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Résistance politique au sionisme… Handala, conscience d’un peuple ou conscience universelle ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 14 février 2020 by Résistance 71

 

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël »
(extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Cleansing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »


Handala conscience d’un peuple…

 

Qui est HANDALA?

créé par Naji al-Ali (1938-1987)*

Depuis environ 1975 et jusqu’à 1987, Naji al-Ali a dessiné toute la complexité de la vie et des revendications des réfugiés palestiniens. Ces dessins sont toujours d’actualité et Handala, cet enfant réfugié palestinien, qui est présent dans chaque dessin, demeure un symbole des plus valides de la lutte du peuple palestinien pour la justice et l’auto-détermination.

Naji al-Ali a écrit :Handala est ma signature, tout le monde me parle de lui et me demande partout où je vais. J’ai donné naissance à cet enfant alors que j’étais dans le Golfe et je l’ai présenté aux gens. Son nom est Handala et il a promis aux gens qu’il demeurerait fidèle à lui-même. Je l’ai dessiné comme un enfant qui n’est pas beau ; ses cheveux sont comme les épines du hérisson qui les utilise comme une arme de défense.

Handala n’est pas grassouillet, il n’est pas heureux, détendu. Il n’est pas un enfant gâté. Il est nus-pieds comme les enfants des camps de réfugiés et il est une icône qui m’empêche de faire des erreurs. Alors même qu’il est dur et négligé, il sent bon l’ambre. Ses mains sont derrière son dos en signe de refus au moment où des solutions nous sont présentées dans le plus pur style américain.

Handala est né à dix ans et il aura toujours dix ans. A cet âge, j’ai dû quitter ma patrie la Palestine et quand il retournera, Handala aura toujours dix ans. C’est alors qu’il commencera à grandir. Les lois de la nature ne s’appliquent pas à Handala. Il est unique. Les choses redeviendront normales lorsque la patrie sera de retour.

Je l’ai présenté aux pauvres et l’ai appelé Handala en tant que symbole de l’amertume. Au départ, c’était un enfant palestinien, mais sa conscience s’est développée pour avoir un horizon national puis international. Il est simplement un enfant endurci et voilà pourquoi les gens l’ont adopté alors qu’ils ressentaient qu’il représentait leur conscience.


tract du FPLP

(*) Naji al-Ali, dessinateur le plus célèbre du monde arabe. Palestinien né en Palestine, victime de la Nakba de 1948. Il commença à dessiner dans les années 70 et connut un énorme succès. Son personnage d’Handala, le petit garçon palestinien aspirant au retour, est devenu une icône internationale et est devenu, aujourd’hui sans doute plus que jamais, la conscience du peuple palestinien et par extension des peuples opprimés. Handala nous tourne en permanence le dos non pas par arrogance ou par mépris, mais pour ne pas se laisser distraire et ne rien perdre de la tragédie dont il est témoin, nous forçant par là-même à regarder avec lui l’absurdité et l’horreur infligées à son peuple, au monde et, qui sait, à nous faire agir pour un changement radical.

Naji al-Ali fut assassiné à Londres en 1987, au début de la première intifada. Son ou ses assassins n’ont jamais été retrouvés… Handala lui a survécu et ne reprendra le cours de sa vie qu’une fois le retour achevé.

“handala” en arabe est un fruit médicinal amer du désert.

Nous avons traduit et rédigé ce billet suite à des demandes d’explication récentes sur notre utilisation du personnage d’Handala sur un de nos billets, certains lecteurs ignorant qui il est. Nous avons utilisé Handala à plusieurs reprises au fil des ans. Nous trouvons sa symbolique tout à fait exceptionnelle et commandable, Maji al-Ali était d’une grande intelligence et d’un humour acerbe. Handala est éternel.

(Résistance 71, février 2020)

 

Résistance au colonialisme: De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 30 novembre 2016 by Résistance 71

Par Ziad Medoukh*   Préface du livre « De la mythologie sioniste à la tragédie palestinienne » de Chérif Abdedaïm

 

Novembre 2016

 

Source:

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/de-la-mythologie-sioniste-a-la-tragedie-palestinienne/

 

La cause palestinienne a toujours été celle du peuple algérien. L’Algérie est presque le seul pays arabe dont le gouvernement et le peuple ont soutenu et soutiennent encore la cause et la lutte du peuple palestinien pour ses droits et sa liberté, et ce, depuis l’indépendance de ce pays en 1962 à nos jours.

Donc, il ne serait pas étonnant qu’un enfant de ce peuple, journaliste, écrivain engagé, militant et historien comme Chérif Abdedaïm écrive ce livre captivant sur l’histoire du sionisme, mouvement colonial, basée sur des mythes, des mensonges et des mystifications.

Je ne veux pas revenir sur ce qu’a offert l’Algérie à la Palestine, mais ce qui m’a attiré dans le livre de Chérif Abdedaïm, c’est son approche singulière de cette question centrale sur la scène internationale, en l’occurrence la question palestinienne.

Outre l’explication historique détaillée du conflit israélopalestinien,l’auteur insiste dans son récit sur la propagande sioniste, persistante, pour continuer à occuper et à coloniser la Palestine historique ; passant en revue les différents crimes et massacres israéliens depuis 1948 jusqu’au dernier massacre de Ghaza en 2014 en transitant par celui de Sabra et Chatila en 1982.

Un livre très passionnant qui nous permet donc de comprendre l’histoire du sionisme comme doctrine politique et toutes les mesures illégales en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien et des peuples arabes.

Pour comprendre la réalité et l’actualité dans les territoires palestiniens marquées par la poursuite des agressions israéliennes au quotidien à l’encontre des Palestiniens (le mur de l’apartheid en Cisjordanie, l’accélération de la colonisation et le blocus israélien inhumain contre Ghaza et les différentes offensives militaires contre les civils palestiniens), nous devrions lire plusieurs fois ce livre très intéressant qui retrace l’histoire du sionisme depuis 1896 avec la tenue du premier congrès sioniste à Bâle (en 1897) en passant par la déclaration Balfour en 1917 et la déportation des Palestiniens en 1948.

La politique israélienne a toujours été une politique d’instrumentalisation des mythes et de la manipulation de la religion pour continuer à écraser les Palestiniens et les chasser de leur terre d’origine avec la complicité des Nations unies et des pays occidentaux. Le livre de Chérif Abdedaïm nous dévoile cette histoire noire de ce mouvement colonial et raciste.

Dans sa présentation accompagnée des dates, des déclarations et des évènements, Chérif Abdedaïm montre que le mythe sioniste « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » a toujours été d’actualité pour tous les gouvernements israéliens de gauche comme de droite.

Le sionisme sous toutes ses formes (sionisme politique, économique, culturel et religieux) n’a pas réussi à faire partir les Palestiniens de leur terre, ni à faire de la Palestine historique une terre promise pour les juifs du monde ; et ce, malgré la conjugaison de plusieurs facteurs : toutes les mesures répressives israéliennes, la pression du lobby sioniste notamment en Europe et aux États-Unis et les pressions exercées sur les défenseurs et les sympathisants de la cause palestinienne en les accusant d’antisémitisme. Si cette politique sioniste n’a pas réussi, selon l’auteur, c’est parce qu’elle fait face à la détermination d’un peuple qui se bat, un peuple qui résiste, qui existe, qui persiste, un peuple qui a décidé de rester digne sur sa terre.

Pour moi, Palestinien de Ghaza, je place ce livre de Chérif Abdedaïm dans la catégorie des meilleurs écrits sur l’histoire du sionisme. Un livre historique, non seulement fourmillant de détails et de précisions, mais aussi un livre d’analyse, objectif, pour toutes les générations afin qu’elles comprennent que la soi-disant paix israélienne n’est qu’un grand mensonge, une grande mystification comme toute l’histoire du sionisme et que la liberté des Palestiniens ne pourrait être arrachée qu’avec leurs sacrifices et leur combat pour leur indépendance, et ce, avec l’appui de tous ceux qui soutiennent cette juste cause à l’instar de mon ami et frère algérien Chérif Abdedaïm.

*Ziad Medoukh, poète et écrivain palestinien d’expression française.   Citoyen de Ghaza.  Février 2016