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Gilets Jaunes et géopolitique: Avec la bidasserie face aux Gilets Jaunes, les conditions d’un BLOODY SATURDAY à la française (presque) réunies… (avec VT)

Posted in actualité, gilets jaunes, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 21 mars 2019 by Résistance 71

On ne sait pas pourquoi… On avait gardé cet article traduit sous le coude… Une intuition sans doute…

Lisez ce qui y est dit au sujet des paras anglais faisant du maintien de l’ordre à Londonderry dans la banlieue de Belfast et comment, avec l’aide du Gladio, ils en sont arrivés à BLOODY SUNDAY…

Avec la bidasserie du plan “sentinelle”, pour contrôler la foule des GJ, on est parti pour un BLOODY SATURDAY à la française, presque toutes les conditions seront réunies, manquera plus que quelques snipers du Gladio 2.0, nul doute que ce ne sera pas bien difficile à trouver !!

Envoyer l’armée faire du “maintien de l’ordre”, c’est comme donner des allumettes à un pyromane dans une grange… Envoyer l’armée faire du « maintien de l’ordre » sur sa population, alors là on est dans l’art de la dictature contemporaine…

~ Résistance 71 ~

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

 

Gladio 2.0 – L’Europe divisée, Conquête à suivre ?

 

Ian Greenhalgh

 

14 mars 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/03/14/gladio-redux-europe-divided-conquest-to-follow-i/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans la nuit de samedi dernier, une grosse bombe a explosé à Londonderry dans la province britannique de l’Ulster en Irlande du Nord. La bombe était placée dans un van stationné dans une rue du centre ville, un groupuscule du nom de New IRA a revendiqué l’attentat. Il n’y a eu aucune victime, que des dégâts matériels, mais cet évènement signale de manière claire que se renouvelle la stratégie de la tension de l’OTAN dans l’ère de la guerre froide, stratégie menée durant l’Opération Gladio ; il y a de toute évidence l’intention  de réenflammer les vieilles rancœurs et la violence de la guerre civile en Ulster.

Il est très important de bien comprendre les tenants et aboutissements de cette Opération Gladio, car elle fut le précurseur de toute cette vague d’attentat sous faux-drapeaux et du terrorisme actuel, elle fut le cœur de ces “armées de la nuit” qui ont remplacé la guerre traditionnelle à la fin du XXème siècle avec une “guerre bon marché”, une “guerre de basse intensité”, qui est à la base de l’instabilité mondiale aujourd’hui. Commençons.

Note de R71: Il convient ici de noter que cette stratégie n’est que l’outil d’un système d’oppression mondial géré par des cartels banquiers et de grandes entreprises transnationales qui ont à terme et depuis la première guerre mondiale, acheté le politique pour livrer le monde à la dictature croissante de la marchandise en mouvement. Tout cela n’est que logique de système oppresseur, qui ne pourra s’arrêter qu’avec la mise à bas de ce système et son remplacement par une société des sociétés enfin émancipée de la dictature de la division du pouvoir politique.

La guerre froide fut une période difficile pour les nations non-alignées, en fait, être “non-alignées” était comme danser sur le fil du rasoir. Ainsi, nous commencerons avec la véritable histoire du colonel Kadhafi et le rôle qu’il joua en dansant sur ce fil du rasoir, dans la création de l’Opération Gladio.

En 1969, la CIA renverse le gouvernement libyen et installe au pouvoir le colonel Mouamar Kadhafi à la tête d’un régime despotique, juste un des 200 changements de régimes opérés par la CIA dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

La Libye est un très vaste pays mais a une petite population qui vit dans une petite bande de terre fertile le long de la côte méditerranéenne, le reste du pays est une vaste étendus de sable, partie du désert du Sahara. Il y a de considérables dépôts de pétrole dans les sous-sols, mais ce n’est pas la richesse pétrolière qui intéresse la CIA, mais plutôt la situation géographique de la Libye: cette très vaste étendue désertique était ce qui plaisait beaucoup aux planificateurs de Langley.

Pourquoi donc la CIA serait-elle tant intéressée par une étendue de désert ? la réponse est à la fois simple et dérangeante. L’endroit offre la place rêvée pour la construction de bases secrètes et de “black sites” d’où pourront être menés un bon nombre d’opérations scabreuses nécessitant une extrême discrétion hors du regard du congrès des Etats-Unis et de fait loin de tout regard indiscret la zone étant désertique et non-habitée.

Il y a un second facteur géographique, la position de la Libye sur la côte sud de la Méditerranée, à un saut de puce de l’Europe, si on voulait construire une base qui serait responsable de contrôler et d’alimenter des opérations clandestines en Europe. La Libye est en cela parfaitement localisée.

Ces opérations clandestines se constituaient d’une série de campagnes terroristes à travers les nations européennes, opérations qui seront collectivement connue sous le nom d’”Opération Gladio” ou de “Programme Gladio”. La  stratégie en était très simple: des groupes terroristes étaient créés et utilisés pour mener des campagnes de violence extrême afin de terroriser les populations des nations ciblées et les forcer à se tourner politiquement vers les partis politiques de droite, présentés comme la valeur la plus sûre pour lutter contre cette terreur venue des groupes “d’extrême gauche”.

Les groupes terroristes faisant parties du programme Gladio incluaient l’ETA basque, la Bande à Baader-Meinhof en Allemagne de l’Ouest, les Brigades Rouges italiennes et le plus connu de tous: l’IRA, l’Irish Republican Army d’Irlande du Nord. Leurs campagnes de terreur commença en 1970, moins d’un an après l’installation de Kadhafi en Libye. Un des gros attentats commis qui fit la une de tous les journaux fut celui de la gare de Bologne en 1982, faisant un très grand nombre de victimes.

Une des pires et plus meurtrières campagnes qui fut déclenchée fut celle qui eut lieu en Irlande du Nord et l’histoire de comment ce conflit fut créé résonnera de manière familière à nos lecteurs russes car les évènements peuvent être mis en parallèle de ceux qui eurent lieu sur la place du Maïdan à Kiev en 2014. La province de l’Ulster a une majorité démographique protestante qui est très fidèle à l’état britannique et une minorité catholique qui a souffert pendant très longtemps de discrimination aux mains des protestants, ce qui voulait dire que les catholiques avaient un standard de vie inférieur et étaient plus pauvres que les protestants.

En 1969, les catholiques en eurent ras le bol et commencèrent des manifestations pacifiques dans Belfast et autres villes principales de l’Ulster. La réaction de la majorité protestante tourna violente et les marches pacifiques tournèrent en véritables pugilats alors que la police protestante regardait et ne faisait jamais rien pour protéger les manifestants catholiques agressés.

Le gouvernement britannique ne se satisfit pas de la situation, les catholiques étaient après tous des citoyens britanniques, il envoya alors l’armée pour protéger la population catholique et espéra calmer ainsi la vague de violence.

Les deux endroits où les rencontres entre catholiques et protestants tournaient toujours au pire se situaient dans la zone Est de Belfast sur Falls Road et Shankill road dans la banlieue de Londonderry où la zone du Bogside était le théâtre d’affrontements quasi continuels sous la forme de batailles de rues. L’armée fut donc envoyée dans ce chaudron de violence et d’émeutes. L’unité qui y fut envoyée fut sans aucun doute le plus mauvais choix à faire: le célèbre régiment parachutiste.

Les paras de ce régiment britannique s’étaient rendus célèbres et avaient reçu le respect de leur opposition dans une série d’âpres batailles contre les forces nazies durant la seconde guerre mondiale, en particulier dans la célèbre bataille pour le contrôle d’un pont sur le Rhin dans la ville hollandaise d’Arnhem, le pont qui fut connu sous le vocable “d’un pont trop loin” et fut le sujet d’un livre et d’un film éponymes.

Durant la seconde guerre mondiale, les combats en Europe de l’Ouest n’étaient que rarement intenses et brutaux, bien moins que les combats se déroulant en Europe de l’Est entre l’armée rouge et l’envahisseur nazi, mais la bataille d’Arnhem rivalisa d’âpreté et d’intensité avec la bataille de Stalingrad dans le combat urbain, alors que deux divisions de chars SS allemandes, toutes deux ayant combattues en Russie et en Normandie, contre-attaquèrent contre un simple bataillon de parachutistes britanniques qui tenaient le point nord du pont tant convoité. Les troupes aéroportées armées légèrement n’avaient que très peu de chances contre les panzers allemands et après une semaine complète de résistance acharnée mais futile, les paras britanniques furent vaincus.

Lorsque l’officier SS commandant les forces nazies reçût la rédition du commandant britannique, il le complimenta sur la qualité de leur combat et fit la remarque que les paras devaient voir une bonne expérience du combat urbain maison par maison, car ils avaient donné à ses hommes aguerris aux combats urbains en Russie, la pire résistance rencontrée et une victoire très difficile. Le commandant britannique fit montre d’un flegme des plus britanniques et répliqua qu’au contraire, ses hommes n’avaient jamais combattu en ville et avança “qu’ils feraient mieux la prochaine fois”…

Cette épisode illustre parfaitement le caractère de ce régiment parachutiste, ce sont des troupes de choc d’élite, entraînés pour prendre l’ennemi frontalement avec la plus grande férocité, ce sont les hommes que vous envoyez dans une situation particulièrement difficile et vous pouvez compter sur eux pur écraser l’ennemi ou pour mourir en essayant.. Ce qu’ils ne sont pas en revanche, ce sont les bonnes troupes à envoyer dans une action de maintien de l’ordre dans les rues de villes britanniques.

Quoi qu’il en soit, ces troupes furent envoyées dans les rues de Londonderry avec pour mission de maintenir l’ordre et d’empêcher l’escalade de la violence. La scène était propice dès ce moment pour une escalade explosive de la situation déjà devenue ultra-sensible. Le jour d’infamie arriva en ce 30 janvier 1972, jour passé à la postérité historique sous le nom de “Bloody Sunday” (NdT: et immortalisé par l’envoûtante chanson du groupe irlandais U2 et la voix de Bono)

Une marche, manifestation pacifique avait été organisée et alors que la longue colonne de manifestants composée essentiellement de catholiques, passa par le tristement célèbre Bogside, théâtre déjà de tant de violence, elle arriva à un point d’étranglement entre de très hauts bâtiments d’habitation.

Des tirs nourris furent dirigés sur les soldats du 1er Bataillon du Régiment Parachutiste qui encadraient la marche. Ils répondirent au feu de la manière dont ils sont entraînés: répondre à une agression par une hyper agression débordante. Quand la fumée se dissipa, 28 civils avaient été abattus, 14 perdirent la vie et la mèche avait été allumée pour les décennies de violence que l’histoire britannique nomme “les troubles”.

Les manifestants ont toujours affirmé que personne dans la marche n’était armé, que personne parmi eux n’avaient tiré sur les paras, de la même manière, les paras affirmèrent que des balles pleuvaient sur eux, touchant leurs véhicules et le sol tout autour d’eux, bien qu’aucun d’entre eux ne fut touché par ces tirs nourris. De fait, les deux côtés disent la vérité, des tirs furent effectivement dirigés vers les paras, mais ces tirs ne provenaient pas des manifestants pacifiques. 

Ce scénario devrait aujourd’hui nous être familier, car c’est précisément la même tactique que nous avons vu de nouveau se jouer sur la place du Maïdan de Kiev en 2014. A Londonderry, des tireurs embusqués avaient tiré sur les paras, provoquant leur retour de feu sur le seul “ennemi” qu’ils pouvaient voir: la masse des civils pacifiques. C’était Gladio en action, les tireurs avaient été entraîné par la CIA dans des camps secrets d’entrainement implantés profondément dans le désert libyen. Leurs armes provenaient de la CIA et de ses stocks d’armes engrangés dans les entrepôts de ce même désert libyen.

Avant Bloody Sunday, l’IRA se composait de quelques groupes hétéroclites et éparses, de quelques douzaines de jeunes catholiques en colère dans la zone de Falls Road dans l’Est de Belfast ; en quelques semaines, des milliers de jeunes catholiques se portèrent volontaires pour rejoindre l’IRA et le groupe mit en place des cellules actives terroristes dans chaque ville de la province d’Ulster. Les armes furent livrées par bateau en provenance de la Libye et le financement commença à affluer, d’une part par la communauté irlandaise sympathisante américaine, mais pas le gros du financement qui lui, provenait de l’argent de la CIA. Ceci était Gladio en opération de terrain et tout cela dépendait des bases secrètes sur le territoire libyen.

Mais pourquoi donc la CIA voudrait créer et sponsoriser des campagnes terroristes dans des pays européens qui étaient ses alliés de l’OTAN ?

La réponse est qu’il y avait une peur que l’Europe ne vire à gauche, que des gouvernements socialistes, communistes, ne soient élus et que ces gouvernements potentiels, hostiles à la guerre froide et prônent une détente avec l’URSS, qu’ils voudraient se rapprocher du bloc de l’Est. En terrorisant les populations européennes de ses alliés de l’OTAN, les Etats-Unis provoquaient une réaction à droite des masses vers les partis de droite qui se disaient fermes contre les terroristes qui étaient vus comme des mouvements gauchistes épousant l’idéologie communiste.

L’économie américaine a été construite, depuis les années 1940, autour d’un énorme complexe militaro-industriel et de la sécurité privé et afin de maintenir ce complexe de l’avant et une économie forte, ils doivent vendre des armes à la fois à l’armée américaine et à ses alliés de l’OTAN. C’est pourquoi la guerre froide dura si longtemps (NdT: 1946-1991… 45 ans ! certains disent que la guerre froide fut la 3ème GM), le bloc communiste du Pacte de Varsovie (NdT: qui fut créé en réponse à la création de l’OTAN et non pas l’inverse !…) devint la parfait croquemitaine pour effrayer la population américaine avec le continu soutien des politiciens et de la propagande, politiciens qui ont été achetés et payés par les financiers derrière le complexe militaro-industriel.

Si on laissait l’Europe virer à gauche et devenir socialiste, se rapprocher du bloc de l’Est, les énormes bénéfices des ventes d’armes qui ont maintenu le complexe militaro-industriel dans sa position dominante étaient directement menacés. S’il devait y avoir une paix et une confiance durables, ce serait un véritable désastre pour leurs marges de profit. C’est pourquoi la CIA a créé Gladio, pourquoi l’Europe des années 1970, des “années de plomb”, fut laminée par les attentats terroristes et la violence, le but était de maintenir la guerre froide fonctionnelle en empêchant des gouvernements de gauche, socialo-communistes, prendre le contrôle des pays clefs d’Europe et mettre en place un processus de paix et de rapprochement.

Ce qui nous amène à la situation actuelle où une nouvelle guerre froide a été créée en diabolisant la Russie et en racontant les contes à dormir debout du comment Poutine a l’intention de recréer l’URSS en ré-annexant l’Ukraine et les républiques baltes, contes qui remplissent depuis des années les médias occidentaux propagandistes à la botte oligarchique. Mais de nos jours, il faudra être particulièrement convaincant pour convaincre les Européens que la Russie est en fait notre ennemi et tente de conquérir des territoires à l’Est du continent.

La méthode pour convaincre les gens en Europe qu’ils doivent élire et soutenir des gouvernements de droite anti-russe est la même méthode utilisée avec succès auparavant: Opération Gladio 2.0, simplement cette fois-ci, la base ne se trouvera plus en Libye mais plutôt en Pologne et en Ukraine où des gouvernements d’extrême-droite nationalistes ont déjà été mis en place par les interférences de la CIA et où se trouvent maintenant les bases secrètes d’entrainement et les stocks d’armes.

Pourquoi la GB est-elle ciblée ? Parce que le gouvernement conservateur de droite est sur le point de s’effondrer et nous sommes devant la possibilité de voir arriver au pouvoir un gouvernement de la gauche travailliste. Le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn est un fervent opposant du militarisme et de la politique avouée du parti, s’il devait être élu, il retirerait la GB de l’OTAN et couperait les fonds pour la défense, ce qui verrait les troupes britanniques basées en Europe de l’Est être rapatriés en Angleterre et verrait aussi un terme à la diabolisation de la Russie, élément qui fut prévalent dans la politique du gouvernement conservateur.

Personne en Irlande du Nord (toujours britannique) ou au Royaume-Uni ou en République d’Irlande de fait, ne veut voir un retour aux “Troubles”, ni personne ne veut une escalade avec la Russie, mais et c’est là que réside le côté maléfique de ce plan, un retour aux bons vieux mauvais jours de la guerre froide et de la campagne de terreur de l’IRA.

La fin de partie est dans la destruction de la Russie de Poutine de la même façon dont la première guerre froide se termina par l’effondrement de l’URSS. Le prix à récolter sont les vastes ressources naturelles que la Russie renferme et le contrôle de leur exploitation ; une fois de plus, le tout pour le profit du complexe militaro-industriel privé et la poignée de famille bancaire milliardaire qui mène secrètement tout ce cirque.

 


GLADIO 2.0

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Résistance à l’empire: Le pourquoi des attentats de Paris en Novembre 2015 et Bruxelles en Mars 2016… et la responsabilité de la France

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Les fourberies du grand Mamamouchi Erdogan, soutenu par l’OTAN et la CIA, sur toile de fond de financement occulte saoudo-qatari (les 4 cavaliers du pétrole…) décortiquées par Thierry Meyssan. En clair, la Turquie est la base action de l’opération Gladio 2.0 de l’OTAN.

Puisque mentionné dans l’article, rappelons ce qu’est le PKK kurde d’Abdullah Ocalan depuis 1999 et ce qu’est le Confédéralisme Démocratique mis en place par les Kurdes du PKK et de leurs branches syriennes depuis 2004-05…

— Résistance 71 —

 

Le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles

 

Thierry Meyssan

 

28 Mars 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article190905.html

 

On ne sait pour le moment qui a commandité les attentats de Paris et de Bruxelles. Plusieurs pistes ont été énoncées. Cependant, seule l’hypothèse d’une opération décidée par la Turquie est aujourd’hui étayée. Thierry Meyssan relate le conflit secret qui hante les relations entre l’Union européenne, la France et la Turquie depuis cinq ans.

Il est trop tôt pour désigner avec certitude le commanditaire des attentats qui ont frappé Paris, le 13 novembre 2015, et Bruxelles, le 22 mars 2016. Cependant, pour le moment, seuls les éléments que nous allons exposer en fournissent une explication raisonnable.

* * *

Juste après la mort du fondateur de l’islamisme turc, Necmettin Erbakan, et alors que venait de débuter le « printemps arabe », le gouvernement Erdoğan conclut un accord secret avec la France. Selon un diplomate qui a étudié ce document, il fixe les conditions de participation de la Turquie aux guerres contre la Libye (qui venait de commencer) et contre la Syrie (qui allait suivre). La France, représentée par son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, s’engage notamment à régler la « question kurde » sans « porter atteinte à l’intégrité du territoire turc » ; une formule alambiquée pour signifier que l’on créera ailleurs un pseudo-Kurdistan et que l’on y expulsera les membres du PKK. Ce projet de nettoyage ethnique, qui n’est pas nouveau, avait été jusque-là exclusivement évoqué dans la littérature militaire israélienne qui décrivait le nouvel État à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Le 31 octobre 2014, le président François Hollande profite d’une visite officielle de Recep Tayyip Erdoğan à Paris pour organiser une rencontre secrète, à l’Élysée, avec le co-président des Kurdes de Syrie, Salih Muslim. Ce dernier, trahissant les Kurdes de Turquie et leur leader Abdullah Öcalan, accepte de devenir le président du pseudo-Kurdistan qui devrait être créé à l’occasion du renversement du président démocratiquement élu Bachar el-Assad.

C’est le moment de la bataille de Kobané. Durant plusieurs mois, les Kurdes syriens défendent la ville face à Daesh. Leur victoire sur les jihadistes va renverser l’échiquier politique : si l’on veut vraiment combattre les jihadistes, il faut s’allier aux Kurdes. Or, les Kurdes syriens n’ont obtenus la nationalité qu’au début de la guerre, jusque-là ils étaient réfugiés politiques turcs en Syrie, chassés de leur pays lors de la répression des années 80. Les États membres de l’Otan considéraient alors le PKK, principale formation kurde de Turquie, comme une organisation terroriste. Désormais, ils vont distinguer le mauvais PKK turc du bon YPG syrien, bien que les deux organisations soient sœurs.

Coup de théâtre, le 8 février 2015, la France revient sur son engagement antérieur. François Hollande reçoit à l’Élysée, officiellement cette fois, la co-présidente des Kurdes de Syrie fidèle à Öcalan, Asya Abdullah, et la commandante Nesrin Abdullah en uniforme léopard. Salih Muslim est absent de la réunion.

Recep Tayyip Erdoğan réagit en commanditant un attentat de Daesh à Suruç contre une manifestation pro-Kurdes, le 20 juillet 2015. S’emparant de la rhétorique occidentale anti-terroriste, il déclare alors la guerre à la fois à Daesh et aux Kurdes, mais n’utilise ses moyens militaires que contre les derniers. Ce faisant, il met fin au cessez-le-feu et relance la guerre civile dans son propre pays. À défaut d’un pseudo-Kurdistan en Syrie, il provoquera l’exode des Kurdes vers l’Europe.

Le 3 septembre 2015, la publication de la photographie d’un enfant kurde noyé marque le début d’une vaste vague de migration depuis la Turquie, vers l’Union européenne, principalement vers l’Allemagne. Durant les premières semaines, les dirigeants allemands se félicitent de cet afflux massifs de nouveaux travailleurs dont leur industrie lourde a grand besoin, tandis que les médias expriment leur compassion pour les réfugiés qui fuiraient la dictature syrienne. Plus encore, le 29 septembre, les dirigeants français et allemands se saisissent de l’empathie envers les migrants pour étudier la possibilité de subventionner la poursuite de la guerre en versant 3 milliards d’euros à la Turquie ; un don que l’on présentera à l’opinion publique comme une aide humanitaire pour les réfugiés.

Fin septembre 2015, la Russie débute son opération militaire contre les jihadistes de tous poils. Recep Tayyip Erdoğan voit ainsi s’évanouir son projet. Il pousse alors Salih Muslim à lancer une opération de kurdisation forcée du Nord de la Syrie. Des brigades kurdes expulsent les professeurs arabes et assyriens des écoles et les remplacent par des enseignants kurdes. Les Syriens se révoltent et en appellent aux Russes qui calment la situation, non sans évoquer une possible fédéralisation ultérieure de la Syrie. La France est aux abonnés absents.

Le 13 novembre, la Turquie exaspérée des revirements de François Hollande prend la France en otage et commandite des attentats à Paris, faisant 130 morts et 413 blessés.

j’écrivais alors : « Les gouvernements français successifs ont noué des alliances avec des États dont les valeurs sont à l’opposé de celles de la République. Ils se sont progressivement engagés à livrer des guerres secrètes pour eux, avant de se rétracter. Le président Hollande, son chef d’état-major particulier le général Benoit Puga, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et son prédécesseur Alain Juppé font aujourd’hui l’objet d’un chantage dont ils ne pourront sortir qu’en révélant dans quoi ils ont fourvoyé le pays. » [1].

Terrorisé, Paris revient précipitamment au plan Juppé de 2011. Avec Londres, il fait adopter le 20 novembre la résolution 2249 par le Conseil de sécurité. Sous couvert de lutte contre Daesh, il s’agit de justifier la conquête du Nord de la Syrie pour y créer, enfin, ce pseudo-Kurdistan où Recep Tayyip Erdoğan pourra expulser « ses » Kurdes. Mais les États-Unis et la Russie retoquent légèrement le texte de sorte que la France et le Royaume-Uni ne peuvent intervenir sans y être invités par la Syrie ; une situation qui n’est pas sans rappeler l’opération coloniale manquée de 1956, lorsque les troupes franco-britanniques tentèrent d’occuper le Canal de Suez avec le soutien d’Israël et de la Turquie, mais durent se retirer face aux froncements de sourcils des États-Unis et de l’URSS.

Durant les cinq mois et demi de l’intervention russe en Syrie, les relations turco-russes ne cessent de se dégrader. L’attentat contre le Vol 9268 Metrojet dans le Sinaï, les accusations de Vladimir Poutine au sommet du G20 à Antalya, la destruction du Sukhoï-24 et les sanctions russes contre la Turquie, la publication des photographies aériennes de la noria de camion-citernes acheminant le pétrole volé par Daesh à travers la Turquie, etc. Après avoir envisagé d’entrer en guerre contre la Turquie, la Russie décide finalement de jouer plus subtilement et de soutenir le PKK contre l’administration Erdoğan. Sergeï Lavrov parvient à convaincre son partenaire états-unien de profiter de la déstabilisation à venir de la Turquie pour organiser un renversement du dictateur Erdoğan. Le régime turc, qui se sait menacé à la fois par la Russie et les USA, tente de se refaire des alliés. Le Premier ministre Ahmet Davutoğlu se rend le 5 mars à Téhéran, tandis que le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, se déplace à Ankara, le 18 mars. Mais la République islamique n’entend pas se brouiller avec les deux Grands.

Le 14 mars, Vladimir Poutine annonce le retrait des bombardiers russes, le projet du pseudo-Kurdistan redevient donc possible. Mais Moscou et Washington prennent un coup d’avance : ils commencent à livrer indirectement des armes au PKK.

Manque de chance, cette fois, c’est l’Union européenne qui ne veut plus entendre parler de colonisation du Nord de la Syrie. La majorité des États-membres suit la politique étrangère imposée par Paris depuis cinq ans, avec l’absence de succès que l’on connaît. Pour marquer leur énervement, plusieurs États, dont la Belgique, ont accordé l’asile politique à des leaders kurdes turcs. Ils manifestent leur mauvaise humeur lors du sommet UE-Turquie des 17 et 18 mars au cours duquel ils sont contraints d’adopter définitivement la subvention de 3 milliards d’euros annuels à Ankara.

Je dénonçais alors le comportement des élites européennes qui, aveuglées par leur obsession anti-syrienne, reproduisaient la même erreur qu’en 1938. À l’époque, obsédées par leur anti-communisme, elles avaient soutenu le chancelier Hitler lors de l’annexion de l’Autriche et lors de la crise des Sudètes (accords de Munich), sans se rendre compte qu’elles armaient le bras qui allait les frapper [2].

Durant le sommet UE-Turquie, et donc indépendamment des décisions qui y furent prises, le président Erdoğan prononce un discours télévisé à l’occasion du 101ème anniversaire de la bataille de Çanakkale (« la bataille des Dardanelles » ; la victoire de l’Empire ottoman sur les Alliés) et en mémoire des victimes de l’attentat perpétré à Ankara quelques jours plus tôt. Il déclare : 
« Il n’y a aucune raison que la bombe qui a explosé à Ankara, n’explose pas à Bruxelles ou dans une autre ville européenne (…) Là, je lance un appel aux États qui leur ouvrent les bras qui, directement ou indirectement, soutiennent les organisations terroristes. Vous nourrissez un serpent dans votre lit. Et ce serpent que vous nourrissez peut à tout moment vous mordre. Peut-être que regarder des bombes qui explosent en Turquie sur vos écrans de télévision ne signifie rien pour vous ; mais quand les bombes commenceront à exploser dans vos villes, vous comprendrez certainement ce que nous ressentons. Mais alors, il sera trop tard. Arrêtez de soutenir des activités que vous ne tolérez jamais dans votre propre pays, sauf lorsqu’elles sont contre la Turquie. » [3].

Quatre jours plus tard, des attentats frappent Bruxelles, faisant 34 morts et 260 blessés. Et pour que l’on ne pense pas à une coïncidence, mais bien à un acte délibéré, la presse turque du lendemain se réjouit de la punition infligée à la Belgique [4].

Depuis que le président Erdoğan a relancé la guerre civile, elle a coûté la vie à plus de 3 500 personnes en Turquie.

[1] « La République française prise en otage », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 novembre 2015.

[2] « Le suicide européen face à la Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 mars 2016.

[3] Lire un extrait du discours : « Erdoğan menace l’Union européenne », par Recep Tayyip Erdoğan, Réseau Voltaire, 25 mars 2016.

[4] « La Turquie revendique le bain de sang de Bruxelles », par Savvas Kalèdéridès, Traduction Christian, Réseau Voltaire, 24 mars 2016.

Attentats de Bruxelles… L’opération Gladio 2.0 de l’OTAN suit son cours…

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Résistance 71

22 Mars 2016

Tout d’abord, pensées et condoléances à toutes les familles affectées par ces tragédies de Bruxelles. Condamnation sans appel de ces attentats vils, odieux et d’une lâcheté sans pareille. Une fois de plus, sortir de l’émotionnel ou plutôt ne pas y sombrer est une priorité, plus que jamais.

Nous sommes une fois de plus, nous les peuples, victimes de la stratégie de la tension exercée par intermittence et depuis environ un an avec plus d’intensité, par une oligarchie financière et industrielle qui pousse toujours plus avant sa volonté de contrôle totalitaire sur nos vies. Les opérations des oligarques sous l’égide de l’OTAN ayant échoué en Syrie et en Ukraine, la décision a été manifestement prise de faire monter de plusieurs crans la stratégie de la tension générée par l’idéologie factice et criminelle néconservatrice du « choc des civilisations ».
Le but est de faire passer un à un tous les états d’Europe sous régime d’état d’urgence et de loi martiale, renforçant la grille de surveillance sur les peuples au nom de la « sécurité ». Pas à pas nos libertés peau de chagrin sont rognées pour que tout cela finisse dans les geôles et les camps du goulag qui s’annonce. Nous n’en sommes plus loin.
L’EEIL/Daesh est une création avérée et reconnue des services occidentaux des états de l’OTAN (USA, Turquie, GB, France) + Israël + les monarchies dégénérées du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar et EAU en tête) pour le financement, monarchies qui inondent la France et les pays européens de l’ouest de leur pétrodollar corrupteur. Daesh est Gladio 2.0. Daesh est la nouvelle armée (légion mercenaire pseudo-djihadiste) secrète de l’OTAN, payée pour exécuter les basses besognes et les boucheries de la terreur. Les lampistes qui commettent ces atrocités sont des dupes, manipulés par leur nébuleuse hiérarchique qui finit invariablement par se confondre avec les « services » aux sigles connus se planquant derrière celui de l’EIIL ou EI, Daesh ou quelque soit le nom qu’on lui donne ; tout comme l’entreprise mercenaire Blackwater qui change de nom au fil de ses crimes, Daesh fut tour à tour AQI puis AQIL, puis EIIL puis EI (Daesh), comme Blackwater est devenue Xe, puis Academi. L’envers du décors est tapissé des barbouzes de la CIA, MI6, MIT, DGSE, Mossad, GIP et autres… Les connexions des terroristes avec les services de renseignements font toujours surface, qui peut encore s’en étonner ?
L’oligarchie transnationale a déclaré la guerre aux peuples, nous a déclaré la guerre. Le plan est de nous faire mettre à genoux, de nous soumettre et d’implorer que soit appliquer plus de restrictions, plus de contrôles des populations et mouvements des personnes et des biens, cela est déjà bien en marche… Le but est de nous abrutir de violence aveugle et forcenée pour que nous nous soumettions VOLONTAIREMENT à l’arbitraire, la loi martiale et le goulag au nom de notre SECURITE.
La mise sous tutelle de l’UE sous le joug d’un état d’urgence permanent suivie dans la foulée de l’application du traité de partenariat transatlantique (on l’a oublié celui-là hein ?..) et les peuples d’Europe seront verrouillés dans un goulag en forme de continent où toute dissidence sera réprimée au nom de la SECURITE intérieure. Ceux qu’on appelle « Daesh » ou l’EIIL ne sont que l’outil, le bras armé du chaos imposé qui mènera à la dictature fasciste supranationale, encadrée par les corporations industrielles et banquières transnationales dirigées depuis la City de Londres et Wall Street.
Bienvenue dans la fin de partie qui vous est offerte par Goldman Sachs, Rothschild, Rockefeller & co…

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Opération Gladio (historien suisse Daniele Ganser)

Entretien avec Daniele Ganser, gladio et le terrorisme de l’OTAN

Attentats de Paris et Gladio 2.0

Qui est Daesh ??

Entretien avec l’historien suisse Daniele Ganser sur les armées secrètes de l’OTAN et le terrorisme manipulé…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 28 août 2015 by Résistance 71

Résistance 71

28 Août 2015

Nous mettons ci-dessous en commentaire la vidéo d’un entretien (en français) avec l’excellent et sympathique historien suisse Daniele Ganser, spécialiste de l’OTAN et de ses armées secrètes, sujet sur lequel il a fait sa thèse de doctorat en histoire contemporaine. Nous avons déjà publié certains de ses écrits, son livre sur les armées secrètes de l’OTAN (en fait la publication de sa thèse formatée pour la publication) a été publié chapitre par chapitre il y a quelques années sur le Réseau Voltaire.

Un entretien réalisé par UsfProd à voir et à diffuser sans modération. La vidéo est en 13 parties variant de 3 à 8 minutes pour une durée d’environ une heure. Éteignez la télé et visionnez cet entretien, vous apprendrez bien des choses !

Source: ArrêtsurInfo.ch
http://arretsurinfo.ch/video-interview-de-daniele-ganser-guerres-manipulees-et-terrorisme-detat/

Note: Lorsque vous visionnez la première partie, les autres parties vont s’enchaîner automatiquement vous n’avez rien à faire, cliquez « play » sur le 1er épisode de 1min30 minutes, calez-vous et… restez assis, çà décoiffe !…