Archive pour oligarchie

Société contre l’État… L’expérience ukrainienne

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, résistance politique, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 24 juillet 2013 by Résistance 71

La lutte contre l’État

 Nestor Makhno (1926)

Le fait que l’Etat moderne soit le type d’organisation d’un pouvoir fondé sur l’arbitraire et la violence dans la vie sociale des travailleurs est indépendant de son caractère « bourgeois » ou « prolétariens ». Il repose sur le centralisme oppressif, découlant de la violence directe d’une minorité sur la majorité. Chaque Etat utilise, pour affirmer et imposer la légalité de son système, outre le fusil et l’or, des moyens puissants de pression morale. A l’aide de ces moyens, un petit groupe de politiciens réprime psychologiquement toute la société et, en particulier, les masses laborieuses, les conditionnant de façon à détourner leur attention du servage instauré par l’Etat.

Ainsi, il est clair que, pour combattre la violence organisée de l’Etat moderne, il faut employer des moyens puissants, correspondant à l’importance de la tâche.

Jusqu’ici, les moyens d’action sociale employés par la classe laborieuse révolutionnaire contre le pouvoir des oppresseurs et exploiteurs – l’Etat et le Capital – , conformément aux idées libertaires, ne suffisent pas pour mener les travailleurs à la victoire complète.

Il est arrivé dans l’Histoire que les travailleurs vainquent le Capital; mais la victoire leur échappait ensuite, parce qu’un pouvoir d’Etat se créait, unissant les intérêts du capital privé et capitalisme d’Etat pour triompher des travailleurs.

L’expérience de la révolution russe nous a démontré à l’évidence nos insuffisances dans ce domaine. Nous ne devons pas l’oublier, nous appliquant à les discerner distinctement.

Nous pouvons reconnaître que notre lutte contre l’Etat dans la Révolution russe fut remarquable, malgré la désorganisation qui règne dans nos rangs; remarquable surtout en ce qui concerne la destruction de cette hideuse institution.

Mais, en revanche notre lutte fut insignifiante dans le domaine de l’édification de la société libre des travailleurs et de ses structures sociales, ce qui aurait pu garantir son développement en dehors de la tutelle de l’Etat et de ses institution répressives.

Le fait que nous, communistes libertaires ou anarcho-syndicalistes, n’avions pas prévu le lendemain de la Révolution russe, et que nous ne nous sommes pas hâtés de formuler à temps les nouvelles formes de l’activité sociale, a amené beaucoup de nos groupes ou organisations à hésiter plus d’une fois dans leur orientation politique et socio-stratégique sur le front combattant de la Révolution.

Afin d’éviter de retomber à l’avenir dans les mêmes erreurs, lors d’une situation révolutionnaire, et pour conserver la cohérence de notre ligne organisationelle, nous devons fondre d’abord toutes nos forces en un collectif agissant, puis définir dès maintenant notre conception constructive des unités économiques et sociales, locales et territoriales, au besoin les nommer de façon déterminée (soviets, assemblées libres), et en particulier définir dans les grandes lignes leurs fonctions révolutionnaires fondamentales dans la lutte contre l’Etat. L’époque actuelle et les leçons de la révolution russe l’exigent.

Ceux qui se sont mêlés au coeur même de la classe ouvrière et paysanne, en prenant activement part aux victoires et aux défaites de son combat, ceux là doivent sans aucun doute arriver à nos conclusions, et plus précisément à comprendre que notre lutte contre l’Etat doit se mener jusau’à la liquidation complète de celui-ci; ceux là reconnaîtrons par ailleurs que le rôle le plus difficile dans cette lutte est celui de la force armée révolutionnaire.

Il est indispensable de lier les forces armées de la Révolution avec les unités sociales et économiques, dans lesquelles la population laborieuse s’organisera dès les premiers jours de la révolution, afin d’instaurer une auto-organisation totale de la vie, en dehors de toutes structures étatiques.

Les anarchistes doivent concentrer, dès maintenant, leur attention sur cet aspect de la Révolution. Ils doivent être persuadés que, si les forces armées de la révolution s’organisent en armée importantes ou en de nombreux détachements armés locaux, elles ne pourront que vaincre les tenants et les défenseurs de l’étatisme, et par là même créer les conditions nécessaires pour la population laborieuse qui soutient la révolution, afin qu’elle puisse rompre tous ses liens avec le passé et mettre au point le processus d’édification d’une nouvelle vie socio-économique.

L’Etat pourra cependant conserver quelques survivances locales et tenter d’entraver de multiples façons la nouvelle vie des travailleurs , freiner la croissance et le développement harmonieux des nouveaux rapports basés sur l’émancipation totale de l’homme.

La liquidation finale et totale de l’Etat ne pourra avoir lieux que lorsque l’orientation de la lutte des travailleurs sera la plus libertaire possible, lorsqu’ils élaboreront eux-même leurs structures d’action sociale. Ces structures doivent prendre la forme d’organes d’autodirection sociale et économique, celle des soviets libres (anti-autoritaires). Les travailleurs révolutionnaires et leur avant garde – les anarchistes – doivent analyser la nature et la structure de ces soviets et préciser à l’avance leurs fonctions révolutionnaires. C’est de cela que dépend principalement l’évolution positives et le développement des idées anarchistes parmi ceux qui accomplirons pour leur propre compte la liquidation de l’Etat pour édifier la société libre.

Diélo trouda,n°17, octobre 1926, pp.5-6.

 

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MAKHNO Nestor

Né en 1889, dans une famille de paysans pauvres, Nestor Makhno va rapidement se trouver confronté au problème de l’exploitation de l’homme par l’homme. En effet, orphelin de père très jeune, il est obligé d’aller travailler à sept ans chez les riches « koulaks » (propriétaires terriens) pour aider sa famille. Il ira ensuite travailler comme fondeur à l’unique usine de son village. La révolution manquée de 1905 (il a alors seize ans) va éveiller son enthousiasme révolutionnaire et après avoir pris contact avec diverses organisations politiques qui le rebutent, il entre finalement au groupe anarchiste-communiste* de Goulaï-Polé, où il va déployer une grande activité.

Arrêté en 1908 par  » l’Okhrana  » (police du tsar), il est condamné à mort; mais, en raison de. sa jeunesse, sa peine sera commuée en réclusion à vie. Il profite de son emprisonnement à Moscou pour parfaire son éducation, bien qu’en raison de sa mauvaise conduite il soit très souvent au cachot. L’insurrection de Moscou, le 1er mars 1917 ; va lui permettre de recouvrer sa liberté et de rentrer à Goulaï-Polé où il reçoit . un accueil triomphal.

Il y retrouve le groupe anarchiste, avec lequel il va d’abord avoir quelques différents. En effet, sa détention lui avait permis de méditer longuement, il déclare à son retour, désireux d’une organisation sociale immédiate : il veut que les paysans s’organisent d’une façon assez solide pour chasser définitivement les « koulaks ». Bien que très hésitants, ses camarades vont tout de même le suivre et impulser une union professionnelle des ouvriers agricoles, une commune libre et un soviet local des paysans qui va partager les terres de façon égalitaire. Exemple qui sera rapidement suivi dans les villages voisins.

C’est à cette époque que se situe l’entrée des armées austro-allemandes en Ukraine.

Makhno est alors chargé par un comité révolutionnaire de former des bataillons de lutte contre l’occupant et la Rada centrale de l’hetman Skoropadsky. II va participer à de nombreux meetings, appelant les travailleurs à l’insurrection générale.

Spontanément tous les détachements .de partisans vont le rejoindre, et Makhno se révélera un organisateur extraordinaire, en semant la terreur dans les rangs ennemis à la tête de la compagnie révolutionnaire dont il a la responsabilité. Appuyé par les masses populaires dont les partisans sont issus, il a un énorme avantage et il est bien certain que devant une telle force, seule l’aide des armées d’occupation peut maintenir l’hetman en place.

Lorsque celles-ci vont être rappelées dans leur pays à la suite de la défaite du bloc germanique sur le front occidental, c’est la débandade chez les propriétaires qui trouvent refuge à l’étranger. C’est à ce moment-là que se situe véritablement l’expérience anarchiste en Ukraine qui, avec sa théorie d’organisation libertaire, se trouve en confrontation directe avec la théorie d’organisation marxiste et les réalisations bolcheviques en Grande-Russie.

Source: Pascal Nurnberg, Le Monde Libertaire, 1972

 

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Vision de l’empire: Y a d’la misère chez les riches !

Posted in actualité, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, politique et social, terrorisme d'état with tags , , , , , on 31 octobre 2012 by Résistance 71

L’infâme maison des Al Saoud… Pièce maîtresse des monarchies archaïques et inquisitoriales du  Golfe qui rendent tant de services à l’empire anglo-américain.

Le chateau de carte va s’écrouler, la question n’est pas de savoir s’il va s’écrouler mais quand ?

— Résistance 71 —

 

La pauvreté au pays de l’or noir: un scandale!

 

Al Manar

 

Le 31 Octobre 2012

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=83301&cid=76&fromval=1&frid=76&seccatid=141&s1=1

 

 

Pas facile pour un pays comme l’Arabie saoudite de reconnaître la pauvreté de ses citoyens. Surtout quand ce pays est le troisième plus riche pays du monde et le propriétaire de richesses pétrolières et de ressources naturelles inégalés : l’Arabie-saoudite cherche à refléter une image d’un pays qui offre beaucoup de dons et d’aide aux pays voisins, qui ne lésine pas à appuyer les fonds de développement mondial, d’ouvrir ses portes à des millions de travailleurs étrangers , d’investir dans divers importants projets de construction et de dépenser des sommes colossales dans des projets de tourisme dans des pays européens !

Dans un article publié dans le quotidien libanais asSafir, l’écrivain saoudien Ahmad Dahman dénonce la pauvreté dans le royaume saoudien : une pauvreté qui touche prés de 6 millions de saoudiens..

Il semblerait inimaginable que dans un tel pays vivent des pauvres qui résident dans un logement inapproprié, qui consomme les trois quarts de leur salaire juste pour assurer leurs besoins vitaux comme la nourriture, la boisson ou le loyer.

Comment un tel Etat peut-il laisser ses pauvres vivres dans la misère sur son territoire ?

Aveux des pauvres

Il a fallu beaucoup de temps au régime des alSaoud pour reconnaître ses pauvres. Sans doute, l’ouverture des Saoudiens au monde virtuel et aux sites de réseau social a révélé la vérité aux responsables saoudiens sur la situation sociale de leur peuple.

Ainsi, plusieurs courts métrages, des vidéos et des photos ont été diffusés sur internet,       exposant les situations de pauvreté dénonçant la face cachée du régime des alSaoud.

Des films racontent la souffrance des familles vivant en dessous du seuil de pauvreté, les hommes révèlent les détails de leur vie quotidienne avec un faible revenu qui n’excède pas souvent les cinquante dollars par mois. Un père raconte comment il a à sa charge une famille de huit fils, mariés et chômeurs. Un autre rapporte son expulsion arbitraire et publie une lettre ouverte au roi saoudien sur le site YouTube.

Et la question qui se pose : Comment sommes-nous arrivés là, comment les conditions se sont-elles détériorées à ce niveau?

L’absence de chiffres précis et de statistiques officielles concernant la pauvreté en Arabie saoudite, n’a pas encouragé les autorités saoudiennes à rechercher des solutions radicales et déraciner le problème.

Malheureusement, aujourd’hui la crise se développe et la pauvreté entraîne des phénomènes       qui       affectent l’environnement sain du peuple et que le royaume tente de préserver. L’Etat a déclaré que le nombre de bénéficiaires des allocations sociales, selon les dernières statistiques de cette année, a atteint environ 800 mille cas.

Par cas, on signifie une famille moyenne composée de 6 à 8 personnes. Plus tard, le ministère saoudien des Affaires sociales a déclaré que ces allocations touchent les familles dites nombreuses composées de 15 personnes, et donc, le nombre de pauvres dans le royaume saoudien dépasse les 6 millions sur une population totale de 20 millions de personnes.

Par ailleurs, le nombre croissant des bénéficiaires des prestations de la sécurité sociale indique que la classe moyenne s’est réduite au profit des classes inférieures.

Le lien avec les réserves fédérales des Etats-Unis

Selon Ahmad Dahman, l’économie du royaume se fait léser par les politiques de partenariat avec la Réserve fédérale américaine, surtout que cette dernière a subi de nombreuses crises au cours des dix dernières années.

Ce lien a rendu l’économie saoudienne vulnérable à une inflation massive qui a frappé le pays et a conduit à la chute du pouvoir d’achat en riyal saoudien, et ce malgré le soutien de l’Etat aux biens de consommation de base.

Mais l’augmentation rapide des prix des produits de base ne s’est pas accompagnée d’une augmentation des salaires, ce qui a conduit à la chute de nombreuses familles dans le piège de la cherté de la vie.

La société a tenté de traiter avec cette hausse des prix imposés par les propriétaires d’entreprises en organisant des campagnes de boycott sur certains produits alimentaires. Par exemple, les Saoudiens ont boycotté le poulet à cause de son prix qui a triplé.

Crise de logement : le loyer a triplé

En plus du coût élevé des produits de consommation de base, les Saoudiens doivent affronter la hausse des prix de logement.

Les statistiques ont montré que 80 pour cent des Saoudiens vivent dans des maisons à louer, la possession d’une maison privée est presque un rêve en Arabie-saoudite en raison des prix élevés des terrains et des coûts de construction, qui font partie de l’irréel.

Cette hausse a fait peser encore plus le fardeau de la cherté de la vie quotidienne sur les épaules du peuple avec un loyer de pas moins de six cents dollars. Sans compter qu’il doit payer les coûts de la nourriture et de l’hébergement pour une famille composée au minimum de six membres.

A cela s’ajoute, le problème accru du chômage qui touche toutes les régions de l’Arabie saoudite et dont un grand nombre de citoyens souffre à cause notamment de l’emploi excessif d’étrangers.

Alors quelle stratégie?

L’Arabie-saoudite a tenté de développer une stratégie de lutte contre la pauvreté. Selon le ministre des Affaires sociales, le plan élaboré contre la pauvreté s’attaque à ses quatre causes principales:

1) trouver une solution au chômage qui a atteint un taux alarmant, puisqu’il l’Arabie saoudite occupe la deuxième place après l’Irak dans les plus hauts taux de chômage au Moyen-Orient et dans le monde arabe,

2) trouver une solution à la crise de logement et au coût élevé des loyers ,

3) trouver une solution au problème des salaires bas et à la hausse du coût de la vie,

4) et enfin, accélérer les projets de développement de manière équilibrée entre les différentes régions.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’injecter de l’argent n’est pas une solution radicale au problème de la pauvreté, il l’anesthésie de façon temporaire et rend les individus plus dépendants aux allocations sociales. Ainsi, au lieu de se concentrer sur la distribution de l’aide alimentaire et sur l’activité des associations caritatives de bienfaisance, il aurait mieux fallu fournir aux citoyens des produits alimentaires de base à des prix abordables dans des marchés commerciaux via des cartes distribuées par le gouvernement pour soutenir les nécessiteux.

Jazan, est la ville la plus       pauvre       en Arabie Saoudite, elle est située dans le sud du pays, et le nombre de familles vivant en – dessous du seuil de la pauvreté est d’environ 19 700 familles.. Conformément à la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, le taux de ménages vivant sous le seuil de la pauvreté absolue dans la région de Jazan est de 34 pour cent. La ville Najran, au sud du Royaume occupe la deuxième place avec 24,53 pour cent des familles, suivi d’alMadina, la ville du prophète Mohammad située à l’ouest de l’Arabie saoudite avec 24,07 pour cent de ses familles qui vivent en-dessous de la pauvreté..

Résistance politique: La toute première constitution de l’humanité, celle de la Confédération Iroquoise, montre un chemin égalitaire déjà débroussaillé

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 21 septembre 2012 by Résistance 71

Les nations natives d’Amérique du nord et du sud combattent le terrorisme depuis 1492… Qui en parle ?

(Résistance 71)

“Dans les villages iroquois, la terre était possédée en commun et travaillée en commun. La chasse était faite ensemble, et les prises étaient divisées entre tous les membres du village. Les maisons étaient considérées comme étant propriété commune et étaient partagées par plusieurs familles. Le concept de propriété privée de terrain ou de maison était complètement étranger aux Iroquois… Les femmes étaient très importantes dans la société iroquoise. Les familles suivaient une descendance matrilinéaire, c’est à dire que la lignée familiale descendait par rapport aux femmes, dont les maris rejoignaient les familles, tandis que les fils rejoignaient les familles de leurs épouses lorsqu’ils se mariaient. Les familles vivaient dans les ‘longues maisons’ et lorsqu’une femme voulait divorcer, elle mettait les affaires de son mari sur le pas de la porte.”

(Howard Zinn, “Une histoire populaire des Etats-Unis”, 1980)

 

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La confédération des 6 nations iroquoises (Ontario & New York) : 1ère démocratie américaine, source d’inspiration pour la constitution et la déclaration d’indépendance des USA

 

Les sauvages américains, des peuples démocratiques

 

url de l’article original:

http://matricien.org/societes-gentilices/confederalisme-iroquois/

 

Les immigrants venus en Amérique à l’époque coloniale cherchaient la liberté. Ils en ont trouvé l’exemple dans la confédération des Iroquois, comme chez d’autres nations indiennes du continent. Des rapports égalitaires régissent les relations entre membres d’une même tribu, car les Amérindiens éprouvent une aversion pour la subordination. Le chef, nommé par tous les membres du clan ou de la tribu (tout dépendant de la structure sociale) est remplacé selon le bon vouloir de ces derniers. Il joue un rôle de porte-parole, ses fonctions sont symboliques et son pouvoir limité. De plus, il ne retire aucun privilège de sa fonction. Ces concepts se sont largement propagés au sein des anciennes colonies britanniques, comme le montrent les propos tenus par Benjamin Franklin, Thomas Jefferson et John Adams à l’occasion de la Convention constitutionnelle de 1787.

Un rôle clé dans la diplomatie avec les européens

Dans tout l’est de l’Amérique du Nord, les nations indiennes avaient formé des confédérations avant l’arrivée des immigrants européens : les Séminoles dans ce qui est aujourd’hui la Floride, les Cherokees et les Choctaws dans les Carolines, et les Iroquois et leurs alliés les Hurons dans le nord de l’État de New York et dans la vallée du Saint-Laurent. Les colons connaissaient surtout le système de confédération des Iroquois, car ces derniers jouaient un rôle clé dans le domaine diplomatique, non seulement en ce qui concerne les relations entre les Français et les Anglais, mais également sur le plan des relations avec les autres confédérations indiennes. Appelés Iroquois par les Français, et Cinq Nations (et plus tard Six Nations) par les Anglais, les peuples iroquois s’appelaient eux-mêmes Haudenosaunee, ce qui signifie le Peuple aux longues maisons. Ils contrôlaient le seul passage terrestre relativement plat entre les colonies anglaises de la côte Est et les comptoirs français de la vallée du Saint-Laurent.

Des sociétés confédérales matrilinéaires

La famille iroquoienne est constituée de six confédérations, chacune regroupant de nombreuses nations amérindiennes. Les Hurons, les Pétuns, les Neutres, les Ériés, les Susquenhannocks et les Iroquois forment les six confédérations. Chacune d’elles regroupe un certain nombre de nations. Les Hurons-Wendat et les Iroquois sont les deux nations les plus connues de cette famille, ainsi que les Tobaccos, qui en comptait toutefois plusieurs autres à l’arrivée des Européens. Au sein de cette grande famille, deux sous-groupes se distinguent, qui s’étalent sur un territoire de plusieurs centaines de kilomètres carrés: les tribus sédentaires de la côte est, qui vivent surtout d’agriculture et de pêche, et les tribus de chasseurs migrateurs, qui sont dispersées entre la côte nord-est, le centre et le nord du Québec, autour des Grands Lacs Érié, Ontario et Huron, au nord du lac Supérieur et la vallée du Saint Laurent. Les confédérations sont des alliances politiques et stratégiques entre plusieurs nations qui, ainsi regroupées, peuvent assurer la défense de leur territoire. Ils formaient une société matriarcale (société dont la mère est le chef de famille, et dont l’héritage matériel et social se transmettait de mère en fille). La confédération huronne, fondée en 1440, comprend cinq nations : les Attignawantans (“peuplade de l’Ours”), les Attigneenongnahacs (“peuplade de la Corde”), les Arhendaronons (“peuplade du Rocher”), les Tahontaenrats (“peuplade du Cerf”) et les Ataronchronons (“peuplade des Marais”). Des Iroquoiens, seuls les Hurons furent les alliés des Français.

Les mères garantes de la première démocratie américaine

Matriarcat Iroquois : Dans les institutions démocratiques iroquoises, la mère est le pilier de la société. Elle possède la terre, le foyer, et les enfants, nomme et révoque les chef, et dispose d’un droit de veto ultime. Les Iroquois sont ceux qui se rapprochent probablement le plus de l’état matriarcal. Le jésuite Joseph-François Lafitau qualifie les sociétés iroquoiennes d’«empire de femmes». Elles se comportent parfois en véritables guerrières amazones. Les femmes, surtout celles qui sont âgées, sont reconnues pour leur sagesse. Les femmes nommaient leur candidat lors d’une vacance au conseil des chefs et avaient le droit de désapprouver et même d’empêcher l’élection d’un chef qu’elles jugeaient indigne.

Une société idéale

La Confédération Iroquoise fut l’entité politique la plus puissante en Amérique du Nord, pendant deux siècles avant et après Christophe Colomb. Une société collectiviste et égalitaire, sans état, sans gouvernement et sans forces de l’ordre, dont les marxistes (Engels & Lafargue) eux-même faisaient l’éloge. Aujourd’hui encore, la Confédération Haudenosaunee se considère comme une nation souveraine, sur son territoire de Grand River, en Ontario, au Canada. Depuis 1977, ils disposent de leur propre passeport, reconnu internationalement à l’ONU.

Qui a contribué à l’essor économique des français

On a souvent dit des Iroquois qu’ils étaient des guerriers cruels et sanguinaires s’acharnant sans relâche sur les colons français. Dans son texte, John A. Dickinson atténue cette vision des faits et constate que, loin de causer des pertes dramatiques à la Nouvelle-France, les Iroquois ont plutôt, de façon indirecte, contribué à son essor économique. «L’image traditionnelle de cette guerre (entre français et iroquois) ne résiste pas à une analyse des faits. La cruauté toute relative des Iroquois était bien réelle, mais elle était dirigée le plus souvent contre d’autres nations amérindiennes (algonquins patriarcaux).»

Une société clanique auto-gérée

Les Mohawks et les Oneidas comptaient trois clans, les autres nations iroquoises en avaient de huit à dix. Pour la plupart, ces clans portaient des noms d’animaux (Ours, Loup, Tortue, Aigle, etc.). La ligue était gouvernée par un conseil de 50 sachems, et chacune des nations fondatrices de la confédération était représentée par une délégation de 8 à 14 membres. Les tribus et villages individuels étaient gouvernés par leur propre conseil de sachems et de chefs.

Une constitution exemplaire qui surpasse le droit romain

La Gayanashagowa, ”grande loi qui lie” ou ”grande loi de l’Unité” ou ”grande loi de paix”, est la constitution orale de la confédération des 6 nations Iroquoises. Elle a été édictée au XIIe siècle par le prophète Deganawida (le Grand Pacificateur), et son disciple Hiawatha, qui prêchaient la Grande Paix. Rédigée en 1720, elle est composée de 117 paragraphes. Elle a servi d’inspiration aux Pères Fondateurs des USA, pour sa déclaration d’indépendance et sa constitution, et pour certains fondements constitutionnels de l’ONU. On a même pu écrire que les Indiens iroquois “avaient surpassé le droit romain”.

Un modèle à suivre pour s’unir

Dès 1744 à Lancaster, en Pennsylvanie, le tadodaho (chef de la confédération) Canassatego avait expliqué la vision iroquoise de l’unité aux représentants des colonies :

“Nos ancêtres dans leur sagesse ont établi une union et l’amitié entre les Cinq Nations. Cette décision nous as rendu puissants ; elle nous a donné un grand poids et une grande autorité vis-à-vis des nations voisines. Notre confédération est puissante; si vous suivez les méthodes adoptées par nos sages, vous disposerez vous aussi de cette force et de ce pouvoir. Ainsi, quoi qu’il arrive, ne rompez jamais votre union.”

Quand les civilisés copient les sauvages

Les 13 premières colonies américaines fut le projet d’une poignée de réfugiés et d’exilés de vivre indépendamment de la dictature de la Banque (d’Angleterre) et de l’État (britannique). Benjamin Franklin, l’un des Pères Fondateurs, était un ami du peuple iroquois. Face aux guerres fratricides entre les 13 colonies, il fustigea la puérilité de ces dernières, comparée à la paix et l’unité des ”sauvages”, pourtant sans écriture et sans technologie. Alors, il demanda aux chefs de la confédération iroquoise de leur traduire leur constitution, afin qu’elle leur serve d’inspiration.

Des colons incapables de s’unir

En 1751, faisant référence à l’unité iroquoise, benjamin Franklin n’avait pas hésité à utiliser des arguments xénophobes pour faire honte aux colons anglais réticents et les encourager à accepter une union : « Il serait tout de même étrange (…) que six nations de sauvages incultes soient capables de former une union et de la maintenir au cours des âges de manière apparemment indissoluble, et qu’une dizaine ou une douzaine de colonies anglaises soient incapables de former une telle union, qui leur est pourtant encore plus nécessaire et qui présente pour elles certainement plus d’avantages. » En réalité, on découvrira par la suite que Franklin avait un très grand respect pour les Iroquois. Il avait commencé sa prestigieuse carrière diplomatique en tant que représentant de la Pennsylvanie lors de la négociation de traités avec les Iroquois et leurs alliés, alors qu’il apparaissait déjà comme l’avocat infatigable de l’union des colonies.

Une juridiction simplifiée

Comme l’a écrit Jefferson : « Le seul État sur terre qui peut, selon moi, se comparer au nôtre, est celui des Indiens, car ils sont sujets à encore moins de contraintes juridiques que nous ne le sommes nous-mêmes. » Thomas Paine avait bien résumé les observations de la civilisation indienne lorsqu’il avait écrit, en première page de son pamphlet Le Sens commun que « l’existence d’un gouvernement, comme le fait de devoir porter des vêtements, manifeste une perte d’innocence ».

Une société anarchiste heureuse

En 1787, dans une lettre à Edward Carrington, Jefferson avait établi un lien entre la  liberté d’expression de l’opinion publique et le bonheur, en donnant les Indiens d’Amérique comme exemple :

« Notre gouvernement ayant pour fondement l’opinion de la population, notre objectif premier devrait être de préserver ce droit ; d’ailleurs, si je devais choisir entre un gouvernement sans presse et une presse sans gouvernement, j’opterais sans hésitation pour la seconde solution. (…) Je suis convaincu que les sociétés qui, [comme les Indiens], vivent sans gouvernement, jouissent dans l’ensemble d’un niveau de bonheur infiniment plus élevé que celles qui vivent sous l’empire des gouvernements européens. »

Un modèle en voie de disparition

Les amérindiens d’aujourd’hui subissent eux aussi de graves problèmes sociétaux (chômage, alcool, violences conjugales…), notamment à cause de la disparition de leur droit clanique traditionnel (matrilinéarité & propriété collective), et de son incompatibilité (rigidité) face aux contraintes du monde moderne (le nomadisme éclate les cellules claniques traditionnelles).

Un indomptable esprit d’indépendance

”Tous ses membres sont des hommes libres, tenus de protéger leur mutuelle liberté, égaux en droits personnels, – ni les sachems, ni les chefs militaires ne revendiquent de prérogatives quelconques; ils forment une collectivité fraternelle, unie par les liens du sang. Liberté, égalité, fraternité, sans avoir été jamais formulés, étaient. les principes fondamentaux de la gens, et celle-ci, à son tour, était l’unité de tout un système social, la base de la société indienne organisée. Ceci explique l’indomptable esprit d’indépendance et la dignité de l’attitude personnelle que chacun reconnaît aux Indiens.” – Lewis Henry Morgan : Systems of consanguinity and affinity of the human family, 1871.

L’idéal marxiste réalisé

Friedrich Engels, dans L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat – Friedrich Engels décrit la société matriarcale iroquoise comme la réalisation de l’idéal marxiste : une société sans état, sans banque, sans classes, sans forces de l’ordre, sans juges, sans prisons, sans pauvres, égalitaire, féministe, anarchiste…

« Et avec toute son ingénuité et sa simplicité, quelle admirable constitution que cette organisation gentilice! Sans soldats, gendarmes ni policiers, sans noblesse, sans rois ni gouverneurs, sans préfets ni juges, sans prisons, sans procès, tout va son train régulier. Toutes les querelles et toutes les disputes sont tranchées par la collectivité de ceux que cela concerne, la gens ou la tribu, ou les différentes gentes entre elles, – c’est seulement comme moyen extrême, et rarement appliqué, qu’intervient la menace de vendetta, dont notre peine de mort n’est d’ailleurs que la forme civilisée, nantie de tous les avantages et de tous les inconvénients de la civilisation. Bien que les affaires communes soient en nombre beaucoup plus grand que de nos jours, – l’économie domestique est commune et communiste dans une série de familles, le sol est propriété de la tribu, seuls les petits jardins sont assignés provisoirement aux ménages, – on n’a quand même nul besoin de notre appareil administratif, vaste et compliqué. Les intéressés décident et, dans la plupart des cas, un usage séculaire a tout réglé préalablement. Il ne peut y avoir de pauvres et de nécessiteux – l’économie domestique communiste et la gens connaissent leurs obligations envers les vieillards, les malades, les invalides de guerre. Tous sont égaux et libres – y compris les femmes. Il n’y a pas encore place pour des esclaves, pas plus qu’en général pour l’asservissement de tribus étrangères. Quand les Iroquois, vers 1651, eurent vaincu les Ériés et la « Nation neutre », ils leur offrirent d’entrer avec des droits égaux dans la confédération; c’est seulement quand les vaincus s’y refusèrent qu’ils furent chassés de leur territoire. Et quels hommes, quelles femmes produit une pareille société, tous les Blancs qui connurent des Indiens non corrompus en témoignent par leur admiration pour la dignité personnelle, la droiture, la force de caractère et la vaillance de ces barbares.

Quant à cette bravoure, l’Afrique nous en a fourni des exemples tout récents. Les Zoulous, il y a quelques années, les Nubiens, – deux tribus chez lesquelles les institutions gentilices ne sont pas encore mortes -, ont fait, il y a quelques mois, ce que ne peut faire aucune armée européenne. Armés seulement de lances et de javelots, sans armes à feu, sous la pluie de balles des fusils à tir rapide de l’infanterie britannique – reconnue la première du monde dans la bataille rangée -, ils se sont avancés jusqu’à ses baïonnettes et l’ont plus d’une fois bousculée et même repoussée, malgré l’énorme disproportion des armes, et bien qu’ils ignorent le service militaire et ne sachent pas ce que c’est que faire l’exercice. Ce qu’ils peuvent endurer et accomplir, les Anglais eux-mêmes en témoignent lorsqu’ils se plaignent qu’un Cafre puisse, en vingt-quatre heures, parcourir plus vite qu’un cheval un plus long chemin; le plus petit muscle fait saillie, dur et tendu comme une lanière de fouet, dit un peintre anglais.

(allusion à l’héroïque résistance que les Zoulous opposèrent en 1879 et les Nubiens en 1881-1883 aux armées de l’Empire britannique)

Voilà ce qu’étaient les hommes et la société humaine, avant que s’effectuât la division en différentes classes. Et si nous comparons leur situation à celle de l’immense majorité des civilisés de nos jours, la distance est énorme entre le prolétaire ou le petit paysan d’aujourd’hui et l’ancien membre libre de la gens. » – L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat – Friedrich Engels

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Quelques exemples et analyses de la constitution iroquoise:

 

La Grande Loi qui Lie

elle comprend 117 articles et définit les fonctions et prérogatives des cinquantes chefs ou royaneh qui siègent au Conseil des nations, ainsi que le nombre de royaneh par nation.

Le système de prise  de décision :

L’organisation repose sur un système de prise de décision fondé sur le principe de subsidiarité et qui veut que seules les questions ne pouvant être tranchées au niveau inférieur de décision soient portées devant l’instance supérieure. Le peuple iroquois appelé aussi peuple haudenosaunee est organisé en famille, clan, nation et confédération. Ce n’est pas un système hiérarchisé car les royaneh et autres chefs n’ont pas de pouvoir à exercer : ils sont seulement les porte-paroles des décisions populaires. Par contre ils doivent avoir des compétences humaines et une honnêteté  profonde pour discuter et négocier les problèmes qui sont portés devant les instances supérieures. Chaque niveau d’organisation a son propre conseil du feu au cours duquel les décisions se prennent selon un même processus : le conseil forme trois groupes, dont deux débattent et le troisième arbitre. Toutes les décisions doivent être prises à l’unanimité à chaque niveau d’organisation.

Ce fonctionnement présente des risques de blocage ou de dérapage. Le pouvoir ultime de trancher et le pouvoir de veto sur les décisions votées à l’unanimité est accordé aux Mères de clans, les royaneh femmes, les « citoyennes » les plus influentes de la Confédération. Elles détiennent aussi le pouvoir de nommer de nouveaux chefs ou de les destituer.

L’article 53 stipule :  » Lorsque les femmes royaneh, détentrices du titre de chef, choisissent un de leurs fils comme candidat, elles doivent en choisir un qui inspire une confiance totale, qui est bienveillant et honnête, qui sait s’occuper de ses propres affaires, qui soutient sa famille et qui a obtenu la confiance de sa nation ».

article 36 :  » les femmes sont les héritières des titres des chefs confédérés, aussi bien que de ceux des chefs de guerre  »

Les femmes les plus sages ou les plus âgées peuvent ainsi casser un chef politique, en cas de défaut de confiance, d’erreur politique ou d’injustice sociale. Le vol, le mensonge, l’irrespect des lois et l’accumulation de richesses étaient durement réprimés. Un bon politique, c’est à dire un bon chef, était nommé à vie pour sa générosité, son intelligence, son bon sens, sa rhétorique et sa probité.

Le fonctionnement des institutions :

Le Conseil des nations, ou Grand Conseil,

est composé de cinquante membres nommés à vie, chacun appartenant à une famille ancienne de lignée maternelle. Ce Grand Conseil est tripartite. Lors des assemblées, les chefs sont répartis en deux corps délibérants, séparés par le feu central. Le premier corps, à l’est du feu, est composé des royaneh mohawk et seneca (dits « les plus vieux frères »). Le second se trouve à l’ouest et est composé des dignitaires oneida et cayuga (dits « les plus jeunes frères »). Le troisième corps délibérant de cette assemblée est au nord, ce sont les chefs onondaga, les gardiens du feu du Conseil, qui tranchent en cas de divergence entre les deux autres corps. C’est pour cela que l’Arbre de la Grande Paix a été planté sur le territoire onondaga, car il est le coeur de la Confédération.

article 9 :  » Toutes les affaires de la Confédération des Cinq Nations seront traitées par l’action combinée de deux corps délibérants de chefs confédéraux. D’abord la question sera votée par les chefs mohawk et seneca, puis elle sera discutée et votée par les chefs oneida et cayuga. Les décisions seront alors soumises aux chefs onondaga (les gardiens du feu) pour l’arbitrage définitif. La même procédure sera observée quand une question aura été portée devant le Conseil par un individu où un chef de guerre ».

En cas de désaccord, l’article 11 prévoit que les deux parties qui voteront une décision l’emporteront et que les chefs onondaga devront au deuxième tour entériner la décision des deux parties.

Les chefs de guerre :sont au service des chefs de la Confédération.

Article 37 : » il n’y aura qu’un chef de guerre par nation, et son devoir sera d’être l’émissaire des chefs de cette nation, de brandir les armes de la guerre en cas de nécessité. Le chef de guerre ne participera pas aux débats du Conseil, mais aura le rôle de garant quant à leur bon déroulement. En cas de comportement répréhensible de la part d’un chef, il recevra pour lui les plaintes du peuple et les avertissements des hommes. Il transmettra les voeux des peuples aux chefs de la Confédération. En tout état de cause, son rôle est de soumettre les affaires, les questions et les propositions du peuple au Conseil confédéral ».

Article 39 :  » Un chef de guerre qui agit contrairement aux lois de la Grande Paix peut être déposé par les femmes et par les hommes de sa nation, séparément ou conjointement. Après cela les femmes, détentrices des titres, choisiront le candidat. »

Les clans :

Article 42 :  » le peuple des Cinq Nations sera divisé en clans… Les clans forment chaque nation, ils devront être les seuls propriétaires du territoire. C’est un droit de naissance »

Article 43 :  » les membres d’un clan devront reconnaître comme leurs parents tous les autres membres de ce clan quelle que soit leur nationalité. Les hommes et les femmes d’un même clan ne pourront jamais s’unir ».

Article 44 :  » La descendance se fait par le lien maternel. Les femmes sont la source de la Nation, elles possèdent le pays et sa terre. Les hommes et les femmes sont d’un rang inférieur à celui des mères ».

Les droits des nations étrangères :

Article 80 :  » Quand le conseil confédéré des Cinq Nations se fixe pour objectif de proposer la Grande Paix à une nation étrangère et que cette nation refuse cette proposition, alors les Cinq Nations en font un cas de guerre contre cette nation. Les Cinq Nations devront alors chercher à établir la Grande Paix par la conquête de la nation rebelle ».

Article 81 :  » Quand les hommes des Cinq Nations, appelés à la guerre, sont prêts à se battre contre une nation obstinée à refuser la Grande Paix, ils devront choisir, parmi les cinq chefs de guerre, celui qui mènera la bataille. Ce dernier les exhortera, leur rappellera la discipline à tenir, l’obéissance aux ordres, la bravoure et le courage dont ils devront faire preuve et les incitera surtout à ne jamais céder à la lâcheté. A la suite de son discours, il entonnera le chant de guerre :

 » A mon grand désarroi, je suis contraint d’avoir recours au pouvoir de mon chant de guerre. J’appartiens aux Cinq Nations. Je prie et me soumets au Tout-Puissant Créateur. Il a levé cette armée. Mes guerriers seront valeureux par la force du Créateur. Entre lui et mon chant, ils sont, car c’est lui qui donna le chant, ce chant de guerre que j’entonne ».

Article 84 :  » Chaque fois qu’une nation étrangère est conquise ou bien a accepté la Grande Paix de son plein gré, son propre système de gouvernement est conservé, mais elle devra cesser d’être agressive envers d’autres nations ».

Le droit des peuples des Cinq Nations :

Article 93 :  » Quand un sujet grave ou de grande urgence est présenté au Conseil de la Confédération, et que ce cas concerne l’Union dans son ensemble, la menaçant de ruine absolue, alors les chefs de la Confédération ont le devoir de soumettre le problème à la décision du peuple. Décision qui sera prépondérante dans les débats du Conseil de la Confédération et aboutira à la confirmation de la décision populaire « .

Article 95 :  » Les femmes de chaque clan doivent avoir un Feu du Conseil constamment allumé et prêt à accueillir une assemblée. Si, selon elles, il est nécessaire pour le peuple de tenir un conseil, alors il sera tenu et la décision qui en découlera sera transmise au Conseil de la Confédération par le Chef de Guerre.

Article 96 :  » Tous les conseils du feu des clans peuvent, en cas de nécessité, se réunir en un conseil du feu général, ou bien une assemblée de délégués de chaque conseil du feu peut se rassembler pour le bien du peuple. Le peuple a le droit de nommer des délégués qui seront investis de son pouvoir. Si une décision est prise par ce conseil du feu général, alors celle-ci est transmise au conseil de la nation ou au Conseil de la Confédération par le ou les chefs de guerre ».

Protection des cérémonies religieuses

Article 99 :  » Les rites et les cérémonies de chaque nation doivent se perpétuer, car, nécessaires au bien des hommes, ils furent donnés par les ancêtres ».

Article 104 :  » Toutes les fois qu’un homme fait preuve d’une vie exemplaire et montre qu’il connaît ce qui est bien, il est naturellement en état d’enseigner. Les chefs le reconnaissent alors comme un professeur de paix et de spiritualité que le peuple devra écouter ».

 

Illusion démocratique: vote et maïeutique libertaire deuxième partie…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , on 20 mai 2012 by Résistance 71

Abstention l’extrême droite au pouvoir?

 

 

Dialogue imaginé par Flora

Cercle libertaire Jean-Barrué de la Fédération Anarchiste

 

 

 

− Tu sais que l’abstention peut être responsable de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite ? Tu le sais ? Alors ? Tu as réfléchi pour les élections ? Tu ne vas toujours pas voter ?

− À ton avis, mon camarade ?

− Bon, bon, après, faudra pas venir pleurer quand les fachos seront au pouvoir, quand ce sera trop tard.

− Ah, je m’y attendais à celle-là. Tu sais bien que ça n’a rien à voir.

− C’est un peu court ta réponse. Il est bien connu que les électeurs de droite et d’extrême droite, eux, se déplacent ; jamais ils ne manqueront une élection. Alors qu’à gauche, les taux d’abstention ne cessent d’augmenter.

− C’est exactement ce que je te dis ; les gens qui veulent du social, ils ne vont plus voter ; ils croient surtout aux luttes. C’est parce qu’ils ont compris, d’abord, que l’organisation collective basée sur la délégation de pouvoir inconditionnelle ne sert à rien. La délégation de pouvoir telle que nous la pratiquons en nous en remettant au système parlementaire ne sert à rien.

− Moi, je te parle des fachos. C’est du sérieux !

− Et moi, je te réponds tout aussi sérieusement, et je te dis que ce qui fait monter l’extrême droite, c’est avant tout la misère et la menace de la misère, que c’est voulu, et que ça divise, et que cette division, c’est fait pour nous tenir tous en laisse.

− Moi, je te parle des élections.

− Je sais bien, mais le lien est facile à faire : à force de s’en remettre, par les urnes, aux uns et aux autres, de gauche ou de droite, et à être perpétuellement déçus, la menace de se dresser les uns contre les autres est de plus en plus présente. On cherche des explications à l’échec, des boucs émissaires ! Cela soulage peut-être, mais il reste une amertume ; c’est ça qui fait monter l’extrême droite : l’espoir que ça change indéfiniment déçu. Je te dis qu’il faut prendre le mal à la racine, repenser le système de la représentation et surtout refuser de perdre notre voix.

− La racine du mal ! Tu crois que c’est si simple que ça ? Qu’il n’y a qu’une seule racine du mal social, le crois-tu ?

− Oui, d’accord, ce n’est pas si simple, et c’est même compliqué ; oui, le problème essentiel − et là tu vas dire que je me répète − mais le problème essentiel, c’est l’État, le principe de l’État ; c’est ça qu’il nous faut déconstruire mentalement.

− Dis donc, tu ne vas pas un peu loin ? Tu resteras vraiment toujours un utopiste. Tu parles de déconstruction mentale, que tout se passe dans la tête des gens. Oui, mais la réalité, le présent, t’en fais quoi là-dedans ?

− La réalité ? Parle-moi plutôt d’un abandon à la fatalité. Oui, une fatalité qui nous ronge parce que l’on n’est pas encore assez mûrs pour ouvrir les yeux et regarder en face, regarder ce qui cloche, la situation sociale.

− Et ce qui cloche, c’est ce que l’on pense, tu crois ? Pas ce que l’on fait ?

− En partie, oui ; c’est-à-dire ce que l’on nous a mis dans la tête, l’idée de l’État, de droite ou de gauche, d’extrême droite ou d’extrême gauche. Un État qui a ses propres intérêts à défendre et à sauvegarder, intérêts qui s’opposent à ceux du peuple parce que, avec l’institution de l’État, il y a obligatoirement des privilégiés. Et les privilégiés ce sont ceux qui sont au pouvoir, ce n’est pas le lot de tous.

− Oui, mais quand tu n’auras plus dans la rue que l’armée et la police pour représenter l’État, tu feras la différence alors entre les extrêmes de droite et ceux de gauche. Et puis, on ne peut pas toujours cracher dans la soupe démocratique, on a quand même de la chance d’être en démocratie, ceux qui subissent des régimes totalitaires pourraient te le dire.

− En tout cas, les démocraties ont tout intérêt à nous faire taire, à nous parler de ceux qui souffrent encore plus que nous ; pourtant, tu sais bien que tout État, dit démocratique ou pas, dès qu’il est contesté va se servir de l’armée et de la police pour se maintenir en place ; tu le dis toi-même. Et tu sais que, si c’est nécessaire, des gouvernements de gauche feront matraquer les manifestants ; c’est monnaie courante, à toute époque, dans tout pays. Le pouvoir concentré, centralisé détruit tout espoir d’équité, de partage et de solidarité. Alors, pourquoi maintenir un système qui favorise ceux qui s’installent au pouvoir avec notre aide mais au détriment de tous les autres ? Pourquoi ne pas imaginer un autre système qui ne favoriserait pas l’installation de pouvoirs durables, par exemple ?

− Mais c’est dans la nature de l’homme de vouloir le pouvoir ! Tu n’empêcheras jamais qu’il y en ait toujours qui veuillent prendre le pouvoir sur les autres. Toute l’histoire de l’humanité le prouve. Tu prends n’importe quel groupe réuni, aussi bien pour des raisons professionnelles que militantes, ou même amicales, et aussitôt quelques-uns prendront le dessus sur tous les autres. Tu ne peux pas l’empêcher.

− Aie ! Aie ! Aie ! Tu ne vas pas un peu trop vite dans le pessimisme ? Rappelle-toi tout de même les nombreux exemples d’organisation horizontale ; que ce soit dans des sociétés dites primitives dont le principal souci, précisément, était de prévenir la prise de pouvoir par certains. Et puis souviens-toi d’organisations sociales inédites : la Commune de Paris en 1871, la Catalogne en 1936, la Kabylie dans les années 2000, la commune d’Atenco au Mexique de 2001 à 2003, leurs réalisations concrètes qui auraient perduré si…

− Peut-être, mais on ne refait pas l’Histoire et, quand même, tu ne peux pas nier que ça a été une avancée de voter, même si notre influence est limitée. Il y en a qui se sont battus pour que, aujourd’hui, dans les démocraties, nous ayons au moins le droit de dire ce que nous pensons.

− Ce n’est pas parce que beaucoup y ont cru, une majorité, que ce n’est pas une tromperie. Si « la dictature, c’est ferme ta gueule, la démocratie, c’est cause toujours ». Oui, on peut dire ce que l’on pense, mais on n’est jamais entendus. C’est ça que tu considères comme une avancée ? Et le système marche tellement bien que nous n’arrivons même plus à imaginer qu’il est possible de boycotter le vote et que l’on peut s’organiser autrement. Oui, s’il y a eu des avancées réelles, elles ont été gagnées par des luttes, pas par les urnes.

− Quand même, il y a des programmes ; à nous d’être sérieux et de les étudier, de près, pour être en mesure de choisir celui qui se rapproche au mieux de nos idées.

− Mais de quels programmes parles-tu ? Ceux exposés pendant les campagnes électorales ? Mais quand as-tu vu qu’ils sont appliqués, que les promesses sont tenues ? Et puis, écoute, retiens bien ça, jamais un seul candidat élu n’a proposé l’idée d’une loi qui l’obligerait à tenir ses engagements électoraux.

− Il n’empêche que si seuls ceux qui veulent l’égalité, la répartition des richesses, plus de justice, si seuls ceux-là ne vont pas voter, les autres, les capitalistes, les fachos et les intégristes vont nous passer devant. Moi, c’est ça qui me fait peur.

− Pourtant, quand tu entends à la radio, à la télé, les appels insistants à voter, ces appels relayés très largement par tous les médias réunis, ça ne te donne pas à réfléchir ? Non ? Tu ne crois pas qu’ils ont peur de l’abstention ? Je dis que ce serait les décrédibiliser, les discréditer que de tourner le dos à leur farce. Ce serait les désarmer. Et, en tout cas, l’action anti-électoraliste peut permettre de passer à autre chose, de penser autrement, de poser le problème de la délégation autrement. Car je le dis : notre voix dans l’urne nous empêche de parler par la suite, cela nous rend muets.

− Je vais réfléchir…

− Si je peux te rassurer, je te dirai que ce n’est pas l’abstention qui met l’extrême droite au pouvoir : l’extrême droite est le fruit direct de tout un système qui ne peut se maintenir qu’en nous divisant, en nous opposant les uns aux autres. Rappelle-toi de ça, même si tu vas voter.

 

*  *  *

 

url: http://www.monde-libertaire.fr/france/15643-abstention-lextreme-droite-au-pouvoir%E2%80%88

Résistance politique: la révolution islandaise

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Nous le disons sans cesse: il n’y a pas de solutions à la crise politico-économique au sein système. L’Islande prouve, après sa banqueroute volontaire, qu’envoyer paître l’oligarchie et son système coercitif bien rôdé à la prédation économique et sociale, paie. C’est indéniable.

La coalition du peuple islandais et de quelques politiciens encore récupérables (y en a t’il chez nous, rien n’est moins sûr ?) a mis à bas les menaces et l’oppression des criminels de la finance qui utilisent leurs armes de destruction massive telles le FMI ou la Banque Mondiale, pour écraser les nations et siphonner leurs richesses.

Les Islandais ont osé, ils ont botté le cul de l’arrogance du grand capital et ils ont fait bien mieux que survivre… Ils revivent !

Comme les Argentins avant eux. La leçon est de taille, quelque soit le modèle choisi hors du système existant: cessons d’avoir peur et bottons le cul en rythme de cette racaille criminelle de la finance et ses larbins du politique, tout en nous unifiant.

Nous sommes tous islandais. L’oligarchie n’a peur que d’une chose, une seule: que les peuples s’unissent. C’est pour cela qu’elle dépense des milliards pour fomenter chaos, discorde et divisions selon les lignes tantôt économiques, tantôt culturelles et/ou religieuses, ces dernières étant du pain béni.

Il faut refuser de nous laisser diviser ! Union, solidarité et action directe auront raison de la fange néolibérale fasciste. Ne survivons pas, revivons!

— Résistance 71 —

 

La révolution en cours en Islande

 

Par Deena Stryker

 

Le 30 Mars 2012,

 

url de l’article original en français:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30039

 

 

On se souvient que, au début de la crise financière de 2008, l’Islande fit littéralement faillite. Les raisons ne furent mentionnées qu’en passant, et depuis lors, ce membre peu connu de l’Union Européenne a semblé s’éclipser de l’actualité.

À mesure qu’un pays européen après l’autre fait face a une quasi-faillite, mettant en péril l’euro, l’Islande devient un phare d’espoir pour avoir choisi les gens avant le profit. Voici pourquoi.

Cinq ans d’un régime néolibéral ont conduit à une privatisation de toutes les banques en Islande, (320.000 habitants, pas d’armée). afin d’attirer les investisseurs étrangers. Ces banques offraient des services bancaires en ligne dont les coûts minimes leur ont permis de fournir des taux de rendement relativement élevés.

Ces comptes bancaires, appelés Icesave, ont attiré de nombreux petits investisseurs anglais et néerlandais. À mesure que les investissements augmentaient, les dettes étrangères des banques augmentaient aussi. En 2003, la dette de l’Islande équivalait à 200 fois son PNB (produit national brut), et en 2007, elle était de 900 pour cent.

La crise financière mondiale de 2008 devint le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises firent faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne (monnaie de l’Islande) perdit beaucoup de sa valeur par rapport à l’euro. A la fin de cette année-là, le pays se déclara en faillite.

Les citoyens récupèrent leurs droits

Contrairement aux attentes mondiales, la crise a conduit la population à prendre le contrôle de son pays, à travers un processus de démocratie participative directe. Ceci a finalement conduit à une nouvelle constitution, mais seulement après une persévérance féroce.

Geir Haarde, le premier ministre d’une coalition gouvernementale sociale-démocrate, négocia un prêt important. Mais la communauté financière étrangère fit pression pour que l’Islande impose des mesures drastiques.

Des protestations et des émeutes s’ensuivirent, obligeant finalement le gouvernement à être remplacé par une coalition de gauche nouvellement formée.

La coalition se plia finalement face aux exigences provenant de l’extérieur et selon lesquelles l’Islande devait payer une dette totale qui aurait exigé de chaque Islandais de payer 130 $ par mois pendant quinze ans, à 5,5% d’intérêt, afin de rembourser une dette contractée par des parties privées vis-à-vis d’autres parties privées. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

Ce qui s’est passé ensuite fut extraordinaire.  La croyance selon laquelle les citoyens devaient payer pour les erreurs d’un monopole financier, qu’une nation entière devait être taxée afin de rembourser les dettes privées, fut brisée.

Les relations, animées entre les citoyens et leurs politiciens, habilitèrent les dirigeants de l’Islande à agir aux cotés de leurs électeurs. Le chef de l’État,Olafur Ragnar Grimsson, refusa de ratifier la loi qui rendait les Islandais responsables des dettes bancaires  et soutint les appels à la tenue d’un référendum.

La communauté internationale furieuse

Le communauté internationale ne fit qu’accroître la pression. La Grande-Bretagne et la Hollande mirent le gouvernement et la population islandaises en garde contre des représailles terribles qui isoleraient le pays, incluant l’arrêt de l’aide du FMI  et le gel des comptes bancaires islandais étrangers.

Lors du référendum du mois de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI gela immédiatement son prêt. Mais l’Islande n’allait pas se laisser intimider. Comme Grimsson le dit: « On nous a dit que si nous refusions les conditions de la communauté internationale, nous deviendrions le Cuba du nord. Mais si nous les avions acceptées, nous serions devenus l’Haïti du nord ».

Avec le soutien des citoyens furieux, le gouvernement lança des enquêtes civiles et pénales contre les personnes responsables de la crise financière. En conséquence, l’ancien ministre des Finances purgea une peine de prison de deux ans, alors qu’Interpol émit des mandats d’arrêt internationaux contre les banquiers impliqués dans le krach.

Les Islandais se mirent également d’accord sur certaines mesures de réduction budgétaire comme le démantèlement de leurs infrastructures militaires – l’IslandicDefense Agency (Agence islandaise de la défense, ou IDA), cessa d’exister en janvier 2011.

La nouvelle constitution de l’Islande

Afin de libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l’argent virtuel, le peuple islandais décida de rédiger une nouvelle constitution.

La population procéda à l’élection de 25 citoyens parmi 522 adultes n’appartenant à aucun parti politique, mais recommandés par au moins trente personnes. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, étant les témoins de ce document à mesure qu’il prenait forme.

La constitution qui émergea de ce processus de démocratie participative fut soumise au parlement pour approbation à l’automne.

On a dit au peuple grec que la privatisation de leur secteur public était le seul moyen de garder le pays à flot. Les peuples de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal sont confrontés à des pressions similaires.

Ils pourraient, ainsi que le reste d’entre nous, apprendre beaucoup de l’Islande, en refusant de se plier à des intérêts étrangers et en déclarant haut et fort que les gens peuvent reprendre et reprendront leur pouvoir.

Davantage d’informations: www.stjornlagarad.is/english

Traduit par VicFlame de Iceland’s On-going Revolution
http://www.positivenewsus.org/editions/fal11/fal1105.html

L’illusion démocratique: comprendre les rouages de l’état et les mécanismes d’oppression pour mieux en sortir.

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Pourquoi ce texte écrit par Michel Bakounine en 1870, avant même la Commune de Paris, nous semble t’il tant d’actualité ? Parce que depuis cette époque, rien n’a vraiment changé, l’exploitation et l’oppression sont toujours de mise, d’aristocratique, l’état et les institutions sont devenues oligarchiques.

Pour trouver des solutions viables au marasme actuel, qui n’est que la conséquence logique de la vampirisation constante de nos sociétés par les parasites habituels, il faut d’abord comprendre vraiment ce dans quoi nous vivons, analyser les rouages, comment en sommes-nous arrivés là, pour trouver la juste et équitable sortie qui jettera ce système obsolète aux poubelles de l’histoire et nous mènera nous, les peuples sur la voie émancipatrice de la réalisation égalitaire de l’intérêt général, car au fond, c’est bien de cela dont il s’agit et de rien d’autre et ce depuis l’aube de l’humanité. Eliminons les interférences sous sa forme de parasitisme systémique.

— Résistance 71 —

“Le penseur et le poète ont le privilège d’anticiper sur l’avenir et de construire, au milieu du chaos de la mort et de la décomposition qui nous entourent, un nouveau monde de liberté et de beauté.”

(Michel Bakounine, correspondance, 1843)

 

La science et la question vitale de la révolution (extraits)

 

Par Michel Bakounine

 

(Genève, Mars 1870)

 

~ Compilé par Résistance 71 ~

 

[…]

Comment une infime minorité peut exploiter impunément l’immense majorité.

Afin de résoudre l’importante question de savoir comment ont été modifiés tout au long de l’histoire les équilibres ou les régimes établis, ou comment les uns et les autres peuvent l’être aujourd’hui, examinons de plus près la nature des forces sociales…

L’effort commun de quelques dizaines d’individus est beaucoup plus efficace que tout effort individuel, non seulement parce que la force de plusieurs unités est toujours plus grande que celle d’une seule, mais aussi parce que lorsqu’une dizaine, ou même davantage d’individus, conjuguent leurs efforts pour atteindre un but commun, une nouvelle force se constitue entre eux qui dépasse et de loin la simple somme arithmétique des efforts individuels de chacun. En économie politique, ce fait a été pour la première fois noté par Adam Smith et attribué à l’action naturelle de la division du travail. Or dans le cas que j’examine, ce n’est pas seulement la division du travail qui agit, c’est à dire engendre une nouvelle force, mais aussi, et dans une proportion plus grande encore, l’union et ce qui la complète nécessairement: l’élaboration d’un plan d’action, puis la meilleure répartition possible et l’organisation systématique ou réfléchie de forces peu nombreuses conformément au plan établi.

En effet, depuis que l’histoire existe, dans tous les pays, même les plus civilisés et les plus éclairés, toute la sommes des forces sociales se divise en deux grandes catégories foncièrement différentes l’une de l’autre et fréquemment, on peut même dire presque toujours, antagoniques, à savoir: la somme des forces inconscientes, instinctives, traditionnelles, pour ainsi dire spontannées et à peine organisées quoi que pleines de vie, et la somme incomparablement plus petite des forces conscientes, conjuguées, délibérément associées, agissant selon un plan donné et systématiquement organisées d’après ce plan.

Dans la première catégorie entre les millions et les millions qui constituent la masse du peuple, voire sous bien des rapports, la majeurs partie des catégories sociales cultivées ou privilégiées et enfin toute la couche inférieure de la caste bureaucratique et l’armée, constituent par leur forme organisationnelle la seconde catégorie, le gouvernement en étant le centre.

Bref la société est divisée en une minorité composée d’exploiteurs et en une masse immense plus ou moins sciemment exploitée.

Il va sans dire qu’il n’est pas possible de séparer par une ligne très rigide un monde de l’autre. Dans la société comme dans la nature, les forces les plus antagonistes finissent sur leurs limites par se confondre […]

[…] On demandera comment ce rapport monstrueux a pu se former ? Pourquoi dans l’état, 200 000 individus peuvent-ils impunément en exploiter 70 millions d’autres ? Est-ce possible que dans ces 200 000 exploiteurs il y ait plus de force physique ou plus d’intelligence naturelle que dans les autres 70 millions ?

Il suffit de poser la question pour y répondre par la négative.

… Les exploiteurs ont un grand avantage, celui de l’instruction.

Certes l’instruction est une force et si mauvaise, si superficielle si déformée que soit celle de nos hautes classes, il est indéniable qu’avec d’autres facteurs, elle permet à la minorité privilégiée de garder en main le pouvoir. Mais là se pose une question: pourquoi la minorité est-elle instruite et pourquoi l’immense majorité ne l’est-elle pas ? Est-ce que la première est plus apte aux études que la seconde. Là encore il suffit de poser la question de l’aptitude pour y répondre négativement. Le peuple est infiniment plus apte aux études que la minorité; donc celle-ci bénéficie du privilège de l’instruction pour de toutes autres raisons. Quelles sont-elles ? Il n’y en a qu’une et tout le monde la connaît: la minorité est placée dans des conditions qui lui donnent accès à l’instruction tandis que les masses populaires sont placées dans des conditions qui la lui interdisent, autrement dit, la minorité occupe la position avantageuse des exploiteurs et le peuple est la victime de l’exploitation (Note de Résistance 71: aujourd’hui, même si “l’instruction” s’est généralisée, la minorité garde accès aux études prestigieuses, à celles qui garantissent le renforcement des privilèges, la barrière sociale n’est pas hermétique, mais les chances pour un fils d’ouvrier de devenir ce qui est vu comme un “succès social” sont bien moindres tandis que pour la caste du sérail, elle ne doit se soucier que de son héritage…)

Tous les états présents et passés, ont eu pour principe fondamental et absolu l’Union. C’est en vain que l’on va chercher la raison primordiale de la formation des états dans la religion. Il est certain que la religion, c’est à dire l’ignorance, la superstition et la bêtise du peuple engendrée par l’une et par l’autre, a beaucoup contribué à organiser l’exploitation systématique des masses populaires qu’on appelle l’état. Mais pour que la bêtise du peuple puisse être exploitée, il fallait qu’il y ait déjà en place des exploiteurs déjà unis et en train de former un État […]

[…] Affermies, les classes étatiques continueront à s’étendre et à se consolider sur le dos du peuple grâce à leur croissance naturelle et au droit d’héritage. Les enfants et les petits-enfants des premiers membres de la classe deviendront par la suite et par conséquent, dans une une mesure toujours plus grande, des exploiteurs du peuple plus encore par leur situation que par calcul ou plan sciemment préconçu. Ce complot se situera alors de plus en plus haut dans les hautes sphères gouvernementales et dans la minorité qui les touche de près. Il se transformera pour l’immense majorité des classes privilégiées en une exploitation de plus en plus coutumière, traditionnelle, rituelle, plus ou moins innocente.

Peu à peu et de plus en plus fort avec le temps qui passe, la majeure partie des exploiteurs, soit par naissance, soit par la situation dont ils ont hérité dans la société, commenceront à croire sérieusement au droit historique et au droit de naissance. Non seulement eux, mais les masses qu’ils exploitent se mettront à croire aussi, sous l’effet de l’habitude, de la tradition et de l’action délétère des dogmes religieux empoisonnés, aux “droits” de leurs exploiteurs et oppresseurs et elles continueront à y croire tant que la coupe de leurs maux ne débordera pas et que des souffrances de toute nature n’aient éveillé en elles un tout autre sentiment.

Ce sentiment nouveau naît et se développe avec une extrême lenteur dans les masses populaires. Des siècles passeront avant que ce sentiment ne s’éveille complètement, mais à partir du moment où il est réveillé, il brisera tout devant lui et nulle force ne pourra lui résister. C’est pourquoi la tâche principale qui incombe à l’état et à sa sagesse est précisément à empêcher par tous les moyens que ne s’éveille un sentiment rationnel dans le peuple ou du moins à le retarder indéfiniment […]

[…] La misère, la faim, le travail épuisant, une gêne incessante, (Note de R71: aujourd’hui par la société de consommation et la dette, même si la misère est toujours présente, de plus en plus même, depuis que la toute dernière crise économico-financière téléguidée par le capital fait ses ravages dans nos sociétés), suffisent pour abrutir l’homme le plus fort et le plus intelligent. Ajoutez à cela l’ignorance et vous serez étonné que ce malheureux peuple, fût-ce à pas lents, aille encore de l’avant et ne s’abêtisse pas encore d’avantage d’année en année.

Le savoir est une force; l’ignorance la cause de l’impuissance sociale.

[…] L’ignorance empêche surtout le peuple de prendre conscience de la solidarité universelle qui est la sienne, de son immense force numérique; elle l’empêche de s’unir et d’organiser la révolte contre le vol et l’oppression organisés: contre l’État. Tout État sensé et prudent recourra dès lors à tous les moyens possibles et imaginables pour maintenir intacte dans le peuple cette précieuse ignorance sur laquelle reposent son existence même et toute sa puissance. (Note de R71: Aujourd’hui cela s’effectue à grand renfort de propagande et d’abrutissement via la société de consommation et la société spectacle; par la lobotomisation en règle des populations au moyen de la servitude volontaire mais induite, à la consommation et au ludique frivole)

Ignorance et savoir populaires.

Dans l’État, le peuple est voué à l’ignorance, de même les classes étatiques sont vouées et appelées par leur propre situation, à faire avancer la civilisation étatique. Jusqu’ici, l’histoire n’a pas connu autre chose que la civilisation de classe. Le vrai peuple, celui des travailleurs, n’a été jusquà présent pour cette civilisation qu’un instrument et une victime. Par son dur et âpre labeur, il crée la matière du progrès social qui, à son tour, accroît sans cesse davantage la domination des classes étatiques et lui apporte en guise de récompense la misère et la servitude […]

[…] L’égoïsme de classe est caché au commencement de l’histoire par l’héroïsme de ceux qui se sacrifient non pour le bien du peuple, mais au profit et pour la gloire de la classe, qui, à leurs yeux constitue tout le peuple et hors de laquelle ils ne voient qu’ennemis et esclaves. Tels furent les fameux républicains de la Grèce et de Rome. Mais les temps héroïques passent vite et font place à des temps de plaisirs et de jouissancess prosaïques quand les privilèges apparaissent sous leur vrai jour, engendrant, l’égoïsme, la lâcheté, la bassesse et la bêtise. Peu à peu, l’énergie de classe tombe en décrépitude et dégénère en débauche d’impuissance […]

[..] De quoi peuvent discuter les clans sociaux ? Uniquement de richesse et de pouvoir. Qu’est-ce que la richesse et le pouvoir si ce n’est deux aspects inséparables de l’exploitation du labeur du peuple et de sa force inorganisée ? Tous les clans sociaux ne sont riches et puissants que par la force et la richesse volées au peuple […]

[…] A la base de tous les problèmes historiques, nationaux, religieux et politiques, il y a toujours eu pour le monde du travail, comme pour toutes les classes et même pour l’État et l’église, le problème économique, le plus important, le plus vital de tous. La richesse a toujours été et est encore aujourd’hui la condition nécessaire de tout ce qui est humain: le pouvoir, la puissance, l’intelligence, le savoir, la liberté. Cela est d’autant plus vrai que l’église idéale entre toutes, l’église chrétienne, qui prêchait le dédain de tous les biens d’ici-bas, se mit de toute son énergie, dès qu’elle eut vaincu le paganisme et sur les ruines de celui-ci, ériger sa puissance, à acquérir la richesse.

La puissance politique et la richesse sont inséparables. Celui qui est puissant possède tous les moyens d’acquérir la richesse et il doit l’acquérir, car sans elle il ne conserverait par longtemps la puissance et le pouvoir. Qui est riche doit forcément être puissant, car si la force n’est pas de son côté, celui qui l’a le dépouillera. De tous temps, dans tous les pays, le monde du travail a été impuissant parce qu’il était dans la misère et il demeurait misérable parce qu’il n’avait pas de force organisée…

Le peuple laborieux, cette éternelle victime de la civilisation, ce martyr de l’histoire est loin d’avoir toujours vu et compris les problèmes comme il les comprend et les voit aujourd’hui […]

[…] Partout les masses populaires commencent à comprendre la cause réelle de tous leurs maux, à compendre dis-je, leur solidarité et à comparer leur nombre incalculable avec le nombre infime de leurs détrousseurs séculaires. Or, si elles ont déjà atteint ce degré de conscience, qu’est-ce qui les empêche de s’émanciper dès à présent ?

Le manque d’organisation, la difficulté de se concentrer et de s’entendre.

Mais étant donné que la majorité de classe, quoi que insuffisemment organisée, a néanmoins plus de richesse, plus de liberté de mouvement, plus d’instruction et plus de moyens pour comploter et s’organiser que le monde du travail, il est arrivé fréquemment que des séditions éclatent au sein des classes majoritaires et que les séditieux, après avoir vaincu le gouvernement, en installaient un autre, le leur, à sa place. Telles furent jusqu’ici toutes les révolutions de palais que l’histoire a entegistrées.

L’arche sacrée de l’État.

[…] Quels qu’aient été les conflits entre les classes, ou leurs séditions contre le pouvoir établi, aucune des révolutions de classe n’a eu et ne pouvait avoir pour objet l’abolition des fondements économiques et politiques de l’état, fondements qui rendent possible l’exploitation des masses miserables des travailleurs, c’est à dire l’existence même des classes et de leur régime. Si révolutionnaire qu’ait été l’état d’esprit des classes et qu’elle qu’ait été la haine qu’elles avaient pour telle ou telle forme d’étatisme, l’État est pour elles une chose sacrée: l’intégrité de l’état, sa puissance, tous ses intérêts sont à l’unisson regardés par elles comme hautement légitimes […]

[…] C’est pourquoi pas une révolution, si violente ou si audacieuse qu’elle ait pu être dans ses actes, n’a osé porter une main sacrilège sur l’arche sacrée de l’État; et étant donné que sans organisation, sans administration, sans armée et d’un nombre important de personnes investies de l’autorité, autrement dit sans gouvernement, aucun État n’est possible; tout gouvernement renversé a toujours été remplacé par un autre plus sympathique ou plus utile aux classes victorieuses…

Telle est la nature de toute autorité qu’elle la condamne à faire le mal, sans parler du mal chronique du peuple: l’état, ce rempart des classes, et le gouvernement qui, en tant que défenseur des intérêts de l’État, infailliblement et indubitablement et quelle que soit sa forme, est toujours pour le peuple une calamité […]

[…] Pourquoi un gouvernement est-il nécessaire au maintien de l’état ? Parce qu’aucun état ne peut exister sans complot permanent, dirigé, cela va sans dire, vers les masses laborieuses, au nom de l’asservissement et de la spoliation desquelles tous les états sans exception, existent; et dans chacun d’eux le gouvernement n’est rien d’autre que le complot permanent de la minorité contre la majorité spoliée et asservie par la dite minorité[…]

[…] Tout gouvernement a un double objectif: le premier, essentiel et hautement proclamé, c’est la sauvegarde et le renforcement de l’état, de la civilisation et de l’ordre public, c’est à dire la domination systématique et légale des classes sur le peuple exploité par elles.

Le second, presqu’aussi important que le premier aux yeux du gouvernement bien qu’on ne l’avoue pas volontiers, c’est la protection de ses privilèges particuliers et de l’oligarchie qui le compose. Le premier objectif concerne l’intérêt général des classes privilégiées; quant au second il ne va pas au delà de la vanité et des privilèges personnels des gouvernements […]

[…] La haine que se vouent mutuellement les états et les gouvernements qui les dirigent ne saurait être comparée à celle que nourrit chacun d’eux contre le peuple laborieux; et de même que deux classes privilégiées qui se font la guerre sont prêtes à oublier leur inimitié irréductible devant la révolte de la masse laborieuse, de même deux états et gouvernements directement aux prises seront prêts à se tendre la main pour peu que chez l’un d’entr’eux n’éclate une révolution sociale. (Note de Résistance 71: ceci fut appliqué historiquement dans une période très proche de ce texte puisque la France, vaincue à Sedan lors de la guerre de 1870 par la Prusse, est au bord du goufre, Napoléon III est prisonnier des Prussiens, ceux-ci assiègent Paris où éclate la Commune. Les Prussiens rendront leurs armes à l’armée de la jeune république de Thiers refugié à Versailles, pour écraser dans le sang la révolution. La collusion des états a agi contre la révolution sociale. Ceci se reproduira en 1936 en Espagne lorsque les fascismes, les social-démocraties et le stalinisme se ligueront pour écraser la révolution libertaire espagnole à l’heure où la CNT-AIT, syndicat anarchiste, avait plus d’un million d’adhérents en Espagne et où la société libertaire autogestionnaire fonctionnait sur une bonne partie du territoire…)

Pour tous les gouvernements, les états et les classes, quels qu’en soient la forme et le prétexte, et peu importe au nom de quoi, la soumission du peuple et son maintien en servitude est la question qui prime toutes les autres, car c’est une question de vie ou de mort pour tout ce qui s’appelle aujourd’hui civilisation ou civisme. Pour atteindre ce but, tout est permis.

Ce qui dans la vie privée se nomme infâmie, bassesse, crime, devient pour les gouvernements noblesse, vertu et devoir. Machiavel avait mille fois raison lorsqu’il disait que l’existence, la prospérité et la force de tout état, qu’il soit monarchiste ou républicain, sont fondés sur le crime…

Il y a là un complot permanent contre le bien-être du peuple et sa liberté.

La science gouvernementale s’est formée et perfectionnée durant des siècles. Je ne crois pas qu’on puisse me taxer d’exagération si je la qualifie de science de la grande-filouterie d’état, science mise au point au cours de la lutte incessante de tous les états présents et passés et sur la base de leur expérience.

Cette science est l’art de détrousser le peuple de telle façon qu’il le sente le moins possible et de ne pas lui laisser le moindre superflu, car tout superflu lui donnerait une force supplémentaire; c’est aussi l’art de ne pas lui enlever ce qui est strictement nécessaire à sa misérable existence et à la production continue des richesses. C’est l’art de recruter dans le peuple des soldats et de les organiser au moyen d’une discipline factice et de former une armée, force armée, force fondamentale de l’état destinée à servir contre le peuple et à le mater; c’est l’art dis-je, de répartir intelligemment et rationnellement quelques dizaines de milliers de soldats sur les points importants du territoire, de maintenir dans la crainte et dans la soumission des millions d’individus, de couvrir des pays entiers d’un vaste réseau bureaucratique et comment parallèlement à ces institutions, à ces règlementations et mesures bureaucratiques, entortiller, dissocier et réduire à l’impuissance les masses populaires de façon à ce qu’elles ne puissent plus se concerter, ni s’unir, ni bouger, qu’elles restent toujours dans une ignorance relative, salutaire pour le gouvernement, pour l’État et les classes privilégiées, ainsi qu’à l’écart de toute idée neuve et de tout homme actif. (Note de R71: Depuis la fin des années 1960, ces fonctions sont remplis par la société de consommation et la dette qu’elle engendre pour soi-disant “vivre mieux”. La servitude par la consommation et la dette vaut toutes les armées oppressives…)

Tel est l’unique objectif de tout système gouvernemental et du complot permanent du gouvernement contre le peuple.

Ce complot que tout le monde considère comme légitime et dont on ne se donne même pas la peine de dissimuler les effets et de s’en désolidariser, s’étend, au dehors, à toute l’activité diplomatique et au dedans à toute l’administration, qu’elle soit militaire, civile, politique, judiciaire, financière, universitaire ou religieuse.

Contre cette gigantesque organisation disposant de toutes les armes possibles et imaginables, morales et matérielles, licites et illicites, et pouvant compter le cas échéant sur l’appui unanime ou presque de toutes les classes étatiques, doit combattre le peuple misérable, certes innombrable par comparaison, mais désarmé, ignorant et manquant complètement d’organisation !

La victoire est-elle possible ? La lutte seule est-elle possible ?

Certes il y a dans le peuple assez de force spontanée, celle-ci est incomparablement plus grande que celle du gouvernement, celle des classes comprise, mais faute d’organisation, la force spontanée n’est pas une force réelle. Elle n’est pas en état de soutenir une longue lutte contre des forces beaucoup plus faibles mais bien organisées. Sur cette indéniable supériorité de la force organisée sur la force élémentaire repose toute la puissance de l’État.

C’est pourquoi la condition première de la victoire du peuple, c’est l’union ou l’organisation des forces populaires.

Cette organisation est aujourd’hui en train de s’opérer en Europe grâce à l’Association Internationale des Travailleurs (AIT).

[Note de R71: Ceci était vrai en 1870, depuis, le réformisme rampant social-démocrate a étouffé la véritable union populaire avec des cadres de syndicats foies jaunes vendus au capital et à l’état moyennant une pitance subventionnée de celui-ci pour s’assurer une illusoire subsistance politique, nécessaire à entretenir la façade “démocratique” de nos sociétés. La division règne toujours maîtresse et alliée du capital et de l’état. L’avènement de la société de consommation fut pour beaucoup dans le muselage de la conscience sociale et politique du peuple, elle est en cela une des armes les plus redoutables que le capital, gardé par l’état et ses institutions, ait eu à sa disposition.]

[…] Du degré d’instruction du peuple basée sur l’expérience historique dépend son aptitude à s’affranchir rationnellement […]

[…] Qui a donné à la noblesse la terre du peuple ? L’État. Qui a asservi les paysans à cette même noblesse ? L’État. Qui a réprimé de la façon la plus cruelle les paysans si longtemps patients et si souvent martyrs, quand, poussés au désespoir par l’implacable et sauvage fureur de leurs maîtres, ils se soulevaient contre eux ? Encore l’état. Qui ruine le peuple par le recrutement, la dime et la taille ainsi que par une administration de voleurs ? Qui entrave et paralyse le moindre de ses mouvements au moyen d’une bureaucratie la plus insolente et la plus impitoyable au monde (Note de R71: Bakounine parle ici de son pays la Russie…Est-ce vraiment différent de nos jours chez nous ?..) ? Qui a délibérement sacrifié et continue de sacrifier des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d’hommes pour atteindre des buts dits “nationaux” ?

Toujours ce même État. Qui a foulé aux piedx les coutumes et les libres croyances du peuple ? Qui l’humilie et le blesse dans tout son être ?  L’État. Pour qui tout droit du peuple est-il égal à zéro et sa vie ne vaut-elle pas un liard ? Pour l’État. Se peut-il après tout cela que le peuple ne haïsse pas l’état, ne haïsse pas le gouvernement ?. Non cela ne se peut pas.

Mais dira t’on, le peuple est comme le chien qui mord le baton qui le frappe et non la main qui s’en sert pour le frapper; il hait tous les petits et moyens fonctionnaires qui appliquent les ordres du gouvernement, mais en même temps il a, sinon de l’amour, du moins une admiration superstitieuse entremêlée de crainte pour le haut clergé, les fonctionnaires civils et militaires de haut-rang, qui a ses yeux représentent le souverain et en général les sphères gouvernementales […]

Nouvel Ordre Mondial: la paranoïa de l’empire américain grandit de jour en jour…

Posted in actualité, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , on 28 décembre 2011 by Résistance 71

Payer en liquide est suspicieux… Le Big Brother américain nous dit comment reconnaître les citoyens terroristes

RT

 

 

Le 25 Décembre 2011,

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/terrorism-credit-cards-government-613/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Possédez-vous une lampe torche ? Ou payez-vous en espèce vos achats au lieu de payer avec une carte de crédit ? Faites-vous vos courses pour la semaine ? Je le fais. Probablement le faites-vous aussi, et bien voici la nouvelle: d’après le département de la sécurité de la patrie (NdT: Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi ou Securitate américaine renforcée sous Bush, consolidée sous Obama…) et le FBI, ceci pourrait bien faire de nous des terroristes.

Récemment une vidéo du DHS a abondamment circulé sur la toile; cette vidéo dit aux gens de manière non équivoque que “payer en espèces est suspicieux et bizarre.” Avec une voix calme et assurée, le narrateur explique à l’audience que “si un client apparaît nerveux ou anxieux, ou insiste pour payer en liquide, contactez les agents de sécurité, car cela EST une attitude suspicieuse.”

Donc il en découle, que si vous avez eu une journée stressante et n’avez pas de carte de crédit, vous êtes bon pour la romaine.

Cette suggestion, ainsi que bien d’autres, a été envoyée aux hotels à travers les Etats-Unis comme partie intégrante de la campagne actuelle du DHS “Vous voyez quelque chose, dites quelque chose”. Cela inclut même un manuel de 84 pages, pompeusement titré “Guide des mesures de protection pour l’industrie de l’hôtellerie américaine”, qui stipule entr’autre que demander une certaine intimité est suspicieux et alarmant.

Et cela est vraiment ce pour quoi tout cela est fait: une guerre contre la vie privée et l’intimité. Un terroriste potentiel, argumente le DHS, est bien plus facile à tracer s’il utilise une carte de credit. Une carte de crédit donne à Big Brother un accès quasi immédiat aux informations de contact de l’acheteur, son historique d’achats, et si besoin est, la capacité de couper sa source financière en un instant.

Mais l’application de cette idée est en fait un noir projet: au lieu d’utiliser un système de contrôle déjà existant pour les aider dans leurs tâches, les agences comme le DHS et le FBI suppriment de facto la liberté de choix garantie dans un pays supposé libre.

Vous ne voulez pas vivre à crédit ? Vous êtes un terroriste potentiel. Nerveux ? Vous êtes un terroriste potentiel. Vou ne voulez pas être dérangé ? Vous êtes un terroriste potentiel.

Et il y a pire. Dans une brochure du FBI distribuée aux grossistes et maisons de surplus, les gens “qui font des achats en gros incluant des munitions tous temps ou des containers d’allumettes, des repas tous préparés ou des outils de vision nocturne y compris les lampes torches” doivent être dénoncés, parce que toutes ces marchandises sont “des indicateurs d’activité terroristes potentielles.”