Archive pour oppression navajo USA

Humain toujours humain… Un avocat en terre Navajo (Peter d’Errico)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et social with tags , , , , , , on 18 février 2016 by Résistance 71

Pratiques traditionnelles de clan Navajo

Discussion et References

Peter d’Errico

Source:
http://people.umass.edu/derrico/navajo_childhood.html

Un souvenir personnel:

J’en savais très peu au sujet des liens de parenté quand je suis devenu un avocat pour la Navajo Legal Services. Nous grandissons avec ces images de cow-boys et d’Indiens, mais nous n’avons pas la plus simple idée de ce que cela veut dire (Ah au fait, j’ai aussi découvert que les enfants Navajo jouent aussi aux cow-boys et aux Indiens. Le petit garçon du voisin annonça à son père un jour que c’était à cela qu’il jouait. Le père a souri, m’a regardé un moment, puis a dit: “et lequel es-tu?” comme s’il y avait un choix…)

Je me suis très vite rendu compte qu’il y avait de très grandes différences entre une société fondée sur le lien parental de communauté et une société fondée sur ce que j’ai appelé plus tard “l’individualisme de marché”. D’abord, les relations de parenté fournissent un contexte toujours présent pour l’action et la réflexion: Est-ce que ce que je vais faire va affecter les autres ? Qui suis-je en regard de cette personne ? Ce contexte n’est en aucun cas théorique ou abstrait, mais pragmatique et pratique. Il existe en tant que perception et conscience dans le moment, d’une manière qui est tout à fait préhensible et palpable. Je l’ai moi-même ressenti en tant que préoccupation que d’autres avaient pour moi.

Un exemple pourrait bien illuminer cette relation de parenté comme je l’ai expérimenté. Je venais juste de terminer une présenttion pour un groupe d’une communauté à Teec Nos Pas, au sujet d’une affaire impliquant leur contrôle sur une école locale. C’était probablememt la toute première fois qu’un avocat avait travaillé dans cette communauté, et certainement la toute première fois que la perspective d’un contrôle local sur l’éducation institutionnelle des enfants avait été présenté à ces parents. Plus d’un siècle de contrôle fédéral sur leurs enfants était sur le point de prendre fin.

Lorsque j’eus fini de parler, mes dires étant traduits en langue Navajo par l’avocat au tribunal tribal Navajo, plusieurs personnes commencèrent à parler. L’interprète se tourna vers moi et me dit: “Ils veulent en savoir plus.” Pensant que j’avais sans doute été trop complexe en parlant de la loi et que la nouveauté d’un avocat travaillant ici demandait plus d’explications, je commençais donc à expliquer le plan général pour les services et conseils légaux aux Navajos. L’interprète me stoppa tout net. “Non, non, ce n’est pas ce qu’ils demandent. Ils veulent en savoir plus sur vous. D’où venez-vous ? Avez-vous des frères et des sœurs ? Une famille, des choses comme çà…

J’étais estomaqué. Dans mon travail, jamais personne n’a demandé quoi que ce soit à mon sujet, de manière personnelle. Les palabres professionnels et la vie privée étaient dans deux catégories bien différentes de la réalité. Ceci n’était pas seulement une pratique commune américaine, mais fut emphatiquement stressé dans ma formation de juriste. Je me souviens de ce sentiment de choc et de surprise. J’étais embarrassé, mais j’étais aussi excité. Je savais que ces gens m’écoutaient et pas seulement comme leur avocat, mais comme être humain. J’adorais.

Dès ce moment, je fus attiré de travailler avec Frank, l’avocat/interprète autant que possible. Il y avait d’autres personnes dans le bureau avec qui je travaillais aussi et avec tous, non seulement je me suis entendu à merveilles mais j’ai appris avec eux à regarder le monde avec d’autres yeux. Mais peut-être parce qu’il était avec moi pour cette première expérience, parce qu’il était plus âgé, plus traditionnel, peut-être parce qu’il fut avec moi lorsque je fus traité comme une personne et non pas juste comme un avocat, j’essayais de travailler plus avec lui. Parfois nous devions voyager plus d’une heure ensemble pour aller à une réunion et il me parlait, me racontant les histoires des endroits que nous traversions, la vie des gens, me racontant ce que cela voulait dire d’être humain dans le monde Navajo.

Bien plus tard, lorsqu’une famille arriva chez moi un jour pour y avoir une dispute, j’ai compris ce qu’ils faisaient. Ils ne voulaient pas de mes services en tant qu’avocat, mais ma présence en tant que personne qui pourrait accompagner le conflit, un médiateur potentiel. Toute la journée, ils restèrent autour de la maison, parlant de ce qui avait déclenché leur dispute. Je n’ai jamais su de quoi il s’agissait, s’il s’agissait d’un problème légal ou quoi que ce soit d’autre, puis ils partirent. Leur présence fut un honneur et une bénédiction.

Quelques lectures:

[…]

Childhood in an Indian Village, par Wilfred Pelletier, est l’histoire de la vie dans le village Odawa de Wikwemikong sur l’île Manitoulin en Ontario. Bien que ce ne soit pas une histoire Navajo, c’est une histoire qui illumine parfaitement ce qui est propre aux sociétés claniques partout: un mode de vie où tout le monde est relié à tout le monde et à la nature. On pourrait dire inter-relié dans la nature et par la nature, les relations humaines sont NATURELLES et ne sont pas imposées par quelque chose appelé la “société”.

Parent and Child Relationships in Law and in Navajo Custom, par Leonard B. Jimson, originellement partie du comité directeur de l’école Ramah Navajo et son “approche biculturelle de l’éducation légale”, explique les différences entre les cultures familiales Navajo et anglo-saxonnes Ce travail devint une part importante de l’histoire législative de l’Indian Child Welfare Act fédéral. Il présente l’examen d’un témoin expert dans un procès en Arizona datant de 1969 dans lequel le bureau des affaires sociales tenta de mettre fin aux droits parentaux d’un père Navajo. Le témoin de l’expertise témoigna en faveur du père en disant ceci:

“Une des différences les plus signifiante entre la structure de la famille Navajo et celle de la classe moyenne américaine est la relation que l’enfant a avec un grand nombre de gens qui s’occupent de lui. En général, la relation de l’enfant avec ses oncles et ses tantes est bien plus importante dans la famille Navajo que dans la famille typique de la classe moyenne américaine. Beaucoup plus de responsabilités sont données aux autres membres de la famille étendue et il y a un attachement affectif considérable de l’enfant au groupe tout entier.” [p. 74]

References:

Brumble, H. David, III, American Indian Autobiography [Berkeley: University of California, 1988]

Dyk, Walter, Son of Old Man Hat [Lincoln: University of Nebraska, 1970]

Jimson, Leonard B., « Parent and Child Relationships in Law and in Navajo Custom, » in Unger, Steven, ed., The Destruction of American Indian Families [New York: Association on American Indian Affairs, 1977]

Pelletier, Wilfred, « Childhood in an Indian Village » [Somerville, MA: New England Free Press, undated; originally in This Magazine is About Schools, 1969]

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Censure au pays du goulag levant (ex-USA): Pacifistes et lanceurs d’alerte ciblés depuis bien longtemps…

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, documentaire, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 13 novembre 2013 by Résistance 71

La guerre des Etats-Unis aux pacifistes inclut le fait de censurer les voix des femmes autochtones

Menacés par les pacifistes, les Etats-Unis les espionnent et les emprisonnent

 

Brenda Norrell (Censored News)

 

11 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.bsnorrell.blogspot.com/2013/11/us-threatened-by-peace-makers-spies-on.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si on lit la loi de la liberté de l’information (Freedom of Information Act ou FOI) et les documents sur les lanceurs d’alerte, il devient très clair que le gouvernement des Etats-Unis considère les véritables pacifistes comme la plus grande menace.

Les groupes pacifistes sont les plus ciblés et les plus espionnés de tous les groupes activistes aux Etats-Unis, ceux-là même qui travaillent pour la paix et contre la guerre. Les Etats-Unis espionnent ceux qui exposent ses crimes et les crimes de son armée et ceux qui en profitent grassement comme ses entreprises transnationales. Les Etats-Unis jettent aussi en prison ceux qui disent la vérité et les lanceurs d’alerte. Les médias de masse en pays indien censurent également les diseurs de vérité.

Dine’ Louise Benally de Big Mountain (NdT: territoire Navajo) fut censurée par l’organe de presse Indian Coutry Today lorsqu’elle compara la guerre en Irak avec l’exil forcé des Dine’ de leur territoire vers Fort Sumner (voir l’article ci-dessous)

La chanteuse Buffy Sainte Marie (NdT: Canadienne de descendance native Cree) fut une de ceux qui furent forcés de sortir de l’industrie de la musique américaine aux Etats-Unis à cause du président Lyndon Johnson, essentiellement à cause de sa chanson “Universal Soldier” et de sa position anti-guerre du Vietnam.

Cet artice de Buffy Sainte Marie fut censuré par Indian Country Today pendant 7 ans. Quand il fut finalement publié en 2006, l’information sur l’extraction minière d’uranium à Pine Ridge (NdT: réserve Sioux dans le Dakota du Sud) fut censurée par le journal.

Dans l’entretien à l’université de Dine’, Buffy Sainte Marie décrivit comment le président Johnson écrivit des lettres de remerciements à en-tête de la Maison Blanche aux stations de radios pour ne pas avoir diffusé ses chansons. Des cargaisons entières de ses disques disparurent.

http://bsnorrell.tripod.com/id99.html

Aujourd’hui, les drones des Etats-Unis, les assassinats informatisés et ciblés, les enlèvements et la torture sont parmi les sujets les plus censurés. Le président Obama a dépassé le régime Bush dans les poursuites judiciaires des lanceurs d’alerte et dans les assassinats par drones. Ces assassinats par drones ont massacrés un grand nombre de femmes et d’enfants. Un adolescent américain du Colorado, Abdulrahmane al-Awaki fut ciblé et assassiné par les Etats-Unis au moyen d’un drone, alors qu’il se tenait avec des amis dans un café au Yémen et ce sans autre forme de procès.

Les commentaires suivants de Louise Banally au sujet d’un article que j’écrivis avant d’être licensié du journal en 2006, furent censurés par Indian Country Today. Lorsqu’il fut mit sous pression de publier un correctif à l’article et de publier les commentaires de Louise Benally, le journal refusa.

Après mon licenciement, j’ai posté l’article:

http://bsnorrell.tripod.com/id78.html

Les Navajos de Big Mountain résistant la relocalisation forcée de leur peuple, voient le camp de prisonniers du XIXème siècle de Bosque Redondo et la guerre en Irak comme la contitunation de fait de la terreur sponsorisée par le gouvernement américain.

par Brenda Norrell

Louise Benally de Big Mountain se rappelait de son arrière grand-père et d’autres Navajos qui furent déportés de leur terre tant aimée par l’armée américaine, à pied, durant des centaines de kilomètres tout en étant les témoins de meurtres, de viols et de famine provoquée envers leurs familles et amis.

“Je pense que ces pauvres enfants en ont tellement vu, mais ils avaient encore la volonté de continuer et de vivre leurs vies. Si ce n’était pas pour cela, nous ne serions pas là aujourd’hui. Cela me remplit de tristesse et je peut transférer cette situation à ce qu’il se passe en Irak.”

Je me demande ce que ressentent les américains autochtones qui se trouvent dans la zone de combat, tuant des innocents.”

En regardant les photos des visages des enfants Navajos et Apaches prises dans le camp de Bosque Redondo, Benally a dit: “Je pense que les enfants sur cette photo ont l’air préoccupés et peut-être confus. Cela me fait penser à ce que doivent endurer les enfants en Irak maintenant.”

L’armée américaine d’abord massacre votre peuple, détruit votre façon de vivre tout en volant votre culture, puis elle vous force à apprendre le mal, à mentir et à tricher,” a dit Benally.

=  =  =

Superbe chanson de Buffy Sainte Marie “Universal Soldier”, qui fut banni de toutes antennes aux Etats-Unis durant la guerre du Vietnam:

http://www.youtube.com/watch?v=VGWsGyNsw00