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Nouvel Ordre Mondial: La PAC européenne ou l’éradication de la paysannerie…

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Une agriculture sans paysans

 

Esther Vivas

 

14 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=10143

 

L’Union européenne semble s’acharner à faire disparaître la petite paysannerie. C’est ce qu’on peut conclure de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) adoptée avant-hier à Bruxelles. Des mesures qui bénéficient, une fois de plus, aux grands propriétaires terriens et à l’agro-business au détriment de ceux qui travaillent et entretiennent la terre.

 Vitali Peskov, Literatournaya Gazeta, Russie

Un seul chiffre : bien que, dans l’Etat espagnol, seulement 350.000 personnes soient officiellement recensées comme ayant une activité professionnelle agricole, il y a 910 000 personnes qui perçoivent des aides agricoles. Qui sont donc ces 560.000 bénéficiaires de subventions qui, n’étant pas paysans, reçoivent tout de même ces sommes ? Le rapport, « Une Politique Agricole Commune pour les 1% », de Vétérinaires Sans Frontières, l’indique clairement. Il s’agit d’entreprises de l’agro-industrie, de grands viticulteurs, des supermarchés et des gros propriétaires. Leurs noms : Pastas Gallo, Nutrexpa, Osborne, Nestlé, Campofrío, Mercadona, la Maison d’Alba, pour ne citer que les plus grands bénéficiaires.

Certes, avec la « nouvelle PAC », des aéroports, des chemins de fer et des terrains de golf ne recevront plus d’aides « agricoles ». J’imagine que le vol, ou le détournement de fonds, devenait par trop scandaleux. Mais d’autres amis d’Arias Cañete [ministre de l’Agriculture espagnol du gouvernement PP, NdT] continueront à recevoir de fortes subventions. Sa propre épouse, par exemple, Micaela Domecq, propriétaire foncière andalouse et patronne des « Vins Domecq ». On connaît la chanson : ceux qui partagent le gâteau prennent le plus gros morceau.

Comme l’affirme le syndicat agricole COAG dans son analyse et évaluation de la réforme de la PAC : « on court le risque de démantèlement du secteur agricole, stratégique pour notre économie ». Ce qui n’est pas nouveau, mais avec les mesures actuelles, cela ne fait qu’accélérer les choses. Aujourd’hui, moins de 5% de la population active dans l’Etat espagnol travaille dans l’agriculture, et une partie très significative sont des personnes âgées. Un état de fait qui, selon les normes dominantes actuelles, est symbole de progrès et de modernité. Sans doute devrions-nous commencer à remettre ne question les paramètres qui définissent ces deux concepts.

L’agriculture paysanne est une activité en extinction. Chaque année, des milliers de fermes cessent leurs activités. Survivre à la campagne et travailler la terre n’est pas chose facile. Et les plus grands perdants du modèle actuel de production, de distribution et de consommation des aliments sont ceux qui, précisément, produisent la nourriture. Selon la COAG, les revenus agricoles  se situaient en 2007 à 65% des revenus moyens. Leur appauvrissement est clair.

Nous allons vers une agriculture sans paysans. Et si ces derniers disparaissent, aux mains de qui restera notre alimentation ? Je crois que la réponse est claire : aux mains d’une poignée d’entreprises de l’agro-business et de la distribution qui contrôlent chacun des maillons de la chaîne alimentaire, des semences jusqu’au produit final. Cargill, Monsanto, Syngenta, Dupont, Procter & Gamble, Nestlé, Kraft, Mercadona, Eroski, Carrefour, Alcampo, El Corte Inglés… sont ceux qui, en fin de compte, nous donnent à manger. Pauvres de nous !