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Guerres impérialistes: le « pivot » yankee sur l’Asie = pivot de l’EIIL/Daesh vers l’Asie (Tony Cartalucci)

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Contrastons l’analyse géopolitique du terrorisme de l’empire en Asie du Sud-Est de Tony Cartalucci ci-dessous avec une autre réalité de terrain du sud-est asiatique ignorée du grand nombre: celle de la grande entité politico-économique ayant depuis des siècles refusé les diverses formes d’étatisation de leurs sociétés, région appelée “Zomia”, une étendue de terres s’étendant sur 2,5 millions de km2, donc à peu près de la taille de l’Europe, comprenant les hauts-plateaux et montagnes au travers les frontières (fictives) de 8 pays: le Cambdodge, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam, la Birmanie, la Chine (occidentale), l’Inde et le Bengladesh. La population de la Zomie, vivant hors des prérogatives des états concernés est entre 80 et 100 millions de personnes. Pas exactement un hameau s’autogérant…

Voici ce qu’en dit l’anthropologue et professeur de science politique de l’université de Yale, James C. Scott:

“ Zomia est ainsi imbriquée en tant que région non pas sur une base d’unité politique, ce dont elle manque, mais par des schémas comparables d’agricultures de plateau, de dispersion et de mobilité ainsi que d’un égalitarisme brut, qui et ce de manière non coïncidentelle, apporte un statut bien plus important aux femmes. […] Je pense qu’une description politique plus forte et précise de ces populations des plateaux et des collines de Zomia est de dire que ces gens ont activement résisté à leur incorporation dans un cadre étatiste classique, d’état colonial et d’état-nation. Cette résistance est devenue plus particulièrement connue après la création des états indépendants suite à la seconde guerre mondiale, lorsque Zomia est devenue le site de mouvements sécessionnistes, des luttes pour les droits indigènes, de rébellions millénaires, d’agitation régionaliste et d’opposition armée contre les états des vallées. […] Ainsi les plateaux et les collines ne sont pas simplement un espace de résistance politique, mais aussi une zone de refus culturel.” (James C. Scott, “The Art of not being Governed”, Yale University Press, 2009, extraits traduit de l’anglais par R71)

L’État et toutes institutions coercitives sont arrivés au bout du rouleau sur cette planète. Zomia en Asie du Sud-Est est là pour nous le rappeler.

~ Résistance 71 ~

 

“L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative.”

~ Guy Debord ~

 

Alors que l’ASEAN* glisse à l’Est… L’EIIL suit

 

Tony Cartalucci

 

18 juillet 2017

 

Source: http://landdestroyer.blogspot.jp/2017/07/as-asean-shifts-east-isis-follows.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

* ASEAN = Association of South East Asian Nations comprenant 10 pays: la Thaïlande, la Malaisie, le Brunei, le Cambodge, Singapour, La Birmanie, l’Indonésie, les Philippines, le Laos et le Vietnam. Cette association représente quelques 630 millions de personnes soient environ 9% de la population mondiale.

Alors qu’une guerre se poursuit dans le sud des Philippines entre les forces gouvernementales et des militants liés au soi-disant “état islamique” (EIIL), les craintes que les Etats-Unis utilisent le groupe terroriste bien au-delà de la Syrie et de l’Irak où il fut originellement créé, montent. Les nations s’opposant ou faisant obstacle aux intérêts américains au-delà de leurs frontières se retrouvent maintenant le plus souvent la cible de cette forme secrète de coercition armée.

Les Etats-Unis sont de plus en plus en porte-à-faux avec les nations et les politiques d’Asie du Sud-Est qu’ils ont à une époque comptées comme des alliés très proches dans la région. Ceci inclut la Thaïlande, nation de près de 70 millions d’habitants, qui en 2014, a expulsé un régime client soutenu par les Etats-Unis dans un coup d’état militaire sans effusion de sang.

Depuis, Bangkok s’est éloigné bien plus de l’influence de Washington et s’est rapproché de Pékin et de Moscou et de virtuellement quelque autre nation que ce soit qui puisse lui offrir des alternatives au monopole de Washington sur l’influence géopolitique, économique et militaire.

Depuis des décennies, la très grande part de l’inventaire d’équipement militaire de la Thaïlande consistait en du matériel américain. Ce matériel est maintenant petit à petit remplacé par une combinaison de matériel russe, chinois et européen et même par des systèmes d’armement développés localement. Ceci inclut des chars de combat chinois, des hélicoptères russes, des avions suédois et des engins transporteurs de troupes et des systèmes d’artillerie développés en Thaïlande.

Plus récemment, la Thaïlande a conclu un marché important avec la Chine pour l’achat des premiers sous-marins modernes du royaume. Au total, trois sous-marins seront achetés, développant la capacité navale de la Thaïlande dans la région et plus spécifiquement, de rapprocher les forces navales thaïlandaise et chinoise techniquement et stratégiquement.

A la suite de la Thaïlande, ont emboité le pas des nations comme les Philippines, la Malaisie, l’Indonésie et même dans une certaine mesure, la Birmanie et le Vietnam.

Alors que la Thaïlande et d’autres nations de l’ASEAN amorcent leur pivot vers l’Est, les Etats-Unis ont de manière prévisible augmenté leurs pressions sur ces états au moyen de vitrines financées par ceux-ci sous la forme d’ONG ainsi qu’avec des partis politiques d’opposition créés, soutenus et dirigés depuis Washington.

Dans des pays comme la Birmanie où le parti dirigeant est déjà de longue date soutenu par les Etats-Unis, la pression est mise au travers de l’exploitation de l’affaire des droits de l’homme lorsque Washington pense que le régime penche un peu trop du côté de Pékin.

Alors que ces méthodes de coercition deviennent de plus en plus futile, les Etats-Unis ont aussi mis en place des moyens directs de coercition avec le terrorisme.

Le terrorisme lié au Etats-Unis en Asie du Sud-Est

En 2015, lorsque la Thaïlande a refusé de céder à la demande américaine de permettre à des citoyens chinois recherchés pour actes de terrorisme, de voyager vers la Turquie d’où ils auraient immanquablement rejoint les efforts soutenus par Washington de renversement du gouvernement de la Syrie voisine, des terroristes ont fait exploser une bombe dans le centre de Bangkok, faisant 20 morts et de nombreux blessés. Même les analystes occidentaux conclurent que plus que probablement, les coupables étaient des membres du groupe turc des “Loups Gris”, créé par l’OTAN (NdT: Gladio et Gladio 2.0) et entretenu comme moyen de guerre asymétrique par les Etats-Unis depuis des décennies.

La présence du groupe de l’EIIL se fait de plus en plus sentir également en Asie du Sud-Est.

Alors que l’Indonésie continue elle aussi sont pivot vers l’Est, elle a été la cible de terroristes apparemment de l’EIIL. Une attaque à Djakarta en 2016 suivit la décision de la nation de favoriser les entreprises chinoises pour la construction de systèmes supplémentaire de voies ferrées.

Plus récemment encore, Les forces de sécurité malaises ont empêché ce qui paraissait être une cellule de l’EIIL opérant des deux côtés de la frontière entre la Malaisie et la Thaïlande.

Aux Philippines, la violence de l’EIIL a transcendé de vulgaires attaques terroristes et se manifestes comme une guerre prolongée pour la ville de Marawi dans le sud du pays.

Et tandis que les sources médiatiques américaines et européennes admettent ouvertement la présence croissante de l’EIIL en Asie, elles échouent catégoriquement sur le fait de montrer cette nature tout à fait illogique de la façon dont elles expliquent cette croissance.

L’EIIL est un terrorisme d’état, mais de quels états ?

D’après les narratifs occidentaux, l’EIIL est capable, de manière inexplicable, de maintenir sa capacité de combat en SYrie et en Irak contre une coalition consistant en les forces des gouvernements syrien et irakien, la Russie et des forces auxiliaires venues du Liban comme le Hezbollah. L’EIIL est aussi capable de manière tout aussi inexpliquée de projeter sa force militaire internationalement, perpétrant des attaques dans le monde entier et construisant des cellules terroristes à travers l’Asie du Sud-Est.

D’après les narratifs occidentaux, l’EIIL parvient à ceci au moyen d’argent qu’il tire de la rançon d’otages, d’un marché noir de la vente du pétrole et de maigres revenus d’”impôts” qu’il impose sur ses territoires occupés rétrécissants à vue d’œil en Syrie et en Irak.

En réalité, l’EIIL n’existerait pas sans le soutien constant et très important d’états multinationaux. Pour savoir quelles nations fournissent un soutien à l’EIIL, tout ce qu’on a à faire est de lire les rapports du renseignement américain.

Le renseignement miliaire américain (DIA) a révélé dans un rapport daté de 2012, les plans actifs d’un axe mené par les Américains pour créer ce qui fut appelé à l’époque une “principauté salafiste” (état islamique).

Dans ce rapport fuité de la DIA en 2012 (voir le pdf en anglais ici: leaked 2012 report (.pdf) il était dit:

Si la situation se développe comme prévu il est possible d’établir une principauté salafiste déclarée ou non en Syrie orientale (Hasaka et Der Zor) et ceci est exactement ce que les puissances de soutien à l’opposition veulent, afin d’isoler le régime syrien, qui est considéré comme la profondeur stratégique de l’expansion chiite (Irak et Iran).”

Pour clariifier juste qui sont ces “puissances se soutien” qui souhaitèrent la création d’une “principauté salafiste”, la rapport de la DIA explique plus avant:

“L’occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition tandis que la Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime.”

Des courriels fuités depuis la candidate à la présidentielle américaine et ancienne ministre des AE Hillary Clinton, ont aussi révélé que des leaders politiques d’importance américains ont blâmé le soutien à l’EIIL sur des alliés très proches des Etats-Unis au Moyen-Orient incluant l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Ces courriels fuités par Wikileaks disaient aussi:

“… Nous devons utiliser nos agents diplomatiques et du renseignement plus traditionnel pour mettre la pression sur les gouvernements du Qatar et d’Arabie, qui fournissent du soutien financier et logistique clandestins à l’EIIL et à d’autres groupes sunnites dans la région.”

Si l’EIIL est utilisé par procuration par les Etats-Unis et ses alliés pour forcer et même renverser le gouvernement de la Syrie et mener une guerre par procuration contre la Russie, l’Iran et leurs alliés régionaux, alors il est logique que la présence soudaine de l’EIIL en Asie du Sud-Est, alors que des nations se tournaient de plus en plus à l’écart de l’emprise de Washington, n’est pas une simple “coïncidence”.

L’EIIL se retrouve en Asie du Sud-Est parce que le soi-disant “pivot” des Etats-Unis vers l’Asie (NdT: amorcé sous Obama) s’est révélé être un échec, une retraite même. Malgré des déclarations péremptoires sur la primauté américaine sur l’Asie, les Etats-Unis se sont retrouvés dans une âpre lutte, pas seulement contre Pékin, mais contre un nombre de nations qui recherche un rééquilibre du pouvoir à travers la région Asie-Pacifique et en faveur des nations résidant dans la zone.

L’influence américaine qui se fâne amène une couche de subversion à l’américaine

Tout comme l’influence américaine qui s’est fânée au Moyen-Orient déclenchant des tentatives régionales par Washington de déstabiliser, de diviser et de détruire ce qu’il ne pouvait plus contrôler ou exploiter, une campagne similaire est en cours en région Asie-Pacifique. L’ingérence américaine s’étend de la péninsule coréenne à travers l’Asie du Sud-Est en passant par la Mer de Chine du Sud et même au-delà vers les montagne d’Afghanistan et les frontières les plus à l’ouest de la Chine. Le dénominateur commun est le conflit, par voie de menace ou physiquement en cours, sit entre les états que les Etats-Unis essaient de jeter à la tête les uns des autres, ou de manière interne entre des institutions politiques internes et ceux financés et soutenus par Washington.

Comprendre et exposer l’utilisation du terrorisme par Washington comme moyen de coercition géopolitique et de punition est la première étape pour retirer cet ignoble outil du sac à malices géopolitique de Washington. Si à chaque fois que l’EIIL ou une organisation terroriste affiliée perpétuent une attaque, cela montre l’implication croissante et l’improductivité de Washington dans le région, cela ne pourra que forcer plus rapidement la retraite des Etats-Unis de la zone Asie-Pacifique et ce de manière absolue.

Ce qui restera à Washington ne sera plus qu’une fenêtre d’opportunité se fermant rapidement pour réétablir ses liens avec les nations d’Asie et ce sur des bases équitables et en termes respectant la souveraineté nationale en mettant fin au concept de “primauté américaine” où que ce soit, sauf au sein des frontières américaines (NdT: c’est là que l’empire est coincé puisque cet empire n’a pas de terre, ses frontières sont fictives et usurpées. Il vit sur des terres volées où il a commis le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité, celui des peuples autochtones originels du sous-continent nord-américain…)

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Guerre impérialiste en Syrie: La nasse de Poutine s’est refermée sur Erdogan et la Turquie…

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En Syrie Erdogan dans la nasse de Poutine

 

Al Manar

 

5 mars 2017

 

url de l’article en français:

http://french.almanar.com.lb/283072

 

Le président turc a fondé ses espoirs sur Donald Trump et c’est en fonction des promesses d’aide de l’Américain qu’il a poussé ses forces armées à occuper la ville de Manbij, sans soupçonner qu’il y aurait là un piège, celui tendu par la Russie à Ankara.

C’est le journal Al-Akhbar qui revient sur « les espoirs d’Erdogan ravivés après l’investiture de Trump » qui a conduit le président turc à croire en la faisabilité de ses plans, surtout ceux concernant la création de zones tampons dans le nord de la Syrie. Après cet épisode, Erdogan s’est mis à parler de l’occupation de Manbij sans penser un seul instant que la Russie ne resterait pas les bras croisés et qu’elle prendrait ce genre de déclarations incendiaires comme un refus ou une révocation des accords passés avec Moscou.

Ces accords signés entre la Russie et la Turquie ont engagé cette dernière à mettre sous pression les terroristes pour qu’ils se désolidarisent du Front al-Nosra. Les Turcs exigeaient en échange une faveur de la part de Moscou et cette faveur fut ni plus ni moins l’autorisation d’entrer à al-Bab. Mais qui dit autorisation, dit ligne rouge. Moscou a fixé pour Ankara un Rubicon à ne pas franchir pour contrer toute sorte d’aventurisme de la Turquie et ses velléités de retourner à Alep.

L’entente Russie/Turquie a changé la donne politique et militaire à Alep et a contraint Ankara à renoncer à soutenir le Front al-Nosra en échange d’un début d’entrée de l’armée turque à al-Bab. Dans le même temps, un autre accord, au seuil des pourparlers d’Astana et juste avant la tenue des pourparlers de Genève, a bloqué l’accès des forces turques depuis al-Bab à Alep.

Mais tout cela s’est produit avant que Trump n’arrive à la Maison-Blanche. Dès son investiture, Erdogan a changé son fusil d’épaule et a affirmé en chœur avec Trump qu’il souhaiterait mettre en place des zones sécurisées en Syrie. Son chef d’état-major a même rencontré son homologue américain pour coordonner les efforts de guerre à venir.

Dans le même temps, la presse turque a cru voir à travers la visite du directeur de la CIA, un souffle nouveau inspiré au plan moribond d’Erdogan d’instaurer des zones d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, et ce, au même moment où le président turc s’est réactivé sur le front diplomatique en se rendant en tournée en Arabie saoudite, au Qatar et à Bahreïn et en parlant de l’envoi de troupes au sol en Syrie, troupes placées sous commandement US.

D’ami et d’allié de l’Iran et de la Russie, la Turquie en est devenue en l’espace de quelques jours l’ennemi juré, traitant ces deux pays d’intentions ethnicistes et confessionnalistes dans la région. Mais ce fut sans compter avec le « coup de poker » de Poutine : alors que « le sultan » proférait des menaces et des injures à l’encontre de Téhéran et de Moscou, ce dernier est tombé d’accord avec les Kurdes de Syrie pour que ces derniers remettent le contrôle des villages de la banlieue d’al-Bab à l’armée syrienne et à ses alliés iraniens et du Hezbollah.

La Turquie s’en mord d’ores et déjà les doigts : au Pakistan, où il a rencontré le président iranien dans le cadre du sommet de l’OCE, Erdogan s’est voulu réconciliant en affirmant que son pays souhaitait élargir ses coopérations avec l’Iran. Quant à la Russie, le président turc et son ministre des Affaires étrangères ont fait part presque au même moment de la disponibilité d’Ankara à prendre part « aux côtés de la Russie » à la lutte contre Daech à Raqqa. Retour donc aux politiques « d’excuses » habituelles quand il n’existe pas d’échappatoire.

Une chose est sûre : Erdogan se sent désormais piégé dans le nord de la Syrie. Manbij pourrait se transformer en un réel traquenard pour un politicien qui souffre du syndrome du caméléon…

Guerre impérialiste en Syrie: Des officiers de l’OTAN arrêtés à Alep par les forces spéciales syriennes… L’ONU flippe !

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MISE A JOUR !

Une liste de 14 prisonniers de la coalition anti-Assad emmenée par les Etats-Unis et leurs vassaux de l’OTAN, mais en fait les forces spéciales syriennes ont fait prisonniers des officiers encadrant les forces islamistes d’Alep-Est.

Les forces syriennes ont fait prisonniers des militaires de nationalités suivantes:
22 Yankees, 16 Britanniques, 21 Français, 7 Israéliens et 62 Turcs 

Nous travaillons sur une traduction à venir !… A suivre donc…

=*=

N’oublions jamais ceci:

OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord qui perpétue le terrorisme d’états depuis le 4 avril 1949 (réseau « stay behind » des armées secrètes se transformant en Opération Gladio durant les années de plomb et aujourd’hui avec l’EIIL/Daesh = Gladio 2.0)
Rappelons aussi que des officiers de l’armée française avaient été capturés par l’armée syrienne en 2012 lors de la chute du « califat » de Baba Amr. Ces officiers français encadraient Daesh. Ils furent remis en catimini au chef d’état major français en visite au Liban (base arrière de l’opération française) à la frontière libano-syrienne.

~ Résistance 71 ~

 

« La guerre est un acte de pouvoir, de meurtre, de vol. Elle est l’expression la plus claire et la plus précise de l’État. »
~ Gustav Landauer ~

 

Le Conseil de Sécurité de l’ONU se réunit à hui-clos après l’arrestation d’officiers de l’OTAN à Alep

 

Réseau Voltaire

 

16 décembre 2016

 

Source

 

— Le Conseil de sécurité siège à huis clos, ce vendredi 16 décembre 2016 à 17h temps universel, alors que des officiers de l’Otan ont été arrêtés ce matin par les Forces spéciales syriennes dans un bunker à Alep-Est

Terrorisme d’état: Gladio, Yankland, OTAN et guerres de l’ombre… Entretien avec l’historien suisse Daniel Ganser

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Entretien avec l’historien suisse Daniel Ganser*

 

“Tant Trump que Clinton sont un danger pour la paix mondiale”

 

21 septembre 2016

 

Source:

http://arretsurinfo.ch/daniele-ganser-tant-trump-que-clinton-sont-un-danger-pour-la-paix-mondiale/

 

(*) Daniele Ganser est professeur d’histoire est l’université de Bâle (bio sous l’article)

 

Mohsen Abdelmoumen : Vos travaux portent essentiellement sur la stratégie de la guerre masquée. Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

Dr. Daniele Ganser : Une guerre secrète, une guerre masquée, est une guerre où l’attaquant ne reconnaît pas qu’il attaque le pays cible. En 1961, par exemple, la CIA a fait une invasion de Cuba et a tenté de renverser le gouvernement de Fidel Castro. C‘était une opération secrète, et ensuite à l’Organisation des Nations Unies, l’ambassadeur américain a menti en disant: Nous n’avons rien à voir avec cela.

Quel est le rôle des médias dans la stratégie de la guerre masquée ?

Aujourd’hui, nous avons une guerre secrète contre la Syrie. En 2011, les quatre pays de l’OTAN, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Turquie ont attaqué la Syrie, ainsi que le Qatar et l’Arabie Saoudite. Ces six pays veulent renverser le gouvernement du président Assad. Ceci est illégal selon la Charte des Nations Unies. Mais les médias embrouillent le public. Ils répandent des histoires selon lesquelles ce que nous avons en Syrie est une guerre civile d’un dictateur brutal contre sa propre population. Avec ce récit, les médias cachent que les puissances internationales tentent de provoquer un changement de régime. Mais il y a toujours des journalistes courageux qui tentent d’informer le public sur ce qui se passe réellement. Ces journalistes rapportent par exemple comment les pays de l’OTAN coopèrent avec des terroristes en Syrie qui veulent aussi renverser Assad. Bien sûr, les pays de l’OTAN disent alors que jamais ils ne coopéreraient avec des terroristes comme al Nosra, mais seulement avec des « rebelles modérés ». Donc, nous sommes au milieu d’une guerre de l’information.

Votre thèse de doctorat portait sur Gladio. Pouvez-vous nous éclairer à ce sujet ?

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), la plus grande alliance militaire menée par les USA sur la planète, avait mis en place des armées secrètes dans tous les pays d’Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale. En Italie, l’armée secrète avait pour nom de code Gladio. Ces réseaux ont été armés et entraînés par la CIA et le MI6. Leur mission initiale était de se battre derrière les lignes ennemies en cas d’une invasion soviétique, d’où le nom de réseau stay-behind (rester derrière). Mais dans certains pays comme l’Italie, la France et la Turquie, ces armées secrètes sont devenues opérationnelles en l’absence totale d’une invasion soviétique en ciblant l’opposition intérieure et sont devenues tragiquement liées au crime et à la terreur.

Comment se fait-il que dans les soi-disant « démocraties » occidentales, des armées secrètes liées souvent à l’extrême-droite agissent en toute impunité ? Où sont les États et leurs institutions ?

En Suisse, en Belgique et en Italie il y a eu une enquête sur les armées stay-behind, donc au moins dans certains pays, les parlements locaux se sont penchés sur cette affaire délicate. Mais dans de nombreux autres pays, dont l’Allemagne, la France et la Turquie, il n’y a pas eu d’enquête approfondie. En outre l’OTAN et la CIA ont refusé de commenter. Ce fut un grand scandale militaire, et le président américain Bush père, qui était en poste à Washington lorsque l’existence des armées secrètes a été révélée en 1990, a tout simplement refusé de commenter. Des agents de la CIA ont confirmé que le rôle des armées secrètes existait, mais ils ont affirmé qu’elles avaient été conçues uniquement pour lutter contre une invasion soviétique. La CIA a déclaré que les armées secrètes Gladio n’étaient en rien liées avec le terrorisme. En novembre 1990, le parlement de l’UE a protesté « vigoureusement contre la prise en charge par certains membres du personnel de l’armée américaine du SHAPE et de l’OTAN du droit d’encourager la création en Europe d’un réseau clandestin de renseignement et d’opérations » et a appelé à « une enquête complète sur… ces organisations clandestines… et le problème du terrorisme dans Europe ». Mais rien ne s’est produit, l’affaire était délicate et le parlement européen était impuissant contre l’OTAN et de la CIA.

Vous appuyez souvent vos travaux avec des documents déclassifiés de diverses agences de renseignement, CIA, MI6, etc. Avez-vous pu obtenir facilement certaines informations confidentielles ou top secret ?

Non, il a toujours été très difficile de trouver des documents historiques sur la guerre secrète en général et sur l’opération Gladio en particulier. J’ai introduit une requête FOIA (Freedom of Information Act) avec la CIA, mais la CIA a refusé de me remettre les documents Gladio. L’OTAN a refusé aussi l’accès aux documents pertinents.

Peut-on dire que nous vivons le prolongement de la Guerre Froide, notamment avec le conflit larvé entre l’Union européenne et les USA d’un côté et la Russie de l’autre dont l’un des épicentres est l’Ukraine ?

Oui, en Ukraine, nous avons une nouvelle confrontation entre Washington et Moscou, une confrontation entre deux puissances nucléaires. Le 20 Février 2014, les États-Unis ont parrainé un coup d’État à Kiev, la capitale de l’Ukraine, dans le but de renverser le gouvernement Ianoukovytch et d’installer le nouveau gouvernement intérimaire de Porochenko. Le plan des États-Unis est de faire glisser l’Ukraine dans l’OTAN. Porochenko veut se joindre à l’OTAN. Le responsable du coup d’État de Kiev était Victoria Nuland qui est devenue célèbre pour son commentaire « Fuck the UE« , parce qu’elle ne se souciait pas ce que l’UE pense quand les États-Unis réalisent un coup d’Etat en Ukraine.

Mais les Russes ne veulent pas de cela. Ils ne veulent pas que l’Ukraine devienne un membre de l’OTAN. Donc, en mars, Poutine a réagi et a pris la Crimée. Aussi maintenant l’Ukraine est divisée en deux parties : l’une est alignée avec Washington, l’autre alignée avec Moscou.

Les États-Unis vont élire un nouveau président et choisir entre Trump et Clinton. Ne croyez-vous pas que ces deux candidats sont dangereux pour la stabilité et la paix dans le monde ?

Malheureusement, tant Trump que Clinton sont un danger pour la paix mondiale, ils serviront tous deux le complexe militaro-industriel, par conséquent ils serviront l’intérêt des puissants groupes de pression à Washington qui veulent plus de guerres et vendre plus d’armes.

D’après vos analyses, des dirigeants ont fomenté des complots en dehors du contrôle de leur Parlement et des institutions, certains sont vivants comme Blair, Bush, Cheney, Sarkozy, etc. Pourquoi ne sont-ils pas jugés ? Est-il utopique de croire à leur procès ?

Bush, Blair et Cheney devraient être traduits devant la Cour pénale internationale CPI à La Haye parce qu’ils ont attaqué l’Irak en 2003, ce qui était illégal. Sarkozy devrait également être traduit devant la CPI parce qu’il a attaqué la Libye en 2011avec Obama et Cameron. Mais ces dirigeants de pays de l’OTAN sont très puissants. Il est très difficile de les amener devant un tribunal, et en ce moment, cela semble impossible.

D’après vous, cette stratégie de guerre masquée et de création de tensions vise-t-elle à s’accaparer les ressources naturelles des pays, ou y a-t-il d’autres objectifs sous-jacents ?

Les guerres secrètes ont toujours été utilisées pour augmenter l’influence de l’empire américain et des pays alignés de l’OTAN. Donc, c’est vraiment le désir d’avoir plus de puissance et plus d’argent. La soi-disant guerre contre le terrorisme, qui a commencé en 2001, est pleine de mensonges. Surtout l’effondrement du WTC7 qui est tout à fait incertain. Je pense que la guerre entière contre le terrorisme n’a pas pour but de capturer des terroristes, mais d’obtenir le contrôle de l’approvisionnement en pétrole et en gaz.

D’après vos travaux, les groupes occultes qui commettent ces attentats et ces complots sont minoritaires. D’où tiennent-ils leur influence, et est-ce que les agences de renseignement ne sont pas infiltrées par ces groupes ?

Oui, les gens qui commencent toutes ces guerres et mentent au public sont une minorité. Mais ils sont puissants et ils contrôlent les services de renseignement comme la CIA et le MI6.

On constate un rôle croissant des sociétés militaires privées, comme Blackwater maintenant Academi, CACI, etc. Allons-nous assister à la privatisation de secteurs sensibles tels que la Défense et le Renseignement ? Qui est derrière ces sociétés ?

Je sais que l’influence d’Academi et d’autres sociétés militaires privées est en augmentation. Mais vraiment, je ne sais pas grand-chose à ce sujet parce que je ne l’ai pas étudié en détail.

À votre avis, pourquoi les puissances occultes au service de l’impérialisme éprouvent-elles le besoin d’accuser ceux qui contestent leurs thèses officielles d’être des conspirationnistes, des adeptes de la théorie du complot, et autres qualificatifs péjoratifs ?

Le terme théorie du complot est utilisé pour discréditer tout qui critique l’élite et aussi l’abus de pouvoir de l’élite. Si vous doutez des attaques terroristes du 11 Septembre, vous êtes immédiatement attaqué comme un théoricien de la conspiration. Mais de plus en plus de gens commencent à comprendre que la soi-disant guerre contre le terrorisme dans son ensemble est pleine de mensonges et de brutalité.

Toutes les informations dont nous disposons au sujet de ces criminels en col blanc, leurs assassinats de masse, les mensonges d’État, ne sont-ils pas une goutte dans l’océan ?

Non, cette information est importante; nous devons essayer de comprendre ce qui se passe.

En manipulant le terrorisme, les pays occidentaux ne jouent-ils pas avec le feu ?

En effet, il est très dangereux de manipuler les terroristes. La CIA l’a fait en armant Al-Qaïda en Afghanistan dans les années 1980. Et maintenant, la même chose arrive à nouveau en Syrie.

Vous êtes également un expert en énergie, quelles sont vos prévisions par rapport à ce marché ? L’humanité peut-elle se permettre de rester dépendante des énergies fossiles?

Non, nous devons aller vers les énergies renouvelables. Nous devrions essayer de réduire la consommation de pétrole, de gaz, de charbon et d’énergie nucléaire et aller vers l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie de l’eau, et l’énergie géothermique.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen | Publiée le 20 septembre 2016

Daniele Ganser est né en 1972 à Lugano en Suisse. Il est historien et chercheur spécialisé dans les questions énergétiques, l’histoire économique, la géostratégie et l’histoire contemporaine internationale depuis 1945. Il est le fondateur et le directeur de l’Institut suisse pour la recherche sur la paix et l’énergie (SIPER). Il a étudié à partir de 1992 l’Histoire et les relations internationales à l’Université de Bâle, à l’Université d’Amsterdam (UVA) et à la London School of Economics (LSE). Il a obtenu sa licence en 1998 summa cum laude et son doctorat en 2001 insigni cum laude. De 2001 à 2003, il a mené des recherches dans le think tank Avenir Suisse à Zurich, de 2004 à 2006 au Centre d’études de sécurité (CSS) à l’ETH Zurich. Il enseigne à l’Université de Saint-Gall (HSG) sur l’histoire et l’avenir des systèmes d’énergie et a été chargé de cours en histoire contemporaine à l’Université de Bâle, à l’Université de Zurich et à l’Université de Lucerne. Il est membre du conseil consultatif de la Swisscleantech Business Association. Il a reçu le prix allemand QI 2015 décerné par Mensa en Allemagne, l’association pour les personnes surdouées. Son livre « Les armées secrètes de l’OTAN en Europe » a été traduit dans 10 langues. Son livre « L’Europe dans la ruée vers le pétrole » est sorti en septembre 2012 et décrit la lutte mondiale pour le pétrole. Le TOP 10 de ses conférences et interviews récolte plus de 3 millions de vues sur Youtube. Daniele Ganser a une fille et un fils et vit avec sa famille près de Bâle.

L’occident et ses états… Usine à fabriquer la terreur

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 août 2016 by Résistance 71

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais… La division politique très ancienne de la société qui a mené à l’avènement de l’État est l’outil oligarchique de la domination du vaste nombre par le plus petit nombre. La société humaine s’est épanouie durant des millénaires hors de toute contrainte coercitive de l’État. L’État n’est pas une « évolution » de notre société, il en est le cancer principal. Pour sortir du cercle infernal de la relation dominant/dominé, maître/esclave, nous devons rétablir l’égalité et sortir de la division politique de nos sociétés savamment entretenue pour le plus grand bénéfice du plus petit nombre, retourner au modèle de société où le pouvoir est dilué dans le peuple, là où il est très soluble et nous refonder dans un modèle adapté de société sans pouvoir, de société à chefferie sans pouvoir, c’est à ce prix que nous retrouverons paix et équilibre, tout le reste n’est que pisser dans un violon…

~ Résistance 71 ~

« L’histoire du terrorisme est écrite par l’État, elle est donc éducative. »

« Notre société est bâtie sur le secret, depuis les « sociétés-écrans qui mettent à l’abri de toute lumière les biens concentrés des possédants, jusqu’au « secret-défense » qui couvre aujourd’hui un immense domaine de liberté extrajudiciaire de l’État.. »

~ Guy Debord, 1988 ~

 

Les Etats-Unis ne combattent pas le terrorisme musulman ni même l’extrémisme, ils les fabriquent et les sèment partout

 

Andre Vltchek

 

29 août 2016

 

url de l’article:

http://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-ne-combattent-pas-le-terrorisme-musulman-ni-meme-l-extremisme-ils-les-fabriquent-et-les-sement-partout-global.html

 

Si l’Occident en général, et les États-Unis en particulier, pliaient bagages et fichaient la paix au monde arabe et musulman, nous n’aurions probablement jamais eu toutes ces attaques terroristes qui secouent le monde, de l’Indonésie à la France. Il n’y aurait pas eu de Moudjahidin puis sa mutation vers al-Qaida ; ni en Afghanistan ni ailleurs. Il n’y aurait jamais eu un semblant d’ISIS (ou ISIL ou EI ou Daesh ou quelque soit son nom) en Syrie, en Irak, en Libye ou ailleurs.

Et l’islam wahhabite super-conservateur, une version saoudienne rétrograde et monstrueuse, resterait cantonné aux écoles religieuses du royaume ultra-rétrograde au lieu de gagner du terrain partout dans les régions de l’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Mais l’Occident a choisi un chemin machiavélique et brutal : il a décidé de détruire l’Islam socialiste – cette version (historiquement) modérée, compatissante et progressiste. Il a détruit l’Egypte, jadis laïque ; il a renversé le gouvernement socialiste de l’Iran puis la quasi-communiste Indonésie, pour implanter dans tous ces lieux des concepts religieux terriblement dégénérés et totalement rétrogrades. Il a utilisé des extrémistes pour détruire le patriotisme bon teint et le socialisme. Comme les Britanniques au 19ème siècle ( « Vous pouvez contrôler le cerveau des gens, tant que nous contrôlons vos ressources naturelles »), l’Occident s’est rallié à l’enseignement wahhabite, parce ce dernier était en mesure de garantir une obéissance totale, une gouvernance dictatoriale (et pro-occidentale) et une féodalité oppressive .

Islam a été utilisé, manipulé et pratiquement dépouillé de son essence. Le processus est allé si loin que deux éminents spécialistes iraniens, lors de ma visite l’année dernière à Téhéran, m’ont déclaré : « Dans de nombreuses régions du monde, l’Occident a créé une religion absolument nouvelle. Nous ne la reconnaissons plus. Cela n’a rien à voir avec l’islam ».

Si l’Occident en général, et les États-Unis en particulier, pliaient bagages et fichaient la paix au monde arabe et musulman, nous n’aurions probablement jamais eu toutes ces attaques terroristes qui secouent le monde, de l’Indonésie à la France.

Exact. Comme un enfant gâté et méchant, l’Occident, après avoir détruit l’Union soviétique, a minutieusement construit son nouvel ennemi – « l’Islam militant » – afin de pouvoir continuer à se livrer à son activité préférée : le conflit perpétuel, les guerres sans fin et le pillage.

C’est aussi simple que ça.

Les plus grands oppresseurs des peuples musulmans, ceux de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn et de l’Indonésie ont tous été étroitement liés à l’Occident. Les organisations terroristes « musulmanes » les plus terribles, d’Al-Qaida à Daesh, ont toutes été créées, armées et soutenues par l’Occident et ses acolytes.

En Europe et aux États-Unis, la « peur des terroristes » est pleinement exploitée par l’Occident. Le pouvoir y tient encore principalement grâce à une cette peur implantée dans le cerveau des « gens ordinaires ».

Et que dire de la « guerre contre le terrorisme » ? Oui, une telle guerre existe, mais ce n’est pas l’Occident qui la livre. Au moment d’écrire ces lignes, la guerre contre le terrorisme est livrée par la Russie, l’Iran, la Chine, la Syrie, le Hezbollah et leurs alliés.

***

L’Occident continue de collaborer étroitement avec les terroristes. Comme par miracle, il « rate ses cibles » lorsqu’il les « attaque » ; il finance les uns et dispense une formation aux autres. Il critique et s’oppose à ceux qui sont réellement en train de combattre les groupes militants extrémistes.

Les extrémistes ont été lâchés tels des Pitbulls de combat contre presque tous les gouvernements progressistes du Moyen-Orient, mais aussi contre la Chine et la Russie. Des extrémistes musulmans, mais également des extrémistes chrétiens et même des extrémistes bouddhistes !

En retour, les politiciens aux États-Unis sont régulièrement soutenus, financièrement, par les régimes (dont l’Arabie Saoudite, Bahreïn, etc.) qui diffusent, sans relâche, à travers le monde, les concepts religieux les plus intolérants et grotesquement violents.

En dépit de leur servilité et lâcheté intrinsèque, certains grands médias nord-américains discutent actuellement de divers programmes impliquant le financement de la Fondation Clinton par l’Arabie Saoudite (aux côtés de plusieurs grandes sociétés transnationales et les plus grandes banques de Wall Street).

Dès 2008, CNN avait rapporté, dans son émission « Breaking News » :

Les dons à la Fondation William J. Clinton comprennent des montants de $10 millions à $25 millions du Royaume d’Arabie Saoudite, de la Fondation Bill et Melinda Gates et du magnat de l’immobilier Stephen Bing, un ami personnel de Clinton.

Les Clinton ont subi une pression intense pendant la campagne de Hillary Clinton pour l’investiture démocrate pour révéler les noms des donateurs à la Fondation et à la bibliothèque présidentielle Clinton dans l’Arkansas.

Bill Clinton a finalement accepté de publier la liste après que le président élu Barack Obama ait nommé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État.

Les gouvernements du Koweït et du Qatar figurent également sur la liste, tout comme l’homme d’affaires saoudien Nasser Al-Rashid qui a des liens étroits avec la famille royale saoudienne. Le Saoudien Sheikh Mohammed H. Al-Amoudi, réputé pour être l’un des hommes les plus riches du monde, figure aussi parmi les bailleurs de fonds. Les deux Saoudiens ont contribué à hauteur de $1 million à $5 millions. Un groupe appelé les Amis de l’Arabie Saoudite et la Fondation Dubaï apparaissent également dans la même catégorie.

Aussi récemment que le 20 Août, 2016, le New York Times a écrit quelque chose de similaire, essentiellement reconfirmant la validité des articles précédents, tout en ajoutant beaucoup plus de détails et en ajustant les chiffres :

Le royaume d’Arabie Saoudite a fait don de plus de $10 millions. Ainsi que le beau-fils, par l’intermédiaire d’une fondation, d’un ancien président ukrainien dont le gouvernement a été largement critiqué pour corruption et l’assassinat de journalistes. Un homme d’affaires libano-nigérian avec de vastes intérêts commerciaux a contribué jusqu’à hauteur de $5 millions.

Pendant des années, la fondation de Bill, Hillary et Chelsea a prospéré en grande partie grâce à la générosité des donateurs et personnalités étrangères qui ont donné des centaines de millions de dollars. Mais maintenant que Mme Clinton est dans la course à la Maison Blanche, le financement de la philanthropie tentaculaire est devenu un « talon d’Achille » pour sa campagne et potentiellement aussi, en cas d’élection, pour son futur gouvernement.

Huma Abedin, qui fut longtemps la principale assistante de Clinton, (et qui a passé une partie de son enfance en Arabie Saoudite) a servi d’intermédiaire entre l’ancien secrétaire d’État et les intérêts pro-saoudiens. Elle a également négocié un soutien financier à Mme Clinton de M. Chagouri et d’autres individus, organisations et entreprises du Moyen-Orient.

Les accusations et les preuves continuent d’affluer, de différents médias, à gauche comme à droite. Le 1er Août, 2016, le conservateur Breitbart News a écrit :

Khizr Khan, le père musulman et médaillé de guerre « Gold Star » que les grands médias et l’ancien secrétaire d’Etat Hillary Clinton ont utilisé pour critiquer Donald J. Trump, a des liens étroits avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite – et avec des investisseurs internationaux islamistes à travers son propre cabinet d’avocats. En plus de ces liens avec la riche nation islamiste, Khan a également des liens avec des programmes d’immigration controversés grâce auxquels des étrangers riches peuvent essentiellement acheter leur entrée aux États-Unis, et aussi des liens profonds avec la « Clinton Cash » à travers la Fondation Clinton.

La dépendance de Hillary Clinton envers ses sponsors saoudiens a fortement influencée sa décision de maintenir une politique étrangère au service de Riyad et de soutenir divers groupes terroristes contrôlés par l’Arabie Saoudite et le Qatar, et au-delà de la région du Moyen-Orient.

En réalité, Clinton représente tout simplement la « continuité » d’une tendance dangereuse préexistante. Le régime est en « évolution » depuis des décennies, mais surtout depuis les années Reagan. Républicains ou Démocrates, cela importe vraiment très peu. Les deux partis sèment la terreur partout dans le monde. Certes, George W. Bush a envahi l’Irak, mais des gens comme Bill Clinton sont des amis proches et des partisans de Paul Kagame, le « boucher du Congo » Rwandais, avec le sang de quelque 10 millions de personnes sur les mains. Le Démocrate et « modéré » Bill Clinton a également été responsable de l’agression criminelle et la destruction de la Yougoslavie socialiste. Et ainsi de suite…

Mais sous le règne de Barack Obama, le dernier espoir pour un Moyen-Orient indépendant et le monde arabe s’est pratiquement évaporé. La Libye a été détruite ; la guerre civile syrienne [guerre civile ? – NdE] a été lancée depuis Washington, Londres et Paris. Les Saoudiens ont noyé le Yémen dans le sang à l’aide d’armes fabriquées au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pratiquement toutes les « révolutions du printemps arabe » ont été infiltrées et détournées. Et à Bahreïn, la majorité chiite a été littéralement violée par l’Arabie Saoudite et ses propres dirigeants impitoyables sous le regard bienveillant de conseillers britanniques.

Les États-Unis et l’Europe continuent de vendre des armes dans le Golfe, tout en construisant de nouvelles bases militaires et de soutenir les régimes les plus effroyables et sanguinaires.

L’« Ere Obama /(Hillary) Clinton » a considérablement « amélioré » la symbiose entre l’impérialisme occidental, les entreprises multinationales et les régimes fascistes pro-occidentaux dans le monde entier, mais particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique.

Cette étreinte mortelle s’est révélée fatale pour des millions de personnes dans ces deux régions du monde. Les espoirs d’auto-gouvernance ont été ruinés. Les cadavres continuent de s’empiler en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen, au Soudan du Sud, en Somalie, en République démocratique du Congo (RDC), et ailleurs.

L’Occident n’en a cure, tant qu’il reste aux commandes du « spectacle », et aussi longtemps que les fabricants d’armes gagnent des centaines de milliards de dollars. Même si des millions meurent, il y a encore un flux ininterrompu de matières premières vers l’Occident et le Japon. Par conséquent, c’est « business as usual ». La vie des « non-gens » ne vaut rien.

***

À un moment donné, la Russie, l’Iran, la Chine et d’autres se sont dit « ça suffit ; nous allons combattre les vrais terroristes ! Luttons contre Daesh et d’autres bigots ! Soutenons les patriotes dotés d’une conscience sociale et indépendants ».

Ce qui a provoqué une indignation totale à Washington, Londres et Paris (et Tokyo). La désobéissance et la rébellion contre l’ordre mondial (occidental) ne peuvent être tolérées ! Il faut les écraser, même au prix d’une nouvelle et meurtrière guerre mondiale.

L’OTAN, Washington, l’Europe, le Japon et la Corée du Sud se sont tous lancés dans une politique de confrontation directe avec la Russie, la Chine, l’Iran, la Corée du Nord (RPDC) et d’autres membres de la « Coalition de ceux qui osent ». Le Brésil, un membre important du BRICS, a récemment été détruit par un coup d’état d’extrême-droite soutenu par l’Occident.

Même le candidat républicain Donald Trump, dans ses rares moments de lucidité, est clairement conscient du danger. Il ne veut pas affronter la Russie. A l’évidence, il n’est pas prêt à sacrifier des dizaines de millions de vies humaines pour des rêves grotesques de domination totale du monde par le fondamentalisme de marché soutenu par les dogmes blancs (ou occidentaux) de suprématie.

Mais les moments de lucidité de Trump sont qualifiés de « folie » par la propagande dominante. Sans surprise. Comme l’a dit à juste titre Arundhati Roy, il y a quelques années : « désormais la guerre est appelée la paix et le noir est appelé blanc ».

***

La campagne de Clinton tourne à plein régime. Elle tente de détourner l’attention de ses propres scandales de financement, en accusant les assistants de Donald Trump de recevoir un financement de l’étranger. Trump est maintenant décrit comme un « agent Russe ».

Ce n’est qu’un jeu égoïste, qui n’a rien à voir avec les intérêts du monde, ni même les intérêts des « américain ordinaires ».

Tant qu’il n’y aura pas de changement dans la ligne politique générale de l’Occident, ou tant que l’Occident ne sera pas arrêté par des forces extérieures, les guerres sans fin se poursuivront. Les génocides monstrueux en Afrique, la destruction d’Etats et de régions entières dans le Moyen-Orient, tout cela pourrait facilement se propager à d’autres parties de la planète.

Note de Résistance 71: Nous pensons que l’occident ne peut pas, ne doit pas être stoppé par des “forces de l’extérieur”, mais par son peuple, par la conscience politique retrouvée et la réappropriation du pouvoir par les peuples qui le dilueront en eux, comme l’humanité a fonctionné pendant des millénaires. Le pus grand terroriste est l’État, pas de solution tant que ce parasite des peuples subsiste.

Il est clair maintenant que s’ils sont provoqués et agressés, des pays comme la Chine, la Russie et l’Iran n’hésiteront pas à riposter. Ils peuvent aussi se battre pour d’autres – pour leurs alliés agressés.

Les implants et copains l’Occident, Moudjahidin / Al-Qaida et consorts, ont déjà détruit l’Afghanistan et l’Union soviétique. Daesh, un autre mutant crée par l’Occident et ses alliés, a dévasté l’Irak, la Syrie, la Libye et ce qui reste de l’Afghanistan.

Ces « mouvements » n’ont vraiment rien à voir avec l’Islam. Ils ont été fabriqués à Washington, Riyad, Londres et Doha (et très probablement même à Tel-Aviv), à plusieurs fins très concrètes, et toutes nauséabondes.

Ils veulent assurer la destruction de la nature socialiste de l’Islam, en insistant exclusivement sur des interprétations fondamentalistes rétrogrades.

***

La mère de Huma Abedin, le Dr Saleha Mahmood Abedin, est l’une des membres fondatrices de Muslim Sisterhood et présidente du International Islamic Committee for Woman and Child [Comité international islamique pour la femme et l’enfant – IICWC). Elle est aussi une écrivaine bien connue et éditrice basée en Arabie Saoudite. Son organisation (IICWC) a fait valoir à plusieurs reprises qu’il fallait abroger les lois qui interdisent l’excision, de même que les lois qui interdisent le mariage des enfants et le viol conjugal. Au cours de sa visite à KSA, Hillary Clinton a parlé au collège islamique de Dar El-Hekma (où le Dr Saleha Abedin a été vice-doyenne) aux côtés de son assistante préférée – Huma Abedin.

S’agit-il d’un simple épisode anecdotique ? A l’instar de ces millions de dollars de financement de l’Arabie Saoudite pour la fondation de Clinton ? A l’instar de la « politique étrangère » des États-Unis dans le Golfe et le Moyen-Orient, à l’instar de la propagation des groupes extrémistes musulmans aux quatre coins du monde, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et même en Chine ? A l’instar du déchaînement d’un l’islam conservateur contre les pays musulmans socialistes ?

Il y a trop d’ « épisodes anecdotiques » ! Trop de sang … Il est temps de dire ce qui paraît désormais évident : « L’establishment des États-Unis ne combat pas le « terrorisme musulman », ni même« l’extrémisme » ; il les fabrique et les sème partout.

Le seul véritable ennemi de Washington, de Londres et de Paris est, depuis des décennies, et même depuis des siècles, la lutte anti-colonialiste et le désir ardent des peuples du monde entier de mettre fin à la dictature mondiale de l’Occident.

Andre Vltchek

Traduction « on s’en lasse pas de remettre quelques pendules à l’heure, même s’il est trop tard » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Andre Vltchek est un philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des dizaines de pays. Ses derniers livres sont : Exposing Lies Of The Empire et Fighting Against Western Imperialism. – Discussion with Noam Chomsky : On Western Terrorism. Point of No Return est son roman politique acclamé par la critique. Oceania – un livre sur l’impérialisme occidental dans le Pacifique Sud. Son livre provocateur sur l’Indonésie : Indonesia – The Archipelago of Fear.

Syrie et Gladio 2.0: La Turquie recrute des combattants pour l’EIIL dans les camps, les aguerrit en Syrie et les envoie en Europe créer des cellules dormantes…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, politique française, résistance politique, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 9 mai 2016 by Résistance 71

Les banquiers de la City de Londres et de Wall Street recommence un schéma de colonisation cette fois inversé: celui de l’occident par leurs mercenaires de la légion pseudo-djihadistes, formés et financés par l’OTAN, Israël et les roitelets du Golfe, aguerrit en Syrie et envoyer en occident comme le démontre l’article ci-dessous… Le plan du Nouvel Ordre Mondial suit son cours et la solution n’est en aucun cas dans la stigmatisation des réfugiés, car la très vaste majorité sont des victimes de nos guerres prédatrices, mais de comprendre qui sont les responsables et commanditaires et nous unir pour mettre le système hors d’état de nuire. Il n’y a pas de solutions au sein du système, les Kurdes du Rojava (entre autres) nous montrent la voie… Celle du Confédéralisme Démocratique.

— Résistance 71 —

 

La capture par le YPG kurde de combattants de l’EIILrévèle la méthode turque de recrutement

Ian Greenhalgh

8 Mai 2016

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2016/05/08/kurdish-ypg-capture-of-isis-fighters-reveals-turkish-recruitment-method/

with vidéos

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous sommes tous supposée avoir une trouille bleue des grands méchants loups de l’EI/EIIL, donc ne vous attendez pas voir cette vidéo (NdT: dans l’article original) dans les médias de masse occidentaux.

Plutôt que de paraître comme de farouches terroristes sans pitié et coupeurs de têtes, ces combattants de l’EIIL pleurent et supplient qu’on leur laisse la vie sauve après qu’ils aient été capturés par les forces combattantes kurdes du YPG (NdT: du nord de la Syrie, de la région du Rojava et de sa révolution du confédéralisme démocratique…).

Ceci n’est pas le visage de l’EIIL que les gouvernements occidentaux veulent que nous voyions, ils veulent que nous restions mort de trouille.

Quoi qu’il en soit, ce qui est significatif de cette vidéo n’a rien à voir avec le fait de prendre un malin plaisir à voir des criminels mercenaires en détresse ; mais plutôt d’entendre ce que ces mercenaires ont à dire.

Notez qu’ils disent qu’ils furent recrutés par la Turquie, qu’on leur a dit que les Kurdes éraient leurs ennemis et de l’argent et un passeport syrien leur furent promis afin qu’ils puissent à l’issue se rendre en Europe “comme réfugiés syriens”.

Ceci représente une solide preuve de ce que nous savons depuis un certain temps, à avoir que beaucoup des combattants de l’EIIL sont recrutés au sein de la population des camps de réfugiés en Turquie, le long de la frontière turco-syrienne.

De plus, ceci met plus en lumière la création d’une armée secrète en Europe par la Turquie.

Nous savons que la Turquie a envoyé des hommes dans toute l’Europe afin de créer des cellules terroristes se cachant parmi le flot d’immigrants et prétendant être des réfugiés légitimes de la guerre en Syrie ; ces combattants en larmes de l’EIIL confirment que la Turquie est en fait en train d’envoyer des hommes qu’elle a recruté pour l’EIIL en Europe munis de paseports syriens.

Ils disent qu’ils furent envoyés combattre les Kurdes et que leur récompense aurait été d’être envoyés en Europe ; ainsi nous pouvons voir que la Turquie aguerrit ces hommes au combat pour l’EIIL avant de les envoyer en Europe, ce qui servira sans aucun doute à les brutaliser et à les endoctriner en des terroristtes efficaces ayant reçus les traits de caractère socio et psychopathe requis pour fonctionner correctement.

Résistance à l’empire: Le pourquoi des attentats de Paris en Novembre 2015 et Bruxelles en Mars 2016… et la responsabilité de la France

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Les fourberies du grand Mamamouchi Erdogan, soutenu par l’OTAN et la CIA, sur toile de fond de financement occulte saoudo-qatari (les 4 cavaliers du pétrole…) décortiquées par Thierry Meyssan. En clair, la Turquie est la base action de l’opération Gladio 2.0 de l’OTAN.

Puisque mentionné dans l’article, rappelons ce qu’est le PKK kurde d’Abdullah Ocalan depuis 1999 et ce qu’est le Confédéralisme Démocratique mis en place par les Kurdes du PKK et de leurs branches syriennes depuis 2004-05…

— Résistance 71 —

 

Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles

 

Thierry Meyssan

 

28 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190905.html

 

On ne sait pour le moment qui a commandité les attentats de Paris et de Bruxelles. Plusieurs pistes ont été énoncées. Cependant, seule l’hypothèse d’une opération décidée par la Turquie est aujourd’hui étayée. Thierry Meyssan relate le conflit secret qui hante les relations entre l’Union européenne, la France et la Turquie depuis cinq ans.

Il est trop tôt pour désigner avec certitude le commanditaire des attentats qui ont frappé Paris, le 13 novembre 2015, et Bruxelles, le 22 mars 2016. Cependant, pour le moment, seuls les éléments que nous allons exposer en fournissent une explication raisonnable.

* * *

Juste après la mort du fondateur de l’islamisme turc, Necmettin Erbakan, et alors que venait de débuter le « printemps arabe », le gouvernement Erdoğan conclut un accord secret avec la France. Selon un diplomate qui a étudié ce document, il fixe les conditions de participation de la Turquie aux guerres contre la Libye (qui venait de commencer) et contre la Syrie (qui allait suivre). La France, représentée par son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, s’engage notamment à régler la « question kurde » sans « porter atteinte à l’intégrité du territoire turc » ; une formule alambiquée pour signifier que l’on créera ailleurs un pseudo-Kurdistan et que l’on y expulsera les membres du PKK. Ce projet de nettoyage ethnique, qui n’est pas nouveau, avait été jusque-là exclusivement évoqué dans la littérature militaire israélienne qui décrivait le nouvel État à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Le 31 octobre 2014, le président François Hollande profite d’une visite officielle de Recep Tayyip Erdoğan à Paris pour organiser une rencontre secrète, à l’Élysée, avec le co-président des Kurdes de Syrie, Salih Muslim. Ce dernier, trahissant les Kurdes de Turquie et leur leader Abdullah Öcalan, accepte de devenir le président du pseudo-Kurdistan qui devrait être créé à l’occasion du renversement du président démocratiquement élu Bachar el-Assad.

C’est le moment de la bataille de Kobané. Durant plusieurs mois, les Kurdes syriens défendent la ville face à Daesh. Leur victoire sur les jihadistes va renverser l’échiquier politique : si l’on veut vraiment combattre les jihadistes, il faut s’allier aux Kurdes. Or, les Kurdes syriens n’ont obtenus la nationalité qu’au début de la guerre, jusque-là ils étaient réfugiés politiques turcs en Syrie, chassés de leur pays lors de la répression des années 80. Les États membres de l’Otan considéraient alors le PKK, principale formation kurde de Turquie, comme une organisation terroriste. Désormais, ils vont distinguer le mauvais PKK turc du bon YPG syrien, bien que les deux organisations soient sœurs.

Coup de théâtre, le 8 février 2015, la France revient sur son engagement antérieur. François Hollande reçoit à l’Élysée, officiellement cette fois, la co-présidente des Kurdes de Syrie fidèle à Öcalan, Asya Abdullah, et la commandante Nesrin Abdullah en uniforme léopard. Salih Muslim est absent de la réunion.

Recep Tayyip Erdoğan réagit en commanditant un attentat de Daesh à Suruç contre une manifestation pro-Kurdes, le 20 juillet 2015. S’emparant de la rhétorique occidentale anti-terroriste, il déclare alors la guerre à la fois à Daesh et aux Kurdes, mais n’utilise ses moyens militaires que contre les derniers. Ce faisant, il met fin au cessez-le-feu et relance la guerre civile dans son propre pays. À défaut d’un pseudo-Kurdistan en Syrie, il provoquera l’exode des Kurdes vers l’Europe.

Le 3 septembre 2015, la publication de la photographie d’un enfant kurde noyé marque le début d’une vaste vague de migration depuis la Turquie, vers l’Union européenne, principalement vers l’Allemagne. Durant les premières semaines, les dirigeants allemands se félicitent de cet afflux massifs de nouveaux travailleurs dont leur industrie lourde a grand besoin, tandis que les médias expriment leur compassion pour les réfugiés qui fuiraient la dictature syrienne. Plus encore, le 29 septembre, les dirigeants français et allemands se saisissent de l’empathie envers les migrants pour étudier la possibilité de subventionner la poursuite de la guerre en versant 3 milliards d’euros à la Turquie ; un don que l’on présentera à l’opinion publique comme une aide humanitaire pour les réfugiés.

Fin septembre 2015, la Russie débute son opération militaire contre les jihadistes de tous poils. Recep Tayyip Erdoğan voit ainsi s’évanouir son projet. Il pousse alors Salih Muslim à lancer une opération de kurdisation forcée du Nord de la Syrie. Des brigades kurdes expulsent les professeurs arabes et assyriens des écoles et les remplacent par des enseignants kurdes. Les Syriens se révoltent et en appellent aux Russes qui calment la situation, non sans évoquer une possible fédéralisation ultérieure de la Syrie. La France est aux abonnés absents.

Le 13 novembre, la Turquie exaspérée des revirements de François Hollande prend la France en otage et commandite des attentats à Paris, faisant 130 morts et 413 blessés.

j’écrivais alors : « Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l’opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d’état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd’hui l’objet d’un chantage dont ils ne pourront sortir qu’en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays. » [1].

Terrorisé, Paris revient précipitamment au plan Juppé de 2011. Avec Londres, il fait adopter le 20 novembre la résolution 2249 par le Conseil de sécurité. Sous couvert de lutte contre Daesh, il s’agit de justifier la conquête du Nord de la Syrie pour y créer, enfin, ce pseudo-Kurdistan où Recep Tayyip Erdoğan pourra expulser « ses » Kurdes. Mais les États-Unis et la Russie retoquent légèrement le texte de sorte que la France et le Royaume-Uni ne peuvent intervenir sans y être invités par la Syrie ; une situation qui n’est pas sans rappeler l’opération coloniale manquée de 1956, lorsque les troupes franco-britanniques tentèrent d’occuper le Canal de Suez avec le soutien d’Israël et de la Turquie, mais durent se retirer face aux froncements de sourcils des États-Unis et de l’URSS.

Durant les cinq mois et demi de l’intervention russe en Syrie, les relations turco-russes ne cessent de se dégrader. L’attentat contre le Vol 9268 Metrojet dans le Sinaï, les accusations de Vladimir Poutine au sommet du G20 à Antalya, la destruction du Sukhoï-24 et les sanctions russes contre la Turquie, la publication des photographies aériennes de la noria de camion-citernes acheminant le pétrole volé par Daesh à travers la Turquie, etc. Après avoir envisagé d’entrer en guerre contre la Turquie, la Russie décide finalement de jouer plus subtilement et de soutenir le PKK contre l’administration Erdoğan. Sergeï Lavrov parvient à convaincre son partenaire états-unien de profiter de la déstabilisation à venir de la Turquie pour organiser un renversement du dictateur Erdoğan. Le régime turc, qui se sait menacé à la fois par la Russie et les USA, tente de se refaire des alliés. Le Premier ministre Ahmet Davutoğlu se rend le 5 mars à Téhéran, tandis que le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, se déplace à Ankara, le 18 mars. Mais la République islamique n’entend pas se brouiller avec les deux Grands.

Le 14 mars, Vladimir Poutine annonce le retrait des bombardiers russes, le projet du pseudo-Kurdistan redevient donc possible. Mais Moscou et Washington prennent un coup d’avance : ils commencent à livrer indirectement des armes au PKK.

Manque de chance, cette fois, c’est l’Union européenne qui ne veut plus entendre parler de colonisation du Nord de la Syrie. La majorité des États-membres suit la politique étrangère imposée par Paris depuis cinq ans, avec l’absence de succès que l’on connaît. Pour marquer leur énervement, plusieurs États, dont la Belgique, ont accordé l’asile politique à des leaders kurdes turcs. Ils manifestent leur mauvaise humeur lors du sommet UE-Turquie des 17 et 18 mars au cours duquel ils sont contraints d’adopter définitivement la subvention de 3 milliards d’euros annuels à Ankara.

Je dénonçais alors le comportement des élites européennes qui, aveuglées par leur obsession anti-syrienne, reproduisaient la même erreur qu’en 1938. À l’époque, obsédées par leur anti-communisme, elles avaient soutenu le chancelier Hitler lors de l’annexion de l’Autriche et lors de la crise des Sudètes (accords de Munich), sans se rendre compte qu’elles armaient le bras qui allait les frapper [2].

Durant le sommet UE-Turquie, et donc indépendamment des décisions qui y furent prises, le président Erdoğan prononce un discours télévisé à l’occasion du 101ème anniversaire de la bataille de Çanakkale (« la bataille des Dardanelles » ; la victoire de l’Empire ottoman sur les Alliés) et en mémoire des victimes de l’attentat perpétré à Ankara quelques jours plus tôt. Il déclare : 
« Il n’y a aucune raison que la bombe qui a explosé à Ankara, n’explose pas à Bruxelles ou dans une autre ville européenne (…) Là, je lance un appel aux États qui leur ouvrent les bras qui, directement ou indirectement, soutiennent les organisations terroristes. Vous nourrissez un serpent dans votre lit. Et ce serpent que vous nourrissez peut à tout moment vous mordre. Peut-être que regarder des bombes qui explosent en Turquie sur vos écrans de télévision ne signifie rien pour vous ; mais quand les bombes commenceront à exploser dans vos villes, vous comprendrez certainement ce que nous ressentons. Mais alors, il sera trop tard. Arrêtez de soutenir des activités que vous ne tolérez jamais dans votre propre pays, sauf lorsqu’elles sont contre la Turquie. » [3].

Quatre jours plus tard, des attentats frappent Bruxelles, faisant 34 morts et 260 blessés. Et pour que l’on ne pense pas à une coïncidence, mais bien à un acte délibéré, la presse turque du lendemain se réjouit de la punition infligée à la Belgique [4].

Depuis que le président Erdoğan a relancé la guerre civile, elle a coûté la vie à plus de 3 500 personnes en Turquie.

[1] « La République française prise en otage », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 novembre 2015.

[2] « Le suicide européen face à la Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 mars 2016.

[3] Lire un extrait du discours : « Erdoğan menace l’Union européenne », par Recep Tayyip Erdoğan, Réseau Voltaire, 25 mars 2016.

[4] « La Turquie revendique le bain de sang de Bruxelles », par Savvas Kalèdéridès, Traduction Christian, Réseau Voltaire, 24 mars 2016.