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Analyse politique: la « gauche » étatique occidentale complice de l’empire (Paul Craig Roberts)

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Les révolutions sont sanglantes… tout comme ne rien faire

 

Paul Craig Roberts

 

14 mars 2017

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/03/14/revolutions-bloody-nothing-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Graeme MacQueen, un professeur d’université au Canada, fait remarquer l’incapacité de la gauche américaine à être imaginative en regard des rapports de la commission Warren (NdT: sur l’assassinat de JFK) et de la commission sur le 11 septembre. Une tripotée d’individus et de publications, vus comme étant de gauche, ont prouvé être des agents actifs de l’état conspirateur contre la véritable dissidence.

Lien vers l’article de Graeme (en anglais): https://truthandshadows.wordpress.com/2017/03/14/911-and-american-left/#more-4073

Les Etats-Unis n’ont plus de “gauche” (NdT: la gauche radicale a été annihilée sous le règne du tsar du contrôle étatique yankee: Edgard J. Hoover, grand patron tout puissant du FBI qui fut à la tête du bureau de 1935 à … 1972…), l’Europe non plus, encore moins la Grèce, pays dont le gouvernement soi-disant de “gauche” a accepté que les créditeurs de la Grèce puissent piller son peuple et les biens publics au profit du 1%. Le parti travailliste britannique est aussi à droite que son homologue conservateur et le parti socialiste français est bien plus de droite et en acceptance de ses seigneurs américains que ne le fut la droite, surtout celle du général Charles DeGaulle.

En Allemagne, l’électorat a mis en place comme chancelier une marionnette américaine qui représente Washington et non pas le peuple allemand. Et elle va continuer de représenter Washington, même si cela signifie la guerre avec la Russie.

La gauche, qui fut autrefois une force politique (NdT: dans le contexte du consensus du statu quo oligarchique bien entendu, c’est à dire la perpétuation du cirque étatico-capitaliste de la domination et de l’exploitation, qu’à terme Roberts soutient sans se rendre compte que toute réforme est vaine et irresponsable. Il faut sortir de cercle vicieux et prendre la tangente qui mène à la société des sociétés) qui tenta de rendre les gouvernements responsables, a fusionné avec l’empire américain. La “gauche” américaine a maintenant rejoint le complexe militaro-industriel pour enterrer le projet de détente avec la Russie, par exemple:

http://www.counterpunch.org/2017/03/14/trump-and-russia-the-shortest-reset-ever/

La “gauche” américaine s’est jointe aux nouveaux cons(ervateurs), aux médias de la pressetituée et au complexe militaro-industriel dans un accord commun, disant que quiconque favorise de meilleures relations avec la Russie est un agent russe ou un dupe de Vladimir Poutine et que si vous en savez assez pour douter des rapports de la commission Warren et de celle sur le 11 septembre, vous êtes un frapadingue et devez être mis sur la liste de l’université de Harvard des pourvoyeurs de “fake news”. Quiconque n’est pas d’accord avec la ligne éditoriale de l’establishment est étiqueté “fake news” et ceci bien sûr dans une “démocratie de la libre parole et de la libre pensée”. L’Amérique est devenue une sombre mascarade !!…

En d’autres termes, la “gauche” a accepté la ligne néo-conservatrice affirmant que ceux qui se font les avocats de la paix avec la Russie, autre que celle imposée par les termes des Etats-Unis, sont des traîtres à la nation, ceci incluant le président. (NdT: qui par ailleurs a monté d’un ton la rhétorique belliqueuse envers l’Iran, et envoie des troupes au sol en Syrie, est-ce bien surprenant ?… En adoucissant la rhétorique anti-russe, il a acheté l’aval de la Russie pour envoyer des troupes au sol dans le nord de la Syrie… Les Russes sont-ils dupes ?…) L’université de Harvard vient de sortir son type de liste des sites internet jugés suspects pour l’establishment (NdT: un “déconneurex” sauce yankee). Tous ceux qui sont en faveur de relations normales avec la Russie sont sur cette liste.

Nous avons atteint le point où, même pour une institution comme Harvard, aucune dissidence à la haine de la Russie n’est possible, admise. Ceci ne laisse que la guerre comme seule option.

Êtes-vous prêts à mourir pour le complexe militaro-industriel et son énorme budget ? (NdT: et afin de le perpétrer…)

Parce que c’est tout ce pourquoi vous mourrez.

L’État ce con d’âne que moi…

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Je condamne

Silence

27 Mai 2016

url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/je-condamne.html

“On dit d’un fleuve qui emporte tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent.”
~ Bertolt Brecht ~

Puisque la dernière mode en vigueur à la cour semble être d’exiger la condamnation des fameuses « violences » lors des manifestations, puisque les dévoués procureurs que sont devenus les présentateurs requièrent lourdement la formule rituelle de condamnation lorsqu’ils ne l’obtiennent pas spontanément, puisque seule une capitulation sans conditions donne droit à l’onction suprême, puisqu’il s’agit là d’un incontournable rite de passage pour être admis dans le monde ravi des belles âmes responsables, plions-nous de bonne grâce à l’exercice et payons le tribut réclamé : condamnons !

Je condamne l’insupportable hypocrisie des indignations à sens unique et géométrie variable, parfait emblème de cette tartufferie morale chère à la mentalité courtisane.

Je condamne la violence symbolique qui consiste à harceler les rares voix du courant progressiste pour arracher le précieux sésame donnant accès à la bonne société de cour, le mystique « Je condamne ».

Je condamne le fait de sommer les petits et les opprimés de s’auto-humilier en incriminant leurs soeurs et frères de lutte, quand bien même seraient utilisées des méthodes contestables et contestées.

Je condamne le simplisme du récit médiatique dominant qui, à la remorque de la propagande du pouvoir, cherche à nous vendre la thèse ahurissante de hordes barbares, dépolitisées et organisées de façon quasi-paramilitaire pour s’adonner à la passion du chaos, là où la réalité dément sans peine cette fable à passer la nuit debout.

Je condamne la séparation artificielle et manichéenne entre manifestants et « casseurs », pure construction médiatico-policière qui ne tient pas l’épreuve des faits.

Je condamne le fait que demain, celui qui occupe un bâtiment, pose un piquet de grève, bloque un axe critique ou entend simplement défendre sa dignité sera lui aussi étiqueté « casseur ».

Je condamne les pleutres qui avancent masqués et refusent d’avouer qu’au fond, pour eux, le bon manifestant, c’est surtout celui qui n’existe pas.

Je condamne les violences policières, les gaz lacrymogènes utilisés massivement sans raison, les charges sauvages, les coups gratuits, les matraques cruelles, les arrestations arbitraires, les manifestants traînés sur plusieurs mètres avant d’être insultés, humiliés et tabassés au sol, les cortèges coupés, harcelés, interrompus, les nasses abusives, les provocations permanentes, les tirs de grenades et de LBD visant délibérément la tête, la surveillance aérienne, les dispositifs surdimensionnés et positionnés agressivement pour générer tensions et affrontements.

Je condamne l’usage des gaz lacrymogènes, armes chimiques interdites en cas de guerre mais curieusement autorisées pour réprimer les civils.

Je condamne les tirs offensifs de grenades visant directement les personnes (ce que la réglementation interdit pourtant expressément), et dont les éclats caoutchoutés déchirent les chairs, s’incrustant sous la peau.

Je condamne l’usage des armes cyniquement baptisées lanceurs de balle de défense (introduits sous Guéant, étendus par Sarkozy, confirmés sous Hollande), tirant à plusieurs centaines de km/h des projectiles responsables de blessures graves et irréversibles — dont au moins 25 éborgnements depuis une dizaine d’années, notamment sur des mineurs.

Je condamne les méthodes violentes au parfum colonial de la BAC, faisant régner la terreur dans les quartiers, infiltrant les cortèges (poussant parfois le zèle jusqu’à s’appliquer des autocollants syndicaux afin de parfaire leur apparence « manifestante »), provoquant et procédant à des interpellations d’une rare brutalité.

Je condamne l’abandon de la doctrine du maintien à distance afin de privilégier une stratégie casse-gueule de l’affrontement et du rentre-dedans.

Je condamne la militarisation croissante des techniques de maintien de l’ordre.

Je condamne la spirale inflationniste de la puissance de feu dont disposent les policiers.

Je condamne les mensonges éhontés des « dépositaires de l’autorité publique » au tribunal afin de charger la barque de manifestants raflés au hasard pour faire du chiffre.

Je condamne la justice de classe des comparutions immédiates, distribuant à la chaîne du ferme quand les voyous cravatés ont droit à tant d’égards, de longues années de procédure et, au final, une étrange mansuétude — quand ce n’est pas l’impunité pure et simple.

Je condamne la stratégie de la tension et de l’escalade choisie par le pouvoir afin d’apeurer, de délégitimer, de discréditer et de criminaliser la contestation.

Je condamne l’attitude lâche et cynique du gouvernement, qui utilise les corps policiers comme paravents commodes face aux colères populaires et n’hésite pas à sacrifier des pions en uniforme dans le cadre de son jeu du pourrissement.

Je condamne le chantage à l’état d’urgence, à la menace terroriste et à je ne sais quel « esprit du 11 janvier », pures instrumentalisations destinées à museler la révolte.

Je condamne les excuses sociologiques sur la fatigue des policiers, comme si la répression eût été moins féroce en d’autres circonstances, comme si celle-ci n’était pas avant tout décidée en haut lieu dans des bureaux cossus par des planqués en col blanc frais comme des gardons.

Je condamne la culture de l’impunité autour des violences policières — couvertes par la hiérarchie, la justice et le pouvoir, avec la complicité honteuse des grands médias.

Je condamne l’omertà quasi-absolue d’un « quatrième pouvoir » médiatique qui a depuis longtemps démissionné de sa mission sacrée de contre-pouvoir afin de se faire l’auxiliaire et le relais le plus féroce des pouvoirs établis.

Je condamne le fait que les médias dominants prennent pour argent comptant les communiqués de presse des préfectures et de l’Intérieur, aussitôt considérés comme parole d’évangile, comme si le pouvoir n’avait pas pour coutume d’enjoliver les choses, ne cherchait jamais à tourner les évènements à son avantage ou n’avait pas prouvé à maintes reprises son approche très libérale de la vérité ; comme si les leçons de base du journalisme — critiquer les sources — avaient été passées par pertes et profits.

Je condamne la reprise médiatique brute des bilans hallucinants établis par les préfectures, lesquelles osent sans rire affirmer que des policiers caparaçonnés, armurés, équipés, surarmés, entraînés, coordonnés et bénéficiant d’un soutien aérien essuient systématiquement plus de blessures que des manifestants dont l’écrasante majorité est désarmée, sans protections et dépourvue de la moindre culture des affrontements.

Je condamne l’absence d’effort des autorités et des grands médias pour comptabiliser les blessés côté manifestants alors que le ratio policiers/manifestants blessés dépasse parfois 1 à 20.

Je condamne l’entreprise de manipulation et d’instrumentalisation autour des affrontements, divertissement bien opportun pour esquiver les autres aspects du conflit.

Je condamne le mécanisme récurrent qui consiste à fabriquer et exposer sans relâche de prétendus « ennemis de l’intérieur », objets de tous les fantasmes et d’une focalisation complaisante, insistante et en vérité gourmande, afin de justifier la violation routinière des libertés fondamentales, générer une demande d’ordre et construire un consentement à la répression.

Je condamne la logique du spectacle.

Je condamne le parti-pris voyeuriste des médias télévisuels, qui ne leur fait appeler « violences » que les seules choses qui produisent des images spectaculaires.

Je condamne la volonté de faire de l’audimat facile avec des images choc, fruit d’une logique commerciale méprisable et radicalement incompatible avec la production d’une information de qualité.

Je condamne le fait que les médias télévisuels, si friands d’images d’affrontements, redécouvrent subitement les vertus de la pudeur lorsqu’il s’agit de montrer les crânes ouverts, le bleu délicat des ecchymoses, les contusions violacées, les brûlures, les impacts de tirs de LBD sur peaux manifestantes ou les traînées de sang sur bitume citadin.

Je condamne la servilité scandaleuse des présentateurs qui déroulent le tapis rouge aux représentants de l’État, ne daignent jamais contredire leurs éléments de langage robotiques et ne cherchent en rien à les bousculer dans leur discours préfabriqué.

Je condamne l’hostilité à peine déguisée des mêmes présentateurs envers le camp manifestant, aussitôt assigné au banc des accusés et sommé de s’expliquer sur le déroulement des évènements, comme s’il existait de fait je ne sais quel principe de responsabilité collective.

Je condamne cette différence flagrante dans le ton employé selon le camp questionné, les uns ayant droit aux sommations et à l’interrogatoire en règle, les autres à tous les égards et une déférence pour le moins suspecte.

Je condamne le glissement permanent de la figure du journaliste vers celle du publicitaire, du procureur ou du propagandiste.

Je condamne le fait que l’on ne demande jamais aux représentants du pouvoir ou des policiers s’ils condamnent les violences policières.

Je condamne le déni outrancier de violences policières pourtant avérées, documentées et récurrentes.

Je condamne ceux qui ont, par leur action ou par leur silence, permis la mort de Malik, Zyed, Bouna, Rémi — et tous les autres, et le prochain.

Je condamne le fait que pour une vidéo de violences policières montrée, vingt soient tues.

Je condamne le fait que les médias alignés, si prompts à se retrancher derrière leurs réflexes défensifs de caste lorsque leur atterrante partialité est mise en cause, n’aient pas la même solidarité lorsque leurs confrères indépendants, mouillant la chemise pour produire des images de ce qui se passe réellement au coeur de la mêlée, sont régulièrement ciblés et pris à partie par des policiers (mais pourquoi donc, d’ailleurs ?).

Je condamne l’usage de ces euphémismes détestables tels qu’ « évacuation musclée », « heurts », « échauffourées » ou « tensions » pour masquer la violence de la répression.

Je condamne le fait que les violences policières soient toujours mises au conditionnel, alors que les violences contestataires ont naturellement droit à l’indicatif de l’évidence.

Je condamne l’écoeurant deux poids, deux mesures dans les réactions lorsque les dégradations matérielles sont commises dans le cadre d’un mouvement social d’ampleur, ou par des agriculteurs soutenus par la toute-puissante FNSEA.

Je condamne la vacuité sensationnaliste du cirque médiatique qui braque à dessein ses projecteurs aveuglants sur le dernier maillon de la chaîne de la violence, occultant par là même toutes les violences qui ont eu lieu en amont et nourrissent une rage bien légitime.

Je condamne la vanité des commentateurs bourgeois qui distribuent leurs brevets de moralité depuis leur bulle douillette, jouissant eux-mêmes de droits que nos aïeux ont conquis alors que leurs ancêtres spirituels, la bave aux lèvres et la bouche pleine d’anathèmes, hurlaient déjà à la canaille et à la chienlit.

Je condamne la malveillance systématique dans le traitement médiatique des mouvements sociaux, dont les participants sont invariablement rapportés à des branleurs, des râleurs professionnels, d’aimables crétins n’ayant pas bien compris la pé-da-go-gie néolibérale, des ringards sclérosés ou — le cynisme n’ayant décidément aucune limite — des privilégiés animés par une mentalité de caste et défendant des avantages indus au détriment des autres.

Je condamne le mépris de classe et le racisme social derrière ces réactions consternantes de la noblesse d’épée médiatique, grassement payée pour aboyer et vomir sur les petits depuis son cocon doré.

Je condamne les ânes bâtés qui hurlent pour une chemise, mais n’ont pas un mot pour 2 900 suppressions d’emploi ou la souveraine lâcheté d’une direction méprisante.

Je condamne ceux qui se scandalisent davantage d’une vitrine cassée que d’une vie brisée.

Je condamne ce monde glacial où les images d’une Porsche brûlée suscitent plus d’écho qu’un intermittent s’immolant par le feu à Marseille devant une caisse de retraite.

Je condamne la violence sociale d’un système contraignant des millions de personnes à passer sous les fourches caudines du travail contraint et exploité afin d’assurer leur simple survie matérielle.

Je condamne la violence sociale d’un système forçant les gens ordinaires à se vendre même pour un boulot de merde, et où il faudrait de surcroît aimer cela, voire baiser les pieds de nos bons maîtres.

Je condamne la violence sociale d’un système où la sixième puissance économique du monde laisse crever 2 000 personnes dans la rue chaque année pendant que d’autres possèdent dix résidences secondaires.

Je condamne la violence sociale d’un système où certains sont contraints de voler des pâtes dans la honte pour manger, là où d’autres peuvent cramer 3 SMIC dans une seule bouteille.

Je condamne la violence sociale d’un système où des centaines de personnes meurent chaque année au travail — par exemple parce qu’un patron rapace refusait d’appliquer les consignes de sécurité ou rognait sur la qualité du matériel afin de maximiser son profit.

Je condamne la violence sociale d’un système qui fait du pauvre l’ennemi public n°1, toujours suspecté d’être un bon à rien, un fainéant, un parasite, un profiteur qu’il faut fliquer et éperonner comme une vulgaire bête de somme.

Je condamne le divertissement du spectacle médiatique au regard de cette violence quotidienne, structurelle mais rendue invisible.

Je condamne la gestion néolibérale du travail (pardon, des ressources humaines), laquelle entraîne suicides, dépressions, stress, blessures, arrêts maladie, syndromes d’épuisement professionnel, humiliations, frustrations, dépérissement du sens, ennui, prise d’anxiolytiques ou de dopants pour tenir, déshumanisation, flicage et mise en concurrence sauvage des opprimés entre eux.

Je condamne les cadences infernales, les horaires éclatés, les produits cancérigènes, les objectifs délirants de rentabilité, de vente ou de productivité, la surveillance disciplinaire, la compétition acharnée, les harcèlements divers, les moyens supprimés alors que les objectifs sont maintenus voire amplifiés, les surcharges de travail, les procédés déloyaux des directions, les mises au placard, les listes noires de syndicalistes, le contrôle social inquisiteur, l’inhumanité glaçante de l’utilitarisme marchand.

Je condamne le fait que les salariés soient la variable d’ajustement systématique de l’ordre capitaliste.

Je condamne la violence criminelle d’élites incestueuses, dont le seul projet est d’exposer les travailleurs aux rapports de force les plus inégaux et les plus sauvages, démantelant petit à petit tous les garde-fous qui permettaient aux salariés de ne pas être complètement nus face à la violence du capital.

Je condamne le fait que nos vies soient à la fois le terrain de jeu, les munitions et la matière première de la guerre féroce que se livrent les capitalistes entre eux.

Je condamne la hiérarchisation implicite des violences qui naturalise la violence institutionnelle, excuse les violences répressives mais s’offusque bruyamment des violences contestataires.

Je condamne les casseurs de manif’, les briseurs de contestation, les préposés à la destruction sociale, les conducteurs zélés du bulldozer néolibéral, les défenseurs de l’ordre établi, les escrocs en cravate qui voudraient nous vendre la riante chimère d’un « capitalisme à visage humain ».

Je condamne le mensonge ignoble selon lequel la loi Travail a été « vidée de sa substance ».

Je condamne la violence de la loi Travail.

Je condamne la violence de la loi du travail.

SILENCE

 

Politique française: la déliquescence de la gauche foie jaune…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 mars 2013 by Résistance 71

L’assujettissement du politique au financier et à l’économique est total. Il n’y a pas de solution au sein du système, il faut en sortir par le bas, par la voie royale libertaire de l’autogestion populaire, adaptée aux besoins de tous et de chacun en suivant la simple formule: « A chacun selon ses besoins, à chacun selon sa capacité ».

Tout le reste n’est que pisser dans un violon, le réformisme n’a fait qu’aliéner le politique à l’économique. Cela se voit maintenant comme le nez au milieu de la figure.

Pour que vive la confédération des communes libres !…

— Résistance 71 —

 

Il n’y a plus de socialistes à l’adresse indiquée…

 

Le Monde Libertaire

 

Le 7 Mars 2013

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/securitaire/16247-il-ny-a-plus-de-socialistes-a-ladresse-indiquee

 

Il faut être juste, la fine équipe de Solférino ne nous avait pas promis l’avènement du paradis socialiste. Cela fait bien longtemps, il est vrai, qu’une telle éventualité s’est trouvée remisée au magasin des antiquités utopistes, et déjà considérée comme telle par les braves militants du courant dit des « possibilistes », au tournant du XXe siècle.

De Jean Jaurès à Harlem Désir (que ce dernier veuille bien m’excuser du raccourci historique), en passant par Jules Guesde (partisan de l’Union sacrée en 1914), Léon Blum (champion de la non-intervention en Espagne, en 1936), ou Guy Mollet (qui conduira la guerre en Algérie, alors qu’il avait mené campagne pour la paix en 1955), les promesses non tenues et les trahisons ont constamment émaillé un parti socialiste qui, sous ses diverses appellations, devait finalement opter pour la social-démocratie. N’oublions pas que Léon Blum, qui levait le poing en chantant l’Internationale, en mai 1936, nous délivrait déjà un véritable secret de polichinelle une fois devenu président du Conseil, en juin de la même année : « Nous serons des gérants fidèles du capitalisme », après avoir décrété « la pause », alors que le patronat en colique était prêt à de nombreuses concessions.

Les tristes exploits de la « Vieille maison ».

Attention ! Surtout ne pas confondre socialisme et social-démocratie. Dans le premier cas, il était envisagé de débarrasser la société de l’emprise du capitalisme. Dans la seconde approche, selon l’enseignement d’Édouard Bernstein, il était surtout prévu une méthode plus douce : la transformation graduelle et sans heurt de la société capitaliste en société socialiste. En fait, trouver un compromis raisonnable avec ceux qu’on était censé combattre la veille. Entre les deux ambitions c’était, bien évidemment, le jour et la nuit. Les socialistes de la fin du XIXe siècle, dont nombre étaient des rescapés de la Commune de Paris, n’avaient que peu d’ambitions en commun avec ceux qui se posaient déjà la question de participer au pouvoir de la bourgeoisie dans une société qui ferait table rase des luttes sociales. Le premier à franchir le pas, en 1899, Alexandre Millerand, fera partie de plusieurs cabinets ministériels, avant et pendant la Première Guerre mondiale. Président du Conseil en 1920, il avait été l’initiateur du « Bloc national », avant d’être élu président de la République. Millerand avait ouvert la voie de la trahison visible à Jules Guesde comme à Marcel Sembat, tous devenus ardents nationalistes.

Pour ceux-là, il est possible de comprendre leur rejet de l’égalitarisme, comme du collectivisme (quelle horreur !), et leur refus de rejoindre la IIIe Internationale lors du congrès de Tours, en décembre 1920. À la tête de ceux qui allaient garder la « vieille maison » se trouvait Léon Blum, qui, après avoir tenté de donner le change à la tête du gouvernement de Front populaire, de juin 1936 à juin 1937, se retrouvera à nouveau président du Conseil de la IVe République, de décembre 1946 à janvier 1947. Par la suite, nos socialistes, toujours version SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), participeront à des gouvernements dits de « troisième force ». Lesquels allaient conduire les premières guerres post-coloniales, en Indochine et à Madagascar, dans le grand silence des socialistes.

Lorsque Guy Mollet accède à la présidence du Conseil, en janvier 1956, après la victoire électorale du Front républicain, sa première grande initiative consistera à durcir la guerre en confiant tous les pouvoirs militaires et civils à l’armée avec le soutien des députés communistes. Autre exploit du gouvernement Guy Mollet, son engagement dans l’expédition militaire sur le canal de Suez, aux côtés des Britanniques et des Israéliens, en novembre 1956. La suite n’est pas plus glorieuse. Est-il nécessaire de rappeler qu’en septembre 1958, suite au coup d’État à blanc du général de Gaulle en juin 1958 et du triomphe que le traîneur de sabre allait rencontrer lors de son référendum, Guy Mollet mettait la SFIO en ordre de bataille dans la perspective des élections législatives, sous le slogan : « À l’avant-garde de la Ve République ! » Par la suite, pour une courte période malgré tout, les socialistes participeront, sans honte, au premier gouvernement du Général, en compagnie des pires réactionnaires de l’époque.

Mitterrand à la rescousse

De trahisons en reniements, le parti socialiste va connaître une longue période d’agonie, avant que le grand humaniste François Mitterrand n’en prenne le contrôle, au congrès d’Épinay, en 1971. Il y a déjà bien longtemps que l’idéologie d’origine a été oubliée et, lors de ce congrès, celui qui se risquerait à chanter l’Internationale serait considéré comme un original, sinon tel un déviationniste mal venu. Avec Mitterrand, qui va peu à peu réduire le parti communiste à un club de tristes nostalgiques, le parti socialiste, qui a abandonné son sigle SFIO, va voler de victoires en succès, jusqu’à l’élection à la présidence de la République – en 1981 puis en 1988. Finalement, dans l’opposition comme au pouvoir, le parti socialiste est devenu une composante honorable de la vie politique de ce pays.

Bien sûr, il faut se garder de confondre la droite avec ce qu’il est convenu de définir comme la gauche, mais, trop souvent, la différence est bien mince. Particulièrement lorsque se pose la question du maintien de l’ordre. Ainsi le ministre socialiste de l’Intérieur Jules Moch qui, en 1947 et 1948, allait s’illustrer comme briseur de grève dans le bassin minier du Nord Pas-de-Calais, avant de se comporter de façon identique avec les dockers de Marseille. Comme il restait encore quelques policiers issus de la Résistance, qui protestaient contre ses méthodes brutales, Jules Moch profitera de ces circonstances pour dissoudre onze compagnies de CRS jugées par trop réticentes.

Gaston Defferre, devenu ministre de l’Intérieur, au lendemain du 10 mai 1981, prend un syndicaliste policier, Gérard Monatte, dans son cabinet. Lequel n’hésite pas à taper du poing sur la table : « Il faut remettre de l’ordre dans la maison ! » Étonnant. Mieux encore, le 17 juillet 1981, depuis Marseille, Gaston Defferre prévient ses troupes : « Je ne tolère pas qu’un quartier entier soit encerclé et investi par des policiers brisant portes et fenêtres, et que les habitants, hommes et femmes et enfants soient frappés à coups de crosse à l’occasion de la recherche d’un voleur de moto… Les ratonnades c’est fini ! La plaisanterie est terminée. Ceux qui désobéiront seront châtiés ! » On se frotte les yeux. Peu de temps après, pour s’attirer les bonnes grâces du corps policier, Gaston Defferrre annonce le recrutement de 6 000 fonctionnaires d’autorité supplémentaires ; l’ensemble du corps étant doté d’armes jugées plus efficaces. Moins d’un an plus tard, le ministre sera, à son tour, victime du syndrome de la nuque raide, avec une déclaration, le 15 juin 1982, affirmant sa volonté de faire évacuer les usines occupées par les ouvriers en grève. Il en va de même avec la volonté affirmée de renforcer les contrôles d’identité.

Gaston Defferre, malade, cédera son poste à un autre socialiste, Pierre Joxe, en août 1984, après avoir rétabli un certain nombre de bons principes. Son successeur n’aura de cesse de flatter l’ego des policiers – peut-être n’a-t-il pas d’autre choix pour se faire admettre par les syndicats, dits de gauche. Passé le premier intermède de Pasqua, au ministère de l’Intérieur de mars 1986 à mai 1988, Joxe est de retour, et annonce dans un message aux policiers : « Je sais pouvoir compter sur votre courage et votre dévouement pour l’exécution de votre difficile mission ! » Coup de clairon qui va être complété par l’interdiction des boissons alcoolisées dans les locaux de police, par décision prise en décembre 1988. Lors de la première guerre du Golfe, en décembre 1990, Pierre Joxe, devenu ministre de la Défense, cède la place à un autre socialiste, Philippe Marchand, qui réussit à se mettre à dos tous les syndicats de policiers, y compris ceux qui se prétendent de gauche. Il sera remplacé, en mai 1992, par l’insignifiant Paul Quilès, dont le grand-œuvre sera la mise en place d’une « haute autorité » chargée de veiller à la déontologie policière.

L’aile protectrice du « camarade Michel »

Suite à l’un de ces allers et retours qui émaillent le cirque politique, Lionel Jospin, devenu Premier ministre en juin 1997, choisit comme ministre de l’Intérieur un ancien compagnon de route du Parlement socialiste, Jean-Pierre Chevènement. Ce matamore tiendra à rappeler immédiatement que : « La France a toujours eu une tradition de police d’ordre ! » Sous la houlette de Chevènement, les policiers de la République se verront rappeler qu’il leur faut, prioritairement, remettre dans le droit chemin les « sauvageons » qui risquent de troubler l’ordre public. Rapidement, lors du colloque de Villepinte, en octobre 1997, c’est à l’unisson que Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement s’appliqueront à proclamer que « la sécurité est une valeur de gauche » !

Jusqu’à la fin de sa période gouvernementale, Lionel Jospin ne se départira pas d’un certain nombre de « valeurs » partagées par la droite dure. Particulièrement, après une période de régularisations massives de sans-papiers, de 1997 à 1999, la réthorique du « camarade Michel » (pseudonyme de Jospin au temps où il militait clandestinement dans les rangs de l’OCI) va changer radicalement, évoquant ceux « qui n’ont pas vocation à rester en France ». Comme s’il commençait à se repentir des avancées revendiquées en 1997, et alors que de nouvelles échéances électorales s’annonçaient et qu’il entrait en campagne, Lionel Jospin expliquera au « peuple de gauche » ébahi, comme une confidence, sur les antennes de France 2 : « Mon programme n’est pas socialiste ! » Ce qui était une évidence.

À chacun de leur passage au pouvoir, nos donneurs de leçons socialistes s’échinent à nous faire comprendre que, avec leurs hommes d’État aux manettes, tous les problèmes seront réglés. Mais nos socialistes sont ainsi faits qu’ils se refusent à faire de la peine à la France profonde, qui, comme le disait Coluche, « n’est pas de droite mais encore moins de gauche… »

Les résultats électoraux ont toujours constitué un mystère insondable. Ainsi, du 21 avril au 6 mai 2002, les foules défilaient dans les grandes villes de France pour s’opposer à Jean-Marie Le Pen, présent au second tour de l’élection présidentielle aux cris de « Votez pour l’escroc, pas pour le facho ! » Superbe analyse politique dans sa stupidité.

De Daniel Vaillant à Nicolas Sarkozy

Élu finalement par les voix du « peuple de gauche », Jacques Chirac nous offrait pour toute récompense la promotion de Nicolas Sarkozy au poste de ministre de l’Intérieur – préludant une ascension irrésistible. à ce stade se situait une séquence du plus haut comique : dès le mois de juin 2002, lorsque le petit Nicolas dévoilait les articles de sa loi sur la sécurité intérieure, le ministre de l’Intérieur sortant, Daniel Vaillant, versera de lourds sanglots : « Il a volé mon programme ! » Authentique. Ce pauvre Daniel Vaillant qui avait succédé à Jean-Pierre Chevènement, durant l’été 2000, n’avait pas tardé à proclamer : « La sécurité est une valeur républicaine. Elle n’est ni de droite ni de gauche. C’est un droit ! » Cette volonté de politiser l’action des forces de l’ordre était alors judicieusement commentée par le sociologue Laurent Bonelli, en avril 2001, qui avait évoqué « l’uniformatisation des pratiques et des discours sécuritaires entre la gauche et la droite ».

Parmi les quelques exploits de Daniel Vaillant, le décret avalisant le fichier Stic (Système de traitement des infractions constatées) en juillet 2001. Fichier existant déjà, mais clandestinement, depuis 1996. Décidément très impliqué dans l’élargissement de l’arsenal répressif, il avait fait adopter sa loi sur la sécurité publique (LSQ) en novembre 2001, à quelques mois de l’élection présidentielle. Selon la Ligue des droits de l’homme, ce texte tenait surtout à « pénaliser la pauvreté bien plus qu’à lutter contre la délinquance ». Pour Michel Tubiana, alors président de la LDH : « Ces mesures ne sont pas faites pour lutter contre le terrorisme mais pour accroître les pouvoirs de la police dans un but nettement électoral. » Pour en terminer avec ce regrettable ministre de l’Intérieur, il faut bien constater que l’on n’aura jamais autant embauché dans la police, depuis Defferre et Joxe.

Battue en 2002, la gauche sera condamnée à dix ans de purgatoire. Il faudra toute la brutalité sociale de Nicolas Sarkozy, après son triomphe à l’élection présidentielle de 2007, pour que sa fine équipe perde successivement les élections municipales, cantonales et régionales, avant que le Sénat ne bascule à gauche. Certaine de son élection à l’élection présidentielle de mai 2012, notre gauche se livrait de nouveau à mille promesses qui ne seraient pas tenues. Une seule volonté habitait le clan de la rue Solférino : en remontrer à Sarkozy sur sa capacité à maintenir l’ordre. À cette fin, le parti socialiste disposait de son joker : Manuel Valls. Lequel, fils d’immigré et Français à l’excès comme son prédécesseur, n’allait pas tarder à faire montre de son talent.

Les valeurs républicaines et Manuel Valls

C’est Manuel Valls qui allait surtout mettre en musique les imprécations du discours de Grenoble du 30 juillet 2010, lorsque Nicolas Sarkozy éructait sa vindicte contre les Roms, sans que l’on s’en émeuve vraiment dans les rangs du parti socialiste. Depuis neuf mois, l’ordre règne au pays de la liberté, et les centres de rétention administrative sont toujours aussi accueillants pour les sans-papiers, traités comme des criminels dans ces lieux de non-droit. Il est difficile d’oublier la manière ignominieuse dont les sbires du ministre de l’Intérieur devaient livrer Aurore Martin à la justice espagnole, en novembre 2012. Cette militante basque étant heureusement libérée un mois plus tard. Faut-il estimer que la droite espagnole serait moins répressive, à l’occasion, que la gauche française ? Comment négliger les reculades du pouvoir socialiste face à la famille Peugeot, face au patron du groupe ArcelorMital, malgré les promesses de François Hollande ? La gauche ne détiendrait donc qu’un pouvoir formel ? Bienvenue en terre social-démocrate !

Maurice Rajsfus

Les belles formules… Dans une tribune libre, parue dans Libération le 28 décembre 2012, intitulée « Non, social-démocrate n’est pas une insulte ! » l’économiste Jean Natouk émettait un jugement sans appel : « La social-démocratie sait que l’essentiel de la production de la valeur ajoutée passe par les entreprises qui, si elles sont en concurrence, ne peuvent qu’être privées. Elle sait donc que c’est avec elles que doivent être trouvés les consensus nécessaires. » CQFD et merci pour cette précision indispensable.