmers Rouges, l’EIIL est la mutation d’un état de terreur occidental dispensé par un empire élitiste vénal qui ne se soucie pas des conséquences d’actions prises à de grandes distances culturelles. Leur culpabilité est inénarable dans “nos” sociétés.

Il y a 23 ans que cet holocauste a engouffré l’Irak, immédiatement après la première guerre du Golfe de 1991, lorsque les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont pris le conseil de sécurité des Nations-Unies en otage et ont imposé des “sanctions” punitives sur l’Irak et sa population, ironiquement renforçant ainsi l’autorité domestique de Saddam Hussein. Ce fut comme un siège médiéval. Prtaiquement tout ce qui soutenait un état moderne fut, dans le jargon, “bloqué”, du chlore pour assainir l’eau aux crayons pour les écoles en passant par les pièces détachées pour réparer les machines à rayon-X des hôpitaux, les anti-douleurs de base et les médicaments pour combattre des cancers jusqu’alors inconnus et provenant des poussières des champs de bataille du sud contaminées à l’uranium appauvri des munitions tirées.

Juste avant Noël 1999, le ministère du Commerce et de l’Industrie à Londres avait restreint l’exportation de vaccins qui devaient protéger les enfants irakiens contre la diphtérie et la fièvre jaune. Kim Howells, parlementaire et sous-secrétaire d’état du gouvernement de Blair expliqua pourquoi: “Les vaccins pour les enfants”, avait-il dit, “pouvaient être utilisés comme arme de destruction massive”. Le gouvernement britannique pouvait s’en sortir avec un tel mensonge parce que les médias rapportaient sur l’Irak, la très vaste majorité des informations étaient manipulées par le ministère des affaires étrangères, blâmant Saddam Hussein pour tout et n’importe quoi.

Sous un programme humanitaire totalement bidon de pétrole contre nourriture, 100 US$ furent aloués pour chaque Irakien pour vivre pendant un an. Ceci devait payer pour l’infrastructure entière du pays et ses services essentiels comme l’électricité et l’eau. L’assistant secrétaire général de l’ONU Hans Von Sponeck me dit alors: “Imaginez de comparer cette pittance avec le manque d’eau potable et le fait que la majorité des personnes malades ne peuvent pas payer pour se faire soigner et vous avez là un aperçu du cauchemard et ne vous y trompez pas, ceci est tout à fait délibéré. Je n’ai pas voulu employer le mot génocide dans le passé mais là… c’est inévitable.”

Dégoûté, Von Sponeck démissionna de son poste de coordinaeur humanitaire pour l’ONU en Irak. Son prédécesseur, Denis Halliday, un tout aussi distingué sénior official de l’ONU, avait lui aussi démissionné. “Je fus instruit”, avait dit Halliday, “de mettre en application une politique qui satisfaisait la définition de génocide: une politique délibérée qui a tuée effectivement bien plus d’un million d’individus, adultes et enfants.”

Une étude de l’UNICEF avait trouvé qu’entre 1991 et 1998, au faîte du blocus, il y avait plus de 500 000 enfants qui perdirent la vie, enfants sous l’âge des 5 ans. Une journaliste de télévision américaine avait demandé à Madeleine Albright, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU si “le prix en valait la peine”, Albright avait répliqué: “Nous pensons que le jeu en valait la chandelle”.

En 2007, le haut fonctionnaire britannique responsable de ces sanctions, Carne Ross, aussi connu sous le sobriquet de “Mr Irak”, a dit à un comité parlementaire: “Les gouvernements britannique et américain ont effectivement refusé à la population irakienne ses moyens de subsistance.” Quand j’ai interviewé Carne Ross trois ans plus tard, il était dévoré de regrets, de remords et de contrition. “J’ai grande honte”, a t’il dit. Il est aujourd’hui un des très rares diseurs de vérité sur le comment les gouvernements mentent et comment des médias complices et asservis jouent un rôle critique dans la dissémination et le maintien de la tromperie. “Nous fournissions aux journalistes des factoïdes de renseignement complètement aseptisés, ou nous les gelions,” a t’il dit.

Ce 25 Septembre, un titre du quotidien “the Guardian” lisait: “Devant l’horreur de l’EIIL nous devons agir”. Ce “nous devons agir” est un fantôme qui se lève, un avertissement de la suppression de la mémoire informée, des faits, des leçons apprises et des regrets ou de la honte. L’auteur de cet article est Peter Hain, l’ancien ministre des affaires étrangères responsable de l’Irak sous Blair. En 1998, quand Denis Halliday avait révélé l’exension de la souffrance en irak pour laquelle le gouvernement de Blair partageait la responsabilité primaire, Hain l’agressa sur un programme de la BBC Newsnight comme étant un apologiste de Saddam Hussein. En 2003, Hain soutint l’invasion de l’Irak par Blair sur la base de mensonges absolument transparents et éhontés. Dans une réunion du parti travalliste, il minimisa l’invasion comme n’étant qu’un “fait sans grande importance”.

Maintenant le même Hain demande des “frappes aériennes, de drones, de l’équipement militaire et autres soutiens logistiques” pour ceux devant faire face “au génocide en Irak et en Syrie”. Ceci poussera plus avant “l’impératif d’une solution politique”, Obama a la même chose en tête lorsqu’il lève ce qu’il appelle des “restrictions” sur les bombardements et les attaques de drones. Ceci veut dire que des missiles et des bombes de 250kg peuvent pulvériser les maisons de paisibles paysans, comme ils le font sans restriction au Yémen, au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie, comme ils le firent au Cambodge, au Vietnam, et au Laos. Le 23 septembre, un missile de croisière Tomahawk a touché un village de la province de Idlib en Syrie faisant 12 morts chez les civils, incluant des femmes et des enfants. Aucun d’eux n’agitaient un drapeau islamiste.

Le jour de la publication de l’article de Hain, Denis Halliday et Hans Von Sponeck se trouvaient à Londres et vinrent me visiter. Ils n’étaient pas choqués par l’hypocrisie létale d’un politicien, mais se lamentaient de la persistance presque inexplicable de l’absence de diplomatie intelligente pour la négociation d’un semblant de trêve. A travers le monde, de l’Irlande du Nord au Népal, ceux se regardant l’un l’autre comme terroristes et hérétiques se sont rencontrés face à une table, pourquoi pas en Irak et en Syrie.

Comme ébola venant d’Afrique de l’Ouest, un virus appelé “guerre perpétuelle” a traversé l’Atlantique. Lord Richards, jusqu’à récemment le chef de l’armée britannique, veut des “bottes sur le terrain” maintenant. Il y a un verbiage presque sociopathe provenant de Cameron, d’Obama et de leur “coalition des volontaires”, notablement le bizarrement agressif australien Tony Abbott, alors qu’ils prescrivent tous toujours plus de violence venant de 10km de haut sur des endroits où le sang d’aventures ultérieures ne sèche jamais. Ils n’ont jamais vu de bombardement et apparemment ils en rafolent, tant et si bien qu’ils veulent renverser leur seul allié de choix potentiel, la Syrie. Rien de nouveau, comme l’illustre cette note de renseignement anglo-américaine fuitée:

Afin de faciliter l’action des forces libératrices (sic)… un effort spécial doit être fait pour éliminer certains individus clé et de procéder à des perturbations internes en Syrie. La CIA est préparée, et le SIS (MI6) tentera de monter des sabotages mineurs et des incidents (sic) en coup de main en Syrie, en travaillant avec des contacts sur place… Un nécessaire degré de peur… des escarmouches de frontières donneront le prétexte à une intervention… La CIA et le SIS devront utiliser… leurs capacités à la fois dans les domaines psychologiques et d’action pour faire augmenter la tension.

Ceci fut écrit en 1957, bien que cela aurait pu l’avoir été hier. Dans le monde impérialiste, rien d’essentiel ne change. L’an dernier, l’ancien ministre des affaires étrangères français Roland Dumas a révélé que “deux ans avant le printemps arabe”, on lui dit à Londres qu’une guerre contre la Syrie était plannifiée. “Je vais vous dire quelque chose”, a t’il dit dans un entretien avec la chaîne française LPC, “J’étais en Angleterre deux ans avant que les violences en Syrie n’éclatent. J’y ai rencontré des hauts fonctionnaires britanniques qui ont confessé alors, qu’ils préparaient quelque chose en Syrie… La Grande-Bretagne préparait l’invasion de rebelles en Syrie. Ils m’ont même demandé si je voulais faire partie de cela, alors même que je n’étais plus ministre des AE… Cette opération est plannifiée de longue durée, elle a été soigneusement préconçue, préparée, plannifiée.”

Les seuls opposants efficaces à l’EIIL sont les démons acrédités de l’occident: la Syrie, l’Iran et le Hezbollah. L’obstacle est la Turquie, un allié, membre de l’OTAN, qui a conspiré avec la CIA, le MI6 et les médiévaux du Golfe pour fournir et diriger tout soutien nécessaire aux “rebelles” syriens, incluant ceux qui s’appellent maintenant EIIL ou EI. Soutenir la Turquie dans sa longue ambition régionale de domination en renversant le gouvernement Al –Assad pointe vers une grosse guerre conventionnelle et le démembrement horrible des divers états ethniquement disparates au Moyen-Orient.

Une trêve, même difficile à obtenir, est la seule sortie de ce casse-tête impérialiste, sinon les décapitations vont continuer. Que de véritables négociations avec la Syrie devraient être vues comme “moralement questionables” comme le dit le Guardian, suggère que les assomptions de supériotité morale parmi ceux qui ont soutenu la guerre criminelle de Blair, demeurent non seulement absurdes, mais dangereuses.

Avec une trève, il devrait aussi y avoir une cessation immédiate des envois de matériels de guerre à Israël et la reconnaissance de l’état palestinien. L’affaire de la Palestine est la blessure ouverte la plus importante de toute cette région et la justification de la montée de l’extrémisme islamiste. Ben Laden l’avait dit clairement. La Palestine offre l’espoir. Donnez justice aux palestiniens et vous verrez le monde commencer à changer autour d’eux.

Il y a plus de 40 ans, le bombardement du Cambodge par Nixon-Kissinger a ouvert la vanne d’un torrent de souffrance duquel ce pays n’a jamais récupéré, La même chose est vraie du crime de Blair-Bush en Irak. Avec un timing impeccable, le dernier tome d’auto-satisfaction de Kissinger vient juste de paraître avec son titre satirique “World Order”. Dans une critique cirage de pompes, Kissinger est décrit comme “le façonneur d’un ordre mondial qui est resté stable pendant un quart de siècle”. Allez dire cela aux peuples du Camboge, du Vietnam, du Laos, du Chili, du Timor Oriental et à toutes les autres victimes de son “art d’état”. Ce n’est que lorsque “nous” reconnaissons les criminels de guerre en notre sein que le sang commence à sécher.