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Résistance au colonialisme: l’hypocrisie totale du Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU quand les institutions protègent la Doctrine Chrétienne de la Découverte fondement du colonialisme occidental (Peter d’Errico)

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Le Forum Permanent de l’ONU va t’il prendre position pour les peuples indigènes ?

Peter d’Errico

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/26/will-permanent-forum-stand-indigenous-peoples

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Le Forum Permanent sur les Affaires Indigènes (FPAI) de l’ONU (UNPFII) semble complice dans l’enterrement de ce qui avait été jusqu’ici son action la plus profonde et significative en la matière: la critique de la Doctrine Chrétienne de la Découverte qu’il avait émise dans sa 13ème session de Mai 2014 et intitulée: « Study on the impacts of the Doctrine of Discovery on indigenous peoples, including mechanisms, processes and instruments of redress. » [UN Doc E/C.19/2014/3]

Le Forum Permanent, comme la plupart des corps constitués conventionnels, a évité de nommer la base religieuse de la doctrine ; mais l’étude elle-même a ciblé la racine: “La présomption de supériorité raciale des chrétiens européens.” La Doctrine a pour origine “les bulles pontificales émise durant la soi-disante période de l’âge de la découverte en Europe. Elle était composée de réglementations, comme le Requirimiento, qui émanaient de royauté d’états européens chrétiens.”

L’étude a montré comment la présomption de la supériorité chrétienne incarnée par la doctrine de la découverte alimente les saisies coloniales des terres et le génocide des peuples autochtones. “Dans toutes ses manifestations, la ‘découverte’ a été utilisée comme cadre justificatif pour déshumaniser, exploiter, réduire en esclavage et subjuguer les peuples indigènes ainsi que de les déposséder de leurs droits les plus fondamentaux, de leurs lois, de leur spiritualité, de leur vision du monde et du mode de gouvernance de leurs terres et de leurs ressources. Ce fut en fait la véritable fondation du génocide.

L’étude se concluait avec un diagnostique réaliste et une recommandation:

“On ne peut pas effacer l’histoire. Son cours, quoi qu’il en soit, peut-être changé pour assurer le bien-être présent et futur, la dignité et la survie des peuples indigènes. La diginité et le respect des droits de l’Homme doivent être garantis, spécifiquement à la lumière de vulnérabilités existantes. Il doit y avoir une reconnaissance complète et honnête du passé afin d’assurer que les doctrines coloniales ne continuent pas à se perpétrer. Un changement clair de paradigme et critique des doctrines coloniales vers un cadre de principe axé sur les droits de l’Homme consistant avec la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI) et autres lois internationales sur les droits de l’Homme.”

Le Forum Permanent a félicité l’auteur de l’étude et a affirmé que toutes les doctrines, incluant celle de le découverte, qui se font les avocates de la supériorité sur une base d’origine nationale ou raciale, religieuse, ethnique ou de différences culturelles sont racistes, scientifiquement fausses, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes et se doivent d’être répudiées tant en parole qu’en action.

Le rapport final de la 13ème session [UN Doc E/C.19/2014/11] a recommandé que l’étude “soit soumise au président de l’assemblée générale de l’ONU et des états membres en tant que guide de référence dans les discussions concernant la réunion plénière de haut-niveau/Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes programmée pour Septembre 2014.”

La soi-disante Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes, nommée ainsi de manière erronée puisque c’était une conférence de l’AG de l’ONU et non pas des peuples indigènes, s’est déroulée sans même que la Doctrine Chrétienne de la Découverte ne fusse nommée une fois. Malgré la recommandation on ne peut plus explicite du Forum Permanent, l’étude ne fut pas discutée et aucunes recommandation pour futures actions ne fut émise ni même mentionnée.

Malgré tout, bien des observateurs ont déclaré cette réunion de haut-niveau comme étant une “victoire” pour les peuples indigènes. Il apparaît que bien des gens peuvent être embrouillés au sujet de la différence entre parler et agir. Dans ce cas précis, il n’y eut même pas de discussion dans le document de conclusion de la conférence. L’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte fut passée à la trappe.

La base de données des recommandations du FPAI de l’ONU catégorise la 13ème session et sa recommandation comme une “méthode de travail” pour le président de l’AG de l’ONU et les pays membres. Le “statut de mise en application” montre un espace blanc. Le statut de mise en application des recommandations préalables de la 11ème session critiquant la Doctrine et appelant pour sa révocation est montrée comme étant “en cours”.

Avant sa 14ème session de Mai 2015, le FPAI avait requis que ses états membres donnent leurs réponses à la 13ème session. Cinq états ont répondu: l’Australie, le Danemark, le Mexique, le Paraguay et les Etats-Unis. De ceux-ci, seul le Paraguay a rapporté une quelconque action mise en place en ce qui concerne la propriété indigène de la terre, le problème fondamental qui affecte les peuples indigènes au travers de la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Les autres états répondant ont discuté de nombreuses affaires sociales et de programmes de services fournis aux personnes indigènes.

Le rapport final de la 14ème session [UN Doc E/2015/43] n’a pas attiré l’attention sur ce manque évident de réponse et de suivi de l’étude et de ses recommandations. En fait, le rapport a “encensé le document de clôture” de la réunion plénière de haut-niveau, sans même faire allusion au fait que la réunion n’avait aucunement adressé la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Le rapport a néanmoins réitéré le droit des peuples indigènes à avoir leur mot à dire dans le développement de leurs terres.

Peut-être de manière édifiante, la 14ème session a aussi reconnu “le besoin de réduire le nombre de recommandations tout en renforçant le suivi et la mise en place des recommandations les plus remarquables.” Le Forum a promis de prendre une “initiative de réforme”.

L’urgence du problème du titre de propriété indigène a été accru par la reconnaissance que, comme l’a rapporté la 14ème session, le suicide au sein des peuples indigènes “est lié à la perte par les peuples indigènes de leurs droits à la terre et à leurs territoires ancestraux, leurs ressources naturelles, leurs modes de vie traditionnels et l’utilisation traditionnelle des ressources naturelles.

Bien que le rapport ait fait suivre ces trouvailles d’une volée de propositions pour des actions sur la santé, il a aussi appelé “l’envoyé du SG de l’ONU pour la jeunesse… d’informer le Forum sur les progrès en ce domaine dans la 15ème session.”

Celle-ci aura lieu en Mai 2016. L’agenda publié s’ouvre avec “Un suivi des recommandations du Forum Permanent: a) Mise à jour sur la mise en place des recommandations du FP.” Après une subséquente “réunion d’expert internationale sur le thème “Langues indigènes: préservation et revitalisation”, l’agenda continue sur deux “études préparées par des membres du FP.” La liste n’inclut pas d’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte.

Dans quelques semaines, nous saurons si le FP de l’ONU a oublié la Doctrine Chrétienne de la Découverte ou s’il va insister sur la question de la terre pour les peuples indigènes et leurs droits devant inclure une révocation de la Doctrine et des bulles pontificales desquelles les schémas de domination de la doctrine ont émergé.

L’ONU, tout comme ses états membres, fait fonctionner une énorme bureaucratie ce qui augmente la possibilité pour bien des sujets de passer à la trappe. Les états membres ne regardent pas les peuples indigènes comme des participants à part entière de l’organisation. De plus, quelques états membres, particulièrement les Etats-Unis, ont pris des mesures pour mettre une limite entre les droits des peuples indigènes et les droits des peuples. En fait, l’effort parallèle pour définir un “nouveau statut” pour les peuples indigènes à l’ONU indique autant un effort de les enterrer et de les mettre au placard que de les élever à être membre à part entière du corps général de l’organisation.

Le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis, au moment où ceux-ci changeaient leur vote sur la DDPI d’un non à un oui, avait dit que la déclaration crée une catégorie spéciale de droits qui n’est pas équivalente à une participation complète au concert des nations. Le ministère a poussé le bouchon aussi loin que de déclarer que le système de “loi fédérale indienne”, basé sur la doctrine Chrétienne de la Découverte, est identique au système de droit mis en place dans la déclaraton de l’ONU.

En mettant ces développements bout à bout, l’étude du FPAI de l’ONU sur le Doctrine Chrétienne de la Découverte passant à la trappe et l’effort de maintenir les peuples indigènes dans un statut subordonné en rapport avec les états, peut faire facilement conclure que les droits des peuples indigènes sont non seulement sous attaque des états coloniaux, mais que les termes de l’attaque n’ont pas même changé. Les peuples indigènes ont un “forum permanent” pour leurs “affaires”, mais leurs affaires sont toujours subordonnées aux préoccupations des états qui clâment une supériorité sur eux.

Dans la tragédie de Shakespeare “Jules César”, Marc Antoine cache son amour de César: “Je suis venu pour enterrer César et non pas pour l’encenser”. L’inverse marche tout aussi bien: un ennemi peut bien dire: “Je viens pour encenser et pas pour enterrer”. Attention aux manifestations d’amitié aux peuples indigènes… à moins que ce ne soit confirmé par des actions.

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Résistance politique à la sémantique colonialiste étendue à l’ONU

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Les Etats-Unis demandent à l’ONU de reconnaître les “Tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis”

 

Steve Newcomb

 

16 Juin 2014

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/06/16/us-calls-un-accord-recognition-us-federally-recognized-tribes

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 3 Juin, il y a eu une réunion informelle à l’ONU concernant le développement d’un “document d’action orienté de fin de session”. Ce document est planifié pour être adopté de manière officielle par l’assemblée générale de l’ONU à la fin de la réunion pléniaire de haut niveau qui se tiendra en Septembre prochain à New York au QG de l’ONU.

Le 3 juin 2014, une réunion informelle s’est tenue au QG de l’ONU à New York et la porte-parole des Etats-Unis y délivra ce qu’elle a appelé “quelques commentaires du point de vue du gouvernement américain”. La porte-parole des Etats-Unis a dit qu’”en respect de la participation des peuples indigènes aux Nations-Unies, les Etats-Unis ont réitéré de manière consistante leur soutien pour une participation indigène à l’ONU.” Elle a dit:

Nous sommes d’accord avec les peuples indigènes que les arrangements qui existent pour la participation des peuples indigènes aux débats de l’ONU ne sont pas satisfaisants. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis. Les tribus reconnue fédéralement par les Etats-Unis sont des gouvernements avec des pouvoirs inhérents d’auto-gouvernance, mais dans le cadre de l’ONU, ces prérogatives caractéristiques ne sont pas reconnues. Nous sommes décidés à trouver une réponse appropriée à ce défi. Nous continuerons à consulter les tribus basées aux Etats-Unis, les organisations indigènes et les états membres pour explorer les options possibles.

Quand nous décortiquons cette déclaration américaine, que voyons-nous ? Les “tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis” ne sont pas reconnues dans “le cadre des nations-Unies”. Une chose est claire: Les Etats-Unis se sont engagés dans un jeu sémantique. La catégorie spécifique américaine “tribus fédéralement reconnues par les US” (et “tribus basées aux Etats-Unis”) est un statut subordonné créé par les Etats-Unis au moyen de la loi fédérale américaine sur les Indiens et de son système idéo-politique raciste et fondé sur la bigoterie religieuse.

Etant donné la préparation vers cette réunion de septembre, qui doit “être connue comme une Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes”, il est impératif que nous restions particulièrement hyper-vigilants. Nous ne devons pas nous laisser embarquer dans un jeu/piège sémantique que nous tend le gouvernement des Etats-Unis. Une autre réunion est programmée pour les 17-18 Juin 2014 au QG de l’ONU à New York.

En plaidant que nos nations et nos peuples originellement libres et indépendants soient reconnus à l’ONU comme “tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis”, les Etats-Unis tentent de trouver un endroit “approprié” à l’ONU pour le système politico-légal de sa loi fédérale sur les Indiens qui a créé la catégorie américaine de “tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis”.

Avec cette approche, ceux-ci remplissent une volonté exprimée dans leur “annonce d’un soutien des Etats-Unis pour la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU”, émise par le ministère des affaires étrangères en 2010.

Spécifiquement la phrase clef du ministère des AE américain stipule: “… Les Etats-Unis s’engagent à servir de modèle dans la communauté internationale pour la promotion et la protection des droits collectifs des peuples indigènes aussi bien que les droits humains de tous les individus.” Je vois cette nouvelle approche des Etats-Unis comme un effort de nous tromper à accepter l’idée que la loi fédérale américaine sur les Indiens et son système idéologico-politique inhérent se doivent d’être reconnus comme des modèles par l’ONU et normalisés au sein de l’organisation, avec notre “consentement libre, préalable et informé”. A mon avis, nous ne devrions pas assister les Etats-Unis à faire légitimiser internationalement leur système légal et politique de domination.

Si et quand cela se passera, nous serons alors capables de toujours dire que la loi fédérale américaine sur les Indiens et sa politique résultante est un système de domination imposé à nos nations et à nos peuples contre leur volonté. Ou alors, les Etats-Unis pourront-ils dire que nous sommes en fait ceux qui ont demandés à être “subjugués” et “assujettis” à notre statut sous la loi fédérale sur les Indiens ainsi que sa politique inhérente et que celles-ci doivent être reconnues par l’ONU et ainsi être légitimisées dans l’arène internationale et ce au nom de mettre en application la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (UNDRIP) ?

La myriade de problèmes provenant de la loi et de la politique fédérales sur les Indiens a mené nos nations, nos leaders spirituels, nos activistes et nos universitaires dans la communauté internationale dans les années 1970. Ils ne se sont pas fait connaître dans l’arène internationale afin de faire reconnaître cette loi et cette politique par l’ONU ; en fait c’est la dernière chose qui leur serait venue à l’esprit, parce que cela est le système même de domination qui a causé tous ces problèmes à nos peuples et nations depuis des siècles.

Le terme technique de métonymie (NdT: nommer un objet pour un autre) éclairera peut-être un peu mieux notre lanterne sur ce qu’il s’est passé lorsque les Etats-Unis ont demandé à l’ONU de reconnaître “les tribus fédéralement reconnues par les Etats-Unis”. Une métonymie est la partie d’un tout. C’est la partie qui implique le tout duquel elle est dérivée. Prenons par exemple l’expression “La Maison Blanche a dit aujourd’hui”, expression souvent citée dans des rapports ou articles de presse. Elle utilise la maison dans laquelle réside le président des Etats-Unis comme “partie” de ce qui “est compris comme” la totalité de la branche exécutive américaine. C’est la partie qui remplace la totalité.

Similairement, “les tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis” est une métonymie (partie) qui représente le contexte entier de la loi fédérale américaine sur les Indiens et son système politique ; “les tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis” est une construction mentale qui émerge des esprits des hommes blancs alors qu’ils ont développé la loi et sa politique inhérente. Le système mental blanc raciste et bigot est à l’origine du concept des “tribus reconnues fédéralement par les Etats-Unis”.

Et pourtant nous voyons des organisations comme le Congrès National des Indiens Américains (NCAI) et l’Indian Law Resource Center (ILRC), tentant, apparemment sans même s’en rendre compte, de trouver une place “appropriée et digne” pour la loi fédérale américaine sur les Indiens et sa politique inhérente aux Nations-Unies et tout cela au nom de l’application des articles de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (UNDRIP).

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape est le co-fondateur et co-directeur de l’Indigenous Law Institute, auteur du livre: “Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery” (Fulcrum, 2008). Il a étudié les origines conceptuelles de la loi fédérale américaine sur les Indiens et la loi internationale deuis le début de années 1980.

Résistance politique: Boycott de la mascarade de la « réunion pléniaire mondiale » de l’ONU sur les peuples indigènes…

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L’arrogance et le racisme des états occidentaux est incommensurable. L’ONU à tous les niveaux est une mascarade oligarchique gérée par les banquiers depuis un terrain Rockefeller volé aux Indiens. Tout est là.

–Résistance 71 —

 

Servir les peuples indigènes

 

Steven Newcomb

 

28 Avril 2014

 

url de l’article:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/04/28/serve-indigenous-peoples

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pour ceux qui ont grandi en regardant les séries classiques de science-fiction de Rod Serling, The Twilight Zone, il y a un épisode mémorable de 1962 intitulé: “To Serve Man.” Ou “Servir l’Homme”.

De manière ironique en vue de cet article, le bâtiment du QG de l’ONU (NdT: construit sur un terrain “donné” par la famille Rockefeller…) à New York est montré au début de l’épisode et à la minute 5:39, Rod Serling réfère de manière prophétique à “un Christophe Colomb venant d’une autre galaxie et d’un autre temps”.

Dans cet épisode, les extra-terrestres connus comme Kanamites, viennent sur Terre et à l’ONU de New York, devant la télévision, le représentant des kanamites “lit” (de manière télépathique) d’un livre écrit dans son langage extra-terrestre. Les Kanamites professent l’altruisme et ne vouloir que rendre service à l’humanité. Après son message, le représentant Kanamite laisse le livre dont il a lu des pasages sur une table. Eventuellement, la femme qui a la tâche de décoder le langage du livre finit par comprendre que le titre veut dire “Servir l’Homme”.

En se basant sur le message de paix et d’altruisme du message des Kanamites, les humains sont convaincus qu’une vie meilleure les attend s’ils montent à bord des vaisseaux spatiaux qui les attendent pour les emmener en voyage sur la planète lointaine. Après que bon nombre d’humains aient déjà quitté la Terre pour visiter la planète distante, le personnage principal se prépare à monter à bord d’un vaisseau Kanamite, lorsque la femme qui travaillait sur le décodage du livre fait irruption et lui crie: “Mr Chambers, ne montez pas dans ce vaisseau. Le reste du livre, “Servir l’Homme”… c’est un livre de cuisine !”

Trop tard. Il est forcé à bord et décolle pour la planète extra-terrestre. A la fin de l’épisode, Mr Chambers regarde la caméra et dit: “Et vous, toujours sur Terre, ou dans le vaisseau avec moi ? Mais tout cela n’a pas vrament d’importance, parce que tôt ou tard, nous seront tous au menu, tous.”

Aujourd’hui, nous pourrions écrire un épisode imaginaire de notre propre “Twilight Zone” intitulé: “Servir les peuples indigènes”. L’épisode serait construit sur un ostentatoire message de paix et d’altruisme pendant les préparations pour la réunion pléniaire de l’ONU et de son assemblée générale, qui n’est pas une conférence mondiale sur les peuples indigènes bien qu’elle soit présentée comme telle. Le but de cette réunion de haut niveau de l’assemblée générale, est, nous dit-on, pour mettre en lumière les “meilleurs pratiques” pour les états de mettre en application de la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU. Un document sera créé à cet effet à la fin de la conférence, dont le contenu sera contrôlé par les gouvernements des états.

Beaucoup de personnes dans le monde appelées “indigènes” (à savoir: “sous domination”) ont cautionné cet évènement parce qu’on leur a fait croire que c’est en fait une “conférence mondiale sur les peuples indigènes”. Hors, ces nations et peuples indigènes qui participèrent au Caucus des Peuples Indigènes d’Amérique du Nord les 1 et 2 Mars courant à Kamloops, en territoire Secwépemc de Kamloops en “Colombie Britannique” (Canada), ont décidé d’appeler à l’annulation de cette assemblée pléniaire de l’ONU à venir, car elle n’est pas une conférence mondiale sur les peuples indigènes.

Pourquoi ? Parce que cette réunion pléniaire est structurée de manière prévisible et déséquilibrée de façon à placer les états au dessus des peuples étiquetés “indigènes” et aussi parce que l’écriture du document final sera entièreement contrôlée par les états membres de l’ONU. Un processus informel se tiendra qui incluera au mieux 32 personnes indigènes, d’une population mondiale estimée de plus de 370 millions de personnes indigènes et des milliers de peuples et nations indigènes. La réunion nord-américaine a appelé pour que l’assemblée générale de l’ONU annule la réunion pléniaire, pour la bonne raison que cette réunion n’est pas fondée sur l’égalité des nations et des peuples étiquetés “indigènes”.

Vous allez me dire, mais qu’est-ce que cela a à voir avec un épisiode imaginaire de la “Twilight Zone” ? Le 4 Avril, le ministère des affaires étrangères américain a envoyé une invitation pour une consultation sur la réunion pléniaire, ce qui représente un suivi de sa session du 10 Mars de “prise d’info” sur le même sujet. La réunion du 10 Mars a duré 90 minutes, mais durant ce laps de temps, aucun officiel “tribal” élu ou représentant d’organisations comme le National Congress of American Indians (NCAI) ne mentionna le sujet épineux du “document de cloture” de la réunion pléniaire.

Le point le plus important en fait de cette réunion pléniaire, le document qui s’en suivra, n’a même pas été abordé. Ceci serait l’équivalent dans l’épisode classique de Twilight Zone, que les humains ne mentionneraient même pas, sans parler même de le déchiffrer, du document extra-terrestre “Servir l’Homme”. L’invitation du ministère du 4 Avril possède une terminologie clef qu’il convient d’examiner plus précisément.

Dans le graphe ci-dessous (voit le document original en anglais), la colonne de gauche tente d’illustrer la hiérarchie subordonnante pro-US de l’évènement de “consultation” du ministère des AE du 9 Mai. La structure de l’invitation communique l’idée que les nations et peuples “indigènes” sont politiquement subordonnés aux Etats-Unis. La partie droite du graphique tente d’illustrer la structure inégale de la réunion pléniaire de l’ONU en Septembre. La colonne de droite montre également la nature verticale de haut en bas de la réunion pléniaire de l’ONU et les 32 ou moins individus indigènes qui seront autorisés à avoir un rôle de “consultation” dans la phase INFORMELLE du développement de la rédaction du document de cloture de l’assemblée.

Dans son invitation du 4 Avril, le ministère US des AE a mis les initiales “U.S” devant les mots “peuples indigènes” pour créer l’impression que ces gens nommés “indigènes” appartiennent “de droit” aux Etats-Unis tout comme le “US State Department” appartient aux Etats-Unis. Il y a néanmoins une différence fondamentale entre les deux phrases. “peuples indigènes des Etats-Unis” est interprêté, du point de vue des Etats-Unis, comme “appartenant aux Etats-Unis en tant que possessions de type colonial”.

Le ministère américain des AE utilise la loi et la politique fédérales sur les Indiens dans ce contexte pour cadrer la participation “tribale” à cette “consultation” du ministère du 9 Mai. C’est bien sûr la même loi fédérale sur les Indiens qui ne fonctionne pas et qui oblige les Indiens à rechercher la justice dans l’arène internationale depuis les années 1970. Les textes de loi fédéraux sur la loi sur les Indiens ne sont-ils pas pleins d’idees faites pour mieux “servir les Indiens” aux Etats-Unis dans un processus continu et graduel de subordination politique, d’assimilation et de .. digestion ?

Le mot “assimilation” vient de la philosophie politique et transfère un terme de physiologie du corps humain au “corps” de la politique. Conservant l’analogie, Les Etats-Unis ou tout “corps” politique, “mange” et a un “système digestif” et un “colon”. La métaphore obtenue de la “colon-isation” est en fait “manger”. L’expression “être dans le ventre de la bête” a une connexion naturelle avec la métaphore de la “colinisation est manger”. Toujours dans l’analogie, le “corps politique” prédateur (l’état) travaille pour digérer et “assimiler” les peuples indigènes qu’il “mange” et “absorbe”.

Ces leaders Indiens et activistes qui allèrent dans l’arène internationale dans les années 1970 recherchaient un moyen, une voie, pour mettre fin aux injustices créées par la loi et la politique fédérale américaine sur les Indiens et non pas apprendre comment être de meilleures victimes des “recettes” de la loi sur les Indiens. Les leaders élus d’aujourd’hui vont-ils simplement accepter, pour l’objectif de la réunion pléniaire de l’ONU et de son document final, le contexte injuste mis en place par la loi et la politique fédérale américaine sur les Indiens ? Ou vont-ils utilisé l’arène internationale pour travailler vers la fin du racisme, de la bigoterie religieuse et le la nature injuste de ce système digestif fédéral ?

Le langage de l’invitation du ministère montre que les Etats-Unis utilisent cette occasion de la réunion de l’ONU et les “meilleurs pratiques” fondées sur la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU, comme une opportunité de notre incorporation et assimilation plus avant (colonie = colon = digestion) dans le corps politique des Etats-Unis.

Certains ont dit: “si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes probablement a menu”. En politique internationale, pour des nations et peuples présumés existant sous la dominance des états (signification de “peuple indigène”), on peut vous donner l’illusion d’être à la table mais de toujours être au menu du repas qui résultera de nos nations et de nos peuples toujours digérés plus avant par les états. Dans notre épisode de “Twilight Zone”, au vu comment les choses se passent actuellement, les “peuples indigènes” sont au menu de la réunion de l’ONU, ainsi donc le titre du document de cloture devra être: “Servir les peuples indigènes”.

Steven Newcomb (Shawnee, Lenape) est le co-fondateur et co-directeur de l’ Indigenous Law Institute, auteur de Pagans in the Promised Land: Decoding the Doctrine of Christian Discovery (Fulcrum, 2008). Il a étudié la loi fédérale indienne et la loi internationale depuis le début des années 1980.